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Où il est question du gâteau au chocolat de Jacques de Ricaumont, et aussi d’un récent article de Gabriel Matzneff sur Véronique Bruez dans les « Lettres françaises »

Publié le 11 janvier 2020 par defensededavidhamilton

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Je demande pardon si je commence cet article en parlant de moi. La simple vérité est pourtant que, à la suite de la mort d’un enfant que j’aimais, un enfant de huit ans (cancer au cerveau) qui avait grandi pendant toute sa trop brève existence auprès de sa maman et de moi, je cours actuellement – à l’âge de cinquante-neuf ans, pour ne pas dire soixante – le risque de me retrouver de façon imminente sous les ponts. A ce malheureux enfant, j’ai consacré un roman, un beau roman je crois, Dans le ciel, qui a été recensé ici  (https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/ ) par Roland Jaccard:

Beaucoup de gens (ou de supposés « amis ») me conseillent le recours à des organismes caritatifs (du genre d’Emmaus) ou à des institutions « d’aide sociale ». Très souvent, ils évitent de la sorte de m’aider personnellement, donc de mettre la main au portefeuille. En se réfugiant derrière lesdites institutions caritatives ou d’aide sociale. Depuis mon enfance, j’ai la phobie du domicile fixe. Même à supposer, chose parfaitement utopique et aléatoire, qu’une organisation caritative ou qu’un mystérieux service d’aide sociale me donnent (chose dont je doute très, très fort) un logement dans une HLM à Besançon, Tours ou Fontainebleau, bref où que ce soit en France, est-ce que j’en voudrais? Je n’ai pour ainsi dire jamais travaillé et il ne devrait échapper à personne (et encore moins aux lecteurs de mes livres) que ce n’est pas à soixante ans que je vais y arriver. Quant aux « aides sociales » (à supposer que je fasse partie des catégories de ceux qui y ont droit), elles visent à « ré-insérer ». Si je comprends le français, et je crois le comprendre,  il s’agit de ré-insérer des gens tombés dans le chômage. Or, je ne peux pas quant à moi être ré-inséré dans quelque chose à quoi je n’ai jamais été inséré. Et dire que , dans les milieux que j’ai fréquentés hier ou ceux que je fréquente aujourd’hui, quand les gens lisent des livres au sujet de la fin tragique des écrivains ou artistes qui leur sont chers ou dont ils parlent souvent, ils trouvent ça tellement déplorable… « Comment, David Hamilton est mort pauvre? Mais c’est affreux« … C’est affreux mais ils n’ont rien fait pour lui, de son vivant. Et ils ne feront sans doute pas davantage quelque chose pour moi, du mien. Je ne peux donc rien faire d’autre, pour l’instant, que de continuer à chercher un hébergement (qui me permettrait sans doute d’écrire en quelques mois la suite de Dans le ciel, un roman dont j’ai l’idée, Le joueur d’échecs), un mécène, des dons, des aides financières.

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Que l’on ne croie pas qu’en évoquant tout d’abord mon propre destin, je me sois tant que ça éloigné du sujet. J’en reviens à Gabriel Matzneff. Avec lequel j’ai un peu correspondu épistolairement (c’était approximativement vers 1979-1982) et à qui j’avais même alors envoyé Cent pages d’amour, le roman que ma grand-mère Marie de Vivier (1899-1980) m’a consacré en 1971. Pourtant, je n’ai jamais rencontré Matzneff, et pas même dans le salon de Jacques de Ricaumont que j’ai pourtant fréquenté avec assiduité, et qui était l’un des amis que nous avions en commun. J’avais publié à l’époque, dans la presse française, plusieurs articles consacrés aux romans de Jacques de Ricaumont. Oui, moi aussi j’ai connu le « fameux » gâteau au chocolat dont Matzneff a parlé dans certaines de ses chroniques journalistiques, mais surtout dans son  livre Boulevard Saint-Germain… (Lire: https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/10/gabriel-matzneff-est-il-ami-avec-jean-marie-le-pen_1772060 )

Gabriel Matzneff vendait – à en croire la presse de ces derniers jours – un nombre ridiculement bas de ses livres. La difficulté extrême de vendre des livres, de nos jours, et de trouver des lecteurs est un problème que je connais fort bien, moi aussi.  Or, les livres de Gabriel Matzneff ont été retirés de bibliothèques (au Canada) et même de certains sites de vente comme Amazon, jetés au pilon par ses éditeurs, refusés par un libraire de Reims (il va probablement y en avoir d’autres). Ses archives de Caen, elles aussi, pourraient être livrées à la police.​ Ce qui veut dire que demain encore plus qu’hier, pour X ou Y raison « politique » ou « morale », tous les livres de qui que ce soit pourraient être retirés des archives et des bibliothèques, des sites de vente par correspondance ou des librairies! Damnatio memoriae complète. Qui en sera victime demain? La chose qui stupéfie, dans le cas de Matzneff, est que toutes ces décisions interviennent en l’absence de toute décision de justice. Des libraires, des éditeurs, des bibliothèques retirent ou interdisent des livres de leur propre initiative, avant même que la justice n’ait décidé – par exemple – l’interdiction de tel ou tel ouvrage! C’est cela qui me semble le plus sidérant.

Ces jours-ci, une page se tourne – ou semble se tourner – dans la littérature, voire peut-être dans la société. Il suffit de considérer, par exemple sur Twitter, ou encore dans la presse à la fois la plus confidentielle et la plus réactionnaire qui soit, les attaques contre Roland Jaccard. Et si l’on n’en était encore – hélas – qu’au tout début de ces campagnes dirigées contre des écrivains?

A propos, le numéro de juillet/août 2019 des « Lettres françaises » vient d’être mis en ligne. Avec un fort bel article de Gabriel Matzneff à la gloire de Véronique Bruez et de Naples. C’est aussi un article où Gabriel Matzneff parle de « Vanessa »:

« Je pense en particulier à Francesca et à Vanessa : dans deux de mes romans, j’ai incorporé des fragments de leurs lettres dont la beauté pouvait à bon droit me faire espérer qu’un jour elles deviendraient des écrivains. Il n’en fut rien« .

