Comme vient de l’écrire le poète affirmationniste Didier Jacob : « Je suis militant actif de la cause poétique et de la condition de la poésie et des poètes. On étudie certes encore la poésie dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités, mais à mesure que l’adulte pris par des préoccupations familiales, sociales et professionnelles se sent attiré par les divertissements populaires, son goût ou son intérêt s’en éloigne. Je n’ai pas ici à faire le procès de la Société de Consommation et du Spectacle. N’est pas Marx ou Debord qui veut !»
On m’a mis sous le nez un article récent d’un journaleux du Nouvel Obs où je retrouve ma « littérature » http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20160302.OBS5704/academie-francaise-une-election-a-la-fois-comique-et-consternante.html
Ayant d’autres choses à faire plus urgentes, je ne vais pas m’attarder trop longtemps.
Je dis quand même que c’est intéressant car cela me révèle ce dont je me doutais, c’est que tout ce monde médiatique bien établi qui demeure muet quand il a la possibilité de faire une recension d’ouvrage, va quand même fouiner sur les blogs de ceux qu’il méprise pour en tirer par des contorsions magiques je ne saurais trop comment appeler ça… des sortes de textes relevant du « cheveu sur la soupe », de citations qui ne veulent rien dire sorties de leur contexte.
Malhonnêteté courante, habituelle d’un tel milieu dont le but premier est de tenir la place libre et « propre » pour eux seuls. Et de jouer aux petits inquisiteurs, puisque eux seuls détiennent la Vérité.
Cette citation est décrétée être celle d’Olivier Mathieu qui par je ne sais quel miracle, par ailleurs, vient de passer de la catégorie d' »essayiste négationniste » à celle de » pamphlétaire négationniste ».
Premier point :
Le Nouvel Obs peut-il me citer le titre d’un seul ouvrage d’Olivier Mathieu relevant de la catégorie « essai négationniste » ? Il n’en existe pas. Le Nouvel Obs peut-il me citer le titre d’un seul ouvrage d’Olivier Mathieu relevant de la catégorie « pamphlet négationniste » ? Il n’en existe pas. Par contre il existe depuis peu de jours un pamphlet ou une satire disons « académique » comme chacun qui lit ce blog le sait. Je crois même qu’il est parfaitement connu du Nouvel Obs.
Deuxième point :
Maintenant pour qui sait lire, ce qui ne semble pas être le cas au Nouvel Obs, ce blog est celui de Jean-Pierre Fleury. Comme il est indiqué au tout début du blog. Il est également indiqué que tout article non signé est du blogueur. Ce qui est le cas.
Troisième point :
Ce qui a été cité est la conclusion d’un long article, et n’est réellement compréhensible que pour celui qui a lu l’article en entier. En fait cette citation veut dire : Makine est le type même de l’opportuniste dont les thèmes « éternels » sont des thèmes liés à la mode et porteurs.
Et encore j’ai été gentil avec Makine, je n’ai pas évoqué ou très peu son style et surtout son français, sa syntaxe de qualité très douteuse. Ce n’est pas que mon opinion mais celle de gens qui savent écrire.
Je ne développe pas, les malhonnêtes me débectent. Deux mensonges et une citation incompréhensible pour qui n’a pas lu le reste du texte, dans un seul article… Ça suffit.
Toute avancée sociale, scientifique, artistique est toujours le fait, au départ du moins, mais départ qui peut être très long, d’une minorité, pour ne pas dire d’individus quasi solitaires, souvent marginalisés, déclarés parfois toqués ou dangereux. Cela tient à la « nature humaine », ou si l’on préfère au fait que l’homme, qui est tout autant produit d’une culture que d’une nature, est un être « de société » foncièrement grégaire, suiviste, conformiste, coutumier, un mouton. Un veau, aura dit De Gaulle. Un animal de meute qui peut virer à l’amorphe, au déchaîné, ou à l’ignoble, c’est selon.
C’est d’ailleurs pour ça que la démocratie, et même son succédané grotesque et bourgeois, ladite « démocratie représentative », n’ont rien d’évidents ou même, par bien des côtés, de plus humains ou de supérieurs à bien d’autres formes politiques moins feutrées. La démocratie même directe n’est pas un gage en soi de vrai progrès humaniste, de justice, de vérité. C’est pour ça aussi que j’aime à répéter que partisan de la démocratie directe, je la vois « à la Suisse » et non pas « à la Far West ». Réflexive, à froid, consensuelle, de compromis.
