– Reconnaissez-vous
La routine humaine ?
*
Sa voix rit aux anges,
La voir est pitié…
*
– La route inhumaine,
La voirie humaine ?
*
Sa voie est la fange,
Lavoir endiablé.
ALB.
Orchestra începu cu-o indignare gratioasă.
Salonul alb visa cu roze albe —
Un vals de voaluri albe …
Spatiu, infinit, de o tristete armonioasă …
*
În aurora plină de vioare,
Balul alb s-a resfirat pe întinsele cărări —
Cântau clare sărutări …
Larg, miniatură de vremuri viitoare …
*
ALBE.
L’orchestre s’est lancé d’indignation gracieuse
Au salon blanc de rêve avec ses roses blanches —
Valse de voiles blancs …
Espace d’infini, de tristesse harmonieuse…
*
Dans l’aube pleine de violons,
Le blanc bal se déroule en de larges chemins —
Les baisers chantent clairs…
Amplement, mais réduits demain.
André Viatour (1929-1986?) est un écrivain belge, romancier et poète, qui collabora à quelques revues tels le vénérable Thyrse (qui devait mourir en 1968) ou Empreintes (revue bruxelloise d’Herman van den Driessche qui exista de 1946 à 1951 semble-t-il) et publia trois livres vers le milieu du siècle dernier. Personnage curieux et tourmenté que connut Olivier Mathieu vers la fin de sa vie (celle de Viatour). Il l’évoque dans certains de ses ouvrages.
Les livres de Viatour, trois romans en partie autobiographiques, ou du moins où il mit beaucoup de lui-même, sont : Amparo (A l’enseigne du plomb qui fond, Paris, 1948), Voyage dans l’impasse (L’Écran du monde, Bruxelles, 1950) et L’Étudiant d’Oslo (Julliard, Paris, 1953).
On possède le titre d’au moins deux ouvrages de lui jamais publiés, et sans doute jamais écrits : Les Clients du tabou et Le Sang et la vigne, qui aurait été (comme par hasard et comme on va le voir) une biographie romancée de Giuliano. Il faut dire que 1949 avait été l’année de la sortie du film d’Aldo Vergano : Giuliano, bandit sicilien (titre original : I Fuorilegge).
Enfin, les dernières années avant sa mort (par suicide), il travaillait à un ouvrage dont il ne demeure qu’un très court manuscrit, l’équivalent d’un chapitre, qui a été publié par Raymond Ceuppens, sous le titre de : Extrait de mon roman (Éditions du noyé, Namur, 1993). Pour être complet ajoutons que la Bibliothèque Royale de Belgique possède des lettres de lui ou à lui envoyées (dont de la famille Mathieu).
Il faut dire qu’il avait passé plusieurs décennies à affirmer autour de lui : « je me suiciderai », ce qui faisait rigoler tout le monde.
Entre les deux, pour le dire en quelques mots, il fréquenta les idées staliniennes tout en subissant une déchéance morale (et si j’ai bien compris, une certaine misère sexuelle) qu’il noya dans l’alcool, à partir de je ne sais quelle époque, rejeté de tous ou presque. Et pour l’exprimer d’une autre manière, il défraya la chronique plusieurs fois. En particulier autour de 1960.
Mais laissons la presse de l’époque évoquer son histoire.
Aujourd’hui ce sera la revue Moustique – TV Radio dans son numéro du 21 janvier 1960 que nous allons feuilleter en nous arrêtant aux pages le concernant :
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L’Athénée Fernand-Blum de Schaerbeek :
Je me plais à imaginer qu’André Viatour ait pu croiser dans la rue, et qui sait ? dans cette école dont il aurait été chassé, Jacques Brel, né comme lui en 1929, ou Jean Roba (né en 1930) l’auteur de la bande dessinée Boule et Bill (un tout autre genre). Tous deux nés à Schaerbeek.
Enfin… Viatour fut quand même responsable de la mort d’une personne lors de l’incendie d’un cinéma… Quant à Marcel Dieu : le nom du libraire anarchiste à béret, cela ne s’invente pas ! Pour ce qui est de son cas, on dirait une blague. Je reviendrai sur ce personnage attachant, grande figure du mouvement libertaire en Belgique.
Le cinéma Agora de Bruxelles ouvert en 1922, disparu en 1959 suite à un certain incendie. (Collection Archives d’Architecture moderne Bruxelles)
(à suivre)
En ce moment, on dirait qu’ils et qu’elles font exprès, je n’arrête pas de tomber sur des textes « internétaux » gratifiés, ou plutôt cochonnés de « professeure » et d' »auteure ». Et pire encore, je viens de me rendre compte que mon correcteur orthographique ne souligne même pas en rouge ces horreurs.
Ce qui me donne un préjugé immédiatement défavorable sur le contenu des textes où je vois ces mots ainsi écrits.
Je voudrais répéter encore une fois qu’il faut vraiment être débile et ignare en grammaire de base pour écrire une telle ineptie orthographique.
Si je veux bien dire « un prof », « une prof » ou « un professeur femme » ou « un professeur, une femme », et « un auteur », « un auteur femme », « un auteur féminin », « une femme auteur », je m’arrête là.
Cette tendance imbécile, née de media crétins et incultes et d’un féminisme pesant et vraiment mal placé, relève de l’illettrisme le plus crasse.
*
Schématiquement… et pour nous en tenir uniquement aux noms communs… Et en essayant de ne pas dire ou écrire de bêtises (moi aussi je fais des fautes, mais je n’écris pas volontairement certaines inepties orthographiques) :
En français, comme dans toutes les langues latines, certains substantifs sont masculins, d’autres féminins, d’autres peuvent (et doivent) varier en genre. D’autres enfin peuvent être qualifiés de neutres.
Ainsi des fruits sont féminins : pomme, poire, pêche, prune, nectarine, orange, mangue, tomate… D’autres sont masculins : brugnon, abricot, raisin. Idem pour les légumes : pomme de terre, patate, betterave ; radis, artichaut, rutabaga… Ces mots féminins n’ont pas de masculin ; et ces mots masculins n’en pas de féminin.
D’autres noms communs relèvent de la dérivation française, souvent mise à mal de nos jours : un chanteur, une chanteuse, un docteur, une doctoresse, un instituteur, une institutrice ; un maître et une maîtresse (qui n’est pas la même chose qu' »un amant et une maîtresse ») ; le poète et la poétesse. Ces mots se différencient en genre par leurs suffixes. Principe de dérivation que l’on retrouve dans nombre de noms propres : Christian et Christiane, Jacques et Jacqueline, Jocelyn et Jocelyne… Et que l’on retrouve également dans toutes les langues latines.
On peut y adjoindre des expressions comme « femme auteur », « femme ministre »… ou la différence est marquée par le mot « femme ».
Mais il existe une autre série de noms communs qui se différencient en genre par des racines lexicales différentes. Exemples pris chez les animaux domestiques: un bouc, une chèvre, une bique, une biquette, un cabri, un bicot ; un taureau, un bœuf (d’ailleurs, si « le bœuf » peut désigner le taureau castré, « du bœuf » désigne généralement de la viande de vache), une vache, un veau, une génisse ; un cheval, une jument, un poulain, une pouliche, un (cheval) étalon ; un cochon, un porc, (et « du lard »), un goret, une truie, un verrat. Et j’en oublie.
Enfin on peut utiliser un substantif qui ne marque aucunement (ni phonétiquement, ni orthographiquement) la différence entre le masculin et le féminin. Exemples : la secrétaire et le secrétaire ; on dit même maintenant, puisque ça existe, « la sage-femme et le sage-femme » (et non le sage-homme) ; le ministre et la ministre (qui est déjà une licence), etc. La différence est marquée uniquement par l’article.
Mais attention, ce n’est pas parce que certains mots s’écrivent de la même manière au masculin et au féminin qu’ils ont nécessairement le même sens. « Un mémoire » n’est pas « une mémoire » (bien que ces deux mots soient liés par un sens commun plus général).
