Je ne commente pas trop, pourtant il y en aurait des commentaires à faire sur la haine pathologique et très circonscrite de ces nantis de la caricaturette qui crayonnaient pour une feuille de choux tombée quasiment en faillite, non seulement de fric, mais d’idées et bien évidemment de lecteurs qui en avaient soupé de leur infantilisme, de cette machine creuse, de leur provocation à la haine et plus encore de leur ralliement au « camp du bien » américano-sioniste.
J’apprends que la feuille devenuE journal officiel de la caricature d’État qui va sortir mercredi prochain va être tirée à un million d’exemplaires. Ce n’est pas grave, c’est le contribuable qui payera, comme on dit. Manne inespérée pour du papier dont une bonne part finira pas même aux latrines, mais au bouillon.
Charlie Hebdo, c’est la liberté d’expression… J’en doute quand je vois ça :
Il s’agit de leur liberté d’expression qui va comme un gant à l’idéologie dominante (en particulier dans le domaine de la politique et des mœurs, de l’absence de moeurs).
Moi, je trouve à tout prendre que leur haine est une haine de nantis, de planqués (mal planqués la preuve en a été donnée) et de racistes puisqu’ils sont devenus ouvertement sionistes.
Je trouve qu’ils ont moins d’excuses que les paumés de banlieues, sans espoir et sans culture, qui en ont abattus une partie.
Regardez bien ci-dessous la « flamme » tricolore. Personnellement je ne vois pas trop de différence entre une certaine haine antifrançaise banlieusarde (si ce n’est que c’est une haine de classe et d’éternels déchus) et cette haine antifrançaise (de caste, de privilégiés, entre sionistes) représentée d’une manière aussi imbécile qu’ici, par des gens qui vivent bien et profitent à plein du système et de la patrie :
Je précise encore que la Le Peine de Mort, cet être vulgaire, cette sioniste et cette raciste, n’est pas non plus ma tasse de thé.
Cette oeuvrette n’est d’ailleurs qu’un démarquage ridicule et politicard d’un vrai dessin NETTEMENT PLUS PERCUTANT qui est au dos d’un numéro de l’Assiette au Beurre dont je ne retrouve, malheureusement plus, la trace sur Internet et que je n’ai pas dans mes archives. Le texte en était quelque chose comme : « Populo envoie un message de paix ».
Ne cherchez pas de second degré, il n’y en a pas, il n’y en a plus, il n’y en a peut-être jamais eu ; ce torchon n’est plus qu’une arme de guerre et de propagande de ceux qui nous dirigent. Et ce n’est pas parce qu’ils semblent critiquer le socialo-libéralisme qu’ils ne sont pas en plein et À plein dedans. C’est comme Le Canard Enchaîné. C’est de la rigolade entre soi, pour laisser croire qu’il existe encore une critique sociale et une satire en France et surtout pour occuper le terrain et réduire au maximum la vraie critique.
Provoc. de bas étage qui tourne à vide et ne peut amener que là où cela en est arrivé. Je ne développe pas non plus sur l’irresponsabilité gouvernementale (y a-t-il encore un gouvernement ?) et qu’attendre d’autres du haineux Valls ou de la méduse Hollande ? Et de ces brêles qui mènent le pays, notre pays à sa ruine.
Pour qui ne comprend pas ou ne veut pas encore comprendre, je rappelle que je ne suis d’aucun bord, ou plutôt généralement de celui des perdants, des petits et des miséreux.
Liberté d’expression, liberté de la presse… Liberté d’opinion… Opinion de tous ou au pignon sur rue ?
Siné n’est pas tout à fait un « facho » pourtant, c’est le type même du vieil anar sympathique, un vrai de vrai, lui au moins il n’a pas plié, DEMEURE TEL QU’EN LUI-MÊME et n’est pas devenu un ersatz d’anar sionisé.
Un rappel des récents articles d’Olivier Mathieu parus sur ce blog et disponibles également sur SCRIBD :
JE NE SUIS PAS UN MOUTON :
JE NE SUIS PAS CHARLIE :
https://fr.scribd.com/doc/252045906/Je-ne-suis-pas-Charlie-par-Olivier-Mathieu
LES FANTASMES DE HOUELLEBECQ :
HAYAT BOUMEDDIENE A-T-ELLE LE DROIT À LA PRÉSOMPTION D’INNOCENCE ? :
https://fr.scribd.com/doc/252257299/Hayat-Boumeddiene-a-t-elle-le-droit-a-la-presomption-d-innocence
Alors qu’on apprend que ce seraient quatre personnes qui seraient mortes dans la prise d’otages de l’épicerie casher, voici une reprise quasi in extenso d’un tout récent article sorti sur le site de L’Express.
