Comme je l’ai déjà écrit, Ferré était avant tout un musicien et ses chansons même si elles peuvent être prenantes, avenantes, touchantes, amoureuses, ou dénonciatrices, revendicatrices, provocatrices ne sont que rarement poétiques. Du moins au niveau de la forme générale et de leur continu du début à la fin ; peu font exceptions. La plupart ont des faiblesses, des éléments qui déparent, un manque de travail. Sauf celles dont les textes ne sont pas de lui, par exemple de Caussimon. De plus, il utilise ce que personnellement j’accorde peu, même à la chanson, c’est-à-dire la rime pauvre et facile ; et plus encore l’élision, parfois à tour de bras, du e dit instable, ou caduc, ou muet. Brassens, Lapointe en particulier et tant d’autres, du moins après 1945 et la dite « Libération » de notre pays, ont sacrifié à cette facilité qui permet de « faire » même des alexandrins apparents en moins de temps que de le dire. Et d’écrire les paroles d’une chanson sans trop d’effort de mise en forme.
Je crois avoir déjà raconté l’anecdote de Bachelard qui se fit indulgent sur les e élidés des poèmes de Ferré et de Breton qui, à l’inverse et tout « surréaliste » qu’il était, y trouva fortement à redire. C’est en effet un peu trop facile, négligeant, apoétique de décréter qu’il faut « foutre une trempe » au vers régulier comme le disait Ferré. À trop lui la foutre, que reste-t-il ? Que reste-t-il de nos amours ? Pas grand chose. Peu de poésie. Que vaudrait une musique irrégulière sur de beaux vers ? Rien de plus que des mots prononcés fautivement sur une belle musique. Du ratage. C’est une « facilité », une flemme de chansonnier. Au mieux une fainéantise d’artiste pressé, ce qu’était souvent Ferré.
Léo était assez traditionaliste en musique et n’a jamais donné de trempe à sa musique, bien au contraire. Il respectait trop les maîtres. Il la fit presque toujours très léchée, tonale, etc. Les personnes qui plus d’une fois ont orchestré sa musique non plus. Lui ne s’accordait que certaines formes de rares dérives dissonantes au piano. Pour clore des chansons par exemple. Par contre son principal accompagnateur Popaul (Paul Castanier) s’autorisait, surtout après 68, contre l’avis de Ferré lui-même, des extrapolations très « jazzy ». « Mais, joue ma musique lui disait-il !» Et le disque qu’il fit avec les Zoo, bien que d’inspiration « pop » comme on disait à mes vingt ans est parfaitement bien dans le ton de la musique tonale. Certes, et c’est très bien, avec quelques envolées lyriques de guitare électrique ou le poids prégnant d’une basse électrique l’un de mes instruments de prédilection etc. Voire une simple part de décorum musical. Mais rien de plus.
Ferré voulait être reconnu avant tout comme musicien, et c’est bien dommage pour la poésie. Voir tout ce qu’il a fait en ce domaine dès le début de sa vie d’artiste. De l’Opéra du Pauvre présenté à Monaco chez Rainier Grimaldi (curieux pour un nanar comme Ferré) à ces accompagnements par des grands et moins grands musiciens et orchestres classiques le jour où il a pu se les payer sur disque ou en salle, où il s’est produit lui-même (en ça il a bien eu raison, étant également son propre imprimeur-éditeur).
Par sa prise de baguette de chef d’orchestre même, accordée complaisamment, vu son amour de la musique et des musiciens, par les musiciens patentés. Vieux rêve d’enfant. Et de musicien en partie autodidacte.
Les paroles, certes touchantes je me répète ne sont que rarement poèmes chez Ferré. Il avait des images originales, mêlées souvent à du brut de brut non travaillé ; du distingué avec du trivial, du noble avec du vulgaire ou moderniste banal, apollinarien de la Fée Électricité. Ferré est de son temps, lui aussi. Si l’on en juge, il aimait par exemple rouler vite en voiture, mais reconnaissait quand même qu’il n’allait pas poétiser sur ce sujet. Mais il n’est pas exempt de kitch et d’un lexique bric et broc du temps présent ou d’images à la mode. Et souvent de trouvailles avec d’images en objets de récupération. Du disparate.
Un exemple. J’ai en tête ce « vers » : « Comme un’ cigarette qui prie » octosyllabe qui exprime l’idée de cette fumée de cigarette qui s’en élève en volutes vers le ciel, ou du moins jusqu’au plafond. L’idée est bien, malheureusement l’objet n’est pas poétique, je veux dire que la cigarette n’a rien de poétique, pas même le cigare. Et cette image revient plusieurs fois chez Ferré qui fumait comme un pompier du tabac dur, des Celtiques (Celtiques évoquées dans une chanson) avant qu’il ne passe aux Gauloises adoucies. Il y a plein d’éléments de cette teneur chez lui.
Il a mis en musique Rutebœuf, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Caussimon… Ce sont ces meilleurs disques. De même une des meilleures chansons de Brassens n’est-elle pas Les Passantes dont le texte n’est pas de Georges ?! Oui, ses textes, du moins ceux de sa dernière période où il n’avait plus de conmpte à rendre à qui que ce soit, sont souvent un immense fatras, à l’image de ses idées en général. Il suffit d’écouter des entretiens de lui. C’était avant tout un émotif, un sensitif. Un réactif. Sa tête était trop pleine d’émotions, de sensations. De musique à fleur de peau. Il partait dans tous les sens. Se fiant trop souvent à l’improvisation, l’immédiateté, le fugitif comme on disait autrefois en évoquant de petites pièces poétiques de circonstance. Il confondait ainsi bouts rimés et poèmes, cadavres exquis et poésie vraie. Improvisation et métier. Il en arrivait ainsi à manquer de vocabulaire dans le cru et le direct, ou donner l’impression d’en manquer. Non sans qu’il eût farci ses textes de mots étrangers, d’anglicismes en particulier comme le commun des gens à la mode. Ajouté à certaines élisons de e récurrentes et multipliées, il en abîmait certains de ses meilleurs textes. Et frisait parfois le mauvais goût, le mauvais goût poétique, jouant trop sur le décor du spectacle ambiant, ou le dépareillé qui n’est pas le vrai visage du baroque. Enfin, bon…
Ainsi, le temps passant, les chansons, les textes musicalisés sont devenus chez lui de plus en plus un flot verbal très dans le ton de notre époque désarticulatrice et dépenaillée. J’avais autrefois, il y a plus de trente ans de ça, un ami espagnol qui tombait souvent dans le panneau des interprétations des paroles de Ferré. Il nous trouvait nous, la bande d’amis d’alors des images totalement inédites chez Ferré. Il interprétait à sa manière des groupes de sons. Je ne saurais plus vous les redonner. Je les ai oubliées. (Il m’est arrivé moi-même de prendre un mot pour un autre à l’écoute des chansons « tardives » de Ferré, car tout est possible sur certains textes) Mais elles ne seraient pas si loin, du moins en moins condensé, de ce que je vous propose maintenant. Il s’agit de quelques vers « revus et corrigés » de ce qui est sans doute l’un des rares vrais poèmes de Ferré.
