Réseau International — 29 août 2022
par Erwan Castel.
(Ne sont pas reproduites ici les illustrations photos et vidéos de l’article original)
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Rappel, nous avons observé depuis l’entrée dans le conflit des forces armées russes (24 février) 2 principales phases stratégiques entrecoupées par une pause opérationnelle où les dispositifs ont été réorganisés:
• Jusqu’en mars, une phase offensive initiale axée sur la rapidité d’exécution, l’étendue et la profondeur du front, ce qui a permis de détruire les capacités offensives ukrainiennes.
• En avril, une réorganisation du dispositif russe avec notamment un retrait du secteur Nord (secteur de Kiev à Soumy) et un renforcement du secteur centre (Donbass).
• De fin avril à mi août, une priorité donné à la libération des territoires républicains de Donetsk et Lougansk et à la stabilisation des secteurs de Kharkov, Zaporojié et Kherson.
Depuis la mi-août, et malgré des succès tactiques significatifs, l’état-major russe, face à la résistance des forces ukrainiennes — laquelle est principalement rendue possible grâce aux aides militaires de l’OTAN, et pour éviter que le front évolue vers l’enlisement et l’attrition souhaité par Washington, déploie d’importants renforts blindés tandis qu’une intensification de ses bombardements engage la préparation d’une nouvelle phase stratégique offensive.
Plusieurs réserves opérationnelles terrestres russes, ainsi que des flottes aériennes de combats importantes ont été acheminées le long des frontières ukrainiennes, notamment dans les régions russes de Belgorod (face au front Nord de Kharkov), de Rostov (face au front de Donetsk) et en Crimée (face au front de Kherson).
Ainsi par exemple du IIIe Corps d’Armée russe qui est une réserve opérationnelle forte d’environ 15 000 hommes et récemment renforcée, réorganisée et entraînée sur le terrain de manœuvre de Mulino dans la région de Nizhny Novgorod pour être adaptée aux menaces et contraintes du front russo-ukrainien, Actuellement les premiers convois arrivent dans le Donbass avec des équipements de combat modernes, chars de combat T-80BV, T-90M, BMP3 ainsi des unités de défense antiaérienne et de génie de combat renforcées.
[ainsi] le 3e Corps d’Armée russe, après un entraînement et une préparation adaptée vient d’arriver aux portes du Donbass dans la région de Taganrok (Rostov/Don).
Sur les autres fronts, au Nord dans le secteurs de Kharkov et au Sud dans celui de Kherson, d’autres renforts russes sont observés en train de se déployer vers les positions ukrainiennes. Certains observateurs estiment que les effectifs de ces nouvelles unités russes sont d’environ 60. 000 hommes, ce qui constituerait le renfort le plus important opéré depuis le début des opérations militaires russes. À noter que leurs équipements comprennent de nombreux matériels modernes, ce qui marque également l’évolution d’un engagement qui s’appuyait jusqu’ici sur le vieil arsenal soviétique.
En Crimée, plusieurs convois ferroviaires ont été vus passant le pont de Kertch et se dirigeant au Nord
vers le front de Kherson où de nombreux pontons flottants ont été posés près des ponts bombardés du Dniepr.
Après avoir sécurisé et consolidé les acquis tactiques réalisés au cours de ce mois d’août (notamment Soledar dans le Nord Donbass et Peski au Nord de Donetsk), les forces russo-républicaines ont repris leurs pressions offensives par de nouvelles campagnes de bombardements sur les positions ukrainiennes ainsi que leurs bases logistiques arrière.
Si la même stratégie est maintenue, nous allons observer pendant plusieurs jours un écrasement massif continuel des forces de Kiev avant de nouveaux assauts en direction de Artemovsk (Nord Donbass), mais surtout Avdeevka, Marinka et Vougledar, pour n’évoquer que le secteur de Donetsk et qui est devenu prioritaire à cause de l’intensification des bombardements terroristes sur les populations civiles républicaines.

Carte générale du front de Donetsk avec les principaux axes offensifs.
Ces bombardements tactiques alliés réalisés sur la ligne de front sont complétés par des bombardements stratégiques dans la profondeur du dispositif ukrainien, visant prioritairement les dépôts logistiques, les bases aériennes, les états-majors, les carrefours ferroviaires par où sont acheminés les renforts vers le front…
En conclusion
Après la pause opérationnelle actuelle qui semble se terminer, nous allons probablement entrer dans une troisième phase stratégique russe visant à finaliser les objectifs immédiats définis dans le Donbass avant les contraintes saisonnières (pluies et diminution des journées)
• Au Nord, briser la ligne de défense ukrainienne Seversk-Artemovsk pour pouvoir engager l’encerclement du grand bastion ukrainien de Slaviansk Kramatorsk,
• Devant Donetsk, desserrer l’étau ukrainien en repoussant les forces de Kiev au minimum jusqu’à Krasnoarmeïsk (40 km plus à l’Ouest).
Cependant, il n’est pas exclu que l’état-major russe décide également de relancer des offensives sur d’autres secteurs, comme par exemple Kharkov au Nord ou Nikolaïev au Sud.
Ce qui est certain, c’est qu’à l’automne le conflit russo-ukrainien, pour répondre à l’entêtement des occidentaux de vouloir prolonger le sacrifice de l’Ukraine sur l’autel de leur russophobie hégémonique, risque fort de rentrer dans une nouvelle dynamique offensive avec une augmentation des objectifs russes et de la destruction d’une Ukraine complètement asservie depuis 2014 et suicidaire depuis cette année.
source : Alawata rebellion
« Les États-Unis ont augmenté leurs importations de pétrole en provenance de Russie de près de la moitié à la fin du mois de mars 2022 ».
Je lis sur Le Courrier des Stratèges de ce matin : « Macron copieusement insulté sur scène au festival du Touquet… »
Le Festival du Touquet est un festival de dite « musique techno » qui hier soir aurait réuni 20.000 personnes. Macron y était invité et présent.
Mais reprenons l’information :
« Est-ce le signe prémonitoire d’une rentrée difficile ? L’artiste Marc Rebillet a profité de se participation au festival du Touquet pour insulter copieusement le Président de la République…
C’est donc au son de “Macron enculé” et de “Macron dégage” que le nom du Président de la République a été accueilli dans la bonne ville du Touquet, où Brigitte Macron possède une villa. La scène illustre la très grande popularité du Président, y compris sur ses terres… y compris dans les lieux les plus bourgeois.
