La tempête a passé,
Il fait beau, frais assez.
Le Soleil, tant pensif
Et pas trop expansif,
Abolit les nuées
Et des bouts de buées.
Je m’en rends compte à peine…
La vie retient son pêne ; **
La nuit revient bientôt
Pour vibrer aux linteaux.
En silence est muée
La fin de la huée.
*Raoul Ponchon (1848 – 1937) fut avant tout chroniqueur de presse en vers. Il affectionnait la poésie parodique. Se déclarant lui-même : petit rimailleur du quotidien, réticent à être publié en recueil. « Je suis un poète de troisième rang, je ne puis admettre que l’on me mette au premier » a-t-il écrit. Propos cité par Marcel Coulon, son premier biographe, dans Toute la Muse de Ponchon (illustrations de Valentin Le Campion ; Éditions de La Tournelle, Paris, 1938).
*Son pêne : « partie d’une serrure qui est poussée par la clef et qui ferme ou qui ouvre une porte en allant ou venant » (Le Littré). Ou : sa penne : sa longue plume qui peut servir à écrire.
La pornographie a tellement perverti nos âmes qu’une banane n’est plus une banane, mais autre chose… Désormais, surveillez votre vocabulaire !
Xavier-Louis de Izarra
1-https://www.vinted.fr/items/5162951149-litt-poesie-jp-fleury-ciels-deaux-decarts-dos
2-https://www.vinted.fr/items/5075802008-animaux-litterature-jean-pierre-fleury-comme-chien-et-chat
3-https://www.vinted.fr/items/5075803557-etudes-litt-jean-pierre-fleury-causerie-sur-lalexandrin-epique
6-https://www.vinted.fr/items/5065825177-regionalisme-bretagne-noms-de-familles-de-briere
8, 9, 10. Lot thématique :https://www.vinted.fr/items/5079477938-regionalisme-basse-bretagne-briere-lot-de-3-livres
11. Collectif :https://www.vinted.fr/items/5162988026-regionalisme-regards-sur-la-bretagne
Le 11 novembre évoque pour moi le 11 novembre 1978 lorsque j’étais, en tant qu’appelé, incarcéré (pour reprendre l’expression employée par Pierre Desproges) dans un régiment de génie, pardon du Génie (pas spécialement génial) à proximité du Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe.
Ce jour-là fut particulièrement gris, en une caricature de temps de Toussaint, avec un brouillard épais. Je me suis retrouvé avec trois autres conscrits comme moi sous les ordres d’un sous-off en fin de carrière qui s’occupait par ailleurs des achats, dont ceux du mess et du foyer qui servait de lieu où pouvaient se réunir les appelés en buvant un coup, en regardant la télé ou en écoutant de la musique et de la chanson « dans le vent » (j’ai été quelquefois celui que tenait le bar).
Emmenés dans une jeep ou quelque chose de ce genre, nous nous sommes retrouvés dans un petit village pas très éloigné, mais je ne saurais dire lequel. Dans son cimetière et devant le Monument aux Morts. Il y a eu un peu de musique militaire je crois, peut-être même quelques mots de dit, un bref discours, avec les drapeaux d’associations d’anciens combattants tenus par des hommes âgés. Et divers : « Présentez … Armes ! » et « R’posez … Armes ! ». Non sans un fusil tombé à terre par l’un de mes « acolytes », du meilleur effet. J’ai oublié la suite de la journée. Sans doute que j’ai dû tenir le bar, je le tenais les jours de perm du préposé « officiel ».
Il faut dire que l’on était quelques-uns à être plus âgés que la plupart des appelés. On était des sursitaires qui avions repoussé notre date d’incorporation, pour poursuite d’études. Moi, j’étais au maximum : 27 ans. Pas moyen d’aller au-delà.
J’ai entendu parler de plusieurs qui dans ces temps antimilitaristes échappaient à l’« incarcération militaire » par divers procédés liés à la prise de drogue, au jeu de la folie, etc. Moi, bien qu’antimilitariste, je n’avais aucunement envie de me lancer dans ça.
