Entendu ce soir sur une radio locale : le premier ministre ou le ministre de l’intérieur a déclaré que les manifestants contre l’ambassade des gringos (150 interpellations !!! que ne ferait-on pas quand les yankees sont concernés, elle est belle « la gauche américaine » comme disait autrefois Chevènement avant de tourner gaga-sénile ; oui, celui qui se faisait le chancre, pardon, le chantre de l’école publique nationale tout en mettant, pas con, ses rejetons dans une école privée confessionnelle « haut de gamme », le pignouf), donc que ces manifestants n’étaient pas bons, pas représentatifs de la religion musulmane en France :
– et d’une je croyais que l’État était séparé des « églises » quelles qu’elles soient ; que veut dire « représentatifs » ; est-ce que la religion musulmane en France est estampillée « NF », « normes françaises » ?
– et de deux, l’absence (il me semble) dans cette intervention ministérielle de toute référence au film hystérique de l’américano-copte me semble à moi encore plus représentatif de la manière dont on doit percevoir (je veux dire de la manière dont la propagande officielle, suivant en cela une certaine opinion extrême-droitiste, judéo-chrétienne et sioniste, veut que l’on perçoive) les musulmans, justement comme des, des quoi au juste ? Mais la petite gauche judéo-chrétienne n’ose pas le cracher ?
Autrement dit, reformulé d’une manière plus directe et plus neutre : est-ce que ce film montre une réalité représentative de la religion musulmane, des musulmans moyens ? Ne fait-il pas légèrement, ou plus exactement lourdement des amalgames, lui aussi…?
Pire et plus grave, est-ce que ce copte affirmé (c’est pour cela, parce qu’il semble en faire un militantisme religieux, que je précise qu’il se dit copte), manipulé par des intégristes protestants amerloques friqués dont on sait toute la largeur d’esprit, fait du bien ou du tort à sa communauté, en particulier à la minorité copte d’Égypte ? Cette minorité qui subit l’intolérance, encore plus depuis le dit « printemps arabe » qu’avant, et de qui donc : des musulmans en leur ensemble ou d’une minorité d’activistes intégristes religieux (ou plus exactement d’esprits étroits, totalitaires et intégralement intolérants, qui de plus traitent les femmes en esclaves, et dont la religion est un prétexte à s’ériger en petits tyrans et en barbares vis-à-vis des « infidèles » mais aussi des « mauvais musulmans » majoritaires) ?
Donc ce copte n’est pas bien fin et je pense, guère lettré ; mais ceux qui en Égypte, Libye, Tunisie, etc. réagissent comme des abrutis à son film le sont également.
Je plains les musulmans et les coptes « normaux » !!! Et encore plus les esprits laïcs de ces contrées.
Pas joli, joli chez certains hargneux, haineux le printemps arabe.
(j’en reparlerai).
En attendant, invoquons l’Esprit Saint, mes frères, entonnons une courte prière :
Ô Grand Moufti au pays franchouillard. Ô immense et incommensurable Botul dit le Lévitique !!! L’Innommable est notre dieu et Botul est son illustrissime prophète. Merci BHL pour avoir soutenu les plus rétrogrades (merci, façon de parler car ce pauvre type n’est rien qu’un petit agitateur sans grand pouvoir sinon d’avoir toutes les portes médiatiques obséquieusement ouvertes pour dégoiser, en manipulateur de la dite « opinion publique », ses propos propagandistes de haine et de régression sociale et mentale).
À propos de vrais (et utopiques ?) printemps arabe (et berbère, etc.) et européen (et qui sait : français)
http://leblogderobertpioche.wordpress.com/2012/09/14/pour-un-vrai-printemps-euro-arabe/
http://nietzscheacademie.over-blog.com/article-pour-un-printemps-europeen-110087748.html
À lire de Robert Pioche :
http://leblogderobertpioche.wordpress.com/2012/09/13/14215/
Commentons :
La « démocrassie » étant en grand danger, « aux armes citoyens ! qu’un « sangue » impur … abreuve nos sillons » … de millet, ce dernier, le Millet, dont le chant se fait maintenant discret (chante beau merle !) est contraint de prendre du champ (du champ de millet bien entendu) comme une vulgaire nielle des blés ; nielle elle-même en voie de disparition grâce à l’action « progressiste » des désherbants.
Oui, au cas où vous ne le sauriez pas, après avoir été disséminée sur tous les continents du globe par la connerie humaine, et la recherche du profit, la nielle (plante toxique) est devenue une plante rare en nos contrées, si ce n’est dans les jardins.
« La nielle » à ne pas confondre avec « le Niais » (ça c’est Millet en personne) et encore moins avec « l’agnel… pascal » (ça c’est l’animal chéri de cet ex milicien chrétien franco-libanais, de nos jours fervent sioniste, adulateur du terroriste anti-palestinien et antimusulman bien connu).
Comme déjà dit je trouve aussi nuls que le Millet quand il se fait sioniste, les contempteurs de Millet, tous petits parvenus de la sous-littérature parigote, ma chère, et autres « antiracistes » et « antifascistes » à géométrie variable, adulateurs de ce que l’on nomme à droite et chez les moins hypocrites « mondialisme », de ce que l’on nomme à gauche (kif-kif bourricot, mais en plus pervers et imbécile) « métissage ». Autres noms pour désigner, d’un bord et de l’autre, le « bon vieux capitalisme » impérialiste et colonialiste (dans les deux sens : des riches vers les pauvres et des pauvres vers les riches), Capital pour qui tous les humains sont gris et interchangeables chairs à canon, esclaves salariés, consommateurs amorphes et déculturés, dépossédés, béats benêts.
Je suis ennemi de la censure quelle qu’elle soit et bien évidemment en premier lieu de la plus bien intentionnée, qui est généralement celle de la censure commune, celle du plus grand nombre, celle de la dictature de la masse, celle qui ne se discute pas disent certains totalitaristes de tous bords. Cette censure dont ses formes, ses manifestations de gauche comme de droite d’idéologie dominante, sont toutes en adéquation avec les dogmes de la croissance et des grands et incommensurables malheurs des palesti… euh, non pardon ! là, je reprends : des grands et éternels (on pourrait se poser cette simple question : pourquoi « éternels » ?) et incommensurables malheurs des gentils juifs (gentils, pas Gentils, attention, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes au lavoir des racistes tribaux). En particulier de ces juifs sionistes bellicistes et maffieux qui tuent, tous les jours que leur dieu de haine fait, les palestiniens et même d’autres juifs (des mauvais, des « maux pensants ») pour le bien de l’humanité, plus exactement pour leur bien de gens qui, eux, n’ont bien évidemment (pauvres naïfs de goyim !!!) aucunement envie de se métisser avec qui que ce soit (surtout pas), mais de dominer (c’est écrit en toutes lettres dans la Bible et dans le Talmud, lisez, si vous savez lire !!!) ; comprenez-vous, voulez-vous entendre petits hommes de gauche sionistes et « anti antisémites ».
Je répète encore une fois, travail pédagogique de base la répétition jusqu’à plus soif : des juifs sionistes (surtout des plus hystériques ashkénazes européens, milieu dont sont également sortis les concepteurs en chef fous des ignobles premières bombes atomiques) et des palestiniens, les plus sémites en leur ensemble ne sont pas les premiers mais les seconds ; et les vrais descendants des juifs de l’antiquité sont plus à chercher chez les palestiniens autochtones (musulmans, chrétiens, druzes,…) que chez les juifs colons exogènes (seules d’infimes minorités juives « orthodoxes » et samaritaines, qui sont sans doute allogènes, se déclarent ouvertement et franchement palestiniennes, comme il y a aussi – pour qui, pourquoi, je l’ignore – une infime minorité d’israéliens de langue arabe). C’est une évidence, deux axiomes de toute ethnographie « philisto-cananéenne ».
