Voici le titre complet du livre d’Olivier Mathieu.
ALAIN FINKIELKRAUT, L’IMMORTEL
– maître bien-pensant de la non pensance,
M’sieur Strumpfspountzknock
et Doctor Beaufschnockplouck,
le faux philosophe, le vrai néo-con –
Parce que la bien-pensance, dans un pays où l’UMP et le FN doivent faire 60 % des voix, c’est – parmi d’autres « philosophes » ou supposés tels – l’omniprésent et sur-médiatisé Alain Finkielkraut.
Parce qu’Olivier Mathieu le dit, l’affirme et le répète, Alain Finkielkraut est la NON pensance en personne. « Si l’on veut bien considérer les diplômes et l’oeuvre universitaire de ma mère, ou les intellectuels que j’ai fréquentés tout au long de mon enfance, de ma jeunesse et de ma vie, je me sens en droit de dire qu’Alain Finkielkraut a une pensée, si l’on veut employer ce terme, de Café du Commerce », dit Olivier Mathieu.
STRUMPF (qui n’est pas Schtroumpf) a été choisi parce que c’est un mot – allemand – plein de « consonnes rébarbatives » (celles dont a parlé Finkielkraut dans son « discours de réception »); « SPOUNTZ » (qui n’est pas schpountz) est volontairement un hybride entre l’allemand « spund » (« bouchon, mioche ») et le cinématographique « schpountz » (1938) de Marcel Pagnol, où Irénée Fabre (Fernandel) fut « le schpountz », commis-épicier; enfin, « KNOCK » évoque évidemment le docteur Knock de Louis Farigoule (Jules Romains).
Quant à l’autre nom, autres consonnes rébarbatives contenant cette fois « BEAUF » (dont Finkielkraut est un spécialiste, en ayant disserté savamment dans la Revue des Deux Mondes); SCHNOCK (orthographe conforme tout à la fois à l’étymon alsacien Schnokeloch, « trou à moustique », du titre d’une chanson De Hans im Schnokeloch, « Le Hans dans le trou à moustiques », et à celle qu’emploie Céline: « En civil à présent ce schnock ! Il était donc plus colonel ! » Louis-Ferdinand Céline, « Le Pont de Londres », Gallimard, 1964, page 27) ; et enfin PLOUCK, qui n’est pas plouc mais est cette fois un hybride entre « plouc » et les personnages de Plick et Plock de Christophe. Vu que juste avant on avait « schnock », on a gardé la même terminaison (ck) à « plouc » (voir encore Louis Ferdinand Céline, « Mort à crédit »: « Je me tenais comme un vrai plouc ! »)
Des noms, donc, aussi drôles et « rébarbatifs » que celui de « SPITZHACKE », pseudonyme littéraire délicieux et ludique sous lequel Olivier Mathieu se présenta, le10 avril 2014, à l’Académie française contre Alain Finkielkraut.
« Faux philosophe » va sans dire, et « vrai néo-con » de même, voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Néo-conservatisme
ALAIN FINKIELKRAUT, L’IMMORTEL
– maître bien-pensant de la non pensance,
M’sieur Strumpfspountzknock
et Doctor Beaufschnockplouck,
le faux philosophe, le vrai néo-con –
CQFD.
LE LIVRE LE PLUS DRÔLE DEPUIS LONGTEMPS EN FRANCE.
On ne le répétera jamais assez :
On vit une époque de très grande décadence. Et ceci dans tous les domaines.
Donc un néant littéraire, un niente, un nada, un nimic, une potentialité de devenir, un puceau de la littérature, un écolier mais certainement pas de la trempe de Rimbaud ou de Villon ou même de Minou Drouet se voit ouvrir les portes de la télévision.
Le propre du grand spectacle médiatique est qu’il exprime à la perfection l’inversion du réel, l’inversion sidérante des valeurs, le ravalement des vraies valeurs. Il dénature tout ce qu’il touche, et tout ce qui peut élever l’Homme. L’Académie française est certes très décatie elle-même. Ceci expliquant cela. Et Marianne n’en peut mais, depuis déjà un certain temps.
Donc un ersatz de Petit Chose (un rien à côté du héros malheureux de Daudet) ou de Bachelier (je parle du héros d’une toute autre tenue de Vallès, et je n’ose évoquer l’Insurgé tant ça paraîtrait incongru) vient s’immiscer dans un domaine qui lui est totalement étranger car sans œuvre (mais après tout c’est le cas de certains académiciens) et tout le landerneau médiateux, et merdiateux, la chienlit habituelle, se pâme d’aise devant l’insignifiant.
Mais qu’a donc cet insignifiant de signifiant ? Il a tout simplement qu’il défend le libéralisme ou pour mieux dire le capitalisme sauvage, et en particulier toute sa cohorte de sous-littérateurs et faux-philosophes qui se définissent en trois mots : anti-musulmans, anti-arabes, sionistes. Les tenants de la « guerre des civilisations ».
Pauvres maghrébins colonisés pendant au moins un siècle et demi par des individus de la trempe du pied-noir Zemmour ou du françafricain Botul, nullards de la littérature chantés au final par cet insignifiant Ogier. Certes pas un Ogier de chevalerie.
Pauvres maghrébins que nos gouvernants de gauche comme de droite ont fait venir en France en tant que prolétaires aux salaires de misère, destinés sans doute à faire de toute éternité toute la merde que les français ne pouvaient (occupés à autre chose) ou ne voulaient pas ou plus faire. Colonisés chez eux puis ravalés chez nous.
Mais que n’a pas (et sans doute d’autres, du moins je l’espère) Olivier Mathieu, écrivain, historien, essayiste, poète qui a derrière lui une cinquantaine d’ouvrages et qui depuis plus de vingt-cinq ans subit un ostracisme que je qualifierai (certitude) de néo-stalinien ? Il n’est pas anti-musulman, ni anti-arabe, ni pro-sioniste. Pour être plus précis : il est anti-capitaliste, anti-colonialiste et partisan d’une Palestine libre. Et bien évidemment anti-réactionnaire.
Une fois ces dernières années, on lui proposé de passer quelques secondes à la radio, mais c’était pour faire le pitre aux Grosses Têtes du gros filandreux Bouvard. Voilà encore un autre paradoxe des temps présents. Ce qu’il déclina fort justement.
