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XAVIER MOREAU ET L’AMITIÉ FRANCO-RUSSE

Xavier Moreau est ce français marié à une Russe, ce franco-russe qui vit depuis 25 ans environ en Russie, tout en revenant de temps à autre en France, et qui s’exprime sur Internet à partir de Stratpol, où entre autres choses il fait un état semainier de l’évolution de l’opération militaire spéciale russe en Ukraine, de l’industrie et de l’économie russes, ou encore de la géopolitique occidentale délétère. Je dois déjà avoir fourni des vidéos de lui, ou parlé de lui.

En attendant, voici quelques vidéos de GPTV qui font le point sur ce qui lui arrive.


XAVIER MOREAU SUBIT UNE RÉPRESSION SANS PROCÈS : SON AVOCAT DÉVOILE TOUT


XAVIER MOREAU : SOUMIS À UNE RÉPRESSION À VIE SANS AUCUN JUGEMENT


XAVIER MOREAU RÉVÈLE POURQUOI LE GOUVERNEMENT LE SANCTIONNE


MACRON, TRUMP, POUTINE | XAVIER MOREAU & FABRICE SORLIN

MACRON visé par 500 PLAINTES : nous étions sur place lors du PROCÈS !

GPTV INVESTIGATION

LIBERTÉ D’EXPRESSION ET FREXIT VITE !

Pour qui a le temps : Loi CHOC sur les réseaux sociaux| GPTV LA MATINALE

HUMOUR ET AUTRES ?

BAS LUTIN

Il y a quelques jours on discutait des implants de cheveux et je disais que ce n’est pas si récent que ça ; que j’avais le souvenir, par exemple, de Jacques Balutin. Que ça se voyait chez lui, du moins autrefois, car non seulement il perdait des cheveux rapidement, mais pouvait en gagner aussi rapidement, et qu’il avait des cheveux curieusement espacés sur son crâne, et surtout qu’il pouvait aller de moins de cheveux à plus de cheveux.

J’ai le souvenir de lui dans des pièces de boulevard qui passaient à la téloche dans les années soixante / soixante-dix. Il faut avouer qu’après je l’ai perdu de vue ne sachant trop ce qu’il faisait, ayant très largement abandonné le petit écran.

On me répliqua : mais il serait très vieux maintenant, il ne doit plus être de ce monde.

Je me suis dit : sur l’encyclopédie pipole, je veux parler de wikimachin, « ils » vont bien m’« expliquer » ce qu’il en est. J’avais déjà regardé une fois l’article le concernant, mais j’avais tout oublié de ce qui y était dit.

Si bien que j’ai vu qu’il allait avoir 90 ans le 29 juin prochain. Et que Jacques Balutin était un « faux nom » un nom d’artiste. Que son nom de naissance était : William Albert Buenos. Ça ne s’invente pas. Né à Paris dans une famille dit-on aisée, d’un père voyageur de commerce né en Égypte et d’une mère française, couturière.

Moi j’ai toujours cru que cet acteur, qui faisait avant tout dans le comique gentil, était vraiment du cru, avec un patronyme qui fleurait bon la France et muni d’une gouaille toute parigote.

Certes il était né à Paris d’une mère française, mais j’avais quand même un peu tout faux. Et je me suis dit : pourquoi Jacques ? Sans doute parce qu’il aimait faire le Jacques. Et pourquoi Balutin ? Parce qu’il avait sans doute pensé à Baladin comme nom. Au choix : danseur, comédien ambulant, bouffon, mauvais plaisant, sot ; galopin, voire de mœurs légères (sens ancien et surtout en parlant de femmes). Bal ne veut-il pas signifier en ancien-français, tout aussi bien bal que danse ou réjouissance ?!

À moins qu’il ne fut déjà assez bon pour envoyer promener, envoyer balader les uns et les autres, mais gentiment et avec le sourire. Rappelons que « dans le temps », les jongleurs, les mendiants et autres gueux se baladaient par les rues en chantant des ballades, des chansons à danser, à baller, sur les places.

Et puis Balutin, cela lui permettait de mieux rimer – rime interne – avec le « tim » de « saltimbanque » tout en jetant son balu…chon comique naissant de l’autre côté de la balu…strade théâtrale. Mais qu’il convenait peut-être de masquer un peu le baladin, en un bas-lutin. Sans doute pas très loin d’un turlupin ou de quelque bouffon de pièces attribuées à … William Shakespeare.

Lutin, ne serait d’ailleurs que Neptunus, le dieu des eaux douce et marine, devenu démon païen sous le christianisme, Netun, puis par rapprochement avec « nuit » Nuiton, d’autant qu’il s’agit d’un génie nocturne. Puis encore par rapprochement avec luitier (lutter) et un mot comme l’utin (la vigne grimpante sur un arbre, attestée encore en 1567), luitin. Lutin au final.

Utin, par ailleurs est probablement dérivé du latin ūti, se servir de, employer, qui a donné : util, ustil, hustil, oustil, et une ribambelle d’autres variantes dialectales, pour arriver à : outil. Quand sa forme féminine otille, ostille, houtile, estille, etc. qui signifiait : outil, ustensile, métier à tisser… a fini par disparaître.

Mais sans doute que devant tout ça, William Buenos ne resterait pas en balance, mais s’en balancerait comme du bal, je parle ici du fléau d’une balance. Balance qui elle-même n’est jamais qu’un bis-lanx (deux fois le plateau … de balance), mot du latin vulgaire attesté dès le IVe siècle en nos contrées, remplaçant le latin classique libra.

Merci au Dictionnaire Godefroy, au Trésor de la Langue Française et au Gaffiot.

COVID : EMMANUEL MACRON EST ASSIGNÉ EN JUSTICE.

De Pressibus.

L’écho médiatique est extrêmement réduit, même dans les médias alternatifs. Pourtant cette procédure judiciaire porte sur l’une des pires mesures de l’époque Covid : l’instauration d’un apartheid sanitaire.

Il ne faut ni l’oublier, ni le pardonner, pour éviter que cela ne se reproduise.

Le site « Profession Gendarme » en parle ce 26 janvier : « Emmanuel Macron est assigné en justice, personnellement, pour avoir divisé les Français entre vaccinés et non vaccinés. Cette affaire est portée par l’association Réaction 19, qui l’accuse d’avoir violé l’article 225 du Code pénal, celui qui interdit la discrimination fondée sur l’état de santé. Traduction simple : traiter une partie du peuple comme des sous-hommes, ça ne passe pas, même si tu portes un costume trois-pièces et que t’as le bouton nucléaire. Et là où ça devient croustillant, c’est que son avocat a sorti le parapluie constitutionnel : l’article 67, celui qui protège le président contre toute poursuite. “On touche pas au roi”, en gros. Sauf que magie du droit, dans ses propres conclusions, Macron se présente comme un simple citoyen, “Monsieur Emmanuel Macron”, avec adresse privée et avocat à ses côtés. Donc il ne peut pas, dans la même phrase, être intouchable parce qu’il est président, et inattaquable parce qu’il ne l’est pas« .


Il s’agit d’une procédure civile dans laquelle on cherche à obtenir des dommages et intérêts, souvent d’un montant de 1.000 euros par plaignant pour préjudice moral, avec 500 parties civiles représentées par Maître Carlo Brusa (cf. GPTV avec vidéo). Une audience technique de mise en état a eu lieu le 22 janvier. « C’est la première fois sous la 5ᵉ République qu’un président est assigné en civil pour avoir insulté son propre peuple » […].


« La prochaine audience aura lieu le 26 mars 2026. Le tribunal décidera si la poursuite de cette procédure civile initiée par Me Carlo Brusa est valide ou alors si l’immunité pénale attribuée au chef de l’Etat le couvre également dans cette affaire civile au moins jusqu’à la fin de son mandat présidentiel« .


Nous mettons bien sûr en parallèle les 500 plaignants de la « plainte Brusa » contre M. Macron avec les 100 plaignants de la « plainte Cotten » contre son conjoint, né Jean-Michel Trogneux, colocataire de l’Élysée. Merci aux citoyens qui saisissent la justice contre ce couple emmerdeur et mensonger.

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De GPTV

MACRON sera-t-il condamné ?! Les COULISSES de son procès !

Procès historique contre Emmanuel Macron : le peuple face à l’arrogance du pouvoir.

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En janvier 2022, lors d’un entretien resté célèbre, Emmanuel Macron affirmait sa volonté délibérée d’ « emmerder » les Français non vaccinés. Face à cette déclaration, l’association Réaction 19, forte de ses 10 000 adhérents, a lancé une offensive juridique. Aujourd’hui, la justice a franchi un pas décisif en autorisant l’ouverture d’un procès impliquant 500 parties civiles contre le chef de l’État.

Alors que les grands [sic] médias gardent un silence total sur cette affaire, Mike Borowski était présent au tribunal pour saisir l’invisible. Il a notamment interpellé l’avocat personnel du couple Macron, l’homme qui plaide habituellement dans les dossiers les plus sensibles de l’Élysée. Cette investigation exclusive révèle les arguments de Maître Maud Marian et de Carlo Brusa face à une défense macroniste acculée.

L’enjeu de cette procédure dépasse le simple cadre de l’insulte présidentielle. Selon toute vraisemblance, une condamnation, même symbolique, pourrait créer une jurisprudence historique. Le président de la République pourra-t-il désormais être poursuivi par les citoyens pour ses actions et ses mots ? Les coulisses de ce procès pourraient bien marquer le début d’une dépossession de l’impunité pour la caste au pouvoir. […]

VRO, Value Realization Office, Bureau de valorisation des données

LA CHINE ET LE DOLLAR

Je ne suis pas amateur de ce que l’on appelle l’IA, mais je donne la vidéo pour les infos, en espérant qu’elles soient exactes :

avec cette vidéo plus ancienne d’avril 25 :

et celle-ci beaucoup plus récente :

LA SCISSION INTERNE ET IRRÉVERSIBLE AU SEIN DE L’OCCIDENT

Réseau International 25 janvier 2026

Une transformation fondamentale de toute l’architecture mondiale

Alexandre Douguine sur la fracture irréversible de l’Occident, les gambades impériales de Trump, et l’émergence de cinq pôles occidentaux concurrents.

Entretien avec Alexandre Dougine pour l’émission «Escalation» de Sputnik TV.

Animateur : Les fêtes de début 2026 ont apporté une nouvelle qui évoque inévitablement les grands bouleversements du passé. La presse discute activement de l’initiative de Donald Trump concernant le Groenland, en la comparant à l’achat de l’Alaska. On dit que si Trump parvient à acquérir l’île, son nom sera associé à celui des plus grands présidents américains. Selon vous, l’acquisition du Groenland est-elle l’un des principaux objectifs de Trump pour les États-Unis, une manière pour lui d’entrer dans l’histoire ?

Alexandre Douguine : Je pense que Trump a certainement un tel objectif, mais ce n’est pas le principal. Devant nos yeux se déroule une transformation fondamentale de toute l’architecture mondiale. Dans l’histoire des États-Unis, aux côtés de l’achat de l’Alaska, il y a également l’achat de la Louisiane, qui appartenait à un régime totalement différent, ainsi que la guerre avec le Mexique, après laquelle les États-Unis ont annexé deux tiers de son territoire. L’expansion d’une sphère d’influence est une constante de la politique américaine.

Aujourd’hui, Trump a proclamé une «Doctrine Monroe» avec son propre «corollaire», c’est-à-dire l’affirmation des États-Unis comme le seul hégémon de l’Hémisphère occidental. Nous l’avons vu dans le cas du Venezuela : l’enlèvement de Maduro et la mise du pays à genoux, pratiquement sans un seul coup de feu. Désormais, les politiciens américains gouvernent là-bas comme si c’était leur propre arrière-pays, et Trump n’écrit pas par hasard sur les réseaux sociaux qu’il est le «président par intérim de l’Argentine». Dans cette logique, le Groenland est une extension géographique naturelle du continent nord-américain.

Cependant, Trump ne s’arrêtera pas là. Le Premier ministre actuel du Canada se prépare déjà, en fait, à une guerre contre les États-Unis – le Canada doit se préparer comme s’il allait être le toute prochaine cible. Je pense que Trump obtiendra gain de cause tant pour le Groenland que pour le Canada. Bien que des problèmes puissent encore apparaître avec l’Amérique du Sud, l’absorption du Canada sera simplement «avalée» par tout le monde. Certains diront que nous avons été malchanceux d’avoir eu un tel président ; d’autres diront qu’il a vraiment rendu l’Amérique grande à nouveau.

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La situation autour du Groenland révèle un fait crucial : il y a désormais une scission complète au sein de l’Occident. L’Occident uni n’existe plus. Il peut nous combattre, combattre l’Iran ou le Venezuela, mais il est désormais prêt à se livrer des combats aussi à l’intérieur de son propre camp. Nous avons vu les tentatives pitoyables de l’Union européenne d’envoyer quelques troupes au Groenland pour «le protéger» d’une menace fictive de la Russie et de la Chine. Mais dès que Trump a lancé un ultimatum sur les tarifs douaniers, Friedrich Merz a immédiatement retiré son petit groupe de soldats.

Trump dit ouvertement aux Européens : «Vous êtes mes vassaux, faites ce que je vous ordonne». Lorsqu’il leur dit de faire la paix avec les Russes – ils doivent faire la paix. Lorsqu’il leur dit de céder le Groenland – ils doivent le céder. Lorsqu’il leur dit de soutenir Netanyahou – ils doivent le soutenir. Pendant des décennies, la direction mondialiste des États-Unis a créé l’illusion que l’Europe était un partenaire avec une voix au chapitre. Maintenant, ces illusions se sont brisées. Trump leur dit sans détours : «Vous n’êtes personne, juste des bras armés, des livreurs de pizzas ou des travailleurs migrants. Si je prends le Groenland, vous devez répondre : ‘Oh, cher Papa Trump, prends-le vite, sauve-nous des méchants Russes et Chinois avec leurs sous-marins». Voilà le monde dans lequel nous vivons : Trump frappe du poing sur la table, et l’Europe – ayant brièvement tenté de prétendre qu’elle défendrait le Groenland contre l’Amérique – capitule rapidement.

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Trump est prêt à démanteler l’OTAN, puisque l’alliance se compose déjà de 95% de ressources américaines. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas seulement une humiliation colossale pour l’Europe (les émotions passeront), c’est la fin de l’ancien Occident collectif. L’épisode du Groenland est devenu un test de référence, révélant une image unique : un monolithe autrefois uni, avec lequel nous nous battions encore il y a un an, s’est brisé en cinq pôles différents.

Le premier Occident, c’est Trump lui-même. Il déclare : «Je suis l’Occident, et tous les autres ne sont que des décors». Il se comporte comme un cow-boy prêt à «bombarder» tout le monde – ennemis et alliés – sans reconnaître personne comme un sujet souverain. Pour lui, seul le président américain existe ; tous les autres ne sont personne.

Le second Occident, c’est l’Union européenne. Elle a soudain découvert qu’elle n’est même plus un «partenaire mineur». L’UE a été dépouillée de toute subjectivité solide, politiquement, elle est effectivement castrée. Pour les élites européennes habituées à une admission formelle dans le «club des hommes», cela a été un choc absolu. On leur a dit franchement : votre opinion sur l’Ukraine ou le Groenland n’intéresse personne.

Le troisième, c’est l’Angleterre. Elle se trouve dans une position étrange : apparemment proche des États-Unis, mais frappée par les tarifs de Trump à cause de ses critiques sur l’accord du Groenland. La Grande-Bretagne n’est plus le chef d’orchestre de l’UE (forcément, après le Brexit), mais ce n’est pas non plus une marionnette américaine. C’est un acteur autonome, à part entière.

Le quatrième groupe rassemble les restes du mondialisme. Il s’agit du «deep state» aux États-Unis, des démocrates, qui regardent Trump avec horreur, réalisant qu’ils sont les prochains sur la liste pour une purge. Leurs représentants restent puissants dans les structures européennes et britanniques, et ils continuent de parler de domination mondiale, même si le sol se dérobe sous leurs pieds. Même Macron parle déjà de quitter l’OTAN, et Merz envisage un rapprochement avec la Russie, ayant saisi l’ampleur des pertes.

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Enfin, le cinquième Occident, c’est Israël : un petit pays qui se comporte comme s’il était le centre du monde. Avec une frénésie toute messianique, Netanyahou construit un «Grand Israël», utilisant des méthodes extrêmement brutales et forçant tout le monde à l’aider. Il s’avère qu’Israël n’est pas une avant-garde occidentale, mais une force qui, à bien des égards, contrôle l’Amérique elle-même à travers des réseaux pro-israéliens.

Au final, au lieu d’un seul ennemi, nous faisons face à cinq pôles occidentaux différents. Nos regards se tournent dans tous les sens : avec qui devrions-nous conclure des accords ? Qui ici est réellement souverain, et qui ne fait que faire semblant ? La stratification de l’Occident en ces cinq parties est la principale conséquence de la crise actuelle.

