Publié le février 24, 2022 par Le Saker Francophone
https://lesakerfrancophone.fr/le-jour-ou-la-patience-de-la-russie-a-expire
Par Dmitry Orlov – Le 22 février 2022 – Source Club Orlov
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(JPF) Qui est l’auteur ?
Dmitry Orlov est un russo-nord-américain né en 1962 à Leningrad qui s’est retrouvé aux États-Unis à l’âge de douze ans où il devenu ingénieur et écrivain. Ses écrits ont pour sujet le déclin et l’effondrement économique, écologique, politique, culturel, moral, humain… potentiel des États-Unis et finalement de ses affidés en grande partie européens. Du mondialisme et de l’impérialisme occidental.
Plus généralement, il est l’initiateur de la collapsologie — c’est-à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations — avec son ouvrage fondateur : Les cinq stades de l’effondrement (2013). L’insolvabilité financière, la pénurie alimentaire, la corruption des gouvernements et de l’administration, la perte des liens sociaux et la guerre civile, la perte de toute humanité. Auxquelles il ajoute maintenant l’effondrement écologique.
« Collapsologie » est un néologisme d’origine anglaise ; de collapsus, effondrement, ruine, destruction, etc, qui n’est autre que le participe parfait (passé accompli, achevé) du verbe latin collabor, s’écrouler, tomber, (d’un gouvernement) être renversé… verbe composé de cum labor, avec peine, fatigue, labeur, travail…
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La date d’aujourd’hui, communément écrite 22.02.2022, sera facile à retenir pour les futurs écoliers. Diverses personnes s’en souviendront de diverses manières. Les habitants de Donetsk et de Lougansk, les deux villes anciennement ukrainiennes, aujourd’hui redevenues russes, qui ont été soumises à des conditions proches du génocide depuis le renversement du gouvernement [ukrainien] par les États-Unis en 2014, se souviendront d’avoir dansé dans les rues avec jubilation, tiré de nombreux feux d’artifice, brandi des drapeaux russes et hurlé l’hymne national russe. Pour eux, c’est le jour où est arrivé un nouvel espoir que leur cauchemar qui dure depuis huit ans sera bientôt terminé et que la vie reviendra enfin à la normale.
Le nouveau chancelier allemand, mal informé, a involontairement contribué à cette situation en déclarant que l’idée d’un génocide causé par les Ukrainiens dans le Donbass est ridicule. Compte tenu de l’histoire de la région, le spectacle public d’un dirigeant allemand utilisant les mots « génocide » et « ridicule » dans la même phrase a rendu ce moment riche en possibilités.
Voici l’information qui manquait à ce chancelier, apparemment assez faible d’esprit. Il y a eu 9.282 morts du côté du Donbass (dont 70 % de civils) et 114 enfants. Les morts du côté ukrainien (les troupes ukrainiennes et divers mercenaires assortis qui attaquaient et assiégeaient le Donbass depuis 2014) étaient au nombre de 20.186. Et ce, avant la reprise des bombardements ukrainiens de ces derniers jours. On comptait également plus de deux millions de réfugiés du Donbass en Russie, plus d’un million en Ukraine et environ 50 000 en Biélorussie.
La plupart des Russes se souviendront également de ce jour avec soulagement, car c’est le jour où leur gouvernement a enfin – enfin ! après huit années littéralement sanglantes – décidé qu’un règlement négocié en Ukraine n’aurait tout simplement jamais lieu et qu’il était inutile d’attendre davantage pour aller de l’avant et faire le ménage.
C’était cathartique pour eux d’entendre leur président déverser un torrent de vérité sur l’Ukraine, la qualifiant de concoction bolcheviste de terres historiquement russes pour la plupart *, qui n’a tout simplement jamais été destinée à devenir un État indépendant, soulignant qu’elle n’a jamais payé sa part de la dette extérieure de l’ère soviétique (la Russie l’a payée pour elle), qu’elle a refusé de remettre les actifs russes avec lesquels elle s’est incidemment retrouvée, et a plutôt absorbé plusieurs centaines de milliards de dollars de subventions russes, qu’elle a extorqué de l’argent pour l’utilisation de son gazoduc de construction soviétique qu’elle a obtenu gratuitement, et qu’elle a dilapidé et volé le reste de son vaste patrimoine soviétique.
Il a également mentionné les ambitions déclarées de l’Ukraine de rejoindre l’OTAN et d’envahir la Crimée, ce qui déclencherait automatiquement une guerre mondiale. Il a mentionné l’ambition déclarée de l’Ukraine d’utiliser le plutonium provenant de ses stocks de combustible nucléaire usé et de ses fusées datant de l’époque soviétique pour concocter des armes de destruction massive – une situation à laquelle il fallait tout simplement faire face.