Ce qui me fait penser également à ceux qui après des marches, de préférence sans chaussette au pied, s’arrangeaient pour entretenir des cloques sous les pieds afin d’être reconnus inaptes à la marche. Je me souviens ainsi d’un sursitaire plus ou moins de mon âge, un gauchiste de la Ligue communiste révolutionnaire qui était un grand adepte de cette technique ; technique qui, je suppose, devait être éculée dans le monde militaire.
J’en ai connu également dans mon entourage, à la Faculté en particulier, qui ont échappé au service grâce disons à la chance. Un par exemple a reçu un formulaire, ce devait être en 1969 (Mai 68 était encore tout proche), sur lequel on lui demandait de répondre par « oui » ou par « non » s’il désirait être appelé. Il s’était donc empressé de répondre NON et de retourner rapidement le papier aux autorité militaires.
Un autre a échappé à la conscription parce que fils unique, il fut reconnu soutien de sa mère malade que son père avait quitté. Quant à moi, tout nouveau chargé de famille (mon fils aîné est né cinq jours avant que je parte à l’armée) je n’ai pu échapper à ce lieu sordide et d’ennui (on peut comprendre qu’il y ait des engagés qui virent alcooliques) au bout de huit mois à peine. Ayant chopé une sciatique je fus bientôt exempté de toute activité physique (je n’ai jamais fait qu’une fois des essais, des bouts dudit Parcours du combattant), et je fus même « exempté de station debout prolongée », autrement dit de garde. Et j’eus même droit, revenu dans ma ville d’origine, à mon mercredi pour études.
Dans ma jeunesse l’antimilitarisme était très présent dans la société. La Guerre du Vietnam, puis sa fin, ont marqué pendant des années la société y compris en France. Sur ce thème la gauche n’était déjà pas unie. L’antimilitarisme était marqué dans les milieux libertaires (qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les prétendus « anars » contemporains). Dans le gauchisme, c’était plus ambigu, avec la volonté de certains d’y faire une sorte d’entrisme, d’y amener leur contestation. Du moins la contestation de « l’armée bourgeoise », mais pas de « l’armée révolutionnaire » à naître.
Les plus malins ou les plus conformistes dans les milieux intellectuels, ou du moins parmi ceux qui avaient obtenu entre 16 et 20 aux épreuves des Trois Jours, à gauche (dans ce que j’ai toujours appelé « la petite gauche », socialo, communistes) s’empressaient de suivre les formations pour être aspirants et plus tard officiers de réserve. Moi j’avais refusé de le faire. Et je suis demeuré simple bidasse, et le jour où au final je devais être nommé caporal, mon exemption de toute activité physique m’en empêcha. Et je dis : tant mieux, ce jour-là.
Et ce que je constate de nos jours, c’est que ladite « gauche » est ouvertement belliciste. Ce qui n’est pas très nouveau quand on pense à ce que fut l’esprit colonial et l’action coloniale de la gauche « ordinaire » entre les deux guerres et dans les années cinquante (Indochine, Algérie…). Mais plus étonnant du côté du gauchisme qui prétendait contester autrefois l’existence d’une armée bourgeoise, ou armée capitaliste. Alors même que dans l’ensemble elle soutient tous les bellicismes de l’empire mondialiste sans problème. La seule exception est le soutien de LFI aux Palestiniens. Mais j’ai quelques doutes sur la sincérité de ce soutien. Il s’agit aussi de caresser une partie de son électorat dans le sens du poil.
Quant aux anars, je ne parle pas des plus jeunes qui sont englués dans un anti-fascisme et un antiracisme délirants, attardés, hystériques et fous, mais des vieux dans mon âge ; quelle catastrophe également. L’emblème le plus caricatural de cette engeance est sans aucun doute un individu, un triste individu comme Val, ex. chansonnier bêlant et « humoriste » finalement très convenu (air du temps) avec son pote le pédophile Font (paix à son âme), qui est devenu ouvertement belliciste. Ami de l’Otan ! Dans tout son confort, il ne risque pas de faire la guerre au front. Non seulement dans son soutien « progressiste » de la racaille bandérisme ukrainienne contre le « tyran » (sic) Poutine mais aussi dans son soutien « anti-antisémite » (sic) de la racaille sioniste en Palestine occupée. Et ceci même contre les Juifs anti-sionistes.