Donc, pour conclure, cet Ogier (Augier conviendrait mieux) petit insignifiant, correspond exactement à ce que le Capitalisme et ses larbins politiques de tous bords (réactionnaires et totalitaires de gauche, droite, extrême-droite et même une bonne partie de l’extrême-gauche, et faux écolos, etc.) attendent des jeunes d’aujourd’hui : la négation même de la Jeunesse.
Notre société est devenue proprement folle.
Pauvre, pauvre, pauvre France !

Valentin Ogier, qui a quinze ans mais « n’aime pas courir après un ballon » (Pasolini, lui, adorait ça, mais pour Ogier… Pasolini, s’il en a entendu parler, doit être un « sale communiste »), il n’a jamais rien publié, son idole est… Alain Peyrefitte, il a envoyé une lettre de candidature à l’Académie française qui contient dix fautes de français.
C’est drôle à en pleurer…
Récompense presque logique, il est invité à la télé. Remarquez, il a compris dans quel sens souffle le vent, il est de « droite » et aime Finkielkraut et Zemmour…
Alors moi, Olivier Mathieu, je suggère que lors de la prochaine élection académique, un jeune des banlieues se présente. Oui, un jeune des « cités ».
Oui, un jeune « beur », une jeune « beurette » de quatorze ou de quinze ans. Tiens, oui, une jeune fille palestinienne, par exemple.
Je suis prêt à l’aider, et mon éditeur Jean-Pierre Fleury aussi.
Je suis curieux de voir si une jeune fille palestinienne de quinze ans serait invitée à la télé et si on lui ferait la pub dont bénéficie le jeune Ogier, qui a pour idole feu Peyrefitte, et MM. Sarközy et Zemmour et Finkielkraut, et qui étudie l’hébreu, et qui n’aime pas courir après un ballon (moi, courir après un ballon, j’adorais ça).
En attendant, mon livre sur « Alain Finkielkraut, l’immortel » arrive.
Olivier Mathieu.
A-t-on lu Valentin Ogier ?
« Madame le Secrétaire perpétuel,
Se présentent parfois des candidats inattendus, inconnus et imprévus. Longtemps encore, aurais-je pu réfléchir, sans doute. La jeunesse fait naître quelquefois l’impétuosité : qui de chacun de nous, n’a jamais eu d’autre rêve que l’inatteignable ? Du haut de mes quinze ans, puis-je encore prétendre à l’espérance ? Notre convoitise trouble notre conscience. Quant à moi, je m’élance. Jamais je ne recule. J’affronte l’inattaquable : l’Académie française. Le jeune provincial que je suis, le jeune Breton que j’incarne, se veut réconciliateur. Qu’attendons-nous pour raviver la flamme de notre belle langue, dans le cœur des nouvelles générations ? Faire susciter cette émotion si vive que l’on éprouve à son contact, à une jeunesse perdue parce qu’abandonnée ; telle est la raison de ma candidature. Vous écriviez, madame le Secrétaire perpétuel, que « les lettres de candidatures du XXIème siècle n’ont plus grand-chose à voir avec un essai littéraire et ne renseignent guère sur les dons et les goûts de leurs auteurs ». Acceptant mal l’unicité et la banalité, ma lettre de candidature se veut plutôt insaisissable : à vous d’en découvrir les fragments. À seize ans Victor Hugo écrivait Bug-Jargal, tandis qu’à quinze ans, j’ai écrit la Nouvelle France. Né le douze décembre deux mille et lycéen au Lycée Saint-Joseph de Lamballe, il ne m’a pas fallu attendre bien longtemps avant que cette envie, cette prédilection pour l’écriture, ne se concrétise. Mon premier manuscrit est un essai philosophique et politique, énonçant de grandes réflexions pour le monde de demain. Peut-être pourrions-nous en discuter lors d’une rencontre. Offrant mon existence aux idées, je me veux idéaliste. Intégralement dévoué à mes passions, soit les langues, l’histoire et la politique ; ma vie y prend tout son sens. Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie – que je vous sais ô combien admirative. Quant à mes lectures, je garde toujours à l’esprit les idéaux d’Alain Peyrefitte. Malgré sa mort, il n’a pas disparu. Voici l’hommage que je lui rends, en me présentant. Je vous demande, madame le Secrétaire perpétuel, de communiquer ma candidature, au fauteuil n°5, aux membres de l’Académie française, ainsi que d’assurer mon inscription sur la liste des candidats à la succession de Mme. Assia Djebar. Je vous prie d’agréer, madame le Secrétaire perpétuel, l’expression de ma plus haute considération. Valentin Ogier. »
Valentin Ogier a quinze ans. « À seize ans Victor Hugo écrivait Bug-Jargal, tandis qu’à quinze ans, j’ai écrit la Nouvelle France », écrit donc le jeune Ogier. Mozart ayant, dit-on, composé ses premières œuvres vers l’âge de quatre ans, on attend donc la prochaine candidature à l’Académie d’un nourrisson.
« Jamais je ne recule. J’affronte l’inattaquable », affirme le jeune Ogier, toujours modeste comme on peut voir.
Le jeune Ogier s’adresse à Hélène Carrère d’Encausse : « Vous écriviez, madame le Secrétaire perpétuel, que « les lettres de candidatures du XXIème siècle n’ont plus grand-chose à voir avec un essai littéraire et ne renseignent guère sur les dons et les goûts de leurs auteurs ». »
Ma foi, en lisant la lettre du jeune Ogier, on voit qu’il ferait surtout bien d’affronter… une grammaire française.
En effet, sa lettre contient une dizaine de fautes grossières de français. Une moyenne d’une faute toutes les deux lignes.
Le drame étant que, visiblement, il ne s’en rend pas compte, et que ne s’en rendent pas compte non plus les journalistes. Tout comme probablement 99% des Français d’aujourd’hui.
Quelques exemples.
« Qui de chacun de nous, n’a jamais eu d’autre rêve que l’inatteignable ? »
Comment, jeune Ogier ? « Qui de chacun de nous ? »… Non, jeune Ogier. On pourrait dire : « qui de nous », c’est-à-dire, « qui, parmi nous, n’a… » ? Mais « qui de chacun de nous » est fautif, illogique et absolument pas français…
« Le jeune Breton que j’incarne » ? Non, jeune Ogier, pas vraiment. On incarne un rôle. On peut dire que telle actrice a incarné le rôle de tel personnage. Mais si vous êtes Breton, vous ne pouvez guère incarner ce que vous êtes.
