Aller au contenu principal

Roland Jaccard, une girouette? Non, un fidèle!

***

Voici deux critiques littéraires de Roland Jaccard, exhumées du temps lointain de ma jeunesse. En 1979, à Marly-le-Roi, je lisais en effet dans Le Monde les articles de… Gabriel Matzneff et de Roland Jaccard. Sans vraiment imaginer alors que beaucoup plus tard, à la fin des années 2010, Roland Jaccard préfacerait un de mes livres et en recenserait d’autres.

Chose encore plus étonnante, peut-être, un de ces articles est daté du 31 août 1979, jour qui fut d’une certaine façon le plus important de l’histoire d’amour que j’ai racontée dans mon roman Voyage en Arromanches.

On dit parfois que Roland Jaccard serait une « girouette », parce qu’il est passé du Monde à Causeur. C’est complètement faux.  Roland Jaccard n’a pas changé.

Voici deux de ses articles, l’un du 31 août 1979 (page 2) et l’autre – celui sur Tony Duvert – du 14 novembre 1980.

« Lolita, adolescente ensorceleuse aux charmes équivoques et au regard canaille décrite par Nabokov, peinte par Balthus, photographiée par Hamilton et convoitée par la plupart des hommes » (Roland Jaccard, in Le Monde, 31 août 1979)

A lire

Roland Jaccard:

https://www.roland-jaccard.com/2016/04/20/la-difference-dage-scandale-ou-defi/

Un si joli article:

https://lecourrierplus.fr/les-dessous-chics/litterature/jaccard-le-grand-suisse/

Par ailleurs, voir le fonds Roland Jaccard :

https://ead.nb.admin.ch/html/jaccard_C.html

OLIVIER MATHIEU

La petite

Chanté par France Gall et Maurice Biraud

Musique et paroles de Guy Magenta, Robert Gall (le papa de France) et Mya Smille

Février 1967

 

 

Le chef-d’oeuvre springorien en tête des ventes sur Amazon, juste derrière un calendrier aimanté à poser sur son réfrigérateur (la presse)

***

Quelle curieuse époque…

« Le Consentement » (Grasset), le bouquin de Vanessa Springora, est paraît-il « un très grand succès de librairie » et même, lit-on dans la presse, « en tête des ventes de livres sur le site d’Amazon, juste derrière un organiseur familial et un calendrier aimantés à poser sur son réfrigérateur ».

Nouveau motif de « scandale », toujours selon la presse, les ventes des livres de Matzneff iraient mieux, sur les sites de vente. Ainsi « L’Amante de l’Arsenal » (Gallimard), le dernier volume en date de son journal intime sorti en novembre 2019, se classerait au 3485e rang (imaginez un peu!) des « meilleures ventes de livres » sur le site d’Amazon.

La presse est terrorisée: « Si cette tendance se poursuit, Gabriel Matzneff va mieux vendre le 15e volume de son journal que le 14e volume, qui avait péniblement atteint les 1000 exemplaires vendus ».

On voit la dangerosité (je plaisante) d’un auteur qui vend ses livres à moins de mille exemplaires et dont un ouvrage se situe au 3485e rang des « meilleures ventes de livres » sur le site d’Amazon. Ventes entre particuliers et qui, par conséquent, ne rapportent rien à l’auteur.

Le livre « Les moins de seize ans », introuvable, se classerait même depuis quelques jours parmi les trois cents ouvrages numériques les plus vendus dans la boutique Kindle d’Amazon France. Résultat? Ecoutez bien…

Amazon a décidé de le retirer de son site.
« Il s’agit d’une initiative d’Amazon de le retirer du site », aurait déclaré la direction. Il y a ici de l’extraordinaire. Nous vivons donc désormais dans une société où une entreprise comme Amazon prend unilatéralement le droit de retirer un livre qui n’est… pas interdit à la vente! Bref, une société où Amazon se substitue à toute éventuelle décision de justice.

Le livre « Les moins de seize ans » (première édition publiée en 1974 chez Fayard, dans une collection alors dirigée par Jacques Chancel), je l’ai souvent dit, ne me convainc pas quand il parle de petits garçons. Je le répète.

Ce qui me convainc encore moins, c’est l’interdiction de livres, y compris des livres dont je ne partage pas tout ou partie de ce qui y est dit.

