Aller au contenu principal

Macro-anachronisme ?

de F. Asselineau

MACRON BLACKLISTÉ [mis sur sa liste noire] PAR POUTINE

Le Porte-parole du Kremlin a confirmé hier que Poutine refuse depuis deux mois de parler à Macron. Officiellement parce que la France est un pays «inamical» avec lequel des discussions ne sont actuellement «pas nécessaires».

Officieusement parce que Poutine ne veut plus perdre son temps avec Macron qui ment comme il respire, n’a aucune parole et ne pèse plus rien diplomatiquement.

Le 2 juin, la TV russe avait d’ailleurs ridiculisé ce blanc-bec en inventant le mot «macronite». [L’art ou plutôt la maladie de parler pour ne rien dire ou de proférer avec aplomb des billevesées. Et j’ajoute, d’embrouiller les débats, en mentant effrontément, en parfait pervers narcissique]

Ce blacklisting [mise au rancart, pour ne pas dire aux poubelles de l’Histoire de son vivant] est mi-drôle mi-triste. On comprend Poutine. Comme des millions de Français, il ne supporte plus d’entendre ni sa voix ni ses mensonges ; mais que l’un des plus grands chefs d’État du monde ne prenne même plus au téléphone le chef d’État français confirme notre déchéance.

BRÈVES RUSSO-SIONISTES

À propos encore de Sion, on peut remarquer que la Russie a durci le ton avec Israël, rangeant avec raison et clairement cette entité colonialiste et raciste dans le camp de l’empire.

Cela semble avoir commencé le 17 avril quand les Russes ont exigé des sionistes que l’église Alexandre Nevski, dans la vieille ville de Jérusalem, soit immédiatement transférée aux mains des Russes. Il semble que cela faisait suite à des incidents et menaces sionistes écrites sur les murs de l’église ou à proximité de cette église orthodoxe russe.

On ne sait ce que cela est devenu concrètement depuis, mais on peut noter que le 21 juillet dernier une instance judiciaire moscovite a demandé la dissolution de l’Agence juive, qui est l’organisation qui met en place depuis plusieurs années l’immigration de Juifs de Russie vers Israël.

On ne sait pas non plus où cela en est rendu actuellement.

La Palestine sera-t-elle un jour libérée par la Russie ? Tout est possible, quand on sait par ailleurs que la Russie a joué et joue encore un rôle essentiel en Syrie, contre l’empire et contre Israël en particulier.

REMARQUE PERSONNELLE À UNE « PENSÉE PHILOSOPHIQUE » DE L’IGNOBLE ONFRAY TANT PARTISAN DE L’APARTHEID À L’ENCONTRE DES PALESTINIENS QUE DES NON-« VACCINÉS »

Avec onfray, arrêtons les frais ! et mettons-le au frais, en rappelant les faits qui effraient sur ses talents de « philosophe ».

Reprenons la phrase toute faite de lieux communs d’onfray, le petit prof de philo qui n’a rien d’un philosophe — pas plus que bêêê-hache-ailes (le frère de la nonne) ou que fine-quelle-crotte d’ailleurs — l’ex petit prof d’un lycée de province privé de jeunes filles (le lycée n’est pas privé de jeunes filles, mais « non public »), l’idéologue du mondialisme sioniste :

Cet antisionisme procède d’un islamo-gauchisme dont ses partisans nient qu’il existe, c’est d’ailleurs leur signature, car le négationnisme est la meilleure façon de refuser le débat : « on ne discute pas de ce qui n’existe pas !” »

et rappelons, sans développer plus sur le reste de son propos, qu’il fait un contresens sur le mot « négationnisme ». Ou plus exactement qu’il fait une inversion accusatoire.
Déjà le terme (dépréciatif) de « négationnisme » n’est jamais employé par les révisionnistes, c’est-à-dire par les vrais historiens conséquents. L’Histoire est par essence révisable, mérite toujours approfondissements et interrogations. Faits de révisions, le temps passant, et non pas de flots continus et toujours renouvelés de versets et mantras de propagande mythique. Histoire ne veut pas dire Légendes. J’ajouterais même qu’Histoire ne veut pas dire Poésie.

Et le révisionnisme ne se définit justement pas comme refus du débat et absence de discussions ; c’est exa ctement l’inverse. Ceux qui refusent le débat depuis plusieurs décennies et la discussion, et sont de fait les vrais négationnistes (ou pour le dire autrement néga-sionistes ; ceci n’est pas qu’un simple jeu de mots, mais définit un élément essentiel au sionisme) sont justement les anti-révisionnistes.

C’est feu pierre vidal-naquet et sa cohorte de pseudo-historiens, très peu sérieux, qui est à l’origine du négationnisme officiel et convenu « anti-fasciste » quand il fut à l’origine d’une déclaration célèbre, vrai déni d’Histoire, publiée par Le Monde (déjà fort douteux !) du 21 février 1979, où trente-quatre « historiens » français, signaient pour affirmer doctement, patenté ès-université, comme aux plus belles heures du stalinisme jobard et dominateur, qu’il ne saurait y avoir de débat sur l’existence ou non de chambres à gaz homicides dans certains camps de concentration allemands pendant la Seconde guerre mondiale, puisque … elles avaient existé. Seul et unique argument tangible et matériel ne tenant sur rien de vérifié et de vérifiable.

Le tout, de fait, ne reposant que sur desdits témoignages, on-dit et autres rumeurs de guerre qui ont donné lieu à tant et plus de souvenirs romancés et autre littérature de guerre … de gare. Et doit-on le rappeler instillé, développé bien avant la fin de la guerre par des media nord-américains, puis porté au climax de la propagande par l’armada des idéologues staliniens au moment de la chute allemande de 1945. Mais chambres toutes magiquement disparues depuis, pour ne laisser aucune trace crédible dans les ruines de ces camps. Précisons que tous les camps n’ont pas été bombardés et rasés par l’aviation anglo-saxonne. Et qu’on en possède des restes conséquents, du moins quand ils n’ont pas été restaurés et extrapolés à outrance, à la manière, dans un autre genre du « palais de Minos » à Cnossos.

Certains ont été même jusqu’à suggérer que ces chambres auraient été détruites en toute fin de guerre pour masquer le crime et son horreur. Dans une Allemagne en pleine perdition et victime d’un blocus (cause en partie de l’état physique lamentable dans lequel ont été retrouvés les déportés) qui y aurait perdu son temps, son énergie ?! Sauf que la notion religieuse d’holocauste, de péché de tout un peuple et de damnation de la part d’un dieu foncièrement mauvais (donc à l’image de ceux qui l’on inventé), est une constante de la religion judaïque (cf. la Bible et en particulier l’histoire ou le roman, ou la légende de Moïse). Et alors que le sionisme se faisait de plus en plus pressant en Palestine.

Ce qui est remarquable à constater, c’est qu’une fois le mal fait, ce vidal-naquet seul ou avec d’autres « historiens » s’est ingénié à brouiller les pistes.

Ainsi, après la loi fabius-gayssot (sic) a-t-il pu écrire sans gêne aucune (alors qu’il en fut en partie responsable par son propos précédent) :

« J’ai toujours été absolument contre cette loi, avec d’ailleurs la grande majorité des historiens. Elle risque de nous ramener aux vérités d’État et de transformer des zéros intellectuels en martyrs. »

Ce qui finalement n’est qu’une autre manière de dire : moi seul ai raison, moi seul est raison ; les autres sont des pitres. Avec toute l’autorité d’un ponte universitaire qui condescend à laisser la valetaille non estampillée et non-fonctionnaire à déblatérer sur le sexe des anges.

Le sommet a été atteint quand il n’a finalement fait que reprendre toutes les raisons de laisser totale liberté à la recherche historique et quand il a osé donner ce texte  qui n’est rien d’autre que celui d’un révisionniste, dans Libération du 13 décembre 2005 — il pouvait le dire tout tranquillement, sans conséquences, d’autant qu’il était Juif, puisque lui ne contestait rien et surtout pas la réalité des chambres homicides :
« L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.

« L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique.

« L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui.

« L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas.

« L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’État, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire. »

L’attitude de cet individu, et de ses acolytes universitaires, me fait penser exactement aux attitudes d’un einstein, oppenheimer et szilárd dont j’ai dit quelques mots dans un article précédent. Je fais le mal en incitant au désastre ou à la répression, et je le répare en disant non pas que j’ai mal agi mais que les parlementaires (pour vidal) le gouvernement états-unien (pour les trois autres) que j’ai pourtant conseillé en ce sens, ont finalement mal agi.

