Je trouve que Léo Ferré a souvent été négligeant quand à la qualité des textes de ses chansons. Écris à la va-vite, parfois bâclés. Il s’est fait une gloire quelquefois d’avoir réalisé les paroles d’une chanson en très peu de temps. Or, ça se voit, ou plutôt ça s’entend ; il a des faiblesses qui relèvent d’un refus ou d’une incapacité de travailler ses textes.
Je dirais d’ailleurs la même chose de Brassens — pour ne m’en tenir qu’à lui — qui semble un certain nombre de fois lui aussi avoir été incapable de bien dire les choses sans recourir à la ficelle du langage relâché. Je signale que pendant très longtemps, les chansons populaires articulaient les mots comme on les dit dans un poème. Mais notre époque est décadente.
Je ne crains pas de préciser ici que ce que Ferré a fait de mieux — et de loin — est avant tout du domaine musical. Très bonne idée d’avoir réalisé et de cette manière (pas tout seul pendant toute une période d’ailleurs, mais avec l’arrangeur et orchestrateur Jean-Michel Defaye, merci à lui) ses disques sur les poètes : Baudelaire, Verlaine, Rimbaud en particulier. Ou encore ses mises en chansons des textes d’Aragon ou de son ami Jean-Roger Caussimon qui sont toujours bien écrits.
Mais on dirait qu’il avait du mépris ou une incapacité à faire des chansons au nombre de pieds réguliers sans recourir à l’amuïssement de divers « e » dits muets. André Breton lui-même s’étonnait de ses irrégularités qui fait de ses textes des écrits pouvant difficilement recevoir le label poétique.
Il lui arriva même de gâcher des chansons à cause d’un certain mauvais goût, de chevilles faciles ou à cause d’un mélange des genres (français soutenu, français populaire ou argotique) « patchworks » moins baroques qu’incongrus. *
Il lui arriva, dans ses textes « de la maturité », qui n’étaient plus vraiment de la chanson de tomber dans les phrases alambiquées et confuses. Sans oublier les chutes médiocres ou les rimes faibles, du moins dans ses chansons encore rimées.
Il y a même un contraste qui peut être marqué entre le Ferré mélodiste des autres et Ferré parolier. Sachant qu’il lui est arrivé plus d’une fois d’écrire moins des chansons que des sortes de pamphlets plus ou moins politiques sur l’air du temps. Je pense ici par exemple à ses chansons dénommées : Les Temps Difficiles. Et quelques autres interdites d’antenne. Ou d’autres, mais non rimées, plus récentes.
Donc à tout prendre, il y a peu de textes de Ferré que l’on peut décemment qualifier de poétiques, si ce n’est sous le vocale flou de « prose poétique » (je pense ici à des textes plus ou moins tardifs). Et encore. Parmi ceux-ci on peut citer un vrai poème : La Mémoire et la Mer, un extrait d’un très long poème écrit, du moins en partie, dès les années cinquante — chanson qui a été baptisée ainsi par son ami Jean-Pierre Chabrol lorsque ce dernier l’entendit tout de brut, la première fois.
Il y a même certaines de ces chansons devenues rengaines à trop s’exhiber qui ont fini par perdre tout le musc de leur saveur et élan initiaux. Ainsi, s’il est une chanson de Ferré qui relève de ce domaine, c’est bien celle que lui-même, avec l’âge, semblait reléguer ironiquement au simple rang de la chansonnette comme : Jolie Môme.
Je ne sais pourquoi (enfin, si, justement), mais l’à-peu-près négligeant du début de cette chanson : T’es tout’ nue / Sous ton « poul » / Y a la rue / Qu’est maboule »… m’a toujours indisposé. Et je trouve que tout le reste de la chanson s’en ressent.
« Poul » pour « pull » (pull, pour pull-over, lui-même pour tricot) américanisme introduit en France vers 1925.