Enfin, il a clairement indiqué que tous les crimes de guerre ukrainiens des huit dernières années ont été soigneusement documentés et que tous ces criminels de guerre seront traduits en justice.
Ce discours est intervenu peu de temps après une session télévisée du Conseil de sécurité russe au cours de laquelle tous les principaux ministres ont pris la parole et se sont tous prononcés en faveur de la reconnaissance des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.
Le Premier ministre Mishustin a déclaré qu’ils se préparaient depuis un certain temps aux inévitables retombées et qu’ils y étaient prêts, alors faisons-le. Le ministre des affaires étrangères, Sergei Lavrov, interrogé sur l’opportunité de poursuivre les négociations avec l’Occident au sujet de l’Ukraine, a répondu que c’était « une question de goût », mais que rien n’en sortirait jamais. Et le ministre de la défense Shoigu a simplement dit, très calmement : « Allons-y. Faisons-le. »
La réponse à la question de savoir pourquoi la Russie a attendu si longtemps pour prendre cette mesure est qu’elle n’était pas prête : l’économie russe n’avait pas encore été blindée contre toutes les sanctions possibles ; toutes les méthodes diplomatiques pour résoudre le problème n’avaient pas été essayées ; et l’armée n’était pas tout à fait prête à gérer la situation rapidement et efficacement.
Puis vint la cérémonie de signature, au cours de laquelle Vladimir Poutine, Denis Pushilin de la République populaire de Donetsk et Leonid Pasechnik de la République populaire de Lougansk ont signé les documents leur accordant la reconnaissance. Dans ces ordres d’une page figurait un ordre de Poutine à l’armée russe de pourvoir à l’établissement de la paix.
Une question très intéressante se pose quant aux frontières dans lesquelles cette paix sera établie. Voyez-vous, après le renversement anticonstitutionnel du gouvernement démocratiquement élu à Kiev en 2014, Donetsk et Lougansk ont fait sécession en tant que régions intactes. Plus tard, au cours de l’« opération anti-terroriste » de Kiev (le préfixe « anti- » étant ici plutôt superflu), ces régions en sont venues à être partiellement occupées par les forces ukrainiennes. Il semble absurde d’imaginer que la Russie, en reconnaissant l’indépendance et la souveraineté de Donetsk et de Lougansk, ait également reconnu l’occupation partielle de ces régions par l’Ukraine. Il est beaucoup plus probable que les forces russes demandent maintenant poliment aux forces ukrainiennes de quitter les lieux avant une certaine date limite ou, à défaut, d’être tuées ou capturées.
Enfin, les dirigeants occidentaux ne s’en rendront peut-être pas compte tout de suite (ils semblent être dans un état mental plutôt désastreux), mais il est probable qu’ils finiront par réaliser que le 22.02.2022 a été le jour où leurs conneries [sic] ont définitivement cessé de fonctionner. L’idée qu’ils répandent la liberté et la démocratie plutôt que la mort et la misère (comme le prouve l’Ukraine, en plus d’une longue liste d’autres pays qu’ils ont « libérés » et « démocratisés ») est plus qu’absurde.
L’idée que les États-Unis sont un hégémon mondial et qu’ils peuvent dicter leurs conditions à tout le monde a fondu comme neige au soleil. L’unité de l’OTAN n’est qu’un couple de mots sans signification sur un morceau de papier. Dire des bêtises, comme exiger que la Russie respecte les termes des accords de Minsk (selon lesquels elle n’a aucune obligation) n’a aucun effet.
Il leur faudra peut-être un peu plus de temps pour se rendre compte qu’imposer des sanctions supplémentaires à la Russie est un excellent moyen pour eux de payer le pétrole 200 dollars le baril tout en se gelant dans le noir. À un moment donné, ils se rendront également compte qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’accorder les garanties de sécurité exigées par la Russie, car ils l’ont déjà fait, en paroles et en actes, et qu’il n’est pas possible de se soustraire à leurs engagements en matière de sécurité.
La courbe d’apprentissage sera assez abrupte pour eux et on peut se demander s’ils sont capables d’apprendre. La seule capacité qu’ils ont démontrée est celle de répéter la même litanie de mensonges, encore et encore. Ayant été élevés à dessein pour servir les intérêts des banques et des entreprises, ils ne sont peut-être pas capables du niveau requis de pensée rationnelle. Et cela soulève une autre question : Qu’est-ce que les peuples occidentaux vont faire à leur sujet ?
