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SAMEDI DERNIER SUR LE FRONT DE L’OUEST

 

 

Security forces and members of the Bolivarian National Intelligence Service (Sebin) check a building after an explosion was heard near the place where Venezuelan President Nicolas Maduro was attending a ceremony in to celebrate the 81st anniversary of the National Guard in Caracas on August 4, 2018. A loud bang interrupted Maduro’s speech during the military ceremony. / AFP / Juan BARRETO

Vrai attentat aux drones raté ou manipulation ? Qui peut le dire !

 

COMME EN PASSANT — RÉFLEXIONS DE DORAT.

Le doux, léger et badin Claude Dorat (1734-1780), dit le Chevalier Dorat, qui sut ouvrir son salon à la lectures des Confessions de Jean-Jacques Rousseau, écrivain plus profond parfois que ce que l’on en dit, semble avoir écrit quelques paragraphes pour aujourd’hui.

Nous utilisons ici à cet effet, des extraits du tome second des Lettres en vers, et œuvres mèlées [sic] de M. D[orat], ci-devant Mousquetaire … A Geneve … M DCC LXVII. J’en ai juste actualisé l’orthographe.

Dessin de Charles Eisen (1720-1778), gravure de Noël Le Mire (1721-1801) ; o. c. page 61.

Je crois que plus un peuple est corrompu, moins il doit être voluptueux: c’est que la volupté vraie tient à la naïveté de l’innocence, au calme d’un cœur que la vertu tranquillise, et au petit nombre des besoins. Les jouissances trop multipliées sont nécessairement trop rapides : et qu’est-ce qu’un plaisir auquel ne survit pas le charme de la réflexion, et qui meurt dans l’âme, sans y laisser de traces, si ce n’est un vide immense que d’autres plaisirs ne rempliront pas mieux ? (Réflexions sur le poème érotique, opus cité, pages 6 et 7)

Mais on dirait aujourd’hui que tous les esprits se ressemblent, et qu’ils ont perdu cette empreinte originale qui distinguait chacun d’eux, dans les beaux siècles de la Littérature. Un succès dans un genre entraîne tout le troupeau servile des imitateurs ; ils ne voient que le prix, sans mesurer l’intervalle qui les en sépare. Cela n’annonceraient-il pas un relâchement réel dans les ressorts de l’esprit humain ? La variété de la nature prouve la force et les ressources ; elle s’appauvrit, selon moi, dès qu’elle devient uniforme. (idem, page 12)

Ce que la Poësie a de réel pour un Philosophe, c’est qu’elle nourrit la sensibilité, étend l’imagination, et fixe, pour quelques instants, une âme qui s’évite, et un esprit qui se redoute : c’est que, dans ces moments, où tout est sombre autour de nous, elle devient un Prisme heureux qui colore et embellit l’Univers : c’est qu’elle nous aide enfin à charmer l’ennui qui est après le crime, le plus horrible fléau de l’humanité. (ibidem, page 16)

Dessin de Charles Eisen, gravure de Noël Le Mire ; o.c. page 60.

*

La Nature toujours varie ;

D’objets en objets emporté,

Je veux imiter sa magie

Qui naît de la diversité. *

[…]

Tantôt, Disciple d’Hamilton,

Qu’à tous nos Sages je préfère,

Je m’efforcerai, pour te plaire,

D’imiter son aimable ton ;

Tantôt, sérieux par prodige,

Et raisonnable par excès,

Je sortirai de mon vertige,

Je rembrunirai tous mes traits.

[…]

Ici je pense, je suis homme.

Philosophes que l’on renomme, **

Je vous surpasse en ce moment :

L’en atteste la Raison même,

Vous fûtes sages par système,

Et je le suis par sentiment.

[…]

Combien il est doux pour le Sage

De s’envoler dans les forêts.

Et de chiffonner les attraits

De quelques Nymphes de village !

(Le pot-pourri — épître à qui on voudra, o.c., pages 62, 81, 83)

Notes :

* La vraie diversité naturelle, celle des espèces, des cultures, des civilisations; pas, pour donner un exemple contemporain, le métissage décadent ou les communautarismes allogènes aux basques de la consanguinité mondialiste.