Animateur : Une question d’un auditeur : «Alexandre Geliévitch [Douguine], quelle est la raison pour laquelle Trump a si violemment changé de tactique après le Nouvel An ? Venezuela, Groenland, saisies de pétroliers – pourquoi voyons-nous une telle accélération des actions du président américain ?»

Alexandre Douguine : Tout d’abord, je pense que Trump a rencontré une opposition intérieure extrêmement puissante aux États-Unis même, et il a besoin de consolider sa position par des succès sur la scène internationale. Il a été élu pour restaurer l’ordre chez lui, mais cela s’est avéré extraordinairement difficile. Il s’est avéré que pratiquement tout le système judiciaire américain est sous le contrôle de Soros : les soi-disant «juges militants», qui, au lieu d’être guidés par le sens de la loi et de la justice, le sont par une idéologie libérale et prononcent toujours des verdicts contre Trump.

Cette «justice» a commencé par bloquer tous les processus internes. Des protestations contre les agences fédérales chargées de faire respecter la frontière ont éclaté, aboutissant à des affrontements avec des victimes. De nombreux gouverneurs sabotent effectivement ses directives. Trump commence à s’enliser à l’intérieur du pays : la liste Epstein n’a toujours pas été publiée, et de nombreux griefs légitimes s’accumulent contre lui. Il a compris qu’il pourrait passer trois ans à lutter contre ces libéraux corrompus sans rien obtenir, alors que les élections de mi-mandat de 2026 approchent – élections qu’il a toutes les chances de perdre.

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Je pense que les sondages et les conseillers en communication lui ont clairement dit : les ressources internes sont épuisées, il faut un nouvel argument. Il faut annexer quelque chose, kidnapper quelqu’un, le vaincre, l’effrayer ou l’humilier. Ensuite, il pourra obtenir un levier pour la politique intérieure. Trump comprend que le temps s’écoule rapidement – à la fois le temps biologique et le temps de sa présidence. Il a décidé que 2026 est la limite au-delà de laquelle le retard n’est plus possible.

L’annexion du Groenland, le début effectif d’une guerre avec le Canada, la dissolution de l’OTAN, et le démantèlement de l’ONU – tout cela fait partie d’un agenda de redéfinition mondiale. Sur ce fond, les ennemis intérieurs de Trump s’effacent : il est beaucoup plus difficile de démettre un président qui a acquis d’immenses territoires pour les États-Unis et qui a restauré leur statut de puissance redoutable. Après Biden, l’Amérique a commencé à être moquée par tous, mais Trump a rappelé au monde qu’il est un «despote enragé», capable de frapper n’importe où à tout moment.

L’humanité a frissonné. Nous, bien sûr, ne sommes pas des sots non plus et sommes prêts à relever des défis, mais il est important de comprendre : ce n’est plus, face à nous, Russes, l’ancien système mondialiste moribond ; c’est autre chose. Trump utilise tous les moyens : des moyens totalement immoraux et illégaux. Il déclare ouvertement que le droit international n’existe plus, et qu’il décidera lui-même de ce qui est moral ou non.

Le cow-boy l’a dit – le cow-boy l’a fait. Il a envahi la scène politique mondiale comme un caïd envahissait un saloon du Far West, tiré sur ses adversaires, et s’est autoproclamé shérif. Trump incarne ce «Far West», avec toutes ses traits répugnants et, pour certains, charmants. Si l’Europe aujourd’hui est une vieille «maison de retraite», rappelant La montagne magique de Thomas Mann, où des dégénérés vivent leurs jours au détriment de la main-d’œuvre migrante, alors Trump est une force jeune, agressive, prédatrice. Son passage à une politique étrangère active est tout à fait rationnel.

Animateur : Des prévisions importantes sont déjà évoquées officiellement. Le représentant spécial du président, Kirill Dmitriev, a souligné qu’au vu des actions plus dures de Trump, l’Europe pourrait commencer à pivoter vers un dialogue avec la Russie. Dans quelle mesure un tel scénario est-il réaliste sous les gouvernements actuels de cette «cinquième partie de l’Occident» dont vous parliez ? Après tout, pour des raisons géopolitiques et géographiques, il est objectivement plus avantageux pour l’Europe d’entamer un tel tournant aujourd’hui.

Alexandre Douguine : Vous savez, il y a un an, un an et demi – voire quelques mois -, si nous avions commencé à parler sérieusement de la question que les États-Unis soulevaient au sujet de l’annexion du Groenland, cela aurait semblé si irréaliste que même les penseurs géopolitiques les plus avant-gardistes auraient qualifié cela d’impossible.

Imaginer que l’Europe se prépare d’abord à se battre contre l’Amérique pour le Groenland, puis que cette détermination ne durerait pas plus d’une semaine, se soldant par un recul – cela aurait été inconcevable l’automne dernier. Nous rêvions encore que l’Europe disposait d’au moins une certaine souveraineté.

Aujourd’hui, les Européens se trouvent dans des conditions totalement nouvelles, qui, à bien des égards, sont choquantes. Avant, ils pouvaient se disputer avec Trump sur des détails, comme l’ampleur du soutien à Kiev. Pour Trump lui-même, ce n’est pas particulièrement important : son image de «pacificateur» n’était qu’un écran de fumée, un brouillard. Il n’est pas un hasard s’il a effectivement rétabli le statut du Pentagone en tant que «ministère de la Guerre» – cela en dit long. Il ne se soucie pas d’une vraie paix, ni d’un cessez-le-feu en Ukraine. Il résout ses propres tâches, lesquelles sont purement américaines.

Trump leur a dit franchement : «Concluez rapidement un cessez-le-feu avec les Russes selon les termes que j’ai moi-même acceptés à Anchorage». L’Europe a d’abord répondu avec arrogance : «Nous sommes une coalition des volontaires, nous soutiendrons l’Ukraine et nous nous débrouillerons sans vous». Trump a répliqué : «Alors, gérez, mettez le Groenland sur la table et survivez comme vous pouvez». L’Europe s’est retrouvée dans cette situation soudainement, sans préparation. La panique y règne désormais.

Le fait que Macron ait commencé, dans la chaleur du moment, à parler de quitter l’OTAN, et que Friedrich Merz oscille entre la reconnaissance de l’effondrement de l’économie allemande dû à la rupture avec la Russie et des tentatives de se rapprocher de Washington – c’est de l’hystérie classique. L’Union européenne est en panique. Les dirigeants européens actuels sont des reliques de l’ancien système : des gens à Soros, au Forum de Davos, des adeptes du modèle de Fukuyama, qui a finalement sombré.

Dans cette agonie, ils peuvent proposer n’importe quel scénario, même les plus fantastiques. Y compris : «Pourquoi ne pas s’appuyer sur la Russie ? Pourquoi ne pas reconsidérer les relations avec Poutine ?». La gravité de ce qu’ils proposent reste une grande question. Pour l’instant, un tel tournant semble improbable, mais dans le contexte de la redéfinition mondiale que Trump a mise en marche, rien n’est à exclure.

Animateur : Restons au sujet que constitue Donald Trump. Cette fois, parlons de son initiative de créer un Conseil de la Paix pour gouverner la bande de Gaza. Une nouvelle vient de tomber : le porte-parole du président russe a confirmé que Donald Trump aurait invité Vladimir Poutine à rejoindre ce conseil. Que va faire exactement cet organisme, et quelle en sera l’efficacité dans le contexte actuel ?

Alexandre Douguine : Je pense que Trump, après s’être retroussé les manches, s’est lancé dans une refonte radicale de la carte politique mondiale. Le droit international, incarné par l’ONU, reflétait un équilibre des puissances vieux de près d’un siècle – un monde bipolaire dans lequel deux superpuissances dialoguaient, tandis que tous les autres pays ne servaient que de figurants. Lorsque l’URSS a commis un suicide géopolitique, ce système a effectivement dépassé sa date de validité. Les Américains ont à plusieurs reprises évoqué la dissolution de l’ONU et son remplacement par une sorte de «Ligue des démocraties», où au lieu du dialogue, il y aurait un monologue américain accompagné du silence approbateur de l’audience.

Aujourd’hui, l’Occident collectif s’est divisé en ces cinq blocs que nous venons d’évoquer. Chacun a son propre programme, mais le tandem Trump-Netanyahou se démarque en particulier. Ce dernier proclame de plus en plus ouvertement être le «roi des juifs», mettant en œuvre le projet messianique d’un «Grand Israël». Les idées d’exterminer les Palestiniens et d’étendre les frontières d’une mer à l’autre, exposées dans des textes radicaux comme La Torah du roi, ne sont plus de simples théories du complot – elles se reflètent dans le symbolisme même de l’IDF.

Trump, en tant que chrétien sioniste particulier, est encombré par de vieilles institutions. Il a besoin de quelque chose de nouveau, et il commence à façonner des structures alternatives – comme le «Conseil de la paix» – autour de la région centrale de sa géopolitique eschatologique. Cette région, c’est Israël et Gaza. Trump veut créer une institution sans activistes mondialistes comme Greta Thunberg et ses flottilles, composée uniquement de ceux qui ne contrediront pas son ami Netanyahou. C’est aussi un modèle unipolaire, mais dans une nouvelle configuration «mystique».

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Quant à l’invitation à Vladimir Poutine pour rejoindre ce conseil : l’information doit encore être vérifiée. Si Trump a réellement fait un tel geste, alors il suppose à tort que notre position sur Israël est plus douce que celle des mondialistes occidentaux. En réalité, nous condamnons catégoriquement le génocide à Gaza et considérons les méthodes de Netanyahou comme absolument inacceptables. Trump espère s’entourer de ceux en qui il a confiance, mais sur la tragédie palestinienne, nos vues ne coïncident probablement pas avec sa vision d’un «nouvel ordre».

Animateur : Cela vient d’être confirmé par Dmitri Peskov, le secrétaire de presse du président. C’est une information officielle, confirmée par le Kremlin : l’invitation à Vladimir Poutine a bien été faite.

Alexandre Douguine : Alors, il est évident que Trump a confiance en nous, et qu’il pense que nous soutiendrons son initiative. Il est également convaincu que ceux qu’il n’a pas invités délibérément à ce «Conseil de la paix» s’y opposeront. Cet événement – l’invitation à Vladimir Poutine – s’inscrit dans la même veine que l’affaire du Groenland. Nous ne sommes pas ravis par le traité d’achat de l’île, mais, en fin de compte, le Groenland nous préoccupe bien moins que le Venezuela, l’Iran, et surtout l’Ukraine. Les Européens eux-mêmes comprennent parfaitement : si Trump absorbe le Groenland, l’Ukraine sera instantanément oubliée – il n’y aura tout simplement plus de temps pour elle.

L’image de Trump comme opposant aux interventions s’est révélée n’être qu’un brouillard politique. Il a promis d’être un «président de la paix», mais en pratique, il intervient calmement où il veut, menace tout le monde de guerre, et transforme efficacement le département de la Défense en un «ministère de l’Offense» ou un ministère de la Guerre. La paix pour lui n’est qu’une façade. Il n’y croit pas vraiment. Son vrai but est de renforcer l’hégémonie américaine aux dépens de tous – de nous, de la Chine, et, comme on le voit, de l’Europe.

Trump considère l’Europe comme un malentendu agaçant, comme une branche rebelle de sa propre chaîne de distribution qui décide de pousser ses propres marchandises dans sa boutique. Leur désobéissance l’irrite bien plus que notre position calme, souveraine et distanciée. Nous ne provoquons pas ; nous agissons avec cohérence : tout ce que nous déclarons, nous le mettons en œuvre, et tout ce que nous faisons, nous l’articulons dans un langage qu’il comprend. Cela ne fait pas de Trump notre ami – il est un ami uniquement pour lui-même. Je ne suis même pas sûr qu’il soit un ami du peuple américain, puisque sa politique pourrait finir en catastrophe. Il risque tout, comme un hussard qui a hypothéqué ses domaines, sa famille, et son avenir en jouant aux cartes. Certains joueurs ont parfois de la chance, mais le plus souvent, ils perdent tout d’un seul coup.

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Trump est une brute audacieuse qui a tout misé. Les enjeux dans ce Grand Jeu sont portés à leur paroxysme. Ses mouvements sont imprévisibles : l’invitation de la Russie au Conseil de la paix pour Gaza a probablement été faite pour narguer l’Union européenne, pour leur dire : «Regardez ce que je peux faire». Pour les mondialistes qui, lors du premier mandat de Trump, l’ont qualifié d’«agent du Kremlin», cette invitation ressemble à un cauchemar devenu réalité. L’«ami de Poutine» a invité son «ami» – pour eux, c’est la fin du monde connu.

Cependant, il est difficile d’attendre une paix véritable en Palestine : le destin du peuple longuement souffrant repose entre les mains de ceux qu’on peut appeler des bourreaux et des maniaques. La Russie n’a actuellement pas la capacité d’imposer ses conditions dans cette région sans risquer de provoquer la colère de Trump comme il a énervé l’Europe. Cette invitation est une offre que notre président examinera avec la plus grande responsabilité. Nous n’avons pas besoin de dons. Nous verrons si la Chine et d’autres pays des BRICS rejoignent ce conseil – c’est précisément notre conception multipolaire de l’ordre : une alternative, ni basée sur l’ONU, ni mondialiste.

Le monde d’aujourd’hui n’est pas une image en noir et blanc, mais une «philosophie de la complexité» dont le président a parlé lors du sommet de Valdai. Nous sommes dans une situation de mécanique quantique en politique internationale. La mécanique classique, avec son inertie et ses trajectoires calculables de têtes nucléaires en chute, appartient au passé. Ce sont désormais les lois des ondes qui s’appliquent. Des processus extrêmement complexes de superposition sont en cours, qui «s’effondrent» soudainement dans un État-nation particulier : pendant un instant, le premier ministre parle au nom du pays, l’instant d’après, tout redevient un réseau d’ondes où il est difficile de distinguer le début et la fin.

J’étudie quotidiennement les briefings des principaux centres analytiques mondiaux, et j’ai l’impression que personne n’a une compréhension claire de ce qui se passe. Chacun décrit son propre univers avec ses constantes gravitationnelles. Nous avons besoin d’une pensée totalement nouvelle en politique internationale.

Une invitation à un «Conseil de la paix» d’un pays avec lequel nous sommes effectivement en guerre en Ukraine, tout en condamnant l’agression de son allié, Israël, est un paradoxe qu’il faut replacer dans le contexte approprié.

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Les anciennes cartes avec des lignes rouges ne fonctionnent plus. Comme le note Sergueï Karaganov, même les armes nucléaires cessent d’être dissuasives dans le sens habituel – la question de leur utilisation directe se pose désormais. Nous sommes dans un état de transition vers une phase nouvelle : l’eau dans la casserole a déjà bouilli ou est sur le point de bouillir. Cette transition stochastique, décrite par les équations de Navier–Stokes et la théorie fractale, se transfère désormais pleinement dans la politique mondiale. Nos analystes doivent abandonner les anciens modèles humanitaires et se tourner vers la nouvelle physique et la théorie des superstructures.

Animateur : Vous avez évoqué la thématique ukrainienne, et sa place dans le contexte actuel est extrêmement intrigante. Selon les publications occidentales, les politiciens européens réécrivent littéralement leurs plans pour l’Ukraine en temps réel : les thèses qu’ils comptaient porter au forum de Davos sont jetées à la poubelle, et toute l’attention se porte désormais sur le Groenland. Pensez-vous qu’il est possible que, désormais, non seulement les États-Unis, mais aussi l’Europe, commencent à s’éloigner progressivement des événements en Ukraine, nous permettant en quelque sorte de mettre fin à ce conflit en tête-à-tête avec Kiev ?

Alexandre Douguine : Ce serait l’option optimale, mais je crains que personne ne nous accordera un tel luxe. Bien que je sois convaincu que les jours de Zelensky sont comptés. Il sera certainement «annulé». Il n’est pas certain que Zaloujny le remplacera – quelqu’un d’autre pourrait être installé à sa place. Cependant, nous ne devons pas nous faire d’illusions : Trump lui-même n’est pas prêt à remettre l’Ukraine entre nos mains. De plus, l’existence d’un tel point chaud, terriblement conflictuel, sur notre propre territoire lui profite : c’est un levier classique, un outil pour nous gérer.

Trump ne cédera pas volontairement l’Ukraine. Le plan qu’il propose, prétendument selon nos termes, n’est qu’une tentative de geler le conflit. Ils comptent se regrouper et créer un centre de dissuasion contre nous «au cas où». Je ne pense pas que Trump considère que nous sommes des ennemis existentiels, mais il ne veut certainement pas notre renforcement. Il comprend que la Russie ne peut pas être vaincue, mais aider notre croissance ne fait pas partie de ses plans. Au contraire, son objectif est de nous affaiblir. Par conséquent, nous ne devons pas compter sur sa bonté.

Au contraire, Trump continuera à exercer une pression par des sanctions, et cela pourrait même conduire à des provocations militaires. Trump n’est pas notre ami. Et même si ses opposants le surnomment «ami de Poutine», en réalité, ce n’est pas le cas. Il agit seul, pour ses propres intérêts. Dans sa stratégie – même dans ses versions les plus audacieuses – il n’y a pas l’idée de transférer l’Ukraine à la Russie. Une victoire russe décisive ne fait pas partie de ses plans, ce qui signifie qu’il s’opposera à nous.

