Aller au contenu principal

VANESSA SPRINGORA ET LA RÉPURGATION MÉDIATIQUE

1 février 2020

Une certaine Violaine de Mondeclos (ou quelque chose comme ça) s’interroge dans Le Point : « Art ? Faut-il purger les années 1970 et 1980 ? »

***

Tout d’abord faudrait-il s’entendre sur le mot « art » ; s’il s’agit de la merde de notre temps (à prendre parfois au sens propre du terme, enfin au sens premier et plutôt sale, certains guignols étant spécialisés dans la scatologie, à l’image par exemple de l’écrivailleuse et pauvre Flavie Flament), s’il s’agit donc (pour risquer cette redondance) des immondices immondes dénommées « art contemporain », il ne fait aucun doute que plus d’une personne, pour ne pas dire l’énorme majorité des gens sensés, est prête à militer pour sa destruction totale ; et pas seulement celui des années soixante-dix et quatre-vingt.

Pour mon cas, mon libéralisme extrême en ce domaine, mon attachement viscéral à la liberté d’opinion, d’expression, de publication et de diffusion, m’interdisent de cautionner ou de participer à tout pogrom dans les arts ou même prétendus tels – pas de moustache à la Joconde et laissons faire le temps impitoyable sur les « œuvres » de Buren… Comme ils me mettent intrinsèquement hors de tout mouvement de masse qui fait la honte de l’humanité et que l’on nomme « purge », «épuration», « tonte de cheveux, non pas en quatre, mais des mécréants », «lynchage pour de vrai ou médiatique», «apurement de textes», « désherbage de bibliothèques », «enfers des arts», etc.

Moi ce qui me fait sauter au plafond présentement, c’est le sans-gêne peu ragoutant, la dégueulasserie de toute cette engeance médiatique de propagande qui, en meute de mauvais loups, s’acharnent d’un coup d’un seul sur quelques « petits vieux » qu’ils ont été eux-mêmes les premiers à accueillir en leur sein, les premiers à aduler et à plébisciter, Et voilà que Le Point vient de lâcher Matzneff, et voilà que Gallimard le renie !

Mais qu’est-ce que c’est que ce monde de loufdingues qui lâchent leur propre rédacteur ou leur propre écrivain ? Et crache dessus en prime !

Qu’est-ce que cette mélasse journaleuse (fort heureusement de moins en moins lue, car l’énorme majorité des gens sait ce qu’elle vaut, ou plutôt ce qu’elle ne vaut pas ou plus) qui, de deux ou trois épiphénomènes « sociétaux » – comme on dit de nos jours – et sur le modèle des journaux officiels des pires dictatures, en font de véritables affaires d’État pour restreindre toujours un peu plus la liberté créatrice et l’Art réel?

Il n’y a que les imbéciles dont une énorme majorité de journalistes incultes (et par ailleurs souvent dévoyés) pour nous faire le coup de la leçon de morale. C’est ainsi que la Violaine précitée nous dit : « L’époque réclame – légitimement – des comptes à ces artistes qui se sont arrogé, dans la vraie vie, le droit de tout faire. Au risque de dénier à l’art le droit de tout dire . »

C’est quoi l’époque ? C’est quoi la légitimité ? C’est quoi réclamer des comptes ? Et de quel « tout faire » s’agit-il ? Qui es-tu donc, toi qui demandes des comptes au Passé, à ce qui est définitivement mort ? Même la Justice connaît, à de rares exceptions près, qui font polémiques depuis des années, la prescription ; mais aussi la mort qui éteint les procès.

Tu écris : « Flavie Flament […] accusait en 2016 David Hamilton – dont les photos érotiques de jeunes filles prépubères sont si emblématiques de ces années-là, de l’avoir violée, etc. » On peut reconnaître qu’au moins toi, Violaine, tu n’écris pas que David Hamilton l’a violée. Mais quand tu évoques des jeunes filles prépubères, tu as faux ; il s’agit plus sûrement de jeunes pubères, d’ailleurs photographiées avec l’accord de leurs parents. Et si tu n’es pas capable de comprendre ce qu’il y a d’éminemment artistique et poétique en cela, l’âge le plus mystérieux de la femme, tu ne comprends rien à l’Art. D’ailleurs David Hamilton n’a pas fait que photographier des jeunes filles pubères, mais aussi des adultes, mais aussi des danseuses, fait des photos de mode ou de publicité, photographié des natures mortes ou encore des paysages, Venise, etc.

Si je comprends bien ta logique, demande alors des comptes à l’Église qui pendant des siècles, y compris même au Vatican a laissé peindre tant et plus de petit Jésus ou autant d’Amours païens tout nus et le zizi à l’air, en compagnie de Marie accorte et les seins offerts au regard, ou tant et plus d’adultes nus, aussi bien mâles que femelles, en de nombreuses fresques. Certes certains ont été encaleçonnés, mais ce fut généralement au moment de la Contre-Réforme, quand l’Église a cru bon de singer l’hypocrisie protestante, celle que l’on subit encore du côté de l’empire nord-américain (fort heureusement de plus en plus mis à mal).

N’aurais-tu jamais vu de fresques ou autres de Herculanum, Oplontis, Pompéi et Stabies ? Ignores-tu l’existence des cultes phalliques antiques ? Sais-tu que plus d’une jeune romaine se « déniaisait » elle-même au contact intime de la statut d’un Pan ithyphallique en présence de quelques matrones ? Alors, vois-tu, les cris d’orfraies très tardifs d’une Vanessa qui a fréquenté – selon son désir et ne voulant écouter qu’elle-même – son ogre prétendu, me paraissent presque risibles à côté de tout ça. Non, le fond de l’histoire encore une fois, c’est qu’il ne lui a pas été fidèle et exclusif. Mais je crois qu’elle avait été prévenue par son entourage, dont son père.

Plus de cris de nos jours dans la presse contre Matzneff (pour s’en tenir à cet exemple), qui n’a tué personne et repris à son compte la « tradition » gidienne (que personnellement je n’approuve, ni ne cautionne, mais qui en fait n’est pas l’objet initial de l’Affaire Springora), que contre le salaud élyséen qui entretient les guerres, l’exploitation mondialiste, les violences policières contre le peuple, l’immigration incontrôlée et la misère en un pays qu’il déteste.

Autant d’affaires de mœurs ou prétendues telles pour amuser le « bon peuple » qui n’en peu mais, et alors même qu’il ne s’intéresse plus guère à l’actualité. Certaines gazettes ou certains éditeurs pourraient baisser rideau, cela ferait très certainement du bien à tout le monde.

From → divers

Commentaires fermés