** À qui on accorde renommée.

*

Rien de plus dangereux que le despotisme qui s’introduit depuis quelque temps dans les Lettres : tous les esprits y sont ou tyrans, ou esclaves ; si quelque parti domine, on applaudit à ses paradoxes, tandis que l’autre [ou les autres] ose à peine bégayer quelques vérités. Cette tyrannie annoncerait, selon moi, la décadence prochaine des Lettres et des Arts. La mâle liberté d’écrire peut seule hâter la lenteur de leurs progrès ; cest du choc de différentes lumières réunies que naît enfin le jour de la Raison. (Réflexions sur la Poësie, o.c., page 205).

Remarque. Il ne manque pas grand chose pour faire de cette prose de Dorat des périodes musicales, mesurées, de poésie en vers blancs, rimes internes ou assonances. J’y ajoute, retranche ou modifie très peu :

Rien de plus dangereux que tout ce despotisme

Qui s’introduit depuis quelque temps dans les Lettres :

Tous les esprits y sont ou tyrans, ou esclaves ;

Et si quelque parti domine, on applaudit ses paradoxes,

Tandis que l’autre ose à peine bégayer ses quelques vérités.

12 pieds, 12 pieds, 12 pieds, 16 pieds, 16 pieds … Je ne développe pas plus.

Dessin de Charles Eisen, gravure de Joseph De Longueil (1730-1792); o.c., page 133.

AFFAIRES DE MŒURS PERVERSES AU SOMMET

À l’image du monarquignon, grand pervers devant le mondialisme et adolescent attardé qui entend nous mener par le bout du nez, Schiappa, fifille de trotskard franc-maçon (mais ce qui n’est pas une excuse), a accouché d’une loi proprement délirante et folle, mais j’ose espérer inapplicable :

C’est la loi Schiappa… cent balles ; digne du puritanisme le plus hypocrite et le plus délirant des sociétés sous domination des religions protestantes (pour simplifier : anglo-saxonnes) qui ne sont, elles-mêmes, pas sans rapport avec l’islamisme patriarcal féodal à la double mentalité (voir ce qu’il en est par exemple au Kosovo « musulman » lieu de tous les trafics : armes, drogues, organes humains, femmes).

C’est la loi de cette Schiappa-là, Schiappa hauts de nibards à l’air,

auteur (pardon Marlène l’illettrée : auteure), c’est elle-même qui le dit, d’un livre « osé », s’indignant que l’on puisse lui faire la réflexion qu’elle devrait un peu se cacher les enjoliveurs quand elle entend j o u e r La Mère Harpie du « puritanisme au karcher » des rues.

Tant le moindre policier ou gendarme de base que l’homme de la rue a déjà parfaitement compris que, par exemple, des « regards appuyés » était une notion totalement subjective et ne pouvant décemment relever de quelque loi ou délit que ce soit, sauf dans les esprits malades de ceux qui font les lois, quand du moins ils ont le courage de les voter ou… ne les pas voter ((92 voix pour, 8 abstentions et aucune voix contre).

Et ce qui nous attend au final, à moins d’une révolte salutaire préalable :

*************************************

Marlène Schiappa veut recruter 10.000 policiers pour ses brigades de la vertu !

***************************************************

Pourquoi s’en priver ? on est déjà soumis dans le même domaine (et avec vingt ans de retard coutumier) à la dictature et à l’obscurantisme de ladite « mémoire traumatique » (voir les nombreux articles de ce blog consacrés à ce sujet).

Et dans la même logique voici un autre exemple de la France Grotesque des fous narcissiques et pervers qui entendent nous infantiliser et esclavagiser encore un peu plus :

DUPERIE

— Pourquoi n’êtes-vous pas brigand sur la montagne ?

C’est beau comme un mouflon à l’écart des abois !

— Mon Dieu ! J’ai bien passé deux ans à la campagne,

Mais il fallait coucher trop souvent dans les bois ;

Et les carabiniers, quoique toujours trop tard,

Me gênaient même, alors je me suis dit, qu’en somme,

Brigandage est un leurre, et puis… plus de hasard.

Le métier valait mieux de pouilleux gentilhomme.

Brigandage d’un Être inventé, duperie !

J’ai repris à peu près métier d’homme… Eh, qu’on rie !

*

Poème mis en forme et complété à minima à partir de Fragment de poème (Fragments serait plus juste) « court brouillon » de Tristan Corbière in Les Amours Jaunes, édition établie par Jean Louis Lallane, Nrf / Gallimard, 1973, page 247.

