Cela fait dix ans passés de deux jours que j’ai ouvert ce blog. Quelques mois auparavant, et même un ou deux ans avant, je m’étais essayé à de petits blogs techniquement très « primitifs ».
L’idée ne m’était pas venue spontanément, j’ai été incité à le faire. Il y a longtemps que je ne publiais plus d’articles ici ou là dans de petites revues sur papier.
Je ne regrette pas d’avoir ouvert ce blog, bien que certains jours et depuis plusieurs mois, depuis en particulier l’arrivée des Gilets Jaunes, puis du / de la covid et enfin de l’opération spéciale en Ukraine, je me fasse bouffer par l’actualité, ce qui met en sourdine plusieurs livres en chantier.
Ce billet est le 3311e texte que je publie ici. Ôtons, disons, un bon millier de textes qui ne sont pas de moi ou partiellement de moi seulement, et retenons que j’ai écrit environ 2000 ou un peu plus de textes, allant d’une page à quelques dizaines de pages, écrits en quelques minutes ou nécessitant plusieurs jours de mise en forme ou de recherches. Sans parler de divers articles abandonnés ou bien oubliés dans un coin de l’ordinateur.
Soit environ un article un jour sur deux. Trois ou quatre par semaine.
- Source : lesakerfrancophone.fr article de Dmitry Orlov le 20 juillet 2022
Le plus difficile, lorsqu’on vit une période de profonds changements, c’est que personne ne se soucie de vous informer que les temps ont changé et que rien ne sera plus comme avant. Certainement pas les têtes parlantes à la télévision, qui sont souvent les dernières à le savoir. Vous devez vous en rendre compte par vous-même, si vous le pouvez. Mais je suis là pour vous aider.
Tout est lié à l’énergie. Rien à la technologie – c’est accessoire -, rien à la supériorité militaire – c’est éphémère et largement imaginaire – et certainement rien à une quelconque forme d’autosatisfaction politique ou culturelle – c’est illusoire. Il n’y a pas de substitut à l’énergie. Si vous en manquez, vous ne pouvez pas faire fonctionner votre économie industrielle avec des baguettes de bois. Elle s’arrête tout simplement. Pire encore, les sources d’énergie ne sont même pas particulièrement substituables les unes aux autres. Si vous manquez de gaz, vous ne pouvez pas passer au charbon ou au fumier sec, même si vous en avez jusqu’au cou. L’industrie moderne fonctionne au pétrole, au gaz naturel et au charbon, dans cet ordre, et les substitutions sont très limitées.
De plus, l’énergie doit être très bon marché. Le pétrole doit être le liquide le moins cher que vous puissiez acheter – moins cher que le lait, moins cher même que l’eau en bouteille. Si l’énergie n’est pas assez bon marché, toutes les industries énergivores qui en dépendent deviennent non rentables et ferment leurs portes. C’est le stade auquel nous sommes actuellement dans la plupart des pays du monde. Alors, que s’est-il passé ?
Il fut un temps où les États-Unis produisaient la plupart du pétrole dans le monde. Mais les puits prolifiques de l’ouest du Texas se sont épuisés et l’Arabie saoudite a pris le relais en tant que plus grand producteur de pétrole. Mais les États-Unis n’allaient pas se laisser faire et ont élaboré un plan ingénieux : l’Arabie saoudite vendra son pétrole en dollars américains imprimés, puis rendra aux États-Unis la plupart de ces dollars en les « investissant » dans la « dette » américaine. Tous les autres pays ayant besoin de pétrole devaient trouver un moyen de gagner des dollars américains pour l’acheter, et tous les dollars américains qui leur restaient après avoir acheté du pétrole devaient également être utilisés pour acheter de la dette américaine, juste parce que… « Belle économie que vous avez là ! Nous ne voudrions pas qu’il lui arrive quelque chose de mal, n’est-ce pas ? »
Quelques personnes n’ont pas compris le message (Saddam en Irak, Kadhafi en Libye) et leurs pays ont été bombardés. Et tout un tas d’autres pays sans défense ont été bombardés juste pour faire peur aux autres. Mais ensuite, la Syrie, qui refusait elle aussi de recevoir le message, a demandé l’aide des Russes. Les Russes ont aidé la Syrie, et maintenant personne n’a plus peur des États-Unis. Pendant ce temps, les États-Unis ont été gâtés par tout cet argent gratuit, sont devenus gros, paresseux, dégénérés et faibles et ont amassé le plus gros tas de « dettes » (entre guillemets parce qu’il n’est pas question de les rembourser un jour) de toute l’histoire de l’humanité.
Puis vint le temps où la Russie, qui est le plus grand pays producteur d’énergie au monde, décida qu’elle en avait assez. Dans le cadre de l’ancien système, la Russie exportait ses ressources à bas prix, dépensait 1/3 des recettes en importations et laissait les 2/3 sortir du pays, dont une grande partie était également utilisée pour acheter la « dette » américaine. Au début, elle n’a rien pu faire à ce sujet et a donc passé la dernière décennie à développer son armée à un point tel que les États-Unis et l’OTAN ont peur de s’en approcher, et son économie à un point tel qu’elle n’a plus besoin d’une grande partie des importations, du moins pas avant quelques années. Et puis une chose stupide s’est produite : les États-Unis ont confisqué les avoirs de la Russie en « dette » américaine, ce qui a attiré l’attention de tous les pays du monde, qui ont commencé à s’en débarrasser – même les Japonais – et a entraîné tout le système financier dans une chute libre.
Entre-temps, la Russie a commencé à passer de la vente de ses exportations d’énergie en dollars et en euros, qui quittent ensuite le pays où ils peuvent être confisqués, à la vente en roubles, qui restent dans le pays. Vous voulez acheter de l’énergie russe ? Eh bien, trouvez comment gagner quelques roubles ! Et si vos propres sanctions anti-russes vous empêchent de le faire, eh bien, la-di-da, à qui la faute ? De plus, étant donné qu’il y a maintenant une pénurie mondiale d’énergie, les Russes se sont demandé : Pourquoi vendre beaucoup de pétrole et de gaz pour un peu d’argent quand on peut en vendre moins pour plus d’argent ?
Il ne s’agit pas de développements projetés ; ils se produisent maintenant et en temps réel. Les « nations hostiles » (c’est-à-dire l’ensemble de l’Occident) ont désormais besoin de roubles pour acheter du gaz naturel russe et il est prévu d’étendre ce système aux exportations de pétrole. Il y a quelques jours, le ministre russe des Finances, Anton Siluanov, a annoncé que la Russie n’avait pas vraiment intérêt à exporter quoi que ce soit contre des dollars ou des euros, puisqu’elle n’en a pas besoin, et a conseillé aux exportateurs de commencer à utiliser le troc à la place. Le troc n’est pas très pratique, mais si le fait d’offrir des dollars (ou des euros) ne vous vaut qu’un coup de poing dans les dents, c’est tout ce qui reste.
Quelles sortes d’accords de troc ? Eh bien, par exemple, il y a une très belle usine chimique gigantesque en Allemagne, le complexe chimique de Ludwigshafen, propriété de BASF, qui est sur le point de fermer en raison d’une pénurie de sa principale matière première, le gaz naturel russe. Cet équipement pourrait être mis en caisse et expédié en Russie en échange de certains produits énergétiques, d’engrais et d’autres fournitures essentielles dont les Allemands auront besoin pour rester unis corps et âme au cours de l’hiver prochain. Les sanctions anti-russes font-elles obstacle ? Eh bien, la-di-da encore ! Elles ne sont pas le problème de la Russie ; quelqu’un d’autre doit trouver un moyen de les contourner.
