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FLAVIE, VANESSA ET … SARAH – APRÈS « LA CONSOLATION » ET « LE CONSENTEMENT », VOICI MAINTENANT « UN SI LONG SILENCE ».

 

Mais qu’ont donc ces femmes qui attendent la prescription d’un délit ou d’un crime réel ou supposé, et la quarantaine passée, pour s’épancher en des livres, sur leur passé d’adolescentes, et sur leurs malheurs fantasmatiques (Flavie Flament), chagrin d’amour d’ado pas encore digéré (Vanessa Springora) ou, ces jours récents, viol et divers abus sexuels – ici, selon la presse, le responsable aurait reconnu des « relations intimes inappropriées » et s’en serait « excusé » (sic) (Sarah Abitbol) ?

Sarah Abitbol est cette patineuse artistique de quarante-quatre ans qui depuis plusieurs années est dans le milieu du patinage spectacle genre Holiday on ice et autres, après avoir été une championne en couple au sein de l’équipe de France de patinage.

C’est sans doute l’épidémie de Mitou qui en est la cause. Mais il est quand curieux de se demander pourquoi ces femmes qui avaient tout le temps de porter plainte ne l’ont jamais fait.

Il est vrai qu’il a fallu que le gourou de Flavie la tarabuste pour qu’elle « se souvienne » avoir été violée vers l’âge de treize ans, comme si ça pouvait s’oublier à cet âge-là. Mais donc trop tard, prescription ; alors que cela ne tienne, diffamation, insultes et harcèlement avec la conclusion qu’on connaît pour David Hamilton, et qui semble peu choquer de gens de nos jours encore.

Il est vrai que l’on voit mal finalement ce que Vanessa Springora pouvait reprocher à Gabriel Matzneff, elle ne voulait écouter qu’elle-même et s’est détournée de ce dernier car il n’avait nullement l’intention d’en faire son unique – disons – amour ou désir. C’est le reproche essentiel de cette dernière : elle ne voulait pas partager. (Rien à voir avec le tourisme sexuel, etc. qu’elle devait d’ailleurs ignorer, du moins en ce temps-là). Ce cas est assez courant dans la vie des êtres humains et ne relèvent pas de la Justice (de la morale ou de la religion, mais c’est autre chose).

Enfin, Sarah Abitbol vient d’attendre 2020 pour publier dans un livre (Un si long silence) qu’elle a subi des attouchements, du harcèlement et été violée par son entraîneur entre l’âge de 15 et de 17 ans, soit entre 1990 et 1992. Sur Wikipédia on trouve écrit : « Sarah Abitbol déclare qu’elle n’a pas souhaité porter plainte, les faits étant prescrits ». Ce qui semble être un entremêlement de deux faits : 1/ elle n’a pas souhaité en son temps porter plainte, même après avoir informé le Ministre des Sports (peu réactif paraît-il) en 2007 (qui était alors soit Lamour soit Laporte) ; 2/ et aujourd’hui, même si elle le voulait, les faits sont prescrits.

Je n’entre pas ici dans un autre débat qui semble montrer que jusqu’à ce jour cet entraîneur aurait été couvert par les instances dirigeantes de sa Fédération sportive. Et il est dit également qu’une seconde patineuse aurait dénoncé ce même entraîneur ainsi qu’un autre (du moins c’est L’équipe qui a évoqué ce fait ces jours derniers). Mais laissons faire la Justice.

Mon but est plutôt de noter ces simples choses :

Quand on peut porter plainte on ne le fait  pas (je mets Flavie Flament dans le même cas, car si elle avait été violée à treize ans, elle ne l’aurait pas oublié, cela ne peut s’oublier et elle ou sa famille aurait porté plainte en heure et en temps, d’autant qu’elle entretenait des liens très proches avec sa mère … qu’elle a mis plus bas que terre beaucoup plus tard).

On attend d’avoir une quarantaine d’années pour en informer le monde et par écrit. Prescription passée et en pleine période de délations diverses fondées ou infondées. Surtout en une période mélangeant tout, détournement de mineur, abus sexuels, viols, meurtres d’enfants ou tourisme sexuel. Dans la plus grande confusion. Et en englobant généralement tout cela sous le terme galvaudé et inapproprié de « pédophilie » (mot à la mode ; et mot très ambivalent, ambigu, j’en reparlerai).

Je remarque que ces femmes sont sensiblement toutes de la même génération, du moins celles qui font l’actualité d’une manière prononcée et très médiatisée. Flavie Flament est née en 1974, Vanessa Springora en 1972, Sarah Abitbol en 1975, Léa Drucker – dont j’ai récemment parlé et qui a joué le rôle de la « mauvaise mère » de Flavie Flament dans un film de télévision – en 1972.

Je note aussi un fait quasi étrange : il semble avéré que le facteur déclenchant des déboires mentaux (annonçant son délire de viol) de Flavie Flament date de la mort de son grand-père ; quant au père de Vanessa Springora, il est mort en début d’année après la sortie du livre de sa fille ; enfin, le grand-père de Sarah Abitbol vient de mourir, il y a juste quelques jours. Serait-ce un signe des dieux ? Un rappel à l’ordre de ce bon vieux Sigismund Freud ?

Et une fois encore c’est vers notre grande spécialiste, notre psychiatre et juriste patentée ès viol, que se tourne la presse pipole (cette fois-ci c’est dans Gala du 7 courant) pour rappeler que Poupette savait déjà tout de l’affaire ! Un scribouillard dénommé Thomas Monnier (très mal informé d’ailleurs puisqu’il écrit « celle qui a fait son retour sur M6 à l’animation de L’Atelier » alors que l’émission a été déprogrammée récemment) recensant une certaine émission de la téloche dénommée C à Vous, du jeudi 6 février dernier expose :

Anne-Elisabeth Lemoine a révélé que Flavie Flament avait reçu un appel de Sarah Abitbol […] pour évoquer ses viols, et […] la pétillante blonde [sic] a joué un rôle prépondérant dans le cheminement de la patineuse. Celle qui a fait son retour sur M6 à l’animation de L’Atelier a lancé : « Je me souviens très bien de son appel. Elle avait besoin de parler, de partager et de se dire qu’elle n’était pas seule. Elle était à Miami, j’étais à Paris. (…) Je lui ai proposé de lui faire rencontrer des personnes qui pourraient la faire sortir de ce silence délétère. » Les deux femmes ont su s’écouter, s’aider et de soutenir dans cette horrible épreuve.

Remarque : si Sarah Abibol s’est adressée aux gourous de la psychiatrie de Poupette, cela n’a pas dû arranger les choses !