» Il est sans conteste l’un des héros de la journée de vendredi. Lassana Bathily, salarié de l’épicerie porte de Vincennes dans laquelle Amedy Coulibaly s’était retranché avec des otages, a eu le réflexe de protéger la vie des autres avant la sienne. Plusieurs témoins ont en effet expliqué que l’homme les avait cachés dans la chambre froide de l’Hypercacher.
« Je suis descendu au congélateur, j’ai ouvert la porte, il y a plusieurs personnes qui sont rentrées avec moi. J’ai éteint la lumière et le congélateur (…) Je les ai mis dedans, je leur ai dit: ‘Vous restez calmes, moi je sors.’ Quand ils sont sortis ils m’ont félicité », a raconté Lassana Bathily, encore sous le choc de la journée, à BFM TV.
Le nombre exact de personnes cachées par le salarié de l’Hypercasher n’est pas connu. Malik Yettou, conseiller municipal à Saint-Maurice (Val-de-Marne) a évoqué « six personnes avec un bébé ».
BFM TV a évoqué une quinzaine d’otages « cachés ». Une chose est sûre: le geste de Lassana Bathily a protégé les vies de nombreuses personnes. Un acte de bravoure salué unanimement sur les réseaux sociaux. Dans le difficile contexte national, trois jours après la tuerie à Charlie Hebdo, cet épisode est d’autant plus symbolique que le héros du jour est un « musulman malien », comme l’a noté BFM TV.
Un salarié du Hypercacher s’est lui aussi illustré vendredi. Il s’est échappé par une sortie de secours, malgré les menaces du terroriste, pour donner un précieux « cadeau » aux forces de l’ordre. Il s’agissait des clefs du rideau de fer nécessaire [à la fermeture] du magasin. […] »
L’attaque contre « Charlie-Hebdo »… Comme toujours lorsque se produisent des événements de cet ordre et d’une telle ampleur, il est fort difficile de comprendre. Les informations les plus contradictoires circulent et se succèdent. Il faut des jours entiers, parfois des années, pour que la vérité surgisse. Voici quelques-unes des questions que je me pose, et je ne suis sûrement pas le seul.
QUESTION 1. Selon ce que l’on sait (ou que l’on croit savoir) à cette heure, mercredi 7 janvier, vers 11 h 30, deux hommes se présentent au 6, rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement. Les deux frères s’étaient-ils vraiment renseignés sur le jour et l’heure de la conférence de rédaction ? Ou les avait-on renseignés ? Si oui, qui ? Alors, comment pouvaient-ils ne pas connaître l’adresse exacte ? N’avaient-ils pas effectué une reconnaissance préalable des lieux ?
QUESTION 2. Toujours est-il que les voici enfin dans les locaux de Charlie Hebdo, au numéro 10 de la même rue. Huit collaborateurs de Charlie-Hebdo y trouvent la mort, ainsi qu’un policier chargé d’assurer la protection personnelle de M. Charbonnier, directeur de publication. Deuxième question que je me pose, et que je pose. Ils épargnent une collaboratrice de Charlie Hebdo. Or, les rescapés prétendent que les deux frères auraient déclaré « qu’ils ne tuent pas les femmes ». Pourtant, ils oublient ce principe en ce qui concerne Elsa Cayat. Pourquoi ?
QUESTION 3. Au micro de BFM-TV, qui les a interrogés par téléphone tandis qu’ils étaient déjà cernés dans l’imprimerie désormais fameuse de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), les deux frères auraient réitéré qu’ils ne tuaient pas les « civils » et que les journalistes de Charlie Hebdo n’étaient pas des « civils » mais des « cibles ». Ils auraient pourtant tué, dans le hall de l’immeuble, un agent d’entretien. Parce qu’ils l’avaient confondu avec un journaliste ? Voilà encore une incohérence, au moins apparente, que l’on aurait pu mieux résoudre si on avait pu prendre vivants les frères.
QUESTION 4. Boulevard Richard-Lenoir, ils achèvent un policier, M. Ahmed Merabet, d’une balle dans la tête tirée – en courant ! – à bout portant. Sur le film, certains internautes s’étonnent de la dextérité du tireur, d’autres de l’absence de sang. Pourtant, quelques minutes plus tard, ils entrent en collision avec un poteau, et doivent abandonner leur véhicule. Dans la précipitation, ils oublient (???!!!) aussi à bord la carte d’identité de Saïd Kouachi (mais aussi, raconte la presse, un drapeau djihadiste, une dizaine de cocktails Molotov, deux talkies-walkies, une caméra Go Pro, un pare-soleil de police et un gyrophare M82). Enigme : comment concilier une pareille dextérité dans l’emploi d’une arme de guerre, et le fait d’oublier sa propre carte d’identité dans un véhicule ?
