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PETIT COMMERCE

Deux ou trois chiffres que je sais de lui :

En 2006, Charlie Hebdo tirait à 140.000 exemplaires ; le numéro du 8 février de cette année-là, reproduisant les tristement célèbres “caricatures de Mahomet” des provocateurs de la feuille Jyllands-Posten, sera vendu à 400.000 exemplaires.

Le fond de commerce anti-musulman, quelle aubaine !

Combien de vrais beaufs franchouillards bien racistes dans le tas ?

En 2011 la feuille se vendait "encore" à 48.000 exemplaires, y compris 12.000 abonnements.

Ces derniers temps, elle buvait le bouillon ne survivant que grâce à nos impôts.

Trouvez l’erreur :

Le numéro de mercredi prochain sera tiré à 1.000.000 d’exemplaires, avec l’argent du contribuable. Exemplaires qui seront vendus à tous les couillons : crétins incultes, petites têtes influençables ou âmes naïves.

Par contre, il sera très probablement offert aux administrations et bien entendu aux salopards sionistes et anti-musulmans de gauche comme de droite. Botul en tête, ce grand homme qui fait tant pour la paix dans le monde et pour le respect de la liberté d’expression des autres que lui…

Quelle mélasse ignoble !

J’imagine plus d’un se pavaner dans la rue avec le torchon, sans honte aucune et qui sait en se prenant pour des rebelles et des contestataires.

À quoi auront-ils droit : à Mouhammad, au Pape ou à un rabbin se faisant entuber ?

Je penche pour le premier…

Ce sont les marchands de journaux qui vont être contents ; et l’imprimeur…

Vous avez dit : dé…on…to…lo…gie, quoi est-ce don’ ?

Pitoyable…

erratum

J’ai écrit par erreur dans un précédent article que l’économiste et financier “de gauche”, ami de l’extrême-droitiste et sionard acharné Houellebecq, Maris, mort dans l’attentat des branquignols contre les Charlots (pas les comiques, les haineux) était socialo, grossière erreur ! C’est "bien plus pire" : il se prétendait anarchiste !… Anarchiste officiel et d’État sans doute.

Il devait confondre "esprit libéral" et "esprit libertaire" qui, à mon humble avis (et qui est celui que je préfère) sont totalement antinomiques ; à moins encore qu’il n’eût confondu "libertaire" et "libertin" ; libertin vous savez, à la DSK ou à la Cohn-Bendit…  

 
Que de marionnettes !


Quel monde, mais que monde de décadence en tout…

Supplique à nos bons princes pour avoir le droit de NE PAS être Charlie — Par Olivier Mathieu, écrivain.

J’ai le droit de NE PAS « être Charlie », honorés Messieurs ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal antimilitariste. Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». Aujourd’hui, MM. Valls et Cazenave ont annoncé que le plan « Vigipirate » continuait. Le premier ministre a affirmé que le plan Vigipirate serait « maintenu à son plus haut niveau » et a ajouté que le nombre de militaires déployés se situait « à un niveau jamais atteint ». On détaille également à la presse le nombre des militaires qui vont protéger les écoles juives et les synagogues (j’espère que les mosquées, elles aussi, seront protégées). Et j’avoue, M’sieur, que je ne comprends pas trop bien : « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait antimilitariste, va donc conduire à une société (encore plus) militarisée ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal anti-police (« CRS = SS », j’ai d’ailleurs toujours pensé que ce slogan était une insulte manifeste). Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie » dans une manifestation qui a rendu plein d’hommages à la police. Je comprends parfaitement que l’Etat rende hommage à ses policiers, qui sont morts. Mais par ailleurs j’avoue, M’sieur, que je ne comprends pas trop bien : « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait anti-« flics », a  donc conduit à une manifestation qui rendait hommage à la police ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal anti-écoutes. Je lisais « Charlie » dans les années 1970, je suis absolument sûr qu’il y avait des protestations contre les « écoutes ». Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». Autrefois, les gouvernements niaient l’existence des écoutes. Aujourd’hui, le gouvernement annonce qu’elles vont augmenter ! (« Les temps changent » comme bêlait, à l’aide de son filet de voix, Robert Zimmermann dit Bob Dylan). Et j’avoue, M’sieur, que je ne comprends pas trop bien : « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait anti-écoutes, va donc conduire à une société (encore plus) « écoutée » ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal anti-curés. (Tiens, c’est là un des combats que je partageais avec Charlie, puisque moi, j’ai même exigé d’être débaptisé, obtenant ainsi mon excommunication). Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». J’ai aussi lu que les cloches de Notre-Dame avaient sonné pour MM. Cabut, Wolinski et les autres journalistes morts de « Charlie Hebdo ». J’avoue, M’sieur, que je ne comprends pas trop bien : « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait anticlérical, va donc conduire à une société où les cloches de Notre-Dame sonnent pour des athées ou des « bouffeurs de curés » ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal libertaire. Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». Aujourd’hui, on explique un peu partout que les codes « PNR » des passagers des avions vont être (encore plus) soigneusement épluchés et contrôlés. J’ai lu dans la presse italienne que le code PNR contient même des indications sur le menu du passager… Excusez-moi, M’sieur, mais donc « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait libertaire, va donc conduire à une société où régnera une « liberté » de ce genre-là?