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone
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* (JPF) L’auteur fait allusion à la création plus ou moins artificielle dans les années qui ont suivi la révolution bolchevique d’une entité ukrainienne élargie à des contrées à forte présence russe.
En fait l’Ukraine est une nation qui a été ballottée avec des frontières mouvantes, des découpages divers, entre pays qui l’ont dominée pendant plusieurs siècles. Je n’entre pas dans les détails. Ce qu’il faut retenir est que c’était un pays essentiellement terrien, peu ouvert sur la Mer Noire, aux côtes longtemps tenues par d’autres peuples tels les Tatars et autres peuples turcophones. Ou même par des Roumains au Sud de la Moldavie.
Sans parler de l’époque relativement ancienne où une partie du Sud était le pays des Cosaques Zaporogues, descendants de serfs ayant fuit la République des Deux Nations réunissant le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie. L’ancien territoire des Cosaques (qui fut une république parlementaire puissante avant de céder devant plus forts), du moins une portion de celui-ci, est représenté de nos jours par l’oblat de Zaporijia qui jouxte à l’Ouest l’oblat de Donetsk.
C’est d’ailleurs à l’extrémité Est de l’oblat de Zaporijia que se situe le village de Houliaïpole dont était originaire Nestor Makhno, un descendant de Cosaques, le dirigeant de la Makhnovchtchina, l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne (1917 – 1921) formée de communistes libertaires opposée aux russes blancs, alliée de l’Armée rouge avant que cette dernière ne l’extermine.
Un dernier point, sur la Crimée et la ville de Sébastopol : la péninsule était russe quand Krouchtchev eut la « bonne idée » de les rattacher à l’Ukraine (en 1954). Il faut savoir qu’en 1991, la Crimée obtient le statut de République autonome de Crimée au sein de l’Ukraine indépendante et Sébastopol devient une ville à statut spécial.

NB le découpage des oblats est celui du découpage officiel. Actuellement les territoires des deux républiques populaires du Donbass sont réduites peut-être de moitié voire plus à cause du conflit initié en 2014.
À remarquer également : mis à part Odessa (ville où une certaine présence russe existe également) les ports sur la Mer Noire ne sont pas les cités les plus importantes des oblats du Sud de l’Ukraine. L’autre port peut-être le plus important est Marioupol dans l’oblat primitif du Donetsk, et en voie d’être réintégré à la république du même nom.
Pour être complet sur la présence russe, il faut ajouter à cette carte l’entité russophone de Transnistrie, étroite langue de terre qui s’est plus ou moins détachée de la Moldavie et qui est située entre la partie Est de la Moldavie et l’Ukraine.
Complètement à l’Ouest de l’Ukraine, dans et autour de l’oblat de Lviv, l’ancienne Galicie, se trouve il semble bien le principal foyer ultra-nationaliste du pays. C’est sans doute aussi la région où l’on ne parle pratiquement qu’ukrainien. (voir un prochain article au sujet de l’ukrainien, la langue).
René Chiche
· 22h
On m’a transmis ce cliché exceptionnel du Commando Germanopratin. Ce corps d’élite serait en route vers Kiev. Des mauvaises langues prétendent cependant les avoir vu dans le jardin du Luxembourg, où ils s’entraîneraient encore. L’AFP s’emploie à « fact-checker ».

fact-check : vérification des faits
Abréviations :
- LNR : république populaire de Lougansk (la plus au Nord des deux républiques du Donbass)
- DNR : république populaire de Donetsk
Ce quatrième jour de guerre révèle qu’il y a en fait deux conflits: une guerre entre l’Ukraine et la Russie, sur le terrain. Et un affrontement stratégique de plus en plus étendu entre l’Occident et la Russie. La “mondialisation heureuse” aura donc débouché sur un conflit global, où l’Occident emploie tous les moyens pour essayer de sauver une suprématie de plus en plus contestée: la guerre menée contre la Russie consiste bien entendu à livrer des armes à l’Ukraine. Mais aussi à tenter de l’asphyxier financièrement, imposer une censure de l’information, etc… L’Occident a sans doute présumé de ses forces et – comme le IIIè Reich il y a 80 ans, sous-estimé les forces de son adversaire. L’économie européenne va ressortir brisée de son alliance à courte vue avec le projet américain d’une transformation de l’OTAN en alliance globale dirigée contre la Russie et la Chine. Et puis une partie du monde ne suivra pas les Américains, à commencer par la Turquie et l’Inde. Du point de vue français, la nouvelle la plus terrible du jour est l’annonce du chancelier allemand d’un réarmement massif de son pays. C’est la fin du pacte européen de 1950 dans lequel l’Allemagne, ayant tiré les leçons du nazisme, se mettait au service de la paix. Aujourd’hui l’Allemagne est à nouveau une puissance belliciste. La France devra en tirer les conséquences, à commencer par la fin du traité d’Aix-la-Chapelle et le renoncement à la “défense européenne”.

