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ÉTROITS QUINTILS EN OAR ALÉATOIRES

Setu amañ*, trois petits poèmes (sans ponctuation) dont l’ordre des vers peut être modifié à volonté, à la convenance de chacun : le premier après le troisième, le dernier en tête, etc. Voire ajouté d’un sixième ou septième vers… en répétition. La combinatoire est multiple, infinie en cas de libre répétition. Nous sommes ici dans les probabilités discrètes, id est d’objets distincts, des vers en notre propos.

Si l’on s’en tient à un poème de cinq vers, il n’y a rien de moins que 5! (factorielle 5) permutations possibles nous disent les matheux. Soit 5 x 4 x 3 x 2 x 1 ordres différents dans l’agencement des vers du poème, autrement dit : 120 combinaisons possibles. "Marquise, vos yeux beaux, d’amour me font…", dans le même genre, mais vers par vers ; et en bien plus de possibilités encore. Déjà, rien que pour trois vers permutant ad libitum, il y a six choix possibles : ABC, ACB, BAC, BCA, CAB, CBA. Et pour quatre : 24 (= 4 x 3 x 2 x 1).

*

I – EXISTENTIEL

Érection du dérisoire

Émotion dans les couloirs

Effusion des infusoires

Érosion du bon vouloir

Déjection d’il y a beau voir **

*

II – ÉMOTION NOIRE SE MOIRE

La tension règne au mouroir

Attention à l’arrosoir

L’intention au reposoir

Émulsion dans le miroir

Diablotin mais quelle histoire

*

III – L’ASSOMPTION DU VOMITOIRE

L’ascension des encensoirs

Est session d’au moins cent soirs

Récession des abreuvoirs

Dévotion de vieux ciboire

Contrition qu’on vient ci boire

***

* "E" = é ; "u" = u ; et "añ" = an, différent de la graphie "an" qui, selon les locuteurs, se prononce an-n (nasale + n) ou a-n (voyelle simple + n).

Début de phrase passe partout, très employé en breton, littéralement : voici/voilà ici/même. "Voici ici", "voilà même"… Que l’on peut rendre par un tas de formules en français. "Écoutez-moi, regardez bien, voici donc…" Un peu comme le "ma che…" italien, du moins dans l’esprit d’un français…

** qui est, comme chacun sait, la sœur de Simone, la femme du louche-trogne, le Tænia teigneux, celui qui s’est toujours trompé sur tout, Billancourt comme le reste, et bille en tête.

LES PLUS BEAUX JOURS…

Voici une chanson dont j’ai fait la musiquette (je réclame l’indulgence des vrais musiciens, des pianistes en particulier, moi qui n’ai jamais été qu’un grattouilleur de guitare). Ses paroles sont celles d’un poème de Robert Pioche extrait de son tout dernier livre (cf. http://leblogderobertpioche.wordpress.com/2014/10/17/presentation-litteraire-samedi-25-octobre-2014-a-19-heures/). Texte que j’ai adapté à cette forme, avec découpage en refrain et couplets, répétition de certains passages ou de certains mots ou syllabes, ajout d’une coda totalement absente du texte original ; et auquel j’ai apporté quelques menues modifications (essentiellement dans ce qui est ici la fin du premier couplet et le cours du dernier couplet). Pour ce, je me mets sous l’autorité (bien pratique !) de Brassens et de Ferré, etc. qui, lorsqu’ils mettaient en musique les textes d’autres personnes, pouvaient parfois apporter quelques modifications, par souci de mieux faire sonner les mots ou les idées. J’ai également marqué dans le texte qui suit, la diérèse au mot « pluies » ; je la rends par « plu-ies ». Robert la rend sans doute par « plui-es », le mot qui suit commençant par une consonne ; et ce dernier est fort respectueux de cette règle classique. Mais « plu-i » me semble plus facile à chanter que « plẅi-ë »…

*

LES PLUS BEAUX JOURS…

*

Les plus beaux jours de mon exil,

Qui au premier regard me plurent,

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils?

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils?

Furent-ils?

*

Les premiers jours de printemps furent,

Furent premiers jours de printemps…

*

Le vent doux, les plu – ies légères

Des premiers jours, derniers printemps,

Et mes amours de pauvre hère

Aux premiers jours,

Ô jours ! de ce printemps, de ce printemps.

***

Les plus beaux jours de mon exil,

Qui au premier regard me plurent,

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils?

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils?

Furent-ils?