On peut s’interroger sur la suite qui sera réservée à ce quinquennat capillotracté. »
Je ne joins pas le lien d’un extrait de la prestation dudit artiste franco-américain Marc Robillet, sa prestation m’avait l’air aussi valeureuse que la pensée politique de l’ado de Trogneux. Mais je note que, même dans le milieu de la sous-culture à la mode, « manu la ramasse » est en haute estime chez certains. Certains que je n’appellerai certainement pas rebelles, mais juste un peu énervés.
Mesquinement, les « responsables » du festival auraient fini par couper le son au prestataire électro-technique spécialisé, paraît-il, dans l’improvisation textuelle sur musique technologique. Et lui réclament maintenant de rembourser son cachet. Là, je ne comprends plus. Tous ces gens ne sont-ils pas Charlie ?! Et ne sont-ils pas tous LGBTQXYZ ?
Je ne sais pas ce que le « délinquant » en pense finalement ; j’ai bien entendu quelques phrases de lui, mais c’est en anglais, or, j’ai toujours été totalement imperméable à cette langue, du moins oralement. Si ce n’est à comprendre un mot par ci, un mot par là. Et de préférence dits par un francophone. Or ce franco-américain est un vrai bilingue, donc je ne comprends pratiquement rien.
Enfin, en attendant j’ai écouté un petit bout de sa non-musique ; j’ai lu quelque part que dès quatre ans il a commencé à jouer du piano. Il aurait dû continuer.
Quand on vous dit que l’opposition politique est faiblarde ! Et qu’elle est à l’image de tout le reste, dans sa déliquescence.
28 août 2022/Réseau International
Le 24 août, les médias ukrainiens ont accusé l’armée russe d’une autre attaque présumée contre des civils en Ukraine : Des missiles russes Iskander ont frappé un train en gare dans la région de Dniepropetrovsk.
La dernière en date parmi les frappes balistiques multi-quotidiennes de l’armée russe, dénoncées périodiquement (à peu près une ou deux fois par mois cet été) comme « odieuse frappe visant des cibles civiles » a ciblé cette fois, avec une extrême précision, un convoi ferroviaire dans la gare de Chaplino. Mais nous ne sommes pas dans la configuration de l’épisode de la gare de Kramatorsk qui déjà a fait long-feu … Le régime de Kiev a néanmoins accusé la Russie d’avoir attaqué une gare et un train civil.
Le même jour, le président ukrainien Zelensky a affirmé dans son discours au Conseil de sécurité de l’ONU « qu’au moins 15 civils avaient été tués et environ 50 autres blessés », et présentait comme preuve de ces exactions quatre voitures particulières en feu. Mais, le 25 août, le ministère russe de la Défense a révélé la cible de l’attaque de la veille lors de son briefing quotidien. Il s’est avéré que des missiles russes Iskander visaient et ont touché avec leur efficacité habituelle un train militaire avec du matériel militaire et des réservistes en route vers les lignes de front du Donbass.
En conséquence, 200 militaires des Forces armées ukrainiennes ont été tués et 10 pièces d’équipement militaire ont été détruites. Bien évidemment, et selon leur habitude, les médias ukrainiens n’ont publié que des photos de voitures particulières incendiées, se gardant bien de montrer les matériels militaires détruits. Cependant, des vidéos locales confirment bien qu’il s’agissait d’un train militaire transportant du matériel militaire et des forces armées.
Parmi les autres cibles ce jour-là des missiles russes qui s’emploient à « démilitariser » l’Ukraine en détruisant quotidiennement les équipements livrés par les occidentaux et les forces locales qui les servent (sans exposer les soldats russes qui avancent lentement mais sans la moindre perte, une fois le terrain ainsi « démilitarisé ») il y avait l’aérodrome militaire de Mirgorod dans la région de Poltava où cinq avions militaires ont été détruits.
Le poste de commandement du groupe ukrainien « Kakhovka » a été détruit près de la ville de Novy Bug dans la région de Mykolaïv. À la suite de la frappe, 64 militaires ukrainiens et 7 unités d’équipement militaire ont été détruits. Le même jour, les forces aérospatiales russes ont également détruit dans la région de Khmelnitsky une entreprise de réparation d’armes blindées et de MLRS ( Systèmes lance-roquettes multiples), y compris de fabrication étrangère, notamment les «HIMARS» (High Mobility Artillery Rocket System) américains (et principalement utilisés pour bombarder les zones civiles du Donbass).
Dans la ville de Zaporozhye, les ateliers de l’usine d’Iskra, où les stations ukrainiennes de défense aérienne et de radar de contre-batterie ont été réparées (pour permettre aux ukrainiens de bombarder la centrale nucléaire d’Energodar), ont été détruits, etc.
De toute cette activité « criminelle » – pourtant systématique et quotidienne – des forces aérospatiales de la Fédération de Russie il n’est évidemment pas davantage question sur les journaux radiovisés de service public français ou de BFMTV, etc ; pas davantage dans Le Monde, le Figaro ou Libération, etc.
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Barbares, criminels et … récidivistes !
Le mois dernier, selon un scenario exactement identique, alors que nos mêmes « médias de référence », notamment du service public, reprenaient sans la moindre vérification les bobards de la propagande ukrainienne, le ministère de la Défense Russe, dans sa conférence quotidienne du 10 juillet, révélait (preuves et documents à l’appui) à propos de ces allégations parfaitement inconsistantes, que des missiles russes avaient effectivement frappé une installation militaire des Forces armées ukrainiennes dans la région de Bakhmut (une des dernières localités de l’Oblast de Donetsk non encore libérées de la soldatesque nazie qui les opprime depuis 8 ans).
Relayant leurs compères ukrainiens, les médias occidentaux, qui n’évoquent jamais les bombardements quotidiens (depuis 8 ans) de civils dans le Donbass continuaient pourtant de proclamer que « les envahisseurs russes ont détruit un bâtiment civil », dans la ville de Chasov Yar située à l’ouest de Bakhmut (également connue sous le nom d’Artyomovsk).
Cependant, les images fournies par les mêmes médias ukrainiens révélaient que la cible était une installation militaire, implantée « en ville », qui hébergeait en fait essentiellement des membres des forces armées. Des photos prises sur place montraient par exemple un homme blessé en uniforme militaire sorti des décombres.
À ce jour, la mort d’au moins 16 militaires des Forces armées ukrainiennes et la blessure de six autres ont été confirmées.