Malheureusement, nous devons compter uniquement sur nos propres forces. Nous devons utiliser tout moment favorable : les fluctuations accompagnant un changement de président aux États-Unis, les désaccords en Europe, les scandales de corruption secouant l’Ukraine, et le recentrage de l’Occident sur le Groenland. Tous ces facteurs doivent être pris en compte. Nous n’avons d’autre choix que d’agir en souverains, dans notre propre intérêt et selon notre propre stratégie.

Nous avons besoin d’une stratégie beaucoup plus audacieuse que celle que nous avons actuellement : souveraine, active, rapide et efficace. Si vous voulez, une stratégie à la russe «folle», car en ce moment, nous sommes trop rationnels et trop gentils.

source : Euro-Synergies

HUMOUR RUSSE ?

Ce jeudi 22 janvier, le président palestinien Mahmoud Abbas s’entretient à Moscou avec Vladimir Poutine.

La discussion devrait porter sur la situation au Moyen-Orient, surtout dans la bande de Gaza, ainsi que sur le développement des liens économiques, commerciaux, culturels et humanitaires, selon le Kremlin.

Par ailleurs, suite à la proposition de Trump que la Russie participe à son Conseil de paix pour Gaza, « club » dont le tarif d’entrée est d’un milliard de dollars, Poutine l’en a remercié et lui a répondu que la Russie était prête à envoyer un milliard de dollars provenant de ses avoirs gelés par l’administration Biden.

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je rectifie « look d’abruti » par : « aspect d’abruti ».

Extraits du Discours du Pape Léon XIV aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, du 9 janvier 2026

Quelques réflexions du Pape sur notre époque, le multilatéralisme, le droit humanitaire, le langage, la liberté d’expression et de conscience, la liberté religieuse, la famille, la gestation comme simple production, l’euthanasie comme fausse compassion et l’orgueil délétère (on en a des exemples manifestes du côté des États-Unis et de l’Union Européenne, actuellement)

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… nous ne sommes pas, selon l’expression bien connue du Pape François, dans une époque de changement, mais dans un changement d’époque [François, Discours au Ve Congrès national de l’Église italienne, Florence, 10 novembre 2015].

*

Ces temps-ci, la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international est particulièrement préoccupante. Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous est remplacée par une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d’alliés.

La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui, a été enfreint. On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi « dans la poursuite d’un ordre voulu par Dieu, qui implique une justice plus parfaite entre les hommes », [S. Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio (26 mars 1967), 294-295] mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. Cela menace gravement l’État de droit qui est le fondement de toute coexistence civile pacifique.

D’ailleurs, comme le note saint Augustin, « il n’y a personne qui ne veuille la paix. Même ceux qui veulent la guerre ne veulent rien d’autre que gagner, ils souhaitent donc atteindre une paix glorieuse par la guerre. La victoire, en effet, n’est rien d’autre que la soumission de ceux qui opposent une résistance et, lorsque cela se produira, la paix sera là. […] Même ceux qui veulent que la paix dans laquelle ils vivent soit rompue ne haïssent pas la paix, mais souhaitent qu’elle soit transmise à leur libre pouvoir. Ils ne veulent donc pas qu’il n’y ait pas de paix, mais qu’il y ait celle qu’ils veulent ». [S. Augustin, De Civitate Dei (La Cité de Dieu), XIX, 12.1.5]

*

Je tiens à rappeler en particulier l’importance du droit international humanitaire dont le respect ne peut dépendre des circonstances et des intérêts militaires et stratégiques. Le droit humanitaire, en plus de garantir un minimum d’humanité dans les fléaux de la guerre, est un engagement que les États ont pris. Il doit toujours prévaloir sur les velléités des belligérants, afin d’atténuer les effets dévastateurs de la guerre, y compris dans une perspective de reconstruction. On ne peut passer sous silence le fait que la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, d’habitations et de lieux essentiels à la vie quotidienne constitue une grave violation du droit international humanitaire. Le Saint-Siège réaffirme fermement sa condamnation de toute forme d’implication des civils dans les opérations militaires et souhaite que la Communauté internationale se souvienne que la protection du principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie compte toujours plus que tout intérêt national.

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Il est donc nécessaire de faire des efforts pour que les Nations Unies reflètent non seulement la situation du monde actuel et non celle de l’après-guerre, mais aussi pour qu’elles soient plus orientées et efficaces dans la poursuite non pas d’idéologies, mais de politiques visant à l’unité de la famille des peuples.

Le but du multilatéralisme est donc d’offrir un lieu où les personnes peuvent se rencontrer et parler, sur le modèle de l’ancien forum romain ou de la place médiévale. Cependant, pour dialoguer, il faut s’entendre sur les mots et les concepts qu’ils représentent. Redécouvrir le sens des mots est peut-être l’un des premiers défis de notre époque. Lorsque les mots perdent leur rapport à la réalité et que la réalité elle-même devient sujette à opinion et, en fin de compte, incompréhensible, on devient comme ces deux personnes dont parle saint Augustin qui sont obligées de rester ensemble sans qu’aucune des deux ne connaisse la langue de l’autre.

Il observe que « les animaux muets, même s’ils sont d’espèces différentes, se comprennent plus facilement qu’elles, bien que toutes les deux soient des êtres humains. En effet, puisque par la seule diversité de la langue elles ne peuvent se communiquer leurs pensées, une grande affinité de nature ne sert à rien pour établir des relations, au point qu’un homme préfère rester avec son chien plutôt qu’avec un étranger » [S. Augustin, o.c., XIX, 7].

De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.

Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.

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Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

De même, la liberté religieuse risque d’être restreinte, alors qu’elle est, comme le rappelait Benoît XVI, le premier des droits humains puisqu’elle exprime la réalité la plus fondamentale de la personne [in Discours à l’occasion de la présentation des vœux au Corps diplomatique, 9 janvier 2012]. Les données les plus récentes indiquent que les violations de la liberté religieuse sont en augmentation et que 64 % de la population mondiale subit de graves violations de ce droit.

En demandant le plein respect de la liberté religieuse et de culte pour les chrétiens, le Saint-Siège le demande également pour toutes les autres communautés religieuses.

*

Malgré son caractère central, l’institution familiale est aujourd’hui confrontée à deux défis cruciaux. D’une part, on assiste à une tendance inquiétante dans le système international qui consiste à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive. D’autre part, on ne peut ignorer la réalité croissante et douloureuse des familles fragiles, désagrégées et souffrantes, affligées par des difficultés internes et des phénomènes inquiétants, y compris la violence domestique.

De même, la maternité de substitution, qui transforme la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un « produit », que de la mère, en instrumentalisant son corps et le processus de génération et en altérant le projet relationnel originel de la famille.

Il incombe également à la société civile et aux États de répondre concrètement aux situations de fragilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie.

Une réflexion similaire peut être faite à propos de beaucoup de jeunes confrontés à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la dépendance aux drogues. Un effort conjoint de tous est nécessaire pour éradiquer ce fléau de l’humanité et le trafic de drogue qui l’alimente, afin d’éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne finissent victimes de la consommation de drogues. Conjointement à cet effort, il devra y avoir des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l’éducation et la création d’emplois.

*

… si saint Augustin souligne la coexistence de la cité céleste et de la cité terrestre jusqu’à la fin des temps, notre époque semble plutôt encline à nier le « droit de citoyenneté » à la cité de Dieu. Seule semble exister la cité terrestre, enfermée exclusivement à l’intérieur de ses frontières. La recherche des seuls biens immanents mine cette « tranquillité de l’ordre » [S. Augustin, o.c. XIX, 13] qui, pour Augustin, constitue l’essence même de la paix, qui concerne autant la société et les nations que l’âme humaine, et qui est essentielle à toute coexistence civile. En l’absence d’un fondement transcendant et objectif, seul l’amour de soi prévaut, jusqu’à l’indifférence envers Dieu qui gouverne la cité terrestre [idem, XIV, 28]. Cependant, comme le note Augustin, « telle est la stupidité de l’orgueil chez ces hommes qui prétendent trouver le souverain bien ici-bas et le principe de leur félicité en eux-mêmes » [ibidem, XIX, 4. 4.]

L’orgueil obscurcit la réalité elle-même et l’empathie envers le prochain. Ce n’est pas un hasard si à l’origine de tout conflit se trouve toujours une racine d’orgueil. Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans le Message pour la 59e Journée mondiale de la paix « on perd alors tout réalisme, cédant à une représentation partielle et déformée du monde, sous le signe des ténèbres et de la peur » [Message du 8 décembre 2025] ouvrant ainsi la voie à la logique de l’affrontement, prélude à toute guerre.

Vidéo à rediffuser pour bien montrer aux Français que ces gens là n’ont AUCUNE parole !

Motion de censure, vite !

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Mais qui a fait ça ?! (cf vidéo ⤵️) Le problème c’est que ce n’est pas vraiment faux !… La classe de neige avec 28 soldats au Groenland a été légitimement perçue comme absolument ridicule ! 🤦🏻‍♂️ Les euro-neuneus qui nous dirigent ne manquent jamais une occasion d’humilier nos pays et de nous affaiblir : on voit le résultat aujourd’hui ! ➡️ Sortons de l’UE ! Envoyons valser ce système et soyons la France libre, indépendante, forte !

Budget : Lecornu saute, Macron enrage !

TIENS ! MON ŒIL !

« Chez les Macron, chacun a un œil qui se barre. Chez Brigitte, le gauche. Chez Emmanuel, le droit.»

Un condensé de Pressibus.

Nadine Touzeau est une profileuse, experte internationale, notamment aux États-Unis, mais ayant eu de gros ennuis en France. Elle connaît très bien les problèmes de harcèlement.

Elle commence par souligner que « les comptes sur les réseaux sociaux sont la propriété privée des personnes». Ils ont un côté exutoire, c’est un comportement naturel. Ils permettent de communiquer et de s’interroger, comme quand on va au café. C’est cela que l’on veut réguler. « C’est une affaire d’État».

Nadine présente les caractéristiques des victimes de cyberharcèlement : ces dernières déclinent jusqu’à ne plus vouloir sortir de chez elles, elle dépérissent, elles doutent de tout. Les personnes cyber-harcelées sont des personnes faibles. C’est tout le contraire de « Brigitte» Macron.


Le choix d’un panel éclectique montre la volonté de se servir d’exemples pour contrôler les réseaux sociaux. « La France n’est plus un pays de liberté d’expression, alors que la gouaille est dans les gènes de notre pays.»


Nous savions que Nadine Touzeau avait transmis à Natacha Rey, Xavier Poussard et Candace Owens un profilage de « Brigitte » Macron, qui, aux USA, contrairement à la France, a une valeur juridique. Elle nous en a dévoilé les principaux aspects : Éléments de profilage, par Nadine Touzeau ; « Brigitte» Macron : a un côté revanchard, est directive, est orgueilleuse, met tout en œuvre pour arriver à ses fins, est méchante, n’a aucune volonté de calmer le jeu, s’affiche en victime avec un solide self-control, refuse d’accepter la contradiction, est incapable d’affronter la réalité, ne s’assume pas, utilise la peur pour asseoir son pouvoir.

Trouvez-moi une femme capable de mettre tous ces comportements bout à bout. Vous n’en trouverez pas. Même chez des tueuses. Ce sont des comportements masculins et phalliques.

Nadine Touzeau conclut en disant qu’il ne faut pas avoir peur. Il y a certes une volonté de contrôler les gens et de les faire taire, mais cela ne marchera pas, c’est contre nature. Cela devient même incontrôlable, socialement, politiquement comme techniquement.

Et comme l’ajoute encore Nadine Touzeau : « cela ne marchera pas, c’est contre nature».

Et l’on s’en rend compte à la lecture d’un article du « Média en 4-4-2 » du 7 janvier, qui revient sur les réactions à l’apparition de « Brigitte» télévisée au journal de TFI le 4 janvier.

« Les caméras HD ont impitoyablement saisi ce que les retouches ne parviennent plus à cacher : un œil gauche exorbité, figé dans une ouverture anormale, face à une paupière droite tombante. Cette asymétrie, immédiatement capturée et diffusée, a offert au public l’image d’un visage qui échappe enfin à son strict contrôle. Les spéculations fusent, mais toutes pointent vers la même obsession : la négation du temps. L’explication officieuse d’un ptosis lié à l’âge est évidemment la plus commode. Elle omet toutefois de préciser comment des années de Botox et de liftings successifs ont pu altérer la dynamique musculaire faciale, rendant ce type de dysfonctionnement plus probable et plus visible. Ce regard déréglé semble être la conséquence mécanique d’une lutte acharnée contre les rides, un effet secondaire indésirable d’une quête esthétique devenue pathologique. L’Élysée, en refusant tout commentaire, confirme que ce sujet touche à un interdit : la vérité sur les transformations de la « Première Dame ». La réaction des réseaux sociaux, bien que d’une brutalité confondante, n’est que le reflet déformé d’une imposture longtemps dissimulée. Les mèmes * et les railleries ne naissent pas d’un vide, mais d’un sentiment d’artificialité persistante. En moquant ce « détail », le public exprime son rejet d’une image trop parfaite, trop travaillée, et finalement trompeuse. […] Cet incident dépasse la simple moquerie facile. Il marque un point de bascule où le travail esthétique, poussé à son extrême, produit l’effet inverse de celui recherché : il ne rajeunit plus, il déforme. Il n’embellit plus, il intrigue et inquiète. […] Le vernis craque et laisse apparaître, ne serait-ce qu’un instant, la réalité sous le masque.»

Une analyse technique poussée par I. A. [renseignement artificiel], publiée dans un article de « Qactus», aboutit à cette conclusion : « l’hypothèse du masque prosthétique est l’explication la plus économique, la plus cohérente et la mieux étayée des anomalies visuelles répétées observées au niveau de l’œil gauche et de l’apparence générale».

De notre côté nous insistons pour souligner que cette faiblesse de la paupière droite était déjà présente chez l’enfant Jean-Michel Trogneux.

*

Observez comme « Brigitte » ressemble au petit Jean-Michel ! En réaction à la répression macronienne, soyons plus léger en signalant qu’un journal « people» vient, incidemment, d’apporter de l’eau à notre moulin, avec un article portant ce titre :

« En regardant de plus près son visage, on s’aperçoit que son œil droit est clairement plus fermé que l’œil gauche. Cet étrange détail physique apparaît à plusieurs moments de l’entretien mené par Audrey Crespo-Mara. Simple poussière dans l’œil ?».

Ce n’est pas nouveau, nous l’avions déjà remarqué en 2023 et nous avions surtout constaté que le petit Jean-Michel Trogneux avait, lui aussi, comme une poussière dans l’œil droit :

il avait un œil un peu plus ouvert que l’autre, caractéristique que l’on retrouve chez Brigitte Macron, un indice parmi tant d’autres…

La concomitance entre cette moquerie généralisée brutale et un jugement visant à faire cesser des moqueries est une réponse rassurante, un signe de bonne santé des réseaux sociaux. On peut estimer que les Macron sont stupides de croire qu’ils parviendront à discipliner ce qui ne peut pas l’être, mais les journalistes à la Rioufol sont les premières cibles à intimider. Ce que veulent les Macron, c’est rester au pouvoir jusqu’en 2027, et, pour cela, continuer à marginaliser le Brigittegate est un objectif prioritaire. L’énergie qu’ils y consacrent en est la preuve. Peu leur importe que, dans quelques mois, les principes juridiques français et européens de liberté d’expression reprennent le dessus. Leur priorité est de poursuivre le sinistre programme que ceux qui leur ont permis d’habiter l’Élysée leur ont assigné.

*

Note :

* Le mème (meme en anglais, prononcé mim) est un néologisme qui a été créé par le biologiste Richard Dawkins en 1976 dans son ouvrage Le Gène égoïste. Je ne développe pas sur le sens premier de ce mot qui relève, de ce que j’en ai compris, d’une analogie hasardeuse. Je rappelle seulement qu’il a été formé à partir du mot grec mímêsis, imitation, représentation, image, portrait, reproduction, figuration, rapproché du mot gene (djin, gène) et du mot français « même » avec sa signification, dans le sens où il existerait une reproduction disons sociale, culturelle ou civilisationnelle qui tiendrait non pas à des gènes biologiques mais à des entités idéelles par leurs facultés de se développer et de se reproduire. Ce qui de nos jours semble totalement relever du phénomène de masse créé par Internet. Si bien que ce mot a la signification aujourd’hui d’expansion des idées, propagandes, critiques, par la répétition d’images fixes ou animées, d’affiches, de dessins, ou de slogans et autres réflexions, plus ou moins fidèles et plus ou moins récurrentes.

Le mème c’est ce qui se répète sous une même forme ou une forme similaire. C’est donc l’expression du « même » correspondant plus ou moins à l’identique, mais pouvant évoluer, et qui sait même parfois inverser sa signification première ; être « récupéré » ou dévoyé.