Pendant ce temps, beaucoup d’idées, de systèmes et d’institutions morts s’accumulent à l’Ouest. Sont morts le Green New Deal (un plan concocté par des gens qui ne connaissent ni la physique ni même l’arithmétique), le Great Reset, le Build Back Better (peu importe ce que c’était), l’ordre international fondé sur des règles et la destruction mutuelle assurée (si vous la demandez, la Russie le fera, mais en quoi est-ce mutuel ?) Et nous nous tenons tous prêts, attendant le cri de « Timber ! » […en bois !] lorsque la pyramide des dettes en dollars, euros et yens commencera à s’effondrer.
Le monde attend également avec impatience qu’un grand nombre d’hommes d’affaires pompeux mais inutiles disparaissent de la scène publique. Se débarrasser de ce vantard pompeux qu’est Boris Johnson était un bon début, mais qu’en est-il de Scholz, Macron, Duda, von der Leyen, Zelensky et d’une foule d’autres ? Biden fait partie d’une catégorie à part, car il est clair que l’identité du président des États-Unis, ou même l’existence d’un président, importe peu.
Le monde a changé, mais la réalité sociale n’a pas encore rattrapé la réalité politique et physique. C’est l’été de l’anticipation. L’hiver du mécontentement est à suivre. Au printemps prochain, nous vivrons tous sur une planète étrange et différente.
Dmitry Orlov
Source : RIA Novosti — Traduction E&R — le mardi 26 juillet 2022
« La Russie aidera certainement le peuple ukrainien à se débarrasser du régime anti-populaire et anti-historique », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’une réunion avec les représentants permanents des États membres de la Ligue des États arabes (LEA).
« Nous plaignons le peuple ukrainien, qui mérite beaucoup mieux. Nous plaignons l’histoire de l’Ukraine, qui s’effrite sous nos yeux, et nous plaignons ceux qui ont succombé à la propagande d’État du régime de Kiev et de ceux qui le soutiennent », a-t-il déclaré.
Selon l’homme politique, les autorités actuelles veulent faire de l’Ukraine un ennemi éternel de la Russie, mais leurs tentatives n’aboutiront pas. «Les peuples russe et ukrainien continueront à vivre ensemble», a conclu M. Lavrov.
*
Quand cramon parle petit nègre.
Celui qui nous fait la honte d’être Français s’est exprimé au Cameroun en parfait néo-colonialiste expliquant qu’il voulait aider l’Afrique à se libérer de la corruption.
Qu’il veuille vraiment aider l’Afrique à « lutter contre la corruption » ?! C’est un gag ? Ce type est réellement grotesque et pervers. Il veut y donner des leçons d’Alstom, de McKinsey, de Pfizer, d’Uber, etc. sans doute ! Ou de son pote zelensky …
Publié le 13 juillet 2022 par lesakerfrancophone.fr
Article de Dmitry Orlov encore et toujours d’actualité.
Il est souvent possible de diagnostiquer les problèmes des gens en prenant note de ce qu’ils évoquent de façon répétitive et compulsive dans la conversation. Il s’agit généralement des objets d’un désir ardent qui leur font cruellement défaut dans la vie.
Par exemple, les Américains parlent souvent de manière compulsive des armes à feu, qu’ils considèrent comme un moyen d’assurer leur sécurité personnelle. C’est parce qu’ils manquent cruellement de sécurité personnelle : à tout moment, un maniaque fou armé jusqu’aux dents (il y en a des millions qui circulent librement parmi eux) peut venir les attaquer et les faire disparaître – pendant qu’ils dorment, qu’ils vont chercher leurs enfants à l’école, qu’ils sont assis sur les toilettes ou qu’ils se baissent pour ramasser un penny. Ils s’arment donc jusqu’aux dents et vivent dans un état de rage paranoïaque.
Autre exemple : les dirigeants américains mentionnent compulsivement « la liberté et la démocratie ». Ce sont des choses qu’ils sont censés posséder et qu’ils doivent répandre sur le reste de la planète, que celle-ci le veuille ou non. Plus précisément, le reste de la planète ne devrait pas être autorisé à voter démocratiquement contre cette absurdité américaine de « liberté et de démocratie » et à en rester béatement libre. Étant donné que les États-Unis eux-mêmes ne sont pas une démocratie (comme on peut facilement le prouver avec des chiffres), ce que les politiciens américains entendent par « démocratie » est tout sauf cela.
Mais la majeure partie de la planète a déjà compris, toute seule, ce qui est ou n’est pas « démocratique » dans le langage américain : ceux qui suivent les diktats américains sont démocratiques ; ceux qui souhaitent suivre leurs propres conseils sont antidémocratiques. C’est tout ce qu’il y a à faire : les démocrates sont obéissants tandis que les désobéissants sont des dictateurs qui doivent être renversés. Ce schéma étant de toute évidence égoïste et idiot, le cercle d’obéissance ne cesse de se rétrécir et ne comprend plus que les pays de l’UE et de l’OTAN, plus les pays anglo-saxons et quelques colonies et dépendances éparpillées. Et même ce cercle est maintenant visiblement en train de s’effilocher sur les bords.
Et cela nous amène à la prochaine entité fantôme ardemment désirée, mais qui fait cruellement défaut, à évoquer de manière compulsive lors de chaque réunion internationale où se trouvent des représentants des États-Unis ou de l’UE : l’unité de l’Occident, à la poursuite de laquelle toutes sortes d’actions stupides et autodestructrices sont tentées, qu’il s’agisse de jeter de l’argent et des armes aux voleurs ukrainiens (sans se préoccuper de leur destination) ou d’imposer des sanctions autodestructrices à la Russie (sans se préoccuper de savoir avec quoi son propre peuple chauffera ses maisons ou fera pousser sa nourriture). Puisque la substance derrière ces actions futiles devient plutôt toxique en tant que sujet de discours public, les discussions ont tendance à court-circuiter vers des manifestations publiques d’unité plutôt que vers des actions unifiées : « Hé, regardez, tout le monde, nous avons donné quelques balles de plus aux Ukrainiens, retardant ainsi leur inévitable défaite de quelques secondes supplémentaires ! »
Certaines manifestations d’unité occidentale sont si pathétiquement autodestructrices qu’elles méritent une mention spéciale. Les infortunés petits États baltes sont dirigés par des gens dont la principale ambition est de produire des démonstrations pathétiques d’unité occidentale en opposition à « l’agression russe » alors que leur véritable crainte est que la Russie les ignore tout simplement. C’est ce que les Américains leur ont dit de faire, et c’est ce qu’ils feront, n’en déplaise à leurs populations locales.
Ainsi, les dirigeants lituaniens, dans un paroxysme de folie suicidaire, ont bloqué le transit russe à travers le territoire lituanien vers l’enclave russe de Kaliningrad. Ils ont déclaré qu’ils ne faisaient que suivre les sanctions de l’UE contre la Russie ; or, ces sanctions ne disent rien du transit entre la Russie et la Lituanie et s’appliquent au commerce russe avec l’UE. En outre, un accord permanent entre la Russie et l’UE autorise spécifiquement ce type de transit. Dans une rare démonstration de bon sens, les dirigeants de l’UE, puis l’Allemagne, ont dit à la Lituanie, en termes très clairs, d’arrêter. Cela a plongé les dirigeants lituaniens dans un état de stupeur dans lequel ils persistent depuis près d’une semaine maintenant.
