Voici quelques pièces brèves, fugitives comme il est dit parfois, d’Antoinette Thérèse Deshoulières dite Mademoiselle Deshoulières (1659 – 1718), auteur d’une courte œuvre poétique et éditrice de celle plus ample de sa mère : Antoinette Deshoulières, née Du Ligier de la Garde (1637 – 1694).
La vie de la fille fut marquée par la mort à la guerre en 1692 d’un certain Monsieur Caze qui était — comme elle l’écrivit — son Berger ou son Tircis (malgré ce qu’elle semble en dire ici ou là), et qui lui aussi mania quelquefois la plume pour correspondre avec elle.
Ces poèmes sont extraits des « Œuvres de Madame et Mademoiselle Deshoulières, nouvelle édition [enrichie], tome second (A Paris chez les libraires associés audit [sic] privilège, M. DCC. LIV) ».
CHANSON
Fuyons ce désert enchanteur.
L’autre jour dans ces bois solitaires & sombres
Tircis, à la faveur des ombres,
Appris le secret de mon cœur.
Fuyons ce désert enchanteur.
*
AIR
Charmante Aurore, enfin vous voilà de retour :
Le Soleil va briller d’une clarté nouvelle.
Flatteur espoir de mon amour !
Je reverrai dans ce beau jour
Tircis encor plus tendre & plus fidèle.
Espoir flatteur pour mon amour.
*
MADRIGAL
Dans un bois sombre, solitaire,
Et qui n’est fréquenté que des tendres Amants,
Iris, cette aimable Bergère
Parlait ainsi de ses tourments :
Tircis a donc brisé ses chaînes !
C’en est fait, juste Ciel ! je ne le verrai plus !
Mais cachons à l’ingrat la cause de mes peines,
Et que de ces bois seuls mes soupirs soient connus.
*
AIR
Venez, venez à mon secours,
Faible Raison qu’en vain j’appelle.
Tircis, suivi des plus tendres Amours,
De mon cœur malgré moi vous va faire un rebelle ;
Pour faire qu’il vous soit fidèle,
Venez, venez à mon secours,
Faible Raison qu’en vain j’appelle.
*
AU SOLEIL
BRILLANT Soleil, hâte-toi de paraître ;
Reviens embellir nos coteaux.
Sans toi, sans ton secours, hélas ! rien ne peut naître.
Tu fais et nos biens et nos maux.
Brillant Soleil, hâte-toi de paraître.
Assemble encore ici nos languissants troupeaux.
Venge-nous de l’Hiver, viens lui faire connaître
Que tu chéris toujours nos Bergers, nos hameaux.
Brillant Soleil, hâte-toi de paraître ;
Reviens embellir nos coteaux.
*
AIR
Tu m’arraches à ce que j’aime ;
Affreuse nuit, précipite ton cours.
Contre tes horreurs sans secours
Je succombe, cruelle, à ma douleur extrême.
Hé, quoi ! dureras-tu toujours?
Tu m’arraches à ce que j’aime ;
Affreuse nuit, précipite ton cours.
*
MADRIGAL
ROSSIGNOLS n’est-ce point assez,
Et voulez-vous toujours, par un chant doux & tendre,
Rappeler mes tourments passés ?
Non, non, je ne puis vous entendre,
Mes ennuis par le temps ne sont point effacés.*
*
AIR
De mes cruels ennuis, de mes cruels malheurs *
À qui ferais-je confidence ?
Tout se refuse, hélas ! à mes justes douleurs.
La nuit même, la nuit, dont le profond silence
Sert souvent d’asile à mes pleurs,
Précipite son cours pleine d’impatience,
Et m’arrache par son absence
Le douloureux plaisir que m’offraient ses horreurs.
*
MADRIGAL
Tombez, feuilles, tombez ; d’un destin rigoureux
Ce n’est point à vous à vous plaindre :
Le soleil vous rendra d’un regard amoureux,
Les brillantes couleurs que l’Hiver ose éteindre.
Mais j’ai beau vers le Ciel pousser ma faible voix,
D’aucun succès , hélas ! ma plainte n’est suivie :
Le Ciel pour les mortels a prescrit d’autres lois.
Le destin à Tircis ne rendra pas la vie.
Mes tristes yeux l’ont vu pour la dernière fois.