Il s’agit de ceux de La Mémoire et la Mer, titre trouvé par Jean-Pierre Chabrol un jour où Ferré lui avait livré chanson nouvelle en sa contrée cévenole, une portion d’un vaste poème où il piocha d’autres fois encore. En voici le premier couplet-refrain :
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe.
Je meurs de ma petite sœur,
De mon enfant et de mon cygne.
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse.
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j’en laisse.
Je suis le fantôme Jersey,
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes,
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire,
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre.
Il y aurait beaucoup à dire sur cette simple strophe. Par exemple sur le type de rimes. On y trouve des rimes riches (trois phonèmes ou plus : signe / cygne, etc.), suffisantes (deux phonèmes : cœur / sœur, etc.). Je ne vois pas ici à proprement parler de rimes pauvres mais je note que Ferré fait rimer « Jersey » (il s’agit de l’île anglo-normande) qu’il prononce « jèrzé ») avec « baisers » et juillet (jüiyé) avec « briller ». Ce méridional, sans doute par souci d’hypercorrectisme, ferme à tort des sons « è » en « é ». La tendance du Midi est d’ouvrir les voyelles et ainsi de mettre des « è » là où il y a des « é » dans le français courant. Il en met donc mais trop, à tort. Je crois avoir déjà évoqué cette tendance ; chez Brassens c’est autre chose, il dénasalise les voyelles nasales devant une consonne nasale (par exemple, il dit, il disait : « il « a » n’a » pour « il en a ») ; c’est également une forme d’hypercorrectisme, de réaction « anti-occitane », puisque les méridionaux ont tendance à allonger les voyelles nasales d’un son, lui-même plus ou moins nasalisé, pas toujours facile à définir : g, y, gn… « Le pain » = « le pain-g », « le pain-y », « le pain-gn ».
Mais à la rigueur on peut dire que « Jersey » rime avec « juillet » et « baisers » avec « briller ».
Je note que par rapport à la versification totalement classique, Ferré ne se préoccupe pas de l’alternance rime féminine/rime masculine. Moi aussi j’y déroge. L’important étant de rester globalement cohérent au moins au sein d’une même poésie. Quitte à déroger d’y déroger franchement mais pas comme en exception. Par contre j’évite de déroger à la règle de la finale féminine devant une consonne. Cela dit, dès le XIXe siècle, il existait chez certains auteurs des types d’alexandrins à six+un pieds (e final) plus six pieds. Je n’ai pas d’exemple présentement.
Mais je rappelle ici que l’alexandrin originel (cf. mon petit livre sur le sujet, disponible pour qui le demande : Causerie sur l’alexandrin épique, le « e » dit « muet », etc.) était en fait un raccourcissement de l’octosyllabe traditionnel. L’alexandrin était moins un vers de douze pieds que deux fois un vers de six pieds, ces vers pouvant être aussi bien à rimes féminines que masculines. Mais le jour où il remplaça le décasyllabe (à césure quatre plus six pieds) comme vers noble en français, il avait perdu cet aspect.
En clair, à ses débuts le premier hémistiche de l’alexandrin était soit de la forme classique à six pieds (sans « e » au sixième pied) soit de la forme six pieds + un (un « e » ou « es » etc. final , de rime féminine). Pour le dire autrement, ce septième pied surnuméraire exista du temps où, pour gagner de la place sur les parchemins, ou pour pouvoir utiliser des parchemins pas trop larges, on disposait l’alexandrin sur deux lignes. Il semble donc que dans la prononciation l’on faisait fi de l’éventuel « e » muet à l’hémistiche comme on faisait fi déjà d’un éventuel « e » à la fin du vers.
Mais revenons à Ferré, où il n’est pas question d’hémistiche mais simplement du « e » en cours de vers. Dans la strophe précédente il déroge deux fois à la règle du e final devant consonne qui connaît des tolérances classiques ou post-classiques, mais pas celle-là, tolérances quasi archéologiques de nos jours où tout part en morceaux, dans :
« La marée je l’ai dans le cœur » ;
« Des années-lumière et j’en laisse ».
Je veux bien façon de parler intégrer aux exceptions un mot comme « années-lumière » en compagnie, par exemple, des présents en « -ent » et des imparfaits en « aient ». Mais, par contre, « marée » est un peu différent dans le sens que dans « année-lumière », « année » ne peut être dissocié de « lumière » mais que « marée » peut être suivi des mots les plus divers. Question de travail ou de talent pour remédier à l’imperfection. Certes, il est également si facile de passer sur de tels « e », en relecture rapide, édition rapide. Il m’est arrivé cela.
Cela dit, lorsque l’on fait « sauter » autant de « e » du corps des mots, on se préoccupe peu des « -e » et « -es » qui suivent une voyelle en finale de mots. Mais on peut noter qu’ici, par ailleurs, Ferré n’élimine aucun e final derrière consonne (petit-e, pleur-e…). Jouer avec les « e muets » à sa guise facile d’autant l’écriture, surtout dans la chanson, chanson contemporaine avant tout car dans la chanson d’avant, jusqu’aux années quarante, une bonne partie des paroles respectaient le e instable. Y compris dans la chanson la plus populaire. Respect des mots aussi avec peu d’emprunts, du moins peu d’emprunts récents ou de mode aux langues étrangères.