Sans oublier certains substantifs assez rares, masculins au singulier et féminins au pluriel (à l’image des mots neutres latins). Les inévitables : amour, délice et orgue, par exemple. Ou de genre ambigu, si l’on veut, comme le mot « œuvre ».
*
Donc en résumé on peut dire que – certains substantifs n’ont qu’un seul genre, – que d’autres peuvent (doivent, grammaticalement parlant) avoir les deux genres.
Mais, où ça se complique c’est dans le fait qu’il y a plusieurs manières de marquer le genre. Ou pour le dire plus précisément pour marquer le féminin.
Soit par l’article : le secrétaire, la secrétaire ; un ministre, une ministre ; le chef et la chef. Ce sont des licences qui sont passées ou en train de passer dans la langue tant écrite qu’orale ;
Soit par un suffixe qui allonge le mot : le merle et la merlette ; le voyou et la voyoute ou la voyouse ; l’académicien et l’académicienne ;
Soit par des expressions du genre : « le chef d’État » et « la femme chef d’État » (en concurrence avec « la chef d’État » ; mais on n’a pas « la cheftaine d’État », ni « la cheffe d’État »).
Soit par deux mots différents : le bélier et la brebis, l’agneau et l’agnelle, le mouton et les ouailles…
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Ici, je voudrais faire encore (ou à nouveau) ces simples remarques.
« Chef » n’a pas de féminin, du moins s’il en a un c’est uniquement par l’article et non par une marque de dérivation (même muette). C’est un emploi assez nouveau lié au fait que les femmes ont pris une place accrue dans le monde du travail et en particulier dans celui des cadres. Et « Le bel amour » ne fait pas « les belles amoures » au pluriel. Qui osera : « les belles z-amoures de la cheffe » à par moi ici ?
Enfin, méfions-nous de la dérivation qui n’est pas toujours automatique au niveau du sens : une mairesse n’est pas une femme maire mais l’épouse d’un maire, de même la doctoresse est la femme docteur, mais en médecine seulement. Comme une conduite n’est pas un conduit femelle. De même une femmelette (qui a tous les aspects grammaticaux de la féminité) n’est pas une femme mais un homme que l’on pourrait dire du genre « châtré » ; et « hommasse » est un adjectif qui désigne en mauvaise part la femme d’apparence masculine.
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Jamais, au grand jamais des mots masculins en « -eur » (qui sont souvent des mots en « -teur » d’ailleurs) n’ont fait leur féminin en « -eure » ou « -teure ». Ils le font, comme dit plus haut, pour les mots en « -teur », en « -teuse », « -toresse », « -trice », et sans doute d’autres formes qui ne me reviennent pas en tête présentement.
Quitte à féminiser les mots c’est « auteuse », « autoresse », ou « autrice » qu’il faudrait dire ; et de même « professeuse ». Cela dit je connais une femme dont le métier est celui d’ajusteur et non d’ajusteuse.
Ce « -e » final est d’autant plus ridicule qu’il n’existe pratiquement pas de noms communs en « -eure » féminins; personnellement je n’en vois qu’un : « heure » ; à l’inverse même, il existe quelques substantifs masculins en « -eurre » comme : leurre, beurre. Les autres mots féminins en « -eur » non justement pas de « -e » final (pour des raisons étymologiques) : fleur, ardeur, laideur, odeur, hideur, stupeur, peur, humeur, pudeur, raideur, valeur, saveur, douleur, sueur… ; c’est ce qui surprend quand on est écolier, mais qu’on apprend normalement dès l’école primaire. Si l’on compare avec l’espagnol on comprend mieux pourquoi : « heure se dit « hora » en espagnol, et « saveur » par exemple, « sabor ». Tout tient à l’étymologie latine : « hora » (mot féminin) et « sapor » (mot masculin). Autre exemple : « fleur » vient du latin « flos, floris », mot masculin, et non de « Flora » (Flore) ; ainsi dit-on « la flor » en espagnol et non pas « la flora ».
De même « auteur » vient du latin « auctor », au masculin comme au féminin (celui qui augmente la confiance, celui qui est garant, auteur) ; et « professeur » vient du latin « professor » (celui qui fait profession, professeur), mot qui n’a pas de féminin.
Il est d’ailleurs faux de dire que le « -e » est la marque du féminin en français. Elle l’est très souvent, mais pas toujours.
Voir déjà le nombre imposant de noms masculins dont la syllabe finale se termine par une consonne suivie d’un « e ». Donc avec consonne non muette. On peut même remarquer (du moins selon une logique qui reste au niveau de l’apparence mais non de l’étymologie) que certains mots n’ont pas de forme masculine alors même qu’elle serait possible graphiquement parlant. Exemple : « rebelle » qui ne fait pas « rebel » au masculin, ce mot venant du latin « rebellis » (de « re » et de « bellum, soit : qui recommence la guerre).
Voir à l’inverse, tous les concepts en « -té » (« -tà » ou « -zza » ou « -anza » en italien, « -tad », « -dad » ou « -za » en espagnol, « -tate », « eţe » et autres en roumain) du genre : liberté, égalité, fraternité, beauté, bonté, vérité, subtilité… Il existe également des noms propres féminins sans « -e » final derrière voyelle. Par exemple Psyché (qui est aussi un nom commun).
Mais à l’inverse, il existe des noms masculins en « -ée » comme : athée. Et des noms propres masculins du même acabit comme Persée.
Cela dit je veux bien accorder que le féminin d' »écrivain » puisse être « écrivaine » bien que je préfère l’expression « femme écrivain ». Comme on peut dire « femme poète » en double de « poétesse » (mot tombé en désuétude comme la personne qu’elle désigne ; il en va de même de « poète » d’ailleurs). Je ne saurais contester en ce domaine l’antériorité de la langue. En effet, je lis sur le Dictionnaire Godefroy d’Ancien-Français (tome troisième, page 446) : « escrivaine, féminin de escrivain » ; ce mot y est attesté (avec des variantes orthographiques) par deux exemples du XIVe siècle.
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Pour finir en hui sur le sujet, je dirais bien qu’écrire « auteure » et « professeure » me paraît être du (bas) niveau des premières années de l’école primaire. Un comble pour définir deux activités (supposées) de l’Esprit. Et que cela est aussi ridicule (et contraire à l’orthographe et d’un féminisme débile et obtus) que de vouloir écrire : « mon pèr qui est mair et ma mère qui est paire de France vont à la mere « ; selon le principe faux et plus encore dévoyé, pour ne pas dire ici infantile : « la marque du féminin est « -e » en français », surtout quand elle ne l’est justement pas pour les noms en « -eur » féminins !
*
P.S. 1 – J’ai écrit plus haut que la dérivation française est souvent mise à mal de nos jours. En fait elle est quasiment morte sauf pour quelques suffixes du genre : -eux, -ous, -o, -et et -ette. C’est bien pourquoi, tout partant à vau-l’eau, des pignoufs journaleux, de dits écrivains et de dits enseignants peuvent entériner l’usage écrit de ce « e », de cette énormité orthographique décadente. Du conformisme débile au quart de tour. On ne va pas encore ajouter de l’aberrant à une orthographe qui demanderait déjà à gagner en logique, norme unique et élimination des exceptions (dont plus d’une ne sont pas même étymologiques). Ce qu’ont fait sans dommage les espagnols il y a plusieurs siècles de cela. Encore faudrait-il savoir de quoi l’on parle quand l’apprentissage du latin et du grec est en grand danger, quand un minimum d’histoire de la langue n’est pas enseigné à l’école, quand l’étude comparée des langues latines est quasi inexistante.
P.S. 2 – J’aimerais connaître la part de la petite gauche sioniste, « je suis Charlie » et anti-« négationnistes » (comme « y » disent) dans les adeptes de ces mots à la sauce ignare. Au maximum, je le pense.