CANAILLE DU HAUT : RACAILLE DU BAS

Deux billets de Christian Combaz sur Campagnol tvl

https://www.youtube.com/channel/UCBIyR71Yvq7rWHSF2p-uH4Q

 

Campagnol 422

Quand la racaille donne des ordres, la Police s’énerve

 

Campagnol 423

 

Quand on paye une occasion 19 500 euros [en liquide] à 25 ans, d’où vient l’argent ?

 

PETIT CONTE ÉDIFIANT… MAIS, EST-CE UN CONTE, AU FAIT ?

Il y avait à Paris jusqu’à fin juillet 2018 une jeune ex-femen, recasée dans l’icône orthodoxe dévoyée, qui en vivait assez bien. Elle avait appris l’art exigeant de la peinture d’icône dans son pays, l’Ukraine, et le pratiquait techniquement bien, à l’origine au sein des églises qui ornaient son pays aujourd’hui déchiré. Sa pieuse mère l’aurait bien vu nonne, et la fille y pensait.

La pauvreté collante, et peut-être l’absence de père et l’addiction à des substances décérébrantes décidèrent autrement de son destin. Elle croisa le chemin d’une sorte de souteneur et se retrouva embauchée à ôter son soutien-gorge à petits bonnets en public, dans les vents du nord.

On connaît la suite : Paris, la gloire. Et puis elle décida de gagner plus que son alloc de stipendiée, et se mit dans le vent de la tendance : peindre et exposer des icônes pour s’en moquer grièvement : des vierges sans tête ou daeshisées (burka), des descentes de croix porno…

Il y a un patron suprême à qui cela n’a pas plus du tout. Il envoya un ange de la mort ou deux.

L’audacieuse insolente rebelle fut retrouvée accrochée par le col à une poignée de porte. La mort l’avait cueillie dans sa fleur chlorotique. Ses ex-copines nous communiquèrent qu’elle s’était suicidée, mais sans dire comment.

Effrayées ?

Sa pauvre maman lui fera sans doute un enterrement orthodoxe, si on l’y autorise.

Trouvé sur Internet, le 30 juillet, signé « Retour de bâton ».

UN ANTIPORCIN DÉMASQUÉ AU SEIN MÊME DU JÉRUSALEM REPORC

Adoptée le 19 juillet par la Knesset, sans grand bruit dans les media patentés de France baignant tout encore dans l’effervescence hystérique de la finale de la Coupe d’Immonde de piedballe…

souvenez-vous :

le branleur de l’Élysée,

 quelques dignitaires (= dignes représentants) de la Ripoublique bananière et indécente française,

Poutine (à droite) dubitatif et se disant probablement en son for intérieur : « Macron, mais qu’est-ce que c’est que cet olibrius ! Comment la France a-t-elle pu tomber aussi bas ? »

… adoptée donc le 19 juillet dernier, la loi israélienne sur l’«État-nation juif» a été prétexte à réjouissances.

Ainsi, pour célébrer ce jour (qui a mon humble avis signe définitivement la mort, programmée dès ses origines d’ailleurs, de l’État d’Israël) le député Oren Hazan, membre du Likoud – le parti de Bibi Nétanyahou – a diffusé un édifiant autoportrait (« selfie«  en anglais) entouré du premier ministre et de députés de la crème de la coalition gouvernementale.

Depuis, dans un dessin publié mardi dernier par le magazine en anglais Jerusalem Report, du groupe de presse Jerusalem Post, le dessinateur Avi Katz a repris à sa manière cette photo qui avait fait la une de la presse israélienne.

« Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres.  »

Célèbre citation de La ferme des animaux de George Orwell.

Dès jeudi, on apprenait que le Jerusalem Report se séparait de son caricaturiste, Avi Katz, « simple pigiste », suite à l’indignation que cette caricature aurait provoquée chez certains de ses lecteurs. «À la suite des considérations éditoriales prises par les rédacteurs en chef, il a été décidé de ne plus publier ses dessins, après que plusieurs d’entre eux ont suscité des réactions négatives», a annoncé le magazine dans un communiqué.

En effet, comment la plus grande démocratie du Proche-Orient peut-elle tolérer encore en son sein, en 2018, des ennemis affirmés et haineux des cochons ?!