« Acceptant mal l’unicité et la banalité » ? Comment, jeune Ogier ? L’unicité ? Je crains que vous ne confondiez « unicité », caractère de ce qui est unique, avec « l’uniformité », jeune Ogier.
« Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie – que je vous sais ô combien admirative ».
Comment, jeune Ogier ? « L’hébreu moderne QUE je vous sais admirative » ? Non, jeune Ogier, en français on dirait « DONT je vous sais admirative »…
« Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie ».
Comment, jeune Ogier ? En français on porte un grand intérêt « à », pas « pour »…
Je vous passe, jeune Ogier, une dizaine d’autres fautes et incorrections langagières ou de logique.
Et je demande accessoirement au jeune Ogier, là il n’est plus question de langue française mais d’Histoire : dans quel manuel scolaire (car il en est encore à l’âge du biberon culturel) a-t-il appris qu’il eût existé un jour, ou qu’il existerait présentement une civilisation juive? Une ou des cultures juives, des coutumes juives, des mentalités juives, certes, mais une civilisation juive, justement pas ; et ceci est même un trait distinctif essentiel de la judaïté depuis l’antiquité.
Où se trouveraient les pyramides juives, les ziggourats juives, le Parthénon juif… ? Le jeune Ogier peut-il me montrer un art juif conséquent et de portée universelle ? La Torah elle-même n’est pour une bonne part que compilations de mythes et de légendes sumériennes, akkadiennes et égyptiennes. Son originalité, chétive originalité, tient dans les récits d’un peuple éternellement « mal aimé », brimé, mais aussi constamment en guerre contre tout le monde et ceci jusqu’en son sein même, pour défendre un dieu tribal, pour ne pas dire de caste, foncièrement mauvais.
Certes parfois la Torah sait se faire poésie, mais cette poésie n’a rien d’unique en soi, elle est celle de tout le Proche-Orient semi-nomade des temps anciens. Jeune Ogier vous avez encore beaucoup à apprendre. En français, en histoire, en sociologie…
Soyons sérieux. L’extraordinaire en France, la France de 2016, est que la « grande » presse de ce pays consacre des articles, une vraie campagne de presse, en faveur d’un gamin de quinze ans qui publie sa « lettre de candidature »… émaillée de fautes de français.
Moi, je trouve même qu’il devrait recevoir des voix ! Si l’Académie a élu Finkielkraut, pourquoi pas Ogier ?
Il y a aussi le chanteur Eduardo, le blogueur Delaporte, et puis M. Arnaud-Aaron Upinsky…
On se demande un peu pourquoi Olivier Mathieu est « ridicule » de se présenter à de multiples élections académiques. Les autres, qui font la même chose que lui, voire se présentent encore plus souvent que lui, sont des génies ?
Curieux, ce pays, la France, où le seul candidat qui ne semble pas intéresser les journalistes est – quant à lui – un vrai écrivain.
Il s’agit d’Olivier Mathieu. Lequel publie, dans quelques jours, « Alain Finkielkraut l’immortel », avec une postface de Jean-Pierre Fleury.
Pour en finir (espérons…) avec ce sujet, il semble qu’actuellement, des tas de « rédacteurs » de Wikipédia s’occupent de l’article sur Olivier Mathieu. Des correcteurs frénétiques !
Vu que je suis son éditeur depuis pratiquement dix ans, je me crois en droit de faire entendre – rapidement – mon point de vue.
Les rédacteurs – au moins les rédacteurs récents – de cet article sont ou bien d’extrême droite (le nom de leurs pseudonymes, souvent, semble l’indiquer), ou bien de matrice « antifasciste » (comme on disait jadis).
Les premiers essayent de faire en sorte que leur lecture de l’œuvre d’Olivier Mathieu apporte de l’eau à leur(s) moulin(s), tandis que les seconds envisagent Olivier Mathieu seulement et exclusivement d’un point de vue idéologique. Ils se trompent tous !…
Bref, ni les uns ni les autres ne font une analyse d’Olivier Mathieu en tant qu’écrivain. Et les uns et les autres semblent en être restés à des épisodes, voire à un seul épisode « médiatique », donc passager et insignifiant (mais non sans conséquences), qui remonte désormais à plus de vingt-cinq ans.
Tout ce petit monde reproche à Olivier Mathieu d’être publié à compte d’auteur. Chose parfaitement fausse. Depuis 2007 et ses nombreuses publications sous l’enseigne des « Petits Bonheurs », ce n’est pas le cas. Et même si était exacte l’hypothèse selon laquelle Olivier Mathieu publierait à compte d’auteur, ce fut aussi le cas du premier tome de la « Recherche de temps perdu » de Marcel Proust, tandis que Nietzsche a dû vendre 300 (trois cents) livres de son vivant. Marcel Proust et Nietzsche, deux auteurs qu’apprécie Olivier Mathieu. Le seul ouvrage que Rimbaud a fait imprimer, à compte d’auteur, ne fut jamais payé ; il a fini des années plus tard par être vendu au compte-goutte par un libraire belge.
Enfin l’argument du nombre est tout ce qu’il y a de plus dénué de sens, de bon sens pour qui est un véritable amateur de littérature, de poésie, d’art. Dans d’autres domaines faut-il rappeler que Van Gogh n’a jamais vendu que deux tableaux de toute sa vie, dont un à une artiste-peintre belge. Et que « Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes » (Léo Ferré).
En d’autres termes, la qualité littéraire n’a rien à voir avec le mode d’édition, ni avec l’ampleur du tirage. L’Art n’a que faire du nombre, du moins l’art véritable qui élève. La moindre « bimbo » de la télé peut évidemment publier ses « mémoires » chez de « grands » éditeurs et en vendre des dizaines de milliers d’exemplaires (sans parler de tout ce qui finit au pilon), mais qu’est-ce que cela prouve ?…
Quelques-uns des internautes affirment que ma biographie d’Olivier Mathieu n’aurait eu « aucun écho ».
Outre le fait que je ne suis pas responsable du mauvais goût ambiant, je signale (mais j’ai d’autres exemples) qu’un critique littéraire comme Michel Marmin a parlé vers 2010 de cette biographie d’Olivier Mathieu dans le journal « Eléments », définissant alors Olivier Mathieu comme le « grand méconnu de la littérature française contemporaine ».