Ce n’est vraiment pas à l’honneur de la BNF (qui fait pourtant beaucoup depuis ces dernières années pour donner au « grand public » accès aux livres rares, revues et journaux anciens grâce à son site irremplaçable Gallica), mais c’est ainsi, notre époque étant totalement décatie, sans vertu, sans grandeur et plus encore sans dignité.
Voilà qu’elle nous « gratifie », comme chaque année depuis 2009, d’un dit « Prix de la BNF » à gerber (pas à Bergé, mais c’est tout comme!). Cette année celui-ci « récompense pour l’ensemble de son œuvre » (sic) le sioniste, anti-musulman et arabophobe hystérique, l’extrême-droitiste bien connu, petit-fils d’une stalinienne coloniale dont il a pris le nom : l’alias Houellebecq né Michel Thomas.
Je précise ici que c’est le seul point commun qu’il a avec Louis, Ferdinand Destouches qui lui avait pris comme pseudonyme le prénom de sa grand-mère bretonne. Je dirai même (sans condition) qu’entre les deux c’est la nuit la plus noire du crétinisme conformiste et décadent contemporain opposée au jour le plus lumineux de la lucidité intégrale sur ce que vaut réellement l’humanité commune, « notre dégueulasserie commune de droite et de gauche d’homme » (cf. Voyage).
Et de ce que vaut Houellebecq en particulier, et autres fienteux anécrivains et plus encore antiécrivains de son espèce qui occupent sans relâche l’espace médiatique, qui fait le triste spectacle de notre misère artistique et morale des temps présents. Celui-ci a même osé commettre des « poésies » qui sont proprement, ou plutôt malproprement des insultes à l’art poétique, du moins ce qu’il en reste encore. Adulé des crétins, des incultes, des racistes petits-blancs et autres auto-élus comme il se doit.
Mais comme disait encore Ferdinand Bardamu évoquant la tare capitaliste : « l’être dont on se sert doit être bas, plat, voué aux déchéances », c’est sans doute pour cette raison que Houellebecq, l’employé de l’Assemblée nationale « en disponibilité » (ou plutôt en indisponibilité de talent et d’humanité), est l’heureux-zélu des vilains-zarts, lui qui par ailleurs, en courts moments de lucidité, reconnaît qu’il n’est qu’un raté de la littérature, un être de peu, un ersatz d’artiste.
Cul-et-chemise avec la pire engeance de notre époque, le sinistre individu, le pousse-au-crime finalement couard comme on l’a vu récemment, ne peut être que copain comme cochon, à Cochons-sur-Seine, avec les déchets de la Pensée, grands-maîtres en déconfiture morale, exploitation humaine et mécénat décadent (sur le dos des pauvres) magnifiquement représentés par un certain Jean-Claude Meyer dont il n’est pas inutile ici de rappeler en quelques mots le parcours.
Né en 1945 à Neuilly, fils d’un membre de l’Académie de Médecine, après des études à l’Institut d’Études Politiques, HEC et l’Université, l’individu fut, entre autres, directeur aux affaires internationales puis gérant chez Lazard Frères, puis Associé-Gérant de Rothschild & Cie Banque et enfin Vice-Chairman (sic) de Rothschild Europe. Il aurait même contribué au démarrage d’une autre banque Rothschild avec David et Édouard de (sic) Rothschild. Enfin, il est actuellement conseiller financier de la Côte d’Ivoire et du Monténégro. Ce qui lui donne donc tout talent pour être administrateur de l’Institut Français des Relations Internationales et plus encore pour être membre du Conseil Artistique (!!!) des Musées de France et Président du Cercle de la Bibliothèque nationale de France.
Ce Jean-Claude Meyer vient donc de remettre (au nom de la culture éternelle sans doute), un pourboire ridicule de 10.000 euros au sale individu précédemment nommé. Son discours est grandiose. « Pour ma part, souligne Jean-Claude Meyer, président du Cercle de la BnF et mécène du Prix, Michel Houellebecq est sans doute le plus grand écrivain français contemporain, même s’il peint une réalité souvent glauque, ou peut-être en raison même de cela qui reflète bien notre époque, je suis heureux que le Prix de la BnF l’ait ainsi consacré ». Glauque (et maffieux) et fier de l’être, on ne peut pas mieux dire ! Il s’y reconnaît.
Quant au président de la BNF, un certain Bruno Racine qui ne semble pas avoir tout à fait le talent de Jean, il déclare tout de go, tout en caressant le mécène dans le sens du poil : « Michel Houellebecq est un de ces rares écrivains qui ont su traiter les questions contemporaines avec courage et d’une manière qui interpelle le lecteur. La dérision qui habite ses romans reflète sa position d’observateur exilé et solitaire d’un monde revenu des idoles de la modernité. » Ce qui est encore plus fort ! Lui (Houellebecq) qui est le pur produit de cette dite modernité décadente. Le courage de Houellebecq ? Où, quand, comment ? Certes, il interpelle. Sur son (non) talent, sur son succès (relatif), et plus encore sur la décomposition sociale, morale, culturelle de notre pays pour ne pas dire de toute l’Europe dite occidentale. La dérision ? Quand on prend plaisir à exterminer les palestiniens, même dans un livre, il n’y a malheureusement aucune dérision, mais du premier degré à la Charlie. Houellebecq est le haineux dominant type de notre époque, du même acabit qu’un BHL ou qu’une Fourest. Et certainement pas un exilé et un solitaire. De plus il n’est aucunement iconoclaste. Il adule les idoles dominantes de la décomposition. Et en surajoute.
Donnons la liste complète des ostrogoths, pardon ! des wisigoths qui composent le jury qui décerne ce dit « Prix de la BnF » : Bruno Racine (président), Jean-Claude Meyer (vice-président et petit argentier mesquin), Laure Adler (fonctionnaire de la culture), Christine Albanel (ancien ministre), Jérôme Clément (autre fonctionnaire de la culture), Antoine Compagnon (professeur au Collège de France), Marc Fumaroli (de l’Académie française), Cécile Guilbert (auteur sans « e », je laisse le « e » d’un pseudo féminin aux décadents), Colette Kerber (libraire parisienne), et Denis Olivennes (PDG d’Europe-1 et président du directoire de Lagardère Active). Je ne commente pas plus, il y aurait trop à dire.
Enfin, pourquoi s’étonner de tout ça, de tout ce marigot gauche-droite, dont de droite extrême, quand on a pu voir l’été dernier toute une exposition à la BNF consacrée à Guy Debord, le soi-disant irrécupérable ultra-gauchiste mais pourtant parfaitement récupéré. Et ce n’est pas Cécile Guilbert dont je viens de citer le nom qui pourrait me contredire, elle qui est l’auteur d’un Pour Guy Debord mettant l’accent, à la suite de Debord, sur la décadence de la langue et de l’écrit propre à notre sinistre époque. Mais que fait-elle alors dans ce jury ? N’a-t-elle pas honte de cautionner un Houellebecq ?
Pourquoi s’étonner de tout cette farce entretenue par le propre président de la BNF, quand on connaît les scandales « conservateurs » d’icelle. Qui évoque encore ce responsable des manuscrits moyenâgeux qui avait découpé, il y a peu d’années, d’irremplaçables et je dirais sacrés codex enluminés pour les vendre « à la découpe », à de dits collectionneurs américains, le salaud ?
Comme aurait pu dire Coluche : « les Belges peuvent être largement aussi cons que les français ». La preuve :
Mardi dernier, une trentaine d’étudiantes bruxelloises ont été refoulées à l’entrée de leur école, l’Institut De Mot-Couvreur. Le directeur a en effet considéré que les robes et les jupes longues portées par les jeunes filles étaient « des signes religieux ostentatoires »… comme j’ai un peu de mal à le constater sur la photo, mais c’est parce que je suis de parti pris.
Fort heureusement une centaine d’élèves sensés ont décidé de sortir entre 10 heures et 12 heures de l’école afin de témoigner leur solidarité aux jeunes filles.