Tiens au fait, parmi les gens friands de détails sur les « grands » de l’actualité, je vais même « dévoiler » (moi aussi, qui ne suis pourtant pas diplômé d’une école de journalisme) le pourquoi de la présence d’Abitbol à Miami. C’est tout simplement parce qu’une partie de sa famille a immigré autrefois en ces lieux américains. Par contre je ne sais si, là-bas, ils tiennent une boîte de nuit comme son père en France.

Notre journaliste de gala, cite le nom de la présentatrice/animatrice de C à Vous (curieuse manière de prononcer : c’est à vous, d’ailleurs) sur France 5 : Anne-Elisabeth Lemoine. En voilà encore une de la même génération que Flavie Flament (elle est née en 1970) et qui comme elle a deux fils nés de deux pères différents. Autre «rencontre» : le second est né alors qu’elle avait quarante-deux ans, comme pour Léa Drucker qui a eu une fille au même âge.

Dernier détail qui rapproche encore Anne-Élisabeth de Flavie, c’est que l’une et l’autre se sont plaintes du comportement violent d’un ex. Castaldi pour Flavie (mais que croire de cette mythomane?). Et un soi-disant humoriste, de moi totalement inconnu, Mustapha El Atrassi, de quinze ans son cadet, contre qui Anne-Élisabeth a porté plainte « pour coups et blessures » il y a déjà quelques années. (J’ignore le résultat judiciaire de cette plainte et d’ailleurs, peu m’importe, ce n’est pas mon sujet principal).

Ma conclusion est que tout ce petit monde, au fil des ans et des modes dominantes, s’est formaté au même moule.

HUMOUR – HUMEUR

Récente répartie du crétin-en-chef de l’Élysée – lui-même ancien élève des jésuites – à la présidente des Associations familiales catholiques (AFC) : “Votre problème [sic], c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle”.

Si l’on met cette phrase au féminin, cela donne : « “Votre problème, c’est que vous croyez qu’une mère est forcément une femelle”.

Déjà de la part d’un kéké qui s’est marié avec une mère totalement accomplie, alors qu’il n’est ni père, ni mâle, il y a de quoi rire.

Mais de la part de la fonction politique qu’il occupe, il y a de quoi aussi s’inquiéter de ce que nous risquons tous les jours avec un tel individu dont la santé mentale semble bien défaillante.

Je suppose que pour le branleur, la présidente des AFC fait mauvais genre (sic) avec cette idée totalement rétrograde et de l’âge des cavernes, qu’un père est forcément un mâle, et non pas… un inséminateur artificiel et un jet de sperme, dont ne sait qui, congelé.

Pauvre type, vraiment nul en tout !

KIRK DOUGLAS EST MORT, MAIS LÉA DRUCKER S’INTERROGE

Léa Drucker – la nièce de la potiche télévisuelle aux émissions d’entre-soi feutré – qu’une certaine Lamome Stéphanie présente, dans un tout récent article internétal de « Paris-Match » (du 4 février), comme une « star anti-star » se livre à quelques confidences qui montrent quand même toutes les limites de ce milieu médiateux (presse, cinéma et autres représentants du « beau monde » du spectacle).

Le personnage d’apparence sympathique, qui ferait tout à l’envers (« Un premier bébé à 42 ans. Une première nomination aux César à 47 ans… »), qui déclare : « Je suis très séduite par les insoumis, des gens libres dans leur façon de s’exprimer et de vivre. Ils me réveillent. » (ses insoumis, ses rebelles étant Houellebecq et Depardieu !), n’est quand même pas si anti-star que ça puisqu’elle est apparue dans deux films tout ce qu’il y a de plus mode, conformiste et convenu ; parfaitement attendus et adéquats au temps présent.

Il y a un an, elle a décroché le César de la meilleure actrice pour Jusqu’à la garde le film totalement dans le vent d’un certain Xavier Legrand, où elle interprétait Miriam, une femme victime de violences conjugales. Beau sujet publicitaire. Les films – disons – de type documentaire sociétal, liés à l’actualité ou à l’idéologie dominante, qui sont je suppose aussi laids que la réalité, ne m’intéressent pas. L’Art doit transfigurer le réel, d’ailleurs à mes yeux, le cinéma est mort ou très moribond et moi qui fut autrefois, en ma jeunesse, un fana de cinéma, j’ignore aujourd’hui totalement ce monde surfait et faux et tous ces « complexes » cinématographeux.

Un peu avant, cette Léa s’est retrouvée dans La Consolation, film de téloche éponyme du chef-d’œuvre de perversité de Flavie Flament. Je ne lui en veux pas, mais quand elle affirme : « Le rôle de cette mère qui lui vole son enfance m’a autant passionnée que foutue par terre. Pour vivre ses rêves à elle, elle a exposé sa fille à un grand danger », je me dis qu’elle ne fait que répéter la thèse de l’accusation.

A-t-elle au moins essayé de rencontrer la première concernée, la génitrice de Flavie Flament ? A-t-elle essayé de se renseigner et d’entendre la partie adverse, la mère souillée, sa famille, son entourage, les gens de la petite cité où elle vit ? Car sa mère a le soutien de plus d’une personne qui la connaît de près.

Si cela avait été le cas, elle saurait déjà que sa mère n’était même pas là comme il est décrit largement dans La Consolation, lors de la rencontre initiale entre David Hamilton et Flavie Flament et lors de la première série de photos qu’il a prises d’elle. Si elle ment là-dessus, elle peut mentir sur le reste. Sa mère n’était pas au Cap d’Agde, mais en Normandie, tandis que Flavie était en compagnie de la famille d’un oncle.

Si Léa Drucker avait déjà un peu lu dans la presse ce qu’affirme – tout à fait librement – Flavie, elle saurait également qu’elle a connu une enfance heureuse ; et donc que personne ne le lui a volée, pas sa mère plus qu’un autre. Si même elle s’en était tenue à lire La Consolation, elle saurait, par exemple, que sa mère n’a rien à voir dans le rapport sexuel que sa fille a eu avec un autre jeune de son âge dans les « cabinets » inconfortables d’un train qui les emmenaient en colonie de vacances.

Je me demande si la vraie niaiserie de la Poupette d’alors (comme elle le présente) ou sa niaiserie feinte, n’en ferait pas aujourd’hui, en 2020, un bon prétexte à dénonciation d’un viol dit « par surprise » ; expression derrière laquelle on peut tout mettre et surtout la mauvaise foi.