Source : Agence France-Presse — Jérusalem

CITATION

Ah! si les jeunes littérateurs qui se pressent sur les avenues étroites du Parnasse savaient à quel prix on achète cette renommée vaporeuse qu’ils recherchent, ils seraient moins jaloux de s’enivrer d’un encens si cher. Puissent-ils ignorer du moins combien il est difficile de concilier, comme dit Labruyère [sic] : « La justesse d’esprit qui fait écrire de bonnes choses, avec celle qui fait appréhender qu’elles ne le soient pas assez pour mériter d’être lues ; » puissent-ils ignorer l’embarras d’un écrivain obligé de calculer sans cesse si chaque pas qu’il fait vers le temple de mémoire ne le rapproche pas trop de la police correctionnelle.

Ces réflexions moroses m’étaient suggérées, hier matin, par la difficulté de trouver le sujet d’une nouvelle romantique, qui m’était demandée par mon libraire ; de l’impatience qu’il m’avait fait éprouver une recherche jusqu’alors infructueuse, j’étais arrivé à une déclamation mentale contre la vie errante que j’ai menée vingt ans, et qui, après m’avoir tenu constamment éloigné d’une profession de mon choix, m’a conduit tout doucement à la nécessité d’aligner quelques phrases d’un mérite, et surtout d’un succès douteux.

Georges Touchard-Lafosse (1780-1847) : Les Réverbères, deuxième édition, volume VI ; Charles Lachapelle éditeur, Paris, 1838 ; Nuit XIIIme , pages 6 à 8).

SOMBREROS ET MANTILLES

Comme quoi rien n’est jamais si simple. Et parfois étonnant. Y compris dans la mode.

Jackie Kennedy lors de sa visite au Vatican, entre 1961 et 1963, sous le pontificat d’il bueno papa, Angelo Roncalli, le débonnaire et rondouillard Jean XXIII bis 1, instigateur des réformes (finalement destructrices, du point de vue catholique) de Vatican II.

Si la maison de confection T.C.N. a été créée en 1986 (voir un précédent article), il en est une autre de la même cité barcelonaise qui remonte, vénérable, à la fin du XIXe siècle. Il s’agit de la maison Sardá dont on peut supposer, sans trop craindre de se tromper, qu’elle eût quelque ancêtre sarde.

Spécialisée dans les mantilles en dentelle haut de gamme, l’entreprise connut un véritable essor sous le fils du fondateur de l’entreprise : Andrés Sardá Sacristán, né à Barcelone en 1929, lorsque celui-ci se lança dans la lingerie féminine en général et se fit un nom auprès des femmes de bonne famille « branchées », sous la dictature franquiste. Sa renommée était grande encore dans le domaine des mantilles au début des années soixante, puisque le jour où Jackie Kennedy « vint faire un coucou » au pape Jean XXIII, au Vatican, elle portait – nous dit la maison Sardá – l’une de ses productions.

« Mantille », probable diminutif de « mante » (dont dérive également « manteau »), moins dans le sens d' »espèce de vêtement de femme ample et sans manche » que dans celui de « grand voile noir fort long que les dames de la cour portaient dans les deuils » (cf. Le Littré).

Parmi un tas de réformes, vestimentaires en particulier, Vatican II octroya quelques libéralités tant aux prêtres qui pouvaient abandonner la soutane pour l’habit protestant (dit : de clergyman) que pour les femmes qui ne furent plus tenues à l’église de se couvrir la tête d’une mantille ou couvre-chef similaire. Ce « voile catholique » si je puis dire, ou ce « voile de bonne moralité », sous la forme atténuée d’un fichu 2, était encore très courant dans les rues des pays catholiques, ou plus généralement chrétiens, en particulier parmi les personnes âgées (comme aujourd’hui encore parmi les populations orthodoxes des pays de l’Est). Car autrefois qui n’est pas si loin, les femmes « en cheveux », du moins à l’extérieur, étaient jugées « traînées » à tort ou à raison, ou pour le moins « négligées ».

La vente des mantilles, pour revenir à elle, pris alors un sérieux coup, y compris au sein des contrées les plus traditionnellement catholiques comme l’Espagne. Mais « à quelque chose malheur est bon », puisque le savoir-faire de la dentelle passa de la tête à d’autres parties du corps, comme la tendance s’était déjà engagée en cette période d’après-guerre.

Modèle de dentelle sortie de chez Andrés Sardá.

