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AU TORD-BOYAUX (D’ LA TÊTE), PIERRE PERRET DÉMASQUÉ.

2 mai 2021

Pierre Perret a sorti, il y a peu, sur YouTube et démasqué (donc apparemment « contestatairounet ») une chansonnette qui au premier abord pouvait paraître sympathique, s’en prenant aux « petits kapos » qui mènent le peuple par le bout du nez, personnages incompétents ou « immature » (ça c’est pour le roitelet de l’Élysée).

Moi-même ça me surprenait connaissant le personnage qui n’a jamais été que dans l’air du temps toute sa vie. J’avais écouté sa précédente chansonnette Les Confinis qui a tout prendre n’est que la chanson d’un râleur plus ou moins rigolard sans plus, comme pourrait l’être dans le genre plus vulgaire un Bigard de ses moins mauvais jours.

Mais la spécialité de Pierre Perret est d’avoir écrit un certain nombre de chansons (quand du moins il n’est pas dans Lili, la chanson bisounours à faire pleurer dans les chaumières, et dans la fraternité humaine frelatée et à distance du genre « accueillons chez nous toute la misère du monde, mais pas dans ma campagne et ma luxueuse propriété, ma guitare y occupe déjà toute la place ») que l’on pourrait et que l’on doit qualifier d’ambiguës. Ou chacun finalement y trouve son compte. Et Perret ses « royalties ». Dans la lignée des Jolies colonies de vacances.

Le personnage public et « artiste » qui me semble le plus proche de lui est ce bon Monsieur Batignolles dont la compassion ne coûte (ou plus exactement ne coûtait autrefois quand il y avait encore des séances de cinéma) que le prix d’une place pour les gogos. Monsieur Bons-Sentiments-qui n’engagent-à-rien si ce n’est à voir des fachos, des racistes, des antisémites partout. Mais à ne pas voir la misère bien réelle et bien contemporaine qui est à ses pieds.

Conformisme et confort réunis : confort matériel, confort intellectuel. Des bonnes places bien au chaud et contestant soit l’accessoire, soit pire encore l’illusoire et pas le vrai mal. Mais surtout que l’on ne touche à rien, à rien d’essentiel qui pourrait remettre en cause leur statut de privilégiés.

Chacun donc peut se laisser prendre à ces chansons de Pierre Perret, moi le premier. Envoyant à mon entourage le lien d’une vidéo chantante que je croyais être un peu rebelle, un peu contestataire, sauf erreur une valse avec guitare, fanfare et musette (comme quoi la musique peut tromper, peut induire en erreur), j’ai reçu en retour, au deuxième ras-bord — comme dirait l’autre — l’information selon laquelle, lors d’un entretien qu’il a accordé à Sud-Radio le 28 avril dernier, le personnage éveillé, éclairé a déclaré tout de go :

« Celui qui ne se fait pas vacciner, c’est un beau crétin ».

Comme quoi !

Sentence définitive. Curieux pour un démasqué.

À propos de démasqué, je me souviens que peu d’années avant sa mort Guy Béart lui en voulait d’avoir dit des choses peu agréables concernant Georges Brassens (cela se trouve je crois dans un livre de souvenirs de Perret). Guy Béart rappelait justement (avec justesse) que Perret avait pourtant poussé dans l’ombre de Tonton Georges, une décennie au moins après lui. Et que Brassens n’a pas été le dernier à le soutenir. Il aurait pu ajouter que Perret n’a été pendant très longtemps qu’un épigone, en plus anodin, plus « grand public » enfantin, du Georges Brassens du Gorille. Et que sans le premier à débroussailler le chemin, il n’y aurait peut-être pas eu le second.

Béart qui a, quant à lui, chanté, parmi d’autres choses : « Le premier qui dit la vérité / Il doit être exécuté ». Je ne crois pas que Pierrot –- pas lunaire pour deux sous — se soit risqué (pourtant simplement en paroles) à exprimer cette sorte de pensée. Maxime éternelle en fait et combien juste dans tous les domaines. Et tout à fait vérifiable présentement. Encore plus à présent.

En fait, le riquiqui Perret râle parce que le gouvernement n’en fait pas assez ! Ce n’est pas tout à fait la chanson du Déserteur. N’est-ce pas Boris, toi qui savait être comique aussi, bien souvent ?!

Je n’aime pas être trompé sur la marchandise, sur les marchandises frelatées même et encore plus si elles sont « produits de France », en ersatz de sentiments et d’opinion. Aussi conclurai-je, sur l’air le plus connu des débuts du Perret :

Il s’agit d’une chanson bien crado

Où les mecs prisonniers du radeau

Se rinc’nt le cerveau, au Perret maison :

Un discours faussement de raison.

*

Temps en temps, y a un vieux qui rouscaille,

Qui se dit : le Perret, il déraille !

‘l’a trop vu d’nanas, de joli’s drôlesses ;

Le gaga, ça lui pend bien aux fesses.

*

Au Tord-Boyaux (d’ la tête)

Le patron s’appell’ Pierrot (trop bête) ;

Il envoi’ des postillons (à demeure)

Chez Big Pharma dans l’ bouillon (dès onze heures)…

*

Amen !

From → divers

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