Si Léa s’était également un peu plus renseignée sur la vie de Flavie, elle saurait qu’elle est assez coutumière (et ceci depuis le plus jeune âge) d’utiliser son charme pour collectionner les mâles à son profit et plus encore au profit de sa carrière. Cela remonte déjà au temps d’OK ! magazine.

Enfin reconnaissons cependant à Léa la seule réflexion qui vaille, en un temps de lynchage médiatique (mais également d’intolérance, de silence et de tabous sur tant et plus de sujets sociaux ou sociétaux) : « Je trouve le débat sur la différence entre l’homme et son œuvre intéressant. Je m’interroge beaucoup à ce sujet. J’aime Céline et pourtant je suis issue d’une famille juive. Je suis contre la censure des œuvres, chacun est libre de voir et de lire ce qu’il veut. »

Pour la taquiner – mais je me doute qu’elle ne me lira jamais – je pourrais dire que c’est tout à fait normal qu’elle aime Céline (l’homme ? l’œuvre ? Les deux?).

En effet, Léa Drucker – si j’ai bien lu – semble être née et/ou avoir vécu jeune à la frontière de la Normandie et de la Bretagne (du côté normand). Et quoi de plus britto-normand que le parisien d’importation Destouches, celui qui a pris le prénom de sa grand-mère maternelle bretonne – Céline Guillou – comme nom de plume ? Mais aussi quoi de plus bretonne finalement que Léa Drucker, car lorsqu’elle dit qu’elle est d’une famille juive, elle a à moitié faux, et même tout faux puisque, selon la tradition juive, c’est par la mère que l’on est juif. Or sa mère a pour nom de famille Le Cornec, patronyme typiquement breton, qui fleure bon la Bretagne celtique. En effet, Le Cornec est une semi-francisation de : ar Korneg, autrement dit Le Cornu. On peut même se demander si l’un de ses ancêtres maternels d’Armorique n’a pas été un jour reconnu comme cocu dans son village. Ainsi va la vie… On a les pays et les payses qu’on peut.

Si elle veut se dire d’origine juive ou pleinement juive grand bien lui fasse (d’ailleurs fréquente-t-elle la synagogue?), mais elle devrait cependant reconnaître qu’elle est au moins bâtardée bretonne. À force d’approximer, on finit par dire ou écrire des choses partiellement ou totalement fausses. Et ceci en tout domaine. N’est-ce pas Flavie ?

En attendant Issur Danielovitch Demsky, l’une des vieilles idoles du cinéma américain des années d’après-guerre, en couleur et grand écran (pas comme aujourd’hui), 103 ans passés, dit Kirk Douglas, vient de défunter ! Quinze ans, jour pour jour, après ma mère. Ce qui n’est pas sans m’inquiéter sur mon propre avenir.

L’HUMOUR INVOLONTAIRE HOLLYWOODIEN

Dans l’Affaire Weinstein, je ne sais pas ce qui est le pire, le personnage ou ses victimes réelles ou supposées. Ledit prédateur – ou ex prédateur, car aujourd’hui il se déplace difficilement grâce à un déambulateur – et les anciennes actrices en herbe qui furent prêtes à tout pour devenir des starlettes.

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Phénomène qui remonte en fait aussi loin que le cinéma hollywoodien existe. Et ceci de notoriété publique. J’ai déjà évoqué, mais entre temps j’ai oublié qui elle était, cette actrice qui disait que pour réussir à Hollywood il fallait accepter d’être une catin.

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Weinstein n’est que l’un des innombrables magnats de la finance cinématographique, ou acteurs de renom (dont certains très connus en leur temps), a avoir agi comme il a fait. Dans ce milieu sans foi ni loi, celui des cocufiages en vase clos, des « parties fines », de l’alcool et de la drogue, il n’est pas l’exception, mais la norme.

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Une certaine Jessica Mann vient de témoigner au procès que subit présentement Weinstein. Ce qu’on en apprend montre le grotesque de tout ce milieu du spectacle pas mal dégénéré. Je n’ai pu empêcher quelques ricanements à lire ce morceau choisi de littérature pipole (cf. Purepeople du 2 février courant) relatant d’une manière éminemment drôle les faits et gestes (d’ailleurs à la limite du non crédible) dudit prédateur et les propos proprement délirants de sa victime  dont le morceau de choix est celui-ci :

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Plus tard, alors qu’elle était en compagnie d’une assistante du producteur, il l’a attirée dans une chambre et a tenté de l’embrasser. Elle s’est défendue, a résisté verbalement mais il est parvenu à lui faire un cunnilingus. « J’ai commencé à feindre un orgasme pour me sortir de là« , avant de parvenir à quitter les lieux, a-t-elle assuré. « J’étais paumée« , a-t-elle dit sur la suite de ses rapports avec le magnat de la Weinstein Company. « J’ai décidé d’avoir une relation (suivie) avec lui, a-t-elle poursuivi. C’était extrêmement dégradant. » Harvey Weinstein a été de plus en plus loin, lui imposant des parties à trois, lui urinant dessus, lui lançant : « Tu aimes ma grosse bite juive ? » Décrivant l’hygiène déplorable du producteur – « il sent la merde, pardon » – la plaignante a également déclaré : « Il n’a pas de testicules. Quand je l’ai vu nu pour la première fois, j’étais pleine de compassion. » Jessica Mann n’avait pourtant qu’un rêve en tête, celui de devenir une actrice connue.

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Ma conclusion est simple : qui se ressemblent, s’assemblent !

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L’histoire de ce type qui « sent la merde », qui est muni d’une « grosse bite juive » (Desproges aurait dit : d’une bite à col roulé) non accompagnée de cojones, et dont il se sert pour pisser sur sa victime, en voilà d’une scène qui aurait été du plus haut comique interprétée par l’un ou l’autre des Marx Bros.

VANESSA SPRINGORA ET LA RÉPURGATION MÉDIATIQUE

Une certaine Violaine de Mondeclos (ou quelque chose comme ça) s’interroge dans Le Point : « Art ? Faut-il purger les années 1970 et 1980 ? »

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Tout d’abord faudrait-il s’entendre sur le mot « art » ; s’il s’agit de la merde de notre temps (à prendre parfois au sens propre du terme, enfin au sens premier et plutôt sale, certains guignols étant spécialisés dans la scatologie, à l’image par exemple de l’écrivailleuse et pauvre Flavie Flament), s’il s’agit donc (pour risquer cette redondance) des immondices immondes dénommées « art contemporain », il ne fait aucun doute que plus d’une personne, pour ne pas dire l’énorme majorité des gens sensés, est prête à militer pour sa destruction totale ; et pas seulement celui des années soixante-dix et quatre-vingt.

