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Du couteau sous la gorge et des tournantes de banlieue jusqu’aux divans des psys à amnésie traumatique radical-chic, un grand pas.

25 novembre 2017

Publié le 25 novembre 2017

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https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/25/du-couteau-sous-la-gorge-et-des-tournantes-de-banlieue-jusquaux-divans-des-psys-a-amnesie-traumatique-radical-chic-un-grand-pas/

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« Balance ton porc », une campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée…

Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:

  • Olivier Mathieu, nous sommes le 25 novembre 2017. Nul autre que vous, en France, avec une persévérance admirable et dont je vous remercie, n’a pris chaque jour – depuis un an – la défense de David Hamilton. Que pensez-vous de la campagne « balance ton porc » ?

Olivier Mathieu, écrivain :

  • Je l’ai déjà dit. Mais je suis heureux de répondre à vos questions.

Jean-Pierre Fleury :

  •  Vous vous souvenez du hashtag #UnBonJuif. Qu’en penser? Qu’en dire, notamment, par rapport à « Balance ton porc » ?

Olivier Mathieu :

  • Les hashtags de ce genre (UnBonJuif) sont d’évidentes imbécillités. Ou encore, d’évidentes provocations. C’est, en outre, quelque chose d’anachronique. Une idée que se mettent, dans leur absence de cerveau, des imbéciles de néonazis. Dire imbécile de néonazi est d’ailleurs une imprécision de ma part, car entre un imbécile et un néonazi il n’y a, à mes yeux, absolument aucune différence. C’est l’idée, si on peut appeler ça une idée, que quelqu’un leur met dans la tête. La différence est que les hashtags de ce genre suscitent les protestations, par exemple, des institutions juives et/ou du monde politique. On veut les interdire, on les interdit. On organise des poursuites judiciaires, le cas échéant. Mais j’en viens maintenant à « Balance ton porc ». Balance ton porc emploie le même instrument technologique. L’arme du crime est la même: Internet, les réseaux sociaux. Une arme de décervellement de masse.  On est dans l’ordre de la délation – qui est toujours vile – et de l’extra-judiciaire. Mais… Mais, quand on assiste à une telle campagne de délation encouragée (« Balance » est un impératif, « balancer » est un terme argotique qui signifie faire oeuvre de délation), à une campagne de délation planétaire, à une incitation à la délation planétaire comme « Balance ton porc », dans ce cas on n’assiste à aucune protestation scandalisée des institutions étatiques… Les crétins néo-nazis, avec leurs hashtages imbéciles, anachroniques et inutiles, sont désignés comme les mauvais de service. Ce sont des marionnettes et des épouvantails. En revanche, qui dénonce des « porcs », qui « balance » extra-judiciairement (j’entends  par là, hors de tout cadre juridique), et le fait en outre très souvent hors délais de prescription (dura lex sed lex), est soutenu par les institutions, par Madame le ministre, par les gouvernements… Ces délateurs et ces délatrices de « porcs » deviennent des « bons ». Ce sont, quant à eux, les bons de service…

Jean-Pierre Fleury :

  • Certes, cher Olivier Mathieu, on ne pourra jamais dire que vous aurez pensé en troupeau… Pouvez-vous encore préciser?

Olivier Mathieu :

  • Je crois avoir été précis. Mais on peut toujours ajouter quelque chose. Je reproche à « Balance ton porc » ce que je reprocherais à toute campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée. Contre qui que ce soit. Que la cible soit ou ait été dans le passé le communiste, le national-socialiste, le démocrate, le juif, le musulman, l’athée, celui qui pense autrement que moi, la femme ou l’homme, toute campagne massive et planétaire de délation extra-judiciaire est vile et ignoble. Qui n’admet pas cela n’a rien compris. La vérité judiciaire doit être établie par les tribunaux, chose déjà pas facile et parfois sujette à erreurs. Mais des dénonciations souvent anonymes, souvent hors délais légaux, avec les phénomènes « d’émulation » auxquels on assiste en ce moment, ces dénonciations-là, et leur multiplication insensée, me répugnent. Je n’aime pas trop suivre les modes…

Jean-Pierre Fleury :

  • Mais tout comme moi, vous exécrez le viol.

Olivier Mathieu :

  • Je crois que Patrick Eudeline l’a très bien dit, récemment. Le viol d’une fille anonyme, le viol avec un couteau sur la gorge dans une cave de banlieue, le viol dont tu sors avec le visage tuméfié de coups, le viol que tu dénonces le lendemain (ou mieux, le jour même) dans un commissariat, le viol constaté par des médecins, j’y crois volontiers, en principe.

Jean-Pierre Fleury :

  • A quoi croyez-vous moins volontiers?

