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QUELQUES RÉFLEXIONS À PROPOS DE LA POÉSIE DE LÉO FERRÉ.

Comme je l’ai déjà écrit, Ferré était avant tout un musicien et ses chansons même si elles peuvent être prenantes, avenantes, touchantes, amoureuses, ou dénonciatrices, revendicatrices, provocatrices ne sont que rarement poétiques. Du moins au niveau de la forme générale et de leur continu du début à la fin ; peu font exceptions. La plupart ont des faiblesses, des éléments qui déparent, un manque de travail. Sauf celles dont les textes ne sont pas de lui, par exemple de Caussimon. De plus, il utilise ce que personnellement j’accorde peu, même à la chanson, c’est-à-dire la rime pauvre et facile ; et plus encore l’élision, parfois à tour de bras, du e dit instable, ou caduc, ou muet. Brassens, Lapointe en particulier et tant d’autres, du moins après 1945 et la dite « Libération » de notre pays, ont sacrifié à cette facilité qui permet de « faire » même des alexandrins apparents en moins de temps que de le dire. Et d’écrire les paroles d’une chanson sans trop d’effort de mise en forme.
Je crois avoir déjà raconté l’anecdote de Bachelard qui se fit indulgent sur les e élidés des poèmes de Ferré et de Breton qui, à l’inverse et tout « surréaliste » qu’il était, y trouva fortement à redire. C’est en effet un peu trop facile, négligeant, apoétique de décréter qu’il faut « foutre une trempe » au vers régulier comme le disait Ferré. À trop lui la foutre, que reste-t-il ? Que reste-t-il de nos amours ? Pas grand chose. Peu de poésie. Que vaudrait une musique irrégulière sur de beaux vers ? Rien de plus que des mots prononcés fautivement sur une belle musique. Du ratage. C’est une « facilité », une flemme de chansonnier. Au mieux une fainéantise d’artiste pressé, ce qu’était souvent Ferré.
Léo était assez traditionaliste en musique et n’a jamais donné de trempe à sa musique, bien au contraire. Il respectait trop les maîtres. Il la fit presque toujours très léchée, tonale, etc. Les personnes qui plus d’une fois ont orchestré sa musique non plus. Lui ne s’accordait que certaines formes de rares dérives dissonantes au piano. Pour clore des chansons par exemple. Par contre son principal accompagnateur Popaul (Paul Castanier) s’autorisait, surtout après 68, contre l’avis de Ferré lui-même, des extrapolations très « jazzy ». « Mais, joue ma musique lui disait-il !» Et le disque qu’il fit avec les Zoo, bien que d’inspiration « pop » comme on disait à mes vingt ans est parfaitement bien dans le ton de la musique tonale. Certes, et c’est très bien, avec quelques envolées lyriques de guitare électrique ou le poids prégnant d’une basse électrique ­ l’un de mes instruments de prédilection ­ etc. Voire une simple part de décorum musical. Mais rien de plus.
Ferré voulait être reconnu avant tout comme musicien, et c’est bien dommage pour la poésie. Voir tout ce qu’il a fait en ce domaine dès le début de sa vie d’artiste. De l’Opéra du Pauvre présenté à Monaco chez Rainier Grimaldi (curieux pour un nanar comme Ferré) à ces accompagnements par des grands et moins grands musiciens et orchestres classiques le jour où il a pu se les payer sur disque ou en salle, où il s’est produit lui-même (en ça il a bien eu raison, étant également son propre imprimeur-éditeur).
Par sa prise de baguette de chef d’orchestre même, accordée complaisamment, vu son amour de la musique et des musiciens, par les musiciens patentés. Vieux rêve d’enfant. Et de musicien en partie autodidacte.
Les paroles, certes touchantes ­ je me répète ­ ne sont que rarement poèmes chez Ferré. Il avait des images originales, mêlées souvent à du brut de brut non travaillé ; du distingué avec du trivial, du noble avec du vulgaire ou moderniste banal, apollinarien de la Fée Électricité. Ferré est de son temps, lui aussi. Si l’on en juge, il aimait par exemple rouler vite en voiture, mais reconnaissait quand même qu’il n’allait pas poétiser sur ce sujet. Mais il n’est pas exempt de kitch et d’un lexique bric et broc du temps présent ou d’images à la mode. Et souvent de trouvailles avec d’images en objets de récupération. Du disparate.
Un exemple. J’ai en tête ce « vers » : « Comme un’ cigarette qui prie » octosyllabe qui exprime l’idée de cette fumée de cigarette qui s’en élève en volutes vers le ciel, ou du moins jusqu’au plafond. L’idée est bien, malheureusement l’objet n’est pas poétique, je veux dire que la cigarette n’a rien de poétique, pas même le cigare. Et cette image revient plusieurs fois chez Ferré qui fumait comme un pompier du tabac dur, des Celtiques (Celtiques évoquées dans une chanson) avant qu’il ne passe aux Gauloises adoucies. Il y a plein d’éléments de cette teneur chez lui.
Il a mis en musique Rutebœuf, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire, Caussimon… Ce sont ces meilleurs disques. De même une des meilleures chansons de Brassens n’est-elle pas Les Passantes dont le texte n’est pas de Georges ?! Oui, ses textes, du moins ceux de sa dernière période où il n’avait plus de conmpte à rendre à qui que ce soit, sont souvent un immense fatras, à l’image de ses idées en général. Il suffit d’écouter des entretiens de lui. C’était avant tout un émotif, un sensitif. Un réactif. Sa tête était trop pleine d’émotions, de sensations. De musique à fleur de peau. Il partait dans tous les sens. Se fiant trop souvent à l’improvisation, l’immédiateté, le fugitif comme on disait autrefois en évoquant de petites pièces poétiques de circonstance. Il confondait ainsi bouts rimés et poèmes, cadavres exquis et poésie vraie. Improvisation et métier. Il en arrivait ainsi à manquer de vocabulaire dans le cru et le direct, ou donner l’impression d’en manquer. Non sans qu’il eût farci ses textes de mots étrangers, d’anglicismes en particulier comme le commun des gens à la mode. Ajouté à certaines élisons de e récurrentes et multipliées, il en abîmait certains de ses meilleurs textes. Et frisait parfois le mauvais goût, le mauvais goût poétique, jouant trop sur le décor du spectacle ambiant, ou le dépareillé qui n’est pas le vrai visage du baroque. Enfin, bon…
Ainsi, le temps passant, les chansons, les textes musicalisés sont devenus chez lui de plus en plus un flot verbal très dans le ton de notre époque désarticulatrice et dépenaillée. J’avais autrefois, il y a plus de trente ans de ça, un ami espagnol qui tombait souvent dans le panneau des interprétations des paroles de Ferré. Il nous trouvait ­ nous, la bande d’amis d’alors ­ des images totalement inédites chez Ferré. Il interprétait à sa manière des groupes de sons. Je ne saurais plus vous les redonner. Je les ai oubliées. (Il m’est arrivé moi-même de prendre un mot pour un autre à l’écoute des chansons « tardives » de Ferré, car tout est possible sur certains textes) Mais elles ne seraient pas si loin, du moins en moins condensé, de ce que je vous propose maintenant. Il s’agit de quelques vers « revus et corrigés » de ce qui est sans doute l’un des rares vrais poèmes de Ferré.
Il s’agit de ceux de La Mémoire et la Mer, titre trouvé par Jean-Pierre Chabrol un jour où Ferré lui avait livré chanson nouvelle en sa contrée cévenole, une portion d’un vaste poème où il piocha d’autres fois encore. En voici le premier couplet-refrain :
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe.
Je meurs de ma petite sœur,
De mon enfant et de mon cygne.
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse.
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j’en laisse.
Je suis le fantôme Jersey,
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes,
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire,
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre.
Il y aurait beaucoup à dire sur cette simple strophe. Par exemple sur le type de rimes. On y trouve des rimes riches (trois phonèmes ou plus : signe / cygne, etc.), suffisantes (deux phonèmes : cœur / sœur, etc.). Je ne vois pas ici à proprement parler de rimes pauvres mais je note que Ferré fait rimer « Jersey » (il s’agit de l’île anglo-normande) qu’il prononce « jèrzé ») avec « baisers » et juillet (jüiyé) avec « briller ». Ce méridional, sans doute par souci d’hypercorrectisme, ferme à tort des sons « è » en « é ». La tendance du Midi est d’ouvrir les voyelles et ainsi de mettre des « è » là où il y a des « é » dans le français courant. Il en met donc mais trop, à tort. Je crois avoir déjà évoqué cette tendance ; chez Brassens c’est autre chose, il dénasalise les voyelles nasales devant une consonne nasale (par exemple, il dit, il disait : « il « a » n’a » pour « il en a ») ; c’est également une forme d’hypercorrectisme, de réaction « anti-occitane », puisque les méridionaux ont tendance à allonger les voyelles nasales d’un son, lui-même plus ou moins nasalisé, pas toujours facile à définir : g, y, gn… « Le pain » = « le pain-g », « le pain-y », « le pain-gn ».
Mais à la rigueur on peut dire que « Jersey » rime avec « juillet » et « baisers » avec « briller ».
Je note que par rapport à la versification totalement classique, Ferré ne se préoccupe pas de l’alternance rime féminine/rime masculine. Moi aussi j’y déroge. L’important étant de rester globalement cohérent au moins au sein d’une même poésie. Quitte à déroger d’y déroger franchement mais pas comme en exception. Par contre j’évite de déroger à la règle de la finale féminine devant une consonne. Cela dit, dès le XIXe siècle, il existait chez certains auteurs des types d’alexandrins à six+un pieds (e final) plus six pieds. Je n’ai pas d’exemple présentement.
Mais je rappelle ici que l’alexandrin originel (cf. mon petit livre sur le sujet, disponible pour qui le demande : Causerie sur l’alexandrin épique, le « e » dit « muet », etc.) était en fait un raccourcissement de l’octosyllabe traditionnel. L’alexandrin était moins un vers de douze pieds que deux fois un vers de six pieds, ces vers pouvant être aussi bien à rimes féminines que masculines. Mais le jour où il remplaça le décasyllabe (à césure quatre plus six pieds) comme vers noble en français, il avait perdu cet aspect.
En clair, à ses débuts le premier hémistiche de l’alexandrin était soit de la forme classique à six pieds (sans « e » au sixième pied) soit de la forme six pieds + un (un « e » ou « es » etc. final , de rime féminine). Pour le dire autrement, ce septième pied surnuméraire exista du temps où, pour gagner de la place sur les parchemins, ou pour pouvoir utiliser des parchemins pas trop larges, on disposait l’alexandrin sur deux lignes. Il semble donc que dans la prononciation l’on faisait fi de l’éventuel « e » muet à l’hémistiche comme on faisait fi déjà d’un éventuel « e » à la fin du vers.
Mais revenons à Ferré, où il n’est pas question d’hémistiche mais simplement du « e » en cours de vers. Dans la strophe précédente il déroge deux fois à la règle du e final devant consonne qui connaît des tolérances classiques ou post-classiques, mais pas celle-là, tolérances quasi archéologiques de nos jours où tout part en morceaux, dans :
« La marée je l’ai dans le cœur » ;
« Des années-lumière et j’en laisse ».
Je veux bien ­ façon de parler ­ intégrer aux exceptions un mot comme « années-lumière » en compagnie, par exemple, des présents en « -ent » et des imparfaits en « aient ». Mais, par contre, « marée » est un peu différent dans le sens que dans « année-lumière », « année » ne peut être dissocié de « lumière » mais que « marée » peut être suivi des mots les plus divers. Question de travail ou de talent pour remédier à l’imperfection. Certes, il est également si facile de passer sur de tels « e », en relecture rapide, édition rapide. Il m’est arrivé cela.
Cela dit, lorsque l’on fait « sauter » autant de « e » du corps des mots, on se préoccupe peu des « -e » et « -es » qui suivent une voyelle en finale de mots. Mais on peut noter qu’ici, par ailleurs, Ferré n’élimine aucun e final derrière consonne (petit-e, pleur-e…). Jouer avec les « e muets » à sa guise facile d’autant l’écriture, surtout dans la chanson, chanson contemporaine avant tout car dans la chanson d’avant, jusqu’aux années quarante, une bonne partie des paroles respectaient le e instable. Y compris dans la chanson la plus populaire. Respect des mots aussi avec peu d’emprunts, du moins peu d’emprunts récents ou de mode aux langues étrangères.
Personnellement, je pense qu’à défaut de garder le même nombre de syllabes sur une mélodie, il conviendrait de faire comme en italien ou en espagnol, etc., tant dans les livrets et chansons que poésie normée et sans soutien de musique. Quand nécessaire, rajouter des notes, sans briser le rythme. Dans la chanson, quitte à s’adapter, mieux vaudrait jouer, je pense, sur la musique et les notes que sur l’exactitude du nombre de pieds.
Si la rime appelle le sens et renforce en même temps la musique poétique, de même la mélodie et le juste rythme musical devraient conforter non pas le bon nombre de pieds d’un poème, mais l’exactitude d’une bonne diction, d’une diction soignée des mots. Je parle de la chanson dite de qualité.
Mais venons en présentement à quelques « déformations » de Lamé, Moiré, l’Amer (sic) :
À :
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe…
Fera écho :
L’amarré gelait dans le chœur…
Kim, heureux, monte comme un cygne…
Le cygne de Léda bien évidemment.
Je risque maintenant, un à-peu-près, comme le faisait si souvent Boby Lapointe  :
J’entends :
Je meurs de ma petite sœur,
De mon enfant et de mon cygne…
Sous la forme :
Je mords d’un appétit au sort
De Mona, faon et démon signe.
Avec  :
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse.
Je risque :
Un bas tôt, ç’a des pans comment ?
On l’arrime au port de juste esse !
Je rappelle qu’une esse peut être diverses choses, en particulier quelque morceau de fer tortus chargé de maintenir une roue dans son essieu ou les pierres d’un mur ; c’est encore l’ouverture faite en forme de s qui est sur la table des instruments de la famille du violon (où l’on voit que l’ancien sexe des lettres est féminin).
Puis  à :
Il pleure de mon firmament…
J’ajoute « pour rire » :
Ainsi que de mon firpapa…
Entité évoquée par Boby, encore lui, dans l’une de ses chansons inchantables, hormis par lui, car délire de mots rapides et de jeux sur les mots…

La suite, peut-être, une prochaine fois…

La Damnation de l’Innommable

 

De pulsions d’Élection en mystifications,
De mythifications en pétrification,
Surgit l’aberration, sa concrétisation,
Sinistre dérision : la colonisation.