M’sieur, j’avais cru comprendre (mais tout ça, vous me direz, ça remonte aux années 1970) que « Charlie » était un journal anticapitaliste. Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». Journal auquel collaborait M. Bernard Maris (l’une des victimes), qui – si j’ai bien compris – était banquier.  Par ailleurs, Google va offrir 250.000 euros aux journalistes survivants, l’Etat un million d’euros. Et la manne ne va sûrement pas s’arrêter là. C’est très bien pour eux, mais j’avoue, M’sieur, que je ne comprends pas trop bien : « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal qui se disait anticapitaliste, va donc conduire à une société où l’Etat en temps de « crise » soutient (à hauteur d’un million d’euros !!!) un journal qui, sans aides étatiques, avait déjà mis la clé sous le paillasson, par manque de lecteurs et d’abonnés ?

M’sieur, j’avais cru comprendre que « Charlie » était un journal antiraciste. Hier, il paraît qu’il y a eu quatre millions de manifestants qui proclamaient « je suis Charlie ». Mais (je me pose la question) cela ne dérangeait donc personne de défiler auprès du politicien d’extrême droite israélien Netanyahu, et d’un de ses ministres qui (si j’en crois le journal Le Monde) déclarait il y a deux ou trois ans de ça « avoir tué beaucoup d’arabes, et que ça ne représentait pas un problème » ? Excusez-moi, M’sieur, mais donc « je suis Charlie », mouvement de soutien à un journal antiraciste, va donc conduire à des manifestations où défilent ensemble, sous la même bannière, des personnages de ce genre ?

Mais alors, c’est quoi, au juste, « être Charlie », aujourd’hui ? C’est quoi, si ce n’est pas n’importe quoi ? C’est aller défiler, le dimanche, certes sous des prétextes très nobles comme la lutte contre le terrorisme mais aussi, à la fin, pour tout et son contraire?

Tout en laissant évidemment à tout un chacun le droit « d’être Charlie », moi (je le répète) je ne suis pas Charlie. Et je ne suis pas non plus, tiens-je à ajouter, beaucoup de ceux qui « ne sont pas Charlie ».

Je ne suis pas Charlie. J’espère et j’entends qu’on m’en laisse le droit. Car je ne voudrais pas que cela devienne une obligation, « être Charlie ».

La liberté d’expression doit être celle de tous. La liberté d’expression doit être pour tous. La liberté d’expression ne saurait appartenir exclusivement à « Charlie » ou à ceux qui disent « être Charlie ».

A propos, on a entendu hier des gens qui disaient qu’on ne les ferait « pas taire ». Le problème n’est pourtant peut-être pas tant de faire taire ou de laisser parler les gens (je suis pourtant d’avis que tout le monde a le droit de parler  de tout). Le problème serait d’avoir quelque chose d’intéressant et d’original à dire, pas de bêler avec les moutons.

En tout cas, je le répète. Je suis moi. Je ne suis pas Charlie. Je suis Olivier Mathieu. Merci M’sieur.

Olivier Mathieu, écrivain

JE N’ACHÈTERAI PAS CHARLIE HEBDO

JE N’ACHÈTERAI PAS CHARLIE HEBDO

JE N’ENTENDS PAS LE SOUTENIR

JE N’ENTENDS D’AUCUNE SORTE EN ÊTRE SOLIDAIRE

QU’IL FINISSE DE MOURIR

DES SUITES D’UNE HAINE MANIAQUE ET PATHOLOGIQUE

QUI LUI RESSEMBLE SI BIEN

*

JE N’ACHÈTE PAS LA CONFUSION, NI LA BASSESSE, NI LE DÉCLIN, NI LA DÉGRINGOLADE

JE N’ACHÈTE PAS L’IMAGE DE LA DÉCONFITURE D’UN MONDE ABJECT ET PUANT

JE N’ACHÈTE PAS LE LAID, L’IGNOBLE ET CE QUI ABAISSE

JE N’ACHÈTE PAS CE QUI HUMILIE LES PLUS FAIBLES

JE N’ACHÈTE PAS CE QUI RENFORCE LES PUISSANTS ET LES MALADES QUI DIRIGENT LE MONDE

JE N’ACHÈTE PAS LA PROPAGANDE

JE N’ACHÈTE PAS LE BIEN-PENSER DES SALAUDS

JE N’ACHÈTE PAS L’ESCROQUERIE IDÉOLOGIQUE

JE N’ACHÈTE PAS LA NULLITÉ INTELLECTUELLE

JE N’ACHÈTE PAS LA TRAHISON DES CLERCS

JE N’ACHÈTE PAS L’ORDURE, JE NE VEUX PAS EN POLLUER MES LATRINES

*

Je n’achèterai pas Charlie Hebdo, premier numéro de sa nouvelle série post-mortem.

Non ! Je n’achèterai pas un torchon qui fit et fait encore ignoblement argent de tout.

Non ! Je n’achèterai pas un organe officiel et d’État de la haine sioniste.

Non ! Je n’achèterai pas des caricatures sans grand talent tant dans le dessin que dans le propos.

Non ! Je n’achèterai pas ces fameuses « idées nauséabondes » qu’il est si prompt à prêter aux autres.

Non ! Je n’achèterai pas un infantilisme de potaches, de Grands Duduches pathologiquement analo-scatologiques et attardés, et finalement pervers.

Non ! Je n’achèterai pas l’irresponsabilité éthique, esthétique et politique.

Non ! Je n’achèterai pas un torchon qui fait le jeu des abrutis de tous les bords sans exception et des autres pantins de ce vaste numéro de cirque politicard. De ce triste spectacle de la société… du spectacle.

Non ! Je n’achèterai pas un organe officiel ennemi de la liberté d’expression (celle des autres).

Non ! Je n’achèterai pas un torchon répugnant qui insulte les morts musulmans victimes de la barbarie d’illuminés pseudo-islamiques fabriqués par le complexe américano-sioniste et manipulés comme jamais (c’est-à-dire depuis le Onze Septembre, crime d’États, machine de guerre de l’Impérialisme).