Et puis il y a ce petit fait croustillant : alors que la Russie peut transférer tout le trafic de Kaliningrad sur des ferries entre ce port et son gigantesque port récemment construit à Ust’-Luga (région de Leningrad), elle peut aussi littéralement bloquer toute la Lituanie (ainsi que la Lettonie et l’Estonie voisines) en arrêtant tout le trafic ferroviaire entre la Pologne et la Lituanie, qui doit passer par Kaliningrad. En effet, les voies ferrées des pays baltes sont à l’écartement russe, plus large, et le point de transfert entre les wagons qui utilisent les rails européens de 1 435 mm et ceux qui utilisent l’écartement russe de 1 520 mm utilisé dans toute l’ex-URSS se trouve à Kaliningrad. L’arrêt de ce transfert réduirait de moitié environ les économies baltes, déjà en perte de vitesse (l’inflation en Lituanie est supérieure à 20 %).
Mais le pétage de plomb de la Lituanie n’est qu’un petit spectacle secondaire pathétique. Le principal spectacle de l’unité occidentale était censé être centré sur la réunion du G7 qui s’est tenue dans un château allemand isolé, le Schloss Elmau, loin de la foule déchaînée des manifestants. Dans ce lieu isolé, les représentants des États-Unis, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Canada, de la France et du Japon étaient censés démontrer leur unité concernant les activités russes dans l’ancienne Ukraine. Étant donné que toutes leurs décisions antérieures n’ont eu aucun effet sur la position de la Russie, certaines personnes ont exprimé le grand espoir qu’une action décisive résulterait de ce rassemblement. Il est intéressant de noter qu’à ce rassemblement, deux chaperons de l’Union européenne (Ursula von der Leyen et Charles Michel) étaient également présents ; ainsi, non seulement l’unité occidentale fait cruellement défaut, mais aussi la souveraineté occidentale.
Le premier élément de cette action décisive a été la proposition américaine de sanctionner les ventes d’or russe, qui représente 10 % de la production mondiale totale. L’Allemagne, la France et l’Italie n’ont pas soutenu cette initiative courageuse, s’en remettant à d’autres membres de l’UE, qui n’étaient pas présents, et la proposition est tombée comme un ballon de plomb.
Le deuxième élément nouveau est la proposition de plafonner le prix du pétrole russe. Les modalités de plafonnement par le G7 d’un produit contrôlé par la Russie ont été laissées à l’appréciation des participants, qui n’en ont plus entendu parler.
Si le plafond était supérieur au prix du marché pour le brut russe, alors le plafond fonctionnerait de manière vide ; s’il était inférieur, alors la Russie refuserait tout simplement de vendre à ce prix. En réponse, le prix mondial du pétrole s’envolerait immédiatement à la hausse. La Russie serait alors en mesure d’offrir des remises de client privilégié à ses acheteurs non membres du G7, d’empocher la manne et, peut-être, de l’utiliser pour acheter d’autres missiles afin d’abattre les derniers nazis ukrainiens. Prends ça, Poutine !
Le sujet de l’Ukraine était une diversion accessoire, bien que très nécessaire, par rapport au thème principal initialement prévu de la réunion du G7 : la lutte contre le changement climatique. Ici, la plupart des discussions ont porté sur le retour à l’utilisation des combustibles fossiles. En ce sens, l’unité a prévalu, mais au prix de jeter par-dessus bord tout rêve d’atténuation du changement climatique.
L’impulsion initiale derrière le rouleau compresseur du changement climatique était de faire preuve de vertu en installant de nombreux parcs éoliens et solaires coûteux dans les pays riches de l’Ouest, tout en menaçant d’imposer toutes sortes d’amendes et de frais aux nations moins riches qui sont obligées de brûler du charbon sale qui réchauffe le climat afin de fabriquer des produits que l’Ouest achète avec de l’argent imprimé. Mais maintenant que ce stratagème a échoué, l’Occident n’est plus riche et, après avoir refusé de se servir du gaz naturel russe, propre et abondant, il est occupé à rouvrir ses centrales électriques au charbon mises en veilleuse et à trouver suffisamment de charbon pour les alimenter. Pendant ce temps, l’agenda vert est jeté par la fenêtre. L’oubliée Greta Tunberg a brièvement fait la une des journaux ; la pauvre Greta est maintenant soupçonnée d’être un agent russe !
Il est intéressant de noter que le charbon est bon pour fournir une charge de base mais inutile pour les manœuvres rapides, ce qui le rend incompatible avec la production d’énergie variable et intermittente des parcs éoliens et solaires ; par conséquent, ces jouets coûteux devront rester déconnectés du réseau la plupart du temps. Il est également intéressant de noter que la Russie fournit environ un cinquième des exportations mondiales de charbon et qu’elle ne sera pas vraiment touchée lorsque l’UE passera du gaz naturel russe (un combustible relativement propre qui peut être utilisé directement pour le transport et qui est très utile comme matière première pour fabriquer de nombreux produits, des plastiques aux engrais) au charbon russe (qui est loin d’être aussi polyvalent). Encore une fois, prends ça, Poutine !
L’Ukraine était le prochain point à l’ordre du jour. Il a été rapidement admis que le G7 ne peut rien faire pour arrêter l’opération militaire spéciale de la Russie dans l’ancienne Ukraine. En outre, l’unité occidentale s’est révélée difficile à atteindre, le Britannique Boris Johnson ayant averti le président français Emmanuel Macron que ce n’était pas le moment de parler d’une solution diplomatique. Si l’on considère que la veille du début du sommet, les États-Unis et l’Allemagne ont appelé à une solution diplomatique au conflit ukrainien, ce n’est pas le geste le plus unificateur de Boris Johnson ; mais ce dernier [écrit avant sa démission] a vraiment besoin que l’Ukraine reste en feu aussi longtemps que possible pour détourner l’attention de ses électeurs de la situation économique désastreuse de son pays et des scandales incessants au sein de son propre cabinet. Contrairement à l’Allemagne, la Grande-Bretagne n’est pas (encore) inondée de migrants ukrainiens désagréables, dont beaucoup sont allergiques au travail [sic] et estiment avoir droit à l’aumône du gouvernement.
Comme c’est désormais la tradition dans les rassemblements occidentaux, les dignitaires réunis ont sorti la planche Ouija * et invoqué l’esprit de Zelensky, le président ukrainien convoqué. Comme d’habitude, Zelensky a supplié qu’on lui fournisse davantage d’armes (pour qu’il les vende aux terroristes ou pour que les Russes les détruisent avant qu’elles n’atteignent les lignes de front). Lorsque, plus tard, on a demandé au Bundeskanzler Scholz s’il pouvait offrir des garanties spécifiques concernant l’Ukraine, il a fait preuve de son habituel sens de l’humour bizarre en disant : « Oui, je pourrais », immédiatement suivi de « c’est tout ».
La seule mesure concrète prise a été l’acceptation d’un plan d’infrastructure de 600 milliards de dollars pour favoriser les énergies vertes en Afrique, en Amérique latine et en Asie. Il s’agit d’un geste symbolique destiné à contrer l’initiative chinoise Road and Belt. À cette fin, des représentants de l’Afrique du Sud, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Argentine et du Sénégal ont été invités au G7. On souhaitait de manière assez transparente que ces pays se joignent au bon combat contre la Russie dans l’ancienne Ukraine. Comment cela s’est-il passé ?