(Gabriel Matzneff, Les Lettres françaises, juillet-août 2019, pp. 3 et 4)

Si l’on considère les « excuses » de Bernard Pivot, et d’autres journalistes qui implorent publiquement pardon d’avoir invité Gabriel Matzneff dans leurs émissions de téloche, si l’on considère le mea culpa de Beigbeder qui se sent « morveux » (mais désire paraît-il rester ami de Matzneff tout en étant « du côté de Vanessa Springora »), on peut se poser la question: combien de temps un tel article (celui des Lettres françaises) va-t-il demeurer « en ligne »?

http://www.les-lettres-francaises.fr/wp-content/uploads/2020/01/LF-173-BD.pdf

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Les temps sont durs ( https://wp.me/p89w8Z-543  ) pour les écrivains qui croient encore, ou veulent encore croire dans la beauté ou, tout simplement, dans la littérature.

 

OLIVIER MATHIEU

Pour en finir avec la fabrique du consentement au sujet de la pédophilie

Publié le par

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LA FABRICATION DU CONSENTEMENT de Noam Chomsky. Un livre qui démonte la propagande médiatique.

Tout esprit clairvoyant, tout cerveau en état de fonctionnement ne peut manquer de comprendre que les « affaires » David Hamilton (celle dont ce blog s’occupe en priorité depuis le 26 novembre 2016), mais aussi, à un titre ou à un autre, les affaires Weinstein, Epstein, Polanski ou Matzneff, et pourquoi pas Claude François, témoignent en un certain sens d’une offensive généralisée contre l’amour vis-à-vis des jeunes filles.

Numéro 37 (février 1970). Une lecture toujours d’actualité…

Entendons-nous bien: toutes ces « affaires » ne sont nullement identiques ou semblables. En tout cas David Hamilton, lui, n’a jamais été condamné à quoi que ce soit. Il a  rejeté les accusations portées contre lui en octobre 2016. Il n’a jamais passé d’aveux. Il n’a pas fait un seul jour de prison. Et il a été retrouvé mort (Paris, 25 novembre 2016) dans des circonstances au sujet desquelles demeurent, c’est le moins que l’on puisse dire, de vastes zones d’ombre.

Numéro 264, avril 1998. A relire…

Cela dit, dans les affaires Hamilton, Weinstein, Epstein, Polanski ou Matzneff, et dans quelques autres, il y a un dénominateur commun.  Les manipulateurs de l’opinion publique (selon des méthodes décrites depuis longtemps par Guy Debord ou par Noam Chomsky et Edward S. Herman, pour ne citer qu’eux) cherchent apparemment à persuader les masses que l’attirance pour une jeune femme, voire une jeune fille, serait forcément de la « pédophilie », un mot fourre-tout.

Un autodafé « amusant » (1910) puisque c’est un mannequin qui avait été brûlé par les manifestants.

Personne, en tout cas sur ce blog, n’a jamais dit, écrit ou pensé que faire du tourisme sexuel auprès de petits garçons en Asie soit à conseiller, à admirer ou à imiter. Tout au contraire. Personne, en tout cas sur ce blog, n’a jamais dit, écrit ou pensé qu’il soit possible ou souhaitable d’avoir des relations sexuelles avec des enfants en bas âge. Ce serait une « norme » imbécile. Toutes les normes à nos yeux, d’ailleurs, sont imbéciles.

Une carte postale ancienne, mettant en scène des figurants, en Corse, lors d’une chasse à l’homme. On espère qu’en 2020, des scènes de lynchage effectif ne succèdent pas aux lynchages médiatiques.

En revanche, ceux qui – pour employer une image – assimilent Marc Dutroux à David Hamilton, ceux-là se trompent.

Un livre ancien, qui mériterait qu’on le relise… Editions Denoël.

Autant il est juste et nécessaire de refuser la pédophilie en tant que perversion avérée, autant je juge aberrant que la société risque, tôt ou tard, risque de considérer tout homme (j’entends par là tout individu de sexe masculin)  comme un monstre, comme un perverti, comme un criminel potentiel, dès lors qu’il porte de l’intérêt à des jeunes filles.

Un ouvrage à relire (ici, couverture de la seconde édition)

J’avoue que je connais peu d’hommes (sauf, peut-être, cas de gérontophilie) pour préférer une vieille femme à une jeune. Seules les femmes jeunes, au demeurant, peuvent enfanter. Ce n’est pas qu’une question de « chair fraîche », mais d’esprit frais. Même si l’on ne doit pas toujours généraliser, il y a souvent davantage d’innocence chez les jeunes filles que chez des dames plusieurs fois divorcées, vieillies, aigries par l’existence.

Une carte postale des années 1970 (?) environ, qui n’avait certes pas tous les torts.

J’ai énuméré, dans d’autres articles de ce blog, des raisons notamment historiques, en rappelant par exemple les nombreuses épouses et concubines de Charlemagne. Epouses et concubines dont l’âge, si l’Empereur « à la barbe chenue » avait vécu en 2019, l’auraient conduit directement en prison.  Et pourtant, dans des sociétés et à des époques où l’on ne vivait pas vieux, le mariage des filles dès la puberté (ou légèrement après la puberté) était une nécessité.

Un roman de 1941 (Albin Michel)

Le problème, quand on accuse de « pédophilie » des individus décédés (et, de ce fait, incapables de se défendre), comme Claude François, quand on accuse de « pédophilie » de très grands artistes (comme David Hamilton – décédé lui aussi ), c’est que l’on risque de se tromper de cible.  Les vrais pédophiles, les pédophiles dangereux risquent de sourire, quand ils constatent que l’on s’en prend à Claude François ou à David Hamilton. Ce dernier, dans de très nombreux entretiens parus dans la presse, l’avait noté, en parlant de Marc Dutroux: « Ce type a tout foutu en l’air ». Il est indéniable que l’affreuse affaire Dutroux, en effet, et sa médiatisation, ont en partie contribué à un dramatique changement d’époque.

Un classique de Milton

Ce qui est insensé, à mes yeux, est de risquer de criminaliser (et de criminaliser systématiquement) toute histoire d’amour entre un homme et une jeune femme.

Un autodafé (Musée du Prado, Madrid)

Les relations entre hommes et hommes (ou entre femmes et femmes) sont aujourd’hui tellement légitimées que les homosexuel(le)s ont obtenu le droit de pouvoir se marier entre eux. Pourtant, tandis que la plupart voire la totalité des barrières s’effondrent, y compris dans le domaine de la science où l’on assiste à des choses et même à des horreurs totalement anti-naturelles, l’unique des barrières qui perdure – et même se consolide – est l’éventuelle relation amoureuse entre un homme et une jeune fille. Pourquoi donc?

