Aller au contenu principal

Un numéro si peu spécial de Charlie Hebdo. Par Olivier Mathieu.

Je veux dire que, personnellement, je n’ai pas acheté et je n’achèterai pas le « numéro spécial » de «Charlie Hebdo» qui devait être tiré à un million, puis a trois millions, puis à cinq, puis certainement à six et à on ne sait plus combien de millions. Où est-ce que ça s’arrêtera ?

      Je voudrais préciser, vu les temps qui courent, que mon refus d’acheter « Charlie Hebdo » ne signifie pas que je dénie le droit à qui le désire de l’acheter. Cependant, je trouve extrêmement maladroit de recommencer à publier des vignettes caricaturales sur l’Islam. Je trouve extrêmement curieux que le journal (qui publiait un dessin prémonitoire au sujet d’un attentat, quelques jours avant d’en être la cible) persévère dans cette voie, comme s’il feignait d’être content de ce qui se passe. Est-ce vraiment là le moyen de revenir à une situation et à une atmosphère plus paisible ? Un numéro réellement spécial de « Charlie hebdo » serait, à mes yeux, un numéro qui pour une fois cesserait de publier des vignettes au sujet de la religion musulmane. Il y a, au demeurant, d’autres religions en France (il n’est sûrement pas besoin d’indiquer lesquelles) vis-à-vis desquelles les dessinateurs de « Charlie Hebdo » pourraient manifester leur insolence.

      Je tiens à faire savoir que moi, Olivier Mathieu, écrivain, poète et romancier, je me désolidarise de l’initiative prise par le journal « Charlie Hebdo » de publier de telles vignettes, et que ma façon de le signifier  est de ne pas l’acheter.

      Depuis quelque temps, il y avait dans l’opinion publique un sursaut vis-à-vis des « lois spéciales » édictées aux Etats-Unis après le 11 Septembre, ou vis-à-vis des tortures d’Abu Ghraib, ou des « prisons secrètes » de la CIA en Europe, ou encore vis-à-vis des milliers des civils qui meurent, chaque année, sous les drones américains et sans autre forme de procès.

      Et puis voilà qu’alors que l’actualité était déjà chargée – on est à quelques semaines de nouvelles élections en Israël – est arrivé le « 11 Septembre français ». Et voilà que peu de jours à peine après une manifestation de millions de Français « pour la liberté d’expression », le président américain Barack Obama annonce en effet qu’il réfléchit à une opération militaire non plus contre l’Irak, l’Afghanistan ou la Syrie mais, cette fois, contre « l’Etat islamique » ; on parle (et on ne va pas faire qu’en parler) « d’encadrer » (qu’en termes délicats ces choses-là sont dites !) « la liberté d’Internet ».

       On a aussi placé en garde à vue un certain M’Bala M’Bala Dieudonné (que je ne connais pas personnellement et que j’ai toujours considéré – je l’ai souvent dit – comme un piètre humoriste) pour avoir écrit « je suis Charlie Coulibaly ». Ce qui est certes une phrase banale, complètement stupide et dont je ne comprends d’ailleurs pas le sens, une phrase qui me semble privée de sens. Mais s’il faut arrêter tous ceux qui écrivent des idioties sur Facebook, on n’a pas fini.

      Moi, en tout cas, je ne suis personne d’autre qu’Olivier Mathieu. Et j’espère que ne pas acheter un numéro si peu spécial de « Charlie Hebdo » ne deviendra pas un délit en France – à moins bien sûr que l’on ne veuille légiférer que la France est devenue exclusivement la patrie de la liberté d’expression de ceux qui « sont Charlie ».

      Olivier Mathieu.

RÉFLEXION DU JOUR : OÙ EST L’IGNOBLE ?

LE PLUS TERRIBLE C’EST DE COMPRENDRE DEPUIS DES ANNÉES CE QUI NOUS ARRIVE, MAIS D’ÊTRE OTAGES IMPUISSANTS À ENRAYER, NON PAS LA MARCHE DE L’HISTOIRE, MAIS LA MARCHE DE LA BARBARIE ORCHESTRÉE DE BOUT EN BOUT PAR LA DÉGUEULASSERIE IGNOBLE AMÉRICANO-SIONISTE ET SES LARBINS "FRANÇAIS" DE TOUS LES BORDS POLITIQUES.