*

Les premiers jours de printemps furent,

Furent premiers jours de printemps…

*

Les derniers yeux des coins des rues

Où un cœur de soleil brillait,

Le soleil à travers les nues,

Le soleil aux yeux pétillait,

Le soleil aux yeux, aux yeux, pétillait.

***

Les plus beaux jours de mon exil,

Qui au premier regard me plurent,

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils?

Les plus beaux jours, qu’y furent-ils ?

Furent-ils?

*

Les premiers jours de printemps furent,

Furent premiers jours de printemps…

*

Jours de printemps où des cieux plurent

En mes yeux tels éclats de lune

Et du hasard, les filles brunes

Qui au premier geste me plurent,

Geste me plu… me plu… rent…

***

Les plus beaux jours de mon exil,

De mon printemps,

Les plus beaux jours de mon exil,

Exil de mon printemps…

*

Bo, bo, bo, bo… etc.*

*

Les plus beaux jours… de mon printemps… tant…

***

* Pour remplacer les « la, la, la » plus courants. « Bo » comme « beau » ; et « bobo » comme « petit ou grand malheur de la vie », mais bien évidemment pas comme « bourgeois-bohème »…

bo01 bo02 bo03 bo04 bo05 bo06

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ACTUALITÉ LITTÉRAIRE

Quand j’entends les mots "Seconde Guerre Mondiale, Occupation nazie, Holocauste", j’ai envie de gerber. J’en ai ma claque. Abominable et minable propagande. Pire qu’en ma jeunesse je vous l’affirme et confirme. Il y a une chaîne de télévision en particulier, mais elle n’est pas la seule, qui en vit tous les jours, Arte pour ne pas la nommer. Ça finit par être répugnant. Forme de rejet d’un corps étranger…

Je suis né quelques années après la Seconde Guerre Mondiale et je vous assure que j’ai été bercé par les récits réels de la guerre, de bombardements "alliés" en particulier, ce qui m’a marqué pour toute ma vie et fait de moi, autant qu’on le peut, un en-marge de beaucoup de choses de la société.

Le manichéisme "démocratique" était absent de mon monde de jeunesse, celui de gens ordinaires qui savaient faire la part des choses et qui ne furent ni collabos, ni résistants, pas plus de la première que de la dernière heure, et encore moins tondeurs, ces lâches, de "mauvaise femmes" dont le crime pour la plupart fut d’avoir aimé des allemands. Par certains côtés, les personnes qui ont vécu adultes, cette époque qui court de 1936 à 1945 m’ont toujours dit qu’elle n’était pas celle que l’on raconte "dans le poste" ou au cinéma "sérieux" (pour ne pas dire sinistre et maladif).

Commencée sous les flonflons du Front Popu et des quinze jours de congés payés (les films d’avant-guerre rendent bien cet atmosphère que l’on pourrait qualifier d’insouciant et joyeux), suivie par la Drôle de Guerre où les français refusèrent finalement de s’impliquer (alors que les irresponsables du gouvernement avaient déclaré la guerre). Quatorze leur avait suffit pour plus d’un et l’on vivait alors dans un certain pacifisme populaire. Achevée comme on sait sous les bombes, en milieu urbain et industriel et sur des civils, ce qui inaugurait d’une nouvelle forme de barbarie guerrière. Une forme avant tout "démocratique", et plus encore technologiste à grande échelle, de la barbarie.

Cette période fut, pour le Bien tout autant que pour le Mal, la plus riche de leur vie. Eh, oui ! En particulier le temps où ils furent réfugiés à la campagne fuyant les bombardements anglo-américains. Nos "alliés" ! Bravo ! Pour la plupart ces ouvriers ou employés n’eurent alors plus de vrais patrons sur le dos et travaillaient de bric et de broc, comme cantonniers, ouvriers agricoles épisodiques, ou pour de petits artisans du coin. Ils vivaient à la campagne, installés de fortune, mais là où rien ne manquait. Et surtout ils ne risquaient pas de se faire holocaustire (ou holocauster, comme disait Scarron), par des bombes amicales.

On m’a même dit que nombre d’allemands étaient des gens normaux. Incroyable, non ? des boches normaux ! Ils pouvaient sympathiser, montrer les photos de leurs enfants aux français ordinaires qui comprenaient car ils avaient des enfants, eux aussi. Ils échangeaient trois mots de français, trois mots d’allemands quelques onomatopées sur les misères et les malheurs du temps. J’évoque les milieux populaires qui, des deux côtés, ignoraient la langue de l’autre.

