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ÉMOTION

Superbe découverte à Lavau (banlieue troyenne, non pas en Anatolie mais en France).

Lorsque j’avais quinze ans par là, mon désir profond fut de devenir archéologue, les événements de la vie en ont voulu autrement, mais mon esprit est toujours resté attaché au passé, même le plus lointain.

C’est donc avec plaisir (mitigé car il ne restera plus rien de leur tumulus d’origine) que j’ai découvert sur Internet, comme beaucoup d’autres amoureux de ce qui fut, ces bijoux artistiques du Passé, vous savez du temps où les hommes « étaient uniquement des sauvages », comme diraient certains prétendus progressistes et ennemis de tout passé.

Il est toujours étonnant de constater que les hommes de l’antiquité aient pu échanger sur d’aussi grandes distances que de la Grèce à ce qui allait devenir la Gaule.

Il est également remarquable qu’une tombe d’un personnage important celte (ou de deux, puisqu’il y aurait au moins les restes de deux morts en ces lieux) ait pu contenir quelques divinités non celtes mais hellènes. Un peu comme si de nos jours un musulman se faisait enterrer avec une étoile de David, ou un juif avec une croix chrétienne.

Ah, ces syncrétismes antiques, ou plus exactement, cette liberté païenne de cultes et de croyances de toutes sortes! Un esprit certain de tolérance. Du moins loin de cités-états sectaires et guerrières et/ou de l’esprit étroit de dieux tribaux. C’est que plusieurs dieux, de préférence spécialisés, à visage humain, animal ou en rapport avec la nature ambiante, peuvent toujours mieux aider qu’un seul totalement perdu au bout du monde et si silencieux au milieu des cieux, là-bas parmi les astres et bien loin des désastres humains ou terrestres.

Voici, sur les anses d’un bassin, la tête moustachue du dieu-fleuve grec Achéloos (ou Akhelôos) que l’on retrouve aussi dans le monde étrusque et romain. Le père des Sirènes dont Melpomène fut la mère. Également dieu-serpent ou dieu-taureau en ces exploits fluviaux. Et dieu originel de la Corne d’Abondance.

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Près de la tête d’Achéloos, se tiennent les têtes de jeunes félins, probablement des lions ou lionnes. Autre denrée rare en contrée tant celte qu’hellène, si ce n’est en haute-antiquité, mais là il faut recourir à nos peintures rupestres pour en avoir le témoignage.

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Au milieu d’un grand chaudron de fête, où l’on mêlait l’eau au vin (breuvage d’origine est-méditerranéen), une cruche à vin en céramique, ou œnoché, où l’on peut voir Dionysos assis sous des rameaux de vigne faisant face à un personnage féminin. Dois-je préciser que ce qui brille vers le bas du récipient est bien de l’or ?celte_2Cette céramique à figures noires est propre à la période -VIIe / -Ve siècles, même si l’on peut en rencontrer des exemplaires plus récents (jusqu’au -IIe siècle). Les sépultures sous tumulus troyennes ont été datées quant à elles des -VIe / -Ve siècles.

Ça a quand même une autre gueule que l’art et les sordides histoires politico-religieuses de notre décadence européenne obtuse !

photos Inrap/Denis Gliksman

BASTRINGUE SYMBOLIQUE

* I *

Sur la caricature publiée dans un précédent article on peut noter la tripe flèche socialote. Sous forme de macaron, cela donne ceci :

200px-SFIO.svg

Peu de gens connaissent l’histoire de ce symbole. Pour le dire en peu de mots il doit tout à Sergeï Tchakhotine, un fort curieux personnage né en Turquie, étudiant à Odessa, docteur en biologie de l’université d’Heidelberg. Menchevik (c’est-à-dire « minoritaire » au sein du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie) et opposé au coup d’État bolchévik, au début de la Guerre Civile il sera un temps rien de moins que le conseiller à la propagande du général Piotr Krasnov… des armées blanches !

Réfugié comme universitaire en Allemagne il y développera des méthodes de propagande « modernes » au sein du Parti Social-Démocrate. Puis, il se réfugia au Danemark, en France et je ne sais où encore. Après guerre en 1958 il offrit ses services à la Russie pour l’Académie des Sciences à Leningrad aussi bien qu’à Moscou. Son parcours me paraît extrêmement douteux comme ceux, et même plus que ceux des nazis recyclés aux États-Unis après guerre, et parmi eux non des moindres, tandis que d’autres, réfugiés dans des pays « exotiques » furent pourchassés toute leur vie.

Il se disait opposé aussi bien au léninisme et au stalinisme qu’au fascisme et au nazisme. Pourtant… Ses théories exposées en premier lieu dans son livre Le Viol des Foules par la Propagande Politique (première édition française en 1938, titre rendu en anglais par : The Rape of the Masses. The Psychology of Totalitarian Political Propaganda) est le livre le plus creux qui soit, je dirais même plus précisément presque puéril ou totalement cynique, il m’est tombé des mains, ouvrage dont on peut définir la thèse sous la forme suivante : il faut récupérer à notre profit tout l’aspect émotionnel développé par la théâtralité fascisme et plus précisément national-socialiste.

Pour l’exprimer en un terme actuel, il s’agit d’une sorte de propagande nageant sur les mêmes eaux ou entre les mêmes eaux que celle de l’adversaire mais inversée (illusoirement inversée ; comme elle fut, finalement, très illusoirement efficace). Les armes de l’adversaire sont foncièrement mauvaises, mais entre nos mains elles deviennent nécessairement bonnes. Je n’ai eu l’occasion de lire Tchakhotine que des années après mon désir de le lire. Je suis tombé de très haut.

Il y aurait tant et plus de phrases étonnantes à reprendre de son livre, pour les dénoncer. Par exemple : « les masses peuvent être victime d’un véritable viol psychique par la propagande.» Mais qu’on ne se méprenne pas, il ne définit pas là l’activité de l’adversaire politique mais l’activité de propagande en général, la sienne y compris. Ou encore : « « L’absence de guerre n’empêche pas l’emploi de la violence psychique, sans emploi de la violence physique.». Je répète encore une fois : il ne définit pas là l’abominable pratique adverse mais aussi la sienne propre !

Il faut savoir par ailleurs qu’il fut un ami de Pavlov (mais aussi d’Einstein). Pavlov dont il chercha à appliquer à l’homme ses théories sur le conditionnement animal. On eut citer parmi ses autres écrits aux titres révélateurs même quand on ne comprend pas tous les mots : Principy i metody v proizvodstve, torgovle, administracii i politike (1923), Rationelle Organisation von biologischen Instituten (1930), L’organisation de la Science (1938), La morale du point de vue biologique et la notion de culpabilité (in revue Psyché, 1948). Répétons-le : n’oublions surtout pas qu’il fut docteur en biologie ! Comme Pavlov, son maître et ami.

En France il participa à l’élaboration de la propagande du Front Populaire en collaboration avec Marceau Pivert (de l’aile gauche et pacifiste), mettant notamment en scène les meetings et les films de la SFIO. Recourant même aux uniformes. Avec le succès que l’on connaît vu le côté très éphémère de cette vaine débauche d’énergie… débouchant sur la guerre. Il me semble bien que je l’ai déjà écrit mais je le répète, il faut savoir que les films qui avaient le plus de succès, je parle en France, vers l’époque du Front Populaire, étaient ceux de la grande époque française mais aussi incontestablement les films allemands et ceux de Leni Riefenstahlt en particulier. C’est ainsi.

* II *

Donc pour le dire autrement, le symbole de la SFIO des années trente puis des années cinquante à sa mort en 1969, doit tout à ceci :

zQui lui-même (directement ou indirectement) doit peut être quelque chose à ça :

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qui lui même a récupéré une bonne partie de sa symbolique (mais non son esprit) au compagnonnage.

Pour les formes, pour les couleurs. Pourquoi trois flèches ? Parce que, dixit Tchakhotine lui-même, ce serait le plus pratique pour rayer les inscriptions nazies et les swastikas ; sans doute comme ceci :

aaOn voit donc le haut niveau d’abstraction d’un tel symbole !

Symbole qui a aussi quelques points communs avec celui de la Phalange franquiste :

Bandera_FE_JONS.svgD’autres emblèmes jouant avec la même symbolique de couleurs ou de formes :

Wallonische_Legion_Version_1Drapeau de la 28e SS Division Wallonie arborant la Croix de Bourgogne.

$T2eC16V,!yME9s5qGsosBQcW0tbG+w~~60_12Insigne du mouvement des Comités de Défense Paysanne, ou Chemises Vertes de Henri Dorgères. Le faisceau : une gerbe de blé, une faux et une fourche (le pendant de la faucille et du marteau « soviétiques »).