7h00: L’armée russe affirme avoir détruit 800 objectifs d’infrastructures militaires ukrainiennes et confirme la prise de Mélitopol
8h00: la presse américaine est indignée parce qu’elle découvre, avec quatre jours de retard, que l’ambassade de Chine à Moscou a mis sur son site une liste des pays bombardés par les Etats-Unis depuis 1945 en parlant ironiquement de “tour du monde des démocraties”.
9h00: les forces spéciales russes (spetsnaz) affrontent des bataillons fascistes placés à Kharkov par le gouvernement ukrainien dans l’espoir de retarder l’avancée russe. Nouvelles de l’ensemble du Front: on constate que l’avancée de l’armée russe au nord de la Crimée, autour de Kharkov et autour de Kiev oblige des régiments ukrainiens à se replier; du coup les troupes des républiques sécessionnistes avancent dans la conquête de l’ensemble de leur “territoire administratif” (dans l’Ukraine d’avant 2013.
10h00: Une délégation russe arrive en Biélorussie à Gomel pour d’éventuels pourparlers de paix avec les Ukrainiens.
10h00: Sources de journalistes russes de terrain, indépendants, compilées par le canal Telegram “Actualités mondiales et françaises”: “La défense près de Gostomel (banlieue nord-ouest de Kiev) est percée en direction de Kiev.
Kharkov. La défense ennemie est également percée : à 7 heures du matin, heure locale, l’infanterie russe pénètre dans les limites de la ville.
Dans le Donbass, l’offensive contre Marioupol se poursuit. Les forces alliées se sont retranchées sur la ligne Pavlopol – Pishchevik (nord-est de la ville).
Quant à Severodonetsk au nord, il restait 8 km aux troupes LNR pour l’atteindre.
Kherson. Les troupes ukrainiennes bombardent en permanence la centrale hydroélectrique de Kakhovskaya.
Aux abords de Sumy et de Tchernigov (nord du pays, nord-est Kiev), de grandes colonnes de matériel militaire russe ont été vues.
A Rovenki en LNR, un dépôt pétrolier a explosé après avoir été touché par un Tochka-U ukrainien.
En Ukraine, ils ont annoncé la formation d’une « légion étrangère.”
10h30: Le conflit en Ukraine pourrait durer « plusieurs années », selon le chef de la diplomatie britannique, Elisabeth Truss
11h35: Plus de mille soldats ukrainiens se sont rendus à Kharkov
12h00: Nouveau point “Actualités mondiales et françaises” qui nous plonge au coeur de la bataille de Kharkov:
- L’offensive terrestre à Kharkov se développe et vise le centre de la ville, les combats de rues sont très durs, une colonne d’infanterie Russe sur voiture blindée Tigr est détruite lors d’une embuscade kiévienne, mais les soldats Russes s’échappent, sauf 1 qui est fait prisonnier par les kiéviens. La manœuvre consiste peut-être à prendre ensuite en sandwich les parties nord-est et nord-ouest de la ville.
– Les kiéviens se mettent à frapper aux lanceurs de roquettes multiples le centre de Kharkov depuis des positions au sud-ouest-ouest de la ville.
– Une station service au sud de Kharkov devient un atelier de fabrication de cocktails Molotov pour les Kiéviens.
– Offensive Russe depuis le sud, les troupes se trouvent au nord-est-est de Zaporozhye, étant parties du nord de Tokmok, pris hier !
– Les forces Russes étendent leur contrôle sur la région au nord-ouest de Kiev.
– Dans le secteur de Kherson, nord-ouest Crimée, des débris d’avion ukrainiens au sol témoignent de l’usage de la DCA Russe au début du conflit
– Panne de courant à Marioupol (sud, attaqué par DNR à l’Est et au Nord et par la Russie à l’ouest. Il n’y a pas de sud : c’est la mer d’Azov )
– Les kiéviens poursuivent la destruction des ponts dans les banlieues ouest de Kiev
– Des azerbaïdjanais rejoignent les rangs des kiéviens
– Combats à proximité de Slaviansk et Kramatorsk, les LDNR se rapprochent des villes historiques où les premiers combats acharnés ont eu lieu au printemps 2014, avant qu’elles aient dû se replier sur Lougansk et Donetsk pour éviter un encerclement”
13h00: Le nombre de personnes fuyant l’Ukraine vers les pays limitrophes est supérieur à 350 000. Cela ne témoigne pas vraiment d’une nation unanime à défendre le régime kiévien.