On m’a également raconté des histoires pitoyables de gens "partis au maquis", la musette sur le dos, comme s’il s’agissait d’une colonie de vacances et bien sûr jamais revenus, du moins jamais revenus vivants. Ou encore de la lâcheté de certains attaquant par surprise et anonymes des hommes désarmés. Et bien évidemment de préférence le "bon" allemand non-nazi plutôt que le "méchant" gestapiste. Je reparlerai ailleurs de ces résistants qui réglaient leurs comptes personnels, qui ne respectaient pas les lois de la guerre. Il y a des lois même à la guerre (que l’on trouve ça absurde ou non, pour l’humaniser dit-on !), conventions communes qui font la différence entre des combattants et des bandits de grand chemin, sans foi ni loi.

Mes rêves sont encore marqués parfois d’attaques angoissantes de bombardiers, alors que je n’ai pas connu la Guerre. Mais écouté et réécouté des récits de guerre du côté du civil, de Populo le gros ballot, l’éternel perdant, l’éternel sacrifié.

Je n’ai pas le souvenir, en cette époque de la Reconstruction où tout allait de l’avant, où chacun voulait oublier et redémarrer du bon pied, d’avoir subi à l’école une telle propagande pour les "bons" contre les "méchants" comme on subit de nos jours, les témoins directs étant morts pour une grande partie. Ceci expliquant cela. On est entré dans la seconde phase : celle de la mise en légendes. Après bien entendu l’élaboration d’un mythe dont il est inutile de redonner les contours.

Certes, j’ai subi les inévitables films à la "Nuit et Brouillard" où l’on m’a donné une image totalement fausse de la guerre, de la fin de la guerre en premier lieu. J’y ai vu en particulier des amoncellements de corps décharnés poussés au bulldozer dans des grandes fosses communes. Images chocs. Elles me choquaient mais je ne comprenais pas bien pourquoi alors. Quand j’y repense aujourd’hui, elles me choquaient car il s’agissait d’images qui me montraient non pas la barbarie nazie réelle ou supposée mais le manque de respect dû aux morts par des bulldozers que je suppose avoir été maniés par des américains, ou peut-être des russes.

Cela ne m’expliquait rien de la Guerre et encore moins des causes réelles de ces morts réels, ou des morts-vivants qui hantaient encore les camps (camps qui ne furent pas une spécialité nazie, mais une généralité depuis la fin du XIXe siècle en de nombreux pays de toutes les idéologies). Je n’ai su que bien plus tard, et incidemment, hors de l’École je pense, ou en petite note de bas de page, que ces corps décharnés et ces morts étaient les victimes tout autant du blocus subi par l’Allemagne, devenue totalement affamée, des épidémies, des bombardements "alliés" même ! que des mauvais traitements nazis. Par contre je n’ai jamais vu d’images de morts sous les bombardements chez nous. Du résultat des bombardements, guère plus, ou alors beaucoup plus tard.

Ceux qui avaient raison étaient ceux qui faisaient des films comiques sur la guerre avec l’inévitable gestapiste Francis Blanche dans des films dont j’ai oublié les titres, ou dans des films comme La Traversée de Paris, ou La Grande Vadrouille, ou La Septième Compagnie et enfin plus près de nous, Uranus. Dernier film que bien évidemment seul un juif, Claude Berri, a eu le droit de réaliser, non sans critiques convenues : haro ! le moins salaud de la bande est le collabo, d’ailleurs Marcel Aymé était douteux, c’est bien connu…

Maintenant, j’apprends par le blog de Robert Pioche (je ne suis pratiquement plus l’actualité en ce moment) que Patrick Modiano vient de recevoir le prix Nobel de lis-tes-ratures. Grand bien lui fasse car il est en très bonne compagnie dynamitesque avec Churchill et Obama (pauvre René Sully Prudhomme, que fais-tu dans cette galère?!). Je suis bien d’accord pour dire avec Robert, que si Modiano n’eut pas été d’origine juive et s’il n’eut pas brodé sur l’époque qui précéda sa naissance une somme de romans (et même dans un film, Lacombe Lucien, mais c’est Louis Malle qui en a subi les conséquences car il s’agit d’un anti-héros) et dépassant cela, idéellement, s’il n’eut pas finalement bavé caractériellement sur la dure et si bien connue, mais pourtant incroyable condition juive (mais que leur reproche-t-on à ces pauvres gens ?) il n’eut pas été décoré pour « l’art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation ». Le monde ou un certain monde ?