* III *

Pourquoi le rouge et le noir ont-ils une telle place dans les mouvements extrêmistes ?

Le drapeau rouge emblème des autorités parisiennes de 89 pour enjoindre aux masses populaires de se disperser, ne s’est mis en place dans le mouvement ouvrier que progressivement et par inversion de sens, entre les deux révolutions de 1830 et 1848. (cf. le livre de Maurice Dommanget sur le sujet). Symbole de sang. Sans faire remonter le drapeau noir à la piraterie ou aux corsaires, il est indéniable qu’il a été utilisé par les Canuts lyonnais progressivement dépossédés de leur outil de travail lors de leurs révoltes violentes pour ne pas dire insurrectionnelles de 1831, 1834, 1848 et 1849, qui n’étaient pas sans rapport d’esprit avec le mouvement luddiste anglais plus ancien. Luddiste, c’est-à-dire ennemi de la mécanisation du travail et de la dépossession de l’outil de travail au profit du capitaliste.

Ces canuts avaient un bien curieux slogan qui semblait inverser la réalité puisqu’il était : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ». Personnellement, je préférerais l’inverse : « Mourir (esclave) en travaillant ou vivre libre en combattant ! » nettement moins défaitiste ou résigné, et nettement plus positif.

Drapeau noir comme symbole de misère, de malheur et de mort. C’est bien plus tard qu’il a été remis au goût du jour par la socialiste libertaire (ou anarchiste, comme on veut) Louise Michel: « Plus de drapeau rouge mouillé du sang de nos soldats. J’arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions » déclara-t-elle lors d’un rassemblement en mars 1882. Louise Michel franc-maçonne, d’ailleurs, comme un certain nombre d’anarchistes de cette époque, les pauvres naïfs !

L’origine du drapeau « rojinegro » de la CNT-FAI date du défilé du 1er Mai 1931 à Barcelone. C.N.T. : Confederación Nacional del Trabajo. F.A.I. : Federación Anarquista Ibérica. Le tout prononcé : cé-èn-té faille. Je n’entrerai pas dans la question de savoir quel est le bon sens et les bonnes formes des couleurs, d’autant que la plupart des documents de l’époque sont en noir et blanc, heureusement nous restent des affiches en couleurs, mais qui ne sont pas à une contradiction près. Ainsi rencontre-t-on, en partant de la hampe :

drapeau_rouge_et_noir-7b3e7-01ce6En deux triangles, rouge dessous tenant la hampe, noir dessus (Barcelone, 1936) ;

0a4d7fb687c282fe6b24cda4ba498328idem ;

Barcelona-noviembre-de-1936.-Varios-manifestante-realizan-un-acto-de-homenaje-a-la-extinta-URSS.En deux triangles, rouge dessous, noir dessus tenant la hampe (Barcelone, 1936) ;

1211287081_fidem ;

images

Affiche de la CNT prônant l’unité d’action entre la CNT (anarchiste) et l’UGT (dirigée par les staliniens). Champs et usines, pour les syndicats ! — En deux triangles, noir dessous tenant la hampe, rouge dessus.

cnt-cartel-por-las-milicias1idem ;

anarcist_militia_barcelona_1936À gauche un drapeau en deux bandes, noire dessus, rouge dessous; on peut noter la place non négligeable des femmes sur ces documents ;

rep_mov_rev_bcnIdem.

* IV *

De même en est-il du symbole de la républicaine romaine antique qui a inspiré tout aussi bien la Première République (et les républiques suivantes jusqu’à l’actuelle Ve République) sous cette forme :

EmblemRFque la République Sociale Italienne sous cette autre forme :

130px-Coat_of_Arms_of_the_Italian_Social_Republic.svg

* V *

Pour le dire rapidement… Les fascismes étaient immergés dans une propagande fortement emprunte de symbolique paramilitaire et moutonnière dont on peut retrouver des prémices dans certains aspects du futurisme, chez un Marinetti par exemple recherchant la destruction du passé, prônant le technologisme le plus moderniste et le plus fou, et si nécessaire le recours aux bienfaits de la guerre ! Celle tout aussi technologiste du stalinisme, exaltait moins le corps et le guerrier que le travailleur. Mais sur le fond, c’était exactement la même logique de grégarité et de puissance illusoire de la meute humaine. Le mouvement anarchiste espagnol armé (milices populaires, ou colonnes au sein de l’armée républicaine), non moins emprunt de folie destructrice (l’Église en particulier), était me semble-t-il nettement plus spontané, moins marqué de modernité, plus lié à la terre et aux métiers dans le sens traditionnel du terme (artisanat), plus « peuple » et non pas exempt d’un fond moraliste qui pouvait être pesant lui aussi, et qui eut pu donner dans son genre, un système tout aussi autoritaire, tranché et intolérant que tous les autres.

Tchakhotine, le social-démocrate Tchakhotine, enfin le propagandiste de la social-démocratie ne disait pas autre chose que les fascismes ou le stalinisme, et entendait contrer les mauvais sur leur propre terrain celui des réflexes humains quasi pavloviens. Adhésion béate et de masse, grands-messes, puissance de la tribu uniformisée, quelques slogans bien choisis, ennemi(s) commun(s), réel ou fantasmé. Absence de réflexion critique et de démarquage individuel, adhésion totale. Sollicitation émotive des masses.

Adhésion obligée pour ne pas dire obligatoire. Voici une image saisissante, elle est celle (célèbre) où l’on voit un certain August Landmesser, lors de l’inauguration d’un navire de guerre à l’arsenal de Hambourg, en juin 1936, marié à une juive, emprisonné puis finalement disparu en mission en février 1944 à la 999e division légère Afrika. On peut lui adjoindre cet anonyme, vers le bas de la photo, qui regarde l’objectif et qui fait un salut bien timide, ou vers le haut un autre qui regarde l’objectif et semble « faire coucou » plutôt qu’autre chose. Et d’autres encore, en cherchant bien.

august-landmesser-1936 - Copie

Cette autre personnage oublié (mais pas de tous les catalans espagnols qui en font aujourd’hui encore le symbole de la Résistance au franquisme) est Francesc Sabaté LLopart dit En Quico. Il entra très jeune à la CNT-FAI, participa en 1933 aux insurrections républicaines et autres expropriations, fut réfractaire à l’Armée et bien plus tard… acheva sa vie militante armée de maquisard le 5 janvier 1960 abattu par la Guardia Civil en Catalogne. Mort commune à tout son groupe et à plus d’un autre maquisards anti-franquistes jusque dans le courant des années soixante. Et voilà d’une histoire largement occultée.

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Deux mars 1974. Ces personnes furent les deux dernières victimes du « garrote vil » franquiste, les derniers « agarrotados » peu de temps après l’assassinat de l’amiral Carrero Blanco, un ponte franquiste en décembre 1973. Certes ils avaient agi dans l’illégalité ou tué des gardes civils, mais Franco la Muerte était un dictateur, non ?

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Puig Antich était au sein du 1000, autrement dit le MIL, Movimiento Ibérico de Liberación ; ce mouvement anarcho-conseilliste catalan qui ne fut actif que peu d’années (essentiellement 1972-1973) et qui se réclamait de l’esprit guérillero de Quico Sabaté, pratiqua le vol de matériel d’imprimerie, et surtout (selon le vocabulaire anarchiste consacré) des « expropriations » de banque, leur but était avant tout d’alimenter des caisses de solidarité aux grévistes et d’éditer des textes au travers de la maison d’édition Mayo 37. C’est lors d’un guet-apens (il avait été repéré par la police) que Puig Antich sera abattu presque mort déjà, alors qu’un policier sera tué (semble-t-il dans la fusillade qui s’ensuivit par l’un de ses propres collègues).

Le parcours du second est d’une étrangeté redoutable. Heinz Chez ou Ches, de son vrai nom : Georg Michael Welzel, est né en 1944 en R.D.A. et a passé une partie de sa jeunesse en prison après avoir tenté trois fois de quitter son pays (en 1964, 1967, 1970). La quatrième fut la bonne, il passa à Berlin-Ouest au printemps 1972 puis entra en Espagne (en Catalogne) avec un passeport falsifié. Il s’était fabriqué le faux nom de Heinz Chez à partir de l’un des prénoms de son père et du nom de sa mère. Celui-ci assassina en l’espace d’une semaine deux gardes civils en décembre 1972, sans doute simplement pour le fait qu’ils étaient policiers et qu’ils devaient lui rappeler la Stasi est-allemande.

