Je ne pensais plus à ce chanteur, ou si peu, il est donc parti hier et avec lui toute une série de chansons en grande partie d’un autre âge.
Celui avant tout des Trente Glorieuses. Dont il est un éclatant témoin dans le genre (généralement, mais pas toujours) léger, insouciant, optimiste, voire burlesque.
Et dans le style vedette de music-hall, type de personnage disparu de nos jours, comme celui du chansonnier. Artiste populaire.
J’ai recherché un peu, et je me suis rendu compte que je connaissais plus d’un des titres qu’il avait chantés en un temps où je l’écoutais seulement d’une oreille distraite et encore jeunette, voire toute gamine.
En voici quelques exemples :
Un Mexicain
L’amour ça fait passer le temps
Bleu, blanc, blond
Dans le cœur de ma blonde
Tout doux, tout doucement
Et j’y ajoute une chanson en occitan (béarnais) car il fut toute sa vie un défenseur de la langue du Midi.
Lo shens terra (l’aspés) – Le sans-terre
De F. Asselineau :
ÇÀ, C’EST LA FRANCE !
Il y a 57 ans, de Gaulle annonçait la sortie de la France du Commandement militaire de l’OTAN et la fermeture des bases militaires des États-Unis en France.
Il expliquait :
«Il faut regarder les Américains droit dans les yeux, ils finissent par s’y faire.»
Mais j’ajoute (jpf) : ç’aurait été encore mieux si la France avait quitté l’Otan.
C’est la Journée de la Femme aujourd’hui ; il y a quelques jours c’était la Fête des grands-mères : on a aussi la Journée contre les violences faites aux femmes ou encore la Fête des mères. Ou bien des fêtes dédiées à Marie ou à Marianne.
J’essaye de comprendre le sens de tout ça. Serait-ce que les autres jours de l’année seraient, ne seraient que les journées des hommes, des mâles, voire des « transgenres » burlesques ?
On pourrait dire, pourtant, que beaucoup d’hommes qui font la guerre à travers le monde, car ce sont essentiellement des hommes qui la font, ne sont pas vraiment à la fête. Mis à part les fanatiques et les tarés. Et les hyper-stimulés par la testostérone dont personne encore n’a envisagé de les châtrer.
Et s’il n’était pas plus simple de sanctifier, comme aux temps des civilisations antiques, la fécondité de la Nature et le renouvellement des générations tant animales que végétales ? Autrement dit le cycle des saisons, la Paix et la Vie luxuriante contre la Mort inhérente à notre pitoyable condition terrestre, solaire et universelle.
Henry Purcell.
1685-1686
Rosemary Standley et Dom La Nena
Le texte est une partie d’une traduction de la poétesse anglaise Katherine Philips du poème La Solitude de Marc-Antoine Girard de Saint-Amant de 1617.
*
O Solitude
O solitude, my sweetest choice!
Places devoted to the night,
Remote from tumult and from noise,
How ye my restless thoughts delight!
O solitude, my sweetest choice!
O heav’ns! what content is mine
To see these trees, which have appear’d
From the nativity of time,
And which all ages have rever’d,
To look today as fresh and green
As when their beauties first were seen.
O, how agreeable a sight
These hanging mountains do appear,
Which th’ unhappy would invite
To finish all their sorrows here,
When their hard fate makes them endure
Such woes as only death can cure.
O, how I solitude adore!
That element of noblest wit,
Where I have learnt Apollo’s lore,
Without the pains to study it.
For thy sake I in love am grown
With what thy fancy does pursue;
But when I think upon my own,
I hate it for that reason too,
Because it needs must hinder me
From seeing and from serving thee.
O solitude, O how I solitude adore!
*
Traduction approximative du texte anglais :
Ô Solitude
Ô solitude, mon choix le plus doux !
Des lieux consacrés à la nuit,
Loin du tumulte et du bruit,
Comme mes pensées agitées se délectent !
Ô solitude, mon choix le plus doux !
Ô ciel ! quel contenu est le mien
Pour voir ces arbres, qui sont apparus
Depuis la nativité des temps,
Et que tous les âges ont vénéré,
Pour avoir l’air frais et vert aujourd’hui
Comme lorsque leurs beautés ont été vues pour la première fois.
O, comme un spectacle agréable
Apparaissent ces montagnes suspendues,
Que le malheureux inviterait
Pour finir tous ses chagrins ici,
Quand son dur destin lui fait endurer
Des maux que seule la mort peut guérir.
O que j’adore la solitude !
Cet élément de l’esprit le plus noble,
Où j’ai appris la tradition d’Apollon,
Sans la peine de l’étudier.