QUESTION 5. Cette carte d’identité miraculeusement ( ?) retrouvée permet à la police de mener des investigations auprès des proches des deux frères : perquisitions, écoutes et géolocalisations. Le lendemain matin, les frères Kouachi font irruption dans une station-service au bord de la Nationale 2, près de Villers-Cotterêts, dans l’Aisne, à 80 kilomètres au nord de Paris. Ils « braquent » le gérant mais pas, semble-t-il, parce qu’ils en auraient à la caisse. Non : ils s’enfuient, dit-on, à bord de leur Clio volée, avec… un sac de nourriture. Ma question, ici, est non pas de savoir comment le gérant et la vidéosurveillance font pour les identifier avec certitude, mais pourquoi de dangereux « terroristes », qui se disent financés par « Al Quaeda », n’avaient donc pas d’argent pour s’acheter… un peu de nourriture. Il me semble quelque peu incohérent de dire que deux terroristes entraînés et financés par « Al Quaeda » ou par « l’Etat islamique » prendraient le risque de « braquer » une station-service, kalachnikov en main, simplement pour un « sac de nourriture »… Comme on le voit, et sans chercher la petite bête, il y a des incohérences dans les récits faits par la presse. Terroristes professionnels ou « Pieds nickelés » ? Je voudrais bien que l’on m’explique pourquoi et comment deux individus peuvent être en possession d’un pareil et coûteux arsenal, mais en être réduits à braquer une station-service pour se procurer (c’est le journal Le Monde qui le dit) « un peu de nourriture ».
QUESTION 6. Vendredi, les frères Kouachi parviennent dans la zone artisanale de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne. Traqués (l’un d’eux est d’ailleurs blessé à la gorge par un tir des forces de l’ordre), ils se réfugient dans les locaux d’une société d’imprimerie. Toute la journée, la presse va parler des « preneurs d’otage ». Or, ce n’était pas vrai, selon la dernière version des faits. Il semble en effet certain que les deux « preneurs d’otages », dont l’un des deux était blessé, avaient libéré sain et sauf leur « otage » dès 10 h 20. Voilà donc un geste (libérer le seul otage qui aurait pu être à leur merci) que chacun pourra commenter comme il voudra. A partir de là, la question est cependant de demander pourquoi la presse a parlé toute la journée des « preneurs d’otages » mais, surtout, pourquoi les forces de l’ordre – qui savaient parfaitement bien que les deux frères n’avaient plus d’otages – n’ont pas attendu l’occasion de les prendre vivants, par exemple à l’aide de gaz, ou en attendant qu’ils ne finissent par s’effondrer à la suite d’un manque de sommeil ou de nourriture.
QUESTION 7. Vers 15 heures, Amedy Coulibaly prend en otage plusieurs clients d’une supérette de la Porte de Vincennes. Selon BFM-TV, il se réclame quant à lui de « l’Etat islamique ». Ce qui reviendrait donc à dire qu’il y aurait eu une action coordonnée entre deux groupes djihadistes rivaux?
QUESTION 8. Selon la presse, peu avant midi, des « négociateurs » du GIGN auraient essayé de prendre contact avec les frères (que la presse continuait à appeler « preneurs d’otage » mais qui, à cette heure, je le répète, avaient déjà volontairement relâché leur otage). Les négociateurs du GIGN auraient « laissé des messages sur les portables » des deux frères. Si la chose est exacte, et si les deux frères étaient donc encore en possession de leurs téléphones, alors ils étaient facilement géolocalisables. Depuis quand avaient-ils été géolocalisés ? Et fallait-il donc réellement 88.000 hommes pour attraper deux fugitifs, dont l’un blessé, d’ores et déjà géolocalisés ?
QUESTION 9. L’assaut du raid lancé par les forces de l’ordre, Porte de Vincennes, est décrit en ces termes par le journal Le Monde : « et puis une ombre s’avance en courant vers les policiers. Il n’a aucune chance, et tombe aussitôt, criblé de balles ».
Au même moment, à Dammartin, je cite toujours Le Monde : « Saïd et Chérif Kouachi, épuisés par la tension et les nuits de veille, n’ont plus rien à perdre. Ils entr’ouvrent la porte de l’imprimerie d’une quinzaine de centimètres et tirent une rafale sur les gendarmes qui leur jettent des grenades à effet de souffle. Un nuage dense de fumée, avalé par le vent, survole l’imprimerie. Les deux hommes continuent à tirer, ils sont aussitôt tués par les tireurs d’élite du GIGN ». Ma question sera simplement : est-ce que ces descriptions, faites par un journal comme Le Monde, correspondent véritablement à la vision d’un Manuel Valls, qui avait déclaré quelques heures plus tôt que « les terroristes étaient dans la souricière » ?