Ce qui sous-entend finalement, que seuls les dominants ont le pouvoir sinon d’inverser la donne, du moins de se défausser. Et que les victimes restent des victimes. Cela me fait penser aussi à tous ces tourne-vestes qui possédaient l’autorité médiatique pour nous déverser la propagande covidiste et qui maintenant se défaussent ou viennent pleurnicher en victimes, en manipulés, alors que ceux — « complotistes », « populistes », « ignares », —qui dès le départ avaient la raison ou le simple bon sens avec eux, ne sont toujours pas invités à s’exprimer.

C’est toujours le dominant, même en partie déchu, qui doit dire ce que sont les Beau, Bien, Bon et Vrai. Ou celui du camp qui dirige. Je l’ai constaté tant et plus de fois quand on a eu pendant des années le « socialiste » qui disait blanc et le « socialiste » qui disait noir. Tenant à eux deux seuls, toute l’opinion, tous les débats.

Ou lorsque l’on parle sur les idées ou idées prétendues des opposants. Absents des débats. Au niveau du révisionnisme historique, c’est assez manifeste. Et ce le fut bien avant la loi liberticide fabius-gayssot (union du stalinisme au sionisme).

le 5 août ; j’avais oublié de le poster sur mon blogue.

LES ÉGLISES BRÛLENT ET MICHEL ONFRAY REGARDE AILLEURS

(jpf) Note préliminaire

Hindi, je lui ai trouvé et je lui trouve encore, comme ici, de bonnes analyses. Mais je m’étais dit, ces derniers temps, que je le rangeais au placard, car il a tenu des propos totalement débiles concernant un des rares à s’opposer avec constance au Système (comme on dit), en mettant ce dernier dans la catégorie commode (et je l’ai trouvé en l’occasion « jalouse ») finalement d’« opposant contrôlé », tout ça parce que ce dernier pouvait passer dans certains media du mondialisme.

Sans dire un seul mot sur ce que ce dernier pouvait y exprimer, contester ou défendre (en particulier le Frexit). Et plus encore, alors qu’il s’y retrouvait bien seul face à toute une opposition de partisans imbéciles de la doxa dominante, à prêcher pour une autre société et une autre France que celle que l’on subit actuellement.

Autrement dit, il (Hindi) ne semblait s’intéresser qu’au fait qu’il (l’opposant soi-disant contrôlé) pouvait passer dans certains media, ne s’attachant nullement à ce qu’il disait et encore moins à ce qu’il faisait dans la rue, semaine après semaine, au niveau de la contestation populaire et sociale. Méprisant au final tous les anonymes qui se sont mobilisés pendant des mois pour défendre la Liberté et la Vérité.

Il m’avait donc fortement déçu. S’intéressant uniquement au contenant et nullement au contenu. D’ailleurs, ses propos, on aurait pu les lui retourner, puisqu’il les avait tenu, lui aussi, et sans problème de censure, sur un media mondialiste comme YouTube.

C’est parce qu’il remet clairement à sa place ce personnage plus qu’ambigu d’Onfray, ambigu par ses propos et ses écrits (les propos et les écrits d’Onfray, et si je puis dire ses cris d‘orfraie sélectifs, ou précisément toujours dans l’air du temps) que je relaie cet article. Aussi parce que les prétentions « libertaires » d’Onfray sont depuis des années des insultes au véritable esprit libertaire, un peu — mais dans un autre genre — comme un Cohn-Bendit.

Un article de Youssef Hindi E&R

le jeudi 4 août 2022

Sommaire


  • L’apartheid, nouvelle passion d’Onfray
  • Apartheid et épuration ethnique : Onfray face à la réalité des faits et de l’histoire
  • Les églises brûlent en Palestine occupée, et Onfray regarde les antisionistes
     
     
    Michel Onfray le libertaire [sic] antichrétien est devenu un « chien de garde » (pour reprendre l’expression de Paul Nizan) néoconservateur bien dressé qui défend le pouvoir chaque fois qu’il le siffle.
     
    Onfray peut certes aboyer sur le pantin du pouvoir réel, Macron, de temps à autre pour préserver une image de rebelle acquise quand il s’est attaqué à Freud et à Yahvé – graves péchés dont il a obtenu la rémission en rampant de Paris jusqu’à Tel-Aviv [1] –, mais se range derrière ce même Macron quand il impose la vaccination et le pass sanitaire, en insultant les non-vaccinés. Onfray ressort de la niche aujourd’hui pour défendre le régime d’apartheid de l’État hébreu, par un texte intitulé « La synagogue brûle mais nous regardons ailleurs ».
     
    L’apartheid, nouvelle passion d’Onfray
    On se souvient de l’attitude de Michel Onfray qui s’est fait propagandiste d’État en soutenant l’exclusion des Français non vaccinés hors de la société. Des millions de Français traités comme des Palestiniens par la politique d’apartheid macronienne soutenue par l’ex-libertaire qui déclarait sur le plateau de CNews le 12 mai 2021 :
    « Moi, je suis vacciné, je veux bien qu’il y ait un pass, ça me paraît normal. Vous ne voulez pas être vaccinés ? Pas de problème. Vous avez le droit de ne pas être vaccinés. Mais vous n’allez pas avoir le droit de contaminer les autres, donc oui, bien sûr, il y a des choses que vous n’aurez pas le droit de faire. » [2]
    Quelques semaines plus tard, face à un Philippe de Villiers complaisant, Onfray est allé plus loin, comparant les non-vaccinés à des personnes ayant « le sida et qui ont des rapports non protégés », à « des violeurs » et à des chauffards « conduisant ivres morts » [3].
    Le 30 juillet dernier, il publiait une tribune dans le JDD, intitulé « La synagogue brûle mais nous regardons ailleurs », pour défendre un autre apartheid, racial, celui de l’État juif.
    Dans cette bouillie verbale emplie de confusion historique et idéologique, il s’attaque à la « proposition de résolution condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien » déposé par le député communiste Jean-Paul Lecoq, vice-président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Ce texte a été signé par 38 parlementaires issus des quatre groupes de gauche, PCF, LFI, PS et EELV.
    Selon Michel Onfray, cette proposition de résolution est le produit de « l’antisémitisme »… La France a désormais deux BHL.
    Onfray explique plus précisément :
    « Nous sommes pourtant entrés dans le troisième temps de l’antisémitisme : après sa formule anti-judaïque chrétienne qui invoque le peuple déicide​, puis sa formule anticapitaliste qui, sauf rares exceptions, rassemble les socialistes du XIXe siècle qui, Marx et Engels compris, assimilent les Juifs au Capital et à l’Argent dont il faudrait se défaire, voici venu le temps de sa formule antisioniste qui permet à la gauche des barbelés d’inviter à la haine du peuple d’Israël depuis 1948 en invoquant colonialisme, crimes contre l’humanité et régime d’apartheid.
    Cet antisionisme procède d’un islamo-gauchisme dont ses partisans nient qu’il existe, c’est d’ailleurs leur signature, car le négationnisme est la meilleure façon de refuser le débat : « on ne discute pas de ce qui n’existe pas !” »

Tous les poncifs israéliens sont dans ces quelques lignes du pseudo-philosophe : « antisémitisme », « anti-judaïsme chrétien », « la haine du peuple d’Israël », « antisionisme islamo-gauchiste », « négationnisme », faisant implicitement référence à la négation de la Shoah.

Pourtant, le projet de résolution n’est rien d’autre qu’un soutien apporté aux conclusions de trois ONG, une israélienne, B’Tselem, en janvier 2021 et deux internationales : Human Rights Watch, en avril 2021, et Amnesty International en janvier 2022.

« Ces organisations concluent, après un travail approfondi d’enquête, à l’existence d’un régime israélien d’apartheid », écrit Dominique Vidal, que l’on ne saurait soupçonner d’antisémitisme ni même de critique du judaïsme [4].