ONZE SEPTEMBRE À LA FRANÇAISE ___ DIEUDONNÉ ARRÊTÉ ___ DEUX POIDS, DEUX MESURES ___ DICTATURE AMÉRICANO-SIONISTE___ ANALYSE INTELLIGENTE D’UN ITALIEN

En vrac…

Je condense :

Charlie il y a peu d’années : Des morts, pour un bon nombre musulmans ou chrétiens coptes, victimes de la barbarie « islamiste » en Égypte … bien fait !

Que dit la Justice ? Le ministre de l’Intérieur. Mais rien, bien sûr. C’est trop drôle !

Fabius, sioniste et ministre des affaires étrangères appelant à l’assassinat (par des dits islamistes nécessairement) de Bachar El-Assad : non rien, je n’ai rien remarqué, c’est normal.

Dieudo participant à la messe de dimanche (où se trouvaient également les pires salopards de la Terre), le catho non-violent et compatissant : Je suis Charly Coulibaly.

« Ces propos sont une abjection », déclare Cazeneuve, ministre DIT de l’Intérieur, (frère de la secte à la truelle comme il se doit, soit dit en passant), Dieudonné en garde à vue.

Dieudo, tais-toi sur ce sujet ; tu es trop intelligent et trop sensible, TROP HUMAIN pour la masse des crétins ; et une cible privilégiée pour les salauds qui nous « dirigent »… droit dans le mur d’une guerre européenne peut-être, ou mondiale.

Ils t’attendent constamment au tournant, depuis un certain temps, je crains pour toi une mort violente !!!

Malheureusement tu as gâché ta tournée, tu en prends pour deux ou trois mois fermes ! (voire plus s’ils le peuvent, étant ce que tu es, un ennemi de l’État sionard) Que tu es naïf finalement ! Tiens, dans les correspondances de date avec d’autres faits comme la volonté (enfin) de nos politicards de reconnaître un État palestinien (qui je l’espère, sera un jour l’unique État en cette contrée) et de renouer avec la Russie, il y avait aussi ta tournée à succès, gros Bisounours !!!

À NE PAS MANQUER : LA VIDÉO EST MUNIE D’UNE TRADUCTION EN FRANÇAIS

Giulietto Chiesa sur l’attentat à Charlie Hebdo (TV italienne) : JE SUIS D’ACCORD SUR TOUT.

http://youtu.be/IUh20vtEq9g

Le journaliste italien Giulietto Chiesa était invité à la célèbre émission Talkshow de la télévision italienne La Gabbia (« La cage » en français – NdT) dimanche 11 janvier, soit le jour même de la grande manifestation dans les plus grandes villes de France après les attentats à Paris qui ont fait 17 morts. Son analyse détonne particulièrement lors de ce débat, où il remet en cause à la fois le récit des événements qui nous a été fait, et les liens de cette affaire avec la politique étrangère occidentale en Libye et en Syrie ces dernières années.
Cette émission La Gabbia sur la télé privée italienne La7 a réuni 784000 spectateurs dimanche 11.1.2015 (
http://www.tuttotv.info/2015/01/12/as…)

Merci (malgré tout ce qu’on en sait par ailleurs) à Internet qui nous rassemble et nous permet d’analyser les faits loin de la propagande et plus encore de survivre dignement.

MEA CULPA, CERTES — MAIS LUZ N’EST PAS TOUT À FAIT UNE LUMIÈRE

4554744_6_0db1_la-une-de-charlie-hebdo-a-paraitre_a4ebbf804d6f1e7d5f8dcb5fac8d80ec

Devant cette une annoncée je reste dubitatif. Elle ne plairait pas à tout le monde de par le Monde pour diverses raisons religieuses ou autres. Je ne vais pas m’étendre là-dessus. Je vais dire ce que j’en pense, moi.

