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CONSTAT FANÉ ?

 

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Zoé Berthier alias Jean Lander (in Rose de Bretagne, 1868)

 

LE SOCIALISME EN QUELQUES CHIFFRES

36.000. C’est le nombre d’euros que devrait percevoir chaque mois le chancre élyséen quand il sera en retraite.

500.000. C’est en euros, le montant des dépenses engagées par le ministre de l’lnculture pour quelques concerts organisés au Palais-Royal lors de la récente Fête de la Musique. Fête censée, du moins au départ, être une fête populaire, des amateurs et gratuite. Lang son initiateur (qui a laïcisé et corrompu la vieille fête pagano-chrétienne des feux de la Saint-Jean) a déclaré :

« Je ne comprends pas qu’on mégote sur la culture. Parce que d’abord, généralement, c’est peu d’argent. Et c’est si précieux. C’est le bonheur de vivre, c’est en même temps une élévation de l’esprit. (…) Et c’est aussi un remède contre la violence, l’exclusion ! »

Pauvre type !

ZÉRO. Ça sera le montant démagogique des impôts des français en 2017, l’année de la présidentielle, année blanche fiscale avant la mise en place du prélèvement à la source. Mesure mise en place par le frère Sapin mais préconisée dès le début des années 90 par Rocard. Qui va toucher en premier lieu l’esclave salarié moyen. Et qui devrait rendre plus complexe l’impôt. Du côté du contribuable, une déclaration annuelle devra toujours être faite. Les changements de situation des ménages, toutes les réductions ou crédits d’impôts ne peuvent pas être connus à l’avance. Idem pour certains revenus comme les revenus fonciers. Dans le même ordre d’idée d’un prélèvement à la source : à quand une puce à la naissance ?

10.000. C’est le nombre minimum de nouvelles places d’hébergement réservées aux "clandestins", créées par le frère Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, c’est ce qui s’appelle "lutter contre l’immigration clandestine".

49-3. C’est l’article de la Constitution qui permet de passer une loi de finance sans vote ni délibérations du Parlement, et une fois par session parlementaire tout autre projet de loi ; ceci implique que les opposants déposent une motion de censure. C’est devenu le mode de fonctionnement parlementaire quasi "normal".

PRISE DE RAIE NOIRE AU COLLET DU HARCÈLEMENT JUDICIAIRE !

L’insignifiant clone humain dénommé Collet, un Collet démonté qui serait à l’origine d’une croisade pisciphobe et de l’inculpation de Raie Noire, et donc qui serait cause de sa récente condamnation à deux ans de prison ferme du côté d’Avranches a ânonné ceci : « il faut absolument ne pas laisser nos adversaires, les adversaires de cette Liberté, les adversaires de cette Démocratie s’exprimer librement ».

Mon commentaire est déjà inscrit en grande partie dans les premiers mots de ce billet. Juste à ajouter… Vieilles rengaines et paradoxes : « qui n’est pas avec nous est contre nous, etc. » (voir de précédents articles) ; « pas de liberté pour les ennemis de la Liberté » ; ou « pour les ennemis du Peuple et les contre-révolutionnaires »…

Enfin, ce délire totalitaire a au moins la vertu de montrer pour notre époque la fadaise des mots « liberté » et « démocratie ». Collet n’a pas osé « liberté d’expression » mais c’était probablement sous-entendu dans la Liberté en général. À moins que les libertés n’aient rien à voir avec la Liberté, du moins avec la Liberté du collet. Qui me semble assez proche d’une certaine statue du même nom dont on fête aujourd’hui même les 130 ans. La statue d’un certain statut.

J’y vois quelques ressemblances aussi avec le célèbre « arbeit macht frei », les camps de travail en général et les hôpitaux psychiatriques pour « délits » politiques ou d’opinion. Je ne dis pas cela au hasard puisque j’apprends qu’un procureur également pisciphobe veut soumettre Raie Noire (ce sera la seconde fois) à un examen psychiatrique ! Et je rappelle que la coqueluche médicale de la télévision (un certain gaucho-sioniste dénommé Cimès) voulait faire enfermer Dieudonné.