A cause de toi j’ai grandi dans l’amour
Par lequel ta fantaisie se poursuit ;
Mais quand je pense à moi-même,
Je le déteste aussi pour cette raison,
Parce que ça doit me gêner
De te voir et de te servir.
Ô solitude, ô que j’adore la solitude !
La folie d’un clown (suite)
Dans une ambiance de crépuscule, où les restes de la cohorte de déités nordiques de la guerre, Irmin, Tuisto, Týr et autres, sont dispersés aux limbes du ciel par la puissance de l’artillerie russe, des escouades d’agents recruteurs de l’armée otanokrainienne traversent Odessa sur leurs trottinettes de combat.
De plus en plus difficile, pour l’héroïque (sic) régime de Kiev de trouver des hommes entre 18 (ou à peine) et 60 ans (ou même un peu plus), qui soient encore en vie, ou pas encore estropiés, ou encore en Ukraine.
Les plus malins et/ou les plus riches sont partis depuis le début en soudoyant les gardes-frontières, ou tranquillement par avion. Sachant que la Cour des Comptes française a déclaré que ce serait sept millions de citoyens ukrainiens qui auraient fui leur pays depuis un an, sans compter ceux qui l’ont fui depuis 2014 et même bien avant.
Et plus encore les « convaincre » par la force d’aller prendre leur numéro d’ordre et leur place répertoriée à l’abattoir de Bakhmout tenu par l’efficace wagnérien Prigojine.
Ce n’est certainement pas à Odessa, ville avant tout russophone, que l’on risque de rencontrer beaucoup de volontaires pour remplacer les dizaines de morts quotidiens du chaudron d’Artiémovsk / Bakhmout (sans parler d’ailleurs, où cela ne va pas vraiment mieux), ou prendre la place de tous les tarés et autres fanatiques du projet barbare bandériste déjà morts ou mis hors de combat, l’année dernière … non pas à Marienbad, mais à Marioupol, dans la Ville de Marie.
Pour de vrai et pas pour du beurre, l’embrigadement zelenskyste se heurte à plus de difficultés sur place que sur les plateaux de la téloche franchouillarde.
Il faut savoir qu’hier comme l’écrit Donbass Insider:
« Le secrétaire du conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien, Danilov, a révélé certains détails de la réunion du quartier général [du commandement suprême] de Zelensky, au cours de laquelle il a été décidé que les forces armées ukrainiennes ne quitteraient pas Artiomovsk. La question, a-t-il dit, a été discutée pendant une heure et demie. »
Et conclut :
« Il est évident que la décision catastrophique de Zelensky, qui est contraire aux plans du commandant en chef des forces armées ukrainiennes Zaloujny, aura une issue désastreuse pour les soldats ukrainiens. »
Ce qui est devenu sur le site de Zelensky :
« Les membres du quartier général ont examiné en détail la situation à Bakhmut. Évaluant le déroulement de l’opération défensive, le président a demandé ce qu’ils en pensaient au commandant en chef des forces armées ukrainiennes Valery Zaluzny et au commandant du groupe opérationnel-stratégique de troupes » Khortytsya » Alexander Syrsky concernant de nouvelles actions en direction de Bakhmut. Ils se sont prononcés en faveur de la poursuite de l’opération défensive et du renforcement de nos positions à Bakhmut ».
*
À propos des positions à Bakhmout :
https://t.me/ZA_FROHT/13995
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De Donbass Insider d’après UKR LEAKS_fr
Un pro de la corruption va diriger le bureau pour la corruption bureau ANTI-corruption de l’Ukraine
Semion Krivonos, chef de l’Inspection nationale de l’architecture et de l’urbanisme, a été nommé aujourd’hui directeur du Bureau national de lutte contre la corruption d’Ukraine.
Il convient de noter les mérites du nouveau chef. En 2014, une affaire pénale a été ouverte contre Krivonos en vertu de l’article du Code pénal « accepter un très gros pot-de-vin ». On sait qu’il a extorqué 120 000 dollars à un entrepreneur pour l’attribution d’un terrain de 2500 m².
Un fait intéressant : Krivonos a travaillé si dur dans des postes gouvernementaux qu’il a réussi à acquérir pendant tout ce temps seize terrains, d’une superficie totale de 21 hectares, deux maisons et deux appartements.
Avec une telle expérience de la corruption, sa nomination à son nouveau poste était amplement méritée.
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De Katya Kopylova
Pour que la vie ne ressemble pas à un conte de fée, Dieu a inventé les pépins dans la pastèque, les insectes dans les framboises, les poils sur les jambes et la démocratie…
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De Katya Kopylova encore
Vous vous rappelez, il y a cinq ans, des diplomates américains ont commencé à avoir des problèmes de santé à cause de mystérieux “irradiateurs” russes. Les diplomates ont accusé la Russie d’utiliser des sortes d’émetteurs et se sont plaints de nausées, de maux de tête et de problèmes de mémoire.