Que veulent-ils dire exactement ? Pas évident à comprendre et très ambigu, pour une fois chez Charlie quand il ne s’agit plus d’être simplement grossier et vulgairement simpliste.

Là il n’est plus question de dire ou de dessiner de « grosses conneries », on est attendu puis entendu par la Terre entière, enfin un bout seulement, il ne faut pas exagérer non plus. Les pauvres, qui forment la grande masse humaine, n’en ont rien à foutre ! Ils ont bien d’autres chats à fouetter, comme on dit.

Il me semble que, la queue basse, Luz et toute la rédaction font leur mea culpa. Leur acte de contrition. Et que le Prophète, finalement bon prince, compatissant et ému pardonne aux mécréants. Et que Charlie au final a subi, mais c’est « pour de rire », et pour son bien, un juste châtiment. Et que Mahomet n’est pas si méchant et n’a rien à voir avec les odieux islamistes, etc.

Or, trop bêtes pour en rester là, ce qui pourrait avoir une certaine classe, il leur a fallu mettre dans les mains de ce supposé Prophète ou musulman de l’œil duquel s’échappe une larme, un « je suis Charlie » rageur, voulant avoir le dernier mot, qui fiche tout en l’air. Mahomet ne sera jamais Charlie. Il est Mahomet. Il ne s’abaisse pas à ces trivialités et ne va quand même pas crier : Allah est mort ! même pour vous faire plaisir.

On dirait qu’ils ont à demi compris. À demi seulement. Faudra-t-il un second drame pour qu’ils comprennent entièrement ? Je ne leur souhaite pas une piqûre de rappel.

*

Sur je ne sais plus quelle gazette électronisée, je suis tombé sur des propos fort surprenants, déconcertants de ce même Luz. Dénonçant la récupération, rappelant que les caricaturistes auraient conchiés ce qui se passe depuis une semaine et que Charlie ne pratiquait pas les symboles. Là je comprends mal.

Qu’est-ce qui empêchait Charlie de définir les termes mêmes du soutien qu’il entendait recevoir ? Mais sont-ils libres en fait, ne sont-ils pas pieds et poings liés, tenus par certains milieux ?

Qui les empêchaient de définir les termes de la manifestation de dimanche, et de dire au Parti Sioniste (sic) et au gouvernement, et à la petite « gauche » en général :  » Bas les pattes  » ? Cette « manif », la parisienne du moins, qui a permis de voir tout un fatras de salopards de l’Internationale des pourris et fouteurs de merde de la politique. Note en passant : Marseille seconde ville de France n’a réuni qu’une centaine de milliers de manifestants, moins que certaines manifestations partisanes ou syndicales. Il serait bien d’analyser le pourquoi.

Qui les empêchaient de dire à l’évêché : « non merci, vous êtes bien gentils, mais pas de glas pour des mécréants ou athées viscéraux criant « à bas la calotte! », c’est pas notre truc ». Qui les empêchaient de dire à la Le Pen : « ferme ton clapet, à Charlie nous sommes tous opposés à la peine de mort en quelque circonstance que ce soit ; ça ne fait qu’ajouter une mort à une autre mort et ça pue le châtiment chrétien d’un autre temps ».

Où alors, ils ont été dépassés et débordés par l’événement. Là on n’est plus dans le jeu mais dans le réel, on n’est plus dans la cour de récré. Ils ont été totalement incohérents. Ils ne tenaient qu’à eux qu’on ne fasse pas des morts, des héros ou que sais-je. Dans le feu de l’événement, certains ont même évoqué le Panthéon pour ces « grands hommes du petit crayon ». Pourquoi pas après tout, il n’y a pas que des flèches et des personnages de qualité et des gens qui ont désiré être là qui se trouvent remisés au Panthéon, monument d’une froideur toute cadavérique s’il en est avec ses tombeaux ou cénotaphes, et qui fut à l’origine, il ne faut pas l’oublier une église qui devait être consacrée à Sainte Geneviève.