*

Le goy d’ici tout régression de réflexions…
La collaboration laisse, en génuflexions,
Cette abomination, déshumanisation,
Détruire une nation par talmudisation.

*
Domination, exploitation et oppression,
Ignoble répression à nos stupéfactions :
Démocratisation de la putréfaction.

*

Viendra, passion des compassions, des suppressions,
Le jour où déjections et récriminations
Mourront au noir broyé des exterminations.

*

Ô l’annihilation de cette aliénation !

*

*

*

voir également :

http://leblogderobertpioche.wordpress.com/

 

NUIT CAUCHEMARDESQUE À BELO HORIZONTE

Drame national au Brésil, « sept buts à un » dans la musette « auriverde da Seleção ».
Les opposants à une Coupe du Monde en leur pays (une bonne majorité de brésiliens dont tous les pauvres, en particulier ceux des favelas détruites pour faire propre, et ils sont très nombreux) doivent apprécier ; la psychologue chargée de remonter le moral de l’équipe après la blessure sérieuse de Neymar et l’absence de Silva sera-t-elle déclarée incompétente, la psychologie médicale elle-même sera-t-elle déclarée pipeau ?
On attend encore quelques suicides ou crises cardiaques de supporters, qui sait des émeutes, des assassinats de joueurs, enfin le lot commun de la marche normale des choses.
Il faut avouer qu’il n’y avait qu’une seule équipe sur le terrain : rapide, joueuse, très bonne et longue passeuse sans chichi de dribbles interminables et tirant juste, qui n’avait qu’à s’engouffrer dans les trous béants laissés entre « les plots jaunes » comme l’a dit justement un commentateur. On aurait dit un match d’entraînement où l’équipe bis avait la consigne de ne pas abimer les vedettes. Le gardien brésilien n’y pouvait rien ; il a même effectué quelques arrêts décisifs. Son homologue allemand a juste eu deux ou trois arrêts à faire pendant la très courte période de révolte brésilienne de seconde mi-temps.
Ce même commentateur a évoqué un match du genre celui qui aurait opposé en 32e de finale de la Coupe de France une équipe de Ligue 1 à une équipe de D.H. française. Je pense qu’il a tout faux à propos de l’équipe de D.H., même pour le score, car cette dernière aurait fait le match de sa vie et aurait marqué à la culotte tous les joueurs allemands avec une envie forcenée, aurait fait corps commun, cause acharnée.
Ce n’est pas ce qu’on a vu. Faiblesses physique, technique, tactique ? Et ceci dès le début du tournoi? Compensée jusque-là par une mansuétude arbitrale ? Fatigue ? Faiblesse psychologique ? Absence de meneurs, de remonteurs d’équipe ? Jeunesse ? Absence insurmontable des deux meilleurs ? Perte du match dans leur tête au bout de dix minutes ? Effets secondaires regrettables de produits douteux ? Cette équipe ressemblait, en pire, à celle qui avait perdu 3 à 0 face à la France en 1998. Même constat : ils semblaient amorphes, absents… On ne peut quand même pas évoquer la turista, ils étaient chez eux !
Il y a un an, dans la Coupe des confédérations, cette équipe avait battu l’Espagne trois à zéro. Mais quand on vient de voir ce que la présente équipe espagnole a fait les semaines passées… cela ne prouve pas grand-chose.
Hier, n’importe quelle équipe du tournoi aurait battu le Brésil qui ne jouait pratiquement pas, ne venait pas chercher la balle, regardait jouer, sauf pendant deux courtes périodes en début de chaque mi-temps et avec un but en toute fin de non-match par relâchement allemand. Neuer n’était pas content. Ce qui illustre le mieux ce non-match est la réaction du dernier buteur allemand à 7 à 0, il a remué la main en faisant une moue surprise comme quand on dit : mais qu’est-ce qui se passe, c’est incroyable, oh, la dégelée, trop c’est trop ! Ce geste est le même pour un français.
Pendant ce temps, anecdotique et convenue, habituelle, totalement inscrite dans les mœurs contemporaines, une autre Coupe du Monde, à deux celle-là, se poursuivait en un autre « coin » du Monde.
Rappelons les derniers faits.
Après le « 3 à 1 » du match aller à Jérusalem, trois sionistes à un palestinien, après le score fleuve à la mi-temps du match retour à Gaza (17 palestiniens, dont toute une famille avec trois enfants, à zéro), la seconde mi-temps a repris dans la nuit et dans la joie du Belo Horizonte gazier.
Aux attaques de drones et autres bombes à on ne sait trop quoi, les jets de lance-pierres, pardon lance-roquettes ont effleuré en retour les cages des gardiens du Temple à Jérusalem et à Tel-Aviv.
La petite équipe amateur fait ce qu’elle peut.
Les tueurs cyniques et sadiques fous d’Yhwh et du Veau d’Or réunis, ces sous-hommes continuent le match éternel à leur aise. Éternel ou presque, car tout à toujours une fin, même et souvent radicale et sanglante pour les oppresseurs.
Tirages de maillot, ceinturages, coups de coude, tacles par derrière, ou les deux pieds en avant, ou les pieds hauts, et j’en passe ; les simulations avant tout. La mauvaise foi dans toute sa « splendeur » et dans les deux sens du terme : inversion de la réalité et mauvaise religion. Tous les coups sont permis.
— Mais que fait l’arbitre onusien depuis 1948 ? Et accessoirement Gélatine notre président socialiste et démocrate ?
— L’arbitre, il n’a jamais eu de sifflet, ni de carton jaune et encore moins de carton rouge. Ou encore l’arbitre pratique une manière d’ »arbitrage à la maison » complice, vassal, démentiel – dément, si on peut appeler « maison » (des colons) la Terre volée aux palestiniens.
Complicité amusée, sinistre indifférence.
La routine, je vous dis.

Dérision…
Allez les gazaoui !
Ahmed la Fronde, palestinien.

A COPA – PS

Dans ma précipitation d’achever le chapitre Copa mundiale, j’ai oublié hier de préciser que l’on doit quand même rendre grâce aux fouteux franchounets de ne pas avoir gâché, chez les supporters et autres omnisportifs télévisuels en fauteuil, le début du Tour d’Angleterre-Belgique-France qui va s’achever encore une fois par l’insipide dernière étape élyséenne (champs-élyséenne).
C’est d’ailleurs pour ça que le Tour effectuant ses trois premières étapes chez les Rosbifs (de l’anglais « roast-beef », des français « rost/rôt » et « bœuf ») les fouteux d’iceux se sont arrangés pour faire une Coupe du Monde inexistante, afin de ne pas priver les supporters anglais du foute et de la pédale réunis de leur désir et plaisir d’applaudir les drogués du peloton, dont le drogué autorisé vainqueur de la précédente grande Boucle, leur compatriote Froome.
Enfin, lorsque je parle de Tour de France et de Grande Boucle, il ne faut pas exagérer. Le temps d’un réel Tour de France en une demi-douzaine d’étapes de titan ou de bagnard du genre Paris-Brest, Brest-Bordeaux, etc., plus les cols en terre, avec des roues en bois, et seulement « grand-braquet, petit-braquet » (à condition de démonter la roue et de la retourner) et la démerde pour réparer les vélos défaillants et autres combines (cf. un film comme Les Cracks) est bien mort.
Je dirai même que dans toute cette histoire ce sont quand même les fouteux français qui ont été les plus solidaires du Tour. De vrais patriotes ! Pour une fois. Par contre, je ne comprends pas pourquoi la perfide Albion a décroché si tôt. De même les belges dans le pays desquels le Tour n’est attendu, sur les pavés du Nord, que le 9, soit le lendemain des demi-finales brésiliennes.
Enfin les suisses, italiens et espagnols sont impardonnables. Certes, le Tour passe tout près de chez eux, juste de l’autre côté de la montagne. Mais vraiment rien ne pressait pour eux. La Coupe du Monde sera finie lorsque le Tour passera à leur porte ou presque.
Les plus comiques et les moins pardonnables sont les pousse-ballon portugais qui n’avaient vraiment aucune raison voltopédalesque de déchoir aussi vite. Personne ne leur a dit que le Tour n’a jamais daigner aller faire un tour – justement – jusque chez eux ; pourtant il y a et il y eu des pédaleurs lusitaniens connus et reconnus.
En attendant, vieil esprit de revanche franchouillard, ce sont les allemands du Tour qui peinent – et là il n’y a pourtant pas, il n’y a pourtant plus d’équipes nationales qui tiennent – car ils sont tous attendus au virage…

P.S. les organisateurs du Tour manquent vraiment d’originalité et d’audace : Entre Londres et Le Touquet, le Tour se transporte en avion. Ils avaient pourtant une occasion unique ! Pourquoi n’ont-ils pas envisagé une étape (dantesque) entre Londres et Le Touquet, en pédalo ?

SAMAH JABR – PALESTINE OCCUPÉE – PSYCHOPATHOLOGIE DES OPPRIMÉS –MORCEAUX CHOISIS DU QUOTIDIEN

« Samah Jabr est Jérusalémite, psychiatre et psychothérapeute, dévouée au bien-être de sa communauté, au-delà des questions de la maladie mentale. L’un des objets politiques de son combat est un État unique pour une perspective de paix et de liberté commune. Ses chroniques touchantes nous parlent d’une vie au quotidien en pleine occupation ; d’un regard lucide, elle nous fait partager ses réflexions en tissant des liens entre sa vie intime, son travail en milieu psychiatrique et les différents aspects politique d’une situation d’apartheid. » (Égalité et Réconciliation)

sj

samahjabr@hotmail.com

Textes parus sur le site des Amis de Jayyous traduits de l’anglais par JPP & alt.
I – Palestine : occupation et santé mentale (24 mai 2007)

Beaucoup d’enfants palestiniens sont confrontés à une violence quotidienne depuis leur naissance. Pour eux, le bruit d’un bombardement est plus familier que le chant des oiseaux.

Ahmad, un homme âgé 46 ans et habitant Ramallah se portait bien,jusqu’à sa dernière détention. Mais cette fois-ci il n’a as pu supporter sa longue incarcération dans une cellule minuscule, en état de privation visuelle et auditive complète. D’abord, il a perdu la notion du temps. Puis il est devenu hyper-attentif au mouvement de ses intestins, puis il s’est mis à imaginer qu’il était « artificiellement fait » à l’intérieur de son corps. Plus tard, il a commencé à avoir des pensées paranoïaques, entendant des voix et voyant d’autres personnes dans sa cellule. Aujourd’hui, Ahmad n’est plus en détention, mais il reste toujours emprisonné par l’idée que chacun l’espionne.
Fatima a acheté des médicaments pendant plusieurs années à la fois pour de graves maux de tête, des maux d’estomac, des douleurs générales et divers problèmes dermatologiques. Il n’y avait aucune évidence d’une cause organique. Pour finir, Fatima s’est présentée à notre clinique psychiatrique et raconta comment tous ses symptômes avaient commencé après qu’elle ait vu le crâne de son fils assassiné, ouvert sur les marches des escaliers de sa maison lors d’une invasion israélienne de son village de Beit Rima le 24 octobre 2001.
Tels sont les cas que je découvre dans ma clinique. Les événements traumatiques de la guerre ont toujours été une source importante de dommages psychologiques.
En Palestine il faut comprendre le genre de guerre dont il s’agit afin de pouvoir évaluer l’impact psychologique sur cette population vivant sous une longue occupation. La guerre est chronique et recouvre la vie d’au moins deux générations. Elle met en scène un Etat ethniquement, religieusement et culturellement étranger contre une population civile sans Etat.
En plus de l’oppression et de l’exploitation quotidiennes, cette guerre implique des opérations militaires périodiques de basse intensité. Celles-ci provoquent des réponses occasionnelles des factions palestiniennes ou de simples individus. La vaste majorité des personnes ne sont jamais consultées au sujet de telles actions. Leur avis n’importe absolument pas, alors que ce sont ces personnes qui doivent supporter les frappes préventives israéliennes ou les punitions collectives vengeresses.

