David Hamilton et ses jeunes filles, dans un monde de clones
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Une belle séance de photos
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/04/08/une-belle-seance-de-photos/
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MELODY/NOBUKO a Venezia, film di DAVID HAMILTON (2007) : L’estasi di un canto attraverso gli scorci dell’indimenticabile Venezia
Faut-il remonter à Manuel Valls pour comprendre QUI est responsable de NE PAS avoir protégé David Hamilton?
Publié le 8 avril 2017 par defensededavidhamilton
Le 25 novembre 2016, jour qui serait celui du décès du photographe d’origine britannique David Hamilton, le premier ministre en France était Manuel Valls, homme d’Etat d’origine espagnole, précédemment Ministre de l’Intérieur (16/05/2012 au 31/03/2014).
L’article art. 223-6 du code pénal (art. 63-1 de l’ancien code pénal) dit:
Art. 223-6
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.
Lorsque David Hamilton (fin octobre 2016) fat part de ses craintes pour sa vie, est-ce que les forces de l’ordre ne pouvaient et ne devaient pas, par leur action immédiate, et si elles avaient reçu des ordres immédiats de leur hiérarchie, porter assistance à David Hamilton?
L’article 121-310 du Code pénal prévoit qu’il y a délit en cas de « manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s’il est établi que l’auteur des faits n’a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait. »
Si la sécurité des citoyens est le premier devoir qui s’impose au gouvernement (on parle tant de protéger les citoyens contre le terrorisme, par exemple, comme le démontrent les défilés de soldats du « plan Vigie Pirate »), et si l’on veut bien se souvenir que la Déclaration des Droits de l’Homme est aussi celle du Citoyen, alors David Hamilton était un citoyen et…
Déclaration des Droits de « l’Homme ».
Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi.
Article 12
Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.
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Devoirs Généraux des fonctionnaires de la Police Nationale.
Article 8
Le fonctionnaire de la Police nationale est tenu, même lorsqu’il n’est pas en service, d’intervenir de sa propre initiative pour porter assistance à toute personne en danger, pour prévenir ou réprimer tout acte de nature à troubler l’ordre public et protéger l’individu et la collectivité contre les atteintes aux personnes et aux biens.
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Or on lisait ceci, le 27 octobre 2016, un mois avant la mort de David Hamilton.
Faites comme moi, faites des captures d’écran de cet article !
Une agence d’information d’un pays voisin et francophone notait que David Hamilton et / ou ses proches avaient peur que le photographe ne finisse comme John Lennon, qu’il n’avait pas d’enfants et qu’il avait 83 ans, et que le même Hamilton ne voulait pas qu’on dise où il habitait. Il avait donc peur.
Un homme qui a l’intention de se « suicider » demande-t-il à ce qu’on tienne secret son domicile? Evoque-t-il le meurtre de John Lennon?
Cet article a-t-il pu échapper à la supervision de la part de services de la police? Comment se fait-il qu’aucun journal, absolument aucun, n’ait repris ces informations?
Comment explique-t-on que les journaux aient vu un « aveu » dans le suicide de David Hamilton, après avoir passé sous silence qu’il ne voulait pas finir comme John Lennon?
Qu’a fait la police, et qu’a fait le premier ministre Valls?
LARBINS DE L’IMPÉRIALISME OU ESPRIT LIBRE ET NON-ALIGNÉ ?
Les États-Unis viennent une fois de plus de violer les statuts de l’ONU en décidant unilatéralement de bombarder la Syrie libre, je veux dire : hors des domaines encore entre les mains du terrorisme américano-islamique. Le pantin Trump vient de renier son récent engagement à œuvrer à la paix en bonne entente avec la Russie et à se désengager des affaires intérieures de la Syrie.
Comme d’habitude, la propagande (qui ne trompe plus grand monde) évoque les armes dites chimiques. Données invérifiables et quand bien même, ne donnant aucun droit particulier d’intervenir ! Comme si d’ailleurs il était pire de mourir salement de la chimie que proprement d’une bombe « classique ». Ce pays dirigé par les gens les plus cyniques et hypocrites, près à tout et à toutes les violations des accords internationaux comme son allié objectif Israël, ce pays premier à utiliser tout un tas d’armes les plus destructrices et meurtrières qui soient, ce pays qui est en état de guerre permanent depuis des décennies (bien évidemment hors de chez lui), ce pays colonialiste et qui fut par le passé génocidaire des amérindiens n’a de leçon à donner à personne, et n’a encore moins à répondre à une supposée barbarie par une autre barbarie, et celle-là bien réelle.
Dans le concert national de la campagne présidentielle, j’ai entendu à ce propos les interventions de six des candidats.
Macron, approuve et serait partisan d’en faire encore bien plus. Là, son programme est bien net.
Fillon serait partisan de résoudre cette guerre par un accord politique on ne sait trop entre qui et qui.