Comme quoi la démocratie du collet, celle qui prend au colbaque, n’a rien à voir avec le débat, la confrontation d’idées, la liberté totale d’expression ; et encore moins avec la synthèse ou le compromis.

Ajoutons, pour finir, qu’en appel la peine de Raie Noire a été ramenée à un an de prison ferme, non par souci de relatif apaisement, mais parce que les petits hommes qui avaient condamné Raie Noire ne connaissaient même pas leur Code. Le maximum de la peine (voilà un mot qui me fait toujours penser au pêché et au catholicisme) ne pouvait être que d’un an ! Nul n’est pourtant censé ignorer la Loi, surtout dans les tribunaux.

Il est un auteur (prolifique et oublié) qui avait tout bien compris et tout bien exprimé (entre autres) dans ces Traité de la Délation (1946), Traité de l’Intolérance (1947) et son Essai sur les trahisons (1951). C’est Roger Puthoste, dit André Thérive, alias Romain Motier.

Il a tellement tout exprimé et défini qu’il est très difficile de dégager de ses livres de courtes citations, on voudrait tout recopier, nous allons essayer quand même sous la forme de quasi aphorismes. Pris au hasard du Traité de l’Intolérance :

– La Démocratie ne peut tolérer que les démocrates ; ce qui est une lapalissade utile à rappeler.

– Partout la démocratie est une étiquette mensongère qui couvre une tyrannie : la tyrannie du nombre [j’ajouterais : amorphe, grégaire, conformiste], la suppression ou l’éviction des minorités. »

– La démocratie ne devrait s’appeler : non pas gouvernement par le peuple, mais gouvernement au nom du peuple.

– … punition éducative… C’est au nom de la Liberté que verbalisent les gendarmes et que grincent les verrous des prisons.

– On doit toujours promettre à son âne des carottes en non des coups de bâton.

– On a raison quand on a la force.

– L’épuration de l’histoire sociale, politique ou littéraire est un jeu d’enfant si on possède un corps d’universitaires dévoués.

PENSÉES DU JOUR

Ce n’est pas donné à tout le monde, de vraiment bien rater sa vie.

*

L’art transcende les souffrances et les petits bonheurs.

*

Le désespoir, l’éphémère et l’inutile, la nostalgie et le non-sens ontologique, voilà quelques ingrédients de base.

*

Paradoxe éthico-esthétique :

L’Art humain véritable (créé ou partagé) n’est qu’émotions, sensations, sentiments. Élévation et réflexion.

Et rien ne ressemble plus à la beauté et la grandeur nées des mains et du cœur humains que la beauté et la grandeur en soi, naturelle et sauvage, de la Nature.

Or, la Nature n’a (apparemment) aucun état d’âme. N’a aucune notion du Bien et du Mal, ni du Beau et du Laid.

Que conclure, alors ? Sans doute que :

« Les plus désespérés sont les champs les plus beaux ».

*

Sans débuts, ni fins, insensée pour le roseau pensant en ses prisons naturelles et culturelles, la Nature condamne à la Vie et à la Pensée.

*

Oui, condamné à vivre et à penser, à mal vivre, à mal penser, l’homme, être totalement chétif, inachevé et bas, existe dans la solitude absolue des astres, du néant du vide et du rien des Univers. Châtiment suprême.

*

Et sur une Terre et près d’un Soleil uniques qui auront, eux aussi, leur fin quand l’animalcule humain aura déjà disparu depuis bien longtemps. Disparu, avant tout, des suites de sa bêtise congénitale.

*

Futilité, puérilité, fumées vaines. Fatuité et vacuité humaines… Non seulement les civilisations et les dieux sont mortels, mais Art et patrimoine, science et technique n’auront pas, à long terme, de lendemain.

*

L’Homme ne serait-il pas une erreur de la Nature ?

*

Ordre le plus fin intimement mêlé au désordre le plus grand, la Nature et l’Univers tissent leurs utopies à leurs nostalgies. L’âme du Monde est la mémoire éternelle du temps, en un espace infini et si vide charriant, de ci de là, quelques entités constamment mouvantes. Dont la minuscule poussière terrestre, rien de plus qu’un simple atome de vie.