Déplacements
Les facteurs démographiques compliquent le tableau. Ceux qui vivent dans les Territoires Occupés ne représentent qu’un tiers des Palestiniens ; le reste d’entre eux est dispersé en Diaspora dans toute la région, beaucoup étant dans des camps de réfugiés. Presque chaque famille palestinienne a vécu des expériences de déplacements ou une séparation terriblement douloureuse. Même à l’intérieur de la Palestine, les gens sont des réfugiés expulsés en 1948 pour vivre dans des camps. Le déplacement massif de 70% de ces personnes et la destruction de plus de 400 de leurs villages est appelé « Nakba » [catastrophe] par les Palestiniens.
Ceci reste un traumatisme psychologique passant d’une génération à l’autre et faisant l’effet d’une plaie dans la mémoire collective palestinienne. Très souvent, vous rencontrerez de jeunes Palestiniens qui se présentent comme originaires de villes et de villages dont leurs grands-parents ont été chassés. Ces endroits ne sont souvent plus représentés sur les cartes, totalement rasés ou aujourd’hui peuplés d’Israéliens.
Les Palestiniens perçoivent la guerre menée par Israël contre eux comme un génocide national, et pour lui résister ils donnent le jour à beaucoup d’enfants. Le taux de fécondité parmi les Palestiniens est de 5.8 – le plus haut dans la région. Ceci a pour conséquence une population très jeune (53% des individus ont moins de 17 ans) – une majorité vulnérable à une étape cruciale de son développement physique et mental.
L’enfermement géographique des Palestiniens dans des zones très restreintes, avec le mur de séparation et un système de checkpoints, encourage des mariages consanguins qui font se développer une prédisposition génétique à la maladie mentale. Le cloisonnement entre les amis et les voisins a également un effet débilitant sur la cohésion de la société palestinienne.
Mais, c’est avant tout l’environnement violent dans lequel vivent la plupart d’entre eux qui mine la santé mentale des Palestiniens. La densité de population, particulièrement dans Gaza – avec 3 823 personnes par kilomètre carré – est très élevée. Les très hauts niveaux atteints par la pauvreté et le chômage – 67% et 40% respectivement – minent l’espoir et déforment la personnalité. La guerre nous a laissé avec une communauté énorme de prisonniers et d’ex-prisonniers, estimée à 650 000, soit environ 20% de la population. Les handicapés et mutilés en composent 6%.
De récentes enquêtes ont révélé un niveau inquiétant d’anémie et de malnutrition, particulièrement parmi les jeunes et les femmes. L’hostilité émotive intense provoquée par notre contact quotidien avec les soldats israéliens sur les seuils de nos maisons est un facteur constant de stress. Beaucoup d’enfants palestiniens sont confrontés à une violence quotidienne depuis leur naissance. Pour eux, le bruit d’un bombardement est plus familier que le chant des oiseaux.

Cécité soudaine
Pendant mes stages de formation médicale dans plusieurs hôpitaux et cliniques de Palestine, j’ai vu des hommes se plaindre de douleurs chroniques imprécises après qu’ils aient perdu leur emploi dans des secteurs israéliens, des enfants emmenés en consultation pour avoir mouillé leur lit à plusieurs reprises après une nuit horrifiante de bombardement. J’ai encore en tête le souvenir trop présent d’une femme emmenée à la salle des urgences et souffrant de cécité soudaine après qu’elle ait vu son enfant assassiné par une balle entrée dans un œil puis ressortie derrière la tête.
En Palestine, de tels cas ne sont pas enregistrés comme dommages de guerre et ne sont pas traités correctement. C’est le fait de le comprendre qui m’a poussée à me spécialiser en psychiatrie. C’est un des champs médicaux les plus sous-développés en Palestine. Pour une population de 3,8 millions d’individus, nous avons 15 psychiatres et sommes à court d’effectifs avec les infirmières, les psychologues et les assistantes sociales. Nous disposons d’environ 3% du personnel dont nous avons besoin. Nous avons deux hôpitaux psychiatriques à Bethlehem et Gaza, mais y accéder est difficile en raison des checkpoints. Il y a sept cliniques s’occupant de santé mentale.
Dans les pays en voie de développement comme la Palestine occupée, la psychiatrie est la profession médicale la plus montrée du doigt et la moins soutenue financièrement. Les psychiatres travaillent avec des patients désespérément malades et aux yeux de leurs communautés ils sont loin de disposer de l’aura qui entoure d’autres spécialités médicales. Par conséquent, les médecins compétents et doués se spécialisent rarement en psychiatrie.
Je trouve que la psychiatrie est une profession humanisante et qui donne de la dignité – et le moins important n’est pas qu’elle m’aide personnellement à faire face à toutes les violences et déceptions qui m’entourent. Je me déplace de Ramallah à Jéricho pour consulter les patients en psychiatrie. En une seule journée je vois entre 40 et 60 patients, soit 10 fois le nombre que j’avais l’habitude de consulter pendant ma formation dans les hôpitaux parisiens.
J’observe le comportement désordonné de mes patients, j’écoute leurs histoires accablantes et leur répond avec les quelques moyens que j’ai : quelques paroles pour rassembler leurs idées réduites en fragments, quelques pilules qui pourraient les aider à organiser leur pensée, à arrêter leurs illusions et hallucinations, ou leur permettre de dormir ou faire que leur angoisse diminue. Mais les entretiens et les pilules ne ramèneront jamais un enfant tué à ses parents, un père emprisonné à ses enfants, ou ne remettront pas debout une maison démolie.
La vraie solution pour la santé mentale en Palestine est aux mains des politiciens, pas des psychiatres. Donc, jusqu’à ce que les politiques fassent leur travail, nous, dans les professions médicales, continuerons à traiter les symptômes et à pratiquer des thérapies palliatives – et à sensibiliser le monde à ce qui se passe en Palestine.

Résistance
De nos jours, les Palestiniens sont mis sous pression pour capituler une fois pour toutes en même temps qu’il leur est demandé « de reconnaître » Israël. Nous sommes invités à accepter, à bénir et à nous réconcilier avec la violation israélienne de notre vie. Par lui-même, le fait que notre patrie soit occupée ne signifie pas que nous ne sommes pas libres. Nous rejetons l’occupation dans nos esprits, autant que nous pouvons le faire, et nous apprenons comment vivre malgré l’occupation, plutôt que nous ajuster sur elle. Mais, si nous reconnaissons Israël, nous serons alors mentalement sous occupation – et cela, je le revendique, est incompatible avec notre bien-être en tant qu’individus et nation. La résistance à l’occupation et la solidarité nationale sont très importantes pour notre santé psychologique. Les appliquer peut être un exercice salutaire contre la dépression et le désespoir.
Israël a créé des faits terribles sur le terrain. Ce qui reste pour nous de la Palestine est une pensée, une idée qui devient une conviction de notre droit à une vie libre et à une patrie. Exiger des Palestiniens qu’ils « reconnaissent » Israël, c’est nous inviter à abandonner cette pensée, à renoncer à tout ce que nous avons et à tout ce que nous sommes. Ceci ne ferait que nous enfoncer encore plus profondément dans une dépression collective et permanente.
Après plusieurs années à Paris, je suis revenue vers un peuple Palestinien fatigué et affamé, déchiré par des conflits internes comme par le mur de séparation. Les Palestiniens sont particulièrement démoralisés par le combat fratricide dans les rues de Gaza, mais orchestré de l’extérieur afin de casser les résultats des élections démocratiques de l’année dernière. Ceux qui ont empêché l’argent d’arriver en Palestine nous envoient par contre des pistolets à la place de pain. Ils encouragent des gens psychologiquement et moralement appauvris à tuer leurs voisins, cousins et ex-camarades d’école. Même si les factions trouvent un accord, la société palestinienne se retrouvera avec un sérieux problème de volonté de revanche entre les familles.

Nous surmonterons les difficultés.
Il est difficile de ne pas se demander si l’acharnement israélien à l’encontre des Palestiniens n’est pas délibéré pour créer une génération traumatisée, passive, en pleine confusion et incapable de résistance. J’en connais suffisamment au sujet de l’oppression pour diagnostiquer les blessures qui ne saignent pas et pour reconnaître les signaux d’alarme d’une déformation psychologique. Je m’inquiète d’une communauté forcée d’extraire sa vie à partir de la mort et la paix par la guerre.
Je m’inquiète des jeunes qui vivent toute leur vie dans des conditions inhumaines et des bébés qui ouvrent leurs yeux à un monde de sang et d’armes à feu. Je suis préoccupée par l’inévitable engourdissement généré par l’exposition chronique à la violence. Je crains également l’esprit de vengeance – le désir instinctif de perpétuer sur vos oppresseurs les maux qu’ils ont commis contre vous-même.
Nous connaissons une situation d’urgence sur le plan de notre santé mentale. Des services urgents sont nécessaires aux personnes qui ont souffert de crises, de sorte qu’ils puissent reconstituer leur capacité de récupérer et de faire face. Ceci est crucial pour qu’ils ne se brisent pas lorsque la paix finira par venir, comme cela se produit tellement souvent en période d’après-guerre. Il ne s’agit pas seulement d’un nombre restreint d’individus malades mais c’est une société toute entière qui est blessée et qui a besoin de soins.
Notre traumatisme est chronique et grave, mais en reconnaissant notre douleur et en la traitant avec foi et compassion, nous surmonterons.

*
II – Une alternative possible à l’amputation (13 juin 2007).
Les Palestiniens ont développé une identité nationale très spécifique et très forte, liée à la Palestine historique. Toute amputation de cette terre nous blessera toujours comme la douleur fantomatique d’un membre amputé que nous sentons intensément.
Un temps irremplaçable a été perdu en discussions sur une solution à deux Etats.