Hamon de même, est pour un accord politique, à cette nuance près qu’il demande une résolution de la guerre par l’éviction dudit régime d’El-Assad !
Mélenchon vaseux a mis le compte de l’intervention américaine sur le dos de Merkel !
Le Pen a évoqué, et c’est tout, les leurres et les mensonges nord-américain pour justifier de la guerre déjà contre l’Irak.
Les trois premiers sont objectivement les petits toutous de l’impérialisme. Et les deux derniers me semblent bien timorés et un peu courts.
Par contre, Asselineau, nettement plus complet et cohérent, a été le seul a clairement dénoncer l’illégalité de l’action américaine et son irresponsabilité, rappelant les propagandes diverses passées pour justifier « moralement » de telles interventions. Il approuve l’attitude russe ainsi que la prudence chinoise. Et a rappelé encore une fois que s’il était élu, donc si la France quittait ladite Union Européenne et l’OTAN, il respecterait scrupuleusement les statuts de l’ONU dans un esprit non-aligné et de détente. Et d’indépendance nationale. Enfin, pour être complet, il a dénommé Trump, « le Tsipras américain ». Tsipras, ce premier ministre grec, à la fois ami de Macron et de Mélenchon, qui a organisé un référendum sur la dette publique grecque, sur lequel il s’est assis, pour signer un accord avec les créanciers de la Grèce. Assis comme la majorité des députés de droite et de gauche français suite au référendum de 2005 d’ailleurs.
David Hamilton, victime de la damnatio memoriae
Un monde qui décerne le prix Nobel de la « Paix » à Barack Hussein Obama (et bientôt à Trump?),
un monde où l’on voit François Hollande décréter que les Etats-Unis ont « bien » fait d’envoyer leurs missiles sur la Syrie (alors qu’affaiblir la Syrie, c’est par ailleurs affaiblir la lutte contre l’ISIS),
un monde où des missiles des Etats-Unis (qui ont déclaré et / ou mené pratiquement toutes les guerres du XXe siècle et de celui-ci, je le rappelle) tuent des enfants innocents sous prétexte de « venger » d’autres enfants pareillement innocents,
un monde où l’ONU n’a plus aucun rôle, un monde où le président américain ne demande même plus l’avis du Congrès américain pour aller bombarder la Syrie (membre de l’ONU),
un monde où l’on répond aux « crimes de guerre » (réels ous supposés) par d’autres crimes de guerre,
un monde où les peuples (par exemple le peuple palestinien) n’ont aucun droit à l’autodétermination,
un monde où les Etats-Unis ont recommencé à jouer aux « gendarmes du monde », et ont recommencé le 6 avril, et ce ne peut être un hasard, cent ans jour pour jour avant leur entrée dans la première guerre mondiale,
un monde qui décerne le prix Nobel de littérature à un chantailleur sans voix du nom de Robert Zimmerman (dit Bob Dylan), dont les textes sont à mon avis (j’espère avoir le droit de le dire) d’une pathétique nullité,
un monde qui « protège » (contre qui, contre quoi?) des écrivaillons « fameux » mais qui n’a nullement protégé David Hamilton, 83 ans, quand ce dernier disait publiquement qu’il sentait sa vie menacée,
un monde où l’on apprend qu’en Suède plus de 150 personnes viennent de se faire volontairement implanter sous la peau un « microchip »,
un monde où la NSA espionne toutes les communicatons de tout le monde,
mais un monde où personne ne réagit plus à rien,
ce monde sur lequel souffle le vent (pour mon odorat fétide) des néoconservateurs, de la médiocrité, de l’inversion des valeurs, du puritanisme,
ce monde est un monde depuis longtemps fini.
Et que dire d’un pays qui risque d’avoir à « choisir » entre Macron et Le Pen,
pays où par ailleurs on ne sait (officiellement) encore rien, par exemple, sur les meurtres de Boulin et de Fontanet, sans parler de la fin (atroce) de Khadafi?
On est dans un monde où trop souvent le beau est appelé laid, où le mensonge est appelé vérité, où les nullités sont appelées « écrivains », tandis que les vrais écrivains et les vrais artistes, les vrais penseurs, depuis bientôt un siècle, sont méconnus, ostracisés ou vilipendés, quand ils ne sont pas assassinés – ou voués à la damnatio memoriae.
Tout cela donne envie de se replonger dans le monde de David Hamilton.
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Bêtise abyssale ou mauvaise foi? « David Hamilton enlevait » (sic) des petites filles de douze ans »…
Publié le 7 avril 2017 par defensededavidhamilton
Dans Libération, 18 juillet 2013, article signé Anne Diatkine.