Sur Michel Marmin, voir :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Marmin
Tandis qu’Etienne de Montety a loué le talent poétique d’Olivier Mathieu en première page du « Figaro », en avril 2011, pour son « Eloge de Maurice Druon » publié, justement, par les Editions des Petits Bonheurs.
Est-ce cela que l’on peut appeler « aucun écho » ?
Il n’y a qu’une certitude, c’est qu’Olivier Mathieu, qui est avant tout pour ne pas dire exclusivement un écrivain, échappe à la compréhension des gens trop normés ou qui raisonnent selon des catégories toutes faites et en conformité avec l’air du temps.
Plus amusant encore, beaucoup des mêmes internautes qui expliquent (dans les pages de « discussion » de Wikipédia) qu’Olivier Mathieu n’a pas de talent littéraire semblent avouer ou avouent, entre les lignes voire ouvertement, qu’ils ne l’ont jamais lu…
Évidemment, s’il est un point sur lequel les rédacteurs d’extrême droite de Wikipédia et les rédacteurs d’anti – extrême droite semblent tomber tacitement d’accord, c’est pour taire les liens, les amitiés ou les collaborations d’Olivier Mathieu avec des journaux ou des gens de gauche… Or (et ma liste n’est pas complète) nul ne peut nier que sa grand-mère Marie de Vivier était communiste, que son grand-père était communiste, que son parrain Ferdinand Teulé fut dirigeant du « Musée du Soir » de la littérature prolétarienne, qu’Olivier Mathieu était grand ami dans les années 1980 avec un romancier communiste bruxellois, que les éditions des Petits Bonheurs ne sont certainement pas étiquetables à l’extrême droite, et que le meilleur ami d’Olivier Mathieu depuis 2001 (ou en tout cas l’un de ses meilleurs amis) est communiste !
C’en est cocasse de voir l’acharnement des fachos et des anti-fachos à essayer de tirer Olivier Mathieu chacun de leur côté…
Personnellement, je me refuse à participer à ce (mauvais) numéro de cirque.
Le dernier livre en date d’Olivier Mathieu, consacré à l’élection académique du 10 avril 2014 paraît dans trois jours, sous le titre « Alain Finkielkraut, l’immortel » et avec un sous-titre original, amusant et ludique.
Rappelons que, ce 10 avril-là, Alain Finkielkraut – qui est d’origine polonaise – fut élu à l’Académie française, face à Olivier Mathieu, candidat – d’origine belge quant à lui – qui se présentait sous le pseudonyme littéraire et ludique de « Robert Spitzhacke ». Qu’il suffise de noter rapidement que beaucoup d’académiciens – et plus généralement d’écrivains – aiment à employer des pseudonymes. Par exemple un autre Mathieu, Noël Mathieu, se fit appeler Pierre Emmanuel en littérature, ce même Pierre Emmanuel qui démissionna de l’Académie française quand y fut élu l’auteur belge Félicien Marceau (qui, lui, s’appelait à la naissance Louis Carette) auquel a succédé (fauteuil 21) Alain Finkielkraut.
Deux articles du livre sont d’ailleurs consacrés par Olivier Mathieu pour faire l’éloge de Romain Gary, le grand écrivain juif qui obtint le Prix Goncourt à deux reprises et, la deuxième fois, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.
Le livre d’Olivier Mathieu, « Alain Finkielkraut l’immortel », rassemble dans une première partie les articles parus, en mars 2014, sur le blog (toujours en ligne aujourd’hui, en 2016) « Médiapart ». Les articles y sont republiés, avec quelques rares corrections principalement – pour ne pas dire exclusivement – d’ordre typographique.
La seconde partie contient, elle, l’intégralité des articles parus à ce sujet sur ce blog (« Lequichotte ») en janvier 2016, articles eux aussi toujours disponibles en ligne.
S’y ajoute une postface (21 pages) totalement inédite de Jean-Pierre Fleury.
L’ouvrage, réservé aux bibliophiles et aux amants de la littérature française, ne se trouvera pas dans le commerce, s’agissant d’un livre publié par une toute petite maison d’édition qui n’a évidemment et malheureusement pas pignon sur rue.
Le livre, dont presque tous les textes à l’exclusion de la postface se trouvent en ligne sur Internet, rappelle les péripéties de l’élection à l’Académie française du 10 avril 2014 et s’achève par celles de l’intronisation de Finkielkraut, le 28 janvier 2016, sous la Coupole. En passant par divers épisodes médiatiques, comme l’intervention de Wiam Berhouma lors du « débat » (très consensuel !…) entre Finkielkraut et Cohn-Bendit.
On trouve aussi des épisodes plus ou moins connus de la biographie d’Alain Finkielkraut (par exemple ses critiques envers un film de Kusturica qu’il n’avait pourtant pas vu), et plus généralement une critique de ses positions philosophico-politiques.
Olivier Mathieu cite et rejoint par exemple les récentes déclarations de l’historien israélien Shlomo Sand. Voir, sur le site de L’Humanité : http://www.humanite.fr/shlomo-sand-quand-je-lis-finkielkraut-ou-zemmour-leur-lecture-de-lhistoire-je-suis-effraye-596563
Ajoutons, par souci d’exhaustivité, que l’ouvrage contient aussi une notice bio-bibliographique sur Olivier Mathieu ; et que d’un point de vue technique, il est illustré par exactement sept illustrations internes en noir et blanc, l’une – inédite à ce jour – qui représente Olivier Mathieu, et les six autres qui sont des caricatures de presse dont le sujet est l’Académie française, parues en France au dix-neuvième siècle, voire dans les toutes premières années du vingtième siècle. La même chose pour ce qui concerne les dessins (en couleurs) qui illustrent la couverture, dont l’un, assez fameux, caricaturait gentiment – il y a déjà beaucoup de temps de cela – l’académicien français Gabriel Hanotaux. Une illustration de la quatrième de couverture, elle, est extraite du n°302, du 12 janvier 1907, de « L’Assiette au Beurre », numéro sur « Le Respect » entièrement réalisé par Henri Jossot (1866- 1951).