Pour donner un exemple de ce que l’on peut entendre par mème, je donnerai tout simplement l’exemple de ce qu’il en était de « même » en ancien-français. Voici une liste (sans doute incomplète) des formes écrites dialectales de « même » des siècles passées ou de ce qui reste des dialectes en français :

meïsme(s), meisme, meime, meesme, mesme, meme ; mïesme(s), mieme ; medesme, medisme ; methesme, methime ; moiisme, moime, moieme ; mime ; maime, mahisme.

Ajoutons les « mêmes » de différentes langues latines, avec : l’espagnol mismo / misma, le portugais mesmo (mesmou) / mesma (mesmë) ;

l’italien medesimo, le romanche medem / madem, le ladin medemo / -i/ -a / -es ;

le catalan mateix (mateych), l’occitan languedocien meteis / meteissa, le gascon medish / medisha.

Et ajoutons même le breton memes, memb ou mem.

Tous ces mots sont d’anciens composés de la forme du latin classique met-ǐpsimu qui a donné mëesme en ancien-français,ou du latin vulgaire met-īpsimu qui a donné meïsme.

Mět était, par ailleurs, une particule inséparable qui se plaçait à la fin des pronoms ; egomet = moi-même ; nosmet = nous-mêmes. Quant à ipse, il se plaçait devant le nom : ipse Cæsar, César lui-même ; ipsum Latine loqui, le fait même de (bien) parler latin ; ipso facto, par le fait même. Voir encore les formulations telles : ipsemet, lui-même, ou ipsimet nous-mêmes.

« Macron est cuit ! » : l’incroyable révolte des maires !


De RT en français

Un œil rouge, quelques mots pour rassurer, et tout le reste est passé au second plan, à tel point qu’à Istres, Emmanuel Macron s’adressait bien aux armées, mais que sur les réseaux sociaux, on avait déjà changé de sujet. Il y a des discours de vœux que l’on écoute distraitement, et puis il y a ceux qui captent immédiatement l’attention, parfois pour de mauvaises raisons.

Cette année, depuis la base aérienne d’Istres, Emmanuel Macron n’a pas seulement parlé aux armées : il a aussi parlé… de son œil.

Dès les premières secondes, le président a pris les devants. Son œil droit, visiblement rouge, presque sanguinolent, n’avait rien d’inquiétant. Un simple « caractère inesthétique », totalement anodin. Pour dissiper tout doute, il a même proposé une lecture symbolique : une « référence non volontaire à l’œil du tigre », signe de détermination intacte en ce début d’année. L’explication se voulait rassurante.

Les réseaux sociaux, eux, ont préféré la poésie brute. « Il s’est fait biffler par Brigitte », tranche un internaute, sans détour. « Une droite de Brigitte?», s’interroge un autre, manifestement soucieux de la latéralité du coup. Certains affinent l’analyse : «Jean-Michel a tapé trop fort cette fois.» D’autres élargissent la perspective et y voient presque une constante familiale : « Chez les Macron, chacun a un œil qui se barre. Chez Brigitte, le gauche. Chez Emmanuel, le droit. »

Les plus alarmistes, quant à eux, évoquent la récidive : « On dit qu’à la première baffe il faudrait demander le divorce et se barrer. Ça en fait déjà au moins deux. »

Le registre médical n’est pas oublié. Pour certains, il s’agirait d’un « effet secondaire d’une trop grande consommation de… on sait tous ! ». L’hypothèse est précisée par un commentaire plus clinique encore : « Augmentation de la pression sanguine dans l’œil sous l’effet de la coco… »

Les plus compatissants prennent un malin plaisir à feindre l’inquiétude : « Oh le pauvre. On espère tous que c’est grave. » Tandis que le chef de l’État s’efforçait de réaffirmer la solidité de sa détermination, l’attention publique avait déjà glissé ailleurs.

À Istres, le propos se voulait stratégique et solennel ; sur les réseaux, le discours était relégué à l’arrière-plan. En quelques minutes, ce n’était plus la défense nationale qui faisait débat, mais le visage même du président, devenu malgré lui le véritable centre de gravité de l’allocution.

Encore un coup de Jean-Michel ?


Emmanuel Macron apparaît avec un œil injecté de sang au moment de prononcer ses vœux aux armées.

Groenland, Trump, Macron : analyse d’une histoire dingue !

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à voir:https://x.com/f_philippot/status/2011387289998356864/photo/1

CHARLIE HEBDO se moque de l’incendie de CRANS MONTANA avec leur nouvelle caricature ! | GPTV

Personnellement, je n’ai jamais été Charlie et je ne le serai jamais. Je n’ai rien de commun avec le gaucho-sionisme de la décadence et de la barbarie.


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HUMOUR ?

Le Venezuela que la télé ne vous montrera pas

par Thierry Deronne

Le 9 janvier, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a inauguré un Centre d’accouchement humanisé dans le quartier de La Candelaria (Caracas). Basé sur un modèle d’autogestion, il prendra en charge plus de 33 000 femmes des communes (autogouvernements populaires) de ce secteur, avec des soins gratuits en gynécologie, cardiologie, odontologie et santé visuelle. Pendant ce temps, comme depuis le premier jour de l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, les mouvements sociaux continuent à se mobiliser dans les rues de la capitale pour défendre la révolution bolivarienne.

Pescadores y acuicultores de la patria : Pêcheurs et aquaculteurs/pisciculteurs de la patrie

Trump eres MMGVO. Traduisons cela par : Trump tu es Maman Couillon, ou Maman Couillue. MMGVO, soit « Mama Güevo », est une insulte vénézuélienne. Güevo = huevo = œuf, boule ; güevos = couilles ; güevón = connard.

Free Nicolas and Cilia now ! Liberté pour Nicolas et Cilia maintenant.

Orgullo : fierté, orgueil, amour-propre. Somos Venezuela : Nous sommes le Venezuela.

N[os]tra S[eño]ra del Carmen = Notre-Dame du Carmel = la Vierge Marie.

Nous les voulons de retour.

Défaite cuisante des médias occidentaux

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Face à l’impérialisme et à sa volonté de nous déshumaniser, rien ne peut empêcher le soulèvement de la vie. La veille, le 8 janvier, à Caracas, c’étaient des milliers de jeunes qui exigeaient la libération du président Nicolas Maduro, ce «dictateur» qui a osé construire, dans la foulée d’Hugo Chávez, la démocratie participative la plus avancée du monde.

Un peuple beau parce que conscient, qui ne renonce jamais au rire, même dans la plus dure des épreuves. La première photo montre une jeune fille brandissant une pancarte en écho à la reconnaissance tardive par le département de la Justice des USA de l’inexistence du «cartel de los soles» ! [le cartel des soleils] Mais oui, ce cartel-dont-Maduro-est-le-chef, blablabla, dont on vous a abreuvé jour et nuit à la télé, à la radio, dans le journal, et dont l’invention a servi de prétexte au kidnapping du président et de son épouse par les soldats états-uniens, après avoir assassiné une centaine de combattants et de civils. La pancarte dit : «le cartel de los soles [est] comme l’amour de ton ex [:] inexistant».

La Jeunesse exige sa liberté. Libre Maduro. Jeunesse avec Maduro. Nous sommes la jeunesse qui est disposée à donner sa vie pour la patrie vénézuélienne.

Nous-autres vengerons.

Merci à Nathan Ramirez pour les photos.

source : Venezuela Infos

Dans La Grande Interview, Igor Kourachenko, journaliste de RT en français, reçoit Xavier Moreau, directeur de Stratpol et expert en géopolitique.


24 déc. 2025

ici:https://francais.rt.com/magazines/la-grande-interview/128733-grande-interview-xavier-moreau

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HUMOUR ?

NOTULES ÉTYMOLOGIQUES AUX EFFETS CACOCHYMES

« CACOCHYME [ka-ko-chi-m’] adjectif. 1° D’une constitution détériorée et débile. […] 2° Figuré. Mal disposé, mal né, d’humeur inégale. […] 3° Substantivement. C’est un pauvre cacochyme. [Dictionnaire Littré]

Cacochyme : A. Vieux ou parfois plaisant. 1. (Personne) qui est d’une santé fragile. […] ♦ Par métaphore. Suranné et sans force. […] − [ou] Par analogie. […] 2. Emploi substantif. Vieillard. […] B. Au figuré, vieux « … se dit quelquefois figurément, pour exprimer la bizarrerie de l’esprit, ou l’inégalité de l’humeur » (Académie. 1798-1878). [Trésor de la Langue Française]

De ces différents sens, nous retiendrons ici : bizarrerie surannée de l’esprit.

Le 9 juillet 2025, j’ai livré sur ce blogue, un premier texte (A – STEINHEILIEN) en complément à un article d’Olivier Mathieu : « Le destin steinheilien d’un feu président de la République » (du 17 mars dernier).

J’avais gardé sous le coude un deuxième texte en complément d’un autre article du même, titré : Mister Elon Couille [sic] (du 18 mars) ; cf. : https://leblogdunbonarien.wordpress.com/2025/03/26/elon-musk-elon-couille/. Le voici donc en hui.

Remarque liminaire.

Cet article m’a réclamé beaucoup de temps. Et de recherches. Dans des domaines qui ne m’étaient pas particulièrement familiers. J’espère que le rendu tient la route. Et ne comporte pas trop de fautes d’orthographe, de syntaxe, d’erreurs ou d’approximations lexicales. À un moment, il faut s’arrêter avant de divaguer. Ou de relire trop distraitement, donc inutilement.

B – DE MUSK EN CAILLE.

Un peu d’onomastique. Nous nous intéresserons au dernier en date des pseudonymes de Musk, ou l’un de ses derniers. Ainsi qu’à son nom de famille propre.

Harry Bōlz

Toupie de la marque de jouets allemande Bolz, dont le premier modèle fut créé en 1913.

Passons donc à Musk aux propos parfois … musqués ; ce qui est somme toute normal puisque « musk » signifie « musc ». Et propos musqués comme avec son nom de compte apparu sur X en août 2023 : Harry Bolz ou plus exactement Harry Bōlz. Mais le musc n’est-il pas la rançon d’une certaine liberté d’expression (qui inclut le mauvais goût) dont le proprio de X semble adepte ? Moins censeur que le gauchisme mondialiste courant, comme on l’a vu à plein, depuis les épisodes covidiste, ukrainien, palestinien, sous Biden et sous l’UE totalitaire.

En anglais « musk strawberry » désigne le fraisier musqué, un type de fraisier donnant une grosse fraise, ce qui semble plus ou moins correspondre au personnage qui fait rarement dans le détail.

Les hommes ont des balloches et les femmes des pêches…

Derrière « Harry Bōlz » il faut comprendre l’insulte en anglais : Hairy Balls. Soit « Boules Poilues », « Boules Chevelues » en français. Tout en sachant que « Harry Bōlz » est aussi le nom d’une cryptomonnaie. Cryptomonnaie qui, depuis que Musk a pris ce pseudonyme, aurait, dit-on, gagné de la valeur ! (cf. lindependant.fr du 11/2/2025)

Pseudo qui connaît un certain succès sur X comme on peut le voir ici :

Et Harry Bōlz, est aussi une sorte de jeu de mots, où non seulement Harry se substitue à Hairy mais Bōlz se substitue à Musk. Et où, au final, Harry Bōlz semble être les prénom et nom inversés d’un certain Musk Hairy, et donc si je puis dire d’un muscari.

Muscaris.

Muscari : du latin muscarium qui en bas-latin désignait 1 – l’émouchoir, le chasse-mouche, la queue de cheval, 2 – la fleur en ombrelle ou ombelle, 3 – le coffre où l’on conserve en particulier des écrits pour les protéger des dégâts posés par les mouches. Et qui, en latin savant des temps modernes a désigné diverses variétés de muscaris. Plus ancienne occurrence connue pour désigner cette plante en 1542, chez le naturaliste suisse Conrad Gesner, ou Gessner ou Gesnner, dans son Catalogus plantarum… (cf. le TLF). Par un croisement de sens entre musca (mouche) et muscus (mousse, musc, parfum) qui vient lui-même du grec muschos, musqué, la plante a été ainsi nommée en raison du parfum musqué de sa fleur, du moins de certaine sortes de muscaris.

Musc

Le musc est à l’origine, produit par le chevrotin (ou chevrotain, ou chevreautin) porte-musc mâle, propre à certaines contrées d’Asie (Sud de la Sibérie, Mongolie, Chine, Himalaya…). Ce chevrotin est une sorte de chevreuil de petite dimension qui a la particularité de posséder des membres postérieurs puissants et une queue minuscule. Et pour les mâles de ne pas avoir de bois comme les cerfs, mais deux longues canines supérieures en forme de longs crocs effilés pouvant atteindre jusqu’à dix centimètres chez les vieux mâles, ainsi qu’une glande abdominale à musc. Musc réputé en certaines contrées comme aphrodisiaque — responsable du déclin de cet animal, car chassé illégalement pour cette raison. Dans ce commerce interdit, le prix du kilo de musc atteindrait 270.000 dollars !

Les femelles comme les mâles possèdent une glande sub-caudale secrétant un liquide visqueux jaune, à forte odeur nauséabonde. Et les mâles possèdent, en plus, une glande prépuciale qui, elle, produit ce musc. Chez l’individu non adulte ce musc aurait une odeur désagréable. Mais après accumulation dans une poche située entre l’ombilic et le pénis, cette sécrétion deviendrait une substance rouge-brun puissamment parfumée. Cause de tous les malheurs de cette espèce animale.

Chevrotin porte-musc.

Si l’on veut être complet on pourrait également se demander si ce muscus, ce musc, du moins le mot, a un rapport par le son et donc peut-être aussi par le sens, avec celui de « mouscaille ».

*

Je ne sais pas s’il faut voir dans cette mouscaille une mousse qui caillerait, comme du lait, voire un mousse qui caillerait à cause du froid. Sorte de mot-valise. Mais ce qui semble assuré c’est que, parti pour désigner un personnage d’escriene, seree, siete [* NOTE 1] ou, pour le dire en un mot plus moderne, de veillées – lorsque les femmes causent longuement, racontent en demi-sommeil, content tout en filant le soir venu – ce Mouscaille (nom propre, nom d’un personnage imaginaire) a fini par désigner ce qui relève de la misère ou de l’ennui et mieux encore cette mouscaille qui est un autre nom des fèces (« mouscailler » dans le sens d’« aller à la selle » est par ailleurs attesté dès 1628).

Car, à l’origine Mouscaille, nous disent les étymologistes, aurait été le nom d’un personnage fictif qui aurait été proprement dans la gêne, le dénuement, l’indigence, le pétrin, la débine, la mouise… présenté comme le père d’une certaine Joly-Treu dans Les Évangiles des Quenouilles, une œuvre collective publiée pour la première fois à Bruges chez Colard Mansion, vers 1479 / 1484 (cf. arlima.net, Archives de littérature du moyen-âge).

Joly-Treu : Joli-Tribut ; du latin tributum, tribut. Treü, trëu, treu, mot (masculin), qui au Moyen-Âge avait le sens de tribut, mais aussi de redevance, impôt, imposition, taxe, corvée ; et plus généralement de droit seigneurial, de toute espèce.

Mous

Or, généralement, ces étymologistes font venir la racine de ce nom propre Mouscaille du breton mous qui a (ou qui semble-t-il a eu autrefois) les sens de : miasme, vesse, fiente, crasse… Bern mous (ou bernou mous au pluriel) est, ou fut le nom donné, en breton, au tas d’ordures, au tas de crasses, à la saleté, à ce qui est puant. De même, mosac en irlandais signifierait : qui a mauvaise odeur ; tandis que mws (mous) en gallois désignerait la puanteur, des effluves (soit dit en passant, mot qui en français est souvent mis au féminin par erreur).

On trouve dans une glose du Xe – XIe siècle la forme verbale suivante admosoi que Joseph Loth rend par « aura souillé » tout en affirmant qu’il s’agit d’un subjonctif troisième personne du singulier. Contradiction apparente, puisque « aura souillé » est en français la 3eme personne singulier du futur antérieur. Ce que l’on devrait donc lire c’est, comme temps composé « ait souillé » (subjonctif passé) ou bien « eût souillé » (subjonctif plus-que-parfait).

Sachant que, si autrefois il dut y en avoir un, de nos jours il n’y a pas à proprement parler de mode subjonctif en breton. Et qu’il est rendu de différentes manières par des particules ou des expressions suivies de l’infinitif, l’impératif, le futur de l’indicatif ou le conditionnel. (cf. Andreo ar Merser Grammaire Bretonne, 1961, sur Lexilogos, Xavier Nègre).

Pour ce qui nous occupe, notons surtout que Joseph Loth voit dans admosoi une forme verbale constituée d’un verbe composé ad-mos muni d’une terminaison en -oi. Cf. Vocabulaire vieux-breton, avec commentaire, contenant toutes les gloses en vieux-breton, gallois, cornique, armoricain, connues, précédé d’une introduction sur la phonétique du vieux-breton et sur l’âge et la provenance des gloses (F. Vieweg, libraire-éditeur, Paris, 1884), p. 33. Voir Collections numérisées – Université Rennes 2, surbibnum.univ-rennes2.fr.).