On lit…
« En 1976, le critique d’art du Figaro s’émeut «des hanches encore enfantines» et compatit à propos de «l’horrible douceur d’un enfer» vécu par David Hamilton, et avant lui par «Carroll et Nabokov», il faut quand même des garants. Cinq ans plus tard, une journaliste de Elle décrit sans malice, «Mia, 12 ans», dernière proie du «chasseur», dont elle raconte l’enlèvement à la sortie de l’école ».
Diantre… Si Madame Diatkine sait écrire, et si les mots ont un sens, David Hamilton aurait donc enlevé une petite fille du prénom de Mia, 12 ans, à la sortie de l’école…?
Et ces faits auraient été rapportés »sans malice » (?) par une journaliste du magazine Elle, cinq ans après 1976 donc en 1981 (selon Madame Diatkine).
Elle n° 1976 (1983)
Malheureusement, Madame Diatkne n’a peut-être jamais même lu l’article en question.
Je pense en effet, pour ma part, que c’est un article paru dans le n° 1976 du journal Elle. Et Madame Diatkine a confondu: elle a écrit 1981, parce que 1976 + 5 = 1981.
Mais non, chère Madame, le n° en question est de 1983, pas de 1981…
Madame Diatkine a donc vu non pas l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu (etc.), mais elle a lu un article d’une journaliste qui, toujours selon Madame Diatkine, raconterait l’enlèvement à la sortie d’une école d’une enfant de douze ans… Mais Mme Diatkine n’est pas capable d’en indiquer correctement l’année de parution. A-t-elle jamais lu l’article en question?…
Dans Le Point, en novembre 2016, une autre journaliste, cette fois, ne se trompe pas sur la date: elle indique correctement 1983, pour dater l’article dans Elle.
Lisons: « En 1983, une journaliste de Elle raconte dans un article assez grinçant que la dernière recrue du photographe britannique n’a que… 12 ans, et qu’il a littéralement enlevé la gamine à la sortie de son collège, chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans le coffre de sa voiture… »
C’est ici:
Et dès le lendemain (novembre 2016), plusieurs blogs reprennent « l’info », textuellement. Le blog qui suit parle « d’un » journaliste, et assure que la « dernière modèle » de David Hamilton avait 12 ans… Bref, que Hamilton n’a plus eu de modèles après 1983…
http://www.legossip.net/david-hamilton-a-journaliste-avez-calendriers-moi-jai-filles/279633/
Cherchez sur Google les mots, et placez-les entre guillemets : « chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans le coffre de sa voiture«
Des dizaines, des CENTAINES de sites ont recopié cette phrase, sans la moindre enquête, sans le moindre recoupement…
Je résume: un article de 1983 est cité par Libération (qui le situe en 1981) puis par Le Point, puis par des dizaines de blogs.
Il est évidemment plus que douteux que David Hamilton ait jamais « enlevé une fillette de 12 ans », « au vu de tous », « devant son école »… C’est là quelque chose que les parents, ou la police, n’auraient pas pu laisser passer. Invraisemblable.
Et donc, un écrit journalistique de 1983 déformé d’un journaliste à un autre jusqu’aux blogueurs… et à l’opinion publique…
Nostalgie de la civilisation européenne et de David Hamilton
Publié le 7 avril 2017 par defensededavidhamilton
J’apprends avec tristesse ce matin, mais sans stupeur hélas, que les Etats-Unis de Donald Trump ont attaqué aujourd’hui la Syrie. Il s’agirait d’une représaille à une attaque qui aurait été perpétrée avec des « armes chimiques » par le gouvernement syrien. Je ne suis pas spécialement un partisan du président syrien. Je n’ai rien ni pour ni contre lui. En revanche, je crois et j’ai toujours cru au droit des peuples à leur autodétermination.
En d’autres termes, je suis anticolonialiste et je voudrais que chaque peuple – tous les peuples, y compris le peuple syrien ou le peuple palestinien – dispose d’un choix libre et souverain de déterminer la forme de son régime politique, indépendamment de toute influence étrangère en général et américaine en particulier. Le problème est donc, ici, que le gouvernement syrien a nié un tel emploi d’armes chimiques, que la Russie aussi a parlé de « fake news », et que Trump n’a demandé ni l’accord de l’ONU ni celui du Congrès américain. Pas très « démocratique » tout ça.
Faut-il s’en étonner? L’idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, une belle idée, n’a jamais profité qu’à quelques peuples, mais pas à d’autres. Rappelons, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, l’interdiction faite aux germanophones d’Autriche-Hongrie de s’unir à la République de Weimar.
Cette idée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les États-Unis ne l’ont jamais ratifiée ou adoptée. Et l’article 22 du Pacte de la vieille Société des Nations racontait la chanson (en somme, assez « trumpienne » ou « trumpiste », comment dit-on?) d’une « mission sacrée de colonisation » (sic). Le premier paragraphe de l’article postulait qu’il existait « des peuples non encore capables de se diriger eux-mêmes dans les conditions particulièrement difficiles du monde moderne. Le bien-être et le développement de ces peuples forment une mission sacrée de civilisation».