Personnellement, je pense qu’à défaut de garder le même nombre de syllabes sur une mélodie, il conviendrait de faire comme en italien ou en espagnol, etc., tant dans les livrets et chansons que poésie normée et sans soutien de musique. Quand nécessaire, rajouter des notes, sans briser le rythme. Dans la chanson, quitte à s’adapter, mieux vaudrait jouer, je pense, sur la musique et les notes que sur l’exactitude du nombre de pieds.
Si la rime appelle le sens et renforce en même temps la musique poétique, de même la mélodie et le juste rythme musical devraient conforter non pas le bon nombre de pieds d’un poème, mais l’exactitude d’une bonne diction, d’une diction soignée des mots. Je parle de la chanson dite de qualité.
Mais venons en présentement à quelques « déformations » de Lamé, Moiré, l’Amer (sic) :
À :
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe…
Fera écho :
L’amarré gelait dans le chœur…
Kim, heureux, monte comme un cygne…
Le cygne de Léda bien évidemment.
Je risque maintenant, un à-peu-près, comme le faisait si souvent Boby Lapointe :
J’entends :
Je meurs de ma petite sœur,
De mon enfant et de mon cygne…
Sous la forme :
Je mords d’un appétit au sort
De Mona, faon et démon signe.
Avec :
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse.
Je risque :
Un bas tôt, ç’a des pans comment ?
On l’arrime au port de juste esse !
Je rappelle qu’une esse peut être diverses choses, en particulier quelque morceau de fer tortus chargé de maintenir une roue dans son essieu ou les pierres d’un mur ; c’est encore l’ouverture faite en forme de s qui est sur la table des instruments de la famille du violon (où l’on voit que l’ancien sexe des lettres est féminin).
Puis à :
Il pleure de mon firmament…
J’ajoute « pour rire » :
Ainsi que de mon firpapa…
Entité évoquée par Boby, encore lui, dans l’une de ses chansons inchantables, hormis par lui, car délire de mots rapides et de jeux sur les mots…
La suite, peut-être, une prochaine fois…
De pulsions d’Élection en mystifications,
De mythifications en pétrification,
Surgit l’aberration, sa concrétisation,
Sinistre dérision : la colonisation.
*
Le goy d’ici tout régression de réflexions…
La collaboration laisse, en génuflexions,
Cette abomination, déshumanisation,
Détruire une nation par talmudisation.
*
Domination, exploitation et oppression,
Ignoble répression à nos stupéfactions :
Démocratisation de la putréfaction.
*
Viendra, passion des compassions, des suppressions,
Le jour où déjections et récriminations
Mourront au noir broyé des exterminations.
*
Ô l’annihilation de cette aliénation !
*
*
*
voir également :
http://leblogderobertpioche.wordpress.com/
Drame national au Brésil, « sept buts à un » dans la musette « auriverde da Seleção ».
Les opposants à une Coupe du Monde en leur pays (une bonne majorité de brésiliens dont tous les pauvres, en particulier ceux des favelas détruites pour faire propre, et ils sont très nombreux) doivent apprécier ; la psychologue chargée de remonter le moral de l’équipe après la blessure sérieuse de Neymar et l’absence de Silva sera-t-elle déclarée incompétente, la psychologie médicale elle-même sera-t-elle déclarée pipeau ?
On attend encore quelques suicides ou crises cardiaques de supporters, qui sait des émeutes, des assassinats de joueurs, enfin le lot commun de la marche normale des choses.
Il faut avouer qu’il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain : rapide, joueuse, très bonne et longue passeuse sans chichi de dribbles interminables et tirant juste, qui n’avait qu’à s’engouffrer dans les trous béants laissés entre « les plots jaunes » comme l’a dit justement un commentateur. On aurait dit un match d’entraînement où l’équipe bis avait la consigne de ne pas abimer les vedettes. Le gardien brésilien n’y pouvait rien ; il a même effectué quelques arrêts décisifs. Son homologue allemand a juste eu deux ou trois arrêts à faire pendant la très courte période de révolte brésilienne de seconde mi-temps.
Ce même commentateur a évoqué un match du genre celui qui aurait opposé en 32e de finale de la Coupe de France une équipe de Ligue 1 à une équipe de D.H. française. Je pense qu’il a tout faux à propos de l’équipe de D.H., même pour le score, car cette dernière aurait fait le match de sa vie et aurait marqué à la culotte tous les joueurs allemands avec une envie forcenée, aurait fait corps commun, cause acharnée.
Ce n’est pas ce qu’on a vu. Faiblesses physique, technique, tactique ? Et ceci dès le début du tournoi? Compensée jusque-là par une mansuétude arbitrale ? Fatigue ? Faiblesse psychologique ? Absence de meneurs, de remonteurs d’équipe ? Jeunesse ? Absence insurmontable des deux meilleurs ? Perte du match dans leur tête au bout de dix minutes ? Effets secondaires regrettables de produits douteux ? Cette équipe ressemblait, en pire, à celle qui avait perdu 3 à 0 face à la France en 1998. Même constat : ils semblaient amorphes, absents… On ne peut quand même pas évoquer la turista, ils étaient chez eux !
Il y a un an, dans la Coupe des confédérations, cette équipe avait battu l’Espagne trois à zéro. Mais quand on vient de voir ce que la présente équipe espagnole a fait les semaines passées… cela ne prouve pas grand-chose.
Hier, n’importe quelle équipe du tournoi aurait battu le Brésil qui ne jouait pratiquement pas, ne venait pas chercher la balle, regardait jouer, sauf pendant deux courtes périodes en début de chaque mi-temps et avec un but en toute fin de non-match par relâchement allemand. Neuer n’était pas content. Ce qui illustre le mieux ce non-match est la réaction du dernier buteur allemand à 7 à 0, il a remué la main en faisant une moue surprise comme quand on dit : mais qu’est-ce qui se passe, c’est incroyable, oh, la dégelée, trop c’est trop ! Ce geste est le même pour un français.