Cela s’est d’abord produit à Cuba, si bien que le phénomène a été appelé le “syndrome de La Havane”. En quelques années, le nombre de diplomates américains “tombant malades” est passé à 200. Cette étrange maladie a commencé à les frapper partout, de Cuba et du Vietnam à la France et à la Suisse, où des diplomates américains ont été hospitalisés immédiatement après des entretiens avec les Russes.
Les diplomates ont pigé qu’il s’agissait d’un stratagème cool pour obtenir une généreuse compensation du gouvernement américain. L’administration Biden a alloué 30 millions de dollars pour enquêter sur les cas d’”exposition”.
En cinq ans, les enquêteurs n’ont trouvé aucun “irradiateur”. Il a fallu cinq ans et des dizaines de millions de dollars pour réfuter cette absurdité. Au final, une autre histoire d’épouvante sur l’”ingérence russe” s’est tranquillement dégonflée.
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Et à nouveau de Katya Kopylova
Interview avec un musicien russe : Yuri Loza:
Pourquoi avez-vous envahi un pays étranger ?
Cela fait neuf ans que je pose cette question aux Ukrainiens…
Et encore de Katya Kopylova
Annalena Baerbock [ministre écolo-belliciste allemande] n’a été accueillie à l’aéroport en Inde que par l’ambassadeur allemand et l’agent d’aérodrome de garde. Ç’aurait pu être pire, elle aurait pu être attendue par Zelensky
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MICRON EN AFRIQUE
https://t.me/donbassinsider/32537
https://t.me/kopylovakatya/2023
Je ne me lasse pas de regarder cette séquence
Le président de la République démocratique du Congo a rappelé à Macron l’implication de la France dans le génocide de 1994, demandant comment Paris allait aider à rétablir la sécurité au Congo.
Macron s’est défaussé de toute responsabilité, rejetant la responsabilité de la sécurité sur les autorités locales, tout en les accusant de permettre les troubles.
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Sur le front « de gauche » de « l’opposition » :
https://juste-milieu.fr/greve-du-7-mars-le-piege-danne-hidalgo/?utm_source=sfmc&utm_medium=email&utm_campaign=246+-++Mobilisation+(presque)+g%c3%a9n%c3%a9rale+le+7+mars+!&isBat=false&d=JUM_Hors_GNT&sk=amVhbnBpZXJyZS5mbGV1cnkwMEBnbWFpbC5jb20=&e=c3d771a7a2059605739a0ad7dbda0110fcdd6d55a9be4d19349757d82896ad31&j=1645567&l=491&b=7&sid=10751988&senddate=2023-03-06
De t.me/russosphere
L’épisode de la gare de Riga.
Le nom en langue russe du mot « gare » a été retiré du bâtiment de la gare de Riga. Ceci est indiqué dans la déclaration du ministère des Transports de la Lettonie.
Désormais, il n’y a plus de mot « gare » en russe dans l’infrastructure de transport. [par contre certains ont fait remarquer que les inscriptions en anglais y demeurent, magnifiées]
Selon le ministre letton des Transports, Janis Vitenbergs, le nom en russe de la station n’est plus utilisé dans la pratique depuis de nombreuses années et son démantèlement est un geste symbolique.
L’inscription ne faisait que soutenir « l’atmosphère de l’ère soviétique au centre même de la capitale » a souligné le responsable.
Mais la langue russe était aussi celle de l’Empire russe, donc avant l’union soviétique et les pays baltes faisaient partis de l’Empire russe, donc ???
On attend donc à Riga une nouvelle décision ministérielle pour interdire les affichages en allemand [1] des marques allemandes car ça rappelle trop « l’atmosphère de l’occupation nazie au centre même de la capitale » … A moins que ?!
Et aucun souci pour la population de la ville de Riga à majorité russophone. [2]
(jpf)
[1] Allemand : langue administrative de la Lettonie avec le russe jusqu’en 1917, du temps où les grands propriétaires germano-baltes dominaient le pays.
[2] Qui ont le tort pour certains de faire partie de familles implantées là depuis longtemps. Dans les années quatre-vingt-dix (de nos jours je l’ignore), le tiers de la population de la Lettonie, le tiers donc de moins de deux millions d’habitants, était russophone. Et actuellement encore et plus que jamais, plus de 10% de la population russophone n’est pas reconnue comme lettone à part entière, exclue des droits civiques, comme le droit de vote entre autres.