Pour contourner cette réalité, Michel Onfray nous raconte une anecdote : « À Tel-Aviv, où un ami m’avait hébergé dans le quartier de Jaffa, j’ai été réveillé le premier petit matin par l’appel du muezzin lancé du haut du minaret de l’une des quatre mosquées de la ville. Singulier régime d’apartheid celui dans lequel la « race palestinienne » peut prier son Dieu en toute sécurité ! »

Nous n’allons pas retracer ici toute l’histoire du foyer national juif et d’Israël, sa politique d’épuration ethnique et le massacre des populations civiles. Mais nous allons rappeler quelques faits historiques et politico-juridiques à Onfray.
 
Apartheid et épuration ethnique : Onfray face à la réalité des faits et de l’histoire
L’État israélien mène bien une politique non seulement d’apartheid, mais également d’épuration ethnique. Et pour le démontrer nous allons nous appuyer sur les faits et les aveux des dirigeants israéliens.

L’ancien ministre de la Défense israélien Moshe Dayan (1915-1981) a livré un témoignage édifiant sur l’épuration ethnique pratiqué par l’État hébreu :

« Des villages juifs ont été construits à la place de villages arabes. Vous ne connaissez même pas le nom de ces villages, et je ne peux pas vous en vouloir, car les livres de géographie n’existent plus, non seulement les livres n’existent plus, mais les villages non plus. Il n’y a pas une seule construction dans ce pays qui n’abritait pas des habitants arabes auparavant. » [5]

En 1976, fut rédigé le « Koening Memorandum » [6] par un important membre du ministère de l’Intérieur israélien, Yisrael Koening. Ce rapport visait à régler le « problème arabe » de Galilée en réduisant leur nombre par divers moyens, notamment par l’expropriation et l’intensification de la colonisation juive. Le but final était l’évincement total des Arabes israéliens.

En juillet 2014, durant l’assaut mené par Israël sur Gaza – tuant de façon indiscriminée combattants et civils, hommes, femmes, enfants et vieillards –, Moshe Feiglin, vice-président du Parlement israélien (la Knesset) et membre du parti Likoud, a proposé un plan pour Gaza (ville peuplée exclusivement de Palestiniens musulmans et chrétiens). Dans ce plan, le chef parlementaire préconisait d’expulser toute la population de Gaza vers l’Égypte, dans le Sinaï. Feiglin expliquait qu’il fallait détruire toutes les infrastructures de Gaza avec « une puissance de feu maximale ». Il écrivit ainsi dans son plan :

« Gaza est un fragment de notre Terre et nous y resterons jusqu’à la fin des temps… Elle deviendra partie intégrante de l’État d’Israël et sera peuplée par les Juifs. » [7]

Feiglin appelle les Gazaouis (sans exception d’âge ou de sexe), « la population ennemie ». Il s’agit là d’une guerre totale, menée contre la population palestinienne dans son entièreté. Une guerre totale dont le modèle est le Livre de Josué (livre de la Bible hébraïque) :

« Et l’on appliqua l’anathème [extermination de masse et immolation collective] à tout ce qui était dans la ville ; hommes et femmes, enfants et vieillards. » (Josué, 6 :21)

En janvier 2018, le journal israélien Haaretz rapportait que le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait demandé au président des États-Unis, Barack Obama, de donner aux Palestiniens le Sinaï en échange de l’annexion de parties de la Cisjordanie. L’information a été révélée par d’anciens officiels américains de l’administration Obama [8].

Les dirigeants israéliens ont approché le président Obama et le secrétaire d’État John Kerry pour leur proposer à plusieurs occasions de transférer les Palestiniens dans le Sinaï et de laisser l’État hébreu annexer de grandes parties de la Cisjordanie.

« Nous avons tous pensé que c’était une perte de temps », racontent les officiels américains ; et d’ajouter « nous savions que ce serait inacceptable pour les Palestiniens – pourquoi échangeraient-ils leurs terres agricoles en Cisjordanie, près des grandes villes, pour des dunes de sables dans le Sinaï ? »

Netanyahou avait alors dit aux Américains que l’Égypte offrirait avec sympathie des terres du Sinaï aux Palestiniens ; mais après que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a refusé, les Américains ont abandonné l’idée.

Ces anciens officiels de l’administration Obama notent que ce plan est similaire à celui qui a été proposé par Israël à l’administration Trump. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner (appartenant à la communauté juive orthodoxe Habad-Loubavitch), aurait inclut dans l’accord des échanges de terres dans le Sinaï.

En décembre 2017, après que Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale de l’État juif, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane – très proche des Israéliens – a proposé le village d’Abu Dis (situé près de Jérusalem) comme future capitale de la Palestine en lieu et place de Jérusalem Est [9].

Dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 juillet 2018, le Parlement israélien (Knesset) a approuvé la loi (62 voix contre 55) sur l’État-nation qui officialise le caractère juif de l’État hébreu et décrète Jérusalem capitale d’Israël. La loi stipule en outre que l’hébreu devient la seule langue officielle, statut retiré à l’arabe par le texte qui lui confère un statut spécial, autorisant théoriquement la poursuite de son utilisation dans l’administration.

Le Premier ministre israélien alors en exercice, Benyamin Netanyahou, a déclaré à l’issue du vote : « C’est un moment décisif dans l’histoire de l’État d’Israël, qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau. » [10]

Un député arabe israélien (la Liste unifiée), Ahmed Tibi, a dénoncé une clause affirmant que « l’État considère que le développement de localités juives (en territoire israélien) relève de l’intérêt national et que l’État prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ».

Une précédente version de cette clause, contestée par le président Reuven Rivlin et le procureur général Avichai Mandelblit en raison de son caractère jugé discriminatoire, évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs.

Le texte voté entre dans la catégorie des lois fondamentales au caractère « constitutionnel », bien que l’État hébreu n’ait pas de constitution – pas plus qu’il n’a de frontières.

En juillet 2018, dans le contexte du vote de la loi sur l’État-nation, Israël entreprenait la démolition d’un village (al-Khan al-Ahmar) de Cisjordanie. Une destruction – illégale au regard du droit international [11] – qui a été temporairement suspendue par la Cour suprême de justice suite à une procédure en référé présentée par Alaa Mahajna au nom de la communauté villageoise d’al-Khan al-Ahmar [12]. L’État d’Israël prévoit, après destruction du village, d’opérer un transfert forcé des 200 résidents près d’une décharge appartenant à la ville palestinienne d’Abu Dis.

La destruction de ce village a pour objectif de permettre l’expansion de l’implantation voisine de Kfar Adumim et créer ainsi une région de contrôle israélien continu de Jérusalem à la mer Morte.

Et pour ce qui est de la liberté religieuse évoquée par Onfray, la vie quotidienne des chrétiens et des musulmans à Jérusalem suffirait à faire taire le « philosophe », qui n’a pour argument qu’une anecdote de vacancier.

Les Israéliens ont séparé Jérusalem de son arrière-pays palestinien par un système de postes de contrôle militaires et de permis empêchant l’accès à leurs lieux de culte. « Par conséquent, la majorité des musulmans et des chrétiens palestiniens de Cisjordanie et de Gaza ne peuvent accéder à la ville et à ses lieux saints. » [13]

En 2011, un rapport du département d’État américain à mis en exergue les restrictions israéliennes contre la liberté de culte des Palestiniens chrétiens et musulmans :

« Les fermetures et les couvre-feu stricts imposés par le gouvernement israélien ont affecté négativement la capacité des habitants à pratiquer leur religion dans les lieux saints, notamment l’église du Saint-Sépulcre et la mosquée al-Aqsa à Jérusalem, ainsi que la basilique de la Nativité à Bethléem. » [14]

Le rapport précise que des « barrières insurmontables » privent les Palestiniens vivant à Jérusalem de choses aussi simples que l’obtention d’un permis de construire ou la possibilité de faire des réparations dans leur propre maison, tandis que la tenue de ces travaux sans la permission des autorités israéliennes engendre la démolition immédiate des logements palestiniens.

L’objectif est la « judaïsation de Jérusalem » [15]. Ainsi, « le gouvernement israélien s’est employé à imposer une plus grande majorité juive à Jérusalem-Est, dans un rapport de 70-30, afin d’empêcher la réalisation des aspirations nationales palestiniennes dans la ville. Depuis 1967, Israël a révoqué le statut de résident de 14 595 Palestiniens à Jérusalem. Les Palestiniens détenteurs de cartes d’identité de Jérusalem vivent sous la menace constante d’une révocation de leur statut de résident » [16].
 