Pendant ce temps, anecdotique et convenue, habituelle, totalement inscrite dans les mœurs contemporaines, une autre Coupe du Monde, à deux celle-là, se poursuivait en un autre « coin » du Monde.
Rappelons les derniers faits.
Après le « 3 à 1 » du match aller à Jérusalem, trois sionistes à un palestinien, après le score fleuve à la mi-temps du match retour à Gaza (17 palestiniens, dont toute une famille avec trois enfants, à zéro), la seconde mi-temps a repris dans la nuit et dans la joie du Belo Horizonte gazier.
Aux attaques de drones et autres bombes à on ne sait trop quoi, les jets de lance-pierres, pardon lance-roquettes ont effleuré en retour les cages des gardiens du Temple à Jérusalem et à Tel-Aviv.
La petite équipe amateur fait ce qu’elle peut.
Les tueurs cyniques et sadiques fous d’Yhwh et du Veau d’Or réunis, ces sous-hommes continuent le match éternel à leur aise. Éternel ou presque, car tout à toujours une fin, même et souvent radicale et sanglante pour les oppresseurs.
Tirages de maillot, ceinturages, coups de coude, tacles par derrière, ou les deux pieds en avant, ou les pieds hauts, et j’en passe ; les simulations avant tout. La mauvaise foi dans toute sa « splendeur » et dans les deux sens du terme : inversion de la réalité et mauvaise religion. Tous les coups sont permis.
— Mais que fait l’arbitre onusien depuis 1948 ? Et accessoirement Gélatine notre président socialiste et démocrate ?
— L’arbitre, il n’a jamais eu de sifflet, ni de carton jaune et encore moins de carton rouge. Ou encore l’arbitre pratique une manière d’ »arbitrage à la maison » complice, vassal, démentiel – dément, si on peut appeler « maison » (des colons) la Terre volée aux palestiniens.
Complicité amusée, sinistre indifférence.
La routine, je vous dis.
Dérision…
Allez les gazaoui !
Ahmed la Fronde, palestinien.
Dans ma précipitation d’achever le chapitre Copa mundiale, j’ai oublié hier de préciser que l’on doit quand même rendre grâce aux fouteux franchounets de ne pas avoir gâché, chez les supporters et autres omnisportifs télévisuels en fauteuil, le début du Tour d’Angleterre-Belgique-France qui va s’achever encore une fois par l’insipide dernière étape élyséenne (champs-élyséenne).
C’est d’ailleurs pour ça que le Tour effectuant ses trois premières étapes chez les Rosbifs (de l’anglais « roast-beef », des français « rost/rôt » et « bœuf ») les fouteux d’iceux se sont arrangés pour faire une Coupe du Monde inexistante, afin de ne pas priver les supporters anglais du foute et de la pédale réunis de leur désir et plaisir d’applaudir les drogués du peloton, dont le drogué autorisé vainqueur de la précédente grande Boucle, leur compatriote Froome.
Enfin, lorsque je parle de Tour de France et de Grande Boucle, il ne faut pas exagérer. Le temps d’un réel Tour de France en une demi-douzaine d’étapes de titan ou de bagnard du genre Paris-Brest, Brest-Bordeaux, etc., plus les cols en terre, avec des roues en bois, et seulement « grand-braquet, petit-braquet » (à condition de démonter la roue et de la retourner) et la démerde pour réparer les vélos défaillants et autres combines (cf. un film comme Les Cracks) est bien mort.
Je dirai même que dans toute cette histoire ce sont quand même les fouteux français qui ont été les plus solidaires du Tour. De vrais patriotes ! Pour une fois. Par contre, je ne comprends pas pourquoi la perfide Albion a décroché si tôt. De même les belges dans le pays desquels le Tour n’est attendu, sur les pavés du Nord, que le 9, soit le lendemain des demi-finales brésiliennes.
Enfin les suisses, italiens et espagnols sont impardonnables. Certes, le Tour passe tout près de chez eux, juste de l’autre côté de la montagne. Mais vraiment rien ne pressait pour eux. La Coupe du Monde sera finie lorsque le Tour passera à leur porte ou presque.
Les plus comiques et les moins pardonnables sont les pousse-ballon portugais qui n’avaient vraiment aucune raison voltopédalesque de déchoir aussi vite. Personne ne leur a dit que le Tour n’a jamais daigner aller faire un tour – justement – jusque chez eux ; pourtant il y a et il y eu des pédaleurs lusitaniens connus et reconnus.
En attendant, vieil esprit de revanche franchouillard, ce sont les allemands du Tour qui peinent – et là il n’y a pourtant pas, il n’y a pourtant plus d’équipes nationales qui tiennent – car ils sont tous attendus au virage…
P.S. les organisateurs du Tour manquent vraiment d’originalité et d’audace : Entre Londres et Le Touquet, le Tour se transporte en avion. Ils avaient pourtant une occasion unique ! Pourquoi n’ont-ils pas envisagé une étape (dantesque) entre Londres et Le Touquet, en pédalo ?
J’ai-ti z-eu grand peur, peur de ne pas pouvoir dormir une partie de la nuit, non pas de bonheur, mais à cause du bruit. Mais non, bien heureusement ! la Franchouillie a perdu.
Ah, les Schleus, pas bien mirobolants non plus, mais nettement plus réalistes et costauds. (Moi, je me demande si ce n’est pas, ici encore, la preuve que Merkel est un ton au-dessus de Hollande.)
Alors que dire des petits françouillards qui dérouillent ?
Je ne reviens pas sur le déjà dit. Et je ne parlerai ni technique, ni tactique ni physique non plus. Je vais essayer de parler d’autres choses, en rapport quand même.
Remarque préliminaire : les gazettes évoquent toutes « le mythique stade de (ou : du) Maracana » de Rio de Janeiro. Il faut quand même rappeler qu’ils ont le mythe un peu court. En effet, les débuts de ce stade remontent à 1950, et puis il ressemble un peu au couteau de Jeannot dont on aurait changé plusieurs fois la lame et le manche. Il n’y a plus grand-chose d’origine dans ce stade.