Moi qui a l’esprit tordu, je vois ici une demi-douzaine de robes ou jupes de couleurs, presque d’apparat. Pire, je vois que certaines jeunes filles mettent en valeur ostensiblement leurs nichons, ce qui ne semble troubler personne finalement. Et cela en accord avec cette vérité première qui consiste à masquer savamment pour mieux montrer. Je ne sais si je me fais bien comprendre.
Où vont se nicher la connerie et l’intolérance ? ! Ben, justement pas dans les nichons, fort heureusement ! Seraient-ils non musulmans, ceux-là ?
« Mais jusqu’où s‘arrêteront-ils ?« ces connards de laïcards que se prétendent très sérieusement tolérants, féministes et antiracistes ? « Je ne le sais, nenni ! »
Ceci est finalement de la même logique et de la même farine que ces Femelles hystériques, vulgaires et à moitié à poils, qui se prétendent antifascistes et anti-catholiques, qui reçoivent l’aval des tribunaux pour faire n’importe quoi dans la rue et dans des églises (mais pas dans les mosquées ni dans les synagogues, curieux non ?). On a cependant vu des condamnations, mais pour ceux qui avaient osé toucher aux profanatrices !
C’est curieux comme par ailleurs on ne s’attaque jamais aux vêtements et « godasses » ostensiblement de marque… ceux et celles-ci ne gênent personne. Le crétin belge qui dirige l’institut précité a aussi déclaré : « Le port de pantalons bouffants, de longues jupes ou robes foncées [sic, rappelant sans doute une tenue de bonne-sœur], de jupes ou robes par-dessus un pantalon n’est pas toléré ». De mon temps, qui n’est quand même pas celui d’avant les dinosaures, les filles n’avaient le droit au pantalon que l’hiver et justement par-dessous une jupe. Et les gars comme les filles avaient un sarrau noir ou gris, ou une blouse blanche par exemple, de la maternelle à la fin du collège.
La prochaine étape sera-t-elle de s’attaquer aux jupes écossaises ou plissées (bleues de préférence) et aux chemisiers « genre catho » ?
Pauvre monde de cinglés !
Ceci est la reprise mot pour mot d’une note ancienne du site À l’Enseigne des Petits Bonheurs (site actuellement en sommeil, pour ne pas dire en friche ou en ruines, mais visible ici http://alenseignedespetitsbonheurs.com/cariboost1/), en rapport avec la citation du poème d’Oliver Mathieu du précédent article.
Les lecteurs pourront s’étonner de trouver l’expression : « Longtemps après que je fourvie ».
Non ! «fourvie» n’est pas une coquille pour «fourvoie», et pas non plus un «néologisme» créé par Olivier Mathieu, nais plus exactement un retour à l’ancien français, à une forme dialectale du roman. Dans tous les cas, une forme de respect de la tradition linguistique.
Voyons plutôt.
Les sens courants du mot «fourvoyer» et ses usages
En français actuel nous utilisons le verbe «fourvoyer» qui se conjugue comme «broyer». Ce verbe a été composé à partir de «fors» et de «voie» qui dérivent des mots latins «foris» (hors) et «via» (voie), littéralement : « aller hors de la voie». «Fourvoyer» signifie donc : « détourner du bon chemin, égarer» et au figuré : «mettre hors de la bonne voie, induire en erreur».
De nos jours le verbe «fourvoyer» ne s’emploie plus guère sous sa forme intransitive (sans complément d’objet) : «j’ai fourvoyé» (je me suis égaré, je me suis trompé, j’ai fait erreur, j’en ai bavé) ; «avoir un esprit fourvoyé » ; sauf dans des expressions où le verbe est employé à la forme passive (le sujet subit l’action) et où «fourvoyé» a le sens de «trompé» : « il a été fourvoyé » ; «fourvoyer» s’emploie donc essentiellement sous sa forme transitive (avec complément d’objet) : «j’ai fourvoyé Untel» (je l’ai trompé, je l’ai égaré) ; et plus couramment encore sous sa forme pronominale (se fourvoyer) : «je me suis fourvoyé, on nous a fourvoyés». «Se fourvoyer» signifie « s’égarer hors du chemin, s’égarer mentalement, sortir des sentiers battus, se tromper, faire erreur ». Déjà, au XVIIIème siècle, le dictionnaire Trévoux dit de «(se) fourvoyer » : «ce mot vieillit» ; on peut supposer qu’il vieillissait en premier lieu sous sa forme directe (intransitive).
Remarques sur le «fors» initial de «fourvoyer»
De nos jours les verbes en «fors», en «for» ou en «four» se font rares (comme « forfaiture ») ou sont d’un usage très particulier. Ils relèvent du jargon judiciaire ou notarial par exemple : «formariage, forligner, forlonger, forclore». Mais en ancien français, les familles de mots en «fors/for/four» étaient courantes, le préfixe «fors» et ses variantes dialectales «for» et «four» étant actifs, et non morts comme de nos jours. Exemple de verbes : «forparler» : dire du mal ; «forpasser» : passer les limites, outrepasser ; «forsmettre» : excepter, exclure ; «fortraire» : soustraire, suborner, débaucher ; «forchauchier», fouler aux pieds, écraser ; «forchargier», charger plus qu’il n’est permis ; «forchangier», chasser ; «forpaistre», aller paître hors de son lieu; «foruser», commettre un abus.
Remarques sur les variantes phoniques ou orthographiques anciennes de «fourvoyer» & en particulier sur la forme verbale en «-ier» et le verbe «fourvier»
Le «Dictionnaire historique de l’ancien langage françois» de De La Curne de Sainte-Palaye (1697-1781), donne le verbe «fourvoyer, s’égarer» (le «fourvoy» et le «fourvoyement» étant un détour, une erreur, un égarement) ainsi que le verbe «fourvier, mettre dehors». Le «Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle» de Frédéric Godefroy (1826-1897) réunit les formes «forvoier», «forvoyer», «forvier», «forveer» avec les sens de : «dissimuler, taire, (se) fourvoyer, se détourner, reculer». Il donne également «fourvier : to go out of the way» d’après du Guez (An introduction for to lerne to speek french trewly).&nbs p; Le Littré nous procure les formes berrichonne «forvier» et provençale «forviar, forsviar» et nous rappelle donc que «forvier/forviar» se retrouve aussi bien en domaine d’oïl qu’en Occitanie. Enfin, le dictionnaire Richelet (fin du XVIIème siècle) nous procure la variante graphique : «fourvoïer». Présence du «*forsviare» en d’autres langues latines En italien contemporain, le verbe «fuorviàre» (ou: «forviare») en tant que verbe transitif, signifie : «pousser à des comportements coupables, éloigner de la vie honnête» ; en tant que verbe intransitif, il signifie : «se tromper, emprunter une voie peu conseillable» ; et se conjugue avec l’auxiliaire «avere» (avoir) ; par exemple, au figuré dans l’expression : «frequentando cattive compagnie, ha cominciato a fuorviare» : «en ayant de mauvaises fréquentations, il a commencé à glisser sur la mauvaise pente » ; «à fourvoyer» aurait-on dit en ancien français, «à se fourvoyer» dirions-nous en français contemporain. Les langues espagnole et portugaise semblent ignorer ce «*forsviare». En espagnol «fourvoyer» se dit : « desencaminar » que l’on pourrait traduire littéralement par «désencheminer». La racine est la même en portugais. Et «se fourvoyer» se dit : « aberrar », du latin «aberrare», s’éloigner, s’écarter. L’ancien français comme le français contemporain ignorent le verbe «aberrer». L’adjectif «aberrant», formé directement à partir du latin «aberrare», n’est apparu en français écrit qu’en 1842.
Le roumain a plusieurs verbes pour dire «se fourvoyer», en premier lieu «a să rătăci» (a së rëtëtchi), «errer» se disant «a rătăci». Et le romanche semble également ignorer «*forsviare».