J’ajoute que ce qui arrive à cette mauvaise graine de Millet – du fond du marigot du terrorisme sioniste dont la mélasse sorgho éclabousse la bien-pensance des « indignés patentés » et autres « bonnes âmes émues » – sa mise à l’ombre chez la vénérable institution Gallimard est tout simplement grotesque et relève uniquement du rôle premier accordé en tout à notre époque au pognon. Monde de misères, de misérables et de miséreux ! Ah, ces indignations et ces émotions très sélectives ! Ô, le haut niveau de la liberté de pensée et d’expression en notre pays européen et démocratique !
Je termine par mon prêche habituel sur le sort finalement enviable de Millet. Il a eu son moment d’expression publique. Mais qu’en est-il du sort des vrais artistes et vrais écrivains, si rares vrais poètes. Comment s’étonner que les meilleurs ou les plus originaux, les plus dérangeants, les non conformes et les poètes réels soient totalement exclus de l’univers lui aussi décadent de l’édition et ne soient jamais publiés par les dites « grandes maisons d’édition » vaste panier de crabes.
Moi je pense au monde souterrain (« underground » disait-on dans les années soixante avant que l’ « underground » ne sombre rapidement dans le néant lui aussi), celui des gens qui font avancer et demeurer les vraies valeurs humaines sur terre, ils sont muets et invisibles sur les écrans de la société du spectacle, mais bien présents au fond de leurs nouveaux monastères (si l’on peut dire ; de leurs retraites si l’on préfère) ou dans la vie courante de gens ordinaires mais encore normaux. Eux seuls, les talentueux et les désintéressés, sont encore l’avenir du monde.
Qu’ils émergent de tous les recoins de la Terre, fraternels et se fédèrent (Mais quand et où ? Utopie ? Espoir naïf ?), qu’ils soient païens, chrétiens, musulmans, juifs qui sait, bouddhistes, agnostiques, athées, rien du tout ou tout ce qu’ils voudront se dire ; mais pas trop nombreux non plus, car le grand nombre est toujours ennemi de la qualité et des vraies lumières : celles du grand jour, pas celles des fonds de tabernacles et autres chapelles ou loges réservées à des élus en voie d’être déchus, pourris, totalement, intégralement décatis… ces salopards.
Je recopie Robert Pioche de ce matin :
« Le désordre voulu par l’Occident, et par les amis de M. Lévy, règne-t-il à Benghazi? Kadhafi n’était pas ma tasse de thé mais il a été tué, dans des circonstances atroces, par des fanatiques (…) Toujours est-il que M. Bernard Henri Lévy ne se scandalise jamais pour la Palestine. Toujours est-il que M. Bernard Henri Lévy ne se scandalisera jamais en faveur d’Abdul Latif.
« Personne ou presque ne parle et ne parlera d’Abdul Latif, qui est mort (il y a quelques heures de cela) dans le quartier disciplinaire de la base de Guantanamo Bay, à trente ans, et cela après avoir passé des années de sa vie en détention, sans inculpation! Or il reste, à Guantanamo, environ deux cents prisonniers dans cette peu enviable – et fort peu démocratique – situation.
« On se souvient de la phrase, passée en proverbe: “L’ordre règne à Varsovie”. »
C’est ici :
Et j’ajoute :
Quelle est l’autre « grande démocratie » (dixit Hollande le pantalonnesque PDG « de gauche » (sic) de la France de 2012), l’autre grande démocratie du monde donc, qui enferme sans jugement, qui plus est des indigènes, des palestiniens ? Tiens, je crois avoir déjà répondu !
Pour le redire autrement, qui sont, parmi tant d’autres (dont le terroriste norvégien adulé par l’ancien milicien chrétien du Liban Millet), les adorateurs d’un tel régime colonialiste, raciste, et plus généralement (dans le monde entier) dominateur ?
– Henri Botul, le surhomme de l’immonde, dit le Lévitique (« nom du troisième livre du Pentateuque, ainsi nommé, parce qu’il contient principalement les lois des lévites et les règles des sacrifices. » (Le Littré) mais aussi :
– Hollande de Neuilly, de la calotte de gauche, digne fils d’un père partisan actif de l’OAS et de « l’Algérie française », rien de moins donc que PDG « de gauche » de la France,
– Moscovici de je ne sais où, ex-gauchiste trotskiste rejeton de staliniens devenus vaguement écolos, dit « l’œil de… Washington », « notre » ministre de l’économie qui demeure dans la droite ligne capitaliste d’un DSK le proxénète de Neuilly qui lui-même, a mis la Grèce plus bas que terre,
– Fabius le socialo du XVIe (autre représentant distingué des couches populaires : ainsi, la collection de la galerie Fabius Frères a été vendue aux enchères en octobre 2009, chez Sotheby’s Paris pour la somme de 9,6 millions d’euros et a battu les précédents records pour des ventes de sculptures du XIXe siècle), dans la droite ligne du sioniste hystérique Charkeuzy de Neuilly.
Soit les actuels trois bourgeois politicards les plus importants de l’État (délabré) de la France…
Et plus généralement toute la racaille judéo-chrétienne habituelle d’élus escrocs de gauche. Soutenue par tous les néostaliniens productivistes et autres croissancistes forcenés des sectes religieuses franc-maçonnes « antiracistes et antifascistes » (sic) à la Mélenchon, triste sire.
Il faut avoir de la merde dans les yeux et dans les oreilles pour ne pas vouloir voir, entendre et comprendre !!!
Cette dernière phrase en particulier : à destination de tous les électeurs « de gauche » (et je reste poli à leur endroit, et à leur envers).
Oui, je connais des ouvriers qui m’ont dit, les niais : « La gauche au pouvoir, c’est le pouvoir des pauvres contre les riches ! »
Ça ne s’invente pas…
Faut être pas mal balourd, ou maboule, non ?
Allez… Vive la démocratie !… Et les patates frites ! Comme on disait quand j’étais gamin.
Résumé des chapitres précédents :
Millet n’est pas si inconnu que ça, où alors on ne sait pas toujours qu’il est bien présent dans le paysage « muséal », urbain ou rural aussi parfois. Parti, disons au volet de gauche du triptyque, ironique, sur la piste d’une Vénus de Millet clamant désespéramment l’objet du premier déboire contemporain (Où est passé l’Esprit Humain ?), nous sommes passés, « ampoulé, confus, répétitif » nous a dit un lecteur, mais « tant pire », au volet central à une allégorie tentant d’expliquer ou du moins d’exprimer notre désarroi (d’où sans doute l’origine de la confusion, etc.) devant l’état de délabrement des œuvres d’art, de plein air en particulier, laissées à l’agrément généralement obtus, imbécile et trivial des foules ; et notre affliction devant la méconnaissance ou le mépris des prétendus défenseurs de l’Europe « éternelle » de droite comme de gauche et des centres réunis, qu’ils soient réacteurs (comme on disait au XIXe siècle), conservateurs ou progresseurs.
Les premiers ne jurant que par un retour en arrière (un peu comme cette utopie folle, messianique et barbare, mêlant les techniques modernistes de destruction des hommes aux chants les plus archaïques et hymnes haineux d’un dieu de la cité terroriste et antique, de la domination tribale à la Tutsi, qui a nom sionisme) ;
Les seconds * désespérés, désemparés, reconnaissant les traditions mais les déclarant achevées ou ne pouvant plus renaître, se revivifier dans l’effort malgré la pression dominante de la décadence ;
Les troisièmes se glorifiant d’être les agents talentueux et autorisés de la destruction de la tradition, de l’Art en soi et du Sacré (révélé ou non), en faisant dégringoler le tout au niveau abyssal d’une abomination triviale tant éthique qu’esthétique propre au XXe et XXIe siècles. Pas même outrancier mais conforme reflet d’une société intégralement médiocre, techniciste, marchandisée, banalisée, démocratisée vers le bas, acculturée et irrespectueuse du Passé, de la Terre et de la Vie en général.
Entre temps j’ai ajouté une grosse note principalement consacrée à toutes ces belles âmes de la flagellation moderne, échines courbées devant le dit progrès capitaliste – vaste décadence de fait – gens généralement de cette gauche productiviste majoritaire (majoritaire à gauche, veuillé-je dire) n’ayant pas une once de poésie. Cette note a pour titre : Petit grain de millet râpeux dans le moulin patenté du conformisme pseudo littéraire.