L’Afrique du Sud est un membre des BRICS dont les membres principaux sont la Russie et la Chine. Les BRICS sont apparus comme un important contrepoids non occidental au G7. C’est aussi le cas de l’Inde, qui est désormais un important acheteur de pétrole brut russe et exporte des produits pétroliers raffinés vers les États-Unis et ailleurs. L’Argentine a déclaré son intention de rejoindre les BRICS, de même que l’Iran. Le Sénégal, qui préside actuellement l’Union africaine, a été l’un des premiers pays à envoyer son dirigeant à Moscou après le début de l’opération militaire spéciale dans l’ancienne Ukraine en février dernier. Aucun des représentants de ces pays n’a prononcé un mot accusateur à ce sujet lors du rassemblement du G7, avant ou après.
Ainsi, à part l’accord fantôme de 600 milliards de dollars pour peut-être construire quelques parcs éoliens et solaires dans diverses régions éloignées du monde, rien du tout n’a été réalisé au G7, ce qui montre la futilité de l’existence de cette organisation.
Passons maintenant au sommet de l’OTAN, qui s’est déroulé les 29 et 30 juin à Madrid, et qui devait également démontrer une unité de l’Occident contre la Russie qui ne s’est pas concrétisée. L’Allemagne et la France ont insisté pour préserver l’Acte fondateur sur les relations, la coopération et la sécurité mutuelles entre l’OTAN et la Fédération de Russie signé en 1997. Toutefois, alors que ce document qualifie la Russie de partenaire, les documents doctrinaux actuels de l’OTAN considèrent la Russie comme la principale menace de l’alliance. À cette fin, l’OTAN prévoit de porter à 300 000 hommes la taille de son contingent « à haut niveau de préparation » en Europe de l’Est, ce qui le rapprocherait de la taille de l’armée ukrainienne en février dernier, que les Russes ont repoussée et pratiquement détruite en trois mois avec une petite fraction de leur armée. **
Dans une démonstration d’unité avec la France et l’Allemagne, le représentant de la Pologne, Zbigniew Rau, a déclaré que la Pologne considère que l’Acte fondateur est caduc, comme le prouve l’expansion de l’OTAN sur le front oriental, pendant que Scholz déclarait qu’il était toujours en vigueur. La Pologne semble être de plus en plus sous tutelle britannique. Les Britanniques sont soucieux de s’assurer une nouvelle source de chair à canon après avoir combattu la Russie jusqu’au dernier Ukrainien, et les Polonais, par une bizarrerie de leur caractère national, sont toujours prêts et disposés à faire exactement ce qu’il ne faut pas.
La principale intrigue du sommet de l’OTAN était l’acceptation ou la non-acceptation de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN. La Suède est neutre depuis le traité de Nystad de 1721 ; la Finlande, après avoir été libérée de la Suède, puis avoir obtenu l’indépendance de la Russie, puis avoir combattu contre la Russie aux côtés des troupes d’Hitler, a prêté serment de neutralité lors du traité de Paris en 1947. L’adhésion de ces deux pays à l’OTAN viole directement les termes de ces traités et constitue une violation de la souveraineté de ces pays ; en d’autres termes, la Russie ne serait plus légalement tenue de respecter les frontières de ces pays ou d’entretenir des relations légales avec leurs gouvernements.
Ces subtilités du droit international ne font peut-être aucune différence pour l’Occident collectif et très unifié qui choisit d’habiter son propre « ordre international fondé sur des règles » solipsiste (les règles étant quelque peu ad hoc, créées au fur et à mesure, à Washington), mais pour le reste du monde, la primauté des traités sur le droit national est fondamentale et les relations légales avec la Russie sont essentielles.
En ce qui concerne la Russie, Poutine a déclaré qu’il n’était pas opposé à ce que la Suède et la Finlande rejoignent l’OTAN. En effet, pourquoi s’y opposerait-il ? Qu’y a-t-il de mal à ce que ces deux petits pays sans défense, symboliquement soutenus par le mastodonte fracturé et chancelant qu’est l’OTAN, choisissent de se jeter dans la gueule de l’ours en bafouant leurs obligations conventionnelles ? (Plus précisément, selon le traité de Paris, la décision de la Finlande de rejoindre une alliance militaire doit être approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies, et cette approbation n’a même pas été demandée).
Mais cela pourrait ne pas aller aussi loin. Pour que la Suède et la Finlande puissent rejoindre l’OTAN, le président turc Erdogan a exigé qu’elles cessent de soutenir les terroristes kurdes et qu’elles expulsent vers la Turquie ceux que cette dernière veut juger. La faction kurde est politiquement assez puissante en Suède et elle pourrait bien renverser le gouvernement suédois en réponse à ces tentatives de la détruire. Et la Finlande a déclaré qu’elle n’adhérerait pas à l’OTAN si la Suède ne le faisait pas. Au sommet de l’OTAN, Erdogan a donné son approbation à contrecœur, mais avec beaucoup de conditions, et la décision finale revient maintenant au parlement turc. Voilà pour l’unité de l’OTAN. [et la Turquie attend des mesures concrètes de la Suède et de la Finlande]
Sur le sujet très important de l’ex-Ukraine, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fait son discours habituel sur le soutien sans faille à l’Ukraine, mais personne n’a prononcé un seul mot en faveur de l’offre de garanties de sécurité réelles. L’OTAN lui offre un soutien non létal, mais les armes létales ne peuvent provenir que des membres individuels de l’OTAN, a précisé M. Stoltenberg.
Biden a encore clarifié la situation en déclarant que les États-Unis se tiendront aux côtés de l’Ukraine pour s’assurer qu’elle… ne gagne pas. (C’est-à-dire, que les Russes ne gagnent pas, il a ensuite changé sa version des faits.) Ce niveau d’honnêteté, lorsque la tâche consiste à mentir, ne peut venir que d’un esprit dément. Selon CNN, un débat fait rage à la Maison Blanche sur ce qui pourrait être considéré comme une victoire ukrainienne, puisque déclarer la victoire et rentrer chez soi, quel que soit le résultat, est ce que les Américains essaient généralement de faire. Peut-être que le simple fait que Kiev n’ait pas encore été occupée par les forces russes suffit pour déclarer qu’il s’agit d’une victoire globale ?
Une discussion sur le placement de petits contingents de l’OTAN dans l’ancien territoire ukrainien, loin de la ligne de front, n’a pas abouti, par crainte d’une escalade de la situation avec la Russie. Le consensus sur cette initiative a été difficile à obtenir. Au total, l’OTAN a semblé adopter une position parfaitement passive vis-à-vis de la Russie en ce qui concerne l’ancienne Ukraine. En réaction, les médias occidentaux ont préparé l’opinion publique à accepter l’idée d’un règlement de paix négocié dans l’ancienne Ukraine.
Mais est-ce même possible ? La Russie suit une logique facile et sans faille. Si un territoire anciennement ukrainien est peuplé de Russes qui veulent être avec la Russie, alors il doit être libéré. La région de Lugansk est libre depuis hier, la région de Donetsk est la suivante. Kherson est à peu près libre, mais Kharkov, Zaporozhye et Nikolaev sont des tâches inachevées. Et il n’y a jamais eu aucun doute dans l’esprit de quiconque qu’Odessa est également russe. Oh, et n’oublions pas Dniepropetrovsk et Sumy. Kiev est-elle russe ? Eh bien, elle l’a été pendant la majeure partie des mille dernières années, à une décennie près !