Non ! je n’achèterai pas un torchon qui passe son temps à provoquer à la haine et à la violence !

Non ! Je n’achèterai pas un torchon qui appelle à la censure et à l’interdit. Ou congédie ses « mauvaises têtes ».

Non ! Je n’achèterai pas un torchon destructeur, ennemi de l’intérieur, suffisant, peu auto-critique et pratiquant peu l’auto-dérision, et parfaitement intolérant, qui insulte tout ce qui ne lui ressemble pas, mais qui est également complaisant vis-à-vis des vrais puissants et de politicards amicalement égratignés.

Non ! Je n’achèterai pas ce torchon néo-conservateur « de gauche » qui fait rire ou sourire Botul et Follerest et quelques autres de la même trempe sous-humaine, ces beaux cas de la haute pathologie haineuse sioniste, arabophobe, russophobe et dégénérée.

Non ! Je n’achèterai pas une malfaisance patente qui marche, main dans la main et sciemment, avec les pires ennemis de la liberté de conscience, d’expression, d’opinion, de la presse, de la recherche historique ; liste non close.

Non ! Je n’achèterai pas un torchon en juste faillite (l’énorme majorité des français n’est pas encore totalement gogo ou endoctrinée) qui ne tient que par l’argent du contribuable.

Non ! Je n’achèterai pas le journal des Beaufs de tous bords et du Roi des Cons.

Non ! Je n’achèterai pas cet infect et ignoble torchon qui a malproprement dévoyé puis jeté par-dessus bord, les idées humanistes libertaires qui sont les miennes.

UNE PAUSE À MÉDITER

Une pause à méditer qui date de la fin décembre et que j’aurais préférée sans titre débile de groupi et surtout sans pub (payante pour le péquin qui donne ses coordonnées) du finalement petit ou gros et surtout mesquin* commerçant Dieudo le disciple de Jésus, qui a participé à ladite « marche républicaine » (je ne vois pas ce qu’elle avait de républicaine, ou de défense de la liberté d’expression, étant largement sionio-maçonne à l’origine, non vraiment ! républicaine et pour la liberté d’expression de tous, je ne vois pas, surtout avec la présence de certains olibrius du genre président d’Ukraine !!!) :

https://www.youtube.com/watch?v=ISNltpjiels

*Enfin c’est encore moins mesquin que ceux qui sur Internet sont en train de se faire de la tune sur feu Charlot, en faisant monter les prix des anciens numéros ou du tout dernier numéro en particulier.

JE NE SUIS PAS CHARLIE — QUELQUES DOCUMENTS

1/ EXEMPLE DE DIARRHÉE MENTALE CHARLIENNE :

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CHARLIE HEBDO [No 359] du 05/05/1999 –

De ce joli fatras je retiens tout d’abord ces slogans provocateurs en « -ez » qui depuis bien longtemps m’horripilent, qui donnent des ordres et se maintiennent en dehors de ce qu’ils proposent. Cela me fait toujours penser à une phrase que mon père (antimilitariste) me disait souvent à propos de la guerre, qui était la suivante, et qui était très juste : « Armons-nous et partez ! ». Donc « achevons, fusillons, etc. » me semblerait plus approprié, si je puis dire.

Puis, je remarque que la plupart de ces « slogans » sont des parodies de ce qui a pu se passer quelquefois en des temps de révolution. Quand ce n’était pas « pour de rire », comme à Charlie.

Par exemple, sous ladite Révolution française Carrier s’était fait une spécialité de noyer les religieux mâles et femelles et les nobles en les entassant dans des bateaux dont on pouvait ouvrir les fonds en Loire ou en pleine mer. Pendant la guerre civile espagnole certains ne se sont pas privés d’incendier des banques je ne sais pas, mais des églises et des monastères, et pas qu’une ou qu’un c’est sûr, de préférence avec des gens à l’intérieur, grosse tache « républicaine ».

Détournant la célèbre phrase du curé Meslier (L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier des tyrans aura été pendu avec les tripes du dernier prêtre) et en vandalisant une peinture de la Sorbonne, certain situationniste, qui fit carrière ensuite dans l’université, écrivit : « Camarades ! L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier bureaucrate aura été pendu avec les tripes du dernier capitaliste », autre manière de dire « ni stalino-gauchisme, ni capitalisme ».

Mais, c’était Mai 68, révolution d’opérette, où j’ai l’impression, le temps passant, d’avoir été comme tant d’autres jeunes, manipulé pour des raisons moins nobles que celles avancées en slogans dans les rues. Attention, je ne renie pas ce que fut pour moi cette époque, et ce que je pensais alors et pense encore en très grande partie de nos jours, mais je m’interroge sur les intentions politiques réelles de certains et de toutes ces officines gauchistes en particulier, pratiquement toutes dirigées par qui vous savez, ce que j’ignorais totalement à l’époque et n’était pas du tout dans mes préoccupations naïves et juvéniles. Ce n’est que bien après que je me suis rendu compte que 68 suivait… 67, année qui dira quelque chose à qui s’intéresse au Proche-Orient et à la politique étrangère gaullienne.

Cela dit sur le fond (sans vouloir parler de la moralité de tout cela), je trouve que cette une est totalement incohérente, faite de bric et de broc. Si « fusillez les militaires, étranglez les curés, écrabouillez les flics et incendiez les banques » est de la même veine, veine crétine d’un pseudo-anarchisme infantile pour ne pas dire pathologique vu l’âge de ceux qui ont écrit ça, les deux autres « slogans » sont en complet décalage. Je dirai que seul le premier, de scatologie pathétique, de stade anal comme pouvait écrire l’autre, a un rapport avec Noël et que le second* relève du crétinisme pur et simple.