Olivier Mathieu:

  • Je crois moins volontiers, probablement, au viol des grandes « vedettes », ou des toutes petites vedettes  aussi, qui affirment parfois dix, vingt, trente ou quarante ans après les faits supposés qu’elles auraient été « violées » par des artistes (ou supposés tels), par des cinéastes (ou supposés tels) auxquels elles doivent – parfois ou souvent – leur carrière, avec lesquels elles ont parfois entretenu des relations, et avec qui elles avaient souvent rendez-vous, elles l’admettent elles-mêmes, dans des chambres d’hôtel. Un conseil aux femmes, dorénavant, mieux vaut prendre un rendez-vous, s’il s’agit d’un rendez-vous professionnel, dans un bureau. Et un conseil aux hommes: donnez rendez-vous aux dames en présence de cinq avocats, de quatre huissiers et de trois notaires, sans parler de quelques dizaines de policiers en service. Je crois moins volontiers aux viols qui n’ont pas été constatés médicalement, je crois moins volontiers aux viols qui permettent à certaines un regain de notoriété médiatique, je crois moins volontiers aux viols qui font gagner beaucoup d’argent à certaines anciennes demoiselles. Notez cependant que mon avis importe peu. A titre personnel, j’y crois moins. Mais ensuite, c’est toujours aux tribunaux de faire leur travail, et, si possible, de le faire correctement. En d’autres termes, tout accusé doit être présumé innocent jusqu’au bout. Tout accusé a droit à la présomption d’innocence, c’est la loi et notamment la loi française qui le dit. Il ne s’agit pas de croire, mais de savoir. Le fait qu’il y ait un « témoignage » ne signifie rien. Le fait qu’il y en ait mille ne signifie rien non plus. La multiplication des témoignages ne signifie jamais rien. Il y a aussi des milliers de gens qui se regroupaient, il y a quelques années, en ex-Yougoslavie, et qui voyaient leur apparaître la Vierge Marie… Si quelqu’un me dit qu’il a  vu la Vierge Marie, je ne le crois pas, ou mieux: je n’ai aucune raison de le croire sur parole. Idem pour le Loch Ness, les extraterrestres, etc, etc… Si six mille personnes viennent me jurer la même chose, je n’ai toujours aucune raison de les croire sur parole. Et là, le blog « En défense de David Hamilton » pourrait proposer quelque chose.

Jean-Pierre Fleury :

  • Quoi donc?

Olivier Mathieu :

  • Le blog « En défense de David Hamilton » pourrait envisager de donner la parole à des femmes violées. Mais je ne parle pas de « vedettes » du cinoche ou de la téloche. Je parle de femmes anonymes, de pauvres femmes, de femmes pauvres pour le dire en termes bloyens. Et plus encore, le blog « En défense de David Hamilton » est et serait disponible pour interroger des femmes qui ont été, ou affirment avoir été des modèles de David Hamilton, autrefois. Parce que c’est seulement en s’interrogeant inlassablement que l’on peut arriver à la vérité vraie. Tout ceci pour dire qu’il y a  quelque chose d’un peu lassant à voir et entendre des dames, souvent des dames très riches, faire des déclarations unilatérales et affirmer qu’elles auraient été violées. Alors que personne ne s’occupe – hélas – des femmes anonymes, des femmes pauvres, des femmes violées avec un couteau sous la gorge (pour reprendre ici encore les termes de Patrick Eudeline). Entre le couteau sous la gorge, les tournantes de banlieue, et les divans des psys à amnésie traumatique radical-chic, il y a  de grandes différences…

Jean-Pierre Fleury :

  • Une actrice vient de déclarer, la chose est reprise notamment par la presse italienne, que « Weinstein ne mérite pas même une balle ».

Olivier Mathieu:

  • La chose est très grave. Je ne suis pour ma part ni juge, ni moraliste. Encore moins bourreau. Je trouve cela scandaleux qu’une dame, qu’une accusatrice, veuille ainsi être juge et partie. Prenons l’exemple de David Hamilton. Je crois en son innocence. Il n’a jamais été condamné à rien. Son oeuvre sublime me pousse, aussi, à ne pas croire qu’il ait été un violeur. Mais y compris dans l’hypothèse où il eût été coupable, ce n’aurait pas été à ses accusatrices de le condamner, ou de décider de la peine. La peine de mort a été abolie en France, j’en suis ravi; et, certainement, David Hamilton n’aurait pas été condamné à mort. En tout état de cause, sa condamnation éventuelle – complètement éventuelle!!! – aurait été prononcée par un juge. Pas par une opinion publique manipulée et à qui on répète du matin au soir, « balance ton porc »… Ce n’est donc pas à une accusatrice de dire si Mr Weinstein mérite, ou ne mérite pas, une « balle dans la tête ». Cela, ce sont des méthodes intimidatoires de petits voyous.