Mais la libération de ce seul territoire le soumettrait encore aux bombardements des armes ukrainiennes à longue portée, dont beaucoup sont fournies par l’Occident. Par conséquent, les Russes ne peuvent pas s’arrêter et doivent libérer encore plus de territoire – qui devient également sujet à des attaques. Étant donné que la ligne de démarcation entre Ukrainiens et Russes est notoirement floue, il n’y a pas de point d’arrêt évident à ce processus jusqu’à ce que le territoire russe jouxte directement le territoire occupé par l’OTAN. À ce moment-là, les Russes seront susceptibles de dire : « Bien sûr, faisons un marché ».
Il n’y a pas non plus de raison politique intérieure d’arrêter : l’opinion publique approuve l’opération militaire spéciale dans l’ancienne Ukraine à 72%, la cote de popularité personnelle de Poutine atteint des sommets historiques, les informations du soir sont pleines de courageux libérateurs accueillis à bras ouverts par les habitants nouvellement libérés, qui font la queue en masse pour recevoir leur passeport russe, le tout entrecoupé de photos d’écoles, de jardins d’enfants et d’immeubles d’habitation détruits par l’artillerie ukrainienne en retraite. Le message des habitants aux troupes russes est le suivant : « Continuez ! »
D’autre part, il y a de très bonnes raisons de ne pas négocier avec le régime ukrainien. Premièrement, il n’est en aucun cas souverain ou autonome. La garde rapprochée de Zelensky, essentiellement britannique, le protège de ses propres fanatiques nazis ; dans le même temps, ses ordres viennent directement de Washington. Négocier avec l’UE au sujet de l’ancienne Ukraine a déjà été tenté et, à ce stade, la Russie n’a aucune raison de faire confiance à l’UE. Et il n’y a pas non plus de raison de négocier avec les États-Unis au sujet de l’ancienne Ukraine, car pourquoi les États-Unis devraient-ils être là ?
En fait, les États-Unis devraient probablement se retirer à l’intérieur de leurs propres frontières et réfléchir sérieusement à des questions importantes telles que l’avortement, le contrôle des armes à feu et la faillite nationale. Si le G7 et l’OTAN font toujours mine de les écouter, le reste du monde n’est plus aussi attentif.
Prenez, par exemple, le président Joko Widodo d’Indonésie, qui sera le prochain hôte du rassemblement du G20. Biden lui a demandé d’expulser la Russie du G20 en réponse à l’opération militaire spéciale. Au lieu de cela, Widodo s’est rendu à Moscou et a signé deux accords importants : un accord de 13 milliards de dollars pour la construction d’une raffinerie de pétrole avec l’aide de la société russe Rosneft et un autre avec RZhD, la société ferroviaire nationale russe, pour la construction de 190 km de voies ferrées.
La capacité des États-Unis à commander le monde entier est terminée. Le monde unipolaire est mort ; le monde n’est pas non plus multipolaire, il est non-polaire. Personne ne se soucie particulièrement de définir précisément l’un ou l’autre de ces nouveaux pôles. Les pays ne se trouvent plus le long d’un spectre ou même sur une carte : ils sont dans un maillage multidimensionnel.
Regardez l’état de tous les grands projets occidentaux. L’idée d’une transition vers les énergies vertes pour lutter contre le réchauffement climatique est morte ; apparemment, le charbon est le nouvel hydrogène. (C’est peut-être le « charbon propre » d’Obama.) La Grande Réinitialisation a pris le chemin du coronavirus. Le « Build Back Better » [, BBB, « reconstruire en mieux », le slogan de campagne de Biden dans la ligne de la « grande réinitialisation, du Great Reset] s’est transformé en « Break Back Faster » [revenir en arrière plus vite]. Toutes ces absurdités sont en train de mourir d’une mort longue et douloureuse sur les cendres de l’ancienne Ukraine. Un gros morceau de l’ancien ordre mondial est tombé des trains d’atterrissage d’un jet décollant de Kaboul, en Afghanistan. Le reste sera balayé lorsque le régime de Kiev s’effondrera et mourra.
Même les pays les plus occidentalisés découvrent, un par un, que la voie américaine ne mène nulle part. Aujourd’hui, la question du maintien de l’unité de l’Occident se résume à une vieille question : « Si tous vos amis sautent d’une falaise, sautez-vous aussi ? »
Désormais, la musique de fond appropriée à tout discours sur « l’unité occidentale » est un chant funèbre.
Dmitry Orlov
*La planche ouija, le ouija : .planchette comportant les lettres de l’alphabet latin, les chiffres arabes ainsi que les mots : oui, non, bonjour, au revoir ; censée permettre la communication avec les esprits, par l’intermédiaire d’un accessoire placé sur cette planche.
**Sur les prétentions guerrières allemandes cf. Florian Philippot : https://www.youtube.com/watch?v=GNvdmVHv4hs
J’ai déjà écrit une ou deux fois qu’il y a deux manières de prononcer « ouest-france ». Comme il y a deux manières de parler « de Ouest-fRance » ou « d’Ouest-fRance ».
Soit « ouèstE france », soit « ouès-france ». Mais en fait, j’ai totalement oublié dans cette liste la manière qui sans doute convient le mieux de nos jours et qui est : Ouèsrance ».
Je viens encore de tomber sur un titre de ce canard mondialiste qui disait quelque chose comme : « le vrai front de la guerre en Ukraine n’est plus le Donbass, mais la région de Kherson dans le Sud, où se développe une contre-offensive ukrainienne ».
J’ai pris le temps de rechercher sur Internet les dernières épîtres des pitres et je suis tombé sur de l’affligeant.
J’ai d’abord lu que samedi dernier des « frappes » (sic) auraient visé le port d’Odessa « malgré l’accord signé pour libérer les céréales bloquées dans les ports ukrainiens. » Et que selon « les autorités ukrainiennes et les Occidentaux » elle seraient le fait des Russes « qui nient les faits » (les fourbes).
Il paraîtrait que depuis que les deux parties sont tombées d’accord pour assurer des livraisons « pacifiques » de grains, se serait donc mal d’entraver l’activité portuaire d’Odessa.
Comme se serait mal de pilonner les silos à grains du Donbass, pourtant c’est ce qui se pratique du côté ukrainien (voir un article récent de ce blog).
Je doute de la réalité de bombardements sur le port d’Odessa sur des objectifs alimentaires de la part de l’armée russe puisqu’elle se cantonne à des objectifs militaires, à l’inverse de l’armée ukrainienne et autres fanatiques bandéristes.
Je doute même de la possibilité pour les Ukrainiens de quitter le port d’Odessa pour la simple raison qu’il faudrait en déminer l’entrée comme a été miné l’entrée du port de Mykolaïv / Nikolaïev par eux-mêmes. Ou alors accompagner les navires civils de bateaux démineurs. Sachant que des mines sont parties à la dérive sur la Mer Noire depuis le début de l’opération spéciale.