Nous avons dit que l’une des formes anciennes de «fourvoyer» était «fourvier». «Fourvier» est un verbe du premier groupe en «-ier ». Donc, si «fourvoyer» donne «fourvoie», «fourvier» donne «fourvie». «Il fourvie» voulant dire : «il sort de sa voie, il s’égare. Mais c’est là, la subtilité ; c’est là qu’intervient le verbe «devier»
Passage par le verbe «devier/dévier»
Tout d’abord, pour tout compliquer, en ancien français, il y a plusieurs verbes «devier». Ceux qui nous intéressent en premier lieu sont, d’une part « devier » signifiant « dévoyer », d’autre part «devier» verbe employé par Villon dans plusieurs de ses poèmes.
Premier verbe. Comme il y a «fourvoyer» et sa variante ancienne «fourvier», il y a «dévoyer» et sa variante ancienne «devier». «Dévoyer» est une forme populaire du français, provenant du latin « deviare, dévier, sortir de sa voie », de « via », voie. Ce qui en fait, du moins à l’origine, un synonyme de «fourvoyer/fourvier»
La forme «desvoier, égarer» (voir dictionnaire Greimas d’ancien français, Larousse) laisse entendre que le mot latin «deviare» était prononcé «disviare» dans une forme populaire du latin, ce qui est l’expression même d’un hypercorrectisme. L’hypercorrectisme consiste à créer ou restaurer une forme jugée plus régulière, à un mot. Par exemple «foler» pour «folayer» (de «fol»). Soit dit en passant, ces deux mots (foler, folayer) semblent absents des dictionnaires courants.
Le Greimas nous propose également la forme «devier, égarer». La première occurrence pour cette forme remonte à 1361. Mais le Petit Robert précise que ce verbe était d’un usage rare antérieurement à la fin du XVIIIème siècle ; ce qui en fait, de par sa forme même – plus proche du latin – et son usage rare, un mot d’origine savante.
Arrêt sur le verbe « devier » employé par Villon
Second verbe. Celui de Villon. Le «devier» de Villon n’est probablement pas ce «devier/dévier», mais une forme populaire ancienne d’un autre mot également orthographié «devier» en ancien-français. Si «dévier» est un mot composé à partir de «via» (voie), le « devier » de Villon est composé à partir de «vita» (vie), italien «vita», espagnol «vida», français d’origine savante «vitalité».
Le «devier» de Villon atteste donc qu’en ancien français il existait un verbe «vier», mot de la famille de «vie», forme populaire qui a disparu au profit de la forme savante «vivre», formée sur le modèle direct du latin originel « vivere ». Dans «devier», «vier» (vivre) est précédé de la préposition «de» qui exprime la privation. Cette préposition privative «de, dé, des, dés» (formes populaires du français) ou «dis» (forme savante) n’est autre que «dis-/de-», la préposition latine qui exprime l’éloignement, la séparation ou la privation.
Donc «devier» c’est «dé-vivre», «être privé de vie» ou «priver de vie quelqu’un» ; autrement dit : «mourir, tuer». En ancien français, le «deviement», le «deviage» ou la «deviance» sont d’autres mots pour dire : la mort, le trépas.
Chez Villon «devier» ne signifie donc pas «dévier», sortir de sa voie, mais «dévivre», sortir de sa vie. Cela dit, sortir de la voie, si la voie est la vie, c’est mourir. Dans un « Lay », Villon écrit : « S’il est mort, force est que devie », ce qu’on peut traduire par : « S’il est mort, force est qu’il sorte de la vie » ou « que je sorte de la vie », selon le sens général du texte. Dans une « Chanson », le même Villon nous dit : « Se si plaine est de desraison / Que vueille que du tout devie » ; traduction : « Si elle déraisonne tellement, / Au point de vouloir que je sorte de la vie ». Notons au passage qu’en ancien français, «se» a le sens de «si» («se», également, en italien moderne). Tandis que «si» (du latin «sic») a beaucoup de sens suivant le contexte, et dans les formes anciennes du français. Celui de «et», entre deux membres de phrases et aussi en début de phrase. Mais également celui de «ainsi», «aussi», «tellement», etc.. Ceci à l’image même du roumain moderne «şi» (prononcé : chi) qui a pour sens premier «et» mais peut également signifier : aussi, plus, mais, donc, et puis, et alors, en effet, justement, déjà, ainsi… Glissements de sens. Ce qui est intéressant, c’est que l’on peut établir un rapport sémantique entre les mots «fourvoyer/fourvier», «dévoyer/ dévier/devier» et «dévivre/devier». C’est en fourviant, en se fourvoyant, en sortant du droit chemin et en se dévoyant que l’on devient déviant et que l’on risque de «dévivre», autrement dit de mourir, ou de «défunter» comme on dit encore dans certaines campagnes hautes-bretonnes.
Note d’aujourd’hui 2 juin 2015. Notons que le « fourvie » de « longtemps après que je fourvie » n’est pas un subjonctif mais un indicatif (alors même que ça ne se voit pas et ne s’entend pas), il n’y a aucune incertitude avec la conjonction « après que » (ou s’il y en a une, elle est réglée par l’emploi du futur antérieur ou du conditionnel passé, nous disent les grammaires), même si la tendance contemporaine est de mettre des subjonctifs à tort et à travers après des « que » qui n’en réclament pas. Moi le premier il m’arrive de le faire. Curieuse tendance alors même que par ailleurs la conjugaison se simplifie (ou s’appauvrit, comme on voudra le dire). Du moins à l’oral. Curieuse tendance ou… forme d’hypercorrectisme ?
Tout récemment, « et venant de nulle part » * on m’a mis sous les yeux un article du pauvre Alain Guionnet, alias Aigle Noir (cf. Internet, Journal Révision du 29 mai 2015), cela faisait longtemps que je ne l’avais pas lu. Si son orthographe est impeccable, sa syntaxe et plus encore son discours courant laissent à désirer. Par goût toujours plus marqué des élisions de mots et des sous-entendus, il frise de plus en plus l’incompréhensible.
Quant à ses monomanies étroites, elles me sont devenues quasi insupportables. Je veux dire que toute cette bouillie compulsive n’explique rien et ne mène à rien, ou rien de bon ; ou à rien qui élève. Ce métissage à toutes les sauces de « magyar », « juif » et « réviso » (dans le sens avant tout politique du terme) finit en mélasse tant épaisse qu’inutile, triviale et pas poétique pour deux sous… Aucune magie, aucune transmutation des valeurs, aucune illumination chez Attila Lemage qui est pratiquement incapable d’utiliser sa plume électronique à autre chose qu’à ressasser. Il me semble devenu incapable d’écrire un article avec du contenu (d’historien par exemple) comme il savait éventuellementv encore le faire autrefois, du temps de sa gazette sur papier.
Un signe qui ne trompe pas sur son talent actuel (qui relève presque du délire ou d’une forme de surréalisme involontaire), je veux dire un signe de son inintérêt, c’est l’absence de commentaires sous son présent article. On dirait qu’il a perdu les derniers esprits étroits ou les dernières bonnes âmes apitoyées.
Moi aussi je n’a pas de commentaire, jamais de commentaire sur mon blogue, mais pour la simple raison que je n’en veux pas. Non pas que je méprise de facto qui que ce soit, mais je n’ai plus le temps de répondre aux uns et aux autres, trop de choses à faire par ailleurs. Et me connaissant, je me sentirais obligé de réagir non seulement auprès de ceux qui le méritent, mais aussi vis-à-vis des crétins qui ne manqueraient pas de m’abreuver de leurs salmigondis et d’importuner mes pensées. Et puis, la vie est si courte ! Je suis pour l’expression par blog ou site, et il y a longtemps également que je ne commente plus rien nulle part, ou alors très rarement et sur des sujets pointus et pas n’importe où. Et cela demeure marginal, très marginal pour moi. Marginal car finalement assez inutile.