Pour mon cas, mon libéralisme extrême en ce domaine, mon attachement viscéral à la liberté d’opinion, d’expression, de publication et de diffusion, m’interdisent de cautionner ou de participer à tout pogrom dans les arts ou même prétendus tels – pas de moustache à la Joconde et laissons faire le temps impitoyable sur les « œuvres » de Buren… Comme ils me mettent intrinsèquement hors de tout mouvement de masse qui fait la honte de l’humanité et que l’on nomme « purge », «épuration», « tonte de cheveux, non pas en quatre, mais des mécréants », «lynchage pour de vrai ou médiatique», «apurement de textes», « désherbage de bibliothèques », «enfers des arts», etc.

Moi ce qui me fait sauter au plafond présentement, c’est le sans-gêne peu ragoutant, la dégueulasserie de toute cette engeance médiatique de propagande qui, en meute de mauvais loups, s’acharnent d’un coup d’un seul sur quelques « petits vieux » qu’ils ont été eux-mêmes les premiers à accueillir en leur sein, les premiers à aduler et à plébisciter, Et voilà que Le Point vient de lâcher Matzneff, et voilà que Gallimard le renie !

Mais qu’est-ce que c’est que ce monde de loufdingues qui lâchent leur propre rédacteur ou leur propre écrivain ? Et crache dessus en prime !

Qu’est-ce que cette mélasse journaleuse (fort heureusement de moins en moins lue, car l’énorme majorité des gens sait ce qu’elle vaut, ou plutôt ce qu’elle ne vaut pas ou plus) qui, de deux ou trois épiphénomènes « sociétaux » – comme on dit de nos jours – et sur le modèle des journaux officiels des pires dictatures, en font de véritables affaires d’État pour restreindre toujours un peu plus la liberté créatrice et l’Art réel?

Il n’y a que les imbéciles dont une énorme majorité de journalistes incultes (et par ailleurs souvent dévoyés) pour nous faire le coup de la leçon de morale. C’est ainsi que la Violaine précitée nous dit : « L’époque réclame – légitimement – des comptes à ces artistes qui se sont arrogé, dans la vraie vie, le droit de tout faire. Au risque de dénier à l’art le droit de tout dire . »

C’est quoi l’époque ? C’est quoi la légitimité ? C’est quoi réclamer des comptes ? Et de quel « tout faire » s’agit-il ? Qui es-tu donc, toi qui demandes des comptes au Passé, à ce qui est définitivement mort ? Même la Justice connaît, à de rares exceptions près, qui font polémiques depuis des années, la prescription ; mais aussi la mort qui éteint les procès.

Tu écris : « Flavie Flament […] accusait en 2016 David Hamilton – dont les photos érotiques de jeunes filles prépubères sont si emblématiques de ces années-là, de l’avoir violée, etc. » On peut reconnaître qu’au moins toi, Violaine, tu n’écris pas que David Hamilton l’a violée. Mais quand tu évoques des jeunes filles prépubères, tu as faux ; il s’agit plus sûrement de jeunes pubères, d’ailleurs photographiées avec l’accord de leurs parents. Et si tu n’es pas capable de comprendre ce qu’il y a d’éminemment artistique et poétique en cela, l’âge le plus mystérieux de la femme, tu ne comprends rien à l’Art. D’ailleurs David Hamilton n’a pas fait que photographier des jeunes filles pubères, mais aussi des adultes, mais aussi des danseuses, fait des photos de mode ou de publicité, photographié des natures mortes ou encore des paysages, Venise, etc.

Si je comprends bien ta logique, demande alors des comptes à l’Église qui pendant des siècles, y compris même au Vatican a laissé peindre tant et plus de petit Jésus ou autant d’Amours païens tout nus et le zizi à l’air, en compagnie de Marie accorte et les seins offerts au regard, ou tant et plus d’adultes nus, aussi bien mâles que femelles, en de nombreuses fresques. Certes certains ont été encaleçonnés, mais ce fut généralement au moment de la Contre-Réforme, quand l’Église a cru bon de singer l’hypocrisie protestante, celle que l’on subit encore du côté de l’empire nord-américain (fort heureusement de plus en plus mis à mal).

N’aurais-tu jamais vu de fresques ou autres de Herculanum, Oplontis, Pompéi et Stabies ? Ignores-tu l’existence des cultes phalliques antiques ? Sais-tu que plus d’une jeune romaine se « déniaisait » elle-même au contact intime de la statut d’un Pan ithyphallique en présence de quelques matrones ? Alors, vois-tu, les cris d’orfraies très tardifs d’une Vanessa qui a fréquenté – selon son désir et ne voulant écouter qu’elle-même – son ogre prétendu, me paraissent presque risibles à côté de tout ça. Non, le fond de l’histoire encore une fois, c’est qu’il ne lui a pas été fidèle et exclusif. Mais je crois qu’elle avait été prévenue par son entourage, dont son père.

Plus de cris de nos jours dans la presse contre Matzneff (pour s’en tenir à cet exemple), qui n’a tué personne et repris à son compte la « tradition » gidienne (que personnellement je n’approuve, ni ne cautionne, mais qui en fait n’est pas l’objet initial de l’Affaire Springora), que contre le salaud élyséen qui entretient les guerres, l’exploitation mondialiste, les violences policières contre le peuple, l’immigration incontrôlée et la misère en un pays qu’il déteste.

Autant d’affaires de mœurs ou prétendues telles pour amuser le « bon peuple » qui n’en peu mais, et alors même qu’il ne s’intéresse plus guère à l’actualité. Certaines gazettes ou certains éditeurs pourraient baisser rideau, cela ferait très certainement du bien à tout le monde.

Gabriel Matzneff: « Pentiti, scellerato »?

Publié le par

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L’Affaire Matzneff, ces jours-ci, devient encore plus déplaisante que d’ordinaire.

« Pentiti, cangia vita, è l’ultimo momento! Pentiti, scellerato! » (Don Giovanni)

L’écrivain semble avoir prononcé quelques « excuses » au sujet des pratiques pédophiles (« tourisme sexuel » avec des garçonnets) qu’il décrivait ou dont il se vantait dans certains de ses livres. Ces excuses doivent être soulignées car, sur le blog « En défense de David Hamilton », nous avons toujours insisté (et continuerons à le faire) quant à l’incompréhension totale et absolue que nous ressentons et manifestons à l’égard de tout tourisme sexuel.

Mon ami Roland Jaccard – qui est par ailleurs un ami de longue date de Gabriel Matzneff – a la même position que moi. Tout en défendant l’écrivain Matzneff, il s’est désolidarisé du goût de l’homme Matzneff pour les petits garçons (ou pour les petites filles).