C’est également pourquoi toute avancée d’un jour finit par se scléroser un autre jour jusqu’à devenir un frein, pour ne pas dire un éléments allant à l’encontre de ses buts d’origine.
Un exemple net est celui du syndicalisme qui au départ, du moins en France, s’est créé dans l’interdiction et par la bataille sociale, avec des emprisonnés et des morts à l’appui. Syndicalisme largement révolutionnaire (qui prônait alors la grève générale) et qui est devenu de nos jours un émiettement d’officines bureaucratisées, d’entreprises de copinage, de corporatismes stériles pour le salariat en général et d’autres secteurs non salariés ; et plus encore de grandes coquilles vides, ennemies de toute rupture sociale, gérant sans vergogne le capitalisme aux côtés de la bourgeoisie, y compris souvent dans ses pires aspects et excès.
Mais ce qu’il faut bien voir, c’est qu’à notre époque de massification, marchandisation, médiatisation à quasi sens unique, et spectacularisation du Monde, l’écart entre les minorités dirigeantes et la masse restante des hommes n’a jamais été aussi manifeste tout en étant aussi peu visible. Ou si l’on préfère, hors du spectacle du monde et de l’agitation de coteries, rien ne semble plus exister dans la société. Alors qu’il n’en est justement rien. Et tout ce qui ne semble plus vivre est de fait totalement dilué dans l’absence, le vide et le silence médiatiques (tels les faits divers que la Pravda bolchevique ne recensait jamais dans un « communisme » où tout baigne). Masqué, brisé par et dans le conformisme dominant, l’uniforme, l’intolérant ; le mépris de classe ou de caste de celui qui possède argent et pouvoir (l’un allant toujours avec l’autre).
Dans le domaine des arts et de la culture, plus encore qu’ailleurs c’est l’individuel qui prime sur le collectif. Des signatures, des noms, du moins depuis l’époque dite « moderne ». Ou bien les groupes restreints (ateliers, écoles, mouvements, dirons-nous). Le domaine de la « vie littéraire » qui nous occupe est, comme le reste, le fruit du grégarisme dominant « naturel » auquel s’ajoute la ténuité des milieux qui créent (en bien ou en mal) des ouvrages écrits de toutes sortes, et le nombre finalement assez faible des lecteurs (tous styles confondus). Aussi, j’aurais envie de déballer sous les yeux des gens d’esprit court, y compris chez les dits intellectuels, tous obsédés par le nombre, la masse, la majorité (généralement silencieuse), ladite « opinion publique », et les idées toutes faites et intéressées de l’idéologie dominante, ces quelques remarques en vrac :
*
– À combien « tirait-on » les ouvrages des auteurs (écrivains, calligraphes, miniaturistes) sur parchemin ? L’un des plus grands « succès » du Moyen-âge « Le Roman de Renart », une trentaine d’auteurs pour la plupart anonymes, 80.000 vers en tout, nous est parvenu en quelques petites dizaines d’exemplaires partiels seulement ; certes, certains ont disparu, mais il faut se dire que le livre était alors une denrée rare, que peu de gens savaient lire ou avaient les moyens de se payer du parchemin écrit et souvent décoré, une œuvre d’art. Le livre était lu publiquement par les clercs (dans les châteaux en particulier, ou les grosses demeures bourgeoises) ou raconté « en morceaux » par troubadours et trouvères.
– Un peu plus près de nous, à combien tirait-on les ouvrages imprimés sous l’Ancien-régime ? Et depuis quand existe-t-il des éditeurs au sens étroit du terme, qui ne sont pas aussi des imprimeurs, et/ou des libraires, et/ou même encore des auteurs ? Si ce n’est depuis le développement du capitalisme ; et en ce domaine, il était encore très courant de voir des libraires-éditeurs au XIXe siècle.
– Parmi les auteurs reconnus aujourd’hui comme « de référence », combien n’eurent pratiquement pas de lectorat de leur vivant ? Et combien de lecteurs réels pour un ouvrage de qualité ou « spécialisé » de nos jours ?
– Qui ne veut pas voir que ladite société du spectacle et de la marchandise (où s’exprime à plein régime la dictature des media, tous plus ou moins uniformisés et conformistes, et le monde des gros tirages de livres pour une bonne part sans lendemain ou qui finissent au pilon) étouffe, annihile, tout ce qui n’est pas elle ?* Et que tout ce qui est petit, artisanal, marginal (marginalisé), souterrain sans même le vouloir, sans grands moyens financiers, ou quasi invisible comme l’édition poétique, est finalement le lot commun de la masse des hommes ?
