Publié le 25 novembre 2017
***
***
« Balance ton porc », une campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée…
Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:
-
Olivier Mathieu, nous sommes le 25 novembre 2017. Nul autre que vous, en France, avec une persévérance admirable et dont je vous remercie, n’a pris chaque jour – depuis un an – la défense de David Hamilton. Que pensez-vous de la campagne « balance ton porc » ?
Olivier Mathieu, écrivain :
-
Je l’ai déjà dit. Mais je suis heureux de répondre à vos questions.
Jean-Pierre Fleury :
-
Vous vous souvenez du hashtag #UnBonJuif. Qu’en penser? Qu’en dire, notamment, par rapport à « Balance ton porc » ?
Olivier Mathieu :
-
Les hashtags de ce genre (UnBonJuif) sont d’évidentes imbécillités. Ou encore, d’évidentes provocations. C’est, en outre, quelque chose d’anachronique. Une idée que se mettent, dans leur absence de cerveau, des imbéciles de néonazis. Dire imbécile de néonazi est d’ailleurs une imprécision de ma part, car entre un imbécile et un néonazi il n’y a, à mes yeux, absolument aucune différence. C’est l’idée, si on peut appeler ça une idée, que quelqu’un leur met dans la tête. La différence est que les hashtags de ce genre suscitent les protestations, par exemple, des institutions juives et/ou du monde politique. On veut les interdire, on les interdit. On organise des poursuites judiciaires, le cas échéant. Mais j’en viens maintenant à « Balance ton porc ». Balance ton porc emploie le même instrument technologique. L’arme du crime est la même: Internet, les réseaux sociaux. Une arme de décervellement de masse. On est dans l’ordre de la délation – qui est toujours vile – et de l’extra-judiciaire. Mais… Mais, quand on assiste à une telle campagne de délation encouragée (« Balance » est un impératif, « balancer » est un terme argotique qui signifie faire oeuvre de délation), à une campagne de délation planétaire, à une incitation à la délation planétaire comme « Balance ton porc », dans ce cas on n’assiste à aucune protestation scandalisée des institutions étatiques… Les crétins néo-nazis, avec leurs hashtages imbéciles, anachroniques et inutiles, sont désignés comme les mauvais de service. Ce sont des marionnettes et des épouvantails. En revanche, qui dénonce des « porcs », qui « balance » extra-judiciairement (j’entends par là, hors de tout cadre juridique), et le fait en outre très souvent hors délais de prescription (dura lex sed lex), est soutenu par les institutions, par Madame le ministre, par les gouvernements… Ces délateurs et ces délatrices de « porcs » deviennent des « bons ». Ce sont, quant à eux, les bons de service…
Jean-Pierre Fleury :
-
Certes, cher Olivier Mathieu, on ne pourra jamais dire que vous aurez pensé en troupeau… Pouvez-vous encore préciser?
Olivier Mathieu :
-
Je crois avoir été précis. Mais on peut toujours ajouter quelque chose. Je reproche à « Balance ton porc » ce que je reprocherais à toute campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée. Contre qui que ce soit. Que la cible soit ou ait été dans le passé le communiste, le national-socialiste, le démocrate, le juif, le musulman, l’athée, celui qui pense autrement que moi, la femme ou l’homme, toute campagne massive et planétaire de délation extra-judiciaire est vile et ignoble. Qui n’admet pas cela n’a rien compris. La vérité judiciaire doit être établie par les tribunaux, chose déjà pas facile et parfois sujette à erreurs. Mais des dénonciations souvent anonymes, souvent hors délais légaux, avec les phénomènes « d’émulation » auxquels on assiste en ce moment, ces dénonciations-là, et leur multiplication insensée, me répugnent. Je n’aime pas trop suivre les modes…
Jean-Pierre Fleury :
-
Mais tout comme moi, vous exécrez le viol.