Et c’est donc là que tout se joue pour Andrés Sardá qui crée alors une entreprise de lingerie « intime » et non plus simplement de mantilles et autres dentelles :

L’empresa va ser fundada el 1962 per Andrés Sardá […] La creació de l’empresa va ser en un moment en què les peces de roba íntima eren fàbricades amb criteris de funcionalitat quasi ortopèdica, sense tenir en compte l’estètica. Sardá va apostar per la comoditat i l’atractivitat. Aviat, l’any 1965, van començar les exportacions a França amb clients com les Galeries Lafayette i Printemps.

L’entreprise va être fondée en 1962 par Andrés Sardá […] La création de l’entreprise intervient à un moment où les pièces de vêtement intime étaient fabriquées selon des critères fonctionnels quasi orthopédiques, sans tenir compte de l’esthétique. Sardá va miser sur la commodité et l’attirance. Rapidement, l’an 1965, vont commencer les exportations vers la France avec des clients comme les Galeries Lafayette et le Printemps. (Wikipédia)

La maison Sardá se voulant moderne, se lança non seulement dans une esthétique nouvelle, mais dans l’usage de textiles nouveaux, fruits de la technique la plus en pointe en ce domaine :

Els dissenys d’Andrés Sardá són coneguts internacionalment per haver aportat al sector de la llencera femenina innovacions tecnològiques com la incorporació del Teflón, Nylón i Lycra.

Les conceptions d’Andrés Sardá sont connues internationalement pour avoir apporté au secteur de la lingerie féminine des innovations technologiques comme le recours aux Téflon, Nylon et Lycra. (idem)

Comme l’écrit Eugenia de la Torriente (in El País, Blogs Cultura, du 2 février 2012), et ceci à propos de la célébration des cinquante ans de l’entreprise de lingerie :

Núria Sardá destacaba que fueron los primeros en utilizar tejido de lycra y que su padre siempre quiso romper prejuicios y estereotipos de la época. « En los sesenta la ropa interior era ortopedia, él quería que fuera moda ». En el libro para celebrar el aniversario que la marca ha editado, Moda, amor, arte, María Vela Zanetti escribe: « Cuando España era aún un país triste y aislado en su mojigatería provinciana, un joven ingeniero textil nos disuadió a las chicas más viajeras de seguir buscando nuestra ropa interior en París, ¡y fue la bomba! ».

Núria Sardá [la fille d’Andrés Sardá] fit remarquer qu’ils furent les premiers à utiliser du tissu en lycra et que son père a toujours voulu briser les préjugés et les stéréotypes de l’époque. « Dans les années soixante, le sous-vêtement était orthopédique, lui voulait qu’il fût mode. » Dans le livre célébrant l’anniversaire que la marque a édité, « Mode, amour, art », María Vela Zanetti écrit : « Quand l’Espagne était encore un pays triste et isolé dans sa pruderie provinciale, un jeune ingénieur textile nous dissuada, nous les filles plus voyageuses d’aller acheter nos sous-vêtements à Paris, et ce fut la bombe ! ».

« Nous les filles plus voyageuses » : il s’agit évidemment, dans les années d’après-guerre, de femmes de la bourgeoisie ou petite-bourgeoisie, d’ailleurs pas nécessairement enclines à remettre en cause le franquisme. Puis sous Franco finissant et dépassé, une seconde estocade fut donnée. Maillots de bain et collections. Je reprends ici les termes mêmes de la maison Sardá :

En 1970, Andrés Sardá présente sa première collection balnéaire, à laquelle elle applique tous les codes de valeurs et de style de son univers lingerie. Le but est de faire en sorte que la femme se sente sûre d’elle et totalement séduisante. La nouvelle ligne rencontre un succès immédiat […]

Modelo con faja [maillot une pièce] en las Ramblas de Barcelona en 1970 (Archivo Andrés Sardá íntimo).