Et je ne serais pas en train de parler de la Guerre et encore moins de Moreno. Pardon, de Modiano ! Je me trompe de juif ! Enfin, moi ce qui m’amuse le plus dans tout ça, c’est qu’il y a deux familles juives hispano-ottomanes du nom de Modiano ayant acquis en France une certaine célébrité. La bonne et, si l’on peut dire, la mauvaise (ai-je le droit ?).

La bonne a donné l’italo-français Vital Modiano, un chirurgien qui fonda l’Union des Israélites Saloniciens de France, qui devint par la suite l’Union des Israélites Sépharades de France (U.I.S.F.). Comme quoi la Salonique tant turque qu’hellène n’est pas l’Europe pour les juifs méditerranéens ! En 1943, il fonda avec Léon Meiss, rien de moins que le CRIF, puis il fut interné. Après guerre, il finit membre du conseil d’administration du Congrès Juif Mondial.

La mauvaise a donné Modiano le plumitif collectionneur des prix littéraires, dont le grand-papa fut une sorte d’aventurier juif international, égypto-salonico-italo-hispano-français. Le papa poursuivit dans la même lignée et se fit une fortune pendant la guerre grâce au marché noir. Il entretint des liens étroits avec les autorités allemandes, il était même employé au service de renseignements des SS, où il avait été introduit par l’intermédiaire de dirigeants d’une banque italienne. Ça ne s’invente pas. Mais ses talents de commerçant-trafiquant facilitait les choses. Il fréquentait les milieux du cinéma si bien qu’il y rencontra sa future femme et mère de Patrick : l’actrice d’origine néerlandaise Louisa Colpeyn venue de Belgique en France en 1942 et qui fut alors employée pour assurer des doublages de la compagnie allemande Continental-Films. C’est à la même époque que Sartre, de son côté, entamait vraiment sa carrière de dramaturge parisien.

Avec lui au moins, la boucle se referme. Celle du Bien et du Mal emmêlés.

Bon point cependant diront certains : le petit Patrick, délaissé par le père et en partie par la mère, a été baptisé par ceux qui réellement s’occupaient de lui, mais contre l’avis de ses parents, au début des années cinquante et a même traîné comme enfant de chœur. Mais c’est le sort de tant et plus de marranes. En effet, après ses frasques adolescentes, et son parrainage quenellien*, il a quand même su se marier avec une juive, Dominique Zehrfuss (la fille de Bernard Zehrfuss, d’ascendance alsacienne, fabricant de nullité architecturale contemporaine, et d’une juive née en Tunisie)… Restons sérieux quand même !

L’ombre et la lumière. Comme quoi le Beau Monde de l’élection fut lui aussi partagé. Mais, fatalement, par delà le bien et le mal, le juif dans tous les cas reste bien le seul juge et garant de ce que l’on est autorisé à dire et à penser, le dépositaire patenté des bonnes mœurs et des bonnes opinions.

Et pendant ce temps, l’hagiographie "démocratique" persiste et s’amplifie ; et pue tant et plus les carrées.

***

* celui de Raymond Queneau qui fut l’époux de Janine Kahn, d’origine juive ; sa sœur, Simone Kahn ayant été la première des trois épouses d’André Breton.

RIONS OU SOUS-RIONS (sic)

Je regarde la télé à peu près une heure par mois, tout compris, et encore. Qui plus est : d’un œil et d’une oreille distraits. Malgré tout, je suis tombé deux ou trois fois (quelle chaîne ? aucun souvenir, vers la fin de la série) sur quelques secondes d’une sorte de télévisuel sous-feuilleton beur et assimilés (assimilés beur, pas assimilés français) : quelle horreur ! Je corrige car je pourrais être mal compris : quelle nullité ! Avec ou sans beurre. Et quel mauvais goût. J’y ai entrevu le comique ethnique banlieusard, ex tout petit loubard Debbouze qui semble en être la vedette, le rôle titre.

La question que je me pose (pour lui, mais aussi pour le reste de sa joyeuse troupe d’incultes et autres bras cassés des « z-arts » et lézards de la rue) c’est :

Quelle est la différence entre « Jamel Debbouze » [tiens, mon correcteur d’orthographe a mis en rouge, il ignore donc cet illustrissime !] et « bouse de chamelle » ?