Olivier Mathieu :
-
Je crois que Patrick Eudeline l’a très bien dit, récemment. Le viol d’une fille anonyme, le viol avec un couteau sur la gorge dans une cave de banlieue, le viol dont tu sors avec le visage tuméfié de coups, le viol que tu dénonces le lendemain (ou mieux, le jour même) dans un commissariat, le viol constaté par des médecins, j’y crois volontiers, en principe.
Jean-Pierre Fleury :
-
A quoi croyez-vous moins volontiers?
Olivier Mathieu:
-
Je crois moins volontiers, probablement, au viol des grandes « vedettes », ou des toutes petites vedettes aussi, qui affirment parfois dix, vingt, trente ou quarante ans après les faits supposés qu’elles auraient été « violées » par des artistes (ou supposés tels), par des cinéastes (ou supposés tels) auxquels elles doivent – parfois ou souvent – leur carrière, avec lesquels elles ont parfois entretenu des relations, et avec qui elles avaient souvent rendez-vous, elles l’admettent elles-mêmes, dans des chambres d’hôtel. Un conseil aux femmes, dorénavant, mieux vaut prendre un rendez-vous, s’il s’agit d’un rendez-vous professionnel, dans un bureau. Et un conseil aux hommes: donnez rendez-vous aux dames en présence de cinq avocats, de quatre huissiers et de trois notaires, sans parler de quelques dizaines de policiers en service. Je crois moins volontiers aux viols qui n’ont pas été constatés médicalement, je crois moins volontiers aux viols qui permettent à certaines un regain de notoriété médiatique, je crois moins volontiers aux viols qui font gagner beaucoup d’argent à certaines anciennes demoiselles. Notez cependant que mon avis importe peu. A titre personnel, j’y crois moins. Mais ensuite, c’est toujours aux tribunaux de faire leur travail, et, si possible, de le faire correctement. En d’autres termes, tout accusé doit être présumé innocent jusqu’au bout. Tout accusé a droit à la présomption d’innocence, c’est la loi et notamment la loi française qui le dit. Il ne s’agit pas de croire, mais de savoir. Le fait qu’il y ait un « témoignage » ne signifie rien. Le fait qu’il y en ait mille ne signifie rien non plus. La multiplication des témoignages ne signifie jamais rien. Il y a aussi des milliers de gens qui se regroupaient, il y a quelques années, en ex-Yougoslavie, et qui voyaient leur apparaître la Vierge Marie… Si quelqu’un me dit qu’il a vu la Vierge Marie, je ne le crois pas, ou mieux: je n’ai aucune raison de le croire sur parole. Idem pour le Loch Ness, les extraterrestres, etc, etc… Si six mille personnes viennent me jurer la même chose, je n’ai toujours aucune raison de les croire sur parole. Et là, le blog « En défense de David Hamilton » pourrait proposer quelque chose.
Jean-Pierre Fleury :
-
Quoi donc?
Olivier Mathieu :
-
Le blog « En défense de David Hamilton » pourrait envisager de donner la parole à des femmes violées. Mais je ne parle pas de « vedettes » du cinoche ou de la téloche. Je parle de femmes anonymes, de pauvres femmes, de femmes pauvres pour le dire en termes bloyens. Et plus encore, le blog « En défense de David Hamilton » est et serait disponible pour interroger des femmes qui ont été, ou affirment avoir été des modèles de David Hamilton, autrefois. Parce que c’est seulement en s’interrogeant inlassablement que l’on peut arriver à la vérité vraie. Tout ceci pour dire qu’il y a quelque chose d’un peu lassant à voir et entendre des dames, souvent des dames très riches, faire des déclarations unilatérales et affirmer qu’elles auraient été violées. Alors que personne ne s’occupe – hélas – des femmes anonymes, des femmes pauvres, des femmes violées avec un couteau sous la gorge (pour reprendre ici encore les termes de Patrick Eudeline). Entre le couteau sous la gorge, les tournantes de banlieue, et les divans des psys à amnésie traumatique radical-chic, il y a de grandes différences…
Jean-Pierre Fleury :
- Une actrice vient de déclarer, la chose est reprise notamment par la presse italienne, que « Weinstein ne mérite pas même une balle ».