Comment Amazon (ou des entreprises de ce genre) peuvent-elles interdire des livres, c’est-à-dire interdire à leurs propres clients, à des citoyens de pays démocratiques de mettre en vente des ouvrages qui n’ont jamais été visés par une interdiction de la part de la justice?

Matzneff est – sous les yeux de tous – la cible d’une campagne de presse, Matzneff est désigné comme « prédateur » ou « ogre » par Vanessa Springora et ces termes sont repris par pratiquement toute la presse unanime, Matzneff est privé d’aide publique, Matzneff ne collabore plus au Point, une enquête a été ouverte contre lui au-delà des délais de prescription, ses livres (qui ne se vendaient déjà plus depuis longtemps) sont interdits même sur les sites de vente par correspondance entre particuliers (comme Amazon), sa photo et pour ainsi dire son adresse sont dans tous les journaux (il ne manque qu’à y ajouter le sinistre mot « Wanted »), la Ville de Paris va peut-être contester son logement, on va peut-être lui retirer ses décorations, ou pourquoi pas ses prix littéraires (et, en tout cas, il y a ou il y aura des demandes en ce sens).

La question est: est-ce la justice qui rend encore la justice, en France?

Ou alors est-ce que ce sont des livres qui disent le droit? Des livres (parfois présentés comme « romans ») où l’on entend la version d’une accusatrice, version qui semble considérée comme « vérité révélée » et dogme intangible.

David Hamilton, à 83 ans, a mal fini.

Et que se passerait-il si, un jour ou l’autre, des « justiciers » décidaient de s’en prendre à un vieillard?

QUELQUES REMARQUES À PROPOS DU MOT « VENGEANCE » ET DE L’AFFAIRE SPRINGORA

Sur son blog, dans un billet daté du 30 décembre 2019 et titré « Blanches colombes et vilains messieurs », Roland Jaccard écrit :

« Les éducations sentimentales en littérature sont souvent émouvantes. Celle de Vanessa Springora a un parfum de revanche qui lui enlève tout charme. Elle colle si parfaitement à l’esprit du temps, comme Flavie Flament avec David Hamilton, qu’on éprouve presque un sentiment de nausée face à ces règlements de compte qui surviennent trop tardivement pour être vraiment crédibles, même s’il est vrai que la vengeance est un plat qui se mange froid. »

On ne saurait mieux dire sauf à définir plus précisément ce qu’il faut entendre par « vengeance ». J’ai déjà essayé, dans plusieurs articles de ce blog, de définir la «vengeance sur la vie» que Poupette Lecanu a fait bien mal exorciser en la reportant sur David Hamilton, véritable bouc émissaire. Mais aussi sur sa propre mère, comme le fait Valessa Springora, en une sorte de «complexe d’œdipe» inversé si je puis dire. Œdipe est tout amour pour sa mère tandis que ces femmes-ci sont toute haine.

Chez la fille Lecanu, la vengeance fut pitoyable quant aux conséquences.

Partie d’une déprime transformée par ses gourous en phénomène de « mémoire traumatique » qui en psychiatrie sérieuse relève du délire de certains psychothérapeutes (j’ai cru comprendre que Roland Jaccard, qui a bien plus de connaissances que moi en ce domaine, ne dirait pas le contraire), passée par la diffamation médiatique généralisée, unanimiste et totalitaire, illégale, sa « vengeance » (alors même, qu’aujourd’hui encore, elle ressort apparemment fièrement, des photographies d’elle prises par le « vilain bonhomme »), sa « vengeance » donc, s’est achevée par l’assassinat de David Hamilton.

Personnellement, l’ordonnancement des faits passés, mais aussi les présentes réactions populacières de certains (agressions à l’encontre de Gabriel Matzneff qui a été obligé de s’exiler et qui par ailleurs a mis son blog aux « abonnés absents », mais aussi menaces de mauvais traitements ou de mort de la part d’anonymes à l’encontre de certains soutiens de Matzneff sur Internet) me conforte totalement dans cette idée d’assassinat. Alors même que la Justice, prompte à enquêter sur Matzneff « post-festum », semble totalement rétive à enquêter sur le « suicide » de David Hamilton.