C’est pourquoi il m’est arrivé plus d’une fois de me torturer les méninges en imaginant une autre entame à ce raté. Aujourd’hui encore je viens d’arriver à des choses comme ceci : Ta tenue / Qui te moule (ou : Qui me saoule… qui nous saoule… dans la foule) / C’est la rue / Qu’est maboule / Joli’ môme. Ou encore : T’est tout’ nue / Sous ton moule / Y a la rue / Qu’est maboule…
Cela vaut ce que ça vaut… Mais ça vaut bien un « poul » ridicule. Quand la forme commune en français, du mot « pull-over » n’est pratiquement jamais — quoi qu’en écrive le Trésor de la Langue Française — pulɔvœ:ʀ (ni encore moins pulɔva) avec un « poul », mais pylɔvε:ʀ, avec un « pul ». Et d’ailleurs plus simplement « pul » tout court.
À propos, connaissez-vous la blague : — Qu’est-ce qu’un tricot stérile ? — C’est un pull sans ovaire.**
Le petit lexicographe.
* Je n’ai rien contre le langage populaire, mais il me semble que lorsqu’on l’utilise, il faut s’y tenir et ne pas passer du coq à l’âne lexical ou phonétique. Pas trop mêler les niveaux de langue, du moins pour une chanson. Se tenir à certains registres qui unifient — tant lexicaux que phonétiques.
Donc, il ne s’agit pas d’une question de langage et d’articulation châtiés ou pas ; tout dépend du sujet. Il n’est que d’écouter les chansons de Bruant pour comprendre ce qu’il en fut pour lui ; sachant, quand même qu’il en rajoutait pour le public « bobo » de son temps, en surjouant parfois ou même souvent ses personnages et ses tableaux. Toujours très provocateur.
** « Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. Les soldats se battent avec courage mais il faut soigner les blessés et panser leurs plaies. Les moyens mis à disposition sont faibles, or dans l’urgence, une ingénieuse idée voit le jour : stériliser des tricots de corps et les appliquer comme bandage pour éviter l’infection. La marque Tricosteril est née ! Aujourd’hui, Tricosteril est restée la marque complice de la famille quand il s’agit de soigner les petits bobos du quotidien et offre une large gamme de pansements et dispositifs médicaux pour apporter douceur, soulagement et réconfort ! » (cf. https://www.pharmashopdiscount.com/fr/marques/tricosteril.html)
À PROPOS DU SPECTACLE AU PAYS DU MONDE RÉEL ET DE SON INTERPRÉTATION OFFICIELLE
Placé devant ses mensonges éhontés sur les « saluts nazis » de la manifestation des Patriotes de samedi dernier à Paris, Darmanin, persiste et se maintient dans l’interprétation officielle, prêtant aux autres ses propres délires.
Il récidive donc — aggravant son cas — en déclarant ce qu’il convient de voir, d’entendre et de comprendre dans les gens qui claquent dans leurs mains en scandant « Liberté » : « Ils tapaient dans les mains, mais c’est de cette manière assez détournée qu’on essaie d’avoir des comportements factieux ».
Cela me fait exactement penser à ceux qui osent traiter les antisionistes d’antisémites par un amalgame tordu, sorti d’une tête malade. Ou de ceux qui voyaient dans un bras d’honneur un « salut nazi inversé ».
Comme glisse F. Philippot : « Le ministre Darmanin aggrave sa diffamation, on en tient compte… »
*
Le crétin du jour, un certain Jean-Pierre Thierry, médecin de son état (!!!) vient de déclarer : « Omicron va être une maladie des non-vaccinés ». Ce qui n’a exactement aucun sens scientifique.
*
20 % des hospitalisations sont en réalité « avec » le covid et non « pour » covid ! C’est même 44% chez les moins de 30 ans !
*
Le #PassVaccinal apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : un vaste pacte de corruption. Qui arrose nombre de responsables et communicants chargés de le vendre à l’opinion publique. Hâte des grands procès ! (F. Philippot)
*
Le gros porc Larcher a tranché. Très majoritairement les sénateurs votent le « passe vaccinal » mais finalement et dans la foulée le même Sénat ouvre une « commission d’enquête pour vérifier qu’il est bien en adéquation avec la réalité de la pandémie ». Aux fous !