Je crains que l’on ne doive assister, dans quelques années,  à des affaires où des individus de sexe masculin, accusés d’abord par les tribunaux médiatiques, seront marqués par une présomption de culpabilité et devront prouver qu’ils n’ont point touché les fesses, trente, quarante ou cinquante ans plus tôt, d’une dame qui les en accusera. Bon courage…

Les prochaines étapes pourraient d’ailleurs être, en France et ailleurs, le retournement de la charge de la preuve, l’imprescriptibilité et la rétroactivité.

L’offensive planétaire  (en cours depuis plusieurs années, désormais) dirigée contre des artistes accusés d’être « pédophiles » risque, hélas, de consentir l’impunité à de vrais pédophiles. La lutte dite « contre la pédophilie », tant qu’elle sera tellement ou exclusivement médiatique, ne fera que renforcer la pédophilie. La vraie.

Ancienne carte postale représentant un autodafé (manifestation de vignerons, à Troyes, vers 1910).
On aimerait espérer qu’aucun écrivain, cent ans plus tard, aucun artiste, aucun intellectuel ne risque un tel sort. Hélas, les affaires David Hamilton (2016) et Gabriel Matzneff (2020) font craindre le pire.

Novlangue: Gabriel Matzneff vit dans un habitation, l’emprise est un mot masculin et Vanessa S. a dû vivre une relation traumatisante avec l’accord du participe passé

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Il est consternant – mais presque drôle! –  de constater qu’en France, où tout le monde emploie désormais des mots grotesques en les mettant au féminin (« auteure », « écrivaine »), en revanche lorsqu’il existe un mot féminin (HLM = habitation à loyer modéré), les journalistes le mettent au masculin. Des dizaines de journaux parlent ainsi « du » (au masculin) HLM de Gabriel Matzneff…

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« Emprise » serait-il devenu un mot masculin?

Etonnantes, de même, les fautes d’accord du participe passé dans les articles consacrés à Vanessa Springora.

Sur des dizaines de sites (vérifiez!), on lit en effet:

« le personnage central du livre « Le Consentement », dans lequel Vanessa Springora raconte l’emprise qu’il a exercé » (SIC!!!)

( https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/affaire-gabriel-matzneff/l-article-a-lire-pour-comprendre-l-affaire-gabriel-matzneff-un-ecrivain-aux-pratiques-pedophiles-assumees_3762443.html )

« La directrice des éditions Julliard raconte dans un livre l’emprise que l’auteur, alors presque quinquagénaire, a exercé » (SIC!)

( https://www.bfmtv.com/culture/vanessa-springora-denonce-une-relation-abusive-sur-fond-de-pedophilie-avec-gabriel-matzneff-1830422.html )

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« Vanessa Springora, écrivaine et éditrice, publie un récit terrifiant sur l’emprise, notamment sexuelle, qu’a exercé (SIC!) sur elle »

 ( http://portail.bouyguestelecom.fr/actu/A-14-ans-sous-l-emprise-de-l-ecrivain-Gabriel-Matzneff-le-consentement-de-Vanessa-Springora-provoque-une-deflagration-1211704/

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L’écrivaine, femme de lettres et auteure aurait-elle vécu une relation traumatisante avec le participe passé, niveau BEPC ?

On lit dans Le Monde, encore aujourd’hui, ces propos de Vanessa Springora au sujet de Gabriel Matzneff:

« Jamais un homme ne m’a regardé (SIC!!!) de cette façon-là », note-t-elle.

 ( https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/avec-le-consentement-vanessa-springora-depeint-les-ressorts-de-l-emprise_6025374_3232.html )

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« Springora refuse de se séparer de celui qui l’a changé (SIC!) en « déesse ».

( https://www.bfmtv.com/culture/elle-publiele-consentement-sursa-relation-a-14-ans-avec-gabriel-matzneff-qui-estvanessa-springora-1833330.html  )

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Dérisoire.

Même les voisins de Gabriel Matzneff sont apparemment interrogés par des journalistes. On lit dans Valeurs actuelles:

« Dans l’immeuble, beaucoup décrient [sic!] un « homme normal », « une personne adorable » ou un « homme charmant », mais aussi quelqu’un de souvent absent parce qu’il voyage beaucoup. D’autres voisins – qui ont voulu rester anonymes – concèdent que l’affaire a quelque peu changé leur vision de l’écrivain. « Ça va être difficile de le revoir dans l’immeuble, de le croiser, de faire semblant. » » ( https://www.valeursactuelles.com/societe/le-loyer-derisoire-de-gabriel-matzneff-paris-114893  )

Ridicule.

Même article, pour ainsi dire, dans Capital, où le loyer qui semble « dérisoire » à Valeurs actuelle devient « ridicule » pour Capital.

Profondeurs de la pensée journalistique! C’est sans doute à de telles prodigieuses nuances que l’on voit la grandeur de la déontologie de la presse, et ce qu’est devenu le journalisme aujourd’hui…

( https://www.capital.fr/economie-politique/le-loyer-ridicule-que-verse-gabriel-matzneff-dans-le-quartier-latin-1359368  )

Rappel

Je me permets de signaler aux abonnés de ce blog que s’ils désirent lire mes propres livres, y compris ceux sur David Hamilton, et pour certains d’entre mes ouvrages sous forme de PDF, ils sont priés de m’écrire. Merci.

Lire, merci:

https://wp.me/p89w8Z-543

DUEL FRATRICIDE ITALIEN INÉGAL À LA VIEILLE ACADÉMIE FRANÇOISE

Nous venons d’apprendre l’élection au Fauteuil malchanceux, je veux dire au Fauteuil n° 13 de notre noble Académie (c’est ainsi que les hautes sphères de la Pensée se transmettent le virus du conformisme, par le siège), en remplacement de Simone Veil dite L’Avorteuse par les méchants « réacs », dite La Mauvaise par d’autres dont je suis (la Bonne ayant été l’éminente Simone Weil), et présentement démissionnaire pour cause de déménagement au Panthéon (bien qu’elle ne fût pas déesse de quoi que ce soit), d’un certain Maurizio Serra.