*

Les vieilles, antiques et poétiques cosmologies et cosmogonies ne sont pas si dépourvues de Raison que ça. La vie terrestre ne tient qu’à un fil. Malheureusement les hommes « modernes », ces si petits, si mesquins, si fanfarons et si malfaisants « cousins des dieux », ne l’ont pas bien compris. Mais les « derniers hommes » en leur « pitoyable suffisance » (Nietzsche) en sont-il encore aptes?

*

Avez-vous déjà songé aux grandes terreurs existentielles des hommes, démunis de tout (sauf de l’essentiel) des temps passés ou des derniers « primitifs » ? Avez-vous imaginé qu’il en est sorti le Langage articulé, la Poésie, l’Art et le Sacré ? Tout est déjà dit et inscrit dans l’art pariétal et dans les Vénus préhistoriques. Dans les mégalithes énigmatiques et les pyramides vides. Dans les ruines. Dans la poésie antique ou « primitive ». On ne fait plus que rabâcher depuis un certain nombre de millénaires. Et qui plus est, de nos jours en particulier, en tellement pire, trivial, décadent.

*

Qui veut encore comprendre que Nature, Poésie, Art et Sacré sont intimement mêlés et indissociables ? Quelques poètes ou mystiques… ?

*

Ernest Hello affirmait : « la vie renferme un trésor caché : elle est chargée de réaliser le vrai, le beau, le bien… ». Il recommandait de « dégager la poésie […] le parfum de la vie ». C’est lui encore qui, évoquant l’ennui, précisait : « et le vide est bien lourd ».*

*

L’Homme contemporain gavé de technique et qui, sans fin, médiatise son rapport à la Nature (et à son prochain), semble avoir oublié aussi bien les angoisses primordiales liées à son environnement naturel, aux éléments hostiles et aux astres inquiétants (l’angoisse légitime du pourquoi de l’Univers et de la solitude et la petitesse humaines) que les angoisses à venir concernant sa fin inéluctable à plus ou moins longue échéance : l’angoisse légitime de la fin du Monde, de notre monde riquiqui terrestre.

*

La solitude humaine, en conscience, est double : solitude du genre humain sur la Terre au milieu de la faune et de la flore qu’il met à mal, et solitude de chacun au sein ou en marge de la Société qui le met à mal.

*

Rien n’est éternel, sauf l’Éternité elle-même.

*

« Après moi, le Déluge » est moins une réflexion d’un égoïsme et je-m’en-foutisme étroit que le constat d’une réalité à venir, certes lointaine, mais qui sait ? Si ce n’est pas demain, ça sera juste après-demain. Certaines savantes gens s’en inquiètent déjà. La littérature de science-fiction également.

*

Les récits et les mythes antiques, les Vedah, la conception babylonienne du Retour Éternel** et de la Grande Année, la Bible et ses sources, et bien d’autres peuvent contenir quelques poétiques intuitions scientifiques cataclysmiques.

*

* Cf. l’introduction à Nouvelles et récits villageois par Jean Lander [pseudonyme de Zoé Berthier, l’épouse d’Ernest Hello].

** et plus généralement le mythe largement répandu de l’Éternel Retour (cf. Mircea Eliade, Le Mythe de l’Éternel Retour).

KIM JONG-SUK, ATTENTION AU RETOUR DU BÂTON !

Source : CRIF.

Notre ministresse à l’Inculture et à la Propagande, Kim Jong-suk dite Fleur Pellerin, accessoirement conseillère référendaire à la Cour des Comptes et présidente du Club (maffieux) XXIe siècle, vient d’élargir son champ d’action.

En effet, après une entrevue fructueuse avec le chef de la ligue de l’Avant-Garde de la République et des palestinicides réunis, elle vient de déclarer que l’on pourrait envisager de mettre en œuvre une « règle » (une loi ?) qui prévoirait que toute personne condamnée pénalement ne puisse se produire dans des salles publiques ou parapubliques (sic).

Dite : loi M’bala M’bala. Ce qui après l’arrêté Dieudonné du Conseil d’État ferait de cette personne (dont je reparlerai un peu quand j’aurai le temps pour en dire finalement tout le mal que j’en pense en tant qu’homme (lui l’homme, pas moi)) un personnage public inscrit sur la liste des ennemis réprimés du sionisme et du charlatanisme mémoriel.