Enfin, j’ai sauté au plafond lorsque j’ai lu que Charlie ne pratiquerait pas les symboles. Et d’une « je suis Charlie », n’est-ce pas un symbole ? J’ai cru comprendre que ça voulait dire pour certains « vive la liberté d’expression », pour d’autres « non à la barbarie dite islamiste », pour d’autres encore « je suis sur la ligne de ce qu’affirme et défend Charlie »…

Et moi, c’est bien parce que je ne suis pas sur la ligne esthétique, éthique et avant tout politique de Charlie que j’ai écrit et que j’écris encore : « je ne suis pas Charlie ».

Et de deux, comment un caricaturiste, quelqu’un qui joue constamment avec l’image, le discours bref en slogans, et les gros sabots comme à Charlie, peut-il affirmer une telle énormité? Alors même que tous les dessins de Charlie ne sont que symboles. Bons ou mauvais c’est autre chose. Symbole du catholicisme par l’image du Pape ou d’un prêtre, symbole de la religion musulmane par le recours à un supposé Mahomet à turban comme ici (et comme si tous les musulmans portaient un turban d’ailleurs), symbole du judaïsme par le dessin d’un rav, symbole de la guerre par une bombe qui tombe, etc.

C’est bien parce que ces dessins, ces caricatures sont symboles qu’ils touchent les sensibilités les plus diverses (par attraction ou répulsion, et rarement par l’amour et la compassion, mais le plus souvent par la haine hargneuse chez les charlots).

Et puis, je rappelle que Luz, sans honte, a également déclaré que : qui voulait lire Charlie, l’achetait et rentrait chez lui pour le lire; mais que les dessinateurs de Charlie n’étaient en rien responsables de la diffusion de leurs dessins sur Internet. Semblant se décharger de ses responsabilités (irresponsable ! c’est écrit en sous-titre) et sous-entendre que Charlie se vendait à demi sous le manteau, presque en catimini, et qui sait pour un public averti, initié et supérieur seulement. Quel hypocrite, ou quel couard qui n’assume pas ce qu’il fait. Luz, « l’iconoclaste » honteux… Mais à ce que je sache, Charlie est affiché à la vente et tout un chacun pour en voir ses couvertures à l’étal des marchands de journaux, mineurs y compris et même « esprits faibles ».

*

En substance « les gens de Charlie ont toujours refusé tous les symboles » est une énormité alors qu’ils naviguent constamment à vue en compagnie de leurs symboles, j’ajoute : de leur symbolique obsessionnelle, symbolique anti-religieuse dégradante en particulier dont un exemple frappant est cette ignoble caricature de malade (présentée dans un article précédent) rigolant, ou prétendant vouloir rigoler, de victimes égyptienne de la barbarie.

Au fait pourquoi ne pas avoir fait le même genre de chose pour la mort des collabos de Charlot ? Je dis « collabos de Charlot », je précise que je ne veux pas dire « collaborateurs du journal Charlie Hebdo », mais « collabos charlots de l’américano-sionisme ». C’est de basse politique machiavélique et de basse propagande dont je parle.

Ce qui est incontestablement vrai est que cette feuille est irresponsable. Mais j’ajoute quand même, qu’elle ne devrait pas être en dehors des lois de la République tant chéries par ses innombrables soutiens institutionnels, particuliers ou occultes.

Elle ne devrait pas être en dehors non plus d’une certaine déontologie (ô quel gros mot!) lui interdisant de rire ou de vouloir faire rire de la mort d’un millier de personnes en Égypte (« qui ne sont que des bougnoules », ont dû penser un certain nombre de leurs lecteurs racistes affriolés) avec l’argument très fin qu’il s’agissait de musulmans impuissants à se défendre avec leur Coran.

Donc, doublement punis, si je suis la « logique » charlienne. Punis de mal croire du côté des psychopathes pseudo-islamiques et punis de croire du côté des grandes âmes de ladite démocratie, grand amie de la liberté de croyance. Ces « minables » pas même protégés des balles par leur dieu et leur livre. Moi, personnellement je croyais que c’était la police ou l’armée qui avait pour tâche de protéger les populations. Mais, je suis souvent bien incapable de m’élever jusqu’aux limbes extrêmes de la haute métaphysique du beauf moyen charlien. « Beauf » : mot et personnage inventé par Cabu, comme chacun sait, qui lui-même a fini par lui ressembler. Quel retournement cocasse et dérisoire!

