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AFFAIRE HAMILTON, DE NOUVEAUX TEMOIGNAGES. Icône de Saint-Tropez : David Hamilton a-t-il tourné un film, Madame Michu, là où, en plein 68, avait échoué le cadavre d’un homme décapité?

***

Imagine-t-on quelque Folle Furieuse déclarant?…

  • « Vous savez, David Hamilton a tourné un film sur Saint-Tropez. Vous savez, un grand officier fut décapité le 29 avril 68 et son corps s’échoua le 17 mai, en plein 68 , sur la plage de Saint-Tropez. Vous voyez les lieux où David Hamilton aimait à faire ses films?«
  • Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh! (désapprobation populaire)

*

Rassurez-vous, braves gens, David Hamilton n’avait décapité personne et pourra difficilement être accusé d’avoir eu quoi que ce soit à voir avec la mort tragique de Caïus Silvius Torpetius.

Images extraites de ce très, très beau film de David Hamilton que fut « Un été à Saint Tropez« .

DE L’ÉVANESCENTE VANESSA À L’EMIL IMMANENT

Résumons :

Le garagiste Riester, notre « sinistre de l’inculture », comme aurait pu le dire Coluche, vient donc de se lancer dans une campagne totalement imbécile, inutile et dispendieuse, auprès de la BNF l’encombrant avec l’idée totalement farfelue, saugrenue, extravagante de vouloir que l’on joigne aux notices d’auteurs les éléments concernant d’éventuelles polémiques ou décisions de justice.

Ce que c’est, d’être bête et formaté !

Or, qu’elle n’a pas été ma surprise hier, y cherchant tout autre chose, de trouver au milieu de l’article Emil Cioran de ladite « encyclopédie libre » internétique tout ce paragraphe grotesque et totalement disproportionné par rapport à la vie et à la pensée cioraniennes, ajout pour ne pas dire tout à fait incongru (historiette en partie citative déjà évoquée sur les ondes, me dit-on) :

Vanessa Springora [notre tout nouvel écrivain officiel, prix Trogneux du confusionnisme intéressé] mentionne dans son livre Le Consentement être allée se réfugier chez Cioran après avoir appris que Gabriel Matzneff ne lui était pas fidèle. Cioran aurait, selon Springora, défendu Matzneff au nom de son statut de grand écrivain : « V. , me coupe-t-il d’un ton grave, G. est un artiste, un très grand écrivain, le monde s’en rendra compte un jour. Ou peut-être pas, qui sait ? Vous l’aimez, vous devez accepter sa personnalité. G. ne changera jamais. C’est un immense honneur qu’il vous a fait en vous choisissant. Votre rôle est de l’accompagner sur le chemin de la création, de vous plier à ses caprices aussi. Je sais qu’il vous adore. Mais souvent les femmes ne comprennent pas ce dont un artiste a besoin. Savez-vous que l’épouse de Tolstoï passait ses journées à taper le manuscrit que son mari écrivait à la main, corrigeant sans répit la moindre de ses petites fautes, avec une abnégation complète ! Sacrificiel et oblatif, voilà le type d’amour qu’une femme d’artiste doit à celui qu’elle aime.

Serait-ce le début d’une intarissable récollection, compilation plus ou moins insipide de tous les propos vrais ou faux des uns et des autres au sujet, en l’occurrence, de Cioran sur l’officine de la pensée conforme ? Les wikipédistes, en parfaits petits soldats de la propagande et de l’épandage des discours officiels, seraient-ils encore une fois touchés par la grâce des polémiques stériles et délatrices ?

*

Certes, dans l’entretien, l’unique qu’elle n’ait jamais accordé à un écrivain, la compagne d’un demi-siècle de Cioran, Simone Boué a pu dire, que son compagnon avait la manie d’aider les gens. Mais je n’ai pas l’impression qu’il s’agissait des gens en général et encore moins des inconnus ou quasi inconnus, ou de jeunettes entr’aperçues ; mais de ses intimes, ses amis (apparemment plus souvent masculins que féminins d’ailleurs), ou ses traducteurs en particulier. 1

Simone nous cite l’exemple de Ionesco, intime des intimes de Cioran, esprit torturé comme le fut Cioran, et sans doute lui aussi poursuivi par l’idée de l’échec et du ratage (tel Cioran, personnage autant jovial et volubile en société, paraît-il, que sinistre et suicidaire dans l’intimité de l’écriture), ce Ionesco qui tenait tant à entrer à l’Académie française. Et Cioran qui le lui déconseilla jusqu’au jour où il se rendit compte qu’Eugène le prenait mal et se tut sur le sujet. Le tout s’achevant sur une boutade :

« Il raconte aussi dans ses cahiers [les cahiers de Cioran] que Ionesco lui dit un jour : « maintenant que je suis membre de l’Académie, un Immortel, c’est à vie, c’est définitif ». Et Cioran lui dit : « pas forcément, il y a l’exemple de Pétain, de Maurras, de Daudet, qui en ont été exclus. Il se peut que tu commettes une trahison ». Et Eugène répond : « l’espoir, donc, est permis ».

Mais, à mon sens, ceci ne va pas à l’encontre de l’opinion de l’écrivain roumain Radu Portocală qui vient d’émettre de sérieux doutes sur la réalité de la ou des rencontres entre Vanessa Springora et Emil Cioran. Ou du moins, il a mis en doute la réalité de ce qu’elle a pu voir de Cioran, de sa compagne, de son petit appartement, et conteste plus encore les propos que l’écrivain aurait pu tenir à l’endroit de celle qui n’était pas une amie de plusieurs décennies, mais encore qu’une gamine quasi inconnue de lui, qui avait tout à prouver, et dont il aurait pu être (vers le milieu des années 80) au moins le grand-père, voire l’arrière-grand-père.

Il convient de ne pas tout mélanger.

Personnellement, nous en concluons que comme il y avait le Cioran public ouvert et le Cioran privé fermé, il y avait le Cioran très proche de ses amis (et de sa famille au loin en Roumanie, qu’il aidait comme il pouvait) et expansif, et le Cioran « d’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui » hors de son cercle de proches ou d’intimes. 2

*

D’ailleurs – « peut-on parler honnêtement d’autre chose que de Dieu ou de soi ? » (in Entretiens) – le personnage qui l’intéressait le plus, et qu’il sembla toute sa vie rejeter, ce fut lui-même, en misanthrope intégral du moins à ses heures les plus noires, lui l’auteur  De l’inconvénient d’être né. Ajoutons encore cet autre passage de l’entretien de Simone Boué qui conforte nos idées sur le personnage :

N. D. Dans ses entretiens aussi, Cioran a été toujours très discret sur sa vie privée, sur vous-même et ses rapports avec vous.
S. B. Jamais il n’a parlé de moi. D’ailleurs, on avait des vies tout à fait séparées, tout à fait différentes même … Moi, j’étais professeur, quand je rentrais, je ne lui parlais absolument jamais, ce qui ne l’aurait pas intéressé de toutes façons, de ce que je faisais au lycée.

Ou ceci :

N. D. Ça ne vous fâche pas un peu de voir qu’il ne parle jamais de vous [dans ses cahiers] ?
S . B. Non, cela m’étonne, simplement.

Ou encore cela :

N. D. Mais quand même, quand il recevait ses amis, vous étiez là ?
S. B. Oui, naturellement, tous ses amis, ses traducteurs en particulier, il y aurait un livre à écrire sur les traducteurs de Cioran! Vers 1950, il s’est mis à fréquenter le salon de Mme Tézenas, où il a rencontré des gens intéressants. Et moi, de toutes façons, mon obsession, c’était de ne pas me coucher trop tard parce que le lendemain, j’avais des cours. De plus, j’étais très sauvage et très timide. Et il sortait absolument indépendamment de moi. Ainsi Jeannine Worms 3 a reçu Cioran pendant des années sans soupçonner mon existence. Cioran ne parlait jamais de moi, et moi non plus, pour rien au monde je n’aurais voulu parler de lui à ma famille.
N . D. Elle ne savait rien de Cioran ?
S. D. Non, je n’allais pas dire : je connais quelqu’un, il est apatride, il n’a pas de profession, il n’a pas d’argent. Si larges d’esprit que fussent mes parents, il ne l’auraient pas admis.
N. D. Et il n‘a jamais connu vos parents ?
S. B. Non…

Au dossier concernant la discrétion d’Emil Cioran ajoutons encore ce texte que je n’ai pas identifié mais qui doit être dans le recueil posthumes d’Entretiens (1995) que je n’ai pas sous la main en ce moment :

Simone Boué a été ma grande compagne à partir des années 50. Et nous nous sommes aimés toujours… quand même ; et ce « quand même » couvre un infini. L’art d’aimer n’est-il pas savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone ? Ne me demandez pas aujourd’hui de trop écorcher cette discrétion. Certains pourraient croire, étant donné que je n’ai jamais parlé dans mes livres de ma compagne de vie et de son support généreux, que je n’étais pas un vrai écorché de la solitude. Ce serait bien mal connaître ce qu’est l’incontournable et fondamental isolement de l’être même dans la famille la plus intense. Qui n’a pas connu cet isolement, l’a tout simplement fui. J’ai écrit « aimer son prochain est chose inconcevable. Est-ce qu’on demande à un virus d’aimer un autre virus ? » Voilà pour vous dire mon inconfort face au grand mythe.

Enfin, à propos d’absence, qui n’a pas remarqué que le sexe était extrêmement marginal, pour ne pas dire quasi absent de l’œuvre de Cioran, ce qui conforte un peu plus l’aspect discret replié sur soi d’un Cioran peu expansif finalement en plus d’un domaine ; en particulier dans celui du sentiment pour ses prochains, et plus encore de l’animalité de la nature humaine. J’ai d’ailleurs bien du mal à voir un rapport entre Matzneff et ses obsession phalliques et descriptions « techniques » de « vieil ado », un ami est-il dit (il fut, lui l’orthodoxe à ses obsèques également orthodoxes), et Cioran et ses obsessions tout ce qu’il y a de plus intellectuelles, pour ne pas dire intellectualisées, idéelles, éthérées.

*

Pauvre Vanessa, petit moustique, qui pour se donner de l’importance dit avoir croisé Cioran, qui plus est pour plus ou moins le dénigrer, lui aussi. Car il de bon ton aujourd’hui d’avoir côtoyé l’idole. Mais quel plaisir enfantin et anti-mâle assez primaire de vouloir l’abattre. Lui qui fut d’ailleurs si longtemps ignoré des lettres, un auteur riquiqui pécuniairement parlant, du moins en France comme en témoigna Simone Boué :

Cioran [ce « Cioran », et ceux qui suivent, confirment bien que sa compagne elle-même l’appelait ainsi, mais j’ignore si elle le prononçait à la française (siorã) ou à la roumaine (tchoràn)] s’était mis dans la tête que s’il était publié en livre de poche, il serait lu par les jeunes […] Alors il me dit un jour : je vais aller voir Claude Gallimard et je vais lui dire que je veux être publié en livre de poche. Moi, je savais que ses livres ne se vendaient pas du tout, et je lui ai déconseillé cette démarche. Il y est allé quand même. […] Donc il va chez Gallimard et Claude ne dit rien, il se lève, et prend un dossier dans lequel il y avait le chiffre des ventes de Cioran, des chiffres absolument ridicules. Il montre ça à Cioran et il dit : dans ces conditions, on ne peut pas vous publier en livre de poche. Et je revois Cioran rentrant ici, plus pâle que la mort, et qui me dit : tu avais raison – ce qui était rare dans sa bouche.

Et comme elle précise aussitôt « Sa vie a été une série d’humiliations. Le succès a […] commencé […] très très tard ». En fait, à la fin des années soixante-dix et courant des années quatre-vingt (c’est à cette époque-là d’ailleurs, au tout début des années quatre-vingt, que j’ai découvert cet auteur dont le pessimisme et la lucidité s’accordaient si bien au nouvel état social et triste air du temps), et essentiellement en 1986 avec l’édition de ses Exercices d’admiration… où il parlait enfin des autres si l’on peut dire, mais finalement au travers de son propre miroir ; son dernier livre si l’on excepte des entretiens par exemple.

Et pour finir j’ajouterai ce détail taquin, confirmant totalement ce qu’en a dit par ailleurs Portocală, repris encore une fois de cet unique entretien qu’accorda Simone Boué à Norbert Didille :

N. D. : E.M. Cioran 4, c’était une façon de dissimuler son prénom qui ne lui plaisait pas trop en France.
S. B. : C’est ça. Il considérait qu’Emile, en français, c’était un prénom de coiffeur.

* * *

Notes :

1 – Cf. « interview de Simone Boué par Norbert Dodille » in Lectures de Cioran – L’Harmattan, Paris, 1997 pp. 11 à 41) : « Cioran aimait beaucoup Paruit, il l’avait poussé à devenir traducteur, il lui trouvait du talent. Car Cioran avait une manie, c’était d’aider les gens, de les conseiller, de les obliger même à faire certaines choses. Cioran aimait beaucoup donner des conseils, moi, je n’ai jamais beaucoup cru aux conseils en général. » Alain Paruit (1939-2009) a traduit de nombreux ouvrages du roumain au français. Dont plusieurs de Cioran et de Mircea Eliade. Norbert Dodille (1948-2012) fut docteur en littérature française, universitaire, directeur de l’Institut français de Bucarest (en 1992), écrivain.

2 – Voir ce passage précédemment cité : « Quant au petit discours que Cioran aurait tenu pour la défense de « G. », il est parfaitement invraisemblable. D’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui, Cioran n’aurait jamais accepté de commenter les affaires personnelles de quiconque, et encore moins celles d’une gamine ».

3 – Romancière, essayiste, dramaturge, auteur d’aphorismes, poétesse, traductrice… née à Buenos-Aires d’une famille de juifs alsaciens ; épouse de Gérard Worms qui fut directeur des Éditions du Rocher ; 1923-2006.

4 – Copié sur le modèle de E.-M. Forster, signature des livres de l’écrivain britannique Edward Morgan Forster. Le E.M. devant Cioran disparu pour l’édition de son ouvrage de 1986 sans que son éditeur ne l’en informe. Cette forme à initiales pour signifier un double prénom n’est peut-être pas étrangère non plus à la mode, disons, des années trente-cinq aux années cinquante-cinq des Jean-Quelquechose dont Jean-Edern (Hallier) ou Jean-Isidore Isou (né Ioan Isidor Goldstein), ou d’autres doubles prénoms plus rares tel que Guy-Ernest Debord par exemple.

L’Indépendance de l’homme de lettres

*

La noble indépendance est l’âme des talents ;

Rien ne peut du génie enchaîner les élans :

Ce n’est point pour ramper qu’il a reçu des ailes.

Le sage, en ses écrits au vrai toujours fidèles,

À des succès honteux n’immole point ses mœurs.

*

Le vulgaire ne voit que par les yeux d’autrui;

Le sage voit, observe, et juge d’après lui :

Seul au sein de la foule, et dégagé d’entraves,

Il élève un front libre au milieu des esclaves.

*

Éloigné des partis et sourd à leurs clameurs,

D’un tardif repentir s’épargnant l’amertume,

Il ne vendit jamais, ni son cœur ni sa plume.

On ne le verra point, au prix de ses vertus,

Acheter les faveurs du stupide Plutus.

 

Ceci est un montage de vers (inchangés) du début de L’Indépendance de l’homme de lettres, poème de Charles Millevoye (1782-1816), effectué à partir de la version originale de 1816 (Léopold Collin, libraire, Paris, M. DCCCVI) et de la version définitive (Ladvocat, libraire, Paris, M DCCC XXIII)

*

Aux temps les plus anciens, Plutus, forme latinisée de Ploũtos, nom du dieu grec de la richesse et de l’abondance, avait tendance à favoriser les honnêtes gens. Pour le contraindre à favoriser aussi les méchants, Zeus, jaloux des gens de bien, l’a rendu aveugle. Ne pouvant plus distinguer les bons des méchants, il cesse de distribuer ses bienfaits. Ce qui fit écrire à Théognis de Mégare (vers le milieu du -VIe siècle) :

*

« Ô Ploutos, le plus beau, le plus désirable des dieux, avec toi je puis faire le mal, [mais] je serai toujours honnête homme. » (in Sentences de Théognis, etc traduites par M. Lévesque).

« Ce n’est pas sans raisons, ô Ploutos, que les hommes t’honorent plus que tout : tu t’accommodes si aisément de la bassesse !

Oui, il semblerait juste que l’homme de bien possédât la richesse, et le méchant mérite le fardeau de la pauvreté. » (in Poèmes élégiaques traduits par Budé) ;

*

Dans Ploutos, l’ultime comédie d’Aristophane (-388) L’histoire commence lorsqu’un homme pauvre nommé Chrémylos, rencontre un aveugle qu’un oracle lui demande d’emmener chez lui. Là il apprend que l’aveugle est le dieu de la richesse. Il va inciter Ploutos qui semble avoir oublié tous ses pouvoirs, à se guérir de sa cécité, ce qui sera fait dans le temple d’Esculape. Ainsi, le dieu n’enrichira plus ni les intrigants ni les coquins. Mettant au chômage et dans la misère des pans entiers de la «bonne société», tandis que les prêtres de Zeus – le dieu suprême, et dieu des dieux lui-même – voient leurs temples désertés.

*

Charmante utopie plus que jamais d’actualité.

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HUMOUR  ?

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Vanessa Springora a-t-elle jamais rencontré Emil Cioran?

Publié le 21 janvier 2020 par defensededavidhamilton

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Mon ami Roland Jaccard a bien connu Cioran.

Que pense-t-il de ceci? Et qu’en pense-t-on?

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« Utilisation de Cioran par Mme Springora »

J’ai vaguement parcouru le livre de Mme Springora. Mais j’ai lu et relu, avec attention et déplaisir, quelques pages – lecture à la suite de laquelle j’ai fini par me poser des questions sur l’ensemble du réquisitoire qui, ces derniers jours, a déclenché une telle tempête dans le monde des lettres et de la morale.
Ce sont des pages où il est question de Cioran. Je l’ai connu sans doute mieux que ne l’a connu Mme Springora, et c’est de là que vient mon étonnement, générateur de doutes.
« Machinalement, je me retrouve en bas d’un immeuble cossu dont le premier étage est occupé par un ami de G., un philosophe d’origine roumaine […]. » Cioran n’habitait pas le premier étage – ce qui, manifestement, cherche à suggérer une certaine opulence -, mais trois chambres de bonne réunies en appartement, au dernier étage.
« Une petite dame d’un certain âge m’ouvre […]. » Simone Boué était grande.
« […] et l’épouse d’Emil […] » Cioran n’a jamais consenti à épouser Simone, qu’il présentait toujours, de manière assez gauche, comme sa « compagne ».
« Emil, c’est V., l’amie de G.! » Aussi bien Cioran lui-même que Simone avaient le prénom Emil en horreur. Elle ne l’appelait donc jamais ainsi, du moins pas en public, préférant utiliser le nom de famille: Cioran.
« […] crie-t-elle à travers l’appartement, puis elle s’engouffre dans un couloir […] » Dans la minuscule entrée s’ouvrait, sur la droite, la non moins minuscule pièce qui servait de bureau, et, devant, une sorte de salon. S’agissant d’un espace particulièrement exigu, prétendre que Simone ait pu crier « à travers l’appartement » est ridicule. Quant au couloir, il n’existait tout simplement pas.
« Le nez d’aigle » de Cioran peut être infirmé par n’importe quelle photographie. Quant à son accent, s’il était, effectivement, fort, il ne lui faisait nullement déformer les mots (« tzitrón? tchocoláte? »).
« Emil, je n’en peux plus […] » Même ses meilleurs amis ne l’appelaient jamais « Emil ». À plus forte raison, une gamine de 15 ans ne se serait pas autorisé une telle familiarité.
« La vision des petits doigts potelés de la femme de Cioran […] » Les mains de Simone n’étaient ni petites ni potelées. « Toute pomponnée, ses cheveux bleutés […]» Simone avait des cheveux blonds foncé, avec une mèche blanche sur le devant. « En son temps, elle a été une comédienne en vogue. Puis elle a cessé de tourner dans des films. » Simone Boué n’a jamais été comédienne, mais professeur d’anglais, et cela durant toute sa vie.
Quant au petit discours que Cioran aurait tenu pour la défense de « G. », il est parfaitement invraisemblable. D’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui, Cioran n’aurait jamais accepté de commenter les affaires personnelles de quiconque, et encore moins celles d’une gamine.
Un si grand nombre d’affabulations en seulement cinq pages me font croire que Mme Springora n’a jamais été chez Cioran, et peut-être même ne l’a-t-elle jamais connu. Mais alors, qu’en est-il du reste du livre?

(Texte de Radu Portocala. 14 janvier 2020, 15:22 : Facebook)

https://www.facebook.com/radu.portocala.50?__tn__=%2CdC-R-R&eid=ARAMW-grfr3u0ZtHqtvKf3KIpUwfm7jG1RkZ08wcvYhJ0ZaBDlzwacmb6diTKNl3tHdoxDSmny9gXJre&hc_ref=ARSw_xMdMAVjwivHzPTifQEztQoRwWmTQTIyS3ic-lhmzKlLymk39CHtQh5JioKujCU&fref=nf

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Radu Portocală (d’une longue famille d’intellectuels roumains, dont certains subirent durement la dictature stalinienne), né le 27 mars 1951 à Bucarest, est un écrivain et journaliste qui vit en France. Note de J.-P. F.

 

Dans le Marais humide de la gynécocratie, par Félix Niesche

J’ai toujours apprécié Gabriel Matzneff, comme écrivain. Il vient d’être la victime collatérale de la pandémie de dénonciation des gorets par de petites cochonnes qui les [a] valaient bien. Avides de succès, elles rêvaient toutes de devenir les favorites en titre de Ben Cinema. Hélas, ce dernier s’est mis à grogner derrière d’autres derrières plus roses. D’où leur ressentiment. Mais le féminisme va leur offrir le moyen d’assouvir leur vengeance avec le déballage des turpitudes. Faire les intéressantes et faire coffrer leurs zex, que demander de plus ?