Olivier Mathieu:
- La chose est très grave. Je ne suis pour ma part ni juge, ni moraliste. Encore moins bourreau. Je trouve cela scandaleux qu’une dame, qu’une accusatrice, veuille ainsi être juge et partie. Prenons l’exemple de David Hamilton. Je crois en son innocence. Il n’a jamais été condamné à rien. Son oeuvre sublime me pousse, aussi, à ne pas croire qu’il ait été un violeur. Mais y compris dans l’hypothèse où il eût été coupable, ce n’aurait pas été à ses accusatrices de le condamner, ou de décider de la peine. La peine de mort a été abolie en France, j’en suis ravi; et, certainement, David Hamilton n’aurait pas été condamné à mort. En tout état de cause, sa condamnation éventuelle – complètement éventuelle!!! – aurait été prononcée par un juge. Pas par une opinion publique manipulée et à qui on répète du matin au soir, « balance ton porc »… Ce n’est donc pas à une accusatrice de dire si Mr Weinstein mérite, ou ne mérite pas, une « balle dans la tête ». Cela, ce sont des méthodes intimidatoires de petits voyous.
Jean-Pierre Fleury :
-
Flavie Flament affirme avoir retrouvé lors d’un rendez-vous chez le docteur une photographie (la fameuse photo attribuée à David Hamilton), photo qui aurait réveillé en elle le souvenir du « viol » qu’elle affirme avoir subi il y a si longtemps…
Olivier Mathieu :
-
C’est ce que Flavie Flament affirme, en effet. Le problème est que la photo miraculeusement « tombée chez le docteur » est une histoire à dormir debout. Un, parce que cela veut dire, si tu vas chez un docteur avec un livre et que la photo tombe à tes pieds, qu’il faut quand même un sacré « hasard » pour que cela arrive… Deux, cette photo, Flavie Flament la connaissait parfaitement bien puisqu’elle lui avait servi en 1988 pour être élue Miss OK 1988. Vous ne voyez pas un léger « hic », vous, dans le fait de publier une photo bien utile à sa carrière en 1988, puis « l’oublier » et s’en souvenir des années plus tard, en 2016, quand la photo redevient d’ailleurs utile à la publicisation de son bouquin?… Il y a d’ailleurs des questions à se poser: en 1988, David Hamilton avait-il donné son accord à la publication de cette photo de lui dans le magazine en question? Le savait-il? Voire avait-il conseillé la publication de la photo? LISEZ https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/08/la-photographie-attribuee-a-david-hamilton-bien-utile-a-flavie-lecanu-flament-des-1988-2/
Jean-Pierre Fleury :
-
Certes, il y a beaucoup de questions à se poser. Par exemple au sujet des déclarations de la maman de Flavie Flament, Madame Lecanu. Ou de son frère Olivier Lecanu. Celui-ci, qui est je le répète le frère de Flavie Flament, a déclaré que sa soeur revoyait David Hamilton des années après 1987. Il n’y a eu aucun démenti. Ici aussi, le blog « En défense de David Hamilton » est, je suppose, à la recherche de tout témoignage, de tout témoignage sérieux, documenté, documentable, au sujet d’une éventuelle poursuite des relations entre David Hamilton et Flavie Flament après 1987.