Rappelons que la Lettonie (sous la coupe des chevaliers teutoniques du XIIIe siècle au XVIe siècle, de la Pologne, puis de la Suède au XVIIe, puis de l’empire russe au XVIIIe, puis intégrée à l’Allemagne en 1918, puis indépendante, puis envahie par le régime soviétique comme l’Estonie et la Lituanie)…
telle toute cette région qui va de la Mer Baltique à la Mer Noire est l’un des lieux du monde les plus marqués par des ultra-nationalismes récurrents qui semblent n’avoir jamais de fin, ni cesse. Ultra-nationalismes fous, délirants, irrationnels, marqués par d’ultra-barbaries comme cela a été le cas pendant la Seconde guerre mondiale (où tout y passait, et pas seulement des Juifs, toutes les minorités locales ethniques et/ou religieuses), et comme on le voit actuellement en Ukraine.
D’Erwan Castel
BONJOUR À TOUTES ET À TOUS !
Sur le front de Yasinovataya
3°
La grande faucheuse continue à se nourrir de la folie des Hommes. Samedi, dans mon bataillon, encore 1 tué et 2 blessés sur le front.
De chaque côté du chaos des hommes disparaissent ou sont mutilés, et d’autres aussitôt les remplacent dans le labyrinthe du Minotaure.
Une fois encore dans son Histoire, la Russie doit se défendre contre les idéologies hégémoniques : celles des nationalismes occidentaux, français, allemand et aujourd’hui celle du mondialisme étasunien, avec tous leurs cortèges de laquais et collabos.
C’est l’éternel combat de l’eau contre la terre, des thalassocraties marchandes contre les empires de traditions, de la haute Antiquité à nos jours, c’est très souvent le pouvoir de l’argent qui éventre la Terre et les Hommes pour nourrir les profits élitistes des marchands, des bourgeois et des banquiers…
C’est l’idéologie amorale de la Marchandise qui veut asservir les peuples dans la consommation des supermarchés jusqu’au consumérisme de ses guerres de conquête.
Tel un océan voulant conquérir la terre, l’argent veut dominer les peuples et lance ses vagues contre leurs libertés depuis des millénaires.
L’idéologie de la Marchandise contre la décence commune des peuples
Et les populations occidentales ne voient rien. Et même parmi la minorité de ceux qui voient, la plupart ne regardent que l’écume idéologique des vagues qui asservissent leurs libertés […] idiots utiles d’un libéralisme économique devenu mondialiste et d’un cosmopolitisme social devenu wokisme…
L’Homme libre ne se soumet à aucune idéologie, il n’est pas dans un communautarisme fantasmé, il est juste l’enfant d’un terroir ayant forgé ses traditions au milieu de richesses qu’une Nature lui confie pour qu’il en soit le gardien amoureux.
https://lesakerfrancophone.fr/poutine-aux-ennemis-de-la-russie-en-approche
Publié le février 28, 2023 par Le Saker Francophone
Par Dmitry Orlov – Le 21 février 2023 – Source Club Orlov
Un bon moyen de déterminer si vous êtes toujours en vie est de vous demander si vous pouvez encore ressentir de l’émerveillement et de l’étonnement en observant les changements qui balaient le monde. La plupart de ces changements sont graduels et difficiles à détecter dans le cadre de votre expérience quotidienne. Il est donc utile qu’une personne importante se tienne devant vous pendant une heure, comme l’a fait Poutine aujourd’hui devant l’Assemblée fédérale de Russie, et vous explique exactement ce qui s’est passé et ce qui va se passer.
C’est également très divertissant : Poutine est quelqu’un de naturellement irrépressible qui refuse de se retenir. Son russe a également une gamme dynamique énorme : à un moment, il ressemble à un gamin des rues de Leningrad, et à un autre moment, il a l’air d’un avocat et d’un technocrate accompli, d’un érudit littéraire ou même d’un étudiant en théologie. Eh bien, il est tout cela à la fois. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste (rares sont ceux qui parviennent à rester neutres à son égard), il est difficile de l’ignorer. D’autant plus que, comme à l’accoutumée, son discours annuel devant l’Assemblée fédérale ne manquait pas de ce que les linguistes appellent des performantifs – des déclarations qui n’expriment pas une opinion ou ne transmettent pas d’informations mais transforment la réalité de manière spécifique. Et il est important de les connaître, surtout si vous résidez dans l’un des pays dont les dirigeants ont (très bêtement) décidé d’être les ennemis de la Russie, car, en fin de compte, c’est votre cul qui est en jeu. Vous pouvez être en admiration devant l’impressionnant dirigeant qui s’appelle Vladimir Poutine (rien ne vous en empêche) mais, plus précisément, je pense qu’il est de mon devoir humanitaire de vous avertir de ce qui risque de se passer avant que quelqu’un ne crie « En approche ! ». De cette façon, vous pourrez formuler un meilleur plan que de vous couvrir d’un drap blanc et de ramper lentement vers le cimetière (afin de ne pas provoquer une ruée dans laquelle quelqu’un pourrait être piétiné).