Ma che sera Serra, se demanderont les plus curieux ? Il s’agit d’un ancien diplomate italien et présent écrivain d’une soixantaine d’années (il écrit en italien et en français), biographe et historien essentiellement dans le domaine de la littérature. Il a d’ailleurs reçu le Prix Goncourt de la biographie, et a été lauréat en 2018 du Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son œuvre. Sans oublier qu’il a obtenu – je ne sais quand – le Prix du livre incorrect [sic, eh oui, ça existe!]

 

Chanté par Line Renaud en 1955

Sur 24 présents (on peut supposer que la bonne dizaine d’absents est constituée de gâteux ou de grabataires, voire des deux en un), en cette parodie de démocratie académique où tout est pratiquement joué d’avance, 17 ont voté dès le premier tour pour Serra.

Fort heureusement pour les rigolards, un académicien facétieux (et incorrect lui aussi) a eu la bonne idée d’accorder sa voix à l’autre « rital » candidat, également bilingue (à l’accent savoureux) et fort amoureux de la France, le saltimbanque et poète napolitain, auteur de l’inoubliable Je t’aime le lundi. Je veux nommer Eduardo Pisani dit Edouardo.

 

Qui a dit que les académiciens français n’avaient jamais d’humour ?

Cauchemar des chasses à l’homme médiatiques: l’écrivain G. habite un studio de rêve au 21

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Le titre de cet article de blog est un clin d’oeil au film L’assassin habite au 21. Dans le roman de Stanislas-André Steeman, l’action se déroule à Londres. Pour son adaptation cinématographique (1942), Henri-Georges Clouzot a situé les faits à Paris.

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Il y a réellement quelque chose qui ne va pas, en France. Est-il juste, est-il moral, est-il légal que toute la presse française publie de nouveau, aujourd’hui, l’adresse personnelle de l’écrivain Gabriel Matzneff, un homme de 83 ans, visé par une campagne de presse quasiment (je dis bien: quasiment) sans ampleur?

La presse se lamente: « Un HLM dans le quartier Latin où le mètre carré coûte 10 euros par mois. C’est la situation de rêve que vit actuellement Gabriel Matzneff. L’écrivain octogénaire, accusé de pédophilie, occupe depuis 1994 un logement social de 34 mètres carrés en plein cœur de Paris, dans le quartier Latin (5e arrondissement), selon Le Parisien-Aujourd’hui-en-France« .

La presse, notons-le, ignore que HLM est féminin et que l’on dit : une HLM. Cette même presse appelle « situation de rêve » un… studio de 34 mètres carrés.

Une lecture attentive – et même distraite – des gazettes vous apprendra en tout cas dans quelle ville vit Gabriel Matzneff (Paris), dans quel arrondissement (le 5e) et, mieux encore,  à quel étage. Avec description: «au premier étage avec vue sur rue et une petite cour silencieuse et pavée».

Ces renseignements servent à quoi? A qui? Aux chasseurs d’autographes?

Vous apprendrez en outre que ce lieu « de rêve » est géré par le bailleur social Elogie-Siemp. Et combien Gabriel Matzneff paierait:  348 euros par mois. 10 euros le m² sans les charges.

Or, continue la presse, « ce même studio de 34 m² pourrait être loué aujourd’hui jusqu’à 583 euros (hors charges) ».

Le Figaro précise: « Ce loyer de 10 euros le m² a de quoi irriter les locataires qui paient actuellement plus de 31 euros par m², la moyenne pratiquée dans le 5e arrondissement de Paris, selon le site d’estimation immobilière Meilleurs Agents. Un logement privé de 34 m² se loue ainsi autour de 1000 euros par mois (hors charges) ».

Tout cela pour finir par une perle: « Bien que son attribution soit légale, la mairie voudrait voir partir Gabriel Matzneff. Mais c’est loin d’être simple ».

Extraordinaire: la Mairie de Paris dit que cette attribution est légale. Et pourtant, elle voudrait se débarrasser de ce locataire octogénaire (qui n’a jamais été condamné à quoi que ce soit, et été blanchi dans l’Affaire du Coral).

D’ailleurs, qu’il ait été condamné ou pas et pour quelque motif que ce soit, pourrait-on donc jeter sur le trottoir, en France, quelque homme que ce soit ?  Ici, un homme de 83 ans?

Ou quelqu’un estime-t-il peut-être que « 34 mètres carrés de rêve », c’est trop, et qu’il vaudrait mieux le condamner à croupir dans une cellule (de combien, trois mètres carrés?), au pain et à l’eau?

Campagne de presse nationale et internationale, diffusion de l’adresse d’une personne, et insultes et menaces sur les réseaux sociaux. Cela pourrait déboucher sur un drame.

Espérons que les « 34 mètres carrés de rêve » ne finissent pas en cauchemar.

Cessons de plaisanter: en octobre et novembre 2016, la presse a largement indiqué l’adresse personnelle  de David Hamilton, rappelons-le.

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A relire le tout premier article paru, sur Internet, au sujet de l’affaire de l’écrivain G. et de la non écrivain V. : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/10/30/apres-laffaire-david-hamilton-le-lynchage-mediatique-de-lecrivain-g-est-il-imminent/

Et puis, rappel:

https://wp.me/p89w8Z-543

LA MORT DU PÈRE … QUEL MANQUE D’ÉLÉGANCE !

L’auto-actualité médiatique – celle que les media se créent entre eux pour se glorifier et présentement se « purifier », mais plus bassement pour entretenir au mieux leur fond de commerce de produits bas de gamme toujours plus contestés et en déclin ; tout en confortant l’idéologie dominante, le politiquement correct du moment, ou le moralement convenable ou convenant du jour – me fait immanquablement penser à ce que disait Céline sur la fRance au sortir de la Seconde Guerre dans sa fameuse lettre (fameuse du moins pour les céliniens) à Milton Hindus du 11 juin 1947 :

Mais la France est folle en ce moment, vous le savez ; ivre de haines politiques ; ces crises sont habituelles dans son histoire. La France a d’ailleurs toujours très maltraité les écrivains (les Grecs de même !). Il a presque fallu qu’ils échappent tous au bourreau — un moment ou l’autre — la France et les Français ne méritent pas leurs écrivains dont ils tirent grande gloire ou gloriole! L’histoire littéraire française est une histoire de persécutions perpétuelles ; les prétextes sont innombrables.