***

Merveille du féminisme qui vous ressuscite la pudeur, comme l’hyménoplastie vous recoud un hymen flambant neuf !

Au début les dommages de ce mouchardage suidé ne frappaient que les Porcs d’élection, les grands mâles dominants de nos temps dominés. Bien fait pour leur groin, mais ce n’était qu’un début ! Bientôt nous deviendrons tous des porcs en puissance. Matzneff marque la transition.

Je reste insoucieux de tous ces rapportages, vivant à l’écart des foules et des houles, loin de tous les relents de moules avariées et des morues racisé.e.s.

Cependant je voudrais republier un petit texte où je racontais mes propres mésaventures pédestres avec ma dulcinée, juste pour rire, et pour montrer la différence de traitement, selon que l’on est un homme « en vue », ou un type ordinaire.

J’avais 50 ans elle 19.

Depuis longtemps j’avais noté lors de nos rares déambulations citoyennes une certaine défaveur populeuse à l’égard de notre équipage, bien que nous ne nous produisions jamais attelés. Elle attribuait cet intérêt dubitatif à l’incrédulité quant à notre statut : père et fille ou bien vieil amant et jeune maîtresse ? Et la muflerie ostensible par laquelle il se manifestait à cette très en vogue grossièreté populacière signe de nos temps orduriers.

Car s’il n’est pas une once de démocratie dans la structure sociale, la plus crasse démocrassouillasse règne dans les mœurs. C’est pour ça que les pauvres qui ont abattu la féodalité, alliés à la bourgeoisie, n’ont jamais vraiment voulu renverser cette dernière, car elle est leur part satisfaite, seule la supériorité naturelle offense vraiment. Le capitalisme achève de nos jours sa mission esthétique, qui est d’éradiquer de la surface de « c’te planète », toute noblesse et toute distinction.

Pour en revenir à notre ballade marécageuse, sans doute notre pittoresque suffirait à expliquer une classique gaieté simiesque, cette belle hilarité grégaire de nos néo-singeries, puisque nous divergions à proportion, de siècles et de centimètres.

Je suis coutumier du fait d’être ouvertement moqué dans la rue par de jeunes babouins encagoulés qui portent leurs pantalons aux chevilles et traînent après eux des femelles en collants moulant étroitement leurs vulves tumescentes, mes propres canons vestimentaires ne tombant pas justes, has been je suis, autant d’apparence que d’essence.

Mais ce dont je parle ici, et qui nous vise tous les deux, est tout sauf moqueur. — « Mecs jaloux » explique ma compagne avec modestie.

Je lui fais remarquer que si effectivement la plupart des types bronzés lui font ouvertement des avances sexuelles comme si je n’avais pas été là, avec d’autant plus de courage que la modestie de mon gabarit eu égard à la moyenne établie, facilite le déni de ma présence au monde, c’est dans la gent qui porte mamelles et plus précisément sa sous-division « blancos », que l’on montre la réprobation la plus explicite.

Désapprobation lisible et visible : yeux exorbités et bouches bées devant le scandale de notre vue, se demandant à haute et intelligible voix si c’est encore possible, de voir ça !, permis, licite, et s’il ne fallait pas appeler les fliquettes cliquetantes d’armes et de chaînes !

Nous étions dans un film d’Hollywood et j’étais le méchant du film. Je portais le signe maudit du prédateur du blantriarcat oppresseur. J’étais une survivance anachronique et inadmissible de l’insupportable privilège masculin. Moi dont la pauvreté frise la misère, je me trouvais près d’elle exhaussé au rang du porc milliardaire traînant sa pute slave.

Ou plutôt non. C’est précisément parce qu’on devinait ma pauvreté, derrière mon dandysme baroque, c’est-à-dire la faiblesse sociale, que l’on s’insurgeait de me croire en bonne fortune. Car si j’ai pu conquérir le cœur d’une toute jeune femme à mon âge, et sans le payer, ce ne peut être que par une espèce de talent. C’est cela qui fait hennir le vulgaire, alors que l’Argent qui excite l’envie, n’offense pas sa vanité.

Cependant, ma compagne jugeait cette clairvoyance « pure parano ». Car si elle m’aimait un peu elle ne me comprenait guère.

Mais ce jour là, dans le Marais, cette atmosphère de haine palpable, regards furibonds, désignation du doigt, fut sentie aussi par ma coéquipière, d’habitude inconsciente des rapports de force de trottoir. Nous étions, j’étais, dans l’étroite bande d’espace-temps qui précède le Big Boum. Un pas de plus et je tomberais sous le coup de la loi de Lynch.

Nous le sentions, c’était tangible, répugnant et angoissant.

Seuls les troupeaux de gays, paissant paisiblement dans leurs abreuvoirs délimités par des cordes, se foutaient royalement de notre existence, vivant et laissant vivre, entre eux, peinards. Je ne crois nullement dans cette fable ridicule de la cause commune homosexuelle. Les milieux gays et gouins sont radicalement différents, ils vivent en des univers hétérogènes, et sans doute même hostiles, l’hystérie LGTiste n’est que du L et même du XXXL.

Cela est su dans le milieu, mais tu, par crainte de l’Inquisition.

Ainsi nous allions, au milieu d’hommes qui s’embrassaient goulûment à pleine bouche, de laides gougnottes tatoués au groin percé, ostensiblement en préliminaires, d’obscènes cougars tenant impunément en laisse de petites gouapes sournoises et peut-être mineures, nous seuls désignés à la vindicte, réprouvés comme des lépreux, untermensch, tchandalas*, moi bousculé de coup d’épaules rabiques, elle dévisagée par les gestapistes féministes à envie du pénal, et par les vrais porcs libidineux.

« Regarde regarde ! Non mais t’as vu ça ? » avons-nous distinctement ouï, rue Saint Merri, à deux pas de l’Église où nous nous réfugiâmes : Asile ! Asile !

Les plus fins auront saisi combien cette étouffante chape ne peut que gâter nos rencontres à l’air libre. Nous étions éclaboussés par la saleté de cette boue haineuse. Stupidement, un peu lâchement, pour lâcher un peu de vapeur, je me mis en rogne contre elle, lui reprochais injustement ses toilettes (qui n’ont pourtant rien d’osé de nos jours) et ses talons de 18 cm qui font que je lui arrive au nombril. Elle avait grief de mon hyper-sensibilité trop à fleur. Les rares fleurs de nos rencontres se fanent, elle est triste et mon humeur s’obscurcit de sombres regrets :

Ah ! si j’avais pu prévoir la possibilité de ce meilleur des mondes, au lieu de lire les poètes j’aurais étudié le Jujitsu. J’eus été vrai Petit Poucet : on aurait suivi ma trace par les connards ensanglantés gisant sur mon chemin. Mais le privilège de casser des gueules, de fracturer des mâchoires, de crever les yeux de son prochain est exclusivement réservé à la tourbe carapaçonnée des chiens de garde du capital.

En attendant, déjà trop casanier pour son goût je ne peux plus sortir avec elle. Là voilà triste et déçue. Et sans doute secrètement frustrée que je ne sois pas capable de faire régner les égards à coup de poings.

Quel enfer que ce monde, me dis-je dans un accès solipsiste, un enfer privé, un enfer pour moi seul. Un enfer à mon seul usage puisque je ne connais personne d’autre qui partage, qui pourrait partager, pareille condition, où quelque chose de cosmique s’acharne à me torturer.

Mes seuls collègues en antiféminisme sont les catholiques de tradition qui défendent avec raison la famille, qui croient dans la désinfection suffisante du Cul par le sacrement du mariage. Ils voient bien la putréfaction du monde, mais pensent faussement que nous vivrions dans un monde permissif, jouisseur, reprenant par là l’antienne maréchaliste classique.

En réalité la norme c’est la répression libidinale masculine, la haine de la liberté du sexe prétendument fort. La seule licence accessible au plus grand nombre ce sont les licenciements. Ce que veulent les féministes, mais c’est le pénal ! « L’Envie du pénal », comme l’a dit Philippe Murray.

La haine de Don Juan, et de ceux que l’on croit tel. Sauf lui les hommes sont naturellement soumis à la femelle. […]

Les solitaires sont condamnés, leur race bientôt éteinte, il n’y a plus pour ce monde pitance que pour la chiennerie.

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout. 

* (Charles Baudelaire, Le Voyage)

Félix Niesche.

* tchândâlas membre de la caste la plus basse dans le système traditionnel hindou.

RIESTER, MINISTRE DE L’INCULTURE, ENTENDRAIT DÉNEUTRALISER ET IDÉOLOGISER LES FICHIERS DE LA BNF

Connaissez-vous le nom du ministre de la Culture, et savez-vous de quoi il s’occupe ? À quoi il sert, plus exactement, mis à part à amputer le budget de l’État de ses prébendes ? J’en doute !
C’est un dénommé Riester, transfuge des Républicains, diplômé d’écoles de commerce, garagiste en chef de son état et homosexuel revendiqué comme cela semble être la mode ; et – j’espère – plus doué en carburation et pots d’échappement qu’en culture.
Toujours est-il que ce personnage grotesque et culturellement insignifiant (je viens de le lire sur l’Express du 16 janvier) « a demandé à la BNF d’étudier la possibilité de faire figurer dans les notices d’auteurs les éléments concernant d’éventuelles polémiques ou décisions de justice. »
On croit rêver ! D’autant que le garagiste, c’est assez amusant, n’a lu de Matzneff, déclare-t-il, que quelques « bribes » ; comprenons les deux ou trois citations que répètent inlassablement les journaux (qui n’ont pas lu Matzneff non plus).
Je pense que le mec ne le fait pas vraiment exprès, totalement manipulé qu’il est par les media. Pas capable de réfléchir par lui-même. Inapte à prendre du recul et de la hauteur. Le nez rivé au caca médiatique confusionniste. Mélangeant tout.
Déjà il voudrait ajouter, aux notices de la Bibliothèque nationale de France, les décisions de justice. Là, je dis qu’il peut y avoir du boulot et un boulot complexe et fort long. Il va falloir embaucher et embrayer sur des recherches considérables. Notre Bibliothèque nationale est déjà débordée de travail !
Je prends deux ou trois exemples parmi bien d’autres. Villon. Bruno. Verlaine. Il va falloir retrouver, s’il existe encore, le jugement condamnant notre François à la pendaison, puis l’acte le condamnant finalement au bannissement de Paris. Pour Bruno, il va falloir se mettre en relation avec les archives vaticanes en Italie puisqu’il a été condamné pour hérésie et brûlé en 1600 par l’Inquisition. Pour Verlaine, il va falloir que l’on questionne, si je ne me trompe, les archives judiciaires belges. On y trouvera ainsi le procès-verbal de police qui a conclu que Verlaine et Rimbaud s’adonnaient tous deux à la sodomie. En bon bougres.
Non content de ça, le garagiste de « chez Pigeot » entendrait imposer à la BNF, voire à chaque bibliothèque de France, de perdre son temps et sortir totalement de ses attributions en ajoutant non seulement les décisions de justice à leurs notices d’auteurs mais même les polémiques !…
Les polémiques, c’est-à-dire les ragots flamentables, flamentesques et flamenteurs des uns et des autres, des unes et des autres. Tout ce qui peut se dire finalement sur les tristes « réseaux sociaux » d’Internet en particulier. Mais où sommes-nous rendus ? Quelle déconfiture civilisationnelle !
« En d’autres termes », commente Olivier Mathieu, « dès qu’une Flavie ou une Vanessa se lamenteraient de faits présumés, remontant à trente ou quarante ans, peut-être imaginaires, très probablement improuvables, et quoi qu’il en soit prescrits par la loi, cela créerait polémique et la BNF serait tenue de causer desdites polémiques sur les notices des auteurs »…
Un tas d’auteurs jugés « sulfureux » en tous domaines, ou pas assez médiatiques ou médiatisés, ne sont pas admis dans un grand nombre de bibliothèques, ou rapidement désherbés (selon le terme consacré) de leurs rayons. Par exemple les poètes, espèce en voie de disparition. Mais qui peut s’en étonner en ces temps matérialistes qui ont perdu tous sens du sacré et du beau ?
Pris dans sa contradiction et les mains dans le cambouis, le garagiste est quand même (et fort heureusement) obligé de reconnaître que Sade (pour ne citer que lui comme sulfureux, on pourrait citer tout autant Hitler) est en vente libre. Je pourrais ajouter, dans un autre genre, que lesdits pamphlets de guerre de Céline (qui sont bien plus que de simples pamphlets d’ailleurs, mais des satires contre l’ensemble de la société de son temps) connaissent toujours un grand succès d’estime auprès des bouquinistes.
Céline, bon exemple. Il va falloir ajouter, à sa notice, ses condamnations. Mais pour être juste, également ses médailles, non ? Et il va falloir que cette notice coure sur des centaines et des centaines de pages pour que l’on serve aux lecteurs l’ensemble des polémiques qu’il a suscitées et suscite encore. Et qu’elle renvoie à tant et plus d’ouvrages le concernant. Travail de toute une vie, énorme thèse à construire !
*
Je lis également que les livres de Matzneff et sans doute les manuscrits originaux ou ses carnets auraient été saisis par la Justice. En voilà encore du boulot. Du boulot de quoi, au fait et au juste ? Qui peut prétendre qu’un ouvrage littéraire, qu’il soit intitulé « mémoires », « journal » ou bien sûr « roman », même « roman autobiographique », soit le reflet exact de la réalité ? La littérature a connu et connaît encore tant de pastiches ou de mystifications.
Je pourrais évoquer à nouveau La Consolation de Flament, bouquin sous-titré « roman » en édition originale et « récit » en seconde édition. Ils n’ont quand même pas osé : « document ». Donc si je comprends bien, dans le procès que David Hamiton aurait pu intenter pour diffamation, cette somme de papier imprimé aurait pu être considérée comme pièce à conviction ?! Un récit truffé de propos invérifiables…
*
L’insignifiant et délirant garagiste nous dit : « je ne pense pas que Matzneff contribue à l’aura artistique du pays ». Oui, peut-être, peut-être pas, et alors ? Les littérateurs, les artistes, les savants encore plus, ne sont pas nécessairement des enfants de chœur. Même des prix Nobel de physique ont pu être des salauds. Qu’y faire ? L’homme est ainsi. En attendant, j’en connais plus d’un, chez les politiciens en particulier, qui, depuis des lustres, ne contribuent pas ou plus, à l’aura tout court de notre pays.
Il serait grand temps d’oublier toute la clique qui nous conduit à la ruine, dans tous les domaines. Ce gouvernement composé d’un personnel politique d’une totale incompétence et d’une totale médiocrité, de fantoches et fanfarons d’une « parfaite » inculture.
Nous en sommes là : un ministre de la « Culture » propose d’ajouter des mentions de polémiques « gossip »* aux notices de la BNF, au sujet de livres qu’il reconnaît ne pas avoir lus…
Jean-Pierre Fleury.

* commérage, cancan, ragot

FLAVIE FLAMENT, FLAMENTABLE JUSTICIÈRE ?

F comme Flavie, F comme Flament, F comme Flamentable ? Le radotage ridicule de Flavie Flament varie dans le temps (c’est un remodelage continuel) et je me demande parfois s’il ne conviendrait pas de l’appeler Fla Fla, pour ne pas dire tout simplement Folle Furieuse. Elle vient encore d’éructer ses « vérités », cette fois-ci sur LCI. Un salmigondis je voudrais extraire et souligner de nouveaux éléments.

LCI répète (selon le principe des rumeurs : plus c’est dit et rabâché, et plus c’est vrai) que « Flavie Flament révélait avoir été violée par le photographe David Hamilton à l’âge de 13 ans dans  La Consolation. » « Flavie Flament … violée … dans La Consolation. Je m’interroge, hormis dans La Consolation, est-ce que Miss OK ! a été violée ailleurs ? Je veux dire : est-ce que, dans la « vraie vie » non romancée, elle a été violée « pour de bon » et « pour de vrai » ?

J’attends les réponses !

Parmi les énormités récurrentes que la « spécialiste du viol » assène encore une fois aux lecteurs je retiens ces éléments :

1 – « … Hamilton, Matzneff et tant d’autres ont trop longtemps été protégés, drapés dans leur impunité que leur donnait leur statut prétendument « artistique ». C’est d’autant plus insupportable pour les victimes, qui ont été emmurées dans le silence. »

Faux sur deux points au moins.

Quelques (rares) jeunes femmes ont déposé plainte, en leur temps, à l’encontre de David Hamilton. J’en ai déjà parlé en long et en large. Pour une, c’est très probablement la déception de ne pas être devenue l’élue de cœur qui l’a fait agir. Pour l’autre, sa plainte était proprement grotesque (très probablement poussée par son entourage) puisqu’elle fut, de notoriété publique, sa compagne pendant quelques années. Ces plaintes, après confrontations, ont été classées. Enfin, la police a enquêté, la justice, en l’occurrence le juge d’instruction, a jugé bon d’en rester là.

La loi prévoyait, avant son allongement récent, que le délai de prescription concernant un viol courait pendant 20 ans au-delà de l’âge de la majorité (18 ans) de la plaignante (ou du plaignant). Soit plus précisément jusqu’à l’âge de 38 ans non révolus. Si l’on est emmuré dans le silence à 38 ans, on risque de le demeurer toute sa vie. (D’ailleurs il est abusif de dire que l’on est emmuré dans le silence quand on se mure soi-même dans le silence, ce serait dénier tout libre arbitre et tout quant-à-soi à toutes les victimes réelles ou potentielles). De plus la Justice, déjà débordée, n’a pas pour vocation de se lancer dans des campagnes poussant à la dénonciation qui, d’ailleurs, ne peuvent que déraper comme on le voit présentement avec les media ; mais d’inculper et juger des coupables potentiels et d’accorder réparations aux victimes. La Justice juge des individus concrets, mais pas la société en son ensemble. Elle juge dans une salle d’audience ouverte au public ou à huis-clos. Elle ne juge pas sur un champ de foire ou à la télévision. Ce n’est pas de ladite télé-réalité (très peu réelle d’ailleurs elle-même). Du moins pas encore.

2 – « Je voudrais pointer du doigt l’autre absurdité de la loi française : les faits étant prescrits, je pouvais me retrouver coupable de diffamation. » Ben, oui, ma petite ! Tu avais jusqu’à l’âge de 38 ans pour réagir et passer la porte d’un commissariat de police ou d’un tribunal ; mais tu n’avais pas encore été manipulée par tes gourous (pourtant diplômés) de la pseudo-psychiatrie.

Et c’est passé à 48 ans maintenant pour les nouvelles infractions comme tu le sais et « grâce » à toi. Je mets « grâce » entre guillemets, car que tirer de procès qui évoqueraient des faits remontant à encore plus d’années en arrière qu’avant ? Mais peut-être es-tu favorable, comme on le fit parfois au Moyen-âge, à déterrer des morts pour les juger.

Non seulement tu pouvais te retrouver coupable de diffamation mais tu allais immanquablement, comme semblait l’annoncer David Hamilton très peu de jours avant sa mort, te retrouver coupable de diffamation (et ton pote irresponsable Ardisson inculpé d’injures ou d’insultes à l’encontre de David Hamilton).

Une mort judicieuse, mais pas judiciaire, une mort judicieuse et justicière (nous reviendrons plus loin sur cet aspect essentiel des faits) a bien arrangé ton cas et celui des media abjects. Et je dirais même que si la Justice avait bien joué son rôle, l’affaire étant très largement répandue dans le public et dégobillant déjà aux égouts desdits réseaux sociaux, et prenant mauvaise tournure depuis plusieurs semaines, c’est elle, la Justice, qui aurait dû se substituer à David Hamilton, et te mettre en examen (t’inculper), comme elle en a le droit et même le devoir.

3 – « Et je lui avais fait l’affront de mettre en couverture une photo qu’il avait prise de moi le jour du viol. Puis j’ai dit son nom. »

Je vois mal l’affront que tu lui as fait. Ou alors te juges-tu très moche au fond de toi même, plus encore moralement que physiquement. Je vois juste la provocation. D’ailleurs, tu n’avais pas le droit d’en tirer profit (pécuniairement parlant) sans son accord. Tu étais certes la photographiée, mais lui était le photographe.

Cette photographie qui paraît coller assez bien au sujet par le fait même que sur la plupart des photographies hamiltoniennes les modèles ne rient ni ne sourient pas, et ont généralement l’air triste, songeur, mélancolique. Ce qui est le style même, très romantique, de David Hamilton. Bien sûr, nombre de crétins y voient la « preuve » (sic) de viols ! Misère de la bassesse humaine.

Et puis, c’était un tel affront que tu continues de montrer d’autres photographies de toi prises par David Hamilton sur Instagram, c’est dire si tu le cajoles finalement, ton violeur virtuel, car je vois mal quel affront tu peux lui faire maintenant, là où il est. Ne serait-ce pas plutôt une sorte de reconnaissance nostalgique pour son talent ? De reconnaissance posthume, comme une forme de regret d’avoir dépassé les bornes avec lui ? Toi qui par ailleurs es si fière de ton corps, de ton visage…

Et là encore une fois où tu agis en parfaite mythomane, c’est lorsque tu dis que cette photographie a été prise le jour de ton viol virtuel, celui de ton roman. Sais-tu que le mieux est le mortel ennemi du bien, que le trop est l’ennemi du vrai ? C’est un peu comme lorsque tu nous dis que tu as rencontré David Hamilton à la terrasse d’un bar alors que tu étais en compagnie de ta mère. Ce qui est totalement faux (toute ta famille l’affirme).