Le livre d’Olivier Mathieu, consacré à ce que l’on a appelé « l’élection académique la plus médiatique de toutes » ou encore (cf. le journal « Causeur ») « le troisième tour des élections municipales », a donc pour sujet l’élection à l’Académie française d’un auteur, Alain Finkielkraut, qui a été réellement sur-médiatisé depuis quelques années, en France (voir par exemple : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151008.OBS7315/alain-finkielkraut-la-defaite-d-une-pensee.html )
De lecture facile, découpé en articles brefs et se lisant en somme comme un roman, le livre d’Olivier Mathieu mériterait croyons-nous de rester dans l’histoire et, à tout le moins, dans la « petite histoire » de l’Académie française.
On publiera ici, le moment venu, plusieurs articles et la postface sur le blog.
Voici d’ores et déjà quelques extraits de la postface.
Alain Finkielkraut, à la fin des années 1970, a publié un essai (intitulé «Le nouveau désordre amoureux») dans lequel il affirmait que les livres d’un certain Tony Duvert (qui se définissait ouvertement « pédophile » et revendiquait le fait d’avoir eu des « relations sexuelles » avec des enfants de… six ans) « devraient stimuler, susciter des vocations, dessiller les yeux » (signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Le nouveau désordre amoureux, Seuil, 1977, page 266).
En 1979, les mêmes auteurs reviennent à leurs amours pour Tony Duvert. Ils écrivent que ce dernier serait, selon eux, « en tant que pédophile, l‟héritier des grands mythes amoureux », parce qu‟il serait victime de « l’ordre collectif ancienne manière qui ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques… Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l‟amour ? Désirez-vous connaître l‟intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d‟un(e) enfant » (c’est écrit et signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, l’aventure, Seuil, 1979, page 91).
Notez bien. Il ne s’agissait pas même, pour Tony Duvert, d‟avoir éventuellement des histoires d‟amour, des histoires de sentiments, avec une jeune fille à laquelle, peut-être, eussent manqué quelques semaines pour qu’elle ait l’âge légal d‟avoir une relation. Non. Tony Duvert avait des relations avec des enfants de six ans.
Récemment, encore, Alain Finkielkraut a défendu le cinéaste Roman Polanski, qui avait été arrêté en Suisse pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure de 13 ans, en 1977 aux Etats-Unis. Sur France Inter, Alain Finkielkraut avait affirmé : « Polanski n’est pas le violeur de l’Essonne. Polanksi n’est pas pédophile. Sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n’a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation, n‟était pas une fillette, une petite fille, une enfant, au moment des faits ».
Je n’en sais rien, mais elle avait quand même treize ans…
Or que dit le règlement de l’Académie française ? Le règlement de l‟Académie dit : « Personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes mœurs, de bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions académiques. » (Statuts et règlements de l‟Académie française, 22 février 1635, article premier).
Maintenant, ce n‟est pas à moi de décider. Le protecteur de l’Académie française, c’est François Hollande. Si donc François Hollande estime que l‟ancien maoïste Finkielkraut (le maoïsme, au fait, combien de millions de morts?), si François Hollande estime que l‟ancien défenseur de Tony Duvert et le défenseur de Roman Polanski est « de bonnes mœurs, de bonne réputation et de bon esprit», alors je ne dis rien, moi.
Je vais simplement préfacer le livre d‟Olivier Mathieu qui, le 10 avril 2014, fut le candidat « anti-Finkielkraut » à l‟Académie française, sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke.
(…)
Bienheureux les simples d’esprit, le «royaume des creux » leur appartient !… J’emprunte l‟expression « royaume des creux » à un article d’Olivier Mathieu, article que l’on trouvera dans ce livre.
Bienheureux les simples d’esprit !… Le problème est qu’en France les simples d‟esprit sont légion, et que ceux qui ont quelque chose à dire n’ont pas le droit, jamais le droit à la parole que c‟en est pire que totalitaire, proprement grotesque.
Je pense qu’on est tombé depuis une éternité dans l’infantilisme philosophique, politique et médiatique. Et dans l‟anti-humanisme de l‟extrême-gauche à l‟extrême-droite. Si bien que les esprits du commun et les bonnes volontés sont totalement désemparés.
(…)
Alors quand un grain de sable, un petit grain de sable d’intelligence et de liberté d‟esprit vient se glisser dans la moulinette très bien huilée, actionnée par la main experte d‟un Pujadas dudit service public, ça devient drôle. On voit le Pujadas désemparé. J’imagine mal tous ces converseurs de salons mondains à la fois douillets et à fauteuils farcis d‟épines, confrontés un jour à la dure réalité des gens du peuple, à une grève quelconque, à je ne sais quelle catastrophe…
Puis, petit miracle, « miracle musulman » si je puis risquer cette expression, voilà qu‟une inconnue demande à Finkie, notre Finkie national tant aimé par tous les beaufs, voilà qu’une franco-maghrébine (beaucoup maghrébine, quel aplomb!) outrecuide, l’insolente, l’irrespectueuse ! Elle déroge à son rang d‟exclue, de sans-voix, de silence éternel. « Êtes- vous conscient de faire mal à la France ? » demande-t-elle en argumentant. Car en plus, elle sait s’exprimer, l’insolente, l’irrespectueuse ! Et voilà tout le landerneau médiateux qui en écume de rage. Et tous les tarés se déchaînent…
(…)
Jossot, le dessinateur, écrivait dans Le Fœtus récalcitrant : « Partout nous nous heurtons au respect : nous ne rencontrons que gens courbant l’échine, s’inclinant, s’agenouillant, se prosternant, s‟aplatissant les uns devant les autres. Quand, par extraordinaire, un individu est affligé d‟une épine dorsale sans souplesse, on le considère comme un sacrilège, un profanateur du tabou. On le regarde avec un religieux effroi, on fait le vide sur son passage ; c’est un pestiféré ; il a contre lui l‟opinion publique ».
Merci, alors, à Olivier Mathieu, pardon je voulais dire à Robert Spitzhacke, pour avoir parfumé l’élection au fauteuil de Félicien Marceau de poésie, d’humour et d’art polémique !
RESPECT AUX MAÎTRES
Respect aux vieux moules et aux vieilles moules.
***
– MATHIEU Olivier, « Alain Finkielkraut l’immortel », 257 pages, © février 2016, couverture en couleurs, sept illustrations internes. Postface inédite de Jean-Pierre FLEURY, docteur en sociologie.