Pour ce qui est de Vanessa Springora, par contre, j’ignore de quoi elle a voulu se « venger » précisément. Mais je constate que son prurit agressif à l’encontre de Matzneff « colle si parfaitement à l’esprit du temps » comme le dit justement Roland Jaccard, qu’il en perd intrinsèquement, toute valeur, tout intérêt.

D’ailleurs, je ne connais pas beaucoup, dans la grande littérature, de livre qui ait eu pour objet de faire la critique ad hominen, d’abattre mesquinement (Ô Femme!) un vieillard dont on commencerait à ranger son œuvre parmi la littérature du passé, qui plus est sur les rayons infernaux de la Bibliothèque nationale, en compagnie des immoraux et amoraux des siècles morts (aux livres non encore crématoriés, mais cela viendra peut-être un jour, au train où va une certaine hystérie misandre « féministe »).

Pour certaines femmes, celles du paraître et du petit monde germanopratin, il peut être particulièrement dur ou délicat d’aborder un autre pan de leur vie, la quarantaine entamée. Une revanche est à prendre sur la chair qui vieillit, sur les rides naissantes, sur quelque relent de cellulite. Le meilleur moyen de se venger du temps à tout jamais perdu est encore d’en rendre responsables les mâles. En particulier les premiers qui ont aimé ou usé leurs charmes naissants. 

Les loups et les louves qui hurlent grégairement, lâchement, de concert, et en tous domaines, n’ont jamais reçu mon agrément. Surtout comme ici, où les chefs et cheftaines de la meute anonyme, qui abaissent le sens commun (la dite « opinion publique »), cachetonnent à la caste médiatique au sens le plus large. Ce qui est le cas depuis le « mitou » ; au cinéma, à la radio-télévision comme pour Flament, ou dans l’édition comme pour Springora.

Au monde spectaculaire-marchand, le scandale est devenu l’alpha et l’oméga du talent et de la valeur marchande des choses. De nos jours, les éditeurs, même les plus sérieux, ont rejoint la bassesse généralisée des journaux, même autrefois les plus sérieux, devenus simples agents propagandistes d’ersatz de vérité et de tonnes de mensonges et de manipulations, dans une unique presse à scandales publicitaire aux « vertus » nulles et éphémères.

Le Petit Lexicographe.

Gabriel Matzneff: veut-on ramener la littérature à l’ordre moral?

***

Le 21 décembre 2019, juste avant que la presse ne commence à publier de premiers extraits du livre « Le consentement » de Vanessa Springora, Gabriel Matzneff avait fait publier sur You Tube un entretien vidéo de plus d’une heure, comme pour esquisser une défense.

Que les très importants et très éminents journalistes du Royaume de France ne m’en veuillent point, mais tout un chacun peut constater sur Internet que le premier article consacré à cette « affaire Springora », le premier par ordre chronologique, le premier dans l’absolu, a été publié par mes soins sur le blog « En défense de David Hamilton » dès le 30 octobre 2019.

Je répète, je mets au défi qui que ce soit de trouver, sur Internet, au sujet de l’affaire Springora-Matzneff, un article antérieur à celui-ci:

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/10/30/apres-laffaire-david-hamilton-le-lynchage-mediatique-de-lecrivain-g-est-il-imminent/

Pourtant, était-il vraiment très difficile de savoir – ou de deviner – qu’un jour ou l’autre, un livre d’une ex de Gabriel Matzneff serait publié? Vanessa Springora n’affirme-t-elle pas avoir écrit, depuis des années, des « dizaines de versions » de ses accusations?

De même, Roland Jaccard écrivait hier (c’est nous qui soulignons, en caractères gras):

« En ouvrant au hasard mon livre : Journal d’un homme perdu (paru en 1995 aux éditions Zulma et aujourd’hui épuisé), je tombe sur ce passage datant du 13 octobre 1985 où j’évoque un déjeuner avec Gabriel Matzneff. (…) Autre sujet de conversation : quand nos « ex » vont-elles nous prendre pour cibles dans leurs livres ? Nous avons aujourd’hui la réponse : Linda Lê ne m’a pas raté dans Solo (elle était la plus redoutable et la plus douée selon Gabriel) et Vanessa Springora n’a pas démérité non plus ». ( https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/03/matzneff-le-droit-au-deshonneur/ )

Résumons, encore une fois. Une dame, Vanessa Springora, née semble-t-il en 1972 et donc aujourd’hui âgée de 47 ans,  dénonce dans Le consentement  « l’emprise » qu’aurait eue sur elle l’écrivain Gabriel Matzneff quand elle avait de quatorze à seize ans.