La plupart des « terroristes », je veux dire des résistants (en Espagne) étaient anarchistes. On ne peut y subodorer beaucoup de staliniens et encore moins de socialistes, bien évidemment, une part de ces derniers collaboraient avec le régime en place, quand les plus malins attendaient patiemment et douillettement la mort de Franco en France pour aller bientôt se faire élire « au pays ».

Tous les quatre, et bien d’autres, furent, avec ou sans scories, à des degrés divers, Esprit, esprit indomptable, de l’Homme. Seuls, loin des masses bêlantes*, tout seuls face à la Mort. Celle des autres et la leur. Encore un paradoxe diront certains qui ignorent tout de l’esprit romantique, des émotions existentielles, de la mélancolie essentielle. De la Solitude face à la Vie tout autant que face à la Mort. Au-delà encore de tout idéal. Il y a là quelque chose d’artistique, mais je ne sais si c’est de l’ordre De l’assassinat considéré comme un des beaux arts, comme titre l’un des livres de Thomas de Quincey.

Difficile débat que celui de mourir ou pas, ou pire que de tuer ou pas, pour des idées. Mais s’agit-il vraiment d’idées ici, ne s’agit-il pas plutôt de raison de vivre ou de survivre et d’impossibilité physique et morale de supporter l’insupportable ou les cataclysmes sociaux ? D’une sorte de tare congénitale que je nommerais : profonde sensibilité ; grande misère morale ; rareté et exception. Et je lâche l’expression inattendue (ou provocatrice) en cet endroit de : profonde Humanité. Des suicides programmés…

Je ne vois que des êtres (et je n’y peux rien, et je ne discute pas leurs idées ici, ce serait mentir que de ne pas le dire) comme les dirigeants, les mauvais dirigeants puisqu’ils ont perdu, donc failli, d’un certain bunker berlinois pour avoir eu ce même sentiment de ruine et de combat vain mais indispensable, du Monde. Ce même sens de la Mort.

Enfin, s’approprier une violence mortifère, un monopole de la violence, une violence elle-même réservée et imposée par la force (de tyrans, de la masse…) est-ce pire que d’envoyer à la mort, du fond d’un quelconque bureau, des jeunesses entières pour les beaux yeux de fous ou de capitalistes ? Où se situe le plus grand courage? Ou la plus grande lâcheté ? Comme on veut…

* VI *

Mais revenons au symbole socialo…

Le symbole « nazi inversé » de la SFIO resta surtout cantonné à la région parisienne et aux Jeunesses Socialistes, du moins jusques après la guerre. Cela ne l’empêche pas d’avoir une très grande pauvreté de pensée. Et à mon goût un aspect insensé et repoussant.

Cela me fait penser à cet autre escroc de la « pensée libérée » et « de progrès » que fut le freudo-marxiste Reich ; ce dernier affirmait tout de bon et sans rire que les nazis, et plus généralement les fascistes étaient incapables de connaître l’orgasme par le simple fait de ce qu’ils étaient idéologiquement. (C’est je crois dans La Fonction de l’Orgasme, mais il y a tellement longtemps que j’ai lu ou parcouru tout ça…). Dans le même ordre d’idée, il affirmait, je crois me rappeler que c’était dans La Psychologie de Masse du Fascisme, qu’il fallait rapporter l’image de la croix gammée (la rapprochant d’autres formes d’autres temps et d’autres lieux) à une déformation d’un dessin qui aurait représenté un homme et une femme en train de copuler. Donc une image de frustrés sexuels. Certes, pourquoi les couleurs rouge et noire ont-elles une telle place dans « l’esthétique » érotique tout autant que politique ?

À ce niveau, pour montrer que tout n’est pas si simple ni tout noir ni tout blanc, j’aurais envie de mettre en rapport équerre (le travail manuel) et compas (le travail intellectuel) maçonniques, ainsi que l’œil (du malin ?). Vieux symbole maçonnique ou compagnonnique (origine inconnue) :

Issigeac-compasequerreà l’une des sortes de drapeaux anarchistes contemporains :

index (3)Pourquoi enfin l’antifascisme ressemble-t-il autant au fascisme, le nazisme au sionisme ? Et « les jours meilleurs » aux pires terreurs ou barbaries ? C’est un des mystères humains de toujours retomber dans les travers de ceux que l’on critique et conteste. Du genre : pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Et autres fadaises. Ou pire, du genre : bombes incendiaires ou atomiques « démocratiques ».

Voici, en louvoiements presque contradictoires, deux types d’affiches de la même époque, la première pacifique, pour ne pas dire pacifiste, n’est pas vraiment tchakhotinienne :

legislatives2_1932La seconde, agressive, si : elle me fait penser à une affiche stalinienne ou nazie (de l’époque de l’Occupation par exemple) :

legislatives_1956Mais quels comptes ? et à qui ? au juste…

* J’ai lu dans une revue du temps de la Guerre de Quatorze, Le Rire (curieux rire devenu d’ailleurs Le Rire Rouge en ces temps-là), numéro du 8 septembre 1917, l’un de ceux d’une année de rébellions des tranchées et de « mauvais éléments » fusillés, l’expression étonnante, ou plus exactement détonante : « pacifiste bêlant » ; quand le Monde marche la tête en bas, il est presque normal (même chez les comiques, supposés tels ou auto-décrétés) que ce ne soit pas le belliciste abruti qui soit bêlant, mais le pacifiste, ou pacifique réfléchi.

DU GLUANT ENCORE ET TOUJOURS

Je viens de tomber sur ce commentaire sidérant d’une journaleuse de FR3 – La Voix de Son Maître (en substance) : « manifestation importante et silencieuse [de ce que j’en ai vu : pas si considérable, mais passons] suite à l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov de plusieurs balles dans le dos, dans le centre de Moscou… C’est la plus importante manifestation anti Poutine que l’on est connu depuis longtemps. »

Mais, enfin quel est le rapport entre les deux, l’assassinat et Poutine ? Quel niveau extrêmement bas de la clique médiatique !

Suivant peu l’actualité en ce moment j’ignorais cet assassinat.

Bon ! j’ai cherché quelques informations (d’origines diverses), je recopie :

*

« Boris Nemtsov, l’un des piliers de l’opposition libérale en Russie, a été tué par balle tard vendredi soir en plein centre de Moscou. Il se promenait sur l’un des ponts historiques de la capitale, le Grand Pont de pierre, juste à côté du Kremlin, lorsqu’une voiture a surgi et son ou ses occupants ont tiré au pistolet à six ou sept reprises. Quatre traces de balles ont été retrouvées dans le corps de Boris Nemtsov, au cou, au cœur et dans les poumons, selon les premières informations relayées par les médias indépendants. » (Les Échos)

« Toute cette zone, adjacente aux bureaux présidentiels du Kremlin, est entièrement couverte de caméras de contrôle et étroitement surveillée par la police. Le meurtre n’a donc pas pu échapper aux services de sécurité. L’identité de la voiture et celle de ses occupants devraient pour le moins être rapidement établies. Selon les premières informations de la presse, il s’agit d’une Ford blanche. Mais il n’est pas clair si une ou plusieurs personnes se trouvaient à l’intérieur et si les tirs sont venus d’un seul pistolet. » (idem)

« Une heure après l’assassinat, Dmitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine, a livré les premiers commentaires officiels. Une rapidité surprenante : le chef du Kremlin est réputé pour ne pas réagir à chaud aux événements. «  Le président a déclaré que cet assassinat brutal portait les marques d’un meurtre commandité et avait tout d’une provocation  », a déclaré Dmitri Peskov, ajoutant que Vladimir Poutine avait demandé au Comité d’enquête, au ministère de l’Intérieur et au FSB d’enquêter sur cet assassinat. » (ibidem)

*

« Depuis quelques heures, la presse occidentale et surtout la presse de Kiev s’acharnent médiatiquement sur cet événement, les uns en appuyant sur l’opposition de ce personnage politique d’importance en Russie, les autres en indiquant qu’il a été assassiné par Poutine. (Novorossia.vision)

« Mais à qui profite le crime ? Croire que le Président Poutine, dans l’état actuel de la très forte popularité où il se trouve, avec un soutien populaire inédit de l’ordre des 75 % de popularité, pourrait s’avancer à ordonner un acte aussi terrible est mal connaître et la Russie et les Russes. Les médias occidentaux citent la participation de Nemtsov au ministère de Boris Eltsine, un homme désormais détesté en Russie et considéré comme l’une des plaies de la période noire de l’après-effondrement de l’Union soviétique. Si en Occident il fait référence, malgré son alcoolisme internationalement reconnu, en Russie, il est plutôt vu comme l’homme qui mena la Russie dans un état proche de l’anarchie, période où la mafia était toute puissante et la corruption galopante. (idem)