*
Les eurogagas sont dépités : leur Macron s’est ridiculisé toute la journée au parlement européen Il devait être empereur d’Europe, il finit bouffon de Strasbourg ! (F. Philippot)
*
Aux dernières nouvelles, autrefois excédentaire, mais aujourd’hui déficitaire « grâce » à une politique énergétique catastrophique, non seulement « EDF doit racheter son électricité 300 euros le MWh » mais il doit « la revendre 46 euros à ses concurrents ».
*
Trognon, la dinde de l’Élysée (certes pas gros à manger sur elle) lance ou plutôt relance après bien d’autres, dont la mère Chirac autrefois, la chasse, pardon l’opération des Pièces Jaunes ce qui est finalement « logique » (mais utopique par rapport à l’ampleur du déficit) alors que son branleur de kéké sociopathe participe activement à la destruction des hôpitaux publics. J’espère qu’il n’y a pas de Gilets Jaunes (question de couleur) à y participer naïvement en quelques dons.
Florian Philippot
Pétition pour la démission de Darmanin.
Yvonne Deknop, dite Yvonne George, née à Uccle, Belgique en 1895, morte à Gênes en 1930 des suites de la tuberculose et de — dit-on — divers excès. A été quelque temps l’amante de Robert Desnos. On a très peu d’enregistrements d’elle.
Pars de Jean Lenoir – 1926
Pars, sans te retourner pars,
Sans te souvenir
Ni mes baisers ni mes étreintes
En ton coeur n’ont laissé d’empreintes
Je n’ai pas su t’aimer
Pas su te retenir
Pars, sans un mot d’adieu pars ;
Laisse-moi souffrir ;
Le vent qui t’apporta t’emporte
Et, dussé-je en mourir, qu’importe !
Pars, sans te retourner
Pars, sans te souvenir.
Ô ! Ne t’excuse pas tu n’es pas coupable
N’aies pas de pitié n’aies pas de regrets
Pour moi seulement je suis pitoyable
Et mon désespoir reste mon secret
Tu peux sans remords briser notre chaîne
Nous ne sommes plus que deux étrangers
Poursuis ton chemin, sans craindre ma haine
Car d’autres sauront bien mieux me venger
Puisqu’à après tout ben ! on te trahira
Et comme moi, tu souffriras
au refrain
C’est de notre amour l’affreuse agonie
Et tout comme lui, vois, le jour se meurt
L’ombre qui descend s’étend infinie
Les voiles du soir cacheront mes pleurs
Tu ne sauras pas toute ma détresse
Tout le vide affreux de ton abandon
Prends dans un baiser l’ultime caresse
Puis, tu t’en iras avec mon pardon
Le souvenir est un chemin très long,
Que l’on parcourt à reculons.
au refrain
***
C’est pour ça qu’on s‘aime
Musique de Charles Borel-Clerc – Paroles de Vincent Telly – pseudonyme de Joseph Vincentelli, 1881-1957) – 1925
***
J’ai pas su y faire de Cartoux – Costil – & Yvain – 1925
J’ai pas su y faire
J’ai pas la manière
J’ai jamais eu d’ veine
J’ me traîne
Et j’ sens bien qu’ ça n’ira jamais
J’ connais qu’ la misère
J’ suis seule sur la Terre
J’ l’ai pas fait exprès
Non, mais…
J’ai pas su y faire
Quand j’avais quinze ans
J’en voyais tout l’ temps
Autour de moi qui étaient heureuses
Avec leur amant
Elles me narguaient souvent
Et pourtant j’étais pas envieuse
On n’ m’a jamais dit de mots tendres
Aucun homme n’a voulu m’ comprendre
Et quand j’ vois passer
Les couples enlacés
J’ me contente de leur chanter
J’ai pas su y faire
J’ai pas la manière
J’ai jamais eu d’ veine
J’ me traîne
Et j’ sens bien qu’ ça n’ira jamais
J’ connais qu’ la misère
J’ suis seule sur la Terre
J’ l’ai pas fait exprès
Non, mais…
J’ai pas su y faire
Plus tard j’ai connu
Un tas de parvenus
Qui jetaient au vent leur fortune
Moi, j’avais pas l’ sou
On me chassait d’ partout
Et mon cœur était plein de rancune
Car ces gens-là, ça vous méprise
Et ça s’ fiche des femmes dans la mouise
Mais j’ai ma fierté
Quand j’ les vois passer
J’ me contente de leur chanter
J’ai pas su y faire
J’ai pas la manière
J’ai jamais eu d’ veine
J’ me traîne
Et j’ sens bien qu’ ça n’ira jamais
J’ connais qu’ la misère
J’ suis seule sur la Terre
J’ l’ai pas fait exprès
Non, mais…
J’ai pas su y faire.