D’ailleurs, c’est totalement réducteur et caricatural (dans le mauvais sens du terme) de prétendre que le millier de victimes égyptiennes de la barbarie seraient d’autant des musulmans. Je crois même me souvenir que c’étaient et que ce sont encore bien souvent des coptes, des chrétiens, qui subissent l’intolérance criminelle desdits islamistes, tout autant que des « mauvais » musulmans, et sans doute aussi des agnostiques, des croyants tièdes ou des incroyants. Et peut-être même des non-égyptiens…

Je trouve cette logique charlienne manichéiste (sic) particulièrement odieuse. Et j’acquiesce avec ceux qui ont rappelé que Charlie, le torchon de papier, avait été totalement impuissant à arrêter les balles tragiques à Charlie Hebdo. Faut-il en rire ? Bien sûr, d’un rire bien gras, bien con, bien charliesque. C’est de l’humour ! Faut-il le dessiner ? Bien évidemment, c’est de la liberté d’expression…

Mais poursuivons.

Si comme l’a écrit Dieudonné, sans haine aucune, en toute compassion (chrétienne) pour une « mauvaise victime » (qui pour moi est un manipulé au même titre que, d’une autre manière, Charlie est manipulé) « je suis Charly Coulibaly » est relevable d’une hypothétique « apologie du terrorisme » comme le rappelle le socialo-sioniste et haineux premier ministre, alors je ne vois pas pourquoi dire, avec une haine malade, à des morts victimes de la barbarie : « bien fait ! » (car moi, et pas que moi, c’est ce que je comprends) ne devrait pas relever encore plus des tribunaux.

« Bien fait », c’est ce que disent en douce, à mi-voix ou entre eux, un certain nombre de gens suite à la mort des charlots irresponsables. S’ils l’écrivent ou le clament, c’est un délit patent. On commence d’ailleurs à en voir les premiers effets avec des jugements « en flag », en comparution immédiate et à chaud.

N’étant pas un as du Droit j’ai cherché ce qui pouvait correspondre à un délit d’insulte des morts ou de non respect dû aux morts et à leur mémoire. Je ne parle pas de la loi charlatanesque, d’exception, liberticide, communautariste et anticonstitutionnelle dénommée Loi Fabius-Gayssot (un dit socialiste et un stalinien qui sont bien évidemment les grands champions de la liberté d’expression comme on le constate tous les jours, ou comme l’histoire nous le rappelle). Sauf erreur, dans la Loi française, le respect dû aux morts semble être limité au respect dû au corps et à la sépulture des morts. Et le respect de la mémoire des morts semble se limiter au droit des vivants, des héritiers, des descendants de ne pas subir l’opprobre tombant sur la tête des « mauvais morts ». Ce qui pourrait bien (ou plutôt mal) arriver aux familles des présents terroristes. La connerie humaine étant infinie.

Par contre, stigmatiser, pousser systématiquement à la haine des membres d’une religion précise (suivez mon regard en direction de la Le Pen de l’extrême-droite et du Charlie de l’extrême-bêtise)…

Enfin, je ne suis pas juriste.

il faut écouter ceux qui disent : “je ne suis pas Charlie”

Il n’y aurait donc pas que des moutons ou des veaux dévots ?

Court éclair de lucidité à L’Immonde qui n’a plus beaucoup de lecteurs non plus, comme L’Abbé Ration (à moins que ce ne soit L’Ibère à Sion) aussi ; ça tient à quoi, donc ? :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/13/il-faut-ecouter-ceux-qui-disent-je-ne-suis-pas-charlie_4554861_3224.html

À MÉDITER — HYPOCRISIES ET BEAUX SOUTIENS, MAIS À QUOI DONC AU JUSTE ?