Je pourrais évoquer également le triste milieu des escrologistes, de ces dits écolos dits « de gauche » qui dans l’hystérie belliciste sont sans doute les pires ; comme ils sont parmi les pires dans le domaine dudit « wokisme » ou dans celui des prétendus anti-racisme et anti-fascisme.
Quand on pense à l’esprit pacifique pour ne pas le pacifisme des plus anciens écolos. Ce qui ne fut pas toujours le cas d’une partie des écolos. Mais c’est encore un autre sujet.
J’ai le souvenir du temps de la maffia « de gauche » qui a fini par virer Waechter, le partisan d’une écologie à laquelle je souscrivais : « Ni de droite, ni de gauche, mais devant ». À une époque où la loi mémorielle Fabius-Gayssot, loi contestable bâtie sur des attendus d’un tribunal militaire (celui de Nuremberg en 1945) fit en sorte d’interdire une libre recherche et une libre expression dans le domaine des dites chambres à gaz homicides. Et fit du remous au sein de nombreux milieux politiques, dont celui des Verts de l’époque.
« Chambres à gaz » devenues ouvertement la misérable, détestable, ignoble « caution morale » (sic) du sionisme extrême, alors même que ce même sionisme barbare, ouvertement génocidaire, écrabouille les Palestiniens dans ce que l’on peut assimiler à des camps de concentration : Gaza et Cisjordanie. Sans parler du Liban, etc.
Il me prend depuis un certain nombre de jours l’envie (ou plus exactement, la nécessité) de souffler – en général et sur mon blog en particulier – et de m’écarter de l’actualité qui, trop prégnante, finit par me fatiguer, pour ne pas dire m’« atomiser » la tête. Et de remettre de l’ordre dans mon esprit, et dans ce que je peux écrire par ailleurs.
Aussi, je ne mettrai pas sur ce blog d’article (voire d’articles) tous les jours, ou si c’est le cas, se seront des billets fort brefs.
Ce qui commençait à être plus ou moins le cas.
C’est en ouvrant mon portail, tout à l’heure, que j’ai vu passer une autre jeune, celle-ci ouvertement en très ample surpoids, qui avançait allégrement sur le même genre de vélo électrique dont j’ai dit quelques mots hier.
Pédalochant à peine, et certes pas à la peine.
Le plus drôle, façon de parler, c’est qu’elle était en train de rejeter ce que quelqu’un de loin aurait pu prendre pour de la vapeur d’effort, mais qui n’était qu’un bon petit nuage de fumée de tabac.
Comme quoi le vélo électrique s’il facile l’effort, les déplacements, il facilite également la possibilité de fumer tranquillement. Le bon petit confort de bon petit consommateur douillet.
C’est ce con, pardon, ce qu’on appelle le progrès. ON étant de nos jours aussi bien les producteurs de tabac, par exemple, que les prétendus « progressistes » en développant l’usage des vélos électriques. Dont les escrologistes en tête. Sans trop se poser la question de ce que la production de batteries nécessite, pour ne pas dire impose, de recours à des éléments naturels plus ou moins rares qu’il faut sortir de mines par exemple. Mais pour eux, ce n’est pas grave, c’est avant tout le Tiers-Monde encore surexploité par le Capital qui en subit les conséquences.
La maire socialo-mondialiste de Nantes, donc de la dégénérescence occidentale, s’est exprimée… la pauvre …Quel esprit étroit, étriqué.
Tiens, au fait, on pourrait lui demander si ce qu’elle déblatère a un rapport avec du socialisme, du socialisme réel. Du social. Et tout simplement du réel.