*
Je voudrais maintenant achever, présentant le volet droit de notre triptyque, en affirmant la dernière réalité de notre temps. Elle tient en peu de mots : quoi qu’on fasse on est mauvais, ou partisan. Y compris dans la restauration (non pas politique mais architecturale ou plus généralement picturale ou sculpturale, etc.) Et chez notre Millet en particulier. Ce n’est donc pas d’hier ; et le XIXe siècle, pourtant si curieux des passés nationaux, n’a pas pu ou su ou voulu échapper à ce mouvement de balancier éternel entre destruction et conservation, innovation ou néo, choix discutables. Sans oublier le toc et le kitch. Pire l’emphase (« conceptuelle » comme disent les crétins de nos jours) dans la déjection abjecte !
Cet édifice-ci par exemple, classé monument historique, est le résultat d’une hybridation déconcertante comme il y a tant et plus au XIXe siècle.
Il s’agit de l’église Notre-Dame des Menus sise à Boulogne-Billancourt « revue et corrigée 1862 ». Notre Millet en charge des travaux, choisit de privilégier l’architecture originelle du XIVe siècle (du moins ce qu’il en restait) tout en lui agrégeant un clocher reconstruit, rehaussé dont la flèche, anachronique et qui jure, est dans le plus pur style XIXe ; il ne se gêna pas non plus pour faire abattre de vénérables bâtiments annexes, détruire le porche Renaissance, ajouter une travée à la nef, des vitraux, un dallage, un maître-autel en marbre blanc ou encore enlever les badigeons qui remirent à jour des bribes de décors médiévaux dont on s’inspira alors pour créer de toute pièce des peintures murales « médiévales » presque… authentiques.
Cette histoire de travée me fait penser à cette église nantaise qui a perdu, comme un saucisson des rondelles, son porche et une travée ou plusieurs pour laisser place un jour à la rue ; et dont le nouveau porche, si on peut dénommer ça un porche, consiste en de simples murs de comblement en tuffeau et autres pierres, assez hideux, qu’on en juge (quel goût ! on voit encore le départ des arches des travées supprimées en avancée de la « façade ») :
Deuxième exemple, il s’agit d’un monument plus connu (ici sa cour intérieure après restauration) : le château de Saint-Germain-en-Laye longtemps résidence des rois de France, dont la restauration fut décidée en 1862 par Napoléon III pour en faire un musée et qui s’acheva au début du XXe siècle, sous les directions de Millet (de 1862 à 1878), de Laffolye (de 1879 à 1889) et enfin de Daumet (de 1889 à 1908).
*
Et voici maintenant l’extérieur, une façade de ce même édifice en cours de restauration où l’on voit que certaines libertés semblent prisent avec la réalité, dans une conception toute théorique et conjecturelle de l’original dont on ne sait rien finalement. Ici, ce sera la Renaissance qui ne sera pas détruite mais au contraire conservée et même sublimée ; à l’exception heureuse d’une chapelle gothique unique.
Comparer la partie gauche en l’état
et la partie droite en cours de « restauration ».
Pour qui, pour quoi ? Arbitraire, volonté de mettre en avant l’apparence que le château avait sous François Ier. Ou avait peut-être : possédions-nous encore les plans de la Renaissance au XIXe siècle ? Je ne sais. Autrement dit, cette restauration (ce qui veut dire destruction de tout ce qui est postérieur) ne fait que reprendre, ou plus sûrement conjecturer selon l’idéologie dominante du moment (artistique, architecturale et politique) – pour ne pas dire d’après les idées voire les lubies ou les songes propres à quelques architectes – de ce que devait être, pouvait être, devrait être le château non pas originel (une forteresse remontant à 1124, sous le règne de Louis VI le Gros) mais sa transformation, pour ne pas dire plus justement sa reconstruction (le sol renferme des restes de cette époque), initiée par Pierre Chambiges en 1539 sur ordre de François Ier. Cette restauration est donc une reconstruction, un remodelage d’une précédente et elle-même reconstruction, remodelage. Copie de l’original ou simplement dans le style interne et externe de l’ancien ? Je ne saurais dire.
*
N’est-ce pas le maître en chef des restaurations du XIXe siècle (lancé par Mérimée d’ailleurs), nôtre Viollet-le-Duc lui-même, qui montra le bon et mauvais exemple à la fois, en cette foi et voie romantiques et cette fièvre retrouvée pour le passé médiéval pour ce dernier, et médiéval ou renaissant pour notre Millet. Sympathique mais non sans défauts, donc, car le premier nommé a souvent été jugé excessif et outrancier, inexact ou extrapolateur dans ses restaurations. Outrées ou caricaturales, avancent certains, œuvres faisant fi parfois d’un vrai travail d’historien de l’architecture, trop imaginative ou trop belle et parfaite. Les murailles de Carcassonne presque trop médiévales et trop neuves à la fois, la cathédrale Notre-Dame de Paris (en compagnie de Lassus), la basilique de Vézelay sont les morceaux les plus connus et les plus prisés des restaurations de Viollet-le-Duc.
Château de Saint-Germain-en-Laye,
chapelle gothique dite de Saint-Louis.
Ainsi, Millet comme le maître à tous Viollet-le-Duc, comme tant d’autres encore, ne cherchaient pas à mal faire, piochaient dans l’étude ; et si leurs choix de conserver ou de détruire étaient souvent discutables, ils étaient encore sensées, d’un certain goût, d’une certaine logique, encore un peu poètes des pierres et des charpentes, artistes. Malheureusement les techniques modernes les ont entachés d’idées parfois en mauvaise rupture avec la tradition… j’allais dire… tradition compagnonnique, elle-même en agonie. C’est Corroyer, cet autre architecte de cette malgré tout généreuse époque, qui écrivait dans l’un de ses nombreux ouvrages « théoriques » que le développement de l’architecture s’effectuait (sic dixit) « sous l’action constante des lois de la filiation et celles de la transformation incessante, poursuivant immuablement à travers les siècles leur marche progressive », et qui, dans un autre ouvrage sérieux (il a beaucoup écrit), accordait contradictoirement sa préférence à l’art roman sur l’art gothique pour le non recours à une « béquille » architecturale, l’arc-boutant. Allez comprendre !
Le progressisme, cette idéologie dévastatrice, pierre de touche de tous les excès, de toutes les ruptures, de toutes les destructions, y compris des savoir-faire et des patrimoines des arts en général, se faisait déjà ressentir en ces temps ou cléricaux et anticléricaux (curieux anticléricaux qui pour la plupart étaient inféodés aux loges maçonniques, triste pastiche en général déiste ou pour le moins panthéiste du compagnonnage), ou monarchistes et républicains s’opposaient sur tout ; plus par principe éternel d’opposition entre le bien et le mal, la prétendue lumière en soi, et la non moins prétendue obscurité en soi, mettant à mal tous deux camps, les uns comme les autres, et le passé et l’avenir dans un présent d’exploitation capitaliste et colonialiste d’une ampleur comme jamais on ne l’avait connue en nos contrées.
Cathédrale de Clermont-Ferrand restaurée sous la direction d’Anatole de Baudot, Jean Deschamps, Pierre Deschamps, Eugène Millet et Eugène Viollet-le-Duc.
Reparlons ici de ce Corroyer pour donner un exemple éclairant.