d‘après F. Philippot
Amnesty International (tiens, ça existe encore?!) demande à l’Italie « d’arrêter de discriminer les non-vaccinés » !
#Blanquer refuse de démissionner sur TF1 et le préfet de police de Paris interdit sous un prétexte totalement fallacieux la manif de l’école jeudi (question de délai) !
C’est la définition même d’une dictature ! Tous les Français doivent se mettre debout !
Certes, ce n’est qu’un sondage, mais quand même : l’appartenance de la France à l’UE « à un impact négatif » sur : – le coût de la vie : 52% (contre 32%) – la protection de l’emploi : 52% (contre 29%) – le prix de l’énergie : 51% (contre 28%) Grande lucidité des Français ! Il est temps de partir ! #Frexit
Dans sa vidéo du jour (18-01), le Pr #Raoult se demande comment Véran et Castex peuvent encore croire eux-mêmes au message qu’ils portent sur le covid ! (Au passage il met un coup de griffe à Castex qui avait accusé sa fille de l’avoir contaminé).
Courrier International : Groupe Le Monde: Xavier Niel et Matthieu Pigasse, fait partie de la presse subventionnée.
Petit rappel historico-technique : Anne Frank est celle jeune fille juive qui a écrit ses textes, ou du moins une partie de ses textes pendant la guerre, grâce à un stylo genre crayon BIC, apparu après guerre alors qu’elle était déjà morte. Fait établi depuis très longtemps suite à des analyses.
L’article se demande, à propos du rôle joué par un notaire Juif dans la dénonciation de la famille Frank : « pourquoi [après la guerre] Otto Frank n’a-t-il jamais rien dit ?”. On pourrait également se poser la question, finalement concomitante, du rôle exact que le père d’Anne Frank a joué dans la sacralisation et icônisation de sa fille jusqu’à (très probablement) rédiger, apocryphes, une partie des textes du Journal de sa propre fille.
***
Cinq années d’investigation ont permis de lever le mystère entourant la dénonciation qui a mené la jeune Allemande exilée à Amsterdam et sa famille vers les camps de la mort, en 1944.
Plus de quatre-vingts années de mystère et cinq années d’investigation. “Une équipe internationale d’enquêteurs révèle ce lundi [17 janvier] le nom de celui qui aurait trahi la famille d’Anne Frank en 1944 et transmis l’adresse de la cachette [où elle vivait avec sa famille, à Amsterdam] aux nazis”, relate Le Soir.
“L’adresse de l’annexe secrète avait été révélée par le notaire Arnold van den Bergh, membre du Conseil juif d’Amsterdam”, explique le quotidien bruxellois en reprenant les conclusions de l’équipe, dirigée par un agent du FBI américain, qui “a utilisé les techniques de recherche les plus pointues, examiné des centaines de milliers de documents dans huit pays et interrogé 70 personnes”. Des conclusions retranscrites dans l’ouvrage Qui a trahi Anne Frank ?, publié ce 17 janvier par HarperCollins France.