Honte à cette pseudo-gauche, « gauche » putride qui par ailleurs soutient ouvertement les barbaries génocidaires bandériste en Ukraine et sioniste en Palestine occupée. Sans parler du reste : UE, Otan, etc.
Je ne commente pas tout ce que peut dire Tatiana, sauf à dire, concernant l’Ukraine, que je ne suis pas d’accord avec son interprétation agro-économiste du conflit (ce qu’elle a déjà développé une fois dans une autre vidéo).
La guerre en Ukraine n’oppose pas l’empire mondialo-otanesque à la Russie sur la question de qui s’accaparera les dites bonnes terres (à blé, mais aussi à charbon, minerai de fer et métaux rares, ou encore à sel gemme).
C’est la maffia des corrompus ukrainiens au pouvoir qui vend le pays à la finance étatsuno-apatride. La Russie n’a pas besoin des bonnes terres ukrainiennes en soi, et se bat avant tout en soutien aux populations russophones et russophiles d’Ukraine qui, depuis le coup d’État fomenté par la CIA et autres entités du même genre, se sont retrouvées mises au ban de la société. Avec le but ultime de les éliminer comme le font les sionistes à l’encontre des Palestiniens.
La logique est la même : elle consiste pour l’empire mondialiste à tenir deux zones géographiques du Monde : le Moyen-Orient (Palestine) avec ses séides sionistes barbares ; et les limbes occidentaux de la Russie (Ukraine) avec ses séides maffieux tenus par le bandérisme barbare.
Le plus délirant est de constater que ce sont avant tout de dits « démocrates » étatsuniens qui sont à la pointe de ce bellicisme ignoble.
La seule différence, elle est énorme, c’est que la Résistance palestinienne est très faible bien que très brillante dans sa lutte armée contre la lie sioniste du mondialisme dégénéré, et que la Russie est sans aucun doute le pays qui a l’armée la plus puissante et efficace du Monde.
Quand je dis que la Russie se bat avant tout en soutien aux populations russophones et russophiles d’Ukraine, il faut comprendre que, vu ce que le néo-bandérisme fait subir aux russophones depuis dix ans, elle entend bien récupérer le maximum de territoire qui fut celui de l’empire russe depuis plusieurs siècles, tout à l’Ouest de la Russie. Par protection.
L’Ukraine est une entité artificielle qui a été créée sans aucune réflexion, ni logique, par les bolcheviques en 1925. De bric et de broc, avec des populations différentes.
Pour simplifier, cela donne actuellement, au Nord-Ouest, une population largement marquée, si je puis dire d’irrédentisme néo-bandériste ; au Sud, Sud-Est, et Est en partie (ou se trouvent en particulier Kharkov, seconde ville en importance d’Ukraine et Odessa, premier port de ce qui reste de la bordure maritime ukrainienne de la Mer Noire), une population largement russophone ou russophile ; entre les deux tous les degrés intermédiaires, y compris dans les langues (j’en ai déjà parlé dans des articles antérieurs) puisqu’on y rencontre des mixtes divers d’ukrainien et de russe. La capitale Kiev, tout au Nord, au centre, étant bilingue, les élites ukrainiennes parlant tout aussi bien le russe que l’ukrainien. Et je n’en dis pas plus sur les minorités hongroises, ruthènes, roumaines, etc.
Le bandérisme a été propulsé à la fois par des politiciens corrompus fous, dont zelenski est le représentant le plus caricatural (rappelons-nous qu’il s’est fait élire comme candidat de la paix en Ukraine !), et par l’Otano-mondialisme.
Comme le sionisme est depuis le départ (plus d’un siècle, maintenant) propulsé par sa barbarie intrinsèquement coloniale, foncièrement raciste et génocidaire, et par le mondialisme anglo-saxon.
Tout ça pour dire que non seulement la Russie défend les russophones et russophiles, mais va en intégrer, territorialement parlant, le maximum.