Temps utilisé par Israël pour travailler à une solution à aucun Etat.
Dans l’édition du 16 juin 2003 de Bitterlemons.org, sous le titre « Abattre les murs », j’expliquais pourquoi je considérais la solution à deux Etats comme une solution politique désespérée pour les Palestiniens. Pour avancer dans cette discussion, voyons le côté psychologique de cette question.
Un temps irremplaçable a été perdu en discussions sur une solution à deux Etats. Temps utilisé par Israël pour travailler à une solution à aucun Etat : les colonies sont plus étendues, le mur est plus long, l’occupation est de plus en plus engagée et le discours politique sur la purification ethnique se fait plus vigoureux. Israël veut une occupation sans fin de la Palestine qui fournisse pour toujours des coupeurs de bois et des puiseurs d’eau *.
En psychologie sociale, on soutient qu’il ne faut pas ignorer l’importance de la justice dans la résolution d’un conflit. La perception de l’impartialité est un déterminant important du comportement humain et des réactions affectives. Toutes les propositions de paix ont méconnu cet aspect décisif. Les accords ont été basés sur une répartition profondément injuste de la terre, de l’eau et des richesses naturelles qui met en ?uvre, de fait, la ghettoïsation, qui fait la promotion d’un travail de forçat en entretenant d’énormes différences économiques et une divergence significative dans le revenu moyen et les droits élémentaires du travail, tout en maintenant une supériorité militaire israélienne qui, toujours, menacera et mettra en péril notre survie.
Pourtant, on s’attend à ce que nous acceptions l’assimilation pathologique que fait Israël de sa sécurité avec une majorité de Juifs dans un pays qui doit leur appartenir. Il y a déjà un certain degré d’intégration physique entre Palestiniens et Israéliens, à la fois de ce côté-ci et de l’autre côté de la Ligne verte. Et il n’y a aucune garantie pour qu’Israël reste un Etat juif du fait de la croissance rapide de la minorité arabe. Que se passera-t-il alors ? Transfert ou génocide ? Que faites-vous des craintes des Palestiniens ? Pourquoi les Israéliens n’adoptent-ils pas une constitution qui octroie l’égalité devant la loi et une égalité des chances qui assureraient un respect réciproque ?
Les Palestiniens ont développé une identité nationale très spécifique et très forte qui s’inspire du patrimoine, de la culture, du récit, des gloires et tragédies, liés à la Palestine historique. Toute amputation de cette terre est un profond traumatisme à notre fierté nationale et nous blessera toujours comme la douleur fantomatique d’un membre amputé que nous sentons intensément mais que les autres ne reconnaissent pas. Je me rends compte qu’il est impossible pour les Israéliens comme pour les Palestiniens de se défaire de leur identité. Mais je crois qu’une identité d’un groupe plus vaste peut être créée, une identité qui naîtrait d’un Etat unique ne s’opposant pas aux deux autres. Sous le couvert d’une constitution respectant la vie civique, garantissant les droits individuels et collectifs et, ainsi, organisant les rapports, nous pourrions engendrer un Etat dans le respect et la confiance, plutôt que la manipulation et les maltraitances inhérentes aux rapports entre un Israël dominant et une Palestine faible et lézardée.
Après de si grandes pertes en vies humaines, de prestige, de territoire et de dignité, une nation ne peut que porter le deuil. Mais le manque de reconnaissance, les compensations seulement partielles envisagées ne laissent aucune place à un deuil qui serait souillé par un sentiment d’humiliation, de colère, d’irrédentisme à l’égard de ce qui a été perdu et par le droit logique à le reconquérir qui, toujours, compromettront tout espoir de paix. Dans une solution à deux Etats, nous intérioriserons tous ces sentiments négatifs, les identifierons à nos agresseurs et vivrons avec une déchéance psychologique. La séparation ne respecte pas l’égalité dans la loi ni l’égalité des chances et ne pourra jamais être équitable ni légitime ; elle ne fera qu’exacerber la haine, les préjugés, la peur et la méfiance.
Un Etat unique ne signifiera pas la réparation des injustices historiques infligées au peuple palestinien. Mais il nous permettra, avec une pleine reconnaissance des fautes et la possibilité ultérieure d’un véritable deuil, d’oublier le passé et de mettre fin aux injustices continuelles ; l’occupation de la Palestine et la discrimination à l’égard des Palestiniens qui ont la citoyenneté israélienne.
Le 14 septembre 2003, le New York Times a publié un sondage qui indique que 25 à 30% des Palestiniens soutiennent l’idée d’un Etat unique. Mon impression personnelle est qu’une majorité de Palestiniens ayant la citoyenneté israélienne envisagent la proposition pour un seul Etat comme la plus favorable, ceci sans la moindre aide sérieuse d’un plaidoyer politique ou des médias.
Aujourd’hui, cette solution semble de plus en plus populaire vu la réalité sur le terrain, créée par Israël et ne laissant aucune chance à la création d’un Etat palestinien viable et souverain, avec des ressources réelles, sur ce qui reste des frontières d’avant 1967. Les élections palestiniennes ont aussi dénoncé le mythe américain selon lequel deux Etats démocratiques ne se combattaient jamais.
Le combat palestinien pour la libération et la justice ne peut se réaliser que dans un Etat unique. C’est la seule solution viable, souhaitable et soutenable qui rendra aux Palestiniens dignité et moralité, et leur garantira la liberté.
Laissez-moi ajouter quelque chose qui m’est personnel. Je suis une jeune psychiatre palestinienne et je travaille avec une consœur israélienne expérimentée. Nous faisons le point ensemble tous les quinze jours et discutons de nos malades et des autres questions. J’apprécie mon mentor et je ne souhaite pour elle ou les siens, rien de moins de ce que je souhaite pour moi-même. A mon avis, quand je défends un Etat unique, je défends mes droits autant que les siens et notre droit à rester ensemble. Si ceci est perdu pour des raisons politiques, ce sera seulement une douleur fantomatique dans un autre membre amputé.
* Josué (ch.9,V 21, 22, 23)
*
III – Mémoires de douleurs et blessures nouvelles (26 juin 2007)
La nation est dans la peine ; nos mémoires sont pleines de douleurs et voici encore de nouvelles blessures.
Alors que les Palestiniens commémoraient leurs pertes avec l’occupant israélien durant la Nakba et la Naksa, notre sang coulait à flot dans Gaza ; mais cette fois, nous étions les victimes et aussi les assassins.
Le Hamas a gagné une élection libre et juste, en dépit d’un report et de manœuvres visant à réduire ses résultats ; il a survécu à 17 mois de boycott alors que des syndicats contrôlés par le Fatah ont forcé des gens à se mettre en grève contre le gouvernement ; il a accepté l’initiative des prisonniers et fait des compromis pour rendre possible un gouvernement d’union, et malgré tout, il n’a pas été accepté par l’OLP. Israël a volé ses ressources fiscales, arrêté le tiers de ses élus au parlement pour le mettre en minorité ; pendant longtemps, il a été patient aussi avec les tourments et les assassinats perpétrés à son encontre par la contra palestinienne ; quand finalement il a compris qu’il existait un plan visant à le faire liquider par des forces équipées et entraînées avec l’argent américain dans deux pays arabes voisins, il a pris la douloureuse décision d’éliminer les dirigeants qui travaillaient activement à sa perte.
Ce n’était pas une guerre civile. Ce terme est employé pour dégager tous les étrangers de leur responsabilité et montrer au monde que les Palestiniens ne méritent pas d’avoir un Etat. Si cela avait été une guerre civile, pourquoi les tueries se sont-elles arrêtées dans Gaza maintenant que les forces de sécurité ont été battues ? Pourquoi des milliers de membres de la sécurité préventive ont-ils déposé leurs armes aussi vite ? Leur combat n’était pas cela. C’était une bataille contre la contra palestinienne, contre les seigneurs de la corruption dont le travail était d’acheter la conscience des combattants avec quelques centaines de dollars pendant que le reste de la nation ne recevait aucun salaire afin de terroriser et de soudoyer notre peuple. Des choses horribles se sont déroulées durant ces combats et nous ne savons pas réellement qui les a commises, même si les médias dominants aiment les attribuer au Hamas pour le diaboliser davantage ; mais chaque jour, une nouvelle vidéo arrive de Gaza nous montrant autre chose.
L’anarchie dans Gaza était prévisible : les combattants pour la liberté ne sont pas des saints. Gaza est une prison en plein air avec des ingérences sans limite des Israéliens. Les possibilités et les ressources ici sont très restreintes ; si vous mettez dans la même prison deux frères pourtant bien élevés avec des moyens de vivre réduits, ils se battront pour survivre. Dans Gaza, il y a des jeunes hommes qui n’ont rien fait d’autre que de se battre dans leur vie. Ici, les gens ont plus de fusils que de pain. Avec des armes, certaines personnes marginalisées de la société ont acquis un statut et elles ne les abandonneront pas pour ne pas le perdre, même si c’est pour les utiliser à mauvais escient. Dans Gaza, vous vous sentez coupés du reste du monde. L’isolement peut lui aussi être un facteur pathogène générant une hostilité qui va se développer contre ceux qui se moquent à l’extérieur de la prison. Mais quand cette force extérieure est inaccessible pour pouvoir s’y affronter, colère et hostilité se retournent contre l’intérieur. L’état de chaos a fait des factions un refuge pour ceux qui ressentent le besoin de faire partie de quelque chose et d’être en sécurité. La polarisation a été très forte ; l’absence de nos deux pères – Yasser Arafat et Sheikh Ahmad Yassin – a créé un vide et a permis au chauvinisme factionnel et aux tendances doctrinaires de se mettre au premier plan.
Cela ne veut pas dire que la situation des Palestiniens est unique. Peu de pays ont échappé à la violence interne au sein de leur communauté alors qu’ils devaient s’affronter à une puissance extérieure. En matière sociopolitique, diviser et régner s’associent dans une stratégie politique, militaire et économique appliquée par une puissance qui veut s’imposer pour longtemps, cette stratégie fait éclater les concentrations importantes de pouvoir en morceaux qui, individuellement, sont plus faibles que la puissance optant pour cette stratégie.
De nombreux régimes coloniaux ont procédé ainsi en aidant et favorisant ceux qui étaient disposés à coopérer avec eux, souvent en leur donnant pouvoir et richesse mais en rendant leurs avantages personnels tributaires du régime colonial.
Actuellement, l’armée et les médias américains créent une opposition entre musulmans chiites et sunnites.
Quand les Britanniques régnaient sur le Soudan, ils ont limité le passage entre le nord et le sud. Ils ont aussi négligé de développer le sud du Soudan et de faire rentrer des Soudanais du sud dans le gouvernement. Les disparités entre le nord et le sud ont favorisé la première et la seconde guerre civile soudanaise.
Quand la Belgique a pris le pouvoir en 1916, elle a défini comme « Tutsi » toute personne ayant plus de dix vaches ou un long nez, alors qu’être « Hutu » voulait dire qu’on avait moins de dix vaches ou un nez camus. La séparation socioéconomique entre Tutsis et Hutus s’est poursuivie après l’indépendance et a été un facteur majeur dans le génocide rwandais.
En Afrique du Sud, le parti nationaliste régnant a élaboré une politique secrète pour impulser et fomenter la violence entre les groupes noirs afin de détourner leurs attaques contre les Blancs et d’empêcher un front uni des Noirs contre les Blancs. Il y a eu la vilaine méthode du « supplice du collier » où l’on met le feu à des pneus, comme type de punition infligée dans les townships aux Noirs suspectés d’avoir collaboré avec l’ancien gouvernement blanc d’apartheid.
Bref, la guerre, partout, est un jeu très sale ; elle peut salir même les mains de ceux qui n’ont pas choisi d’y participer.
Le gouvernement démocratiquement élu est maintenant dissous. Le monde qui a boycotté les Palestiniens tous ces 17 mois verse maintenant des larmes de crocodiles sur « Gaza aux mains du Hamas » et a vite approuvé le gouvernement « modéré » nouvellement désigné, alors qu’il n’a aucun soutien populaire. Dans un proche avenir, ce gouvernement négociera en notre nom l’institutionnalisation de l’occupation au lieu de la faire cesser, et Gaza sera transformée en une colonie pénitentiaire, comme l’Ile du Diable pour les « rejetionnistes » qui s’opposent aux plans israélo-américains pour notre avenir.
