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À propos d’une manif qui n’aurait pas eu lieu !

Samedi dernier Les Patriotes ont organisé une manifestation à Paris, rassemblement place de la Bourse devant l’AFP.

Elle a réuni d’après les images des milliers de personnes.

Ses principaux mots-d’ordre étaient : « Macron destitution », « Macron, ta guerre, on n’en veut pas », « Frexit », « Non à l’Otan », etc.

LCI prétend que tout cela ne serait que du vent.

Voir ce qu’il en est ici :
https://twitter.com/verity_france/status/1566897660954640387

Il faut savoir que LCI raconte un tas de çonneries tous les jours, en particulier sur ce qui se passe en Ukraine. Du moins, moi ce que j’en connais ce sont des extraits d’émissions visibles sur YouTube, d’un ridicule, d’une bêtise, d’un niveau abyssal de déliquescence, d’une mauvaise foi, d’une propagande minable et grossière, d’une inversion accusatoire inimaginable. Et d’un aplomb mirobolant ! De la part de « journalistes » et de « va-t-en guerre » ridicules et criminels. Ou pour le moins complices.

Quand par ailleurs des crétins comme Enthoven père et fils et bien sûr BHL et d’autres soutiennent les vertus démocratiques de zèle-en-ski et des bandéristes fanatiques, tout en assimilant le gouvernement russe au nazisme. Ces mêmes Enthoven, BHL, etc. qui, en tant que Juifs, auraient été assassinés, sans hésitation ni rémission, par les bandéristes, pendant la Seconde guerre mondiale.

Société folle. La tête en bas. Ou plus exactement gouvernement (et une bonne partie même des dites oppositions) et media fous. Qui n’a pas encore compris qu’il en a été de même pendant le délire covidiste ?

Brigitte Macron n’aurait déposé aucune plainte pour diffamation dans l’affaire Jean-Michel

Du Courrier des Stratèges

  • 3 septembre 2022


[…] comme nous l’indiquions hier dans nos colonnes, la télévision russe fait des gorges chaudes à propos du dossier secret “President of France” que le FBI s’est vanté d’avoir saisi au domicile de Trump. Selon le reportage diffusé à Moscou, qui s’appuie largement sur le dossier de Faits & Arguments consacré à Brigitte Macron, le FBI détiendrait des preuves concernant l’identité réelle de Brigitte Macron. 

Nous avons pris soin de rappeler que cette ténébreuse et détestable rumeur n’est, à ce stade, pas vérifiée, mais nous nous sommes étonnés, depuis plusieurs semaines, que le couple Macron ne la fasse pas taire par des procès en diffamation.  […]

[…] Xavier Poussard, directeur de la rédaction de Faits & Documents […] indique que Natacha Rey [auteur de l’écrit qui a fait scandale] ferait l’objet d’une procédure pour atteinte à la vie privée, et que Faits et Documents ne fait à ce stade l’objet d’aucune procédure pénale. 

[…] Autrement dit, nous considérons comme acquis que, près d’un an après les premières interrogations [de certains media] sur son identité, Brigitte Macron n’a accusé personne de la diffamer. Tout juste a-t-elle accusé Natacha Rey de s’être immiscée dans sa vie privée, mais, en aucun cas, elle n’a saisi un tribunal pour rétablir une vérité qui serait tronquée ou contestée par la presse, et en particulier par Faits & Documents. 

Les questions soulevées par l’inaction du couple Macron

S’il se confirmait que Brigitte Macron ne considère pas comme diffamatoires les affirmations selon lesquelles son identité féminine ne serait pas “native”, selon lesquelles elle aurait commencé sa relation intime avec Emmanuel Macron lorsque celui-ci avait 14 ans, et quelques autres informations de ce genre, nous serions confrontés à quelques questions POLITIQUEMENT MAJEURES. 

Au premier chef, on pourrait s’étonner du silence religieux observé par le cartel des médias subventionnés sur un questionnement fondamental relatif à l’identité de la première dame [sic], et à la légalité de ses pratiques. En effet, alors que les féministes obtiennent de pleines pages sur de prétendus viols commis il y a quarante ou cinquante ans par Roman Polanski ou autres, le tabou sur le couple qui dirige la France rappelle une fois de plus les dangers des subventions (et de la connivence entre les milliardaires propriétaires des journaux et le pouvoir en place) pour une information équitable et loyale. 

Au deuxième chef, on s’étonnera aussi de la façon dont l’opposition est contrôlée en France. Sur le sujet précis de Brigitte, les réseaux sociaux regorgent de trolls qui diffusent les éléments de langage du pouvoir, à commencer par des trolls plus ou moins journalistes qui prennent contact avec nous, dans le cadre de ce qui ressemble à une mission commandée, pour nous conseiller “d’être prudent”. Qui finance ces missions d’influence ? Pourquoi certains médias qui se présentent comme les champions de l’opposition dissidente aujourd’hui observent-ils un silence aussi étrange sur un dossier qui passionne pourtant beaucoup de Français ?

Au troisième chef, et c’est le plus important, je répète que, dès lors que cette affaire devient une arme diplomatique utilisée par les USA et la Russie dans le jeu des puissances, elle relève de la sécurité nationale et le premier personnage de l’Etat met le pays en danger en ne tordant pas définitivement le cou à la rumeur. 

Cette inaction du couple Macron se transforme progressivement en problème diplomatique essentiel. 

L’urgence d’entamer des procédures claires

On voit bien que Macron marche avec un caillou désagréable dans sa chaussure aujourd’hui. Le silence des medias subventionnés (et des medias de prétendue opposition) ne pourra en permanence régner sur une affaire qui pèse lourd. 

Il devient urgent qu’Emmanuel Macron et Brigitte dénoncent la diffamation dont ils sont l’objet et, comme ils savent si bien le faire, organisent une interview de Jean-Michel Trogneux dans l’un des medias à leur botte, comme Paris-Match. 

Cette clarification est indispensable pour rassurer les Français sur l’indépendance de notre diplomatie. 

(article non signé).

*

MACRON : L’INCROYABLE DÉGRINGOLADE

Ukraine – Quand France 2 essaye de faire une réédition d’Aliocha et se retrouve avec celle des jeunesses hitlériennes *

De Donbass Insider
04/09/2022

Après un reportage où le journaliste a confondu une cheminée métallique avec un missile russe, France 2 se vautre de nouveau, avec une vidéo qui cherche à montrer des enfants ukrainiens patriotes, mais qui montre en réalité une réédition sauce Kiev des jeunesses hitlériennes.

En mars 2022, un petit garçon russe patriote de huit ans se fait remarquer dans la région de Belgorod : Aliocha (Alexeï). Chaque jour le garçon attend les convois militaires russes et les salue pour les soutenir.
https://youtu.be/YW27dAvBaa0
Cette histoire a fait le tour de la Russie, et Aliocha est devenu une star, qui a même désormais un chocolat qui porte son nom.

Chocolat Aliocha

Est-ce pour concurrencer cette histoire et montrer qu’en Ukraine aussi les enfants soutiennent les soldats que France 2 a décidé de filmer ce reportage à Kharkov ? Quoi qu’il en soit, le résultat non seulement ne fut pas à la hauteur de l’original, mais il fut même désastreux.
https://twitter.com/MaryseBurgot/status/1565579882389700608?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1565579882389700608%7Ctwgr%5Ee1f8e24788f142ea929197281f6ca492078645cc%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.donbass-insider.com%2Ffr%2F2022%2F09%2F04%2Fukraine-quand-france-2-essaye-de-faire-une-reedition-daliocha-et-se-retrouve-avec-celle-des-jeunesses-hitleriennes%2F

Il faut croire que chez France 2 le montage des vidéos est confié à un stagiaire. En effet à 5 secondes dans la vidéo publiée par Maryse Burgot, on voit clairement en arrière plan deux fillettes faire un salut nazi au passage d’un convoi ukrainien.

Salut nazi – Jeunesses hitlériennes – Ukraine – France 2

France 2 a beau se défendre en prétendant que ce n’est pas vrai, que les fillettes ne font que saluer le convoi, et que d’ailleurs ils ont les rushs pour le prouver, le fait est que les deux filles ne bougent pas du tout le bras comme on le fait quand on salue, et que les rushs n’ont pas été publiés par France 2. Quand on a des preuves il ne suffit pas d’affirmer qu’on les a, il faut les montrer.
https://twitter.com/infofrance2/status/1565777970236690434?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1565777970236690434%7Ctwgr%5Ee1f8e24788f142ea929197281f6ca492078645cc%7Ctwcon%5Es1_&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.donbass-insider.com%2Ffr%2F2022%2F09%2F04%2Fukraine-quand-france-2-essaye-de-faire-une-reedition-daliocha-et-se-retrouve-avec-celle-des-jeunesses-hitleriennes%2F
Quand on regarde la vidéo d’Aliocha on le voit secouer le bras pour saluer les soldats russes, or sur la vidéo de France 2 on ne voit aucun mouvement, c’est bien un salut nazi que font les fillettes. De plus, sur la vidéo on voit que le petit Maxime que France 2 essaye de faire passer pour l’équivalent ukrainien d’Aliocha porte des chevrons, dont un, le rouge et noir avec l’inscription « Kharkiv », est le même que celui porté par un membre du bataillon Kraken (il n’y a que les couleurs qui changent) interviewé par la chaîne ukrainienne 24 Kanal.

Chevron Kraken rouge et noir

Membre de Kraken

Chevron Kraken

Or ce bataillon a été fondé par des anciens du régiment néo-nazi… Azov ! Oups.

À 1 min 13, on voit que Maxime porte en bas un chevron rouge et noir avec un personnage ressemblant à un cosaque. Or, ces couleurs sont typiques du bataillon néo-nazi Secteur Droit et certaines de ses unités portent sur leur blason un personnage cosaque.

Chevron Secteur Droit

Et si on rajoute à ça qu’à 1 min 28 on voit clairement le drapeau rouge et noir de ce même bataillon néo-nazi Secteur Droit (drapeau emprunté à l’OUN, organisation ukrainienne qui a collaboré avec les nazis pendant la seconde guerre mondiale) sur le « point de passage » où sont installés les enfants, il est clair que ces enfants ont été endoctrinés par des groupuscules néo-nazis (voire ont des parents qui le sont).

Drapeau Secteur Droit – Jeunesses hitlériennes – Ukraine – France 2

Je rappelle qu’en Ukraine, des groupes néo-nazis comme Azov peuvent organiser des camps d’été et autres activités d’endoctrinement pour les enfants, le tout soutenu financièrement par le ministère ukrainien de la Jeunesse et des sports !

En clair, France 2 en tentant de faire une réédition à l’ukrainienne du jeune patriote russe Aliocha nous en a offert une des jeunesses hitlériennes sauce Kiev, avec salut nazi, chevron d’une unité qualifiée à minima d’ultra-nationaliste, et drapeau d’une unité néo-nazie. Et il ne suffira pas de dire que ce n’est pas vrai pour masquer la réalité…

Et pour ce qui est des enfances brisées par la guerre j’attends les journalistes de France 2 ici dans le Donbass, pour interroger les enfants qui vivent la guerre et les bombardements de l’armée ukrainienne depuis huit ans (et pas six mois), voire qui pour certains n’ont connu que ça. Ils pourront aussi se rendre dans l’allée des anges à Donetsk et à Lougansk, lire les noms des enfants tués par l’armée ukrainienne depuis 2014.

Christelle Néant

*

*Je pense que Christelle Néant a tort de parler de « jeunesses hitlériennes », ce qui est réducteur et peut prêter à confusion. Comme le terme ‘fascisme » tellement galvaudé à toutes les sauces. Un terme plus neutre, ou plus juste est celui de « jeunesses bandéristes » ou mieux « jeunesses néo-bandéristes ». Bandera ayant été le principal idéologue et activiste de l’ultra-nationaliste ukrainien des années trente aux années cinquante. Commençant par travailler pour le compte de la Gestapo et finissant pour le compte de la CIA et du SIS (Secret Intelligence Service) et plus précisément du MI6 (pour Military Intelligence, section 6).

À ce propos on ne peut s’empêcher de constater que les étatsuniens et royaumuniens ne font que maintenir en 2022 leur attitude pro-bandéristes anciennes. Autrefois, on pouvait dire que c’était pas « anti-communisme ». Aujourd’hui, on constate trop bien que c’est par acharnement à vouloir détruire la Russie.

D’autres expressions nous viennent à l’esprit pour qualifier ces ultra-nationalistes ukrainiens fanatiques et totalement nihilistes.

Il y a les expressions du gouvernement russes telles que « ukro-nazis », qui lui aussi est inexact, ou « neo-nazi banderatchi », employé par Poutine, qui est déjà plus juste, mais incomplet. Certes Bandera a collaboré avec le nazisme, mais s’en est écarté au moment de l’invasion allemande dans l’Est.

Et surtout, le bandérisme est un ultra-nationalisme dément qui s’en est pris à tout le monde, essentiellement en Galicie orientale qui est son pays de naissance et « d’expression » originel, à défaut d’être original.

Tout ce qui n’était pas ukrainien pur jus : Polonais, Hongrois, Slovaques, Ruthènes, Roumains, Tziganes, Juifs, Allemands, Russes et soviétiques en général, et « mauvais Ukrainiens », i.e. des gens modérés favorables à une bonne entente avec les minorités locales. On ne compte pas les tueries dont ils se rendirent coupables. Il faut ajouter que cette région était et est encore marquée par le catholicisme (des polonais en particulier, avant que la plupart n’en fussent chassés après guerre), dont le catholicisme uniate (de rite byzantin) tandis que le reste de l’Ukraine est orthodoxe. Il fut aussi autrefois une terre de judaïté.

*

La Galicie est une province de l’empire d’Autriche, formée en 1772 à partir des territoires polonais annexés lors du premier partage de la Pologne, et restée autrichienne jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale.

Reprise par l’Allemagne pendant la Seconde guerre mondiale, la Galicie est conquise par l’Armée rouge en 1944. Puis partagée en deux. La Galicie occidentale, autour de Cracovie, devenue polonaise, et la Galicie orientale, autour de Lvov, devenue ukrainienne.

Notons que le Galicie doit son nom à la ville de Galitch (Halytch en ukrainien), située sur le Dniestr, petite cité de 6.000 habitants de nos jours, un peu au Nord d’Ivano-Frankivsk, qui fut l’ancienne capitale du royaume de Galicie-Volhynie du XIIe au XIVe siècle puis de la principauté de Galicie.

Ce nom serait d’origine celtique, autrefois des Celtes peuplèrent cette région dont les plus connus sont les Boïens qui donnèrent leur nom à la Bohême.

Le château médiéval de Halytch, résidence des princes de Galicie au sein de la Rus’ de Kiev.

*

Moi, je m’en tiens à bandérisme et bandéristes. Car le nazisme était tout simplement une autre réalité nationaliste. Expansive, tandis que le nationalisme bandériste était défensif, si l’on peut dire. Ou offensif, mais sur une zone d’action très réduite.

Mais on pourrait employer d’autres mots comme « néo-ounistes ». Du sigle désignant l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens. Ou « néo-upaïstes ». Du sigle désignant l’Armée insurrectionnelle ukrainienne. Dont les trois principaux dirigeants furent Stepan Bandera, Dmytro Klyachkivskiy et sans doute le pire de la bande : Roman Choukhevytch qui fut tué en 1950 par les soviétiques. Celui-là, vraiment rien ne l’arrêtait dans la barbarie.

Je pourrais remonter plus haut et évoquer « l’ancêtre » Symon Petlioura, qui aux premières années de la révolution russe commanda l’Armée populaire ukrainienne, s’allia à l’Armée ukrainienne de Galicie (UHA), combattit l’Armée blanche, l’Armée rouge et la Makhnovchëtchina. Ces troupes n’auraient pas été étrangères en 1919 à des pogroms. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a été assassiné à Paris en 1926, par Sholem Schwarzbard, un anarchiste d’origine juive.

Ou encore rappeler la voie suivie par celui qui fut un temps le second de Bandera, Iaroslav Stretsko. Celui-là s’est spécialisé jusqu’à la fin de sa vie en 1986, à fréquenter tout ce qui se faisait de plus marqué dans le genre Franco, par exemple, ou rencontrant des autorités étatsuniennes, fondateur et dirigeant de l’ABN, le Bloc des Nations Anti-bolchéviques.

PROPOS DIVERS

Des pays asexués ?

Ce matin, je ne sais pourquoi, en me levant, mais venue à l’esprit, l’idée que finalement le sport, s’il pouvait intéresser les jeunes encore dans l’illusion et la fougue de la jeunesse, ne valait pas tripette en cette époque de dégringolade éthique, en particulier dans les milieux du sport professionnel — de tous les sports professionnels — et une bonne partie des milieux amateurs, gangrenés par le dopage et les victoires monnayées. Autrement dit par le fric.

Et je me mis à repenser aux deux grosses claques, deux grosses humiliations subies par l’équipe de fRance de baballe-au-pied, lors de matches de qualification pour une coupe du monde qui devait se jouer chez les étatsuniens.

D’abord le match ou étrangement Israël, une équipe de seconde division ou plutôt de troisième zone, l’avait emporté par trois buts à deux.

Puis le match dont la fin grotesque, ou plutôt croquignolesque s’est soldée par la défaite à la dernière minute de la fRance face à la Bulgarie, qui par le fait même s’est retrouvée qualifiée pour cette même coupe du monde, alors qu’elle n’y croyait plus du tout, et que la fRance était du coup non qualifiée.