Je ne savais pas que les handicapés eussent représenté quelque pouvoir réel ou occulte nocif en notre société. Je crois que c’est la phrase la plus profondément débile de toute. Qui peut en rire ou en sourire sinon des esprits malades ou au premier degré des partisans d’un certain eugénisme radical qui me semble être celui de l’autre bord politique ? Si tant est que Charlie (et Hara Kiri) n’aient jamais été autre chose qu’un conglomérat de deux ou trois personnes sensées parmi une tourbe d’infantiles, de maniaques décadents et de rigolards sordides. On évoque peu le cas des personnes qui ont quitté, ou se sont écartés de Charlie (nouvelle formule en particulier), dégoûtés de sa « ligne éditoriale » comme l’on dit.

… Au fait, ils avaient oublié dans la liste : « fusillez les journalistes »…

C’est trop bite, enfin maintenant, c’est fait.

*

PS On dirait que ces slogans sont là pour faire du tort à la véritable pensée anarchiste qui est avant tout un humanisme. Un peu comme l’abruti de Con le Bandit (enfin un nom comme ça, je ne sais plus bien) est là comme repoussoir. Ou un peu comme les gogolitos de l’anarchisme faisant une fixation sur ledit fascisme qu’aucun n’a jamais subi, tout en oubliant le capitalisme, le seul ennemi véritable, que tout un chacun subit, eux y compris.

* « Deuxième était peu employé au XVIIe siècle […] En faveur de deuxième, on a prétendu qu’il valait mieux que second, pourvu que le nombre des objets dépassât deux, second terminant une énumération après premier, et deuxième indiquant qu’il sera suivi de troisième, etc. Mais cette raison, tout arbitraire, laisse prévaloir l’usage. » (Émile Littré)

*

2/ FACE À UNE BARBARIE SANS NOM… QUI EN A UN, JE NE SUIS PAS CHARLIE HEBDO

Paru sur le site Agora du 8 janvier. Par Marc Leroy, alias La Plume à gratter.

Je ne suis pas Charlie… Je suis comme l’immense majorité de mes compatriotes horrifié par le massacre abominable qui a eu lieu hier en ses murs… mais je ne suis pas Charlie. J’ai la plus grande compassion pour les malheureuses victimes, dessinateurs, journalistes, employés ou policiers et pour leurs familles foudroyées par l’horreur et le chagrin… mais je ne suis pas Charlie. Je crois, je sais que la France doit se réveiller, faire front et se dresser, la plus unie possible face à une pareille barbarie… mais je ne suis pas Charlie.

Je ne suis pas Charlie, parce que je n’ai jamais aimé ce journal manichéen, dégoulinant de moraline de « gôche », vulgaire, méprisant des opinions qui n’étaient pas les siennes, et le plus souvent provocateur à seule fin de faire le « buzz » et de vendre du papier. Je ne suis pas Charlie, parce que je réprouve une ligne éditoriale qui tire depuis toujours à la Grosse Bertha du rire gras et ordurier sur les convictions religieuses des chrétiens ou des musulmans, qui ridiculise ou offense gratuitement leurs convictions les plus profondes, tout en épargnant totalement la troisième Religion du Livre, allant pour ce faire jusqu’à licencier l’un de ses pères fondateurs, Siné, pour une simple allusion dérisoire, lors de la conversion du fils Sarkozy au judaïsme. Je ne suis pas Charlie, parce que je n’aimais pas et que je n’aime toujours pas Charlie Hebdo.

Je ne suis pas Charlie parce que je réprouve totalement cette tendance de notre époque « médiatico-bienpensante », consternante et simpliste jusqu’à en devenir obscène, qui consiste systématiquement à « faire de l’événement télé », des « images » de tout… et de rien. A déposer des gerbes de fleurs ou des bougies, à arborer des pins aux « messages » débilissimes ou des rubans à la boutonnière, à organiser des marches blanches ou des manifestations de « solidarité », des commémorations, des « jours de », des Téléthon, des Concert des Enfoirés, des grand-messes de compassion et de générosité ostentatoires et pour bonne partie factices, cela à la moindre occasion, de la plus terrible à la plus anecdotique. A interroger, à filmer et passer sur tous les médias des entrevues dérisoires, totalement vides de sens ou d’information, de mères éplorées, de frères incrédules, de neveux en colère, de voisins de palier ou de commerçants de proximité qui n’ont rien à dire, ne savent rien, mais se précipiteront bientôt chez eux pour se « voir à la télé », non sans appeler les copains au téléphone pour les prévenir qu’ils ont eu, les veinards, leur petite minute de célébrité. Je ne suis pas Charlie parce que je conchie ce relativisme indécent, ce confusionnisme permanent, ce simplisme manichéen, ce voyeurisme abject.

Je ne suis pas Charlie, parce que je sais, contrairement à ce que répètent en boucle nos perroquets médiatiques, trop contents au fond de pouvoir utiliser ce drame abominable pour redorer le blason sérieusement terni d’une caste journalistique totalement vendue au politiquement correct, que ce massacre n’est pas une attaque contre la « liberté de la presse » : c’est une expédition punitive, une exécution pour le seul et unique délit de blasphème à l’égard de la religion musulmane et de son Prophète. Les déclarations filmées des deux tueurs après leur sinistre besogne le prouvent sans contestation possible. Je ne suis pas Charlie, parce que je sais que ce n’est pas avec des slogans simplistes et de la « com » à deux balles qu’on condamne puis qu’on affronte une des pires menaces de notre temps.