D’ailleurs, c’est « le stade de » (si l’on parle du quartier) « du » (si l’on parle de l’oiseau) «Maracanã» ; avec la nasale finale « ain » comme dans « nain » (Et je passe sur les « a » non accentués qui se prononcent plutôt « ë »). Pour un français, il serait plus logique d’écrire : Maracanain. Qui n’est ni une mare à canards, à canes ou à cannes, ni une mer à canins ou un marocain nain. Maracanã signifie « oiseau vert » en tupi-guarani. Il désigne une sorte de perroquet agité et criard, telle une nuée de supporters hystériques. D’où le nom, ou plutôt le surnom du stade, car il possède un «vrai nom», celui d’un ancien journaliste sportif.
Il y a belle lurette que le stade n’accueille plus 173.000 spectateurs selon certains, 199.000 selon d’autres, comme lors du match du 16 juillet 1950 qui fit office de finale de la Coupe du Monde en opposant l’Uruguay (deux buts) au Brésil (un but). Sa contenance actuelle, toujours revue à la baisse, est d’un peu plus de 75.000 places.
Donc le « mythique » stade remonte à 1950, ce qui veut dire que les gens qui n’ont pas beaucoup plus que la soixantaine actuellement, peuvent potentiellement prétendre à la qualité, à la vertu mythique et qui sait mystique ! Enfin, ce qui me surprend le plus est que l’on m’a toujours affirmé (aux écoles et surtout de nos jours dans les media) qu’il n’y avait qu’un seul mythe incontestable (paradoxe) et qu’il remontait à environ 1945, peut-être même avant. Ce dernier d’ailleurs, à l’inverse du nombre des spectateurs du Maracanã, ne cessant d’enfler.
Mais changeons de «diks» et revenons au «macht» comme disait un copain de jeunesse qui était plutôt plus que moins dyslexique (mot imprononçable correctement pour lui, et d’ailleurs de lui totalement ignoré).
Petit foute d’ennui que tout ça. Pas beaucoup d’envie dans ces équipes. Du convenu. Match de fin de saison. Match de trop. Trois, quatre joueurs de talent dans chaque équipe et le reste insipide, comme on va au turbin, à reculons. Mais attention, pas tout à fait au même tarif : passer le huitième de finale (contrat rempli auprès de la F.F.F.) a rapporté 93.000 euros (chacun) aux déjà millionnaires de la baballe française. Finalement, c’est amusant, certains n’ont jamais joué, se sont contentés d’être les « sparring-partners » (sic) « des « cadors » (resic), ils passent eux aussi à la caisse.
Parmi ceux-ci, un doit bien rigoler, c’est Landreau l’ex-jeune-gardien-prodige du F.C. Nantes. Il vient de prendre sa retraite, plus ou moins oublié tout en battant le record d’Ettori de présence dans des matches de première division du championnat franchouillard. Il n’a pas été souvent appelé en équipe nationale. Les deux dernières fois on lui a même fait le coup d’être retenu comme troisième gardien et finalement de ne pas être emmené aux phases finales de Coupe du monde. Lors de la lamentable aventure d’Afrique du Sud, orchestrée par le minable et alors capitaine et chef des grévistes Evra (encore présent en équipe de France!), c’est le quatrième gardien qui passe devant lui pour remplacer je ne sais plus quel gardien blessé.
Sur une image de fin du match d’hier, j’ai vu le maillot de Landreau (et lui dedans), j’en conclus donc qu’il a eu « le bonheur » d’un ultime cirage de banc. Mais après tout, il passe à la caisse comme les autres et sans dommage.
Devant la télé, je n’ai même pas tenu une mi-temps, un gros bout de la première. Le temps de voir le seul but du match. J’ai arrêté avant la mi-temps, je sentais déjà le match plié. De ce que j’en ai vu : petit foute de passe à dix et de défensive, ou mis à part deux ou trois éclairs – je parle de la Franchouillie –, du jeu stéréotypé (par exemple par-dessus la défense, mais systématiquement, ça finit par ne plus prendre) et Neuer le bon veillait ! Et certaines « vedettes » ou pseudo-vedettes, des deux côtés, inexistantes.
Où est le « 3-3, 5 tirs aux buts à 4 » d’un célèbre France-Allemagne (celui du gardien drogué Schumacher qui assomma Battiston ce jour-là) ? Où sont les scores étincelants de bien d’autres matches d’autrefois ? « Mais il y en a eu, il y a eu le « 5 à 2 » contre les petits Suisses », me souffle un vaillant supporter. Certes, mais un « 5 à 2 » avec deux relâchements coupables en fin de match ; et ce n’était pas un quart, un demi ou une finale ; non un petit match entre deux équipes de seconde zone. De second tableau. Comme quoi le métissage à outrance – je veux dire : le mercenariat à outrance – ne permet pas tout et est probablement un frein à l’excellence. Au foute comme en tout domaine. Et ce n‘est pas le touchant (sic) cliché de début de match où les deux équipes se sont regroupées, pour une ultime photo, derrière une banderole contre le racisme, qui y changera quoi que ce soit. Au fait que pensent du métissage (obligatoire) et du racisme les équipes africaines sans aucun blanco en leur sein ?
Peu de temps avant le match, j’entendis dans la rue quelques joyeux klaxons. « On » allait gagnait. Une personne de mon entourage, rentrant au bercail, me dit : « quelle circulation ! le tramway, quel cirque ! il y a un écran géant en ville ! ». Personnellement, tout le temps du match, je n’aurai pas eu besoin d’ouvrir la télé ou de me renseigner sur Internet pour deviner le sort réservé à cette équipe. Quel calme, plat, au dehors.