QUESTION 10. Je ne connais évidemment pas personnellement Hayat Boumeddiene. Ce que je dis, simplement, c’est que les journaux qui parlent de « traque » contre cette jeune femme ne font pas honneur à leur profession. Toute cette mise en scène d’une chasse à l’homme, et maintenant d’une chasse à la femme, me fait penser à un « Far West » médiatique qui manque de toute dignité. Ce que je veux dire par là, c’est que règne, en France et dans tout Etat de droit, à ma connaissance, la présomption d’innocence. Cette jeune femme est peut-être coupable de quelque chose, et ce sera à la justice (et à elle seule) d’en décider. Mais en attendant, il n’en reste pas moins que c’est une femme, en outre une jeune femme, et qu’elle a perdu l’homme qu’elle avait épousé religieusement. Personnellement, je trouve curieux et plutôt déplorable que l’on puisse jeter en pâture sa photographie sur tous les journaux, alors que sa présence sur les lieux, Porte de Vincennes, ne semble même pas avérée. Peut-être est-elle à Paris, peut-être est-elle en France, peut-être est-elle à l’étranger. Elle aurait pu aussi fuir son mari, justement pour se dissocier de lui. Ou encore, être en vacances ou à l’étranger. Je sais bien que l’on est hélas en plein dans cette « société du spectacle » que dénonçait à juste titre Guy Debord, mais quoi qu’il en soit, qu’on laisse la police et la justice faire leur travail. Même si M. Coulibaly était coupable des pires crimes qu’il soit possible d’imaginer, cela ne voudrait pas dire que son épouse le serait forcément. Et cette culpabilité, c’est à la justice française de la démontrer, pas à des journalistes avides de sensationnel. Que l’on veuille bien se rappeler que la présomption d’innocence, qui fait toujours partie (à ma connaissance) du Droit français, vaut également pour Hayat Boumeddiene.
Olivier Mathieu, écrivain
1/ J’SUIS PAS CONTENT — épisode 17
Par Greg Tabibian
https://www.youtube.com/watch?v=HreVtoVj2ZE
2/ WHAT FRENCH FREE SPEECH
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http://www.amren.com/news/2015/01/what-french-free-speech/
3/ CHARLIE HEBDO ENRICHED
copier le lien sur le navigateur
http://www.ramzpaul.com/2015/01/charlie-hebdo-enriched.html
4/ WHAT ABOUT Charlie Hebdo ITSELF ? par Jonathan Turley du Washington Post
“The biggest threat to French free speech isn’t terrorism. It’s the government,”
5/ article du NEW YORK TIMES traduit en espagnol dans El Pais :
Yo no soy Charlie Hebdo — Es un buen momento para adoptar una postura menos hipócrita hacia nuestras propias figuras provocadoras
http://internacional.elpais.com/internacional/2015/01/09/actualidad/1420843355_941930.html
MOMENT DE FRAÎCHEUR…
— Es-tu Charlie ?
Charlie dubitatif :
— Je suis Charlie Brown. Je ne suis pas Charlie… Hebdo, mon triste avatar qui m’a volé et dévoyé mon prénom. Mais, heureusement, pas mon esprit inquiet et tourmenté.
— D’AILLEURS, JE PEUX ÊTRE GAI AUSSI…
*
— BEN OUI, JE SUIS CHARLIE ET LUI, C’EST MON POTEAU SNOOPY !
JE NE SUIS DONC PAS DU TOUT CHARLIE HEBDO. RIEN À VOIR… RIEN DE RIEN
Voilà. Les frères Chérif et Saïd Kouachi, accusés de l’attaque contre « Charlie Hebdo », ont été tués en Seine-et-Marne, tandis que leur présumé complice Amedy Coulibaly a été tué à Paris, dans des circonstances au sujet desquelles on ne saura sans doute jamais tout. En tout cas, exactement comme lors de « l’affaire Mohamed Merah », les forces de police n’ont pas capturé vivants les trois hommes.
Ils ne seront donc ni interrogés (ni éventuellement placés face à leurs contradictions). On ne pourra pas les entendre au cours d’un procès, on ne pourra pas savoir ce qu’ils auraient peut-être pu dire au sujet de l’attaque à « Charlie Hebdo » et à Porte de Vincennes. Qui les a incités, qui les a manipulés ? Des gens savaient, puisque l’Algérie avait paraît-il prévenu la France de l’imminence d’un événement de très grande ampleur.
Comment avaient-ils trouvé des armes ? Qui les finançait ? Comment les frères Kouachi faisaient-ils (selon les journalistes) pour se déclarer proches de « Al Quaeda Yémen », et Coulibaly de « l’Etat islamique » (organisations que l’on dit rivales) ?
Que pouvait-il se passer dans la tête d’un très jeune garçon comme M. Coulibaly, qui avait quand même déjà passé près de la moitié de sa vie en prison ? Qui pourra le dire, désormais ?