Je ne suis pas Charlie, parce que je méprise au plus haut point la plupart de ces Jean Moulin de bastringue, télés, radios, journaux, sites internet ou simples péquins, qui se drapent dans des costumes de résistants face à l’obscurantisme, costumes infiniment trop grands pour eux, en arborant un logo « je suis Charlie » à leur boutonnière ou sur leur page Facebook, même si je sais que certains de ces péquins, malheureusement peu lucides, aveuglés par l’horreur de l’événement et le manichéisme de notre époque, le font en toute sincérité. Je ne suis pas Charlie enfin parce que je me refuse à jamais de faire partie de ces pathétiques « Mutins de Panurge » que dénonçait, ridiculisait à raison le regretté Philippe Muray.*

Je ne suis pas Charlie parce que les victimes du massacre barbare qui s’est produit ce mercredi ne sont pas « des héros » comme l’a pathétiquement, « médiatiquement » affirmé François Hollande dans son intervention d’hier soir. Ce ne sont que les malheureux martyrs, qui avaient été précédés de beaucoup d’autres et qui seront hélas suivis de bien plus encore, en France, en Algérie, en Afghanistan, en Syrie, au Pakistan, au Mali et un peu partout à travers le monde, d’une barbarie sans nom… qui en a pourtant un : le fondamentalisme musulman.**

Notes de moi :

* Philippe Muray est l’auteur de cette formule : « Ce devant quoi une société se prosterne nous dit ce qu’elle est. » Ce qui est souvent rendu de nos jours, politiquement ou idéologiquement parlant, par : « dis-moi de qui on n’a pas le droit de parler, ou de dire du mal, et je te dirai qui dirige la société ».

** Qui ressemble comme un frère au fondamentalisme chrétien qui perdura pendant des siècles et remonte plus haut que les guerres de religion, l’Inquisition et les croisades, à la fin même de l’empire romain lorsque le christianisme est devenu religion totalitaire d’État. Et d’où sortent ces deux religions, sinon du judaïsme… Elles sont du judaïsme universaliste, ou si l’on préfère mondialiste, pour goyim. Le judéo-talmudisme demeurant étroitement tribal et du domaine de l’Élection réservée.

*

3/ JE NE SUIS PAS CHARLIE (YO NO SOY CHARLIE)

Parto aclarando antes que nada, que considero una atrocidad el ataque a las oficinas de la revista satírica Charlie Hebdo en París y que no creo que, en ninguna circunstancia, sea justificable convertir a un periodista, por dudosa que sea su calidad profesional, en un objetivo militar. Lo mismo es válido en Francia, como lo es en Colombia o en Palestina. Tampoco me identifico con ningún fundamentalismo, ni cristiano, ni judío, ni musulmán ni tampoco con el bobo-secularismo afrancesado, que erige a la sagrada “République” en una diosa. Hago estas aclaraciones necesarias pues, por más que insistan los gurús de la alta política que en Europa vivimos en una “democracia ejemplar” con “grandes libertades”, sabemos que el Gran Hermano nos vigila y que cualquier discurso que se salga del libreto es castigado duramente. Pero no creo que censurar el ataque en contra de Charlie Hebdo sea sinónimo de celebrar una revista que es, fundamentalmente, un monumento a la intolerancia, al racismo y a la arrogancia colonial.

Miles de personas, comprensiblemente afectadas por este atentado, han circulado mensajes en francés diciendo “Je Suis Charlie” (Yo soy Charlie), como si este mensaje fuera el último grito en la defensa de la libertad. Pues bien, yo no soy Charlie. No me identifico con la representación degradante y “caricaturesca” que hace del mundo islámico, en plena época de la llamada “Guerra contra el Terrorismo”, con toda la carga racista y colonialista que esto conlleva. No puedo ver con buena cara esa constante agresión simbólica que tiene como contrapartida una agresión física y real, mediante los bombardeos y ocupaciones militares a países pertenecientes a este horizonte cultural. Tampoco puedo ver con buenos ojos estas caricaturas y sus textos ofensivos, cuando los árabes son uno de los sectores más marginados, empobrecidos y explotados de la sociedad francesa, que han recibido históricamente un trato brutal : no se me olvida que en el metro de París, a comienzos de los ‘60, la policía masacró a palos a 200 argelinos por demandar el fin de la ocupación francesa de su país, que ya había dejado un saldo estimado de un millón de “incivilizados” árabes muertos. No se trata de inocentes caricaturas hechas por libre pensadores, sino que se trata de mensajes, producidos desde los medios de comunicación de masas (si, aunque pose de alternativo Charlie Hebdo pertenece a los medios de masas), cargados de estereotipos y odios, que refuerzan un discurso que entiende a los árabes como bárbaros a los cuales hay que contener, desarraigar, controlar, reprimir, oprimir y exterminar. Mensajes cuyo propósito implícito es justificar las invasiones a países del Oriente Medio así como las múltiples intervenciones y bombardeos que desde Occidente se orquestan en la defensa del nuevo reparto imperial. El actor español Willy Toledo decía, en una declaración polémica -por apenas evidenciar lo obvio-, que “Occidente mata todos los días. Sin ruido”. Y eso es lo que Charlie y su humor negro ocultan bajo la forma de la sátira.