Réalité si bien dénoncée dans tout son courrier de l’époque par notre Bardamu, mais aussi par des personnages comme Albert Paraz (sa trilogie Le Gala des vaches, Valsez saucisses et Le Menuet des haricots est, de nos jours encore, un régal d’impertinence et de lucidité, un manuel d’anti-conformisme salutaire) et comme Roger Puthoste plus connu sous les pseudonymes – parmi d’autres – d’André Thérive et de Romain Motier, ce dernier étant celui de sa trilogie, à lui : Traité de la délation, Traité de l’intolérance, et Essai sur les trahisons (ouvrages eux aussi parfaitement actuels, trop actuels).

La meute unifiée des media affamés de sang, s’est donc lancée à corps perdu à la poursuite de Matzneff (après l’avoir encensé pour la plupart autrefois), dans un esprit de croisade sidérant, et de chasse aux mécréants, sans nuance, uniquement à charge, dans un gargouillis nauséeux de retournements de vestes, et de total oubli de son propre passé. Serait-ce ce que l’on appelle des mémoires traumatisées ? La marque attendue de traumatismes mémoriels ? D’esprits martyrisés ?

L’hallali semblait proche quand le méchant et mauvais père, haï, de l’accusatrice a eu l’outrecuidance de défunter. Manquerait plus qu’il se soit suicidé, ou qu’il soit mort d’émotion, d’une crise cardiaque, à la lecture de l’œuvre de sa fille. Ou « plus pire » : mort non pas de honte ou de déshonneur, mais juste exprès pour enquiquiner sa fille. C’est qu’il y en a des tordus sur Terre…

« Drame », « terrible nouvelle », ou mots similaires titrent les gazettes. En effet : quel est ce mal-élevé (voir ce qu’en dit sa fille) qui a le mauvais goût, la mesquinerie, alors que l’agenda du scandale était déjà tout ordonné au mieux dans les officines de la décadence, de disparaître ? Comme un lâche ; tiens ! un peu comme David Hamilton.

Enfin, pour moi j’appelle ça une jolie claque à ce grouillot (tant mâle que femelle) de catins vieillissantes et sans pratique, devenues pieuses et grenouilles de bénitier sur le tard. Effet collatéral d’un « progressisme » assez minable, en déroute ; et donc prêt à tout.

Damien Viguier – Sur l’affaire Matzneff

Reprise d’un article de Damien Viguier, avocat, publié le dimanche 5 janvier sur le site d’E&R

Weinstein, Epstein, Polanski, Matzneff, Hamilton, Claude François, cet emballement mondial contre l’amour des jeunes filles est décidément suspect.

Si on laisse considérer qu’être attiré par une jeune fille est de la pédophilie, étant donné que le mot pédophilie évoque une perversion, tout homme normal sera bientôt considéré comme malade et criminel, car il est normal pour un homme de préférer une jeune fille à une femme plus ou moins vieille. Ceux qui le nient sont des castrats, d’authentiques pervers ou des hypocrites.

En outre, cette confusion des genres crée un dangereux continuum entre la petite fille et la jeune femme. La pédophilie vraie au sens psychiatrique et juridique en ressort comme blanchie. Aucune société n’a jamais accepté que les enfants aient des rapports sexuels, et surtout pas avec des adultes. La psychanalyse a brouillé les cartes et l’École de Francfort a pu se lancer dans le nihilisme. C’est hors de cause.

Qui trouve de l’intérêt à criminaliser la relation d’un homme avec une jeune femme qui peut avoir quatorze ou quinze ans ? J’espère que ce ne sont tout de même pas des femmes mûres qui, jalouses et castratrices, craignent la concurrence des nouvelles générations ! Alors qui y perd vraiment ? Certainement les sociétés normales qui marient les filles dès la puberté ou à peine après. Mais il y a plus encore à creuser.

Aux dissidents sérieux, à ceux que le salut de la nation ou que le salut des âmes tourmentent, à ceux même qui rêvent d’un salut social, je demande s’il ne vaudrait pas mieux réfléchir un peu à la barrière entre les sexes identiques, à celle entre le national et l’étranger ou encore au sein d’une même nation aux barrières entre les classes et les religions, plutôt que de contribuer à ériger des barrières contre nature et inhumaines.

Et curieusement il y a encore d’autres barrières, bien plus fondamentales encore que celles que je viens d’évoquer, aussi fondamentales que celle entre adulte et enfant. C’est la barrière du mariage et c’est la barrière de l’inceste. Quelle âme courageuse lutte encore de nos jours contre les relations hors mariage ? Ces médias et ces politiciens qui s’érigent en chasseurs de pédophiles sont les premiers à prôner la liberté sexuelle dès le plus jeune âge et hors mariage. L’adultère n’est plus du tout sanctionné. Par contre, il pèse aujourd’hui sur le mari une présomption de violence sur sa femme. Ce sera au mari, accusé devant le jury de l’Opinion manipulée, de prouver qu’il n’a pas violé et qu’il n’a pas tué.

La campagne contre le féminicide prend tout son sens si on la rapproche de cette soudaine offensive contre les pseudo-pédophiles. Et quant à l’inceste… Qui aurait encore aujourd’hui le courage de dénoncer nos lois, notre code civil qui permet quasiment tous les incestes, et la généralisation du risque que les PMA et les GPA entraînent ?

Dans le fond, c’est toujours la même logique qui est à l’œuvre. Logique de négation de toutes frontières. Que ce soit entre les États, entre les sexes, entre les sexualités ou entre les âges. Car la lutte médiatique contre la pédophilie ne vise jamais que le rapport avec la jeune fille, elle tend donc bien à nier la frontière sacrée entre l’enfant et l’adulte. Et ainsi ce sont les adversaires de la pédophilie qui fournissent les troupes de la subversion généralisée.

Damien Viguier.

Une jeune femme de lettres, ayant perdu son père, a annulé sa présence dans une émission de grosse épicerie pseudo-littéraire

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Vanessa Springora est parfois définie comme une « jeune femme », ce qui me laisse songeur puisqu’elle a bientôt 48 ans et que Matzneff en avait 49 lors du début de leur liaison (de lui, on parle comme d’un « vieux »).