– Que faire quand la caste des journalistes, d’un commun accord, ou pire, spontanément et le petit crayon sur la couture du pantalon, se tait ? Je renvoie à divers articles récents (ou moins récents) de ce blog qui ne cessent de déplorer cette attitude.
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Et que penser de ceux qui font de la notion de renommée (bonne renommée sociale, artistique, littéraire évidemment, l’un allant toujours avec l’autre) un critère de sélection, de valeur, voire encore de vertu ? D’éthique ou de bonne morale. Du moins de morale estampillée. D’ailleurs est-ce que l’Art a quelque chose à voir avec la vertu ou la morale ambiantes ?
Au niveau de ladite notoriété, oserais-je rappeler à certains uniquement ces trois exemples ? Joseph Joubert qui écrivit des aphorismes mais aussi quelques essais et de nombreuses lettres n’a connu aucune renommée littéraire (ni autre, d’ailleurs) de son vivant, pour la simple raison qu’il n’a absolument rien publié de celui-ci. Aloysius Bertrand a publié juste quelques articles dans un journal local et quelques poèmes ; de son vivant il fut totalement inconnu et son œuvre essentielle, qui ne fut publiée qu’après sa mort survenue précocement, ne fut vraiment découverte, bien des années plus tard, que grâce à Baudelaire dont ses « petits poèmes en prose » sont, sur la forme du moins, inspirés de cet ouvrage unique et de qualité qui est bien évidemment : Gaspard de la nuit.
La renommée de Rimbaud ne s’est même pas faire sur des livres publiés, mais sur quelques copies manuscrites de poèmes qui circulaient dans le milieu des poètes. Grâce à Verlaine et Nouveau, essentiellement. Ce qui est plus fort encore chez Rimbaud, c’est que cette renommée s’est faite indépendamment de sa volonté, et même contre à l’extrême fin de sa courte vie ; puis essentiellement après sa mort. Rimbaud ayant eu la particularité d’être revenu de tout et d’avoir sombré dans la vulgarité coloniale très jeune. C’est dire d’ailleurs, si la reconnaissance et la notoriété dans le domaine de l’art, il n’en eut rien à faire. Aux derniers temps de sa vie, sur son lit d’hôpital marseillais, il ne supportait même plus que sa sœur lui lise ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un poème.
On pourrait d’ailleurs se poser la question de savoir ce qu’est la notoriété, la renommée, la reconnaissance « à chaud » et « du vivant » dans une société telle que je l’ai définie plus haut (après bien d’autres) ; société basée sur la grégarité, le conformisme, l’esprit de meute. Le simple exemple de l’Académie française est éloquent. Combien de ses Immortels qui sont déjà morts dans la mémoire de la Culture avant même de défunter ? Pas tous, certes et heureusement, mais un bon nombre quand même. Et on en connaît divers exemples récents, et même tout récents.
Autre question : que vaut une renommée établie par des media des masses ? À quelle aune est-elle établie ? Le nombre d’ouvrages vendus ? Le nombre de passages à la télévision ? L’adéquation aux normes sociales dominantes, aux croyances de l’époque ? À ce dernier compte un personnage comme Debord ne vaudrait rien du tout, lui qui a tout fait pour ne pas paraître. Il évoquait aussi sa « mauvaise réputation ». Et que dire aujourd’hui de ceux (sa seconde conjointe en particulier, et pour du pognon) qui l’on quasiment panthéonisé, ou plus exactement « béhènèfisé » de la médiocre et récupératrice manière que l’on sait ? Car tout auteur a à craindre deux choses : le mépris ou l’indifférence d’un côté ; et la mauvaise lecture ou la récupération de l’autre.
Dans le même ordre d’idées… J’aime raconter cette anecdote (enfin, anecdote, si l’on veut) de ces gens que j’ai connus qui regardaient régulièrement les émissions littéraires à la télévision. Ils étaient au courant de toutes les sorties, de toutes les nouveautés médiatiques. Ces personnes qui ne lisaient jamais ou pratiquement jamais étaient capables ensuite de disserter, ou porter des jugements sur l’œuvre d’un auteur, jugements uniquement basés sur un entretien qu’ils avaient suivi à la télévision, donc totalement sur l’apparence d’un auteur : sa présentation physique, son aspect jugé sympathique ou non, son élocution, son aptitude surtout à bien se raconter et bien raconter ses livres. En un mot : sur sa capacité à bien se vendre. Mais cela dit, même s’il savait se vendre, ces gens ne rentraient jamais dans une librairie, ni ne se ruaient sur les piles des gros tirages du rayon « librairie » des supermarchés pour acheter son livre.