13h30: Poutine a mis les forces nucléaires russes en alerte maximale: “Les pays occidentaux ne prennent pas seulement des mesures inamicales contre notre pays dans le domaine économique. Je parle des sanctions illégitimes que tout le monde connaît. Cependant, les hauts responsables des principaux pays de l’OTAN font également des déclarations agressives contre notre pays“. La Biélorussie est solidaire de la Russie: Loukachenko n’a apparemment pas été impressionné par sa conversation avec Emmanuel Macron et il a fait savoir ce matin que la Russie serait autorisée à déployer des armes nucléaires en Biélorussie si la Pologne et les Etats Baltes servait au déploiement d’armes similaires de l’OTAN
14h: C’est un tremblement de terre en Europe et la fin du pacte européen de 1950. L’Allemagne annonce, par la bouche du Chancelier Scholz parlant devant le Bundestag, 100 milliards d’investissements extraordinaires dans le budget de la défense. Ainsi, à l’occasion d’une guerre avec la Russie, l’esprit de puissance allemand renaît. La France ne peut pas suivre l’Allemagne dans la folie qui consiste à livrer des armes à un gouvernement ukrainien à qui des nostalgiques de l’alliance avec la Wehrmacht mettent un pistolet dans le dos. La France n’a pas d’autre choix que de revenir à une politique d’indépendance et de dissuasion renforcée au service de la paix et de l’équilibre des puissances.

Point sur les opérations militaires en début d’après-midi:
– Les durs combats se poursuivent sur Kharkov et des combats plus légers se poursuivent à l’ouest de Kiev et dans les banlieues ouest de la capitale.
– La Russie étend son contrôle à une trentaine de Km à l’ouest et au nord-ouest des entrées de Kiev.
– Les forces Russes venant de Crimée se mettent en position sur les arrières de Marioupol (en arrivant depuis l’ouest) qui est déjà attaquée par l’Est et le nord-est (quasiment par le nord également) par les troupes de DNR. (Sud-est Ukraine.)
– La base navale que l’Angleterre finançait à Berdyansk (ouest de Marioupol, mer d’Azov) est sous contrôle Russe
Et un état de choses à partir des témoignages de terrain:
“- Toujours des scènes de pillages et de meurtres un peu partout dans le pays, sur fond de distribution d’armes à la population.
– A Kiev, la folie continue, des listes de véhicules civils à attaquer au cocktail Molotov circulent, pour “suspicion d’agent Russe”
– Kharkov : des commerçants dans les zones libérées (petite provocation de ma part), donnent de la nourriture gratuitement aux troupes Russes en les accueillant chaleureusement.
– Des citoyens Ukrainiens enlèvent les mines AT (antichars) posées sur la route, bloquant l’accès d’un pont à Berdyansk.”
15h: Kiev veut maintenant négocier à Pripyat, en Ukraine à la frontière Biélorusse
17h: on sort de plusieurs heures de psychodrames au cours desquelles M. Durov, fondateur de Telegram, mis sous pression par les Occidentaux, a annoncé vouloir fermer Telegram en Russie et en Ukraine puis a renoncé.
17h30: La folie continue. L’Union européenne va financer l’achat et la livraison d’armes à l’Ukraine et fermer tout son espace aérien à la Russie
18h00: Le ministère russe de la Défense a déclaré que les forces russes avaient frappé 1 067 sites militaires ukrainiens depuis le début de « l’opération spéciale » en Ukraine, admettant pour la première fois que des militaires russes ont été tués et blessés au combat
En prélude :
Guerre en Ukraine: Trump salue l' »intelligence » de Poutine et charge Biden
Et à suivre une analyse très claire et très juste de la situation du Capitaine de réserve Alexandre JUVING-BRUNET : sur la guerre Russo-ukrainienne.
Laurent Hilaire, directeur de la troupe de ballet du Théâtre Stanislavski à Moscou et ex-étoile de l’Opéra de Paris, a annoncé ce 27 février à l’AFP sa démission.
« Je regrette cette décision, j’ai travaillé en harmonie (avec les équipes du théâtre), je pars avec tristesse mais le contexte ne me permet plus de travailler sereinement », a-t-il ajouté.