Ceux qui nous mettent en garde contre un Etat islamique et l’extrémisme à Gaza, c’est-à-dire contre les gens qui agissent pour les droits des Palestiniens et essaient réellement d’empêcher le vol ultime de la Palestine à son peuple par Israël, souhaitent pour nous un régime élitiste, autocratique, d’hommes d’affaires et d’entrepreneurs, soutenu par les Américains et bien en phase avec les structures des puissances financières et économiques internationales. Ils sont prêts à monopoliser l’agenda national des Palestiniens et à dévoyer notre démocratie. Maintenant, des actes de vengeances et de vandalisme se déroulent en Cisjordanie et il semble que personne ne cherche à les arrêter. L’appel du Hamas au dialogue et pour une commission d’enquête a reçu un refus présidentiel, alors que dans le même temps, se manifestent une volonté et un désir présidentiels pour engager le dialogue avec l’occupant israélien qui assassine notre peuple chaque jour.
Quel remède à toute cette douleur ? Nous avons besoin d’une direction de Palestiniens, et pour les Palestiniens, qui pourra nous mener à la guérison et à la réconciliation et faire cesser tout acte de vengeance, effacer les traces et l’intolérance ; une direction qui protégera du crime nos combattants pour la liberté.
La Palestine ne peut pas être opprimée pour toujours ; un système où les Palestiniens qui abandonnent leurs droits sont récompensés pendant que ceux qui combattent pour ces droits sont punis ne prospèrera pas indéfiniment ; si cela continue, les Palestiniens s’engageront simplement dans un plus grand militantisme. L’invalidation des résultats électoraux par les milices est source de violence et d’instabilité. C’est ce qui est arrivé en Algérie au début des années 90, et ce fut la cause d’une instabilité et d’une souffrance humaine qui durent encore aujourd’hui.
Les Palestiniens ont un sens très fin et très aigu de la dignité car nous combattons contre un ennemi oppressant. Même la Nakba et la Naksa n’ont pu altérer ce sens de la dignité. La résistance des Palestiniens contre les Israéliens nous a inculqué la notion d’objectif, la notion du respect de soi-même et d’un très grand amour propre. Ce qui s’est passé à Gaza a blessé notre dignité nationale, profondément, et cette blessure ne guérira pas tant que nous ne serons pas réconciliés, que nous n’aurons pas surmonté nos comportements doctrinaires et nos révocations polémiques, que nous ne travaillerons pas ensemble à notre projet de libération nationale.
IV – Ne prenez pas les oiseaux de Palestine en otage (25 juillet 2007)
L’argent de l’Occident aide à créer des élites politiques et civiles, des Palestiniens domestiqués qui infléchissent leur langage face aux demandes de leurs maîtres.
A l’occasion des célébrations de l’année prochaine du 60ème anniversaire d’Israël, un oiseau national va être choisi comme emblème par Israël. Selon des officiels israéliens « ceci fait partie de la culture des pays amoureux de la nature et c’est aussi un support pour générer une identité locale. C’est également un moyen pour cultiver les questions d’environnement et de protection des animaux ».
Le directeur de l’Observatoire des Oiseaux de Jérusalem a suggéré que le public israélien participe au choix de l’oiseau qui représenterait et s’identifierait au pays. Selon le Haaretz, le « bulbul », un joyeux oiseau chantant très commun dans les Wadi El Bazan, Wadi Al Qilt et Ein Qeenia et le sunbird de Palestine, un petit oiseau noir chatoyant qui prévaut dans les régions désertiques, ont également été envisagés mais le nom anglais de ce dernier a fait qu’il n’entre plus dans la compétition.
Alors que les discussions autour des oiseaux avaient lieu au sein des Israéliens, une révolution interne a été provoquée par certains Palestiniens au sujet d’un autre oiseau : celui du titre de « Speak Bird, Speak Again », une anthologie de contes folkloriques palestiniens. Le livre a été retiré des librairies des écoles par un officiel du ministère de l’éducation palestinien, soi-disant à cause d’allusions sexuelles et « d’expressions honteuses » auxquelles, selon le décret ministériel, les étudiants ne devraient pas être exposés.
Malgré le fait que le ministre de l’éducation, Naser-Al Deen Al Shaer, ait clarifié la question en disant que le livre pouvait rester aux mains des professeurs mais pas des écoliers, la controverse a provoqué plusieurs manifestations et protestations dans les rues palestiniennes et a été utilisé à cette occasion pour décrire le gouvernement comme « le gouvernement radical et militant du Hamas », « des gens des ténèbres » et le « Taliban de Palestine ».
Ces appels ont bien sûr été relayés en force par les principaux media occidentaux. Malgré le fait que cette presse ne rapporte que très peu ou pas du tout les atrocités quotidiennes des Israéliens envers les Palestiniens, tout à coup elle s’est inquiété « des intellectuels palestiniens, en colère, opprimés et inquiets que le Hamas soit en train d’utiliser sa victoire aux élections de l’année dernière pour remodeler les territoires palestiniens selon son interprétation intransigeante de l’Islam. »
Les media occidentaux ont toutefois évité de mentionner que « Speak Bird, Speak Again » n’était pas le premier livre a être interdit en Palestine. Les livres du défunt Edward Said ont été banni dans toute la Palestine par ces mêmes Palestiniens qui en font aujourd’hui une telle histoire et que cette classe « d’intellectuels » était restée silencieuse. Et est-ce seulement en Palestine que le ministère de l’éducation censure ce qui est permis ou pas à ses élèves : des controverses similaires ont surgi en France et aux Etats Unis.
Au milieu de cette propagande immonde, ni les media internationaux, ni les « intellectuels » palestiniens ni le gouvernement sur la défensive n’ont fait attention au pauvre bulbul et à l’oiseau sunbird palestinien qui sont en train d’être détournés par Israël à ses fins propres.
La Palestine est, entre autre choses, en train d’être confrontée à une crise entre d’un côté, une classe de Palestiniens d’élites soutenus par l’occident, qui a ses propres associations et institutions et qui s’identifie elle-même comme étant la face culturelle de la Palestine et de l’autre côté, les Palestiniens ordinaires dont beaucoup d’employés gouvernementaux, qui sont de plus en plus las de lutter pour joindre les deux bouts. Leurs voix ne sont entendues ni localement ni internationalement. Bien que beaucoup ne le réalisent pas, la distance entre les deux classes s’accroît et la fragmentation de la société palestinienne qui en résulte s’étend comme un fléau au sein de notre peuple.
Selon l’étude du Bureau Central de Statistiques Palestinien sur le statut démographique et socio-économique du peuple palestinien fin 2006, la classe élite palestinienne est devenue plus riche malgré l’embargo et la pauvreté largement répandue que cela a provoquée. La distribution des revenus en 2006 a été remodelée en faveur des ménages riches aux dépens de la classe moyenne. En fait, la part de revenus gagnée par 10% des ménages palestiniens les plus riches a augmenté de 24% pendant 2006 (de 25.1% en 2005 à 30.6% à la fin du deuxième trimestre de 2006). De l’autre côté, les revenus de la classe moyenne a décliné de 12% alors que la part de revenus gagnée par 20% des ménages les plus pauvres, n’a pas changé.
Les rares favorisés de Washington.
Tout comme Washington, à travers son embargo punitif, prend d’une main, il donne également de l’autre main à ceux qui ont sa faveur. Le département d’Etat des Etats-Unis a mis de côté un budget énorme pour « protéger et promouvoir des alternatives modérées et démocratiques au Hamas » et il apporte de l’argent aux ONG et autres groupes ayant des liens avec des partis politiques palestiniens « non marqués comme groupes terroristes ». L’argent est utilisé pour former des politiciens et des partis laïcs opposés au Hamas « afin de créer une alternative démocratique aux choix politiques autoritaires ou venant d’islamistes radicaux ». Cet argent est aussi donné aux journalistes qui tirent sur le gouvernement et qui manipulent l’opinion publique.
Selon les rapports, les écoles privées palestiniennes recevront 5 millions de dollars afin d’offrir une alternative au système de l’éducation publique financé par le gouvernement ; ce qui signifie que le lavage de cerveau commencera dès l’enfance.
L’argent de l’occident aide à créer des élites politiques et civiles, des Palestiniens domestiqués qui infléchissent leur langage face aux demandes de leurs maîtres. En agissant à l’encontre de nos valeurs et de notre réalité, ils nous aliènent mais ont néanmoins le droit de parler en notre nom. Tant qu’ils sont prêts à liquider et à détourner le programme national palestinien, la communauté internationale est prête à leur donner tous les droits ainsi que le droit de tout faire.
Mais ils épousent le même dogme que les gens qu’ils regardent de haut : la même mentalité partielle, tribale et régionale, et dirigent le même one-man-show, avec une personne centrale en position de pouvoir sans prendre en considération l’éducation ou le niveau de professionnalisme des autres. Ceux qu’ils embauchent viennent de la même sphère politique et idéologique.
Ils considèrent leur mission comme étant de civiliser les habitants de la jungle appelés Palestiniens et nous apprendre tout sur les idéaux qui se vendent si bien à l’étranger : la paix et l’éducation à la démocratie (seulement en théorie), les questions de sexes et des droits de la femme (comme si tous les autres Palestiniens jouissent de leurs droits humains) et le dialogue et le partenariat (un sujet de rigueur ces temps-ci).
Il est peu probable que les donateurs occidentaux financent une ONG palestinienne basée à Jérusalem ou une autre travaillant pour les droits des prisonniers et des réfugiés.
Quand j’ai participé à des ateliers et conférences sur la santé mentale en Palestine, j’ai entendu parler d’inceste (ce qui est extrêmement rare en Palestine, et quand cela arrive, c’est le résultat d’une situation psychologiquement pathologique) plus souvent que de problèmes de retard mental qui prévaut si tragiquement et pour lequel nous n’avons pas d’institutions décentes. Mais diaboliser nos hommes et condamner le patriarcat palestinien est une bonne cause pour ceux qui cherchent des fonds et les donateurs qui veulent renforcer nos stéréotypes.
Oui, il y a bien du patriarcat en Palestine : un patriarcat qui protège les femmes et assure une solution aux disputes en absence total de l’état. Si ma voiture a un pneu à plat, 10 hommes que je ne connais pas viendront m’aider à le réparer. D’un autre côté, à Paris, une femme a été violée dans le métro et personne n’est intervenu.
Soyons justes envers notre communauté et concentrons-nous sur la norme plutôt que sur l’exception et apprenons comment identifier nos priorités au lieu de toujours concourir pour des fonds étrangers. Entre les donateurs occidentaux et les organisations bénéficiaires favorites, beaucoup d’oiseaux locaux ne trouvent pas de nids en Palestine.
V – Le combat pour façonner notre identité tout en vivant sous occupation (30 décembre 2007)
Alors que les Israéliens juifs célébraient les Grandes Fêtes en septembre dernier, les autorités renforçaient les check-points autour de ma ville natale, Jérusalem. Cela veut dire pour moi, comme pour des milliers d’autres Palestiniens, qu’il a fallu souvent attendre des heures pour passer un check-point, ce qui m’a empêchée plus d’une fois de partager le dîner du Ramadan avec ma famille.
Quand les check-points sont renforcés, les automobilistes palestiniens se bousculent pour se placer en début des files d’attente. Les soldats israéliens s’en mêlent parfois… pour récompenser les conducteurs qui coupent la file ! Tout en regardant les heures passer, et alors que j’attends de pouvoir avancer ma voiture de quelques mètres vers le check-point, j’ai l’impression que c’est mon sang qui est en train de bouillir, pas l’essence de ma voiture.
Une fois, après avoir attendu plus de deux heures à un check-point sans avoir pu bouger, des automobilistes ont donné des coups de klaxon en signe de protestation. Les soldats israéliens ont alors fermé le check-point complètement et s’en sont pris aux premières voitures, jusqu’à ce que leurs conducteurs fassent arrêter tout le monde de klaxonner. Voilà comment nous sommes conditionnés. Nous « avons appris » à attendre au check-point, immobiles et silencieux, et à ne plus jamais oser protester. Le résultat de notre indignation refoulée, c’est, bien sûr, une profonde dépression.
C’est dans ce contexte, d’oppression et de discrimination prolongées, que les Palestiniens se battent pour façonner leur personnalité comme leur identité nationale. Parmi les options possibles, il y a le refus de perdre notre identité, et l’affrontement. Le choix peut varier selon les individus aussi bien que selon les générations, en fonction du climat politique comme de la situation sociale.
Mettre la pression et semer la discorde sont des tactiques qui visent à démoraliser les Palestiniens, à les amener à intérioriser un sentiment d’infériorité, à saper leur confiance en eux-mêmes et leur capacité à s’unir pour poursuivre un objectif commun.