*
Commençons par le plus important : Poutine a annoncé que la Russie suspendait sa participation au traité START-3. C’est le « Traité entre les États-Unis d’Amérique et l’Union des républiques socialistes soviétiques sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs, n° 3 ». Ce traité remonte à l’ère soviétique, mais le 3 février 2021, les États-Unis et la Russie ont convenu de le prolonger jusqu’au 5 février 2026. M. Poutine a précisé les conditions dans lesquelles la Russie envisagerait de revenir au traité : celui-ci doit tenir compte des capacités offensives stratégiques de tous les pays de l’OTAN, et pas seulement des États-Unis. La Grande-Bretagne et la France disposent également d’armes nucléaires, bien qu’aucune ne soit trop récente, et Washington a tendance à envoyer ses armes nucléaires où bon lui semble, y compris dans d’autres pays de l’OTAN, comme l’Allemagne et la Turquie, ce qui pose problème. Poutine a ridiculisé les appels de l’OTAN à la Russie pour qu’elle permette à ses experts d’inspecter les sites militaires russes ; après que des drones aient récemment effectué une frappe sur les aéroports russes qui accueillent son aviation stratégique, endommageant quelques avions (en utilisant les Ukrainiens comme des proxies [acteurs par procuration] sans cervelle), une telle demande est plus que ridicule. Peut-être la Russie devrait-elle être autorisée, par courtoisie, à faire exploser un certain nombre de bombardiers stratégiques américains, juste pour égaliser le score avant d’entamer les négociations ? Non ? Oh, eh bien… Poutine a également souligné que les armes stratégiques américaines ont largement dépassé leur date de péremption (il a été un peu plus poli et circonspect, mais c’était l’essentiel, et ceux qui sont au courant savent aussi qu’il était factuel). Au sens figuré, en ce qui concerne les armes nucléaires, l’armurerie de Washington est dans un triste état ; les boîtes de conserve sont bombées et celles qui ont éclaté sentent vraiment mauvais et laissent échapper des substances viles.
*
Plus précisément, il y a quelques détails techniques que l’on peut saisir sans avoir à devenir un premier de la classe en armes nucléaires. Les États-Unis n’ont aucune (c’est bien cela, aucune !) usine capable de fabriquer des armes nucléaires. Il existe une certaine activité artisanale dans une poignée de laboratoires (Los Alamos, Lawrence Livermore, Sandia et peut-être Savannah River). Mais ce qu’ils font est plutôt triste : essayer de manipuler du plutonium dans des boîtes à gants. Et nous savons que le plutonium (utilisé par les États-Unis pour fabriquer des bombes) se dégrade avec le temps (il accumule des isotopes qui font qu’une bombe explose pendant l’assemblage ou n’explose pas du tout et fait juste un gros gâchis) et il n’y a aucun moyen connu de séparer les isotopes du plutonium. L’absence totale d’usines d’armement nucléaire signifie que les États-Unis n’ont aucun moyen de produire du plutonium neuf. Nous savons également que les États-Unis n’ont jamais développé la capacité d’enrichir l’uranium à des fins militaires (la seule autre option pour fabriquer des engins nucléaires qui explosent), de sorte qu’ils n’ont que leur vieux plutonium pour jouer. Pour satisfaire les besoins d’enrichissement de l’uranium de leurs nombreuses vieilles centrales nucléaires (ils ne semblent plus savoir comment en construire de nouvelles), les États-Unis s’en remettent au monopole nucléaire public russe Rosatom (sanctions ? Quelles sanctions ?) et, dans une moindre mesure, aux Français, qui dépendent également de Rosatom. Voilà pour les États-Unis ; en ce qui concerne le reste de l’OTAN, les Britanniques comptent sur les États-Unis pour leurs missiles balistiques Trident II et les Français n’ont pas testé d’arme nucléaire depuis 1996. Mais les États-Unis prévoient non seulement de maintenir leurs bombes, mais aussi d’en développer de nouvelles. Compte tenu de leurs nombreuses limitations et de la nature artisanale de leurs efforts en matière d’armes nucléaires dans les laboratoires nationaux, il s’agirait de mini-nukes [mini-nuc’s ; bombinettes nucléaires]. Les Russes sont au courant de ces plans et cela fait rire certains d’entre eux, qui se souviennent d’une blague sur une certaine poudre anti-puces américaine brevetée. Pour l’utiliser, il faut attraper une puce, lui raconter des blagues pour la faire rire afin qu’elle ouvre la bouche, et saupoudrer la poudre dans sa bouche.