La famille d’Anne Frank, dont Le Journal représente un témoignage unique de la vie clandestine des Juifs sous l’occupation allemande [sic, voir plus haut], avait fui l’Allemagne en 1933 pour les Pays-Bas, jusqu’à une dénonciation dont l’auteur était jusqu’ici inconnu. La jeune fille, alors âgée de 15 ans, était morte dans les camps nazis, de même que toute sa famille, à l’exception du père, Otto Frank.
“Pourquoi Otto Frank n’a-t-il jamais rien dit ?” questionne à ce sujet Le Soir : Les enquêteurs émettent l’hypothèse qu’il a même cherché à cacher la complicité du notaire, peut-être pour ne pas accabler ses enfants ou pour ne pas attiser la haine antisémite (ils ont ainsi été trahis par un Juif néerlandais respecté et pas par des nazis ou des collabos). Otto Frank aurait pu aussi comprendre que le notaire était confronté à un dilemme horrible : la protection de sa famille contre la dénonciation de membres de sa communauté.”
En effet, “Arnold van den Bergh, membre du Conseil juif d’Amsterdam, […] a sans doute transmis une liste d’adresses de cachettes au Sicherheitsdienst (service de renseignement et de maintien de l’ordre de la SS) en échange de la protection de sa [propre] famille”, précise le quotidien belge.
De quoi faire dire à l’enquêteur du FBI Vince Pankoke que, de toute façon, “ce sont les nazis qui sont responsables de la mort des clandestins, pas le notaire qui a transmis leur adresse”.
***
Curieuse et courte façon de dédouaner Arnold van den Bergh.
Amen.
Selon des gazettes, le ministre des finances israélien demande la fin du Pass sanitaire ! « Il n’y a aucune logique médicale ou épidémiologique dans le pass sanitaire » dit-il !
Anna Marie Dubas, dite Marie Dubas (1894-1972)
Danseuse, comédienne, chanteuse d’opérettes, elle dut réduire l’étendue de son registre dès l’âge de trente-deux ans à la suite d’une défaillance de ses cordes vocales.
Le Tango Stupéfiant (chanson elle-même stupéfiante) de 1936
Après trois semaines entières
De bonheur que rien n’altérait
Mon amant dont j’étais si fière
Un triste matin me plaquait
Pour calmer mon âme chagrine
Je résolus en un sursaut
De me piquer à la morphine
Ou de priser de la coco
Mais ça coûte cher tous ces machins
Alors pour fuir mon noir destin
{Refrain:}
J’ai fumé de l’eucalyptus
Et je m’en vais à la dérive
Fumant comme une locomotive
Avec aux lèvres un rictus
J’ai fumé de l’eucalyptus
Dès lors mon âme torturée
Ne connut plus que d’affreux jours
La rue du désir fut barrée
Par les gravats de notre amour
J’aurais pu d’une main câline
Couper le traître en petits morceaux
Le recoller à la sécotine
Pour le redécouper aussitôt
Mais je l’aimais tant l’animal
Alors pour pas lui faire de mal
{Refrain:}
J’ai prisé d’la naphtaline
Les cheveux hagards, l’œil hérissé
Je me suis mise à me fourrer
Des boules entières dans les narines
J’ai prisé d’la naphtaline
Qu’ai-je fait là, Jésus Marie
C’est stupéfiant comme résultat
Au lieu de m’alléger la vie
Je me suis alourdie l’estomac
J’ai dû prendre du charbon Belloc
Ça m’a fait la langue toute noire
Que faire alors pauvre loque,
Essayer d’un autre exutoire ?
Car le pire c’est que j’ai pris le pli
Et c’est tant pis quand le pli est pris
{Refrain:}
Je me pique à l’eau de Javel
Pour oublier celui que j’aime
Je prends ma seringue
Et j’en bois même
Alors il me pousse des ailes
Je me pique à l’eau de Javel
Gnak gnak gnak gnak
J’ai du chagrin…
***
C’est toujours ça de pris ! (1935)
Musique de Maurice Yvain , paroles de Max Blot 1935 .