« Ce serait insulter l’intelligence et l’habileté du chef de l’État de la Fédération de Russie, de penser qu’il aurait besoin d’un tueur pour supprimer un opposant politique qui ne représentait qu’une infime frange de la population russe et qui ne représentait plus guère que lui-même, même s’il devait prendre la tête d’une marche de protestation dans quelques jours. Rappelons que lors des dernières marches de ce genre, à Moscou, les médias occidentaux avaient repris des images des manifestations de 1991, où se trouvaient plus d’un million de personnes dans les rues, pour faire croire à l’opposition massive qui aurait été celle des années 2012 et 2013. En réalité, ces marches ont rassemblé entre 5 à 30 000 personnes, dans une ville de plus de 15 millions d’habitants alors que la Manif Pour Tous était capable à Paris de rassembler plus d’un demi-million de Français (un million selon les sources). (ibidem)

« À qui profitera donc de ce crime ? Assurément en premier lieu à la Junte de Kiev. Elle lui permettra de lancer l’argument qu’il ne sera plus possible aux Occidentaux de traiter avec le Président Poutine. L’assassinat pourrait bien avoir été commandité, de manière concertée ou non, par un tueur isolé de l’extrême droite ukrainienne. De nombreux Ukrainiens vivent sur le territoire de Russie, l’opération était facile à mener. Plus que pour le gouvernement de Porochenko, les partis néo-nazis Svoboda et Pravy Sektor se frotteront les mains. Ils menaçaient hier sa famille, le forçant à s’éloigner en Allemagne, ils voulaient la continuation de la guerre contre les insurgés du Donbass, ils sont encore plus intéressés à cette mort. Ce crime rappelle pour beaucoup, la tentative qui fut faite de créditer les Russes ou les insurgés de la Novorossia (avec du matériel russe) de la destruction de l’avion malaisien. Il rappelle également le double crime de l’héritier du trône des Habsbourg à Sarajevo en 1914 et, quelques jours avant la guerre, du célèbre journaliste Jean Jaurès. Car la mort de Boris Nemtsov pourrait avoir des conséquences au moins aussi graves que celles de ces deux personnages historiques, qui déclenchèrent mécaniquement la Première Guerre mondiale. Il est évident que le gouvernement de Porochenko et les extrémistes nationalistes néo-nazis ukrainiens seront de grands bénéficiaires de ce meurtre. (ibidem)

*

« Les manchettes, partout dans le monde, ont présenté des variations sur l’histoire de l’assassinat de Boris Nemtsov. Chacune d’entre elles reprend le récit des faits pertinents : quoi, qui, où, comment… Mais la vraie question est pourquoi. La réponse à cette question, ou plutôt ce que l’Occident prétend avec insistance être la réponse, nous dira beaucoup sur les plans des États-Unis pour intensifier les tensions en Russie, en Ukraine, et au-delà. (lesakerfrancophone.net)

« Il serait insensé de mettre de côté toute hypothèse liant ce crime à des gens proches de lui, dans le domaine des affaires, de la politique ou de la romance. En ce qui concerne les affaires, nous pouvons rappeler que bon nombre de personnes voulaient sa mort à cause de ses crimes et de sa corruption en tant que directeur de la Banque Neftyanoi – aujourd’hui liquidée – et président de sa société mère Neftyanoi Concern. (idem)

« De nombreuses polémiques ont fleuri autour de cette affaire en 2006. Bien sûr, dans le domaine des problèmes de cœur, nous avons tous ceux qui entourent la femme avec qui il a été vu la dernière fois. Cette femme, Anna Duritskaya, était également présente lors de la fusillade. Des rumeurs flottent ici et là que cela pourrait être lié à son récent avortement et autres aspects mélodramatiques associés. (ibidem)

« Un lien évident avec cette affaire est la crise en cours en Ukraine et, dans cette variante, le meurtre pourrait avoir été motivé par un conflit interne entre factions pro-américaines là-bas. Nemtsov a été actif pendant la Révolution orange de 2004, soutenue par les États-Unis. Victor Iouchtchenko a ensuite été nommé conseiller économique, mais il a quitté son poste dans des circonstances suspectes, laissant derrière lui plus d’ennemis que d’amis. (ib.)

« Parmi ces ennemis, l’un deux pourrait très bien être à l’origine de l’assassinat, ou ceux qui sont derrière lui, mais le moment de cette fusillade et d’autres faits pertinents devraient plutôt nous amener à considérer que c’est politiquement motivé. (ib.)

« Ces complots peuvent effectivement être un peu complexes, c’est souvent le cas lorsque deux oiseaux sont tués avec une seule pierre. Un rival personnel peut recevoir un feu vert pour régler un compte, et ainsi accomplir un acte de plus grande portée géostratégique, comme dans ce cas. (ib.)

« En fait, nous cherchons ici à savoir si cela a été effectué sur les ordres de l’un des principaux acteurs impliqués dans la crise mondiale actuelle. Concrètement, la question est de savoir si cela a été réalisé par les Russes et leurs amis, ou par les États-Unis et leurs amis. (ib.)

« Que la fusillade ait été faite sur contrat ou non n’est également pas très important, sauf si on regarde l’aspect médico-légal et judiciaire du crime ainsi que les circonstances immédiates elles-mêmes. Celles-ci pourraient nous dire certaines choses, sauf que dans des cas comme celui-là, nous devons toujours être conscients que le maquillage en travail non professionnel – comme dans ce cas – serait quelque chose qu’un professionnel pourrait faire pour lancer sur une fausse piste. (ib.)

« Par exemple, il est probable que nous entendrons de la part des amis de la Russie que ce meurtre n’a pas les signes caractéristique d’une frappe professionnelle organisée par un gouvernement. Ils feront évidemment remarquer que si Boris Nemtsov avait été la cible du Kremlin, il serait mort dans un accident de voiture ou d’une crise cardiaque. Ce serait beaucoup trop bâclé pour quiconque au Kremlin de penser à lui tirer dessus en public, avec des témoins. (ib.)

« Ce n’est pas trop convaincant, parce qu’effectivement ces méthodes sembleraient impliquer l’État russe, alors que la façon plutôt bâclée avec laquelle Nemtsov a été tué nous pousse à éliminer cette possibilité. Dans la même logique, si un coup de ce genre devait être réalisé, alors, pour l’État, utiliser une méthode d’amateur prendrait tout son sens. Dans le cas des États-Unis, il faut présenter une autre explication. Si les États-Unis sont derrière tout cela, il doit paraître évident qu’il s’agit d’un assassinat bâclé, affreux, sans laisser aucun doute. (ib.)

« En fait, si les Russes voulaient sa mort, la valeur de l’assassinat serait dans son invisibilité. Mais si les Américains voulaient le tuer, la valeur serait dans le spectacle de l’assassinat lui-même. Cet assassinat est chargé de spectacle. (ib.)

*

On ne peut mieux dire en conclusion, sauf à ajouter que dans un entretien, en date du 29 février 2012, Vladimir Poutine mettait déjà en garde contre un assassinat d’opposant visant à déstabiliser le pouvoir.

Olivier Mathieu, par devoir de mémoire envers un déporté, crie : Vive Le Roy !

Comme on le sait (ou comme on devrait le savoir), ce siècle manque tristement de mémoire.

Je prends l’exemple de mes candidatures à l’Académie française, justement par devoir de mémoire et pour que l’on s’en souvienne.  Plus exactement encore, revenons à ma candidature de l’an dernier, lorsque je me présentai sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke, le 10 avril 2014, au fauteuil que convoitait aussi M. Alain Finkielkraut.