Si vous avez des bombes nucléaires, comme les Américains en ont, ou pensent en avoir, même si la plupart d’entre elles ont des dizaines d’années et que des souris mutantes nichent probablement à l’intérieur (le plutonium est là pour les garder au chaud), vous devez avoir des vecteurs de transport. Les États-Unis possèdent quelque 400 missiles Minuteman III et, après une série d’essais infructueux, ils en ont testé un avec succès, même si nous ne saurons jamais dans quelle mesure. Ce missile a été choisi « au hasard » (bien sûr, bien sûr), transporté vers une installation, « préparé » pour le test (tous les boyaux ont été remplacés, pour être sûr) et tiré dans une direction aléatoire (ou du moins il y avait une trace dans le ciel montrée par les images d’actualités). Nous ne savons pas si la bombe a effectivement touché quelque chose ; il n’y a pas eu d’images d’hommes en uniforme, armés de mètres à ruban, mesurant la distance entre les cratères de la bombe (soi-disant trois) et la cible spécifiée. Quoi qu’il en soit, il s’agit de missiles balistiques, ce qui signifie qu’une fois la phase de propulsion terminée, ils suivent une trajectoire balistique qui peut être calculée sur la base de leur trajectoire initiale. Cela rend les missiles balistiques faciles à intercepter. Il y a également un certain nombre de missiles Trident II lancés par sous-marin, partagés avec les Britanniques (ils ne savent pas combien d’entre eux sont encore déployables), et ce sont également des missiles balistiques. Enfin, il y a les bombardiers stratégiques et les missiles de croisière. La plupart des missiles de croisière sont des Tomahawks, qui volent à une vitesse de 550 mph [milles par heure] (un Boeing 777 rempli de touristes obèses peut faire mieux) et, d’après leur utilisation en Syrie, ils ne sont pas fiables (un tas d’entre eux sont tombés dans la mer) et sont faciles à intercepter, même avec les systèmes de défense aérienne relativement anciens de l’ère soviétique, sans parler des nouveaux systèmes russes. La plupart des bombardiers stratégiques sont d’anciens B-52 qui ne font pas mieux que 500 mph et une poignée de B-1B Lancers qui sont supersoniques mais qui sont sur le point d’être retirés du service.
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Maintenant, comparons cela aux défenses stratégiques de la Russie. Aujourd’hui, M. Poutine a déclaré sans ambages que les forces stratégiques de la Russie sont désormais nouvelles à 93 %. Les autres branches rattrapent rapidement leur retard. Je ne vais pas vous ennuyer avec tous les détails techniques, mais la conclusion de base est que les États-Unis n’ont rien que les Russes ne puissent intercepter, tandis que la Russie a toutes sortes de choses que les Américains ne peuvent absolument pas intercepter. Cela signifie que, dans une confrontation nucléaire lancée par les États-Unis, les Russes repousseront la plupart des attaques. Quelques ogives pourraient atterrir dans des régions périphériques, soit parce qu’elles ont dévié de leur trajectoire, soit parce que la cible était tout simplement trop éloignée pour qu’on s’en préoccupe, et un nombre encore plus faible de ces ogives exploserait comme prévu, le reste faisant soit de petits trous dans le sol, soit une catastrophe nucléaire. Et alors, en réponse, la Russie tiendrait les États-Unis à sa merci. Le scénario opposé, dans lequel la Russie lancerait une première frappe, serait contraire à la doctrine nucléaire russe.
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Mais il y a eu aussi la lecture de la loi anti-émeute [sic] par Poutine : l’Occident s’est couvert d’une honte qu’il ne parviendra jamais à laver. Son utilisation des accords de Minsk pour tromper le monde sur ses intentions pacifiques, tout en réarmant l’armée ukrainienne en vue d’une attaque, est le comble de l’hypocrisie. Il a choyé et encouragé les nazis [bandéristes et autres] et les terroristes, refusant de reconnaître les actes explicites et exhibitionnistes de génocide – et pas seulement dans l’ancienne Ukraine – tout comme il l’avait fait avec l’Allemagne nazie dans les années 1930. Les guerres inutiles qu’il a lancées dans le monde entier depuis le début du siècle ont fait 38 millions de réfugiés (et, j’ajouterais, un nombre encore plus grand de personnes dépossédées et déplacées à l’intérieur de leur propre pays). De plus, les dirigeants occidentaux sont fiers de leur perfidie et de leur fourberie, pensant que cela les rend si intelligents ! Ils ne sont jamais sortis de leur héritage raciste et colonialiste, divisant toujours le monde entre les nations soi-disant « civilisées » et « démocratiques » et les autres. Ce sont eux qui ont déclenché la guerre chaude dans l’ancienne Ukraine, en armant les Ukrainiens, puis en les incitant à attaquer le Donbass, et la Russie est intervenue et utilise la force spécifiquement pour arrêter la guerre. Poutine a expliqué pourquoi il s’agit d’une guerre juste contre l’Occident, que la Russie va gagner.