Donc tu nous dis que quelques mois plus tard, et alors que ta chambre était encore garnie, entre autres, d’affiches et de photographies de David Hamilton, tu étais désignée Miss OK ! lors d’une cérémonie où tu apparaîs très très réjouie et nullement traumatisée ou dépressive (voir sur ce sujet les collections de la revue OK ! d’alors).

« Puis j’ai dit son nom », encore un mensonge ou une approximation. Plus exactement tu l’as laissé dire par Ardisson, devant un plateau de témoins ; nom zippé au montage (pour les téléspectateurs) mais bientôt répété par tous les media en parfait esprit totalitaire. Et enfin par toi. Tu n’as même pas eu le courage de dire son nom toi-même (si l’on peut appeler ça : avoir du courage).

4 – « J’étais prête à entrer dans une bataille judiciaire ». Pas tellement justement, car tu as craint d’être inculpé pour diffamation. Contre ton violeur virtuel, qu’as-tu fait au niveau judiciaire ? Rien. Mais tu allais laisser Élodie Durand porter plainte à nouveau contre David Hamilton alors qu’elle avait déjà été déboutée quelques années auparavant. Je ne sais pas quels faits nouveaux (car il faut des éléments tangibles nouveaux pour rouvrir un dossier) elle pouvait apporter, cette pauvre déprimée (je précise que je ne me moque nullement d’elle en écrivant ces derniers mots).

Ce qui est fortiche avec toi, c’est qu’on finit par en savoir toujours plus. Plus tu parles et plus tu te dévoiles. Voilà une nouvelle fois que tu nous confirmes que tu t’es rendue complice de harcèlement à l’encontre de David Hamilton, un homme encore plein de projets, et surtout un homme qui ne voulait plus être importuné par les journalistes et qui a reçu trois heures avant sa mort, nous dis-tu (il y a quelque temps, tu parlais de quatre heures) un nouveau coup de fil… d’un inspecteur de police ? Non, d’une journaliste lui annonçant la présence d’Élodie à ses côtés.

Moi j’aimerais comprendre le rapport de cause à effet que tu établis entre ce coup de fil harceleur, cette annonce qu’Élodie « était maintenant dans le coup », et la mort trois heures plus tard de notre photographe. Moi, j’y vois autant une présomption d’assassinat que de suicide. Peur à ce point d’Élodie cette égérie, cette muse avec qui il a vécu quelques années ?!

5 – « J’ai été violée par David Hamilton en 1987, à l’âge de 13 ans. À l’époque des stripteases [sic!] des playmates chez Collaro, des corps objectivés, de la sexualité comme argument marketing. »

Par contre, lorsque je me suis exhibée à mon tour très complaisamment, plus d’une fois et en de nombreuses pages des journaux pipoles, parfois fort dévêtue, simple slip de bain et les nichons à l’air, je n’étais pas une femme objet, et ma tenue en clin d’œil au sexe, n’était pas là pour faire vendre cette basse presse, ni arrondir mes fins de mois déjà bien argentés.

6 – « Comment pouvait-on regarder des photos de David Hamilton où il alignait des corps nus de gamines et les numérotait ? »

Peut-être comme certaines regardent le dessin (génial pour toi) d’une verge masculine sur ton compte Instagram !

7 – Et j’ai gardé pour la fin un quasi aveu de culpabilité : «  La libération de la parole et les victimes qui s’emparent de leur histoire est un phénomène justicier qui ne fait que commencer ».

– Que veut dire  « les victimes qui s’emparent de leur histoire » ? sinon que les victimes ou prétendues telles, passant outre la Loi et la Justice, organisent elles-mêmes (par media interposés) la mise en accusation publique (il est vrai que le secret de l’instruction semble tombé en désuétude depuis un certain temps) de qui elles veulent.

– Que veut dire « phénomène  justicier » ? Ce mot – justicier – qui est marginalement adjectif est surtout un nom qui me rappelle étrangement (et dangereusement) le far-west, les films de cow-boys ou au mieux Zorro, le justicier masqué ; mais pas du tout la Justice. Que nous disent les dictionnaires ? Que si autrefois un justicier était quelque seigneur à qui l’on reconnaissait un droit de basse ou haute justice, de nos jours, ce mot est entaché de négativité. D’une manière plus ou moins neutre on peut dire qu’un justicier est « celui qui aime à rendre justice, à faire justice » comme on peut le trouver sur certains dictionnaires qui font à l’économie. Mais il convient de préciser que cet amour pour la justice (doux euphémisme) recouvre une volonté individuelle ou collective (mais non légale) de rendre ou de faire sa propre justice. Ceci désigne donc tout autant le premier malfrat venu que celui qui pour de multiples raisons (y compris la meilleure cause, ou jugée telle par lui) entend se passer de la Loi et de la Justice.

Cette manière de voir les choses correspond assez bien à notre Poupette Lecanu qui non seulement s’indigne des délais de prescription, mais a trouvé normal de diffamer, d’insulter et de harceler impunément qui bon lui semblait. Je pense ici avant tout à David Hamilton, mais aussi à sa famille et plus précisément à sa mère.

Cette attitude dénuée de tout sens commun (reconnue comme normale et allant de soi par cette dernière, comme par une bonne partie des journalistes et des publics de réseaux sociaux), a un nom et s’appelle la loi de la jungle, la loi du plus fort, de celui qui détient tous les pouvoirs, contre les plus faibles ; cela conduit à de véritables lynchages médiatiques totalement irrationnels, moutonniers et lâches. Autrefois on disait : mais que fait la police ? (Certes, on sait qu’elle est plus prompte à éradiquer les contestataires qu’à autre chose) Aujourd’hui on devrait dire : mais que fait la Justice et même que font les élus de notre pays contre ce fléau ?

Il existe également le verbe « justicier », certes un peu vieillot, mais qui correspond si bien à ce qu’énonce notre traumatisée mémorielle et dont voici la définition claire et nette :

Punir quelqu’un d’une peine corporelle, en exécution de sentence ou d’arrêt. On fit justicier les voleurs. (Littré)

Infliger (à un condamné) la peine corporelle fixée par la sentence ; généralement (l’) exécuter. (Trésor de la langue française)

Je crois qu’on ne saurait mieux dire concernant le cas Flament. Le bouquet final concernant cette pratique maffieuse (propre au quatrième pouvoir) où la « justice » est instruite (à charge), tenue, rendue et exécutée par la caste médiatique soutenue par la populace des réseaux sociaux, est que la Flavie conclut sur l’affirmation que cela « ne fait que commencer ».

Mais qui donc lui posera les bonnes questions, contestera ses dires qui veulent se faire passer pour paroles d’Evangile ?

Pour ma part, je pense que son retour en tant que « consultante » dans le circuit des scandales sexuels pipoles l’enfonce dans ses contradictions et lui fait dire certaines choses qui, personnellement, me confortent dans ce que je crois être la vérité sur la mort de David Hamilton.

Cette Flament est un personnage qui semble faire de moins en moins illusion, puisque je vois que les succès d’audience passés de la « petite fiancée de la télé » se transforment présentement en déconfiture d’une femme passée de mode au royaume même des illusions. Ne vient-elle pas de disparaître, après peu de mois, de la grille de M6 ?

Après neuf ans d’absence (une éternité de nos jours) elle avait retrouvé la téloche début novembre dernier, comme l’un de nos articles précédents l’évoquait, « M6 a mis fin à cette anomalie en plaçant la quadragénaire [Houlala, ça fait mal!] aux commandes de L’atelier, une nouvelle émission, signée Warner Bros Entertainment France, dans laquelle des anonymes confient des objets à réparer » trouve-t-on écrit sur le site de toutelatélé.com. Mais les chiffres d’audience sont impitoyables pour faire marcher la boîte à sous publicitaire. Évaluée à moins d’un million de téléspectateurs, l’émission disparaît.

La raison de cet échec ? Peut-être tout simplement un mauvais maquillage. Poupette est sans doute arrivée à un âge où elle est plus belle à la radio qu’à la télé. Monde cruel  et impitoyable !

Flamentable, vous avez dit flamentable ?…

Jean-Pierre Fleury.

L’EUROPE, L’EUROPE, L’EUROPE !

 

David Hamilton et Dawn Dunlap en PDF

Nous vous proposons les livres d’Olivier Mathieu sur David Hamilton et Dawn Dunlap sous forme de PDF, notamment:

Le portrait de Dawn Dunlap
David Hamilton suicidé, mais par qui?

Ecrivez pour tout renseignement à l’adresse de courriel: oliviero44@hotmail.com

L’auteur et ses collaborateurs pourront vous proposer certains de ses ouvrages récents, certains sous forme de livres (les envois vous seront faits par la poste), d’autres sous forme de PDF (les envois vous seront faits à votre adresse de courriel et une modeste contribution pourra vous être demandée).

HUMOUR

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LES ENCHÈRES SUR E-BAY : UN SYSTÈME DOUTEUX ?

En ce début d’année j’ai voulu enchérir sur E-BAY. Cela ne m’est pas arrivé souvent et j’avais oublié les « subtilités » de ce type d’achat qui n’a que de nom « enchères » puisqu’il ne respecte pas le principe partout adopté des enchères publiques.

Dans les enchères publiques, toutes réglementées, tout se passe en temps réel, ce qui est d’ailleurs logique et normal. Or ici on enchérit au départ, ou plus exactement on mise jusqu’à une certaine somme qui demeure inconnue des autres enchérisseurs. Et de fait c’est la machine qui enchérit et surenchérit par rapport aux mises de départ.

Ce système est parfaitement aberrant.

Dans des enchères publiques ce n’est pas une machine qui surenchérit mais uniquement les acheteurs potentiels présents ou le commissaire-priseur pour le compte d’un client (par mandat de délégation écrit et signé, ou par contact téléphonique en direct au moment de la vente). Et tout suit l’ordre du temps.

Principes partout énoncés pour effectuer des enchères loyales.

Or sur E-BAY rien n’est loyal. En fait au départ, on n’enchérit pas mais l’on mise pour une certaine somme qui demeure jusqu’à la fin cachée des autres enchérisseurs. C’est la machine électronique qui donne une illusion d’enchères et qui transforme des mises de départ en un simulacre d’enchères et surenchères. Tout étant réglé par rapport à la mise la plus haute de départ, celle qui invariablement remportera « l’enchère ».

Le système de surenchère n’en est pas un car il ne s’effectue pas en temps réel, mais par rapport à une mise de départ dont il importe peu de connaître l’origine temporelle. Et qui plus est non pas par des enchérisseurs mais par une machine.

Ce type d’ « enchères » est débile et douteux. Et même malhonnête car on peut se retrouver à miser ou surenchérir trop haut, ou à l’inverse trop bas en y perdant son temps. On peut même envisager de fausses vraies enchères (mises de départ) pour stimuler les prix d’achat avec des comparses poussant les prix au profit du vendeur.

Où il est question du gâteau au chocolat de Jacques de Ricaumont, et aussi d’un récent article de Gabriel Matzneff sur Véronique Bruez dans les « Lettres françaises »

Publié le 11 janvier 2020 par defensededavidhamilton

***

Je demande pardon si je commence cet article en parlant de moi. La simple vérité est pourtant que, à la suite de la mort d’un enfant que j’aimais, un enfant de huit ans (cancer au cerveau) qui avait grandi pendant toute sa trop brève existence auprès de sa maman et de moi, je cours actuellement – à l’âge de cinquante-neuf ans, pour ne pas dire soixante – le risque de me retrouver de façon imminente sous les ponts. A ce malheureux enfant, j’ai consacré un roman, un beau roman je crois, Dans le ciel, qui a été recensé ici  (https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/ ) par Roland Jaccard:

Beaucoup de gens (ou de supposés « amis ») me conseillent le recours à des organismes caritatifs (du genre d’Emmaus) ou à des institutions « d’aide sociale ». Très souvent, ils évitent de la sorte de m’aider personnellement, donc de mettre la main au portefeuille. En se réfugiant derrière lesdites institutions caritatives ou d’aide sociale. Depuis mon enfance, j’ai la phobie du domicile fixe. Même à supposer, chose parfaitement utopique et aléatoire, qu’une organisation caritative ou qu’un mystérieux service d’aide sociale me donnent (chose dont je doute très, très fort) un logement dans une HLM à Besançon, Tours ou Fontainebleau, bref où que ce soit en France, est-ce que j’en voudrais? Je n’ai pour ainsi dire jamais travaillé et il ne devrait échapper à personne (et encore moins aux lecteurs de mes livres) que ce n’est pas à soixante ans que je vais y arriver. Quant aux « aides sociales » (à supposer que je fasse partie des catégories de ceux qui y ont droit), elles visent à « ré-insérer ». Si je comprends le français, et je crois le comprendre,  il s’agit de ré-insérer des gens tombés dans le chômage. Or, je ne peux pas quant à moi être ré-inséré dans quelque chose à quoi je n’ai jamais été inséré. Et dire que , dans les milieux que j’ai fréquentés hier ou ceux que je fréquente aujourd’hui, quand les gens lisent des livres au sujet de la fin tragique des écrivains ou artistes qui leur sont chers ou dont ils parlent souvent, ils trouvent ça tellement déplorable… « Comment, David Hamilton est mort pauvre? Mais c’est affreux« … C’est affreux mais ils n’ont rien fait pour lui, de son vivant. Et ils ne feront sans doute pas davantage quelque chose pour moi, du mien. Je ne peux donc rien faire d’autre, pour l’instant, que de continuer à chercher un hébergement (qui me permettrait sans doute d’écrire en quelques mois la suite de Dans le ciel, un roman dont j’ai l’idée, Le joueur d’échecs), un mécène, des dons, des aides financières.

*

Que l’on ne croie pas qu’en évoquant tout d’abord mon propre destin, je me sois tant que ça éloigné du sujet. J’en reviens à Gabriel Matzneff. Avec lequel j’ai un peu correspondu épistolairement (c’était approximativement vers 1979-1982) et à qui j’avais même alors envoyé Cent pages d’amour, le roman que ma grand-mère Marie de Vivier (1899-1980) m’a consacré en 1971. Pourtant, je n’ai jamais rencontré Matzneff, et pas même dans le salon de Jacques de Ricaumont que j’ai pourtant fréquenté avec assiduité, et qui était l’un des amis que nous avions en commun. J’avais publié à l’époque, dans la presse française, plusieurs articles consacrés aux romans de Jacques de Ricaumont. Oui, moi aussi j’ai connu le « fameux » gâteau au chocolat dont Matzneff a parlé dans certaines de ses chroniques journalistiques, mais surtout dans son  livre Boulevard Saint-Germain… (Lire: https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/10/gabriel-matzneff-est-il-ami-avec-jean-marie-le-pen_1772060 )

Gabriel Matzneff vendait – à en croire la presse de ces derniers jours – un nombre ridiculement bas de ses livres. La difficulté extrême de vendre des livres, de nos jours, et de trouver des lecteurs est un problème que je connais fort bien, moi aussi.  Or, les livres de Gabriel Matzneff ont été retirés de bibliothèques (au Canada) et même de certains sites de vente comme Amazon, jetés au pilon par ses éditeurs, refusés par un libraire de Reims (il va probablement y en avoir d’autres). Ses archives de Caen, elles aussi, pourraient être livrées à la police.​ Ce qui veut dire que demain encore plus qu’hier, pour X ou Y raison « politique » ou « morale », tous les livres de qui que ce soit pourraient être retirés des archives et des bibliothèques, des sites de vente par correspondance ou des librairies! Damnatio memoriae complète. Qui en sera victime demain? La chose qui stupéfie, dans le cas de Matzneff, est que toutes ces décisions interviennent en l’absence de toute décision de justice. Des libraires, des éditeurs, des bibliothèques retirent ou interdisent des livres de leur propre initiative, avant même que la justice n’ait décidé – par exemple – l’interdiction de tel ou tel ouvrage! C’est cela qui me semble le plus sidérant.

Ces jours-ci, une page se tourne – ou semble se tourner – dans la littérature, voire peut-être dans la société. Il suffit de considérer, par exemple sur Twitter, ou encore dans la presse à la fois la plus confidentielle et la plus réactionnaire qui soit, les attaques contre Roland Jaccard. Et si l’on n’en était encore – hélas – qu’au tout début de ces campagnes dirigées contre des écrivains?

A propos, le numéro de juillet/août 2019 des « Lettres françaises » vient d’être mis en ligne. Avec un fort bel article de Gabriel Matzneff à la gloire de Véronique Bruez et de Naples. C’est aussi un article où Gabriel Matzneff parle de « Vanessa »:

« Je pense en particulier à Francesca et à Vanessa : dans deux de mes romans, j’ai incorporé des fragments de leurs lettres dont la beauté pouvait à bon droit me faire espérer qu’un jour elles deviendraient des écrivains. Il n’en fut rien« .

(Gabriel Matzneff, Les Lettres françaises, juillet-août 2019, pp. 3 et 4)

Si l’on considère les « excuses » de Bernard Pivot, et d’autres journalistes qui implorent publiquement pardon d’avoir invité Gabriel Matzneff dans leurs émissions de téloche, si l’on considère le mea culpa de Beigbeder qui se sent « morveux » (mais désire paraît-il rester ami de Matzneff tout en étant « du côté de Vanessa Springora »), on peut se poser la question: combien de temps un tel article (celui des Lettres françaises) va-t-il demeurer « en ligne »?

http://www.les-lettres-francaises.fr/wp-content/uploads/2020/01/LF-173-BD.pdf

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Les temps sont durs ( https://wp.me/p89w8Z-543  ) pour les écrivains qui croient encore, ou veulent encore croire dans la beauté ou, tout simplement, dans la littérature.

 

OLIVIER MATHIEU

Pour en finir avec la fabrique du consentement au sujet de la pédophilie

Publié le par

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LA FABRICATION DU CONSENTEMENT de Noam Chomsky. Un livre qui démonte la propagande médiatique.

Tout esprit clairvoyant, tout cerveau en état de fonctionnement ne peut manquer de comprendre que les « affaires » David Hamilton (celle dont ce blog s’occupe en priorité depuis le 26 novembre 2016), mais aussi, à un titre ou à un autre, les affaires Weinstein, Epstein, Polanski ou Matzneff, et pourquoi pas Claude François, témoignent en un certain sens d’une offensive généralisée contre l’amour vis-à-vis des jeunes filles.

Numéro 37 (février 1970). Une lecture toujours d’actualité…

Entendons-nous bien: toutes ces « affaires » ne sont nullement identiques ou semblables. En tout cas David Hamilton, lui, n’a jamais été condamné à quoi que ce soit. Il a  rejeté les accusations portées contre lui en octobre 2016. Il n’a jamais passé d’aveux. Il n’a pas fait un seul jour de prison. Et il a été retrouvé mort (Paris, 25 novembre 2016) dans des circonstances au sujet desquelles demeurent, c’est le moins que l’on puisse dire, de vastes zones d’ombre.

Numéro 264, avril 1998. A relire…

Cela dit, dans les affaires Hamilton, Weinstein, Epstein, Polanski ou Matzneff, et dans quelques autres, il y a un dénominateur commun.  Les manipulateurs de l’opinion publique (selon des méthodes décrites depuis longtemps par Guy Debord ou par Noam Chomsky et Edward S. Herman, pour ne citer qu’eux) cherchent apparemment à persuader les masses que l’attirance pour une jeune femme, voire une jeune fille, serait forcément de la « pédophilie », un mot fourre-tout.

Un autodafé « amusant » (1910) puisque c’est un mannequin qui avait été brûlé par les manifestants.

Personne, en tout cas sur ce blog, n’a jamais dit, écrit ou pensé que faire du tourisme sexuel auprès de petits garçons en Asie soit à conseiller, à admirer ou à imiter. Tout au contraire. Personne, en tout cas sur ce blog, n’a jamais dit, écrit ou pensé qu’il soit possible ou souhaitable d’avoir des relations sexuelles avec des enfants en bas âge. Ce serait une « norme » imbécile. Toutes les normes à nos yeux, d’ailleurs, sont imbéciles.

Une carte postale ancienne, mettant en scène des figurants, en Corse, lors d’une chasse à l’homme. On espère qu’en 2020, des scènes de lynchage effectif ne succèdent pas aux lynchages médiatiques.

En revanche, ceux qui – pour employer une image – assimilent Marc Dutroux à David Hamilton, ceux-là se trompent.

Un livre ancien, qui mériterait qu’on le relise… Editions Denoël.

Autant il est juste et nécessaire de refuser la pédophilie en tant que perversion avérée, autant je juge aberrant que la société risque, tôt ou tard, risque de considérer tout homme (j’entends par là tout individu de sexe masculin)  comme un monstre, comme un perverti, comme un criminel potentiel, dès lors qu’il porte de l’intérêt à des jeunes filles.

Un ouvrage à relire (ici, couverture de la seconde édition)

J’avoue que je connais peu d’hommes (sauf, peut-être, cas de gérontophilie) pour préférer une vieille femme à une jeune. Seules les femmes jeunes, au demeurant, peuvent enfanter. Ce n’est pas qu’une question de « chair fraîche », mais d’esprit frais. Même si l’on ne doit pas toujours généraliser, il y a souvent davantage d’innocence chez les jeunes filles que chez des dames plusieurs fois divorcées, vieillies, aigries par l’existence.

Une carte postale des années 1970 (?) environ, qui n’avait certes pas tous les torts.

J’ai énuméré, dans d’autres articles de ce blog, des raisons notamment historiques, en rappelant par exemple les nombreuses épouses et concubines de Charlemagne. Epouses et concubines dont l’âge, si l’Empereur « à la barbe chenue » avait vécu en 2019, l’auraient conduit directement en prison.  Et pourtant, dans des sociétés et à des époques où l’on ne vivait pas vieux, le mariage des filles dès la puberté (ou légèrement après la puberté) était une nécessité.