Laissons de côté ces gens, qualifiés de tueurs professionnels (mais dont on veut nous faire croire, à d’autres moments, qu’ils ignoraient jusqu’au nombre ou à la présence de leurs otages). Alors, terroristes ou simples « gugusses » ? Chacun se fera sa propre opinion, j’ai la mienne. Eux ne sont plus là pour confirmer ou infirmer quelque thèse que ce soit. Reste à espérer que, d’ici quelque temps, on n’apprenne pas (comme dans l’affaire Merah) qu’ils avaient été en contact avec des services de police.
Que l’on me pardonne cette introduction. Aujourd’hui, ce n’est pas d’eux que j’ai envie de parler. Non. J’ai envie au contraire de parler de mes propres souvenirs d’enfance et de jeunesse de « Hara Kiri » et de « Charlie Hebdo ».
« Charlie », un journal qui avait peut-être été (autrefois) « antigouvernemental », mais qui ne l’était certainement plus.
« Charlie Hebdo » n’était plus, depuis très longtemps, un journal « anti-gouvernement ». Qu’il suffise de songer que Stéphane Charbonnier, dit « Charb », le rédacteur en chef, était le compagnon d’existence de Jeannette Bougrab, fille de harki et devenue membre du gouvernement français.
A titre personnel, le fait qu’un rédacteur en chef d’un journal supposé (autrefois…) « anti-gouvernemental » (et en tout cas souvent condamné par les gouvernements successifs de la France) soit le compagnon d’un membre du gouvernement, me fait émettre quelques doutes. Ce n’est pas le seul exemple que je pourrais donner pour appuyer ma thèse. Loin de là.
Madame Bougrab s’occupait de la politique au Moyen Orient puisqu’elle avait déclaré en 2011 que l’alors président Moubarak « devait » quitter le pouvoir, ce qui entrait en outre en contradiction avec la position officielle du gouvernement français. Convoquée et rappelée à l’ordre par le Premier ministre d’alors (François Fillon), elle avait dû faire un mea culpa.
Si le gouvernement français reprochait en 2011 ses prises de position à la compagne de Monsieur Charb, on se demande – encore une fois – ce qui pouvait se passer dans la tête de beaucoup de jeunes gens français (musulmans, et pas musulmans) qui n’avaient pas fait d’études, comme M. Koulibaly, quand ils avaient eux aussi l’impression d’une ingérence étatique occidentale dans les affaires des pays arabo-musulmans. Tiens, voilà quelque chose que l’on aurait voulu demander à M. Koulibaly.
Madame Bougrab est libre de ses déclarations, cela va de soi, et je n’en disconviens aucunement. Moi, je me borne à dire que « Charlie-Hebdo », dirigé par M. Charb qui était maritalement lié à un membre du gouvernement français, n’était plus depuis longtemps le journal anti-gouvernemental que j’avais connu dans les années 1970.
On entend dire tous les jours que nous sommes en pleine « Crise ». Madame Bougrab (à en croire le « Canard enchaîné » en 2010) avait obtenu le doublement de son indemnité de présidente de la HALDE (passant de 6 900 à 14 000 euros mensuels), affirmation que la compagne de Charb avait certes contestée, et contre laquelle elle avait même porté plainte pour diffamation. Mais la simple vérité oblige aussi à dire qu’elle avait déboutée de sa plainte, le tribunal correctionnel de Paris estimant que l’enquête menée par le journal était « sérieuse » et les chiffres avancés « tout sauf fantaisistes ».
Force est alors de dire que certains collaborateurs de « Charlie Hebdo », dont M. Charb, ou leurs familles, étaient désormais liés à des membres du gouvernement. Ils ne devaient pas vivre non plus, semble-t-il, malgré la « crise » dont on parle tant, dans la misère noire. On en est bien heureux pour eux.
Aujourd’hui, après l’attaque contre le journal, voilà « Charlie » institutionnalisé, ou en passe de l’être. Les distinctions honorifiques pleuvent. On va peut-être avoir des rues ou des écoles baptisées des noms des dessinateurs morts. Les propositions en ce sens vont être absolument innombrables, n’en doutez pas. Déjà sur Internet j’ai vu des gens, de simples internautes, des hommes politiques parfois, proposer le « Panthéon » ou parler de « héros ». Je ne sais pas ce que l’on va faire : les enterrer au Panthéon ? Leur faire des funérailles nationales ? Leur décerner la Légion d’Honneur ou quelque autre distinction de ce genre, à titre posthume ? Je me demande : que vont-ils inventer ? Charlie Hebdo a été fait « citoyen d’honneur de la ville de Paris ». Dans son discours, Anne Hidalgo a parlé d’une « distinction extrêmement élevée, très peu attribuée », ajoutant : « En choisissant de la remettre à Charlie Hebdo, Paris, notre ville, accorde à un journal courageux et héroïque le respect dû aux héros ».