À partir de 1878, l’État accorda à Corroyer rien de moins que la restauration du Mont-Saint-Michel qui était devenu une simple ruine romantique chantée par les poètes, ruine qui était partie pour finir très mal. Corroyer fut révoqué de cette fonction en 1888 par le directeur des Beaux-Arts à la suite d’une cabale locale et à la demande de deux députés qui le jugeaient… clérical… peut-être parce que Corroyer travaillait depuis 1874 parallèlement pour le compte de l’administration des édifices diocésains de Soissons (ce dernier restaura ainsi plusieurs églises, un château et la cathédrale de Soissons). Le scandale agrémenta les débats de la chambre des députés ainsi que les gazettes du temps. Dans une lettre ouverte, il écrit à l’adresse du directeur des Beaux-Arts dont le nom est bien sûr sans aucune importance :
« Je vous avoue que je me croyais le droit d’être mieux défendu. Mon déplaisir n’est pas d’être révoqué mais de n’avoir pas trouvé en vous, directeur des Beaux-Arts de qui je relevais hiérarchiquement, une indépendance de jugement et l’esprit de justice sur lesquels j’avais le droit de compter. Architecte du Mont-Saint-Michel depuis quinze ans, j’avais eu à lutter contre les intérêts les plus divers et les plus opposés pour sauvegarder ceux qui m’étaient confiés et sans songer à mes sympathies les plus chères, j’avais accepté la lutte contre l’évêque, contre les religieux, contre la municipalité, contre les ingénieurs qui ont fait la digue et sans me préoccuper des passions locales qui soulevaient les passions des habitants… Dès que vous acceptiez les racontars de petite ville et les basses attaques intéressées, j’ai compris que je n’avais plus rien à attendre de vous, non plus que de ce vieil esprit de solidarité de la grande administration des Beaux-Arts. »
Mais vous me direz : et Millet ?! Architecte, ou sculpteur, ou peintre… ? Vous m’accorderez à mauvais escient du hors-sujet. Il n’en est rien. Je suis en plein dedans quand j’affirme et réaffirme que l’Art n’est pas neutre mais aussi que les vrais artistes n’ont que faire de l’air du temps ou s’en accommodent tant bien que mal.
*
De nos jours, où les théories sont très jolies et bien au point, parfaitement établies, dans l’abstrait et l’absolu – alors que la réalité n’a jamais été aussi glauque et les hommes devenus autant incapables de bien les réaliser – les écoles contemporaines de restauration (je parle ici de restauration picturale, mais ceci peut être plus ou moins appliqué dans les domaines des autres corps de métier d’art), mettent l’accent, dans leurs interventions, sur les principes de lisibilité, de réversibilité et de respect de la création originale.
La lisibilité implique que la partie restaurée puisse se distinguer de la partie originale, par la variation du rendu ou du matériau. C’est tout à fait possible dans le domaine architectural. La réversibilité impose l’utilisation de techniques ou de matériaux qui puissent être éliminés dans le futur par une autre restauration. Le constat ayant été fréquemment fait des dégâts irréversibles causés à des œuvres par des restaurations antérieures mal conduites. Ici, en ce domaine de l’architecture, c’est peut-être plus difficile. Et pour finir, le respect de la création originale interdit au restaurateur toute recréation d’un élément disparu sur lequel il ne dispose pas d’une documentation historique certaine.
J’ajouterai même, en cet endroit, que c’est rendre grâce aux siècles de rénovations intermédiaires que de conserver des éléments divers et des états composites des aménagements successifs d’un bâtiment, ne serait-ce qu’en témoins plus ou moins discrets ou manifestes, séquentiels ou partiels de réfections anciennes. Comme il est bien délicat de devoir choisir entre une peinture ou une fresque originale ou des repeintes successives. En art, en art véritable du moins, tout se vaut toutes époques confondues. C’est du moins mon opinion : il n’y a pas de progrès en art, seulement des régressions. Tout supposé « progrès » n’est qu’une simple remise à niveau. Chaque époque, chaque culture, chaque milieu social à ses chefs d’œuvre (du moins du temps ou en des lieux où il a encore des cultures populaires rurales et urbaines, régionales, ethniques…)
Collégiale Notre-Dame de Melun, fortement restaurée,
dont la nef et le transept du XIe,
sous la direction d’Eugène Millet (1853-1859).
*
Mais l’originalité vraiment nouvelle, « moderne », « progressiste » et « démocratique » de notre époque est d’être en totale décadence éthique et esthétique, avec des « artistes » ou pseudo-artistes qui affirment que l’Art est mort tout en en tirant profit, éphémère gloire et faux talent, je-m’en-foutistes escrocs qui laissent miroiter aux masses médusées et élites pitoyables de la décadence, que leur Néant est le nec plus ultra de la modernité et pire encore le sommet des arts alors qu’il en est la poubelle, l’ersatz en plastique, en simili, en série. Or, qui n’a pas encore compris que la société technologiste est l’ennemi de l’art… du vrai sacré et de la poésie. Pauvre Poiêsis, mère de la Culture, des civilisations antiques. Et farceurs affligeants des temps présents. Ennemis de l’élévation des hommes. Agents de la propagande capitaliste. Petits-bourgeois, microbes et virus de la civilisation mondiale et plus précisément européenne. Pantins du mal et du malheur « progressistes ».
L’Éveil (bronze, salon de 1886)
Nous sommes tombés à un degré plus bas encore dans le déclin capitaliste qui, de financier (ce n’est plus à démontrer), technologique (partiellement destructeur tout autant que de progrès) et marchand (économie (sic) de profit et esclavage salarié),
– a envahi la sphère du et de la politique (où l’affaire est réglée pour je le crains quelques siècles, sauf à décliner plus rapidement et radicalement, alors même qu’une majorité d’hommes n’est plus dupe du tout de cette faillie démocratie représentative bourgeoise en faillite, mais pour une partie vote encore malgré tout !)
– a de nouveaux relents, des retours de fumée de, des religions dans des domaines où la laïcité et des mœurs policés semblaient avoir réglé certaines prégnances, pour ne pas parler de coutumes barbares d’un autre âge qui nous furent toujours étrangères, ou d’arrière-pensées d’intolérance (largement mises en œuvres ailleurs que chez nous, les exemples sont innombrables dans tous les domaines de la société) sans oublier bien évidemment, certaines antiennes récurrentes de la propagande de la repentance et plus encore certains dogmes d’essence religieuse imposés comme vérités d’État incontestables au risque en transgresseur, de subir les lois répressives de la Justice,
– remise l’Art, l’esthétique et l’éthique au rang de simples éléments d’agit-prop (totalement agitation politique mais pas pour deux ronds agitation prolétarienne, pas de gros mot, mon cher…). Agit-prop du déclin, voire de l’avant-garde de la lutte, pardon de la chute finale. Et autres fadaises. Car, il va de soi que de nos jours, qui n’est pas moderniste et progressiste ne saurait être un artiste conséquent, ni même à proprement parler exister en tant qu’artiste…
Eugène Millet, La pause de midi (1873)
Comme le dit fort justement un certain James Bloedé, membre de l’Association pour le Respect de l’Intégrité du Patrimoine Artistique (qui s’est constituée en 1992), de moi l’un et l’autre totalement inconnus, dans un article dont il faudrait tout recopier, article consacré à la restauration des tableaux anciens – forme archaïque d’art diront les imbéciles, non pas dans une saine volonté de tout rendre art mais dans une grotesque volonté de tout faire dégénérer en non art :
« Contrairement à ce que l’on a voulu faire croire, la controverse née en France durant la restauration des Noces de Cana ne réside pas dans une opposition entre une faction de romantiques attachés à un goût douteux pour les patines et les vernis sombres et une institution toujours soucieuse de préserver l’intégrité des œuvres.
« Non ! Ce que l’on a vu surgir alors n’est rien d’autre qu’une nouvelle querelle des vernis dans laquelle les musées de France – mais aussi d’Italie, le problème est aujourd’hui international – se retrouvent dans la position de l’Angleterre après-guerre, et les artistes et amateurs de l’ARIPA dans celle des défenseurs des restaurations modérées ou, pour reprendre le mot de René Huygue, des restaurations « nuancées ».
« Au reste, ce n’est pas pour rien que notre bulletin s’appelle Nuances. Et si nos propos sont parfois peu « nuancés », dites-vous bien que cela vient de la réelle souffrance que nous éprouvons à voir des œuvres, pour leur part, violentées.