« Tiens, Eurosport me dit que le match vient de se terminer : 1 à 0. »
Je ne vous dis pas le plus que silence qui a suivi. Pas même un seul coup de klaxon de la part d’un supporter de l’Allemagne. Un silence encore plus silencieux qu’auparavant. La ville a fini de s’endormir comme si de rien n’était. Comme s’il ne s’était rien passé, du tout. Les spectateurs de l’écran géant ont dû rentrer chez eux tout miteux, résignés mais meurtris, la queue entre les jambes. Certains ajoutant, « Pogba sur Kroos, y a même pas faute » enfin si peu ; « Hummels, y fait poussette sur Varane » enfin si peu. Mais la chance, le vent arbitral a tourné, voyez-vous ! Fini de rêver, fini de croire aux conneries des journaleux. Jusques à la prochaine !
Enfin, si les jeunes ont l’excuse de l’âge, il n’en va pas de même des croulants. Tiens, il y en a un bien connu, de croulant, il s’appelle Gélatine Kippa. C’est mon héros. Mon z-héros, d’un z qui veut dire zéro. Il y a peu il se déclarait très ennuyé, il y avait de quoi. « La finale, c’est le treize, le lendemain, c’est le jour des cérémonies » déclara-t-il fort contrit. «Comment on va faire, nos p’tits français vont revenir avec la Coupe le quatorze, quel casse-tête». Cornélien, je vous dis !
Moi, je suggèrerai bien à tous les supporteurs (sic, du français : « supporter » dans les deux sens du terme, positif et négatif) de France et de Navarre la chose suivante : Il y a encore le moyen d’arranger tout ça. Rendez-vous le long du parcours élyséen du Quatorze Juillet. Vous aurez tout loisir de siffler, de siffler à satiété, un tocard. Le roi même des tocards ! Munissez-vous de cartons rouges pour compléter joliment le tableau. Vous pouvez rire, le Quatorze Juillet n’a jamais été que du pipeau. Journal de Louis XVI au 14 juillet 1789 : rien ! (sic)
En effet, convenait-il de s’attarder sur ce minuscule fait d’Histoire, ce non-évènement tragique qui a consisté à ce que quelques excités de la populace parigote trucident les gardiens pas de but mais d’une prison d’État essentiellement réservée aux hautes couches de la société, et surtout quasi vide, mais finalement beaucoup plus civilisée que tant et plus de nos geôles contemporaines ?
Ultime remarque.
« France/Allemagne : un match qui promet d’être mémorable » titrait encore des heures après la fin du match le site de l’Immonde. Cela me paraît aussi sérieux et « mémoriel », et réellement « de référence » comme on disait autrefois, que ses commentaires concernant, par exemple, l’Ukraine. Si le match ne promettait finalement rien de bon et de beau, par contre l’Immonde promeut le mensonge et la bêtise en tout. Ils en tiennent une couche ceux-là.
Carton rouge là aussi. Que dis-je : exclu à vie !
Pauvre France !
SUR LE SENTIER DES BONS COMPTES QUI FONT LES BONS AMIS :
A lire ceci :
http://leblogderobertpioche.wordpress.com/2014/07/03/macabre-comptabilite/
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SUR L’HUMANISME JUIF :
Le bon Habib. Ah, le beau cas… kafkaïen !
(Oui, je sais, vous allez dire que c’est de la méchanceté gratuite) Tête de demeuré aux yeux de veau et aux lèvres pâteuses, cheveux gominés et visage enduit, généreusement aspergé d’huile d’olive bénite, pardon casher, Enrico en plus sirupeux encore et plus décati, le député «««français»»» (sous-francophone, plutôt) et «centriste» (de l’Union des Démocrates et Indépendants, réunion de groupuscules et autres grosses pustules de centre-droit libéralo-sioniste) du Proche-Orient (4500 voix, essentiellement tribales, de binationaux franco-sionistes lors des dernières élections) Meyer Habib, accessoirement « juif non pratiquant » (sic !), nous explique, pourtant à la sortie de la synagogue, et dans un joyeux charabia de sous-doué, son humanisme juif :
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Quand-Meyer-Habib-depute-francais-faisait-l-apologie-de-la-vengeance-26420.html
NB deux choses :
–d’une part, selon É & R, cette vidéo a été mise en ligne, par une certaine Esti, le premier juillet courant sur le compte Youtube de la chaîne israélienne Infolive avant d’être rendue « privée » quelques heures plus tard après la publication de l’article d’ É & R dont le député a eu connaissance par Twitter. On comprend pourquoi !
– d’autre part, il y a visiblement une coupure autour du mot « vengeance » dans cette vidéo. Mais cette coupure est une coupure de montage dans le document originel lui-même. La dénommée Esti a dû avoir du mal à rendre cohérent, et relativement présentable, un discours se perdant dans la confusion.
Et ce type, ancien gros bras (mais plus que jamais) sionard, est député ! Député anti-quenelles acharné d’ailleurs. À mon avis, même en tant que député, il a dépassé son niveau de compétence, allègrement!
Mais pour en savoir beaucoup plus sur le sinistre individu, et penser que la coupure de la vidéo ne change rien à l’individu et à sa « pensée », il suffit de consulter ce bon résumé :
http://www.panamza.com/020714-meyer-habib-le-best-of
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Attention, il ne faut pas confondre ce Meyer (sic) Habib avec David Habib, député-maire socialo-sioniste de Pau tout récemment éconduit de la mairie par les électeurs (enfin, ce qu’il en reste) et remplacé par … Baille-Roux en personne, grand ponte du Modem (Mouvement Démocrate) qui s’est uni en novembre 2013 avec… l’UDI.
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Tournerait-on en rond, petit Patapon ?
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Habib, le Meilleur – Morceaux choisis :
Ceci :
ou encore cela :
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À ne pas manquer non plus ceci en prime, une bonne et très saine pub. :
http://www.igenea.com/fr/juifs
« Ah, quell’s sont joli’s les fill’s de mon pays… » Tralala !
Et ce sont les goyim qui sont racistes !
Je ne croyais pas si bien dire dans un précédent article à propos du traitement arbitral de l’équipe de fouteux française.