*
Je voudrais évoquer maintenant, cette absence sidérante de tout sens normal, ou de discernement, de la part de ces petits hommes – très généralement sans aucune œuvre – qui portent des jugements hors de propos pour établir – à leurs yeux – si tel ou tel littérateur, tel ou tel artiste, tel ou tel poète est socialement de qualité ou non, est fréquentable ou pas, est in fine a « publiciter » ou à ranger parmi les parias dont on ne saurait parler jamais. Non pas parce que ces parias n’ont pas de talent (comment le sauraient ces grands critiques, puisque généralement ils ne les ont pas lus par préjugés extra-littéraires ?) mais parce qu’ils ne sont pas adéquats à leur morale étroite et totalement conformiste.
Et cela va même jusqu’aux plus grands de nos écrivains : « Céline… oui mais avec des pincettes, ses premiers livres, mais après non… » Cet « après » décrié par un nain culturel, un nabot du néant qui ne l’a pas lu parce qu’ON lui a dit que ce n’était pas à lire, mais à jeter aux cabinets. Ce qui d’ailleurs lui fait dire des bêtises sur les contenus réels de ces livres décriés. Les on-dit et autres qu’en-dira-t-on peuvent être trompeurs, forts trompeurs. Mais c’est encore un autre sujet.
J’ai connu un jour (je crois déjà l’avoir raconté) un homme qui me demandait des comptes sur mes mauvaises fréquentations historiques (cela lui semblait sans doute tout à fait normal, puisqu’il recrachait l’idéologie dominante, le sens commun) ; il me disait ceci, il me disait cela ; à la fin je lui ai demandé : « mais les as-tu lus ? » -« À vrai dire non », m’a-t-il répondu. Là, j’ai dit : « basta ! » J’ai raccroché. Le plus fort c’est qu’il était enseignant !
En fait, ces individus de peu raisonnent comme Badinter qui dans un autre domaine, donne comme unique argument, comme unique légitimité à la loi Gayssot « le poids de la chose jugée », où encore la présence d’un juge français à Nuremberg. Mais à ce compte, il n’y a plus d’Histoire. Et plus d’avancée en rien et sur rien. Seuls demeurent le dogme historique et, pire encore dans le cas de cette loi, des déviances punissables ! Et là c’est un argument filandreux et extra-historique qui fait taire les « mauvais » contestataires. Il ne relève non pas de l’Histoire, ni même de l’hérésie (pourtant on est en pleine religion en ce domaine), mais du procès d’intention totalement hors sujet : « l’antisémitisme » ! En fait un serpent judiciaire qui se mord la queue. Une pathologie mentale législative. Il en va de même pour ceux qui jugent les écrivains par rapport à leur « fréquentabilité » ou non « fréquentabilité ».
Je me demande d’ailleurs pourquoi on se limite à un seul dogme historique. Pourquoi ne pas imposer vraiment et très grossièrement une Histoire officielle sur tout ? Cela me fait penser au temps où en URSS (un exemple parmi d’autres) on retouchait les photos officielles au gré des grâces et plus exactement des disgrâces, où l’affaire de Katyn était un « crime nazi » pour ne pas dire allemand, où on enfermait les déviants dans des goulags ou des hôpitaux psychiatriques. Ce dernier point, certains seraient prêts à le remettre au goût du jour en France même ; ainsi de ce Cymes, sinistre médecin (gauchiste) télévisuel, qui réserverait bien l’asile psychiatrique à Dieudonné ! C’est ce que j’ai déjà appelé, plus d’une fois, une forme de néo-stalinisme « à la française ».