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Pourquoi l’Ukraine purge … ses services secrets
Pour bien comprendre la logique de ces événements comme leurs causes réelles et factuelles il faut juste observer qu’après avoir « démissionné » sa principale propagandiste et procureur des « crimes de guerre » odieusement perpétrés (sur le mode grand-guignolesque popularisé par BHL, la CIA et Ludmilla Denisova) par les immondes barbares orientaux sur les chères têtes blondes ukrainiennes
La clique mise aux affaires par la CIA à Kiev a depuis commencé à s’apercevoir que pour arriver à détruire aussi méthodiquement et efficacement ses officiers, ses obusiers « flambant neufs » livrés par les occidentaux, ses « concentrations » et convois de matériel et de troupes, parfois loin à l’arrière du « front », et avec un « timing » et une précision mortels, il fallait que les immondes ruskofs disposent non seulement d’une technicité supérieure mais aussi d’un renseignement bien plus dense, efficace, précis et compétent que celui qui informait de manière si peu professionnelle les cadres ukrainiens comme leurs sponsors.
Il faut donc mettre en rapport ces dernières péripéties et le « changement de paradigme » qu’elles manifestent de la part de la machine à bourrer le crâne de l’OTAN, avec les révisions déchirantes récemment appliquées par nos amis défenseurs de nos valeurs démocratiques aux marches de l’Empire du Mal.
Ainsi, il y a quelques semaines, après avoir « démissionné » Denisova au motif de la désaffection de ses clients à l’égard d’une marchandise qui s’était rapidement périmée, le Parlement ukrainien a limogé le chef du service de sécurité nationale (SBU), sur instruction de Zelensky, en même temps que cinq de ses chefs d’agences régionales …
On vit donc le parlement ukrainien approuver le limogeage du chef du Service de sécurité (SBU), le président Vladimir Zelensky ayant limogé la veille les chefs des départements du SBU dans cinq des régions du pays.
Les dirigeants du SBU dans les régions de Soumy, Dnepropetrovsk, Jytomir, Transcarpatie et Poltava ont tous été remplacés. Il est à noter que toutes ces régions sont majoritairement russophones voire « russes ethniques ». Le directeur adjoint de l’agence, Vladimir Gorbenko, fut également démis de ses fonctions par décret présidentiel.
Peu de temps après que le président Zelensky ait lancé cette purge, le parlement ukrainien, la Verkhovna Rada, votait en faveur de sa demande de limoger le chef du SBU, Ivan Bakanov, suspendu depuis dimanche. Les législateurs ont ensuite pris la même décision concernant le procureur général Irina Venediktova, la relevant également de ses fonctions.
Zelensky à viré son procureur général et le chef des services secrets arguant d’une trahison de leur part, présentée comme responsable d’une trahison « endémique » au sein du SBU et du bureau du procureur général en rapport avec la Russie.
Plus de 650 poursuites pénales ont été lancées contre les employés des deux agences, a-t-il annoncé. Dans les « milieux bien informés » on notait alors qu’une telle « gamme de crimes » , ainsi que des contacts entre « des employés des forces de l’ordre d’Ukraine et de Russie », soulevaient de « sérieuses questions » pour Bakanov et Venediktova … Zelensky lui-même avertissant qu’ils ne resteraient pas sans réponse.
Nous avons maintenant un de ces éléments de réponse …
source : Librairie Tropiques


Le kidnappeur serait réfugié du côté de l’Elysée, des pourparlers sont en cours.

Quand les seringues deviennent nos barreaux

On avait bien compris

Le papillon poudré s’est brûlé les ailes, l’agitation ne tient pas lieu de stratégie.

The show must go on, le spectacle continue

Elisabeth Borne Agent de sa Majesté

Borne, son passé et son futur proche en 5 vignettes à collectionner.

Garanti sans hormones, élevé à la ferme.

« Nous sommes en guerre »…
Imagine t-on le Général de Gaulle faire du pédalo sur la Tamise à Londres ?
28 août 2022, Réseau International
Alors que l’intégration eurasiatique va devenir un vecteur encore plus fort, la diplomatie russe va consolider la nouvelle normalité.
Dmitri Medvedev, se complaisant dans son attitude décontractée, a fixé les règles de l’opération militaire spéciale (OMU). Sans détour, il a affirmé qu’il existe « un scenario et demi » : soit aller jusqu’au bout, soit un coup d’état militaire en Ukraine suivi de l’acceptation de l’inévitable. Aucun troisième scénario ne pourra s’appliquer.
La situation est on ne peut plus claire : les dirigeants de Moscou font savoir très clairement, à leurs publics internes et internationaux, que la nouvelle donne consiste à faire mijoter lentement le racket de Kiev dans un énorme chaudron tout en peaufinant son statut de trou noir financier pour l’Occident collectif. Jusqu’à atteindre le point d’ébullition – qui sera une révolution ou un putsch.
En parallèle, les seigneurs de la guerre (par procuration) poursuivront leur propre stratégie, qui consiste à piller une Europe affaiblie et craintive, puis à l’habiller comme une colonie parfumée à exploiter impitoyablement ad nauseam par l’oligarchie impériale.
L’Europe est maintenant un TGV en fuite – sans les valeurs de production hollywoodiennes requises. En supposant qu’il ne dévie pas de sa trajectoire – une proposition risquée – il pourrait bien arriver à une gare appelée Agenda 2030, Le Grand Récit, ou toute autre dénomination de l’OTAN/Davos du jour.
En l’état actuel des choses, ce qui est remarquable, c’est la façon dont l’économie russe « marginale » a à peine transpiré pour « mettre fin à l’abondance » de la région la plus riche de la planète.
Moscou n’envisage même pas de négocier avec Bruxelles parce qu’il n’y a rien à négocier – considérant que les minables eurocrates ne seront arrachés à leur état zombifié que lorsque les conséquences socio-économiques désastreuses de la « fin de l’abondance » se traduiront enfin par des paysans armés de fourches parcourant le continent.
Ce n’est peut-être pas pour tout de suite, mais inévitablement, l’Italien, l’Allemand ou le Français moyen fera le lien et réalisera que ce sont ses propres « dirigeants » – des nullités nationales et des eurocrates pour la plupart non élus – qui les mènent à la pauvreté.
Vous serez pauvres. Et vous aimerez ça. Parce que nous soutenons tous la liberté des néonazis ukrainiens. Cela porte le concept d’« Europe multiculturelle » à un tout autre niveau.
Le train en fuite, bien sûr, peut dévier de sa trajectoire et plonger dans un gouffre alpin. Dans ce cas, quelque chose pourrait être sauvé de l’épave – et une « reconstruction » pourrait être envisagée. Mais reconstruire quoi ?