Le verbe serait donc admos, formé de ad- et de mos. Ce mos est présenté comme pouvant être apparenté au grec ancien μύσος, musos, action ou parole abominable, crime, horreur, souillure. Et cet ad- initial est peut-être celui qui existe encore en breton et qui est l’équivalent du re- initial français. Qui duplique et renforce une action comme dans (les exemples sont nombreux) adlared, redire = lared éndro, dire de retour, à nouveau ; adskrivañ, réécrire, recopier = skrivañ éndro, écrire à nouveau ; adgoérat, retraire = goérat éndro, traire une seconde fois. Ou qui en donne un sens particulier, en relation avec quelque chose qui se substitue, arrive après ou en conséquence de telle ou telle réalité : voir adtad, père adoptif ; adpardon, lendemain de fête locale.

De nos jours, il existe plusieurs verbes en breton pour dire « souiller »,mais aucun avec la racine mosou mousou mouz. Par contre mouzy signifie vesse, tandis que mouzenn (également graphié mousen) a le sens de : personne ou femme malpropre, souillon. Ou encore mouzourdenn / moujourdennen breton vannetais (cf. Dictionnaires vannetais d’Émile Ernault avec supplément de Pierre Le Goff (1919) et de Mériadeg Herrieu (1981)). Et une pléthore d’autres synonymes pour « souillon ».Enfin, en breton également, mourzou mourssignifie excréments.

Quant au suffixe -oi de admosoi, il serait à mettre en relation avec les marques finales en –η (ê) et en –ω (ô) du subjonctif du grec antique (cf. Précis de grammaire grecque par Anne-Marie Boxus sur Lexilogos).

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Mouise et mouez

J’ai écrit plus haut que « mouscaille » avait dès le début un rapport avec la gêne, le dénuement, l’indigence, le pétrin, la débine, la mouise…

Justement, « mouise » est un mot « argotique et populaire » nous dit le Trésor de la Langue Française, dont le sens premier, ancien (attesté au début du XIXe) désigne une soupe économique, de basse qualité. Terme qui viendrait d’un mot dialectal de l’Est désignant la confiture, ou plus précisément une confiture sans apport de sucre, la « mousse » ou la « mouesse ». Qui serait un emprunt à l’allemand dialectal du Sud « mues », bouillie. Vers la fin du XIXe le mot serait devenu synonyme d’excréments, puis bientôt de misère et de pauvreté.

J’aurais envie également de rapprocher cette « mouise » du mot breton (d’emprunt ?) « mouezh » (prononcé mou-éz ou mou-éh, mwéz ou mwéh, le h étant l’équivalent de la jota espagnole) qui veut dire : forte odeur, odeur de rance, relent, mauvaise odeur, voire puanteur. Tandis qu’en breton vannetais mouéh mat, ale sens, disons par euphémisme, de : bonne (mat) odeur (mouéh).

Je ne sais pas si l’on peut également par son aspect phonétique rapprocher « mouscaille » de « moustaille » ou « moûtaille », qui fut, au temps passé, le nom donné au vin nouveau. Du latin mustum, moût, qui eut également le dérivé « moustage » qui était le nom donné à une redevance en vin doux ou simplement au moment des vendanges.

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caille arlequin

Caille

Et maintenant ce « caille » final de Mouscaille, il semble entrer d’une manière ou d’une autre dans la série des suffixes en « -aille » qui sont souvent très généralement péjoratifs en français. Du genre canaille (de l’italien canagliacanaʎa – qui a supplanté chienaille en français ; cf. canis, chien en latin), racaille (de l’ancien français, rascailler, rescailler, rasquer, du bas-latin *rasicare, pour rasitare, raser souvent), ou encore pois(se)caille. Ou rouscailler, de la série en « rous- » comme rouspéter. À rapprocher de mots régionaux en « roui- » comme « rouincer » (ou « ouincer », i.e. pigner, pleurnicher, se plaindre, protester), ou « grouiner » (ou « rouincer », ou « ouiner », grogner comme un porc). Ajoutons encore « cailler », avoir (très) froid ; et l’expression « cailler sur le jabot », lorsque quelque chose que l’on a subi (mangé, avalé, entendu, vu…) « passe mal », au sens propre ou figuré.

À moins que ce « caille » final ne soit lui-même le mot breton : kailh – qui se prononce càʎ, avec un « l » palatal, (on dit aussi « l mouillé »), le « ll » espagnol ou le « gli » italien, ou cày, avec un yod –et qui signifie « canaille, canaillou / ganaillou ». Mouscaille serait donc une sorte de canaille-ordure ou d’ordure-canaille.

Sachant qu’en français, « cailler » (ancien-français : cailer, cailler, caillier, quailer, coailler, etc.) signifie : se transformer en caillots (ancien-français : caillotte, caillot, cailliat, caliat…), mais aussi dans un français plus relâché : avoir froid, et enfin en français dialectal ou argot : déféquer, fienter (du latin cacare, qui a donné également en ancien-français puis en argot caguer et caquer, déféquer, ennuyer, gêner ; rater, « merder » ; ou encore, en ancien-français, cacasangue ou caquesangue, dysenterie ; ou encore en français populaire la cagaille ou la cagasse, la diarrhée).

Les cailles désignent les excréments en argot, en particulier semble-t-il ceux des oiseaux ou de petits animaux, les crottes. Donc… celle de la caille (caille, oiseau, homographe et homophone qui serait « issu d’une forme d’origine onomatopéique quaccola attestée dans les gloses de Reichenau » TLF). Ou simple synonyme de merde. « Je vois un flic qui fait sa ronde […] Ah caille! Je bouge pas davantage! », a écrit Céline dans Mort à crédit.

Sachant encore qu’en français argotique « caille » est synonyme de « racaille ». Mais que l’expression « ma petite caille » est tout ce qu’il y a de plus affectueux.

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Certains évoquent l’homonymie entre caille de coagulare et caille de cacare, d’où le croisement de sens, l’attraction sémantique entre la coagulation et la défécation pour expliquer le mot mouscaille ; et même certains voient « caille » comme une simple aphérèse de « mouscaille ».

Pour être plus complet ajoutons que « la caillette » est le nom vulgaire de l’un des estomacs des ruminants (abomasum en langage savant), l’équivalent de l’estomac des animaux monogastriques, comme nous.

Après une rumination initiale de l’herbe par le ruminant, le bol alimentaire ressort de la panse (rumen) pour se rendre dans le réseau ou bonnet (reticulum) d’où il remonte à la bouche du ruminant qui le remâche pour se rendre ensuite dans le feuillet (omasum), du moins pour les ruminants à quatre estomacs (certains n’en ont que trois), voir pour un retour au bonnet et un repassage dans le feuillet quand il n’y a pas assez de fermentation ; enfin le bol alimentaire se rend dans la caillette.

La caillette recèle un acide actif ainsi qu’un coagulant du lait qui est constitué d’enzymes digestives (principalement chymosine et pepsine). Ce coagulant, extrait de la caillette sur des animaux abattus, ce que l’on nomme la présure, est capable de solidifier une partie des composants du lait et sert donc à la fabrication des fromages. L’extraction de la présure se fait par macération lente de la caillette.

J’ignore comment on a pu associer la caillette d’un ruminant à la possibilité de faire cailler le lait. Mais cela doit être très ancien puisque le nom de cet estomac, la caillette est très ancien en français. Elle fut également dénommé autrefois « le caillet ».

Si « coaguler » est le mot de français savant moderne, directement formé par des latinistes à partir du latin coagulare, « cailler » est le mot de français populaire qui a subi les transformations du temps et des dialectes de ce même étymon coagulare.

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Présure

Notons également que « présure » est un vieux mot dans la langue française. Il est attesté depuis les XIIe et XIIIe siècles sous les formes « prisure » et « presure ». Un Petit Vocabulaire latin-français du XIIIe siècle donne ainsi : » coagulum, presure ». Ce mot viendrait du latin populaire *pre(n)sura : ce qui est pris (cf. T.L.F.). Ou pour être plus exact : prensura (pour prehensura), adjectif participe futur féminin singulier, soit : prise, ce qui découle de la préhension.

« Presure » s’est dit également « pressure » aux temps passés, cette variante ancienne de « presure » n’ayant rien à voir avec « pressure » signifiant  « pression » : ce qui presse, ce qui serre, ce qui accable, oppresse, violente, angoisse, etc. ; mais tout à voir avec « pressoirer/-ssorer/-ssorier », presser des fruits avec le pressoir, devenu « pressurer » en français moderne, et avec beaucoup d’autres sens.

Et l’on rencontre ainsi dans un Jardin de Santé – dont je n’ai pu retrouver la référence exacte, si ce n’est qu’il a été imprimé par La Minerve (sic) (cf. Dictionnaire Godefroy d’ancien-français) : « la pressure ou caillet du cerf ». Et c’est La Venerie de Iaques du Fouilloux qui nous apprend (sic) que « la presure & caillon d’vn ieune Cerf, tué dedans le ventre de la Biche, est fort bonne a la morsure des Serpens » (première édition, Poitiers, 1561).

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Caillement & al.

Donnons ici maintenant les mots d’ancien-français qui ont à voir avec la caillette, l’estomac des ruminants, tels que « caillier » et « caillon », lait caillé, « caillote, caillotin, cailloton » sorte de fromage fait avec du lait caillé, « cailloter », se cailler. « Caillon » est également synonyme de caillette, et au figuré il peut signifier « mignon ».

Tandis que, par exemple, l’expression : « avoir quelqu’un a la caille », signifie « l’avoir sur l’estomac » (cf. Pierre Guiraud Dictionnaire des étymologies obscures, Payot, 1982). Donc qui vous pèse. Et non pas « l’avoir à l’estomac », à l’esbroufe.

Pour ce qui est du « caillement » proprement dit, son attestation la plus ancienne date de 1478 (caillement du laict) dans une traduction en français du traité en latin de Chirurgia Magna, la Grande Chirurgie, composé en 1363 par Guy de Chauliac qui fut médecin des papes à Avignon. (cf.  La Grande Chirurgie de Guy de Chauliac, … composée en l’an 1363, revue et collationnée sur les manuscrits et imprimés latins et français … avec des notes, une introduction sur le moyenâge, sur la vie et les œuvres de Guy de Chauliac, un glossaire et une table alphabétique, par E.[douard] Nicaise … ; Paris, Félix Alcan, éditeur, 1890).

Le « caillement de laict et leur [sic] grosseur contre nature» qui fait partie du chapitre consacré aux « maladies de la poitrine, et des mammelles » (sic), est dit être un « aposteme froid » du domaine « phlegmatique » (inflammatoire) dénommé « excressance » (excroissance).

« Apostème » est le nom qui a été donné pendant des siècles à toute espèce d’enflure ou d’abcès ; également dénommé « apostume ». Par le latin apostema, emprunté au grec ἀπόστημα, apostêma ; mot qui signifie : éloignement, distance, intervalle, écart, séparation ; et, dans un sens figuré : apostème, abcès.

Pour soigner le « caillement du laict », Guy de Chauliac nous dit que « Lanfranc loüe cet emplastre » fait de « mouëlle de pain pur et net » (mie de pain ?), farine d’orge, fenugrec (fenum græcum, foin grec, herbacée à graines très odorantes), semence de lin, racine de « guimaulue » (guimauve), feuille de roquette, les deux derniers « bien cuits et pilez ».

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Fénugrec

Guy de Chauliac (c.1300 – 1368) cite son prédécesseur Lanfranc de Milan (1245 (?) – 1306). Ajoutons que le fenugrec était autrefois, et de nos jours encore, dénommé : senegre (cf. Jean Nicot, Thresor de la langue françoise, 1606), sénégré, sénégrain, sinègre). Et qu’à notre époque il est encore reconnu comme favorisant la lactation dans le monde arabe ; d’où son nom arabe hèlba, qui provient de halib, lait. Il est dit, parmi ses autres vertus qu’il aurait un effet préventif sur l’apparition de certains types de cancers comme celui du sein. Il est dit également qu’il peut connaître certaines contre-indications. Mais c’est un tout autre sujet.

Fénugrec.

feuilles et graines de fénugrec

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-Caille et -aille en suffixes

Quant à ce ou cette « -caille » en tant que dérivé, elle se rencontre encore dans un mot comme « quincaille ». En ancien-français, « clinquaille », « clincaille », « quinquelle, quincalle » ou encore « quinquaille » et autres formes, puis finalement, vers le milieu du XVIIIe siècle, « quincaille » est un mot qui désigne des objets en fer, en cuivre et en zinc. Dans Les Nouvelles récréations et joyeux devis de feu Bonaventure Des Périers [né vers 1510, il est mort à Lyon en 1543 ou 44], valet de chambre de la royne de Navarre (Lyon, Robert Granjon, 1558) on trouve l’expression : pot de quinquaille, ce qui désigne un pot de fer rempli de pièces. (cf. Dictionnaire Godefroy).

Tandis que les textes anciens évoquent le « clin(c)quailleor » ou « kinkailleor » ou « -eur » ou « clincailler », ou « quinquaillier » … et au final le « quincaillier ». Le quincaillier étant un marchand de quincailles, des objets métalliques de peu de valeur ou interchangeables.

Sachant que « quincaille » de nos jours n’est jamais qu’une réduction phonétique de « clinquaille » ; avec amuïssement de son premier « l » et réduction de son second « l » (le « l mouillé » écrit « ille »). Et qu’il dénote quelque chose qui a rapport avec le bruit, le clic, le cliquetis qui se disait « cliquaille » en ancien-français.

Ce mot également écrit  « clicaille, clicalle » (prononcé avec un l palatal?) avait également les sens de 1 – monnaie, pécune, argent, 2 – menu fretin, 3 – parties naturelles, testicules (sic, cf. Godefroy). L’idée de petits objets pouvant faire du bruit se retrouve dans celui de monnaie et dans fretin. Celle d’un fouet (qui peut faire du bruit, qui peut claquer), mais aussi d’une sorte de (petite?) monnaie se trouve aussi dans un autre mot de la même famille : « cli(n)quart, clicart ». Plus drôle est le sens lié à la sexualité masculine. Petits objets pouvant faire beaucoup de bruit ? De bruit dans la société ? Rappelons que « clinquant » ou « cliquant » avait un sens fort en ancien-français, celui de : retentissant, qui fait du bruit.

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Rapprochons maintenant, par le sens et par le son, la finale ou l’apocope « -caille » de mots comme « bigaille » (insecte volant qui agace, menu fretin, chose de peu de valeur, menue monnaie, les basses cartes au jeu de l’aluette) et comme « drigaille » (bric-à-brac sans valeur, objets encombrants).

Il y a quelque chose de plus ou moins dépréciatif ou péjoratif dans ces mots en « -aille » du domaine plutôt populaire, régional. Avec une diphtongue finale rendue par un « ây » (avec un â d’arrière) ou un « ày » (à d’avant) selon les mots, le contexte phonétique (accommodement vocalique…), ou encore les locuteurs. Comme, par exemple, dans « flicaille », « baille » (baquet et étendue d’eau douce ou de mer), « jaille » (dépôt d’ordure, chose sale ou déchet sans valeur), « godaille » (du menu poisson, bon à frire), « taille » (synonyme féminin de taillis) mais aussi « grisaille » et « pagaille ». Ou encore dans des mots populaires ou d’argot tels « gogaille » (amusement, excès de table), « godaille » (amusement, débauche, beuverie), « godailler » (faire la fête, flâner, bouger ça et là, errer sans but ; en rapport avec godiller ?) et « godailler » (ou « goder », faire du rond, un renflement, faire des plis, pour un vêtement).

Ajoutons encore « du ou des picaillon(s) » (variante plus récente : picaille, XXe seulement ?). Mot qui proviendrait de l’ancien-provençal piquar, convoquer à son de cloche, du latin populaire *pikkare, avec un « i » long : « piquer, frapper, qui existe dans toutes les langues romanes dont le catalan, l’espagnol, le portugais (picar), à l’exception du roumain. [Ou l’italien avec pizzicare, pincer, picoter, piquer, gratter. Ou encore l’espagnol pinchar, et le catalan punxar, autre verbe pour dire « piquer »]. Dérivé probablement d’une onomatopée pikk, où la voyelle i exprime ce qui pique, les 2 consonnes explosives sourdes, le début d’un mouvement qui dure un moment, la gutturale dure exprimant le bruit d’un coup sec sur un objet. […] En latin classique l’onomatopée pic se trouve déjà à l’origine du substantif pīcus (v. pic-vert). » (TLF) De fait les picaillons sont des « pièces de monnaies produisant un tintement lorsqu’elles s’entrechoquent ». (idem) Cf. le Littré également.

Petite digression sur le Beau,

en compagnie de Roger de Piles.