Vanessa Springora est parfois définie, aussi, comme une « femme de lettres », ce qui ne semble même pas de l’humour involontaire sous la plume de ses admirateurs, mais me laisse songeur aussi. Cependant, la question n’est pas là.

La question est qu’hier, avant « La Grande Librairie », une émission de grosse épicerie dite « littéraire », la jeune femme de lettres aurait (selon ce que je lis dans la presse) perdu son père.

Au-delà de cette triste nouvelle, car la mort est toujours une triste nouvelle, on ne sait pas vraiment qui est le monsieur décédé.

Il semble que Vanessa Springora ait été surprise par ce décès, qu’elle aurait appris cinq minutes avant le début de l’émission de téloche.

Si les mots ont encore un sens, son père est l’auteur de ses jours, c’est-à-dire l’homme qui lui a donné biologiquement naissance.

Mais vu la façon dont il est dépeint dans Le consentement, et vu que selon Vanessa Springora il avait « disparu de sa vie » depuis des décennies, comment veut-on concilier ce qui précède avec les mots qu’emploie la presse (« drame », « terrible nouvelle ») et avec l’annulation d’une émission?

Pour l’heure, on ne sait toujours pas de quoi précisément est morte cette personne.

Voilà donc un mort dont toute la presse parle, mais sans rien en dire puisque le grand public ignore toujours son nom, son prénom, et surtout les causes de cette disparition survenue – simple coïncidence? – juste au moment de la parution d’un livre où sa fille parle de lui comme d’un père indigne, absent, violent, misogyne et grossier.

La parution de La Consolation de Flavie Flament avait été suivie, environ un mois plus tard, par le suicide présumé de David Hamilton. On ne voudrait pas apprendre qu’en marge de la sortie du Consentement il y ait eu, ici aussi, un suicide.

Après Joseph K., Gabriel M. ?

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Selon la presse (quasiment tous les journaux, comme d’habitude, se recopient les uns les autres), non seulement Gabriel Matzneff n’a plus aucun éditeur, non seulement il ne collaborera plus au Point, mais il aurait été « cité à comparaître » devant le tribunal de Paris. Une citation à comparaître devrait lui être délivrée en mains propres (même si, à en croire ce qu’a écrit Roland Jaccard sur son blog, Matzneff ne se trouverait pas en France, à cette heure).

Pourtant, une date d’audience aurait d’ores et déjà été fixée. De telle sorte que Gabriel Matzneff comparaîtrait « le 12 février à 13h30 » devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « apologie de crime » et « provocation à commettre des délits et des crimes ».

La citation directe serait une initiative de l’association « L’Ange Bleu », soucieuse – toujours selon la presse – que l’écrivain « s’explique devant la justice rapidement ».

« Les livres de Gabriel Matzneff et notamment celui intitulé Les moins de 16 ans sont un mode d’emploi pour les pédophiles », affirme Latifa Bennari, présidente de L’Ange Bleu. « J’ai rencontré tellement de pédophiles qui se sont sentis légitimés par les ouvrages de Matzneff ou ceux de Tony Duvert que j’ai voulu saisir la justice. »

Déjà, ici, pas mal de questions se posent. Pourquoi ne pas imaginer que des assassins, demain, ne déclarent s’être sentis « légitimés » parce que François Villon (par exemple) fut un assassin? Quelle pourrait être la responsabilité d’André Breton si un passant vous rencontre sur un trottoir et vous tire une balle dans la tête?

Que Gabriel Matzneff soit jugé, selon la loi, et à supposer que les délais de prescription le permettent, pourquoi pas? Qu’il soit condamné, à supposer qu’il soit reconnu coupable de quelque chose, pourquoi pas? Mais qu’est-ce que Tony Duvert (décédé en 2008) vient faire là-dedans? Qu’est-ce qui permet d’établir un lien entre un individu et un livre qu’il dit avoir lu?

En tout cas, la citation directe pourrait consentir à l’association « L’Ange bleu » de conduire directement Gabriel Matzneff devant ce tribunal. Une enquête, en revanche, pourrait s’avérer aussi longue qu’incertaine.

« Chacun de ses ouvrages fait l’apologie de ses pratiques pédophiles », poursuit Latifa Bennari (toujours citée par la presse). « Chaque livre est un aveu ! »

Chaque livre, un « aveu »? C’est ce procès à la littérature, c’est cette conception de la littérature qui nous choque. Si Gabriel Matzneff venait à être condamné non point pour des faits concrets et établis, mais pour des récits romanesques (voire même pour des récits de son journal intime), plus guère aucun écrivain n’aurait plus le droit d’écrire quoi que ce soit. Combien d’auteurs de journaux intimes n’ont-ils pas cherché à transcender leur expérience? Voire à l’inventer?  L’art du diariste est toujours une littérarisation de son existence. Un auteur de romans policiers pourrait-il être condamné pour avoir décrit une attaque à main armée? Un auteur de littérature érotique pourrait-il être condamné ou inquiété pour avoir écrit, peut-être à la première personne, de simples fantasmes?

La justice devrait considérer une évidence: les faits sont prescrits. Or, la « citation directe » de cette association espère trouver un fondement juridique dans l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 (qui prévoit un délai de prescription de trois mois). En 2014, déjà, une autre demande de citation directe (venant d’une autre association, appelée celle-là « Innocence en danger ») avait été rejetée. Tout s’était conclu par un classement sans suite.

« Les livres de Matzneff sont sortis il y a plus de trois mois », est obligée de reconnaître Mehana Mouhou, avocat de L’Ange Bleu. « Mais il a publié dans L’Express une lettre ouverte le 2 janvier dans laquelle il n’y a pas de déni, dans laquelle il présente sa relation avec Vanessa Springora comme un amour passionné. Cela suffit à caractériser les faits d’apologie de crime pédophile. »

II y a ici quelque chose d’assez extraordinaire. Un homme, Gabriel Matzneff, est attaqué par l’ensemble (pour ainsi dire) de la presse française et internationale (c’est le cas en Italie). Cet homme, dont j’ignore s’il est coupable de quelque chose mais dont je sais que la loi française lui garantit une présomption d’innocence, se défend au moyen d’un texte envoyé à un journal (L’Express). Mais c’est ce texte qui serait le prétexte à cette « citation directe ».