Moi, je ne discute évidemment pas ces propositions (que tout un chacun est libre de faire).
Je dis cependant que tout cela me semble plus qu’exagéré. Le nom de Charlie Hebdo sur l’Arc de triomphe, par exemple, c’est exagéré ! D’autant plus qu’on pourrait se demander pourquoi MM. Charbonnier, Cabut, Wolinski et les autres seraient devenus des « héros », et pas tout pareillement les pauvres gens (dont un simple agent d’entretien) qui sont morts exactement au même moment et sous les mêmes balles. Ce n’est pas manquer de respect à qui que ce soit, de dire que le terme de « héros » me semble galvaudé ! Ma conception de l’héroïsme est différente. Se faire tuer est très embêtant, mais ce n’est pas (ou ce n’est pas forcément) un acte d’héroïsme.
Ce qui me semble désagréable, c’est que ce « je suis Charlie » a été adopté ou repris, y compris par des politiciens qui furent proches de gouvernements qui faisaient jadis condamner « Charlie » (ou « Hara Kiri »).
Ce qui me semble désagréable, c’est que tout le monde « est Charlie » mais qu’en revanche trop peu de gens évoquent Frédéric Boisseau, l’agent d’entretien qui, ce jour-là, venait de commencer à travailler pour nettoyer les escaliers de « Charlie ».
Google a annoncé un don de 250 000 euros à « Charlie Hebdo », qui sera aussi doté d’environ un million d’euros par l’Etat. Très bien, mais ici encore, est-ce que ce n’est pas un peu exagéré ? Le gouvernement français alloue un million d’euros pour sauver un journal (un journal autrefois férocement antigouvernemental) qui, depuis longtemps, perdait ses abonnés et allait devoir mettre la clé sous la porte…
J’ai donc commencé par me dire : ça alors, « Charlie » institutionnalisé !
Mais là, j’ai sursauté. Je me suis demandé : mais si, au fond, « Charlie » avait toujours été institutionnalisé ?!!
J’ai songé à mon enfance et à ma jeunesse. Charlie toujours et depuis toujours institutionnalisé !?
Oui, n’est-ce pas là ce dont j’avais l’impression, la sensation ou l’intuition, déjà dans les années 1970 ?
« Charlie », j’avais l’impression (oui, déjà à cette époque-là !) qu’il s’agissait de faux rebelles, de faux anticonformistes. C’était des gens qui ne me donnaient pas l’impression de vouloir vraiment « renverser le système ».
C’était tout au contraire des gens qui me donnaient l’impression de vouloir y entrer, dans le système ! Et qui étaient même peut-être là, à la fin, pour le renforcer.
Et soudain, à la lumière des événements de janvier 2015, je me rends compte que… j’avais raison !
Cabut, par exemple, avait fait son service militaire (tiens, en Algérie). Je veux dire par là qu’il appartenait à sa propre liberté, le cas échéant, de refuser de faire son service – et de le faire, qui plus est, dans une « colonie de la France » et dans un pays musulman.
C’était l’époque du « Déserteur » de Boris Vian. Or, M. Cabut n’a pas déserté. Je veux dire par là : M. Cabut, l’antimilitariste M. Cabut a fait comme tout le monde ses deux ans de service militaire.
Moi aussi, je suis antimilitariste. Je me suis fait réformer en 1982. Après avoir d’abord été reconnu « bon pour le service », j’ai fait appel de cette décision (que je trouvais aberrante) et, à la fin, j’ai été réformé. J’en ai parlé dans un de mes romans.
Je suis anticolonialiste, je l’ai toujours été et personnellement, j’aurais d’autant plus refusé de faire mon service dans une colonie.
Pour le dire plus définitivement encore : non seulement Monsieur Cabut a fait son service militaire, et pas moi. Mais j’estime que je pourrais dresser une liste de chose que j’ai faites, ou alors que je n’ai pas faites, qui me rendent beaucoup plus anticonformiste, à moi tout seul, que toute la rédaction de « Charlie Hebdo » depuis que « Charlie Hebdo » existe et jusqu’à aujourd’hui. Personne n’est obligé de partager mon point de vue. Tout un chacun devrait pourtant être libre de lire mes romans (et mes textes sur Scribd), pour en décider. En tout cas, et même s’il ne devait valoir que pour moi seul, c’est le mien.
Il se trouve des gens pour dire, voire des millions de gens pour répéter à leur suite que MM. Charb, Cabut, Wolinski et autres seraient des « héros ». Je leur laisse leur opinion, mais je ne la partage pas. Mon avis, si vous voulez le connaître, est que le monde moderne n’a plus de héros d’aucune sorte.