Comme je n’en doute pas, la loi étant (paraît-il) la même pour tous, la jurisprudence assimilera bien certainement le cirque des meetings politiques à une forme de spectacle, si bien que les premiers « punis » seront tous ces politiciens traînant des casseroles pénales.

Par exemple, une bonne partie de l’ex-ministère Ayrault (lui-même en tête) :

 17701_10153099806534006_9062268409264409042_n(auteur inconnu)

Il faut y ajouter encore Taubira condamnée aux Prud’hommes, et peut-être d’autres.

PÉDAGOGIE

« Le gouvernement n’a pas assez dit la profondeur de la crise tout à la fois économique, écologique et sociale et l’état catastrophique de nos finances publiques.

Du coup les mesures qui ont dû être prises – notamment fiscales – qui ont été douloureuses, bien que mieux réparties qu’avant, n’ont pas été assez expliquées, ni assumées. »

*

Cette jolie langue de bois je viens de la lire sur un prospectus politique du prétendu écologiste De Rugy « mon » député. Celui qui a failli se faire virer l’an passé pour avoir voulu entrer au gouvernement malgré l’avis de la « dirigence » du parti des Vers (sic) qui, comme chacun sait, parasitent depuis des années le fruit de l’Écologie.

Donc il y a une crise générale profonde en tous les domaines. On peut ajouter celui des valeurs et de la morale et de l’humaniste. Et celui qui a amené à une décrépitude totale politico-syndicale et médiatique d’un milieu transformé en marigot maffieux. Aussi bien à gauche qu’à droite et au centre, sans oublier les extrêmes.

Quelle est cette crise ? Une crise comme on en sort une de temps à autre ? Ou une crise consubstantielle à ce système pervers ? Le triomphe du capitalisme sauvage ? Ou plutôt le triomphe de la sauvagerie capitaliste ? De sa barbarie intrinsèque ? Ou encore, une crise de civilisation ? Ou le tout conjugué et mêlé ?

Il y a un état catastrophique des finances publiques. Que de la finance publique ? Ou de la finance en soi ? Quid de la Finance en général, de la banque, du mondialisme, de la dictature capitaliste?

Les mesures fiscales qui ont dû être prises… Devaient-elles être prises ? Étaient-ce les bonnes ? Changeront-elles quoi que ce soit au délabrement ? Vont-elles améliorer le sort de la masse du peuple ? Ou l’inverse ? En quoi seraient-elles un mieux pour notre société et notre nation ?

Notons encore le « mieux réparties qu’avant » : c’est-à-dire engageant un peu plus à la fois les plus pauvres et lesdites classes moyennes. Le cynisme est sans limite.

Et quoi des mesures politiques en tous genres qui loin d’améliorer les choses ne font que les faire empirer : dans le domaine de la politique étrangère, de la politique « d’accueil », de la politique urbaine, de la politique éducative, de la politique judiciaire, de la liberté d’expression, de recherche historique, ou dans celui des mœurs ? Où là on peut être dans la démagogie sans risque, ou intéressée : il est très utile de tirer le peuple, l’éducation, la culture (ce qu’il en reste) vers le bas, question de survie en tant que privilégiés. Il est très utile d’encourager l’immigration pour mieux briser les résistances et la communauté nationale, ou encore les cultures régionales. Abaisser, détruire, uniformiser (tout en encourageant certains communautarismes) pour mieux régner.

Comme action la plus décidée, le petit De Rugy, qui ne rugit pas bien fort, nous dit par ailleurs qu’il serait peut-être envisageable d’aménager lesdites réformes… C’est Monsieur Vaseline. Moi, je lui répondrai qu’il serait grand temps de réformer la Constitution et de revoir le pouvoir des uns et des autres dans la gestion de la société. Et avant toute autre chose, le pouvoir populaire sur tous les gros sujets et toutes les décisions importantes engageant notre pays.

Enfin, le fin du fin habituel, il nous rabâche la rengaine des crétins qui s’imaginent être supérieurs aux autres : les mesures n’ont pas été expliquées, ni assumées.