Mais en vérité, l’affaire est plus compliquée que cela. Vous pensez qu’il y a dans cette histoire deux personnages, Vanessa et Gabriel? Vous vous trompez, à mon avis. En vérité, ce sont deux oeuvres littéraires qui s’opposent, deux conceptions – très éloignées l’une de l’autre – de la littérature. Car Gabriel Matzneff non plus  n’a pas manqué de s’inspirer de Vanessa dans plusieurs de ses livres.

On a donc deux récits. Parole contre parole. Et comme toujours en amour, les années ayant passé, elle et lui ne semblent pas du tout avoir vécu la même histoire. Gabriel continue à parler de grand amour, Vanessa l’accuse de tous les maux de la terre.

On a ici, en vérité, non pas deux mais quatre personnes: 1 Vanessa Springora adolescente, 2 Vanessa Springora femme, 3 Gabriel Matzneff jeune (il atteignait, au moment des faits, au terme de sa quarantaine), 4 Gabriel Matzneff aujourd’hui âgé de 83 ans. Qui croire, des quatre?…

La loi est claire et, pour la loi, Gabriel Matzneff était coupable. Cela dit, il y a prescription de l’action publique. La prescription, pour qui l’ignorerait (ou ferait semblant), est le mode d’extinction de l’action publique par l’écoulement, à partir du jour de la commission d’une infraction, d’un délai fixé par la loi.

S’il y a prescription, alors la justice ne peut plus juger Gabriel Matzneff. S’il est exact que le Parquet de Paris ait ouvert une enquête préliminaire, de quoi s’agit-il ici, si la chose n’aboutit à rien d’autre qu’à aider les ventes du bouquin de Vanessa Springora?

L’unique question reste, alors, de se demander si l’on veut ainsi, à travers Matzneff, interdire demain à tout écrivain d’écrire une nouvelle Lolita.  Veut-on ramener la littérature sur les rails d’une normalisation morale? A ce compte-là, c’est toute la littérature – comme je l’ai déjà dit, dans d’autres articles de ce blog – qu’il faudrait jeter aux bûchers.

Interdire les livres de Matzneff, est-ce là une solution? Interdire des livres peut-il jamais être une solution? Ceux qui réclament une telle interdiction, à supposer qu’ils aient jamais lu une ligne de cet auteur, savent-ils les difficultés quasi insolubles qu’il y avait, depuis très longtemps, à mettre la main sur ses romans et ses essais?

Et puis, quand un ministère de la Culture semble tant et tant préoccupé par la façon de jeter sur le trottoir un écrivain paraît-il désargenté de 83 ans, ne peut-on pas ressentir un malaise? J’ignore si Gabriel Matzneff est réellement fauché, ou – c’est ce que je lui souhaite – s’il a assuré ses arrières sous des cieux plus cléments. Mais il est indéniablement âgé. Voire en mauvaise santé.

Matzneff a écrit des choses que je ne partage en aucun cas, notamment au sujet du tourisme sexuel et des petits garçons. Cependant, est-ce que la liberté d’écrire, la liberté de romancer, la liberté d’inventer et de se vanter doit être interdite? Faut-il normer la littérature? Faut-il uniformiser et les êtres, et les romans?

Voilà la question. Tout ceci dans un pays où, s’il est encore permis de le dire, le président de la République a rencontré fort jeune sa future épouse. J’ignore s’il était sous « emprise », pour reprendre le terme springorien, springorique ou (comment faut-il dire?) springoreux?

PETITE (1969)

 

 

 

Quand David Hamilton faisait basculer le monde de l’autre côté du miroir

Quand David Hamilton faisait basculer le monde de l’autre côté du miroir

***

Il est des livres, il est des poèmes, il est des photographies qui coupent le souffle. Ce sont des oeuvres d’une telle beauté, d’une beauté vraiment sublime, qu’elles expriment à elles seule une philosophie – et toute une époque, aussi.

Voici une image de David Hamilton qui, sauf erreur de ma part, n’a jamais été publiée dans aucun de ses albums. Elle est pour ainsi dire introuvable sur Internet, et date du tout début des années 1970.