Ne t’en fais pas ; tu sera vite remplacé… et oublié. Et que la danse continue ! L’Art, le vrai, est au-dessus de tout ça. D’ailleurs, c’est aussi bien que tu partes, sais-tu même que cela fait huit ans que Kiev pilonne des populations civiles, des gueux, au Donbass, et que cela ne gêne nullement les « bonnes âmes » occidentales totalement lobotomisées par la propagande impérialiste ? Et sais-tu même que l’Otan veut s’installer aux portes même de la Russie ?
Je voudrais rappeler aujourd’hui que l’Ukraine (« Marche », « Frontière » en slaeve) a subi en 2014 une dite « révolution de couleur » (expression tirée de l’anglais), soulèvement pseudo-populaire (née de la terreur exercée par des francs tireurs qui ont tiré au hasard sur la foule en abattant un certain nombre) fomentée par « l’Occident » ou pour le dire plus précisément par Soros et sa clique, la CIA, des éléments de l’armée américaine et l’OTAN, où le peuple ukrainien a été totalement manipulé. Le but premier était de virer les derniers éléments pro-russes de toute velléité de gouverner l’Ukraine.
La conséquence immédiate est que les populations loyalistes et légitimistes russophiles et/ou russophones ont refusé le coup d’État. Il faut savoir que c’est tout le Sud et le Sud-est en particulier, mais aussi l’Est et même un peu le Nord aux frontières, qui est concerné par cette réalité, notons que le russe est la langue quotidienne, parlée à la maison, d’au moins quarante % de la population, dans les grandes villes en particulier, comme à Kharkov. D’où la sécession de la Crimée et les déclarations d’indépendance des deux républiques populaires du Donbass (de Lougansk en russe, Louhansk en ukrainien et de Donetsk).
Mais remontons un peu en arrière en 2006 quand s’est produit deux événements politiques :
1/ un renversement d’alliances, le Parti Socialiste quitte la Coalition Orange et crée une nouvelle majorité au sein du Parlement avec le Parti des Régions pro-russe. Il en sort, entre autre, un accord sur la nécessité de soumettre à référendum la question de l’entrée du pays dans l’Otan.
2/ un projet initié par le Conseil de l’Europe (instance de coopération européenne créée en 1949 à Londres, qui regroupe de nos jours tous les États d’Europe de l’Atlantique à l’Oural) : celui de créer (sans rien en demander aux populations comme toujours) une eurorégion dénommée Donbass incluant les oblasts (régions) de Rostov en Russie, de Lougansk en Ukraine puis, à compter de 2012, incluant Donetsk. Cette eurorégion enregistrée en 2012 est pour l’instant totalement fictive.
En 2014, les Accords de Minsk entre gouvernement ukrainien et séparatistes du Donbass (conférence où la Russie n’a qu’un rôle d’observateur, il faut le répéter) ont reconnu le droit à une large autonomie des régions du Donbass, à l’usage de la langue russe en particulier, et un arrêt du conflit armée.
Ces points n’ont jamais été mis en application par le gouvernement ukrainien qui au contraire tend à réduire tant qu’il peut l’usage du russe au niveau officiel et scolaire (mais le problème est que l’ukrainien est une langue encore largement dialectale, non unifiée et d’usage avant tout rural).
Et qui surtout a poursuivi sans relâche le pilonnage de cités du Donbass en bordure de la ligne de démarcation. À ce triste jeu, les milices qui se réclament d’un néo-nazisme parfaitement assumé (sur les bases de la Légion ukrainienne, anti-polonaise et anti-russe autrefois, créée par l’hyper-nationaliste Bandera, qui était sous commandement allemand) particulièrement agressif et hystériquement anti-russe se retrouvent au premier rang pour bombarder les civils mais aussi pour pratiquer diverses actions de type terroriste (assassinats en particulier) au sein même du Donbass ou en d’autres lieux jugés par eux « russes », donc à détruire.
Zelensky, sorte de fantoche, le présent président en date (depuis 2019) de l’Ukraine, qui s’est fait élire en tant que « candidat anti-système » (sorte de Zemmour local, mais en jeune, si l’on peut dire, pour son goût à entretenir les divisions nationales), au lieu d’agir dans le bon sens en a rajouté dans son désir de se soumettre aux États-Unis, et à l’armada économique qui va avec, et en premier lieu à l’Otan. Il faut savoir que foyer agricole de premier ordre autrefois, l’Ukraine est un pays totalement délabré, pillé économiquement. Le salaire moyen d’un ukrainien se situe vers 300 euros par mois selon certains, plus sûrement vers 200 euros pour d’autres.