On dit de l’occupation illégale d’Israël qu’elle est « civilisée », alors que notre résistance est qualifiée de « sauvage ». Les Israéliens profitent d’une bonne économie, d’un enseignement moderne et d’une médecine de pointe, avec des spécialistes dans chacun de ces domaines. Ils fabriquent des puces électroniques pendant que les Palestiniens, eux, sont jugés comme ne produisant rien, sauf des bombes humaines ou des combats de rue dans Gaza. Nous n’aurions donc qu’à accepter – voire à nous en réjouir – notre occupation et notre exploitation, à abandonner, de nous-mêmes, volontairement, toute notion subjective de notre identité et de notre existence, au profit des mensonges de l’occupant qui est le plus puissant.
Cette détérioration de la morale palestinienne s’est accentuée avec les combats internes et le soutien international à une faction contre l’autre faction. Comme prévu, elle a eu un impact négatif majeur sur la cohésion sociale, surtout avec la marginalisation en cours des dirigeants nationalistes non affiliés et la promotion de certains qui souffrent d’une ambivalence dans l’identité nationale et d’une psychologie basée sur l’occupation. Parallèlement, des comportements anti-intellectuels sont dirigés contre les penseurs, les savants et les artistes qui refusent de renoncer à leurs revendications nationales et de rejeter leur propre culture dite inférieure à celle de l’occupant.
Parce que le pouvoir sous l’occupation passe de l’occupé à l’occupant et à ses partisans, les postulats et propositions de ces derniers sont réputés mieux fondés. Chez l’occupé, le pouvoir est laissé à une élite qui soutient l’occupation et qui évolue finalement au sein de la classe dirigeante.
Les hommes d’affaires palestiniens, par exemple, ont une grande confiance en leurs homologues israéliens. Des personnalités nationales palestiniennes importantes cherchent à se faire soigner dans les hôpitaux israéliens, et des ONG palestiniennes assurent de meilleurs salaires et des opportunités d’emploi aux diplômés des universités israéliennes.
Comme Franz Fanon, psychiatre né aux Antilles, le soulignait il y a 40 ans, ces actes découlent du fait que l’opprimé s’identifie à son agresseur, un mécanisme de défense consistant à accélérer l’assimilation de la culture de l’occupant et à rejeter simultanément sa propre culture. Se voyant eux-mêmes avec les yeux de l’occupant, les Palestiniens qui souffrent de ce syndrome croient ce qu’on leur dit, qu’ils sont des primitifs et des terroristes. En réalité, leur complexe d’infériorité vient de ce qu’une force économique et militaire permet à l’occupant d’avoir une vie plus profitable et plus précieuse que la nôtre. Certains d’entre nous commencent à imiter les occupants dans leur puissance, associant pouvoir et réussite à la culture, à l’idéologie et au mode de vie de l’occupant, considérés comme intrinsèquement supérieurs.
Parce que les mensonges auxquels sont soumis les Palestiniens se transmettent de génération en génération, ils peuvent finir par s’ancrer dans le subconscient d’individus sensibles et par s’étendre à tous les aspects de leur vie.
Pour autant, de nombreux Palestiniens ordinaires restent convaincus de notre droit à une nation et à l’autodétermination, et croient que les valeurs traditionnelles, telles que dignité et honneur, doivent être défendues à tout prix, même au prix de sa propre vie. Ils reconnaissent en l’occupation une génératrice de honte et la nécessité de la rejeter de façon impitoyable.
Des dirigeants palestiniens arguent que la puissance occupante est trop forte pour qu’on puisse lui résister efficacement et que, par conséquent, nous n’avons d’autres recours que d’accepter son joug comme une réalité incontournable de la vie ; ces dirigeants ne font que renforcer et institutionnaliser la psychologie de l’occupation. Cet état d’esprit menace notre peuple, notre sens de l’objectif commun et notre confiance en l’avenir. Il est essentiel que notre appréciation sur l’occupation prenne en compte cette occupation intérieure de notre esprit. Après tout, c’est précisément une telle acceptation et une telle capitulation intériorisées qui constituent l’objectif ultime de l’occupation.
Aujourd’hui, il est plus important que jamais de nous donner une conscience nationale et une exigence de libération. Nous devons remplacer la conjecture coloniale de l’occupant par un appel hardi à la vérité et par l’affirmation inébranlable de la vertu de notre culture nationale.
Il est aussi essentiel de développer l’économie palestinienne face à une corruption massive et aux problèmes d’infrastructures, d’encourager la mobilisation politique d’une classe moyenne cultivée afin de contrecarrer la domination de ceux qui souffrent de la psychologie de l’occupation, et afin de maintenir la morale palestinienne.
L’occupation est écrasante et implacable, nous ne pouvons faire comme si elle n’existait pas. Mais elle ne peut être vaincue par une passivité muette. En revanche, la vaincre requiert une opposition farouche et rugissante, réponse normale de la part d’êtres humains face à l’oppression. En tant que peuple, nous devons nous engager dans un effort conscient, soutenu, pour recouvrer notre dignité individuelle et l’estime de nous-mêmes, afin de vaincre cette psychologie et ce manque de fierté ethnique que l’occupation cherche à nous imposer. De plus, chacun, chacune d’entre nous, ne doit pas seulement y travailler pour sa propre identité, mais interagir avec sa famille, ses amis et son entourage, de telle sorte que l’expérience commune partagée et leur force unie puissent contrer et transcender cette tentative de destruction de notre identité culturelle et individuelle.
La dernière chose que nous voudrions pour notre peuple est bien sa résignation. Parce que nous sommes obligés de vivre nos vies, malgré nous, sous une occupation militaire, il nous faut combattre notre oppresseur, lutter jour après jour pour libérer nos esprits, nos corps et notre terre. Car c’est précisément notre rage et notre détermination à combattre l’oppression – même en klaxonnant à un check-point – qui prouvent, à nous-mêmes et au monde, que nous sommes vivants.
*
VI – Inégaux dans la vie et dans la mort.
Ce matin, je me suis réveillée au bruit des hélicoptères, des voitures de police et des ambulances, alors qu’un affrontement éclatait dans notre quartier de Shuafat, jusqu’ici paisible, à Jérusalem-Est. Les forces de sécurité israéliennes tiraient sur des jeunes Palestiniens qui manifestaient contre le meurtre de Muhammed Abu Khdeir, 16 ans, enlevé dans notre quartier alors qu’il se rendait à la prière de l’aube. Des témoins ont vu Muhammed forcé de monter dans un véhicule et en avaient informé la police.
Quelques heures plus tard, la police israélienne retrouvait son corps dans la forêt de Jérusalem, dans le village de Deir Yassin – presque comme un retour en arrière sur la scène de ce massacre traumatique infligé à ce village, il y a plus de six décennies ! Muhammed a été poignardé, son corps carbonisé et défiguré. Juste la nuit précédente, des Israéliens avaient tenté d’enlever Mousa Zalloum, 10 ans, qui fut sauvé grâce à la résistance courageuse de sa maman, Deema. Tous les deux ont vécu pour raconter leur histoire.
Incitation et vengeance
Immédiatement après l’enlèvement le 12 juin de trois colons israéliens en Cisjordanie occupée – dans un secteur où Israël détient le contrôle total, militaire et civil -, le Premier ministre israélien, Benjamin Nethanyahu, annonçait que “le Hamas était responsable et que le Hamas allait payer”. L’armée israélienne a lancé des raids violents et imposé des couvre-feux dans toute la Cisjordanie, tuant une dizaine de jeunes, ré-arrêtant des membres du Parlement et des prisonniers précédemment libérés, et démolissant les maisons des suspects, avant même qu’une preuve n’ait été produite devant l’opinion ou un tribunal. Ce ne serait pas une surprise pour moi si les Palestiniens qu’Israël accuse étaient assassinés, car ainsi il ne subsisterait que la version israélienne. Cependant, l’escalade militaire israélienne depuis le 12 juin ne consistait pas seulement à rechercher les trois colons disparus. Le régime de Netanyahu profitait de la situation pour tenter d’inspirer une sympathie internationale après les critiques venant du monde entier contre le rôle d’Israël dans le gel des négociations de paix. Israël a infligé une punition collective au peuple palestinien, restreignant ses déplacements dans toute la Cisjordanie et interdisant aux Hébronites non juifs de quitter le pays, effectuant des incursions brutales et des fouilles dans les maisons, villes et camps de réfugiés palestiniens, arrêtant beaucoup de Palestiniens, et tuant quiconque était perçu comme une menace.
Ces actions israéliennes ont servi à réduire les pouvoirs du gouvernement d’union de Palestine, et à attiser les flammes de la polarisation. En outre, les dirigeants et propagandistes israéliens ont créé un climat hostile aux Palestiniens, caractérisé par leur déshumanisation extrême, y compris des enfants, dans les médias officiels comme dans les médias sociaux. Après la découverte des corps des trois colons, Netanyahu a déclaré : « Ils ont été enlevés et assassinés de sang-froid, par des animaux humains », et « Ils sanctifient la mort, nous sanctifions la vie ». Il a également évoqué « un large fossé moral (qui) nous sépare de nos ennemis ». Benny Kashriel, maire de la colonie illégale de Ma’ale Adumim, a demandé aux autorités israéliennes de construire de nouvelles unités de logement en Cisjordanie, en réponse au meurtre des trois colons israéliens. Les slogans du genre « Mort aux Arabes » et « Pas d’Arabes, pas d’attentats terroristes », sont devenus de plus en plus stridents dans l’opinion israélienne.
Des dirigeants et diplomates dans le monde, qui ne connaissent pas les noms de ces gamins palestiniens qui se font tuer quasiment tous les jours, ont déploré dans les termes les plus forts le meurtre des trois colons, citant leurs noms. Mais qu’en est-il de Youssef Shawamra, 15 ans, tué en mars pendant qu’il cueillait de la gundelia, cette plante épineuse sauvage qu’on mange en légume (Akkoub) à Deir Al Asal, au sud d’Hébron ? et d’Ahmad Sabarin, 20 ans, qui regardait un match de la Coupe du monde quand les Israéliens sont entrés faire des arrestations dans le camp de réfugiés d’Al Jalazoun, et qu’ils ont abattu Ahmad alors qu’il sortait de chez lui pour voir ce qui se passait ? et de Saker Daraghmeh, 16 ans, tué à Tayaseer, près de la vallée du Jourdain, alors qu’il faisait paître son bétail ? Mahmoud Odeh et Nadeem Nawara, ces deux adolescents tués pendant qu’ils commémoraient la Nakba, n’ont reçu aucune de cette attention internationale qui fut accordée aux trois colons juifs ! Le meurtre d’un Palestinien ne se voit pas de façon aussi atroce que celui d’Israéliens ; notre douleur n’est pas perçue comme aussi vive que la leur. Assimiler injustement la responsabilité palestinienne dans des actes, présumés, de quelques individus, avec la responsabilité officielle d’un gouvernement israélien démocratiquement élu dans les actions de son armée, c’est une autre insulte à la logique et à la raison, une insulte souvent commise par les amis d’Israël. En réalité, jamais un Israélien n’a reçu une peine sérieuse après avoir tué un Palestinien. Aujourd’hui, après le meurtre de Muhammad Abu Khdeir, les troupes israéliennes ont envahi Shuafat – pas le quartier des tueurs ! Ceux-ci resteront probablement anonymes, leurs maisons ne seront pas démolies, il n’y aura aucun bouclage d’imposé sur les quartiers israéliens, et les colons israéliens ne seront pas empêchés d’aller travailler ou de partir à l’étranger. Les rabbins et les dirigeants des colons qui incitent leurs partisans continueront de le faire en toute impunité.
Depuis qu’il occupe notre terre, Israël nous a enlevé notre liberté, nos vies, et nos perspectives. Aussi longtemps que le meurtre d’un gentil sera considéré avec plus de légèreté que celui d’un juif, aussi longtemps qu’il y aura cette énorme divergence dans la valeur de l’être humain et ce manque de validation de l’expérience palestinienne, aussi longtemps qu’Israël restera le seul auteur de ce récit sur la terre, et le seul acteur politique qui compte, la mort et le nihilisme continueront de nous enlever nos perspectives de vie – tant palestiniennes qu’israéliennes.
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Note finale.
Comme le réclament les palestiniens, tout un chacun de responsable peut pratiquer dans sa vie de tous les jours, le boycott des produits israéliens, produits d’un État intrinsèquement tribal, colonial et raciste, belliciste et ethnocidaire à l’encontre des populations autochtones arabes, foncièrement immoral et odieux, et finalement, quoi qu’il en dise, sans foi ni loi.
Le sionisme mais pas une option politique civilisée, encore moins l’œuvre d’une « grande démocratie » (dixit l’abruti de l’Élysée), mais relève de la barbarie criminelle supérieurement équipée et de l’abjection des prêtres du Veau d’Or.