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Sur le site de TF1, repris par Euro-Sports, on peut lire : « Jusqu’ici, les Bleus n’ont pas à se plaindre de l’arbitrage… », traduisez « … du laxisme arbitral en leur faveur » ; ou encore : « Les Bleus : la bonne étoile de l’équipe de France. Depuis le début de la Coupe du monde, l’équipe de France semble bénéficier de plusieurs faits de jeu. [sic, curieux euphémisme] Didier Deschamps affirme lui que cette soi-disant « chance », il faut la provoquer. Une chose est sûre, les Bleus auront besoin de ce brin de réussite en quart de finale contre l’Allemagne. »
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Allez les Bl…oches !
En annexe à l’article consacré à la fournée, début du Billet hebdomadaire de Rivarol (“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”) du n°3148 du 3/7/2014 – Propos recueillis par Robert SPIELER et retranscrits par Jérôme BOURBON :
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Jean-Marie Le Pen :
“Marine Le Pen fait une erreur d’analyse”
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RIVAROL : Que pensez-vous avec le recul de toute la polémique politico-médiatique qui a été déclenchée par votre utilisation du mot “fournée” dans votre journal de bord hebdomadaire ? Ne témoigne-t-elle pas de la restriction, chaque jour plus grande, de nos libertés ?
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Jean-Marie LE PEN : J’ai une pente intellectuelle vers l’objectivité. Mais je sais qu’il y a certains sujets sur lesquels l’on n’a pas le droit d’être objectif. On doit se soumettre à la pensée unique et si l’on ne s’y soumet pas l’on est dénoncé. On nous signale qu’il y a une ligne jaune que l’on ne doit pas franchir même si l’on ne nous dit jamais qui l’a tracée. Si vous la franchissez c’est à vos risques et périls, risques politiques, médiatiques mais aussi financiers et pénaux. Il faut savoir que nous ne sommes pas en Amérique où le premier amendement de la Constitution établit une liberté totale d’opinion et d’expression. En France ce n’est pas le cas, il faut le savoir, et les dirigeants politiques doivent établir une ligne qui leur permette de rassembler, c’est la philosophie politique de Marine Le Pen qui considère que sa mission est de diriger un parti politique et donc de rassembler, et donc d’éviter au maximum les effusions. Pour ma part j’ai davantage de liberté puisque, si je suis un dirigeant politique, je n’ai pas de responsabilité exécutive directe donc j’ai plus de liberté de parole et d’opinion.
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Il y a une inculture française.
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Cela étant, il faut aussi noter que nous sommes dans un monde où en dehors même des partis pris politiciens ou idéologiques, il y a une inculture française. Lorsque j’ai utilisé le mot “fournée” qui n’a jamais eu, en aucun cas, d’acception politique ou négative ou antisémite, la simple assonance a suffi pour déclencher un tollé de la part de journalistes qui sont en principe des intellectuels c’est-à-dire des gens qui pensent avant d’écrire et même avant de recevoir l’ordre de leur loge. Immédiatement l’on a décrété qu’il s’agissait encore d’un dérapage antisémite de Jean-Marie Le Pen alors que c’était un propos parfaitement innocent. Encore faut-il que les gens connaissent la langue française qui comporte, il est vrai, cent mille mots. Dans le même temps j’avais dit à propos de Noah qui ne veut pas chanter dans les mairies FN « Cochon qui s’en dédit »*, des gens ont dit : pourquoi a-t-il traité Noah de cochon ? Or il s’agit d’une locution française que visiblement ces personnes ignoraient.
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Vous connaissez la fameuse histoire de Littré, grand grammairien qui, un jour, était en train de trousser sa bonne dans la cuisine quand rentre sa femme. Laquelle s’écrie : « Je suis surprise. » Et le mari de répondre : « Non Madame, hélas, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris. » L’anecdote est savoureuse et témoigne de l’importance du sens et de l’emploi des mots. La guerre des idées est aussi une guerre sémantique. Par exemple le mot « extrême-droite » donne « extrémiste de droite ». Le mot « extrême-gauche » donne le mot « gauchiste » qui est plus convivial. Or le mot « extrême-droite » indique l’extrémité géographique d’une assemblée et non un quelconque extrémisme.
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Cela pose tout le problème de la diabolisation et de la dédiabolisation. Il est bien évident que la dédiabolisation à laquelle nous pouvons tendre trouve rapidement ses limites puisque la diabolisation ne dépend pas de nous. Elle dépend de nos ennemis et il n’y a aucune raison que nos ennemis ne nous fassent pas en permanence la guerre. Dans l’affaire de la “fournée”, avec un parallélisme étonnant qui ne peut s’expliquer que par des appartenances communes, les éditorialistes de la presse régionale ont suivi la même ligne : la dénonciation de l’abominable Le Pen avec ses déclarations scandaleuses. Le directeur de Valeurs Actuelles a quant à lui tweeté : « Honte à Jean-Marie Le Pen ! »
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Nos ennemis ne cesseront pas de nous diaboliser.
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La vie est un combat et la vie politique est un combat permanent. Par conséquent nos ennemis ne cesseront pas de nous diaboliser puisque c’est une de leurs armes (le mensonge, la calomnie, la diffamation) et qu’ils ont les moyens de nous l’appliquer puisqu’ils détiennent un quasi-monopole des moyens médiatiques (presse, radio, télévision, cinéma, débats de toute sorte). Par conséquent, nous devons toujours nous attendre à être diabolisés. Si cette diabolisation diminue c’est que nos adversaires auront estimé que nous sommes moins dangereux pour eux, que nous nous rapprochons de leur point de vue et ils ne cesseront de nous diaboliser que lorsque nous serons morts, et encore ce n’est pas sûr !
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C’est là tout le problème du combat politique. Je prends souvent un exemple : le champion de boxe sait qu’il ne fera pas que donner des coups, il en recevra. Cela fait partie du sport dont il a accepté les règles. Le champion du monde qui monte sur le ring, même s’il en descend comme champion du monde, est marqué par les coups que lui aura donnés son challenger. Par conséquent il ne va pas s’étonner en disant : « c’est fou, j’étais sur le ring et mon adversaire m’a frappé au visage, au corps, à l’estomac. » Cela fait partie des règles de ce combat-là. Nous ne devons donc pas nous étonner d’être diabolisés, il faut le prendre avec philosophie, rendre coup pour coup, et même un peu plus quand c’est possible mais surtout ne pas consentir à aucun moment à une trêve à l’égard de nos ennemis ou de nos adversaires puisque nous estimons qu’il en va du salut de notre pays et de notre peuple.