Zelensky, oui, est une sorte de fantoche. Comme peut l’être à sa manière Biden, être totalement manipulé (sans parler du gâtisme du second). Un irresponsable. Son métier, si l’on peut appeler ça un métier, est acteur de série B et autres feuilletons audio-visuels. Il a aussi la spécificité religieuse (si l’on peut appeler cette idéologie une simple religion) d’être de confession judaïque. Ce qui apparemment ne semble pas du tout le gêner par rapport aux nationalistes et ultra-nationalistes ukrainiens qui sont non seulement anti-russes (et autrefois anti-soviétiques, ce qui pour eux, comme pour nombre d’atlantistes actuels, semble être la même chose) mais viscéralement anti-juifs (ce qui ne les empêche pas de voir d’un bon œil l’aide militaire discrète d’Israël).
Mais sans doute qu’un néo-nazi anti-juif vaut toujours mieux (pour casser la gueule aux russophones) qu’un russe anti-nazi. D’ailleurs cet individu a déjà été chercher sinon ses ordres du moins des conseils en Israël. Puisqu’on a appris par les gazettes que du temps où Nétanyahou dirigeait encore la Palestine occupée, ce dernier lui avait dit qu’il pouvait l’aider dans le domaine de la sécurité et pour le dire plus crûment – je suppose – sur les méthodes à employer pour maintenir sous son joug les populations rebelles. Plus de 70 ans d’expérience sioniste pour réduire à néant les Palestiniens, ça n’est pas rien. Alors, mon gars, si tu veux mater ces salauds de Russes, je vais t’expliquer comment faire.
Zelensky, oui, est une sorte de fantoche qui a plu à un électorat aussi naïf et/ou lobotomisé et fatigué (et pris en otage), que celui de la France. Zelensky n’était jusque là qu’un pitre, qu’un clown de seconde zone. Pour montrer le niveau de l’individu : il existe une vidéo sur Internet, où on le voit debout derrière un piano, et il est alors censé, l’insensé, en jouer avec sa « bite ». Véridique.
Constatons qu’au niveau délabrement des mentalités, l’Ukraine vaut bien la France.
Mais je voudrais clore ces quelques réflexions avec la copie d’un excellent article qui explique la raison sans doute encore plus essentielle, ET TOUT À FAIT JUSTIFIÉE, de « l’opération spéciale » russe.
En posant juste une question préalable : est-ce que les États-Unis toléreraient que le gouvernement de la Russie installât à sa frontière, au Mexique par exemple, une base militaire lui permettant d’un coup de quelques missiles à tête nucléaire de rayer de la carte le pays, ou même simplement d’installer des bases militaires dans chaque pays de l’Amérique centrale ?
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Pourquoi Poutine a-t-il envahi L’Ukraine ?
Par politzer, sur AgoraVox du 26 février
Parce que les faucons américains ont remplacé la doctrine de la dissuasion par celle de la première frappe gagnante !
La dissuasion nucléaire servait à empêcher l’utilisation de l’arme atomique, afin de préserver plus que la paix, beaucoup plus important : l’existence de l’humanité qu’une guerre nucléaire aurait anéantie.
La nouvelle doctrine américaine de la première frappe gagnante, est conçue au contraire pour être utilisée contre la Russie, obsession d’un groupe de militaires aventuristes anti Russes frustrés de détenir des arsenaux inutiles de missiles, non utilisables par principe.
Pour parvenir à leur fin et dépasser cette impuissance, ils ont conçu des bombes nucléaires à faible charge, destinées à être utilisées en première frappe gagnante avec un minimum de dégâts collatéraux.
Différence avec la dissuasion : un bombardement de missiles atomiques « miniatures » depuis la frontière côté ukrainien atteint Moscou en 5mn et annihile totalement les capacités de riposte russes en détruisant le centre de commandement, le cœur de la défense, et c’en est fini de la Russie comme état indépendant. Et cela de façon limitée sans risque que les radiations n’atteignent la région du lanceur.
Avec l’abandon de la dissuasion la donne a changé et démontre la volonté US de détruire par la force son opposant militaire principal.
Mais pour que cette intervention réussisse il faut que les missiles miniaturisés soient proches des centres de commandements de l’ennemi pour ne pas être interceptés, ici la Russie ( Moscou à 5 mn) et prévenir toute riposte. Les énormes missiles balistiques intercontinentaux pouvait partir de tout point du globe mais les destructions et les radiations engendrées obligeaient à protéger le centre de lancement et les régions proches de l’explosion par la distance. C’est pourquoi même attaquer Moscou loin des USA, menaçait de causer des dégâts incommensurables en Europe et dans le monde entier à cause de la mobilité des radiations.