*

Enfin, l’affaire fut entendue peu de temps après la mort, le 20 novembre 1975, du « Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios ». Et ce fut tout en feutré :

La période Hamilton 1976 – 1979.    Andrés Sardá demande à David Hamilton de s’occuper de ses campagnes de lingerie. Le résultat est spectaculaire : une série de portraits dans des tons pastel, pleins de délicatesse et de douceur, réalisés au moyen d’un éclairage tamisé pour un rendu idéal des traits féminins. Une esthétique intime et fragile qui crée la surprise et dépasse les attentes de la marque.  (idem)

Campañas de David Hamilton para Andrés Sardá entre 1976 y 1979 (Fotografías del libro ‘Andrés Sardá: moda, amor, arte’)

Eugenia de la Torriente écrit de son côté :

« Cuando mi padre empezó, la ropa interior era algo que la mujer ocultaba. Él soñó que quisiera enseñarla, divertirse con ella, sentirse mejor con ella misma vistiéndose también por dentro », argumenta la actual directora creativa de la marca. Eso se tradujo en estas campañas publicitarias firmadas por David Hamilton entre 1976 y 1979 o en gestos rompedores como mostrar mujeres en ropa interior al aire libre en los años setenta… Parece otra galaxia y solo fue anteayer.

« Quand mon père se lança, le sous-vêtement était quelque chose que la femme occultait. Lui s’imagina qu’il voulait le lui enseigner, se divertir avec elle, qu’elle se sente mieux en elle-même en se vêtant de dessous », argumente l’actuelle directrice créative de la marque. Ceci se traduisit par ces campagnes publicitaires signées par David Hamilton entre 1976 et 1979 ou en gestes de rupture comme montrer des femmes en petite tenue à l’air libre dans les années soixante-dix. Cela paraît provenir d’une autre galaxie, et se fut seulement avant-hier.

idem

C’est en 1980 que la lingerie féminine fine, voire coquine des ateliers Sardá devint à proprement parler une marque. Car, jusque là, elle se cachait dit-on, derrière la griffe Risk (plus connue comme marque de bas). C’est en 1995 que la fille de l’entreprise familiale Núria Sardá intègre l’équipe de création dirigée par son père. Depuis, elle est chargée de la direction du département création. Mais depuis, avec l’internationalisation de ses activités l’entreprise a perdu son indépendance financière:

El grup Van de Velde va comprar Eurocorset S.A., propietari de la marca Andrés Sardá, al dissenyador català el 2008, amb l’acord que la família Sardá seguiria involucrada i que es mantindria la seu de les operacions a Barcelona.

Le groupe Van de Velde [firme belge de lingerie de luxe créée en 1981] va acheter Eurocorset S.A., propriété de la marque Andrés Sardá, au modéliste catalan en 2008, avec l’accord que la famille Sardá restera impliquée et qu’elle maintiendra ses activités à Barcelone. (source, maison Sardá)

Autrement dit et en clair, le groupe multinational de lingerie Van de Velde acquiert l’enseigne Andrés Sardá pour compléter son portefeuille de marques. Mais la création reste basée à Barcelone, sous la supervision de Núria Sardá. Ce qui permet à la maison Sardá d’écrire encore de nos jours :

Méditerranéenne dans l’âme, Barcelone est le berceau créatif de la marque. C’est là qu’elle forge son identité et son style. Artisanale, séduisante mais portable, la signature ANDRES SARDA est reconnaissable entre toutes. […]

Le mystère, la sensualité et le charme magique de la beauté méditerranéenne. Voilà ce qui résume le mieux l’ADN d’ANDRES SARDA aujourd’hui. Cette marque exclusive célèbre une féminité libre et triomphante, soulignant l’élégance qui se cache en chaque femme.

*

Féminité libre et triomphante ?! Douce féminité ? À voir … ou à espérer… « L’élégance qui se cache en chaque femme » ? Utopie… Plus encore aujourd’hui qu’hier, en ces temps pourtant de « libération » (mais aussi de retour du bâton, dans la plus grande des hypocrisies).

Je dirais même que c’est la vulgarité qui triomphe, au moins médiatiquement parlant ; celle qui s’étale du côté des Femens, de certaines pièces de théâtre dites féministes, de certains sketches d' »humoristes » femelles, ou encore de livres de la teneur de ceux de Flavie Flament. Tout ceci est très mode et très moche ; tout aussi laid et décadent que la vulgarité masculine. Est-ce un progrès féminin que de singer les hommes, les mâles dans ce qu’ils ont de bas ou de bête ?

ibidem.

Car, qu’est-ce qui se cache parfois, pour ne pas dire le plus couramment, derrière les bonnes intentions et les meilleures utopies ? Et que veut dire réinterpréter le passé à l’aune du présent comme Margarita Rivière le fait (in Andrés Sardá : moda, amor, arte o.c.) en évoquant « un joven creador dispuesto a hacer realidad uno de los planteamientos más revolucionarios de la nueva época: el protagonismo de las mujeres. » / « un jeune créateur prêt à faire réalité, une des lignes de conduite les plus révolutionnaires de la nouvelle époque : la prééminence des femmes ?