« Contrairement à Matzneff, je n’ai aucune attirance pour les petits garçons et pour les petites filles. Sur ce plan, je suis désespérément normal« .  (Un propos de Roland Jaccard que je partage totalement : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

Ni Roland Jaccard, ni David Hamilton, ni moi-même n’avons jamais publié le moindre propos en faveur du tourisme sexuel, ou évoqué quelque attirance que ce soit pour les petits garçons ou les petites filles. David Hamilton, de son côté, n’a photographié que des adolescentes nubiles (nubile: en âge de se marier).

A propos, je ne connais que Roland Jaccard et moi, en France, pour avoir défendu David Hamilton. Une défense que n’a en revanche jamais entreprise Gabriel Matzneff.

Quand Gabriel Matzneff, qui a si souvent parlé du personnage de Don Giovanni, se répand en excuses (qui ne lui serviront d’ailleurs strictement à rien, à mon avis), et j’ajoute: en excuses souvent pas adroites du tout, il n’est hélas plus en rien donjuanesque (que l’on songe à la scène du Pentiti… No!)

La traque

Cela dit, des journalistes de la télévision et de la presse écrite sont allés filmer, photographier, et même interviewer Gabriel Matzneff dans son palace, son « hôtel quatre étoiles » qu’il fréquente depuis dix ans, dont il parle dans son journal intime, et qui se trouve sur le territoire (somme toute exigu) de la Riviera italienne. A si peu de distance de la France.

Il se trouve que je connais à merveille l’Italie, pays où j’ai passé la plus grande partie de ma vie et où j’ai même de la famille. Or n’importe qui, en Italie, simplement avec les renseignements qui précèdent et en observant les photos (notamment dans Paris Match) de Gabriel Matzneff sur le lungomare (le bord de mer), comprend en trente secondes où il se trouve.

C’est ici que réside le danger. Que la justice fasse son travail, tel est son rôle.

Mais ce qui est et reste inconcevable à mes yeux est que ce soit des journalistes qui mettent en oeuvre une sorte de chasse à l’homme, une traque, en publiant suffisamment d’informations, de photographies ou d’images pour que tout le monde sache où s’est réfugié un écrivain âgé de 83 ans.

Que l’on relise – encore – Roland Jaccard, ici :

« Mais le climat général est favorable à la judiciarisation des rapports humains, y compris dans ce qu’ils ont de plus intime. Est-ce vraiment un progrès ? Matzneff a-t-il mérité ce qui lui arrive ? Mettons qu’il a sous-estimé la férocité des humains lorsqu’ils chassent en meute et vécu dans une forme d’érotomanie, c’est-à-dire avec l’illusion délirante d’être aimé. Il a passé sa vie à construire sa propre statue. Et voici qu’elle est démolie. C’est un rude coup pour son narcissisme« . (Roland Jaccard: https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

LES VIEUX COPAINS

Rare vidéo du Ferré des dernières années où il est en compagnie de la méditerranéenne mère de ses enfants. La dernière fois (la sixième) que je l’ai vu « pour de vrai », en 1991/92 par là, sa manière de marcher que l’on remarque ici n’avait vraiment frappé. Vingt ans plutôt je le vois encore tout trépignant en chantant, boule de nerfs, à deux / trois mètres de moi. Ce n’était pas le même… et si, pourtant.

https://www.youtube.com/watch?v=uTiN_Bq7Bl4&list=RDuTiN_Bq7Bl4&start_radio=1

« Les vieux copains que l’on voit s’a-n aller … » comme le dit Ferré cet homme du Midi, et comme aurait pu le dire Brassens, cet autre homme du Midi, ou Trénet… Les Vieux Copains, cette chanson a connu plusieurs versions par plusieurs personnes, car en fait le texte est plus long de plusieurs strophes, de plusieurs couplets, sur le papier. Et découpé différemment selon les uns et les autres. 1

Celui qui suit est celui qui est chanté sur la vidéo.

Les vieux copains
Tout ridés fatigués
Qui vous tendent la main
Après bien des années

Les vieux copains
Que l’on voit s’en aller
En s’ tenant par la main
Pour ne pas culbuter

Les vieux copains
Qu’ont les yeux comm’ les cieux
Quand les cieux sont tout gris
Et qui voient pour le mieux

Les vieux copains
Tout salis par le temps
Qui n’est plus qu’à la pluie
Quand il pleut dans les yeux

Les vieux copains
Tout ridés fatigués
Qui vous tendent la main
Après bien des années

Les vieux copains
Que l’on voit s’en aller
En s’ tenant par la main
Pour ne pas culbuter

***
J’suis un d’ceux-là mon Dieu!
Donnez-moi des jardins
Pour cueillir la jeunesse
Pour couper les années

Pour en faire des tresses
Pas ma jeunesse à moi
Elle n’était pas heureuse
Mais celle que voilà

Dans les bras d’une gueuse
Avec ses seins trahis
Sous la robe trompeuse
Avec le reste aussi

Et croyez-moi, Petite
J’étais souvent gentil
Avec mon cœur devant
Et mes rêves dedans

***

Les vieux copains
Qu’on avait cru des fois
Prendre l’or de leur voix
Pour t’offrir un bijou

Les vieux copains
Qui te prenaient le temps
Pour se faire un printemps
Et t’en donner un bout

Les vieux copains
Qu’ont le passé passé
Dans leurs pas trop pressés
A marcher sur l’Amour

Les vieux copains
Qui dis’nt « Comment vas-tu ? »
Et qui ne savent plus
Ni leur nom ni le tien

Les vieux copains
Qu’on avait cru des fois
Prendre l’or de leur voix
Pour t’offrir un bijou

Les vieux copains
Qui te prenaient le temps
Pour se faire un printemps
Et t’en donner un bout

***

J’suis un d’ceux-là mon Dieu!
Rendez-moi la Folie
Celle que je cachais
Dans le fond de mon lit

Lorsque la nuit venait
Et que je dénonçais
Dans l’horreur du silence
Les raisons de la chance

A faire que la vie
Se raconte ou se vit
Ça dépend du talent
Qui se donne ou se vend

Quand on a décidé
De vivre ou de chanter
L’Amour et l’Amitié
Qui ne font que passer

***

Les vieux copains
Que je n’ reconnais plus
Qui passent dans la rue
En traînant des chagrins

Les vieux copains
Tout courbés par le temps
Quand le temps est au Nord
Quand le Nord est d’accord