L’Europe pourrait toujours reconstruire un nouveau Reich (qui s’est effondré avec fracas en 1945) ; un Reich mou (érigé à la fin de la Seconde Guerre mondiale) ; ou rompre avec ses échecs passés, chanter « Je suis libre » – et se connecter à l’Eurasie. Ne pariez pas là-dessus.
Récupérer ces terres tauriennes *
L’OMU est peut-être sur le point de changer radicalement, ce qui va rendre encore plus fous les habitants déjà désemparés du Think Tankland américain et leurs vassaux européens.
Le président Poutine et le ministre de la Défense, Choïgu, ont laissé entendre que la seule issue possible pour le cadran de la douleur était la hausse, compte tenu des preuves croissantes de terrorisme à l’intérieur du territoire russe, de l’assassinat odieux de Daria Douguine, du bombardement ininterrompu de civils dans les régions frontalières, des attaques contre la Crimée, de l’utilisation d’armes chimiques et du bombardement de la centrale électrique de Zaporijia, qui augmente le risque de catastrophe nucléaire.
Mardi dernier, un jour avant que l’O.M.S (Opération Militaire Spéciale) n’achève ses six mois, le représentant permanent de la Crimée auprès du Kremlin, Georgy Muradov, a donné le ton.
Il a souligné la nécessité de « réintégrer toutes les terres tauriennes » – la Crimée, le nord de la mer Noire et la mer d’Azov – en une seule entité dès « les prochains mois ». Il a défini ce processus comme « objectif et exigé par la population de ces régions ».
Muradov a ajouté : « étant donné non seulement les frappes sur la Crimée, mais aussi le bombardement continu de la centrale nucléaire de Zaporijia, du barrage du réservoir de Kakhovka, des installations pacifiques sur le territoire de la Russie, de la RPD et de la RPL, il existe toutes les conditions préalables pour qualifier les actions du régime banderiste de terroristes ».
La conclusion est inévitable : « la question politique de la modification du format de l’opération militaire spéciale » entre à l’ordre du jour. Après tout, Washington et Bruxelles « ont déjà préparé de nouvelles provocations anti-Crimée de l’alliance OTAN-Bandera ».
Ainsi, lorsque nous examinons ce qu’implique la « restauration des terres tauriennes », nous voyons non seulement les contours de la Novorossiya, mais surtout qu’il n’y aura aucune sécurité pour la Crimée – et donc pour la Russie – dans la mer Noire sans qu’Odessa ne redevienne russe. Et cela, en plus, résoudra le dilemme de la Transnistrie.
Ajoutez à cela Kharkov – la capitale et le principal centre industriel du Grand Donbass. Et bien sûr Dnipropetrovsk. Ce sont tous des objectifs de l’Opération Militaire Spéciale, l’ensemble devant être protégé ultérieurement par des zones tampons dans les oblasts de Tchernihiv et de Soumy.
Ce n’est qu’alors que les « tâches » – comme les appelle Choïgu – de l’Opération Militaire Spéciale seraient déclarées accomplies. Le délai pourrait être de huit à dix mois – après une accalmie sous le général Winter.
Alors que l’Opération Militaire Spéciale se met en branle, il est évident que l’Empire du chaos, du mensonge et du pillage continuera de soutenir et d’armer le racket de Kiev – et cela sera particulièrement vrai après le Retour d’Odessa. Ce qui n’est pas clair, c’est qui et quelle bande restera à Kiev pour se faire passer pour le parti au pouvoir et faire des spéciales pour Vogue tout en exécutant dûment les diktats impériaux.
Il est également acquis que le combo CIA/MI6 peaufinera sans relâche les contours d’une guérilla massive contre la Russie sur de multiples fronts – truffée d’attaques terroristes et de toutes sortes de provocations.
Pourtant, dans une perspective plus large, c’est l’inévitable victoire militaire russe dans le Donbass, puis dans « toutes les terres tauriennes », qui frappera l’Occident collectif comme un astéroïde mortel. L’humiliation géopolitique sera insupportable ; sans parler de l’humiliation géoéconomique pour l’Europe vassalisée.
Alors que l’intégration eurasiatique deviendra un vecteur encore plus fort, la diplomatie russe consolidera la nouvelle normalité. N’oubliez jamais que Moscou n’a eu aucun mal à normaliser ses relations, par exemple, avec la Chine, l’Iran, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Pakistan et Israël. Tous ces acteurs, de différentes manières, ont directement contribué à la chute de l’URSS. Aujourd’hui – à une exception près – ils sont tous concentrés sur l’aube du siècle eurasiatique.
source : Strategic Culture Foundation
traduction Réseau International
*(jpf) taurien, taurienne : adjectif en rapport avec le nom grec ancien de la péninsule (ou presqu’île) de Crimée : la Chersonèse Taurique ou Chersonèse de Tauride — Χερσόνησος Ταυρικός.
Khersonêsos, Χερσόνησος qu’il faut sans doute traduire par : île (νησος, nêsos) en friche, inculte, stérile (xερσoς, khersos). De nos jours encore — comme au temps des Grecs, ou des Tatars, ou plus près de nous — l’approvisionnement en eau douce est un problème en Crimée ; d’où l’importance du canal de Crimée qui va chercher son eau dans le Dniepr.
Au Nord-Ouest de cette péninsule, sur la steppe pontique, près de l’embouchure du Boug méridional (ou oriental) qui possède un estuaire commun avec le Dniepr sur la Mer Noire, se trouve la ville de Kherson, fondée par les Russes, en 1778, sous la direction de Grigori Potemkine, le célèbre amant de Catherine II. Qui fonda également les villes de Nikolaïev, Sébastopol (en Crimée) ou encore Iekaterinoslav (Dnipro ou Dniepropetrovsk de nos jours). Je suppute (j’espère, sans me tromper) que le nom Kherson a un rapport avec : Chersonèse (Χερσόνησος).
Après l’Australie il y a quelque temps, l’Amerloquie ne veut pas de Novak Djokovic, le non « vacciné » ; ce dernier persiste et signe — c’est tout à son honneur — et déclare donc forfait à l’US Open de tennis.

Depuis la guerre en ex-Yougoslavie, les Serbes ont parfaitement compris ce qu’il en était des « démoncrassies » occidentales ; et anglo-saxonnes en particulier.
Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 26 août 2022
Ce qu’est la chaîne de commandement qui a planifié et opéré l’attentat contre Douguine et sa fille Daria est révélé indirectement par le journal étasunien Los Angeles Times : “Depuis 2015 la CIA entraîne les agents des services secrets ukrainiens dans une structure secrète aux États-Unis”. En décembre 2021 déjà, sur Grandangolo, la journaliste Daria Platonova [Douguina] rapportait : “Les services de sécurité ont communiqué avoir identifié 106 agents ukrainiens qui se préparaient à commettre des attentats et massacres dans 37 régions de Russie. En plus de la constante tension sur le plan politique et médiatique, nous devons aujourd’hui nous confronter aussi à des actions de groupes terroristes dans notre pays, heureusement neutralisés à temps”. Sur ce fond reste sans réponse la question de savoir comment il a été possible que la voiture de Daria, sur laquelle a été installée la bombe télécommandée, soit restée jusqu’au soir dans un parking non gardé avec des télé-caméras ne fonctionnant pas.
Maya Nogradi (réalisatrice, éditrice à Grandangolo) nous parle ce soir, dans un témoignage émouvant, de son amie Daria. Il en émerge une figure de jeune journaliste et analyste géopolitique qui tenait une place de plus en plus significative que ce soit en Russie ou au niveau international. De ces éléments et d’autres encore on peut déduire que Daria a été non pas simplement victime d’un attentat contre son père mais elle aussi cible première de l’attentat. Sur Grandangolo de juin dernier, dans un compte-rendu sur le Forum économique international de Saint Petersbourg, elle en résumait ainsi la signification : “Le processus de dé-dollarisation implique le monde entier. Les États-Unis et leurs satellites européens perdront inévitablement la guerre hybride mondiale qu’ils ont déclenchée”. Pour cela le courant dominant italien et international l’accusait de “haine contre l’Occident”.
Daria était une des principales voix ce ce monde multipolaire que l’Occident considère comme une menace envers sa prédominance et qu’il combat par tous les moyens. Voilà la cause fondamentale de la désastreuse crise qui est en train de s’abattre sur l’Europe à la suite de l’augmentation sans précédent du prix du gaz dû aux mécanismes spéculatifs de la grande finance.
Manlio Dinucci
Reçu de l’auteur et traduit par Marie-Ange Patrizio
La source originale de cet article est byoblu.com
Copyright © Manlio Dinucci, byoblu.com, 2022
*Daria Platonova est un pseudonyme transparent, en relation directe avec sa formation ; elle était (est encore) docteur en philosophie et versée dans le domaine des néo-platoniciens de la fin de l’empire romain. D’où « Platon » et « nova » (nouvelle, neuve).
De Réseau International
par Batiushka. *
« Et ils remplirent tout le pays de ces châteaux. Ils accablaient les malheureux habitants du pays de travaux forcés sur les châteaux ; et quand les châteaux furent construits, ils les remplirent de diables et de méchants. » Chronique anglo-saxonne, 1137
Introduction : Les trois objectifs de l’Opération Spéciale révisés
Il est désormais officiellement admis que les trois objectifs de l’opération spéciale alliée en Ukraine, à savoir la libération du Donbass, la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine, ont dû être élargis. Cela est dû, d’une part, à la résistance du régime néonazi de Kiev à la libération des peuples d’Ukraine et, d’autre part, au soutien apporté à ce régime par des régimes pro-nazis. Ces régimes, connus sous le nom d’« Occident collectif », sont les régimes, représentant seulement 13% de la population mondiale, qui ont prolongé la guerre, à la fois dans le temps et dans l’espace.
Ce changement a été implicitement confirmé le 28 juillet par Dmitry Peskov, secrétaire de presse du président Poutine, qui a déclaré que « l’ensemble de l’Ukraine doit être dénazifié ». Cela signifie que la majeure partie, voire la totalité, de l’Ukraine va être libérée, pas seulement la Crimée, les deux provinces du Donbass et les quatre provinces environnantes de Kharkov, Dnipropetrovsk, Kherson et Zaporijia. Ces provinces entièrement ou partiellement libérées sont attaquées de plus en plus loin : il est clair que leur libération ne sera pas complète tant que les attaques venant de plus loin n’auront pas cessé, même si cela signifie aller jusqu’à la frontière ukrainienne avec la Pologne. (Et si les pays de l’OTAN osaient attaquer l’Ukraine libérée depuis l’intérieur de leurs frontières, alors…).
Quant au deuxième objectif, la démilitarisation, qui est en cours en Ukraine et a atteint un niveau élevé en raison de la destruction par les Russes de matériel militaire et de ceux qui sont prêts à l’utiliser, il a également dû être prolongé. Cette prolongation est nécessaire en raison du matériel militaire envoyé à l’Ukraine par le reste de l’Occident collectif, c’est-à-dire l’Europe non russe (un peu plus de 50% du territoire européen) et les États-Unis. Ces deux pays ont commencé à envoyer à l’Ukraine leurs armes qui seront détruites par la Russie. Cependant, le troisième objectif, la dénazification, à la fois en Ukraine et, comme nous l’expliquons ci-dessous, encore plus dans le reste de l’Europe non-russe, est beaucoup plus complexe. Permettez-nous de l’expliquer à travers ce qui peut sembler, à première vue, être des considérations historiques plutôt académiques concernant l’histoire anglaise et occidentale. Soyez patients. Il y a un but à tout cela.
Les « Anglo-Saxons »
Depuis 1945, l’Europe non-russe a été dominée politiquement, économiquement et militairement par un groupe, communément appelé « Anglo-Saxons », représenté par les drapeaux des conquérants américains et britanniques. Un mot d’explication s’impose ici, car ce terme est tout à fait inexact. Le terme « anglo-saxon » est principalement utilisé par les chroniqueurs latins et les universitaires pour désigner la civilisation et le peuple de l’Angleterre pré-1066/pré-normande/pré-conquête/pré-féodale. Ces personnes elles-mêmes n’utilisaient pas ce terme pour désigner leur langue ou leur civilisation. Ils parlaient ce qu’ils appelaient l’« Englisc », ce que les linguistes appellent aujourd’hui le « vieil anglais », et ils se qualifiaient eux-mêmes d’« Anglecynn », c’est-à-dire de personnes apparentées aux Angles/anglais. Le terme historique correct pour les désigner est l’anglais ancien, ou parfois le vieil anglais.