Mais le canard nous fait taire par son argument d’autorité mondialiste :
« D’après l’Institut américain d’études de la guerre (ISW), l’armée ukrainienne s’apprêtait [sic, s’apprêtait, s’apprêterait ?] à mener une contre-offensive dans la région de Kherson, au sud de l’Ukraine. L’opération aurait même déjà pu être lancée, précisent les experts de l’organisme d’étude et de suivi des conflits dans son dernier communiqué. »
« « L’ISW rendra compte de la progression de toute contre-offensive ukrainienne au mieux de ses capacités », précise le texte, qui explique que « la zone située entre la ligne de front et la ville de Kherson est rurale et principalement composée de petits villages » [oui, il suffit de regarder une carte du pays pour le voir], ce qui rend difficile la communication au public [sic, le mot « spectateurs » serait encore mieux] concernant les avancées de l’opération. »
En clair, l’ISW ne sait rien, mais répète ce que dit les Ukrainiens. Ouest-fRance de même.
Par contre ce qui est sûr, c’est que depuis des semaines les Russes ont amassé du matériel militaire à Kherson et alentours. En préparation probable d’une offensive vers le Nord, lorsque la question donbassienne et/ou kharkovienne seront réglées sans doute.
Et cette feuille de chou n’a honte de rien en titrant encore : « Guerre en Ukraine. À Kherson, l’espoir que la région soit «définitivement libérée» d’ici septembre ». On peut toujours rêver et vivre de vœux prétendument pieux, ce qui est sans doute normal pour cette officine mondialiste qui prône « Justice et Liberté » sur un fond (du moins ancien) de « catholicisme de gauche » qui n’est jamais sorti de la Guerre froide et pour qui Russie = bolchévisme, de nos jours encore ; et États-Unis = summum du Beau, du Bien, du Bon et du Vrai. Et pour qui un gouvernement bandériste est un gouvernement démocratique et fréquentable. Et Poutine, Satan en personne, le Mal absolu.
Y a même où rire, en lisant ceci :
« Un responsable de Kherson a déclaré à un média ukrainien que la région serait « définitivement libérée » des forces russes d’ici septembre. La contre-offensive ukrainienne reprend progressivement du terrain aux mains des Russes. »
Je conseillerais aux journaleux fantoches et collabos de récolter de bonnes informations ; ne serait-ce qu’en allant voir sur Internet les bons informateurs qui se trouvent sur divers sites tels que Réseau International, Donbass Insider, Alawata, ou sur Telegram et Odysee, etc. comme Stratpol ; et tant d’autres.
D’après Donbass Insider 23 07 2022
Selon divers organismes comme le groupe de media international « Rossiya segodnya », la Fondation pour combattre l’injustice (russe), des représentants officiels de la Russie et de la République de Lougansk, ou encore de témoignages de jeunes russophones, le site « extrémiste » (mot faible) Internet ukrainien Myrotvorets est une menace pour la vie et la santé des enfants.
En effet, la Fondation pour combattre l’injustice, a révélé des documents trouvés par la Fondation concernant 327 enfants dont les données personnelles ont été publiées sur ce site, y compris les données de 72 enfants de Russie. Le plus jeune n’a même pas dix ans.
Après publication de données personnelles sur Internet, certains (enfants, mais aussi des adultes) ont commencé à recevoir des menaces et certains même ont subi des tentatives d’assassinats contre eux.
Le plus scandaleux est que ces données personnelles proviennent d’une liste légalisée par le gouvernement ukrainien.
Toutes les informations concernant ce site sont actuellement entre les mains de l’ONU et de l’UNICEF.
Sur des régions particulières (Est et Sud) et ceci depuis huit ans, bombarder les civils, en exterminer d’autres, en torturer d’autres, et interdire officiellement la langue majoritaire voire unique de ces régions, ou donc désigner à la vindicte de tarés (et aux violences) des enfants de ces régions et du pays voisin qui les soutiennent, n’est-ce pas, sans vouloir trop employer de grand mot, une forme de génocide ?
Je retiens ici la définition la plus sobre de ce mot (cf. Le dictionnaire Robert). Génocide. Destruction méthodique d’un groupe humain ».
L’Ukraine continue de détruire des stocks de céréales.
Les entrepôts de Rubejnoyé ont été visés par des tirs d’artillerie de la part probablement des plus tarés bandéristes encore présents dans l’armée ukrainienne (à moins que toute l’armée ne s’y mette maintenant). Des dizaines de tonnes de céréales ont été détruites. Des civils viennent sur ces cendres pour essayer de récolter ce qui peut rester encore de blé, raconte la journaliste allemande Alina Lipp, présente sur place.
23/07/2022 – cyclisme-dopage.com – Antoine Vayer
Actualité du dopage
https://www.cyclisme-dopage.com/actualite/2022-07-23-cyclisme-dopage-com.htm

« Plus vite, plus haut, plus fort – ensemble, vent dans le dos et avec des vélos “rapides” »*
*Nouvelle devise Olympique

Il est fini ce stage avec les cadets ?
Source : Espé – 23/07/2022
Las ! Cette chronique sera encore basée sur des chiffres.
J’aime écrire de longs portraits humains, poétiques même, avec des coureurs qui ont quelque chose au niveau charisme et représentent quelque chose au niveau sportif. Des valeureux. Mais c’est ailleurs, dans le magazine LE CYCLE, par exemple, où je tiens la rubrique entraînement depuis 23 ans maintenant. c’est destiné aux cyclosportifs ou aux cyclistes normaux qui pratiquent le vélo, en compétition ou non. Ils ont tous du mal à s’identifier à certains « pros ». Ils ont compris. On les comprend. La poésie, ce ne sera pas ici. Ici sur cyclisme-dopage.com, c’est comme sur mon compte Twitter @festinaboy. C’est ciblé, c’est militant, c’est pour résister en disant la vérité. Sinon J’irais sur guimauve-matos.com ou dans l’Equipe ou bien Le Figaro.
La poésie sur le Tour de France que je suis depuis presque 50 ans, ce sera plus tard, peut-être. Qui sait ? Si certains arrêtent de tricher Si on les arrête Si on arrête de les encenser comme s’ils ne trichaient pas. Ou plus.
Car enfin, ils trichent et c’est ce qui explique le niveau de leurs performances en watts.
Démonstration.
Plus de 42 km/h de moyenne !