D’après diverses dépêches d’agence des jours passés.

Quelques heures après la tuerie à Charlie Hebdo, le gouvernement saoudien avait condamné « cette attaque terroriste lâche qui est incompatible avec l’islam ».

Quarante-huit heures après la condamnation par Ryad de l’attaque contre Charlie Hebdo un blogueur saoudien, dont le site internet a été fermé, a reçu vendredi 50 coups de fouet pour « insulte envers l’islam ».

Raef Badaoui, 30 ans, a été fouetté devant une foule de fidèles après la prière hebdomadaire devant la mosquée al-Jafali de Jeddah (ouest de l’Arabie saoudite), selon des témoins.

Emprisonné le 17 juin 2012, Raef Badaoui avait été condamné en mai 2014 à dix ans de prison, une amende d’un million de riyals (267.000 dollars) et 1.000 coups de fouet répartis sur 20 semaines. La première séance de flagellation, qui a duré une quinzaine de minutes, a donc eu lieu vendredi.

Raef Badaoui, qui portait des chaînes aux mains et aux pieds, a été conduit dans un véhicule de police près de la mosquée al-Jafali. Un fonctionnaire des forces de l’ordre a lu devant la foule la sentence du tribunal.

Le blogueur a ensuite été placé debout, dos à la foule, et un homme (un sous-homme) s’est mis à le fouetter. En retenant visiblement ses coups, ouf, j’ai eu peur ! ont indiqué des témoins. Voilà que la charia se libéralise ! Où va-t-on ?

La foule a assisté en silence à la scène. Les forces de l’ordre ont signifié aux fidèles présents qu’il était formellement interdit de prendre des photos.

L’Arabie saoudite, berceau du wahhabisme (version plus que rigoriste de l’islam, pour ne pas dire pathologique), est un royaume ultraconservateur, ou plus exactement ultra-réactionnaire, où le mélange des sexes (mais pas la polygamie) est interdit en dehors du cadre familial et où les femmes n’ont pas, par exemple, le droit de conduire. Toute critique de la dynastie des tyrans Al-Saoud, des institutions religieuses et de l’islam est passible de poursuites et de condamnations.

Les États-Unis et l’Arabie saoudite sont de très proches alliés et Ryad fait partie de la coalition militaire internationale qui bombardent (après les avoir armés et incités) des groupes jihadistes en Syrie et en Irak. Washington exprimerait, dit-on, « parfois » des « critiques » sur la situation des droits de l’Homme en Arabie saoudite.

*

Classé en 2013 par Reporters Sans Frontières au premier rang (sic !!!) du monde arabe en matière de liberté de presse et à la  67e  position sur 179 pays du monde, la Mauritanie a condamné « fermement l’attentat terroriste commis à Paris, provoquant des morts et des blessés. »

Dans un communiqué publié mercredi et relayé par l’Agence Mauritanienne d’Information (officielle), le ministère des affaires étrangères a  indiqué que  « la Mauritanie  est fidèle à son engagement dans la lutte contre le terrorisme et à son attachement aux valeurs de l’Humanité » et a conclu en présentant les condoléances de la Mauritanie aux autorités et au peuple français ainsi qu’aux familles des victimes. On les comprend : le terrorisme “islamique” peut les toucher eux aussi ! Mais aucun mot sur la liberté d’expression dernier de leurs soucis.

Jeudi, l’AMI a publié les condoléances du Président de la république à la méduse élyséenne. Ould Abdel Aziz y qualifie de « barbare, l’attaque terroriste contre le siège de l’hebdomadaire Charlie hebdo ».

« Je tiens à Vous adresser, Excellence Monsieur le Président, et à travers Vous, au peuple et au gouvernement français amis ainsi qu’aux familles des victimes, l’expression de nos très sincères condoléances et de notre solidarité entière dans cette pénible épreuve. » A écrit le chef de l’Etat mauritanien.

Maintenant, si on disait quelques mots du terrorisme d’État pseudo-islamique mauritanien qui ressemble fort à une Inquisition politique.