Mais je précise également que je ne cracherai certainement pas sur un certain passé de l’aiglon et sur son heure de gloire. On ne peut pas cracher sur quelqu’un qui a fait de la taule pour la cause du révisionnisme. Je n’ai pas eu son courage ou son inconscience. Je suis révisionniste moi-même, mais qu’on s’entende bien.
D’une part je suis révisionniste comme je suis bien d’autres choses, comme j’ai bien d’autres centres d’intérêt ; je ne fais pas du révisionnisme mon fond de commerce, je n’ai d’ailleurs aucun fond de commerce et ne tire aucun profit de rien. D’autre part, je n’ai connu le petit milieu du révisionnisme patenté et politique que par la marge et de loin, et je n’ai plus rien à voir avec. Je suis révisionniste puisque je m’intéresse à l’Histoire générale ou artistique ou littéraire. Puisqu’il m’arrive d’écrire des articles révisant le sens commun sur des sujets de la grande ou de la petite Histoire. Mais je ne m’intéresse pas, ou plus, aux « officiels » qui pour beaucoup tournent en rond et entre eux, donnant l’impression d’être incapables de parler et de vivre autre chose. Comme notre Aigle Noir marqué à vie et devenu stérile en tout autre domaine de la Pensée. (Et n’est-ce pas le lot commun de tous les militants et de tous les militantismes ?) Ce qui ne m’empêche pas de compatir au sort infect réservé aux plus têtus d’entre eux.
Donc : tout historien digne de ce nom ne peut être que révisionniste. C’est un préalable. Se dégager de ses propres certitudes et de ses propres préjugés, s’étonner soi-même, se surprendre. Raisonner autant que faire se peut loin des idéologies politiques, sociales, morales ; et en premier lieu le plus loin possible de l’idéologie dominante. Invoquer l’indépendance et la liberté totale de Pensée, sans tabous ni dogmes quels qu’ils soient. Essayer de se mettre dans l’esprit, ou plus exactement dans les conflits de l’époque que l’on visite. Essayer de dépasser la dichotomie simpliste et infantile du tout blanc et du tout noir, du tout bon et du tout mauvais, du tout bien et du tout mal. Développer une certaine dialectique qui n’oublierait pas la négation de la négation, une triolectique ou une multilectique à l’image plus réelle du Monde : je parle ici du monde ordinaire et courant, celui de la masse des Hommes, non des pseudo-élites ou élites autoproclamées.
À moins, on ne fait que du ronron de manuel scolaire compassé, largement idéologique en se donnant « quelques libertés » avec la Vérité historique, du catéchisme historique, de l’hagiographie ou de la propagande (partisane, régionale, nationale, mondiale…). Ce qui est malheureusement le cas de la plupart des pleutres historiens officiels de nos écoles, de notre Université et de notre CNRS dès qu’il s’agit d’aborder les sujets qui fâchent et les dogmes officiels (en tous domaines**), tous fonctionnaires de la Pensée et pour certains militants politiques à vue étroite. Il n’est pas besoin d’en dire plus. On peut être doué en son domaine et par ailleurs être un escroc de la Pensée Libre. Être un spécialiste reconnu de la Grèce antique et un cancre borné, un crétin partisan concernant les temps modernes. Je connais au moins un exemple célèbre, c’est feu Pierre Vidal-Naquet, ce ponte universitaire qui avec Léon Poliakov et trente-deux autres histrions se prétendant historiens, osa cette énormité anti-historique, cette indignité mandarinale confortant l’idéologie dominante et l’esprit partisan le plus étriqué dans le domaine de cette dite science humaine dénommée Histoire :
« Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu’il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n’y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz. »
Cette jolie tautologie qui date de 1979 et qui parut dans le journal officiel dénommé Le Monde, bien dans l’esprit d’un laquais d’État (« naquet » n’est qu’une forme dialectale du mot « laquais ») et d’un crypto-stalinien qu’il fut, me fait douter du talent de ce dernier dans le domaine de sa spécialité hellène. De plus, on peut l’appliquer à tous les domaines : « Il ne faut pas se demander si Jeanne d’Arc a entendu des voix de Dieu puisqu’elle les a entendues ; qui oserait, quel hérétique, quel mécréant oserait contester cette sainte ? »
Belle affirmation saugrenue, irresponsable, aberrante de la part d’historiens et d’universitaires ; excellent dogme totalitaire et dictatorial à la base de toute chape de plomb sur la Liberté de Pensée, de Chercher et de S’Exprimer. Véritable insulte à l’encontre de la Vérité.
Mais pour en revenir à notre mage magyar, j’ai retenu de son article le début qui n’est pas mal non plus :
« Timide et prétentieux que Ladislas Nemes parce que fils à maman ? C’est possible, ce qui n’était pas évident au départ. Nemes serait un peu comme Olivier Mathieu, métis belgo-boche éduqué par sa mère, victime de sensiblerie artistique.
Pédés [non : tantes, pour le dire avec ton vocabulaire] ne sont pas seuls parfois efféminés, garçons de mère seule sont susceptibles de l’être. »
Je dis tout de suite que j’ignore qui est Ladislas Nemes, mon propos s’en tiendra essentiellement au second personnage cité et comme je ne pense pas que le petit Guion ait un grand sens de la litote ou de l’ironie, j’en conclus qu’il écrit au premier degré, soit nettement en-dessous de ce que titre une bonne bière, le bonheur aquilin suprême.
J’ai ma petite idée sur ce qu’est devenu le personnage. À mon humble avis, il faut bien le reconnaître, il radote et n’avance pas d’un pouce depuis une éternité. Il avance si peu qu’il parle de personnes qu’il ne côtoie plus depuis des années et dont il ne sait du tout ce qu’elles sont devenues. Tout en ressassant les mêmes banalités ou préjugés sur elles. Les mêmes fixations primaires.
Donc Olivier Mathieu, qui semble l’avoir marqué quand même pour la vie, sans doute suite à un certain soir télévisuel où il fut présent mais sans possibilité d’intervenir de quelque manière que ce soit, serait un métis belgo-boche. Ceci est pour le moins inexact. Je crois pouvoir dire qu’il se définit lui-même comme européen et accessoirement comme français né d’un père français (qui ne l’a pas reconnu) et d’une mère belge ayant acquis la nationalité française et qui par là même a conféré à son fils la citoyenneté française. Je le crois assez fâché avec la France et les Français, du moins avec certains, nombre d’entre eux pour des raisons connues de ceux qui s’intéressent à l’histoire du mouvement révisionniste « officiel ». À ce propos, je précise qu’Olivier Mathieu n’a plus aucun contact avec ce milieu dont il est sorti dégoûté, non tant selon moi pour des raisons théoriques mais pour des raisons tout simplement humaines. Celui-ci ne déparant pas du reste de la société et du milieu dit exterminationniste (ceux qui pensent qu’il y a eu extermination des juifs). Triste époque que la nôtre qui lui impose depuis 25 ans environ de vivre loin des tarés de tous bords, et autres aboyeurs au crime au front bas. Au front bas de l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par la gauche, le centre et la droite.
Boche ? Certes il aime bien des artistes et écrivains allemands. Mozart, Wagner, le grand Nietzsche, Richard Strauss, Arno Breker (qu’il a rencontré) et Leni Riefenstahl (la cinéaste admirée en France du temps du Front Populaire, eh oui ! l’amante des peuplades « primitives » africaines)… Mais il n’est pas plus boche que rital. Il a une affection toute particulière pour tout l’art de la nation italienne. Sa nation de cœur, je crois. Y compris un certain art chrétien quand il est beau et qu’il élève, comme quoi il n’est pas borné mais tolérant et nuancé, lui qui s’affirme païen à l’antique. Il a même une prédilection pour les jolies madones des siècles qui nous ont précédés. Peinture, opéra, bel canto, et j’en passe. Et je crois même qu’il aurait un goût pour les papous ou les amérindiens que ça ne m’étonnerait pas, vu qu’ils lui paraissent nettement plus humains, plus naturels que nombre d’Occidentaux devenus pantins de pacotille et amorphisés, bouffés de l’intérieur, vampirisés.