Est-il seulement besoin de la commenter? Est-il besoin de souligner la passion avec laquelle David Hamilton appuie sur le déclencheur, face au miroir, pour capturer l’instant? La lumière d’une journée d’été à travers la fenêtre? Il y a, ici, de l’éternité pure.

David Hamilton fut un maître d’intemporalité, un cristal éternel de beauté au milieu des propos de concierges et des médiocrités d’une éphémère et insignifiante modernité.

Une telle photographie réduit à néant tous les ragots dont a été ignominieusement victime David Hamilton. On devrait d’ailleurs en dire autant des livres – aussi bien des romans que des essais – de Gabriel Matzneff.

Comment ne pas songer, ici, à Green?

« Un grand silence dans la maison, où tout brille: les miroirs inclinés, les meubles de bois sombre, et le parquet noir »

(Green, Journal, 1934).

LES BONS VŒUX DE FRANÇOIS ASSELINEAU

 

Image

saut_les_cons-e4115

À propos de Gabriel Matzneff, Vanessa Springora, Muriel Salmona et quelques autres.

En cette époque décatie de bonnes-femmes mal-vieillissantes, et malveillantes, mais très médiatiques et très médiatisées, quel crédit accorder à leurs élucubrations ? Et comment expliquer qu’elles s’expriment en toute illégalité, comme s’il était normal de diffamer des mâles ? Et de préférence âgés !

Telle Blanche Neige libérée de la bouchée de pomme mortelle, voilà qu’elles se réveillent. Mais ces dernières en des temps grotesques, ayant dépassé les pourtant très larges délais de péremption – pardon, de prescription. Sauf qu’il n’est nullement question de quelque Prince Charmant que ce soit. L’homme, le mâle étant devenu génétiquement, chromosométiquement le pendant malin du couple du yin et du yang à déconstruire, à annihiler au profit d’une certaine « clarté » femelle dictatoriale. Il n’est pas indifférent de constater que cela arrive quand,dans le même temps, on peut limiter l’apport de la masculinité à son usine à sperme et à l’insémination artificielle, comme on fait aux vaches. « Matriarcat progressiste » pathétique.

À ce jeu de fin de civilisation (je ne sais plus qui a écrit, et plus encore constaté, que dans les périodes de décadence les viragos, les invertis et autres eunuques prenaient le dessus sur la masse des gens normaux) je voudrais dire quelques mots sur l’énorme lâcheté et/ou l’énorme médiocrité des accusatrices et des accusateurs publics autoproclamés, et parfaitement en adéquation avec les déliquescents qui nous « dirigent » ou ceux qui sont pourtant censés faire la Justice, dire la loi et la rappeler.

Dans quel monde sommes-nous rendus pour que les media dominants tous en cœur, tous devenus misérable presse à scandale, pour ne pas dire « presse toquée », diffament, dressent au pilori impunément, tels la Pravda autrefois ou le Rénmín Ribao(le quotidien du peuple) aujourd’hui encore, organisent des procès publics à charge, et condamnent sans jugement ceux qui n’entrent pas dans le moule des bonnes doxas sociales ou sociétales.

Enfin, on sait ce qu’il en est de tous ces media plus beaucoup lus, plus beaucoup regardés ou plus beaucoup écoutés, si ce n’est qu’avec circonspection du moins par les personnes lucides et intelligentes ; media dont les capacités de nuisance tiennent au fait qu’ils ont encore pignon sur rue, finances mondialistes et même subventions par nos impôts, qu’ils sont unanimistes dominateurs et caressent le citoyen moyen – pauvre spectateur manipulé et impuissant -dans le sens du poil de la démagogie moralisatrice la plus basse,du moins quand ça l’arrange. Car si la pédophilie (dont on ne sait même plus ce que le mot recouvre exactement) est dans la ligne de mire, il n’en est pas de même de la libéralisation tant recherchée des drogues et des dopes (cf. « Les hommes se droguent, l’État se renforce », livre paru en 1976 aux Éditions Champ Libre), ou de la normalisation des pratiques maffieuses de la caste politicienne.

On peut même dire qu’il est lassant de devoir répéter sans cesse que notre société a atteint un état critique inquiétant, propice à toutes les dérives (y compris totalitaires ou de guerre civile, comme c’est déjà un peu le cas). Tout part en morceaux, la minable classe bourgeoise ne se sent plus.