Il n’y avait rien d’héroïque dans l’attitude de M. Cabut quand, après avoir fait son service militaire pendant deux ans dans les rangs d’une armée colonialiste (l’Algérie était une « colonie » de la France), il semblait trouver un obscur plaisir à insulter l’Islam, et cela de façon répétée et obsessive. Il n’y a rien d’héroïque à tuer des gens à la mitraillette. Il n’y a rien d’héroïque non plus dans le fait de se faire mitrailler.
« Charlie » et « Hara Kiri », dans les années 1970, menaient quelques combats avec lesquels je pouvais être d’accord. Quelques dessins, quelques textes étaient même, au moins à mes yeux, moins médiocres que d’autres.
Certes, je savais très bien que les qualités esthétiques des caricaturistes des années 1970 étaient des qualités très inférieures à celles des dessinateurs du début du vingtième siècle. Jean-Pierre Fleury vient de consacrer à ce sujet, sur son blog, un article des plus intéressants. J’y renvoie.
Je trouve que les oeuvres des caricaturistes d’extrême gauche, voire proclamés « anarchistes », des années 1970 ne valaient pas celles des caricaturistes d’extrême gauche, ou véritables et respectables anarchistes, du début du siècle.
Je pourrais en dire exactement autant – cela va de soi – des caricaturistes de la presse d’extrême droite des années 1970 et suivantes, la pauvre petite presse de la pauvre petite extrême droite dont la médiocrité des dessins m’a toujours répugné.
Dans un monde occidental en plein déclin, l’esthétique et la pensée s’effondrent exactement en même temps. C’est logique.
Mon impression était donc, en feuilletant « Hara Kiri » et « Charlie » dans les années 1970, qu’il s’agissait de sous-culture.
Mais que dire, alors, aujourd’hui ? La sous-culture des « banlieues » peut avoir des excuses. La sous-culture pouvait aussi, elle peut avoir des côtés sympathiques. Mais quand les anarchistes autoproclamés, quand les anciens anarchistes recentrés vivent désormais sous la protection de la police, ou quand les anciens anticapitalistes croulent sous le pognon, ils cessent à mes yeux d’être très sympathiques.
Je pense qu’il était vain, dangereux et pas intelligent du tout d’insulter la religion musulmane comme le faisait ces derniers temps « Charlie Hebdo », et avec un tel acharnement que la chose finissait par en être curieuse. C’est ce qu’a d’ailleurs dit récemment même le NYT, en affirmant que « Charlie » se livrait davantage aux « insultes » qu’à la « satire ». Il faut assumer ses opinions. Continuer à insulter, et cela sous la protection des services de police mêmes que l’on insultait abondamment vingt ans auparavant, est incohérent. Je le redis, quand un journal est dirigé par un rédacteur en chef lié à un membre du gouvernement, je ne réussis plus à y voir un journal anti-gouvernemental.
La sous-culture, la sous-culture des années 1970, la sous-culture de « Charlie », je voulais et je veux bien admettre. Mais la sous-culture institutionnalisée, la sous-culture d’une ancienne extrême gauche désormais embourgeoisée (pour ne pas employer un autre terme), voilà quelque chose d’assez insupportable. Je ne partage pas les thèses des néo-cons (lisez : néo-conservateurs, NDR) MM. Finkielkraut, Houellebecq, Richard Millet ou Renaud Camus, et autres. Je l’ai souvent dit. Je le répète.
Le matin même de l’attaque contre « Charlie Hebdo », je publiais sur le blog de Jean-Pierre Fleury, et sur Scribd, un texte où je disais ce que m’inspirent les bouquins de Houellebecq.
J’ai été candidat et j’ai même ouvert sur Mediapart un blog « anti-Finkielkraut », à l’Académie française, le 10 avril 2014, contre M. Alain Finkielkraut : et le « Figaro » en a parlé, tout comme France-Culture.
Il n’en était que plus dommage de voir que le discours de « Charlie Hebdo » (celui de ces dernières années) se rapprochait toujours davantage d’un discours « néo-con » et islamophobe.
Les choses sont claires : l’extrême gauche des années 1970, dont les meilleurs sont partis (ou se sont éloignés, ou ont été éloignés) depuis longtemps, n’existe plus. L’extrême gauche est passée, selon la formule, du col Mao au Rotary. Et les faux révolutionnaires, les révolutionnaires de pacotille n’ont plus d’autre désir que de faire partie du Système jadis tant honni. On pourrait dire exactement la même chose de l’extrême droite. Madame Le Pen fille ne trépigne-t-elle pour faire partie des manifestations « d’union nationale » ? Tout le monde veut faire partie du Système, au moment même où il fait eau de toutes parts. Et ce n’est sans doute que logique.