Un roman de 1941 (Albin Michel)

Le problème, quand on accuse de « pédophilie » des individus décédés (et, de ce fait, incapables de se défendre), comme Claude François, quand on accuse de « pédophilie » de très grands artistes (comme David Hamilton – décédé lui aussi ), c’est que l’on risque de se tromper de cible.  Les vrais pédophiles, les pédophiles dangereux risquent de sourire, quand ils constatent que l’on s’en prend à Claude François ou à David Hamilton. Ce dernier, dans de très nombreux entretiens parus dans la presse, l’avait noté, en parlant de Marc Dutroux: « Ce type a tout foutu en l’air ». Il est indéniable que l’affreuse affaire Dutroux, en effet, et sa médiatisation, ont en partie contribué à un dramatique changement d’époque.

Un classique de Milton

Ce qui est insensé, à mes yeux, est de risquer de criminaliser (et de criminaliser systématiquement) toute histoire d’amour entre un homme et une jeune femme.

Un autodafé (Musée du Prado, Madrid)

Les relations entre hommes et hommes (ou entre femmes et femmes) sont aujourd’hui tellement légitimées que les homosexuel(le)s ont obtenu le droit de pouvoir se marier entre eux. Pourtant, tandis que la plupart voire la totalité des barrières s’effondrent, y compris dans le domaine de la science où l’on assiste à des choses et même à des horreurs totalement anti-naturelles, l’unique des barrières qui perdure – et même se consolide – est l’éventuelle relation amoureuse entre un homme et une jeune fille. Pourquoi donc?

Je crains que l’on ne doive assister, dans quelques années,  à des affaires où des individus de sexe masculin, accusés d’abord par les tribunaux médiatiques, seront marqués par une présomption de culpabilité et devront prouver qu’ils n’ont point touché les fesses, trente, quarante ou cinquante ans plus tôt, d’une dame qui les en accusera. Bon courage…

Les prochaines étapes pourraient d’ailleurs être, en France et ailleurs, le retournement de la charge de la preuve, l’imprescriptibilité et la rétroactivité.

L’offensive planétaire  (en cours depuis plusieurs années, désormais) dirigée contre des artistes accusés d’être « pédophiles » risque, hélas, de consentir l’impunité à de vrais pédophiles. La lutte dite « contre la pédophilie », tant qu’elle sera tellement ou exclusivement médiatique, ne fera que renforcer la pédophilie. La vraie.

Ancienne carte postale représentant un autodafé (manifestation de vignerons, à Troyes, vers 1910).
On aimerait espérer qu’aucun écrivain, cent ans plus tard, aucun artiste, aucun intellectuel ne risque un tel sort. Hélas, les affaires David Hamilton (2016) et Gabriel Matzneff (2020) font craindre le pire.

Novlangue: Gabriel Matzneff vit dans un habitation, l’emprise est un mot masculin et Vanessa S. a dû vivre une relation traumatisante avec l’accord du participe passé

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Il est consternant – mais presque drôle! –  de constater qu’en France, où tout le monde emploie désormais des mots grotesques en les mettant au féminin (« auteure », « écrivaine »), en revanche lorsqu’il existe un mot féminin (HLM = habitation à loyer modéré), les journalistes le mettent au masculin. Des dizaines de journaux parlent ainsi « du » (au masculin) HLM de Gabriel Matzneff…

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« Emprise » serait-il devenu un mot masculin?

Etonnantes, de même, les fautes d’accord du participe passé dans les articles consacrés à Vanessa Springora.

Sur des dizaines de sites (vérifiez!), on lit en effet:

« le personnage central du livre « Le Consentement », dans lequel Vanessa Springora raconte l’emprise qu’il a exercé » (SIC!!!)

( https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/affaire-gabriel-matzneff/l-article-a-lire-pour-comprendre-l-affaire-gabriel-matzneff-un-ecrivain-aux-pratiques-pedophiles-assumees_3762443.html )

« La directrice des éditions Julliard raconte dans un livre l’emprise que l’auteur, alors presque quinquagénaire, a exercé » (SIC!)

( https://www.bfmtv.com/culture/vanessa-springora-denonce-une-relation-abusive-sur-fond-de-pedophilie-avec-gabriel-matzneff-1830422.html )

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« Vanessa Springora, écrivaine et éditrice, publie un récit terrifiant sur l’emprise, notamment sexuelle, qu’a exercé (SIC!) sur elle »

 ( http://portail.bouyguestelecom.fr/actu/A-14-ans-sous-l-emprise-de-l-ecrivain-Gabriel-Matzneff-le-consentement-de-Vanessa-Springora-provoque-une-deflagration-1211704/

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L’écrivaine, femme de lettres et auteure aurait-elle vécu une relation traumatisante avec le participe passé, niveau BEPC ?

On lit dans Le Monde, encore aujourd’hui, ces propos de Vanessa Springora au sujet de Gabriel Matzneff:

« Jamais un homme ne m’a regardé (SIC!!!) de cette façon-là », note-t-elle.

 ( https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/10/avec-le-consentement-vanessa-springora-depeint-les-ressorts-de-l-emprise_6025374_3232.html )

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« Springora refuse de se séparer de celui qui l’a changé (SIC!) en « déesse ».

( https://www.bfmtv.com/culture/elle-publiele-consentement-sursa-relation-a-14-ans-avec-gabriel-matzneff-qui-estvanessa-springora-1833330.html  )

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Dérisoire.

Même les voisins de Gabriel Matzneff sont apparemment interrogés par des journalistes. On lit dans Valeurs actuelles:

« Dans l’immeuble, beaucoup décrient [sic!] un « homme normal », « une personne adorable » ou un « homme charmant », mais aussi quelqu’un de souvent absent parce qu’il voyage beaucoup. D’autres voisins – qui ont voulu rester anonymes – concèdent que l’affaire a quelque peu changé leur vision de l’écrivain. « Ça va être difficile de le revoir dans l’immeuble, de le croiser, de faire semblant. » » ( https://www.valeursactuelles.com/societe/le-loyer-derisoire-de-gabriel-matzneff-paris-114893  )

Ridicule.

Même article, pour ainsi dire, dans Capital, où le loyer qui semble « dérisoire » à Valeurs actuelle devient « ridicule » pour Capital.

Profondeurs de la pensée journalistique! C’est sans doute à de telles prodigieuses nuances que l’on voit la grandeur de la déontologie de la presse, et ce qu’est devenu le journalisme aujourd’hui…

( https://www.capital.fr/economie-politique/le-loyer-ridicule-que-verse-gabriel-matzneff-dans-le-quartier-latin-1359368  )

Rappel

Je me permets de signaler aux abonnés de ce blog que s’ils désirent lire mes propres livres, y compris ceux sur David Hamilton, et pour certains d’entre mes ouvrages sous forme de PDF, ils sont priés de m’écrire. Merci.

Lire, merci:

https://wp.me/p89w8Z-543

DUEL FRATRICIDE ITALIEN INÉGAL À LA VIEILLE ACADÉMIE FRANÇOISE

Nous venons d’apprendre l’élection au Fauteuil malchanceux, je veux dire au Fauteuil n° 13 de notre noble Académie (c’est ainsi que les hautes sphères de la Pensée se transmettent le virus du conformisme, par le siège), en remplacement de Simone Veil dite L’Avorteuse par les méchants « réacs », dite La Mauvaise par d’autres dont je suis (la Bonne ayant été l’éminente Simone Weil), et présentement démissionnaire pour cause de déménagement au Panthéon (bien qu’elle ne fût pas déesse de quoi que ce soit), d’un certain Maurizio Serra.

Ma che sera Serra, se demanderont les plus curieux ? Il s’agit d’un ancien diplomate italien et présent écrivain d’une soixantaine d’années (il écrit en italien et en français), biographe et historien essentiellement dans le domaine de la littérature. Il a d’ailleurs reçu le Prix Goncourt de la biographie, et a été lauréat en 2018 du Prix de la Fondation Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son œuvre. Sans oublier qu’il a obtenu – je ne sais quand – le Prix du livre incorrect [sic, eh oui, ça existe!]

 

Chanté par Line Renaud en 1955

Sur 24 présents (on peut supposer que la bonne dizaine d’absents est constituée de gâteux ou de grabataires, voire des deux en un), en cette parodie de démocratie académique où tout est pratiquement joué d’avance, 17 ont voté dès le premier tour pour Serra.

Fort heureusement pour les rigolards, un académicien facétieux (et incorrect lui aussi) a eu la bonne idée d’accorder sa voix à l’autre « rital » candidat, également bilingue (à l’accent savoureux) et fort amoureux de la France, le saltimbanque et poète napolitain, auteur de l’inoubliable Je t’aime le lundi. Je veux nommer Eduardo Pisani dit Edouardo.

 

Qui a dit que les académiciens français n’avaient jamais d’humour ?

Cauchemar des chasses à l’homme médiatiques: l’écrivain G. habite un studio de rêve au 21

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Le titre de cet article de blog est un clin d’oeil au film L’assassin habite au 21. Dans le roman de Stanislas-André Steeman, l’action se déroule à Londres. Pour son adaptation cinématographique (1942), Henri-Georges Clouzot a situé les faits à Paris.

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Il y a réellement quelque chose qui ne va pas, en France. Est-il juste, est-il moral, est-il légal que toute la presse française publie de nouveau, aujourd’hui, l’adresse personnelle de l’écrivain Gabriel Matzneff, un homme de 83 ans, visé par une campagne de presse quasiment (je dis bien: quasiment) sans ampleur?

La presse se lamente: « Un HLM dans le quartier Latin où le mètre carré coûte 10 euros par mois. C’est la situation de rêve que vit actuellement Gabriel Matzneff. L’écrivain octogénaire, accusé de pédophilie, occupe depuis 1994 un logement social de 34 mètres carrés en plein cœur de Paris, dans le quartier Latin (5e arrondissement), selon Le Parisien-Aujourd’hui-en-France« .

La presse, notons-le, ignore que HLM est féminin et que l’on dit : une HLM. Cette même presse appelle « situation de rêve » un… studio de 34 mètres carrés.

Une lecture attentive – et même distraite – des gazettes vous apprendra en tout cas dans quelle ville vit Gabriel Matzneff (Paris), dans quel arrondissement (le 5e) et, mieux encore,  à quel étage. Avec description: «au premier étage avec vue sur rue et une petite cour silencieuse et pavée».

Ces renseignements servent à quoi? A qui? Aux chasseurs d’autographes?

Vous apprendrez en outre que ce lieu « de rêve » est géré par le bailleur social Elogie-Siemp. Et combien Gabriel Matzneff paierait:  348 euros par mois. 10 euros le m² sans les charges.

Or, continue la presse, « ce même studio de 34 m² pourrait être loué aujourd’hui jusqu’à 583 euros (hors charges) ».

Le Figaro précise: « Ce loyer de 10 euros le m² a de quoi irriter les locataires qui paient actuellement plus de 31 euros par m², la moyenne pratiquée dans le 5e arrondissement de Paris, selon le site d’estimation immobilière Meilleurs Agents. Un logement privé de 34 m² se loue ainsi autour de 1000 euros par mois (hors charges) ».

Tout cela pour finir par une perle: « Bien que son attribution soit légale, la mairie voudrait voir partir Gabriel Matzneff. Mais c’est loin d’être simple ».

Extraordinaire: la Mairie de Paris dit que cette attribution est légale. Et pourtant, elle voudrait se débarrasser de ce locataire octogénaire (qui n’a jamais été condamné à quoi que ce soit, et été blanchi dans l’Affaire du Coral).

D’ailleurs, qu’il ait été condamné ou pas et pour quelque motif que ce soit, pourrait-on donc jeter sur le trottoir, en France, quelque homme que ce soit ?  Ici, un homme de 83 ans?

Ou quelqu’un estime-t-il peut-être que « 34 mètres carrés de rêve », c’est trop, et qu’il vaudrait mieux le condamner à croupir dans une cellule (de combien, trois mètres carrés?), au pain et à l’eau?

Campagne de presse nationale et internationale, diffusion de l’adresse d’une personne, et insultes et menaces sur les réseaux sociaux. Cela pourrait déboucher sur un drame.

Espérons que les « 34 mètres carrés de rêve » ne finissent pas en cauchemar.

Cessons de plaisanter: en octobre et novembre 2016, la presse a largement indiqué l’adresse personnelle  de David Hamilton, rappelons-le.

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A relire le tout premier article paru, sur Internet, au sujet de l’affaire de l’écrivain G. et de la non écrivain V. : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/10/30/apres-laffaire-david-hamilton-le-lynchage-mediatique-de-lecrivain-g-est-il-imminent/

Et puis, rappel:

https://wp.me/p89w8Z-543

LA MORT DU PÈRE … QUEL MANQUE D’ÉLÉGANCE !

L’auto-actualité médiatique – celle que les media se créent entre eux pour se glorifier et présentement se « purifier », mais plus bassement pour entretenir au mieux leur fond de commerce de produits bas de gamme toujours plus contestés et en déclin ; tout en confortant l’idéologie dominante, le politiquement correct du moment, ou le moralement convenable ou convenant du jour – me fait immanquablement penser à ce que disait Céline sur la fRance au sortir de la Seconde Guerre dans sa fameuse lettre (fameuse du moins pour les céliniens) à Milton Hindus du 11 juin 1947 :

Mais la France est folle en ce moment, vous le savez ; ivre de haines politiques ; ces crises sont habituelles dans son histoire. La France a d’ailleurs toujours très maltraité les écrivains (les Grecs de même !). Il a presque fallu qu’ils échappent tous au bourreau — un moment ou l’autre — la France et les Français ne méritent pas leurs écrivains dont ils tirent grande gloire ou gloriole! L’histoire littéraire française est une histoire de persécutions perpétuelles ; les prétextes sont innombrables.

Réalité si bien dénoncée dans tout son courrier de l’époque par notre Bardamu, mais aussi par des personnages comme Albert Paraz (sa trilogie Le Gala des vaches, Valsez saucisses et Le Menuet des haricots est, de nos jours encore, un régal d’impertinence et de lucidité, un manuel d’anti-conformisme salutaire) et comme Roger Puthoste plus connu sous les pseudonymes – parmi d’autres – d’André Thérive et de Romain Motier, ce dernier étant celui de sa trilogie, à lui : Traité de la délation, Traité de l’intolérance, et Essai sur les trahisons (ouvrages eux aussi parfaitement actuels, trop actuels).

La meute unifiée des media affamés de sang, s’est donc lancée à corps perdu à la poursuite de Matzneff (après l’avoir encensé pour la plupart autrefois), dans un esprit de croisade sidérant, et de chasse aux mécréants, sans nuance, uniquement à charge, dans un gargouillis nauséeux de retournements de vestes, et de total oubli de son propre passé. Serait-ce ce que l’on appelle des mémoires traumatisées ? La marque attendue de traumatismes mémoriels ? D’esprits martyrisés ?

L’hallali semblait proche quand le méchant et mauvais père, haï, de l’accusatrice a eu l’outrecuidance de défunter. Manquerait plus qu’il se soit suicidé, ou qu’il soit mort d’émotion, d’une crise cardiaque, à la lecture de l’œuvre de sa fille. Ou « plus pire » : mort non pas de honte ou de déshonneur, mais juste exprès pour enquiquiner sa fille. C’est qu’il y en a des tordus sur Terre…

« Drame », « terrible nouvelle », ou mots similaires titrent les gazettes. En effet : quel est ce mal-élevé (voir ce qu’en dit sa fille) qui a le mauvais goût, la mesquinerie, alors que l’agenda du scandale était déjà tout ordonné au mieux dans les officines de la décadence, de disparaître ? Comme un lâche ; tiens ! un peu comme David Hamilton.

Enfin, pour moi j’appelle ça une jolie claque à ce grouillot (tant mâle que femelle) de catins vieillissantes et sans pratique, devenues pieuses et grenouilles de bénitier sur le tard. Effet collatéral d’un « progressisme » assez minable, en déroute ; et donc prêt à tout.

Damien Viguier – Sur l’affaire Matzneff

Reprise d’un article de Damien Viguier, avocat, publié le dimanche 5 janvier sur le site d’E&R

Weinstein, Epstein, Polanski, Matzneff, Hamilton, Claude François, cet emballement mondial contre l’amour des jeunes filles est décidément suspect.

Si on laisse considérer qu’être attiré par une jeune fille est de la pédophilie, étant donné que le mot pédophilie évoque une perversion, tout homme normal sera bientôt considéré comme malade et criminel, car il est normal pour un homme de préférer une jeune fille à une femme plus ou moins vieille. Ceux qui le nient sont des castrats, d’authentiques pervers ou des hypocrites.

En outre, cette confusion des genres crée un dangereux continuum entre la petite fille et la jeune femme. La pédophilie vraie au sens psychiatrique et juridique en ressort comme blanchie. Aucune société n’a jamais accepté que les enfants aient des rapports sexuels, et surtout pas avec des adultes. La psychanalyse a brouillé les cartes et l’École de Francfort a pu se lancer dans le nihilisme. C’est hors de cause.

Qui trouve de l’intérêt à criminaliser la relation d’un homme avec une jeune femme qui peut avoir quatorze ou quinze ans ? J’espère que ce ne sont tout de même pas des femmes mûres qui, jalouses et castratrices, craignent la concurrence des nouvelles générations ! Alors qui y perd vraiment ? Certainement les sociétés normales qui marient les filles dès la puberté ou à peine après. Mais il y a plus encore à creuser.

Aux dissidents sérieux, à ceux que le salut de la nation ou que le salut des âmes tourmentent, à ceux même qui rêvent d’un salut social, je demande s’il ne vaudrait pas mieux réfléchir un peu à la barrière entre les sexes identiques, à celle entre le national et l’étranger ou encore au sein d’une même nation aux barrières entre les classes et les religions, plutôt que de contribuer à ériger des barrières contre nature et inhumaines.

Et curieusement il y a encore d’autres barrières, bien plus fondamentales encore que celles que je viens d’évoquer, aussi fondamentales que celle entre adulte et enfant. C’est la barrière du mariage et c’est la barrière de l’inceste. Quelle âme courageuse lutte encore de nos jours contre les relations hors mariage ? Ces médias et ces politiciens qui s’érigent en chasseurs de pédophiles sont les premiers à prôner la liberté sexuelle dès le plus jeune âge et hors mariage. L’adultère n’est plus du tout sanctionné. Par contre, il pèse aujourd’hui sur le mari une présomption de violence sur sa femme. Ce sera au mari, accusé devant le jury de l’Opinion manipulée, de prouver qu’il n’a pas violé et qu’il n’a pas tué.

La campagne contre le féminicide prend tout son sens si on la rapproche de cette soudaine offensive contre les pseudo-pédophiles. Et quant à l’inceste… Qui aurait encore aujourd’hui le courage de dénoncer nos lois, notre code civil qui permet quasiment tous les incestes, et la généralisation du risque que les PMA et les GPA entraînent ?

Dans le fond, c’est toujours la même logique qui est à l’œuvre. Logique de négation de toutes frontières. Que ce soit entre les États, entre les sexes, entre les sexualités ou entre les âges. Car la lutte médiatique contre la pédophilie ne vise jamais que le rapport avec la jeune fille, elle tend donc bien à nier la frontière sacrée entre l’enfant et l’adulte. Et ainsi ce sont les adversaires de la pédophilie qui fournissent les troupes de la subversion généralisée.

Damien Viguier.

Une jeune femme de lettres, ayant perdu son père, a annulé sa présence dans une émission de grosse épicerie pseudo-littéraire

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Vanessa Springora est parfois définie comme une « jeune femme », ce qui me laisse songeur puisqu’elle a bientôt 48 ans et que Matzneff en avait 49 lors du début de leur liaison (de lui, on parle comme d’un « vieux »).

Vanessa Springora est parfois définie, aussi, comme une « femme de lettres », ce qui ne semble même pas de l’humour involontaire sous la plume de ses admirateurs, mais me laisse songeur aussi. Cependant, la question n’est pas là.

La question est qu’hier, avant « La Grande Librairie », une émission de grosse épicerie dite « littéraire », la jeune femme de lettres aurait (selon ce que je lis dans la presse) perdu son père.

Au-delà de cette triste nouvelle, car la mort est toujours une triste nouvelle, on ne sait pas vraiment qui est le monsieur décédé.

Il semble que Vanessa Springora ait été surprise par ce décès, qu’elle aurait appris cinq minutes avant le début de l’émission de téloche.

Si les mots ont encore un sens, son père est l’auteur de ses jours, c’est-à-dire l’homme qui lui a donné biologiquement naissance.

Mais vu la façon dont il est dépeint dans Le consentement, et vu que selon Vanessa Springora il avait « disparu de sa vie » depuis des décennies, comment veut-on concilier ce qui précède avec les mots qu’emploie la presse (« drame », « terrible nouvelle ») et avec l’annulation d’une émission?

Pour l’heure, on ne sait toujours pas de quoi précisément est morte cette personne.

Voilà donc un mort dont toute la presse parle, mais sans rien en dire puisque le grand public ignore toujours son nom, son prénom, et surtout les causes de cette disparition survenue – simple coïncidence? – juste au moment de la parution d’un livre où sa fille parle de lui comme d’un père indigne, absent, violent, misogyne et grossier.

La parution de La Consolation de Flavie Flament avait été suivie, environ un mois plus tard, par le suicide présumé de David Hamilton. On ne voudrait pas apprendre qu’en marge de la sortie du Consentement il y ait eu, ici aussi, un suicide.

Après Joseph K., Gabriel M. ?

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Selon la presse (quasiment tous les journaux, comme d’habitude, se recopient les uns les autres), non seulement Gabriel Matzneff n’a plus aucun éditeur, non seulement il ne collaborera plus au Point, mais il aurait été « cité à comparaître » devant le tribunal de Paris. Une citation à comparaître devrait lui être délivrée en mains propres (même si, à en croire ce qu’a écrit Roland Jaccard sur son blog, Matzneff ne se trouverait pas en France, à cette heure).