Cela dit, ceci n’est qu’une partie du « projet » tout à fait noble. L’autre partie est d’éradiquer tout ce qui ressemble de près ou de loin au bandérisme. Ce qui va demander du temps, de la ténacité ; la volonté d’aller dénicher les derniers barbares non encore éliminés, là où ils finiront par aller se cacher, en n’importe quel lieu du Monde. De la même manière que certains bandéristes « historiques » ont été retrouvés et éliminés dans les années qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Par exemple Choukhevytch tué les armes à la main en 1950 près de Lviv/Lvov cœur de la Galicie, et Bandera assassiné à Munich en 1959.
Rappelons que le terme employé par les Russes pour définir cette idéologie viscéralement bornée et « primitive » (je veux dire : inhumaine), raciste et actuellement plus particulièrement russophobe (pour employer un mot gentil) est celui de : ukro-nazis. Et que pour eux le bandérisme, ou néo-bandérisme, représente les derniers restes, les plus actifs et les plus visibles, de ce que la Russie a combattu victorieusement et au prix de tant de morts dans les années quarante du siècle dernier.
Mais il convient d’ajouter que lors de la Seconde Guerre Mondiale il y a eu des hauts et des bas dans les rapports entre l’Allemagne et l’Ouest de l’Ukraine. Des nationalistes ukrainiens se sont retrouvés dans des prisons ou des camps de concentration allemands.
Et il ne faut surtout pas oublier que depuis bien longtemps, bien avant la Guerre de 39 le nationalisme ukrainien de l’Ouest avait des liens avec les services secrets anglo-saxons.
À partir de 1945, ce qui restait des ultranationalistes ukrainiens, ou plus exactement de Galicie-Volhynie, était tenu, alimenté par les services secrets étatsuniens et royaumuniens. Donc rien de nouveau sous le Soleil.
Remarque annexe :
Voici le genre de phrase curieuse que l’on peut lire à l’article Bandera de l’encyclopédie du mondialisme épanoui, connue sous le nom de Wikipédia : « Des accusations de collaboration avec les nazis ont été portées contre le mouvement de Bandera. Toutefois, le rapport au chef de la police de sécurité à Berlin du 30 mars 1942 révèle que le mouvement Bandera a fourni des passeports falsifiés non seulement à ses membres mais aussi à des Juifs pour les sauver des persécutions allemandes ». Quand on connaît le sort qui a été réservé aux Juifs, mais aussi aux Polonais, aux Tziganes et aussi aux « mauvais » Ukrainiens pendant la guerre, pour ne parler que d’eux, du côté de la Galicie, par ce qu’on appelle de nos jours le bandérisme (qui n’était pas unifié alors) ! Assassinats ou tueries de masse, au choix !
Et d’une que vaut un rapport de police allemand de 1942 ? Et de deux, si des passeports falsifiés ont été donnés à des Juifs, on peut se douter qu’ils ont été chèrement monnayés. Voire même monnayés avant d’éliminer ceux qui les ont reçus.
Ce matin, en ouvrant les volets d’une chambre qui donne sur la rue à quelques mètres, j’ai vu et entendu une personne qui passait à vélo ; je pense, à la voix, à l’aspect général, qu’il s’agissait d’une jeune fille ou d’une jeune femme, mais comme il ne faisait pas très chaud, donc qu’elle était bien couverte, je ne saurais dire si elle était blanche, grise ou noire.
Toujours est-il qu’elle ne donnait pas l’impression de beaucoup pédaler tout en avançant vite et que son vélo semblait être du modèle local de vélo électrique municipal que les plus riches, ou les moins pauvres peuvent louer.
J’ai dit que je l’ai entendue car elle dégoisait pour la rue entière, à voix haute mais malgré tout je ne sais trop quoi, comme font tant et plus d’humanoïdes de nos jours. Probablement branchée, avec oreillettes et micro, sur un téléphone portable. Très certainement un message important du genre : « Oui, je viens de partir, qu’est-ce que ça caille, j’arrive dans cinq minutes, bisous ! ».
