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QUELQUES REMARQUES À PROPOS DU MOT « VENGEANCE » ET DE L’AFFAIRE SPRINGORA

5 janvier 2020

Sur son blog, dans un billet daté du 30 décembre 2019 et titré « Blanches colombes et vilains messieurs », Roland Jaccard écrit :

« Les éducations sentimentales en littérature sont souvent émouvantes. Celle de Vanessa Springora a un parfum de revanche qui lui enlève tout charme. Elle colle si parfaitement à l’esprit du temps, comme Flavie Flament avec David Hamilton, qu’on éprouve presque un sentiment de nausée face à ces règlements de compte qui surviennent trop tardivement pour être vraiment crédibles, même s’il est vrai que la vengeance est un plat qui se mange froid. »

On ne saurait mieux dire sauf à définir plus précisément ce qu’il faut entendre par « vengeance ». J’ai déjà essayé, dans plusieurs articles de ce blog, de définir la «vengeance sur la vie» que Poupette Lecanu a fait bien mal exorciser en la reportant sur David Hamilton, véritable bouc émissaire. Mais aussi sur sa propre mère, comme le fait Valessa Springora, en une sorte de «complexe d’œdipe» inversé si je puis dire. Œdipe est tout amour pour sa mère tandis que ces femmes-ci sont toute haine.

Chez la fille Lecanu, la vengeance fut pitoyable quant aux conséquences.

Partie d’une déprime transformée par ses gourous en phénomène de « mémoire traumatique » qui en psychiatrie sérieuse relève du délire de certains psychothérapeutes (j’ai cru comprendre que Roland Jaccard, qui a bien plus de connaissances que moi en ce domaine, ne dirait pas le contraire), passée par la diffamation médiatique généralisée, unanimiste et totalitaire, illégale, sa « vengeance » (alors même, qu’aujourd’hui encore, elle ressort apparemment fièrement, des photographies d’elle prises par le « vilain bonhomme »), sa « vengeance » donc, s’est achevée par l’assassinat de David Hamilton.

Personnellement, l’ordonnancement des faits passés, mais aussi les présentes réactions populacières de certains (agressions à l’encontre de Gabriel Matzneff qui a été obligé de s’exiler et qui par ailleurs a mis son blog aux « abonnés absents », mais aussi menaces de mauvais traitements ou de mort de la part d’anonymes à l’encontre de certains soutiens de Matzneff sur Internet) me conforte totalement dans cette idée d’assassinat. Alors même que la Justice, prompte à enquêter sur Matzneff « post-festum », semble totalement rétive à enquêter sur le « suicide » de David Hamilton.

Pour ce qui est de Vanessa Springora, par contre, j’ignore de quoi elle a voulu se « venger » précisément. Mais je constate que son prurit agressif à l’encontre de Matzneff « colle si parfaitement à l’esprit du temps » comme le dit justement Roland Jaccard, qu’il en perd intrinsèquement, toute valeur, tout intérêt.

D’ailleurs, je ne connais pas beaucoup, dans la grande littérature, de livre qui ait eu pour objet de faire la critique ad hominen, d’abattre mesquinement (Ô Femme!) un vieillard dont on commencerait à ranger son œuvre parmi la littérature du passé, qui plus est sur les rayons infernaux de la Bibliothèque nationale, en compagnie des immoraux et amoraux des siècles morts (aux livres non encore crématoriés, mais cela viendra peut-être un jour, au train où va une certaine hystérie misandre « féministe »).

Pour certaines femmes, celles du paraître et du petit monde germanopratin, il peut être particulièrement dur ou délicat d’aborder un autre pan de leur vie, la quarantaine entamée. Une revanche est à prendre sur la chair qui vieillit, sur les rides naissantes, sur quelque relent de cellulite. Le meilleur moyen de se venger du temps à tout jamais perdu est encore d’en rendre responsables les mâles. En particulier les premiers qui ont aimé ou usé leurs charmes naissants. 

Les loups et les louves qui hurlent grégairement, lâchement, de concert, et en tous domaines, n’ont jamais reçu mon agrément. Surtout comme ici, où les chefs et cheftaines de la meute anonyme, qui abaissent le sens commun (la dite « opinion publique »), cachetonnent à la caste médiatique au sens le plus large. Ce qui est le cas depuis le « mitou » ; au cinéma, à la radio-télévision comme pour Flament, ou dans l’édition comme pour Springora.

Au monde spectaculaire-marchand, le scandale est devenu l’alpha et l’oméga du talent et de la valeur marchande des choses. De nos jours, les éditeurs, même les plus sérieux, ont rejoint la bassesse généralisée des journaux, même autrefois les plus sérieux, devenus simples agents propagandistes d’ersatz de vérité et de tonnes de mensonges et de manipulations, dans une unique presse à scandales publicitaire aux « vertus » nulles et éphémères.

Le Petit Lexicographe.

From → divers

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