En plus des watts, depuis le sortir des Alpes, je calcule et J’ai prévenu que la vitesse moyenne du vainqueur du Tour, Vingegaard, va être record. Elle dépassera largement les 41,654 km/h historique [sic] de Lance Armstrong en 2005. Largement : plus de 0,5 km/h. Sans doute pas moins de 42,140 km/h si on ne traîne pas trop dans cette dernière étape de gala où les coureurs de l’équipe Jumbo avec Van Aert peuvent gagner le tiers des étapes : 7/21 puisque l’an passé le Belge mutant avait aussi fait le doublé contre-la-montre puis Champs-Élysées. Quelle domination collective ! Banesto, Festina, US Postal, Sky ? Non. Jumbo. On ne réagit qu’aujourd’hui dans la presse et que sur la vitesse moyenne record. Pour Van Aert, on s’esbaudit. Les explications les plus irrationnelles, voire mystiques ou ésotériques, dignes de la profession de foi d’un groupe en pleine dérive sectaire sont avancées. Cela va du vent dans le dos, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre au fur et à mesure que le Tour avance, jusqu’à l’aérodynamisme des cadres carbone, des vélos à 12.000 euros en production limitée mais construits tous au même endroit : en Asie. Ils apportent pourtant un avantage infinitésimal sur la performance d’un homme en train de pédaler, c’est un détail. Pogastrong avait expliqué que même ses lunettes « carbone et titane » à 1.200 euros la paire lui permettaient d’avancer plus vite. Certains gobent. c’est « écrit dans le journal » et « vu à la télé ». Alors

Vent dans le dos
Source : Espé – 23/07/2022
On ne compte plus les innovations high-tech de startups et fabricants du « vélo 2.0 », devenu depuis l’ère SKY des Anglais et de Froome, une « Formule 1 » à pédales. Pas moins. Cela monte à la tête même des maquignons du milieu. Imagine-ton Lewis Hamilton pédaler à 450 watts dans une caisse à savon profilée ? On en est là. Pourtant, il n’y aucun moteur ni moyen de récupérer l’énergie au freinage pour la restituer dans les roues comme en Formule 1 dans un vélo, n’est-ce pas ? Sinon, effectivement on pourrait comparer. Non, pour rigoler dans le peloton on parle seulement de « moto GP ». l’autodérision existe un peu. Les équipementiers et leurs lobbies vantent, ici pour un pneu, là pour un bout de tissu ou pour boisson magique, les gains « prouvés scientifiquement » disent les pubs. Ils les évaluent tous entre 5 à 40 watts en pédalant à 40 ou 50 km/h pour chaque chose. Tous ces watts, mis bout à bout, dépassent allègrement les 400 watts. c’est sûrement grâce à cette ellipse intellectuelle qu’on en vient à parler de « vélos les plus rapides du monde » dont seraient dotées chaque équipe. Avec ces vélos, il n’est pas besoin de pédaler ou avec un petit watt donc, puisque 400 + 1 watts Etalon dans les cols radars de la Grande Boucle, cela permet d’être 7ème du Tour cette année. c’est la place de Romain Bardet à 19’02 » du vainqueur, un beau symbole du cyclisme à deux vitesses. Le Français a un vélo qui roule 20 minutes plus lentement que celui du Danois sur 3346 kilomètres ! Pas un super rendement. Cette supercherie et cette malhonnêteté intellectuelle fonctionnent. Elles ne sont pas nouvelles. Il y 20 ans, en 2002, après lui avoir dédicacé un de mes livres, La pleine puissance en cyclisme, où je remettais en cause les performances en watts de Lance Armstrong, le patron du Tour de France, ancien coureur, me répondait ceci :
Cher Monsieur,
J’ai apprécié d’être destinataire de votre ouvrage, même si J’ai passé l’âge de vouloir réaliser des performances athlétiques sur un vélo. Votre sujet est néanmoins passionnant. Votre manière de le traiter illustre deux postulats que je développe depuis longtemps.
1. (Je préfère vous citer) « Le sport, en particulier dans le domaine des technologies de pointe suit les évolutions historiques des connaissances humaines ». Il n’y a aucune raison en effet pour qu’il reste à la traine.
2. Par voie de conséquence il n’est intellectuellement pas honnête de subordonner les améliorations de performances à des recours systématiques à la pharmacopée. Les hommes, les machines, les routes évoluent.
Heureux que vous le professiez ainsi. Merci encore.

Lettre de Jean-Marie Leblanc à Antoine Vayer
Source : Antoine Vayer – 15/09/2020
La technologie produit masquant de la médecine
Jean Marie Leblanc, me dira plus tard en citant Talleyrand, que « tout ce qui est excessif est insignifiant », me traitera de « révolutionnaire » et m’insultera auprès de ses pairs. Il m’attaquera même en justice pour diffamation après un article A qui le Tour en essayant de m’intimider pour « m’empêcher d’écrire » (sic – dans Libération à l’époque). Ce serait maintenant, je serais sûrement traité d’islamo-gauchiste-wokiste. Le pseudo progrès rhétorique suit les évolutions du temps aussi apparemment, mais le fond reste le même, rien ne change, seulement les mots. Ceci dit, avec Jean-Marie, on pouvait parler. Mais quand, après avoir dit, acculé : « si J’apprends que Lance se dope, je quitte le cyclisme », quand il a constaté que Lance a effectivement triché pendant 10 ans, comme je le professais, de manière outrancière avec toute la pharmacopée pour améliorer ses performances, il n’a pas quitté le milieu. Accroché comme un chien à une saucisse, il n’a pas voulu reconnaître mes preuves. Il s’en est sorti par une pirouette, sans desserrer la mâchoire.
Tous les coureurs ont peu ou prou d’excellents vélos. Ont-ils tous pédalé avec un vélo rapide, summum de la technologie ? Apparemment pas.
Le 5ème du Tour de France, Alexandr Vlasov le russe termine à 16’37 ».
Le 10ème du Tour de France, Adam Yates l’anglais termine à 25’43 ».
Le 15ème du Tour de France, Thibaut Pinot le français termine à 50’53”.
Le 20ème du Tour de France, Brandon Mc Nulty l’américain termine à 1h31’17 ».
Etc.
Le 139ème et dernier du Tour de France, Caleb Ewan l’Australien, termine à 5h41’33 ».
C’est du jamais vu dans le cyclisme moderne ! Ces écarts sont historiques.
Vingegaaard, Pogastrong et, à un degré moindre le vieux Gallois Thomas (3ème du Tour, à 8’13 » du Danois) seraient, sur le podium, les seuls à bénéficier des énormes gains, les fameux 400 watts, octroyés par le matériel high tech. Les seuls à bénéficier de l’amélioration des routes arrosées par l’organisation pendant la canicule sur lesquelles on ajouterait du bitume de plus en plus lisse et roulant. Et le Danois, le seul à bénéficier de la PNL (Préparation Neuro Linguistique) révolutionnaire, sauce néerlandaise, selon son équipe et l’Equipe.
On vous prend pour des jambons !
Êtes-vous aussi embrigadés dans ces dérives sectaires, prêts à défendre et justifier l’indéfendable comme c’est le cas dans les groupes concernés ?
La technologie et les « progrès » ne sont que le produit masquant du dopage.
On est bien revenu aux années Armstrong de grosse charge et je peux continuer de vous expliquer pourquoi. Focalisons nous sur ce que l’on connaît le mieux : les puissances développées dans les cols.
La preuve : les ères de la triche
Preuve supplémentaire que Jean-Marie Leblanc avait tort et que j’avais raison.
Après « l’ére EPO » de 1994 à 1998, achevée par l’affaire Festina en 1998, les performances moyennes mutantes à 442 Watts Etalon ont baissé (!) sur le Tour de France pour faire place à « l’ère Armstrong », de 1999 (année « du renouveau ») à 2009, décroître à 422 Watts Etalon, 20 watts de moins, avec du dopage sanguin avec d’autres produits.
Comment est-ce possible ? 100% du peloton n’était plus à l’EPO, c’est tout.
Puis, malgré les évolutions énormes à tous niveaux, informatiques notamment, des années 2010 dans le domaine des technologies de pointe qui a suivi donc “les évolutions historiques des connaissances humaines”, de 2010 à 2019, elles ont encore décru à 413 Watts Etalon en moyenne pendant 10 ans. Encore 9 watts de moins ! On tenait le bon bout croyait-on dans cette « ère mixte » où on utilisait les produits « en zone grise » et des méthodes associées appelées les « gains marginaux » par les Anglais qui parlaient quand même déjà de Formule 1, quand on leur disait que leurs watts et puissance collectives ou individuelles étaient trop voyantes avec Froome–Wiggins-Thomas et plus récemment Bernal !