*
AIR
Le chant des Rossignols, la charmante verdure,
De Zéphyr et de Flore annoncent le retour ;
Tout est brillant dans la Nature,
Rien n’y languit plus que l’Amour.
Ce dieu charmant est banni de nos Fêtes ;
Et tous nos Bergers aujourd’hui
De Pampre au lieu de Myrte osent parer leurs têtes :
Bacchus a triomphé de lui.
*
CHANSON
Venez, Amour, venez embellir la Nature.
Tout languit où vous n’êtes pas.
Les fleurs, la naissante verdure,
N’ont sans vous pour les cœurs que de faibles appas.
Venez, Amour, venez embellir la Nature.
Tout languit où vous n’êtes pas.
*
AU SOMMEIL
Divin Sommeil, doux calme de nos sens,
Toi qui viens régner sur notre âme,
Achève de calmer les peines que je sens.
Sous le poids des pavots les plus assoupissants
Éteins, détruis la dévorante flamme
Qui remplit ces beaux lieux de mes tristes accents.
Divin Sommeil, doux calme de nos sens,
Toi qui viens régner sur notre âme,
Achève de calmer les peines que je sens.
*
TRISTESSE
CHAGRINS cuisants, amertume cruelle,
Reprenez dans mon cœur une force nouvelle ;
Et toi, Mort, prompt remède aux plus vives douleurs,
Approche quand ma voix t’appelle :
Finis ma vie et mes malheurs,
Viens, viens Déesse impitoyable,
Viens m’affranchir des cruautés du sort.
Ta présence pour moi n’a rien de redoutable.
Frappe un cœur malheureux qui ne craint pas la Mort.
* * *
* « Ennuis » a ici un sens fort ; cf. Abbé Jean-François Féraud : Dictionaire [sic] critique de la langue française (1787-88), tome second : « Ennui […] Au pluriel, il signifie quelquefois, tristesse, déplaisir, souci, chagrin. « Un homme acablé [sic] d’ennuis. Mortels ennuis. « Les ennuis de la vieillesse, etc. L’Acad. en met un exemple au singulier. « Cette afaire [sic] lui a doné [sic] beaucoup d’ennui. — Voiture a dit aussi: « J’ai peur que le remède dont je veux guérir votre ennui (il parle en cet endroit de chagrin) ne soit plus violent que le mal. — Il dit aussi, avoir des ennuis, comme on dit, avoir des chagrins; ce que je ne crois pas être fort d’usage. « Dans tous les ennuis que j’ai, j’ai reçu cette joie aussi sensiblement que si je n’avois [sic] point de déplaisir. »
Il y a un an quasiment jour pour jour, sont apparues ou plus précisément réapparues sur twitter deux photographies présentant Mona Arnold l’ancienne compagne de David Hamilton.* Deux de plus diront certains, tant on peut en trouver d’elle sur la Toile, soit des temps anciens où elle était en compagnie de David Hamilton, ou photographiée par lui, soit bien plus récentes où on la voit très généralement tout sourire, et souvent accompagnée de son mari (mais ce n’est pas le cas ici), photographiée dans diverses soirées caritatives new-yorkaises et autres galas de charité réunissant le gratin du « beau monde » millionnaire ou milliardaire, mécène ou « artiste » de la cité.
Mais ce qui est remarquable ici, est de voir en la compagnie de qui elle se fait photographier. Cette première photo pourrait dater de 2016. On la voit accotée à la présentement sulfureuse et détenue en préventive Ghislaine Maxwell.

Il est inutile je pense de trop présenter Ghislaine Maxwell qui est sous les feux des accusations les plus diverses qui seront confirmées ou infirmées par les tribunaux dans la protéiforme « Affaire Epstein » qui semble toucher un certain milieu social nord-atlantique. Nous rappellerons juste que Ghislaine Noelle Marion Maxwell, née en France en 1961, est le neuvième et dernier enfant d’Élisabeth Meynard, une historienne franco-britannique spécialiste de l’histoire de la shoah, nous dit wikipédia, et de Jan Ludvik Hyman Binyamin Hoch dit Robert Maxwell, feu politicien et magnat des media britanniques, d’origine tchèque. Cette Ghislaine a été élevée en Angleterre, paraît-il dans la religion anglicane, et posséderait une triple nationalité : française, anglaise et états-unienne. Peut-être même une quatrième. À la mort de son père, en 1991, elle s’est installée aux États-Unis et est devenue une proche associée financière de Jeffrey Epstein. Donc attendons le procès de cette dernière qui vient tout juste d’être repoussé à l’automne. Et attendons également de savoir quel sort judiciaire sera réservé à l’accusé français, ami d’Epstein, le teneur d’agence parisienne de mannequins Jean-Luc Ben Chemoul, plus connu sous le nom de Brunel (à ne pas confondre avec Bruel, pseudonyme du chanteur Benguigui).