Olivier Mathieu :
-
Vous supposez très bien, cher Jean-Pierre Fleury. Tout pareillement, je continue et mes collaborateurs continuent à se poser des questions au sujet de l’acte de décès de David Hamilton, et des circonstances dans lesquelles il a été rédigé…
Jean-Pierre Fleury :
-
Cet entretien est particulièrement intéressant, je pense. Vous y dénoncez une campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée. Vous y prenez la défense des femmes violées, effectivement violées dans les tournantes de banlieue, avec un couteau sous la gorge. Vous y revenez ou nous y revenons sur la question de la photo qui tombe miraculeusement sous les yeux de Flavie, « chez un médecin ». Vous y revenez sur la question de l’éventuelle continuation des relations, après 1987, entre Flavie, et David Hamilton, Au moins à en croire, jusqu’à ce qu’il y ait un (éventuel) démenti, un démenti crédible, les propos du propre frère de Flavie Flament. Enfin, vous dites à raison qu’entre le couteau sous la gorge, les tournantes de banlieue, et les divans des psys qui ont trop lu Shlomo Freud, les psys à amnésie traumatique radical-chic, il y a de grandes différences… Encore un mot, pour conclure?
Olivier Mathieu :
- Volontiers. On parle beaucoup de combattre la haine, sur Internet. En anglais, on appelle ça les haters. Mais j’ai une crainte. Ma crainte est que la campagne « balance ton porc » ne soit une soupape de sécurité. Comme on ne peut pas supprimer les pulsions humaines, on les canalise. La campagne « balance ton porc » permet à tout un chacun, à toute une chacune, de devenir ou de se croire « bon » ou « bonne ». Le porc, c’est toujours l’autre… On dirige les haters contre les (supposés) porcs, et voilà que les haters anti-porcs deviennent fréquentables… Il y a sur Internet, depuis un an et encore un an après sa mort, des appels au meurtre explicites contre David Hamilton. Ces appels au meurtre ont été publiés avant sa mort et n’ont pas été effacés. J’appelle mes amis à en faire, comme moi, des saisies d’écran. Ces menaces de mort contre David Hamilton, ces appels au meurtre contre David Hamilton, ces réjouissances pour la mort de David Hamilton ne semblent déranger personne… Deux poids, deux mesures…?
PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-PIERRE FLEURY
Avertissement :
Le lot commun des esprits simplistes, conformistes et endoctrinés de 2017 (qui sont légion de nos jours, plus encore qu’hier) ne sont pas conviés à écouter cette chanson de 1967 (cinquante ans déjà, Ma Douéoù !) car ils sont inaptes à la comprendre et à la ressentir :
Le marbre du troupeau (album « Souvenirs » ; Laffont, Paris, 1974)
*
— Ah ! Dis-moi donc bergère
À qui sont ces moutons ?
— Eh ! par ma foé, Monsieur,
À ceux qui les gardions !
Et tra la la déridérette
Et tra déronla…
(vieille chanson enfantine d’un autre temps).
*
SEMPITERNELLEMENT
Photographie D. H.
Ô toi qui vagues au coin du bois précieux,
Hume, au serein, le parfum des sapins
Lourd et empreint d’un vieux fond d’aubépin
Lorsque la brume, en suspens, dit aux cieux :
*
— Mon ciel de lit d’un coton malicieux
Sourd de la Terre et, tel un galopin,
Voudrait déjà que, sur moi, l’aube ait peint
Ses rayons d’or, vernissés, délicieux.
*
Mais, toi qui vibres en jeunesse éphémère,
Tu le sais trop que la vie est chimère
Et lui enjoins de mimer l’éternel.
*
Le regard loin et le sourire enclos,
Tu infléchis le souhait, frais éclos,
D’un temps sacré et monde maternel.
*
Olivier Mathieu, écrivain, candidat à l’Académie française le 14 décembre 2017 au fauteuil de René Girard, sous le signe de David Hamilton.
Roland Jaccard, écrivain, romancier, essayiste, éditeur, psychologue.
Jean-Pierre Fleury, écrivain, éditeur, docteur en sociologie (Nantes).