Pour parachever le tableau j’ajoute qu’elle était munie sur le nez et la bouche d’un masque bleu commun dit « masque sanitaire » ! C’est peut-être pour ça qu’elle parlait aussi fort, pour pouvoir se faire entendre. Qui sait, elle aurait peut-être pu contaminer à distance son interlocuteur ou cutrice*.
Il m’arrive encore de croiser des êtres à masque, à masque bleu en général, c’est-à-dire de la catégorie inférieure des masqués. Les masqués « de la haute » (ou prétendue telle) ont arrêté de faire mine ou de se donner un air chébran depuis longtemps, déjà passés à autre chose. Certains masqués bleus mettent encore leur masque sur le nez quand d’autres se contentent de le poser sous le nez et sur la bouche uniquement. Dont des zozos apparents. Enfin, c’est l’impression qu’ils me donnent, mais je peux me tromper. J’exclus bien sûr de ma critique amusée, ou plutôt attristée, les infirmières, qui passent à domicile – comme je peux en croiser – bien que le masque ne soit en rien efficace contre les virus.
À elle seule, manière de me faire mal entamer la journée, cette fille a résumé pour moi l’état déliquescent des humanoïdes d’Occident. Qui suivent toutes les modes (technologistes de préférence), les façons de faire du moment et plus encore les directives des salopards qui nous dirigent vers l’abîme.
Quand j’étais jeune, je pédalais, non sans mal car je n’étais pas doué à vélo. Et je n’utilisais pas un vélo électrique qui n’existait d’ailleurs pas. Et puis, comme si, de nos jours, les batteries se faisaient toutes seules, sans remuer la Terre en minerais ou minéraux plus ou moins rares, et étaient en soi « écologiques », tant dans leur production qu’utilisation, ou en tant que déchets ! Quelle fumisterie.
Et comme si, par ailleurs, je parlais au Soleil ou à la Lune dans la rue ! Ignorant, négligeant totalement l’entourage humain. Certes, on entend parler plus ou moins doucement des gens dans la rue, fort heureusement ; mais c’est en groupe, dont dans des manifestations, ou malheureusement parfois dans des disputes.
J’ai connu, c’était il y a déjà bon nombre d’années, autre temps autres pratiques, les appels des petits commerçants qui passaient à pied avec une charrette comme la marchande de civelles (les civelles qui étaient à petit prix et qui ont été surconsommées ont quasiment disparu de la région, aujourd’hui produit de luxe). Ou en voiture, généralement dans la soirée, comme l’agriculteur vendant du lait tout frais, ou le marchand de sardines (le nombre de fois où j’ai pu manger des sardines le soir, avec des « patates », aux beaux jours). Ou encore dans un autre genre, le rémouleur…
De nos jours, se sont les artisans qui laissent un dépliant dans les boîtes aux lettres sur lesquelles est assez invariablement inscrit : « Pas de publicité, SVP, merci » ; ou, pour les plus enquiquinants, qui frappent aux portes. Pour l’entretien des maisons ou des jardins, entre autres choses.
Quant au masque, autrefois surtout … hormis les déguisements de Mi-Carême, c’était pratiquement inconnu. Et l’on n’était pas encore contaminé par la mode amerloque d’Halloween [mon logiciel connaît le mot, comme par hasard et sait l’orthographier !]. La Toussaint et la Fête des Morts étaient encore des fêtes respectées et respectables, non des clowneries d’Happy Halloween ! (sic)**. Et je suis étonné, pour ne pas dire désolé de savoir que cet Halloween est à l’origine une tradition celtique irlandaise ancienne. Mais l’on peut penser que cette fête a été dévoyée vers, par, pour le commerce ; pour tomber, dégringoler au final dans la caricature décadente, comme pour Noël. Et comme pour tous domaines de la culture et des arts.
*Orthographe inclusive (sic).
** Joyeuse Halloween ! Halloween est la contraction de : All Hallows’ Eve, Veille de Tous les Saints. Et non pas Hallo Win : Allo Victoire !