Qu’elles ne soient pas assumées on s’en fout, ou plus exactement cela montre le niveau de la nullité intellectuelle et humaine qui nous « dirige ».

Qu’elles n’aient pas été expliquées, quoi de plus normal puisque c’est « l’Élite » qui agit (ou plutôt qui obéit aux ordres de plus haut). Elle ne va pas condescendre, quand même, à se justifier ; pourtant c’est bien eux les cons descendants, les technocratillons. Et puis d’ailleurs, il n’y a rien à expliquer, je veux dire : rien de social et d’humain à défendre, rien de défendable.

« Ils n’ont pas expliqué ». Je traduis en novlangue : on n’a pas fait effort de pédagogie (par indifférence, paresse, mépris ou peur…). Voilà le propos type de toute cette engeance qui serait censée détenir le Savoir et le Savoir-Faire et qui est si bien représentée par le « petit prof » obtus, mais qui sait tout. Monsieur Jairaisonensoi ou Madame Jesaistout bien bornés, limités et intolérants, qui n’ont que le mot « laïcité » ou « progrès » à la bouche, qu’ils galvaudent à tous les vents (dominants) et qui au fond d’eux-mêmes sont de parfaits néo-staliniens (ou sociaux-démocrates, c’est à peu près la même chose) dont l’axiome premier et unique (en tous domaines) est le suivant : si vous n’êtes pas avec nous (la Lumière), vous êtes contre nous (l’Ombre), et si vous être contre nous, alors vous êtes le Diable en personne.

Bakounine, Sorel ou encore Makhaïski*, et bien d’autres encore, loin ou plus près de nous, ont déjà dénoncé tous ces olibrius et démonté leur prétendu « socialisme ». Au moins la droite ne s’embarrasse pas de mots ronflants pour effectuer sensiblement la même sombre besogne.

Quand j’entends le mot « expliquer » (qui veut dire : imposer), « pédagogie » (qui veut dire : propagande, mais bien évidemment jamais débat dit démocratique, ni confrontation d’idées), je ne peux m’empêcher de penser aux écrits si éclairants de Makhaïsky qui dénonçait déjà vers 1900, dans le socialisme une nouvelle classe dirigeante, ou fraction (faction plutôt) de la classe bourgeoise qui, par la gestion de l’économie ou l’administration des États, par sa place au sein de la production, par sa volonté de monopoliser les connaissances, ou tout simplement le pouvoir politique…, entendait diriger la société bourgeoise et mener si nécessaire autoritairement, dictatorialement le peuple (et stade suprême du cynisme : en son nom, au peuple).

Ce qu’il appelait à juste titre « le socialisme des intellectuels ». Du moins de l’idéologie dominatrice des intellectuels les plus productivistes et technicistes, scientistes et technologistes dont l’exemple le plus achevé et le plus caricatural a été le bolchevisme qui a même abouti, comme on dit, au culte stalinien de la personnalité (nouvelle forme de sacré, curieux ennemi des religions, mais c’est un autre sujet). Idéologie encore pleinement à l’œuvre dans l’actuel « communisme » qui fait le lit du capitalisme le plus sauvage en Chine.

Je ne vais pas dresser ici la liste interminable depuis un siècle des infamies socialistes, social-démocrates ou staliniennes à l’encontre de toutes les milieux : des classes populaires aux intellectuels rebelles. C’est une constante chez eux.

Et ils voudraient encore et toujours nous donner des leçons. Des leçons d’humanité. Ou pire, d’intelligence !!!

* Et bien évidemment Nietzsche dans sa critique de la décadence et de ce qu’il appelait « le nihilisme » du socialisme.

 

1815 – 2015

L’Expiation – Victor Hugo – extraits

 

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.

Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.

Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.

Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.

Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus.
Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d’ombres sous le ciel noir.

La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.

– Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,

[…] Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.

[…] Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance…

[…] L’empereur était là, debout, qui regardait.