Le reste est en grande partie de la mythologie normande (= viking), ou plutôt de la propagande anti-anglaise. Par exemple, le terme « Angleterre anglo-saxonne » est très étrange – « Angleterre sous domination anglaise » (voir ci-dessous) serait plus exact. Autre exemple de propagande anti-anglaise : le terme moderne « anglo-saxon » pour désigner des gros mots. Ce terme purement anti-anglais se rapporte à des mots qui ont souvent été introduits en anglais à partir du néerlandais médiéval. Enfin, le terme politique correct pour « Anglo-Saxons », une expression utilisée surtout par les non-anglais, y compris les Américains (par exemple, le terme américain « WASP »), serait « Amero-Angliens » – et non « Anglo-Américains ». En effet, depuis 1940 et l’avènement de l’Amero-Anglien Churchill, le Royaume-Uni n’est rien de plus qu’un caniche de Washington jappant mais lâche.
Au lieu de l’imprécis « Anglo-Saxons », vous pourriez utiliser l’acronyme US-UK-CA-AUS-NZ, « les cinq yeux », pour désigner ce que beaucoup préfèrent appeler l’« anglosphère ». C’est l’équivalent de ce que les Russes appellent « le monde russe » (Русский мир), qui pourrait être traduit par « la russosphère ». Curieusement, la propagande occidentale affirme que le terme « Anglosphère » est parfaitement acceptable et respectable, mais que le terme « Le monde russe », interdit dans plusieurs pays dominés par les élites nommées par les États-Unis, est raciste, agressif et même « hérétique » !
L’Angleterre sous domination anglaise
Même les Anglais les plus mal éduqués – et ils sont nombreux, étant donné l’épouvantable système éducatif occidental contemporain – connaissent une date de l’histoire : 1066. C’est la date de l’invasion normande par Guillaume le Conquérant (ou plutôt « le Bâtard ») et de l’occupation continue par l’« Establishment » normand, avec son accent franco-normand de la classe supérieure, ce qu’on appelle aujourd’hui la « BBC ». S’ensuivirent la féodalisation (le système féodal était inconnu en Angleterre avant 1066) et le génocide du peuple anglais, que les historiens propagandistes pro-normands/anti-anglais appellent les « Anglo-Saxons ». Cela a entraîné l’exil de milliers de ses habitants, notamment de sa lignée royale à Kiev et de nombre de ses nobles à Constantinople.
Il y a eu une résistance anglaise au pied bot des Normands féodaux, envoyés avec les encouragements du pape de Rome depuis le sommet de la pyramide féodale, et accompagnés par des prêteurs de Rouen, des Juifs, qui n’avaient jamais vécu en Angleterre auparavant. La résistance était menée par des héros folkloriques comme Hereward dans l’est de l’Angleterre et Eadric dans l’ouest de l’Angleterre. Ces chefs folkloriques tentent de répéter l’exploit de défense nationale du roi Alfred, le seul souverain anglais à avoir été appelé « le Grand ». Le fait qu’ils n’aient pas réussi à répéter son exploit, qui consistait à vaincre les Vikings (pirates danois) au neuvième siècle, en vainquant les Vikings (pirates normands) au onzième siècle, n’est guère surprenant. En effet, le dernier roi anglais, Edmund Ironside, l’arrière-arrière-arrière-petit-fils du roi Alfred, avait déjà été assassiné par des Vikings danois (pirates danois) en 1016. Il n’y a pas eu d’autres rois anglais après Edmund en 1016.
Le chef viking Knut (Canute) et trois successeurs étrangers ont succédé à Edmund Ironside, dont le traître mi-normand, mi-danois Edward « le Confesseur », qui a fait construire en 1051 par ses agents normands le premier château d’Angleterre, marquant ainsi le début de « Castle England » (voir ci-dessous). Le Confesseur a été suivi par les Normands, les Français (Plantagenêts), les Gallois (Tudors), les Écossais (Stuarts), les Hollandais (Orange) et les Allemands (Hanovriens/Saxe-Cobourg-Gotha/« Windsor »). Ces peuples sont collectivement connus des Européens non occidentaux sous le nom de « Francs ». En résumé, il n’y a pas eu de roi ou de reine d’Angleterre pendant plus de mille ans, depuis 1016. En effet, à plusieurs reprises, les Gallois, les Écossais et les Irlandais ont également dû, comme les Anglais, supporter ces monarques étrangers, pseudo-anglais.
Une Europe gouvernée par des étrangers
Alors, après cette déviation, quel est le lien avec l’Ukraine ? Nous parlons de tout cela parce que le sort des Anglais n’est qu’un exemple du sort de tous les Européens non russes, à savoir être gouvernés par des « pirates », par des élites étrangères ou allogènes – tout comme dans l’Ukraine d’aujourd’hui. Le symbole le plus visible de la domination et de l’oppression par des élites étrangères reste les châteaux qu’elles ont construits pour opprimer le peuple. De manière significative, depuis les côtes atlantiques du Portugal et de l’Irlande jusqu’aux frontières les plus occidentales de l’Ukraine actuelle (voir la carte sur Google), c’est-à-dire dans toute l’Europe non russe, l’« encastellation » était le signe de l’oppression des peuples d’Europe par des élites pirates. Ainsi, l’Europe non-russe peut visiblement être appelée « l’Europe des châteaux ». Les châteaux, même s’ils sont aujourd’hui en ruines, étaient et sont toujours les camps de concentration, les tours de guet et les symboles de l’élite occidentale féodale, depuis le XIe siècle.
À la fin de cette ère féodale, la pire chose qui soit arrivée à l’Europe des châteaux a été la découverte du Nouveau Monde. C’était la pire des choses, car cela signifiait que la même mentalité de conquête (par exemple, les « Conquistadors ») était adoptée sans opposition outre-mer, afin d’y asservir encore plus de peuples et de projeter sur eux la piraterie que l’Europe des châteaux avait à offrir. Mais le pire était à venir. Au vingtième siècle, la colonie la plus riche et la plus puissante du Nouveau Monde, tout comme l’« Europe des châteaux », a génocidé ses peuples indigènes, qu’elle a appelés « sauvages », comme s’il s’agissait d’animaux sauvages, afin d’exploiter leurs ressources naturelles. Après avoir envoyé les survivants dans des camps de concentration, qu’elle a appelés « réserves », gardés par des châteaux, qu’elle a appelés « forts », elle est revenue pour envahir l’« Europe des châteaux », la dominer et la hanter.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, partout dans l’« Europe des châteaux », des drapeaux ukrainiens flottent sur les tours des châteaux médiévaux et sur d’autres bâtiments, y compris les « églises », qui ressemblent souvent à des mini-châteaux. Pourquoi ? Parce que les élites pirates de l’« Europe des châteaux », nommées par les États-Unis, l’ont ordonné, car pour elles, l’Ukraine est leur « réserve » privée, c’est-à-dire leur propre camp de concentration. En d’autres termes, l’« Europe des châteaux » est toujours dirigée par une élite étrangère et nommée par les étrangers, comme avant. Ses nouveaux châteaux sont appelés « bases » et « camps », par exemple la « base aérienne de Ramstein » en Allemagne ou le « camp Bondsteel » au Kosovo. C’est la même chose. Nous sommes passés de l’Europe féodale (normande/franque) à l’Europe néo-féodale (américaine). Et « féodal » se traduit dans le langage moderne par « néon », « néolibéral » ou simplement, pour les Russes surtout, « nazi ». C’est pourquoi nous voyons clairement que la démilitarisation et la dénazification de l’Ukraine conduiront inévitablement, à terme, à la démilitarisation et à la dénazification de l’Europe non russe, c’est-à-dire de l’Europe des châteaux.