Je me disais « Israël, Israël… » et d’un seul coup je me suis rendu compte (ce à quoi je n’avais encore jamais fait attention jusqu’à maintenant), que l’on ne disait pas « l’Israël » (si ce n’est par dénigrement) pour « la Israël » ou « le Israël », à la différence, par exemple de « la Palestine », qui possède elle aussi ou possédait (je ne sais plus) une équipe nationale de balle-au-pied. Mais ce qui lui manque c’est un vrai championnat, de vrais terrains, et des maillots et des chaussures, si l’on peut dire. Et même suffisamment de ballons ronds. Et de ne pas se faire bombarder ou tirer dessus pendant les matches.

« Tiens, oui, au fait, me suis-je dis ensuite : et « Israël » n’est pas le seul cas. C’est la même chose avec Chypre ou Malte, Andorre ou Gibraltar, ou encore Saint-Marin ». J’ai arrêté là ma liste de ces pays ou entités territoriales dépourvus de sexe. À l’inverse même du Liechtenstein, du Luxembourg ou… du Vatican.

Mais vous ne me ferez pas dire qu’Israël, Chypre, Malte, Andorre, Gibraltar ou Saint-Marin seraient à la pointe de la théorie (dégénérée) du genre. Bien que pour « Israël » j’ai des doutes sur sa santé mentale, par la manière dont on l’a vu(e ?) complice active de la plandémie (sic) mondialiste, au-delà même des tares de notre propre pays. État en bien triste état. Pour en rester dans une certaine (cir)concision…

*

Ce matin qui était vraiment le jour des découvertes, je me suis dit que si l’on parlait de « console de jeu, » c’était sans doute un euphémisme en forme d’apocope pour « consolation ».

*

Trouvé sur Internet de la part d’un inconnu :

Zélensky se rêve Clown blanc et il n’est que l’Auguste.

*

Il existe ces temps-ci une sorte de mode consistant à répéter la locution latine (dont je ne connais pas l’origine) : « Quos vult perdere Jupiter dementat », qui dans sa formulation exacte et complète semble être : « Quos vult Iuppiter perdere, dementat prius ».

Soit : «  Ceux qu’il veut perdre, Jupiter les rend d’abord déments ». Mais dans le cas de notre jupiter à nous (qui n’est pas même « piter », du moins officiellement), c’est lui qui est dément. Et même s’il se rebaptise Vulcain, pas même Volcanus Quietus — Vulcain à épithète — n’y changera rien, puisqu’on l’a vu suscitant, finalement, les feux de forêts cet été, au lieu de les calmer. Par son inaction ou ses effets de « comm », l’entretien d’un parc de canadairs insuffisant, son refus de réintégrer des pompiers suspendus, le recours à des personnels étrangers dont on ne sait rien, etc.

LA SEMAINE AUX DEUX DÉFAITES (KHERSON ET ZAPOROJIÉ) DE VLADIMIR ZELENSKI

du Courrier des Stratèges du 3 septembre 2022

L’essentiel des parties I et II de l’article d’Édouard Husson

Guerre d’Ukraine -Jours 184-190 -La semaine aux deux défaites (Kherson et Zaporojie) de Vladimir Zelenski

I La Bataille d’Ukraine 

29 août 2022

Selon Southfront.org: 

Le 29 août, les forces armées ukrainiennes ont lancé une contre-offensive de grande envergure dans la région de Kherson. L’offensive a été précédée d’un  pilonnage d’artillerie des positions militaires des forces russes, ainsi que des villes sous contrôle russe.

Dans la matinée du 29, les unités ukrainiennes, avec un grand nombre d’hommes, un soutien important en matériel et quelques avions, ont tenté de percer la défense russe sur presque toute la ligne de front. Au cours de la première journée d’opérations, elles ont réussi dans trois zones.

Sur la côte de la mer Noire, les forces ukrainiennes n’ont pas réussi à développer une offensive et à déloger les Russes du village d’Alexandrovka.

Une autre offensive a été menée le long de la route Nikolaïev- Kherson. Les Ukrainiens ont fait une percée jusqu’à 10 kilomètres, mais les forces armées russes ont contre-attaqué avec succès et les ont repoussés. De violents affrontements se sont poursuivis à Pravdino et Soldatskoïe.

La contre-attaque ukrainienne à Blagodatnoïe a également échoué. Le village est récemment passé sous le contrôle des Russes, qui y tiennent toujours leurs positions.

Les principaux gains des militaires ukrainiens ont été signalés dans les régions d’Andreïevka et de Davidov Brod. Les forces ukrainiennes ont toujours leurs bastions dans le village d’Andreïevka situé sur la rive gauche de la rivière Ingoulets. Elles ont établi un ponton dans la zone et ont réussi à avancer vers l’est dans la steppe. Les Ukrainiens ont pénétré dans le village de Sougoï Stavok et neutralisé la défense de Davidov Brod. Les deux localités se trouvent dans la zone grise. Aucune des parties belligérantes n’en a le contrôle.

Au nord de la ligne de front de Kherson, l’armée ukrainienne a tenté de percer les défenses russes à Visokopolïa et Olgino, mais a subi de lourdes pertes et n’a pas réussi à avancer. Des affrontements violents se sont poursuivis, le groupement russe déployé dans la zone ayant été un temps coupé des routes d’approvisionnement par les tirs de l’artillerie ukrainienne.

Selon les militaires russes, la tentative d’attaque dans trois directions a échoué et l’armée ukrainienne a subi de lourdes pertes. Le 29 août, les forces russes auraient détruit 48 chars, 46 véhicules de combat d’infanterie, 37 autres véhicules de combat blindés et 8 pick-up équipés de mitrailleuses lourdes. Plus de 1 200 militaires ukrainiens auraient été tués ou blessés au cours de cette journée (560 tués).

Cependant, les forces armées ukrainiennes poursuivent leur offensive et puisent dans leurs réserves tout le long de la ligne de front sud, principalement dans la région de Davidov Brod et de Visokopolie. 

En fin de journée, on pouvait dire de  la contre-attaque sur Kherson selon Interslava Z

1. Dans la région de Blagodatny, l’armée ukrainienne a attaqué, subi des pertes, s’est replié sur les points de départ.
2. Dans la région de Snigirevka, les Kiéviens ont attaqué, subi des pertes, se sont retirés aux points de départ. 
3. Dans la région d’Andreïevka, la situation n’est pas tout à fait claire, il y a des rapports selon lesquels l’armée kiévienne aurait avancé de plusieurs kilomètres jusqu’au village de Soukoï Stavok et l’aurait même pris. Jusqu’à présent, sans preuve photo / vidéo, les combats se poursuivent là-bas.
4. Dans la région de Davidov Brod, le front reste stable.
5. Dans la région de Visokopolïe, Olgovka et Potemkino, les attaques des Forces armées de l’Ukraine ont échoué.

Autres informations de la journée: 

+ La mission de l’AIEA dirigée par Raffaele Grossi a quitté Vienne pour la centrale nucléaire de Zaporojie.

+ Il est rapporté que de nombreux médecins ont été appelés d’urgence à Nikolaev –

L’hôpital de Nikolaev est plein du fait de l’afflux de blessés ukrainiens. 

+ Il y a des messages des résidents locaux de la région de Kharkov. Les forces armées ukrainiennes ont accumulé des équipements et des effectifs dans la direction de Balakliïa depuis le sixième jour. Peut-être préparent-elles une contre-offensive dans la région. Peut-être dans la direction d’Izioum. Et peut-être qu’hier, le commandement ukrainien a sacrifié plusieurs centaines de ses guerriers dans la direction de Kherson afin de faire diversion dans d’autres directions.

En tout cas, l’impression générale est celle d’une opération préparée avec les conseillers de l’OTAN sans pour autant que l’armée kiévienne ait l’appui aérien ou en artillerie nécessaire pour opérer sa contre-attaque. On posera la question d’une décision prise à l’occasion de la visite de Boris Johnson à Kiev le 24 août 2022.  

30 août 2022: 

Alors que les forces ukrainiennes poursuivent leurs tentatives de développer une offensive dans le sud du pays, les forces alliées de la Russie et des Républiques déclarent de nouvelles victoires sur le front du Donbass.

Les militaires de la République de Donetsk et des forces armées russes ont pris le contrôle de quatre autres localités de la République. Il s’agit des villages de Klitchevoïe, Volodino, Orlinskoïe et Zavitne Bajaannïa.  Plus de 200 kilomètres carrés du territoire de la République populaire de Donetsk ont été repris aux Kiéviens en un mois.

Le 30 août, les troupes alliées ont repoussé une contre-offensive ukrainienne près du village de Kodema en République de Donetsk, qui est presque entièrement passé sous le contrôle de l’armée russe. Selon les données officielles de la RPD, 20 unités d’équipement militaire ukrainien ont été détruites à la suite de l’opération ratée.

Les forces ukrainiennes ont également tenté de contre-attaquer le long de la ligne Novomayorskoye – Egorovka dans la région d’Ougledar, mais l’artillerie russe les a forcées à battre en retraite.

Pendant ce temps, sur les lignes de front du sud, l’avancée des forces armées ukrainiennes s’est arrêtée.

Pour le deuxième jour, de violents combats se poursuivent dans la direction de Krivoï Rog. Les unités ukrainiennes tentent à nouveau de prendre d’assaut les positions russes à Olgino et Visokopolïe. L’infanterie russe est bloquée par le feu ennemi, mais les unités ukrainiennes ne peuvent pas continuer à avancer en raison du travail actif de l’artillerie et de l’aviation russes.

Dans la région d’Andreïevka, les forces ukrainiennes rassemblent un grand nombre de personnes et d’équipements près de Lozoïe et Soukhoi Stavok. Là aussi pour reprendre la petite percée du 29 août. 

À l’ouest de Snigirevka, les unités ukrainiennes ont une fois de plus échoué à contre-attaquer à Blagodatnoïe.

Il est indiqué que les militaires ukrainiens ont réussi à prendre le contrôle du petit village de Ternovïe Pody au nord-ouest de Kherson. Ils ont avancé jusqu’à Lioubomirovka, mais ne l’ont pas encore prise.

À l’ouest de Kherson, les forces russes ont repoussé l’ennemi jusqu’à la ligne Blagodatnoïe – Pravdino.

Sur la côte de la mer Noire, les forces ukrainiennes ont une nouvelle fois tenté d’attaquer Alexandrovka par le nord depuis leurs positions à Tavriïskoe, ainsi que par l’ouest le long du barrage traversant le lac Solonets, mais sans succès.

Les forces armées russes ont détruit la plupart des chars transférés en Ukraine par la Pologne à travers la rivière Ingoulets, rapporte le ministère russe de la Défense.

Sur les 12 chars livrés, plusieurs ont explosé dans leur champ de mines lors d’une retraite désordonné. Seuls cinq d’entre eux ont pu s’échapper.

Les troupes ukrainiennes auraient perdu plus de 1 700 militaires en deux jours d’attaques infructueuses dans la région de Nikolaev-Krivoï Rog et dans d’autres directions, rapporte le ministère russe de la Défense.

Quatre avions de combat ont également été détruits : deux Su-25, un Su-24 et un MiG-29. Trois hélicoptères ukrainiens Mi-8 ont été abattus en vol. 63 chars ukrainiens, 59 véhicules de combat d’infanterie, 48 autres véhicules de combat blindés, 14 camionnettes équipées de mitrailleuses lourdes ont été liquidés.

31 août 2022

+ À l’est de Bakhmout (Artiomovsk), les unités PMC de Wagner détruisent des fortifications ukrainiennes, des centres de tir, du personnel et des équipements par des attaques d’artillerie et de mortier.

 + L offensive contre les positions des forces russes en provenance de Krivoï Rog se poursuit. L’armée ukrainienne a réussi à repousser les unités russes d’Arkhangelskoïe, que les forces russes tentent de reprendre.

Des combats intenses se poursuivent dans la région d’Arkhangelsk, de Davidov Brod et de Kostromka. Dans la soirée du 31 août, l’armée ukrainienne n’a pas abandonné les opérations actives dans ces zones.  

Pour l’instant, Kiev a beaucoup de morts et de blessés, peu de conquêtes territoriales. Les endroits où les combattants kiéviens ont obtenu un succès temporaire pendant la journée, sont de nouveau passés sous le contrôle russe.

Pendant deux jours d’attaques infructueuses sur Nikokaïev-Krivoy Rog et d’autres directions, les troupes ukrainiennes ont perdu quatre avions de combat : deux Su-25, un Su-24 et un MiG-29. Trois hélicoptères Mi-8 ukrainiens ont été abattus en vol. Les troupes russes ont détruit 63 chars ukrainiens, 59 véhicules de combat d’infanterie, 48 autres véhicules de combat blindés, 14 pick-ups équipés de mitrailleuses lourdes et plus de 1 700 militaires ukrainiens ont été tués ou blessés.

Les lourdes pertes de l’armée ukrainiennes sont confirmées par diverses sources militaires. Les militaires russes ont suivi la tactique des ” chaudrons de feu ” dans différentes zones de la ligne de front.C’est-à-dire que, plutôt d’affronter le feu ennemi, les Russes ont effectués des retraites tactiques, pour attirer les troupes ukrainiennes en profondeur et ensuite les encercler. 

+ Pour perturber la visite de l’AIEA à Zaporojie, visite dont au fond Kiev ne voulait pas, l’armée ukrainienne a mené au moins 20 attaques d’artillerie sur des zones proches de la centrale nucléaire.

+ Intel Slava Z  fait état d’une vidéo montrant des combattants ukrainiens qui préparaient des attaques à Energodar et à la centrale nucléaire de Zaporojie. 

+ Selon le canal Telegram Legitimny:

Notre source confirme des affrontements dans les villages limitrophes d’Energodar et sur les rives du réservoir d’Energodar..

Les Kiéviens essaient de débarquer des troupes au nombre d’environ 100-200 personnes près d’Energodar, mais sans le soutien de l’aviation et l’artillerie.

La source indique que cette stratégie a été préparée par des experts de l’OTAN.

Les Russes, bien sûr, ont déjà éliminé la quasi-totalité de cette force de débarquement ukrainienne. Il n’y avait aucune chance de survie”.

1er septembre 2022

La 128e brigade d’assaut de montagne des forces armées ukrainiennes, spécialement transférée d’Ukraine occidentale pour participer à l’offensive, a été presque entièrement détruite.

+ Les habitants de Nikolaïev et d’Odessa font la queue pour donner leur sang suite à l’afflux de blessés ukrainiens après les offensives manquées dans la région de Kherson. 

+ Selon le canal Telegram Intel Slava Z:  Dans le contexte de la “contre-attaque” dans la direction de Kherson, qui se déroule principalement sur Telegram, la censure a été renforcée pour les journalistes ukrainiens. Tous les correspondants de guerre ont été rappelés du front, en outre, ils ont reçu des “recommandations”, qui ont le caractère d’exigences. Ce sont les directives :

▪️ Il est interdit aux journalistes d’évaluer les actions des forces armées de l’Ukraine.

▪️ Seule la direction militaire rend compte du déroulement des hostilités, c’est-à-dire que vous ne pouvez pas vous fier aux informations du personnel militaire ordinaire ou des commandants sur le terrain.

▪️ Il est interdit d’interpréter la situation militaire d’une manière différente de l’interprétation officielle.

▪️ Il est interdit de faire ses propres prédictions

▪️ Seuls les responsables des forces armées ukrainiennes rendent compte de toutes les actions militaires, de leurs conséquences et de leurs résultats.

Dans le résumé matinal de l’état-major général des forces armées ukrainiennes, le silence s’est poursuivi sur les “succès” de l’offensive des forces armées ukrainiennes sur Kherson. 

De plus, il s’avère maintenant que les troupes russes avancent déjà en direction de Nikopol, qu’elles prennent d’assaut Potemkino (près de Visokopolie, au moment où l’offensive a été lancée, la bourgade était sous le contrôle dee l’armée ukrainienne).

+ Les hôpitaux et les morgues de Nikolaev débordent après la désastreuse “attaque” de Kherson. C’est ce qu’a confirmé le chef de l’administration de Snigirevka Youri Barbachov en se référant à des sources à Nikolaev. Selon lui, 2000 blessés ont été transportées dans la ville.

+ Les forces armées ukrainiennes tentent à nouveau de percer dans la direction de Krivoy Rog.

[…] les Russes ont laissé, à Andreïevka, les troupes ukrainiennes s’enfoncer dans leur propre “percée” , afin de pouvoir ensuite les prendre à revers et les boucler dans un chaudron. 

2 septembre 2022

Erwin Castel signale que, pendant que tout le monde a les yeux tournés vers la “contre-offensive ukrainienne de Kherson”,  les troupes alliées ont lancé elles-mêmes une offensive sur le point fortifié d’Avdeïevka, afin de faire sauter le verrou qui empêche de déloger les canons ukrainiens bombardant Donetsk et la région. 

Voici la carte dressée par Castel, suivie de son commentaire: 

Alors que sur le front de Kherson, depuis le 29 août; les forces russes et ukrainiennes sont opposées dans de violents combats, sur le front de Donetsk des assauts non moins acharnés sont lancés par les alliés russes et républicains contre les défenses extérieures du bastion ukrainien d’Avdveeka contre lequel les bombardements de l’artillerie et de l’aviation ont redoublé d’intensité depuis 2 jours.