Je ne sais pas si on se rend compte du niveau où tombe le monde. Sous le prétexte que certains ont dit ceci ou cela, ou ont été condamnés un jour pour ceci ou pour cela, des petits hommes voudraient les enfermer « chez les fous » ou dans le silence médiatique (les petites têtes même, seraient prêtes « à leur casser la gueule », voire les tuer). Leur interdire d’exister, de s’exprimer, de créer. De publier, d’être édités (même très marginalement), d’être diffusés, d’être commentés, d’être « réclamisés ». Classés à jamais dans la catégorie « déshonneur éternel » propre aux « faux auteurs » maléfiques publiés par de « faux éditeurs » également maléfiques, peu diffusés, « lus par personne », jamais évoqués dans les média, donc… « faux auteurs » édités par de « faux éditeurs », etc. On repart pour un tour de valse loufoque et sans fin aucune. Quelle misère que la pensée humaine courante ! Au final, cela porte un nom : censure.
A ce compte-là, Villon (condamné pour homicide) devrait être absent des manuels scolaires, de même Socrate devrait continuer à boire la ciguë, Galilée ne dirait pas « Et pourtant, elle tourne ! » (ce qu’il ne dit probablement jamais en vérité), on tairait les noms des « coupables » des procès staliniens… Et il ne faut pas croire que je délire et que tout ça c’est du passé. Dans le secteur de l’Histoire qui censure les « mauvaises pensées » ou entretient le mensonge, si aujourd’hui on a reconnu depuis longtemps que Jeanne d’Arc fut brûlée non pas pour des raisons religieuses mais politiques, ou que les raisons d’éliminer des dirigeants bolcheviques étaient grotesques comme leurs auto-accusations, il est encore toute une Histoire qui se refuse, par exemple, à reconsidérer le jugement d’origine chrétienne sur Néron. Et je crains que le maintien dans l’erreur (pour employer une expression chrétienne) ne soit le même en ce qui concerne le procès de Nuremberg.
Et je dis que – vrais ou faux coupables, finalement peu importe – il y a derrière tout ça une notion parfaitement étrangère à l’humanisme qui au pardon et à l’oubli préfère les antinomiques « acharnement pathologique » et « mémoire très sélective », voire la loi du talion d’un esprit qui lui est bien le vrai esprit du Mal. Celui qui rabaisse l’Humanité.
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Je conclus donc que :
1/ L’argument du nombre (comme en tout domaine, en premier lieu celui de la politique où le scrutin dit « majoritaire », de moins en moins majoritaire d’ailleurs, n’est qu’un pis-aller) est archi-nul, le plus débile qui soit, d’un conformisme achevé. Mais on comprend bien qu’il existe si fortement chez les esprits faibles qui recrachent la « bonne parole » et ne pensent pas, ne pensent jamais par eux-mêmes. Il est d’autant moins inattendu que les (disons 🙂 dissidents ont toujours été ultra-minoritaires. On le voit encore aujourd’hui ; c’est même une marque de fabrique, l’homme moyen étant (comme je l’ai dit plus haut et comme je ne cesse de le répéter) un être grégaire, de troupeau et en même temps un « esprit » versatile sur le modèle de ceux qui nous dirigent, et très peu nuancé. Et pire encore : il se déclare souvent apte à donner son avis « autorisé » sur ce qu’il ne connaît même pas.
2/ L’argument de la renommée, de la notoriété, de la réputation, de la reconnaissance (dudit public, médiatique, officielle à breloques, ou même des pairs) – ou pour le dire négativement de la non conformité sociale – n’a pas plus de valeur, ni de sens réflexif. En premier lieu sur la (longue) durée ; l’histoire littéraire est farcie de « purgatoires » (et même de bûchers), et de révisions de jugements liés en partie aux goûts et aux modes qui changent. Les modes et les goûts, rien de moins rationnels ou objectifs et de plus concurrents que ceux-ci. L’universalité et « l’éternalité » ne sont pas accordées à tous.
3/ L’argument du silence – apparent – et de l’invisibilité – médiatique – (auteur confidentiel, micro-éditeur**, livres peu diffusés, absence des media…) qui est un corollaire des deux précédents, est le pire qui soit car il entretient lui-même le silence et l’invisibilité. La mort médiatique et le mépris sectaire. Si je ne parle pas de toi c’est parce qu’ON ne parle déjà pas de toi. Là aussi le serpent se mord la queue. On ne se pose jamais la question du « pourquoi », de l’intérêt des uns et des autres (ceux qui dominent, méprisent, interdisent et tiennent les clés des media) à ce que ça demeure ainsi d’une façon pérenne. Cette attitude est très prisée chez les pleutres médiateux, ces médiocres couards. Ce petit monde ne sera jamais prêt à briser les tabous et les interdits. Les bonnes et confortables convenances tacites. Sauf sur ordre ! Et là, ils se rueront à la tâche comme des dératés. Lâcheté courante du larbin salarié, de l’être riquiqui courant que s’est fait journaleux « par défaut », n’étant très généralement doué en rien, et surtout pas dans l’écriture au sens noble du terme.