No me olvido de la carátula del N°1099 de Charlie Hebdo, [cf. un article précédent] en la cual se trivializaba la masacre de más de mil egipcios por una brutal dictadura militar, que tiene el beneplácito de Francia y de EEUU, mediante una portada que dice algo así como “Matanza en Egipto. El Corán es una mierda: no detiene las balas”. La caricatura era la de un hombre musulmán acribillado, mientras trataba de protegerse con el Corán. Habrá a quien le parezca esto gracioso. También, en su época, colonos ingleses en Tierra del Fuego creían que era gracioso posar en fotografías junto a los indígenas que habian « cazado », con amplias sonrisas, carabina en mano, y con el pie encima del cadáver sanguinolento aún caliente. En vez de graciosa, esa caricatura me parece violenta y colonial, un abuso de la tan ficticia como manoseada libertad de prensa occidental. ¿Qué ocurriría si yo hiciera ahora una revista cuya portada tuviera el siguiente lema: “Matanza en París. Charlie Hebdo es una mierda: no detiene las balas” e hiciera una caricatura del fallecido Jean Cabut acribillado con una copia de la revista en sus manos? Claro que sería un escándalo: la vida de un francés es sagrada. La de un egipcio (o la de un palestino, iraquí, sirio, etc.) es material “humorístico”. Por eso no soy Charlie, pues para mí la vida de cada uno de esos egipcios acribillados es tan sagrada como la de cualquiera de esos caricaturistas hoy asesinados.

Ya sabemos que viene de aquí para allá: habrá discursos de defender la libertad de prensa por parte de los mismos países que en 1999 dieron la bendición al bombardeo de la OTAN, en Belgrado, de la estación de TV pública serbia por llamarla “el ministerio de mentiras”; que callaron cuando Israel bombardeo en Beirut la estación de TV Al-Manar en el 2006; que callan los asesinatos de periodistas críticos colombianos y palestinos. Luego de la hermosa retórica pro-libertad, vendrá la acción liberticida: más macartismo dizque “anti-terrorismo”, más intervenciones coloniales, más restricciones a esas “garantías democráticas” en vías de extinción, y por supuesto, más racismo. Europa se consume en una espiral de odio xenófobo, de islamofobia, de anti-semitismo (los palestinos son semitas, de hecho) y este ambiente se hace cada vez más irrespirable. Los musulmanes ya son los judíos en la Europa del siglo XXI, y los partidos neo-nazis se están haciendo nuevamente respetables 80 años después gracias a este repugnante sentimiento. Por todo esto, pese a la repulsión que me causan los ataques de París, Je ne suis pas Charlie.

José Antonio Gutiérrez D.
7 de Enero, 2015

Paru sur le site http://www.anarkismo.net/article/27767

EXTRAIT DE LADITE LOI SUR LA LIBERTÉ (SIC) DE LA PRESSE DU 29 JUILLET 1881 :

Je n’ai pas un goût prononcé pour l’État quel qu’il soit, je n’ai pas trop d’illusion sur ladite nature humaine, je n’ai pas non plus d’attirance pour notre pseudo démocratie, démocratie dite représentative (qui est le fait de la gangrène partisane et de professionnels qui, comme chacun sait, font ça parce qu’ils n’ont pas pu faire autre chose, que cela n’exige aucun diplôme, ou parce que c’est le meilleur moyen de vivre confortablement sur le dos de la société).

La démocratie, je l’aimerais un peu plus directe, mais attention, il ne faut pas se méprendre sur ce mot, je ne veux surtout pas dire "à l’américaine" où les shérifs eux-mêmes sont élus et où elle peut être expéditive genre "Far West" ou Ku Klux Klan de la "belle" époque. Je la verrais plus paisible, à la Suisse où le citoyen semble avoir plus son mot à dire. Mais en mieux.

Nous vivons, nous rabâche-t-on, dans un État de droit, sous des lois et autres décrets dont la plupart des gens, moi le premier, ne soupçonne même pas l’existence. La phrase "nul n’est censé ignorer la Loi" est, je me répète ici, la phrase la plus crétine qui soit quand on sait que cette Loi multiforme tient dans de nombreux codes bien épais, est toujours changeante et est appliquée selon telle ou telle jurisprudence, tout en faisant vivre tout un ordre de professionnels, et d’avocats dont un bon nombre sont spécialités tant la Loi est compliquée, et comporte tant et plus d’interdits. Petite remarque : quand il y a trop de lois, de textes, d’autorisations et d’interdits, il y a de moins en moins de Loi car cela devient inapplicable.

Pour l’homme de la rue, pour moi, la Loi c’est quelque chose comme "les dix commandements" : "tu ne voleras pas", "tu ne tueras point", et quelques autres principes de bonnes mœurs partagés par l’essentiel de la société dite civilisée. Du moins partagés en apparence ou à condition de ne pas se faire prendre. Ceux qui détournent le mieux la Loi, sont ceux qui la connaissent le mieux, c’est-à-dire en premier lieu ceux qui la font ou leur entourage, n’est-ce pas nos bons maîtres ?

Au temps présent, la Loi, reflet du temps et de ceux qui nous dirigent politiquement et entendent diriger également nos âmes, est écrite par une maffia bourgeoise absolument pas représentative de l’ensemble de la société, et de la masse du petit peuple en particulier.

Cela dit, les libertés d’expression et de la presse, puisque c’est d’elles dont il est question en ce moment, reposent sur un code de lois. Or l’usage de ce code (totalement politisé) est lui-même devenu depuis des années à géométrie variable, pour ne pas dire manifestement obsolète pour certains nantis de ladite liberté d’expression. Mais pas pour d’autres. C’est ce que rappelle Olivier Mathieu dans son précédent article. C’est ce que clame sur Internet un nombre de plus en plus important de gens sous la formule fort juste de : Deux poids, deux mesures. (Internet critiquable par bien des aspects est heureusement pour nous encore un élément précieux de la démocratie directe et populaire et de la communication, même si c’est à distance.)