Autour de pressions offensives menées sur l’ensemble de la ligne de contact allant du Nord-Est au Sud-Ouest d’Avdeevka, les forces alliées ont porté leurs principaux assauts sur Kamianka (au N-E)  (…) et sur Pervomaïske, (au S-W), un point d’appui ukrainien à l’horizon du village de Peski, récemment libéré à l’Ouest de l’aéroport de Donetsk.

Dans leur manœuvre d’encerclement du bastion ukrainien d’Avdeïevka, d’où sont tirés la plupart des bombardements meurtriers frappant les populations civiles de Donetsk à Yasinovataya, les forces alliées ont engagé des percées au Nord et au Sud de cette ville industrielle fortifiée. Au Sud, Peski est la première étape de l’offensive venant de Donetsk et qui doit non seulement casser les lignes de défense extérieures ukrainiennes mais aussi couper les dernières lignes de ravitaillements allant de Krasnoarmeïsk vers Avdeïevka.

Après la perte de Peski, les forces ukrainiennes ont déplacé vers le Nord leurs avants-postes et renforcé une ligne de défense organisée de Pervomaïskie à Opitnoïe le long d’une rivière élargie par un chapelet d’étangs et derrière laquelle elles ont repositionné leur artillerie.

Au sortir de Peski, en direction de Pervomaïskie et de Vodianie, la défense ukrainienne s’appuie principalement sur la route E50, des étangs et des ponts bétonnés, aujourd’hui détruits, qui les enjambent. Aujourd’hui des combats acharnés se déroulent sur ses ouvrages urbains et naturels qui sont des verrous sur le chemin vers Pervomaïskie. 

(…) Lorsque la deuxième ligne de front (de Pervomaïske à Opitnoe) sera détruite, ses approvisionnements coupés, l’artillerie ukrainienne qui hier encore, 1er septembre, a tué 4 civils et blessé 8 autres, s’éloignera plus loin des familles de Donetsk et les jours de son antre d’Avdeïevka seront comptés. Selon les informations reçues depuis ce matin, le pont cassé (…) a été définitivement capturé par les soldats du 11ème régiment et les “ukrops” se sont repliés un peu plus loin sur la route vers les premières maisons de Pervomaïskie.

Un autre compte francophone  tout à fait remarquable à suivre, celui de Jacques Frère sur twitter,, confirme qu’une partie des troupes ukrainiennes battent en retraite d’Avdeïevka; et il donne une information similaire pour Artiomovsk, présageant de percées à venir des troupes russes. 

Le meilleur commentaire conclusif sur la contre-offensive manquée de Kherson, je l’ai trouvé sur un autre compte twitter:  

La contre-offensive de Kherson tourne à la débâcle militaire et politique, comme c’était prévisible. L’Ukraine s’est frayé un chemin dans la ligne russe sans pouvoir exploiter ou consolider sa brèche.
La désormais célèbre carte de Rybar montre un corridor qui est devenu une zone de mort. Les Ukrainiens sont loin d’avoir atteint un quelconque objectif opérationnel significatif.
Les pertes ukrainiennes sont déjà énormes. Les Ukrainiens d’Odessa et de Nikolayev signalent que les installations médicales sont submergées de blessés. Les tués se comptent par milliers, et la plupart des équipements lourds restants ont été perdus, y compris la plupart des T-72 polonais.
Curieusement, le ministère ukrainien de la Défense n’a pas mentionné l’attaque dans ses briefings. On savait que l’état-major de l’UA était opposé à l’opération depuis le début – il est probable qu’il la passe sous silence pour se dissocier du désastre.
Il a été révélé que l’opération a été menée par le bureau de Zelensky sous la pression des responsables américains et britanniques. Il a même été rapporté que des conseillers américains ont participé à l’offensive avec les Ukrainiens.
Je me sens validé dans les prédictions que j’ai faites dans ce fil, à savoir que la pression politique des bailleurs de fonds occidentaux forcerait l’Ukraine à passer outre la prudence militaire et à tenter une offensive. (…)

II Le feuilleton de la visite de l’AIEA à Zaporojie

Southfront.org a suivi jour après jour le feuilleton mouvementé de la visite de l’AIEA à la centrale nucéaire d’Ernegodar. Nous proposons des extraits de leur compilation. 

28 août 

“Dans la soirée du 28 août, les forces armées ukrainiennes ont bombardé des civils dans la ville d’Energodar située dans la partie de la région de Zaporojie qui est sous le contrôle de l’armée russe. Sept civils ont été blessés et hospitalisés après ce bombardement d’artillerie.

Selon les rapports locaux, les forces armées ukrainiennes ont bombardé la ville avec des obusiers M777 de 155 mm de fabrication américaine. Au moins quatre tirs d’artillerie ont été enregistrés. Sept civils ont été hospitalisés, dont deux dans un état grave.

Plus tôt dans la journée, les autorités locales ont signalé qu’un drone ukrainien avait été intercepté au-dessus du territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie, puis que les troupes ukrainiennes avaient ouvert le feu sur les quartiers résidentiels d’Energodar.

L’administration de la région a qualifié ces tirs de provocation visant à perturber la visite du chef de l’AIEA à la centrale nucléaire de Zaporojie, située dans la ville. Auparavant, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Raffaele Grossi, a déclaré que la mission de l’agence arriverait à la centrale nucléaire de Zaporojie dans les prochains jours. Selon lui, il est nécessaire de déterminer les paramètres de la mission de l’agence à la centrale nucléaire de Zaporozhye et peut-être d’établir sa présence permanente sur place.

29 août: Les experts de l’AIEA sont enfin en route pour la centrale nucléaire de Zaporozhye en Ukraine.

Le chef de l’agence internationale, Rafaele Grossi, qui dirige la mission de soutien et d’assistance, a confirmé que les représentants de l’AIEA arriveront à la centrale “plus tard cette semaine”.

Selon le rapport du New York Times, la mission de 13 experts dirigée par le directeur de l’organisation devrait arriver à la centrale cette semaine. Selon la publication, elle comprend des spécialistes “provenant principalement de pays neutres”  (si l’on peut dire – notre commentaire CdS): Pologne, Lituanie, Chine, Serbie, Albanie, France, Italie, Jordanie, Mexique et Macédoine du Nord. La délégation ne comprend pas de représentants des États-Unis et de la Grande-Bretagne.

Selon le Wall Street Journal, les employés de l’AIEA peuvent apporter des pièces de rechange, des équipements de surveillance des radiations et d’autres équipements à la centrale. Ils resteraient à la centrale du 31 août au 3 septembre.

De son côté, le Kremlin a affirmé que la Russie assurera la sécurité de la mission de l’AIEA sur le territoire qui est sous le contrôle de l’armée russe.

Selon le porte-parole du président russe, les experts de l’AIEA arriveront à la centrale en passant par le territoire contrôlé par l’Ukraine, où Kiev sera responsable de leur sécurité.

“Dans le territoire contrôlé par la Russie, la sécurité sera assurée au niveau nécessaire, compte tenu des risques qui y règnent en permanence et qui sont associés aux bombardements incessants de la partie ukrainienne. L’entrée dans ce territoire s’effectue à partir de la zone contrôlée par les forces armées ukrainiennes, où les Ukrainiens assurent la sécurité. Nous considérons que cette mission est nécessaire et nous pensons que tous les pays sont obligés de faire pression sur l’Ukraine pour qu’elle cesse d’exposer le continent européen au danger en bombardant les centrales nucléaires”, a déclaré Dmitri Peskov.

Le responsable russe a précisé que Moscou était intéressé par la mission de l’AIEA. Interrogé par les journalistes sur l’identité des personnes impliquées dans les négociations sur l’admission des spécialistes de l’organisation dans la centrale, M. Peskov a répondu qu’il ne pouvait pas le dire, mais a ajouté qu’il s’agissait notamment de responsables militaires.

Le chef de l’AIEA avait précédemment déclaré la possibilité de déployer de manière permanente plusieurs spécialistes à la centrale nucléaire, ce à quoi le porte-parole russe a répondu que les méthodes de travail possibles des spécialistes de l’AIEA seront discutées sur place, “tout dépend des détails”.

Lorsqu’on lui a demandé si la Russie était d’accord avec la création d’une zone démilitarisée autour de la centrale, il a noté : “Cette question ne se pose pas”.

Kiev et le G7 exigent que les militaires russes quittent la centrale nucléaire, car , affirment-ils,leurs actions “menacent la population de l’Ukraine, les pays voisins et l’ensemble de la communauté mondiale.” La partie russe affirme qu’elle n’utilise pas la centrale à des fins militaires et ne place pas d’armes lourdes sur son territoire. Le ministère russe des affaires étrangères a critiqué l’idée de créer une zone démilitarisée dans le secteur de la centrale nucléaire, expliquant que cela rendrait la centrale “encore plus vulnérable.” Le Kremlin a appelé les pays “qui ont une influence absolue sur les dirigeants ukrainiens” à forcer Kiev à mettre fin aux bombardements.Alors que les spécialistes internationaux sont en route vers la centrale nucléaire de Zaporozhie, l’installation est bombardée par les forces armées ukrainiennes .

Le 29 août, le ministère russe de la Défense a indiqué qu’un drone ukrainien avait été intercepté au-dessus de l’installation de stockage des déchets nucléaires de la centrale.

“Le personnel surveille la situation à la centrale, le niveau de radiation correspond à la norme”, indique le ministère.

Les autorités des territoires sous contrôle russe de la région de Zaporojie ont également confirmé le bombardement en cours des zones résidentielles de la ville d’Energodar où se trouve la centrale nucléaire de Zaporozhie. Dans la nuit, les forces ukrainiennes ont bombardé les zones résidentielles de la ville, blessant près d’une douzaine de civils.

Selon l’administration régionale locale, quatre tirs d’artillerie d’obusiers M777 de fabrication américaine ont été enregistrés dans la ville. L’attaque a été menée depuis les positions ukrainiennes à Nikopol. Ensuite, au moins cinq personnes ont été blessées, une femme et un homme sont dans un état grave.

Les autorités pro-russes locales ont accusé le régime de Kiev de tenter de perturber la mission de l’AIEA à la centrale nucléaire. Si Kiev a “quelque chose à cacher” à la centrale, des provocations, voire des attaques contre la mission internationale, ne sont pas à exclure.

Il a déjà été rapporté que le cinquième président de l’Ukraine, Petro Porochenko, a contribué au processus de préparation de la création d’armes nucléaires en Ukraine en 2014. Selon lui, Kiev a commencé à créer les moyens technologiques nécessaires dès 1994, après la signature du Traité sur la non-prolifération des armes.

Sergei Naryshkin, directeur du service de renseignement extérieur russe, a également déclaré que des développements sur la création d’armes nucléaires étaient en cours en Ukraine. Selon le ministère russe de la Défense, l’Ukraine a conservé le potentiel technique nécessaire et les capacités ukrainiennes sont supérieures à celles de l’Iran ou de la Corée du Nord.

 

1er septembre:  Tentative de débarquement de commandos ukrainiens qui voulaient s’emparer de la centrale avant l’arrivée des inspecteurs de l’ONU. 

Selon le Ministère russe de la Défense: 

À 6 h 20 du matin, sur la côte du réservoir Kakhovsky, à trois kilomètres au nord-est de la centrale nucléaire de Zaporojie, deux groupes de saboteurs des forces armées ukrainiennes comptant jusqu’à 60 personnes au total ont été débarqués sur sept bateaux à moteur à grande vitesse. Les groupes de sabotage ont été découverts et bloqués dans la zone d’atterrissage par des unités de la Garde russe gardant le territoire de la centrale nucléaire de Zaporozhye.

Pour empêcher une tentative d’infiltration de la centrale nucléaire et détruire les saboteurs ukrainiens, une unité des forces armées russes est arrivée en renfort des militaires de la Rosgvardiya, et des hélicoptères de l’aviation de l’armée sont également intervenus. (…)

Vers sept heures du matin, des unités des forces armées russes ont arrêté une autre tentative de débarquement de troupes pour s’emparer de la centrale nucléaire. À quelques kilomètres de la centrale nucléaire de Zaporojie, près de la localité de Vodiane, une tentative de débarquement tactique des forces armées ukrainiennes sur deux barges automotrices parties de Nikopol a eu lieu. En raison des dommages causés par le feu par les forces armées russes, deux barges automotrices avec un débarquement tactique des Forces armées de l’Ukraine ont été coulées.

À partir de 8 heures, le régime de Kiev a bloqué le passage de la mission d’experts de l’AIEA du territoire contrôlé à la centrale nucléaire de Zaporojie. L’artillerie ukrainienne bombarde le territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie, le lieu de rencontre de la mission de l’AIEA avec les spécialistes russes dans la zone de la colonie de Vasilevka, ainsi que l’itinéraire de leur déplacement vers Energodar. Quatre obus ont explosé à une distance de 400 mètres de la première unité de production de la centrale nucléaire de Zaporojie.

N.B..Le Kremlin était au courant des plans de la Direction principale du renseignement des forces armées ukrainiennes de profiter de l’arrivée de la mission de l’AIEA et de procéder à un débarquement amphibie pour tenter de s’emparer de la centrale nucléaire de Zaporizhya et de faire des déclarations pendant des jours selon lesquelles il s’agissait des forces spéciales russes. Dans des conditions idéales pour le travail du commando, ils ont calculé qu’il s’agissait de prendre en otage la mission elle-même et de garder la centrale nucléaire sous mines, en exigeant le retrait complet des troupes russes sur le territoire de la Crimée.

Boris Johnson a apporté le plan d’opération et certains des instructeurs avec lui en guise d’accord de démobilisation de son poste de premier ministre, mais en cas de succès du commando, il aurait refusé de transférer le pouvoir, évoquant une urgence internationale menaçant d’une catastrophe à l’échelle planétaire. A l’heure actuelle, 47 combattants ukrainiens ont été mis hors de combats, trois ont été faits prisonniers ( !), deux sont dans un état grave entre la vie et la mort. Un groupe de 12 personnes est bloqué sur trois côtés et coupé de l’eau et des bateaux (…). Le chef de la mission de l’AIEA a déjà été informé de la situation, ainsi que le secrétaire général de l’ONU Guterres. L’opération a été coordonnée par des officiers du MI6 depuis leur quartier général dans la banlieue de Kiev.
Les 64 membres du commando ont récemment terminé leur formation au Royaume-Uni et se sont rendus de Varsovie à Odessa le 29 août.

À 14 heures, heure locale, les deux groupes de saboteurs avaient été neutralisés. Au moins 47 saboteurs ukrainiens tués.

(…)

1er septembre 2022

À partir de 8 heures, heure locale, le régime de Kiev a intensifié le bombardement du territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie. Les forces armées ukrainiennes ont également lancé des tirs d’artillerie sur le lieu de rencontre prévu entre la mission de l’AIEA et les spécialistes russes près du village de Vasylivka, ainsi que sur leur route vers la ville d’Energodar.

Quatre obus ont explosé à une distance de 400 mètres de la première unité de production de la centrale nucléaire de Zaporizhzhya.

Malgré toutes les tentatives de Kiev pour contrecarrer la visite, les responsables de la mission de l’AIEA se sont montrés déterminés à visiter la centrale nucléaire. Un groupe important de journalistes accompagne les experts de l’AIEA. La sécurité de la centrale nucléaire est assurée par la police militaire russe.

2 septembre 2022

Le chef de l’AIEA a quitté le territoire de la centrale nucléaire de Zaporojie. Plusieurs observateurs de l’AIEA sont restés sur place. Le chef de l’AIEA, M. Grossi, a déclaré que la mission avait réussi à recueillir beaucoup d’informations importantes en quelques heures à la centrale nucléaire de Zaporojie, qu’il avait vu “les choses essentielles” qu’il voulait voir.

La visite de la centrale nucléaire par les experts de l’AIEA devait avoir lieu le 31 août, mais elle a été reportée en raison d’une rencontre “imprévue” de R. Grossi avec V. Zelensky. La raison de ce changement de calendrier était la nécessité pour les militaires ukrainiens de terminer la préparation de l’opération de capture de la centrale nucléaire de Zaporojie [tentée le 1er septembre au matin].

Il est évident qu’en cas de succès de l’opération du régime de Kiev visant à s’emparer de la centrale, le chef de l’AIEA R.Grossi et les experts de la mission deviendraient un “bouclier humain” des saboteurs ukrainiens afin d’empêcher toute action visant à détruire le groupement ukrainien par des unités des forces armées russes.

Le rôle de la mission de l’AIEA dans un tel scénario se limiterait à ancrer le nouveau statu quo, – “la centrale nucléaire de Zaporojie passée sous le contrôle total de Kiev”. Ce scénario serait immédiatement suivi de déclarations fracassantes de Washington et des capitales européennes demandant instamment à la Russie de créer une “zone démilitarisée” autour de la centrale nucléaire, où les observateurs de l’AIEA resteraient, mais sous la protection de l’armée ukrainienne.

Cette provocation a été contrecarrée par les actions des unités des forces armées russes et de Rosgvardiya. La mission de l’AIEA, dirigée par R. Grossi, est arrivée à la centrale nucléaire et a effectué son travail en étant pleinement assurée de sa sécurité par la partie russe. Le ministère russe de la Défense a revendiqué le respect de la position de R. Grossi et de son équipe, qui sont venus à la centrale, malgré les provocations de Kiev et les bombardements de l’AFU.