J’envoyai même une lettre ouverte à Finkie, lettre qui se trouve toujours sur Internet :

http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/7476-lettre-ouverte-de-robert-spitzhacke-a-alain-finkielkraut.html

Pourquoi Robert Spitzhacke, tout d’abord? Tout simplement, parce que mon pseudonyme (Robert Pioche) est attesté depuis 1971, lorsque ma grand-mère Marie de Vivier (1899-1980, écrivain), en parla dans son roman « Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon » (publié à Paris, en 1971). Et donc, « Spitzhacke » est la traduction, en langue allemande, de « pioche ».

le-figaro-copieQuel émoi chez les journalistes parisiens! Qui était ce Robert Spitzhacke, qui avait osé s’opposer à l’élection de Finkielkraut?… Les journaux, notamment Le Figaro, en parlèrent. Et même France Culture, le 10 avril 2014, « osa » citer le nom de Robert Spitzhacke. Ce fameux Olivier Mathieu, écrivain, au sujet duquel les charmants et talentueux journalistes de France, de Navarre et d’ailleurs semblent éviter de jamais dire un mot… Les braves gens! Le lendemain, on aurait pu s’attendre à ce que les journalistes qui citaient Robert Spitzhacke depuis quelques jours racontent donc à leurs lecteurs qui était Olivier Mathieu alias Robert Pioche alias Robert Spitzhacke. Qui est quand même la seule personne au monde à s’être présentée trois fois sous trois pseudonymes différents à l’Académie, obtenant même une voix en 2003 face à l’Ex des Ex, l’ex-Président de la République Valéry Giscard d’Estaing…

Or non… Le Figaro demeura muet. Voilà donc un journal qui parla de Robert Spitzhacke à ses lecteurs, en avril 2014, et puis qui… n’en parla plus: et tant pis si des lecteurs se posaient des questions…

Et pourtant, ils devraient. Mes candidatures à l’Académie française ont toujours été quelque chose de très pacifique et de très drôle.

page-100-8Pourtant, au « Figaro », ils ne peuvent pas ignorer qui est Olivier Mathieu, en littérature Robert Pioche, puisque le directeur du Figaro Littéraire, Etienne de Montety en personne, flattait mes qualités de poète en première page du Figaro, en avril 2011… Et cela, justement, alors que je venais de rédiger l’éloge de Maurice Druon…

Candidat à l'habit vert, il sait discourir en versTout cela me rappelle (toujours le devoir de mémoire!) Achille Le Roy. Qui était donc cet Achille? Un monarchiste, peut-être? Point du tout. Achille le Roy était né en 1841. Il participa à la Commune et fut déporté, comme tant d’autres, en Nouvelle-Calédonie. Par la suite, il milita notamment au Parti ouvrier français de Jules Guesde.

Ce que l’on ignore trop souvent, c’est qu’en juin 1893, il présenta une candidature à l’Académie française (avec deux de ses copains, Marius Tournadre et Maxime Lisbonne). Il avait annoncé sa visite, qui ressemblait quasiment à une menace : « Citoyen de l’Académie et futur collègue, j’ai l’honneur de vous prévenir que, selon l’antique et immortelle coutume, je me rendrai chez vous demain, vers dix heures, pour vous présenter mes hommages respectueusement académiques». Les trois compères, comme on peut le lire ici ou là sur divers sites Internet, déposèrent une marmite, comme celle employée par Ravachol, contenant leurs cartes de visite. Un convoi gagna la place du Panthéon au cri de… « Vive Le Roy ». On dit que le convoi  fut « dispersé par la police ».

Dans les années 1920, Achille Le Roy demeurait dans le quartier Mouffetard et vendait des brochures . Il fut le premier gérant de l’hebdomadaire de la CGT « La Bataille » qui commença à paraître le 4 mai 1922.

Dans son numéro du 31 mars 1924, Le Libertaire signalait que Le Roy avait été agressé par des Camelots du roi et ouvrit une souscription en sa faveur.
En octobre 1927, il participa aux fêtes du Xème anniversaire de la Révolution russe. Il s’installa à Moscou et y mourut en 1929.

On devrait consulter :

http://www.commune1871.org/?Des-communards-a-l-Academie

Et qu’il me soit permis de saluer, moi aussi, Achille Le Roy, mon prédécesseur ès candidatures académiques farfelues et inoubliables.

Vive Achille Le Roy, le communard, cégétiste et déporté en Nouvelle-Calédonie !

Je renvoie à cette lecture indispensable :

http://fr.scribd.com/doc/50594441/Olivier-Mathieu-a-ete-elu-a-l-Academie-francaise

Olivier Mathieu

HENRI DUPARC (1848-1933)

L’INVITATION AU VOYAGE (Charles Baudelaire)

https://www.youtube.com/watch?v=Ck9geoxCGkc

Chant : Gérard Souzay, piano : Jacqueline Bonneau.

*

Le poème en entier :

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir

Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.


Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

*

Le style de Gérard Souzay, qui avait l’avantage de bien articuler, ce qui n’est pas le cas de tous les chanteurs et chanteuses (y compris des natifs), n’eut pas l’heur de plaire à certain. C’est ainsi que le jargoneux mao-homo-structuro-sémiotiste, le plaisantin de Tel Quel, le fumiste professeur au Collège de France, le totalitaire Barthes, plus connu comme étant Le Degré Zéro de l’Écriture, énonçait dans Mythologies :

« …L’esprit mélodramatique, dont relève l’interprétation de Gérard Souzay, est précisément l’une des acquisitions historiques de la bourgeoisie : on retrouve cette même surcharge d’intentions dans l’art de nos acteurs traditionnels, qui sont, on le sait, des acteurs formés par la bourgeoisie et pour elle. »

Pauvre homme ! Dire que ce fut un mandarin (sans jeu de mot) en son temps !

Souzay est encore là et toi tu n’es plus rien… toi le simple « amateur de signes » (cf. « Sémiologie et Urbanisme »)… Insigne ou indigne ? Question ouverte.

*

SÉRÉNADE (Gabriel Marc)

https://www.youtube.com/watch?v=ksP7ALaJHac

Chant : Léopold Simoneau, piano : Alan Rogers (1955).

*

Gabriel Marc (1840-1931) poète et critique d’art, en voilà d’un oubli, même de ceux qui s’intéressent à la (vraie) poésie du XIXe siècle. Ce dernier se retrouve parmi les quatre-vingt-dix-neuf poètes du Parnasse contemporain édité par l’irremplaçable Alphonse Lemerre. Cinq de ses poèmes se retrouvent dans les volumes deux (1871) et trois (1876) de cette somme parnassienne.

De par les notices de la BNF le concernant, on voit qu’il a été mis en musique par d’autres musiciens (dont Louis Diémer, pianiste, professeur au Conservatoire de Paris, compositeur, écrivain, redécouvreur du clavecin, fondateur de la Société des instruments anciens) et qu’il a consacré une partie de son activité éditoriale à ce qui devait être sa contrée d’origine : l’Auvergne. Il a écrit divers recueils de poésie, des contes, des Salons, des œuvres de théâtre.

*

Le poème :
Si j’étais, ô mon amoureuse,
La brise au souffle parfumé
Pour frôler ta bouche rieuse,
Je viendrais craintif et charmé.

Si j’étais l’abeille qui vole,
Ou le papillon séducteur,
Tu ne me verrais point, frivole,
Te quitter pour une autre fleur.

Si j’étais la rose charmante
Que ta main place sur ton cœur,
Si près de toi, toute tremblante,
Je me fanerais de bonheur.

Mais en vain je cherche à te plaire,
J’ai beau gémir et soupirer.
Je suis homme, et que puis-je faire ?
T’aimer … te le dire… et pleurer !

(in Soleils d’Octobre, poésies ; Lemerre, 1869)

*

LAMENTO (Théophile Gautier)

https://www.youtube.com/watch?v=4cEHNCZW1X0

interprètes inconnus.

*

Le poème en entier :

Connaissez-vous la blanche tombe
Où flotte avec un son plaintif
L’ombre d’un if ?
Sur l’if, une pâle colombe,
Triste et seule, au soleil couchant,
Chante son chant.

Un air maladivement tendre,
A la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal,
Et qu’on voudrait toujours entendre,
Un air, comme en soupire aux cieux
L’ange amoureux.

On dirait que l’âme éveillée
Pleure sous terre à l’unisson
De la chanson,
Et du malheur d’être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.

Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir ;
Une ombre de forme angélique
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.

Les belles-de-nuit, demi-closes,
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras :
Tu reviendras ?

Oh ! jamais plus, près de la tombe
Je n’irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Écouter la pâle colombe
Chanter sur la branche de l’if
Son chant plaintif !

*

Autre Lamento du même Théophile, mis en musique par Pauline Viardot, mais jamais enregistré que je sache :

Lamento
La Chanson du Pêcheur

        Ma belle amie est morte :
Je pleurerai toujours ;
Sous la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m’attendre,
Elle s’en retourna ;
L’ange qui l’emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort est amer !
Ah ! sans amour, s’en aller sur la mer !

        La blanche créature
Est couchée au cercueil.
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil !
La colombe oubliée
Pleure et songe à l’absent ;
Mon âme pleure et sent
Qu’elle est dépareillée.
Que mon sort est amer !
Ah ! sans amour, s’en aller sur la mer !

        Sur moi la nuit immense
S’étend comme un linceul ;
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah ! comme elle était belle
Et comme je l’aimais !
Je n’aimerai jamais
Une femme autant qu’elle.
Que mon sort est amer !
Ah ! sans amour, s’en aller sur la mer !

UN PETIT EXEMPLE ANCIEN DE CE QU’A TOUJOURS ÉTÉ LEDIT SOCIALISME

Une gazette du 28 janvier 1936.