Ne dites jamais : « Lœufaurie ! »
Mais plutôt : « Monseigneur le Pion ! »
Pour susciter son euphorie
Et ne pas lui damer le fion.
Les sieurs Morpion, Pion, Tartempion
Sans quart de ton, ni demi-ton,
Ont embouché leur mirliton,
Branlu tontaine et blancs roustons !
A la Cour du Pion Lœufaurie,
C’était bien souvent la folie
Entre AIGLE et THON, TAUPE et ROQUET,
RAT NOIR – tant d’animaux coquets !
Il fallait admirer ce zoo
Où tout ce petit monde en marche,
Très cher Noé, comme dans l’Arche
Biblique, en glissait sur les eaux !
Un jour, le Seigneur Lœufaurie
Joignit au bestiaire un PIGEON
(Et que personne ne s’en rie)
Pour crier qu’il eût eu raison !
Et lorsque vint le Mardi Gras,
Elle fut belle, oui, l’euphorie.
Autour du p’tit prof qui en rit.
Ciel ! Quel très joyeux broc à rats !
Pigeonneau chambra tout de go,
Essuyant sarcasme et furie :
« Ne jouons pas aux ahuris :
Spinoza a copié Bruno ! »
Triste fable de ce pauvre çon de Robert Pioche le PIGEON.
Mais maintenant, narrons la fable
Qui plaira à tous les éphèbes,
Véritablement admirable,
Du PIGEON pigeonnant la plèbe.
Si qui va au CHAT va à l’ANE,
Tel PIGEON aux yeux de CHAT vanne.
PIGEON, nouveau Plick ou Plock, lance
Une invitation au silence.
L’appel sur un crâne s’abat
D’un qui n’entre pas au débat,
Sorte de pierre qui débloque,
Crâne luisant où tout fait « floc ».
PIGEON se dit : « Voilà, je meurs ! »
Quelle minute de rumeur !…
Donc, le Mardi Gras achevé,
Bien aise d’être encore en vie,
Le PIGEON de plombs tout grevé
Rencontra le Pion Lœufaurie.
PIGEON voulut se faire entendre :
– « Je vois qu’on dresse en la Grand Place
La potence où l’on veut me pendre,
Cher Lœufaurie, ah ! Morne place ! »
– « Il vous faut monter au gibet.
Ce sera très bon pour la Cause ».
(Ce n’est pas même un quolibet,
Lœufaurie est bien tel qu’il cause !)
– « Il me faut monter au gibet ?
Ce sera très bon pour ta Cause ?
Loeufaurie, ah, comment tu causes ?
Toi, tu manques pas de toupet ! »
Pigeon bégaye et ne se raille.
– « C’est pour ça que j’ai pris la peine
Quand, pantin déguisé de paille
Comme une reine madrilène,
Je fus plombé vif dans l’arène
En un jeu plutôt dangereux ? »
– « Vous fûtes tant bien courageux »
Dit Lœufaurie à perdre haleine.
– « Pardonnez-moi, très docte Maître,
Mais je le dis à votre gloire »
(Fit le PIGEON sans se démettre),
« Si je n’ai mauvaise mémoire,
Vous m’avez fait souvent reproche
De vouloir jouer au martyr.
Or vous jurez, dur comme roche,
Qu’au martyre il me faut courir ? »
Grand illuminé à l’envers,
Lœufaurie a compris Rambo !
Lui, le plus beau de tous les beaux,
Qui a traduit Balzac en vers !
Le proprio du sens critique,
Le grand Lœufaurie en sa science,
Le prosateur de poétique
Prononça, ô Dieux, sa sentence !
– « Allez, tout droit, allez trimer » !
Le PIGEON, au premier abord,
Se sentit décontenancé.
Lœufaurie, ah! n’est point Debord.
« – Aller trimer ? » dit le pigeon.
« Vous pensez qu’après Mardi Gras,
Les travaux vont, comme des joncs,
Croître et se jeter en mes bras ?
Mais si j’avais rêvé carrière
A l’endroit ou bien à l’envers,
Aurais-je donc choisi l’ornière
D’aller (comme font à Anvers
Les géants monstres des bateaux
Donnés en spectacle à la ville)
Ruer si fort sur les tréteaux
Du plus grand des cirques serviles ! »
« – Le turbin est œuvre sublime,
PIGEON ! » conclut ce grand esprit.
« Le travail, oui, voilà la cime
De ce qui n’eut jamais de prix ! »
Quitte à donner dans l’euphonie,
PIGEON conclut : « Sire le Pion,
Pâle et soumis, faux oeuf au nid,
Me prenez-vous pour un couillon ?
Tel les beaux gueux, je ne peux être
Un libre salarié, un homme
Amant du plaisant tripalium.
Ma vie et mon métier sont : Lettres.»
Or entre-temps, PIGEON (en songe ?)
Se vit dire, en ris, par ROQUET
Qu’à l’HYDRE du hideux mensonge
Il avait rivé son caquet.
– « En ris, quel beau ROQUET rugit,
Quand la pensée lui surgit !
L’esprit, je crois, de Lœufaurie,
Donne aux roquets de l’euphorie !
Alors, osons cette hypothèse,
Sans médire ou l’ombre d’un cri,
C’est un savant docteur de thèse…
Va savoir ce qu’il a écrit ! »
Aussi, fort du ROQUET altier,
Un peu naïf, sans se méfier,
En condamné à l’échafaud
Pour qu’une nuit, il dorme au chaud,
Il se disait, notre PIGEON :
– « Il aura l’âme de colombe
Au soir, avant que la nuit tombe,
De me recueillir, vagabond. »
Et voilà le PIGEON qui sonne
A l’huis de ROQUET en personne.
– « ROQUET », adjure le Pigeon,
« M’ouvriras-tu donc ta maison
Pour une nuit, jusqu’au matin ? »
En ris, ROQUET est fort mutin.
– « Je ne peux point te recevoir »,
Dit-il, « bonne chance, au revoir ».
(Le PIGEON, seul).
– « C’est de la générosité ! »
Se dit le PIGEON, dépité.
– « Ca m’apprend, ciel, pour Mardi Gras,
A jouer au nouvel Hercule
En terrassant l’HYDRE aux cent bras,
Comme dit ROQUET ridicule ! »
Qu’en était-il des vieux serments ?
Le PIGEON se sentait très sot :
– « J’ai étranglé tous les serpents
Mis par Junon dans mon berceau !