La réponse est simple :

… La même différence qu’il y a entre l’Être (la bouse) et le Néant (Jamel).

Image

joie de france.

SONNET TRÈS IRRÉGULIER MAIS ARACHNIDIEN

Qui a dit à l’araignée :

“Tu te tisseras ta toile !"

Qui a fait que l’araignée

Est toile à tisser ?

*

Qui a dit : “En ton patois,

Tu la dresses droit,

Mais là-bas, en bout de champ,

C’est un autre chant ?"

*

"C’est peut-être un brin de vent

Qui revient souvent…"

Selon la bête à bon dieu.

*

"… Ou bien un morceau de temps

De tous les instants."

Pour la demoiselle bleue.

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS

Suivant peu, ou bien thématiquement uniquement, ou plus encore épisodiquement l’actualité, je viens seulement de découvrir cette information, qui date du mois de juillet de l’année courante, et qui devrait ravir (ou inquiéter, je ne sais pas) nos grands talents littéraires contemporains et autres talentissimes Botul et Oùestl’bec.

La maison d’édition française Short Édition — française comme son nom l’indique : "short", parce que, par les temps qui courent, tout esprit court qui se respecte doit anglichiser — serait en train, je cite "de développer une équation [équation ?!] capable d’évaluer les propriétés littéraires des ouvrages qui lui sont soumis".

Tout d’abord que l’on ne se méprenne pas sur le sens de "propriétés", il ne s’agit aucunement de propriété littéraire à protéger contre toute tentative d’emprunts anonymes, de démarquages muets, ou de vulgaire plagiat ou encore de pillage pur et simple comme sait si bien le pratiquer, par exemple, Monsieur Sans-Guillemets également dénommé Attila le Juif Errant, cet apatride des grands hôtels mondialistes. Du moins n’en est-ce pas l’idée initiale.

Non c’est plus simple : le but poursuivi est de laisser un logiciel présélectionner les manuscrits ou plus exactement les tapuscrits électroniques ; mise en caractères qui est une vraie rançon du progrès car elle pré-formate les futures interventions logicielles.

Si l’on veut le dire autrement, c’est une mise en casse préparatoire à la mise à la casse.

Voici ce qu’en dit Claire Rodineau sur Le Figaro.fr (le 25/7/14) :

" Selon Quentin Pleplé, le cofondateur de la maison d’édition interrogé par Actualité, sa société collabore en ce moment même avec des organismes spécialisés, comme le Liris (Laboratoire d’informatique en image et systèmes d’information) afin d’élaborer une formule mathématique complexe mêlant Data Mining («exploration de données») et Big Data (littéralement, «grosses données»).

Le procédé derrière ces calculs savants s’explique facilement. L’intelligence artificielle de la machine se développera dans un premier temps à partir d’un panel de 25.000 œuvres publiées par Short, des ouvrages déjà évalués par un minimum de cinq lecteurs humains au préalable. À partir des résultats des premiers tests, la maison d’édition «commencera à faire apprendre la machine: l’intelligence artificielle va traiter les données et établir des liens entre la qualité et les exigences».

L’ordinateur devrait, par la suite, être capable d’évaluer un livre de lui-même sur la base de multiples critères. L’algorithme pourra scruter, en vrac, les fautes d’orthographe et de ponctuation, la récurrence de motifs sémantiques (répétitions), le champ lexical (vocabulaire utilisé, registre de langue) et la longueur des phrases et des paragraphes. Chose plus complexe, il pourra jauger le style de l’auteur, qualifié selon le nombre d’adverbes, d’adjectifs, de pronoms, de verbes, de noms utilisés et la lisibilité du texte, défini relativement à un échantillon allant de l’ouvrage de jeunesse au traité d’économie.

Et cette découverte pourrait ne pas s’arrêter là. [Mazette, y a mieux encore !] Le fondateur de Short Édition imagine déjà vendre [bien évidemment !!!] sa petite merveille technologique [sic] à d’autres acteurs du monde du livre, des médias aux bibliothèques. [je signale que "les acteurs du monde du livre, etc." sont ceux qui justement n’écrivent rien et ne créent rien] «Elle pourra par exemple servir pour les bibliothèques, dans la classification d’ouvrages numérisés, mais également pour la presse. Dans l’édition, elle pourra apporter un premier éclairage [manque plus que l’imprimé "critique" type] sur les ouvrages reçus», assure ainsi Quentin Pleplé."