Quand à Mona, pour en savoir plus sur le personnage, ou pour se rafraîchir la mémoire, je renvoie au blog en Défense de David Hamilton, et en particulier à ces trois articles :
Les mystères entourant la mort de David Hamilton – et de si curieux changements de nom
Publié le 20 novembre 2019 par defensededavidhamilton
David Hamilton : quand les Muses septuagénaires retrouvent l’enthousiasme de leur jeunesse pour se transformer en héritières
Publié le 29 novembre 2019 par defensededavidhamilton
La « superstar » de David Hamilton
Publié le 26 janvier 2021 par defensededavidhamilton
Sur cette seconde photo, on y voit Mona à nouveau, mais en compagnie cette fois de Shelley Lewis et de son mari d’alors Mahir Omer Furtun. Après sept ans de vie commune, après avoir « tied the knot », attaché le nœud pendant cinq ans, les deux tourtereaux se sont mariés en 2015 avant de divorcer en 2017. Tous deux se remariant chacun de leur côté dès l’année suivante. J’ignore le montant de la fortune de Furtun, mais ce « Türk milyarder » (ce qui n’est peut-être pas exagéré) comme le présente la presse de son pays d’origine, est connu en tant que président d’une société immobilière à son nom, présente à New York depuis le milieu des années quatre-vingt. Avec Mahir, Mona et Shilley comme nous allons le voir, cette photo est très cosmopolite, du moins au monde de la blanchitude de racines européennes au sens large.

Shelley Anne Lewis surnommée Chocolate Sauce (Sauce Chocolat, Crème Chocolat) est une britannique, fille d’un millionnaire homme d’affaires en retraite. Elle est née en 1977 et a été la petite amie (girlfriend) « secrète » d’Epstein. Ils se sont rencontrés en 1999 quand elle avait donc 22 ans, et lui 46. Elle travaillait alors au département d’art contemporain de la maison de ventes Christie’s de New York. Je ne sais quand s’est achevée l’idylle, mais ce qui est établi est que Shelley a effectué de fréquents voyages dans l’avion privé d’Epstein entre New York et la Grande-Bretagne. On peut lire sur walikali.com (article du 2 août 2020) : « a former colleague told the U K paper of her apparent romantic ties to the notorious late pedophile. « Shelley was always very well connected and beautiful. I am shocked and saddened » ». «Un ancien (ou : une ancienne) collègue a raconté à un journal britannique ses liens romantiques apparents avec le célèbre pédophile décédé. «Shelley était toujours très bien liée [à lui] et belle. Je suis choqué et attristé »». De son côté, Ghislaine Maxwell aurait – dit-on – supplié Epstein, je ne sais quand, d’amener Shelley à annoncer publiquement qu’elle était l’ex du supposé amateur compulsif de « jeunettes de la mode pas tout à fait majeures ». ** Ghislaine ne voulant pas assumer un rôle qui n’aurait pas été le sien.
Cette Shelley vit dans une certaine aisance. Dans une aisance certaine. Elle est co-propriétaire avec sa sœur unique d’un appartement qui serait évalué à un million de livres, dans l’Ouest londonien. Elle répartit son temps entre son pays d’origine et New York où elle habite, déjà remariée, en compagnie de son époux actuel, Dennis Kardon, un artiste-peintre de Brooklyn né en 1950. Selon le wikipédia anglais : « 49 Jewish Noses, Kardon’s best-known piece, gained attention in the exhibition Too Jewish, Challenging Traditional Identities at the Jewish Museum in 1996 ». 49 Nez Juifs, la pièce la plus connue de Kardon, a attiré l’attention dans l’exposition Identités traditionnelles trop juives et difficiles au Jewish Museum en 1996. Pour le dire sans trop de développements, et à regarder ses tableaux, le style de « l’artisse » est dans l’air dominant du temps ; bien évidemment. L’inverse serait étonnant et détonnant ; et puis « qui se ressemblent, s’assemblent » En effet, qu’attendre d’autre de « l’élite mondiale » pour ne pas dire mondialiste ? La « mode » picturale de Kardon est faite d’un fatras de styles et stylets propres au dit « art contemporain » ; dans l’ensemble c’est un bric-à-brac, une brocante dépenaillée (redondance) de figuratif, d’abstrait, d’hyperréalisme, de naïf, d’emmêlé sans queue ni tête, de reprises amoindries de grands thèmes du passé, du mauvais goût apoétique « moderne ». Ses rares tableaux qui a mon sens sont esthétiques relèvent d’un abstrait total de formes et de couleurs. Voilà pour la critique artistique en passant. Mais il est bon de rappeler que tout se tient dans les diverses strates, classes, castes et marigots de la société.