« El protagomismo de las mujeres »: la prééminence des femmes, le premier rôle, rôle vedette, rôle titre joué par des femmes : ce n’est jamais que le haut du pavé tenu par des femmes, certaines femmes médiatiques, pas nécessairement les meilleures. Et puis, ce n’est rien d’autre que le pavé, malheureusement. Eugenia de la Torriente conclut déjà plus justement :

Repasar las imágenes de la historia de la marca es enfrentarse a nuestro propio pasado, con anuncios en los que no se podía pronunciar la palabra sujetador (y mucho menos mostrarlos) que resuelven la censura con un eslogan ingenioso: La razón oculta. Es nuestra historia reciente, pero parece otra galaxia en estos días de exhibicíón constante.

Repasser les images de l’histoire de la marque, c’est confronter notre propre passé, avec des annonces dans lesquelles on ne pouvait prononcer le mot « soutien-gorge » (et encore moins les montrer) qui résolvaient la censure d’un slogan ingénieux : La raison occulte [cachée]. C’est notre histoire récente, mais elle semble tomber d’une autre galaxie en ces jours d’exposition constante.

Mais ai-je raison de traduire « exhibicíón constante » par « exposition constante » ? Dans le contexte actuel, où ce sont, non seulement les soutiens-gorge en images qui s’exposent, mais tout simplement les gorges sans soutien et « pour de vrai », aussi bien sur les plages que sur les marches du Festival de Cannes, »exhibition permanente » semble bien mieux convenir.

Pour le dire d’une manière un peu abrupte : comment pourrait-on être surpris de voir, par exemple, certaines femmes se dénuder sciemment en public, pendant que d’autres se plaignent à raison d’être « frottées » ou agressées dans les transports de masse (entassement inhumain, aberration contemporaine) ? Et ceci en un temps où un brassage humain (pseudo « melting pot »), un déclin culturel (et moral), pour ne pas dire une acculturation, un manque d’éducation, un refus de prendre sur soi gagne beaucoup d’hommes (mâles) uniquement guidés par l’instinct animal (et l’emprise de la testostérone, pour ne pas parler de drogues) dans l’impunité de métropoles démesurées. Dialectique tordue de la séduction – possession selon les grandes normes viciées du temps présent.

Autrement dit, cet état présent, est-ce le fait d’une avancée féminine (ou féministe de milieux nantis, intellectuels, artistiques, ou prétendus tels) ou n’est-ce pas plutôt le fait conjugué d’une libération consommatrice si je puis dire, d’une libéralisation des mœurs, comme les sociétés ou certaines sphères de la société en connaissent cycliquement, et dans le même temps (contradictoire et bien loin de l’élévation de l’Art réel qui est de moins en moins visible) d’une réification accrue des femmes, objet publicitaire par excellence au sein de la société spectaculaire, médiatique et marchande ?

Pour l’heure, je ne sais où l’atemporel David Hamilton peut se situer. Lui qui s’est retrouvé, par un pur hasard, au cœur de la mode, disons durant deux à trois décennies, au siècle dernier…

Photo David Hamilton — Jeune femme au chapeau, 1975, tirage couleur d’époque, signé et daté à l’encre sur l’image, 31 x 20, 2 cm (source : enchères hôtel Drouot)

*

Sombreros et mantilles (« paso-doble flamenco chanté »), 1938, version chantée par Cesarina Picchetto, dite Rina Ketty (Sarzana 1911, Cannes, 1996), de Vaissade et Chanty 3.

Photo David Hamilton

Notes :

1 – Oui, XXIII bis puisqu’un pape, ou plus exactement un anti-pape (celui de Pise), un certain Baldassare Cossa, d’une riche famille de pirates napolitains seigneurs de l’île de Procida, se retrouva pape de 1410 à 1415 sous cet « intitulé », en même temps que les papes Grégoire XII, pape de Rome et Benoît XIII, pape d’Avignon. Pirate, homme de guerre, docteur en droit canonique par l’opération du Saint-Argent, simple chanoine mais très en cours auprès du pape de Pise, il fut ordonné prêtre quelques jours avant de revêtir la tiare papale lors du Concile « italien » de Pise. Il fut déposé par le Concile « impérial » de Constance et reçu contre lui, mais sans suite judiciaire, soixante-dix chefs d’accusation dont ceux de meurtre, torture, viol, inceste, sodomie, simonie. Plus suspicion d’empoisonnements (entre autres, de l’anti-pape de Pise Alexandre V son prédécesseur). Il se fit tout petit, reconnut son successeur romain et mourut à Florence où il a son tombeau rien de moins qu’au baptistère Saint-Jean-Baptiste.