« En tant qu’artistes, dont beaucoup ont appris leur métier au Louvre, en copiant ceux que l’on appelle les maîtres, nous nous sentons redevables des joies et des enseignements qu’ils nous ont apportés. Par conséquent nous nous sentons aussi le droit, que dis-je, le devoir, de les défendre. Et, pour cela, nous avons un œil, oui, une sensibilité. Loin de nous l’idée que nous en aurions le monopole.
« […] Pourquoi restaurer les œuvres d’art au moment de préparer les grandes rétrospectives? C’est une pratique courante et pourtant funeste, car souvent menée à la hâte pour être prêt à temps […] Pour la question qui nous occupe, ces rétrospectives représentent un bon champ d’observation. Souvenons-nous de l’exposition Poussin, ou bien Watteau, ou Chardin, ou encore “Le Siècle de Titien”. Ah ! les Poussin venus de Russie, encore vêtus de leur vernis blond ! Et les Chardin encore conservés dans des collections privées, certains magnifiquement préservés ! D’autres Chardin, de Russie, magnifiques ! Beaucoup de tableaux du Louvre, bien sûr, merveilleux, car il n’est pas question de prétendre qu’au Louvre tout irait mal ; mieux, de toutes façons, que chez les anglo-saxons ; mieux, désormais, et c’est triste à dire, qu’en Italie, patrie de Brandi**, pays où l’on restaure tout, pour quoi ? Pour le Jubilé, pour l’An 2000 ! Est-ce que ça a un sens, le jubilé, pour les œuvres d’art ?
« L’exemple des grandes rétrospectives nous montre à l’évidence que chaque pays a sa façon de restaurer et que, par conséquent, si on peut restaurer de diverses manières, c’est que la restauration est aussi une question de choix. Y compris celui de ne pas restaurer.
« [suivent de multiples raisons historiques, techniques et esthétiques de ne pas dévernir un tableau ancien]
« […] Si la controverse porte sur un changement d’apparence des œuvres, ce n’est pas que ce changement troublerait nos habitudes mais qu’il est, trop souvent, accompagné de désordres irréversibles, d’une perte de qualité irrémédiable […] Mais toute époque a l’art qu’elle mérite et, si je pousse un cri d’alarme, c’est sans beaucoup d’espoir.
« Comment penser que des œuvres puissent être conservées, si tout ce qui va avec n’existe plus ? Comment penser que des œuvres puissent être correctement restaurées quand l’humanisme et le sens du sacré dont elles témoignaient ont perdu toute signification ? Quand on assiste à la réification des œuvres et de l’homme lui-même pour des motifs strictement économiques ou d’ordre mondial. Quand on substitue à la transcendance qu’implique et produit l’œuvre d’art, la lisibilité triviale de l’image.
« En donnant un tour systématique aux restaurations, serait-ce la société elle-même qui tenterait de se restaurer, de restaurer ses anciennes valeurs ? Et n’aboutirait-elle pas à ce qui ne serait qu’un apparent paradoxe : à ce que, faute de comprendre l’essence des œuvres du passé, elle en viendrait à réduire leur signification devenue insaisissable, voire la détruire, pour les rendre supportables au regard des contemporains. »
(« Un article à venir sur l’éthique – Extraits de l’intervention à l’auditorium du Louvre » paru in « Nuances » n° 31 (2003/1) – pp. 11-13)
Eugène Millet, Jeu de palets (1873)
Car à notre époque (du moins était-ce encore la situation il y a moins de dix ans) on en est arrivé ainsi à ce que des commissions de restauration d’œuvres d’art ne comportent que des conservateurs, gestionnaires anartistes*** pour plus d’un, qui sont tombés là par hasard pour certains. Le pognon, l’éternel pognon, les choix budgétaires et aussi en arrière-fond l’aspect idéologique et/ou politique ; opportuniste et récupérateur. Faussement pédagogique, plus proprement propagandiste, même et plus encore depuis que « pédagogie » est devenu plus ou moins synonyme de « propagande » dans le langage en premier lieu de petits-profs de la « gaucherie ». On va vous dire ce qu’est le beau, le respectable, l’art devenu ! Et quand je dis « beauté » et « respectabilité » ce sont des mots de trop. Le mot « art » lui-même est limite. Le respect, c’est juste le respect que l’on doit à une marchandise de prix (à la côte fort aléatoire, d’ailleurs question de mode, comme à la bourse, parmi le cercle étroit des collectionneurs-placeurs friqués et sans talent) ; et partant, à sa beauté. Le but étant de faire adhérer les foules aux poncifs du mécanique, du technique, de l’audio-visuel ambiants. À l’artistique et jolie réalité des hideurs de la destruction, du clinquant, de l’apparence érigés en trinité doctrinale pour la masse informe des amateurs décrétés artistes du regard potentiels, artistes de la consommation béate du néant.
Ces conservateurs étant tous des fonctionnaires de l’État, on imagine d’ailleurs, leur degré de liberté de manœuvre, d’indépendance d’esprit, d’autonomie, de libre choix, d’originalité en dehors des canons modernistes de l’académisme actuel. D’ailleurs cherchent-ils à faire œuvre distinguable et valeureuse ? La plupart, interchangeables, sont très probablement politiquement marqués comme il convient et traversent les allées fléchées des musées aux bons clous du pompiérisme contemporain. Situation identique à celle du XIXe siècle dont on a vu toute l’indépendance. Et les propres restaurateurs, simples sous-fifres pourtant essentiels, tacherons n’ont pas leur mot à dire ; ni esthétiquement, ni techniquement finalement ; et encore moins les artistes vivants, enfin le carré de ce qu’il en reste.
L’Art est devenu, au tout venant, une marchandise intégrale bien sûr, mais plus encore une archéologie, au même titre que l’essentiel de l’ethnographie, l’opéra, la poésie, la musique classique, la chanson dite à texte. Liste non limitative. Ou du néo. Ainsi, les murs apparents de certains vieux bâtiments, totalement rénovés à l’intérieur, demeurent « d’époque » chez Ripolin. Question de respect, monsieur, de respect de l’écorce de l’arbre, du zeste de l’orange, de la coquille de la noix. J’en connais dont tout l’intérieur est kitch et toc. Curieux respect. Quand on n’abat pas de l’ancien pour le reconstruire plus vrai que nature. J’en connais également.
– Mais Millet dans tout ça ? – On y est à plein. – Richard Millet ? – Eh bien, oui, lui aussi. Car n’est-il pas l’un des pions de l’édition et de la publication contemporaines, et un ancien petit-prof de lettres, autant dire : littérairement, et par définition, un pas grand-chose ce richard aux mille vaches judéo-chrétiennes.
D’ailleurs, je viens de me rendre compte que j’avais confondu la Vénus de Millet avec l’Angélus de Milhaud, le bien connu musicien du Larzac voisin.
Édouard, François Millet de Marcilly :
La Source (1882)
Notes :
* « En faveur de deuxième, on a prétendu qu’il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu’il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l’usage. » (Émile Littré)
** Cesare Brandi (1906-1988) : historien de l’art, critique d’art, écrivain, théoricien de la restauration en art.
*** « anartiste » : il s’agit de l’an-artiste, du « a » grec (an devant voyelle) privatif et de « artiste » ; et non pas d’une contraction d’« anarchiste » et d’« artiste ».
Merci à Jean-François Millet (1814-1875), peintre ; Aimé Millet (1819-1891), sculpteur ; Eugène Millet (1819-1879) architecte ; Édouard, François Millet de Marcilly (1839- ?) sculpteur ; et quelques autres. Ainsi qu’aux auteurs de clichés anonymes.
Ce matin je lis sur le blog de Robert Pioche :
« Cela dit, le pamphlet de Richard Millet ne déshonore pas la littérature: parce que Richard Millet n’est pas la littérature.
Annie Ernaux non plus n’est pas la littérature, et n’a donc aucun titre à dire qui l’honore ou la déshonore.
L’honneur de la littérature, ce serait d’éviter le conformisme et la fausse provocation (Richard Millet) et les moralismes faciles (Annie Ernaux), et (pour tous les deux) d’apprendre à écrire. »
C’est ici en entier :
Voici ce que j’ajoute à chaud et vite écrit.