(…) L’absence de réaction publique de la part du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, concernant les actions de Kiev dans la zone de la centrale nucléaire de Zaporozhye suscite une perplexité raisonnable.

Un tel silence ne met pas en doute l’objectivité des approches de l’ONU dans la situation de la centrale nucléaire de Zaporozhye, mais conduit également à une nouvelle escalade de la situation dans cette région en toute impunité pour le régime de Kiev.

3 septembre – bilan: 

Suite à la visite des experts de l’AIEA à la centrale nucléaire, l’ONU a noté que la Russie avait fait tout le nécessaire pour assurer la sécurité de la mission.

“Nous sommes heureux que la Fédération de Russie ait fait tout ce qui était nécessaire pour assurer la sécurité de nos inspecteurs”, a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafaele Grossi, qui dirigeait la mission, n’a passé que quelques heures dans la station. Il a examiné les systèmes d’urgence, les générateurs diesel, les boucliers de bloc des unités de puissance et d’autres éléments. “

” J’ai pu inspecter l’ensemble de l’installation. J’étais dans les blocs, j’ai pu visiter les systèmes d’urgence, les générateurs diesel, différentes pièces… Bien sûr, j’ai eu l’occasion de parler aux employés…”, a-t-il souligné.

Selon le chef de l’organisation, le bombardement a porté atteinte à l’intégrité physique de la centrale.

“Il est évident que la centrale nucléaire, son enveloppe physique a été détruite à plusieurs endroits. Accidentellement, intentionnellement – nous ne pouvons pas l’estimer. Mais c’est la réalité”, a déclaré M. Grossi aux journalistes.

La délégation de l’AIEA est arrivée à la centrale dans l’après-midi du 1er septembre. Les experts resteront à la centrale jusqu’au 4 ou 5 septembre pour évaluer la situation. À l’avenir, le chef de l’AIEA espère y assurer la présence permanente d’employés de l’organisation. “Nous envisageons de former quelque chose comme un bureau de représentation permanent de l’AIEA à la centrale, afin que les experts nous donnent une évaluation constante et objective de ce qui se passe”, a déclaré M. Grossi.

Selon M. Grossi, les spécialistes de l’AIEA seront confrontés à des tâches purement techniques : ils ne pourront pas tirer de “conclusions de nature politique”, mais devront évaluer l’état de la situation dans le domaine de la sécurité nucléaire et procéder à un inventaire des matières nucléaires situées dans la station.

Au cours de sa visite, M. Grossi s’est vu remettre une lettre des citoyens de la région de Zaporozhie. Cette lettre, signée par plus de 20 000 personnes, demande à la communauté internationale de mettre fin au bombardement de la centrale nucléaire par les forces armées ukrainiennes. L’un des habitants d’Energodar a également remis à M. Grossi un fragment d’obus qui est tombé sur sa datcha. En réponse, le directeur général de l’AIEA a promis que leur demande serait entendue. En outre, Grossi a remercié la Russie d’avoir organisé la sécurité de la mission.

Selon l’administration locale de la région, les bombardements de la zone proche de la station ont presque cessé après l’arrivée de la mission internationale.

Les dirigeants ukrainiens sont restés extrêmement mécontents des résultats de la visite de la mission de l’AIEA à la centrale nucléaire. Ainsi, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, est mécontent que M. Grossi n’ait pas associé les journalistes ukrainiens et internationaux aux travaux de la délégation de l’AIEA.

“Et la principale chose qui devrait avoir lieu est la démilitarisation du territoire de la centrale. C’est l’objectif des efforts ukrainiens et internationaux. Et il est dommage que nous n’ayons pas encore entendu les appels de réponse de l’AIEA”, a-t-il ajouté.

Mikhail Podolyak, conseiller du chef du bureau du président ukrainien, a évalué le travail de l’AIEA de manière encore plus négative.

“Les institutions internationales et les missions de médiation semblent extrêmement inefficaces, extrêmement lâches et extrêmement peu professionnelles. Elles n’ont jamais été prêtes à travailler dans des conditions extrêmes. On ne leur fait pas confiance dès l’entrée”, a-t-il déclaré.

M. Podolyak a également été scandalisé par le fait que la mission de l’AIEA ait écouté les représentants de Rosatom.

En revanche, les autorités de la région de Zaporojie ont évalué la visite de Grossi de manière neutre ou positive.

“Tout s’est déroulé dans un environnement de travail normal. Nous avons pu non seulement assurer la sécurité de la délégation, mais aussi lui permettre de visiter toutes les installations. Les représentants de l’AIEA ont notamment visité le toit du corps spécial n° 1, où l’AFU avait précédemment frappé avec un calibre de 155 mm. Ils ont tout vu de leurs propres yeux”, a déclaré aux journalistes Vladimir Rogov, membre du conseil principal de l’administration de la région de Zaporozhye.

“De plus, les membres de la mission ont réussi à communiquer avec le personnel de la station. Il convient de noter que les employés sont toujours formellement subordonnés à l’Energoatom ukrainien. Et hier, pour la première fois, ils ont ouvertement dit à une organisation internationale qui constitue réellement une menace pour la station. Ils ont également expliqué en détail à l’AIEA comment Rosatom travaille sur le territoire de la centrale”, a-t-il noté.

À son tour, M. Grossi n’a pas encore fourni de commentaires utiles sur la situation de la centrale. Le fait que la présence de spécialistes internationaux à la centrale puisse mettre fin à son bombardement par le régime de Kiev est déjà un pas important.

*

(jpf) Dans sa dernière vidéo, en date du 1er septembre (https://www.youtube.com/watch?v=uZHFNo-DDro&t=5s) Xavier Moreau fait un rappel de ce qui vient de se passer :

Il y a eu une série de petites offensives sur tout le long de la ligne de front du Sud sur une distance de 180 km. Elles se sont développées lundi et mercredi dernier.

On est dans une zone de steppe pontique totalement à découvert, aux localités peu nombreuses ou petites. L’artillerie russe a fait l’essentiel du travail de défense et d’annihilation des offensives.

Les Russes pratiquent l’encerclement qui consiste à laisser entrer des soldats dans une zone puis à faire un mouvement par l’arrière qui les coupent et les isolent du reste des troupes. Ce qu’on appelle un chaudron ou plus précisément un « sac à feu » ( une « feeling zone » en anglais, une zone à sensation) ; sac à feu, car alors l’infanterie et les blindés qui l’accompagnent sont à la merci du feu de l’artillerie et même de l’aviation ; l’armée ukrainienne étant très limitée en aide du ciel (peu d’avions, d’hélicoptères, de drones) depuis la première heure de l’opération spéciale. D’autant qu’au niveau des offensives ukrainiennes qui ont franchi le Dniepr, pour mieux empêcher le repli des troupes, il a suffit aux Russes de détruire les pontons qui ont été dressés sur le fleuve pour atteindre sa rive Sud.

L’armée alliée peut donc « s’en donner à cœur joie », si l’on peut dire, dans cette boucherie prévisible et ordonnée par l’ordure Zelenski et les autres ordures otaniennes, étatsuniennes et royaumuniennes en particulier.

L’échec de toutes ses initiatives, pour ne pas parler de déroute quasi générale, comme le redit encore une fois Xavier Moreau tient au fait que l’armée ukrainienne a été formée à se terrer (dans le Donbass en particulier) « s’emblockhaussiser » ; et leur but, en ce début d’année 2022, était de pilonner les forces donbassiennes et les civils jusqu’à la rupture. L’arrivée de l’armée russe en février a ruiné leurs prétentions. Fort heureusement.

Xavier Moreau rappelle aussi que ce qui vient d’arriver à l’armée ukrainienne dans le Sud (on pourrait évoquer aussi ses pertes de territoire plus au Nord dans le Donbass) est dramatique pour l’Ukraine car les pertes en hommes et en matériels sont sanglantes. Le corps médical des hôpitaux d’Odessa et Nikolaïev entre autres, l’a constaté au simple niveau des blessés. Ou les morgues.

Surtout, les troupes qui ont lancé ces offensives n’étaient pas de simples troupes de réservistes et autres de la Défense territoriale, mais des troupes d’élite formées très probablement en Angleterre. Avec le bémol que leur matériel était composite, plus ou moins adapté ou plus ou moins récent.

Ajoutons encore que le renseignement russe est au mieux et que les ukrainiens étaient attendus.

Autre point encore à préciser : face aux meilleures troupes ukrainiennes, ne se trouvaient sans doute pas les meilleures troupes, ou les troupes les plus aguerris, des troupes russes plus composites, car ici se trouvent des bataillons de volontaires recrutés et formés en Russie.

On pourrait dire encore que la tentative de reprendre le contrôle de la centrale nucléaire d’Energodar en rive Sud du Dnipro (dite centrale de Zaporojié) a été un échec où 47 sur 50 commandos ukrainiens ont été tués à peine arrivés sur place, et probablement 200 ou 300 autres sur deux barges, qui ont fini dans le Dniepr.

Et qu’ici aussi, face à des troupes d’élite, la Garde nationale, qui est celle qui garde toutes les centrales nucléaires de Russie, et qui ne possède que de l’armement léger, a su faire front le temps que l’armée russe proprement dite ne règle radicalement le problème.

C’était le jour de l’arrivée de la délégation de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) chargée, non pas de faire de la politique ou la guerre, mais d’assurer un contrôle technique, de sécurité dans la centrale.

HUMOUR TAQUIN RUSSE ?

Tout est possible dès lors qu’on paye. Les autorités russes viennent de lancer une vaste campagne de publicité pour la Russie dans certaines grandes villes étatsuniennes.
On y trouve ceci :

Vous voulez payer moins cher ? Déplacez-vous en Russie.

Ou cela :

Le meilleur endroit pour prendre une douche chaude. Déplacez-vous en Russie.

LES GALAS DE CLÔTURE DU GRAND GUIGNOL OCCIDENTAL

Ces derniers temps, après, entre autres, le parlement franchouillard, le festival de Cannes, Davos et le MEDEF (mais son échec du côté de l’Afrique), la starlette du mondialisme, le mannequin de Vogue la galère, le Verdâtre (c’est à peu près le sens de son patronyme en ukrainien ; d’où son recours permanent à son unique tricot militaire également verdâtre) a été vu en visio-conférence à la Mostra de Venise.

Tout le gotha otanien se l’arrache ! À ne pas rater car, m’est avis qu’il devrait très mal finir. Et peut-être assez rapidement. Et sombrer dans les abysses sans fond (pléonasme) de la grande poubelle de l’Histoire.

NOTE À PROPOS DU COULOIR (OU CORRIDOR) DE SAWAŁKI

Samedi deux juillet, l’AFP a repris une information de l’agence de presse d’État Belta de Biélorussie qui faisait parler le président Alexandre Loukachenko * en ces termes :

« On nous provoque. Je dois vous dire qu’il y a environ trois jours, peut-être plus, on a essayé depuis l’Ukraine de frapper des cibles militaires en Biélorussie. Dieu soit loué, nos systèmes antiaériens Pantsir ont intercepté tous les missiles tirés par les forces ukrainiennes […] Je vous le répète, comme je l’ai dit il y a plus d’un an, nous n’avons pas l’intention de combattre en Ukraine ».

La fin de de ce propos montre donc que la situation ukrainienne était déjà discutée « il y a plus d’un an » du côté de la Biélorussie, ou pour traduire le nom de ce pays en français : de la Russie Blanche.

Parmi tout ce que les media mondialistes peuvent véhiculer de mensonges, d’inexactitudes ou des délires concernant la Russie, les seuls éléments qui apparaissent comme vrais sont :

1 – le fait que la Russie est entrée en Ukraine à partir de son territoire du côté de Soumy, de Kharkov et du Donbass, mais encore de la Biélorussie. Par contre, on ne sait si ce pays sert de « de base arrière aux forces russes » comme on a pu l’entendre ou le lire ;

2 – le fait récent, finalement feu de paille, de pauvre délire lituanien (Lituanie : 2,7 millions d’habitants) qui sur ordre de l’Otan et de l’UE voulait interdire le transit commercial ferroviaire entre la Biélorussie et l’enclave russe de Kaliningrad de certains produits comme le charbon, les matériaux de construction et les métaux.

Or, assurer un blocus de produits « normaux » (je veux dire de produits « ordinaires » qui circulent normalement, partout ailleurs dans le monde, d’un pays à l’autre) est rien de moins qu’un acte de guerre.

Remarque en passant à propos des lignes ferroviaires lituaniennes. Le transport ferroviaire en Lituanie a pour base un réseau à écartement russe (1.520 mm) qui date de l’époque de l’URSS, et qui le réunit à celui de la Russie, de la Biélorussie et de la Lettonie.

Mais avec la Pologne, il est relié avec des voies dites « normales », i.e. dont l’écartement des rails est de 1.435 millimètres. Et il possède aussi des voies étroites (en 750 mm).

Actuellement, la Lituanie tend à électrifier son réseau ferroviaire et à développer la norme « européenne » (de l’Ouest européen) dite « normale » ou encore appelée «écartement de Stephenson ». Cet écartement est l’un des plus utilisés dans le monde, sur 60 % environ des lignes existantes. Il remonte à ladite Convention de Berne du 10 mai 1886 quand l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la France, l’Italie et la Suisse ont fixé cette norme commune.

Et donc ce qui transit par la Lituanie et Vilnius en particulier, entre Kaliningrad et la Russie se fait sur des rails aux normes « soviétiques ».

* Loukachenko, nom qui s’écrit certes avec un « o » final en russe (tout en ce prononçant ë ou à), mais avec un « a » en biélorusse (qui se prononce à), donc que l’on devrait écrire et prononcer : Loukachenka.

*

Au Nord de la Pologne et à Kalilingrad, on se trouve sur l’ancien territoire de la Prusse orientale allemande qui est revenue à ces deux pays en 1945. Et cette histoire de corridor en est la conséquence. Ce qui finalement a transformé le problème de la Prusse orientale et du couloir de Dantzig (Gdansk) d’avant-guerre par le problème de Kalilingrad et du couloir de Suwałki actuel.

1945 partage de l’ancienne Prusse orientale allemande (des anciens chevaliers teutoniques) ; le district d’Allenstein revenant à la Pologne et la région de Königsberg revenant à l’URSS, et finalement à la Fédération de Russie.

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À cette occasion, il a été évoqué le fait qu’il existe un droit de passage qui serait concrétisé sur le terrain par une étroite bande de terre russe entre la Biélorussie et l’enclave (plutôt l’exclave car elle est en dehors de la Russie, ou plus exactement la semi-enclave, car il existe une ligne maritime de ferries entre les ports de Kaliningrad et de Saint-Pétersbourg) ; droit de passage reconnu par les Traités internationaux (un peu comme on parle de « droit de passage » ou de « droit de servitude » dans le Droit français pour les propriétés enclavées). Cette bande de terre qui appartient à la Pologne, court tout le long, du côté polonais, de la frontière avec la Lituanie sur une longueur qui varie selon les sources entre 85 et 105 kilomètres. À vol d’oiseau, la distance entre l’Oblast de Kaliningrad et la Biélorussie mesurerait 65,4 km à son point le plus étroit.

Sa largeur, sa configuration générale, je l’ignore plus ou moins ; il est très difficile de trouver des informations sur ce sujet. On est amené à seulement supputer certaines choses concernant cette réalité.

*

« En temps normal », cela ne gène en rien la libre circulation, du moins aux points de passage d’un pays à l’autre puisque la Lituanie a mis une clôture en barbelés ces dernières années tout le long de sa frontière avec l’oblast de Kaliningrad ; on est dans l’espace Schengen, entre la Lituanie et la Pologne (si ce n’est que l’on peut y être occasionnellement soumis à contrôle de douane volante). Mais en temps de guerre ce passage pourrait être occupé par l’armée russe et pourrait séparer les trois États baltes de la Pologne et du reste de l’Union européenne et de l’Otan.

Ce que l’on peut dire tout d’abord, c’est que cette zone frontière qui joint la Biélorussie à l’oblast russe de Kaliningrad, qui appartenait en grande partie à la Pologne entre les deux guerres, est une région très rurale, peu peuplée. Apparemment assez plate, faite de prairies, de forêts, d’étangs, de lacs et de nos jours de parcs naturels. Elle est moins une zone d’échange et de passage que deux zones d’extrémités de pays. Il n’y a aucune grande ville en ce secteur, ni d’un côté ni de l’autre. Quand il y avait encore une frontière fermée entre les deux pays (avant le le 21 décembre 2007), il n’y avait que trois zones de transit routier par les postes frontière de Ogrodniki-Lazdijai, Budzisko-Kalwaria (Kalvarija), Berżniki-Kapčiamiestis ; et une seule de transit ferroviaire de Trakiszki-Szestokaj pour toute cette zone du corridor.

Tout le long de cette frontière se trouve donc ce qui est appelé le couloir (terme civil) ou le corridor (terme plus militaire) de Suwałki (ou Swalki), prononcé plus ou moins « souvawkyi » (avec les semi-voyelles w et y) en polonais. Suwałki en polonais, Suvalkai en lituanien, Suwalken en allemand. Dit « de Suwałki », car ce couloir, ce corridor passe à proximité de cette ville polonaise. Le corridor, le couloir de Suwałki. En polonais : « przesmyk Suwałki”, en lituanien : « Suvalkų koridorius“. En anglais : „the Suwalki gap ».