Phrère Jac, situationniste (Paris), auteur d’un texte dans « C’est David Hamilton qu’on assassine » (livre d’Olivier Mathieu, édité par Jean-Pierre Fleury, et préfacé par Roland Jaccard)
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/23/nous-portons-le-deuil-de-david-hamilton/
Publié le 24 novembre 2017 par defensededavidhamilton
***
version illustrée ici : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/24/dans-lantiquite-circe-changeait-les-hommes-en-porcs-les-temps-modernes-ont-change-les-cochonnes-en-bigotes-cest-le-progres/
***
A seize ans, Nastassja Kinski s’exhibait à la télé dans des émissions de ce genre (avec de gros jeux de mots, pour qui comprend l’allemand, sur le mot de « queue »).
En 2013, elle prit le parti de sa sœur, qui accusait post mortem son père – le grand acteur Klaus Kinski – de l’avoir violée. Et se déclara « heureuse » de la mort de son père.
Pareillement, après avoir tourné le film « Leidenschaftliche Blümchen » (1978), elle déclara – plus tard – qu’elle voudrait condamner ce film à un autodafé.
« Leidenschaftliche Blümchen » (1978):
Publié le 24 novembre 2017 par defensededavidhamilton
***
version illustrée ici :
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/24/betise-abyssale-ou-mauvaise-foi-david-hamilton-enlevait-sic-des-petites-filles-de-douze-ans-2/
***
Un pays et une presse qui parviennent à cancaner, à croire (à accepter que de telles crétineries soient publiées dans des journaux, ou sur des réseaux «sociaux» comme Twitter), à s’auto-convaincre du fait que «David Hamilton aurait enlevé des petites filles de douze ans à la sortie de leurs écoles«, sont un pays et une presse qui ont perdu toute intelligence, ou alors tout sens du ridicule.
En effet, on se demande fort où et quand David Hamilton aurait « enlevé » (sic) une « petite fille de douze ans » devant son école (une école sans surveillants? une petite fille laissée toute seule par ses parents, à douze ans, devant une école?…)
On se demande comment un « enlèvement » aurait pu passer inaperçu de la part des parents, des enseignants, des forces de l’ordre…
Doit-on se demander aussi si David Hamilton leur coupait les mains?
À lire sur Causeur, cet article :
https://www.causeur.fr/cinematheque-brisseau-polanski-femen-piaf-147781
NB : un exemple connu de jeunot « lancé » par la Môme Piaf : Yves Montand.
***
Sur le blog en défense de David Hamilton, balance ta truie…
article illustré Publié le 24 novembre 2017 par defensededavidhamilton
Publié le 24 novembre 2017 par defensededavidhamilton
***
Dans Libération, 18 juillet 2013, article signé Anne Diatkine.
On lit…
« En 1976, le critique d’art du Figaro s’émeut «des hanches encore enfantines» et compatit à propos de «l’horrible douceur d’un enfer» vécu par David Hamilton, et avant lui par «Carroll et Nabokov», il faut quand même des garants. Cinq ans plus tard, une journaliste de Elle décrit sans malice, «Mia, 12 ans», dernière proie du «chasseur», dont elle raconte l’enlèvement à la sortie de l’école ».
Diantre… Si Madame Diatkine sait écrire, et si les mots ont un sens, David Hamilton aurait donc enlevé une petite fille du prénom de Mia, 12 ans, à la sortie de l’école…?
Et ces faits auraient été rapportés »sans malice » (?) par une journaliste du magazine Elle, cinq ans après 1976, donc en 1981.
Elle n° 1976 (1983)
Malheureusement, Madame Diatkne n’a peut-être jamais même lu l’article en question.
Je pense en effet, pour ma part, que c’est un article paru dans le n° 1976 du journal Elle.