Moi personnellement, elles m’indisposent autant que Millet m’indispose, ces litanies convenues et autres rengaines roboratives du néant blablatant contemporain, auto-affirmé « progressiste » et « seul éclairé ».
Plus que lassant, déprimant et sans avenir à l’image de notre civilisation vide de sens et au sacré massacré, cette propagande « moderniste » ouvertement favorable au déclin. Agent d’un métissage (de quoi donc ? de rien avec plus grand-chose) qui n’est que l’autre nom d’une destruction feutrée d’un reste de culture (voir l’état de la Grèce berceau du monde gréco-latin assez comparable d’ailleurs, et je ne crois pas au hasard en ce domaine, à celui de l’Irak berceau de la civilisation suméro-babylonienne, et à celui de l’Égypte berceau de la civilisation des pyramides…),
un nivellement par le bas de la civilisation européenne au nom du mondialisme capitaliste apatride qui ne connaît que des esclaves salariés interchangeables, quand les « élites » ou plus exactement les « auto-élus » qui refusent tout métissage, tout en en prônant les vertus aux autres, se calfeutrent dans leurs ghettos dont les plus beaux exemples sont Auteuil-Neuilly-Passy et la colonie juive en Palestine occupée depuis plus de soixante ans par une tribu d’illuminés, haineux, hargneux, racistes et bellicistes.
La question que je pose est : qu’est-ce que tous ces beaux antiracistes qui voient du fascisme partout et de préférence là où il n’y en a pas, ou à la marge (genre Millet) on a dire du sionisme qui est là et en force sous leurs yeux ? De ces abrutis prêts à mettre à feu et à sang tout le Proche-Orient (d’ailleurs, ils ont réussi en partie à organiser un glacis de sous-états autour de leur bunker de tarés ou de cyniques ; seuls demeurent encore, mais chancelant la Syrie et encore debout l’Iran). Je les vois mal finir encore et se lamenter encore une fois. Et la justice divine n’est-elle pas équitable ? N’est-ce pas inscrit dans cette religion tribale ? L’innommable peut-il se tromper ? Surtout : son peuple est-il vraiment à la hauteur de la tâche ? Autant de questions sacrilèges ! Mais ce sont tant d’autres questionnements…
J’ajoute qu’ils voient du fascisme chez Millet sans prononcer le mot sacrilège et tabou : sionisme. Car ce que semble défendre ce Millet c’est bien un militant sioniste qui a tué 77 personnes en très large majorité pro-palestiniennes. Mais de ça, mutisme chez nos « antifascistes, antiracistes e tutti quanti».
Pour le dire plus crûment : qu’est-ce qui est aussi nul qu’un sioniste de droite (ou de gauche aussi, ça existe voir rien de moins que Hollande, PDG de la France, Moscovici, ministre de l’économie et Fabius ministre des affaires étrangères) : un antifasciste de gauche (ou de droite également, ça existe aussi du côté d’Éléments) ?
Quand la littérature est morte quand les « auteurs » n’ont plus rien d’autre à dire que de vanter (et éventer) leur nombril et l’incommensurable beauté (sic) d’une société en pleine décadence qui meurt du capitalisme, du technologisme, de la croissance, du développement dans l’abondance non partagée,
D’une société de consommation ou volontairement l’ersatz, le toc et le médiocre sont mis au pinacle et sont vertus productive et reproductive cardinales tant des objets de consommation courante que de la sous-littérature ou de l’art étronique,
Où la dictature du pognon et de la réclame médiateuse s’accordent sur la nécessaire destruction programmée de l’Art,
Où les sots savants, sots « artitounets », sots « littérateux » (sots et intéressés), se font les propagandistes des vertus de la destruction de la Terre par le technicisme fou, la croissance, la démocratie bourgeoise et autres fadaises,
Qu’est-ce qui différencie un grain de millet d’une graine d’écrit vaine du Landerneau de la sous-culture petite-bourgeoise parigote ?
Ô, il ne faudrait pas les pousser beaucoup pour que ces joyeux drilles nous refassent le coup de la censure nécessaire, des libertés de conscience, d’opinion, d’expression, de publication, de diffusion limitées, toutes contrôlées par les apparatchiks et autres commissaires politiques de la bienséance. Ils possèdent déjà tous les créneaux, tiennent le haut des mâchicoulis et en veulent plus encore. Écraser un grain de millet ne prête à pas grand-chose. Ne prêtre à rien. Nada, niente, nimic.
Pourtant de plus grandes tâches devraient vous attendre, vous combler, vous les « grands écrivaillons contemporains » (ou « comptant pour rien » au rayon de l’éternité) ; des espoirs de véritable dénonciation de l’ignominie moderne bourgeoise devraient vous inciter… Non ! Pas même un peu ?
J’aimerais connaître, je le devine, leur opinion sur la réédition des satires dites « pamphlets de Céline ». Entre parenthèses, on oublie généralement d’y inclure le premier de la série, son retour du « pays du bonheur du genre humain » où il décrit avec brio ce qu’il entend par « communisme Labiche », un régal de justesse misanthropique. D’ailleurs, réédité ou pas, on s’en fout, ses «pamphlets » se trouvent chez le premier bouquiniste venu. Simple remarque : ses écrits sont bien plus, nettement plus qu’une simple critique anti-juive, c’est un hymne à l’humanité qui refuse de s’élever, une dénonciation du crétinisme du petit aryen franchouillard, un acte d’amour contre l’incommensurable bêtise humaine. Une lucide et jubilatoire critique de la société contemporaine. Qui n’y voit que le mot « juif » et s’en tient là, n’y a rien compris, ne veut y rien comprendre, ne pas être dérangé, secoué. Que ceux que le mot « juif » gêne le remplace par « bourgeois », «capitaliste», « exploiteur » et le tour est joué, voilà le plus grand littérateur prolétarien que l’on a jamais connu.
Je n’irai pas critiquer Millet quand il dénonce la décadence. Pas plus que Céline. Elle est patente, elle est dénoncée depuis Rousseau et les romantiques et tous les grands auteurs tels : Balzac, Flaubert, Barbey, Vallès, Bloy… qui étaient des génies gigantesques à côté des microbes contemporains qui font carrière dans le divertissement « littéraire » des masses amorphes… Les situationnistes eux-mêmes, pour ne citer qu’eux, ou bien d’autres encore, en particulier dans les domaines de la critique politique et artistique, ont bien résumé le problème, établis correctement le triste état des lieux.
Si je ne sais approuver Millet quand il voit en un petit salopard de terroriste blanc sioniste anti-palestinien et plus généralement anti-arabe et antimusulman militant, le défenseur des vieilles, des antiques valeurs européennes, je ne saurais non plus approuver tous ces pitoyables et éternels donneurs de leçons qui n’ont que les mots « fascistes » et « racistes » ou « repentance » judéo-chrétienne à la bouche (combien de cathos de gauche dans toute cette engeance ?),
Quand c’est notre monde, notre civilisation qui foutent le camp sous l’égide mondialiste du capitalisme, de l’argent, de la croissance, de la mauvaise technique, du pseudo développement, celle que justement Millet dénonce également, malheureusement minablement : tout en mettant aux nues le sionisme, qui en est l’un des anges les plus fous et des moins métisseurs, chez lui et pour lui, qui soit.
Enfin, pour l’instant, passez muscade et muscadins « les yeux brillants, la queue touffue et le poil d’une couleur distinguée » (Buffon).
Quant à la liste (éclairante) des signataires absents,
Et quant à la littérature dans tout ça…
Ce sont encore d’autres et vastes sujets… d’étonnement… plus qu’attristé.