2 – J’écris un peu plus bas dans le texte : « car autrefois … les femmes « en cheveux » … étaient jugées « traînées » … ou pour le moins « négligées » ». Mais, me renseignant sur l’origine du mot « fichu » qui semble passer en désuétude, je constate que « fichu » (employé comme substantif du participe passé « fichu » du verbe « ficher ») pourrait être lui-même, du moins à l’origine, un mot voulant « désigner quelque chose de négligé » (selon le Littré), « mis à la hâte, négligé » (selon le Trésor de la Langue Française, C.N.R.T.L.). Cela dit, je constate aussi que « fichu » et « ficher » est de la famille du mot « fiche » dans le sens de « cheville » ou, en ancien-français, de « pic, objet en pointe » (cf. Godefroy – Dictionnaire de l’ancienne langue française du IXe siècle au XVe siècle) ; or, la définition la plus complète de « fichu » que je connaisse, est : « pièce d’étoffe pliée en pointe que les femmes portent sur les épaules, autour du cou, ou dont elles se couvrent la tête. » (Trésor, o.c.). « Fichu » pourrait alors signifier : pointu comme une fiche ; ou : fiché en pointe sur soi. Et n’aurait aucun sens péjoratif ; d’autant qu’en ancien-français (Godefroy, idem) le verbe « fichier », moderne « ficher », s’il a le sens de « transpercer », et « se fichier » celui de « se précipiter », a également le sens d' »enfoncer en fixant par la pointe » et, au figuré, celui de « fixer » ; de plus « fichié, ficchie » y a le sens de « fixe » ; et « fichet » celui de « poche » (un endroit fixe et enfoncé dans le vêtement). Ajoutons enfin, qu’à l’inverse de ce qu’en disent Littré et le T. L. F., le Dictionnaire Godefroy donne comme occurrence d’un sens propre qui lui est contemporain (XIXe siècle) : « Quimper, fiché, bien mis, bien arrangé. On dit aussi du beurre fiché. » Faut-il entendre alors, dans « le fichu » (le vêtement) : « le bien fichu, le bien fixé, le bien mis » ? « Fichu » pour « bien fichu », l’inverse de « mal fichu », comme on a par exemple « heur » (cf. l’expression : avoir l’heur de plaire) pour « bonheur », l’inverse de « malheur ». Dois-je évoquer encore, pour semer à nouveau le doute, le mot « ficheuse » qui en ancien-français désignait une « femme de mauvaise vie » (selon Godefroy également).

3 – Accordéoniste devenu célèbre dès le milieu des années 20 dans les bals musette parisiens qu’il animait avec son ensemble, Jean Vaissade (né en 1911 à Cougoussac en Lozère, mort en 1979 à Vincennes) commença à enregistrer des disques à saphir dès l’âge de quinze ans, avec, à cette époque, un inconnu au banjo, un certain Django Reinhardt. Vaissade est l’auteur d’un grand nombre de mélodies de chansons de l’entre-deux-guerres qui furent d’énormes succès populaires, dont les vingt-deux titres enregistrés par Rina Ketty qu’il avait épousée en 1938 (mais ils divorceront dès 1940) ; et en particulier ce paso-doble à trois temps (en 12/8) “Sombreros et mantilles”. Il faut savoir que le paso-doble (le pas double), au départ simple marche à deux temps, née en Espagne pour accompagner l’entrée des toréadors dans l’arène, a été développé et codifié, avec de nombreuses variantes, dans la France des années vingt et trente. Un grand nombre des paroles des chansons composées par Jean Veissade sont de son complice Léon Depoisier dit Chanty (18??-19??), à une époque où il était encore de bon ton de ne pas écorcher les mots chantés et de « torcher » comme il faut la rime riche, voire interne, les sentiments, et du vocabulaire. (cf. https://www.fremeaux.com/ ; fremeaux et associés éditeur).

Z-HOMMES POLITIQUES …