Mais, pourquoi s’arrêter en chemin, pourquoi ne pas programmer des ordinateurs chargés d’écrire à la pelle et à la louche toute une pseudo-littérature ? Depuis les années soixante, il existe des machines à faire de ladite peinture moderne au kilomètre, pourquoi pas un logiciel ? Depuis un certain nombre d’années il existe également des pseudo-livres, sans queue ni tête ou d’aventures tordues, pour enfants ou adolescents à lire en vrac, selon le bon vouloir d’un jeu de dés par exemple…

Qu’en pensent les petites têtes (je veux dire bien sûr : the short heads) de ladite édition décatitie de monsieur Pleplé ?

C’est-y pas une jolie invention wellso-orwello-huxleyienne ?

Le plus risible est la fin de l’article de cette Claire Rodineau :

" Une telle nouveauté soulève immédiatement de nombreuses questions d’ordre moral. [mais il n’y a aucune morale dans l’industrie de l’édition, uniquement la recherche de la rentabilité et du pognon ! d’adéquation à l’idéologie et aux valeurs (plutôt des non-valeurs) dominantes !] Remplacer l’homme par la machine ne va-t-il pas conduire inévitablement à une uniformisation du paysage littéraire? [parce qu’il n’était pas déjà uniformisé et largement emplis de nullités ?!] Quid de la spécificité d’un auteur – pensons à Louis-Ferdinand Céline par exemple, dont les qualités ne sont en aucun cas réductibles à la somme de tous ces critères stylistiques? [phrase alambiquée pour dire quoi : qu’un livre n’est pas une simple collection de mots ? que les mots et les phrases ont un sens ? Je crains bien qu’elle ne veuille dire autre chose ; tout simplement que Céline de nos jours ne serait pas publié, avec ou sans logiciel, si ce n’est à compte d’auteur et sans aucune publicité, ni aucun prix littéraire à la clef, ni rien de toute cette sorte hormis la taule en prime].

Rigolons deux minutes avec la conclusion de l’article :

"Ces doutes, légitimes, [légitimes !] la maison d’édition tient à les apaiser. Que les Cassandre [remazette !] qui verraient déjà dans cette invention la fin d’un monde se rassurent: «Il ne s’agit pas de remplacer notre comité éditorial [qui n’est pas neutre] par une machine [puisque tu le dis… on va te croire ; mais qui n’est également pas neutre] mais plutôt que cette dernière serve de filtre-assistant, dans une détection, moins de la qualité littéraire que de l’absence de qualités.» [personnellement je n’ai pas besoin de beaucoup de temps pour voir si un texte présente ou pas quelque intérêt littéraire ou poétique… oui, je retarde je parle même de poésie!] En clair, la machine servira simplement [bien sûr!] à établir une présélection [sur quels critères concrets ? de simples données statistiques ? une liste de bons et de mauvais mots ? de bonnes et mauvaises idées ? les mauvais mots c’est déjà en route sur Internet. De thèmes à la mode ? de pensées bien dans le moule ? etc.] de nature à économiser un temps précieux aux éditeurs, [que c’est élégamment dit] qui pourront alors faire leur travail, irremplaçable, [tu rêves éveillée ou quoi ?!] de manière plus efficace. [là c’est un mot qui sent tout autre chose que la littérature] Les mathématiques main dans la main avec la littérature, [quelle formule niaise !] la technologie à l’aide de l’humain, et pas le contraire. [si, au premier abord l’expression semble avoir un sens, au deuxième on peut dire que l’on voit mal "l’humain à l’aide de la technologie" quand je suppose on veut dire : "de l’inhumain ou du sous-humain à cause de la technologie" qui, somme toute, ne se crée pas elle-même ex nihilo en apo mêkhanês khakhodaimôn*].

Signé Cassandre… et Furax**

* ou : diabolus ex machina.

** Furax : pour les jeunes, il s’agit d’un anti-héros de feuilleton radiophonique comme on n’en fait plus du tout (Signé Furax ! de Pierre Dac et Francis Blanche) des années cinquante-soixante ; quand il y avait encore un peu de fantaisie loufoque ou grivoise, voire de la poésie et plus encore de l’irrévérence dans le monde audio et non-visuel.

HÉ BEN, NOM-N DE DIOUSS !

Il y a quelques jours, cherchant tout autre chose sur Internet, je suis tombé sur une disposition déjà un peu ancienne (quelques années) de la Sainte Église Apostolique et Romaine (sic). Mais il n’est jamais trop tard pour s’instructionner… si ? non ?