[…] Levant les mains au ciel, il dit: « Mes soldats morts,
Moi vaincu ! mon empire est brisé comme verre.
Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? »

C’EST LA MORT À CRÉDIT ET LA VIE À CAPRI

J’allais mettre ici une chanson qui eut un très grand succès en 1965 lors de sa sortie : Capri, c’est fini, chantée par Hervé Vilard en français, et – je l’apprends maintenant – en espagnol, italien, allemand…

J’allais même y ajouter une seconde du même qui parle d’amour, de lutter et de changer le monde, ou plutôt de le faire à notre image. Du grand romantisme qui par bien des côtés est l’esprit général des années soixante ; et qui n’est pas étranger non plus à certains aspects utopiques de Mai 68. Ce Mai qui fut à la fois la fin et le début d’un certain nombre de choses, je parle ici des mentalités, des mœurs, de la chanson, de la musique… Un Janus.

J’allais mettre ce qui me semble être un scopitone (un petit film qui dure le temps d’une chanson et que l’on passait dans des sortes de juke-box à images propres aux bistrots d’alors). D’une pleine époque où les cafés proposaient très souvent aussi billard électrique plus généralement dénommé flipper, baby-foot (mot qui est un faux anglicisme)*, et plus rarement billard américain ou petit billard à plots dont je viens d’apprendre qu’il se nomme « billard golf ».

J’ai joué à tout ça et j’en ai mis, on en a mis des pièces de vingt ou cinquante centimes de franc, ou plus dans ces divers instruments. Et quand on pouvait faire des « gamelles », c’est-à-dire faire ressortir la balle, la boule d’un but de baby-foot en « tirant » fort du poignet (du moins de ceux qui n’avaient pas de cage au fond courbe et plongeant, ou muni d’une sorte de rideau ferraillé) on étaient contents. On avait resquillé, on n’était pas bien riche.

Sur « mon » scopitone emprunté sur You Tube, on y voyait Hervé Vilard en compagnie d’une jolie jeune fille déambulant dans le parc d’un château. Lui chantant en « playback ». Je ne sais pourquoi je n’accrochais qu’à moitié, mise en scène bizarre ; y compris dans des vidéos où il chantait seul ; son attitude, son aspect me « troublaient ». Ce n’était pas seulement parce que j’ai toujours trouvé qu’il chantait un peu faux, que ses textes étaient plus ou moins bons, mais finalement (après « enquête ») parce que ce qu’il montrait de lui pouvait être également faux, mensonger.

Une grosse menterie : je viens de lire qu’il est homosexuel. Ce que j’aurais du savoir (ou que j’avais oublié) puisqu’il paraît qu’il ne s’en est jamais caché (il l’aurait dit dès 1967). Je ne voudrais pas extrapoler mais je constate qu’il a été retiré à sa mère, une fille-mère, qu’il a fréquenté l’Assistance Publique, puis diverses familles d’accueil avant d’être pris en charge par un prêtre, de faire de la prison, et pour finir qu’il fut materné si l’on peut dire, et « tutellé », donc encore mineur, par un certain Daniel Bouyjou-Cordier qui avait largement l’âge d’être son père : un ancien Camelot du Roi, devenu secrétaire de Jean Moulin et résistant, puis radical-socialiste ou quelque chose comme ça après- guerre. Ce dernier a été peintre, marchand d’art, historien, décoré, etc. Et il a révélé « au grand public » en 2009 qu’il était homosexuel. Homosexuel ou bien plutôt pédéraste ? Question ouverte.

Et je crois que je viens de comprendre que ce qui me gênait chez René Villard, dit Hervé (R.V.) Vilard, était du même ordre que ce que disait le barde Glenmor de notre époque sous les mots suivants :

Les couples heureux qui passent à l’histoire

Ont de Cocteau l’esprit

De Jean Marais la virilité

Les orgies d’alcôve les sabbats de mémoire

Ont Sodome pour église et Paris pour cité.

(Sodome)

Je n’aime pas les escrocs en tous domaines. Et en premier lieu dans ceux de l’art tant « mineur » que « majeur » et des sentiments. Cette mascarade de giton, cette « petite coquille univalve appartenant au genre pourpre » n’assumant pas son rôle et trompant son monde ne peut que décevoir. C’est Luis Mariano s’éprenant faussement de la Belle de Cadix.

Cela me fait penser exactement à l’image erronée, que j’avais encore il y a très peu, de cette chanteuse dénommée Brigitte Fontaine que je ne « connus » que de très loin pour l’avoir entendu chanter des textes « bof », sur quelque musique maghrébine, et auparavant dans cette chanson qui eut un très grand succès, qu’elle chanta avec Jacques Higelin.