ITE MISSA EST

J’ai-ti z-eu grand peur, peur de ne pas pouvoir dormir une partie de la nuit, non pas de bonheur, mais à cause du bruit. Mais non, bien heureusement ! la Franchouillie a perdu.
Ah, les Schleus, pas bien mirobolants non plus, mais nettement plus réalistes et costauds. (Moi, je me demande si ce n’est pas, ici encore, la preuve que Merkel est un ton au-dessus de Hollande.)
Alors que dire des petits françouillards qui dérouillent ?
Je ne reviens pas sur le déjà dit. Et je ne parlerai ni technique, ni tactique ni physique non plus. Je vais essayer de parler d’autres choses, en rapport quand même.
Remarque préliminaire : les gazettes évoquent toutes « le mythique stade de (ou : du) Maracana » de Rio de Janeiro. Il faut quand même rappeler qu’ils ont le mythe un peu court. En effet, les débuts de ce stade remontent à 1950, et puis il ressemble un peu au couteau de Jeannot dont on aurait changé plusieurs fois la lame et le manche. Il n’y a plus grand-chose d’origine dans ce stade.
D’ailleurs, c’est « le stade de » (si l’on parle du quartier) « du » (si l’on parle de l’oiseau) «Maracanã» ; avec la nasale finale « ain » comme dans « nain » (Et je passe sur les « a » non accentués qui se prononcent plutôt « ë »). Pour un français, il serait plus logique d’écrire : Maracanain. Qui n’est ni une mare à canards, à canes ou à cannes, ni une mer à canins ou un marocain nain. Maracanã signifie « oiseau vert » en tupi-guarani. Il désigne une sorte de perroquet agité et criard, telle une nuée de supporters hystériques. D’où le nom, ou plutôt le surnom du stade, car il possède un «vrai nom», celui d’un ancien journaliste sportif.
Il y a belle lurette que le stade n’accueille plus 173.000 spectateurs selon certains, 199.000 selon d’autres, comme lors du match du 16 juillet 1950 qui fit office de finale de la Coupe du Monde en opposant l’Uruguay (deux buts) au Brésil (un but). Sa contenance actuelle, toujours revue à la baisse, est d’un peu plus de 75.000 places.
Donc le « mythique » stade remonte à 1950, ce qui veut dire que les gens qui n’ont pas beaucoup plus que la soixantaine actuellement, peuvent potentiellement prétendre à la qualité, à la vertu mythique et qui sait mystique ! Enfin, ce qui me surprend le plus est que l’on m’a toujours affirmé (aux écoles et surtout de nos jours dans les media) qu’il n’y avait qu’un seul mythe incontestable (paradoxe) et qu’il remontait à environ 1945, peut-être même avant. Ce dernier d’ailleurs, à l’inverse du nombre des spectateurs du Maracanã, ne cessant d’enfler.
Mais changeons de «diks» et revenons au «macht» comme disait un copain de jeunesse qui était plutôt plus que moins dyslexique (mot imprononçable correctement pour lui, et d’ailleurs de lui totalement ignoré).
Petit foute d’ennui que tout ça. Pas beaucoup d’envie dans ces équipes. Du convenu. Match de fin de saison. Match de trop. Trois, quatre joueurs de talent dans chaque équipe et le reste insipide, comme on va au turbin, à reculons. Mais attention, pas tout à fait au même tarif : passer le huitième de finale (contrat rempli auprès de la F.F.F.) a rapporté 93.000 euros (chacun) aux déjà millionnaires de la baballe française. Finalement, c’est amusant, certains n’ont jamais joué, se sont contentés d’être les « sparring-partners » (sic) « des « cadors » (resic), ils passent eux aussi à la caisse.
Parmi ceux-ci, un doit bien rigoler, c’est Landreau l’ex-jeune-gardien-prodige du F.C. Nantes. Il vient de prendre sa retraite, plus ou moins oublié tout en battant le record d’Ettori de présence dans des matches de première division du championnat franchouillard. Il n’a pas été souvent appelé en équipe nationale. Les deux dernières fois on lui a même fait le coup d’être retenu comme troisième gardien et finalement de ne pas être emmené aux phases finales de Coupe du monde. Lors de la lamentable aventure d’Afrique du Sud, orchestrée par le minable et alors capitaine et chef des grévistes Evra (encore présent en équipe de France!), c’est le quatrième gardien qui passe devant lui pour remplacer je ne sais plus quel gardien blessé.
Sur une image de fin du match d’hier, j’ai vu le maillot de Landreau (et lui dedans), j’en conclus donc qu’il a eu « le bonheur » d’un ultime cirage de banc. Mais après tout, il passe à la caisse comme les autres et sans dommage.
Devant la télé, je n’ai même pas tenu une mi-temps, un gros bout de la première. Le temps de voir le seul but du match. J’ai arrêté avant la mi-temps, je sentais déjà le match plié. De ce que j’en ai vu : petit foute de passe à dix et de défensive, ou mis à part deux ou trois éclairs – je parle de la Franchouillie –, du jeu stéréotypé (par exemple par-dessus la défense, mais systématiquement, ça finit par ne plus prendre) et Neuer le bon veillait ! Et certaines « vedettes » ou pseudo-vedettes, des deux côtés, inexistantes.
Où est le « 3-3, 5 tirs aux buts à 4 » d’un célèbre France-Allemagne (celui du gardien drogué Schumacher qui assomma Battiston ce jour-là) ? Où sont les scores étincelants de bien d’autres matches d’autrefois ? « Mais il y en a eu, il y a eu le « 5 à 2 » contre les petits Suisses », me souffle un vaillant supporter. Certes, mais un « 5 à 2 » avec deux relâchements coupables en fin de match ; et ce n’était pas un quart, un demi ou une finale ; non un petit match entre deux équipes de seconde zone. De second tableau. Comme quoi le métissage à outrance – je veux dire : le mercenariat à outrance – ne permet pas tout et est probablement un frein à l’excellence. Au foute comme en tout domaine. Et ce n‘est pas le touchant (sic) cliché de début de match où les deux équipes se sont regroupées, pour une ultime photo, derrière une banderole contre le racisme, qui y changera quoi que ce soit. Au fait que pensent du métissage (obligatoire) et du racisme les équipes africaines sans aucun blanco en leur sein ?
Peu de temps avant le match, j’entendis dans la rue quelques joyeux klaxons. « On » allait gagnait. Une personne de mon entourage, rentrant au bercail, me dit : « quelle circulation ! le tramway, quel cirque ! il y a un écran géant en ville ! ». Personnellement, tout le temps du match, je n’aurai pas eu besoin d’ouvrir la télé ou de me renseigner sur Internet pour deviner le sort réservé à cette équipe. Quel calme, plat, au dehors.
« Tiens, Eurosport me dit que le match vient de se terminer : 1 à 0. »
Je ne vous dis pas le plus que silence qui a suivi. Pas même un seul coup de klaxon de la part d’un supporter de l’Allemagne. Un silence encore plus silencieux qu’auparavant. La ville a fini de s’endormir comme si de rien n’était. Comme s’il ne s’était rien passé, du tout. Les spectateurs de l’écran géant ont dû rentrer chez eux tout miteux, résignés mais meurtris, la queue entre les jambes. Certains ajoutant, « Pogba sur Kroos, y a même pas faute » enfin si peu ; « Hummels, y fait poussette sur Varane » enfin si peu. Mais la chance, le vent arbitral a tourné, voyez-vous ! Fini de rêver, fini de croire aux conneries des journaleux. Jusques à la prochaine !
Enfin, si les jeunes ont l’excuse de l’âge, il n’en va pas de même des croulants. Tiens, il y en a un bien connu, de croulant, il s’appelle Gélatine Kippa. C’est mon héros. Mon z-héros, d’un z qui veut dire zéro. Il y a peu il se déclarait très ennuyé, il y avait de quoi. « La finale, c’est le treize, le lendemain, c’est le jour des cérémonies » déclara-t-il fort contrit. «Comment on va faire, nos p’tits français vont revenir avec la Coupe le quatorze, quel casse-tête». Cornélien, je vous dis !
Moi, je suggèrerai bien à tous les supporteurs (sic, du français : « supporter » dans les deux sens du terme, positif et négatif) de France et de Navarre la chose suivante : Il y a encore le moyen d’arranger tout ça. Rendez-vous le long du parcours élyséen du Quatorze Juillet. Vous aurez tout loisir de siffler, de siffler à satiété, un tocard. Le roi même des tocards ! Munissez-vous de cartons rouges pour compléter joliment le tableau. Vous pouvez rire, le Quatorze Juillet n’a jamais été que du pipeau. Journal de Louis XVI au 14 juillet 1789 : rien ! (sic)
En effet, convenait-il de s’attarder sur ce minuscule fait d’Histoire, ce non-évènement tragique qui a consisté à ce que quelques excités de la populace parigote trucident les gardiens pas de but mais d’une prison d’État essentiellement réservée aux hautes couches de la société, et surtout quasi vide, mais finalement beaucoup plus civilisée que tant et plus de nos geôles contemporaines ?
Ultime remarque.
« France/Allemagne : un match qui promet d’être mémorable » titrait encore des heures après la fin du match le site de l’Immonde. Cela me paraît aussi sérieux et « mémoriel », et réellement « de référence » comme on disait autrefois, que ses commentaires concernant, par exemple, l’Ukraine. Si le match ne promettait finalement rien de bon et de beau, par contre l’Immonde promeut le mensonge et la bêtise en tout. Ils en tiennent une couche ceux-là.
Carton rouge là aussi. Que dis-je : exclu à vie !
Pauvre France !

COMPTABILITÉ ET MORALE TALMUDO-SIONISTES

SUR LE SENTIER DES BONS COMPTES QUI FONT LES BONS AMIS :
A lire ceci :
http://leblogderobertpioche.wordpress.com/2014/07/03/macabre-comptabilite/
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SUR L’HUMANISME JUIF :
Le bon Habib. Ah, le beau cas… kafkaïen !
(Oui, je sais, vous allez dire que c’est de la méchanceté gratuite) Tête de demeuré aux yeux de veau et aux lèvres pâteuses, cheveux gominés et visage enduit, généreusement aspergé d’huile d’olive bénite, pardon casher, Enrico en plus sirupeux encore et plus décati, le député «««français»»» (sous-francophone, plutôt) et «centriste» (de l’Union des Démocrates et Indépendants, réunion de groupuscules et autres grosses pustules de centre-droit libéralo-sioniste) du Proche-Orient (4500 voix, essentiellement tribales, de binationaux franco-sionistes lors des dernières élections) Meyer Habib, accessoirement « juif non pratiquant » (sic !), nous explique, pourtant à la sortie de la synagogue, et dans un joyeux charabia de sous-doué, son humanisme juif :
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Quand-Meyer-Habib-depute-francais-faisait-l-apologie-de-la-vengeance-26420.html
NB deux choses :
–d’une part, selon É & R, cette vidéo a été mise en ligne, par une certaine Esti, le premier juillet courant sur le compte Youtube de la chaîne israélienne Infolive avant d’être rendue « privée » quelques heures plus tard après la publication de l’article d’ É & R dont le député a eu connaissance par Twitter. On comprend pourquoi !
– d’autre part, il y a visiblement une coupure autour du mot « vengeance » dans cette vidéo. Mais cette coupure est une coupure de montage dans le document originel lui-même. La dénommée Esti a dû avoir du mal à rendre cohérent, et relativement présentable, un discours se perdant dans la confusion.
Et ce type, ancien gros bras (mais plus que jamais) sionard, est député ! Député anti-quenelles acharné d’ailleurs. À mon avis, même en tant que député, il a dépassé son niveau de compétence, allègrement!

Mais pour en savoir beaucoup plus sur le sinistre individu, et penser que la coupure de la vidéo ne change rien à l’individu et à sa « pensée », il suffit de consulter ce bon résumé :

http://www.panamza.com/020714-meyer-habib-le-best-of
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Attention, il ne faut pas confondre ce Meyer (sic) Habib avec David Habib, député-maire socialo-sioniste de Pau tout récemment éconduit de la mairie par les électeurs (enfin, ce qu’il en reste) et remplacé par … Baille-Roux en personne, grand ponte du Modem (Mouvement Démocrate) qui s’est uni en novembre 2013 avec… l’UDI.

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Tournerait-on en rond, petit Patapon ?
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Habib, le Meilleur – Morceaux choisis :
Ceci :

ou encore cela :

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À ne pas manquer non plus ceci en prime, une bonne et très saine pub. :
http://www.igenea.com/fr/juifs
« Ah, quell’s sont joli’s les fill’s de mon pays… » Tralala !

Et ce sont les goyim qui sont racistes !

Notule fouteballistique.

Je ne croyais pas si bien dire dans un précédent article à propos du traitement arbitral de l’équipe de fouteux française.

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Sur le site de TF1, repris par Euro-Sports, on peut lire : « Jusqu’ici, les Bleus n’ont pas à se plaindre de l’arbitrage… », traduisez « … du laxisme arbitral en leur faveur » ; ou encore : « Les Bleus : la bonne étoile de l’équipe de France. Depuis le début de la Coupe du monde, l’équipe de France semble bénéficier de plusieurs faits de jeu. [sic, curieux euphémisme] Didier Deschamps affirme lui que cette soi-disant « chance », il faut la provoquer. Une chose est sûre, les Bleus auront besoin de ce brin de réussite en quart de finale contre l’Allemagne. »

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Allez les Bl…oches !

FOURNÉE ANNEXE

En annexe à l’article consacré à la fournée, début du Billet hebdomadaire de Rivarol (“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”) du n°3148 du 3/7/2014 – Propos recueillis par Robert SPIELER et retranscrits par Jérôme BOURBON :

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Jean-Marie Le Pen :

“Marine Le Pen fait une erreur d’analyse”

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RIVAROL : Que pensez-vous avec le recul de toute la polémique politico-médiatique qui a été déclenchée par votre utilisation du mot “fournée” dans votre journal de bord hebdomadaire ? Ne témoigne-t-elle pas de la restriction, chaque jour plus grande, de nos libertés ?

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Jean-Marie LE PEN : J’ai une pente intellectuelle vers l’objectivité. Mais je sais qu’il y a certains sujets sur lesquels l’on n’a pas le droit d’être objectif. On doit se soumettre à la pensée unique et si l’on ne s’y soumet pas l’on est dénoncé. On nous signale qu’il y a une ligne jaune que l’on ne doit pas franchir même si l’on ne nous dit jamais qui l’a tracée. Si vous la franchissez c’est à vos risques et périls, risques politiques, médiatiques mais aussi financiers et pénaux. Il faut savoir que nous ne sommes pas en Amérique où le premier amendement de la Constitution établit une liberté totale d’opinion et d’expression. En France ce n’est pas le cas, il faut le savoir, et les dirigeants politiques doivent établir une ligne qui leur permette de rassembler, c’est la philosophie politique de Marine Le Pen qui considère que sa mission est de diriger un parti politique et donc de rassembler, et donc d’éviter au maximum les effusions. Pour ma part j’ai davantage de liberté puisque, si je suis un dirigeant politique, je n’ai pas de responsabilité exécutive directe donc j’ai plus de liberté de parole et d’opinion.

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Il y a une inculture française.