Les églises brûlent en Palestine occupée, et Onfray regarde les antisionistes
Michel Onfray se préoccupe beaucoup de « la synagogue » qui brûlerait, nous parle de « civilisation judéo-chrétienne », mais lorsque l’on s’attaque au christianisme, aux églises en Palestine occupée, il regarde ailleurs. Faut-il s’en étonner venant d’un bouffeur de curé qui s’est soudainement souvenu, sur le tard, des origines chrétiennes de l’Europe pour se repositionner théâtralement et occuper continuellement un siège dans les médias ?

Le « judéo-christianisme » est mis à mal tous les jours par les Israéliens. Onfray oublie que les Palestiniens ne sont pas exclusivement musulmans, ils sont aussi chrétiens. L’a-t-on entendu lorsque la journaliste palestinienne de confession chrétienne, Shireen Abu Akleh, a été tuée par un tir de l’armée israélienne ? [17] Les autres judéo-chrétiens n’ont pas été plus loquaces quand des églises ont été brûlées et incendiées en Palestine occupée :

• À Jérusalem, une maison du patriarcat abritant une famille de 14 personnes a été détruite en novembre 2013 avec l’aide de l’armée israélienne. Cet acte de destruction a été réalisé sans aucun avertissement préalable, déplore la Commission pour la justice internationale et la paix de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB). « La famille vivant dans la maison, qui était légalement locataire du Patriarcat latin, vit désormais sans abri, contrainte de vivre sous des tentes. » [18]

• Dans un article du 13 mai 2014, le magazine Le Point parle d’actes anti-chrétiens et anti-musulmans commis par des « Néonazis hébreux » (ce sont les termes du grand écrivain israélien Amos Oz) :

« Ces extrémistes juifs regroupés sous l’appellation de « Tag Mekhir », « le prix à payer » en français, s’en prennent régulièrement aux Palestiniens de Cisjordanie. Incendie de mosquées, de vergers, de champs, destruction de plantations d’oliviers, violences physiques contre les villageois. Il y a un peu plus d’un an et demi, ils sont passés à l’action à Jérusalem-Est et en territoire israélien.

Un incident très médiatisé a eu lieu en septembre 2012, avec l’incendie du portail en bois du monastère de Latroun, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Jérusalem, ainsi que des tags sur les murs adjacents. De fait, entre 2011 et la fin du mois de mars de cette année, vingt-deux attaques ont été recensées contre des monastères, couvents, églises et autres biens appartenant au clergé.

Toutefois, depuis un mois, les choses se sont accélérées. Multiplication ces dernières semaines des actes de vandalisme perpétrés contre des sites chrétiens et musulmans, trois actes de vandalisme et de profanation de sites chrétiens ont eu lieu en Galilée, autour du lac de Tibériade. Le même jour, le vicariat patriarcal de Nazareth recevait une lettre d’intimidation demandant à tous les chrétiens de quitter la « Terre d’Israël ». Elle était signée d’un rabbin de la région. Il y a quelques jours, cette fois devant le bureau de l’Assemblée des évêques à Notre-Dame de Jérusalem, une inscription en hébreu menaçait : « Mort aux Arabes, aux chrétiens et à tous ceux qui haïssent Israël. » »

• Toujours en 2014, un graffiti anti-chrétien a été découvert sur un mur situé à proximité d’une église de la vieille ville signé du Tag Mekhir (« Prix à payer ») : « Le roi David, c’est pour les Juifs, et Jésus est une ordure. »

• Monseigneur Fouad Twal, le patriarche latin de Jérusalem, déplorait la multiplication de ces actes de vandalisme perpétrés contre des sites chrétiens et musulmans. « Des actes incontrôlés qui empoisonnent l’atmosphère de coexistence et de coopération. »

Et le patriarche d’ajouter : « Certes, ces actes font l’objet de condamnations verbales de la part des responsables en Israël, mais il y a peu d’arrestations. Le gouvernement doit s’inquiéter, car cela nuit à l’image de l’État d’Israël à l’étranger. C’est aussi une tache sur la démocratie dont Israël se réclame. » [19]

• L’église de la Multiplication des pains du sanctuaire de Tabgha, au bord du lac de Tibériade, a été incendiée le 18 juin 2015.

« Les deux hommes, de confession juive et âgés d’une vingtaine d’années, sont accusés d’avoir mis le feu à l’église « pour des motifs de haine envers le christianisme », selon un communiqué du ministère de la Justice… Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien, a de son côté affirmé mercredi que les suspects appartenaient à « un groupe à l’idéologie radicale, actif depuis 2013, soupçonné d’autres actes antichrétiens et d’agressions contre des civils palestiniens ». Le groupe est notamment suspecté d’avoir brûlé des maisons de Palestiniens en Cisjordanie et tenté de mettre le feu à l’église de la Dormition à Jérusalem. Le Shin Bet cite un site Internet proche de ce groupe qui avait appelé à « la lutte contre les idolâtres et la présence d’églises en Terre sainte ». » [20]

• Le 20 septembre 2017, l’église Saint-Étienne de Bet Gemal, à 30 kilomètres de Jérusalem, a été saccagée.

« Mgr Marcuzzo a commenté auprès d’AsiaNews que l’attaque était le fait de « quelques fanatiques » ; il est probable qu’il s’agisse d’ »extrémistes juifs » précise l’agence de presse catholique. Mgr Marcuzzo considère que l’attaque de mercredi s’inscrit dans les épisodes du passé. « Ce sont peut-être des extrémistes juifs, nous ne le savons pas bien et, à l’heure actuelle, il n’y a pas de résultats. Mais la matrice est celle qui se cache derrière les attaques contre Tabgha ou d’autres bâtiments chrétiens en Terre sainte », a-t-il ajouté. » [21]

• Nous terminerons avec une agression contre des séminaristes et un prêtre arménien survenue en juin 2019.

« Alors qu’une vingtaine de séminaristes accompagnés par leur prêtre doyen, quittaient le Séminaire théologique arménien pour se rendre, comme chaque semaine au Saint-Sépulcre, trois juifs extrémistes accompagnés d’un chien muselé, leur ont craché dessus et les ont verbalement insultés en hurlant :

‘‘Que meurent les chrétiens !’’ et ‘‘Nous vous chasserons hors du pays !’’

Ils ont ensuite enlevé la muselière de leur chien et l’ont lancé à l’attaque du doyen. Les séminaristes ont alors ôté leurs soutanes pour protéger le doyen des morsures et les ont agitées pour distraire l’attention du chien. Les trois extrémistes sont alors passés à l’attaque contre les séminaristes dont un a eu la main cassée, puis ils ont pris la fuite pour se rendre au commissariat de police de la vieille ville afin… de porter plainte contre les Arméniens qui auraient tenté de les lyncher ! Le Patriarcat arménien a porté plainte contre ces agresseurs et appelle à leur condamnation.

Ce type d’incidents antichrétiens est malheureusement très fréquent à Jérusalem. »
Et le site du Patriarcat arménien de préciser :

« L’article de la presse juive sur l’attaque est un pur mensonge et une calomnie malveillante, qui porte atteinte à notre réputation et porte atteinte à la réputation exceptionnelle du patriarcat arménien. » [22]

Nous répondons donc à Michel Onfray, qui fuit tout débat risqué, en reprenant l’accusation qu’il a lancée aux « islamo-gauchistes » : Cet apartheid procède d’un projet israélien d’épuration ethnique dont ses partisans nient qu’il existe, c’est d’ailleurs leur signature, car le négationnisme est la meilleure façon de refuser le débat ; on ne discute pas de ce qui n’existe pas !