Pour l’usage de missiles miniatures rien de mieux que l’Ukraine ( à quelques encablures de Moscou) dirigée par un aréopage de dirigeants corrompus et influencés par des individus désignés par Vladimir Poutine comme des extrémistes néo nazis. Ces derniers ont joué un rôle éminent dans le putsch de la place Maiden et permis d’imposer ultérieurement un homme favorable aux intérêts américains et à l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, organisation guerrière créée pour combattre la Russie.
Zelensky le Président ukainien actuel, (en délicatesse avec le fisc dans son pays et riche comme Crésus, dont on ignore l’origine de l’étonnante fortune pour un simple comédien de séries B) est l’homme des faucons Américains qui cherchent depuis toujours les armes qui détruiront la Russie.
Alors on comprend pourquoi Poutine, après des années de recherche d’un accord de sécurité collective (les accords de Minsk) s’est rendu compte que les Américains n’en voulaient pas, afin de poursuivre leur mouvement militaire commencé en 91 après la chute de l’URSS, vers les frontières de la Russie par OTAN interposé, malgré la promesse faite à Gorbatchev de respecter le statu quo.
Poutine a bien insisté dans son allocution : « nous avons été forcé d’intervenir ».
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Commentaire d’un anonyme.
Pourquoi Poutine a envahi l’Ukraine ? Pourquoi les USA depuis plus de 100 ans, veulent s’incruster en Ukraine ? Réponse : « Le Grand Échiquier « de Brezinski.
https://www.les-crises.fr/le-grand-echiquier-de-zbigniew-brzezinski/
« (..) Mackinder au début du siècle (20e) avait tracé déjà ce que nous avions vu plus haut développé par Brzezinski, à savoir que « qui gouverne l’Europe de l’Est domine le heartland, qui gouverne le heartland domine l’île-monde, et qui gouverne l’île-monde domine le monde » (le heartland étant le cœur continental). L’Amérique suit donc cette voie pour parvenir au maintien de son rang. » Etc.
C’est ce qui explique l’extension de l’Otan vers l’Est de l’Europe. L’Otan a été créé en 1949 contre l’URSS.
Logiquement, l’Otan aurait dû disparaître dans les années 90. [comme a disparu le Pacte de Varsovie].
Au lieu de disparaître, l’Otan s’est incrustée et étendue à l’Est.
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Et d’un autre qui cite Poutine (voir un article précédent) :
« (…) les Etats-Unis et l’OTAN ont déjà commencé à exploiter sans vergogne le territoire ukrainien comme théâtre de potentielles opérations militaires (…) Sous des prétextes divers, des contingents de pays membres de l’OTAN ont été constamment présents sur le territoire ukrainien ces dernières années.
Après le retrait américain du Traité sur les missiles de courte et moyenne portée, le Pentagone ne cache pas son activité dans ce domaine, avec des missiles balistiques capables de toucher leur cible à plus de 5 500 km. Si de tels systèmes sont déployés en Ukraine, ils seront capables de toucher toute la Russie européenne. Des missiles balistiques lancés de Kharkov atteindront Moscou en 7 ou 8 minutes et ça ne prendra que 4 ou 5 minutes pour des missiles hypersoniques. C’est comme un couteau sous la gorge. »
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Et d’un autre encore :
En majorité les peuples du monde appellent les USA « le cancer du monde », il n’y a pas de fumée sans feu.
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(JPF) Au fait, pourquoi le siège de l’ONU est-il aux États-Unis et non dans un pays neutre ? Comme autrefois la Société des Nations qui était en Suisse.
J’ai écrit « sénilité », pas « sérénité »…
Macron reçoit un soutien de premier choix.
L’ancien ministre Chevènement (82 ans, presque liquide) estime que la gauche « a perdu ses repères idéologiques ». Cela il a une éternité qu’on l’a compris ! Et selon lui, « aucun candidat ne représente cette gauche enracinée dans le terreau des Lumières qui prétendait donner la maîtrise de son destin à chacun, individuellement et collectivement ».
Et c’est pourquoi il apporte son soutien « républicain » (sic) à … Macron (cf. le Journal du Dimanche) qui comme chacun peut le constater tous les jours donne « la maîtrise de chacun à son destin. »
Chevènement, va coucher !…
La seule excuse pour cette momie faussement « souverainiste » et faussement favorable à l’école publique — qui a mis autrefois ses enfants à l’École Alsacienne après avoir convolé avec une élue de l’Innommable pour ne pas avoir d’emmerde — et qui semble ne s’être jamais vraiment bien remis d’un AVC, ce serait Alzheimer.
Effectivement, c’est la décrépitude à gauche ! Mais le reniement et le double langage sont aussi une spécialité « socialiste » multidécennale.