Jean-Pierre Fleury :

  •  Flavie Flament affirme avoir retrouvé lors d’un rendez-vous chez le docteur une photographie (la fameuse photo attribuée à David Hamilton), photo qui aurait réveillé en elle le souvenir du « viol » qu’elle affirme avoir subi il y a si longtemps…

Olivier Mathieu :

  • C’est ce que Flavie Flament affirme, en effet. Le problème est que la photo miraculeusement « tombée chez le docteur » est une histoire à dormir debout. Un, parce que cela veut dire, si tu vas chez un docteur avec un livre et que la photo tombe à tes pieds, qu’il faut quand même un sacré « hasard » pour que cela arrive… Deux, cette photo, Flavie Flament la connaissait parfaitement bien puisqu’elle lui avait servi en 1988 pour être élue Miss OK 1988. Vous ne voyez pas un léger « hic », vous, dans le fait de publier une photo bien utile à sa carrière en 1988, puis « l’oublier » et s’en souvenir des années plus tard, en 2016, quand la photo redevient d’ailleurs utile à la publicisation de son bouquin?…  Il y a d’ailleurs des questions à se poser: en 1988, David Hamilton avait-il donné son accord à la publication de cette photo de lui dans le magazine en question? Le savait-il? Voire avait-il conseillé la publication de la photo? LISEZ https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/08/la-photographie-attribuee-a-david-hamilton-bien-utile-a-flavie-lecanu-flament-des-1988-2/Jean-Pierre Fleury :

  • Certes, il y a  beaucoup de questions à se poser. Par exemple au sujet des déclarations de la maman de Flavie Flament, Madame Lecanu. Ou de son frère Olivier Lecanu. Celui-ci, qui est je le répète  le frère de Flavie Flament, a déclaré que sa soeur revoyait David Hamilton des années après 1987. Il n’y a eu aucun démenti. Ici aussi, le blog « En défense de David Hamilton » est, je suppose, à la recherche de tout témoignage, de tout témoignage sérieux, documenté, documentable, au sujet d’une  éventuelle poursuite des relations entre David Hamilton et Flavie Flament après 1987.

Olivier Mathieu :

  • Vous supposez très bien, cher Jean-Pierre Fleury. Tout pareillement, je continue et mes collaborateurs continuent à se poser des questions au sujet de l’acte de décès de David Hamilton, et des circonstances dans lesquelles il a  été rédigé…

Jean-Pierre Fleury :

  • Cet entretien est particulièrement intéressant, je pense. Vous y dénoncez une campagne de délation planétaire technologiquement organisée et politiquement correctement encouragée. Vous y prenez la défense des femmes violées, effectivement violées dans les tournantes de banlieue, avec un couteau sous la gorge. Vous y revenez ou nous y revenons sur la question de la photo qui tombe miraculeusement sous les yeux de Flavie, « chez un médecin ». Vous y revenez sur la question de l’éventuelle continuation des relations, après 1987, entre Flavie, et David Hamilton, Au moins à en croire, jusqu’à ce qu’il y ait un (éventuel) démenti, un démenti crédible, les propos du propre frère de Flavie Flament. Enfin, vous dites à raison qu’entre le couteau sous la gorge, les tournantes de banlieue, et les divans des psys qui ont trop lu Shlomo Freud, les psys à amnésie traumatique radical-chic, il y a  de grandes différences… Encore un mot, pour conclure?

Olivier Mathieu :

  • Volontiers. On parle beaucoup de combattre la haine, sur Internet. En anglais, on appelle ça les haters. Mais j’ai une crainte. Ma crainte est que la campagne « balance ton porc » ne soit une soupape de sécurité. Comme on ne peut pas supprimer les pulsions humaines, on les canalise. La campagne « balance ton porc » permet à tout un chacun, à toute une chacune, de devenir ou de se croire « bon » ou « bonne ». Le porc, c’est toujours l’autre… On dirige les haters contre les (supposés) porcs, et voilà que les haters anti-porcs deviennent fréquentables… Il y a sur Internet, depuis un an et encore un an après sa mort, des appels au meurtre explicites contre David Hamilton. Ces appels au meurtre ont été publiés avant sa mort et n’ont pas été effacés. J’appelle mes amis à en faire, comme moi, des saisies d’écran. Ces menaces de mort contre David Hamilton, ces appels au meurtre contre David Hamilton, ces réjouissances pour la mort de David Hamilton ne semblent déranger personne… Deux poids, deux mesures…?

PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-PIERRE FLEURY

From → divers

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