Dis-moi qui on n’a pas le droit de critiquer ? De qui on n’a pas le droit de dire du mal, n’importe quel mal, du plus sérieux au plus anodin ? De quels princes et quels rois s’agit-il… de quels petits marquis ? Et je te dirai qui dirige réellement le pays ou le monde entier.
Dis-moi de même, qui ON se doit de critiquer, de mépriser et de ravaler au rang du sourd-muet-aveugle invisible ? Celui qui justement dérange, ou est censé déranger, tout ce bon ordonnancement de petits marquis et de grands princes.
***
* Ce qui n’empêche d’ailleurs pas les bides, certains retentissants. Et c’est heureux finalement. Pour les livres, mais aussi pour d’autres formes d’expression, je pense par exemple au fiasco de la « pièce » de Botul l’année dernière. Si son insuccès littéraire n’est connu que des milieux de l’édition, là il fut manifeste et patent ; pas moyen de tricher quand les salles sont vides, qu’une pièce est déprogrammée ; et ceci malgré une super-publicité.
** Nombre de petits éditeurs ne demanderaient pas mieux que d’être de plus gros éditeurs, ou que leurs « poulains » soient édités à plus fort tirage.
PREMIER POINT.
Demain (3 mars 2016), à l’Académie, il y a plusieurs candidats mais les journalistes continuent à désigner Olivier Mathieu comme « négationniste ». Pourtant, quand ils parlent des autres candidats, de TOUS les autres candidats, ils les désignent par leur profession (Edouardo le « chanteur ») ou leur occupation (Valentin Ogier le « lycéen », Eric Dubois le « poète »). Vraiment, c’est curieux. Olivier Mathieu, qui a une bibliographie fort impressionnante, n’est en revanche presque jamais désigné comme « écrivain ». Il est le SEUL candidat dont les journalistes indiquent, je ne dirai même pas les opinions sur un sujet, mais les opinions par eux présumées, parce qu’ils se basent sur des faits qui datent d’il y a vingt-cinq ans. Pourtant, n’importe qui, possédant un cerveau en état de fonctionnement, peut aisément contrôler qu’Olivier Mathieu est écrivain et qu’en outre, parmi tous ses livres, il n’y a pas un seul « essai révisionniste ». N’importe, les journalistes continuent inlassablement à se livrer à son égard à une véritable discrimination et à le définir exclusivement comme « essayiste révisionniste »…
DEUXIÈME POINT.
Frédéric Mitterrand a retiré depuis longtemps sa candidature. Mais le JDD (consulté par moi, aujourd’hui) continue à le déclarer candidat… Le même JDD qui continue de présenter Olivier Mathieu comme « essayiste négationniste »…Voilà certes une drôle de conception du journalisme. D’une part, au JDD, on se livre à une discrimination et l’on prétend donc savoir ce que pense l’un des candidats (Olivier Mathieu), mais toujours au JDD on ignore que Frédéric Mitterrand a retiré sa candidature : http://www.lejdd.fr/Culture/Pourquoi-les-academiciens-redoutent-leur-entree-a-l-Academie-francaise-774563
TROISIÈME POINT.
Olivier Mathieu vient de publier un livre, consacré justement à une récente élection à l’Académie. Que fait la presse qui en a été pourtant largement informée ? Car pour l’heure, seul un blogueur français en a rendu compte : http://sebguillet.fr/2016/pamphlet-drole-devastateur/
QUATRIÈME POINT.
Lire ( http://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/TRIBUNE-Un-dilemme-pour-Immortels-choix-Mitterrand-A-Makine-celui-Richelieu-authentique-defenseur-langue-francaise-2016-02-12-1200739601 ) :
« A l’ultime question de Nathalie Levy « Sauf que vous n’êtes pas seul dans la course en face de lui, il y en a d’autres, non ? », il a répondu d’un rire méprisant « Non, pas si importants, je ne veux pas les insulter, ils se présentent depuis dix ans ! » en prétendant que les Immortels n’auraient pas d’autre choix, que « le choix de Mitterrand » était le seul possible du fait de son retrait ! Comment mieux ridiculiser l’Institution ? »
C’est très juste, ce qu’écrit là Monsieur Aaron Upinsky.