Or, il se fait que les "frondeurs", comme dans toute dictature, sont les premiers à se voir appliquer les foudres de la justice, pour le plus souvent des broutilles, quand la presse officielle ou la satire quasi officielles et autre bouffons et pseudo comiques médiatiques de la République ont tous les droits et surtout se croient tout permis, du moins tout permis pour écraser un peu plus ceux qui ne pensent pas droit et refusent de subir le vent dominant de l’époque.

Rappellerai-je l’histoire branquignolesque de l’interdit d’un spectacle de Dieudonné il y a un an environ et la nullité hargneuse, haineuse de Valls en ce domaine. Ce boute-feu irresponsable, ce va-t-en guerre du sionisme premier ministre !!! Dois-je rappeler que c’est le genre d’individu à se faire applaudir par Botul après avoir soutenu, il y a quelques années, les palestiniens !!! Comprenne qui pourra, enfin, si c’est facile à comprendre quand on sait avec qui il s’est remarié. D’ailleurs ça aide pour les promotions, comme la maçonnerie dont il fut un temps également, frère à la truelle. Quelle maffia !

Bref, je donne maintenant un extrait de l’article 24 de "la loi sur la liberté de la presse" : "Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ou de l’une de ces deux peines seulement."

Je donne la liste des moyens énoncés à l’article 23 : “… ceux qui, soit par des discours, cris ou menaces proférés dans des lieux ou réunions publics, soit par des écrits, imprimés, dessins, gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support de l’écrit, de la parole ou de l’image vendus ou distribués, mis en vente ou exposés dans des lieux ou réunions publics, soit par des placards ou des affiches exposés au regard du public, soit par tout moyen de communication au public par voie électronique…”

Provoquer à la haine et à la violence (y compris contre eux-mêmes) à l’égard d’une religion donnée, n’est-ce pas une bonne part du "talent caricaturiste" et caricatural de feu Charlot le petit scato haineux ?

N’est-ce pas également le fond de commerce de la Le Peine de Mort ?*

* Je rappelle pour qui ne l’aurait pas entendu qu’elle n’a pas attendu cinq minutes mercredi pour balancer sa démagogie habituelle en affirmant qu’elle était pour le rétablissement de la peine de mort. En attendant, je me demande (formule de style) si la gauche n’est pas en ce moment en train de nous rejouer encore une fois : on va repasser grâce à la Le Pen.

le dernier article en date d’Olivier Mathieu est également disponible sur SCRIBD ; c’est ici :

https://fr.scribd.com/doc/252294075/Manif-parisienne-pour-Charlie-du-11-janvier-2015-bonne-journee-M-sieurs-Dames-et-a-la-sante-de-votre-liberte-d-expression-par-Olivier-Mathieu

Manif parisienne pour "Charlie" du 11 janvier 2015 : bonne journée, M’sieurs Dames, et à la santé de votre liberté d’expression! par Olivier Mathieu.

L’actuel  premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, un des partis à l’origine de la manifestation, a dit que « vient qui veut et qui se sent concerné ».

      Merde alors ! Est-ce que je viens ? me suis-je demandé. Est-ce que je me sens concerné ? Ben oui, concerné par la liberté d’expression, je me sens, M’sieur.

      Cela dit, même si les transports sont gratuits aujourd’hui, il se pourrait aussi que j’appartienne à la catégorie des gens pas riches qui, bien que se sentant concernés, ne peuvent pas venir parce qu’ils n’ont pas de quoi se payer un billet de train.

       Alors, je sens que je viens à la manif du 11 janvier 2015 ? Est-ce que je sens que je viens ?

      Parmi des dizaines de chefs d’Etat, je note par exemple la présence du politicien d’extrême droite Bibi Netanyahu, chef du gouvernement israélien. Merde alors ! Israël, dans le classement 2014 de Reporters sans frontières, se trouve à la 96e position, c’est pas brillant.

      Lisez :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/11/a-la-marche-republicaine-des-dirigeants-peu-attaches-a-la-liberte-de-la-presse_4553626_3224.html

      Est-ce que je sens que je viens ? Bof, je sais pas. Le Monde annonce aussi la présence dans le cortège d’un ministre de l’économie israélien, un certain Naftali Bennett – que Le Monde définit comme « chef du parti de la droite sioniste religieuse Foyer juif » – qui avait déclaré il y a  deux ans : « J’ai tué beaucoup d’Arabes dans ma vie. Et il n’y a aucun problème avec ça ».

      C’est ici :

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/07/30/foi-jai-tue-beaucoup-darabes-dans-ma-vie-et-il-ny-a-aucun-probleme-avec-ca/

      Alors, je viens ou je viens pas ?

      Et si je venais pour « Charlie » ?

      Oui mais… Excusez-moi, M’sieur Dames, est-ce que «Charlie Hebdo» était, lui-même, pour « la » liberté d’expression ? Il est légitime de se poser la question puisque ce même « Charlie » n’hésitait pas, en plus d’une occasion, à demander l’interdiction de la liberté d’expression de ses adversaires (ou de ceux qu’il considérait tels).

      Je ne voudrais pas devoir rappeler l’affaire de l’exclusion de Siné de « Charlie Hebdo ». Visiblement, en cette occasion, la liberté d’expression de Siné ne convenait pas à ses anciens collègues et amis de «Charlie Hebdo», preuve que les conceptions de la liberté d’expression peuvent être multiples et s’opposer. Il faudrait que je vérifie, mais il me semble d’ailleurs que Siné eut gain de cause devant les tribunaux, qui jugèrent « Charlie » coupable de « licenciement abusif ».