Aussi, bien que n’ayant jamais lu Matzneff, et ne connaissant de sa vie (ou de sa vie supposée) que ce qui en est écrit ici ou là, n’étant ni proustien, ni gidien, ni languien, ni mitterrandien (le neveu), ni tout ce que l’on voudra en ce domaine, je ne saurais pourtant me joindre au cortège des médiocres et des lâches, justiciers anonymes abjects qui pullulent dans les media et sur Internet. Je serai toujours avec les Tondues, autrefois des femmes, de nos jours des hommes. Les Castrés, ou mieux encore les Émasculés. L’esprit de la plèbe la plus vile, la plus haineuse et la plus servile, véhiculée par les media dominants me débecte. Tous les gens qui affirment que rien ne ressemble plus à la racaille des bas-fonds que la canaille des « élites », ont parfaitement raison.

Hier, retournant pour la seconde fois (la première, c’était il y a quelques jours) sur le blog de Gabriel Matzneff, voici que l’on m’a répondu : HTTP 404 page not found. Que faut-il en conclure ? en conclure d’autre que : nous vivons de plus en plus dans une dictature politico-médiatique qui écrase (appelons-la ainsi) la « dissidence en tous domaines ». Et de préférence les plus isolés et les plus faibles. Matzneff contraint de fermer boutique au moins provisoirement, contraint au silence après avoir subi quelques récentes molestations parigotes par de pauvres types ou typesses.

Au détour d’une phrase, par ailleurs sans intérêt, d’un journaleux ou d’une journaleuse lambda, j’ai rencontré ceci qui pour moi est plus qu’un détail qui semble hors-sujet : « L’écrivain, soutien de Mélenchon, … ». Que de sous-entendu quand on sait ce qui a été dit ou écrit ces temps derniers sur Mélenchon dans la presse aux ordres suite à son soutien de l’anti-sionisme. Je précise que Mélenchon n’est pas ma tasse de thé (même travailliste), pas plus que Le Pen d’ailleurs.

Cela dit, je suis quand même sidéré lorsqu’un Bernard Pivot chevrotant vient s’excuser, n’assume même pas son passé. Comme je suis indigné quand une illustre inconnue de la littérature se fait sa pub d’ingratitude sur le dos de sa mère (comme Poupette Lecanu) et sur le dos de David Hamilton, un homme de plus de quatre-vingts ans (qu’elle a fréquenté jeunette sans du tout rechigner), dans ce qui semble être un bis repetita pitoyable de diverses affaires concernant essentiellement le monde germanopratin, et américanophile béat, des « arts, de la politique et des media dégénérés ». Si elle écrit aussi bien que la Flavie Flament, si elle est aussi vérace et honnête que cette dernière, je vous le dis tout crûment : ne perdez pas votre temps à lire ses élucubrations et n’entretenez pas son éditeur et ses droits d’auteur (sans « e » il n’y a que les crétins sans une once de grammaire qui peuvent mettre un « e » prétendument féminin à ce mot).

Que dire encore sur la bêtise et le fiel mesquin ? Que les plus fervents défenseurs des « violées », « détournées », « abusées » font pour certains et certaines aussi partie de la lie de la psycho-thérapie, telle cette indécrochable, « incontournable » Muriel Salmona. Ce gourou qui manipule ses patients dans le sens destructeur et catastrophique de ses théories fumeuses péri-freudiennes qu’un nombre certain de ses confrères et consœurs rangent dans la catégorie calamiteuse des pseudo-sciences. Ce qui est d’ailleurs bien à l’image de tout l’obscurantisme rétrograde contemporain mis en avant par la chienlit médiatique.

Si comme l’affirme Salmona, David Hamilton « a fait une carrière de prédateur » (qui se résume, sauf erreur, à deux non-lieux quand il a côtoyé des milliers de modèles en un demi-siècle environ, quel gagne-petit!) que dire de cette dernière qui fait carrière « pseudo-scientifique » et manipulatrice, destructrice de ses patients et de leur entourage, avec l’assentiment des éléments les moins éveillés du monde du Savoir.

La volonté jalouse de nuire, d’abattre les vieilles idoles, d’adhérer au conformisme ambiant, a toujours été le propre des médiocres et des lâches.

Jean-Pierre Fleury