Depuis des années, Shelley, « a graduate of NYU School of Film and Television », une diplômée de l’École du Film et de la Télévision de l’Université de New-York, travaille dans le domaine de la radio comme journaliste et productrice, carrière qu’elle a entamée à NBC Radio News, Good Morning America et America Morning. Depuis elle s’est faite co-fondatrice et vice-présidente de Air American Radio.
Elle a également publié divers ouvrages tels que Naked Republicans (Les Républicains à nu) ou Five lessons I didn’t learn from breast cancer (Cinq leçons que je n’ai pas apprises du cancer du sein), ou encore ADHD and Autism (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité et autisme). Et des livres pour enfants dont certains à succès et même à prix littéraire. Se déclarant elle-même « spiritual entrepreneur », elle dirige une maison d’édition pour enfants dont elle dit qu’elle est « orientée spirituellement » et qui se nomme Chocolate Sauce, comme son surnom. Shelley Lewis participerait également, en compagnie de diverses fondations éducatives, à une « Give Freedom Fund Alliance« , Alliance de Fondations Donnez la Liberté (La liberté ? Reste à savoir laquelle!) qui pilote un programme au bénéfice d’enfants et de jeunes, en particulier en Estonie. Je suis toujours sidéré de l’hyperactivité disons productive de certains. Par contre, j’ignore totalement si cette dame a des enfants, elle-même.
Dans l’Affaire Epstein, pour l’heure elle n’est accusée de rien, mais – nous dit la presse – le FBI aimerait bien l’entendre, pour qu’elle raconte ce qu’elle pourrait connaître, liées aux accusations de pédophilie concernant feu Epstein et vive Maxwell.
En attendant, Mona fréquente vraiment du beau monde, par contre elle qui fut sa muse et compagne (mais non son épouse) pendant plusieurs années, n’eut rien à dire à la mort de David Hamilton et n’a pas daigné être présente à ses obsèques. Mais a su quand même très rapidement récupérer des biens du défunt, dont sa maison de Ramatuelle.
Il faut dire que David Hamilton fut le seul artiste de la bande (si on peut parler de bande, de bande à Mona). Seul artiste et, au final, seul fauché. Et avec le temps oublié et, peu ou pas toujours bien entouré. Totalement en marge. Ce qui n’est pas du tout le cas de Maxwell ; et pas vraiment le cas de Lewis. Ni non plus de Mona, d’ailleurs.
Que lui reproche finalement cette dernière ? Mystère et boule de gomme.
En attendant, moi, la Mona que je préfère c’est celle-ci, celle d’autrefois qui semble éteinte depuis bien longtemps et qui paraît même être morte à l’art ce jour d’été 1983 où – la trentaine passée —elle s’est mariée avec l’homme d’affaires, sauf erreur plus jeune qu’elle de quelques années, Gregory Hild Arnold, du petit monde et entre-soi de la « jet society ». ***

Notes :
* cf. https://twitter.com/mopeng/status/1266828608137383937
Merci à C. D. qui a déniché ces informations.
** Epstein qui n’était déjà pas un oisillon blanc en ce domaine puisqu’il a été condamné en 2008 à dix-huit mois de prison (dont il fit quelques-uns) pour prostitution de mineures (une quarantaine).
** Mode et études de marché pour les parents – Nancy et Rome – à New York et à Chicago ; finance d’entreprise (chez Goldman Sachs) pour l’aîné Rome George Arnold III …
Pierre Perret a sorti, il y a peu, sur YouTube et démasqué (donc apparemment « contestatairounet ») une chansonnette qui au premier abord pouvait paraître sympathique, s’en prenant aux « petits kapos » qui mènent le peuple par le bout du nez, personnages incompétents ou « immature » (ça c’est pour le roitelet de l’Élysée).