Au fait, Olivier Mathieu avait dit la même chose, sur ce point précis :
« Mon ami Olivier Mathieu vient de publier un livre savoureux, consacré à Alain Finkielkraut, récemment accueilli en grande pompe parmi les immortels de l’Académie Française. Dans la lignée de la presse satirique française du début du XXe siècle (L’Assiette au beurre par exemple), Olivier terrasse la bien-pensance avec une verve dont il a le secret… »
La suite à lire sur le site de Seb Guillet : http://sebguillet.fr/2016/pamphlet-drole-devastateur/
Une journaleuse de Gala, une certaine Marianne Lesdos nous apprend (apparemment sans rire) que le chanteur (je veux bien) et poète (je doute après avoir lu quelques-uns de ses textes, mais ce qui ne veut pas dire que ce qu’il écrit soit dénué de sens ou de raison, seulement ce n’est pas très poétique), que le chanteur Edouardo n’est « pas dupe, il sait que son français approximatif ne lui offre que peu de chances de doubler des érudits tels que les écrivains Michel Carassou, Eric Dubois ou le favori Andreï Makine, mais « peu importe ». Sa candidature n’a qu’un seul objectif : « c’est pour exister ». »
Je ne sais pas si Marianne Lesdos a volonté d’ironie : érudit, Michel Carassou l’historien du dadaïsme et du surréalisme, je veux bien. Mais j’aimerais lui demander en quel domaine Makine est érudit si ce n’est dans celui de l’opportunisme, et en quoi Éric Dubois pourrait bien être érudit.
Moi personnellement, Eduardo Pisani le napolitain ne m’est pas antipathique, je dirai même que son aspect « à côté de la plaque » illustre parfaitement notre époque. Certes il ne fut qu’un effet de mode ; certes, ce n’est pas de la grande chanson mais elle ne semble nettement supérieure à la chanson branchée et aux borborygmes de tant et plus de pseudo-chanteurs. Ses textes sont simples, vraiment ou faussement naïfs, mais au moins ils veulent dire un peu quelque chose à chaque fois. De plus, il ne fait de mal, ni de tort à personne. Enfin, de tort consciemment du moins, comme on va le voir.
Car à l’écouter j’ai l’impression qu’il semble avoir compris un élément essentiel de la « philosophie » de notre époque, c’est même la thèse de l’une de ses chansons : « Tout est possible dans ce monde fou ». Ceci, je doute que notre philosophe académique l’ait bien perçu. C’est donc pourquoi il me semble que l’Académie a tout intérêt à ne pas élire Edouardo car il pourrait faire notablement de l’ombre et du tort à l’ami de Botul, le super-escroc phobosophe.
Eh, oui, des pensées assassines, Edouardo en a même d’autres en réserve.
https://www.youtube.com/watch?v=V-y1BPnTGPE
Il convient de rappeler que le livre d’Olivier Mathieu n’est nullement une « biographie » d’Alain Finkielkraut, puisqu’il est indiqué sur ce blog qu’il s’agit simplement d’articles de blog datant de 2014 et de 2016.
Par ailleurs, le raisonnement de beaucoup de journalistes et d’internautes se mord la queue. En effet, certains affirment qu’ils ne peuvent (ou ne veulent) pas parler du livre d’Olivier Mathieu parce que ce livre n’est pas bien diffusé.
Le problème, c’est qu’Olivier Mathieu a un tout petit éditeur. Mais si l’on ne peut parler que des livres qui ont une diffusion importante, donc des moyens économiques importants, alors on ne parle pas d’auteurs (et d’éditeurs) qui, pour ne pas être riches (ce qui n’est pas un délit), ont pourtant des choses à dire.
Tandis que Finkielkraut, lui, qui est au sommet de l’actuelle pyramide germanopratine, ne rencontre pas ces problèmes. Ancien militant maoïste, personne ne lui reproche d’avoir jadis soutenu le maoïsme. Ancien défenseur de Tony Duvert, personne ne lui reproche d’avoir eu les paroles qu’il a eues à l’égard d’un pédéraste notoire. Ancien réformé par simulation selon son ami Pascal Bruckner, personne (parmi ses amis, en tout cas) ne sourit quand Finkielkraut se pose en épigone de Charles Péguy…
En attendant, on verra si dans les prochains jours des journalistes, mais aussi des « blogueurs », parleront du livre d’Olivier Mathieu.