« L’allégorie habite un palais diaphane »
(Lemierre, Antoine-Marin ou Auguste-Jacques )
Ben oui, évidemment, je me suis gouré de Millet ; le mien, le nôtre ce n’est pas celui de la Vénus ; le bon millet, la bonne ivraie c’est icelle de la Cassandre Callipyge qui est désespérée car on a volé la javeline et l’égide du Palladion. La javeline acérée du sarcasme et l’égide de la dérision. Cette pauvre Cassandre que tout le monde écoute, mais que personne ne croit, tant bien même elle annonce et énonce l’avenir.
Jugez plutôt :
C’était au siècle dernier, pardon : il y a deux siècles. J’oublie toujours qu’on a changé de siècle il y a déjà quelques années. On aperçoit bien, vers le haut de l’ensemble statuaire, ce qui n’est pas un chapeau mais l’égide du Palladion…
Mais non, pas là ! Ça m’aurait étonné ! « Vers le haut »… Ici on voit mieux :
En haut, vers la droite : le bouclier (en peau de chèvre, nous dit-on parfois).
Et bien on change d’un ou deux siècles donc, et de quoi m’aperçois-je ?
Cassandre est toujours là, aussi jolie et jeune qu’autrefois. L’effigie de Pallas Athéna (ou Pallas Athéné en ionien) n’a pas quitté les lieux. Par contre, on dirait qu’il manque quelque chose. Ne sont plus là, ni l’égide ni la javeline de Pallas, qui a perdu aussi main gauche et avant-bras droit. Volés, envolés, partis, dis-donc !
Disparus les emblèmes en métal de l’avatar pacifique d’Athéna en tant qu’elle est vénérée aussi comme déesse de la sagesse, protectrice des sciences et des arts, des artisans, des artistes et des maîtres d’école. Tout un symbole, mais personne pour s’en étonner, pour s’étonner non plus que Cassandre cherche désespérément à comprendre…
C’est dire si Cassandre est au grand désespoir bien qu’elle l’eut pourtant prédit, qu’en ces temps décatis, il n’y a plus rien à comprendre. Plus rien à attendre.
Et elle en veut au bel Apollon qui, du haut du ciel, la nargue avec sa phorminx en or des plus primitives à trois simples cordes, dressée fièrement, gaiement, orgueilleusement entre ses mains au-dessus de sa tête ; et lui, serti de la muse de la Poésie et de la muse de la Musique. Ne me demandez pas leurs noms. Plusieurs peuvent prétendre aux titres enviés. Ou pouvait le prétendre… autrefois… quand l’inculture n’était pas maîtresse d’un monde affligeant d’horreur et de médiocrité.
Presque toutes finalement à y prétendre. Il y a la première née qui s’appelle Kalliópê et dont le nom signifie « à la belle voix », muse du « bien dire », puis de l’éloquence et de la poésie épique, et mère du poète Orphée ; puis Eratô, l’aimable, patronne de l’élégie amoureuse liée au mois d’avril, le mois voué à Vénus (tiens ! revoilà Vénus), muse de l’élégie et de la poésie amoureuse, érotique et anacréontique puis de l’art lyrique et choral ; et Euterpê, « celle qui réjouit » ou « qui charme », muse de la musique à danser, puis de toute la musique et du chant ; et Melpoménê, « la chanteuse » muse du chant puis de la tragédie ou de toute poésie grave et sérieuse, mère des Sirènes ; et Polymnía, « celle aux nombreux hymnes », muse des chants nuptiaux ou de deuil, de la pantomime et finalement de la rhétorique ; et Terpsichora – sœur d’Euterpê – dont le nom signifie « la danseuse de charme », muse de la danse et de la poésie légère puis de la danse en général ; et Thaleia, « l’abondante, la croissante, la florissante », muse de la poésie pastorale puis de la comédie, celle également qui fut aimée d’Apollon dont elle eut les Corybantes, danseurs coiffés d’un casque qui, en jouant du tambourin et en dansant, célèbrent le culte de la Grande Déesse phrygienne, et émasculatrice de ses prêtres, Cybèle, et dont les pendants crétois anciens sont les Curètes (de « kouroï », jeunes hommes), les neufs danseurs adorateurs de Rhéa.
Apollon, le rancunier qui a donné à Cassandre le don de prédiction, puis lui en a ôté toute valeur, car elle eut la prétention, elle petite déité, de se refuser à lui. Ô, crime de lèse-majesté divine, de lèse-divinité, le dieu en cela mesquin, vexé, décréta alors que plus personne ne croirait aux oracles de la belle. Pourtant, pourtant… Vérité quand tu nous tiens !…
Cependant cette dernière, cette modeste Cassandre nous dit à mi-voix :
Voyez, c’est Apollon. C’est Apollon callicarpe. Apollon aux beaux fruits, aux beaux attributs que j’ai refusé de connaître car je n’ai aucun tribut à payer, même au plus grand des dieux quand les hommes mesquins, les prétendus artistes, les prétendus écrivains eux-mêmes, les affirmés, confirmés, estampillés, patentés, officiels, ces petits démons pitoyables et débiles s’escriment à voler les Arts, à adorer le laid, l’ignoble, le destructeur. Au nom d’une Eurôpé tiraillée et qui n’en peut mais.
Et elle ajoute : mais vous n’avez pas encore tout vu, tout entendu ; vous n’aurez pas fini de vous apitoyer de rage, de vous révolter les bras tournoyant dans un vide sidéral, de vous tourmenter pour rien ; car le déclin est en bonne marche… pour des siècles de siècles…
D’ailleurs, le malheur de l’Europe n’est-il pas inscrit consubstantiellement en son nom même ? Si l’on peut la dire « au regard large », « à l’aspect dégagé », « à la vaste étendue », « au monde ouvert » – cet « eurus ôps », cet Ok, l’œil du monde – c’est de son ouverture ambitieuse puis décrépie que viendra sa fermeture et sa mort. Son aveuglement. Sa dilution finale…
Car, je vous le dis, si Assou est le levant phénicien – Anatolé en grec – Ereb en est le couchant. Reste à connaître l’heure du destin, l’heure de la fin. Reste à savoir qui l’écartèlera, si elle se rebellera d’une belle et saine et vaine rébellion, et qui se partagera ses vieux oripeaux de pierres, de pensée, d’œuvres.
Un patrimoine à détruire je le crains, je le crains si fort. Oui, je ne saurais encore dire si on respectera un tant soit peu la Vieille Europe en sa longue agonie, car mes amis, elle a déjà commencé depuis quelques temps de défunter, la belle et triste.
Je ne saurais de plus prédire, s’il s’agit du couchant de quelques peuples moribonds, las, épuisés, anesthésiés d’ennui à consommer, amorphisés de nullité, confortés dans la médiocrité inagissante et éternelle, ou comme je le crains du Monde en son entier…
Mais est-ce bien encore du bon Millet dont il s’agit ?
(à suivre)
Mais si… moi, qui suis un homme de la rue comme un autre –me susurre-je à moi-même – mais pourtant pas péripatéticien pour deux sous, ni adulateur des spectacles de masses, je le connais bien. N’est-il pas l’auteur de la célèbre Vénus de Millet ? dont voici séant quelques reproductions :
Vénus menant tant bien que mal le troupeau humain et son chien fidèle.
Vénus et les deux orphelines à la recherche désespérée de l’Esprit Humain.
Vénus préparant une fournée d’étouffe-chrétien à l’usage des gogos.
Vénus tenace, s’escrimant à vouloir, coûte que coûte,
dénicher et dans une humble meule de foin, l’Esprit Humain…
Qu’elle croit avoir, peut-être, découvert en ce modeste tas de grains …
de millet :
Et finalement, Vénus et l’un de ses nombreux (et platoniques) fiancés
fêtant, en tête-à-tête, le début du printemps.
*
Euh ! attendez… je me demande en fait si je ne confonds pas avec un autre Millet…
(à suivre)
À lire l’article de Rober Pioche :
Quels éloges mériterait donc Anders Behring Breivik, et qu’aurait-il d’européen, malgré ce qu’en dit Monsieur Richard Millet?