Moi-même ça me surprenait connaissant le personnage qui n’a jamais été que dans l’air du temps toute sa vie. J’avais écouté sa précédente chansonnette Les Confinis qui a tout prendre n’est que la chanson d’un râleur plus ou moins rigolard sans plus, comme pourrait l’être dans le genre plus vulgaire un Bigard de ses moins mauvais jours.
Mais la spécialité de Pierre Perret est d’avoir écrit un certain nombre de chansons (quand du moins il n’est pas dans Lili, la chanson bisounours à faire pleurer dans les chaumières, et dans la fraternité humaine frelatée et à distance du genre « accueillons chez nous toute la misère du monde, mais pas dans ma campagne et ma luxueuse propriété, ma guitare y occupe déjà toute la place ») que l’on pourrait et que l’on doit qualifier d’ambiguës. Ou chacun finalement y trouve son compte. Et Perret ses « royalties ». Dans la lignée des Jolies colonies de vacances.
Le personnage public et « artiste » qui me semble le plus proche de lui est ce bon Monsieur Batignolles dont la compassion ne coûte (ou plus exactement ne coûtait autrefois quand il y avait encore des séances de cinéma) que le prix d’une place pour les gogos. Monsieur Bons-Sentiments-qui n’engagent-à-rien si ce n’est à voir des fachos, des racistes, des antisémites partout. Mais à ne pas voir la misère bien réelle et bien contemporaine qui est à ses pieds.
Conformisme et confort réunis : confort matériel, confort intellectuel. Des bonnes places bien au chaud et contestant soit l’accessoire, soit pire encore l’illusoire et pas le vrai mal. Mais surtout que l’on ne touche à rien, à rien d’essentiel qui pourrait remettre en cause leur statut de privilégiés.
Chacun donc peut se laisser prendre à ces chansons de Pierre Perret, moi le premier. Envoyant à mon entourage le lien d’une vidéo chantante que je croyais être un peu rebelle, un peu contestataire, sauf erreur une valse avec guitare, fanfare et musette (comme quoi la musique peut tromper, peut induire en erreur), j’ai reçu en retour, au deuxième ras-bord — comme dirait l’autre — l’information selon laquelle, lors d’un entretien qu’il a accordé à Sud-Radio le 28 avril dernier, le personnage éveillé, éclairé a déclaré tout de go :
« Celui qui ne se fait pas vacciner, c’est un beau crétin ».
Comme quoi !
Sentence définitive. Curieux pour un démasqué.
À propos de démasqué, je me souviens que peu d’années avant sa mort Guy Béart lui en voulait d’avoir dit des choses peu agréables concernant Georges Brassens (cela se trouve je crois dans un livre de souvenirs de Perret). Guy Béart rappelait justement (avec justesse) que Perret avait pourtant poussé dans l’ombre de Tonton Georges, une décennie au moins après lui. Et que Brassens n’a pas été le dernier à le soutenir. Il aurait pu ajouter que Perret n’a été pendant très longtemps qu’un épigone, en plus anodin, plus « grand public » enfantin, du Georges Brassens du Gorille. Et que sans le premier à débroussailler le chemin, il n’y aurait peut-être pas eu le second.
Béart qui a, quant à lui, chanté, parmi d’autres choses : « Le premier qui dit la vérité / Il doit être exécuté ». Je ne crois pas que Pierrot –- pas lunaire pour deux sous — se soit risqué (pourtant simplement en paroles) à exprimer cette sorte de pensée. Maxime éternelle en fait et combien juste dans tous les domaines. Et tout à fait vérifiable présentement. Encore plus à présent.
En fait, le riquiqui Perret râle parce que le gouvernement n’en fait pas assez ! Ce n’est pas tout à fait la chanson du Déserteur. N’est-ce pas Boris, toi qui savait être comique aussi, bien souvent ?!
Je n’aime pas être trompé sur la marchandise, sur les marchandises frelatées même et encore plus si elles sont « produits de France », en ersatz de sentiments et d’opinion. Aussi conclurai-je, sur l’air le plus connu des débuts du Perret :
Il s’agit d’une chanson bien crado
Où les mecs prisonniers du radeau
Se rinc’nt le cerveau, au Perret maison :
Un discours faussement de raison.