Les vieux copains
Qu’ont des rides souillées
Par des larmes séchées
A travers les années

Les vieux copains
Qui mang’nt à la Sécu
Et qui ne savent plus
Où est l’quartier Latin

Les vieux copains
Que je n’ reconnais plus
Qui passent dans la rue
En traînant des chagrins

Les vieux copains
Tout courbés par le temps
Quand le temps est au Nord
Quand le Nord est d’accord

***

J’suis pas d’ceux-là mon Dieu!
Je vous rends la passion
Que vous m’avez prêtée
Un jour de déraison

Pour croire à vos conn’ries
Pour croire à vos enfants
Alors que cette vie
N’est fait’ que d’un instant

J’naîtrai demain matin
Quand tous mes vieux copains
S’électréliseront
Et réinventeront

Dans le pas du silence
Des raisons de la chance
A faire que la vie
Se raconte ou se vit

***
Alors, ces vieux copains
Se mettront à chanter :
Ô Camarades,
Electrélisons-nous!

Et si quelques étoiles
Veulent nous voir
On pourra toujours leur prêter
Quelques volts en supplément 2

Et alors… et alors…
Ell’s nous verront debout
Avec nos mains dans leurs coutures
Camarad’s… Camarad’s

Ell’s nous verront debout
Avec leurs mains dans leurs coutures
Camarad’, viens, camarad’, viens.

 

1 – Par exemple : … / Quand les chevaux vapeurs / De tous mes vieux copains / S’électréliseront [sic] / Et réinventeront / Dans leur âme fanée / Les roses de l’Enfer / La Folie du plus Fou…
2 – Ce vers impair déroge à tous les autres qui sont pairs (de 8, 6, ou 4 pieds) du moins avec des syncopes de « e ». Je passe sur une ou deux syncopes supplémentaires faites par Ferré en chantant, ou à l’inverse au moins un « e » non syncopé, mais impairisant, allongeant le vers.

AFFAIRE HAMILTON, DE NOUVEAUX TEMOIGNAGES. Icône de Saint-Tropez : David Hamilton a-t-il tourné un film, Madame Michu, là où, en plein 68, avait échoué le cadavre d’un homme décapité?

***

Imagine-t-on quelque Folle Furieuse déclarant?…

  • « Vous savez, David Hamilton a tourné un film sur Saint-Tropez. Vous savez, un grand officier fut décapité le 29 avril 68 et son corps s’échoua le 17 mai, en plein 68 , sur la plage de Saint-Tropez. Vous voyez les lieux où David Hamilton aimait à faire ses films?«
  • Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh! (désapprobation populaire)

*

Rassurez-vous, braves gens, David Hamilton n’avait décapité personne et pourra difficilement être accusé d’avoir eu quoi que ce soit à voir avec la mort tragique de Caïus Silvius Torpetius.

Images extraites de ce très, très beau film de David Hamilton que fut « Un été à Saint Tropez« .

DE L’ÉVANESCENTE VANESSA À L’EMIL IMMANENT

Résumons :

Le garagiste Riester, notre « sinistre de l’inculture », comme aurait pu le dire Coluche, vient donc de se lancer dans une campagne totalement imbécile, inutile et dispendieuse, auprès de la BNF l’encombrant avec l’idée totalement farfelue, saugrenue, extravagante de vouloir que l’on joigne aux notices d’auteurs les éléments concernant d’éventuelles polémiques ou décisions de justice.

Ce que c’est, d’être bête et formaté !

Or, qu’elle n’a pas été ma surprise hier, y cherchant tout autre chose, de trouver au milieu de l’article Emil Cioran de ladite « encyclopédie libre » internétique tout ce paragraphe grotesque et totalement disproportionné par rapport à la vie et à la pensée cioraniennes, ajout pour ne pas dire tout à fait incongru (historiette en partie citative déjà évoquée sur les ondes, me dit-on) :

Vanessa Springora [notre tout nouvel écrivain officiel, prix Trogneux du confusionnisme intéressé] mentionne dans son livre Le Consentement être allée se réfugier chez Cioran après avoir appris que Gabriel Matzneff ne lui était pas fidèle. Cioran aurait, selon Springora, défendu Matzneff au nom de son statut de grand écrivain : « V. , me coupe-t-il d’un ton grave, G. est un artiste, un très grand écrivain, le monde s’en rendra compte un jour. Ou peut-être pas, qui sait ? Vous l’aimez, vous devez accepter sa personnalité. G. ne changera jamais. C’est un immense honneur qu’il vous a fait en vous choisissant. Votre rôle est de l’accompagner sur le chemin de la création, de vous plier à ses caprices aussi. Je sais qu’il vous adore. Mais souvent les femmes ne comprennent pas ce dont un artiste a besoin. Savez-vous que l’épouse de Tolstoï passait ses journées à taper le manuscrit que son mari écrivait à la main, corrigeant sans répit la moindre de ses petites fautes, avec une abnégation complète ! Sacrificiel et oblatif, voilà le type d’amour qu’une femme d’artiste doit à celui qu’elle aime.

Serait-ce le début d’une intarissable récollection, compilation plus ou moins insipide de tous les propos vrais ou faux des uns et des autres au sujet, en l’occurrence, de Cioran sur l’officine de la pensée conforme ? Les wikipédistes, en parfaits petits soldats de la propagande et de l’épandage des discours officiels, seraient-ils encore une fois touchés par la grâce des polémiques stériles et délatrices ?

*

Certes, dans l’entretien, l’unique qu’elle n’ait jamais accordé à un écrivain, la compagne d’un demi-siècle de Cioran, Simone Boué a pu dire, que son compagnon avait la manie d’aider les gens. Mais je n’ai pas l’impression qu’il s’agissait des gens en général et encore moins des inconnus ou quasi inconnus, ou de jeunettes entr’aperçues ; mais de ses intimes, ses amis (apparemment plus souvent masculins que féminins d’ailleurs), ou ses traducteurs en particulier. 1

Simone nous cite l’exemple de Ionesco, intime des intimes de Cioran, esprit torturé comme le fut Cioran, et sans doute lui aussi poursuivi par l’idée de l’échec et du ratage (tel Cioran, personnage autant jovial et volubile en société, paraît-il, que sinistre et suicidaire dans l’intimité de l’écriture), ce Ionesco qui tenait tant à entrer à l’Académie française. Et Cioran qui le lui déconseilla jusqu’au jour où il se rendit compte qu’Eugène le prenait mal et se tut sur le sujet. Le tout s’achevant sur une boutade :

« Il raconte aussi dans ses cahiers [les cahiers de Cioran] que Ionesco lui dit un jour : « maintenant que je suis membre de l’Académie, un Immortel, c’est à vie, c’est définitif ». Et Cioran lui dit : « pas forcément, il y a l’exemple de Pétain, de Maurras, de Daudet, qui en ont été exclus. Il se peut que tu commettes une trahison ». Et Eugène répond : « l’espoir, donc, est permis ».