Au fond, peut-être MM. Charbonnier, Cabut et Wolinski, oui, devraient-ils être en effet enterrés au Panthéon…
Et moi, non, je ne suis pas Charlie.
Je suis Olivier Mathieu et je trouve ça mieux.
Olivier Mathieu, écrivain.
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Ce texte peut être lu également ici :
J’apprends incidemment que le preneur d’otage de ce jour qui, me dit-on également aurait mal fini, aurait été reçu en 2009 par Sarközy.
Le monde est vraiment petit.
Ne fait pas bon le rencontrer lui non plus. Je pense ici à Khadafi qui également l’avait rencontré et même financé.
Ce que je constate en première approche est que ces hommes perdus, de milieu populaire souvent en difficulté économique (pas tout à fait comme Botul et Ou-est-le-bec), ne sont que le produit de notre époque. Les mots que j’ai en tête, ce sont désespoir, « vie de merde » comme disent certains, recherche d’une dignité mais avec les moyens du bord, sans culture ni vraie éducation : la violence folle.
En attendant, qui a fait venir tant et plus d’immigrés en France sinon la droite et la gauche, depuis des années ? Ils ne se remettent jamais en cause ceux-là. Et vivent très bien. A-t-on donné à tous ces immigrés et aux générations qui ont suivi, puisque on les avaient accueillis, puisque l’État les avait accueillis, de quoi vivre décemment, de quoi s’intégrer, a-t-on fait en sorte urbainement parlant, de mêler intelligemment les nouveaux venus aux autochtones ?
N’a-t-on pas au contraire créé tous les éléments propices à ce qui se vit depuis des décennies dans des banlieues devenues inévitablement des zones de non droit et de tous les trafics (étant entendu que le plus grand trafic est quand même celui orchestré par la finance internationale sur le dos de tous) ?
Que font nos dirigeants pour reprendre en mains les commandes de notre pays au sein de l’Europe ? Quand vont-il cesser de faire la cour à l’impérialisme américain et au sionisme ? Quand existera-t-il une réelle liberté d’expression pour tous et non pour certains qui se croient alors tout permis ? Quand arrêtera-t-on de subventionner des associations petites-blanches dévoyées vides d’adhérents, qui ne représentent qu’elles-mêmes et certainement pas l’Homme en son ensemble et sa diversité.
Non, je ne suis pas loin du sujet, je suis en plein dedans. On est arrivé à un point où tout est verrouillé, dans les partis, dans les entreprises, les media et tout le reste, je ne veux même pas dire par la bourgeoisie, mais par une caste d’individus qui au-delà de différences illusoires sont tous ou pour le plus grand nombre, au fond d’eux-mêmes, adorateurs du même Veau d’Or, du même mondialiste, américanophiles et russophobes, sionistes et anti-musulmans. Et ceci de l’extrême-droite à l’extrême-gauche.
Quand arrêtons-nous de voir, jour après jour, et dans tous les media, toujours les mêmes médiocres et haineux, les mêmes têtes à claques va-t-en-guerre et pousse-au-crime du genre de cet imbécile heureux, friqué à vie, raciste, sioniste anti-musulman ? Et plumitif nullissime :
Regardez-le ce pitre abject… cet Élu adorateur des massacres de Gaza, se rengorger d’immondices.
On en a soupé !!!
Soupé de toute l’engeance politico-médiatique, d’être pris en otages, de compter pour du beurre (cf. un certain référendum), d’être finalement humiliés, ravalés au rang de non-êtres par ces salopards qui n’ont rien d’humain et qui sont une injure permanente au pays.
Donc pour conclure… je répète encore une fois : je ne suis pas Charlie, cette feuille sioniste, donc raciste, colonialiste, suprémaciste, etc. À gerber !
COUVERTURE DE « L’ASSIETTE AU BEURRE » DU 31 MARS 1906,
AU MOMENT DES INVENTAIRES DES BIENS DE L’ÉGLISE :
« Poussez, ma sœur… c’est pour la bonne cause ! »
Dessin de Grandjouan
LA MÊME IDÉE UN SIÈCLE PLUS TARD ENVIRON :
DÉCLIN PATENT DANS LE DESSIN ET LE PROPOS
OU INSULTE ENVERS LES VICTIMES
Je rappelle le contexte : il ne s’agit plus des Inventaires de 1905-06, mais d’une tuerie en Égypte où il est dit en clair que les gens qui ont été tués sont des abrutis de croyants musulmans ; Autrement dit : Bien fait pour eux !
CE QUI EN TOUTE LOGIQUE S’ACHÈVE AINSI :
Repris du site QUEͶEL +
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Ma présente conclusion sera : T’AS PAS CENT BALLES ?