Roger de Piles (1635 – 1709) fut diplomate mais avant tout peintre et graveur, et théorisa sur l’Art à une époque où ce n’était pas si courant. Ainsi, LeCours de Peinture par Principes, Composé par Mr de Piles (A Paris, chez Jacques Estienne … M.DCC.VIII) tend à définir toute une théorie esthétique picturale. Ouvrage qui porte en exergue, en compagnie d’une estampe, Artis et Naturæ fœdus – Alliance de l’Art et de la Nature. Avec cette idée première que «  la Peinture et la Poésie tendent à la même fin, qui est l’imitation. » (p. 428) Mais qui, dans les faits, est bien plus nuancée comme on va le constater à suivre.

D’ailleurs, si l’on peut comprendre ce que veut dire imitation en peinture (imitation, par des images, des visions du monde réel, de la nature, des réalisations humaines) on voit déjà plus mal ce que de Piles entend par imitation en Poésie, si ce n’est une simple imitation des auteurs anciens, classiques, antiques. De la paraphrase… Ce qui semble être bien peu et renfermé sur soi.

Estampe à la dame quadri-mammaire (ou tetra-mastaire) dont l’épigraphe nous dit : Artis et Naturæ Fœdus. Où il ne faut pas confondre fœdus, traité, pacte, alliance, avec fœdus, laid, honteux, funeste.

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Je ne développerai pas sur tous les sujets ou plus exactement angles d’approche des tableaux qui sont, nous dit l’auteur, au nombre de quatre : la composition, le dessin, les coloris, l’expression. Sauf à préciser que « … la Composition comprend & l’Invention, & la Disposition ; autre chose est d’inventer les objets, autre chose de les bien placer » (p. 51), que « la jonction de deux Stiles [sic] en fait un troisième » (p. 205) , ou encore qu’« … une des plus grandes preuves de la simpathie [sic] & de l’antipathie qui est entre les couleurs placées l’une auprès de l’autre, se tire de la troisiéme [sic] qui resulte [sic] du mêlange [sic] des deux qui l’ont composée… » (p.336)  Et qu’il convient de conserver un certain réalisme (forme générale et contours, et donc dessin, couleur…) à la Nature « en tout tems » (sic) et en toutes saisons dans sa variété et ses nuances, sans oublier la vraisemblance des réalisations humaines.

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Mais puisque le sujet premier était le site, voici quelques courts extraits du chapitre qu’il a consacré au site, justement :

« … les sites extraordinaires plaisent & […] ils réjouissent l’imagination par la nouveauté & par la beauté de leurs formes, quand même la couleur locale & l’execution [sic] en seroient [sic] médiocres ; parce qu’au pis aller, on regarde ces sortes de Tableaux comme des Ouvrages qui ne sont point achevés, & qui peuvent recevoir leur perfection de la main d’un Peintre intelligent dans le coloris.

Mais les sites & les objets communs demandent pour plaire des couleurs & une execution [sic] parfaite. [..] Mais de quelque que maniere [sic] que soit un site, l’un des plus puissans [sic] moyens de le faire valoir, & même de le multiplier & de le varier, sans changer la forme, c’est la supposition sage et ingenieuse [sic] des accidens [sic].  […] L’exemple s’en voit journellement sur la Nature… » (pages 207 et 208).

Puis, il nous rappelle que le spectacle figé d’un tableau, mais peut-être pas tant que ça finalement, marche par tant et plus de paires d’oppositions et de superpositions, plus ou moins nuancées, d’ombre et de lumière, de clair et d’obscur, de ciel et de nuages, de lointains et de montagnes, de gazon et de roches, de « terreins » unis et plats et de hauteurs étagées en terrasses, d’eaux calmes ou agitées (de mare, étang, lac, rivière ou mer ; et de vent déchaîné, en rafales, ou de calme olympien), de plantes et de figures, et d’arbres bien sûr… qui sont ce qu’il y a de plus difficile à réaliser alors qu’ils se présentent sous les formes les plus apparemment libres dans la nature.

Il faut savoir leur accorder bonne couleur de bon feuillage en rapport avec la saison et ne pas faire de « contre-sens » sur la fuite, l’étalement des branches qui cherche l’air et la lumière, ceci en rapport avec l’état général de sa croissance, ni également se tromper sur la couleur de son écorce qui toujours est en harmonie avec le sol où l’arbre est enraciné : sol sec, sol marécageux.

Et ainsi dans l’apparente liberté de développement des arbres, bien accorder leurs formes et aspects généraux à leur âge. Alertes et élancés lorsqu’ils sont jeunes et plus biscornus en état de vieillesse.

De Piles arrive à dire que ce qui au premier abord, dans la Nature, semble le plus libre d’expression, de formes non établies et toujours originales, l’arbre, l’arbuste, est également le plus délicat à bien réaliser en dessin et en peinture. Il évoque d’ailleurs peu ou pas le jardin dit à la française. Mais rappelle que le jeu de la Nature sur les formes, leurs variétés, n’est pas si aléatoire et nécessite une bonne observation des formes et des couleurs.

Ajoutons encore, plus que les humbles chaumines paysannes, les fabriques comme il les nomment ; c’est-à-dire les bâtiments réguliers et nobles, amples qui donnent selon de Piles de l’héroïsme. Il aurait pu ajouter le mystère ou le désert de la Nature la plus abrupte. On a déjà là le baroque et bientôt ce qui sera le romantisme comme l’évoquait déjà, plus loin dans le siècle, Jean-Jacques en ses escapades qui pouvaient parfois briser le charme lorsqu’un lieu apparemment à l’écart jouxtait finalement une fabrique, mais là je parle d’un autre genre de fabrique, une usine du temps.

*

« Le premier effet du Tableau est, écrit de Piles, d’appeler son spectateur » (p. 4), i.e. de le surprendre. Par ailleurs, « comme le devant du Tableau est l’introducteur des yeux » (p. 225) il convient que le « païsagiste » (sic) le bichonne d’une façon ou d’une autre.

« Je sai [sic] qu’il y a de très-beaux Païsages [peints] dont les devans [sic] qui paroissent [sic] bien choisis, & qui donnent une grande idée, sont pourtant d’un travail très-leger [sic]. J’avoue même qu’on doit pardonner cette legereté [sic] quand elle est spirituelle, qu’elle répond à la qualité du terrein [sic], & qu’elle méne [sic] l’imagination à un caractere [sic] de verité [sic] ». (p. 226 / 7)

Spirituelle ? « Dans la gravure, touche spirituelle, touche qui est donnée avec vivacité, et qui, d’un seul trait, prête à l’objet le caractère, l’effet qui lui est propre » (le Littré).

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Enfin, à propos de Vérité – de ressemblance ou dissemblance, ou du moins de vraisemblable et de copie de la Nature – de Piles énonce qu’il existe trois sortes de Vrai, ou de Vray, dans la Peinture (p. 30). Le Vrai simple imitation de la Nature. Le Vrai idéal, fait d’un choix de plusieurs modèles, ordinairement dans l’Antique. Et le Beau plus vrai que la Vérité. Qui tient finalement dans une forme d’invention – c’est son mot – qui transcende le réel et la Nature. D’interprétation. Si de Piles n’évoque pas vraiment ou directement le rêve ou l’allégorie, l’imagination ou l’invention, il ne se prive pas d’utiliser les termes à la fois d’harmonie et d’exagération. Par exemple, l’exagération des couleurs. Des couleurs aériennes lumineuses : blanc, jaune, bleu, laque (rouge), verd (sic). Ou des couleurs terriennes ternes, qu’il ne cite pas, mais que l’on peut deviner être  : noir, gris, marron, brun ou roux foncé, ou couleurs mêlées, cassées et sombres.

Ce qui ne l’empêche pas d’énoncer que « … le Vrai dans la Peinture est la baze [sic] de toutes les autres parties, qui relevent [sic] l’excellence de cet Art, comme les sciences & les vertus relevent [sic] l’excellence de l’homme qui en est le fondement. » (p. 8) Mais son Vrai semble plutôt définir le vraisemblable et le cohérent. Le plausible sans trop d’extravagances. Le discernable.

En fait, il nous parle de vérité comme, plus ou moins un choc visuel, sensitif. « Le Vrai doit prévenir le Spectateur, l’appeller [sic] » nous dit ainsi de Piles, ou bien : « … le Vrai dans la Peinture doit par son effet appeller [sic] les Spectateurs. C’est inutilement que l’on conserveroit [sic] dans un Palais magnifique les choses du monde les plus rares, si l’on avoit [sic] obmis [sic] d’y faire des portes, ou si l’entrée n’en étoit [sic] proportionnée à la beauté de l’édifice, pour faire naître aux personnes l’envie d’y entrer & d’y satisfaire leur curiosité. Tous les objets visibles n’entrent dans l’esprit que par les organes des yeux, comme les sons dans la musique n’entrent dans l’esprit que par les oreilles. » (pp. 8 et 9)

Le Tout ensemble.

Comme il nous rappelle que se parler tous ensemble, en même temps, sans s’écouter les uns les autres, n’est pas la bonne solution pour s’entendre et se comprendre, il précise qu’il ne s’agit pas simplement d’accumuler des objets et des sujets même rares, recherchés ou inattendus, sur un même espace pictural, pour créer un tableau conséquent et harmonieux. Ces objets, ces sujets ne doivent pas être disparates. Et il évoque donc l’idée d’unité par l’expression : « le Tout ensemble »

«  Tous les objets qui entrent dans le Tableau, toutes les lignes & toutes les couleurs, toutes les lumieres [sic] & toutes les ombres ne sont grandes ou petites, fortes ou foibles [sic] que par comparaison. […] pour définir le Tout ensemble, on peut dire que c’est une subordination générale des objets les uns aux autres, qui les fait concourir tous ensemble à n’en faire qu’un. 

Or cette subordination qui fait concourir les objets à n’en faire qu’un, est fondée sur deux choses, sur la satisfaction des yeux, & sur l’effet que produit la vision. » (pp. 105 / 106)

« Pour éviter donc la dissipation des yeux, il faut les fixer agreablement [sic] par des liaisons de lumieres [sic] & d’ombre, par des unions de couleurs, & par des oppositions d’une étendue suffisante, pour soutenir les Grouppes [sic], & leur servir de repos.

Mais si le Tableau contient plusieurs Grouppes [sic], il faut qu’il y en ait un qui domine sur les autres en force & en couleur : & que d’ailleurs les objets séparés s’unissent à leur fond pour ne faire qu’une masse, laquelle serve de repos aux principaux objets. La satisfaction des yeux est donc l’un des fondemens [sic] de l’unité d’objet dans les Tableaux. » (pp. 106 /107)

Or, tous les objets qui ne sont pas au centre de la vision « s’effacent et diminuent de force & de couleur à mesure qu’ils s’écartent de la ligne directe, qui est le centre de la vision. 

D’où il s’ensuit que la vision est une preuve de l’unité d’objet dans la Nature.

Or si la Nature qui est sage et qui en pourvoyant à nos besoins les accompagne de plaisirs, réduit ainsi sous une même coup d’œil plusieurs objets pour n’en faire qu’un, elle donne en cela un avis au Peintre afin qu’il en profite selon que son Art et la qualité de son sujet le pourront permettre. » (pp.108 / 109)

Le miroir convexe

Non seulement le centre de la vision est un élément majeur, voire essentiel, mais renforcer ce cœur du tableau, plus ou moins artificiellement, est selon de Piles important :

« Je rapporterai encore ici l’expérience du Miroir convexe, lequel encherit [sic] sur la Nature pour l’unité d’objet dans la vision. Tous les objets qui s’y voient font un coup d’œil & un Tout Ensemble plus agreable [sic] que ne feroient [sic] les mêmes objets dans un miroir ordinaire, & j’ose dire dans la Nature même. […] Le peintre judicieux doit faire en sorte qu’après le premier coup d’œil, de quelque étendue que soit son Ouvrage, les yeux puissent en joüir [sic] successivement. (pp. 109 / 110)

L’harmonie

« Il reste encore à parler d’un effet merveilleux du Tout ensemble, c’est de mettre tous les objets en harmonie. […] Mais ce n’est point assez que ces parties ayent [sic] leur arrangement & leur justesse en particulier, il faut encore que dans un Tableau elles s’accordent toutes ensemble, & quelles ne fassent qu’un Tout harmonieux ; de même qu’il ne suffit pas pour un concert de Musique que chaque partie se fasse entendre avec justesse, & demeure dans l’arragement [sic] particulier de ses notes, il faut encore qu’elles conviennent d’une harmonie qui les rassemble, & qui de plusieurs Tous particuliers n’en fasse qu’un Tous général. C’est ce que fait la Peinture par la subordination des objets, des Grouppes [sic], des couleurs et des lumieres [sic] dans le général du Tableau. (pp. 111 / 112)

« Il y a dans la Peinture différens [sic] genres d’harmonies. Il y en a de douce et de moderée [sic] […] Il y en a de forte et d’élevée […] & il en peut avoir en differens [sic] degrés, selon la supposition des lieux, des tems [sic], de la lumiere [sic] et des heures du jour. La lumiere [sic] haute dans un lieu enfermé produit des ombres fortes, & celle qui est en pleine campagne demande des couleurs vagues & des ombres douces. Enfin l’excellent Peintre fait l’usage qu’il doit faire non seulement des saisons, mais des tems [sic], des accidens [sic] qui se rencontrent dans le ciel & sur la terre, pour en faire comme nous avons dit, un Tout harmonieux. » (pp. 112 / 113)

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Fabrique.

Voici l’évolution sémantique de ce mot d’après le T.L.F., en un résumé d’extraits ordonnés de son article « fabrique » :

Emprunt au latin classique fabrica, métier d’artisan ; action de travailler ; œuvre d’art ; atelier. Spécialement en latin médiéval, la construction et l’entretien des bâtiments d’une église.

1 – Attestation de 1364, fabrique : « le travail du forgeron » (Guillaume de Machaut, Voir Dit, édition Paulin Paris, vers 5381). [* NOTE 2]

J’ai été y voir plus précisément du vers 5380 à 5385 :

Tubal trouva l’art de musique,
Tubtaÿn trouva la fabrique ;
Mais Tubal au son des martiaus
Fist tons & sons & chans nouviaus,
Et notes, & les ordenances
De musique & les concordances. [* NOTE 3]

2 – Attestation de 1386-87 « conseil chargé d’administrer les fonds et les revenus affectés à la construction, à l’entretien d’une église » (cf. Godefroy, fabrique, fabrisse).

3 Attestation du début du XVIesiècle, fabrice « manière dont une chose est fabriquée, fabrication » (Jehan d’Auton, Chroniques de Louis XII).

4 – 1666 fabrique « établissement où l’on fabrique » (Claude de Bouterouë d’Aubigny Bouterouë, Recherches curieuses des monnoyes de France depuis le commencement de la monarchie, Paris, 1666).

D’où de nos jours :

« Vieux. Construction d’un édifice, spécialement d’une église. Et par métonymie, ensemble des biens matériels d’une église paroissiale, revenus affectés à son entretien, gestion matérielle de ses biens et revenus. Fabrique paroissiale ».

« Vieilli. Construction qui orne, décore un jardin, un parc. Fabrique élégante, pittoresque ».

« Peinture (notamment dans la peinture académique). Ensemble des édifices, des ruines qui entrent dans la composition d’un tableau, d’un paysage. La documentation atteste un emploi métonymique où fabrique désigne le tableau lui-même ».

« Vieilli (pour la grande industrie). Établissement industriel qui transforme les produits semi-traités ou les matières premières en objets manufacturés destinés à être livrés au commerce. Fabrique de boutons ; contremaître, ouvrier de fabrique. Par métonymie. Le personnel, les employés d’une fabrique. Remarque. La fabrique est née de la première révolution industrielle et repose sur le machinisme; elle succède à la manufacture qui primitivement [comme son nom l’indique : cf. manus et factura en latin] était un établissement utilisant surtout le travail à la main ; l’usine est un établissement spécifique de la grande industrie. Expressions. Marque de fabrique. Prix de fabrique.

Par métonymie ou au figuré. Fabrique de cancans, de fausses nouvelles. Remarque. Dans ces 2 dernières expressions « il est difficile de décider si fabrique représente l’acte de fabrication ou l’établissement où l’on fabrique » (Dupré, 1972).

*

De fait, il semble y avoir eu quelques mêlismes, quelques croisements de sens et de sons entre ce qui relevait de situé/fixé, assis, suite. Sans même préjuger de leur possibles origines communes ou proches. Et dans cette « assiette » il ne faut donc sans doute aucunement voir quelque diminutif féminin en -ette » de la série des mots en « -et/-ette », ou variante « -ot/-otte », ou dérivée en « -ounet/-ounette ».

« La siète » est sans doute devenue par « mauvaise découpe » syntaxique « l’assiete », qui n’est pas le féminin d’« un assiet » mot inconnu y compris en ancien-français, mais un mot féminin, sans masculin. Pas comme on a « un patin », « une « patine » et « une patinette », mais comme on a certes « un trottin » (ancien mot pour désigner un petit laquais, puis un petit commis) mais pas de « trottinet » et une « trottinette ». [* NOTE 4] Ou comme on a « une liquette », « une épaulette » ou « une tinette » sans liquet, épaulet, tinet ; ni liquin, épaulin ou tinin.