En d’autres termes, plus aucune personne se trouvant accusée par les « tribunaux médiatiques », ou par les meutes anonymes des « réseaux sociaux », ne pourrait se défendre de quoi que ce soit. Si quelqu’un garde le silence, l’opinion publique dira: « Vous voyez, il ne répond pas. Il se tait. Il est coupable. » Mais si ce même quelqu’un répond, il sera l’objet de « citations directes »… Kafkaïen, non?

Le 12 février 2020, la première audience – à supposer qu’elle ait lieu – devrait être consacrée à des questions de procédure. Un homme de 83 ans, seul, privé d’éditeurs, désormais lâché par la plupart de ses faux amis (souvent des écrivains, pour ne pas dire des écrivaillons, qui ont bâti leur petite carrière à l’ombre de Matzneff), serait attendu à un tribunal où l’on imagine déjà, dès l’aube, l’attente des journalistes, les reporters avec leur caméra sur l’épaule, les flashes des photographes, … et pourquoi pas des manifestants?

Tout cela se poursuivrait sans doute par un certain nombre d’autres audiences avant que ne soient abordées – si elles le sont jamais – les questions principales. En songeant que Gabriel Matzneff, qui a 83 ans, pourrait dit-on encourir une peine de cinq ans de prison (sans parler de 45.000 euros d’amende).

Je me demande combien de gens, dans la situation que doit affronter Gabriel Matzneff, ne se suicideraient pas.

Comment ne pas songer aussi à David Hamilton, dont le corps a été retrouvé encore agonisant, « suicidé » selon la version officielle – suicide qui a pourtant consenti à certains de ses propres accusateurs d’y « voir » un « aveu de culpabilité »…?

Dans Le Procès de Kafka,  le héros se réveille un matin et, pour une raison obscure, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice. Son cauchemar commence.  Et finit sous les coups d’un couteau de boucher. On connaît les derniers mots de K.: « Comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre ».

De Joseph K., nul n’a jamais su le nom de famille.

Contrairement à « l’écrivain G. », voire « G.M. », dans Le consentement de Vanessa Springora.

À PROPOS DE L’AFFAIRE SPRINGORA

L’éternel retour des déboires éditoriaux de Lolita ?

Dérision des propres excès de la propagande, misère (morale, sociale, sexuelle…) d’une société française à l’agonie, constituée d’un nombre non négligeable de franchouillards qui sont des veaux dévots et par là même occasion autant de justiciers auto-proclamés et de lâches anonymes ; mais aussi retour de flamme juste et salutaire d’une publicité éditoriale dérisoire, retoquée par l’Esprit : voici donc Matzneff et Springora, l’Ombre et la Lumière (les gazettes), en concurrence sur les rayons « best-sellers » des bouquinistes internétaux tant amateurs que professionnels.

Que cela ne tienne ! Une des principales officines de vente d’Internet (déjà fort peu encline à respecter les lois dans le domaine des impôts ou du droit du travail, mais laissée plus ou moins impunie car yankee), non contente d’une campagne de diffamation médiatique généralisée, qui semble tourner au moins en partie en jus de boudin, se lance maintenant dans la censure pure et simple (le retrait des ventes des exemplaires d’un « mauvais livre » ; ne reste plus qu’à les brûler). Censure très stalinienne ou plus précisément très maccarthyste, car cela correspond parfaitement à l’hypocrisie moraliste de type nord-américain (si prompte par ailleurs à semer le malheur dans le monde entier).

Dans le même temps, la Justice totalement débordée comme lors de l’affaire Flament, non contente de laisser la diffamation, les menaces contre Matzneff aller son train, lui cherche maintenant des poux dans ou, si vous préférez, sur la tête qu’il a pourtant chauve depuis si longtemps. Alors même que Vanessa Springora n’a aucunement envie d’ester en justice contre son ogre. Elle a laissé suffisamment de temps passer pour que tout fût prescrit. Et puis porter plainte à quel motif ? quand on reconnaît avoir connu une grande passion avec un homme, fût-il très largement son aîné. Et très probablement son premier amour avec celui qu’elle décrie maintenant.

On croyait être sorti définitivement d’un certain obscurantisme nord-américain des années d’après-guerre. Or, il n’en est rien ! C’est le progrès des néo-cons qui, après avoir adulé ou avoir été les promoteurs de tous les excès, se font nouveaux prêcheurs de morale à l’encontre des pêcheurs du commun. Ceci à l’heure où la pornographie et toutes les déviances autrement dégradantes pour les deux sexes sont étalées à peu près partout dans le monde des media. Et ceci à l’heure où n’importe quel mineur peut naviguer sur la toile à sa guise ou, qui sait, pour les rares non-illettrés se procurer librement les ouvrages de Sade en livre de poche.

Que l’on me comprenne : je ne suis pas en train de dire que l’on devrait réprimer plus, étant pour la triple liberté d’expression, d’édition et de diffusion intégrale. Je veux simplement dire deux choses : 1 – Qu’il y a un âge à tout (et malheureusement en ce domaine le laxisme vient tout autant d’en haut que d’en bas). Et 2 – que le dernier scandale en date, symptomatique d’une caste « hors-sol » (tout ce petit monde « consanguin » des médiateux au sens le plus large) est totalement disproportionné et pour ne pas dire grotesque, abyssalement minable. Et plus encore : hors sujet.

Une campagne de propagande médiatique à côté de la plaque ?

En effet, le livre de Springora est tout farci de freudisme primaire, de reconstruction, de psychothérapie et de « cure de la parole ». Papa a quitté maman ; « depuis qu’il a disparu, je cherche désespérément à accrocher le regard des hommes » écrit-t-elle, comme s’il y avait un rapport évident de cause à effet. Le Figaro précise : « la jeune fille est totalement éprise ; elle s’insurge contre ceux qui ne partage pas son enthousiasme. Pourquoi une fille de quatorze ans n’aurait pas le droit d’aimer qui elle veut, s’interroge-t-elle. « Jamais je n’accepterais d’être séparée de lui. Plutôt mourir. » » Puis le coup de foudre passé, et les mystères de l’ Amour dévoilés, elle a décidé de ne plus revoir le vilain bonhomme qui, lui, s’accrochait encore à elle. Mais alors où se situe le problème ? La réponse pourrait être formulée ainsi : l’Ogre (le surnom de Gabriel Matzneff dans Le Consentement, le livre de Vanessa) n’était qu’un chasseur de chair fraîche ! Et elle voulait demeurer l’Unique et sa Propriété.