En 2012, suite à la reproduction par ce même Charlie Hebdo de caricatures du prophète de l’Islam, des manifestations ont eu lieu en Mauritanie pour protester. Les foules fanatisées de marcheurs qui voulaient se rendre devant l’Ambassade de France  ont été stoppés par la police. Des mesures de sécurité draconiennes ont été prise pour mettre la représentation diplomatique français à l’abri. Par intérêt, bien évidemment !

Et infiniment plus tragique, Il y a deux, trois semaines,  un jeune homme mauritanien a été condamné à mort pour “apostasie” suite à un écrit jugé « insultant à l’endroit du Prophète ».  On se croirait en plein Moyen-âge européen !

*

DÉLIT D’ANTI-ESCLAVAGISME — LE PROPHÈTE A LE DOS LARGE —

Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir n’aurait pas dû : ce jeune écrivain a publié un papier dans un pays où les divisions sociales et raciales sont profondément ancrées. Et l’on ne plaisante pas du tout avec la structure de la société mauritanienne. Surtout que le président, Mohamed Ould Abdel Aziz, continue de nier la pratique de l’esclavage moderne, en dépit des multiples preuves qui sont exposées de violations des droits de l’Homme commises dans le pays.

La Mauritanie est l’un des derniers pays au monde à avoir aboli officiellement l’esclavage, en 1981. Or, dans les faits, la situation n’est pas encore très reluisante. D’autant plus que les autorités religieuses continuent de mener une politique d’intolérance vis-à-vis de tout ce qui à leurs yeux toucherait à l’islam.

Le tribunal a demandé la peine de mort, conformément (je ne sais pas comment) à ladite charia contre le jeune écrivain. Mais qu’on se rassure le « mécréant » ne sera pas lapidé, mais seulement fusillé. Grand souci d’humanisme ‘islamiste ». Il s’est pourtant défendu de toute volonté d’insultes, et clamait, durant le procès, que son article avait été mal compris, ou mal interprété. Il avait même plaidé non coupable, assurant qu’il n’était « pas dans ses intentions de nuire au prophète ».

Comme on peut voir il n’est absolument pas question de religion, puisque dans son article, il écrivait que la Mauritanie autorisait la constitution de castes inférieures, et maintenait une discrimination dès la naissance.

La caste des Lemaalmine, à laquelle appartient l’auteur, compte parmi les personnes largement stigmatisées dans le pays. Il compte bien faire appel de la décision. Une organisation anti-esclavage, l‘Initiative de résurgence de l’abolitionnisme, a par ailleurs dénoncé le verdict.

La peine capitale n’a pas été appliquée en Mauritanie depuis 1987, mais il fallait sans doute faire un exemple politique. Le jeune écrivain se serait évanoui durant le procès, en apprenant la sentence. Tandis qu’à l’extérieur du tribunal, la sentence a été accueillie avec des vivats et des acclamations de la foule des fanatiques incultes.

La veille du verdict, plusieurs militants des Droits de l’Homme étaient également passés devant la cour de Rosso, dans le sud. Ils sont accusés de troubles à l’ordre public, ainsi que d’appartenance à une organisation illégale.

Mais pour ce qui est de l’esclavage, tout va bien, et c’est réglé…

Image

BONJOUR, BONJOUR LES HIRONDELLES !

3610151716810_600

Je suis mille fois plus de Charles que Charlie Hebdo ! — par Olivier Mathieu

Vous vous souvenez, chez Dechavanne, quand il jouait à « j’aime » et « j’aime pas » avec ses invités ?

Moi je vais jouer à : « Olivier Mathieu est-il Charles-Charlie » ou « Olivier Mathieu n’est-il pas Charles-Charlie?»

Voilà mes réponses !

Je me sens Charles le Téméraire, Charles Dickens, Charles Baudelaire, Charles Perrault, Charles Nodier, Carlo Gozzi, Carl Gustav Jung, Carl Maria von Weber, Charles Gounod, Charles le Brun, Charles Fourier, et… Charles Swann !