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À cette fin, Poutine a dit quelque chose que les voisins estoniens de la Russie pourraient considérer comme important, bien qu’il soit peu probable que les dirigeants estoniens actuels, vraiment idiots et dirigés par Kaja Kallas, une imbécile de classe mondiale, l’apprécient. Récemment, l’OTAN a jugé bon d’installer des systèmes de roquettes à lancements multiples HIMARS en Estonie. Ces roquettes ont une portée maximale de 300 km, alors que Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie, se trouve à moins de 200 km de la frontière estonienne. Maintenant, ce que Poutine a dit est ceci : « Plus la portée de leurs armes sera longue, plus nous éloignerons leurs frontières. » Estoniens, voulez-vous bien faire un choix : soit vous vous débarrassez de ces lanceurs HIMARS, soit vous dégagez. Il y a un troisième choix, bien sûr – mourir sur place – mais, comme vous avez été prévenus, ce serait un choix spectaculairement stupide.
*
En parlant de stupidité, pendant que ces questions européennes étaient discutées, le ministre russe des affaires étrangères, Sergei Lavrov, avait du mal à garder les yeux ouverts. Cela est compréhensible à deux égards. Tout d’abord, Lavrov venait de rentrer de deux tournées éclair consécutives en Afrique, afin de participer à l’organisation du prochain sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Sotchi en juillet. D’après les résultats de sa visite, l’Afrique est solidement ancrée dans le camp russe. Les Africains en ont assez du colonialisme, du post-colonialisme et du néo-colonialisme européens et ils se souviennent que c’est l’URSS qui les a aidés à obtenir [en partie] leur indépendance nationale. Lavrov a été suivi, à quelques pas derrière, par des représentants de l’Union européenne, qui tentent de limiter les dégâts. Deuxièmement, les Européens ne sont plus un sujet intéressant pour Lavrov le diplomate, tout simplement parce que l’Occident n’a laissé aucune place à la diplomatie. Le secrétaire à la défense Sergei Shoigu, en revanche, a écouté attentivement. La conclusion à en tirer est évidente : la diplomatie avec l’Occident est terminée ; désormais, il s’agit de GUERRE. Ils l’ont provoquée eux-mêmes, et maintenant ils doivent l’assumer.
D’où ce t-shirt populaire [en Russie] : « Celui qui ne veut pas parler avec Lavrov parlera avec Shoigu ». Et ci-dessous, des citations directes de chacun d’entre eux. Lavrov : « Putain d’idiots ! » Shoigu : « Nous vous la mettrons où nous voulons. » Hélas, ce moment est finalement arrivé !

En parlant d’idiots, il n’y a vraiment personne à l’Ouest à qui Lavrov ou Shoigu puissent parler. Ce qui est arrivé à l’Occident collectif est un cas bizarre du principe de Peter : « Les gens dans une hiérarchie ont tendance à s’élever à leur niveau d’incompétence respectif. » Sauf que tous les dirigeants occidentaux auxquels vous vous intéressez ont largement dépassé leur niveau d’incompétence respectif. Regardez l’excellent cadavre en chef, l’empereur Dementius Optimus Maximus. Il ne serait pas bon pour diriger un tournoi de jeu de palets dans une maison de retraite – trop sénile. Et bien que vous puissiez penser qu’il est entouré de personnes super pointues et de premier ordre, elles sont encore pires que lui, pour avoir accepté de servir sous une marionnette démente. C’est particulièrement clair avec la vice-présidente Kamala Harris : son niveau de compétence était celui d’une « escort » exotique ; à quel point a-t-elle dépassé ce niveau dans la vie ! Le reste de la Maison Blanche, de l’éternel grimaçant Blinken à l’attaché de presse tête de serpillière, est tout à fait à son niveau.