Le Monde vient aussi de publier un intéressant article, qui laisse suffisamment entendre dans quelles proportions «Charlie Hebdo» s’en prenait (ou ne s’en prenait pas) à ce que l’on appelle les trois « grandes religions » (le christianisme, l’islam et le judaïsme).

Le Monde note ainsi, au sujet de « Charlie Hebdo » que depuis ces vingt  dernière années : « Fréquemment attaqué, parfois condamné en premier jugement, mais souvent relaxé en appel, le journal réussit dans les trois quarts des cas à obtenir gain de cause en justice, grâce notamment à une législation française très protectrice vis-à-vis des libertés de la presse ».

      Il est donc clair, en tout cas si l’on en croit cet article, que « Charlie Hebdo » n’était plus la cible du « Système » ou des tribunaux, qui lui réservaient plutôt leur mansuétude.

      En d’autres termes, et comme je l’ai d’ailleurs dit dans un autre de mes articles parus tout récemment sur le blog de Jean-Pierre Fleury, il y a longtemps que « Charlie Hebdo » était institutionnalisé.

      Non, « Charlie Hebdo » n’a pas attendu les événements de janvier 2015 pour être «institutionnalisé». A mes yeux, le journal était institutionnalisé depuis très longtemps.

      Il y a longtemps que « Charlie Hebdo » attaquait certaines religions je ne dirai pas exclusivement, mais nettement davantage, beaucoup plus bêtement et beaucoup plus méchamment que d’autres religions. Et il y a  longtemps que « Charlie Hebdo » bénéficiait, c’est Le Monde qui le dit, « d’une législation française très protectrice vis-à-vis des libertés de la presse ». Il serait peut-être encore plus exact de dire :  une législation très protectrice de Charlie Hebdo, et bien moins «protectrice» quand il s’agissait d’autres.

      Le Monde précise : « En tout, d’après les données partagées par le cache du site et les archives de l’AFP, il n’est condamné que neuf fois en 48 procès (…)  Les plaintes déposées par les différentes associations communautaires ont rarement débouché sur une condamnation du journal, les tribunaux ayant toujours reconnu son droit à la caricature ».

      Il y a d’ailleurs là matière à une VRAIE réflexion : à mon avis, si la justice d’un pays ne condamne pas de la même façon ceux qui crient « mort à ceux-ci » ou « mort à ceux-là », mais  si une justice condamne de façon différente ceux qui s’en prennent à ceux-ci ou à ceux-là, le risque est grand. Il est énorme. Ici encore, c’est ce que confirme Le Monde : « En parallèle, l’hostilité vis-à-vis de Charlie Hebdo s’est en partie déplacée du terrain judiciaire à celui du vandalisme, puis du terrorisme ».

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/08/charlie-hebdo-22-ans-de-proces-en-tous-genres_4551824_3224.html

      Hypothèse… Il est en effet à craindre que, dans des esprits de gamins des banlieues, qui n’ont pas pu faire de « bonnes études » et sont donc parfois simplistes, certains en aient conclu que « Charlie Hebdo » jouissait d’une sorte « d’impunité » devant les tribunaux, et qu’ils aient alors en quelque sorte décidé de choisir la voie (évidemment répréhensible) de la violence.

      En d’autres termes encore, termes éminemment paradoxaux, il est à se demander si les frères Kaouchi et Coulibaly, sans même le savoir, n’ont pas ouvert la «boîte de Pandore» contenant tout ce que la France avait espéré étouffer sous la chape des lois liberticides qu’elle avait édictées.

      Alors, j’y vais ou j’y vais pas, à cette manif qui a lieu à Paris, capitale de la France – pays qui a édicté tant de lois mémorielles?

      Je me suis longuement demandé s’il fallait vraiment que moi, Olivier Mathieu, j’aille me joindre à tant d’importantes personnalités réunies pour manifester en faveur de leur liberté d’expression et de celle d’un journal comme « Charlie Hebdo », qui était lui aussi tellement attaché à sa liberté d’expression, la même que la leur.

      Mais heureusement, on vit en France, pays qui aime tant la caricature. Allez, p’tit gars, me suis-je exhorté, alors vas-y toi aussi ! J’ai donc regardé dans mes poches. J’y ai trouvé peu de chose. Presque rien. Rien du tout, même, par rapport aux grandes fortunes, aux trésors de « liberté d’expression » dépensés par les médias, dilapidés par les politiciens, et multipliés par un million de super-sympathiques et super-originales petites pancartes « je suis Charlie ».

      Et moi, comme un brave soldat Chveïk, j’ai demandé :

      – Messieurs, honorés Messieurs, restera-t-il une petite miette de liberté d’expression pour moi aussi ? Un peu de liberté d’expression pour moi, M’sieur Hollande ? M’sieur Valls ? M’dame Le Pen ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, chers et honorés talentueux confrères ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Finkielkraut ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Bernard Henri Lévy ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Zemmour ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Houellebecq ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’dame Le Pen ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Aliot ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieur Philippot ? Un peu  de liberté d’expression pour moi, M’sieurs-Dames ?

      Oh merci, M’sieurs Dames ! Merci, M’sieur, merci M’dame !

      Vous savez, M’sieurs Dames,  voilà, faut que je vous avoue, je suis comme vous, moi aussi j’aime bien ma liberté d’expression à moi, même qu’elle me suffit et que, M’sieur Dames, si vous me la laissez, moi je vous laisse la vôtre et même j’vous souhaite plein de bonheur !!!

      Alors bonne  journée, M’sieurs Dames !

Olivier Mathieu, écrivain.

*

Précision de J.-P.F : je confirme pour Siné qui a obtenu un bon pactole de dommages et intérêts : 90 000 euros en appel.