Pourtant, une date d’audience aurait d’ores et déjà été fixée. De telle sorte que Gabriel Matzneff comparaîtrait « le 12 février à 13h30 » devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « apologie de crime » et « provocation à commettre des délits et des crimes ».

La citation directe serait une initiative de l’association « L’Ange Bleu », soucieuse – toujours selon la presse – que l’écrivain « s’explique devant la justice rapidement ».

« Les livres de Gabriel Matzneff et notamment celui intitulé Les moins de 16 ans sont un mode d’emploi pour les pédophiles », affirme Latifa Bennari, présidente de L’Ange Bleu. « J’ai rencontré tellement de pédophiles qui se sont sentis légitimés par les ouvrages de Matzneff ou ceux de Tony Duvert que j’ai voulu saisir la justice. »

Déjà, ici, pas mal de questions se posent. Pourquoi ne pas imaginer que des assassins, demain, ne déclarent s’être sentis « légitimés » parce que François Villon (par exemple) fut un assassin? Quelle pourrait être la responsabilité d’André Breton si un passant vous rencontre sur un trottoir et vous tire une balle dans la tête?

Que Gabriel Matzneff soit jugé, selon la loi, et à supposer que les délais de prescription le permettent, pourquoi pas? Qu’il soit condamné, à supposer qu’il soit reconnu coupable de quelque chose, pourquoi pas? Mais qu’est-ce que Tony Duvert (décédé en 2008) vient faire là-dedans? Qu’est-ce qui permet d’établir un lien entre un individu et un livre qu’il dit avoir lu?

En tout cas, la citation directe pourrait consentir à l’association « L’Ange bleu » de conduire directement Gabriel Matzneff devant ce tribunal. Une enquête, en revanche, pourrait s’avérer aussi longue qu’incertaine.

« Chacun de ses ouvrages fait l’apologie de ses pratiques pédophiles », poursuit Latifa Bennari (toujours citée par la presse). « Chaque livre est un aveu ! »

Chaque livre, un « aveu »? C’est ce procès à la littérature, c’est cette conception de la littérature qui nous choque. Si Gabriel Matzneff venait à être condamné non point pour des faits concrets et établis, mais pour des récits romanesques (voire même pour des récits de son journal intime), plus guère aucun écrivain n’aurait plus le droit d’écrire quoi que ce soit. Combien d’auteurs de journaux intimes n’ont-ils pas cherché à transcender leur expérience? Voire à l’inventer?  L’art du diariste est toujours une littérarisation de son existence. Un auteur de romans policiers pourrait-il être condamné pour avoir décrit une attaque à main armée? Un auteur de littérature érotique pourrait-il être condamné ou inquiété pour avoir écrit, peut-être à la première personne, de simples fantasmes?

La justice devrait considérer une évidence: les faits sont prescrits. Or, la « citation directe » de cette association espère trouver un fondement juridique dans l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 (qui prévoit un délai de prescription de trois mois). En 2014, déjà, une autre demande de citation directe (venant d’une autre association, appelée celle-là « Innocence en danger ») avait été rejetée. Tout s’était conclu par un classement sans suite.

« Les livres de Matzneff sont sortis il y a plus de trois mois », est obligée de reconnaître Mehana Mouhou, avocat de L’Ange Bleu. « Mais il a publié dans L’Express une lettre ouverte le 2 janvier dans laquelle il n’y a pas de déni, dans laquelle il présente sa relation avec Vanessa Springora comme un amour passionné. Cela suffit à caractériser les faits d’apologie de crime pédophile. »

II y a ici quelque chose d’assez extraordinaire. Un homme, Gabriel Matzneff, est attaqué par l’ensemble (pour ainsi dire) de la presse française et internationale (c’est le cas en Italie). Cet homme, dont j’ignore s’il est coupable de quelque chose mais dont je sais que la loi française lui garantit une présomption d’innocence, se défend au moyen d’un texte envoyé à un journal (L’Express). Mais c’est ce texte qui serait le prétexte à cette « citation directe ».

En d’autres termes, plus aucune personne se trouvant accusée par les « tribunaux médiatiques », ou par les meutes anonymes des « réseaux sociaux », ne pourrait se défendre de quoi que ce soit. Si quelqu’un garde le silence, l’opinion publique dira: « Vous voyez, il ne répond pas. Il se tait. Il est coupable. » Mais si ce même quelqu’un répond, il sera l’objet de « citations directes »… Kafkaïen, non?

Le 12 février 2020, la première audience – à supposer qu’elle ait lieu – devrait être consacrée à des questions de procédure. Un homme de 83 ans, seul, privé d’éditeurs, désormais lâché par la plupart de ses faux amis (souvent des écrivains, pour ne pas dire des écrivaillons, qui ont bâti leur petite carrière à l’ombre de Matzneff), serait attendu à un tribunal où l’on imagine déjà, dès l’aube, l’attente des journalistes, les reporters avec leur caméra sur l’épaule, les flashes des photographes, … et pourquoi pas des manifestants?

Tout cela se poursuivrait sans doute par un certain nombre d’autres audiences avant que ne soient abordées – si elles le sont jamais – les questions principales. En songeant que Gabriel Matzneff, qui a 83 ans, pourrait dit-on encourir une peine de cinq ans de prison (sans parler de 45.000 euros d’amende).

Je me demande combien de gens, dans la situation que doit affronter Gabriel Matzneff, ne se suicideraient pas.

Comment ne pas songer aussi à David Hamilton, dont le corps a été retrouvé encore agonisant, « suicidé » selon la version officielle – suicide qui a pourtant consenti à certains de ses propres accusateurs d’y « voir » un « aveu de culpabilité »…?

Dans Le Procès de Kafka,  le héros se réveille un matin et, pour une raison obscure, est arrêté et soumis aux rigueurs de la justice. Son cauchemar commence.  Et finit sous les coups d’un couteau de boucher. On connaît les derniers mots de K.: « Comme un chien, dit-il, comme si la honte dût lui survivre ».

De Joseph K., nul n’a jamais su le nom de famille.

Contrairement à « l’écrivain G. », voire « G.M. », dans Le consentement de Vanessa Springora.

À PROPOS DE L’AFFAIRE SPRINGORA

L’éternel retour des déboires éditoriaux de Lolita ?

Dérision des propres excès de la propagande, misère (morale, sociale, sexuelle…) d’une société française à l’agonie, constituée d’un nombre non négligeable de franchouillards qui sont des veaux dévots et par là même occasion autant de justiciers auto-proclamés et de lâches anonymes ; mais aussi retour de flamme juste et salutaire d’une publicité éditoriale dérisoire, retoquée par l’Esprit : voici donc Matzneff et Springora, l’Ombre et la Lumière (les gazettes), en concurrence sur les rayons « best-sellers » des bouquinistes internétaux tant amateurs que professionnels.

Que cela ne tienne ! Une des principales officines de vente d’Internet (déjà fort peu encline à respecter les lois dans le domaine des impôts ou du droit du travail, mais laissée plus ou moins impunie car yankee), non contente d’une campagne de diffamation médiatique généralisée, qui semble tourner au moins en partie en jus de boudin, se lance maintenant dans la censure pure et simple (le retrait des ventes des exemplaires d’un « mauvais livre » ; ne reste plus qu’à les brûler). Censure très stalinienne ou plus précisément très maccarthyste, car cela correspond parfaitement à l’hypocrisie moraliste de type nord-américain (si prompte par ailleurs à semer le malheur dans le monde entier).

Dans le même temps, la Justice totalement débordée comme lors de l’affaire Flament, non contente de laisser la diffamation, les menaces contre Matzneff aller son train, lui cherche maintenant des poux dans ou, si vous préférez, sur la tête qu’il a pourtant chauve depuis si longtemps. Alors même que Vanessa Springora n’a aucunement envie d’ester en justice contre son ogre. Elle a laissé suffisamment de temps passer pour que tout fût prescrit. Et puis porter plainte à quel motif ? quand on reconnaît avoir connu une grande passion avec un homme, fût-il très largement son aîné. Et très probablement son premier amour avec celui qu’elle décrie maintenant.

On croyait être sorti définitivement d’un certain obscurantisme nord-américain des années d’après-guerre. Or, il n’en est rien ! C’est le progrès des néo-cons qui, après avoir adulé ou avoir été les promoteurs de tous les excès, se font nouveaux prêcheurs de morale à l’encontre des pêcheurs du commun. Ceci à l’heure où la pornographie et toutes les déviances autrement dégradantes pour les deux sexes sont étalées à peu près partout dans le monde des media. Et ceci à l’heure où n’importe quel mineur peut naviguer sur la toile à sa guise ou, qui sait, pour les rares non-illettrés se procurer librement les ouvrages de Sade en livre de poche.

Que l’on me comprenne : je ne suis pas en train de dire que l’on devrait réprimer plus, étant pour la triple liberté d’expression, d’édition et de diffusion intégrale. Je veux simplement dire deux choses : 1 – Qu’il y a un âge à tout (et malheureusement en ce domaine le laxisme vient tout autant d’en haut que d’en bas). Et 2 – que le dernier scandale en date, symptomatique d’une caste « hors-sol » (tout ce petit monde « consanguin » des médiateux au sens le plus large) est totalement disproportionné et pour ne pas dire grotesque, abyssalement minable. Et plus encore : hors sujet.

Une campagne de propagande médiatique à côté de la plaque ?

En effet, le livre de Springora est tout farci de freudisme primaire, de reconstruction, de psychothérapie et de « cure de la parole ». Papa a quitté maman ; « depuis qu’il a disparu, je cherche désespérément à accrocher le regard des hommes » écrit-t-elle, comme s’il y avait un rapport évident de cause à effet. Le Figaro précise : « la jeune fille est totalement éprise ; elle s’insurge contre ceux qui ne partage pas son enthousiasme. Pourquoi une fille de quatorze ans n’aurait pas le droit d’aimer qui elle veut, s’interroge-t-elle. « Jamais je n’accepterais d’être séparée de lui. Plutôt mourir. » » Puis le coup de foudre passé, et les mystères de l’ Amour dévoilés, elle a décidé de ne plus revoir le vilain bonhomme qui, lui, s’accrochait encore à elle. Mais alors où se situe le problème ? La réponse pourrait être formulée ainsi : l’Ogre (le surnom de Gabriel Matzneff dans Le Consentement, le livre de Vanessa) n’était qu’un chasseur de chair fraîche ! Et elle voulait demeurer l’Unique et sa Propriété.

« Notre histoire était pourtant unique, et sublime » écrit-elle dans son livre en corrigeant aussitôt ainsi : « Notre passion extraordinaire aurait été sublime, c’est vrai, si j’avais été celle qui l’avait poussé à enfreindre la loi par amour, si au lieu de ça G. n’avait pas rejoué cette histoire cent fois tout au long de sa vie. »

(voir « Le Consentement » : euh, consentiras-tu, ô Sigismund Schlomo Freud, à sortir de ce corps ?, article paru le 1er janvier courant sur le blog en défensededavidhamilton : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/01/01/le-consentement-euh-consentiras-tu-o-sigismund-schlomo-freud-a-sortir-de-ce-corps/

J’en conclus donc qu’il peut y avoir des passions insincères et uniquement et obsessionnellement collectionneuses. Et que dans ce cas, cela ne s’appelle plus de l‘amour ; mais disons du désir animal, du sexe sans plus. Ou si l’on préfère que l’amour, l’amour vrai se doit d’être fidèle et unique. Bien piètre attaque finalement qui reste à l’intérieur du convenu. J’ai donc du mal à y voir une attaque contre ladite pédophilie.

Et donc l’histoire en serait restée là – émotions et nouveautés passées, mortes et enterrées… – si Springora n’avait pas eu l’impression très rapidement d’avoir eu affaire à une sorte de mufle, un pseudo-romantique, qu’elle transforme aujourd’hui à loisir (en prose de circonstance) en pédophile. C’est pourquoi son livre qui n’est certes pas un nouveau roman d’éducation, n’est qu’un vulgaire « roman autobiographique » de reniement et de dénigrement, où le « héros » masculin, de vieil amant chéri, est devenu simple et unique prédateur. Au mieux pourrait-on parler d’un roman d’amour d’adolescente bernée qui depuis a attendu son heure (l’heure de la chasse des pédophiles ou jugés tels, au sein de la classe médiatique privilégiée à laquelle elle appartient) pour en tirer partie, avantage publicitaire et… vengeance.

Je dirais même vengeance mesquine contre Matzneff et ses parents, contre sa mère en particulier, mais pas contre ce qu’elle fut elle-même alors – « enfant ni pure, ni innocente  entachée de désirs amoureux » pour le dire avec les mots de la morale courante. C’est Vanessa qui l’explique en long et en large. Tout cela paraît fort ambigu ; ambiguë comme sait l’être la femme parfois, vue du côté des hommes. Et hors-sujet. Juste mauvais prétexte. Car de qui se plaint Vanessa : sinon d’un mâle (sans doute manipulateur, mais c’est un autre sujet) qui l’a rendue amoureuse et n’avait aucunement l’intention de passer sa vie avec elle. D’avoir été trompée, naïve, sur la marchandise, mais aucunement d’avoir été « détournée » en tant que mineure puisqu’elle entendait assumer alors pleinement sa situation, n’écoutant qu’elle.

J’ai déjà dit ce que je pensais des vengeances anti-hamiltoniennes des prédécesseurs féminins de Vanessa Springora. J’ai déjà évoqué la place occupée par les déceptions diverses des accusatrices de David Hamilton. On nage, ici aussi, dans les mêmes eaux saumâtres. J’ai l’impression de découvrir en ces occasions quelque trait singulier de l’esprit humain – et féminin en particulier – qui a du mal à faire un choix clair et net finalement. L’ambiguïté que je viens d’évoquer. Quel est l’homme qui ne l’a jamais ressentie ?

Vanessa nous parle d’histoire d’ « amour … sublime » tout en dénigrant l’Ogre ; Flavie nous dénigre son vieux prétendu violeur tout en exhibant sur Internet les photos d’elle prises par lui. Après avoir vécu quelques années avec David Hamilton Élodie l’accuse inlassablement de viol (Savez-vous que des études forts sérieuses ont conclu que le fantasme de viol occupait une place non négligeable dans les esprits féminins?) Tandis que d’autres ex-jeunes-femmes, actrices vieillissantes et passées de mode, et aux cachets également vieillissants, viennent cracher dans leur propre soupe en condamnant la « promotion canapé » qu’elles ont parfaitement acceptée en leur temps.

Il y a un côté bas en tout ça et diabolique. Diabolisme féminin, cela dit d’une toute autre teneur que celle que Jules Barbey d’Aurevilly évoque dans La vengeance d’une femme qui va à rebours des bonnes mœurs en se livrant en holocauste à la prostitution, et à la pourriture syphilitique mortelle, en voulant élever le scandale au niveau d’une pyramide de fumier. Mais n’est pas la duchesse d’Arcos de Sierra-Leone qui veut…

Amour et haine, la vengeance des femmes, comme celle des êtres humains en général, gérontophobe (comme on est arachnophobe) adore s’en prendre aux vieillards hors-jeu, aux vieux à déambulateur comme Weinstein. Tout y est hors-contexte et l’on voit, comme ici, la justice minuscule inquiéter même certains au-delà des délais de prescription. C’est minable, d’autant plus minable que dans un tas d’affaires de sexe, c’est parole contre parole, avec l’avantage laissé à l’accusation, surtout en ce moment, s’il s’agit d’une femme. D’autant, qu’avec les années, les faits, les témoins, les preuves, les indices, les protagonistes ne sont plus là ou plus les mêmes.

Avant de clore, je voudrais poser une question, ou plutôt un ensemble de questions :

Pourquoi Vanessa après Flavie ? Pour cela la réponse est évidente : tout le poids du quatrième pouvoir : celui du monde médiatique au sens le plus large qui contient aussi bien la radio que la télévision, la presse, le cinéma, la publicité, etc. conglomérat tenu, bien tenu (enfin « mal tenu » à mon goût) par la finance (sans oublier les politiciens étatiques du moment).

Et pourquoi Gabriel après David ? Pourquoi un écrivain après un photographe, pourquoi un « reste » de russe blanc orthodoxe après un « reste » de dandy british anachronique, plutôt que Pierre, Paul ou Jacques – politiciens bien connus par exemple, aux renommées autrement sulfureuses ? Est-ce uniquement le hasard qui joue, une simple affaire de circonstances ? Une question de goût et de préférence ?

Roland Jaccard, une girouette? Non, un fidèle!

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Voici deux critiques littéraires de Roland Jaccard, exhumées du temps lointain de ma jeunesse. En 1979, à Marly-le-Roi, je lisais en effet dans Le Monde les articles de… Gabriel Matzneff et de Roland Jaccard. Sans vraiment imaginer alors que beaucoup plus tard, à la fin des années 2010, Roland Jaccard préfacerait un de mes livres et en recenserait d’autres.

Chose encore plus étonnante, peut-être, un de ces articles est daté du 31 août 1979, jour qui fut d’une certaine façon le plus important de l’histoire d’amour que j’ai racontée dans mon roman Voyage en Arromanches.

On dit parfois que Roland Jaccard serait une « girouette », parce qu’il est passé du Monde à Causeur. C’est complètement faux.  Roland Jaccard n’a pas changé.

Voici deux de ses articles, l’un du 31 août 1979 (page 2) et l’autre – celui sur Tony Duvert – du 14 novembre 1980.

« Lolita, adolescente ensorceleuse aux charmes équivoques et au regard canaille décrite par Nabokov, peinte par Balthus, photographiée par Hamilton et convoitée par la plupart des hommes » (Roland Jaccard, in Le Monde, 31 août 1979)

A lire

Roland Jaccard:

https://www.roland-jaccard.com/2016/04/20/la-difference-dage-scandale-ou-defi/

Un si joli article:

https://lecourrierplus.fr/les-dessous-chics/litterature/jaccard-le-grand-suisse/

Par ailleurs, voir le fonds Roland Jaccard :

https://ead.nb.admin.ch/html/jaccard_C.html

OLIVIER MATHIEU

La petite

Chanté par France Gall et Maurice Biraud

Musique et paroles de Guy Magenta, Robert Gall (le papa de France) et Mya Smille

Février 1967

 

 

Le chef-d’oeuvre springorien en tête des ventes sur Amazon, juste derrière un calendrier aimanté à poser sur son réfrigérateur (la presse)

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Quelle curieuse époque…

« Le Consentement » (Grasset), le bouquin de Vanessa Springora, est paraît-il « un très grand succès de librairie » et même, lit-on dans la presse, « en tête des ventes de livres sur le site d’Amazon, juste derrière un organiseur familial et un calendrier aimantés à poser sur son réfrigérateur ».

Nouveau motif de « scandale », toujours selon la presse, les ventes des livres de Matzneff iraient mieux, sur les sites de vente. Ainsi « L’Amante de l’Arsenal » (Gallimard), le dernier volume en date de son journal intime sorti en novembre 2019, se classerait au 3485e rang (imaginez un peu!) des « meilleures ventes de livres » sur le site d’Amazon.

La presse est terrorisée: « Si cette tendance se poursuit, Gabriel Matzneff va mieux vendre le 15e volume de son journal que le 14e volume, qui avait péniblement atteint les 1000 exemplaires vendus ».

On voit la dangerosité (je plaisante) d’un auteur qui vend ses livres à moins de mille exemplaires et dont un ouvrage se situe au 3485e rang des « meilleures ventes de livres » sur le site d’Amazon. Ventes entre particuliers et qui, par conséquent, ne rapportent rien à l’auteur.

Le livre « Les moins de seize ans », introuvable, se classerait même depuis quelques jours parmi les trois cents ouvrages numériques les plus vendus dans la boutique Kindle d’Amazon France. Résultat? Ecoutez bien…

Amazon a décidé de le retirer de son site.
« Il s’agit d’une initiative d’Amazon de le retirer du site », aurait déclaré la direction. Il y a ici de l’extraordinaire. Nous vivons donc désormais dans une société où une entreprise comme Amazon prend unilatéralement le droit de retirer un livre qui n’est… pas interdit à la vente! Bref, une société où Amazon se substitue à toute éventuelle décision de justice.

Le livre « Les moins de seize ans » (première édition publiée en 1974 chez Fayard, dans une collection alors dirigée par Jacques Chancel), je l’ai souvent dit, ne me convainc pas quand il parle de petits garçons. Je le répète.

Ce qui me convainc encore moins, c’est l’interdiction de livres, y compris des livres dont je ne partage pas tout ou partie de ce qui y est dit.

Comment Amazon (ou des entreprises de ce genre) peuvent-elles interdire des livres, c’est-à-dire interdire à leurs propres clients, à des citoyens de pays démocratiques de mettre en vente des ouvrages qui n’ont jamais été visés par une interdiction de la part de la justice?

Matzneff est – sous les yeux de tous – la cible d’une campagne de presse, Matzneff est désigné comme « prédateur » ou « ogre » par Vanessa Springora et ces termes sont repris par pratiquement toute la presse unanime, Matzneff est privé d’aide publique, Matzneff ne collabore plus au Point, une enquête a été ouverte contre lui au-delà des délais de prescription, ses livres (qui ne se vendaient déjà plus depuis longtemps) sont interdits même sur les sites de vente par correspondance entre particuliers (comme Amazon), sa photo et pour ainsi dire son adresse sont dans tous les journaux (il ne manque qu’à y ajouter le sinistre mot « Wanted »), la Ville de Paris va peut-être contester son logement, on va peut-être lui retirer ses décorations, ou pourquoi pas ses prix littéraires (et, en tout cas, il y a ou il y aura des demandes en ce sens).

La question est: est-ce la justice qui rend encore la justice, en France?

Ou alors est-ce que ce sont des livres qui disent le droit? Des livres (parfois présentés comme « romans ») où l’on entend la version d’une accusatrice, version qui semble considérée comme « vérité révélée » et dogme intangible.

David Hamilton, à 83 ans, a mal fini.