« Notre histoire était pourtant unique, et sublime » écrit-elle dans son livre en corrigeant aussitôt ainsi : « Notre passion extraordinaire aurait été sublime, c’est vrai, si j’avais été celle qui l’avait poussé à enfreindre la loi par amour, si au lieu de ça G. n’avait pas rejoué cette histoire cent fois tout au long de sa vie. »

(voir « Le Consentement » : euh, consentiras-tu, ô Sigismund Schlomo Freud, à sortir de ce corps ?, article paru le 1er janvier courant sur le blog en défensededavidhamilton : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/01/01/le-consentement-euh-consentiras-tu-o-sigismund-schlomo-freud-a-sortir-de-ce-corps/

J’en conclus donc qu’il peut y avoir des passions insincères et uniquement et obsessionnellement collectionneuses. Et que dans ce cas, cela ne s’appelle plus de l‘amour ; mais disons du désir animal, du sexe sans plus. Ou si l’on préfère que l’amour, l’amour vrai se doit d’être fidèle et unique. Bien piètre attaque finalement qui reste à l’intérieur du convenu. J’ai donc du mal à y voir une attaque contre ladite pédophilie.

Et donc l’histoire en serait restée là – émotions et nouveautés passées, mortes et enterrées… – si Springora n’avait pas eu l’impression très rapidement d’avoir eu affaire à une sorte de mufle, un pseudo-romantique, qu’elle transforme aujourd’hui à loisir (en prose de circonstance) en pédophile. C’est pourquoi son livre qui n’est certes pas un nouveau roman d’éducation, n’est qu’un vulgaire « roman autobiographique » de reniement et de dénigrement, où le « héros » masculin, de vieil amant chéri, est devenu simple et unique prédateur. Au mieux pourrait-on parler d’un roman d’amour d’adolescente bernée qui depuis a attendu son heure (l’heure de la chasse des pédophiles ou jugés tels, au sein de la classe médiatique privilégiée à laquelle elle appartient) pour en tirer partie, avantage publicitaire et… vengeance.

Je dirais même vengeance mesquine contre Matzneff et ses parents, contre sa mère en particulier, mais pas contre ce qu’elle fut elle-même alors – « enfant ni pure, ni innocente  entachée de désirs amoureux » pour le dire avec les mots de la morale courante. C’est Vanessa qui l’explique en long et en large. Tout cela paraît fort ambigu ; ambiguë comme sait l’être la femme parfois, vue du côté des hommes. Et hors-sujet. Juste mauvais prétexte. Car de qui se plaint Vanessa : sinon d’un mâle (sans doute manipulateur, mais c’est un autre sujet) qui l’a rendue amoureuse et n’avait aucunement l’intention de passer sa vie avec elle. D’avoir été trompée, naïve, sur la marchandise, mais aucunement d’avoir été « détournée » en tant que mineure puisqu’elle entendait assumer alors pleinement sa situation, n’écoutant qu’elle.

J’ai déjà dit ce que je pensais des vengeances anti-hamiltoniennes des prédécesseurs féminins de Vanessa Springora. J’ai déjà évoqué la place occupée par les déceptions diverses des accusatrices de David Hamilton. On nage, ici aussi, dans les mêmes eaux saumâtres. J’ai l’impression de découvrir en ces occasions quelque trait singulier de l’esprit humain – et féminin en particulier – qui a du mal à faire un choix clair et net finalement. L’ambiguïté que je viens d’évoquer. Quel est l’homme qui ne l’a jamais ressentie ?

Vanessa nous parle d’histoire d’ « amour … sublime » tout en dénigrant l’Ogre ; Flavie nous dénigre son vieux prétendu violeur tout en exhibant sur Internet les photos d’elle prises par lui. Après avoir vécu quelques années avec David Hamilton Élodie l’accuse inlassablement de viol (Savez-vous que des études forts sérieuses ont conclu que le fantasme de viol occupait une place non négligeable dans les esprits féminins?) Tandis que d’autres ex-jeunes-femmes, actrices vieillissantes et passées de mode, et aux cachets également vieillissants, viennent cracher dans leur propre soupe en condamnant la « promotion canapé » qu’elles ont parfaitement acceptée en leur temps.

Il y a un côté bas en tout ça et diabolique. Diabolisme féminin, cela dit d’une toute autre teneur que celle que Jules Barbey d’Aurevilly évoque dans La vengeance d’une femme qui va à rebours des bonnes mœurs en se livrant en holocauste à la prostitution, et à la pourriture syphilitique mortelle, en voulant élever le scandale au niveau d’une pyramide de fumier. Mais n’est pas la duchesse d’Arcos de Sierra-Leone qui veut…

Amour et haine, la vengeance des femmes, comme celle des êtres humains en général, gérontophobe (comme on est arachnophobe) adore s’en prendre aux vieillards hors-jeu, aux vieux à déambulateur comme Weinstein. Tout y est hors-contexte et l’on voit, comme ici, la justice minuscule inquiéter même certains au-delà des délais de prescription. C’est minable, d’autant plus minable que dans un tas d’affaires de sexe, c’est parole contre parole, avec l’avantage laissé à l’accusation, surtout en ce moment, s’il s’agit d’une femme. D’autant, qu’avec les années, les faits, les témoins, les preuves, les indices, les protagonistes ne sont plus là ou plus les mêmes.

Avant de clore, je voudrais poser une question, ou plutôt un ensemble de questions :

Pourquoi Vanessa après Flavie ? Pour cela la réponse est évidente : tout le poids du quatrième pouvoir : celui du monde médiatique au sens le plus large qui contient aussi bien la radio que la télévision, la presse, le cinéma, la publicité, etc. conglomérat tenu, bien tenu (enfin « mal tenu » à mon goût) par la finance (sans oublier les politiciens étatiques du moment).

Et pourquoi Gabriel après David ? Pourquoi un écrivain après un photographe, pourquoi un « reste » de russe blanc orthodoxe après un « reste » de dandy british anachronique, plutôt que Pierre, Paul ou Jacques – politiciens bien connus par exemple, aux renommées autrement sulfureuses ? Est-ce uniquement le hasard qui joue, une simple affaire de circonstances ? Une question de goût et de préférence ?