Euh… la « civilisation », c’est Elvis Aaron Presley, Marilyn Monroe et le Big Mac?… Je pense quant à moi que la civilisation, non, ce n’est pas l’Occident. C’était nettement davantage David Hamilton et les innombrables références photographiques et picturales européennes qui étaient les siennes.
Aujourd’hui encore, c’est bien de cela qu’il s’agit: il s’agit d’occidentaliser le monde, de l’américaniser, de le coloniser. Déjà « l’accord des zones d’influence », contresigné par Churchill et Staline à Moscou dès le 9 octobre 1944, soumettait plusieurs pays européens à une tutelle de type quasi-colonial, et qui juridiquement ne restaient guère que sur le papier des sujets de droit international. Pour ne parler que de cela, l’établissement de la frontière occidentale de l’Union soviétique sur la ligne du pacte Hitler-Staline de 1939, le partage de l’Europe en zones « d’influence » ou le déplacement de la Pologne de 300 kilomètres vers l’ouest contredisaient le droit des peuples, en particulier des peuples vaincus, à disposer d’eux-mêmes. Il en va pareillement, aujourd’hui, en ce qui concerne la Grèce, pays littéralement acheté par l’UE qui, elle-même, n’est au fond que l’alliée pour ne pas dire la collaboratrice docile des Etats-Unis.
Applaudi chaudement par Israël (l’unique pays au monde qui poursuive encore aujourd’hui une politique de colonisation, en ignorant maintes résolutions de l’ONU, tout en occupant par ailleurs militairement depuis des dizaines d’années la région syrienne du Golan) et par la Grande-Bretagne, ses alliés traditionnels, Donald Trump a déclaré son opposition à l’emploi des armes chimiques et son amour des enfants, une déclaration avec laquelle je serais d’accord sur le principe, mais qui est pratiquement « drôle » (si l’on peut dire) si l’on pense aux « armes chimiques » attribuées à Saddam Hussein, et surtout aux millions de morts provoqués, au XXe siècle, par les armes chimiques américaines par exemple au Vietnam. Si les Américains n’avaient pas inventé, créé et diffusé, puis vendu dans le monde entier tant d’armes chimiques, les choses iraient peut-être mieux. On pense raisonnablement, par exemple, qu’au Vietnam 4,8 millions de personnes ont été exposées aux herbicides qui ont fait 3 millions de victimes dont au moins 150.000 enfants… Mais il ne doit pas s’agir d’un crime de guerre (ou contre l’humanité), ont expliqué les Américains : ils ont refusé de juger l’utilisation de l’agent orange…
De vilains temps s’annoncent pour le monde, je le crains, quand un chef d’Etat – Donald Trump – se démontre donc capable d’attaquer n’importe quel pays, et cela sans même l’accord de l’ONU ou de son propre Congrès. Demain, à qui le tour? La Corée du Nord? L’Iran? Et puis?
Malheureusement, il me faut ici établir un parallèle avec l’affaire David Hamilton, où l’on a vu que des accusations étaient portées contre le grand photographe, qu’il les rejetait (tout comme le président syrien rejette les accusations portées contre lui), mais que des journalistes continuaient à l’attaquer, sans davantage respecter la déontologie journalistique que Donald Trump ne respecte l’ONU ou l’opinion du Congrès américain. Le monde de demain sera-t-il donc, décidément, celui du plus « fort »?
Hélas, le risque est grand. Car où est exactement la différence entre le président nord-coréen, par exemple, qui lance ses missiles sans l’accord de l’ONU (et dont la plupart tombent dans la mer) et le président américain qui lance les siens, lui aussi, sans accord de l’ONU? J’entends par là: comment fera-t-on pour reprocher au président nord-coréen de se passer de l’ONU, si on fait la même chose que lui? Décidément, que restera-t-il demain de liberté et de « démocratie »? Ces deux concepts n’auraient-ils pas mérité une autre définition, un autre respect, une autre mise en pratique? Il est fort tard désormais…
Le capitalisme (qui, à la fin, a vaincu au Vietnam puisque ce même capitalisme s’y est installé, qu’on le veuille ou non) veut la guerre, parce que le capitalisme, c’est la guerre. Va-t-on vers une guerre? S’y dirige-t-on même rapidement? Je crains que oui. A quand des frappes sur la Corée du Nord? Des frappes de quel type, d’ailleurs? Et quelle sera la réaction de la Chine?… A quand – pourquoi ne pas envisager aussi un tel scénario? – une reprise de l’embargo, des menaces ou des agressions contre l’Iran? Et la Russie? Veut-on porter la Russie à la guerre? C’est un triste destin qui se dessine, je le crains, pour l’Europe.