Les radars du Tour de France depuis 1994
Source : Frédéric Portoleau – 23/07/2022
Mais depuis 2019, c’est reparti. Sur la moyenne de nos radars du Tour, que nous relevons depuis 1994, presque 30 ans donc, avec du recul et les témoignages in ou off qui affluent avec quelques années de retard de repentis (Wiggins et Froome, de l’ère mixte, c’est bientôt votre tour), on observe une recrudescence de la délinquance à bicyclette. Sur nos radars, 33’56 » en moyenne dans les cols longs de fin d’étape de la Grande Boucle depuis 29 ans, on est cette année à 30’29 », c’est 420 Watts Etalon de moyenne depuis le premier sacre de Pogastrong qui s’est mis à commencer à battre la plupart des records de l’Américain dans les cols ! 7 watts de plus !
c’est donc bien le retour aux années de performances Armstrong pour cette nouvelle ère que J’ai appelé « ère cétones 3.0 », tant on essaie de masquer l’évidence derrière des choses mineures ou du matériel. Certains se re-dopent et re-trichent avec des produits ou des méthodes lourdes. On essaie donc une nouvelle fois de détourner l’attention. On retrouve les mêmes arguments en 2022 que ceux de Jean-Marie Leblanc. l’histoire du dopage qui a commencé dès la première course, il y a 120 ans, se répète inlassablement.
Dernière démonstration à faire vous-même :
1. Achetez un vélo 12 à 15.000 euros. Le même “rapide” que celui de Vingegaard ou Pogastrong. Allez faire vos trois heures sur votre parcours habituel avec un bon bitume. Comparez sensations et vitesse moyenne, puissance si vous êtes équipés de capteurs avec celles que vous aviez sur votre vélo d’avant, le “lent”.
2. Faites vous prescrire pour une allergie et injectez-vous un Kenacort retard 80mg/2ml. Le lendemain, buvez douze cafés expresso le matin et prenez quelques bouffées de Salbutamol. Allez faire vos trois heures habituelles l’après-midi.
3. Comparez.
On vous prend pour des jambons sur le Tour de France.
Où sont les preuves ?
Complément :
Nous avons constaté le même phénomène d’ères de watts moyens décroissants depuis l’ère EPO puis à nouveau en hausse depuis 2019 comme l’ère Armstrong au Tour d’Italie ou bien à la Vuelta où les radars et cols sont plus courts et les contrôles encore moins regardants. Fred Portoleau, notre ingénieur, scrute également toutes les montées tout au long de la saison sur les autres épreuves. La base de données accumulées depuis 30 ans est incroyable.

Les radars du Tour d’Espagne et du Tour d’Italie depuis 1994
Source : Frédéric Portoleau – 23/07/2022
Cela força au moins les dirigeants anglophones à transformer peu après le Canada en un pays officiellement bilingue.
Encore plus d’actualité qu’hier.
d’Après F Asselineau, F Philippot et autres
Le gouvernement «suivra l’avis des « autorités scientifiques »» en refusant la réintégration des soignants non « vaccinés » Covid19. Les hôpitaux vont donc continuer à sombrer faute de personnel et les soignants « vaccinés » mais malades continuer à travailler.
*
Le porte-parole du Ministre de la Défense russe annonce que quatre lance-roquettes HIMARS étatsuniens ont été détruits en Ukraine par des armes terrestres et aériennes russes de haute précision entre le 5 et 20 juillet.
Comme par hasard, les amerloques viennent d’annoncer qu’ils vont livrer 4 HIMARS supplémentaires à l’Ukraine.
Quand on sait que plusieurs Caesar français sont également hors circuit (détruits, récupérés), et que l’ordure de l’Élysée en a fait livrer d’autres !
Au fait, avec quoi ce pays pillé par ses maffias va-t-il payer ? Avec ses morts ?
À propos, savez-vous que les prisonniers ukrainiens sont considérés comme des traîtres par les z-autorités bandéristes ukrainiennes ? Que les familles des prisonniers, mais aussi des morts au combat, sont abandonnés par ce qui reste d’État ukrainien et ne reçoivent aucune aide financière que ce soit ? Et qu’elles sont totalement ignorées de la presse aux ordres.
*
La HAS, Haute Autorité de Santé (sic) est une institution dont tous les membres sont nommés par le président de la République !
Le gouvernement dit se référer à ses avis «indépendants». Notamment la non réintégration des suspendus !
Ça s’appelle se payer notre tête.
*
Fais pas l’con, Falcon !
Dardmalin et l’ex éphèbe de trogneux n’ont pas voulu partager le même avion Falcon pour aller se montrer aux media complaisants auprès des pompiers. Les deux avions se sont suivis à quelques minutes d’intervalle. Oui, quelques minutes quand même, autrement ils risquaient de se caramboler.
Et pensez bien à baisser votre chauffage cet hiver !
Mais c’est déjà le cas depuis des années, nous répondent des gueux, demi-gueux et autres SDF…
*
Au fait, qui a vaincu le nazisme ou plus précisément l’expansionnisme allemand pendant la Seconde guerre mondiale ? Et à quel prix ?
L’URSS a perdu 27 millions de personnes durant la Grande guerre patriotique, dont entre 9 à 12 millions de militaires. Le Royaume-Uni 383 000 militaires pour 67 000 civils, les USA 417 000 militaires et 1700 civils. Si on considère que les USA ont combattu le Japon, ça réduit d’autant leurs pertes en Europe.
Le plus fort, c’est que l’on a mis dans la tête de toute une génération, et même de plusieurs que l’on avait été libéré par les états-uniens et autres anglo-saxons. Et parce qu’il y avait eu un débarquement en Normandie, alors que tout était déjà joué, tout là-bas, bien loin, à l’Est.
Les bungalows de la Reconstruction prêts et le franc en dollar (on y a finalement réchappé grâce à la présence de de Gaulle du côté de la Résistance). Et la construction de l’Europe de l’Ouest par des vassaux américanisés.
Présentement, on peut remercier pour la deuxième fois en moins d’un siècle le rôle joué par la Russie (et autres alliés d’autrefois ou du présent) pour nous libérer de notre vassalité. Mais le chemin est encore long pour nous.
*
Avec du recul, je me demande si, dans le domaine de la chansonnette francophone de variétés des Trente Glorieuses, le plus tordu des colonisés fut +Smet (Halliday), +Forneri (Rivers), Moine (Mitchell), ou Sardou (sans pseudo) qui en vantant les vertus (du moins les siennes) de la France disait aux petits Français comme vérité révélée, et avec des rimes très indigentes, les paroles sont de lui :
« Si les Ricains n’étaient pas là / Vous seriez tous en Germanie / À parler de je ne sais quoi / À saluer je ne sais qui… »
Notons au passage l’emploi d’un temps simple (indiquant une permanence, une constante) après le « si ». N’étaient pas. Marque d’une occupation (financière, politique, sous-culturelle), malgré que de Gaulle a viré les camps militaires yankees. Et non d’un temps composé (indiquant un fait passé, fini, clos). N’avaient pas été.
Petit détail final — ceci pouvant expliquer cela : Sardou a toujours été un anti-communiste très très primaire. Et je me demande si derrière « Germanie », il ne faut pas comprendre « Soviétie ».
Un précurseur de ceux qui de nos jours confondent Russie de 2022 et URSS du passé, et URSS du passé et mal absolu en tous domaines. Sans discernement aucun.