Youssef Hindi

Notes
[1] Voir : Youssef Hindi, « Michel Onfray : Opportunisme et prostitution politique », 27 avril 2021.
https://youssefhindi.wordpress.com/…
[2] https://lemediaen442.fr/michel-onfr…
[3] https://www.youtube.com/watch?v=u1S…
[4] https://www.humanite.fr/politique/i…
[5] In Walid Khalidi, All that remains : The Palestinian Villages Occupied and depopulated by Israel in 1948, 2006, p. 31.
[6] https://www.paljourneys.org/sites/d…
[7] Moshe Feiglin, My Outline for a Solution in Gaza, Arutz Sheva, israelnationalnews.com, Jaffa/Tel Aviv, 15/07/2014.
[8] Haaretz, « Netanyahu Asked Obama to Consider Giving Palestians Land in Sinai, Former U.S Officials Say », 12/01/2018.
Article relayé par le site Middle East Monitor : https://www.middleeastmonitor.com/2…
[9] https://www.middleeastmonitor.com/2…
[10] https://www.i24news.tv/fr/actu/isra…
[11] https://fr.timesofisrael.com/mogher…
[12] https://fr.timesofisrael.com/la-cou…
[13] https://www.middleeasteye.net/fr/op…
[14] https://2009-2017.state.gov/j/drl/r…
[15] https://www.aljazeera.com/news/2017…
[16] https://www.aljazeera.com/news/2017…
[17] https://news.un.org/fr/story/2022/0…
[18] https://www.medias-presse.info/isra…
[19] https://www.lepoint.fr/monde/israel…
[20] https://fr.timesofisrael.com/deux-i….
[21] https://fr.timesofisrael.com/deux-i….
[22] https://www.christianophobie.fr/car…

BRÈVE UKRAINIENNE

Zelensky et sa clique en très mauvaise posture ?

Amnesty International officine assez douteuse vu ses financements et son habitude de se focaliser sur certains secteurs, mais pas sur d’autres, vient de sortir étonnement un rapport dénonçant les pratiques « militaires » de l’Ukraine, pratiques que l’on connait depuis le début : se servir des civils comme boucliers humains, utiliser des écoles ou des hôpitaux, des usines, des centres commerciaux désaffectés comme des lieux de concentrations militaires, installer des tanks ou des batteries d’artillerie à proximité immédiate de lieux d’habitation, de jardins d’enfants, de cours d’écoles…

On pourrait ajouter à la liste : le bombardement volontaire de zones civiles ou la diffusion de mines anti-personnels sur ces mêmes lieux civils (voir des articles précédents).

Que présage la publication de ce rapport ?

HUMOUR ?

QUAND LE MARGOULIN EN CHEF DE L’OMS SE FOUT DE NOTRE FIOLE

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé affirme sans rire qu’il n’est pas « vacciné » contre la covid, mais que c’est pour une bonne cause, la seule bonne cause : c’est par solidarité avec L’Afrique qui serait trop pauvre pour être vaccinée.

Autrement dit, trop pauvre pour se payer les produits toxiques que l’on ne présente plus.

Pas folle la guêpe déjà connue comme corrompue et même comme petit génocidaire en Éthiopie.

Elle a bien compris les dangers de cette pseudo-vaccination. Et étant elle-même africaine, il se pourrait qu’elle prenne préventivement de la chloroquine contre le paludisme, qui soigne aussi la covid.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Les piqûres « communicantes » de cette guêpe africaine donneraient-elles une sorte de maladie du sommeil de l’intelligence à travers le Monde ?

VERS UNE IMPLOSION DES ÉTATS-UNIS ?

Article de Yves-Marie Adeline — Le Courrier des Stratèges — le 4 août 2022

(préambule du Courrier des Stratèges)

Les Etats-Unis sont-ils aujourd’hui engagés dans une fuite en avant qui résulterait du sentiment d’une profonde instabilité interne?

On peut interpréter la dangereuse visite de Nancy Pelosi à Taïwan – imposée aux Taïwanais – comme une opération de pure politique intérieure: diviser l’opposition républicaine en ralliant une partie des adversaires politiques de Joe Biden, séduit par ce geste fort vis-à-vis de la Chine. Mais tout cela ne dissimule-t-il pas, au fond, le désarroi de l’oligarchie démocrate devant la division croissante de la société américaine? En observant « l’Amérique » depuis quelques années, on a de plus en plus de raisons de douter de l’avenir du modèle américain d’unification nationale. Yves-Marie Adeline, historien des idées et des pratiques politiques, pose la question sans tabous.

*

Pour un homme de mon âge, né en 1960, plongé bon gré mal gré dans la culture populaire américaine, il faut faire un effort particulier pour réaliser l’étendue de ce que je m’apprête à écrire, compte tenu du poids que pèsent, depuis quatre générations, dans les esprits, dans l’imagination, et dans la réalité du monde, les Etats-Unis d’Amérique.

La nation, seule forme politique qui dure

S’il est un enseignement que l’on retient de l’histoire des peuples, c’est qu’en définitive, la nation est le socle le plus solide de l’agrégation des hommes, la plus durable.

Le paradoxe de cette évidence vient de ce qu’il est difficile d’affirmer avec précision ce qu’est une nation : selon le modèle allemand de cohésion ethnique, ou selon la célèbre conférence de Renan[1] disposant qu’elle procède d’une volonté commune ? Les deux thèses ont leur force et leur faiblesse. La lenteur avec laquelle l’Allemagne s’est unifiée, d’ailleurs sous forme fédérale ; l’exemple tragique de la Yougoslavie, mettent à mal le modèle allemand. D’un autre côté, la crise dans laquelle est plongée la Belgique, qui en 1830 avait fait reposer sa construction sur une volonté commune, affaiblit la thèse renanienne.

Peu importe ce paradoxe : il demeure que la nation est le socle le plus durable, que cela plaise ou non. Un catholique, par exemple, est sensible à l’universalité de la communauté chrétienne : un prêtre est d’abord prêtre, peu importe d’où il vient ; un chrétien est d’abord un chrétien, et il est émouvant de voir comment, à Lourdes, ou à Rome, convergent des disciples du Christ venus du monde entier, former cette catholicité (« catholicos » en grec signifie « universel »). Mais l’erreur serait de croire possible de transposer cet universalisme au domaine politique, comme en ont été tentés plusieurs papes dans l’histoire, depuis Innocent III, qui prétendait à la suprématie temporelle sur l’ensemble de la chrétienté, jusqu’à François qui aujourd’hui semble méconnaître les principes de la vie collective politique. D’ailleurs, Jésus dit à ses apôtres : « De toutes les nations, faites des disciples » (Mtt 28,19), il ne leur demande pas de contribuer à les dissoudre. La nation est le socle infrangible, que cela plaise ou non à notre sensibilité universaliste bien compréhensible par ailleurs chez un catholique.

Au-delà de la nation, il y a l’empire, qui est la domination d’une nation sur d’autres nations, puis la fédération, qui procède d’une association de plusieurs Etats demeurés libres de leur politique intérieure, mais déléguant à un pouvoir central des tâches comme la défense et la diplomatie. Ce pouvoir central s’abstient de multiplier les lois fédérales comme celle qui a imposé la monogamie à l’Utah – dominé par les Mormons polygames – en 1896, ou celle qui mit fin à la ségrégation raciale dans le sud des Etats-Unis Au-delà de la fédération, il y a la confédération, où les liens peuvent être coupés librement, et au-delà, il n’y a plus d’Etat, sinon des conférences permanentes comme l’ONU[2].

L’histoire nous répète inlassablement que ces formes, qui peuvent être souhaitables selon les circonstances historiques, sont irrémédiablement vouées à se dissoudre. Certains empires ont duré très longtemps : pensons à celui des Romains. Les Gaulois ont beaucoup gagné – par-delà la brutalité du conquérant César – à se voir entraîner dans la civilisation gréco-romaine, mais après plusieurs siècles, ils sont revenus à leur réalité nationale. Rien ne demeure d’une identité « romaine d’Orient » – pour ne pas dire « byzantine », un qualificatif anachronique datant du XVIe siècle. Rien. De cette histoire par ailleurs prestigieuse, il ne reste que des peuples qui se distinguent les uns des autres, même quand ils ont forgé ensemble une culture commune.

Plus près de nous, pensons à l’empire portugais : cinq siècles d’existence, à laquelle, sur quelques décennies, un indépendantisme souvent opportuniste a pu mettre fin. Le sort des empires est de s’effondrer un jour, et nous devons dire à tous les nostalgiques de ces empires, celui de Rome – assurément le plus prestigieux dans l’histoire du monde – ceux de Charlemagne, de l’Autriche, de la Russie, de l’Angleterre, des ensembles coloniaux… qu’ils disparaissent inéluctablement, que cela nous plaise ou non.