Quand on vient au monde
Il ne faut pas vouloir la lune
Ni penser de trouver
Le bonheur rêvé
Vous aimez les blondes
L’occasion vous fait prendre une brune
Dites-vous, c’est très bien
Que c’est le destin
Aujourd’hui l’important
C’est d’prendre du bon temps.
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
***
Grâce à la loterie
On croit être millionnaire
On gagne deux cents francs
Comment qu’c’est qu’on les prend?
Quand pour une thune aux Uniprix
Vous achetez un beau diamant à votr’ chéri
Elle s’écrie:
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
C’est d’la quincaillerie
Mais c’est toujours ça de pris.
***
Lorsqu’ au cinéma
Au théâtre ou bien dans la rue
Un beau gars m’dit tout bas
On se reverra
À son rendez-vous
Les yeux baissés j’arrive émue
Débordante de désir
Et puis de plaisir
J’tends ma bouche de carmin
Il me baise la main.
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
***
J’rengaine mes ardeurs
Et j’pense tout bas:
Ma chère Pour qu’il s’arrête là,
Sûrement qu’y m’connaît pas
D’vant un porto, j’espère chez lui
En fait d’souper
Qu’il n’aura pas que des biscuits
J’engloutis
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
J’pousse pas de p’tits cris
Mais c’est toujours ça de pris.
***
À présent que j’ai fini
D’chanter ma chansonnette
Si cet air peut vous plaire
J’en serais très fière
Mais écoutez-moi
Et ne soyez pas assez bête
Pour laisser fuir ailleurs
Le moindre bonheur
S’il ne dure qu’un moment
Dites-vous gaiement:
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
Moi ça me suffit
Y’a pas d’petits profits
***
Car je le prétends
Pour être heureux sur terre
Il faut dans la vie
De la philosophie
Quand chaque soir j’arrive ici
Pour un moment
Je n’ai pas … de mes soucis
Je me dis:
***
C’est toujours ça d’pris
Comme disait ma grand-mère
C’n’est qu’une heure d’oubli
Mais c’est toujours ça de pris.
***
Le Doux Caboulot (1932)
musique de Larmangeat et paroles de Francis Carco (François Carcopino-Tusoli, 1886, 1958)
Le doux caboulot
Fleuri sous les branches
Est tous les dimanches
Plein de populo.
La servante est brune,
Que de gens heureux
Chacun sa chacune,
L’une et l’un font deux.
Amoureux épris
Du culte d’eux-mêmes.
Ah sûr que l’on s’aime,
Et que l’on est gris.
Ça durera bien
Le temps nécessaire
Pour que Jeanne et Pierre
Ne regrettent rien.
Berthe Sylva, pseudonyme de Berthe Faquet (1885-1941)
On n’a pas tous les jours vingt ans, chanson de Léon Raiter, musique et Fernand Pothier (1935)
L’atelier de couture est en fête
On oublie l’ouvrage un instant
Car c’est aujourd’hui qu’ Marinette
Vient juste d’avoir ses vingt ans
Trottins, petites mains et premières
Ont tous apporté des gâteaux
Et Marinette, offrant le porto,
Dit, joyeuse, en levant son verre
On n’a pas tous les jours vingt ans
Ça nous arrive une fois seulement
Ce jour-là passe hélas trop vite !
C’est pourquoi faut qu’on en profite
Si le patron nous fait les gros yeux
On dira « Faut bien rire un peu !
Tant pis si vous n’êtes pas content
On n’a pas tous les jours vingt ans ! »
Le patron donne congé à ses petites
Et comme le printemps leur sourit
A la campagne, elles vont tout de suite
Chercher un beau petit coin fleuri
Dans une auberge, en pleine verdure,
Elles déjeunent sur le bord de l’eau
Puis valsent au son d’un phono
En chantant pour marquer la mesure
On n’a pas tous les jours vingt ans
Ça nous arrive une fois seulement
C’est le plus beau jour de la vie
Alors on peut faire des folies
L’occasion, il faut la saisir
Payons-nous un petit peu de plaisir
Nous n’en ferons pas toujours autant
On n’a pas tous les jours vingt ans !