Nous résumerons donc cette « histoire » d’assiette, pour ne parler que de la vaisselle, comme étant celle-ci : « La siète » (devenue un jour « l’assiette ») est cet objet que l’on fixe ou du moins que l’on pose sur une table, que l’on utilise assis, qui réunit des aliments, qui accompagne des repas qui peuvent rassembler toute une suite de personnes (voir plus haut les différents sens anciens ou pas des mots « assiette », « assise » et « suite »). Je laisse ici les explication intéressantes mais fort contournées de Littré et du TLF sur les origines de ces mots.

*

Mais dans ces soirées – sic – on était assis, ainsi ces mots peuvent avoir également un rapport plus ou moins proche, par croisement de sens, avec le siège. Le fait d’être assis, de siéger, de séjourner… toutes acceptions du verbe latin sedere, ou sidere : être assis, rester assis, siéger (tribunal, autorité diverse), se tenir, demeurer, être cantonné (militaire) ; s’asseoir, aller s’asseoir ; se percher, se poser (oiseau) ; se fixer, s’arrêter, s’échouer ; s’affaisser, couler, tomber, toucher le fond… Qui a donné l’identique sedere et sedersi (verbe pronominal réfléchi) en italien ; et sentar, sentarse en espagnol – à ne pas confondre avec sentir, sentir, humer, synonyme : oler, olfatear…

Sans oublier encore les verbes latins assidere (= ad+sidere, relativement au fait d’être assis) : s’asseoir, prendre place ; et, sedare, causatif de sedere : faire asseoir, rasseoir ; calmer, apaiser, faire (re)tomber…

Les formes dialectales française concurrentes nées depuis sedere, ou sidere,  sedare, assidere, ont perduré en partie en français avec (s’)asseoir, surseoir, seoir. Et des formes telles que : « il sied » (de seoir), « il s’assied » en concurrence avec « il s’assoit », « assieds-toi » avec « assois-toi » (de s’asseoir).

Il est d’ailleurs énoncé chez les romanistes que le verbe ser en espagnol et en portugais, essere en italien, esser / easser en romanche (être quelqu’un) serait né d’un croisement entre le latin esse, être, exister, rester, se trouver, vivre… devenu *essere en latin vulgaire, et de sedere, être assis, se trouver dans, être… (devenuseer puis ser, en espagnol).

Ce qui n’est pas sans rapport non plus avec le latin stare, être, se tenir debout, se dresser, se trouver, … qui a donné estre ou estra, iestre, aistre en ancien-français, puis être en français moderne …, estar en espagnol et en portugais (opposé à ser) et stare en italien (opposé à essere). Ser alto y estar en la puerta. Essere alti e stare alla porta. Être grand et être à la porte.

Voir également le roumain a sta : être (se trouver en tel ou tel lieu), se tenir debout, se dresser ; s’arrêter, rester, séjourner, demeurer ; se garer ; cesser de travailler, de fonctionner ; se maintenir dans un métier, une fonction ; passer du temps, s’attarder, prolonger ; seoir … Et le roumain a fi : être (exister), se trouver, vivre, se réaliser, se produire ; valoir ; avoir une qualité ; avec également une fonction copulative (de liaison) : il est joyeux, tard, grand…

Nb. L’infinitif (a) fi (être) roumain, l’impératif fii (sois), fiţi (soyez) et le participe passé fost (été) font penser au passé simple français fus / fut et à l’imparfait du subjonctif fusse / fût.

*

On peut ajouter cet autre dérivé de sedere, attesté en France sous la forme de seder fin du Xe siècle en latin médiéval, qui a donné également sieder, sether, seier, seer, ser, en ancien-français, et au final seoir : s’asseoir, siéger, être assis ; plaire, convenir. Et son dérivé surseoir (à), suspendre, du latin supersedere, être assis sur, être posé sur ; présider ; se dispenser de, s’abstenir de, ne pas accorder son concours.

Et les nombreux dérivés de stare, tels que statio (station, fixité, séjour, immobilité, arrêt…), statim (sur place, de pied ferme…), status (posture, attitude…), statua (statue), statuere (établir, poser, placer…), staticulum, statuette, ou encore – mot rare – statica ou statice du grec statikos, etc. Ou encore stabilis : stable ; qui a une station droite ; qui est ferme, solide, inébranlable, durable… ; qui est bien arrêté, assuré, établi…

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Enfin, à défaut d’être… sidéré ou de subir l’influence funeste des astres ! Sidéré : du latin sideratus, sideratitius, participe de siderari (être sidéré), être atteint par un malaise ou par une paralysie. Lui-même de sidus, étoile (synonyme : stella) ou astre (synonyme : astrum).

Siderare (sidero, forme active) et siderari (sideror, forme passive) ont également comme dérivés :sidereus, étoilé, solaire, divin, brillant… et sideralis, qui a rapport aux astres, sidéral. Ou encore siderans, participe présent de siderari, subir l’action funeste des astres, subir une insolation. Sidérant : qui cause la sidération. Sidération de sideratio / onis, position, aspect des astres et des constellations ; mais aussi influence maligne des astres sur les animaux et les végétaux ; dont sécheresse végétale ou animale par mauvaise influence ; stupéfaction ; constellation, étoile ; signe de naissance, horoscope … D’où le sens premier de sidération : influence subite attribuée à un astre, sur la vie ou la santé d’une personne.

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Quant au latin stella – évoqué précédemment en tant que synonyme de sidus – en passant par le latin populaire stēla, du moins en pays gallo-romain, il a donné étoile en français commun, estela, stela en provençal ; et ételle en normand, avec un double « l » étymologique uniquement graphique ; ou encore siteul en wallon, étayle ou étèle en gallo. Par contre en italien, le « l » géminé du latin s’est maintenu : stella. Tandis qu’en espagnol le double « ll » de estrella s’est réduit a ʎ (l palatal), ou y ou j selon les régions et les pays hispanophones.  En latin, il ne faut pas confondre stella avec stela, la stèle, mot qui vient du grec στηλη, stêlê.

Dérivé de stella, on a stellaris, stellaire : qui a rapport aux étoiles.

NOTES :

– * NOTE 1 concernant : escriene, seree, siete, du chapitre Musc ; & autres digressions.

L’escriene, ou l’escraigne, et diverses autres formes similaires, désignaient autrefois toutes sortes de locaux, mais en particulier ceux où les femmes du peuple se réunissaient et faisaient la veillée tout en filant.

Mot qui viendrait du latin scrinium, coffret, cassette (pour ranger des papiers en particulier), puis finalement bibliothèque, archive ; de scribere, tracer, écrire.

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La soirée.

La seree, sairie, serée, serie, etc., formes de l’ancien-français, du moyen-français ou des différents dialectes d’oïl désigne : la soirée, le soir ; mais aussi l’assemblée du soir, la veillée. Hivernale en particulier, à la chaleur d’une cheminée.

Première occurrence en français de ser, fin Xe siècle, avec le sens de : dernières heures de la journée, voir également ca. 1160 : al seir, au soir. D’séré, ad’say (atsày) en gallo. Mot qui vient du latin sero, tard, dérivé de serus, tardif. L’assemblée du soir pouvait être nommée également : serel.

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Ce soir et cette soirée on remplacé le mot latin vespera / vesper, qui a donné « vêpres » en français, qui lui-même a fini par désigner l’après-midi, ou le tantôt comme on dit par chez moi. L’après-midi qui est l’heure des vêpres, se dit par exemple : à vêprée (vèpréy, vèpré, vèpe) en gallo. Tandis qu’ allë à vêpe, signifie : aller aux vêpres.

Ce sens donné au descendant de vespera (féminin) ou vesper (masculin), qui est remonté du soir à l’après-midi, est très ancien en français. On le rencontre avec ce sens dans la Chanson de Roland dès la fin du XIe siècle.

Par exemple au vers 157 : Bels fut li vespres e li soleilz fut cler. Bèl fu li vêpr’ / é li solèy fu clèr. L’après-midi fut beau et le soleil fut clair. La césure des décasyllabes, vers nobles à l’époque, autorisait alors l’amuïssement d’un « e » final, comme il en fut de même dans les débuts de l’alexandrin.

Ou au vers 1807 : Esclargiz est li vespres e li jurz. Éclarji ê / li vêpré é li jour. Éclairci est l’après-midi et le jour. Ou encore aux vers 2446 / 47 : Quant veit li reis le vespres decliner, // Sur l’erbe verte descent li reis en un pred. Kã vêy li rêy / le vêprê décliné // Sur l’èrbe vert’ / désã (ou : désế) li rey ãn’n (ou : ến’n) pré.

Citons plus près de nous Ronsard :

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Remarquons en passant l’absence de la négation « ne » devant « a point perdu »), comme c’était souvent le cas aux siècles passés, en poésie en particulier.


« Le D.H.L.F [Dictionnaire Historique de la Langue Française], nous rappelle le Dictionnaire Chubri de gallo, note le sens d’après-midi à vêprée /vêpré en 1600 et « encore régionalement au 19e siècle, par exemple chez G. Sand ». »

*

Le serein.

Un autre dérivé de ser est, en ancien-français et dans les dialectes, le serein, serain, sierain, serin… devenu serein en français commun (prononcé sérin, sërin ou s’rin) qui désigne la tombée du jour, le soir, ainsi que l’espèce d’« humidité fine, pénétrante, généralement peu abondante, qui tombe après le coucher du soleil, ordinairement pendant la saison chaude et sans qu’il y ait de nuages au ciel. » (Littré) Substantif, mais aussi adjectif : le ciel, le temps, l’air est serein ; la mer, bleue, unie, est sereine ; la nuit est sereine ; autrement dit : sans nuage, sans brouillard, sans vent, calme.

La sérénité c’est la quiétude de la nature et des éléments naturels ; et au figuré, la tranquillité d’esprit, l’absence de trouble, de tracasserie, d’agitation. Plus ou moins synonyme de « serein », dans le sens « tombée du jour, début de la nuit » on a « brun » et « brune ». Cf. « il commence à faire brun », i.e. la nuit vient ; « à la brune / sur la brune », id est au déclin du jour.

Voir un sens ancien cité par Littré : « Berry, serein, promenades et repas nocturnes que l’on fait faire aux brebis à partir de la mi-juillet jusqu’à la fin d’août : mener les oueilles au serein » ; oueilles = ouailles = brebis.

Littré avance l’idée d’une dérivation de serum, heure tardive vers serenus, pur, sans nuage et au figuré calme, paisible « ou plutôt une confusion de la très ancienne langue » qui mêla – le « serein / serain / sierain / serin », tombée du jour, soir – au « serein / serain », sérénité, calme, substantif devenu également adjectif (serein, sereine). Si bien que « serein » a fini par signifier aussi bien la sérénité du ciel ou des hommes (être serein) que le serein : l’humidité qui tombe après le coucher du soleil aux beaux jours estivaux.

Voir de serenus, l’italien sereno / serena, l’espagnol sereno / serena, le portugais sereno (serenou)/ serena (serenë), l’italien sereno / serena, l’occitan : seren / serena (serena, -nò, -në, -nœ), le catalan : serè/serena. le romanche : serain, serein, saragn, le ladin : seren, le roumain : senin / senină (-në).

Des langues latines, seul le portugais semble avoir un équivalent de l’ancien-français « serain / serein » dans le sens de « soirée », avec serão. synonyme noitada, qui se dit plutôt tarde ou atardecer en espagnol, et sera, serata en italien. [* NOTE A ]

*

Que será, será.

Remarque en passant (et en clin d’œil) sur l’importance de l’accent tonique…

En italien che sera ! (kè sérà), avec l’accent sur le « é » de sera, veut dire : quel soir ! quand en espagnol que será ! (ké sérà) veut dire « que sera », avec l’accent sur la voyelle finale, comme en français. Ce qui nécessite de bien accentuer dans cette chanson ancienne connue :

« Que sera sera », qu’il conviendrait d’orthographier : que será será. Une chanson où l’on ne mange pas les syllabes, par une interprète qui était reconnue par le milieu de la chanson pour son phrasé remarquable.

Jacqueline François (1922 – 2009)

Il s’agit d’une adaptation de la chanson Whatever Will Be, Will Be, ce qui sera sera, advienne que pourra ; que Yay Livingston et Ray Evans avaient composée pour le film d’Alfred Hitchcock sorti en 1956 : L’Homme qui en savait trop.

Dans le berceau d’un vieux château
Une promesse vient d’arriver
Une princesse toute étonnée
À qui l’on vient chanter
Que será será
Demain n’est jamais bien loin
Laissons l’avenir, venir
Que será será
Qui vivra, verra.

On vit grandir et puis rêver
La jeune fille qui demandait :
« Dis-moi ma mie si j’aimerai »
Et sa maman disait :
Que será será
Demain n’est jamais bien loin
Laissons l’avenir, venir
Que será será
Qui vivra, verra.

Quand vint l’amant de ses amours
La demoiselle lui demanda :
« M’es-tu fidèle jusqu’à toujours ? »
Et le garçon chanta :
Que será será
Demain n’est jamais bien loin
Laissons l’avenir, venir
Que será será
Qui vivra, verra
Que será será.

*

L’assise, l’assiette, la suite, la sieste…

Évoquons encore dans le même domaine, l’assise et l’assiette. L’assise que, généralement, l’on veut bonne et l’assiette que, généralement également, l’on veut bien remplie. « Assise » et « assiette » ont probablement même étymon d’origine. Mais, on ne sait trop lequel exactement. Le problème mais pas dans le sens de ces deux mots, mais dans sa matérialité phonique plus que sémantique. Car des expressions elles-mêmes montrent leur proximité, pour ne pas dire leur synonymie telles : « avoir une bonne assise » en parlant d’un bâtiment aux bonnes fondations, « avoir une bonne assiette » en parlant d’un objet fixé ou simplement bien posé au sol ; et ne dit-on pas en parlant de quelqu’un qu’« il est ou n’est pas dans son assiette ».

Assise : « rang de pierres de taille posées horizontalement, et sur lequel on assoit une muraille », d’où par analogie : gradins réguliers d’une montagne qui s’élève par étages ; masse de roche disposée en banc ; et (au pluriel) : session d’une cour criminelle ; ou encore tout élément que l’on pose à la base d’un objet, d’une machine. Il s’agit donc de choses ou de personnes qui sont assises ; dérivé de « assis/e », participe passé de « asseoir ». Avec le sens connexe de « fixe ». Voir à ce sujet, par exemple, le mot wallon « asize » qui a le sens de « verger », soit d’une culture bien assise, bien établie, bien fixée. (cf. Littré)

Assiette : « manière de se poser, d’être posé … position topographique d’une maison, d’une ville, etc. [synonyme d’assise] … l’assiette d’un impôt, sa répartition … figuré, état, disposition de l’esprit [ex : ne pas être dans son assiette] … vaisselle large et plate sur laquelle on mange [et autres sens plus ou moins particuliers] » (Littré)

Maintenant, passons par l’occitan. En occitan actuel l’assiette, l’élément de vaisselle, se dit escudèla (probablement de la même origine que le mot « écuelle ») ou sièta. La sièta : on a là sans doute la preuve, ou du moins une bonne attestation que « l’assiette » en français d’oïl est probablement née d’une mauvaise découpe morpho-orthographique, apparemment très ancienne car on a aucune attestation écrite de « la siete » avec le sens de vaisselle, mais par contre des « l’assiete » bien attestés, avec de nombreuses variantes phoniques et/ou orthographiques. [* NOTE B]

En fait, tout est bien mêlé en ancien-français en ce qui concerne « la siete » et « la suite ». Ainsi, Godefroy dans son Dictionnaire de l’ancien-français nous donne : la sieute, ou seute, sute, siete, site, syete, suyte, sute etc., qui sont également des formes du moyen-français ou des différents dialectes d’oïl, autrement dit : la suite. Ce mot avait autrefois de nombreuses acceptions, comme de nos jours, mais pas nécessairement les mêmes. C’est donc un mot qui a, et qui avait dès le départ, de la suite dans les idées, si l’on peut dire. Jugeons en :

Il signifiait l’action de suivre, de poursuivre, la poursuite (cf. avoir sieute : être poursuivi) et ceci dans différents domaines, ou encore l’absence d’interruption ; mais aussi le regroupement de personnes (comme la suite du prince), la secte, ou la corporation ; ou l’ensemble des délibérations ou la majorité d’une assemblée (la plus grant sieute : la majorité des voix) ; ou bien un objet qui accompagne un autre objet ; et c’est également un terme de l’ancien droit seigneurial…

La siete, ou sieute, etc. ne doit pas être confondue avec la sieste, mot qui est un vieil emprunt (ca. 1220/50) à l’espagnol siesta, qui vient de l’expression latine hora sexta, i.e. la sixième heure du jour. Autrement dit le midi, le moment où le soleil est au plus haut et au plus chaud, surtout l’été, donc heure de la sieste. Le jour étant découpé, depuis bien des siècles avant les Romains, en quatre fois six heures.

« Du temps de Mme de Sévigné, nous dit Littré, le mot n’était pas encore naturalisé, et elle disait siesta ». Rappelant par ailleurs qu’« il y a dans l’ancien français un mot « siet », qui signifie « fixé » :  celui jor c’on i a siet, Tailliar, Recueil, p. 213. Siet vient du latin situs, situé ». Document daté de 1255.

