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L’impossible consolation – hommage à David Hamilton (25 novembre 2017)

25 novembre 2017

Publié le 25 novembre 2017 par defensededavidhamilton

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C.D. est une professionnelle de l’édition (nous espérons d’ailleurs qu’un jour, elle consacre un article à David Hamilton, en y citant éventuellement notre livre Le portrait de Dawn Dunlap).

C.D. a collaboré au livre C’est David Hamilton qu’on assassine.

Elle nous adresse aujourd’hui cet hommage à David Hamilton (25 novembre 2017).

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L’impossible consolation, par C.D.

Il y a un an vous mouriez, David Hamilton.

La stupeur a figé nos cœurs tout comme elle a figé notre certitude que la boue sale dans laquelle on traînait rageusement votre nom et votre art, depuis quelques semaines, allait enfin rejaillir sur vos accusateurs.

Il y a un an vous mouriez et la rage de ces derniers nous a gagnés. Non pas pour se retourner contre vous et vous vilipender à notre tour, considérant que cette mort – un suicide, a-t-on dit – était un aveu des méfaits que l’on vous imputait. Non. Cette colère a fait battre nos tempes, elle a retourné nos estomacs et nous a ouvert les yeux, une fois encore, une fois de trop, sur l’ignoble dépravation de notre société. Peut-on d’ailleurs encore oser parler de société ? Dans une société digne de ce nom, culture et civilisation sont les maîtres-mots. Respect d’autrui, respect de la loi, transmission de ce respect et transmission de la loi. Volonté de s’élever… Les êtres humains pourvus de discernement refusent désormais d’employer ce terme puisque plus rien ne répond à cette définition. Alors, parlons de gabegie : désordre et fourberie, abrutissement et aveuglement, corruption et CORRUPTION. Dégradation morale tout autant que physique. Ce monde n’est plus qu’un amoncellement d’horreurs, une abomination. La pureté y est saccagée, la beauté s’y putréfie.

C’en est fini. Le glas a sonné. Non, en fait : le glas n’a même pas sonné pour vous, David Hamilton… Quelle ironie ! Au charnier ! Comme le rêve, la poésie et l’amour. Comme tout ce qui doit disparaître sans laisser de traces. Comme tout ce que l’on fait disparaître de nos mémoires et réapparaître sous un jour « nouveau », reconstruit pour être enseigné selon ce que l’on veut nous faire aimer ou haïr.

Où êtes-vous David Hamilton ? Où sont vos fleurs, vos jeunes filles, vos voyages, et votre lumière magnifique ? Où sont ces œuvres qui condamnent désormais celui qui les regarde et les aime ?

Qu’a-t-on fait de vous, David Hamilton, après vous avoir adulé puis insulté ?

Est-ce que tout le monde a tellement honte ou peur d’avouer la sensuelle douceur éprouvée devant vos images ?

Il est vrai que pour que la formidable gabegie volontairement mise en place par la petite poignée d’individus manipulateurs-de-crétins qui gère notre monde, la peur est l’arme de dissuasion la plus efficace. Il faut avoir peur. De ne pas être comme les autres, d’être rejeté par les autres, de perdre la considération des autres, d’être mis au ban.

Quelle extraordinaire motivation que la peur ! Venir au monde pour avoir peur toute sa vie, quel épanouissement ! Et, bien sûr, transmettre sa peur. Quel projet ! Quelle tristesse…

David Hamilton, depuis un an, rien n’est venu consoler notre chagrin.

David Hamilton, nous vous faisons une promesse, la plus vraie et la plus pure des promesses : comme nous n’avons jamais cessé d’admirer l’artiste que vous êtes et que vous serez toujours, nous continuerons à parler de la beauté de votre art et à transmettre l’amour de cette beauté. Nous continuerons à vous rendre hommage pour nous avoir offert le plus précieux des cadeaux : l’émotion devant la grâce.

Article de C.D.

From → divers

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