« Éduqué par sa mère » : et il en est très fier lui qui est l’auteur de plusieurs dizaines de livres mais qui n’a pas mis les pieds à l’école avant la fin du lycée. Certains, les plus conformistes, autrement dit la masse, disent même qu’il a (très) mal été éduqué par sa mère, pour ne pas dire qu’il n’a été que très marginalement socialisé. Ce qui est au moins en partie faux puisqu’il fréquenta (pour autant que je le sache) un orchestre classique de jeunes où il joua du violon et un club de football, sport pour lequel il a toujours de l’affection.
Ce qu’il a surtout refusé c’est la conscription militaire (je ne saurais dire si c’est par antimilitarisme ou parce que l’armée de son temps lui paraissait indigne) et plus encore le travail salarié. C’est même son dogme premier, doublé du fait qu’il est totalement grillé en ce domaine. Opposé à l’esclavage salarié et contraint d’y échapper. « Trop sublime pour travailler » disait sentencieux le finalement bien intégré professeur Faurisson. Certes, mais c’est peut-être un peu plus compliqué que ça. Moi qui ai tout fait en marge et à contre- cœur ou pour « quéquette, peau de balle », catéchisme à contre-cœur, très longues années d’études pour ne rien obtenir de tangible au bout, conscription à contre-cœur, travail salarié à contre-cœur, je peux dire que je me sens aussi asocial que lui ou en-dehors. Mais sous des formes qui sont les miennes. Nos solitudes, nos déceptions, nos déboires sont différents mais néanmoins similaires sur le fond.
« Victime de sensiblerie artistique ». Les gros mots sont lâchés. J’en connais d’autres comme toi, Lemage, j’en connais même un que tu as bien connu et qui osait affirmer que Debord vouait mépris, voyait esprit complaisant pour le système, ou peu révolutionnaire en celui qui s’adonnait à la littérature. Mais curieusement Debord a fait des films (certes des films particuliers), mais il a traduit un poète espagnol (certes un poète particulier), mais il est sorti tout droit d’un milieu artistique (certes lettriste et de peintres dits modernistes). Donc tout ça, c’est du blabla de qui n’a rien à dire et de qui ne semble pas ressentir grand chose.
Et ne vois-tu pas mon petit Alain que c’est là toute la différence entre un bateleur de foire (de foire d’empoigne) comme toi et un artiste comme Olivier Mathieu. Qu’as-tu contre les artistes ? Contre les gens munis d’une sensibilité au-dessus de la moyenne qui, à la fois, les accable et les torture, et les fait créer ? Qui leur rend la vie difficile, délicate, féminine (l’autre gros mot, femmelette, est lâché) et leur permet de survivre. Je veux dire survivre mentalement parlant. Car c’est là que se trouve leur dignité et leur raison de vivre. Témoigner, montrer qu’on existe. Et s’extasier, s’émotionner, s’indigner, contester, créer ; quel grand malheur individuel ! C’est sans doute ce que ce révisionniste institutionnel Serge Thion, ex fonctionnaire glandouilleur (c’est lui qui le dit) au CNRS, et plus ou moins admirateur en leur temps des khmers rouges, résumait sous le vocable de : pitre. Pauvres révisos encartés.
Mais je ne sais pas si ton ciboulot peut imaginer ce genre d’état d’esprit, ce genre de réalité, ce genre de vie. Je crois que tout se mêle en Olivier Mahieu, lourd handicap, mais que toi – Alain Guionnet – tu es bassement de ce monde, insensible. Et tu sais assez affirmer que le posthume et le pérenne t’indiffèrent.
Voici un poème d’Olivier Mathieu, sur le blog d’un écrivain suisse, Daniel Fattore, qui n’a rien à voir avec les milieux révisionnistes:
http://fattorius.over-blog.com/article-dimanche-poetique-27-olivier-mathieu-66013709.html
Lisez-le.
*
Les jeunes filles ont l’âge de mon exil.
*
La robe du bal la plus claire,
Comme un soleil inaccessible
Et de la plus grande lumière
Dans l’immense ciel pris pour cible,
Voilà que cette robe blanche,
Un soir, tout près s’est approchée.
Et voilà que la robe blanche
Eut la voix d’émotion nouée,
La robe du bal la plus claire
N’eut plus pour moi qu’un long regard.
Ce fut au cœur une avalanche.
*
Mais nul n’entendit la chanson
Fredonnée au vent, envolée
Dedans le vent à l’unisson.
Et qui parlait ? L’heure tardive ?
Une bière au goût de citron ?
Et qui parlait, dans la nuit belle,
De mer, de vent, d’amour, de mort ?
Peau de sucre et voix citronnée,
Au fond du flacon c’est magie.
De cette heure désarçonnée,
J’ai conservé la nostalgie.
Il fut un seul beau soir, bouteille
A la mer, entre sabre et cire,
Où des hasards en ton pouvoir,
Choisir ce que Destin désire.
*
Et comme jadis à Venise
La noblesse de terre ferme,
Je humais des parfums de mer
Dans l’écume d’une chair ferme
Aux cent sillages de vanille.
Où sont les vertiges des Dieux,
Où sont les paumes et les baumes,
Jolis baumes des Jeux des Paumes ?
Tel je fus dans mes moments graves.
Moments diamants et d’amants.
C’était le moment de répondre,
Ici ou jamais, de se fondre
Dans le feu ou la solitude
D’une acropole, en altitude.
Las ! il n’est point de lendemain
Si l’on n’a effleuré la touche
Du piano à quatre mains
D’un péché de pêche à la bouche.
*
La robe claire, qui pleurait,
Imprima sa bouche de pêche
Sur ma joue au coin de ma bouche.
Et nos yeux s’emplirent de larmes.
Puis je restai seul dans la ville
Déserte, sous un réverbère.
Et le rideau était tombé
Sous les étoiles d’Italie,
Les étoiles qui pâlissaient,
Moins claires que la robe claire.
Entre nuit et jour, en plein seuil
D’aurore où les oiseaux sifflaient,
Jaillit un chant grec, joie et deuil.
C’est nuit et jour, voici la mort,
Robes de lin, robes de soie,
En vingt ans toute ville change,
Ma vie est exil et prison.
Que la mort soit, des Enfers, l’ange !
*
Cette histoire, ils la connaissaient
Jadis, les marins de Bretagne,
Coquillarts d’Angers, de Rueil.
Pleure avec moi, mon vieux Villon !
Et vous aussi, marins de Naples,
En vos chants de douleur sans fin,
Ne me laissez pas pleurer seul.
Je suis sans chemins, à mon âge.
Elle a cent chemins, à vingt ans,
Robe qu’emportera le vent
Qui emporte aussi les nuages.
*
Toi qui seras toujours en vie
Longtemps après que je fourvie,
As-tu jamais su qu’il fut temps,
As-tu su que je t’aimai tant ?
Et ainsi se perdent les heures
De nos nuits, la mienne et la tienne,
De nos deux nuits qui se ressemblent,
Nuit et nuit, qu’à cela ne tienne,
Sans jamais se rejoindre ensemble.
Le chemin jamais entrepris
Nous aurait peut-être surpris.
*
Et quand chanteront les colombes
Dans le petit matin toscan,
Si vous passez près de ma tombe,
Souvenez-vous toujours que quand
Un cœur meurt, tant de secrets meurent.
Allez, mes ballons de couleur
Au vent qui ne tournera plus !
Mais toi, si tu lèves les yeux
Un jour, demain, au ciel d’octobre,
Qui sait donc si tu y verras
Mes petits ballons de couleur ?
Et le jour ternit l’étincelle,
Voici venir la mort d’icelle
Quand avant le premier soleil,
Je comprends qu’au sein de ma nuit,
Je n’aurai gravi qu’un miroir
Et sans jamais le traverser.