Tous les amoureux de ces demoiselles
Sont venus le soir à leur tour
Et l’on entend sous les tonnelles
Chanter quelques duos d’amour !
Passant par là, prêtant l’oreille,
Un bon vieux s’arrête en chemin
A sa femme, en prenant sa main,
Lui dit « Souviens-toi ma bonne vieille…
On n’a pas tous les jours vingt ans
Ça nous arrive une fois seulement
Et quand vient l’heure de la vieillesse
On apprécie mieux la jeunesse
De ce beau temps si vite passé
On n’en profite jamais assez…
Et plus tard on dit tristement
On n’a pas tous les jours vingt ans ! »
***
trottin : jeune apprentie
petite main : personne employée à des tâches subalternes
première : employée de « talent » supérieur
***
Les Roses Blanches (1926) de Léon Raiter, musique et de Charles-Louis Pothier
C’était un gamin, un gosse de Paris
Pour famille il n’avait qu’sa mère
Une pauvre fille aux grands yeux rougis
Par les chagrins et la misère
Elle aimait les fleurs, les roses surtout
Et le bambin tous les dimanches
Lui apportait de belles roses blanches
Au lieu d’acheter des joujoux
La câlinant bien tendrement
Il disait en les lui donnant:
C’est aujourd’hui dimanche
Tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches
Toi qui les aimes tant
Va, quand je serai grand
J’achèterai au marchand
Toutes ses roses blanches
Pour toi jolie maman.
***
Au printemps dernier le destin brutal
Vint frapper la blonde ouvrière
Elle tomba malade et pour l’hôpital
Le gamin vit partir sa mère
Un matin d’avril parmi les promeneurs
N’ayant plus un sou dans sa poche
Sur un marché, tout tremblant le pauvr’ mioche
Furtivement vola des fleurs
La marchande l’ayant surpris
En baissant la tête il lui dit:
C’est aujourd’hui dimanche
Et j’allais voir maman
J’ai pris ces roses blanches
Elle les aime tant
Sur son petit lit blanc
Là-bas elle m’attend
J’ai pris ces roses blanches
Pour ma jolie maman.
***
La marchande émue, doucement lui dit:
Emporte-les, je te les donne
Elle l’embrassa et l’enfant partit
Tout rayonnant qu’on le pardonne
Puis à l’hôpital il vint en courant
Pour offrir les fleurs à sa mère
Mais en le voyant, tout bas une infirmière
Lui dit: Tu n’as plus de maman
Et le gamin s’agenouillant
Dit, devant le petit lit blanc…
C’est aujourd’hui dimanche
Tiens ma jolie maman
Voici des roses blanches
Toi qui les aimais tant!
Et quand tu t’en iras
Au grand jardin, là-bas
Toutes ces roses blanches
Tu les emporteras.
***
Frou Frou, de Hector Monréal et Henri Blondeau (1930)
La femme porte quelquefois
La culotte dans son ménage
Le fait est constaté je crois
Dans les liens du mariage
Mais quand elle va pédalant
En culotte comme un zouave
La chose me semble plus grave
Et je me dis en la voyant
{Refrain:}
Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l’homme trouble l’âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou
La femme ayant l’air d’un garçon
Ne fut jamais très attrayante
C’est le frou frou de son jupon
Qui la rend surtout excitante
Lorsque l’homme entend ce frou frou
C’est étonnant tout ce qu’il ose
Soudain il voit la vie en rose
Il s’électrise et devient fou
{Refrain}
En culotte me direz-vous
On est bien mieux à bicyclette
Mais moi je dis que sans frou frou
Une femme n’est pas complète
Lorsqu’on la voit se retrousser
Son cotillon vous ensorcelle
Son frou frou
C’est comme un bruit d’aile
Qui passe et vient vous caresser
{Refrain}

Leonetto Cappiello
1899