Et l’HYDRE, je l’ai étêtée
Pour obéir à l’Euristée ! »
Un pauvre PIGEON, tout lépreux,
S’en fut alors l’espoir éteint :
– « Mais où sont rendus tous les preux ?
Mon âme et mon cœur ont chagrin ».
Lors, le PIGEON s’enfuit des lieux,
Sans au revoir et sans adieu,
Abandonnant Maître Morpion
Qui ne mêlait pas Roi et pions.
PIGEON insulta Dogme et Dieu
En termes (dit-on) très odieux.
On voudrait de lui repentance ?
Mais lui, niant la pénitence,
Dans ce moment extrême et vain
De solitude, et de grand doute
En la vertu de l’être humain,
Il se prit à rêver, sans doute.
Pour rien adepte de la Croix
Ou du Saigneur le Crucifié,
Il se voyait mal, pacifié,
Lynché menu, trop se fier.
« – Je vais me plaindre à LAVAUCRA :
Il m’aidera, la chose est sûre ».
Nenni ! LAVAUCRA plaide au poids :
« – C’est tant du dossier d’ouverture. »
La queue en berne et l’âme éteinte,
PIGEON fauché s’en fut, pitié,
Rêver d’un monde où l’amitié
Serait en or et non succincte.
Pendant ce temps, dans le prétoire,
Maître LAVAUCRA, pauvre poire,
Moi je vous dis ce que je crois,
Fait sa tirade à tire d’ailes,
Oui, d’ailes : « cro-â, croi-croi-croi ! »,
Plaidant la cause à ses bretelles.
Plus tard encor, à la criée,
PIGEON croisa Monseigneur THON.
Pas un morceau, pas un quartier,
Un THON entier, THON de saison.
Vêtu de la plus belle serge,
Quel beau poisson, là, qui émerge !
Ce génie a beaucoup de dons !
N’est-ce point un cherche-poisson ?
Hachant menu tout le néant
Qui loge en son esprit géant,
Le THON n’est point comme la Carpe.
Il est bavard en ses épîtres.
Ce musicastre de la harpe
Traite alors le PIGEON de « pitre ».
Beau THON est un poisson de luxe,
Très riche en « eurêka, fiat lux ! ».
Mais PIGEON n’est pas âne à son :
« – Or ça ! monsieur le beau poisson,
Sinistre donneur de leçons,
Epargne-moi ton hameçon !
Libre à toi de donner du « pitre »,
Mais je conclus donc mon chapitre
En te chambrant : toi, fameux THON,
Tu n’es point la moitié d’un çon ! »
Intermède des TAUPINS et du noble RUT BLANC DE BLANC ROT.
– « Dites, Monsieur, ce VIEUX TAUPIN
Vise au moins à Polytechnique ? »
– « Hélas non, c’est là qu’est la nique.
Il tourne en rond, le turlupin ».
– « Vous êtes révolutionnaire »,
Lui dit un psychiatre flatteur,
– « Oui, oui ». Cela fait le bonheur
De notre TAUPIN débonnaire,
Agitateur de stratégies
Qui jamais ne rugit, mais gît
En nébuleuses « tacquetiques »
À désarçonner des moustiques.
Fréquentant la sommité vile
Du RAT DES CHAMPS, au ras des villes,
Et des cerveaux de grand génie :
Michu, Piplet, tante Eugénie,
De solidaires ennemis,
Les tordus, retors les mieux mis
Qui, s’ils dirigeaient la musique,
Lui en feraient cracher sa chique.
Entends mon TAUPIN dispensant,
Comme un métronome au couvent,
Pathétiquement, dans la rue,
Des patenôtres décousues
Qui s’achèvent par la prière
De l’impôt révolutionnaire !
Et les TAUPINS, dans la BLANC RUE,
En leurs souliers laqués, se ruent
Sur des lieux communs consternants,
Tout gémissants de ruts en blanc.
Noble çon, Sieur blanc de la rue !
Le beau canular d’une mort,
Il le colporte tout d’abord
En un – évidemment blanc – rut.
A la nouvelle de la vie,
A son front pâlit la verrue
Qui est l’entier cerveau, ma mie,
Des « petits blancs » – blancs becs – de rue !
Chanson de RAT NOUEUX NOIR.
Et pendant que les Lœufauries
Gagnent fiérots leur bel argent
– Gage bourgeois d’esprits suris –
Sur le dos de « leurs » pauvres gens
(Gérard, Isidore ou Arthur,
Et Paul le roi de la culture),
Le RAT NOUEUX NOIR vit la lune
Au fond d’un cachot d’infortune.
Jadis, le RAT çon comme un jonc
Riait grassement du PIGEON…
Vingt ans plus tard, depuis son trou,
Il eut le culot, le RAT doux,
Reclus aux rais noirs d’un donjon,
De prier le pauvre PIGEON
De tremper sa plus belle plume
Dans l’encre, pour qu’il en parfume
Un article afin qu’il clamât
Solidarité pour le RAT.
– « Ma solidarité capote !
Tu peux te l’accrocher, mon pote !
Or, mon RAT doux, l’air que tu glanes
A pour résultat que tu planes !
Lors de mes heurts de Belle gicle,
Tu pinçais ton nez de bésicles ?
A toi de faire l’expérience
Des mandats d’entre pays rances !
Pense à moi en faisant le test
De dormir dans une forest,
Te leurrant que la ribambelle
De tes quatre-vingts chérubins
Te vaille de faire la belle.
Gonflé, le RAT NOUEUX NOIR, ben !
Rat noir et blanc rut, même çons :
La très amusante leçon ! »
Là-dessus, le PIGEON fila,
Choisissant toujours l’hérétisme,
Tel le goth évêque Ulfila
Qui ne nia pas l’arianisme,
Criant au nid, chantant partout,
Sur tous les tons, loin des égouts.
Messires Pion et Tartempion
Sans quart de ton, ni demi-ton,
Ont embouché leur mirliton,
Branlu tontaine et blancs roustons !
Amants du Vrai, ou… vrais morpions ?
En pseudo Castor et Pollux
Ils aiment tant donner le ton
Afin que bourgeois ne se luxe,
Car ce sont de très nobles gens
Et des cervelles merveilleuses
Que tous ces épatants sergents
Aux pensers de serge soyeuse !
Bon ALBON, nique la bonne haleine !