La fédération américaine

On sait que les Etats-Unis sont originellement treize colonies assujetties à la couronne britannique. Pourtant, l’erreur serait de croire que les Américains étaient des Anglais d’outre-mer : la majorité relative venait d’Allemagne – elle a conservé cette majorité relative : les aïeux de Donald Trump s’appelaient Trumpf, ceux d’Elvis Presley s’appelaient Pressler… Après eux venaient certes les Britanniques, auxquels s’ajoutèrent les Irlandais, puis les Italiens du sud fuyant le pillage de leur pays par ceux du nord. Tous ces migrants ne fuyaient pas l’Europe, mais il est juste de dire que beaucoup venaient de sectes religieuses émanées du protestantisme, fuyant l’autorité de l’Eglise luthérienne ou de l’Eglise anglicane. La fête de l’Action de grâces (Thanksgiving) est fériée en Amérique, elle commémore les dissidents religieux anglais du vaisseau Mayflower arrivés ici au XVIIe siècle, et l’on admet que cette secte a donné son visage à la société américaine, non seulement anticatholique, mais encore hostile aux hiérarchies traditionnelles, religieuses ou politiques de l’Europe. En descendent les présidents Grant, les Roosevelt, les Bush ; mais aussi les acteurs Bogart, Eastwood, Gere, Monroe, Reeves, Welles ; ou encore le lanceur d’alerte Snowden,,, La liste serait trop fastidieuse à écrire.

Tous les migrants ne se ressemblaient pas, mais tous poursuivaient le même « rêve américain », qui consistait à s’installer ici sans entraves, laissant derrière soi les hiérarchies, la notion même de nation, les modes classiques d’agrégation. Naturellement, pour que ce rêve puisse se vivre vraiment, il fallait bien admettre que chacun contribue à l’entretien d’une armée (la fameuse « cavalerie », dans ces espaces infinis) chargée d’anéantir les habitants d’origine (les « Indiens »), mais aussi d’une force interne chargée de réprimer la délinquance : les sheriffs faisant la police, et les juges, que l’on élit, exerçant la justice. En-dehors de cette concession de l’individu à la communauté, « le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins », selon le mot d’Henry David Thoreau (1817-1862)[3]. Cette méfiance à l’égard du gouvernement central de Washington dure encore, bien que les nouveaux Américains, ou ceux qui sont aujourd’hui imprégnés de socialisme, se rapprochent au contraire du centralisme.

D’emblée, au temps de la souveraineté britannique, l’ensemble s’est partagé en deux sociétés différentes : les Etats du sud prospéraient sur un régime agricole faisant appel à une main-d’œuvre abondante majoritairement constituée d’esclaves, ceux du nord étaient plutôt commerçants, artisans, où l’esclave, qui coûte cher à acheter et à entretenir[4], n’avait pas sa place[5]. Au moment de la guerre d’indépendance (1776-1783), pour mobiliser les volontés contre l’Angleterre, le Nord, à l’origine de la rébellion[6], offrit les rênes du commandement à un sudiste, George Washington, puis plus tard à un autre sudiste, Thomas Jefferson[7]. Mais sous l’effet de la révolution industrielle, par-delà la question morale de l’esclavage, les deux parties de cette fédération ne pouvaient que s’affronter : le sud cotonnier avait besoin du libre-échange pour écouler ses produits en Europe, tandis que le nord industriel souhaitait au contraire se protéger contre la concurrence, comme récemment M. Trump face aux Chinois.

Entre 1861 et 1865, l’Europe a observé ce qu’elle regardait comme une guerre de Sécession : l’esprit confédéral dont s’étaient inspirés les pères fondateurs de 1776, s’arrogeant le droit de se séparer de leur métropole dès lors qu’ils ne trouvaient plus d’intérêt à lui rester unis, était juridiquement invoqué à nouveau par le Sud pour se séparer du Nord, d’où le nom qu’il s’était donné : Etats Confédérés d’Amérique. Après sa victoire, le Nord a imposé l’expression « guerre civile », comme s’il s’était agi d’une guerre civile classique au sein d’un ensemble cohérent (on pense à la guerre d’Espagne, à nos guerres françaises de religion, etc.). Mais existait-il alors, même après 1865, une nation américaine ?

Le flou de la nation américaine

Cette question n’a pas cessé de tarauder les Américains, peu à peu confrontés à la diversité de leurs origines. Un premier critère d’appartenance était la liberté : celui qui était venu ici librement chercher fortune et bénédiction divine ne voulait, jusqu’à récemment, être comparé à celui que l’on avait acheté à des marchands africains et que l’on a transporté jusqu’en Amérique contre son gré. En ce sens, le Noir ne pouvait pas être considéré comme un Américain.

Plus tard, avec le développement de la fédération, qui s’est agrandie au point de faire se joindre les deux rives atlantique et pacifique[8], quitte à arracher des territoires au Mexique sur un axe allant du Texas à la Californie ; avec aussi une expansion coloniale que ce pays, lui-même ancienne colonie, a réussi à faire oublier au monde : conquête du royaume de Hawaï, des Philippines, de Cuba, achat des Antilles danoises[9], etc., l’idée de former une authentique nation américaine a obsédé les esprits. Le président Théodore Roosevelt (1858-1919) déplore que trop d’Américains soient des « Américains à trait-d’union » : sans se soucier de son origine hollandaise, et dans le contexte de son époque précédant la Grande guerre, il vise en particulier les Germano-Américains qui représentent alors 25% de la population, devant toutes les autres ethnies immigrées. En 1915, sous les applaudissements de Woodrow Wilson qui prémédite l’entrée en guerre de son pays malgré ses promesses électorales[10], paraît un film – d’ailleurs esthétiquement remarquable : Naissance d’une nation, réalisé par David Griffith : c’est la transposition dans la réalité américaine des Capulet et des Montaigu. Un frère et une sœur Stoneman, nordistes, épousent une sœur et un frère Cameron, sudistes ; le rôle des méchants boucs émissaires étant tenus par les Noirs du Sud, libérés mais aussi désœuvrés dans une Confédération ruinée, et dont les excès criminels ont provoqué en défense la création du Ku-Klux-Klan.

Mais en dépit de cet effort de propagande cinématographique – dont cette fédération  deviendra coutumière – peut-on parler d’une nation au sens classique de ce terme ? L’année suivante paraît un ouvrage de Madison Grant : Le Déclin de la grande race en Amérique, où il forge le concept du « Wasp » : White, Anglo-Saxon, Protestant. Il s’y plaint déjà de ce que les ethnies fondatrices (allemande, nordique, anglaise, réunies sous la bannière anti-papiste) doivent composer avec les Irlandais ou les Italiens catholiques, constituant la principale menace contre l’unité Wasp.

La diversité des origines, qui ne fera plus tard que s’accentuer – en dépit de la domination des Wasp – explique l’obsession des statistiques ethniques aux Etats-Unis, mais aussi la crispation des Américains, aux premier rang desquels, les Wasp, sur la blancheur de leur peau. Il n’y a pas de métis aux Etats-Unis, il n’y a que deux catégories : les Blancs et les autres. L’observation, d’ailleurs des deux côtés, de la règle implicite du « One drop rule » – règle d’une seule goutte – aboutit à ce qu’un métis n’est pas un métis, mais un Noir : Barack Obama, dont la mère est blanche, est regardé, par lui-même autant que par les Wasp, comme un Noir. Kamala Harris, une Jamaïcaine dont la mère est indienne des Indes authentiques, est qualifiée tout uniment de « noire ». Si Alexandre Dumas, dont une grand’mère était noire, avait été un auteur américain, il eût été classé parmi les auteurs « afro-américains », tandis qu’en France la plupart de ceux qui le lisent n’ont pas même connaissance de cette origine, de ce « one drop rule » qui lui interdirait d’appartenir à la race blanche alors même que trois grands-parents sur quatre sont Blancs. Il convient de ne pas se laisser tromper par la démagogie officielle, ou par cette obligation comique de faire apparaître au moins un Noir dans un film américain[11] : obsédés par leur recherche de cohésion, nous dirions même de pureté ethnique, les Blancs expriment un racisme évident en se faisant appeler contre toute vérité scientifique « Caucasiens » pour faire oublier aux Noirs qu’ils ont la peau blanche, regardée implicitement comme supérieure. Qui dira donc que ces Noirs et ces Blancs, auxquels il faut ajouter les Hispaniques et une petite minorité d’Asiatiques, forment sans problème une nation ?

Cependant, à mesure que la Fédération s’est enfoncée dans le XXe siècle, ses prodigieuses réussites économique, militaire et technique, qui l’ont hissée loin devant tous les Etats du monde, ont apporté une sorte de garantie au modèle américain.