Lui : « Cet enfant que je t’avais fait, / Pas le premier mais le second, / Te souviens-tu ? / Où l’as-tu mis ? / Qu’en as-tu fait ? … » Elle : « Offrez-moi une cigarette, / J’aime la forme de vos mains… » La chanson d’un film oublié, Les Encerclés, sorti en 1967. Quand on épluche un peu, on se rend vite compte que cette chanson ne correspond absolument pas au personnage provocateur et de nos jours totalement décadent (à un tel point que ça fait vraiment pitié) de cette pauvre Brigitte Fontaine (mais j’en reparlerai). On a l’impression d’avoir été trompé et qu’il n’y a aucune sincérité en elle et partant dans cette chanson. Fontaine, tu n’es pas la claire fontaine, je ne boirai pas de ton eau !

Certes, Brel a pu dire : « Ferré, c’est du bidon! », opinion qui n’est pas vraiment la mienne ; Brassens a pu se moquer du « Révérend Père Brel » de ses débuts, ce qui est une vérité incontestable : il suffit de voir sa tenue monacale d’alors et d’écouter les textes de ses premières chansons ; de même Perret beaucoup plus récemment a pu déclarer, faisant la fureur de Béart, que Brassens n’était pas si bonhomme que le laisse croire ses chansons et qu’il aurait été jaloux de ses premiers succès, ce qui m’étonne à moitié.

Je précise que ce que m’étonne c’est cette jalousie supposée de Brassens pour ce qui fut un temps son poulain ; par contre, ce qui ne m’étonne pas du tout c’est le fait que Perret puisse dire cela : il est bien connu que nombre de gens à travers le monde ont toujours su mordre la main de ceux qui les guidèrent, un plus ou moins long moment, et les lancèrent dans la carrière. C’est presque un principe de la psychologie humaine.

… Donc à la place, et on n’y perd pas, voici quelques jolies vues de Capri, sur une musique douce dont s’ignore l’origine :

Rectificatif : cette musique est celle d’une série télévisée de la RAI sur Capri, elle est l’œuvre de l’auteur-compositeur-interprète Peppino di Capri (né Giuseppe Faiella).

https://www.youtube.com/watch?v=ErdVKnup3BU

* ping-foot (qui en est la forme ancienne d’avant-guerre) ou p’tit-foot, baby-foot, baby… ce « foot de table » connaît où a connu plusieurs noms populaires, et plusieurs aspects matériels.

PALSTINA

Il y a peu de jours un match de football a opposé la Bosnie à Israël.

Comme on peut le voir, et l’entendre surtout, l’accueil réservé aux avant-gardistes a été très chaleureux :

https://www.youtube.com/watch?v=JLxKsW-p4NA

Au fait, que fait Israël dans le groupe de l’Europe ?

RÉFLEXIONS DU JOUR

Il n’y a qu’un esprit étroit qui ne veut pas voir que dans "internationaliste", il y a tout autant "nationaliste" qu’"inter". ( C’est l’exact opposé de "mondialiste" qui n’a rien d’inter mais tout d’imper… d’impérialiste.)  Les nations, les peuples et les cultures en leurs différences et en leur confraternité. Inter nos conjucti sumus, nous sommes unis entre nous, écrivait Cicéron. 

*

Bizarre destin des mots. Mémoire des guerres passées ? Le mot "patriote" est le plus souvent pris en mauvaise part alors que ce n’est jamais le cas du mot "compatriote". On a même l’impression que "compatriote" est l’inverse de "patriote" comme si ce dernier ne pouvait être autre chose qu’un "con patriote". 

*

Je laisse à la pensée de chacun ceci : pourquoi il n’y a pas si longtemps encore un certain nombre de protes, ou plus exactement de correcteurs d’épreuves, l’aristocratie de l’imprimerie, n’étaient pas d’affreux réactionnaires, mais des libertaires ?

*

Il est curieux de constater que le fait d’avoir quelque chose dans la tête n’empêche pas en soi d’être apte (si l’on peut dire) à dessiner comme un pied.