Madame Diatkine a donc vu non pas l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu (etc.), mais elle a lu un article d’une journaliste qui, toujours selon Madame Diatkine, raconterait l’enlèvement à la sortie d’une école d’une enfant de douze ans…
Dans Le Point, en novembre 2016, une autre journaliste…
Lisons: « En 1983, une journaliste de Elle raconte dans un article assez grinçant que la dernière recrue du photographe britannique n’a que… 12 ans, et qu’il a littéralement enlevé la gamine à la sortie de son collège, chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans le coffre de sa voiture… »
C’est ici:
Et dès le lendemain (novembre 2016), plusieurs blogs reprennent « l’info », textuellement. Le blog qui suit parle « d’un » journaliste, et assure que la « dernière modèle » de David Hamilton avait 12 ans… Bref, que Hamilton n’a plus eu de modèles après 1983…
http://www.legossip.net/david-hamilton-a-journaliste-avez-calendriers-moi-jai-filles/279633/
Cherchez sur Google les mots, et placez-les entre guillemets : « chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans le coffre de sa voiture«
Des dizaines, des CENTAINES de sites ont recopié cette phrase, sans la moindre enquête, sans le moindre recoupement…
Je résume: un article de 1983 est cité par Libération (qui le situe en 1981) puis par Le Point, puis par des dizaines de blogs.
Il est évidemment plus que douteux que David Hamilton ait jamais « enlevé une fillette de 12 ans », « au vu de tous », « devant son école »… C’est là quelque chose que les parents, ou la police, n’auraient pas pu laisser passer. Invraisemblable.
Et donc, un écrit journalistique de 1983 déformé d’un journaliste à un autre jusqu’aux blogueurs… et à l’opinion publique…
Publié le 24 novembre 2017 par defensededavidhamilton
***
Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes :
- Nous sommes le 24 novembre 2017. Ce sera donc demain le premier anniversaire du décès, du « suicide » selon les gazettes, de David Hamilton. Vous avez publié hier, sur votre blog, un article intitulé: « Nous portons le deuil de David Hamilton« . Peu de signatures…
Olivier Mathieu:
- Les rats sont toujours plus nombreux sur les navires quand ils appareillent que quand ils naufragent. C’est évident et purement logique. Heureusement, il y a des exceptions à la règle de la médiocrité. A ce titre, mon ami Phrère Jac, écrivain situationniste parisien – et auteur d’un petit texte dans mon livre C’est David Hamilton qu’on assassine – vient de me demander d’ajouter sa signature. De la part d’autres personnes, en revanche, grand silence… Il y a toujours davantage de gens pour lever le doigt quand on leur offre des livres en cadeau, que lorsqu’il s’agirait de réunir trois euros et donc de mettre les mains dans leurs poches pleines d’oursins… Ne parlons pas de démontrer un rien de courage…
Jean-Pierre Fleury :
- Charlie Hebdo, une fois n’est pas coutume ai-je envie de dire, vient de publier un bon dessin où l’on voit un homme pendu, qui ne suscite d’autre réaction de ceux qui découvrent son cadavre, que: « le porc! »
Olivier Mathieu :
- Oui, qui sait? Une sorte d’hommage indirect à David Hamilton? En tout cas, contrairement à ce que l’on croit, il y a eu des hommages directs aussi à David Hamilton. Comment ne pas citer, d’abord, un excellent article de Roland Jaccard dans Causeur? Dans cet article, Roland Jaccard emploie par exemple le verbe « assassiner », en relation à David Hamilton, et je ne peux pas ne pas y voir une allusion à C’est David Hamilton qu’on assassine… Il y a eu aussi une déclaration, en Espagne, dont j’ai parlé ici ( https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/23/espagne-22-novembre-2017-patricia-marzana-rend-hommage-a-lesthetique-soigneuse-et-pure-de-david-hamilton/ ) …
Jean-Pierre Fleury :
- Et maintenant?