Un modèle politique, d’abord. Les Etats-Unis ont été en effet le premier Etat à transposer dans l’ère moderne l’antique régime démocratique, qui a progressivement gagné la planète, au point que le démocratisme a pris une nature religieuse. Aujourd’hui que le monde a basculé dans une organisation implicitement oligarchique, le folklore politique demeure démocratique. Mais on peut voir dans les troubles consécutifs à l’élection contestée de M. Biden une sorte de sursaut de désespoir des Américains dont la seule identité commune, finalement, aura été de nature idéologique. Ici, dans notre vieille Europe, comme dans d’autres Etats anciens (la Chine, les Indes, le monde musulman…), nous avons connu plusieurs régimes politiques différents tout au long de notre longue histoire ; la démocratie – réelle ou supposée – n’en a été qu’un parmi d’autres, de sorte qu’aucun régime ne prétendrait résumer à lui seul notre identité. Ainsi, notre bascule actuelle dans un monde oligarchique n’a fait qu’ouvrir une nouvelle page historique qui reste à écrire, tandis que les Américains voient dans la disparition de la démocratie réelle un effacement de leur identité qu’ils voulaient nationale.

Et pourtant, les Etats-Unis, par leur réussite éclatante, avaient réussi à imposer également un nouveau modèle de nation : celui d’un « melting pot », d’un pot à brasser les peuples d’origine différentes pour en retirer un mélange cohérent, comme jamais les hommes n’ont réussi à le faire dans l’histoire. Cette perspective historique vertigineuse n’a jamais intimidé les Américains qui croient que deux cent cinquante ans d’existence sont une longue période, alors que cette durée correspond, pour un Français, à moins que celle de la dynastie mérovingienne.

Tant que ce mélange s’entendait sur des bases idéologiques communes, on a pu croire que cela suffisait à créer constamment – car l’immigration y est constante – une nation, même quand cette immigration a cessé d’être européenne, pour être de plus en plus hispano-américaine. De surcroît s’est produite, ici comme ailleurs, une polarisation des esprits consécutive à l’apparition des réseaux sociaux qui, contre toute attente, au lieu d’ouvrir les individus au dialogue mondial, les a isolés dans des sphères de reconnaissance sociale ; idéologique, politique, religieuse, de sorte que chacun vit dans une sorte de silo mental. Cette évolution est déjà angoissante quand elle concerne de vieilles nations, mais elle l’est d’autant plus quand elle provoque l’éparpillement des ethnies et des sensibilités sur un même territoire.

A cet égard, on ne peut même pas comparer la situation actuelle à celle de 1861, à la veille de la guerre de Sécession. Certes, on peut dessiner une géographie de l’actuelle division américaine : les populations des deux côtes, qui peu à peu s’engagent dans une réforme profonde de l’identité américaine, et celles du centre continental, où résiste une Amérique traditionnelle. Mais avec l’augmentation des disparités ethniques – au point que l’on prévoit la mise en minorité de la population blanche dans environ vingt-cinq ans – ce sont en réalité des peuples qui bientôt n’auront plus rien à partager ensemble, puisqu’ils ne partagent même plus la même idéologie. La guerre des symboles parle d’elle-même : quand des Américains qui se veulent patriotes envahissent le Capitole, temple de la courte histoire étatsunienne, ils le font dans l’esprit de défendre leur démocratie qui est leur seul ciment ; là où une autre moitié d’Américains y voit au contraire une atteinte à cette même démocratie, que l’on ne parvient donc plus à définir ensemble.

On notera que cette deuxième moitié laisse à la première le monopole du slogan « U-S-A ! U-S-A ! », qui est laissé comme un slogan de droite. De même, c’est une chaîne de télévision de droite qui a pris pour nom One America News : le choix des mots en dit long sur les idées profondes dans les deux camps. Mais sans réalité nationale classique, on ne voit pas à quel critère se confier pour réussir une « Amérique une » – comme avait dit Franco quand il parlait d’une « Espagne une », ou comme dit aujourd’hui M. Macron quand il déplore le « séparatisme » des immigrés musulmans. De surcroît, il y a un monde entre la situation des Etats-Unis en 1861 et la leur aujourd’hui : plus de deux millions de soldats nordistes, venus d’un pays industrialisé, se jetaient alors sur un million de soldats sudistes agriculteurs ruinés par le blocus maritime qui les privait d’exporter leur coton[12]. Aujourd’hui, on peut dire que les deux camps sont à peu près de force égale, même si l’oligarchie, qui dispose du pouvoir réel, est du côté démocrate.

Au moment de la prestation de serment de M. Biden – qui a juré sur la Bible de respecter, et faire respecter, la Constitution, ce qui, compte tenu des conditions dans lesquelles s’est déroulée l’élection, perd son sens – une moitié de la population américaine s’est sentie exclue de cette cérémonie, parce qu’elle regarde le nouveau président, non seulement comme un usurpateur, mais comme l’incarnation d’une autre Amérique que la leur.

Depuis le printemps 2020, quand ont éclaté les émeutes de Black Lives Matter, où l’on a vu défiler bien plus de Blancs de gauche que de Noirs antiracistes, les ventes d’armes, dans ce pays attaché à la liberté d’en posséder personnellement, ont doublé en volume, et l’on a constaté que beaucoup des acheteurs en acquéraient pour la première fois. Par ailleurs, un Américain sur quatre a rompu avec sa famille ou ses amis pour des raisons idéologiques. Enfin, le monde a assisté à une guerre mémorielle aboutissant au déboulonnage des statues de généraux confédérés, ou à changer le nom des bases militaires qui évoquaient leur souvenir. Mais ce qui est possible dans un pays où une majorité est suffisante pour pouvoir écraser une minorité, ne l’est pas dans cet ensemble dont la diversité ethnique rend d’emblée difficile une reconnaissance d’identité commune.

Ainsi peut-on désormais envisager, sans prévoir à quel terme, la dissolution de cet ensemble qui prétendait forger une nation sur d’autres bases que celles que l’on a toujours admises dans l’histoire du monde. Il y a déjà longtemps, Freud avait dit : « L’Amérique est gigantesque, il est vrai, mais c’est une gigantesque erreur »[13]. Et pourtant, pour notre génération, comme pour les quelques-unes qui ont précédé, le simple fait d’écrire ces lignes sans craindre de passer pour fou est une immense nouveauté. Mais si l’on se place du point de vue des réalités historiques constantes, il devient moins difficile de se placer devant cette perspective.

[1] Donné en Sorbonne en 1882 : « Qu’est-ce qu’une nation ? »

[2] Notons en passant le paradoxe de l’Union européenne, qui voulait créer des Etats-Unis d’Europe mais, tout en ne parvenant pas à constituer un Etat par manque d’une diplomatie unique, s’est révélée très centralisatrice – au point d’avoir provoqué le Brexit – alors que les Etats-Unis demeurent une fédération.

[3] In La Désobéissance civile, 1849.

[4] Ce qui explique qu’à la veille de la guerre de Sécession, seulement 1 Sudiste sur 7 possède des esclaves.

[5] Parmi les habitants du Nord, les Noirs sont moins de 1%.

[6] Qui commence en 1773 par la Boston Tea Party contre les taxes commerciales imposées par Londres pour renflouer les caisses anglaises vidées par la guerre de Sept ans.

[7] On notera que le mouvement Black Lives Matters de 2020 n’a pas attenté à la mémoire de ces deux hommes qui pourtant possédaient des esclaves. [peut-être par ignorance?!]

[8] C’est la fameuse « destinée manifeste » de cette fédération : s’étendre d’un océan à l’autre, selon John O’Sullivan dans son article La Grande nation du futur, The United States Democratic review, Langley, NY 1839.

[9] En 1917, rebaptisées Iles Vierges américaines.

[10] Il sera réélu en 1916 sur un slogan : Il nous a maintenus en-dehors de la guerre », ce qui endormaient les puissants électorats germanique et irlandais, très hostiles à l’Entente.

[11] En dépit de leur minorité : 13% de l’ensemble. Mais les luttes de Martin Luther King durant les années 1960 ont laissé un souvenir durable.

[12] La durée inattendue du conflit ne s’explique que par le génie militaire du général Lee.

[13] In Ernest Jones : La Vie et l’œuvre de Sigmund Freud, 1957, p. 67.