Tailliar est très probablement Eugène Tailliar (1803-1878) et l’ouvrage le Recueil d’actes des XIIe et XIIIe siècles, en langue romane-wallonne du nord de la France, publié avec une introduction et des notes, par M. Tailliar, conseiller à la Cour d’appel de Douai (Douai, Adam d’Auberts, imprimeur, 1849).

Et c’est le sens général de ce mot (situé, sis, qui sied) du moins tel qu’on le trouve dans ce recueil. Comme en ces testaments où l’on rencontre :

«  … XV lib. aussi, celui ospital ki siet ale porte as wes » (1252). Soit : … 15 livres aussi, pour cet hôpital qui est situé à la porte, à son profit.

« … ale hospital de Saint Esperit ki siet devens le porte des Weis, une maison qui siet sor lattre saint Jakeme… » (1252).

Soit : … à l’hôpital de Saint Esprit qui est situé devant la porte des Weis, une maison sise sur l’aitre saint Jakeme. L’aitre / l’attre est le nom que l’on donnait autrefois au terrain qui entourait l’église et qui servait soit de lieu d’accueil (avec droit d’asile), soit de cimetière, ou au parvis de l’église, ou encore à un porche ou un portique. Ici il semble désigner le cimetière de l’église Saint Jakeme. Jakeme ou Jakemés, vient de Jacomus un dérivé bas-latin de Jacobus.

Le site proprement dit.

Plus haut j’ai rappelé que « site » a pu se retrouver en compagnie d’autres variantes d’ancien-français ayant abouti au final au mot « suite ». Mais pour ce qui est du mot « site » actuel, il est d’un usage plus récent en notre langue.

C’est le Trésor de la Langue Française qui nous dit qu’il a pu apparaître ici ou là dès le tout début du XIVe siècle, mais apparemment avec un sens particulier : celui de rang dans un lignage. Autrement dit de situation, de manière de se situer au sein d’une famille. Et ce ne serait qu’à compter du XVIe siècle que ce mot a pris le sens de « configuration propre d’un lieu ».

C’est ce même TLF qui cite, de Roger de Piles, son Cours de peinture : « Ce mot de Site signifie la vûe, la situation, & l’assiette d’une Contrée. Il vient de l’Italien Sito, & nos Peintres l’ont fait passer en France, ou parce qu’ils s’y étoient accoûtumés en Italie, ou parce qu’ils l’ont trouvé, comme il me semble fort expressif. » (page 205).

Sito en tant que substantif signifie donc : site, emplacement, lieu, endroit, situation, localité ; et en tant que participe passé ou adjectif : situé, placé, localisé… 

De sinere, poser, installer, laisser, permettre, octroyer, accorder, a été fait le participe parfait situs / siti : placé, posé, situé ; enseveli, enterré ; bâti, élevé, dressé. Puis le substantif situs / situs : emplacement, position, place, situation (d’une ville, d’un camp, des membres dans le corps) ; et situation prolongée et désavantageuse (abandon, maladie, usure, destruction…).

* NOTE A. Puisqu’on est dans une homonymie plutôt chargée, ajoutons encore au serein, le serin en faisant un détour (obligé) par la sirène.

Sirēn, Sirēnis. Le Gaffiot présente la sirène (la Sirène majuscule) ainsi : « D’après la tradition de l’Odyssée, les Sirènes sont des divinités de la mer qui, à l’entrée du détroit de Sicile, attiraient à elles par leurs chants d’un attrait irrésistible les navigateurs passant dans leurs parages et les entraînaient à la mort ». Au figuré, on appelait également sirène toute femme qui chantait agréablement. Et sirène était aussi le nom latin du faux-bourdon.

Et le Bailly nous donne la définition suivante des Σειρηνες (singulier : Σειρήν), qui est à l’origine grecque de ce vocable. « Nomsd’êtres symbolisant les âmes des morts, figurés en oiseaux à tête humaine, plus tard en femmes à queue de poisson ; elles habitaient la côte Sud de l’Italie et attiraient par leurs chants les navigateurs pour les faire périr ». Ou comme le dit également le Gaffiot : « On les représente avec un corps d’oiseau et une tête de femme ».

Selon le Bailly, dans un sens figuré, une sirène est une femme habile à séduire, d’où l’idée de grâce et séduction. Par analogie, nous dit encore le Bailly, la sirène était le nom donné à une abeille sauvage, ou encore un animal ailé, vraisemblablement le dragon.

Les dictionnaires nous disent encore qu’en grec comme en latin, la sirène pouvait désigner la guêpe ou encore un petit oiseau chanteur, ou un oiseau des Indes. Notons les formes concurrentes latines Serēn et Sirena (en latin de basse époque). Ce qui a donné serena en occitan, pour « sirène » (l’animal) mais sirèna pour « sirène » (l’appareil sonore). D’autre part, en occitan ancien est attesté le mot cerena (circa 1200) pour désigner un oiseau de chasse, puis serena (XVe siècle) pour désigner un guêpier (l’oiseau), ou encore le provençal sereno, guêpier, pic-vert. « Le guêpier, écrit Émile Littré, mange non-seulement les guêpes qui lui ont donné son nom, mais il mange aussi les bourdons, les cigales, les cousins et autres insectes qu’il attrape en volant ».

Pour être encore un peu plus complet, ajoutons à la sirène, le serin (et la serine au féminin), qui semble être un mot apparu en premier dans le domaine français en langue d’oc, où il aurait désigné à l’origine le serin vert de Provence (également présent en Espagne et en Italie) puis le canari. Autrement dit, le serin jaunâtre des (îles) Canaris, le serinus canaria. Le canari actuel, sous ses divers aspects et couleurs, en étant la forme domestiquée. Voir le nom du serin en occitan : serin / (f.) serino ; seren, seresin ; senilh ; canàri, canarin / (f.) canarina.

Ajoutons encore le verbe « seriner » qui se dit recocar ou (ar)repicar en occitan.

* NOTE B. Remarque en passant concernant, en occitan, l’assiette en tant que terme d’impôt, c’est : assètament (mais Littré, XIXe siècle, donne également le provençal assieta, assiette des taxes) ; et l’assiette physique, architecturale, etc. : estabilitat ; voir les expressions : se trabar plan, èstre dins son èsser, soit : se trouver plan (droit), être (se trouver) dans son être (individualité).

[*NOTE 2] Guillaume de Machaut (1300?-1377). Le livre du voir-dit de Guillaume de Machaut : où sont contées les amours de messire Guillaume de Machaut & de Peronnelle dame d’Armentières, avec les lettres & les réponses, les ballades, lais et rondeaux dudit Guillaume & de ladite Peronnelle – publié sur trois manuscrits du XIVe siècle, par la Société des Bibliophiles François [PaulinParis] – A Paris, pour la Société des Bibliophiles François M DCCC LXXV

Note de l’éditeur : Fabrique. C’est-à-dire, les instruments de fer (fabrica).

[*NOTE 3] Notes de nous : « Tubal » et « Tubtaÿn » sont deux mots apparemment composés avec « tube » (féminin), trompe, trompette en ancien-français, du latin tuba, même sens. Tubal a sans doute aussi un rapport avec le Tubal de la Bible où il est présenté comme petit-fils de Noë. Quant à Tubtaÿn, ce nom propre semble être un mot composé formé également sur l’ancien-français : « tube », trompe, trompette ; et « tuter », souffler, jouer d’un instrument de musique à vent, de la flûte en particulier. Ce qui semble s’accorder au sujet : la musique. Voir encore tutuler, jouer du cor, souffler dans une corne ; tint, tintin, son, bruit, tintement, tintiner et « tinter ».

Martial : peut-être la martingale ou martrugalle, « espèce de danse très animée que l’on dansait aux Martigues » (cf. Godefroy).

[*NOTE 4] Mais aussi un moyenâgeux trote a pié : un valet. Ou plus exactement, comme il était anciennement écrit « vaslet », qui était déjà un mot « estropié », réduction d’un plus ancien « vassalet », autrement dit « petit vassal », dont l’étymon est à rechercher du côté des langues celtiques et du gaulois uas/uasso(s)qui a donné vassus en bas-latin (attesté début du IXe siècle), « celui qui tient des terres d’un supérieur à des conditions d’hommage et d’allégeance, vassal » (dictionnaire Logeion). D’où le double sens de vassal et serviteur, mais aussi intrinsèquement de brave et de vaillant. Le vassal ne pouvant déroger à un certain statut de noblesse. Ce qui a donné l’irlandais uais, noble ; le gallois gwas, jeune, serviteur ; le cornique was, garçon, serviteur ; le breton  gwaz, anciennement vassal, valet, domestique ; homme (en particulier homme fort, homme brave) ; époux.  

Principales sources lexicales : les Dictionnaires Gaffiot, de Miguel, Valbuena, Littré, Godefroy, Hemon, Favereau, le Dicodòc, L’arbre celtique, le Trésor de la Langue Française.

Le petit lexicographe.

Trump piégé : la riposte du Venezuela qui change la donne (analyse géopolitique)


Trump fait face au rejet populaire après une opération militaire non soutenue


L’ultimatum chinois

LES PAYSANS À PARIS

Révolte paysanne : Paris est tombée. Les tracteurs sont envahi la capitale, malgré l’armada policière.

Après plusieurs jours de périple à travers la France, bravant la répression macronienne avec ses détachements de compagnies de gendarmes mobiles et de crs, sur tous les accès routiers, les tracteurs ont réussi à pénétrer à Paris, qui a été investie tôt dans la matinée de ce jeudi 8 janvier. Selon une source policière, de nombreux policiers ont refusé de verbaliser les agriculteurs, désobéissant aux ordres de l’État-major. Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, huée par les agriculteurs, rassemblés devant le palais Bourbon, aux cris de « démission ». La prise de Paris n’est qu’un début. Les paysans attendent le renfort de tous les Français, qui ne tolèrent plus ce régime macronien. France : des agriculteurs en colère investissent l’Arc de Triomphe et la tour Eiffel : https://francais.rt.com/france/129180… Suivez l’info en direct : https://x.com/LeDirectInfo https://x.com/ResistPaysans


Agriculteurs : mobilisations dans toute la France


DIRECT – Agriculteurs : manifestation devant l’Assemblée Nationale à Paris – Colère Agricole


Siège de Paris : les paysans ont débordé la police et c’est historique !

Crise de colère explosive de Trump après le rejet d’une demande choc par le Congrès !

Les paysans foncent vers Paris et désobéissent ! Macron panique !

💥ALERTE💥ATTAQUE AMÉRICAINE AU VENEZUELA: CHARLES GAVE PRÉVIENT L’UNION EUROPÉENNE (Front Populaire)

La Fin du Pétrodollar : La Vraie Raison de l’Attaque sur le Venezuela

SPR :

Strategic Petroleum Reserve ou Réserve Stratégique de Pétrole, aux États-Unis.

B.B.

Il y a peu de jours encore on a pu lire dans la presse sinon dominante du moins alternative, le communiqué suivant de la Fondation Brigitte Bardot :

« La Fondation Brigitte Bardot dénonce, avec la plus grande fermeté, les abattages systématiques de bovins, ordonnés en ce moment-même sous prétexte de lutte contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC). Nous comprenons la gravité de la situation sanitaire. Mais l’abattage d’animaux sains, certes parfois malades mais asymptomatiques, n’est pas une réponse proportionnée. C’est un massacre bureaucratique inutile, insoutenable, et profondément injuste pour les agriculteurs, les animaux, et la société toute entière ».

Mais il semble que le site de la Société Protectrice des Animaux n’est pas cru bon de réagir dans le même sens.

Il faut savoir que depuis le début, B.B. et sa Fondation n’ont pas été tendres à l’encontre de Micronescu.

En des lettres ouvertes elle a déjà traité l’individu d’un « total manque d’empathie », d’un « mépris des Français ». D’être un « être maléfique », inactif et lâche, notamment sur les sujets relatifs aux animaux.

Elle a fait assez fort :

“Votre suffisance, votre lâcheté, vos ridicules discours, votre total manque d’empathie et d’autorité font de vous une marionnette méprisable, une triste serpillière bonne à essuyer le sang et la mort qu’elle fait régner sur ce pays dont les lumières se sont éteintes.”

“ Vous faites de la France une poubelle qui vous sert de trône, et vous prenez un plaisir sadique à faire souffrir votre peuple, mais aussi les plus humbles, les plus vulnérables et les plus soumis, les animaux. “

Ce qui n’a pas empêché ce dernier d’essayer de récupérer ses obsèques à venir. La réponse de la famille a été : on ne veut pas te voir le 7 janvier prochain du côté de l’Église de Saint-Tropez.

BB était ce qu’elle était avec ses contradictions, remise d’une bonne partie des hommes qui ont su l’exploiter, mère d’un fils unique qui a été élevé par la famille de son ex-conjoint Charrier, à l’occasion faisant castrer l’âne de ses voisins qui s’occupait de trop près de son ânesse.

Mais c’est ailleurs qu’il convient de la saisir.

I – Brigitte Bardot ballerine

II – Le mambo de Brigitte Bardot et Dario Moreno dans « Voulez-vous avec moi ? » (1959)

David Arugete, dit Dario Moreno, juif séfarade turco-mexicain (1921 – 1968)

III – Brigitte Bardot, Bardot

Avec le même Dario Moreno


IV – Brigitte Bardot, Alexandre Distel dit Sacha Distel & Lucien Guinzbourg dit Serge Gainsbourg – La Bise Aux Hippies (1967)


Tiens, tous deux juifs également, mais eux ashkénazes.



V – C’est rigolo.



VI – La Madrague


VII – Je reviendrai toujours vers toi :

LE PARISIEN CANIVEAU ET FOUILLE-MERDE

« Retrouvée à plusieurs reprises dans la capitale française, Elizaveta Krivonogikh est traquée depuis plusieurs années par les médias russes et ukrainiens. Le Parisien a enquêté pour en savoir plus sur les raisons de la présence de celle que l’on accuse [sic] d’être la fille cachée de Vladimir Poutine. »

C’est assez dégueulasse, surtout lorsque l’on donne la parole aux ukrainiens, tous plus ou moins néo-bandéristes attardés et pas sortis de leur médiocrité crasse.

Tiens, au fait, si le Parigot commençait à enquêter non pas sur la fille supposée de Poutine en France, mais sur la vie (de moins en moins) cachée de Jean-Michel Trogneux ?

Il n’y a qu’un journaleux qui a le courage de signer cette « enquête » : Enzo Guerini, un autre se nomme Brice D. Un troisième A.B. Si ce ne sont pas des faux noms ou fausses initiales. Et l’AFP semble également dans le coup !

LA MINUTE DU COMIQUE

La salope ne se cache même pas. Pourquoi s’en priverait-elle quand on peut voir qu’elle a le soutien, dans leurs votes, de la plupart des euro-députés franchouillards ! de l’extrême-gauche à l’extrême droite !!! Pour ne parler que d’eux, tous finalement plus ou moins macrono-totalitaires.

La hyène allemande le dit en anglais, avec le mot très à la mode « debunking » et l’autre apparemment moins usité « prebunking ». Si j’ai bien vu et bien lu les dicos, « bunk » est un mot qui signifie (quand il est question du domaine de l’information) : propos insensé ou absurde, baliverne, sornette, ânerie, foutaise, connerie, n’importe quoi… Et le verbe « to debunk » a alors le sens de : discréditer, réfuter, démystifier. Mais dans la nov-langue euro-mondialo-totalitaire « debunk » est toujours pris dans un sens positif, officiel, patenté. Celui qui est discrédité, réfuté, démystifié est toujours l’individu non officiel qui a la prétention de contester la doxa. Y compris le médecin, le savant, le vétérinaire, le chercheur, le journaliste … qui entend raison garder.

C’est pourquoi, dans la traduction du propos, que voici, de l’immonde créature hyèneuse, j’ai du allonger la sauce explicative :

et enfin, il faut de la résilience [sic]. À mesure que la technologie évolue, nous devons renforcer l’immunité sociétale [sic] autour de la manipulation de l’information [sic], car la recherche [sic] a montré que la pré-réfutation [(prebunking) i.e. le discours officiel en préalable à toute réfutation non officielle] est beaucoup plus efficace que la démystification [(debunking) i.e. le discours officiel à posteriori contre toute réfutation non officielle]

Le pré-réfutation [officielle, avant] est fondamentalement le contraire de la démystification [officielle, après].

En bref, il vaut peut-être mieux prévenir que guérir si vous considérez la manipulation de l’information [par des éléments non officiels, non patentés] comme un virus [sic] au lieu de traiter une infection [sic] une fois qu’elle s’est installée. C’est démystifier [sic].

Il est bien préférable de vacciner pour que le corps soit vacciné avant. Pré-réfutation, c’est la même approche.

Parce que les croyances de désinformation sur les personnes se transmettent à d’autres, il est essentiel que les gens sachent ce qu’est une information malveillante, quelle est l’influence et quelles sont les techniques qui se cachent derrière elle et comment…

Quelle ordure !