Olivier Mathieu :
- Il se peut que d’autres personnes sollicitent, y compris si c’est avec retard, d’ajouter leur nom à ceux qui portent sur notre blog le deuil de David Hamilton. Mais surtout, nous allons publier de nouveaux articles. Nous continuons à diffuser des livres. Nous continuons à poser, et à nous poser, les questions qu’il faut au sujet de ce qui s’est passé, ou pas, le 25 novembre 2016 à Paris. Je devrais dire: entre le 25 novembre, date supposée de la mort de David Hamilton, et le jour où son décès a été déclaré – avec retard – à la mairie du sixième arrondissement. Dommage que les personnes que nous cherchons à interroger se refusent à nous répondre… Patience…
Faites comme elle, lisez « C’est David Hamilton qu’on assassine ».
Jean-Pierre Fleury :
- Ce 25 novembre 2017, que faire?
Olivier Mathieu :
- Certains – les plus couillus, les plus courageux – publieront un article en hommage à David Hamilton sur leurs blogs et leurs sites. D’autres penseront à lui. Nous, comme toujours, nous jetterons un coup d’œil dans les poubelles contemporaines appelées « journaux », nous sommes et nous serons vigilants. Nous avons de la mémoire, nous aussi…
Jean-Pierre Fleury :
- Et votre candidature ludique-académique du 14 décembre 2017, cher Olivier Mathieu ?
Olivier Mathieu :
- Elle suit son petit bonhomme de chemin. Une autre façon de rendre hommage à David Hamilton. Déjà, Roland Jaccard a consacré à ma candidature une de ses vidéos (https://www.youtube.com/watch?v=tmjdx8T9aBE )… A mon avis, on va encore en parler ( http://www.academie-francaise.fr/actualites/candidatures-au-fauteuil-de-m-rene-girard-f37-5 )… Pas tout de suite… Dans quelques jours… En décembre… Il faut attendre que les journalistes sortent de leurs poubelles. Ensuite, ils recopieront les uns les autres quelques ordinaires inepties… Vous verrez…
Je suis témoin! Moi aussi!
Jean-Pierre Fleury :
- Un film à voir, ce 25 novembre?
Olivier Mathieu :
- « Laura les ombres de l’été » de David Hamilton (à ce sujet, voir et revoir https://www.youtube.com/watch?v=NHV1W3yiy_0 ). Ou alors, pour un film inférieur à ceux de David Hamilton, mais un film caractéristique des années 1970, Leidenschaftliche Blümchen (1978). C’est ici : https://www.youtube.com/watch?v=bvBlwyiS7k0
Propos recueillis par Jean-Pierre Fleury.
***
Publié le 23 novembre 2017 par defensededavidhamilton
***
L’affaire David Hamilton, ou la non affaire David Hamilton, a mis à la mode une grosse opération que j’appellerai de publicité pseudo-scientifique liée à la « mémoire traumatique » – et aux souvenirs induits.
N’existe-t-il pas d’ailleurs bien des exemples, tant chez des individus que dans des collectivités, de croyances (éventuellement exposées avec sincérité) d’événements certes plus ou moins dramatiques mais aussi, parfois ou souvent, plus ou moins faux?
Si des hommes de science, ou de pseudo-science, proposent à des personnes fragiles voire déséquilibrées de faux souvenirs explicatifs, ces personnes risquent de les saisir comme une véritable aubaine, avec des conséquences catastrophiques pour autrui.
Peut-on vraiment sacrifier des réputations, ou des existences de qualité, au nom de l’audience d’émissions pipoles de téloche sur des nullités pipoles?
Chacun sait – chacun devrait savoir – que l’on peut PAR EXEMPLE induire de faux souvenirs chez des soldats. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est (grands Dieux!) « Le Monde » :
L’amnésie traumatique, c’est à la mode? Oui, je n’en disconviens nullement.
Mais c’est aussi très simpliste. Et, souvent, fort peu scientifique. Il faudrait ABSOLUMENT peser le risque monstrueux des faux souvenirs et des manipulations.
Voyez et LISEZ ABSOLUMENT cet article: http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2355