L’information date du 24 octobre 2008. Ce jour-là, un monsignore président (entre autres choses) du Conseil pontifical de la culture, déclarait devant des journalistes que « par directive du Saint-Père» (Ben Oït XVI à l’époque qui comme chacun ne sait pas est de mère juive comme le fut Jean-Paul II) l’Église catholique ne devait plus vocaliser « le Tétragramme sacré » en « Yavhé » ou «Jéhovah» non seulement dans les traductions mais aussi dans « les célébrations liturgiques, dans les chants, et dans les prières » de l’Église. Et devaient revenir à la tradition des Septante et de la Vulgate. Les premiers ayant traduit YHWH par "Kurios" et la Vulgate latine par "Dominus", soit dans les deux cas par : le Seigneur. ("Le Seigneur", à ne pas confondre avec "monsignore", donc).

Les raisons invoquées par les saintes autorités sont édifiantes : Le monsignore Ravasi (c’est le nom du président du Conseil précité), je donne les gazettes, " a souligné l’importance de respecter l’usage de la communauté juive sur ce point et il a avancé des raisons philologiques".

Je n’épiloguerai pas sur le fameux tétragramme qui est, soit dit en passant, un simple digramme dans la bible juive araméenne (YY, rendu par Yaya). C’est un sujet fort intéressant, mais dont le développement, en une copieuse digression, nous emmènerait très, pour ne pas dire trop loin (probablement jusqu’au Pharaon Aï (cf. YY tout juste cité) qui pendant quelques années a pris la suite de Toutankhamon, le fils d’Akhenaton ; ce n’est pas moi qui le dit, mais de distingués érudits juifs).

Notre monsignore énonce que le YHWH, révélé à Moïse gnagnana (confer Exode, 3) est un mot imprononçable. Car d’une part, on ignore comment il se vocalisait, et d’autre part parce qu’il est marqué d’un interdit religieux. D’un tabou tribal, enfin c’est moi qui ajoute ça.

Seul le grand prêtre pouvait le prononcer, nous dit-on, une fois l’an, lorsqu’il pénétrait dans la Saint des Saints du Temple de Jérusalem. La vocalisation aurait été ainsi gardée secrète et, je ne sais pourquoi, perdue. Certains suggèrent même qu’il n’y a jamais eu de vocalisation, personne ne pouvant prétendre mettre la main sur Dieu en prononçant son nom.

Ce qui est là une réflexion pas si sotte. On trouve la même chose par exemple dans la tradition gauloise, ou autrefois chez les amérindiens. Ainsi, l’expression "par Teùtatis" en serait la marque. Teùtatis pouvant être traduit par : celui de la tribu. Façon de ne pas prendre de risque, de ne pas se faire voler son dieu, et de perdre des batailles. Le nom du totem restait également secret chez les amérindiens.

Ceci étant, l’argument de ne pas savoir comment se prononçait ce fameux tétragramme est le type même du faux problème. En effet, lorsque la bible hébraïque a été redécouverte, "revivifiée" cela faisait plusieurs siècles que l’hébreu était langue morte et qu’elle avait même été abandonnée en tant que langue liturgique. Un peu comme avec Vatican II et le latin, mais sans concile.  C’est dans les premiers siècles de notre ère que les érudits juifs revocalisèrent la Bible hébraïque et ceci à partir de ce qu’ils avaient sous la main, autrement dit de l’araméen, langue cousine ou plus exactement, langue nièce de l’hébreu, car plus récente.

Il est un auteur comme Kamal Salimi qui a bien cerné le problème en montrant de nombreuses incohérences et traductions fautives dans la Bible, ce qui lui fait dire parfois tout autre chose que ce que communément on y lit en traduction locale, si je puis dire, en français par exemple. Ainsi, ce n’est pas tant la traduction du Tétragramme mais toute la Bible hébraïque qui est sujette à caution.

Donc, pour revenir à l’essentiel, l’Église catholique a décidé de s’incliner devant le judaïsme sur ce point et sur bien d’autres aussi ces dernières décennies. Par exemple le sionisme. Il y a quelques mois le Pape (François Ier, premier pape sortant des jésuites, et attitude combien jésuitique) ne s’est-il pas rendu, lui aussi, comme un pleutre (apparent) en dite Terre Sainte où il a été s’incliner sur la tombe du père du sionisme Herzl, idéologue du tribalisme, racisme, colonialisme, bellicisme ; jolies idéologies doublées d’une bonne dose d’escroquerie ethnique de juifs européens, tout ce qu’il y a de moins sémites.