Je précise que dans le texte suivant les initiales « R.P. » désignent la « Représentation Proportionnelle ». Je suppose qu’un groupe trans-partis s’était constitué pour la mise en place de cette (saine) réforme.

 0102

Nous sommes en 2015 et l’on attend encore !!!

Mais qu’attendre (de bon) de la mélasse socialiste ?!

bis

CARICATURE DE LA FIN DES ANNÉES TRENTE du temps où le dit Parti Socialiste était plus connu sous le vocable de Section Française de l’Internationale Ouvrière. La “èssèfiyo”. 

Il s’agit de la Deuxième Internationale à forte composante social-démocrate qui de fait prit fin suite à la Guerre de Quatorze où la plupart des socialistes virèrent nationalistes et bellicistes tant en France qu’en Allemagne. Parmi les membres hostiles à la guerre on retrouve toute l’aile gauche internationaliste qui en Allemagne fut exterminée par un gouvernement social-démocrate.

Avec ses lunettes et sa moustache : Léon Blum en cheval. Ce dernier qui fut président du Conseil lors du Front Populaire s’est particulièrement illustré en refusant d’aider les républicains espagnols pendant la guerre civile d’Espagne. Ce qui est dans la logique des reniements perpétuels des « socialistes » qui en font les meilleurs alliés de la réaction.

Donc, rien de nouveau sous le Soleil !

*

P.S. En Trente-Six, ce sont la grève générale et les quarante jours d’occupations d’usines qui ont permis à la classe ouvrière d’arracher quinze jours de congés payés qui ne doivent pas grand chose à la caste politicarde qui craignait le pire pour ses os, d’un bord comme de l’autre. Et s’il y eut la Débâcle consécutive à une Drôle de Guerre déclenchée par les gouvernements anglais et français, c’est bien en partie parce que les classes populaires n’avaient pas envie de vivre ou de revivre Quatorze. Une sorte de grève des armes et de défaitisme. Combien furent faits prisonniers dans leur propre caserne, sans même chercher à combattre ?! « Se faire casser la gueule, pour qui ou pour quoi ? » Tandis que les gens à la bourre, les retardataires à rejoindre leur casernement, volontaires ou non, n’eurent pas à subir les camps de prisonniers en Allemagne.

BRÈVES ET DIVERS CHARLIESQUES

La racaille sioniste et suprémaciste petite-blanche est en prêche* éructatoire en Suisse où se tient actuellement la cirque-conférence annuelle sur les Droits de l’Homme blanc et sioniste, financé par Quilonsait.

On y rencontrerait d’inénarrables crétins tels le chansonnier sarköziste pleurnichard Val-Lanar et la banderiste hystérique et gauchiste Foutre-Reste, deux charlesques convaincus (en un ou deux mots).

L’avocat du torchon « irresponsable » (mais quand même pas trop, lorsqu’il s’agit de gérer du pognon) et bien connu (du moins maintenant) entendrait porter plainte contre une certaine feuille dénommée Charpie Hebdo.

Les charlots qui ont déjà le monopole de la liberté d’expression octroyé par l’État des copains et des coquins (voir le sort présent et à venir réservé aux dits « antisémites »), c’est-à-dire l’insulte, le vomi, l’injure réservés, entendraient également avoir le monopole de la parodie (et du détournement), et qui sait de la décence.

On a déjà connu, il y a quelques années, ces mêmes crétins de bas-étage faisant campagne pour faire interdire un parti, certes peu reluisant, mais pas bien différent du PS, de l’UMP ou du Front de Gauche, sur le fond ou plutôt le front général d’esprit d’intolérance.

Ces minables, qui font rire de concert les beaux beaufs et les beaufs tout courts, viennent de renaître de leur néant critique et artistique, après un long mois d’études incertaines.

« Charlie Hebdo… c’est reparti ! » Tu l’as dit bouffi ! Toujours aussi nul, mais plus circonspect.

À voir sa une (dessinée par Luz, qui je le répète n’est pas une lumière bien qu’il fût l’amant de Charb qui marchait comme lui à voile et à vapeur), il en ressort qu’ils ont bien compris la leçon : On y remarque en tête de manif grotesque, probablement de Manif pour Tous, Sarközy dont plus personne n’a rien à foutre, la Le Pen en cochonne, une sorte de terroriste anonyme (mais je doute qu’il s’agisse d’un banderiste ukrainien) et… le Pape. Le tout courant derrière un chien (« irresponsable » au dire des crétins charlesques) tenant dans sa gueule le journal béni du Diable.

Le petit hebdo s’est donc largement « recentré », refranchouillardisé, du moins à la une de ce numéro. Comme les cathos et la Le Pen ne risquent pas de leur envoyer quelques charges d’ironie réellement mortifères, ça ne craint pas beaucoup ! Et que je ne vois pas Muhammad ; et que je ne vois pas de rav, ravi ou non ?

Petite anecdote que je crois avoir déjà évoquée. J’ai lu après l’incident charlesque (« incident », oui ! on peut se moquer de tout, et on doit se moquer de ceux qui ont la prétention d’en faire leur petit ou grand, mais surtout pitoyable commerce) sur un site dédié à la Russie qu’un anonyme d’Internet russe, qui venait de découvrir les charlots, s’était indigné du fait que la besogne avait été exécutée par des musulmans (plus ou moins exotiques) et non pas par des chrétiens (de souche européenne). Encore un déçu de la France !

Mais revenons à la bouillie « conceptuelle » du dessin. Sarközy et les terroristes libyens, certainement. La Le Pen et les terroristes sionistes, bien évidemment, mais guère plus que Charlie. Par contre, quoi qu’on pense du catholicisme et/ou de l’islam, je doute que le Pape et la Manif pour Tous fassent réellement cause commune avec… le terrorisme.

Le plus drôle, si l’on peut dire est que le Sarko, la Le Pen et le Pape sont tout trois sionistes. Où plutôt, on comprend mieux cet acharnement qui ne relève que de la sordide concurrence politique. « Nous charlots, sommes tout autant sionistes que vous », voilà le message final.

Vous pensez que je délire ?! Certes non ! puisque actuellement en Palestine occupée les je suppose bouillons (sans doute achetés en gros ou offerts), du numéro dit « des survivants » servent de tract de propagande pour un parti de l’extrême extrême-droite sioniste !!!

Comme l’écrit en toutes lettres l’agent de promotion des charlots, Info-Presse : « Sa ligne éditoriale communément admise est de gauche ». Généralement admise… Je ne sais ce qu’en pensent les naïfs « de gauche » nouveaux abonnés du canard qui forment quelle part ? on l’ignore, des 250.000 selon certains chiffres, 125.000 selon d’autres, actuels abonnés du torchon, pour 5.000 irréductibles d’avant les z-événements.

C’est Info-Presse qui dit encore :  » Selon Charb, la rédaction du magazine reflète en effet « toutes les composantes de la gauche plurielle, et même [Jésus, Marie!] des abstentionnistes ».” « S’il fustige plus volontiers [sic] les idées et hommes politiques de droite, il n’est guère complaisant avec les partis de gauche, qu’ils soient de gouvernement ou non. » C’est pourquoi la feuille effectue de dites enquêtes « sur des domaines comme les sectes [mais pas la franc-maçonnerie], l’extrême droite [somme de tous les maux de la Terre et responsable de la mauvaise marche du Monde, sauf en Ukraine, comme chaque « de gauche » en semble persuadé], le catholicisme [moribond], l’islamisme [non ! l’islam et les arabes ; comme la Le Pen], le judaïsme [mais en termes feutrés et choisis] ». Cela dit, je ne vois nulle part « la satire acharnée du capitalisme, du colonialisme et du sionisme », même si quelques petits dessins parfois… mais j’en reparlerai.

Difficile de se faire une idée du montant du pactole de ceux qui à la fin de 2014 mendiaient aumône. On évoque treize millions d’euros en caisse (dons divers dont un de l’État, un autre d’une feuille anglaise, un autre de Google le censeur). Pas mal pour un quasi failli. Moins les dons des particuliers (un million d’euros environ) réservés « aux familles ». Le gouvernement est en train de magouiller « un truc » pour transformer des dons à Charlie en dons aux héritiers des charlots morts.