J’ai donc eu beaucoup de mal à collecter des informations écrites (tant en français que dans d’autres langues) et des illustrations éclairantes sur ce couloir de Suwalki. Il m’a été plus facile de trouver (y compris en polonais) des informations sur l’ancien corridor de Suwalki que sur l’actuel corridor de Suwalki.

*

Du temps du couloir de Dantzik (Gdansk)

Ce précédent corridor de Suwalki exista, entre les deux guerres, entre la Pologne et la Lettonie quand la Pologne occupait une partie de la Lituanie actuelle, y compris sa capitale Vilnius, comme elle occupait la Galicie ukrainienne. Si l’actuel corridor est de direction Nord-Ouest / Sud-Est (Oblast de Kalilingrad / Biélorussie) le précédent fut de direction perpendiculaire : Sud-Ouest / Nord-Est (Pologne / Lettonie). Voir la carte suivante.

Les frontières sont en rouge. Les lignes ferroviaires en noir. En jaune, le Sud-Est du territoire d’alors de la Lituanie. En vert, l’extrémité Nord du territoire d’alors de la Pologne, qui est maintenant intégré à la Lituanie. En vert vif, une zone contestée entre les Polonais et les Lettons. En bleu, la zone de la « pas neutraly »  entre la Lituanie et la Pologne : la ceinture, la bande neutre.

Si j’ai bien compris la logique, cette zone neutre était une sorte de frontière ouverte, puisque la partie polonaise à l’Est comportait un grand nombre de Lituaniens. (Résultat d’une implantation plus récente de Polonais en cette contrée, suite à l’union étroite des deux entités pendant plus de deux siècles).

Tellement présent et depuis bien plus longtemps, que de nos jours, toute cette partie Est de territoire fait partie intégrante de la Lituanie, avec en particulier rien de moins que sa capitale Vilnius (Wilno). Mais cette partie Est, possède une minorité de polonophones, plus particulièrement à proximité de la frontière avec la Biélorussie, et jusque dans ce dernier pays.

La langue lituanienne : en bleu foncé : là où elle est unique ou majoritaire (noter la petite zone où elle est majoritaire en Biélorussie) ; en bleu clair : là où elle est minoritaire (dans l’extrême-Est de la Lituanie, en Biélorussie et en Pologne)

La langue polonaise: en noir, là où elle est unique ou majoritaire (en Tchéquie, Slovaquie, Ukraine, Biélorussie, Lituanie) ; en marron, là où elle représente 15 % ou plus de la population (Lituanie). (cf. l’article de ce blog du 9 août).

La situation du biélorusse est comparable à celle du l’ukrainien. Ces deux langues (plus ou moins dialectales, donc plus ou moins unifiées, et semble-t-il plus rurales qu’urbaines, ou plus propres à certaines portions de territoire que d’autres — je parlerai plus longuement de la situation de l’ukrainien dans un article que je prépare depuis longtemps — sont intimement mêlées à la grande langue de culture, des arts et des sciences (et des élites tant biélorusses qu’ukrainiennes) qu’est la langue russe. Ni le biélorusse, ni l’ukrainien n’en ont le prestige.

Le biélorusse est parlé majoritairement, au mieux, sur une moitié du pays, mais sur des aires les plus diverses et plus ou moins dispersées. Sa cartographie fait penser à la situation d’une langue en recul. Minoritairement, elle est parlée sur une autre moitié du territoire biélorusse, mais aussi, surtout au-delà de sa frontière avec la Russie, et un peu en Lettonie, Lituanie, Pologne et Ukraine

Il existe même tout au Nord-Est de l’Ukraine, une petite zone frontière où des personnes parlent un dialecte mixte biélo-russe (trasianka) ; comme il existe par ailleurs et pas mal développé, ici ou là sur une bonne partie Nord du pays ukrainien, un dialecte ukraino-russe (surzhik).

Le trasyanka est « 1. Un mélange de foin et de paille utilisé comme aliment pour le bétail. 2. La langue de tous les jours des habitants de nombreuses régions de la Biélorussie, composée d’un mélange de mots biélorusses et russes. Il est typique des personnes peu éduquées qui ne maîtrisent pas suffisamment le biélorusse et le russe. (d’après le dictionnaire russe Akademik). C’est un peu comme si l’on disait en français « méteil » qui est un  mélange de grains de seigle et de froment, pour désigner une langue mixte.

Il faut savoir qu’aux siècles passés toutes ces régions de l’Est ont connu des découpages étatiques et des peuplements des plus divers, très mêlés.

On ne peut négliger que la République des Deux Nations (les deux nations étant la Pologne de langue slave et la Lituanie, de langue balte orientale comme la Lettonie ; l’Estonie parlant une langue finno-ougrienne comme en Finlande) a réuni entre 1569 et 1795 le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie.

Cette République n’avait rien de républicaine puisqu’il s’agissait d’un régime féodal (monarchie élective en Pologne et Diète, un parlement de nobles ; duché héréditaire en Lituanie). Cette entité avait la particularité d’être essentiellement catholique, du moins là où elle n’avait pas gagné de territoires par la conquête de populations de religion orthodoxe. Précisons que la Lituanie ne s’est d’ailleurs vraiment convertie au catholicisme qu’aux 13e puis au 14e siècles. Cette fédération a été dissoute lors d’un partage de la Pologne entre la Russie impériale, la Prusse et l’Autriche.

En son temps de grandeur, La République des Deux Nations, liée par le catholicisme, couvrait un vaste territoire : Pologne, Lituanie ; Lettonie et une partie de l’Estonie qui par contre étaient de tradition luthérienne  ; l’Ouest de la Russie, la Biélorussie, une bonne partie de l’Ukraine.

De nos jours pour amener un peu plus de difficulté, il faut savoir qu’il y a « seulement » 6 % de russophones en Lituanie, mais 25 % en Estonie et 35 % en Lettonie, où ils sont considérés comme des citoyens de seconde zone.

Rappelons que les trois États baltes et la Pologne sont entrés dans l’Union Européenne avec une ribambelle d’autres pays de l’Est (huit au total) le premier mai 2004. Soit tous postérieurement à leur entrée dans l’Otan.


Date d’entrée dans l’Union Européenne :Date d’entrée dans l’Otan :
Estonie1er mai 200429 mars 2004
Lettonie« « 
Lituanie« « 
Pologne« 12 mars 1999
Hongrie« « 
Tchéquie« « 
Slovaquie« 29 mars 2004
Slovénie« « 



*

De ce couloir actuel de Suwałki , voici ce que j’en ai compris et retenu :

Tout d’abord, je n’ai pas réussi à trouver de carte détaillée de ce corridor du genre de celle de la bande neutre (« pas neutraly ») de la carte du corridor de Suwalki de l’entre-deux-guerre, entre la Lituanie et la Pologne.

Cette photographie (d’un photographe lituanien) illustre un article consacré à cette entité. Il est dit par ailleurs que le couloir se tient en limite de frontière, du côté polonais. Depuis quelques années la frontière lituanienne est barbelée, comme on peut le voir sur des photographies. et sur des vidéos (voir plus bas). Cette clôture a été réalisée par les Lituaniens.

La clôture ayant été réalisée par les Lituaniens, les barbelés se trouvent de leur côté, soit à droite sur cette photographie. De l’autre côté, on serait tenté de voir une portion de la Fédération de Russie (oblast de Kaliningrad) puisque l’obsession lituanienne est de se protéger de la Russie ; ou bien éventuellement de la Biélorussie, mais je ne pense pas qu’une telle clôture ait été dressée entre la Lituanie et la Biélorussie. Les deux autres frontières de la Lituanie sont avec la Pologne et la Lettonie qui, comme on vient de le préciser font partie et de l’Union Européenne et de l’Otan.

Cette photo, qui nous montre une trouée frontalière entre les arbres, nous donne une idée de la largeur des bandes frontalières de chaque pays. Une photo plus loin (cf. photo clôture I en annexe) laisse entendre qu’elle est de 15 mètres de chaque côté. Mais ce ne semble pas être partout le cas. Il n’existe pas partout de bande frontalière notable (comme on le voit également sur des photographies dans l’annexe : photos clôture I à III).

Sur la partie gauche de la photo ci-dessus on remarque au-delà de la bande frontalière proprement dite une série de hauts poteaux qui semblent maintenir une clôture, ou un système de surveillance avec peut-être des caméras. Si cette partie gauche montre la frontière de Kaliningrad, alors il est amusant de constater que la frontière russe est elle aussi clôturée en cet endroit. Mais en retrait.

Cela dit, il est bien difficile d’en conclure quelque chose. Tout ne semble pas très cohérent, ou plus exactement, la cohérence ne saute pas aux yeux lorsqu’on a des photographies du terrain.

En conclusion (toute provisoire) : cette bande de terre constituant la bande frontalière de chaque pays serait de quelques mètres, tout au plus une ou deux dizaines de mètres de large ; peut-être entre la ligne de poteaux que l’on voit sur la gauche de la photographie et l’axe central de la frontière proprement dit. Mais je ne suis pas affirmatif à 100 %, ni même à 50 %. Tout semble fait pour cacher cette réalité.

Flou, peu d’informations, peu de documents photographiques ou vidéos. Du moins sur ce qu’est réellement sur le terrain, sur le sol polonais, cette « bande de terre » jamais définie concrètement. Je n’ai pas trouvé de vidéo en français la définissant.

Dans cette vidéo en anglais (sous-titrée) https://www.youtube.com/watch?v=qO1RlvTAE7k, « la chose » est définie ainsi : « The corridor is a 104 kilometers long strip of land that connect Russia’s Kaliningrad oblast with Belarus and runs along the lituanian poland border. It’s name after the polish town of Suvalky wich lies just to the south of the border. »

Mais pas un mot sur l’aspect physique de cette « long strip of land », longue bande de terre ; en particulier sur son emplacement exact et surtout sur sa largeur. Est-ce qu’on peut dire, comme certains, que le couloir de Suwalky n’est qu’une simple ligne (imaginaire, théorique, formelle) sur une carte ?

Ni sur la manière dont elle « runs along the lituanian poland border », dont elle court le long de la frontière entre la Lituanie et la Pologne.

Peut-être que la réponse se trouve dans la longue tradition nordique d’espace ouvert plus ou moins libre et public qui est régi, pour tout un chacun, par le droit d’accès commun ou public à la nature et aux fruits de la nature. Du moins dans certaines limites, indépendamment du droit de propriété. Explicable par l‘ampleur des espaces naturels et la faible densité de population. Ou encore par le long nomadisme de certaines ethnies.

*

J’ai écrit plus haut que cette région qui, pour l’essentiel, n’en formait qu’une avant la Seconde guerre nationale, Elle est moins une zone d’échange et de passage que deux zones d’extrémités de pays. En commentaire sous cette vidéo un certain Piotr Wojdelko qui pour le temps présent nuance ce propos et explique (en anglais dans l’original) :

« Je suis né et j’ai grandi au corridor de Suwalki […] Enfant, je me souviens de la ville très arriérée de Suwalki appelée : le bout du monde. Avant 1989, je me souviens de clôtures de barbelés, de nombreux soldats mettant fin aux routes et aux chemins de fer « marque d’amitié mutuelle entre l’URSS et la Pologne ». […] Soudain, j’ai découvert que l’on pouvait voir quelque chose de l’autre côté de la frontière. Maintenant, ils construisent des autoroutes et des voies ferrées reliant la Finlande et il y a un trafic énorme. Je me souviens aussi qu’après la Seconde Guerre mondiale, les Russes voulaient donner l’oblast de Kaliningrad à la Lituanie, mais la Lituanie a refusé parce qu’ils avaient peur d’être minoritaires dans leur propre pays. Je tiens à mentionner que les Russes ont parfaitement colonisé cette région et que les Allemands ont laissé derrière eux des villes électrifiées. On m’a dit que les gens voyaient des scènes assez exotiques de Russes se dirigeant avec des chameaux. Ils se sont installés sans comprendre comment utiliser certains équipements ». 

Amusant. En clair : « Nous les Polonais, nous étions arriérés et les Russes de Kaliningrad (et autres, car il n’y avait pas que des Russes dans l’oblast), au moins autant que nous ».

La campagne en été du côté de Suwaƚki. Ici, pas de bains de mer, mais bains d’une infinité de lacs, grands ou plus petits.

*

Czarna Hańcza est le nom de la rivière qui traverse Suwałki, rivière polonaise et biélorusse qui se jette au final dans le Niemen, le grand fleuve qui, né des hauteurs proches de Minsk, parcourt 937 km pour se terminer en delta, et se jeter dans la lagune de Courlande de la Mer Baltique, frontière entre la Lituanie et l’oblast de Kaliningrad.

Нёман, Nioman, en biélorusse, Nemunas, en lituanien, Неман, Neman, en russe ; Niemen, en polonais etMemel, en allemand ; ce fleuve qui se love au long de ses terres sub-baltiques déjà propice à tant et plus de retenues d’eau (lacs, étangs), se développe comme les autres rivières de cette vaste région, tout en retenues, lenteurs et paresses, contournant le dédale de diverses vallées, ou faibleshauteurs, en de multiples boucles et volutes. Il prend son temps, ne pratique pas les raccourcis, étale son lit et draine une contrée biélorusse, lituanienne et russe. Lenteurs accentuées en hiver par le gel et la glace.

Le parcours du Niemen

Czarna Hańcza est également le nom donné à un village polonais de la région et le Lac Hańcza est le nom du lac polonais le plus profond (un peu plus de 100 m).

Si Czarna hańcza (tcharna hagntcha ; h initial = jota espagnole ; ń = le « gn » français ou italien, le « ñ » espagnol) veut dire : « la Hańcza noire » en polonais comme en lituanien (Juodoji Ančia), et biélorusse (Чорная Га́нча ou Ча́рна Га́ньча), alors que veut dire «  hańcza » (hagntcha), « ančia » (antchia), « Га́нча » ou «Га́ньча »  (hantcha ou hagntcha) ?

De ce mot, voici ce qu’en dit le site polonais « ciekawyswiata.pl » 

(cf. https://ciekawyswiata.pl/wakacje-w-polsce/czarna-hancza/) :

« Nazwa rzeki pochodzi z języka jaćwińskiego jakim mówili zamieszkujące te tereny Bałtowie. Ludy, które mieszkały tu w zamierzchłych czasach były bardziej spokrewnione z Litwinami i Łotyszami niż Polakami. »

Soit en français : « Le nom de la rivière vient de la langue yotvingienne parlée par les Baltes vivant dans ces régions. Les peuples qui vivaient ici dans les temps anciens étaient plus liés aux Lituaniens et aux Lettons qu’aux Polonais. » 

Les Sudoviens (ou Yotvingiens), Ptolémée a fait mention de ce peuple qui habita les vastes forêts au sud-ouest du fleuve Niemen, du côté des villes actuelles de Biaƚystok et de Sawaƚki en Pologne et de Grodno en Biélorussie.

Le yotvingien ou sudovien est l’une des diverses langues baltes aujourd’hui éteintes. Et l’on rapproche ce mot hagntcha, antchia ou hantcha du vieux germanique « anut » (« ente » en allemand moderne), canard ; du lituanien « antis », canard ; et plus haut, du latin « anas/anatis » (génitif pluriel anatum, rarement anatium), canard ; et du sanscrit « ātis », gibier d’eau.

Czarna Hańcza (tcharna hagntcha) est donc La Canardière Noire. Il faut savoir que dans ces Nord-Est de la Pologne et Sud-Est de la Lituanie, moins le Nord-Ouest de la Biélorussie, les lacs sont légion ; ce sont généralement des lacs en ruban, c’est-à-dire tout en longueur, de fond de vallées à roches tendresou alluvionnaires, qui peuvent être reliés par des cours d’eau naturels, semi-naturels (aménagés), ou artificiels, tel le Kanal Augustinowski de Pologne.

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Sortie de Vištytis (vichtiitis) — Wisztyniec, en polonais, cité lituanienne frontalière de l’oblast de Kaliningrad.

Le village, le lac et le parc régional de Vištytis. Tout au Sud, à la jonction des trois frontières (au Nord-Ouest oblast de Kaliningrad, au Nord-Est Lituanie, tout au Sud et Sud-Est Pologne), se trouve le tripoint de Vištytis.

En fait, une seule chose semble retenir l’attention des uns et des autres concernant ce corridor, un aspect disons pittoresque, mais mineur : c’est un tripoint (ou une trijonction), là où la frontière polono-lituanienne rejoint la frontière de l’oblast de Kaliningrad.

En voici une photographie. Malheureusement, les photographies que j’ai pu rencontrer sont assez pauvres en explications.

Photo clôture A

La légende de cette photographie, qui montre un monument que l’on dit être de marbre, énonce :

« Le tripoint Russie-Lituanie-Pologne près de Vištytis (photographié du côté polonais) marque l’extrémité nord-ouest du Suwałki Gap. La Russie, à gauche, est derrière la clôture verte, tandis que la frontière lituanienne, à droite, est marquée d’une clôture barbelée. »

On peut se demander : à qui appartient, alors, la zone centrale entre les deux rangées de grilles et barbelés ? Une définition générale du mot frontière est quelque chose comme : « espace de largeur variable, allant de la simple ligne imaginaire dessinée sur un plan à une aire particuliaire séparant ou joignant deux territoires et marqué sur le sol par des repaires, y compris par des clôtures continues ».

Mais il est difficile de trouver des précisions sur les éventuelles aires frontalières particulières. Généralement, quand deux pays s’accordent à clôturer, à clore leurs frontières, les deux clôtures ne se touchent pas mais sont séparées par quelques mètres d’une sorte de « no man’s land » ou de zone neutre (termes militaires).