Mais, à mon sens, ceci ne va pas à l’encontre de l’opinion de l’écrivain roumain Radu Portocală qui vient d’émettre de sérieux doutes sur la réalité de la ou des rencontres entre Vanessa Springora et Emil Cioran. Ou du moins, il a mis en doute la réalité de ce qu’elle a pu voir de Cioran, de sa compagne, de son petit appartement, et conteste plus encore les propos que l’écrivain aurait pu tenir à l’endroit de celle qui n’était pas une amie de plusieurs décennies, mais encore qu’une gamine quasi inconnue de lui, qui avait tout à prouver, et dont il aurait pu être (vers le milieu des années 80) au moins le grand-père, voire l’arrière-grand-père.

Il convient de ne pas tout mélanger.

Personnellement, nous en concluons que comme il y avait le Cioran public ouvert et le Cioran privé fermé, il y avait le Cioran très proche de ses amis (et de sa famille au loin en Roumanie, qu’il aidait comme il pouvait) et expansif, et le Cioran « d’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui » hors de son cercle de proches ou d’intimes. 2

*

D’ailleurs – « peut-on parler honnêtement d’autre chose que de Dieu ou de soi ? » (in Entretiens) – le personnage qui l’intéressait le plus, et qu’il sembla toute sa vie rejeter, ce fut lui-même, en misanthrope intégral du moins à ses heures les plus noires, lui l’auteur  De l’inconvénient d’être né. Ajoutons encore cet autre passage de l’entretien de Simone Boué qui conforte nos idées sur le personnage :

N. D. Dans ses entretiens aussi, Cioran a été toujours très discret sur sa vie privée, sur vous-même et ses rapports avec vous.
S. B. Jamais il n’a parlé de moi. D’ailleurs, on avait des vies tout à fait séparées, tout à fait différentes même … Moi, j’étais professeur, quand je rentrais, je ne lui parlais absolument jamais, ce qui ne l’aurait pas intéressé de toutes façons, de ce que je faisais au lycée.

Ou ceci :

N. D. Ça ne vous fâche pas un peu de voir qu’il ne parle jamais de vous [dans ses cahiers] ?
S . B. Non, cela m’étonne, simplement.

Ou encore cela :

N. D. Mais quand même, quand il recevait ses amis, vous étiez là ?
S. B. Oui, naturellement, tous ses amis, ses traducteurs en particulier, il y aurait un livre à écrire sur les traducteurs de Cioran! Vers 1950, il s’est mis à fréquenter le salon de Mme Tézenas, où il a rencontré des gens intéressants. Et moi, de toutes façons, mon obsession, c’était de ne pas me coucher trop tard parce que le lendemain, j’avais des cours. De plus, j’étais très sauvage et très timide. Et il sortait absolument indépendamment de moi. Ainsi Jeannine Worms 3 a reçu Cioran pendant des années sans soupçonner mon existence. Cioran ne parlait jamais de moi, et moi non plus, pour rien au monde je n’aurais voulu parler de lui à ma famille.
N . D. Elle ne savait rien de Cioran ?
S. D. Non, je n’allais pas dire : je connais quelqu’un, il est apatride, il n’a pas de profession, il n’a pas d’argent. Si larges d’esprit que fussent mes parents, il ne l’auraient pas admis.
N. D. Et il n‘a jamais connu vos parents ?
S. B. Non…

Au dossier concernant la discrétion d’Emil Cioran ajoutons encore ce texte que je n’ai pas identifié mais qui doit être dans le recueil posthumes d’Entretiens (1995) que je n’ai pas sous la main en ce moment :

Simone Boué a été ma grande compagne à partir des années 50. Et nous nous sommes aimés toujours… quand même ; et ce « quand même » couvre un infini. L’art d’aimer n’est-il pas savoir joindre à un tempérament de vampire la discrétion d’une anémone ? Ne me demandez pas aujourd’hui de trop écorcher cette discrétion. Certains pourraient croire, étant donné que je n’ai jamais parlé dans mes livres de ma compagne de vie et de son support généreux, que je n’étais pas un vrai écorché de la solitude. Ce serait bien mal connaître ce qu’est l’incontournable et fondamental isolement de l’être même dans la famille la plus intense. Qui n’a pas connu cet isolement, l’a tout simplement fui. J’ai écrit « aimer son prochain est chose inconcevable. Est-ce qu’on demande à un virus d’aimer un autre virus ? » Voilà pour vous dire mon inconfort face au grand mythe.

Enfin, à propos d’absence, qui n’a pas remarqué que le sexe était extrêmement marginal, pour ne pas dire quasi absent de l’œuvre de Cioran, ce qui conforte un peu plus l’aspect discret replié sur soi d’un Cioran peu expansif finalement en plus d’un domaine ; en particulier dans celui du sentiment pour ses prochains, et plus encore de l’animalité de la nature humaine. J’ai d’ailleurs bien du mal à voir un rapport entre Matzneff et ses obsession phalliques et descriptions « techniques » de « vieil ado », un ami est-il dit (il fut, lui l’orthodoxe à ses obsèques également orthodoxes), et Cioran et ses obsessions tout ce qu’il y a de plus intellectuelles, pour ne pas dire intellectualisées, idéelles, éthérées.

*

Pauvre Vanessa, petit moustique, qui pour se donner de l’importance dit avoir croisé Cioran, qui plus est pour plus ou moins le dénigrer, lui aussi. Car il de bon ton aujourd’hui d’avoir côtoyé l’idole. Mais quel plaisir enfantin et anti-mâle assez primaire de vouloir l’abattre. Lui qui fut d’ailleurs si longtemps ignoré des lettres, un auteur riquiqui pécuniairement parlant, du moins en France comme en témoigna Simone Boué :

Cioran [ce « Cioran », et ceux qui suivent, confirment bien que sa compagne elle-même l’appelait ainsi, mais j’ignore si elle le prononçait à la française (siorã) ou à la roumaine (tchoràn)] s’était mis dans la tête que s’il était publié en livre de poche, il serait lu par les jeunes […] Alors il me dit un jour : je vais aller voir Claude Gallimard et je vais lui dire que je veux être publié en livre de poche. Moi, je savais que ses livres ne se vendaient pas du tout, et je lui ai déconseillé cette démarche. Il y est allé quand même. […] Donc il va chez Gallimard et Claude ne dit rien, il se lève, et prend un dossier dans lequel il y avait le chiffre des ventes de Cioran, des chiffres absolument ridicules. Il montre ça à Cioran et il dit : dans ces conditions, on ne peut pas vous publier en livre de poche. Et je revois Cioran rentrant ici, plus pâle que la mort, et qui me dit : tu avais raison – ce qui était rare dans sa bouche.