Conclusion : La dénazification comme libération politique, économique et idéologique
« Et si elle te demande pourquoi, tu peux lui dire que je t’ai dit que j’en ai assez des châteaux dans les airs.
J’ai un rêve que je veux que le monde partage,
Et les murs des châteaux ne font que me conduire au désespoir. »
(Don McLean, « Castles in the Air », 1970)
Dans les semaines et les mois à venir, nous pourrions bien voir des troupes russes à Kiev. Mais les verrons-nous à Berlin, Vienne, Paris (ces trois-là pour la deuxième fois), Rome, Madrid et Londres (ces trois-là pour la première fois) ? C’est très peu probable, et certainement pas si la population locale ne le souhaite pas. La Russie ne va pas sacrifier ses soldats (une fois de plus) pour des Européens gâtés. Car ce n’est pas la guerre militaire qui entraînera la dénazification de l’Europe des châteaux, mais la guerre politique, idéologique et économique. Cette catastrophe imminente, qui, en ces jours d’été étouffants, effraie déjà surtout l’Allemagne et l’Italie, est peut-être la seule chose qui puisse ramener l’Europe des Châteaux à la raison.
En d’autres termes, l’Europe des Châteaux ne sera pas dénazifiée par les armes, mais par les politiques, l’argent et les idées. Malheureusement, cela ne sera pas possible tant que l’Europe des châteaux ne commencera pas à souffrir de son élite de pirates étrangers, puis à la renverser. l’« Europe des châteaux » est l’Europe qui est occupée par des ruines, les châteaux de son esprit en ruine. La dénazification est l’occasion pour tous les peuples de l’« Europe des châteaux » de cesser d’imiter les Américains et de redevenir eux-mêmes, comme ils l’étaient avant que l’Europe néo-féodale ne soit importée du Nouveau Monde au siècle dernier. C’est l’occasion pour les Européens de rejeter les envahisseurs américains de l’autre côté de l’océan et de commencer la dé-macdonaldisation et la dé-disneyisation de l’Europe.
Plus radicalement encore, littéralement radicalement, la dénazification est l’occasion pour tous les peuples de l’« Europe des châteaux » de retrouver leur identité, de retourner à leurs racines ethniques au-delà de l’« Europe des châteaux », au-delà de la domination d’élites étrangères. C’est l’occasion pour les Britanniques de redevenir Anglais, pour les Français de redevenir Gaulois, pour les Espagnols de redevenir Mozarabes, pour les Allemands de redevenir Bavarois, Saxons, Souabes et Hessois. C’est une indication de l’orientation radicale future de l’Europe, un retour aux racines, à la liberté, à l’identité. Ce qui a commencé à Marioupol et à Donetsk finira par se terminer à Berlin, Vienne, Paris, Rome, Madrid et Londres. Ce sera la fin de l’escroquerie millénaire, la fin de l’Europe des châteaux et le premier jour de la liberté.
source : The Saker du 30 juillet 2022
traduction Hervé, relu par Wayan, pour Le Saker Francophone
* Batiushka, Batiouchka, батюшка, père, dans le sens respectueux de « mon père », ou affectueux ou amical de « petit père », ou « mon petit père ».
D’après E&R ce jeudi 25 août 2022
Existentiel. Que l’on soit croyant ou non. Les meilleurs mots pour résumer cet esprit russe : dignité, humanité, vérité. Et en face : indignité, malignité, mensonge.
*
J’ai voulu élever ma fille de la manière dont je vois l’idéal d’un homme. C’est avant tout la foi, elle a passé toute son enfance dans des camps orthodoxes, elle allait à l’église. Et c’est important, mais je voulais aussi qu’elle soit une personne orthodoxe intelligente. Sa mère et moi lui avons donc conseillé de devenir philosophe. Et elle l’est devenue.
Je ne peux pas dire si elle fut profonde comme un philosophe.
Mais elle a essayé d’aller dans cette direction. Maintenant, peut-être que cela révélera des choses que nous n’avons pas vues, que nous n’avons pas remarquées.
Et depuis son enfance, ses premiers mots, que nous ne lui avons bien sûr pas appris, étaient « Russie », « notre puissance », « notre peuple », « notre empire ». Et c’est ce qui la rendait si parfaite. En traversant des épreuves difficiles, elle n’a fait que devenir une personne bien meilleure que nous.
Dans notre famille, c’était toujours, dès le début, gravé dans le marbre : tu dois devenir meilleur, tu dois devenir supérieur, tu dois devenir plus courageux, tu dois devenir plus intelligent, tu dois devenir davantage parfait. Nous ne l’avons pas félicitée et elle en a manqué. Nous disions : c’est un défaut, sois meilleure, plus haut. Et on en a peut-être trop fait.
Elle n’avait pas peur, vraiment. Et la dernière fois qu’elle et moi avons parlé au Festival de la Tradition, elle m’a dit :
« Papa, je me sens comme un guerrier, comme un héros, je veux être comme ça, je ne veux pas d’autre destin, je veux être avec mon peuple, avec mon pays, je veux être du côté des forces de la lumière, c’est le plus important. »
Lors de ma dernière conférence avec elle, je lui ai dit que l’histoire est une bataille de la lumière et des ténèbres, de Dieu et de son adversaire. Et même notre situation politique, notre guerre en Ukraine, mais pas avec l’Ukraine, fait également partie de cette guerre. De la lumière et de l’obscurité. Pas plus, pas moins. Et lorsque nous sommes partis, une minute avant sa mort, la mort qui s’est produite sous mes yeux, la chanson d’Akim Apachev « At Azovstal they bury demons »* était diffusée. Elle voulait l’entendre, mais nous sommes partis plus tôt. Cela n’aurait rien changé.