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Un espace politique dans lequel il n’y aurait pas de conflit… c’est soit une dictature mortelle, soit un pays mort.
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R. : Certes, mais Marine Le Pen, dans un entretien au Figaro du 24 juin, en réponse à une question du journaliste qui lui demandait si votre utilisation du mot “fournée” avait nui à la constitution d’un groupe au Parlement européen a répondu : « Tout ce qui réactive la diabolisation et fait du bruit n’est jamais bon lorsqu’on est en négociation ».
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J.-M. L.P. : C’est là où je suis en désaccord avec elle. Je crois que Marine Le Pen, avec une intention excellente, mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions, fait une erreur d’analyse. Si la diabolisation dépendait d’attitudes extravagantes, extrémistes — à ce propos on a quelquefois fait le ménage au sein du mouvement d’une manière que j’ai trouvé un peu sévère —, nous ne serions pas du tout diabolisés, ce qui n’est pas le cas.
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Admettons qu’on ait voulu lisser l’image du Front, en tout cas on ne peut pas aller au-delà sous peine, dans le débat politique, de renoncer à attaquer nos adversaires sur des idées que nous estimons nuisibles à la nation, voire à répondre à leurs attaques. Un espace politique dans lequel il n’y aurait pas de conflit entre les différents participants, c’est soit une dictature mortelle, soit un pays mort.
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Je lui ai fait le grief… d’avoir elle-même…
porté le débat sur le terrain médiatique.
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Le groupe au Parlement européen ne s’est certes pas formé mais cette polémique n’en est pas la cause. Dans ma lettre ouverte à Marine Le Pen, je lui ai fait le grief que j’estime justifiée d’avoir elle-même — ainsi que Louis Aliot — porté le débat sur le terrain médiatique alors que si on avait laissé les organismes professionnels antiracistes et anti-Front national faire leur numéro, cela aurait duré vingt-quatre heures. Il y avait la Licra, le Mrap, Sos-Racisme, le Crif. C’est leur gagne-pain de lutter contre ce qu’ils appellent l’antisémitisme au point que quand il n’y a pas d’antisémitisme, ils l’inventent !
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Cela dit, toutes ces vagues font partie du paysage. Mais malheureusement cela a été accrédité par les déclarations qui ont été faites dans notre camp. Aliot a dit : « c’est une phrase malheureuse de plus », ce qui semblait faire référence à d’autres épisodes précédents. Il a — involontairement, j’espère — laissé entendre que j’ai l’habitude des phrases malheureuses.
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R. : Invité de Patrick Cohen dans l’émission C à vous, le 24 juin au soir, Florian Philippot, vice-président du Front National vous a durement attaqué. « Il n’est pas président, la présidente c’est Marine Le Pen »** a-t-il affirmé, ajoutant surtout à votre endroit : « C’est quand on fait n’importe quoi qu’on devient n’importe qui » …
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J.-M. L.P. : D’abord je ne suis pas n’importe qui. J’ai près de soixante ans de vie publique et même un peu plus si l’on compte ma présidence de Corpo de droit dont je suis aussi président d’honneur. J’ai une personnalité politique que j’estime respectable et qui est respectée de beaucoup de gens, en tout cas des plus de 28 % qui ont voté en faveur de la liste que je dirigeais dans le Sud-Est aux européennes le 25 mai sous le nom Front national.
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Présomption de culpabilité.
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Je constate malheureusement que ces commentaires sont faits très légèrement. Ce que j’ai dit n’est pas n’importe quoi. Ce que j’ai dit est une locution française qui dit clairement ce qu’elle signifie : un groupe d’individus. Je peux citer dix exemples qui n’ont pas donné lieu à des griefs quelconques mais l’on sait que Jean-Marie Le Pen bénéficie de la présomption de culpabilité. Il est le seul dans ce cas. Les autres ont droit à la présomption d’innocence, y compris les tueurs jusqu’à leur condamnation. Jean-Marie Le Pen, lui, a une présomption de culpabilité jusqu’à son non-lieu. […]
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Je n’ai pas la suite, celle-ci étant réservée « aux ceusses » qui payent.
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* Trésor de la Langue Française : « Cochon qui s’en dédit! Exclamation familière qui accompagne et souligne un serment, une affirmation. Il y en aura bien un demi-arpent (…) cochon qui s’en dédit! c’est juré! (Zola, Terre, 1887, p. 64). − P. anal. C’est entendu, c’est tout vu, c’est convenu; à demain, monsieur le curé. Couillon qui s’en dédit (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Confession T. Sabot, 1883, p. 39). Et même que c’est la plus belle race du monde et bien cocu qui s’en dédit (Céline, Voyage,1932, p. 12). » Je m’étonne qu’on n’ait pas accusé là, Le Pen de quelque allusion anti-judaïque ou anti-musulmane.
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** Porté là par le père Le Pen lui-même et contre l’avis même des vieux de la vieille du parti. Mais, c’est son problème. Ce qui a entraîné une sionisation immédiate du parti en voie de dédiabolisation. Ce qui devient un problème de tous conséquent. Je dis « en voie de dédiabolisation » car on assiste maintenant à une surreprésentation médiatique du FN au détriment de tous les vrais opposants. Je me souviens du temps où certains refusaient de débattre avec Le Pen père. Je crois qu’il y avait Marchais Messerschmitt dans le tas. De nos jours la flagornerie médiateuse et quasi unanime vis-à-vis du F N devient patente. Le vent tourne. Le poids des voix. Et le FN est l’ennemi patenté. Double mouvement. Intérêt multiple pour eux. Les media sont toujours du côté du manche. Et du « bon ennemi ». Même si – et plus encore s’il s’agit d’un gros manche (c’est une expression, je précise moi aussi). Quand le Pen père ne sera plus là, l’affaire sera pleinement entendue.