Et comme elle précise aussitôt « Sa vie a été une série d’humiliations. Le succès a […] commencé […] très très tard ». En fait, à la fin des années soixante-dix et courant des années quatre-vingt (c’est à cette époque-là d’ailleurs, au tout début des années quatre-vingt, que j’ai découvert cet auteur dont le pessimisme et la lucidité s’accordaient si bien au nouvel état social et triste air du temps), et essentiellement en 1986 avec l’édition de ses Exercices d’admiration… où il parlait enfin des autres si l’on peut dire, mais finalement au travers de son propre miroir ; son dernier livre si l’on excepte des entretiens par exemple.

Et pour finir j’ajouterai ce détail taquin, confirmant totalement ce qu’en a dit par ailleurs Portocală, repris encore une fois de cet unique entretien qu’accorda Simone Boué à Norbert Didille :

N. D. : E.M. Cioran 4, c’était une façon de dissimuler son prénom qui ne lui plaisait pas trop en France.
S. B. : C’est ça. Il considérait qu’Emile, en français, c’était un prénom de coiffeur.

* * *

Notes :

1 – Cf. « interview de Simone Boué par Norbert Dodille » in Lectures de Cioran – L’Harmattan, Paris, 1997 pp. 11 à 41) : « Cioran aimait beaucoup Paruit, il l’avait poussé à devenir traducteur, il lui trouvait du talent. Car Cioran avait une manie, c’était d’aider les gens, de les conseiller, de les obliger même à faire certaines choses. Cioran aimait beaucoup donner des conseils, moi, je n’ai jamais beaucoup cru aux conseils en général. » Alain Paruit (1939-2009) a traduit de nombreux ouvrages du roumain au français. Dont plusieurs de Cioran et de Mircea Eliade. Norbert Dodille (1948-2012) fut docteur en littérature française, universitaire, directeur de l’Institut français de Bucarest (en 1992), écrivain.

2 – Voir ce passage précédemment cité : « Quant au petit discours que Cioran aurait tenu pour la défense de « G. », il est parfaitement invraisemblable. D’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui, Cioran n’aurait jamais accepté de commenter les affaires personnelles de quiconque, et encore moins celles d’une gamine ».

3 – Romancière, essayiste, dramaturge, auteur d’aphorismes, poétesse, traductrice… née à Buenos-Aires d’une famille de juifs alsaciens ; épouse de Gérard Worms qui fut directeur des Éditions du Rocher ; 1923-2006.

4 – Copié sur le modèle de E.-M. Forster, signature des livres de l’écrivain britannique Edward Morgan Forster. Le E.M. devant Cioran disparu pour l’édition de son ouvrage de 1986 sans que son éditeur ne l’en informe. Cette forme à initiales pour signifier un double prénom n’est peut-être pas étrangère non plus à la mode, disons, des années trente-cinq aux années cinquante-cinq des Jean-Quelquechose dont Jean-Edern (Hallier) ou Jean-Isidore Isou (né Ioan Isidor Goldstein), ou d’autres doubles prénoms plus rares tel que Guy-Ernest Debord par exemple.

L’Indépendance de l’homme de lettres

*

La noble indépendance est l’âme des talents ;

Rien ne peut du génie enchaîner les élans :

Ce n’est point pour ramper qu’il a reçu des ailes.

Le sage, en ses écrits au vrai toujours fidèles,

À des succès honteux n’immole point ses mœurs.

*

Le vulgaire ne voit que par les yeux d’autrui;

Le sage voit, observe, et juge d’après lui :

Seul au sein de la foule, et dégagé d’entraves,

Il élève un front libre au milieu des esclaves.

*

Éloigné des partis et sourd à leurs clameurs,

D’un tardif repentir s’épargnant l’amertume,

Il ne vendit jamais, ni son cœur ni sa plume.

On ne le verra point, au prix de ses vertus,

Acheter les faveurs du stupide Plutus.

 

Ceci est un montage de vers (inchangés) du début de L’Indépendance de l’homme de lettres, poème de Charles Millevoye (1782-1816), effectué à partir de la version originale de 1816 (Léopold Collin, libraire, Paris, M. DCCCVI) et de la version définitive (Ladvocat, libraire, Paris, M DCCC XXIII)

*

Aux temps les plus anciens, Plutus, forme latinisée de Ploũtos, nom du dieu grec de la richesse et de l’abondance, avait tendance à favoriser les honnêtes gens. Pour le contraindre à favoriser aussi les méchants, Zeus, jaloux des gens de bien, l’a rendu aveugle. Ne pouvant plus distinguer les bons des méchants, il cesse de distribuer ses bienfaits. Ce qui fit écrire à Théognis de Mégare (vers le milieu du -VIe siècle) :

*

« Ô Ploutos, le plus beau, le plus désirable des dieux, avec toi je puis faire le mal, [mais] je serai toujours honnête homme. » (in Sentences de Théognis, etc traduites par M. Lévesque).

« Ce n’est pas sans raisons, ô Ploutos, que les hommes t’honorent plus que tout : tu t’accommodes si aisément de la bassesse !

Oui, il semblerait juste que l’homme de bien possédât la richesse, et le méchant mérite le fardeau de la pauvreté. » (in Poèmes élégiaques traduits par Budé) ;

*

EIRÊNÊ, la Paix, PORTANT PLOUTOS, la Richesse

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Dans Ploutos, l’ultime comédie d’Aristophane (-388) L’histoire commence lorsqu’un homme pauvre nommé Chrémylos, rencontre un aveugle qu’un oracle lui demande d’emmener chez lui. Là il apprend que l’aveugle est le dieu de la richesse. Il va inciter Ploutos qui semble avoir oublié tous ses pouvoirs, à se guérir de sa cécité, ce qui sera fait dans le temple d’Esculape. Ainsi, le dieu n’enrichira plus ni les intrigants ni les coquins. Mettant au chômage et dans la misère des pans entiers de la «bonne société», tandis que les prêtres de Zeus – le dieu suprême, et dieu des dieux lui-même – voient leurs temples désertés.

*

Charmante utopie plus que jamais d’actualité.