Mais alors, ce no-man’s-land, s’il existe bien, qui l’entretient, ou tout simplement qui en fauche l’herbe ? Qui réalise la borne centrale  entre les marques, les poteaux en bois de chaque pays qui se font face, du moins quand il y en a ?

Notons aussi que toutes les photographies présentées dans cet article ne sont pas de la même époque et non datées ou non datables. Ce qui ne facilite pas la compréhension, s’il y a des évolutions dans le marquage frontalier au sol.

Photo clôture B

Frontière d’État de la Fédération Russe — Ne pas entrer. À droite, derrière la clôture à barbelés, la Lituanie ; à gauche l’oblast de Kaliningrad ; et en arrière de la photographie, ou si l’on préfère : du côté de l’appareil photo, la Pologne.

Ce n’est malheureusement pas l’article de Frank Tétard titré : « Symétrie spatiale et temporelle d’une enclave : la Prusse-Orientale (1919-1939) et Kaliningrad (1992-2004) » (Revue géographique de l’Est, vol. 47 / 2 / 2007 cf. https://journals.openedition.org/rge/207) qui m’en dira plus. L’article est muet sur ce sujet précis de l’actuel corridor de Suwaƚki.

Vištytis est un petit bourg lituanien tout près de l’un des innombrables lacs de cette région qui collectionne également divers gros rochers posés sur les prés, qui remontent à la dernière époque glaciaire. Agglomération tristement célèbre pour avoir été, pendant la Seconde guerre mondiale, le lieu d’un massacre d’environ 220 Juifs (parlant le yiddish) sur une population de mille habitants par un einsatzgruppe, un « groupe d’intervention », de nationalistes lituaniens.

Ce que la légende de la photo clôture A appelle «  la clôture verte » se situe en limite des arbres, là où se tient un grand poteau puis une série de plus petits poteaux, dans l’ombre des arbres. À droite la frontière lituanienne bordée de barbelés « pour, dit-on (on : les autorités lituaniennes) empêcher la contrebande de cigarettes depuis l’oblast de Kaliningrad ».

On ne sait pas jusqu’où court la clôture vers la droite, du côté de la frontière avec la Pologne. Mais, normalement, il y a libre passage entre les deux pays, depuis ces dernières années, comme dit par ailleurs.

*

Une photographie (plus récente ?) marque clairement les limites russes au tripoint, derrière la barrière rouge et blanche de la Pologne et rouge et verte de l’oblast russe de Kaliningrad.

Photo clôture C

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Photo clôture D

Photo clôture E

Sur le panneau de gauche est écrit : « Granica Państwa — Przekraczane Zabronione ». Soit : « Frontière d’État — Passage Interdit ». Et en-dessous : « Teren », suivi de mots illisibles sur la photo. « Teren » signifie : « territoire, région, terrain, champ… » en polonais. Je suppose que la phrase complète est « territoire de la Fédération de Russie » ou « territoire de l’oblast de Kaliningrad ».

Accès au tripoint depuis la Pologne (voir plus loin, la photographie du chemin aménagé y menant). Devant nous, on a (partie boisée) la pointe que forme l’oblast de Kaliningrad à son extrémité Sud-Est. Dans le fond à gauche court la bande frontalière signalée en rouge sur la photographie du plan qui se trouve un peu plus loin. Il semble que toute cette partie centrale — soit du côté polonais au-delà des barrières jaunes — soit en fait interdite d’accès, puisque, sous le panneau blanc cerclé de rouge, je crois y lire quelque chose comme : «  Nie ? Straży Granicznej », « Ne pas ? Garde-Frontière ». Mais les gens, et c’est heureux, ne se gêne pas pour faire au moins des photos au côté du tripoint, et d’un côté ou de l’autre de celui-ci.

***

Sur cette photo, prise du côté polonais, et antérieurement à la construction d’une clôture du côté lituanien (au fond, au niveau du chemin devant les arbres), on voit bien sur le sol pavé le découpage local de la frontière : à gauche, le (petit) quart russe, au centre le (petit) quart lituanien, et pour la Pologne, plus de 180°.

Le même endroit mais pris de la limite entre la Russie (à droite) et la Lituanie (à gauche). Au fond, le territoire polonais. C’est là que se trouve normalement le couloir réservé à la Russie.

Photo clôture F

Cette photographie a été titrée par son auteur : « Finis civitatum in Wisztyniec ». Soit : fin des États à Wisztyniec  (Vištytis), ou si l’on préfère : limite des cités à Wisztyniec  (Vištytis).

La colonne (de marbre pour certains, de granit pour d’autres) est gravée des emblèmes des trois pays voisins et munie d’une inscription dans chaque langue nationale. Ici on lit : RZECZPOSPOLITA – POLSKA WISZTYNIEC ; soit : RÉPUBLIQUE DE POLOGNE WISZTYNIEC.

*

En cet endroit, la frontière de la Pologne (Polska) comme le montre ce plan sur le terrain, est — de ce que je peux en voir — à plus de 180° par rapport au point central de la trijonction. Contre à peu près 90° pour la Russie (Rosja, rosya) et moins de 90° pour la Lituanie (Litwa, litva) comme on le voit indiqué sur ce panneau :

Photo clôture G

En-dessous de la zone en rouge (dont la couleur rouge veut dire sans doute : hors espace Schengen), on peut noter la petite bande pointillée également en rouge située du côté polonais de la frontière avec la Russie de l’oblast de Kalilingrad, où il est écrit : PAS DROGI GRANICZNEJ. Soit : chemin de ceinture frontalier, ou : bande de passage frontalier. Comme on pourrait dire en français : chemin des douaniers, sauf qu’ici cette voie de passage concerne la Russie.

C’est la seule photographie où j’ai vu noté ce qui pourrait être le fameux couloir de Suwaƚky. On peut constater que sa largeur ne paraît pas importante, du moins sur ce panneau.

Le texte en rouge en-dessous : « Zakaz przekraczaniai — Granicy Państwowej z Polski do Rosji iz Litwy do Rosji — Mandat karny 500 PLN », signifie : « Interdit de traverser — Frontière d’État entre la Pologne et la Russie et entre la Lituanie et la Russie — Amende pénale de 500 PLN ». PLN est l’abréviation de « polskiego nowego », « polonais nouveau », autre nom du zƚoty (« svoti ») nom de la devise polonaise qui veut dire littéralement : doré, en or.

« Interdit de traverser », sous-entendu vers la Russie exclusivement. En bas du panneau il est indiqué : « Poska —> Litwa — obowiązek posiadania dowodu osobistego lub paszportu », soit : « [pour aller de la] Pologne [vers la] Lituanie — carte d’identité ou passeport obligatoire.

On peut remarquer aussi que le couloir n’est pas noté du côté de la frontière entre la Pologne et la Lituanie, comme si il s’il était volontairement négligé, effacé, réduit à rien, puisque le passage est libre entre les deux pays depuis qu’ils appartiennent tous deux au dit « Espace Schengen », soit depuis le 21 décembre 2007.

Pour être complet — si je comprends bien la logique — le plan devrait donc être le suivant.

Ce plan situé à la tri-jonction de Vištytis ne nous dit pas non plus sur quelle longueur se prolonge cette bande de terre (polonaise mais réservée à la Russie?) vers l’Ouest. On peut donc supposer qu’elle court, non seulement entre la frontière polono-lituanienne depuis la « pointe » de la Biélorussie (plus exactement du tripoint complémentaire entre Pologne, Lituanie et Biélorussie), mais aussi tout le long de la frontière entre la Pologne et l’oblast de Kalilingrad jusqu’à la mer. En espérant ne pas trop spéculer sur ce sujet. Et sur sa matérialité sur le terrain.

La frontière entre la Pologne et l’oblast de Kaliningrad présente un tracé quasi géométrique qui semble hériter de l’ancien découpage entre la Prusse orientale allemande et le district d’Allenstein (aujourd’hui Olsztyn en polonais).

*

En considérant non seulement le plan plus haut mais diverses photographies de la frontière lituano-polonaise, on peut se poser la question de la réalité de ce couloir sur le terrain polonais car tout ne semble pas marqué.

Si le couloir de Suwałki est facile à repérer dans les zones forestières et boisées (et elles semblent nombreuses) comme on le voit sur la première (et rare) photographie de cet article, en d’autres endroits, il n’existe aucune marque notable, distinctive (poteaux, par exemple) matérialisant cette bande et sa largeur.

Par exemple ici, il y a un « passage interdit »  polonais au milieu, dans l’axe d’un chemin :

Photo clôture H

Les deux chemins de terre, ou plus exactement le double chemin de terre marque-t-il deux voies de service, de ronde, de surveillance pour chaque pays ? Le chemin de droite, du côté polonais est-il la marque sur le terrain du corridor de Suwaƚki ?

Ici, nous dit-on, la frontière entre la Pologne et la Lituanie passe au milieu de la route, simple trait continu :

Dans la même région, la frontière coupe en travers une route tout en ligne droite.

***

Si le tripoint de Vištytis (ou Vištýtis) semble avoir la cote touristique, il n’en va pas de même avec le tripoint polono-lituano-biélorusse.

Le tripoint de Vištytis se trouve dans une zone de parcs naturels et est mis en valeur, du moins du côté de la Pologne qui a aménagé tout un chemin « urbanisé » pour s’y rendre.

Chemin aménagé vers le tripoint, du côté polonais.

La petite agglomération de Vištytis a pris le nom du lac dont elle est tout près et qui veut dire Poulet en lituanien. Ce lac jouxte l’oblast de Kaliningrad et la frontière entre les deux pays traverse le lac en sa longueur.

Lac Poulet :

Le lac du côté russe :

Et je ne crois pas que l’on pourrait dire de ce lac, qui est nettement plus grand qu’une mare et qu’un étang, si « Vištýtis toks podidelis », ce qui signifie : « le poulet est si petit », en lituanien.

*

Du côté de la trijection polono-lituano-biélorusse, aucune marque particulière. Il faut dire que, si du côté de l’autre trijection il y a divers villages aux alentours et parcs naturels plus ou moins à proximité, ici nous sommes dans un univers réellement de bout du monde, de fonds et tréfonds de campagne — qui plus ou moins loin de cet endroit connaissent des parcs naturels également — tant du côté de la Pologne que de la Lituanie et plus encore de la Biélorussie. Voir la carte suivante :

*

Voici le second tripoint polono-lituano-biélorusse dans toute sa sobriété.

Poteaux-bornes lituanien, jaune-vert-rouge, dans le fond à gauche, biélorusse, rouge et vert en hauteur, à droite, polonais, blanc et rouge, devant.

J’emploie le mot composé « poteau-borne ». Je ne sais s’il existe un terme officiel, ou autre pour désigner ces éléments tous apparemment de bois, et peints. Piquet ne semble trop petit et pilier trop grand. J’ai trouvé également le terme « poste » pour désigner ces morceaux de bois très généralement fixés dans une base cimentée ou bétonnée dans le sol. Je réserve le terme « borne-frontière » à ce qui se trouve entre deux poteaux de frontière, cette masse cimentée moulée matérialisant un point de la ligne faisant frontière [voir en annexe les photos A à G]. On peut remarquer qu’à la trijonction ci-dessus, cette borne frontière n’existe pas. Alors qu’à l’autre bout du corridor de Sawaƚki elle est mise en valeur et faite d’un gros bloc de pierre sculpté.

Il faut dire qu’ici, le tripoint est au milieu de rien, de la nature et des bois ; pas un seul village aux alentours immédiats ; les plus près sont à quelques kilomètres (voir carte au-dessus) : Szlamy en Pologne et Pertakas en Lituanie. Et bien plus loin du côté biélorusse.

Est-ce que je peux me permettre de dire qu’ici on est chez les bouseux, ou les bousoux comme on dit par chez moi ? En effet, Szlamy semble bien être un dérivé de szlam (chlam) qui désigne la bourbe, la boue, la vase, le limon, ou encore la bave, en polonais. Un pluriel.

Plus bas, il est question d’une rivière biélorusse dont le nom polonais est Szlamica (Chlamica) que l’on peut traduire par La Boueuse, ou un nom approchant. Ou La Bargeuse, car « szlamik » est le nom polonais de la barge,cet échassier migrateur, à bec droit et pointu et très long, qui vit sur les marais (ou sur les rivages). De la grande famille des limicoles comme la bécasse ou le courlis. Limicole : du latin limus, limon, boue ; car une bonne partie de ces oiseaux se nourrissent de petits invertébrés qui vivent dans la vase ou l’humus. .

« Les Boues », « Les Vases », nom de lieu pas si étonnant. Je connais dans ma région, un micro-toponyme, un lieu-dit « perdu » où se trouvait autrefois une ferme, qui s’appelle Le Bourbou (anciennement écrit : Bourgbout). Le Bourbou est tout simplement Le Bourbeux. De la racine borb/bourb que l’on fait venir du gaulois borua / buruo / Boruo/ eau chaude, bouillante, bouillonnante, Dieu des eaux chaudes. Qui a donné : bourbe, bourbeux, barboter, etc. en français.

Et Pertakas, un dérivé de pertak qui veut dire débordement, tandis que pértaka a le sens de détroit ou de canal d’écoulement. À rapprocher également de perkasas et protaka, canal (cf. Lietuvių Kalbos Žodynas, le Dictionnaire de la langue lituanienne).

Il existe au moins deux Pertakas dans la région frontière entre la Lituanie et la Biélorussie. À l’Ouest au plus près du tripoint, à l’Est au-delà de toute une importante zone forestière. Concernant cette forêt, sur les cartes on trouve les notations suivantes : « pertako miško biosferos poligonas », ce qui semble vouloir dire : « polygone de la biosphère de la forêt de Pertakas » ; et, « pertako ornitologinis draustinis », « réserve ornithologique de Pertakas ». L’expression « polygone de la biosphère » se retrouve en divers lieux de la Lituanie ; il s’agit de zones protégées pour ses arbres, ses prairies, sa flore, sa faune, ses cours d’eau, sa géologie, sa configuration naturelle.

Un autre village de Lituanie relativement proche du tripoint est celui de Kuodžiai (kouodjiaï), qui se trouve à la porte ouest de « pertako miško » (michko), la forêt de Pertakas. Sauf erreur ce toponyme est un dérivé de « kuodas» qui a le sens de « crête, huppe, aigrette… ». Le « kuodžiagal̃vis » ou « kuodys » est le nom lituanien de l’alouette huppée dit aussi cochevis huppé (Alauda cristata) ; de « kuodas », huppe et galva, tête. Alors, Kuodžiai ; Les Crêtes ? Les Huppes ? Les Alouettes ?

*

Loin de tout centre de décision, ces contrées frontalières sont loin d’être exemptes des remous des capitales et métropoles. Bien au contraire.

Ainsi, la prégnance de la Seconde guerre mondiale dans ces endroits reculés reste vive. Tout autant l’animosité des uns ou des autres à l’encontre de l’Armée rouge. Il me semble qu’à l’Ouest, le deuil a été fait, la mort de ces temps y a été refoulée (certes le contexte n’est pas du tout le même) ; bien qu’il est encore possible de trouver ça et là dans nos campagnes, ou au bord de routes, des monuments, généralement une croix, munie d’une inscription qui nous rappelle qu’en ce lieu a été abattu un ou plusieurs Résistants.

Voici par exemple, ce que l’on trouve de nos jours à la frontière entre la Pologne et la Lituanie à Stanowisko.

Sur le monument est écrit :

« Miejsce Mordu Żołnierzy / 24 Batalionu Korpusu Ochrony Pogranicza « Sejny » / na strażnicy w Stanowisku dnia / 24 wrzenia 1939r. przez Armię Sowiecką / zajmująką wschodnie obszary Polski. / … 1997 r. ekshumowano ósmiu żolnierzy / … porchowano na ementarzu w Berżnikach. / « … ZGINELI W OBRONIE GRANIC POLSKI » »

Soit :

« Lieu du meurtre des soldats / du 24 bataillon du Corps de Protection des Frontières « Sejny » / des gardes de Stanowisko / le 24 septembre 1939 par l’Armée Soviétique / occupant les parties orientales de la Pologne. / … en 1997, huit soldats ont été exhumés / … ont été déplacés au cimetière de Berżniki. / «… MORTS EN DÉFENSE DES FRONTIÈRES DE LA POLOGNE» »

Sejny est une petite ville qui se situe au nord-ouest de Stanowisko. Sejny (sèynè) est peut-être (sans doute?) une forme dialectale de « senny » (sènenè) qui signifie « somnolent » ; la rivière qui passe en cet endroit, est la Marycha (marèxa x = jota espagnole), mot que les dictionnaires polonais donnent comme traduction à « marijuana ». Rivière qui draine, de droite et de gauche, les herbages locaux et qui relie plusieurs lacs et étangs, qui semblent tous se nommer d’un seul nom : Jezioro (yèziòrò) Sejny, autrement dit : le Lac de Sejny. La somnolence semble être une vertu naturelle ou sociale en cette région. Sauf en certaines périodes où tout par en morceaux ou en folies racistes et xénophobes.

Quant à Stanowisko, cela signifie tout simplement et trivialement : Poste de garde.