Qui sait ce que devient Albon,
Mon bon Albon, ce bon Albon
A la bonne haleine d’ivrogne ?
« Si PIGEON cause, qu’on le cogne ! »,
Disait Albon, trop bon Albon.
PIGEON chambra, Albon, mon çon
D’Albon qui les ongles s’en rogne.
Vingt ans après, mon Albon grogne
– Qui sait s’il en chie en ses pognes ? –
De n’avoir point eu la vedette
Pour déblatérer ses sornettes
A la bonne haleine, mardi
A bonne haleine rififi !
Niqué, peu sulfureux cocu,
Niqué, mon cocu bonne haleine,
Cheffaillon, aigu dard du C.U.L.,
A bon entendeur salut mène !
Oui, la belle « petite bande »,
Cœurs et cerveaux de contrebande,
Aigles noyés dans le pinard,
Pauvres Gagas, nigauds hagards,
Blancs ruts et ruts blancs et rats noirs,
Vous tous, voyants si peu voyous,
Ayez la bonté, voulez-vous,
D’aller vous faire… euh ! cuire un œuf,
Un œuf au four gros comme un bœuf,
Un œuf neuf, neuf, un œuf au riz !
Je vous chambre, et comme je ris !
Alliance de pauvres sonnés,
Gardez Dieu, s’il vous est… donné !
L’HYDRE a de beaux jours devant elle
Si l’on attend le printemps d’elle :
De l’HIRONDELLE ès euphories :
J’ai nommé le Maître au faux ris.
Olivier Mathieu
— Mire vuestra merced, respondió Sancho, que aquellos que allí se parecen no son gigantes, sino molinos de viento, y lo que en ellos parecen brazos son las aspas, que, volteadas del viento, hacen andar la piedra del molino.
— Bien parece, respondió don Quijote, que no estás cursado en esto de las aventuras: ellos son gigantes, y, si tienes miedo, quítate de ahí y ponte en oración en el espacio que yo voy a entrar con ellos en fiera y desigual batalla.
*
*
— Prenez donc garde, répliqua Sancho, ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, lesquelles, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.
— On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n’es pas expert en fait d’aventures : ce sont des géants, te dis-je et, si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille.
1.
Les rédacteurs de l’article sur Olivier Mathieu citent son pseudonyme d’Ange Lepaige… Ils commencent même l’article, pour ainsi dire, par là… mais sans indiquer où il l’a employé…
On va les aider. Il leur suffirait de lire ( http://www.fattore.com/GozziPresentation.htm ) :
« On lira ici Carlo Gozzi, le Vendéen de Venise, un roman historique qu’Ange Lepaige a publié, sous forme de feuilleton, dans le journal provincial français L’Echo d’Ancenis, organe de presse fondé en 1839. Signalons aussi que L’Echo d’Ancenis a publié (numéro 8373, 13 avril 2006, page 2), un article consacré à l’hommage rendu par Ange Lepaige, à Venise, le 4 avril 2006, le jour du bicentenaire de la mort de Carlo Gozzi. Le premier épisode de ce roman a fait son apparition dans L’Echo d’Ancenis numéro 8344 du jeudi 22 septembre 2005 ; le soixante-cinquième et dernier épisode est paru dans le même journal (numéro 8409, jeudi 28 décembre 2006). Pendant de longs mois, globalement de 2005 à 2007, ce même roman a été disponible sur le site Internet du journal L’Echo d’Ancenis, où il a reçu un nombre important de « visites » d’internautes. »
2.
Il manque presque toute la bibliographie des années 1978 à 1984…
http://www.fattore.com/BibliographieOlivierMathieu.htm
3.
Un certain nombre des œuvres d’Olivier Mathieu sont désormais (pas encore complètement correctement…) indiquées.
Il manque enfin tous les textes – une multitude de textes – publiés sur le site du jeune écrivain suisse Daniel Fattore, qui se trouvent ici (« Le Sacrifice » qui est un texte fondamental, « La chambre », « CL », « Un mari de merde », tous textes qui se trouvent en ligne) :
http://www.fattore.com/NouvellesLitteraires.htm
4.
Les rédacteurs de l’article assurent qu’un journal catho intégriste a annoncé la fausse nouvelle de la mort d’Olivier Mathieu en 2006, mais sans indiquer ni la source de l’information (c’était « Rivarol »), ni les excuses publiées par « Rivarol », ni les pseudo-historiens, les historiens amateurs et autres charlots d’extrême droite qui ont recopié la fausse nouvelle sans recouper le moins du monde l’information…
5.
Les rédacteurs pensent évoquer les convictions religieuses d’Olivier Mathieu, mais… sans indiquer son excommunication par débaptisation ! Un détail inutile à leurs yeux ? Débaptisation dont mon blog a pourtant parlé (je possède même la lettre originale de l’évêché confirmant l’excommunication).
6.
D’autres événements biographiques ne semblent nullement intéresser les « rédacteurs » de cet article, par exemple son mariage avec une enseignante de l’Université de Lyon entre 2004 et 2014 environ.
***
Voilà donc des gens qui établissent une bibliographie (qui contient toujours trois ou quatre erreurs grossières, énormes !…) où il manque une bonne vingtaine de titres (période 1978-1984, et les textes qui sont en ligne sur le site de Daniel Fattore).
Voilà des gens qui évoquent les « convictions religieuses » d’Olivier Mathieu mais… sans parler de son excommunication, ou sa vie intellectuelle mais… sans faire part de son mariage (d’une durée de dix ans) avec une universitaire française.
Et naturellement, ils se gardent aussi d’évoquer les poèmes qu’Olivier Mathieu a récemment publiés pour moquer les micro-milieux révisionnistes français… Des textes publiés dans le livre « les jeunes filles ont l’âge de mon exil »…
Encore un petit effort…
Secret 1.
Ecrivez des pages qui feront beaucoup de bien.
*
Secret 2.
Visitez-la par la porte principale et par tous ses dessous.
*
Secret 3.
Prenez de la hauteur.
*
Secret 4.
Invitez-la à manger à la Coupole, bien sûr.
*
Secret 5.
Soyez quelque peu cavalier.
*
Secret 6.
Soyez prêt à tirer (votre coup).
*
Secret 7.
Mais surtout, surtout, surtout, dansez comme à la Coupole.