Pendant la seconde guerre mondiale, en tout cas en Europe, aucune arme chimique ne fut employée par les belligérants après la déclaration de la guerre, en septembre 1939, par la France et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, et cela en raison du caractère nouveau de la campagne de la Blitz Krieg. Mais désormais, si une nouvelle guerre devait frapper l’Europe (et que ce soit dans un mois, dans un an ou dans dix ans), qu’en sera-t-il?
Tout cela tandis que l’on se dirige, en France, vers la probable présence, au second tour, de Le Pen qui, si l’on considère à quels adversaires elle est confrontée, devient presque crédible aux yeux de beaucoup (pas aux nôtres, que l’on se rassure).
A se demander, de plus en plus, si l’élection « surprise » de Trump, et pourquoi pas celle de Le Pen, ne répondent pas aux désirs et aux desseins des « élites » – des élites capitalistes – actuelles.
Tout cela ne serait pas arrivé si l’on avait accordé, justement, le droit à l’autodétermination de tous les peuples, en Europe et hors d’Europe…
L’époque de David Hamilton est décidément loin. Très loin. Hélas… Il vaudrait mieux dire: son intemporalité.
Car sans doute l’époque de David Hamilton n’a-t-elle jamais existé dans « la » réalité. Ses jeunes filles n’ont jamais guère existé, sauf fugacement, ou dans son univers, dans son imagination, ou dans celle de quelques poètes…
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J’acquiesce entièrement au présent texte.
Il y a peu d’années, un criminel de guerre, en guerre permanente contre plusieurs pays, nommé Barack Hussein Obama a reçu le prix Nobel de la Paix. Il faut dire qu’il s’agit d’une conception toute nobélienne de la paix, puisque Nobel, chimiste du mal, fut rien de moins que fabricant d’armes et inventeur de la dynamite.
Finalement comment s’en étonner à l’heure de l’inversion des valeurs, de la déliquescence morale totale et de la barbarie de notre fin de civilisation. La bête immonde, je veux dire l’empire mondialiste occidental a du plomb dans l’aile et se débat comme il peut. Part en quenouille. Avec toute sa violence bestiale. Mais le processus peut prendre plusieurs générations. Et en attendant, l’on va au-devant d’aberrations gigantesques.
Trump n’a donc pas mis longtemps à se faire manipuler et à s’aligner sur le complexe militaro-industriel impérial. Cela intervient juste quelques jours après que son compatriote, un chantailleur et poétaillon, accessoirement pacifiste du moins autrefois, nommé Robert Allen Zimmerman, dit Bob Dylan, a reçu « à huis clos » (!), un prix Nobel de littérature grotesque. Tout se tient !
L’hypocrisie et le mensonge intégral gouvernent le monde occidental. Et l’incommensurable médiocrité inhumaine.
Je ne savais pas que bombarder (en gros lâches et gros salopards technologistes, en contradiction avec lesdites « lois de la guerre », et en toute ingérence) des populations civiles d’un autre pays, et plus généralement des êtres humains otages pouvaient montrer quelque volonté d' »humaniser la guerre », de dénoncer la prétendue barbarie du camp adverse, ou montrer quelque sentiment d’affliction ou de compassion envers les victimes (quelles qu’elles soient) de ce meurtre gigantesque d’un peuple organisé, de concert, par la racaille suprémaciste occidentale et les ordures prétendument « islamistes ».
Au cas où certains ne l’auraient pas encore compris, il s’agit de mettre à la botte des occidentaux un pays d’importance sur l’une des routes du gaz. Et accessoirement de détruire le patrimoine de l’un des berceaux majeurs de la civilisation.
Les dirigeants, mais aussi les populations des États-Unis ne comprendront quelque chose que le jour où ça sera leur propre pays (un pays volé aux amérindiens ne l’oublions pas) qui sera à feu et à sang. Ça viendra, et très probablement par le Sud, mais aussi du cœur même des grandes villes. Les bunkers, même les plus solides, ne sont pas éternels.
Trump tu as commencé, et bien rapidement, à tromper ton monde et tes électeurs. Et tous les êtres humains (dans les deux sens du terme) en général.
L’illusion a été de très courte durée.
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À LIRE ENCORE
6 avril 1917 – 6 avril 2017: mauvais anniversaire pour la paix dans le monde
Élection présidentielle (suite, encore)
Abordons maintenant le dernier trio des candidats élyséens, tout en en restant à l’essentiel de ce qui nous occupe et préoccupe en, et par, cette élection.
D’abord Jacques Cheminade.