En regardant plus loin, nous avons M. Rickshaw, [Tricycle] le nouveau vice-président britannique [le premier ministre royaumunien d’origine indienne, du même tonneau que trudeau, zèle-en-ski et macron], non élu comme les autres. Il a l’air d’être un gitan ; peut-il jongler, danser et chanter en même temps ? C’est peut-être son niveau de compétence ; cela et s’attirer les faveurs de ses maîtres blancs. Assurez-vous de recompter les couverts au 10 Downing Street après son départ ! Et que dire de la chef de l’Union européenne, Ursula von der Leyen ? Son niveau de compétence était de mettre au monde beaucoup d’enfants. Elle l’a dépassé, d’abord en devenant gynécologue (on peut dire qu’elle s’est emballée !), puis, à pas de géant, dans son poste actuel. Ou prenez Josep Borrell, le Haut représentant de je ne sais quoi – certainement pas la diplomatie, car c’est le plus grossier salaud qui ait jamais respiré de l’oxygène. Son niveau de compétence serait celui d’un videur dans un bordel. Et puis il y a la prolifération des dames et des bimbos de luxe : l’idiote Kaja Kallas, de l’Estonie bientôt déserte, est suivie de près, de l’autre côté du golfe de Finlande, par la tout aussi talentueuse Sanna Marin, qui organise des fêtes sexuelles débiles. Elle est bien trop bête pour comprendre que sans commerce avec la Russie, la Finlande n’a pas d’économie du tout – elle n’en a jamais eu et n’en aura jamais. Lorsque des idiots lui disent d’adhérer à l’OTAN (ce qui rompt le traité de paix de la Finlande avec la Russie et la remet automatiquement en état de guerre avec elle), elle répond : « Puis-je avoir un autre verre de ce vin, s’il vous plaît ? ». Pour terminer la liste, il y a Olaf Scholz ; son niveau de compétence est d’organiser de très grandes orgies perverses. Maintenant, à qui Shoigu, sans parler de Lavrov, pourrait-il parler dans ce lot ? Ils ne feraient que lui jeter des tartes à la crème, puis glisser, tomber et expirer dans une flaque de leur propre vomi. Je suppose donc qu’ils devront simplement attendre que Shoigu « la leur mette où il veut. ».
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D’autres parties du discours de Poutine portaient sur des questions internes à la Russie. L’économie russe s’est contractée de 2,1 % par rapport à l’année précédente en raison des sanctions occidentales, mais uniquement au cours du premier trimestre ; ensuite, elle s’est rapidement redressée. L’inflation a bondi à plus de 11 % – encore une fois, au cours du premier trimestre – avant de redescendre à 0 % et de ne plus bouger depuis. Le rouble est stable et n’a pas vraiment bougé depuis le début de l’opération spéciale. La Russie n’a pas besoin d’emprunter à l’étranger ni d’imprimer de la monnaie : tout ce dont le gouvernement a besoin sur le plan financier est disponible via l’économie de marché nationale. Les exportations d’énergie jouent un rôle de moins en moins important dans les finances russes et ont été réorientées vers l’Est. La production excédentaire de gaz naturel est réorientée pour répondre aux besoins des clients ruraux qui se chauffent actuellement au bois ou au charbon. Le revenu individuel minimum sera augmenté de 18 % d’ici le début de l’année prochaine. La modernisation des transports publics va s’accélérer. Le remplacement des importations de produits et services informatiques sera déductible à 150 %, tandis que les entrepreneurs informatiques sont déjà taxés à 3 % au lieu de 20 % et sont exemptés du service militaire. Les entreprises russes se portent extrêmement bien car le retrait précipité des entreprises occidentales du marché russe leur a ouvert de nombreuses nouvelles niches de marché dans lesquelles elles peuvent se développer. Et ainsi de suite, et ainsi de suite. En gros, le plan occidental visant à détruire l’économie russe et à frapper le peuple russe afin de l’inciter à renverser son gouvernement était plus que ridicule.
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S’il y a un élément du discours de Poutine qui m’a semblé un tout petit peu insincère, c’est l’affirmation de Poutine selon laquelle la Russie a fait tout son possible pour résoudre le conflit dans l’ancienne Ukraine par la diplomatie, alors que l’Occident a utilisé la diplomatie uniquement comme un écran de fumée pour réarmer l’armée ukrainienne. La Russie, elle aussi, a utilisé la diplomatie comme un écran de fumée pour préparer le terrain au miracle qui s’est produit au cours de l’année écoulée : malgré les « sanctions infernales » de l’Occident et la nécessité de remanier rapidement le système financier et les relations commerciales, d’augmenter la production d’armes, de réorganiser le système de recrutement militaire et de mener une diplomatie très complexe pour s’assurer que le monde entier, à l’exception de l’Occident, reste en bons termes avec elle, la Russie a réussi et est en train de gagner.
Quant à savoir comment la Russie va avancer vers la victoire, voici une citation exacte :
« étape par étape, avec soin et constance ».
Dormez bien, ennemis de la Russie !
Dmitry Orlov
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Dmitry Orlov est un ingénieur et écrivain russo-américain, auteur d’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », autrement dit : l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.