Et que se passerait-il si, un jour ou l’autre, des « justiciers » décidaient de s’en prendre à un vieillard?

QUELQUES REMARQUES À PROPOS DU MOT « VENGEANCE » ET DE L’AFFAIRE SPRINGORA

Sur son blog, dans un billet daté du 30 décembre 2019 et titré « Blanches colombes et vilains messieurs », Roland Jaccard écrit :

« Les éducations sentimentales en littérature sont souvent émouvantes. Celle de Vanessa Springora a un parfum de revanche qui lui enlève tout charme. Elle colle si parfaitement à l’esprit du temps, comme Flavie Flament avec David Hamilton, qu’on éprouve presque un sentiment de nausée face à ces règlements de compte qui surviennent trop tardivement pour être vraiment crédibles, même s’il est vrai que la vengeance est un plat qui se mange froid. »

On ne saurait mieux dire sauf à définir plus précisément ce qu’il faut entendre par « vengeance ». J’ai déjà essayé, dans plusieurs articles de ce blog, de définir la «vengeance sur la vie» que Poupette Lecanu a fait bien mal exorciser en la reportant sur David Hamilton, véritable bouc émissaire. Mais aussi sur sa propre mère, comme le fait Valessa Springora, en une sorte de «complexe d’œdipe» inversé si je puis dire. Œdipe est tout amour pour sa mère tandis que ces femmes-ci sont toute haine.

Chez la fille Lecanu, la vengeance fut pitoyable quant aux conséquences.

Partie d’une déprime transformée par ses gourous en phénomène de « mémoire traumatique » qui en psychiatrie sérieuse relève du délire de certains psychothérapeutes (j’ai cru comprendre que Roland Jaccard, qui a bien plus de connaissances que moi en ce domaine, ne dirait pas le contraire), passée par la diffamation médiatique généralisée, unanimiste et totalitaire, illégale, sa « vengeance » (alors même, qu’aujourd’hui encore, elle ressort apparemment fièrement, des photographies d’elle prises par le « vilain bonhomme »), sa « vengeance » donc, s’est achevée par l’assassinat de David Hamilton.

Personnellement, l’ordonnancement des faits passés, mais aussi les présentes réactions populacières de certains (agressions à l’encontre de Gabriel Matzneff qui a été obligé de s’exiler et qui par ailleurs a mis son blog aux « abonnés absents », mais aussi menaces de mauvais traitements ou de mort de la part d’anonymes à l’encontre de certains soutiens de Matzneff sur Internet) me conforte totalement dans cette idée d’assassinat. Alors même que la Justice, prompte à enquêter sur Matzneff « post-festum », semble totalement rétive à enquêter sur le « suicide » de David Hamilton.

Pour ce qui est de Vanessa Springora, par contre, j’ignore de quoi elle a voulu se « venger » précisément. Mais je constate que son prurit agressif à l’encontre de Matzneff « colle si parfaitement à l’esprit du temps » comme le dit justement Roland Jaccard, qu’il en perd intrinsèquement, toute valeur, tout intérêt.

D’ailleurs, je ne connais pas beaucoup, dans la grande littérature, de livre qui ait eu pour objet de faire la critique ad hominen, d’abattre mesquinement (Ô Femme!) un vieillard dont on commencerait à ranger son œuvre parmi la littérature du passé, qui plus est sur les rayons infernaux de la Bibliothèque nationale, en compagnie des immoraux et amoraux des siècles morts (aux livres non encore crématoriés, mais cela viendra peut-être un jour, au train où va une certaine hystérie misandre « féministe »).

Pour certaines femmes, celles du paraître et du petit monde germanopratin, il peut être particulièrement dur ou délicat d’aborder un autre pan de leur vie, la quarantaine entamée. Une revanche est à prendre sur la chair qui vieillit, sur les rides naissantes, sur quelque relent de cellulite. Le meilleur moyen de se venger du temps à tout jamais perdu est encore d’en rendre responsables les mâles. En particulier les premiers qui ont aimé ou usé leurs charmes naissants. 

Les loups et les louves qui hurlent grégairement, lâchement, de concert, et en tous domaines, n’ont jamais reçu mon agrément. Surtout comme ici, où les chefs et cheftaines de la meute anonyme, qui abaissent le sens commun (la dite « opinion publique »), cachetonnent à la caste médiatique au sens le plus large. Ce qui est le cas depuis le « mitou » ; au cinéma, à la radio-télévision comme pour Flament, ou dans l’édition comme pour Springora.

Au monde spectaculaire-marchand, le scandale est devenu l’alpha et l’oméga du talent et de la valeur marchande des choses. De nos jours, les éditeurs, même les plus sérieux, ont rejoint la bassesse généralisée des journaux, même autrefois les plus sérieux, devenus simples agents propagandistes d’ersatz de vérité et de tonnes de mensonges et de manipulations, dans une unique presse à scandales publicitaire aux « vertus » nulles et éphémères.

Le Petit Lexicographe.

Gabriel Matzneff: veut-on ramener la littérature à l’ordre moral?

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Le 21 décembre 2019, juste avant que la presse ne commence à publier de premiers extraits du livre « Le consentement » de Vanessa Springora, Gabriel Matzneff avait fait publier sur You Tube un entretien vidéo de plus d’une heure, comme pour esquisser une défense.

Que les très importants et très éminents journalistes du Royaume de France ne m’en veuillent point, mais tout un chacun peut constater sur Internet que le premier article consacré à cette « affaire Springora », le premier par ordre chronologique, le premier dans l’absolu, a été publié par mes soins sur le blog « En défense de David Hamilton » dès le 30 octobre 2019.

Je répète, je mets au défi qui que ce soit de trouver, sur Internet, au sujet de l’affaire Springora-Matzneff, un article antérieur à celui-ci:

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/10/30/apres-laffaire-david-hamilton-le-lynchage-mediatique-de-lecrivain-g-est-il-imminent/

Pourtant, était-il vraiment très difficile de savoir – ou de deviner – qu’un jour ou l’autre, un livre d’une ex de Gabriel Matzneff serait publié? Vanessa Springora n’affirme-t-elle pas avoir écrit, depuis des années, des « dizaines de versions » de ses accusations?

De même, Roland Jaccard écrivait hier (c’est nous qui soulignons, en caractères gras):

« En ouvrant au hasard mon livre : Journal d’un homme perdu (paru en 1995 aux éditions Zulma et aujourd’hui épuisé), je tombe sur ce passage datant du 13 octobre 1985 où j’évoque un déjeuner avec Gabriel Matzneff. (…) Autre sujet de conversation : quand nos « ex » vont-elles nous prendre pour cibles dans leurs livres ? Nous avons aujourd’hui la réponse : Linda Lê ne m’a pas raté dans Solo (elle était la plus redoutable et la plus douée selon Gabriel) et Vanessa Springora n’a pas démérité non plus ». ( https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/03/matzneff-le-droit-au-deshonneur/ )

Résumons, encore une fois. Une dame, Vanessa Springora, née semble-t-il en 1972 et donc aujourd’hui âgée de 47 ans,  dénonce dans Le consentement  « l’emprise » qu’aurait eue sur elle l’écrivain Gabriel Matzneff quand elle avait de quatorze à seize ans.

Mais en vérité, l’affaire est plus compliquée que cela. Vous pensez qu’il y a dans cette histoire deux personnages, Vanessa et Gabriel? Vous vous trompez, à mon avis. En vérité, ce sont deux oeuvres littéraires qui s’opposent, deux conceptions – très éloignées l’une de l’autre – de la littérature. Car Gabriel Matzneff non plus  n’a pas manqué de s’inspirer de Vanessa dans plusieurs de ses livres.

On a donc deux récits. Parole contre parole. Et comme toujours en amour, les années ayant passé, elle et lui ne semblent pas du tout avoir vécu la même histoire. Gabriel continue à parler de grand amour, Vanessa l’accuse de tous les maux de la terre.

On a ici, en vérité, non pas deux mais quatre personnes: 1 Vanessa Springora adolescente, 2 Vanessa Springora femme, 3 Gabriel Matzneff jeune (il atteignait, au moment des faits, au terme de sa quarantaine), 4 Gabriel Matzneff aujourd’hui âgé de 83 ans. Qui croire, des quatre?…

La loi est claire et, pour la loi, Gabriel Matzneff était coupable. Cela dit, il y a prescription de l’action publique. La prescription, pour qui l’ignorerait (ou ferait semblant), est le mode d’extinction de l’action publique par l’écoulement, à partir du jour de la commission d’une infraction, d’un délai fixé par la loi.

S’il y a prescription, alors la justice ne peut plus juger Gabriel Matzneff. S’il est exact que le Parquet de Paris ait ouvert une enquête préliminaire, de quoi s’agit-il ici, si la chose n’aboutit à rien d’autre qu’à aider les ventes du bouquin de Vanessa Springora?

L’unique question reste, alors, de se demander si l’on veut ainsi, à travers Matzneff, interdire demain à tout écrivain d’écrire une nouvelle Lolita.  Veut-on ramener la littérature sur les rails d’une normalisation morale? A ce compte-là, c’est toute la littérature – comme je l’ai déjà dit, dans d’autres articles de ce blog – qu’il faudrait jeter aux bûchers.

Interdire les livres de Matzneff, est-ce là une solution? Interdire des livres peut-il jamais être une solution? Ceux qui réclament une telle interdiction, à supposer qu’ils aient jamais lu une ligne de cet auteur, savent-ils les difficultés quasi insolubles qu’il y avait, depuis très longtemps, à mettre la main sur ses romans et ses essais?

Et puis, quand un ministère de la Culture semble tant et tant préoccupé par la façon de jeter sur le trottoir un écrivain paraît-il désargenté de 83 ans, ne peut-on pas ressentir un malaise? J’ignore si Gabriel Matzneff est réellement fauché, ou – c’est ce que je lui souhaite – s’il a assuré ses arrières sous des cieux plus cléments. Mais il est indéniablement âgé. Voire en mauvaise santé.

Matzneff a écrit des choses que je ne partage en aucun cas, notamment au sujet du tourisme sexuel et des petits garçons. Cependant, est-ce que la liberté d’écrire, la liberté de romancer, la liberté d’inventer et de se vanter doit être interdite? Faut-il normer la littérature? Faut-il uniformiser et les êtres, et les romans?

Voilà la question. Tout ceci dans un pays où, s’il est encore permis de le dire, le président de la République a rencontré fort jeune sa future épouse. J’ignore s’il était sous « emprise », pour reprendre le terme springorien, springorique ou (comment faut-il dire?) springoreux?

PETITE (1969)

 

 

 

Quand David Hamilton faisait basculer le monde de l’autre côté du miroir

Quand David Hamilton faisait basculer le monde de l’autre côté du miroir

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Il est des livres, il est des poèmes, il est des photographies qui coupent le souffle. Ce sont des oeuvres d’une telle beauté, d’une beauté vraiment sublime, qu’elles expriment à elles seule une philosophie – et toute une époque, aussi.

Voici une image de David Hamilton qui, sauf erreur de ma part, n’a jamais été publiée dans aucun de ses albums. Elle est pour ainsi dire introuvable sur Internet, et date du tout début des années 1970.

Est-il seulement besoin de la commenter? Est-il besoin de souligner la passion avec laquelle David Hamilton appuie sur le déclencheur, face au miroir, pour capturer l’instant? La lumière d’une journée d’été à travers la fenêtre? Il y a, ici, de l’éternité pure.

David Hamilton fut un maître d’intemporalité, un cristal éternel de beauté au milieu des propos de concierges et des médiocrités d’une éphémère et insignifiante modernité.

Une telle photographie réduit à néant tous les ragots dont a été ignominieusement victime David Hamilton. On devrait d’ailleurs en dire autant des livres – aussi bien des romans que des essais – de Gabriel Matzneff.

Comment ne pas songer, ici, à Green?

« Un grand silence dans la maison, où tout brille: les miroirs inclinés, les meubles de bois sombre, et le parquet noir »

(Green, Journal, 1934).

LES BONS VŒUX DE FRANÇOIS ASSELINEAU

 

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À propos de Gabriel Matzneff, Vanessa Springora, Muriel Salmona et quelques autres.

En cette époque décatie de bonnes-femmes mal-vieillissantes, et malveillantes, mais très médiatiques et très médiatisées, quel crédit accorder à leurs élucubrations ? Et comment expliquer qu’elles s’expriment en toute illégalité, comme s’il était normal de diffamer des mâles ? Et de préférence âgés !

Telle Blanche Neige libérée de la bouchée de pomme mortelle, voilà qu’elles se réveillent. Mais ces dernières en des temps grotesques, ayant dépassé les pourtant très larges délais de péremption – pardon, de prescription. Sauf qu’il n’est nullement question de quelque Prince Charmant que ce soit. L’homme, le mâle étant devenu génétiquement, chromosométiquement le pendant malin du couple du yin et du yang à déconstruire, à annihiler au profit d’une certaine « clarté » femelle dictatoriale. Il n’est pas indifférent de constater que cela arrive quand,dans le même temps, on peut limiter l’apport de la masculinité à son usine à sperme et à l’insémination artificielle, comme on fait aux vaches. « Matriarcat progressiste » pathétique.

À ce jeu de fin de civilisation (je ne sais plus qui a écrit, et plus encore constaté, que dans les périodes de décadence les viragos, les invertis et autres eunuques prenaient le dessus sur la masse des gens normaux) je voudrais dire quelques mots sur l’énorme lâcheté et/ou l’énorme médiocrité des accusatrices et des accusateurs publics autoproclamés, et parfaitement en adéquation avec les déliquescents qui nous « dirigent » ou ceux qui sont pourtant censés faire la Justice, dire la loi et la rappeler.

Dans quel monde sommes-nous rendus pour que les media dominants tous en cœur, tous devenus misérable presse à scandale, pour ne pas dire « presse toquée », diffament, dressent au pilori impunément, tels la Pravda autrefois ou le Rénmín Ribao(le quotidien du peuple) aujourd’hui encore, organisent des procès publics à charge, et condamnent sans jugement ceux qui n’entrent pas dans le moule des bonnes doxas sociales ou sociétales.

Enfin, on sait ce qu’il en est de tous ces media plus beaucoup lus, plus beaucoup regardés ou plus beaucoup écoutés, si ce n’est qu’avec circonspection du moins par les personnes lucides et intelligentes ; media dont les capacités de nuisance tiennent au fait qu’ils ont encore pignon sur rue, finances mondialistes et même subventions par nos impôts, qu’ils sont unanimistes dominateurs et caressent le citoyen moyen – pauvre spectateur manipulé et impuissant -dans le sens du poil de la démagogie moralisatrice la plus basse,du moins quand ça l’arrange. Car si la pédophilie (dont on ne sait même plus ce que le mot recouvre exactement) est dans la ligne de mire, il n’en est pas de même de la libéralisation tant recherchée des drogues et des dopes (cf. « Les hommes se droguent, l’État se renforce », livre paru en 1976 aux Éditions Champ Libre), ou de la normalisation des pratiques maffieuses de la caste politicienne.

On peut même dire qu’il est lassant de devoir répéter sans cesse que notre société a atteint un état critique inquiétant, propice à toutes les dérives (y compris totalitaires ou de guerre civile, comme c’est déjà un peu le cas). Tout part en morceaux, la minable classe bourgeoise ne se sent plus.

Aussi, bien que n’ayant jamais lu Matzneff, et ne connaissant de sa vie (ou de sa vie supposée) que ce qui en est écrit ici ou là, n’étant ni proustien, ni gidien, ni languien, ni mitterrandien (le neveu), ni tout ce que l’on voudra en ce domaine, je ne saurais pourtant me joindre au cortège des médiocres et des lâches, justiciers anonymes abjects qui pullulent dans les media et sur Internet. Je serai toujours avec les Tondues, autrefois des femmes, de nos jours des hommes. Les Castrés, ou mieux encore les Émasculés. L’esprit de la plèbe la plus vile, la plus haineuse et la plus servile, véhiculée par les media dominants me débecte. Tous les gens qui affirment que rien ne ressemble plus à la racaille des bas-fonds que la canaille des « élites », ont parfaitement raison.

Hier, retournant pour la seconde fois (la première, c’était il y a quelques jours) sur le blog de Gabriel Matzneff, voici que l’on m’a répondu : HTTP 404 page not found. Que faut-il en conclure ? en conclure d’autre que : nous vivons de plus en plus dans une dictature politico-médiatique qui écrase (appelons-la ainsi) la « dissidence en tous domaines ». Et de préférence les plus isolés et les plus faibles. Matzneff contraint de fermer boutique au moins provisoirement, contraint au silence après avoir subi quelques récentes molestations parigotes par de pauvres types ou typesses.

Au détour d’une phrase, par ailleurs sans intérêt, d’un journaleux ou d’une journaleuse lambda, j’ai rencontré ceci qui pour moi est plus qu’un détail qui semble hors-sujet : « L’écrivain, soutien de Mélenchon, … ». Que de sous-entendu quand on sait ce qui a été dit ou écrit ces temps derniers sur Mélenchon dans la presse aux ordres suite à son soutien de l’anti-sionisme. Je précise que Mélenchon n’est pas ma tasse de thé (même travailliste), pas plus que Le Pen d’ailleurs.

Cela dit, je suis quand même sidéré lorsqu’un Bernard Pivot chevrotant vient s’excuser, n’assume même pas son passé. Comme je suis indigné quand une illustre inconnue de la littérature se fait sa pub d’ingratitude sur le dos de sa mère (comme Poupette Lecanu) et sur le dos de David Hamilton, un homme de plus de quatre-vingts ans (qu’elle a fréquenté jeunette sans du tout rechigner), dans ce qui semble être un bis repetita pitoyable de diverses affaires concernant essentiellement le monde germanopratin, et américanophile béat, des « arts, de la politique et des media dégénérés ». Si elle écrit aussi bien que la Flavie Flament, si elle est aussi vérace et honnête que cette dernière, je vous le dis tout crûment : ne perdez pas votre temps à lire ses élucubrations et n’entretenez pas son éditeur et ses droits d’auteur (sans « e » il n’y a que les crétins sans une once de grammaire qui peuvent mettre un « e » prétendument féminin à ce mot).

Que dire encore sur la bêtise et le fiel mesquin ? Que les plus fervents défenseurs des « violées », « détournées », « abusées » font pour certains et certaines aussi partie de la lie de la psycho-thérapie, telle cette indécrochable, « incontournable » Muriel Salmona. Ce gourou qui manipule ses patients dans le sens destructeur et catastrophique de ses théories fumeuses péri-freudiennes qu’un nombre certain de ses confrères et consœurs rangent dans la catégorie calamiteuse des pseudo-sciences. Ce qui est d’ailleurs bien à l’image de tout l’obscurantisme rétrograde contemporain mis en avant par la chienlit médiatique.

Si comme l’affirme Salmona, David Hamilton « a fait une carrière de prédateur » (qui se résume, sauf erreur, à deux non-lieux quand il a côtoyé des milliers de modèles en un demi-siècle environ, quel gagne-petit!) que dire de cette dernière qui fait carrière « pseudo-scientifique » et manipulatrice, destructrice de ses patients et de leur entourage, avec l’assentiment des éléments les moins éveillés du monde du Savoir.

La volonté jalouse de nuire, d’abattre les vieilles idoles, d’adhérer au conformisme ambiant, a toujours été le propre des médiocres et des lâches.

Jean-Pierre Fleury

HUMOUR ?

D’après les gazettes et très probablement l’AFP :

Une œuvre d’art contemporain [une déjection quelconque] en hommage [sic! en quel honneur ?] aux migrants [colons et envahisseurs d’un type nouveau], faite de centaines de gilets de sauvetage [à ne surtout pas confondre avec des gilets jaunes « populistes, voire « fachos »] récupérés [achetés ? volés ? puis importés en avion jusque chez nous?] sur l’île grecque de Lesbos [Ô ma pauvre Sappho!], a été en partie [malheureusement] détruite par un incendie volontaire [ou par des incendiaires?] dans la nuit du 21 au 22 décembre, à Poitiers. Le maire (Parti socialiste [tiens ! ça existe encore cette mafia?]) a annoncé un dépôt de plainte. «SOS – Save our souls [en english pour faire sérieux et important]» est un dôme de plus de cinq mètres de haut [Mazette ! quand le Duomo en dur, fin XIIIe/début XIVe, de la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence s’élève à plusieurs dizaines de mètres, et celui également en dur du Panthéon parisien à 83 mètres de hauteur], composé de gilets de sauvetage de toutes les couleurs [métissés ou mal tissés?], œuvre [arrêtez, j’en ai mal aux côtes de rire] de l’artiste [l’artisse… non c’est trop drôle!] Achilleas Souras. Il s’inscrit [rien que ça] dans l’exposition «Traversées», qui se tient à Poitiers depuis un an et jusqu’au 20 janvier, lors de laquelle la plasticienne [fabricante de déchets en plastoche?] sud-coréenne Kimsooja [Ah, l’exotisme !] a été invitée à réaliser [avec l’argent public : les socialistes ont toujours été très généreux et très partageux de l’argent commun, pour eux et leurs potes] des créations [sic!] dans la ville, y associant d’autres artistes [et en plus, elle n’était pas toute seule].

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[Approfondissons le « concept » de la propagande, bien que l’on soit déjà dans les bas-fonds de l’art (sans majuscule):]

L’œuvre «symbolise les tragédies actuelles liées à la migration». Elle est à la fois «attrayante et effrayante», en «faisant d’une protection dans l’eau un abri sur terre», une sorte «d’igloo» en gilets, indique le site de l’exposition. [Quelle emphase!]

[Tragédie autrement tragique que celle de notre pays qui part à vau-l’eau!]