Joli pactole qui, une fois épuisé, ramènera Charlie à son point de départ, je veux dire : de départ définitif. Du moins je l’espère. Mais en attendant, les salariés du torchon ont prévenu : « Ne nous refaites pas le coup des juteuses caricatures, où tout le pognon est passé dans les poches des actionnaires ; et en particulier dans celle de l’anticapitaliste et partageux Charb ! »

Si la vente au numéro hebdomadaire est de trois euros, les tarifs et les durées d’abonnement semblent divers. Le support également (papier ou numérique). Ainsi on peut trouver trois mois d’abonnement à 24 euros, six mois à 55, douze mois à 96, vingt-quatre mois à 185. Info-Presse propose quant à lui, des « abonnements de soutien avec réduction » ! Sic. C’est nouveau, ça vient de sortir ! Mais même au rabais, le soutien est limité : une vingtaine de mille d’abonnés réduits par Info-Presse depuis presque deux mois.

Cette même officine de « l’information libre » qui ânonne « nous sommes Charlie » en exergue, clame qu’un abonnement de soutien est « une réponse forte aux assassins qui n’acceptent pas la liberté de la presse et notre liberté de penser ». Il faut être assez gonflé pour oser écrire ça quand on voit la veulerie quotidienne et le conformisme immense de presque tous les media écrits ou audio-visuels.

On a même droit à des phrases telles que :  » pour que ce symbole de la liberté d’expression ne disparaisse jamais » et plus fort encore : « Abonnement Charlie-Hebdo obligatoire pour chaque esprit libre et libertaire ». Là, on est carrément chez les mabouls ! L’esprit libertaire de Charb, un stalinien ! L’esprit libertaire d’une feuille sioniste ! D’une feuille partisane de la répression, de l’interdiction ! Voir, parmi d’autres choses, les caricatures sur Dieudonné, ou l’affirmation de son ancien patron sur la loi Fabius-Gayssot, etc.

Personnellement je suis pour que ce symbole de la fausse rébellion, de la déconfiture et faillite totale de ladite gauche, du conformisme dominant et de la propagande d’État, et surtout de l’intolérance imbécile, disparaisse à tout jamais ; et de préférence dans d’affreuses souffrances (financières) en mettant une fois pour toute la clef sous la porte, et sur la paille ses crétins sans talent d’aucune sorte. « En tant qu’esprit libre et libertaire » (sic) je conchie cette ordurerie dont on ose nous dire qu’elle serait libertaire et libre !

Enfin j’oubliais de rappeler que le Charlie d’après la fusillade a finalement (ou aurait finalement, on ne le saura jamais vraiment) été tiré à sept millions d’exemplaires. Et que celui qui est sorti hier l’a été à deux millions et demi. Mais les kiosqueux (donc plus d’un, soit dit en passant, a fait don le mois dernier de ses bénéfices de vente de la feuille) attendent encore la ruée, les queues, ou ne serait-ce qu’un début de léger frémissement des gogos.

Le scandale médiateux est déjà mort. Le spectacle est clos dans l’attende d’un improbable second épisode bien juteux, bien sanglant. Et Charlie est propre sur lui. Il suffit de consulter, même à la va-vite, sa page d’accueil sur Internet quasiment mielleuse (cher abonné, cher ami ; même plus capable d’insulter ses soutiens) pour se rendre compte qui a perdu jusqu’à l’esprit réellement provocateur d’autrefois.

La boucle est donc (spectaculairement) bouclée… D’un extrême à l’autre. Et en passant par pratiquement toutes les nuances politicardes.

Pauvre Monde, tu vas très mal !

* À l’origine le mot « prêche » a été employé par les protestants pour se distinguer des catholiques qui faisaient des sermons et autrefois même des concions. Le mot « prêche » convient donc parfaitement à la religion des droits-de-l’homme aux forts relents de prédestination suprémaciste réformée. Que cette grand-messe helvétique soit financée par le sionisme mondialiste est la preuve éclatante que l’expression « droits de l’homme » n’est qu’un simulacre, un avatar de pensée talmudique destiné à l’édification obligée des goyim.

OPUS DE COMPOSITEURS CLASSIQUES BRETONS (huitième série)

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*

Marie, Paul, Achille, Auguste Le Flem (Radon, le 18 mars 1881 ; Tréguier, le 31 juillet 1984 soit vingt ans après la mort de son épouse).

L’œuvre de Paul Le Flem se divise en gros en trois périodes : la jeunesse (1905-1920), la maturité (1936 aux années cinquante) et la vieillesse (jusqu’en 1975 où la cécité mit une fin obligée à sa musique).

C’est Guy Roparz qui donna le déclic à qui au départ s’était formé seul et sur la tas. Puis Paul Le Flem fut de l’école de Vincent d’Indy, mais il a toujours dit que le choc musical de sa vie fut la découverte de Debussy (qui à l’époque n’était pas reconnu), le tout sur un fond de musique populaire et religieuse bretonnes. Sans oublier la part belle accordée aux éléments naturels, ou encore le recours un certain nombre de fois aux styles et modes anciens (du XVIe siècle en particulier). Le Flem était également licencié en philosophie.

Pour lui aussi comme pour Ladmirault précédemment évoqué, la Guerre de Quatorze fut une énorme cassure si bien qu’il ne produisit rien, ou presque pendant la guerre, puis bien au-delà jusqu’en 1936 date à laquelle il reprit sa vraie vocation de créateur; son temps étant pris jusque là totalement par ses gagne-pain, son activité de professeur et de chef de chœur, dirigeant notamment les Chanteurs de Saint-Gervais seule chorale parisienne à exécuter les œuvres des maîtres anciens, et celles de collaborateur de diverses revues, en premier lieu Comoedia en tant que critique musical, où il fit découvrir bon nombre de compositeurs du XXe siècle.

La Médiathèque Musicale Mahler conserve les archives du musicien. Le catalogue de celles-ci nous montre qu’il collabora non seulement à Comœdia de 1921 à 1959 (après 1936, ce journal et revue ont connu des interruptions) mais également à L’instrumental, journal des conservatoires, théâtres, concerts, musiques militaires de 1934 à 1939, aux Heures de Paris, l’hebdomadaire du spectacle de 1937 à 1939, à la Confédération Musicale de France de 1950 à 1958, mais aussi à Paris-Midi de 1941 à 1943, au Réveil du Peuple de novembre 1940 à janvier 1941, à Rollet (revue dont j’avoue ne rien connaître ni ne rien trouver nulle part) de 1952 à 1957, ou encore à La Bretagne de 1942 à 1957, à Tel Quel de 1946 à 1948, au Courrier du Léon et du Tréguier en 1954, au Progrès de Cornouailles en 1954, aux Lettres Françaises en 1962, plus d’autres encore non identifiés.

Ajoutons qu’il participa à d’innombrables chroniques et causeries radiophoniques à Radio PTT, Radio Paris, Radio Coloniale, Radio Nationale de 1935 à 1952, et qu’il dirigea des concerts de la maîtrise de la Radio nationale de 1952 à 1961. Il accepta également des responsabilités au sein de la Sacem et prendra en 1968 la présidence de la Société Nationale.

Pris au hasard d’Ouest-Éclair :

le six février 1936 :

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le 25 février 1936 :

003

28 février 36 :

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Ouvert à tous, et très éclectique, tel fut le fond de la pensée musicale de Paul Le Flem qui sur le tard se risqua même dans la musique atonale. On a l’impression à l’écouter qu’il aurait inversé la logique des choses humaines, pour le dire en peu de mots : grande nostalgie de jeunesse, grande verve de vieillesse, et entre les deux ouvertures variées d’âge mûr.

Pour me répéter : par bien des côtés, sa musique en son ensemble est une sorte de résumé de la première partie (et plus encore) de la musique classique du XXe siècle, non sans des clins d’œil aux musiques du passé ou à la musique populaire bretonne (thèmes et modes).

À la différence de certains compositeurs qui n’ont pas été « mis en disque », Paul Le Flem est de plus en plus mis sur disque (enfin !) ; mais comme certains compositeurs « mis en disque » on ne peut pas toujours l’écouter sur Internet à cause des droits d’auteur, d’éditeur, d’interprète (dont le côté absurde n’est pas absent puisque, par exemple, des différences de législation font que certains pays peuvent diffuser librement des enregistrements de compositeurs français quand les français en sont privés). En bref, il existe quelques morceaux de Paul le Flem sur Internet.

Il y en aurait plus ici si je savais retranscrire sur Internet ce que je possède en disque. Personnellement, je suis pour la liberté de diffusion de l’art avant même qu’il ne tombe dans le domaine public (ainsi donc de mes propres écrits) aux seules conditions de ne pas en tirer profit financier, de ne pas dénaturer les œuvres, de donner ses sources (quand on les connaît !) et disons, puisqu’on est dans le domaine musical, de rendre à Franck ce qui appartient à César. D’ailleurs l’Art n’est qu’emprunts mutuels et traditions constamment régénérées et en devenir.