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Cela étant, il faut aussi noter que nous sommes dans un monde où en dehors même des partis pris politiciens ou idéologiques, il y a une inculture française. Lorsque j’ai utilisé le mot “fournée” qui n’a jamais eu, en aucun cas, d’acception politique ou négative ou antisémite, la simple assonance a suffi pour déclencher un tollé de la part de journalistes qui sont en principe des intellectuels c’est-à-dire des gens qui pensent avant d’écrire et même avant de recevoir l’ordre de leur loge. Immédiatement l’on a décrété qu’il s’agissait encore d’un dérapage antisémite de Jean-Marie Le Pen alors que c’était un propos parfaitement innocent. Encore faut-il que les gens connaissent la langue française qui comporte, il est vrai, cent mille mots. Dans le même temps j’avais dit à propos de Noah qui ne veut pas chanter dans les mairies FN « Cochon qui s’en dédit »*, des gens ont dit : pourquoi a-t-il traité Noah de cochon ? Or il s’agit d’une locution française que visiblement ces personnes ignoraient.

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Vous connaissez la fameuse histoire de Littré, grand grammairien qui, un jour, était en train de trousser sa bonne dans la cuisine quand rentre sa femme. Laquelle s’écrie : « Je suis surprise. » Et le mari de répondre : « Non Madame, hélas, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris. » L’anecdote est savoureuse et témoigne de l’importance du sens et de l’emploi des mots. La guerre des idées est aussi une guerre sémantique. Par exemple le mot « extrême-droite » donne « extrémiste de droite ». Le mot « extrême-gauche » donne le mot « gauchiste » qui est plus convivial. Or le mot « extrême-droite » indique l’extrémité géographique d’une assemblée et non un quelconque extrémisme.

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Cela pose tout le problème de la diabolisation et de la dédiabolisation. Il est bien évident que la dédiabolisation à laquelle nous pouvons tendre trouve rapidement ses limites puisque la diabolisation ne dépend pas de nous. Elle dépend de nos ennemis et il n’y a aucune raison que nos ennemis ne nous fassent pas en permanence la guerre. Dans l’affaire de la “fournée”, avec un parallélisme étonnant qui ne peut s’expliquer que par des appartenances communes, les éditorialistes de la presse régionale ont suivi la même ligne : la dénonciation de l’abominable Le Pen avec ses déclarations scandaleuses. Le directeur de Valeurs Actuelles a quant à lui tweeté : « Honte à Jean-Marie Le Pen ! »

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Nos ennemis ne cesseront pas de nous diaboliser.

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La vie est un combat et la vie politique est un combat permanent. Par conséquent nos ennemis ne cesseront pas de nous diaboliser puisque c’est une de leurs armes (le mensonge, la calomnie, la diffamation) et qu’ils ont les moyens de nous l’appliquer puisqu’ils détiennent un quasi-monopole des moyens médiatiques (presse, radio, télévision, cinéma, débats de toute sorte). Par conséquent, nous devons toujours nous attendre à être diabolisés. Si cette diabolisation diminue c’est que nos adversaires auront estimé que nous sommes moins dangereux pour eux, que nous nous rapprochons de leur point de vue et ils ne cesseront de nous diaboliser que lorsque nous serons morts, et encore ce n’est pas sûr !

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C’est là tout le problème du combat politique. Je prends souvent un exemple : le champion de boxe sait qu’il ne fera pas que donner des coups, il en recevra. Cela fait partie du sport dont il a accepté les règles. Le champion du monde qui monte sur le ring, même s’il en descend comme champion du monde, est marqué par les coups que lui aura donnés son challenger. Par conséquent il ne va pas s’étonner en disant : « c’est fou, j’étais sur le ring et mon adversaire m’a frappé au visage, au corps, à l’estomac. » Cela fait partie des règles de ce combat-là. Nous ne devons donc pas nous étonner d’être diabolisés, il faut le prendre avec philosophie, rendre coup pour coup, et même un peu plus quand c’est possible mais surtout ne pas consentir à aucun moment à une trêve à l’égard de nos ennemis ou de nos adversaires puisque nous estimons qu’il en va du salut de notre pays et de notre peuple.

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Un espace politique dans lequel il n’y aurait pas de conflit… c’est soit une dictature mortelle, soit un pays mort.

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R. : Certes, mais Marine Le Pen, dans un entretien au Figaro du 24 juin, en réponse à une question du journaliste qui lui demandait si votre utilisation du mot “fournée” avait nui à la constitution d’un groupe au Parlement européen a répondu : « Tout ce qui réactive la diabolisation et fait du bruit n’est jamais bon lorsqu’on est en négociation ».

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J.-M. L.P. : C’est là où je suis en désaccord avec elle. Je crois que Marine Le Pen, avec une intention excellente, mais on sait que l’enfer est pavé de bonnes intentions, fait une erreur d’analyse. Si la diabolisation dépendait d’attitudes extravagantes, extrémistes — à ce propos on a quelquefois fait le ménage au sein du mouvement d’une manière que j’ai trouvé un peu sévère —, nous ne serions pas du tout diabolisés, ce qui n’est pas le cas.

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Admettons qu’on ait voulu lisser l’image du Front, en tout cas on ne peut pas aller au-delà sous peine, dans le débat politique, de renoncer à attaquer nos adversaires sur des idées que nous estimons nuisibles à la nation, voire à répondre à leurs attaques. Un espace politique dans lequel il n’y aurait pas de conflit entre les différents participants, c’est soit une dictature mortelle, soit un pays mort.

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Je lui ai fait le grief… d’avoir elle-même…
porté le débat sur le terrain médiatique.

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Le groupe au Parlement européen ne s’est certes pas formé mais cette polémique n’en est pas la cause. Dans ma lettre ouverte à Marine Le Pen, je lui ai fait le grief que j’estime justifiée d’avoir elle-même — ainsi que Louis Aliot — porté le débat sur le terrain médiatique alors que si on avait laissé les organismes professionnels antiracistes et anti-Front national faire leur numéro, cela aurait duré vingt-quatre heures. Il y avait la Licra, le Mrap, Sos-Racisme, le Crif. C’est leur gagne-pain de lutter contre ce qu’ils appellent l’antisémitisme au point que quand il n’y a pas d’antisémitisme, ils l’inventent !

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Cela dit, toutes ces vagues font partie du paysage. Mais malheureusement cela a été accrédité par les déclarations qui ont été faites dans notre camp. Aliot a dit : « c’est une phrase malheureuse de plus », ce qui semblait faire référence à d’autres épisodes précédents. Il a — involontairement, j’espère — laissé entendre que j’ai l’habitude des phrases malheureuses.

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R. : Invité de Patrick Cohen dans l’émission C à vous, le 24 juin au soir, Florian Philippot, vice-président du Front National vous a durement attaqué. « Il n’est pas président, la présidente c’est Marine Le Pen »** a-t-il affirmé, ajoutant surtout à votre endroit : « C’est quand on fait n’importe quoi qu’on devient n’importe qui » …

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J.-M. L.P. : D’abord je ne suis pas n’importe qui. J’ai près de soixante ans de vie publique et même un peu plus si l’on compte ma présidence de Corpo de droit dont je suis aussi président d’honneur. J’ai une personnalité politique que j’estime respectable et qui est respectée de beaucoup de gens, en tout cas des plus de 28 % qui ont voté en faveur de la liste que je dirigeais dans le Sud-Est aux européennes le 25 mai sous le nom Front national.

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Présomption de culpabilité.

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Je constate malheureusement que ces commentaires sont faits très légèrement. Ce que j’ai dit n’est pas n’importe quoi. Ce que j’ai dit est une locution française qui dit clairement ce qu’elle signifie : un groupe d’individus. Je peux citer dix exemples qui n’ont pas donné lieu à des griefs quelconques mais l’on sait que Jean-Marie Le Pen bénéficie de la présomption de culpabilité. Il est le seul dans ce cas. Les autres ont droit à la présomption d’innocence, y compris les tueurs jusqu’à leur condamnation. Jean-Marie Le Pen, lui, a une présomption de culpabilité jusqu’à son non-lieu. […]

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Je n’ai pas la suite, celle-ci étant réservée « aux ceusses » qui payent.

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* Trésor de la Langue Française : « Cochon qui s’en dédit! Exclamation familière qui accompagne et souligne un serment, une affirmation. Il y en aura bien un demi-arpent (…) cochon qui s’en dédit! c’est juré! (Zola, Terre, 1887, p. 64). − P. anal. C’est entendu, c’est tout vu, c’est convenu; à demain, monsieur le curé. Couillon qui s’en dédit (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Confession T. Sabot, 1883, p. 39). Et même que c’est la plus belle race du monde et bien cocu qui s’en dédit (Céline, Voyage,1932, p. 12). » Je m’étonne qu’on n’ait pas accusé là, Le Pen de quelque allusion anti-judaïque ou anti-musulmane.

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** Porté là par le père Le Pen lui-même et contre l’avis même des vieux de la vieille du parti. Mais, c’est son problème. Ce qui a entraîné une sionisation immédiate du parti en voie de dédiabolisation. Ce qui devient un problème de tous conséquent. Je dis « en voie de dédiabolisation » car on assiste maintenant à une surreprésentation médiatique du FN au détriment de tous les vrais opposants. Je me souviens du temps où certains refusaient de débattre avec Le Pen père. Je crois qu’il y avait Marchais Messerschmitt dans le tas. De nos jours la flagornerie médiateuse et quasi unanime vis-à-vis du F N devient patente. Le vent tourne. Le poids des voix. Et le FN est l’ennemi patenté. Double mouvement. Intérêt multiple pour eux. Les media sont toujours du côté du manche. Et du « bon ennemi ». Même si – et plus encore s’il s’agit d’un gros manche (c’est une expression, je précise moi aussi). Quand le Pen père ne sera plus là, l’affaire sera pleinement entendue.

 

 

MON COMMENTAIRE A PROPOS DU MATCH DE FOUTEBALLE NIGÉRIA-FRANCE.

Un but refusé aux Nigérians en début de match : je ne discute pas du bien-fondé ou du mal-fondé de la décision des arbitres (hors-jeu), d’autant que …

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J’ai regardé je ne sais combien de fois et sous trois angles au moins, l’action et le but refusé (joli but bien dans le tempo de la passe lumineuse).

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Et ce n’est pas évident à voir, même à froid et en prenant son temps.

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Seule un visionnage au ralenti, image après image, fraction de seconde après fraction de seconde, permettrait de voir si le buteur, Eméniké est réellement parti une demi-seconde trop tôt avant que son coéquipier ne frappe dans la balle.

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De ce que je crois en voir, à ce moment-là, le buteur donne l’impression d’être encore sur la même ligne que le dernier défenseur, donc en jeu.

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De toute façon aucun arbitre n’a le temps de voir ça, même le juge de ligne (qui n’a pas hésité à lever son drapeau) ; même s’il était très bien situé sur la même ligne que le buteur et « son » défenseur, car par ailleurs il ne pouvait pas voir la balle frappée (cachée par plusieurs joueurs) mais seulement la balle surgissant en l’air au-dessus des joueurs.

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Même à la vidéo ce n’est pas évident.

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Mais bon, peu importe.

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Ce que je discute avant tout c’est le fait que les arbitres n’ont pas validé ce, par ailleurs, joli but d’Eméniké, mais ont également « oublié » de sanctionner le ceinturage évident et marqué d’Evra sur Odemwingie dans la surface de réparation, ceinturage qui devait être logiquement sanctionné par un pénalty (plus un carton jaune minimum), ou encore la méchante « semelle » de Matuidi sur Onazi qui devait se solder là aussi par, au moins, un carton jaune, voire un rouge.

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Ce que je reproche donc au corps arbitral c’est son incohérence et son parti pris. Mais toute cette Coupe du Monde est farcie des incohérences arbitrales et de leurs partis pris. Pour ne pas dire de leur incompétence et généralement de leur laxisme. (Voir un précédent article)

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Intransigeance pour refuser un but, laxisme ne sanctionnant pas deux fautes graves de jeu (l’une d’antijeu caractérisé, l’autre de jeu très dangereux) et cela à l’avantage d’une seule et même équipe.

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Si la France avait marqué ce but, je suis assuré qu’il aurait été validé sans problème aucun par les arbitres. Les arbitres de quel pays au fait ? Sauf erreur, c’étaient des étatsuniens.

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Le but a été refusé à Eméniké ; mais on peut se demander si les amerloques n’ont pas aimé niquer non seulement ce joueur, mais toute l’équipe du Nigéria.

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P.S. Monsieur le Prince Benzema a été inexistant une partie du match, il a snobé ses coéquipiers (Giroud en tête) tout le temps où il n’a pas pu jouer dans l’axe ; la diva ne faisant strictement rien en attaque, elle n’a même pas cherché à épauler solidairement ses équipiers en défense. Mais Monsieur Benzema a gagné, Didier a cédé, il sera d’en l’axe au prochain match contre l’Allemagne. Et Giroud sur le banc.