*

De même en est-il du côté biélorusse, où le village le plus proche du tripoint est plus éloigné que les villages polonais et lituaniens les plus proches. Et bien isolé. Il s’agit du village de Калeты, en biélorusse, Kalety en polonais. Au Nord-Ouest de Grodno.* Il se trouve à 118 m de hauteur au-dessus de la profonde vallée de la rivière Szlamica (Chlamica) dont j’ignore le nom biélorusse, qui serpente entre les petites hauteurs et qui coule du lac Szlamy qui se trouve à cheval entre la Pologne et la Biélorussie, pour se jeter plus à l’Est dans la rivière Marycha que l’on a déjà rencontrée du côté polonais. Les ruisseaux et rivières en toutes ces régions entre Pologne, Lituanie et Biélorussie, et aux paysages qui se ressemblent, empruntent tout un tas de détours et sont friands de circonvolutions.

Comme pour Stanowisko, Kalety est marqué par la Grande guerre patriotique russe et plus exactement par ses excès et ses crimes gratuits, puisqu’en cette cité, 35 polonais du bataillon « Sejny » dont j’ai dit quelques mots précédemment, cité sont fait prisonniers par l’Armée soviétique, puis exécutés, tous d’une balle dans la nuque, le 22 septembre 1939. Ils seront enterrés par la population locale dans la forêt près du village. Le 1er octobre 1989, les restes des soldats ont été excavés de cinq charniers et enterrés solennellement dans une tombe commune au cimetière du village.

Tombe collective (Zbiorowa_Mogiła) où l’on peut lire entre autres : … ŻOŁNIERZOM WOJSKA POLSKIEGO POLEGLYM W KALETACH… 1969… Aux soldats de l’armée polonaise morts à Kalety (Kaletach, forme locatif de Kalety). Avec des fleurs blanches. J’ignore si le blanc est la couleur du deuil en Pologne, mais c’est le cas en Roumanie par exemple, ou en Chine.

Ce village est également connu pour sa Kaplica Matki Boskiej Siewnej. La Chapelle Notre-Dame des Divines Semences, qui pour certains aurait été fondée en 1789 par de riches agriculteurs en ex-voto de gratitude. Cependant, selon le registre des monuments, l’église date de 1810. Des messes ont lieu dans la chapelle plusieurs fois par an.

Tout ça pour rappeler quand ces lieux frontaliers, les communautés linguistiques peuvent se mêler, en bien comme en mal.

Kaplica Matki Boskiej Siewnej w Kaletach *

Chapelle Notre-Dame des Divines Semences à Kalety

*Matki : littéralement : Mère

*

* Note de toponymie sur Grodno.

Grodno se dit Гродна (Hrodna), en biélorusse, ou Гародня (Harodnia), h = la jota espagnole ; Гродно (Grodno), en russe, mais est prononcé grodna ; Grodno en polonais ; Gardinas en lituanien ; on donne également la forme slave : Gorodna. Et on cite encore la forme Goroden, attestée en 1127.

Ce toponyme vient de l’ancien verbe slave oriental « gorodit’ », entourer, clôturer. À l’origine (connue), cette cité était en fait une forteresse, située aux confins du monde slave oriental Rus’, aux limites Sud-Est des populations de langues baltes.

On le rapproche également du biélorusse горад , horad, ville, cité et du russe город, gorod (prononcé gorad), град, grad, ou городок, gorodok, tous même sens.

Il y a peut-être également un rapport entre Гродна, Hrodna, et агарод, aharod, qui désigne le jardin potager en biélorusse.

*

C’est dans « Ubu Roi ou les Polonais »que l’on trouve cette répartie :

Mère Ubu : … les Polonais m’ont chassée.

Père Ubu : Et moi, ce sont les Russes qui m’ont chassé. Les beaux esprits se rencontrent.

Tout ça pour dire que ces situations de guerre ont toujours, finalement, des côtés absurdes et tragiquement ubuesques. Que la mort soit au bout dans les normes ou pas, d’ailleurs, ou l’absence de mort.

Ce qui me fait penser ici aussi à l’histoire, ou plutôt la non-histoire que Busonni nous narre dans Le Désert des Tartares. Cette histoire d’une vie de militaire faite de rien : un jour, dans cette garnison du bout du monde, un cheval sans cavalier est aperçu, un soldat chargé de le récupérer est tué par erreur par une sentinelle ; plus tard des troupes ennemies s’occupent au loin à borner leur territoire et repartent ; plus tard encore,un officier meurt en allant déposer une borne tout en haut d’une montagne.

C’est l’attente sans fin, dans un ennui total, un vide abyssal et mortel, d’une hypothétique attaque de « ceux de l’État du Nord » contre « le Royaume » qui permettrait pour le « héros », commandant en second de la citadelle, de justifier, en repoussant l’ennemi, d’une victoire, l’unique victoire militaire, sociale, existentielle attendue. Alors que le commandant meurt, que son second prend sa place, ce dernier tombe malade et doit être rapatrié juste au moment où « ceux du Nord » font enfin le siège de la citadelle. L’officier aura donc parfaitement accompli sa carrière et sa vie résolubles au néant.

Eux, polonais, tués pour rien, ou plus exactement pas dans les règles de l’art. Lui n’en meurt pas, mais n’en a pas vécu non plus.

***

C’est ainsi, après ces considérations sémanto-toponymiques qui ne relèvent pas tant du hasard que cela, et vaguement « philosophiques », que je voudrais ajouter quelques mots encore, ou conclure — comme en voudra le dire.

En ces contrées très rurales, au relief peu accentué, et de paysages tous ressemblants, d’entre Pologne, Lituanie, Biélorussie, Russie, nous dirons que nous sommes en pays milochien.

Pourquoi « milochien » ? Parce que Oscar Milosz semble en avoir été une synthèse humaine, poétique, littéraire, politique même par certains côtés. En effet, Oskar Wadyslaw de Lubicz-Milosz (en polonais), Oskaras Vladislovas de Labunow-Milašius (en lituanien), ce poète et métaphysicien est né en Russie impériale, sur le territoire de l’ancien Grand-duché de Lituanie, à Tchereïa, cité aujourd’hui biélorusse qui se trouve au Nord-Est de Minsk ; né dans une famille de la noblesse polonaise, alors qu’il fut lui-même diplomate lituanien et écrivain de langue et au final de nationalité françaises.

Homme de mystères (il en a écrit au moins deux au début du XXe siècle) où l’on pouvait entendre :

Comme la vie est belle !

Plus de mensonges, plus de remords.

Et des fleurs se lèvent de terre

Qui sont comme le pardon des morts.

(in Méphiboseth, 1913)

Un grave et pur nuage est venu d’un royaume obscur,
Un silence d’enfance est tombé sur l’or de midi.

(in Saul de Tarse, 1914)

Juste après guerre, Il évoqua, à son tour, non seulement le mystère des temps passés mais aussi celui du lieu présent, parlant ainsi de la Lituanie (et finalement de tout cet ensemble situé aux frontières polono-lituano-biélorusso-russe) :

« Ce pays, c’est la Lituanie dont le nom remplit ma tête et mon cœur. Je veux vous la faire connaître. Venez ! Je vous conduirai en esprit vers une contrée étrange, vaporeuse, voilée, murmurante. Nous voici aux confins des terres polonaises, déjà nordiques, certes, mais amoureuses encore des couleurs. Un coup d’aile, et nous survolerons un pays où toutes choses ont la couleur éteinte du souvenir. Une senteur de nymphéas, une vapeur de forêt moisissante nous enveloppe. C’est Lietuva, la Lituanie, la terre de Gedymin et de Jagellon. » (écrit en 1919)

Gedymin et Jagellon furent les premiers Grands-Ducs de Lituanie, apparus au XIVe et XVe siècles.

C’est « Miloche », également, Milosz qui, deux ans avant sa mort (intervenue au printemps 1939), disait prémonitoire, prophétiquement à Petras Klimas (du moins si les « Souvenirs » de ce dernier sont véridiques ou correctement rapportés) :

« L’Allemagne écrasera la Pologne en 17 jours, dévastera la France et une grande partie de l’Europe. Elle occupera la Lituanie qui en sera très meurtrie et atteindra les profondeurs de la Russie d’où les Allemands seront enfin chassés et les chevaux des cosaques fouleront de leurs sabots les pavés des rues de Berlin. »

*

ANNEXE

Remarques en préalable :

Les couleurs des poteaux (de bois), tous à quatre côtés et de section carrée, qui servent de témoins frontières, normalement de chaque côté des bornes frontières en dur (ciment ou béton moulé) reprennent les couleurs des drapeaux nationaux :

1 — Le rouge et le blanc du drapeau polonais :

qui se présentent soit sous forme de plusieurs rangées de chevrons, aux couleurs alternées, axés sur les arêtes des poteaux, et sur toute leur hauteur ; donc au sens alterné –pointe en haut ou pointe en bas — suivant l’arête que l’on regarde ; soit sous forme de plusieurs bandes inclinées, aux couleurs également alternées, qui serpentent donc en biais, tout autour du poteau, du haut en bas.

La pointe du poteau est blanche.

2 — Le jaune, le vert et le rouge du drapeau lituanien :

qui présente un seul chevron tricolore, à chaque arête de poteau ; chevrons au sens également alterné .— pointe en haut ou pointe en bas selon l’arête.

Le reste du poteau est blanc. La pointe du poteau est rouge.

3 — Le rouge et le vert du drapeau biélorusse, aussi bien pour la Biélorussie que pour la Russie  * :

a — Pour la Biélorussie, les deux couleurs sont peintes en hauteur et non en largeur, avec les deux couleurs par face, comme si le drapeau était redressé de 90° vers la droite, petite bande verte à gauche, grosse bande rouge à droite.

La pointe du poteau est rouge.

Mais le motif géométrique du drapeau biélorusse, la bande étroite du côté de la hampe, en forme de frise, emprunté à un routchnik (ручнік, en biélorusse ; рушник, rouchnik ou ручник, routchnik en russe ; рушник, rouchnyk en ukrainien) est ici absent.

Le routchnik ou rouchnik est un tissu brodé de formes géométriques, de symboles et de cryptogrammes lié aux cérémonies religieuses orthodoxes. On trouve la même chose en Roumanie, par exemple. *

b— Pour la Russie, alternance de bandes rouges et vertes de même hauteur du haut en bas du poteau.

La pointe du poteau est rouge.

Rappel des couleurs du drapeau de la Rossia (Ràssiya) :

* Largeur de la bande à motif : 1/9e de la largeur du drapeau ; hauteur de la bande rouge : le double de la bande verte.

J’ignore pourquoi ces deux couleurs, rouge et verte, ont été retenues par la Fédération de Russie, apparemment sur le modèle des couleurs nationales biélorusses. Biélorusses récentes, car ce drapeau biélorusse ne date que de 2012. Tandis que le drapeau national russe est une réminiscence du drapeau de l’époque impériale, couleurs apparues au cours du XVIIIe siècle dans le domaine de la navigation maritime. On dit que ces trois couleurs reprennent, dans un autre ordre, les couleurs du drapeau des Pays-Bas, car ce sont des Hollandais qui ont développé la marine russe.

Certes, le rouge est également présent dans le drapeau russe, comme dans tous les drapeaux des républiques de l’époque soviétique. Quant au vert, il est dit que cette couleur évoque les nombreuses forêts de Biélorussie. La forêt est un élément très présent de toute cette contrée partagée entre Pologne, Lituanie, Biélorussie et Russie, ou encore Lettonie et Estonie, pour ne pas remonter jusqu’à la Finlande ; contrée très généralement aux faibles altitudes et où les lacs, étangs, marécages voire tourbières (résultats de la dernière époque glaciaire) sont nombreux.

*

J’ai écrit plus haut que l’on peut se poser la question de la réalité du couloir de Sawaƚki sur le terrain polonais, car tout ne semble pas marqué. Et s’il semble plus ou moins facile à repérer dans les zones forestières, en d’autres endroits, il n’existe non seulement aucune marque distinctive matérialisant cette bande et sa largeur, mais de plus, selon les endroits, l’écart entre les poteaux frontaliers ne semble pas être toujours le même et parfois de dimension fort réduite.

Des normes doivent exister, existent évidemment, mais il n’est pas facile de les découvrir. J’ai juste réussi à trouver une photographie d’un panneau frontalier titré STRAŻ GRANICZNA INFORMUJE (la garde-frontière informe), présentant un long texte malheureusement indéchiffrable, illisible. De cette photo, de très mauvaise qualité (même après quelques améliorations), on ne peut pas en tirer grand-chose.

Cependant, elle permet de lire sur sa partie centrale présentant quatre photos, quelques mots essentiels. Ils sont traduits en quatre langues. Sur une, les mots sont en polonais, sur l’autre en anglais ; et sur les deux autres on suppose qu’ils sont écrits en russe ; et biélorusse ou lituanien ou allemand.

Photo clôture I

Les quatre photos représentent la même chose : la zone frontalière sans arbres, ou plus exactement bordée d’arbres ; de bordures de forêts ; de trouées forestières. À gauche, le poteau blanc et rouge qui marque la frontière polonaise ; à droite, le poteau semble-t-il rouge et vert, rayé en largeur, qui marque la limite de la Russie. Au-dessus noté en rouge entre les deux poteaux, il est probablement écrit que toute la bande de terre qui s’étend entre les deux poteaux constitue l’ensemble de la zone frontalière. Un trait rouge au centre, à égale distance des deux poteaux, marque la ligne frontière qui sépare les deux pays. Entre le poteau polonais et ce trait rouge, on peut lire, écrit en jaune : « 15 m », soit « quinze mètres » ; et en dessous, en polonais : PAS DROG GRANICZEJ, soit : bande (voie, route) de circulation frontalière ; et en anglais : BORDER STRIP, soit : bande frontalière.

Donc, la bande frontalière de chaque pays est de quinze mètres. Du moins est-il écrit ici. Les 15 mètres partent de l’axe situé entre les deux poteaux-bornes des deux pays qui, ici comme ailleurs, sont distants de peu de mètres. Ce qui doit être la largeur officielle de la bande de Sawaƚki : de quoi laisser passer largement un char militaire ou d’installer un lance-missile mobile, s’il en prenait l’envie à la Fédération russe.

Soit :

*

Voici ce qu’il en est de cette bande frontalière du côté polonais, du moins là où elle existe réellement et dans toute sa largeur. Avec cette vidéo  du 24 janvier 2022 : « Straż Graniczna.  Wyruszamy na służby — skuteczni, profesjonalni, zmotywowani, wierni słowom roty ślubowania ». « La garde frontière. Nous allons à notre service — efficaces, professionnels, motivés, fidèles aux paroles de notre tour de serment collectif. » Samodzielna Sekcja Prasowa — Section Presse Indépendante.

*

Ou avec cette vidéo du 17 janvier 2022 : « Straż Graniczna. Patrol mobilny z Placówki Straży Granicznej w Dubiczach Cerkiewnych. » « Patrouille mobile depuis le poste de garde-frontière de Dubicze Cerkiewne. » Ce village est situé au Nord-Est de la Pologne, à la frontière avec la Biélorussie.

Et voici une vidéo (sous-titrée en anglais) réalisée du côté de Vištytis et de son tripoint, par la chaîne du service public allemand Deutsche Welle, alors que la Lituanie en était à la phase « engrillagement » de sa frontière. Publié le 25 juillet 2017. On y apprend entre autres que les Lituaniens sont raisonnables pour la hauteur (2,30 m.), à côté des Hongrois par exemple, qui auraient des clôtures de frontière de trois ou quatre mètres de haut ; quant aux Russes, il ne sauraient même pas où se trouvent exactement leur frontière, sorte de tradition chez eux. Du moins c’est ce qu’affirme ce « responsable » lituanien.

« Lithuania’s fence on Kaliningrad border | DW Documentary . Lithuania is securing its border to Russia’s Kaliningrad Oblast with a two-meter-high fence, hoping to better protect the country against smugglers – and perhaps against Russia itself. » « La Lituanie sécurise sa frontière du côté de l’oblast russe de Kaliningrad avec une clôture de deux mètres de haut, dans l’espoir de mieux protéger le pays contre les contrebandiers — et peut-être contre la Russie elle-même. »

Il y a un petit côté « parano » :

« Russia could smuggle disguise soldiers across like the did in Ukraine. Little green men at their calls that at first go undetected. So what are the grenn men saw ? Oh it’s new, new Fred ! How to control our country. How Russia is a regime which does not know where its border starts and where its border ends. » 

« La Russie pourrait faire entrer clandestinement des soldats déguisés comme il l’a fait en Ukraine [sic]. De petits hommes verts à leurs appels, qui au début ne sont pas détectés. Alors qu’est-ce que les hommes verts ont vu ? Oh c’est nouveau, nouveau, Fred ! Comment contrôler notre pays ? Comment la Russie est un régime qui ne sait pas où sa frontière commence et où sa frontière se termine. »

Photo clôture II — Clôture lituanienne en construction

Photo clôture III — Idem — Le chemin à gauche est la voie de passage du côté oblast de Kaliningrad. Le territoire de la Lituanie est à droite de la ligne de poteaux métalliques qui recevront des grillages surmontés de barbelés. Photos clôtures J et K

À droite de cette zone, se trouve le chemin de bordure du côté lituanien (photographie ci-dessous). On peut donc en conclure que, bien que décidée et réalisée uniquement par la Lituanie, la clôture de séparation est en situation mitoyenne avec la Russie de Kaliningrad. Le poteau-borne visible sur la photo au-dessus en est la preuve. Il doit y avoir le même genre de poteau mais « kaliningradien » de l’autre côté de la clôture en construction. Non visible sur cette photographie.