Herzl après avoir prôné l’intégration sans histoire a fini par prôner la séparation délibérée des juifs du reste de l’humanité. Bien avant que ne naisse le méchant Hitler qui finalement l’a pris aux mots (car "Omo lave plus blanc", encore une fois). Ce qui malheureusement n’était qu’une utopie comme on peut le constater tous les jours que le Tétragramme ne fait pas. Le sionisme bouffant toujours à deux râteliers : le ghetto juif librement consenti et le mondialisme totalitaire et dominateur.

Rappelons que le sens de "catholique", to katholikon en grec, est "l’universel". "L’universelle" en l’occurrence puisqu’il s’agit de l’Église. Mais à notre époque, disons depuis Vatican II encore une fois, il semble que "catholique" a subi une sorte de glissement sémantique qui le rapproche à le confondre de "mondialisme".

Enfin, ce n’est pas d’hier que le judaïsme influence la chrétienté puisque à la base le christianisme n’est que du judaïsme réformé et à usage des goyim, fruit des élucubrations de juifs hellénisés. Il est même reconnu, à défaut bien évidemment d’être établi autrement que par quelques listes anciennes que la tradition catholique honore, que certains des premiers papes ou plus exactement des premiers évêques de Rome (le titre de Pape ne date que du IVe siècle) étaient d’origine juive.

Si l’on ajoute maintenant, comme dit précédemment Jean-Paulsky et Ratzinger, on peut dire que la boucle est définitivement bouclée. Mais ce serait une erreur d’oublier les longs siècles intermédiaires : ceux par exemple de Torquemada le grand inquisiteur ("cristiano nuevo", zélé frais converti venant du judaïsme). Ou des fondateurs de la curieuse Compagnie de Jésus, sorte de franc-maçonnerie catholique d’esprit foncièrement marrane. Loyola aurait déclaré publiquement que c’eût été pour lui « une faveur divine » d’être descendant de juifs, car il eût été ainsi « du même sang que Notre Seigneur ». Son bras droit, et influent secrétaire, qui rédigea une partie des textes fondateurs de la compagnie était un "converso" d’origine juive. De même en était-il du second "général" de la compagnie un certain Diego Lainex. Ou Thérèse d’Avila, la mystique et illuminée bien connue, qui est née de noblesse castillane par la mère, et de séfarades de Tolède convertis par le père.

Saint Ignace de Loyola (1481-1556) et Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), rien de moins que "patronne de l’Espagne"… Des temps d’après Isabelle la Catholique (1451-1504) ; son décret d’Alhambra, 1492, chasse les juifs d’Espagne… mais pas les marranes qui vont, de ce fait, proliférer dans les “hautes sphères”. Puis des débuts de la Contre-Réforme (Concile de Trente, 1545-1563).

Point final.

Ah, non… P.S. Les diverses épithètes bibliques réservées à l’Innommable sont amusantes : il y a par exemple Adonaï qui a probable cousinage avec Adonis, ou Elohim qui est un pluriel et veut dire "Les Dieux"… Mais passons. Et à propos d’Innommable, je ne croyais pas si bien dire (et être en conformité dogmatique avec l’Église catholique, ce qui n’était pas tout à fait mon but) en l’employant pour rire dans des articles précédents. Je rappelle également ce que je disais dans un autre billet à propos de la réflexion hérétique du bon François concernant la chaux (vive) à nanas.

VIEUX PAPIERS ENCORE : POUR L’ART DE L’AMOUR OU L’AMOUR DE L’ART ?

Coupure de presse, mardi 12 août 1986, dans Nice-Matin, rapprochement cocasse :

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02

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VIEUX PAPIERS : "LE CACHET DE LA POSTE FAISANT FOI"

Coupures de presse — journal Presse-Océan (Nantes) du jeudi 29 avril 1982.

Vieille historiette du début de règne mitterrandien.

Avant que Jean-Edern ne soit retrouvé errant en pyjama sur je ne sais plus quel périphérique parisien, la presse hésita : vrai enlèvement ou canular ? Jean Cau semblait avoir sa petite idée… qui n’était pas vraiment fausse.

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On peut voir que le point 2 est encore et toujours d’actualité, bien que la Russie ne soit plus « soviétique », ou plus exactement ne soit plus sous capitalisme d’État.

Qui a dit qu’il était fou, Hallier ?