*
Ce qui fut, ce qui ne fut pas :
La robe du bal la plus claire,
Une émotion à l’Errol Flynn.
Sous les étoiles d’Italie,
Un drame immense d’amour grec.
Les jeunes filles ont l’âge de mon exil.
*
Extrait de : Olivier Mathieu, Les jeunes filles ont l’âge de mon exil, Nantes, Les Petits Bonheurs, 2010.
Et là, vous avez une réalité : Olivier Mathieu est un poète, un artiste, un vrai artiste.
Aucun « révisionniste » n’a jamais écrit quelque chose d’aussi beau que ça. En définitive, la preuve est faite – s’il en était encore besoin – qu’Olivier Mathieu est devenu aujourd’hui, et depuis longtemps pour ne pas dire depuis trente ans, la cible des milieux révisionnistes, ou de personnages comme Alain Guionnet qui font partie de cette mouvance. Ces milieux, hélas, manquent terriblement de la sensibilité artistique dont Olivier Mathieu, écrivain, romancier et poète, lui, est une expression vivante. Déjà en 1991 le professeur Faurisson écrivait sur Internet qu’Olivier Mathieu avait fait brièvement partie du révisionnisme. Dont acte! A lire ce que les révisionnistes disent sur Olivier Mathieu, on comprend parfaitement ce dernier d’avoir humainement tourné le dos, de façon irréversible et définitive, à de telles insultes ou à de tels propos (« métis belgo-boche ») qui dénotent si peu de raison.
A lire : Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:
Olivier Mathieu le dernier romantique (éditions des Petits Bonheurs), tirage limité, épuisé.
***
* » Un beau jour,/ Ou était-ce une nuit / Près d’un lac, je m’étais endormie /Quand soudain, semblant crever le ciel / Et venant de null’ part, / Surgit un aigle noir. » (Barbara).
** Exemples : Qui a réellement écrit les pièces de théâtre dites de Molière ? Qui est réellement à l’intérieur du tombeau, voire du cénotaphe, de Napoléon aux Invalides ? Qu’en est-il vraiment, toute passion exclue quelle qu’elle soit, desdites chambres à gaz homicides du troisième Reich en Pologne des années quarante du siècle dernier ?
Il y a présentement, sauf erreur, 73 restes (pour de vrai ou pour de faux) de quidams (qui n’ont rien demandé d’ailleurs) dans cette église Sainte Geneviève dont la première pierre a été posée par Louis XV, réaffectée au rite laïcard. Mais encore dominée par sa croix d’origine, au grand dam d’un certain athéisme monomaniaque qui ne se rend même pas compte qu’il pratique un rite tout aussi religieux que le rite catholique et pour le moins tout aussi idolâtre qui remonte tout droit au court temps du culte de l’Être Suprême de la Révolution bourgeoise, fort franc-maçonnesque.
Le Panthéon n’a vécu qu’à certaines époques. Il a accueilli pour l’essentiel un bon nombre d’illustres inconnus ou des personnages au gré essentiellement des grâces politiques du moment. Des circonstances, comme on dit. Et de la présence au pouvoir de certains milieux de la politique, pour ne pas dire de la politicaillerie. Il n’est absolument pas représentatif de la valeur, de la grandeur ou du talent français, pas plus d’ailleurs que ne le sont, par exemple, les Académie française et autres. Ni de notre Histoire depuis deux siècles.
Période révolutionnaire : deux furent mis ici comme assise ; Voltaire en 1791 et Rousseau en 1794 ; sur un fronton, ces deux-là sont mis en opposition, chacun regardant dans un sens opposé, ce qui est fort bien vu ;
Période de l’Empire : 42 ! dont 18 militaires, ou encore Bougainville, le mathématicien italo-français Lagrange (Giuseppe Ludovico de Lagrange Tournier), le peintre néo-classique Joseph Vien, seul artiste-peintre, et même artiste tout court, en ces lieux jusqu’à ce jour;
Entre 1816 et 1884 : un seul, Soufflot, le premier architecte des lieux, celui de l’église Sainte Geneviève dont la crypte avait sans doute été prévue pour les membres royaux, ou peut-être déjà pour d' »illustres personnages » ;
Entre 1885 et 1894 : six ; le politicien et franc-maçon Baudin mort sur les barricades en 1851, Victor Hugo homme de lettres prétendument républicain et moins connu comme colonialiste convaincu, le général de l’époque révolutionnaire Marceau mort en 1796, le « premier grenadier » de l’époque révolutionnaire Théophile Corret dit de la Tour d’Auvergne, le scientifique et autre général encore de l’époque révolutionnaire Lazare Carnot, et enfin son petit-fils Sadi Carnot, franc-maçon, mort comme on sait, assassiné par Caserio. Président d’une République qui venait de voter les « lois scélérates » selon l’expression des socialistes de l’époque (autres temps, autres mœurs) qui visaient la presse et les milieux anarchistes. Et président qui avait refusé la grâce de l’anarchiste Auguste Vaillant auteur d’un attentat (sans morts) à la Chambre des Députés, qui fut pourtant condamné à la guillotine.
Entre 1895 et 1919 : trois ; le scientifique, politicien et franc-maçon Berthelot et sa femme, également scientifique, en 1907 ; et Zola-Caniveau en 1908 ;
Entre les Deux Guerres : trois ; en 1920, Gambetta l’un des dirigeants de ladite Défense Nationale en 1870-71, franc-maçon, etc. ; en 1924, Jaurès socialiste pacifiste (une curiosité extrêmement rare, mais enfin comme il fut assassiné juste avant la Guerre de 1914, on ne sait pas comment il aurait pu virer) ; et enfin en 1933, Paul Painlevé mathématicien et surtout politicien radical-socialiste, membre de la Ligue des Droits de l’Homme à ses origines, franc-maçon, ministre du gouvernement Briand pendant la Guerre de Quatorze, inspirateur du Cartel des Gauches entité qui se signale par la répression des rebellions du Rif, plusieurs fois ministre de la Guerre (il lance la construction de la ligne Maginot !), il meurt fin octobre 1933 ; béatifié et canonisé dans la foulée, il reçoit des funérailles nationales et est inhumé au Panthéon début novembre de la même année. C’est le type même, la caricature, du politicard « Troisième République ».
(à suivre)
extraites de L’Amitié :
C’est le drame et la beauté de ces sentiments que nous ne pourrons rencontrer de véritables amis qu’à la hauteur où nous risquons de devenir seuls, et l’on ne saurait en effet donner une plus forte idée des jouissances héroïques de l’amitié qu’en disant qu’elles consistent à respirer à deux l’air sublime de la solitude.
En face des masses sombres, des armées de la médiocrité, qui n’ont que des chiffons pour drapeaux, les passionnés, les délicats, les magnanimes, ne sont guère qu’une poignée, mais ils défendent des étendards immenses et si magnifiques que lorsqu’un d’eux tombe, il semble que la bataille s’éteint.
Le paradis des chrétiens est le paradis de l’amour, mais les Champs-Élysées des Anciens sont le paradis de l’amitié.
Si nombreux que soient les gens médiocres, il ne faut pas qu’ils aient le pouvoir de nous faire douter de ce qui les dépasse, et, pleinement convaincus du peu que valent tant d’hommes, nous ne devons jamais oublier ce qu’un homme peut valoir.
Il est certains printemps de nous-mêmes que nous ne pouvons connaître que par l’intervention d’un être et, autour des palais que nous avons bâtis, il est divin, alors, de voir éclater des jardins qu’il ne dépendait pas de nous de faire fleurir.
A mesure que l’on s’éloigne de la jeunesse et pour peu qu’on n’ait pas laissé les jours passés vainement, on apprend à vivre avec soi, et même de soi […] et nous avons si bien aménagé, varié, cultivé, approfondi notre solitude, que nous nous apercevons à peine que nous sommes seuls. De ce qui n’était qu’un désert, nous avons fait un empire.