*
Temps en temps, y a un vieux qui rouscaille,
Qui se dit : le Perret, il déraille !
‘l’a trop vu d’nanas, de joli’s drôlesses ;
Le gaga, ça lui pend bien aux fesses.
*
Au Tord-Boyaux (d’ la tête)
Le patron s’appell’ Pierrot (trop bête) ;
Il envoi’ des postillons (à demeure)
Chez Big Pharma dans l’ bouillon (dès onze heures)…
*
Amen !
Olivier Mathieu communique ce qui suit.
Il arrive que se produisent, dans la vie, des événements quasiment inimaginables. Cela m’est arrivé assez souvent au cours de mon existence mouvementée mais je ne pouvais pas savoir que, le 8 avril 2021, le plus inimaginable de tous les événements inimaginables de ma vie allait s’avérer. Frappé au coeur, je viens donc d’écrire un roman bref, un tout petit livre, certainement le livre que j’ai écrit le plus vite, mon livre le plus essentiel. Et si l’écrivain suisse Roland Jaccard a eu récemment la gentillesse d’écrire que mon livre Ma petite bande de jeunes filles en fleurs(2020) était « un chef-d’œuvre », j’ignore ce qu’il dira de celui-ci, qui ne comptera que quelques dizaines de pages. Le meilleur de tout ce que j’ai écrit, je pense. J’annonce donc que ce nouveau livre va partir chez mon petit imprimeur français, qu’il a pour titre Les Enfants des Aprems(aprem étant naturellement l’apocope d’après-midi et définissant la période la plus heureuse de ma vie, mon enfance aux Grandes Terres de Marly-le-Roi). C’est un livre qui sera écrit en français, mais avec quelques passages en anglais. Il a été inspiré par la femme de ma vie, c’est-à-dire par l’amour impossible de ma vie. Les Enfants des Aprems(c’est le titre principal, il y a un sous-titre) sera constitué d’une douzaine de brefs chapitres. Ce sera un livre de souffrance et de joie, quand ces deux termes perdent toute signification, que la souffrance est joie et la joie souffrance. Les thèmes du roman? L’éloignement dans le temps et l’espace, avant l’éloignement définitif de la mort. L’amour plus fort que le désamour. Amour, entropie et aporie. Parution attendue, en principe, pour le mois de juin 2021.
Bien après la poésie lettriste (et accessoirement : l’est-« gaite ») voici, en un pas de côté, un court « poème alpha-noté » (très limité d’expression en son principe même, y compris en à-peu-près phonétique) ; mais aucunement alpha-notiste, car il n’y a aucune théorie, idéologie ou politique derrière.
Ln rst ajt :
Ré-mi la-mi do-ré,
Si fa-si-la mi-ré,
Si do-si-la si-ré,
Ag, a kc, a cd !
Pétition de soutien à France Soir et à la liberté d’expression !
OUI au soutien de FranceSoir,
OUI à la liberté de la presse,
Merci de votre signature, maintenant diffusons l’appel à pétition pour soutenir France Soir autour de nous !
Chère madame, cher monsieur,
Merci de tout cœur d’avoir signé cette pétition pour soutenir FranceSoir et la liberté de la presse.
Car oui, la liberté de la presse et la liberté d’informer sont en danger.
La pensée unique des médias en France n’a jamais été aussi inquiétante. FranceSoir est un des rares médias indépendants, 100% libre et autonome qui joue un rôle de service public, en favorisant le pluralisme, l’esprit critique et la liberté d’expression.
Il est scandaleux que FranceSoir subisse des pressions des médias traditionnels, des GAFA ou du Ministère de la Culture pour avoir dit haut et fort et avant tout le monde des vérités qui dérangent.
Pour que FranceSoir puisse continuer de porter une voix LIBRE et ALTERNATIVE dans cette crise sanitaire, et pour dire NON à la censure,
Partagez cet appel à pétition sur les réseaux sociaux !
– Faites circuler notre grande pétition nationale en transférant l’appel de soutien à France Soir par courriel à vos proches, vos amis et vos familles : https://www.francesoir.fr/petition-soutien/accueil
– Et parlez-en autour de vous !
Un grand merci d’avance pour votre aide et votre soutien,
Xavier Azalbert,
Directeur de la publication de France Soir