Avec toutes nos excuses – ironiques bien sûr – d’avoir une petite diffusion, et donc de ne pouvoir toucher que quelques rares lecteurs, amants de la littérature ou amis bibliophiles.
I – Le maquereau ferment d’immortalité.
« Maqu’reau, vous n’êtes qu’un vil exploiteur de femmes. »
Lisons, en haut à gauche :
« Maqu’reau, vil exploiteur de femmes,
Ignoble poisson à deux pieds,
L’horrible noirceur de ton âme
Mérite l’immortalité. »
« Maqu’reau (…) / Ignoble poisson à deux pieds » est évidemment une allusion au fait que le vrai ma-que-reau est un être à trois pieds.
*
II – L’éphèbe, apprenti Immortel.
*
Voyez ce jeune garçon, s’il se monte le bourrichon.
***
III – Cris de harengères.
Il était un grand fauteuil – grand, grand, grand,
Pour y monter, une échelle – haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur – à ressort.
Il sauta sur le fauteuil – haut, haut, haut,
« La poiscaille est immortelle, et je n’ai besoin d’échelle »
Dit le maqu’reau portant beau – beau, beau, beau.
« Allez rendre à Charles Cros » – kraut, kraut, kraut –
« Son échelle perpétuelle » – haute, haute, haute –
Fit hareng sûr de son sort – saur, saur, saur.
Voici, jeudi trois mars, les candidats accros
Qui vont, Quai de Conti, se menacer des crocs !
« Mutilé du cerveau ! » « Et mon cul ? » « Maquereau ! »
Ah ! Combien de duels, de harpons et d’acraux !
Combien de coups de pied dans combien d’os sacraux !
« Philosophe ! » « Immortel ! » « Mon beau penseur ! » « Escroc ! »
Puis toutes les radios vont courir aux micros,
Et les journaux diront – sept lignes en macro –
Le nom du bel élu au cerveau manicrot
Qui demain siégera parmi les sépulcraux
Immortels (ils n’auront plus besoin de nécro)
Collègues très-savants de l’Alain Finkielkraut !
Olivier Mathieu
PARIS LE DÉSERT
https://www.youtube.com/watch?v=31VXDJYZd8Q
Dans ce Paris désert de fin d’année
Amour, ma ville, amour, je t’ai nommée.
Et je cours des jardins du Trocadèr’
Jusqu’à ce mont là-haut que l’on dit Martre.
Amour, ma ville, amour, ma bafouée
Par tous ces faux plaisirs défigurée.
Je cours, je cours, lente se meurt l’année
En ce désert, Paris, ma destinée.
Je passe par l’Hôtel des Invalides :
La gloire avec la mort s’en est allée
Au paradis, à l’ombre des épées ;
Tous ces drapeaux qui claquent dans le vide.
La neige à la Concorde, c’est joli.
Quelqu’un me voit tomber et me sourit.
Je lui réponds « Vous êtes bien aimable,
À ce désert il manque un peu de sable ».
Mon smoking tout crotté, je reprends ma course,
Fuyant la Madeleine et puis la Bourse.
Je pense à saint François face aux notables
« L’argent, Messieurs, c’est le crottin du diable ».
Ah ! Ah ! Mon dernier rire de l’année ;
Minuit, mon premier rire de l’année.
Je pars chercher les autres clowns en ville,
Mon cocktail Smerdiakov et ma sébile. *
*
* allusion aux « Frères Karamazov », le roman de Dostoïevski ; Smerdiakov étant le bâtard de la famille : domestique et cuisinier épileptique et sombre, son matronyme «Smerdiakov» vient du verbe « smerdit » qui signifie « puer» en russe.
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LE DÉSERT
https://www.youtube.com/watch?v=GH6wIezDvAc
Le vent souffle où il veut.
Tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va.
Le vent souffle où il veut.
Tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va.
*
Chacun a son désert à traverser,
Chacun a son royaume à retrouver
Et son enn’mi à pardonner (bis)
Ah ah, ah ! Ah, ah ah ! …
*
Chacun a son désert à traverser
Chacun a son secret à révéler
Et son espoir à partager (bis)
Ah ah, ah ! Ah, ah ah ! …
*
Le vent souffle où il veut.
Tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va.
Le vent souffle où il veut.
Tu entends sa voix,
Mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va.