De Cheminade nous dirons que le personnage politique à éclipses est pour le moins bizarre autant qu’étrange. Retenons ces quelques éléments parmi bien d’autres :
– Il fut dans les années quatre-vingt le secrétaire général du POE, le Parti Ouvrier Européen qui n’avait d’ouvrier que le nom ; et que très généralement on place à l’extrême-droite dudit échiquier politique. Et ses références à Marx et à Lénine n’y changeaient rien. Si l’on veut risquer une comparaison, c’est un peu comme de nos jours lorsque la revue de ladite « nouvelle droite » « Éléments » récupère tout un tas d’auteurs dits de gauche ou plus encore, jusqu’à Debord y compris.
– Il critique depuis longtemps la Finance internationale (ou du moins une partie d’entre elle), comme peut le faire quelqu’un d’extrême-droite, c’est-à-dire dans la lignée de gens tel que Henry Coston. Aux dernières nouvelles « partisan d’un monde sans la City ni Wall Street » (sic), critique de la Réserve fédérale américaine et plus récemment du FMI, il serait partisan d’un nouveau système monétaire international basé sur l’étalon-or, et prônerait une banque à l’exportation française du genre de celle qui existe aux États-Unis depuis 1945, l’Eximbank, agence de crédit aux exportations américaines. Autrement dit, il milite pour un affaiblissement du capitalisme nord-américain au profit du reste du capitalisme mondial, rien d’autre.
– Adorateur ou plus exactement adulateur benêt-béat de la technique, du « technologisme », il prônait dès les années quatre-vingt la réouverture de 120 centrales nucléaires rien qu’aux États-Unis (on se demande pourquoi, n’étant pas américain, d’ailleurs). Plus récemment, le pitre voulait coloniser la Lune pour en faire « une base pour la production d’énergie par la fusion thermonucléaire contrôlée » (sic) et plus récemment encore, et pour les temps prochains, coloniser Mars ! C’est dire son ignorance crasse de ce qu’est l’espace qui nous entoure. Déjà (contrairement aux allégations américaines grotesques que les États-Unis aient réalisé des voyages humains vers et sur la Lune) on est incapable, en l’état de la technique, de passer la « double ceinture de Van Allen » radioactive liée au magnétisme terrestre qui entoure notre Terre, plus la troisième, née depuis, des essais nucléaires nord-américains dans l’espace.
– Girouette politique, Cheminade appela à voter Giscard en 1981 car plus pro-nucléaire que Mitterrand et pas du tout enclin à avoir des ministres dits « communistes » (de nos jours, devenu jauressien et gaulliste (sic) il est pour un rapprochement avec la Russie). En 2007, il déclarera voter au premier tour pour Royal et en 2012 au second tour pour Hollande. En 2005, il fait campagne pour le « non« au référendum sur l’Europe tout en proposant une « autre Europe », déclarant que compte tenu de la démographie française (sic) il fallait favoriser l’immigration facteur de « dynamisme social » ! Évoquant « accueil et codéveloppement » comme étant « la mission universelle de la France » ! Traduit en langage courant : colonialisme interne et colonialisme externe, pour le plus grand profit du capitalisme français et autre.
– Ajoutons pour finir que, lui non plus, ou plutôt lui aussi, n’a pas échappé à la justice, nous évoquerons ici (années 84-86) l’affaire la plus grave, scandaleuse, d’abus de faiblesse (ressemblant un peu à celle de Le Pen qui hérita d’un certain Hubert Lambert des ciments du même nom, être diminué, mort alcoolique et sans héritier direct à quarante-deux ans). Avec trois complices, Cheminade se fera remettre près d’un million deux cent mille francs d’une personne âgée, elle également diminuée, pour le POE précédemment cité, la Fondation pour l’énergie de fission (son obsession) et la Coalition anti-drogue (un autre de ses dadas, celui-là plus respectable). Condamné avec les trois autres, à rembourser la famille spoliée de son héritage, ainsi qu’à quinze mois de prison avec sursis, en 1992, sa peine fut réduite en 1996 à neuf mois avec sursis, ce qui lui permit de bénéficier rétroactivement de la loi d’amnistie du 3 août 1995.
à suivre : Nicolas Dupont, dit Dupont-Aignan
Hardi çon et flaflas de la calomnie
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/04/06/hardis-con-et-flaflas-de-la-calomnie/
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Quand Poupette lavait sa layette en famille
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La conduite de Poupette
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Tourne, tourne Poupette, autour de moi
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Poupette a des remords?
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Poupette aurait un coeur !
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Le cas nu du cul nu du cul nul
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Guy de Maupassant
in Contes du jour et de la nuit (C. Marpon et E. Flammarion, [1885])
ADIEU
Les deux amis achevaient de dîner. De la fenêtre du café ils voyaient le boulevard couvert de monde. Ils sentaient passer ces souffles tièdes qui courent dans Paris par les douces nuits d’été, et font lever la tête aux passants et donnent envie de partir, d’aller là-bas, on ne sait où, sous des feuilles, et font rêver de rivières éclairées par la lune, de vers luisants et de rossignols.