Je ne me sens pas du tout, en revanche, Charlemagne, Charles Martel, Karl Marx, Charles Darwin, Carlo Goldoni, Charles De Gaulle, Charlie Chaplin, Charles Bukowski, Karl Jaspers, Charles Trenet, Charles Aznavour, Charlélie Couture, Charlie Mingus, Charles Bronson ou… Charlie-Hebdo.

Olivier Mathieu

QUELQUES DESSINS DE NAJI AL-ALI ASSASSINÉ DISCRÈTEMENT À LONDRES EN 1987 PAR LE MOSSAD

Qui connaît en Occident Naji Al-Ali ? Ce dessinateur et caricaturiste palestinien, très célèbre de nos jours encore au Proche-Orient, et qui fut assassiné à Londres, le 22 juillet 1987, alors qu’il travaillait pour le journal koweiti Al-Qabas ?

C’était un artiste talentueux et aussi irrévérencieux (ce qui va souvent de pair) à l’encontre des potentats arabes en particulier ; il dénonçait le sionisme sans ambages, mais non sans oublier de taper sur certains dirigeants palestiniens corrompus.

Un tueur professionnel lui logea une balle dans la tête alors qu’il était à son journal. Tueur qui quitta les lieux sans encombre. Dix mois plus tard, Scotland Yard arrêta un certain Ismaïl Suwan, un étudiant palestinien impliqué dans l’organisation du meurtre. Interrogé, il révéla qu’il avait été recruté par le Mossad.

Devant le refus d’Israël de s’expliquer Thatcher ordonna la fermeture de l’antenne du Mossad à Londres, ce qui ne l’empêcha nullement de poursuivre sa sinistre besogne en Grande-Bretagne.

Bien que connue du MI5, service de renseignement intérieur britannique, l’identité de l’assassin, un agent du Kidon, le service “action” du Mossad, n’a jamais été divulguée.

Je n’ai pas le souvenir que la presse occidentale se soit ému de quoi que ce soit, ni à aucun moment.

En 2011, les Éditions Scribest ont fait paraître le Livre de Handala, un recueil de 140 dessins de Naji Al-Ali inédits et annotés. Dans la présentation du Livre de Handala, Siné rappelle que le dessinateur a été tué « à cause des convictions qu’il exprimait à merveille à travers ses dessins et son petit personnage nommé Handala ».

Handala est en effet un jeune réfugié palestinien misérable d’une dizaine d’années ; il est présent sur beaucoup de dessins de Naji al-Ali qui le présente toujours le dos tourné au monde qui a trahi son peuple.

01

*

02

*03

*

04

*05

*06

*07

*

08

*09

Moi, voyez-vous, je dois être un affreux réactionnaire, mais je suis de ce côté-ci, esthétiquement, éthiquement, poétiquement, humainement parlant.

Entre les Charlots et Naji Al-Ali, il n’y a pas photo. Ce dernier souvent, comme ici, n’a même pas besoin de mots.

Du côté du vent dominant de la décadence : la laideur, la bêtise suffisante, la cochonnerie des médiocres, le néant ordurier, l’inhumanité abjecte. L’affreuse trivialité.

Du côté des exclus, des méprisés, des écrabouillés : la beauté, le malheur, le talent d’artiste, l’émotion tendre et retenue, la compassion humaine.  Le sens du sacré.

BRÈVE

Une enquête aurait été ouverte pour apologie du terrorisme (sic!) à l’encontre de Dieudonné, qui a écrit sur sa page Facebook: « Je me sens Charlie Coulibaly ».

Deux commentaires :

– Qu’est-ce qui peut y en avoir des fouille-merde sur Internet et sur Terre ;

– Je ne savais pas qu’il existait un délit de mauvaise compassion, je dirais même de mauvaise compassion chrétienne sachant ce qu’est et ce qu’affirme être constamment Dieudonné le catholique : non-violence et amour.

Pourquoi écrire en ce lieu pourri aussi ? Ne se rend-il pas compte qu’il est trop intelligent, trop subtil pour la majorité des hommes qui ont un esprit étroitement binaire et conformiste et bas ?