Le sens de sa vie – c’est ce qui est frappant –, elle était significative, elle était difficile, malgré le fait qu’elle soit presque une [jeune] fille, elle n’a même pas vécu trente ans, elle est partie, mais elle a avancé sur la ligne de cette logique, qui est devenue sa logique. Et donc je suis très reconnaissant et touché – je ne pensais pas qu’elle était connue et traitée de cette façon.
Elle était ce qu’elle était. Combien de duplicité il y a dans nos vies, combien de lâcheté, et elle n’était pas comme ça, elle était entière, elle a été élevée de cette façon, et sa façon est un argument incroyable, l’argument le plus effrayant, peut-être monstrueux,déchirant qu’elle avait raison. Que c’est la voie à suivre. C’est ainsi qu’elle n’aurait pas voulu d’un autre destin, d’une autre vie.
Elle aimait la célébrité qui lui manquait, elle était peu encensée. Et maintenant, lorsque le président lui a remis l’ordre du Courage, je peux directement sentir sa joie, car elle dit : « Tu vois, papa, comme je suis bonne, et tu l’as dit. » Vous savez, aimer la célébrité pour son bon côté – qu’y a-t-il de mal à cela si tout est question de lumière ? Pas pour l’autre côté. Si vous vous portez sur l’autel de votre pays, de votre foi, de votre vérité, qu’y a-t-il de mal à cela, si on vous en donne le crédit, c’est très bien.
Je suis désolé, je ne peux pas parler, je suis juste très reconnaissant envers vous, je suis reconnaissant envers tout le monde, tous nos gens, je ne savais pas que cela pouvait être comme ça, et envers tous ceux qui sont venus, et tous ceux qui ont répondu, tous ceux qui ont écrit. Il s’avère que je ne sais pas qui est la personne la plus proche de moi et mon ami le plus proche des autres.
Désolé, je pense que la dernière chose que je veux dire est que pour elle, la vie avait un sens, le sens était la chose la plus importante pour elle, elle vivait selon ce sens. Et si cela touchait quelqu’un, sa mort tragique, sa personnalité, son intégrité, elle n’aurait qu’un seul souhait : ne vous souvenez pas de moi, ne me glorifiez pas, battez-vous pour notre grand pays, défendez notre foi, notre sainte orthodoxie, aimez notre peuple russe, car elle est morte pour le peuple, elle est morte pour la Russie au front, et le front est ici. Pas seulement là-bas – ici, en chacun de nous.
Et le prix le plus élevé que nous devons payer ne peut être justifié que par l’accomplissement ultime, par la victoire. Elle a vécu au temps de la victoire, et elle est morte au temps de la victoire. Notre victoire russe, notre vérité, notre orthodoxie, notre pays, notre puissance.
* À Azovstal ils enterrent des démons.
Аким Апачев, Дарья Фрей — Akim Apachev, Daria Frey
Un canard nage, les filles dansent
Les démons sont enterrés dans Azovstal
Une maison est en feu au milieu de la steppe
La Vierge Marie donne naissance à un bébé
Qui est le plus âgé des captifs ?
Mettez vos mains derrière votre tête
Tournez-vous, asseyez-vous, c’est permis.
Il y a une conversation entre le froid et les flammes.
Huit ans ont passé.
Que vas-tu me dire maintenant, Hérode ?
Où vous enterrer tous dans des tombes ?
Que feront tes orphelins ?
Je me tenais ici, je me tiens ici et je le fais encore. Comment trouves-tu cette nouvelle Novorossiya ?
Je n’ai pas demandé ton île.
Vous m’avez forcé à tirer
Dans cette flamme, ils ont perdu la tête
Que pensez-vous de ce fumier brûlant ?
Une expérience sanglante
Avez-vous eu le temps de prier le Seigneur ?
L’Ukraine va être soignée
Médecin de la peste avec ses recrues
Dans Azovstal viorne rouge
Mai saigne encore à Marioupol
Ma ville de Marie avec l’habit
Rencontre avec le ruban de Saint Georges
La Vierge avec une bougie [un cierge?]
Elle attendait son fils dans le désespoir
Parle à ce bâtard de la Moscovite.
Donne-lui tous les mots
C’est ma maison, c’est ma Crimée, c’est ma terre.
J’ai aussi appris la langue.
N.B. Marioupol : la ville (polis) de Marie (Maria), cité et toponyme d’origine grecque. Là où se tient encore Azovstal (l’Acier de la mer d’Azov) qui paraît-il va être rénové pour en faire un parc technologique.
La viorne rouge : arbuste de la famille du viburnum aux baies rouges.
« J’ai aussi appris la langue ». Je ne sais pas de quelle langue il est question : l’ukrainien ou le russe. Enfin, je suppose que la langue de la chanson est russe, mais elle comporte peut-être des mots d’ukrainien.
Notes complémentaires d’après un commentaire (en anglais) d’une certaine MarieS : La chanson a besoin d’explications : « Un canard nage » est une tournure idiomatique qui signifie « Je ne sais pas où je mourrai ». Novorossiya – Région de l’Empire russe, qui devint plus tard une partie de l’Ukraine. Les lettres Z O V , trois des quatre lettres du nom de la mer d’Azov, sont trois lettres tactiques qui sont peintes, l’une ou l’autre, sur l’équipement militaire russe, ensemble elles forment le mot « зов », zof, qui signifie « appel » en russe. « Mai saigne à nouveau à Marioupol » – En 2014, le bataillon Azov tuait des civils à Marioupol ; en 2022 le Bataillon Azov de Marioupol s’est rendu à l’armée russe. Les deux événements ont eu lieu en mai. Moscovite (Moscal) : c’est ainsi que les Ukrainiens appellent les Russes en général. « La Vierge Marie donne naissance à un bébé » pourrait signifier : la Russie donne, ou redonne naissance à la Novorossiya.
*
Ajout du 26/08. Si le sens « caché », allégorique d’ « un canard nage » est « je ne sais pas où (et quand !) je mourrai », comment ne pas rapprocher, du moins en français, « un canard nage ou surnage », d’ « un canard en nage » et d’ « un canard en rage », puis d’ « un canardage » et, au final, d’ « un carnage » ?