Le maire socialiste de Poitiers, Alain Claeys, a condamné «avec la plus grande fermeté» [ça ne coûte rien] un acte «d’une extrême gravité». «Brûler une œuvre est scandaleux et criminel, cela ne se fait pas dans notre pays», a déclaré l’édile. [Fort heureusement la déjection anartistique payée sans aucun doute bien chère, n’a rien d’une œuvre d’Art, donc, l’honneur et la mesure sont saufs!]

Il a indiqué que la mairie portait plainte. Deux options doivent être étudiées avec l’artiste : démonter le dôme ou le laisser en l’état, car seul un pan a été brûlé. [Mettre le feu au « dôme » une seconde et définitive fois serait sans doute la prestation (sic) la plus judicieuse, pour renouveler la beauté architecturale des alentours et pour rendre le tout adéquat au caractère moderne et éphémère d’icelui] Mais l’artiste, qui réside [Ben voyons! Tout est grotesque en cette histoire] aux Etats-Unis, n’avait pu être joint dans un premier temps, a indiqué à un correspondant de l’AFP Hélène Amblès, directrice générale de la culture et du patrimoine de Grand Poitiers [rien que cela?!].

[Au fait, que pense le maire-deux-Poitiers du mégot imprudent (si, si, c’est vrai puisqu’on le dit) qui a réduit en cendres la charpente multiséculaire de Notre-Dame de Paris ?]

Amours littéraires avec des jeunes filles mineures, ou littérature mineure: il faut choisir

***

Faut-il brûler Chéri de Colette (où Léa de Lonval, qui a  près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, le fameux « Chéri »)?…

Faut-il brûler La petite Française d’Eric Neuhoff (histoire d’amour entre un journaliste et sa jeune voisine)?

Faut-il brûler Colette Stern de Georges Conchon (personnages, Francis Hémon, trente-sept ans, et Colette Stern, soixante-trois)?

Faut-il brûler L’amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras?

Faut-il brûler Aimez-vous Brahms? de Françoise Sagan (Paule a trente-neuf ans, Simon est tout jeune).

Faut-il brûler Mineure de Yann Queffélec? (Michel, 55 ans, et Sibylle, la quinzaine).

Faut-il brûler Une année studieuse d’Anne Wiazemsky?

Faut-il brûler Lolita de Nabokov?

Faut-il brûler Harold et Maude?

Faut-il brûler Une liaison dangereuse de Roland Jaccard (Roland 73 ans, Marie 23 ans) ?

Faut-il brûler Le diable au corps de Radiguet? (Les amours de Marthe Grangier et de François Jaubert, 17 ans).

Faut-il brûler ma grand-mère Marie de Vivier qui fut la dernière maîtresse du grand écrivain belge André Baillon, avec lequel elle avait une différence d’âge de vingt-quatre ans?

Cette séance de photographies a donné lieu à diverses images (voyez la couverture des « Contes érotiques » de David Hamilton).
Les contes érotiques : cahier photographique 1970-1990. Coffret en 2 volumes de David Hamilton. EDITIONS HERME.

Faut-il brûler les Contes érotiques par lesquels David Hamilton démontra qu’il était aussi, ou qu’il aurait pu être, un écrivain?

Faut-il brûler, tant qu’on y est, mes propres romans et tous les livres où j’ai crié « mercis », à la façon de François Villon, aux filles?

Couverture du livre « Je crie à toutes filles mercis ».

Faut-il brûler Françoise Sagan (Un certain sourire), Philippe Roth (La bête qui meurt), Restif de la Bretonne (Sara ou la dernière aventure d’un homme de 45 ans), Hervé Bazin (Le démon de minuit)?

Faut-il brûler Adolphe de Benjamin Constant, Le blé en herbe de Colette, Germinie Lacerteux des frères Goncourt, Creezy de Félicien Marceau, Un amour insensé de Junichirô Tanizaki?

Je n’aime pas également tous ces livres, ou tous ces auteurs, mais: faut-il les brûler?

Faut-il brûler Gabriel Matzneff?

La liste serait infinie…

S’il faut les brûler, alors il faut brûler des dizaines, il faut brûler des centaines de livres et de romans publiés, depuis plusieurs siècles, en France et dans le monde, livres classiques ou romans contemporains mais qui ont tous fait de la différence d’âge, et des histoires d’amour avec des mineurs ou des mineures, l’un des thèmes fondamentaux  de la littérature.

Les histoires d’amour avec des jeunes filles mineures, ou en tout cas beaucoup plus jeunes que leurs amoureux et leurs amants (ou vice-versa dans le cas, par exemple, d’Harold et Maude) sont tout bonnement inséparables de la littérature.

A moins que l’on ne veuille remplacer tout cela par la littérature mineure, ou plus exactement par la non littérature – celle de Flavie Flament et de Vanessa Springora…

ENFIN UNE CANDIDATE MACRONISTE HONNÊTE

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Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville où chacun s’essuie les pieds, crache un bon coup, passe, qui songe à elle ? Personne. Abrutie d’usines, gavée d’épandages, dépecée, en loques, ce n’est plus qu’une terre sans âme, un camp de travail maudit, où le sourire est inutile, la peine perdue, terne la souffrance, Paris «le cœur de la France», quelle chanson ! quelle publicité ! La banlieue tout autour qui crève ! Calvaire à plat permanent, de faim, de travail, et sous les bombes, qui s’en soucie ? Personne, bien sûr. Elle est vilaine et voilà tout. Les dernières années n’ont pas arrangé les choses. On s’en doute. Banlieue de hargne toujours vaguement mijotante d’une espèce de révolution que personne ne pousse ni n’achève, malade à mourir toujours et ne mourant pas. Il fallait une plume ardente, le don de vaillance et d’émoi, le talent de haute chronique pour ranimer ces pauvres sites, leurs fantômes, leurs joies évadées, leurs grandeurs, leurs marbres, leurs souffles à méchante haleine.

La banlieue souffre et pas qu’un peu, expie sans foi le crime de rien. Jamais temps ne furent plus vides.

Extrait de la préface de Céline au livre d’Albert Sédouille édité en 1944 : Bezons à travers les âges.

AFFAIRE MATZNEFF, ON-DIT ET MÉDIATEUX GÂTEUX

Ayant un fort préjugé contre ladite littérature contemporaine comme tout ce qui est contemporain en Art (cinéma, peinture, sculpture, musique, opéras « revisités »…), j’ai lu peu de contemporains, ou du moins peu de romanciers de mon temps, et parmi ceux-ci, je n’ai jamais lu une seule ligne de Matzneff.

Mais, si l’on me dit que c’est un mauvais, je vais peut-être me mettre à le lire. J’ai un certain esprit de contradiction. Et puis, dans le monde réellement inversé, le vrai est un moment du faux. Enfin, j’aime bien les mauvais et les infréquentables : Barbey, Bloy, Céline… pour ne citer que quelques vieux morts d’importance.

Certes, j’ai fait quelques exceptions (des bonnes et des mauvaises). Par exemple j’ai lu l’intégralité de la production de Flavie Flament (Lulu, Les Chardons et les deux éditions de La Consolation). Difficile de critiquer un livre sans le lire, bien que cela se fait beaucoup de nos jours. Par nécessité j’ai lu et relu cette gnognotte littéraire.

Par contre, je ne compte pas lire le Consentement de Vanessa Springora qui paraît-il, lorsqu’elle était âgée de quatorze ans fellationnait ou phallussionnait (comme on veut) Gabriel Matzneff alors cinquantenaire dans quelque chambre d’hôtel… Cela fait bis repetita inutile. Seule originalité, il est maintenant question de viol buccal. Et on y mêle même, au détour d’une page, Mitterrand et Cioran ! C’est probablement jugé plus classe et plus iconoclaste ! Comme autant de preuves de vérité…

Cf. https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/12/24/gabriel-matzneff-logre-dune-nouvelle-ogrerie/

Et d’une : c’est de l’histoire ou de la légende ancienne, on ne sait si les faits sont avérés ou pas, mais de toute façon prescrits. En parler, et encore plus le répéter à satiété par media interposés, en mettant un nom s’appelle diffamation et est condamnable.

Et de deux : cette jeunesse, devenue dame depuis bien longtemps, n’était pas séquestrée, retenue de force à ce qu’il en est dit ;

Et de trois : elle avait très probablement des parents. Où étaient-ils ? Qu’en disaient-ils ? Acquiesçaient-ils ?

Et de quatre : elle avait en son temps 20 ans au-delà de sa majorité pour porter plainte contre son « ogre ». Donc jusqu’à 38 ans non révolus.

Et de cinq : il faut être d’une extrême lâcheté et d’esprit infiniment bas pour s’en prendre aux vieillards. Ce qui semble être devenu une mode au sein d’un certain féminisme insupportable. Ou plus généralement d’un certain conformisme politiquement correct, autrement dénommé propagande médiatique et d’État. Idéologie dominante, mais fort heureusement de plus en plus grotesque et chancelante, de manière manifeste.

Et ceci en tous domaines. Je ne fais aucune différence, car il n’y en a pas, entre cette mamie maghrébine marseillaise visée à sa fenêtre par un tir de grenade policière et qui en est morte, et David Hamilton très probablement assassiné par quelques « justiciers » ou « justicières », des suites d’une campagne odieuse de diffamation et de harcèlement médiatique. Ou bien ses quasi centenaires poursuivis et condamnés à quelques années de prison en Allemagne pour avoir été encore tout jeune, et peut-être même enrôlés de force, quelques sous-fifres, subalternes, lampistes de vingt-cinquième zone dudit régime nazi. Et je ne développe pas sur les condamnés pour délit d’opinion relativement au non-respect de la doxa, de la Vulgate, de l’idéologie politique concernant la Seconde guerre mondiale.

Tout ça est digne d’une civilisation minable, quasi moribonde.

ALAIN BELLEC* dit BARRIERE — NOSTALGIE

Elle était si jolie (1963)

Ma vie (1964)

Emporte-moi (68)

Tu t’en vas (1974)

Un poète (1974)

 

* Beleg / Belek : prêtre, prêtreau (variété d’éperlan) ou bergeronnette ; au choix, en breton.

 

 

LA RETRAITE DE NOËL OU LA BÉRÉZINA MACRONIENNE ?

*

*

NOTULES COMPLÉMENTAIRES À UN PRÉCÉDENT ET MIEN ARTICLE

À la suite d’un précédent article sur la Bande des Trois, autrement dénommée « Les Trois Grâces Violées » (cf. la photographie © d’Antoine Flament, visible à tire larigot sur Internet, deux de face et non anonymes, la troisième de dos à l’identité partiellement levée) autrement dit les trois incitatrices au moins indirectes de l’assassinat de David Hamilton, je reviens sur quelques approximations.

***

Miss OK ! en plein bonheur post-traumatique,

quelques mois seulement après son « viol hamiltonien »

Mais comme elle sait le répéter de nos jours :

« … elles ont au fond des yeux cet étrange éclat brisé

que nous sommes les seules à connaître. »

J’ai évoqué l’existence dramatique pour leurs patients et leur entourage « des gourous pseudo-psychiatres hyper-freudonneurs. » Mon expression «  hyper-freudonneurs » est ambiguë, je voulais dire que, de Freud, ces « thérapeutes » ont retenu ce qui les arrangeait, des bribes pour en faire un salmigondis dogmatique. Ici, pour l’occasion ils ont retenu la sexualisation extrême de tous les malheurs mentaux. Mais j’aurais dû écrire, peut-être : supra ou péri-freudonneurs.

Flavie Flament suite au décès d’un grand-père aimant et aimé, et abordant difficultueusement la quarantaine, entrée « normale » chez son « psy » avec une dépression (également normale, je suppose) en est ressortie, bien manipulée par ce dernier, cataloguée « traumatisée mémorielle » et … « anormale », puisqu’il paraît que des images IRM montreraient qu’elle aurait quelques cases de vides au cerveau ; du moins c’est elle qui le dit ; quant à savoir réellement pourquoi elle a ce défaut cérébral, c’est une autre histoire que je ne mettrais certainement pas sur le dos de David Hamilton.

Je crois avoir assez répété que le mal pour David Hamilton (qui n’avait aucunement envie de déjà mourir) fut que le grand-père de Flavie Flament ne meure au temps même d’une quarantaine mal assumée par cette dernière. Je crois l’avoir assez répété dans divers articles ; le livre d’Olivier Mathieu le signale également. Pour ce qui concerne ce blog je renvoie aux articles du 4 janvier 2018, du 1er février 2018, du 1er septembre 2019, et j’en oublie certainement. Dans l’article du 4 janvier 2018 j’évoquais, par exemple, « le virage redoutable de la ride – une quarantenaire haineuse à pattes d’oie et double menton bien engagée et non assumée. »

https://lequichotte.com/2018/01/04/flavie-flament-petit-malheur-davance-ou-gros-malheur-passe/

https://lequichotte.com/2018/02/01/flavie-flament-voue-david-hamilton-a-la-gehenne-eternelle/

https://lequichotte.com/2019/09/01/nous-voila-bien/

De plus, j’ai rappelé que Flavie Flament semblait faire une fixation sur les belles blondes (on n’est jamais si bien servi que par soi-même), Et, ce qui leur était prétendument arrivé, à elles trois, avec David Hamilton me paraissait avoir été « plus grave pour elles que si elles étaient « brunes et moches » ». Du moins en ai-je le désagréable ressenti. J’ai également évoqué le fait que Flavie Flament pouvait ou avait pu être entourée de « boudins » (c’est son mot) ; ce fut ainsi le cas pour sa propre cousine Caroline, comme on peut l’entendre dans le téléfilm La Consolation déjà évoqué par ailleurs.

Ce qui bien évidemment ne peut que chagriner (le mot est faible) sa famille d’origine au sens large, et sa mère en particulier, ainsi que l’entourage de cette dernière. Un boudin, c’est pour Flavie avant tout une personne qui n’a pas réussi un examen de passage devant l’objectif de David Hamilton. Pour diverses raisons : manque de photogénie, type physique étranger aux goûts du photographe, peau qui prend mal la lumière, etc. Ce qui montre encore une fois l’aspect totalement contradictoire (schizophrénique si on peut dire) de sa haine encore présente à l’encontre de notre photographe.

Je crois même qu’il fut un temps où Missoké (déité du petit journal OK!) lui avait décerné le titre de « Miss Boudin ». Cela montre clairement le côté garce de cette Flavie, l’infatuée d’elle-même dont toute la « carrière » médiatique s’est faite sur son physique, son seul bien et unique talent… passant. Car sa littérature…

Enfin, on peut quand même une nouvelle fois se poser la question de la place réelle occupée, en ce moment même encore, par David Hamilton tout au fond de l’esprit tordu de cette dernière (esprit à qui il manque quelques cases, selon ses dires et les examens pointus d’IRM, comme je viens de le signaler). De celle qui en plusieurs occasions a su utiliser les photographies d’elle prises par ce dernier. Pour le concours de Miss OK !, pour la couverture de son livre indigne, et de nos jours encore pour son compte Instagram. Et pire encore : pour se faire mousser. « Regardez ma beauté passée ».

***

La deuxième « violée » en compagnie complice de son « violeur »

 

Der 73-jährige britische Fotograf David Hamilton geht am Freitag (21.04.2006) im Park von Gut Altenkamp in Aschendorf (Kreis Emsland) zusammen mit seiner Muse Elodie Durand aus St. Tropez spazieren.

Le photographe britannique de 73 ans David Hamilton, se promène vendredi 21 avril 2006 dans le parc du Gut Altenkamp à Aschendorf (Emsland) en compagnie de sa muse Elodie Durand de Saint-Tropez.

Photo Ingo Wagner

Mais comme l’a dit Élodie :

« Je n’allais quand même pas sauter

par la fenêtre en petite culotte ! »

J’ai écrit également : « Élodie ignorant l’existence des deux autres ». Moi qui ne suis pourtant pas chiche d’adjectifs, d’adverbes, d’expressions j’aurais dû écrire : « ignorant jusque-là », ou plus précisément : « ne s’étant jamais affichée en compagnie des deux autres ». C’est Poupette qui explique en long en large et en travers comment c’est par Internet qu’Élodie a pris contact avec « Flavie et compagnie se montant le bourrichon» très peu de jours avant la mort de David Hamilton. Certains voulant voir dans cette nouvelle téléphonée en harcèlement peu d’heures avant la fin de David Hamilton (« Élodie est avec elles ») par une « journaliste » comme la raison ultime de son « suicide ».

*

J’ai déjà dit ce que je pensais de cette Élodie qui, semble-t-il, a dû subir une très forte pression de son entourage et de sa famille dès ses premiers pas avec David Hamilton, puisqu’il apparaît, selon certaines sources, qu’elle est déprimée depuis longtemps, instable psychologiquement, et qu’elle a subi la pression de son propre père qui ne voulait pas de sa relation avec David Hamilton. Enfin le grand mystère pour cette dernière est le côté caché, secret, interdit (refus d’Élodie ?) de probables photos d’elle en tant que modèle prises par David Hamilton. Mais aussi tout simplement parce qu’il n’y avait plus à cette époque de parutions d’albums. L’inverse, l’absence de photos artistiques, serait étonnant.

De l’article 2 août 2019 du blog en défensededavidhamilton qui a pour titre : David Hamilton et les fantômes (lecture indispensable), j’extrais ici ces passage :

« Le pire n’a pas de limites. Le cocasse non plus. […] Elodie Durand, cette ex-modèle, ex-maîtresse et accusatrice de David Hamilton, a travaillé comme serveuse, l’été, au moins jusqu’en 2011, dans un «club» célèbre [… de la côté azuréenne] où David Hamilton allait fréquemment et notamment tous les étés. Elle travaillait dans le bar de plage du club.» [David fréquentant le côté restauration jouxtant le bar.] En 2006, plusieurs sites Internet et agences de presse présentaient Elodie Durand comme la « compagne de vie » de David Hamilton. [la presse allemande par exemple]. Un peu plus tard, elle a porté plainte contre lui. La justice française a rejeté sa plainte (non lieu à poursuivre David Hamilton). Ce qui ne l’empêchait pas […] de continuer à le poursuivre de son ire et à le menacer de plaintes jamais déposées. »

Voir également certains détails révélés dans Un grand article sur David Hamilton et « Miss P. » (1986, Sud de la France) du même blog en défensededavidhamilton en date du 18 novembre 2019.

Que dire encore de cette dernière ? Que refusant d’assumer ses choix de vie, ayant peut-être eu plus jeune une extrême incapacité à savoir ou pouvoir dire « non », « tannée » par un entourage hostile tout le temps où elle vécu avec David Hamilton, très probablement poussée par sa famille, elle a fini par porter plainte sans suite pour un viol ou des viols très hypothétiques (tellement hypothétiques que tout a été clos en non-lieu comme il vient d’être écrit). Dans un refus, de sa part, d’assumer la réalité finalement.

Et même dans un déni total, puisqu’elle elle va de nos jours encore jusqu’à décrier, comme un perroquet conformiste et moralisateur puritain, toute l’œuvre de David Hamilton, qu’elle ne semble même pas trop connaître d’ailleurs. C’est pathétique. Et triste. (Je le note ici, mais je pourrais le dire de même pour les deux autres « grâces » et compagnie : l’ignorance et la médiocrité ne conviennent pas à l’Art, l’art réel, l’art de métier).

Et je me demande également si ce n’est pas tout bêtement la honte qui submerge Élodie. Que veut dire une telle phrase d’elle, rapportée (dès 2016 je crois) dans la presse : «  Je n’allais quand même pas sauter par la fenêtre en petite culotte ?! ». Si elle voulait le dénoncer publiquement, alors que faisait-elle avec David Hamilton ? il ne la retenait pas de force ; pourquoi l’accompagnait-elle jusqu’à Paris ou en Allemagne si c’était « un monstre » ? « Un bourreau » comme ont aimé à écrire ou à dire – David Hamilton juste mort et pas encore enterré – le trio formé par Flavie (la meneuse), Alice et Élodie, car …

« On en revient – lit-on page 77 de la seconde édition de David Hamilton suicidé… mais par qui ? – aux deux ou trois mêmes jeunes ex-jeunes filles, toujours les mêmes, qui se sont monté le bourrichon les unes les autres. Et dont les témoignages ont été considérées comme nuls et non avenus par la Justice. »

Je crois déjà avoir fait remarquer que ces trois grâces (non, je ne ferai aucun jeu de mots sur ça jusqu’à la fin de ce gros billet) sont, il semble bien, des françaises de souche. Pourrait-on voir en leur action commune à la fois un fait de culture (David Hamilton a toujours trouvé les françaises plus coincées que les nordiques, il y voyait la force encore bien active d’une certaine morale catholique) et un fait réactif, directement lié à la propagande médiatique et politique massive, en notre pays, d’un féminisme très douteux et malsain – et carrément grotesque en certaines circonstances – qui finit par submerger tous les esprits, même les plus sains et les plus raisonnables ?

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Mais poursuivons … Par un mauvais raccourci j’ai écrit : « Manon a disparu, comme Lucie », et j’ai précisé que les gazettes s’embrouillaient et nous embrouillaient dans les pseudonymes. En fait, il ressort que Manon et Lucie sont la même personne qui depuis, comme toutes les autres sauf la tête pensante, a disparu de la circulation médiatique. Sur ces confusions de pseudonymes voir le livre d’Olivier Mathieu : David Hamilton suicidé, mais par qui ? (pp. 76-77 de la seconde édition).

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Enfin, j’ai également écrit qu’Alice et Gertrude formaient un couple de modèles très amies et complices. J’ai cité l’Île Maurice et l’île de Guam pour l’occasion ; j’aurais pu citer aussi tout simplement le Cap d’Agde en rappelant, par exemple, cette photographie-ci – qui n’est sans doute pas la seule de ce type – sortie des archives de Hérault Tribune le journal d’informations locales établi à Agde même.


Photographie prise par les photographes Manens, figures du Cap d’Agde. On y voit à gauche une Alexia détressée (et non stressée) et à droite une Gertrude qui porte encore les cheveux longs de ses jeunes années tout en étant vêtue d’une sorte de marcel et d‘un bandeau rose pivoine.