ZELENSKY

F. Philippot :

Explosif ! Le journal allemand Die Welt publie les extraits d’une biographie à paraître de #Zelensky qui révèle une « corruption à l’échelle industrielle » et rappelle qu’un film sur tout ça, Offshore 95, a été interdit de diffusion fin 2021 à Kiev !

*

Début de l’article payant de Die Welt daté du 3 août :

https://www.welt.de/kultur/plus240130237/Selenskyj-Offshore-Konten-und-Wagnergate-geheime-Geschaefte-des-Praesidenten.html?cid=socialmedia.twitter.shared.web

Les offres secrètes du président Zelenskyy

Des révélations sur des comptes offshore, un film qu’il ne faut pas montrer – et puis « Wagnergate ». Deux journalistes révèlent ce qu’était la guerre en Ukraine l’été précédant l’attaque de Poutine. Un scandale en particulier expose le président.

Le 3 octobre, le film « Offshore 95 » doit être présenté en première au théâtre « Little Opera » à Kyiv. Il s’agit d’un film documentaire basé sur les Pandora Papers, plus de 11 millions de documents divulgués par des fournisseurs de services financiers. Le réseau international de journalistes d’investigation a commencé à publier des révélations le 3 octobre sur les comptes offshore de centaines de responsables gouvernementaux à travers le monde, dont trente-cinq dirigeants mondiaux. Volodymyr Zelenskyy joue un rôle important dans les 2,9 téraoctets d’informations confidentielles. Dans « Offshore 95 – Les affaires secrètes du président Zelenskyj », des journalistes d’investigation ukrainiens en parlent. Mais la première est annulée à la dernière minute. Le directeur du théâtre a appelé les journalistes quelques heures plus tôt et leur a dit : « Nous ne montrerons pas le film sur le président ».

POUR UNE NOUVELLE NUIT DU 4 AOÛT

C’est dans la nuit du 4 août 1789 que fut votée par l’Assemblée nationale constituante, fortement représentée par la bourgeoisie ou l’esprit bourgeois, la fin du système féodal, l’abolition de tous les droits et privilèges officiels et reconnus, des états de la noblesse et du clergé, des provinces et de leurs assemblées, des villes et des corporations.

Ce qui fut suivi bientôt par tout un tas de nouvelles contraintes et interdictions qui permis à la grande industrie d’alors, la marchandise et la finance, autrement dit le capitalisme de prendre librement son essor. Bourgeoisie triomphante se substituant à la noblesse au bout du rouleau depuis plusieurs décennies, pour mieux exploiter le peuple.

Ce fut l’émergence du jacobinisme qui finalement ne faisait que reprendre tout le poids du centralisme monarchique et l’accentuant encore avec ses mesures contre toute velléité régionale ou régionaliste.

Ce fut parmi tant d’autres lois antisociales avec l’abolition des corporations, l’interdiction pour plusieurs dizaines d’années, des coalitions. Autrement dit l’interdiction au peuple de se réunir et mieux se défendre. Interdiction entre autres des syndicats, puis maigre tolérance des sociétés de secours mutuel et du compagnonnage.

« C’était la révolution des bourgeois… et aujourd’hui, ils sont toujours là », comme disait Desproges.


Au temps présent,
— la boucle est bouclée, je veux dire : la bourgeoisie, en particulier la bourgeoisie mondialiste est devenue une nouvelle noblesse (mais sans noblesse, autrefois, les nobles marchaient en tête de leurs troupes à la guerre et pouvaient s’y faire tuer par le premier manant, ou plutôt le premier mercenaire venu),
— nouvelle noblesse à privilèges, passe-droits, corruption entretenue et parfaitement tolérée, maffias diverses ou caste indifférenciable de « gouvernants », « légiférants », « jugeants », « médiatisants » interchangeables, aux ordres des multinationales et de la Phynance, Père Ubu,
— tous les contre-pouvoirs populaires sont morts ou se meurent dans une ignoble collaboration de classe (je pense ici aux partis dits contestataires ou populaires, et aux syndicats et autres bureaucraties associatives subventionnés).

Alors, ne serait-il pas temps d’accomplir nous aussi, les gueux, notre nuit du 4 août ?
C’est le monde capitaliste occidental qui part à vau l’eau. C’est l’empire qui se déchire… enfin ! Je n’espérais pas connaître ce phénomène « de mon vivant » comme on dit. Mais c’est très bien amorcé.

On peut en remercier de tout cœur cette grande société, cette grande civilisation russe d’avoir accompli le premier geste essentiel, que l’on sentait venir depuis quelques années. L’Oncle Sam est enfin nu. La Libération nous vient de l’Est, d’un pays au soleil levant, sur notre couchant, comme elle est venue du même Est déjà il y a trois-quart de siècle. Mais le chemin ne fait que s’ouvrir. La marche ne fait que s’entamer. La Longue Marche.

Certes, ce n’est pas le capitalisme en soi qui est en train de tomber, mais c’est la forme la plus sordide, la plus folle et la plus inhumaine de l’ultra-capitalisme qui se fissure ; celui du monde occidental, moribond ; sous direction anglo-saxonne et sioniste ; son arrogance, son totalitarisme, sa dictature sur les peuples, européens en particulier. Sa folie furieuse destructrice, son absence totale de morale, son messianisme mortifère et eugéniste.

Vieille Taupe, encore un effort, pour que tout ça parte en morceaux.

À PROPOS D’UNE RÉFLEXION DE L’UN DES DIRIGEANTS DU DONBASS

Le numéro deux de la République populaire de Donetsk, le président du Conseil du Peuple, Denis Pouchiline, vient d’écrire sur Telegram :

« Aujourd’hui, il est temps de libérer à nouveau [allusion à la Seconde guerre mondiale] les villes russes fondées par le peuple russe : Kiev, Tchernihiv, Poltava, Odessa, Dnipropetrovsk, Kharkiv, Zaporozhye, Lutsk ».

Tchernihiv est tout au Nord vers l’Est, Poltava au Sud-Ouest de Kharkov, Dnipro/Dnipropetrovsk et Zaporozhye à l’Ouest de Donetsk, Odessa tout au Sud-Ouest du pays.

Il peut très certainement parler de villes russes, mais il est peut-être osé de les déclarer toutes fondées par les Russes. Ainsi, les origines de Kiev remontent à des slaves orientaux indifférenciés, puis elle a connu la domination khasare, varègue (viking), la destruction mongole, plusieurs siècles de léthargie et de domination lituanienne ou polonaise, et un renouveau avec son intégration à l’empire russe au moment de la révolution industrielle.

Dans la liste se trouve bizarrement la ville occidentale (du Nord de la Galicie) de Loutsk dont les origines ne sont pas vraiment connues. Pendant des siècles elle a été sous domination lituanienne puis polonaise et ce n’est qu’en 1795 que la région est annexée à l’empire russe, également, à la suite des partitions de la Pologne.

En fait, le terme qui convient le mieux pour définir ces villes russes ou russophones, c’est celui de villes mises en valeur, aux Temps modernes, plus précisément à partir de la fin du XVIIIe siècle ou courant du XIXe siècle, par des populations très largement russophones (russes ou non d’ailleurs). De villes très généralement industrielles qui ont pris une extension ou qui sont nées du développement des mines (charbon, fer, sel gemme), de la sidérurgie et de la métallurgie en tous genres. Et de l’apparition du chemin de fer, également. Sans oublier l’extension de l’agriculture sur de généreuses terres noires riches en humus (le fameux tchernoziom).

Pouchiline s’était déjà fait remarquer en juin dernier, en déclarant que l’Ukraine pourrait bientôt disparaître de la carte du monde en tant qu’État indépendant. Ce qui est peut-être déjà le cas dans les faits avec le rôle joué par les États-Unis, l’Union Européenne, l’Otan, ou même encore Israël, etc. au sein de ce qui reste d’État ukrainien.

Ce qui ne veut pas dire que toute l’Ukraine intégrerait la Russie, mais que le pays serait à terme partagé. Entre Russie et pourquoi pas Pologne au Nord-Ouest, plus des petits bouts, par ci par là, pour la Hongrie, la Roumanie, etc. Et pourquoi pas pour les sionistes, en tant que représentants des Khasars du Moyen-âge. Puisque certains évoquent cette éventualité !

Il faut savoir que ce sont les bolcheviques qui ont constitué ou reconstitué cette entité composite dans les années vingt, complétée d’autres morceaux dans les années de la Grande guerre patriotique au détriment, en particulier, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Moldavie.