J’ignore le sens à donner aux deux fois deux poteaux lituaniens, plantés de chaque côté du chemin. On peut noter que ce chemin semble en retrait par rapport au chemin « de ceinture » similaire russe.

*

Mais je ne m’explique pas pourquoi cette bande frontalière n’est pas toujours établie et respectée, puisque que l’on rencontre des poteaux frontaliers qui ne sont pas à trente mètres les uns des autres mais quasi à se toucher parfois, pour ne pas dire souvent ; aussi bien en pleine campagne ou dans les bois qu’en zones habitées. Ou bien sûr qui manque, sont absent quand la frontière sépare un plan d’eau. Bien que l’on puisse trouver des images d’un lac coupé par des clôtures.

Je ne m’explique pas non plus pourquoi des grillages et barbelés sont installés, parfois, juste dans l’axe entre les deux frontières ou, d’autres fois, en retrait, en limite (au niveau des poteaux frontaliers) d’un pays des frontières « engrillagées » fortement de la Lituanie et plus discrètement du côté de l’oblast de Kaliningrad (comme on le voit sur deux photographies plus haut vers le début de cet article). ,

Quand les deux pays collaborent et payent conjointement les frais d’installation d’une clôture, elle est donc mitoyenne et installée sur la ligne frontière. Quand l’un des deux seul veut clôturer sa frontière, il doit donc reculer la clôture de sa frontière de 15 mètres, si je suis bien. Mais cela ne semble pas toujours être le cas, puisque on en voit dans l’axe central de la frontière, barbelés du côté lituanien uniquement. Sans doute parce que « la Russie est un régime qui ne sait pas où sa frontière commence et où sa frontière se termine », comme rappelé plus haut. Ce qui permet aussi de « s’arranger » avec les limites frontalières.

*

Les photographies qui suivent montrent que tout n’est pas unifié et qu’un chemin de passage, une bande frontière est loin d’exister partout, ou du moins d’être matérialisé partout, non seulement dans des endroits où la configuration naturelle, la géologie l’interdit, mais dans d’autres où elle est possible.

En espérant ne pas me tromper entre les bornes en bois biélorusses qui sont à bandes rouges et vertes, mais en hauteur (à l’inverse du drapeau biélorusse) et russes qui sont à bandes rouges et vertes, mais en largeur.

En Ville :

Voici donc des poteaux-bornes situées à la frontière entre la Russie (oblast de Kaliningrad) et la Lituanie à Vištytis. STOP — VALSTYBES SIENA — STATE BORDER — STAAT SOGRENZE. Frontière d’État / frontière du pays.

avec borne-frontière A — Avec l’espèce de plot central en ciment ou en béton entre les deux poteaux de bois.

avec borne-frontière B — Idem

marque russe — endroit inconnu :

À la frontière entre la Russie (oblast de Kaliningrad) et la Pologne :

avec borne-frontière C

Curieux trou, terrier ? En cet endroit. Il ne semble pas y avoir de passage entre la borne biélorusse et le bois juste derrière.

Les mêmes poteaux/piquets/piliers/postes-bornes.* Mais photo prise dans l’autre sens. On devine un petit grillage de rien du tout du côté polonais. Pour quelle utilité ?

avec borne-frontière D — même endroit

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Frontière polono-russe encore :

avec à nouveau un PAS DROG GRANICZEJ (pas drog granitcheï) soit : bande/ceinture/voie/route/chemin de circulation frontalière ; suivi d’un WEJSCIE ZABRONIONE (veïstsié zabronione) soit : entrée interdite.

On a donc ici une matérialisation de la ligne et la zone frontières : 1) par deux poteaux-bornes frontaliers (russe et polonais) — mais nettement plus séparés que dans la double-photographie précédente — et 2) du côté polonais, par une barrière et un panneau d’interdiction d’entrée (qui semble se trouver ici aussi à une quinzaine de mètres).

et encore :

Où la distance entre les deux poteaux-bornes est aussi conséquent.

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Frontière Pologne / Biélorussie. Si du côté polonais il existe une bande frontière, ici bien roulante, il ne semble pas en avoir du côté biélorusse. Ou elle est alors très en retrait, vers la droite, au-delà des arbres, mais est-ce possible ? (Extrait de la vidéo sur la Garde-frontière polonaise dont le lien est cité plus loin.)

avec borne-frontière E — Frontière Pologne / Ukraine ?

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avec borne-frontière F — Frontière Russie / Ukraine ?

Typologie des frontières.

Si l’on veut reprendre ces définitions, on peut constater que malgré les grands principes « z-européens » (de l’Union Européenne), les pays de l’Est européens tels que la Pologne ou la Lituanie n’entendent pas, à l’inverse de ceux de l’Ouest (et malgré la volonté des peuples), faire de leurs frontières des passoires et entendent l’espace Schengen ouverte à l’intérieur (pour en tirer profit, par exemple les travailleurs détachés) mais bien fermée de (et vers) l’extérieur.

avec borne-frontière G — À la frontière entre l’Allemagne et la Pologne, on aperçoit ce qui semble être deux miradors, l’un tout à gauche au premier plan, l’autre (et même peut-être plusieurs autres) tout au fond de l’image.

Détail

Du côté polonais, il s’est passé et se passe encore une volonté de se « protéger » vis-à-vis de la Bqiélorussie, comme chez les Lituaniens à l’encontre des Russes de Kaliningrad, et, sans doute aucun, aussi de la Biélorussie.

( photo non datée)

« Wojsko polskie uszczelnia* granice z bialorusia. Jestem w stalym kontakcie z dowodcani. Zolnierze ulozyli juz ponad 100 km ogrodzenia na pasie granicznym. Rozpoczynaja tez ukladanie kolejnych 50 km. »

« L’armée polonaise scelle les frontières avec la Biélorussie. Je suis en contact permanent avec les commandants. Les militaires ont déjà érigé plus de 100 km de clôtures sur la zone frontalière. Ils commencent également à poser 50 km supplémentaires. »

* uszczelnić : sceller, rendre étanche, calfeutrer, imperméabiliser, jointoyer.

On aperçoit des barbelés du côté polonais ; et, du côté biélorusse une caméra de surveillance. Ce qui finalement est peut-être plus efficace encore que des barbelés.

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Straż Graniczna – prezentacja

Garde-frontière – présentation

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Entre les migrants européens ou non, les trafiquants et contrebandiers divers et les « espions » les gardes frontières ont de quoi s’occuper. Il y a ceux qui font leur trvail en conformité avec les lois, il y a ceux qui dérogent ou ferment les yeux, et il y a ceux qui se font acheter tels qu’en Ukraine, comme on l’a su, en particulier au début de l’opération spéciale russe.

Selon les cas, las pays, les régions, les gardes-frontières de pays qui se touchent s’accordent ou pas. Et en certains cas, on a l’impression qu’ils jouent à se faire peur, ou à s’importuner, se renvoyer la balle migratoire les uns, les autres ; pauvres gens … Le tout né d’animosités réciproques plus ou moins ataviques.

Voici par exemple une intervention polonaise qui date du 9 juillet 2020

Une caméra de surveillance la nuit.

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Przekroczył * „zieloną granicę” — franchie la « frontière verte »

9 juil. 2020 Funkcjonariusze z Placówki Straży Granicznej w Bezledach zatrzymali Rosjanina, który przekroczył granicę w miejscu niedozwolonym. Celem mieszkańca obwodu kaliningradzkiego był kraj UE. 24-latek został przekazany już rosyjskim służbom. Do zdarzenia doszło dzisiaj tuż przed 3 w nocy, w rejonie służbowej odpowiedzialności Placówki Straży Granicznej w Bezledach. Strona rosyjska poinformowała polską Straż Graniczną o zadziałaniu urządzeń sygnalizacyjnych. Do akcji ruszyły wzmożone patrole. Mężczyzna z Kaliningradu w rejon granicy przyjechał rowerem, następnie pieszo przekroczył nielegalnie granicę z Rosji do Polski. Jak przyznał, chciał dostać się do jednego z krajów UE. Cel migracyjny potwierdzały też znalezione przy obcokrajowcu dokumenty osobiste. Rosjanin złożył wyjaśnienia w sprawie nielegalnego przekroczenia granicy państwowej wbrew przepisom.

* Przekroczył : dépassé, outrepassé, franchi, enfreint, transgressé, excédé…

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9 juil. 2020 Des agents du poste de garde-frontière de Bezledy ont arrêté un Russe qui avait traversé la frontière dans un lieu interdit. La destination d’un habitant de l’oblast de Kaliningrad était un pays de l’UE. L’homme de 24 ans a déjà été remis aux services russes. L’incident s’est produit aujourd’hui juste avant 3 heures du matin, dans la zone de responsabilité officielle du poste de garde-frontière de Bezledy. La partie russe a informé les garde-frontières polonais de l’activation des dispositifs de signalisation. Des patrouilles accrues ont commencé l’action. Un homme de Kaliningrad est venu à vélo dans la zone frontalière, puis il a illégalement traversé à pied la frontière entre la Russie et la Pologne. Comme il l’a admis, il voulait se rendre dans l’un des pays de l’UE. Le but de la migration a également été confirmé par les documents personnels trouvés en possession de l’étranger. Le Russe a fourni des explications concernant le franchissement illégal de la frontière de l’État.

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Là, le 5 août 2021, les gardes-frontières se renvoient la balle (des migrants)

Baltarusijos pasieniečiai blokuoja migrantų grąžinimą.

« Konfrontacija Lietuvos ir Baltarusijos pasienyje pasiekė naują etapą. Šią savaitę pasitaikė atvejų, kai Lietuvos pasieniečių grąžinti migrantus ginkluoti Baltarusijos pareigūnai stumia atgal į Lietuvą. »

Les gardes-frontières biélorusses bloquent le retour des migrants.

L’affrontement à la frontière lituano-biélorusse a franchi une nouvelle étape. Cette semaine, il y a eu des cas où des responsables biélorusses armés ont repoussé des migrants — renvoyés par les gardes-frontières lituaniens — vers la Lituanie.

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avec borne-frontière H — Frontière entre Lituanie et Russie (avant la clôture avec barbelés?). L’élément de barrière métallique au premier plan marque la limite interne de la bande frontalière réservée aux gardes frontières. En fait, les simples citoyens de quelque pays que ce soit n’ont pas le droit de pénétrer dans cette zone frontalière de 15 + 15 mètres.

Du moins entre ledit espace Schengen et le non-espace Schengen : localement dans la région qui nous occupe, entre Pologne et Lituanie d’un côté et Russie et Biélorussie de l’autre.

Le plus étrange au demeurant est que Pologne et Lituanie font tout pour ne pas accueillir d’immigrants venant par exemple de Russie et de Biélorussie, pendant que les pays de l’Ouest européen ouvrent leurs portes à tous lesimmigrants qui le désirent, venant de l’Est mais avant tout du Sud (Afrique) ou du Moyen-Orient.

Une Union européenne à l’Est qui verrouille ses entrées quand l’Union Européenne à l’Ouest les déverrouille. Une Union européenne à l’Est qui barricade ses frontières et qui fait tout pour pousser les immigrés qui arrivent à passer pour les faire partir à l’Ouest. Et une Union européenne qui en prime ramasse toute l’immigration non-européenne.

Il existe aux États-Unis depuis des années déjà des cités totalement repliées sur elles-mêmes, des sortes de villes fortifiées (clôturées, surveillées par des milices privées, où il faut montrer patte blanche pour entrer), des cités réservées à la moyenne et haute société.

C’est je pense l’optique de ces pays de l’Est de l’Union européenne, tout imprégnés par ailleurs de haine à l’encontre des Russes au sens large. Mais le problème est que l’Ouest agit tout à l’inverse. Les royaumuniens, dans leur île, faisant notable exception depuis qu’ils ont brexité. Ce sont aussi ceux qui sont les plus farouches alliés de ces pays de l’Est de l’UE (Pologne et pays baltes, sans parler de l’Ukraine…).

À terme cette dualité ne pourra se résoudre normalement. Sans parler de tout le reste…

przejscie wzbronione — passage interdit

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BRÈVE DARMANINESQUE

Encore une de Dard-Malin.

C’est mediapart qui raconte qu’avant les municipales de 2014 à Tourcoing, Darmanin, qui cherchait à s’attirer les voix des musulmans dans le Nord, avait tenté de séduire lors d’un dîner Hassan Iquioussen, l’imam qui vient de jouer ripe et lui filer entre les doigts.

LA BARBARIE SIMILAIRE DES DESTRUCTEURS DE MONUMENTS

par Mikhail Gamandiy-Egorov.

À l’heure où de nombreux régimes atlantistes d’Europe de l’Est démontent ou détruisent des monuments en mémoire des soldats soviétiques ayant libéré le continent du nazisme, le tout sous la justification d’une russophobie longtemps entretenue et désormais agissant sans le moindre tabou, le parallèle avec les méthodes de nombre de groupes terroristes vient inévitablement à l’esprit.

Si la russophobie des régimes de pays comme la Pologne ou encore les États baltes est fort loin d’être nouvelle en soi, désormais elle a pris la forme totalement assumée en ce qui concerne la destruction pure et simple de la mémoire collective et de la morale dans son ensemble à l’encontre des monuments en mémoire des militaires soviétiques ayant libéré la très grande partie du continent européen, et des territoires en question, de la peste brune.

D’une manière naturelle, ces actions qui d’ailleurs provoquent une résistance de plus en plus visible dans les pays en question de la part d’une partie de la population qui rejette cette réécriture de l’histoire, ressemblent si curieusement avec les destructions barbares du patrimoine culturel et civilisationnel syrien, notamment par les terroristes de Daech.

En effet et au-delà de la question du patrimoine historique ou culturel, la morale semble totalement inexistante dans les agissements des barbares terroristes assumés, et de ceux qui prétendent appartenir au monde dit « civilisé ».

D’autant plus que dans les agissements des Pologne et pays baltes, on retrouve l’approbation également de l’ensemble des régimes occidentaux, y compris justement européens.

De manière générale, on peut observer aujourd’hui même en Occident la tendance généralisée de réécriture historique, y compris de leur propre histoire, lorsqu’il s’agit de s’adapter aux besoins des principaux lobbies puissants du moment, qui dictent la marche à suivre en lien avec des fausses valeurs, prétendument « universelles ».

Mais si cela concerne à proprement dit la cuisine occidentale interne, la destruction observée dans un passé assez récent de monuments et de mausolées par les terroristes en Syrie ou au Mali, et désormais le crachat pur et simple sur les millions de soldats soviétiques ayant payé au prix de leur vie la libération de l’Europe du nazisme, concernent justement l’écrasante majorité des peuples non-occidentaux.

Car au final, l’Occident et ses petits sous-traitants ont-ils été ne serait-ce qu’un jour respectueux du patrimoine culturel, historique et civilisationnel des autres ?

Car à défaut d’arracher le patrimoine culturel et civilisationnel des peuples (notamment lors des colonisations occidentales en Afrique, Asie, Amérique latine), la mentalité de cet Occident collectif et de ses quelques régimes affiliés se place clairement dans une posture raciste vis-à-vis des peuples non-occidentaux.

En d’autres termes : nous pouvons piller ce que bon nous semble et détruire aussi si nous le jugerons nécessaire. Et à défaut de le faire soi-même – comme c’est aujourd’hui le cas dans la petite Europe otanesque de l’Est, d’autres le feront à leur place – y compris des éléments ouvertement extrémistes.

Peut-être que justement toute la différence de la pensée de l’Occident et du monde non-occidental (qui représente l’écrasante majorité de l’humanité) se trouve précisément là.

L’Occident, extrêmement minoritaire à l’échelle planétaire, considère que la haine, le racisme et d’autres formes d’extrémisme sont parfaitement acceptables du moment que cela sert ses intérêts.

À l’inverse, le rejet aujourd’hui de l’Occident, ou plus précisément de la politique occidentale, par un large front de peuples de la planète, ne rentre pas dans le schéma vicieux de la haine vis-à-vis des citoyens ou du patrimoine civilisationnel des pays occidentaux.

Ainsi, le rejet par des millions de Maliens, et d’autres peuples africains, de la politique hexagonale et plus généralement occidentale ne se traduit pas par une haine qui viserait les ressortissants français ou autres occidentaux.

La Russie et la Chine n’annulent pas malgré les tensions géopolitiques au summum – la culture européenne et occidentale. Tellement différent de ce qui se fait aujourd’hui dans cette même Europe arrogante, qui tente à faire oublier les grands représentants de la culture russe – et mondiale par la même occasion. Ou qui tente à raser la mémoire (indestructible) des millions de Soviétiques ayant sauvé l’humanité toute entière d’une domination nazie.

Car oui et désolé de le rappeler – ce n’est pas le soldat Ryan qui a sauvé le continent européen de la peste brune, mais bel et bien l’Armée rouge soviétique. Et cela – personne, aussi bas moralement soit-il, ne réussira à le changer.

Au final – où se trouve réellement le prétendu espace civilisé ? À titre d’exemple, le monument célèbre de la capitale éthiopienne Addis-Abeba – Tiglachin – construit à la mémoire des militaires éthiopiens, cubains et soviétiques ayant participé à la guerre de l’Ogaden (1977-1978) – n’a jamais été touché même durant la période pro-occidentale du pouvoir éthiopien. Tellement différent du comportement sauvage des régimes polonais et baltes, sous l’approbation de Washington et de Bruxelles.

Probablement que la réponse est bel et bien là.