 

Gertrude Hamilton – La pivoine rose

(aquarelle et/ou gouache)

la berceuse des anges (musiquette)

  

HUMOUR DU JOUR

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David Hamilton: la sublime beauté azurine du «Prédateur»

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Carte postale fameuse de David Hamilton, représentant un homme nu se livrant à la pratique de la pêche – raison pour laquelle nous lui donnons ici pour titre: « Le prédateur ».

Prédateur, du  latin praedator, de praeda « proie prise à la chasse ou à la pêche ». Substantif masculin: individu pratiquant l’économie destructrice (chasse, pêche, cueillette). Exemples de prédateurs : les pucerons, les acariens, la teigne des fleurs du cerisier, la libellule, les oiseaux de proie, les chèvres sont, dans la nature, des prédateurs.

David Hamilton, carte postale fameuse – et de toute beauté – pour laquelle nous proposons le titre: « Le prédateur »

FLAVIE FLAMENT PRÉFACIÈRE

Vous allez croire que ma potesse Poupinette est mon obsession, mais elle correspond si bien à notre époque décatie que je ne me lasse pas de la « dénigrer », ou pour le dire plus exactement : de contester la réalité de ses dires impunis (diffamatoires et incitateurs à un très probable assassinat par un malade ou un roublard auto-justicier) qui ont donc quand même été responsables de la mort d’un homme ; d’autant qu’en ce moment elle revient en force et « en toute innocence » pour nous rappeler ses « patents » (ou plutôt : ses pas tant) malheurs traumatiques passés, ancrés en elle par des gourous pseudo-psychiatres hyper-freudonneurs.

L’autre jour, je me suis dit : « mais au fait, ma Poupinette a republié en 2017 une seconde édition de son œuvre immortelle et je ne l’ai pas encore consultée (ou plutôt : auscultée) ». L’ayant glanée d’occasion, au prix le plus réduit qui soit, sur Internet, j’ai donc lu cette mesquine et lucrative version dite « non censurée » en quatrième de couverture . « Non censurée », c’est-à-dire où Poupette nomme en toutes lettres le « vieux photographe » ; chez elle et chez son piètre éditeur (paix à son âme!), « censuré » veut donc dire « interdit par la loi » qui s’oppose à la diffamation des vivants ; ou « sans risques », car très probablement jamais les héritières de David Hamilton ne porteront plainte pour « atteinte à la mémoire d’un mort ».

Et j’ai lu en particulier son « complément d’informations ». Et là j’ai pu constater encore une fois que cette Flavie Flament n’est absolument pas fiable dans ses dires (je pense que personne ne donnera la vertu d’un roman à une préface de livre disant, rappelant, énonçant le « vrai réel »). J’ai donc trouvé dans cette préface de quelques pages, quelques perles rares ou mieux, quelques perles difformes en phrases tordues qui disent par exemple :

Tout de suite, j’ai pensé à Manon, à Lucie, et à Alice. Celles dont je pressentais l’existence […] celles qui, avec un courage extraordinaire, sont sorties les premières de leur interminable silence pour venir jusqu’à moi… Découvrir nos visages est à chaque fois un choc : incrédules, nous nous observons comme des sœurs qui ignoraient leur existence. (pp. 12 et 13 de l’édition de poche illustrée d’une photographie de Lou Gable – jeune actrice du téléfilm éponyme du livre diffusé sur FR3 quelques mois après la mort du « méchant » – et dont la première réédition « revue et augmentée d’une préface » date de juin 2017).

À la lecture d’innombrables pages pipole dont certaines illustrées, je suis arrivé à la conclusion que la cohorte des accusatrices affirmées s’est réduite finalement à trois personnes : Flavie Flament, Alexia X. alias Alice (à moins que ce ne soit l’inverse, on ne sait plus) qui est déjà citée sous ce nom dans La Consolation comme je l’ai déjà évoqué dans un précédent article, et Élodie Durand. Les deux premières se connaissant parfaitement depuis la fin des années 80, puisque c’est par l’intermédiaire d’Alice et renseignements pris au préalable auprès de ses parents (comme il est expliqué dans l’un des articles du blog EnDéfensedeDavidHamilton) que Flavie a posé pour David Hamilton. Élodie ignorant l’existence des deux autres pour la simple raison qu’il y a plus ou moins une génération entre les deux premières et celle-ci. Pour être complet ajoutons que la dénommée Alice a quelques années de plus que Flavie.

Manon a disparu, comme Lucie, qui, si j’ai bien lu les gazettes, y est devenue Clémence, jeunette au début des années soixante (et ne voulant pas s’exprimer finalement) alors que Lucie (peut-être Manon précédemment citée) aurait été une fille de l’âge et de l’époque photographique de Flavie qui elle n’apparaît pas, non plus, sur la photographie répétée sur Internet et dans la presse des Trois Grâces « violées » : Flavie, Alexia et Élodie. Alexia de dos. Photographie d’Antoine Flament, le fils aîné.

Si Flavie pressentait, selon ses termes, l’existence de ses Manon et Lucie et autres (réelles ou pseudonymiques), elle ne pouvait « pressentir » l’existence d’Alexia-Alice puisqu’elle la connaissait depuis bien longtemps et qu’elle utilise même son pseudonyme pour la nommer dans son livre. L’une des rares jeunettes de son temps dont elle cite le prénom ou pseudonyme. D’ailleurs, on peut lire quelques lignes plus bas une sorte de demi-aveu à propos d’Alice lorsqu’elle écrit :

En échangeant nos photos, nous réalisons que nous sommes allées aux même endroits, que nous avons posé dans le même lit, que nous avons porté les mêmes robes, pris les mêmes poses… (idem, p. 13)

Et plus nettement encore quand elle affirme :

Alice, Manon et moi avons été violées [sic] par David Hamilton, à la même période, à la fin des années 80, au Cap-D’Agde.

J’ai déjà dit quelques mots, dans un précédent article, sur le statut très particulier d’Alexia et d’Élodie. Et je persiste à écrire qu’Alexia – longtemps et souvent modèle de David Hamilton, du moins apparaît-elle souvent sur les photos de David Hamilton – fut la déchue (au moins c’est ainsi qu’elle a dû le ressentir) du couple de modèles très amies et complices (selon des témoins amis de David Hamilton) qu’elle formait, aux temps des voyages à l’île Maurice où à l’île de Guam, avec Gertrude. Elle est la première (de ce que l’on en sait) qui a porté plainte contre David Hamilton ; je ne crois pas me tromper en disant qu’elle le fit après le mariage de David avec Gertrude (mais ça serait à vérifier). Dossier de plainte clos « sans suite » après enquête.

De même, Élodie Durand a fréquenté et apparemment a vécu plusieurs années, volontairement, avec David Hamilton, et a été présentée dans la presse comme sa jeune (et souriante) compagne, avant de porter plainte, ça serait la seconde, pour viol contre lui (viol classé en « non-lieu » également). J’ai déjà écrit que le cas de cette dernière du temps des dernières années de David Hamilton, qui semblent avoir été assez chaotiques, en termes financiers du moins, relève de la psychiatrie. Et je le dis sans me moquer car cette jeune femme, qui approche la trentaine, fait réellement pitié ; elle semble complètement « coincée », perdue. Et l’on peut se demander si son état mental a réellement quelque choses à voir avec David Hamilton ou de prétendus viols.

Avant de finir je noterai à nouveau la variabilité d’esprit de celle qui évoque encore en 2017, en cette préface comme en ses remerciements, en terme d’amour son fameux et fabuleux Vladimir (« que j’aime tant ») qui en cette fin d’année 2019 ne semble déjà plus exister (du moins dans ses dits et contre-dits de presse), comme il en fut de tous les autres et nombreux depuis sa jeunesse.

Enfin, la modestie et l’humilité n’ont jamais été le fort de Flavie Flament car je lis une fois de plus en cette préface (en page 13), en parlant d’elle et de ses compagnes « d’infortune » : Elles sont blondes, elles sont belles… Ce qui est sans doute plus grave pour elles que si elles étaient « brunes et moches ». Ou « boudins », mot dont elle aimait – dit-on – autrefois affubler certaines personnes de son entourage.

Pas toucher, pas regarder, pas siffler: c’est la liberté de la société moderne, le musée des zombies

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A gauche, la statue du film « Laura les ombres de l’été », au centre l’actrice américaine Dawn Dunlap, à droite le sculpteur.

Jusqu’à présent, l’inscription « ne pas toucher » était principalement réservée aux musées. Il ne fallait pas toucher les oeuvres d’art. Cela peut se comprendre, en tout cas pour les tableaux (en ce qui concerne les statues de marbre ou d’airain, la chose est peut-être plus discutable: dans l’Antiquité, les populations les touchaient, voire les caressaient avec dévotion). Aujourd’hui, j’ai un peu l’impression que le « pas touche » se réfère aux femmes.

Naturellement, que le viol soit condamnable, voilà une telle évidence – un tel lieu commun, même – qu’il est à peine besoin de le souligner.  Il est extrêmement clair que personne n’a envie de se faire toucher, contre son gré, dans le métro. Je comprends les femmes (ou les hommes) victimes de « frotteurs » (ou de « frotteuses », je suppose que cela existe).  Au fait, ma propre expérience du métro parisien me pousse à dire qu’aux heures de pointe, mieux vaudrait choisir d’autres moyens de transport. Plus d’une fois, il m’est arrivé – comme à tout un chacun – de me retrouver dans la situation d’une sardine dans sa boîte, entre les bedons, les fesses ou les aisselles à la fragrance pas forcément inébriante de mes voisins ou voisines, et sans qu’il m’ait vraiment été possible de décider auprès de qui j’allais me trouver dans tel ou tel wagon. Je suis ainsi entré en contact, à mon corps défendant, avec des anatomies d’autres usagers  de la RATP. Je reconnais que c’est plutôt désagréable. Les parfums des uns ou des autres, ou leurs haleines, ne sentent pas forcément l’eau de rose. « L’air du temps », le parfum de le grande Nina Ricci cher à David Hamilton, n’est plus qu’un très lointain souvenir. C’est dommage.

Publicité de David Hamilton pour sa grande amie Nina Ricci

Ne pas être touché dans le métro par un « frotteur » est, je le répète, le droit de tout le monde. Mais il me semble que depuis une quarantaine d’années, les gens perdent l’habitude de se toucher tout court. Il deviendrait kafkaïen qu’un homme (ou une femme) n’ait plus le droit de toucher une femme (ou un homme) sur l’épaule pour attirer son attention, ou lui marquer de l’intérêt. Ou, pourquoi pas, de poser un doigt sur un genou. Si tout le langage gestuel devait être vilipendé, censuré, interdit, condamné, on en arriverait à une société où chacun évoluerait dans sa bulle. Ce serait une société privée de sensibilité, inerte, inanimée. Une société en catalepsie. Où les âmes aussi finiraient vite par se trouver dans l’état où sont nos gencives quand un dentiste nous anesthésie.

Et les sifflements! Ces sifflements, lancés à une fille qui passait, étaient monnaie courante il y a trente ou quarante ans. Depuis les lois édictées sous l’égide de Marlène Schiappa, le sifflement est devenu répréhensible. Il est heureux que ce délit ne soit point rétroactif car, dans ce cas, ce sont des centaines d’auteurs et d’interprètes de chansons (où l’on parle de siffler des filles), des centaines de cinéastes et d’acteurs sifflant des filles, des centaines d’écrivains qu’il faudrait condamner. Ici, je prendrai un et un seul exemple: « J’allais parmi cette foule, avec des envies de faire mimi sur la joue des enfants, de siffler les femmes, de poser la main sur la tête des chiens, d’interpeller les fleurs des fleuristes », écrivait Montherlant en 1929 dans  son roman La petite infante de Castille. Il serait vaguement inquiétant qu’un écrivain, en 2019, soit condamné pour avoir avoué publiquement, ne fût-ce que par l’intermédiaire d’un personnage de roman, des « envies » de « siffler les femmes« . Faut-il donc vraiment étouffer toute manifestation d’une idée, d’un sentiment, d’une admiration?

Une société où l’on ne doit plus se toucher, où l’on ne peut plus siffler une fille, quelle est cette société? C’est la société de 2019. Et en plus, c’est la société où chacun, dans la rue, a désormais les yeux fixés sur l’écran de son téléphone, ne regarde plus son voisin (ou sa voisine) et ne lui adresse plus guère  la parole. Les réseaux sociaux, loin de favoriser la convivialité, isolent les humains de leurs semblables.

Interdiction de toucher. Interdiction de siffler. Silence généralisé. Les regards s’évitent. On ne communique qu’à travers les réseaux sociaux. C’est un monde immobile, menacé par l’immobilité de la mort. Où seuls les pouces de nos contemporains courent, dans le silence, avec une vertigineuse rapidité, avec virtuosité même, sur les claviers des téléphones.

Dans les musées, ou dans les magasins, on peut regarder, mais pas toucher. Dans la société, je ne suis pas certain que l’on puisse non plus regarder, encore très longtemps, sa voisine. Parce qu’elle pourrait porter plainte contre vous pour regard « trop appuyé », un viol oculaire en quelque sorte, ayant lu dans votre oeillade je ne sais quelle « obscénité », je ne sais quels sous-entendus. Peut-être des lois et des décrets viendront-ils fixer, un jour pas si lointain que ça, le nombre ou la durée ou la nature des regards que l’on sera (ou pas) en droit de porter sur une personne de l’autre sexe.

Oui, cette société ressemble et ressemblera de plus en plus à un musée. Un musée où déambulent des gens qui se croient « libres » et emploient les réseaux sociaux. Amusant paradoxe, puisque tout un chacun devrait savoir que des milliards d’usagers d’Internet, pour ne pas dire la totalité d’entre eux, sont surveillés.

Cette société de « l’information », de la « liberté », de la « liberté de la presse », de « Wikipédia », du « partage de la culture », et autres blagues grossières, cette société est aussi une société d’illettrés. L’Italie (la nouvelle est tombée aujourd’hui) se rend compte que… les étudiants italiens ne savent plus lire ( https://www.ilgazzettino.it/italia/primopiano/ocse_scuola_italiana_2018_news_lettura_scienze-4902458.html  ).

Euh, en France, vous croyez qu’ils savent? Parce qu’en France, les Français savent parler français, selon vous? Vous appelez peut-être « parler français » construire des phrases dont 99,99 % finissent par « …quoi! », dont presque toutes contiennent deux ou trois mots d’anglais, et dont la structure à l’architecture plus inimaginablement complexe est: sujet verbe complément?…

Cette société où des milliards d’individus croient employer les algorithmes de la technologie mais qui, en vérité, sont eux-mêmes les esclaves de ces algorithmes. Pire encore, nos contemporains sont les créations de ces algorithmes. Ce sont des zombies aveugles et sourds. Sans réactions. Des morts vivants incapables d’émotions, de sentiments, de sympathie, d’empathie.

Dans les musées, quoique de plus en plus rarement, il y a des choses belles. Pas dans ce musée-ci. La société contemporaine est muséographique. Le musée des horreurs modernes, on est en plein dedans. Pas touche. Bas les pattes. Abaisse le regard, petit homme. Silence. Ta gueule! Voilà, c’est bien, tu es libre. Susucre.

Nostalgie de la beauté david-hamiltonienne. Photo David Hamilton.

GERTRUDE, LUNETTES, ETC.

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Elle était dénouée comme de longs cheveux / toute sacrifiée comme une pluie tombée / éparse comme un don multiple et prodigué (RAINER MARIA RILKE)

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Et toutes deux, avec des langueurs d’asphodèles,
Tandis qu’au ciel montait la lune molle et ronde,
Savouraient à longs traits l’émotion profonde
Du soir et le bonheur triste des cœurs fidèles.

(VERLAINE)

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Sources des photos :

1, 3, 5, 6 et 7 : 25 ans de la vie d’un artiste (1992)

2, 4 : L’âge de l’innocence (1994)

Dénoncer sans porter plainte : la planque

Extraits d’un article d’un certain rpplbis du 28 novembre paru sur Agora Vox

Mise en cause de façon absolue par Adèle Haenel, la Justice ne pouvait laisser se répandre et s’étendre cette idée que les décisions de Justice préexistaient à l’examen des plaintes et étaient d’une injustice extrême puisque défendant une « culture du viol ». Aussi insensé que soit ce discours, il se diffuse, les modérateurs étant d’office mis avec les coupables, puisque la plainte faisant preuve, coupables il y a. Suite à cette action du ministère de la justice, l’actrice a porté plainte. […] Le ministère de la justice va exercer sous une pression qui confine à la contrainte.

Ainsi une actrice célèbre [sic, pas pour moi] vient vers la presse, les micros et sans risque d’être contredite dénonce des faits anciens, qu’elle a tus jusque là. La dénonciation des mâles a atteint des sommets il y a deux ans, en octobre 2017, les hommes n’avaient plus la dignité humaine, ils étaient des porcs dénonçables. Elle n’a pas profité de ce moment de passion intense. Peut-être, aurait-elle été noyée dans la masse et a-t-elle préféré son moment personnel, détaché des autres, remarquable de ce fait. Peut-être a-t-elle attendu que la gravité de la culpabilité identitaire des hommes augmente dans les médias. Dénoncer, c’est merveilleux, vive la délation. Tous coupables, dénoncez-les.

La critique de ce type d’agissement, l’appel à la délation, dont on connaît les effets par les antécédents historiques, n’est plus possible, elle est peu publiée et elle s’apparente à priori avec une complicité avec le crime et les criminels, puisque criminels et crimes il y a ; les dénonciatrices font preuve. Nous ne voulons plus être dans un vivre ensemble qui parle, discute, échange des arguments, nous savons où est le mal absolu et nous devons en punir toutes les manifestations, sans autre forme de procès. Et quoi de mieux pour exclure sans autre forme de procès que la parole publique, qui a des moyens techniques d’une puissance inégalée ?

Télérama insulte dans le titre d’un article : celles et ceux qui ne pensent pas comme la signataire Blandine Lenoir sont des connards ! *

Elle argumente que les hommes autour d’elle sont de son avis. C’est invérifiable et de ce fait, ce n’est pas un argument. Moi aussi, j’affirme que 90% des femmes et des hommes de mon entourage partagent mon idée : cette dénonciation identitaire des hommes s’apparente au totalitarisme : une seule vérité, et tous les autres coupables, à punir, à insulter, à mépriser, à condamner sans qu’ils puissent se défendre. Blandine Lenoir écrit : « c’est bizarre de défendre un violeur. » Eh bien, tout le monde a le droit à être défendu et c’est l’honneur de la justice de permettre de le faire et le déshonneur de Blandine Lenoir et de Télérama de vouloir en finir avec ce principe de droit et de justice. […]

Nous sommes dans un processus terrifiant de décivilisation, proclamé, réclamé à grand cri : fini la justice, elle est imparfaite, nous voulons la vengeance. Le moyen de cette destruction de la civilisation n’est pas dans le débat argumenté ; le moyen, c’est la répétition, armée de nos nouveaux réseaux de communication de masse : plus je répète plus j’ai raison ; plus je touche de gens, plus j’ai raison ; plus je montre que je ne changerai pas d’avis, plus j’ai raison ; plus je suis méprisant envers qui ne dit pas la même chose que moi, plus j’ai raison. Je ne vois pas de forces qui s’opposent à ce « mouvement » de régression volontaire.

Quand j’avais 20 ans, nous étions en lutte contre l’exploitation. Je faisais partie des damnés de la terre et de la promesse d’une organisation sociale non-conflictuelle et apaisée. C’est fini. Je suis maintenant un dominant masculin. |…]

Il est urgent de se rendre compte, et ce n’est pas difficile, que nous sommes en train de nous mettre dans l’incapacité de vivre ensemble.

* Note de J.-P. F. – Il paraît que cette dernière, âgée de 46 ans dit-on, serait actrice, réalisatrice et scénariste ; c’est possible, je ne fréquente plus les cinémas depuis une éternité… Quant à Télérama, Javel La Croix, La Vie, Ouesteu-France, Notre Temps, l’Immonde, etc. : autant de feuilles de choux infestées par le virus sinistro-catho, de la pire « gauche sociétale » du capital qui soit.

On eût aimé que la prise de conscience s’exerçât au temps de l’assassinat médiatique de David Hamilton. Enfin, tout vient –finalement – à qui sait attendre !

QUELQUES PENSÉES NIESCHIENNES *

D’un certain Félix Niesche (1955…)

 

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§. Ce monde n’est que pourriture, gouverné par la pourriture. Les attaques ad hominem ne sont pas seulement justifiées mais nécessaires. Ne pas voir ça c’est être un animal de basse-cour, fait pour la Ferme des animaux et le gouvernement des Porcs.

Il faut lire ceci calmement, c’est écrit sans véhémence, c’est un constat philosophique, pas une diatribe exacerbée.

§. Mes amis.
Où sont-ils ?

§. Si encore, on pouvait dire, comme dans la caverne de Platon, qu’il y a ceux, pauvres esclaves, qui n’aperçoivent que les apparences des choses, sans en connaître l’essence, et que nous, esprits éclairés, nous verrions la réalité ultime, non plus l’apparaître mais l’Être !

Mais il ne s’agit pas du tout de ça !

Il ne s’agit pas de Platon, mais de Hegel !

Ce ne sont pas les ombres sur le mur de la prison mondaine qui sont la fausseté même, ce sont les prisonniers eux-mêmes, qui sont devenus des fantoches. […]

§. Nous sommes dans la béance d’un cycle historique qui creuse sa propre tombe, et qui attend son cadavre.

§. On a détruit l’immémoriale Tradition au nom du Progrès. Puis on a dénaturé le Progrès.

Les réformes sont des contre-réformes, l’antiracisme un racisme, le féminisme une pornographie…

§. L’Absurde est passé de l’état de principe de philosophie existentialiste à raison d’État.