Simple question finale : combien non seulement de yankophiles béats, d’adulateurs d’un « art moderne » grotesque et apitoyant, de technologistes sidérés, mais surtout de sionistes colonialistes et racistes affirmés et confirmés dans ces soi-disant contempteurs de la décadence ou métisseurs par le bas mais tous défenseurs (de droite et de gauche) de l’Europe ?
Tiens, il serait bon, par exemple, que cette question soit posée aux rédacteurs mêmes de la revue Éléments ou à Saint Benoist dit Ben Oït le gentil sâr, le gourou de leur fonds de commerce…
Mais aussi à ceux de « l’autre bord » (dit-on) : toute cette presse judéo-chrétienne de «gòche » « bien-pensante » : Le Monde, Télérama, Ouest-France, Golias, Le Nouvel-Obs, etc. qui pue le prêche de synagogue, la repentance de sacristie et le fond de bénitier moisi (même et encore plus d’une manière intransigeante chez certains néo-athées demeurés fidèles inquisiteurs judéo-chrétiens au fond de l’âme).
D’aucuns prétendent que la circoncision des juifs et d’une partie au moins des musulmans (pratique qui relève de vieilles coutumes afrasiatiques de l’aire chamito-sémitique et de l’ère antique) ne serait finalement que l’équivalent du baptême des chrétiens.
Et d’une : on pourrait parler de baptême pré-chrétien :
celui, par exemple, de Yeshoua de Galilée le nazoréen (et non pas le nazaréen) par Yohanan ha-Matebil ;
ou encore de tant et plus de baptêmes totalement païens, ou d’autres formes de monothéismes, qui se pratiquaient ou se pratiquent encore ;
le baptême par l’eau n’a rien de chrétien en soi. (Ajoutons les « saintes huiles » pour une partie du christianisme).
C’est un acte purificateur universel. Voir sa prégnance tout au long de la vie des adeptes de l’hindouisme, religion païenne polythéiste et multiforme s’il en est, qui avec près d’un milliard de fidèles, en fait la troisième religion la plus répandue dans le monde après le christianisme et l’islam.
Et de deux : j’ajouterai que la purification par l’eau et par onction d’huiles diverses est un acte éminemment non-violent et symbolique. L’eau et l’huile du baptême catholique relèvent des symboles au même titre que le pain et le vin de la communion.
C’est même peut-être là l’un des éléments essentiels de différenciation entre une religion a visée (toute théorique ou du moins originelle) de non-violence, d’amour et d’universalité (« catholique » au sens originel du terme), syncrétisme où des éléments de vieilles religions païennes afrasiennes comme certains rites égyptiens de sacrifice symbolique ou de culte de la déesse-mère allaitant (Isis par exemple) ou encore du Soleil (Mithras, qu’est-ce que Noël sinon un rite solaire de renaissance ?), se sont mêlés à des éléments philosophico-religieux et autres gréco-latins
et de deux religions a visée ethnique et raciste maintenue pour la première (juive), ethnique pendant très longtemps pour la seconde (d’origine arabe) avant de virer prosélyte.
Certes la religion chrétienne n’a pas mis longtemps à se dévoyer et à s’hystériser dans les plus complètes violences, intolérances, persécutions, dans l’obscurantisme et le totalitarisme monothéistes (heureusement, on en est sorti pour une large part).
Dans la religion chrétienne (je le répète dans les dogmes originaux, non dans ses déviances révisionnistes propres à l’Inquisition ou aux macérations d’illuminés mystico-masochistes) c’est Yeshoua qui souffre. Par amour. Mais cela dit, pas plus, il me semble, que les centaines de milliers de crucifiés de l’antiquité qui ont autant droit que lui au respect devant la barbarie de ce triste, incompréhensible, aberrant animal humain, fou de sadisme persécuteur, d’intolérance et de bêtise. D’absence de mesure et d’élévation de l’âme.
Dans la religion juive, islamique (du moins en partie), chrétienne (plus marginalement) et dans tant et plus de religions païennes, c’est le corps que l’on marque du sceau du passage. De tant et plus de marques et de rites différents. Tous ne sont pas violents (dans quelques tribus il n’y a pas si longtemps encore le rite de passage à l’état adulte consistait en des orgies sexuelles et de drogue), mais la plupart le sont quand même demeurés.
La circoncision juive est le type même de la circoncision tribale en l’honneur d’un dieu de l’endogamie étroite, et qui plus est d’un totem tribal spécifique décrété le seul et unique vrai dieu du monde (très rarement prosélyte, non miséricordieux et Père Fouettard, qui plus est). D’ailleurs, le Talmud est ouvertement raciste : l’élitisme de néo-ghetto ou de bunker ; l’écrasement des autres, tous sous-hommes, par tous les moyens, même les plus ignobles ; la distinction sacrée pour les élus ; le métissage, le mondialisme et l’indifférenciation pour la masse des serviteurs des juifs. Je n’invente rien, je redis le Talmud ou les idées de juifs (sionistes en particulier) contemporains.
La circoncision en de très larges milieux musulmans vient de l’origine même de l’islam, origine ethnique arabe et semble-t-il même (du moins on le dit) judéo-arabe patinée de nazoréisme (ou « nazaréisme », de l’hébreu « nazir/nazur » : « celui qui s’est voué ») et christianisme oriental primitif. Les musulmans, du moins une large partie d’entre eux, pratiquent la circoncision parce que les tribus polythéistes des cent ou des mille dieux arabes qui étaient réunis autrefois en bonne entente dans al-Kaaba, qui n’était pas encore voilée de noir, à la Mecque, pratiquaient cette coutume, ce rite de passage tribal païen.
Puis d’autres peuples convertis à l’islam, également marqués par la circoncision tribale (en Afrique noire en particulier) ont intégré tout naturellement cette donnée païenne. J’ignore si cette pratique existe chez les musulmans de l’ex Yougoslavie, du Kossovo, de l’Albanie. Mais je sais par contre (c’est un autre sujet) que les naissances de filles du côté du Kossovo y sont réduites artificiellement (comme en d’autres contrées comme, par exemple, l’Arménie ou la Chine). Bonne nouvelle finalement pour tous les malthusiens de la Terre.
Juive ou musulmane ou chrétienne (cela existe, en Afrique en d’anciennes contrées pratiquant la circoncision tribale), cet acte est d’essence foncièrement barbare, archaïque et totalitaire. On ne peut donc que saluer tous ceux qui dénoncent cette pratique. Idem, bien évidemment de toutes les pratiques cruelles et insensées à l’encontre des jeunes filles.
Comment pouvez-vous avoir une sexualité normale, saine, naturelle ou appréhender normalement la sexualité quand vous avez été traumatisé à vie en ce domaine ? Je dirais même : comment pouvez-vous appréhender sereinement, lucidement ou humainement la vie ?
J’ai largement repris dans un précédent article des passages d’un article de Daniel Annequin. Je vois qu’il est évoqué sur le site de l’A.M.E. qui œuvre depuis tant et plus d’années contre les mutilations d’enfants.
C’est ici, à suivre :
Douleur de la circoncision: que faire ?
Dr Daniel Annequin, responsable de l’unité fonctionnelle d’analgésie pédiatrique, hôpital d’enfants Trousseau
et Dr Michel Cymès de France 5
17e congrès Pediadol
la douleur de l’enfant
3 décembre 2010
Je voudrais terminer ici en disant que, même sans souffrance, la circoncision d’enfants est un acte qui n’a pas sa place dans une société prétendument moderne qui doit tout respect aux enfants et au libre choix (en son heure) d’une pratique religieuse ou non quelle qu’elle soit. Dans la tolérance la plus totale et non dans quelque visée totalitaire. Tout médecin devrait refuser de s’associer à cette pratique et la seule réponse devrait être celle des tribunaux (malheureusement et sans trop d’illusion), tel récemment en Allemagne. Comme je l’ai écrit l’autre jour : même sous anesthésie couper les mains d’un voleur reste un acte barbare, ignoble, d’un autre temps largement révolu. Indigne d’un chirurgien. Idem de la circoncision d’enfants innocents de toute confession.



