L’un d’eux, Henri Simon, prononça, en soupirant profondément :
— Ah ! je vieillis. C’est triste. Autrefois, par des soirs pareils, je me sentais le diable au corps. Aujourd’hui je ne me sens plus que des regrets. Ça va vite, la vie !
Il était un peu gros déjà, vieux de quarante-cinq ans peut-être et très chauve.
L’autre, Pierre Carnier, un rien plus âgé, mais plus maigre et plus vivant, reprit :
— Moi, mon cher, j’ai vieilli sans m’en apercevoir le moins du monde. J’étais toujours gai, gaillard, vigoureux et le reste. Or, comme on se regarde chaque jour dans son miroir, on ne voit pas le travail de l’âge s’accomplir, car il est lent, régulier, et il modifie le visage si doucement que les transitions sont insensibles. C’est uniquement pour cela que nous ne mourons pas de chagrin après deux ou trois ans seulement de ravages. Car nous ne les pouvons apprécier. Il faudrait, pour s’en rendre compte, rester six mois sans regarder sa figure — oh ! alors quel coup ?
Et les femmes, mon cher, comme je les plains, les pauvres êtres. Tout leur bonheur, toute leur puissance, toute leur vie sont dans leur beauté qui dure dix ans.
Donc, moi, j’ai vieilli sans m’en douter, je me croyais presque un adolescent alors que j’avais près de cinquante ans. Ne me sentant aucune infirmité d’aucune sorte, j’allais, heureux et tranquille.
— La révélation de ma décadence m’est venue d’une façon simple et terrible qui m’a atterré pendant près de six mois… puis j’en ai pris mon parti.
— J’ai été souvent amoureux, comme tous les hommes, mais principalement une fois.
Je l’avais rencontrée au bord de la mer, à Étretat, voici douze ans environ, un peu après la guerre. Rien de gentil comme cette plage, le matin, à l’heure des bains. Elle est petite, arrondie en fer à cheval, encadrée par ces hautes falaises blanches percées de ces trous singuliers qu’on nomme les Portes, l’une énorme, allongeant dans la mer sa jambe de géante, l’autre en face, accroupie et ronde ; la foule des femmes se rassemble, se masse sur l’étroite langue de galets qu’elle couvre d’un éclatant jardin de toilettes claires, dans ce cadre de hauts rochers. Le soleil tombe en plein sur les côtes, sur les ombrelles de toute nuance, sur la mer d’un bleu verdâtre ; et tout cela est gai, charmant, sourit aux yeux. On va s’asseoir tout contre l’eau, et on regarde les baigneuses. Elles descendent, drapées dans un peignoir de flanelle qu’elles rejettent d’un joli mouvement en atteignant la frange d’écume des courtes vagues ; et elles entrent dans la mer, d’un petit pas rapide qu’arrête parfois un frisson de froid délicieux, une courte suffocation.
Bien peu résistent à cette épreuve du bain. C’est là qu’on les juge, depuis le mollet jusqu’à la gorge. La sortie surtout révèle les faibles, bien que l’eau de mer soit d’un puissant secours aux chairs amollies.
La première fois que je vis ainsi cette jeune femme, je fus ravi et séduit. Elle tenait bon, elle tenait ferme. Puis il y a des figures dont le charme entre en nous brusquement, nous envahit tout d’un coup. Il semble qu’on trouve la femme qu’on était né pour aimer. J’ai eu cette sensation et cette secousse.
Je me fis présenter et je fus bientôt pincé comme je ne l’avais jamais été. Elle me ravageait le cœur. C’est une chose effroyable et délicieuse que de subir ainsi la domination d’une femme. C’est presque un supplice et, en même temps, un incroyable bonheur. Son regard, son sourire, les cheveux de sa nuque quand la brise les soulevait, toutes les plus petites lignes de son visage, les moindres mouvements de ses traits, me ravissaient, me bouleversaient, m’affolaient. Elle me possédait par toute ma personne, par ses gestes, par ses attitudes, même par les choses qu’elle portait qui devenaient ensorcelantes. Je m’attendrissais à voir sa voilette sur un meuble, ses gants jetés sur un fauteuil. Ses toilettes me semblaient inimitables. Personne n’avait des chapeaux pareils aux siens.
Elle était mariée, mais l’époux venait tous les samedis pour repartir les lundis. Il me laissait d’ailleurs indifférent. Je n’en étais point jaloux, je ne sais pourquoi, jamais un être ne me parut avoir aussi peu d’importance dans la vie, n’attira moins mon attention que cet homme.
Comme je l’aimais, elle ! Et comme elle était belle, gracieuse et jeune ! C’était la jeunesse, l’élégance et la fraîcheur même. Jamais je n’avais senti de cette façon comme la femme est un être joli, fin, distingué, délicat, fait de charme et de grâce. Jamais je n’avais compris ce qu’il y a de beauté séduisante dans la courbe d’une joue, dans le mouvement d’une lèvre, dans les plis ronds d’une petite oreille, dans la forme de ce sot organe qu’on nomme le nez.
Cela dura trois mois, puis je partis pour l’Amérique, le cœur broyé de désespoir. Mais sa pensée demeura en moi, persistante, triomphante. Elle me possédait de loin comme elle m’avait possédé de près. Des années passèrent. Je ne l’oubliais point. Son image charmante restait devant mes yeux et dans mon cœur. Et ma tendresse lui demeurait fidèle, une tendresse tranquille, maintenant, quelque chose comme le souvenir aimé de ce que j’avais rencontré de plus beau et de plus séduisant dans la vie.
⁂
Douze ans sont si peu de chose dans l’existence d’un homme ! On ne les sent point passer ! Elles vont l’une après l’autre, les années, doucement et vite, lentes et pressées, chacune est longue et si tôt finie ! Et elles s’additionnent si promptement, elles laissent si peu de trace derrière elles, elles s’évanouissent si complètement qu’en se retournant pour voir le temps parcouru on n’aperçoit plus rien, et on ne comprend pas comment il se fait qu’on soit vieux.
Il me semblait vraiment que quelques mois à peine me séparaient de cette saison charmante sur le galet d’Étretat.
J’allais au printemps dernier dîner à Maisons-Laffitte, chez des amis.
Au moment où le train partait, une grosse dame monta dans mon wagon, escortée de quatre petites filles. Je jetai à peine un coup d’œil sur cette mère poule très large, très ronde, avec une face de pleine lune qu’encadrait un chapeau enrubanné.
Elle respirait fortement, essoufflée d’avoir marché vite. Et les enfants se mirent à babiller. J’ouvris mon journal et je commençai à lire.
Nous venions de passer Asnières, quand ma voisine me dit tout à coup :
— Pardon, monsieur, n’êtes-vous pas monsieur Carnier ?
— Oui, madame.
Alors elle se mit à rire, d’un rire content de brave femme, et un peu triste pourtant.
— Vous ne me reconnaissez pas ?
J’hésitais. Je croyais bien en effet avoir vu quelque part ce visage ; mais où ? mais quand ? Je répondis :
— Oui… et non… Je vous connais certainement, sans retrouver votre nom.
Elle rougit un peu.
— Madame Julie Lefèvre.
Jamais je ne reçus un pareil coup. Il me sembla en une seconde que tout était fini pour moi ! Je sentais seulement qu’un voile s’était déchiré devant mes yeux et que j’allais découvrir des choses affreuses et navrantes.
C’était elle ! cette grosse femme commune, elle ? Et elle avait pondu ces quatre filles depuis que je ne l’avais vue. Et ces petits êtres m’étonnaient autant que leur mère elle-même. Ils sortaient d’elle ; ils étaient grands déjà, ils avaient pris place dans la vie. Tandis qu’elle ne comptait plus, elle, cette merveille de grâce coquette et fine. Je l’avais vue hier, me semblait-il, et je la retrouvais ainsi ! Était-ce possible ? Une douleur violente m’étreignait le cœur, et aussi une révolte contre la nature même, une indignation irraisonnée, contre cette œuvre brutale, infâme de destruction.
Je la regardais effaré. Puis je lui pris la main ; et des larmes me montèrent aux yeux. Je pleurais sa jeunesse, je pleurais sa mort. Car je ne connaissais point cette grosse dame.
Elle, émue aussi, balbutia :
— Je suis bien changée, n’est-ce pas ? Que voulez-vous, tout passe. Vous voyez, je suis devenue une mère, rien qu’une mère, une bonne mère. Adieu le reste, c’est fini. Oh ! je pensais bien que vous ne me reconnaîtriez pas, si nous nous rencontrions jamais. Vous aussi, d’ailleurs, vous êtes changé ; il m’a fallu quelque temps pour être sûre de ne me point tromper. Vous êtes devenu tout blanc. Songez. Voici douze ans ! Douze ans ! Ma fille aînée a dix ans déjà.
Je regardai l’enfant. Et je retrouvai en elle quelque chose du charme ancien de sa mère, mais quelque chose d’indécis encore, de peu formé, de prochain. Et la vie m’apparut rapide comme un train qui passe.
Nous arrivions à Maisons-Laffitte. Je baisai la main de ma vieille amie. Je n’avais rien trouvé à lui dire que d’affreuses banalités. J’étais trop bouleversé pour parler.
Le soir, tout seul, chez moi, je me regardai longtemps dans ma glace, très longtemps. Et je finis par me rappeler ce que j’avais été, par revoir en pensée, ma moustache brune et mes cheveux noirs, et la physionomie jeune de mon visage. Maintenant j’étais vieux. Adieu.