Je ne parle pas des dégénérés et autres escrocs qui ont la prétention d’ignorer le Passé, le Métier, la Construction, la Qualité, la Rareté, la Beauté et le Désintéressement, et qui constituent une bonne part de la lamentable marchandise publicitaire du triste spectacle « artistique » dit contemporain, à l’avenant de la décadence généralisée à tout domaine. Et pour ce qui nous occupe de la négation des fondements même de l’Art, des arts. Mais, il y déjà longtemps que la critique en a été faite. Et non pas spécialement par de dits réactionnaires !

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PREMIÈRE « MANIÈRE » :

1/ Quintette en mi mineur (1910)

1er mouvement: Lent – Modérément animé

https://www.youtube.com/watch?v=vSxGTFnGPoc

2e mouvement : Lent

https://www.youtube.com/watch?v=su6a6IjjKiQ

3e mouvement: Modérément animé

https://www.youtube.com/watch?v=XvsOsw7vBks

Monique Mercier, piano et Quatuor Parrenin. Quatuor fondé en 1944 plusieurs fois recomposé, il réunit depuis 1980 Jacques Parrenin premier violon, John Cohen second violon, Jean-Claude Dewaele alto, René Benedetti violoncelle.

Radio-France le 5 janvier 1981.

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Deux pièces pour piano : « Avril » (1912) et « Le Vieux Calvaire » (1910) [à partir de 6’20 »].

https://www.youtube.com/watch?v=FjyrRserJYY

Par Armand Bex.

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Fantaisie pour piano et orchestre (1911)

https://www.youtube.com/watch?v=ie0nnkty-Do

Pianiste : Annie D’Arco.
Orchestre du Théâtre de Rennes, direction Michel Leconte.

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DEUXIÈME « MANIÈRE »

Ouest-Éclair du 11 janvier 1941 :

09*

Symphonie n°2 (1958)

https://www.youtube.com/watch?v=EUvqCQEsBSo

JE NE SUIS NI BARBERINI, NI BERNINI, MAIS JE SUIS UNE SORTE DE BARBARE PETIT-BLANC D’EUROPE

On a les supporteurs que l’on mérite, n’est-ce pas les charlots…

J’apprends incidemment que pour recevoir l’équipe de balle-au-pied de l’A.S. Roma, les supporteurs de Feyenoord (Rotterdam) envisageaient de se munir du tricot suivant :

Je suppose que ce n’est pas vraiment dans un souci de mettre au pinacle le patrimoine culturel de la vieille Europe. En effet, ce linge est illustré par la reproduction de la célèbre fontaine La Barcaccia.

Cette Barcaccia, que l’on pourrait traduire par Barquette, ou mieux Barcasse (pris dans son sens péjoratif), est le nom de la fontaine qui se trouve au centre de la Piazza di Spagna de Rome. Celle-ci, de plus pur style baroque, fut édifiée à compter de 1629, suite à une commande du pape Urbain VIII, par Pietro et Gian Bernini, le père et le fils. Ornée à ses extrémités des soleils et des abeilles du blason des Barberini, la famille florentine du pape commanditaire, symboles fort païens. Son eau reçoit de nos jours encore, autre entorse païenne au catholicisme ambiant, des piécettes en offrande votive que les chenapans romains, je suppose, se chargent de subtiliser pour leur propre usage.

Il faut savoir enfin que cette sculpture est en forme de barque échouée qui prend l’eau. Il s’agit de l’évocation de la grande inondation de Rome de 1598, lorsque le pape de l’époque, Clément VIII, avait dû traverser la place totalement prise par l’eau du Tibre dans une barque, une mauvaise barque.

On me dit que des androïdes hollandais alcoolisés ont précédemment dévasté la Place d’Espagne causant même quelques dommages à cette fontaine vénérable. 

Je ne traduis pas le charabia d’apparence anglaise et je m’en tiens seulement au « slogan » initial : Je suis Foutain.

J’ai un peu de mal à comprendre le sens exact de l’allusion (une simple blague, énoncent les plus ambigus). Sa subtilité. Veut-elle dire : on vous attend pour vous briser. Ou bien : la barque romaine prend l’eau. Ou encore : on va vous réserver le sort fait à Charlie Hebdo (mais, c’est pour « de rire »). Car il me semble que le « je suis » est une allusion assez évidente au « je suis Charlie » mondialisé. Ou à l’inverse, n’est-ce pas une manière de dire que les petits-blancs du Noordland vont fiche la pâtée aux romains, ces méditerranéens, vous savez ces « demi-métèques » de l’Europe méridionale, des quasi musulmans maghrébins pour ces incultes.

J’y vois surtout que les charlots de Charlie ont de jolis supporteurs. À moins que, à moins que… mais j’en doute fortement, les voyous néerlandais n’aient voulu rendre un hommage à Justo. Je veux dire à Just Fontaine du grand OGC Nice et du grand Stade de Reims (en compagnie de Kopa et de Piantoni), de la Coupe du Monde suédoise (où il marqua treize buts, record jamais égalé en une seule coupe du monde), qui fut champion du Maroc, champion d’Afrique du Nord, champion de France plusieurs fois, etc. Et deux fois vainqueur du Trophée des champions en 1958 et 1960 avec Reims. Mais à la carrière malheureusement écourtée à cause d’une grave blessure.

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Les treize buts de 1958 :

https://www.youtube.com/watch?v=svVA7JiHUFQ

Ou en version plus courte (incomplète) mais remise à neuf :

https://www.youtube.com/watch?v=74Z6ysO7GzQ

ANNEXE À SUIVRE

"Les catholiques, citoyens de seconde zone en France.

. Lundi soir, François Hollande, président de la république, était l’invité d’honneur du dîner annuel (à 900 euros par personne) du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Durant son discours, François Hollande s’est longtemps apitoyé sur la profanation du cimetière juif de Sare-Union. Il a longuement insisté sur le fait que les auteurs de ce saccage étaient des “ Français de souche ” mais il ne s’est pas souvenu que l’un d’entre-eux était un militant “ antifasciste ” notoire.

. Le président de la république n’a pas non plus estimé utile de faire la moindre allusion aux tombes chrétiennes profanées et aux crucifix arrachés des stèles à Tracy-sur-Mer, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse ou à Saint-Beat.

. Pour la seule année 2014, le ministère de l’Intérieur a recensé des actes de profanation dans 206 cimetières chrétiens, 6 cimetières juifs et 4 carrés musulmans. Mais les tombes chrétiennes n’intéressent ni les élites politiques ni les journalistes.

D’ailleurs, pour le député socialiste et ex-ministre Michèle Delaunay, “ il n’y a pas de cimetières catholiques ”.

. Du 1er janvier au 15 février 2015, nous avons relevé au moins 45 lieux de culte catholiques profanés !

Le 3 février 2015, Vivette Lopez, sénatrice du Gard et maire de Mus, posait une question écrite au Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve à propos de la recrudescence des profanations des lieux de culte chrétiens et notait : “ (…) les statistiques gouvernementales en la matière indiquent que la religion catholique est bien largement la plus visée par les insultes et attaques que toutes les autres confessions”. Aussi, la sénatrice souhaitait connaître “les dispositions qu’entend mettre en œuvre le gouvernement afin de condamner fermement tout acte perpétré contre les lieux de culte chrétiens ”. La réponse risque de se faire attendre…
. N’est-ce pas le Premier ministre Manuel Valls qui a déclaré que “ le départ de 100.000 juifs infligerait un coup plus dur à la France que celui de 100.000 chrétiens ” (propos rapportés dans Libération du 22 janvier 2015 par l’écrivain israélien Yehoshua) ?

. Et quand François Hollande s’émeut de “ l’assassinat sauvage de 21 ressortissants égyptiens, otages de Daech en Libye ”, il ne croit pas utile de relever qu’ils étaient coptes, donc chrétiens, et que c’est pour cette raison qu’ils ont été décapités.

. Combien de temps encore faudra-t-il que les catholiques de France subissent ce mépris éhonté de la part des “ élus de la Nation ” ?

Alain Escada, président de Civitas."

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– Ajoutons encore que Hollande s’émeut de cet assassinat en Libye, ce qui ne lui coûte rien, mais qu’il n’a absolument pas contesté en son temps le "bien fondé" sarkoziste de mettre la chienlit en Libye. Ces coptes assassinés et qui n’ont pas fait le tour du Monde sous le slogan "je suis copte", ont été assassinés dit-on en représailles à l’assassinat (réel ou supposé) de l’agent de la CIA, membre du féodalisme arabique et ami de Bush père, Bin Laden !

– Valls : quand on vous dit que c’est réellement une ordure !

– Pour être complet dans le tableau des méchants et des attardés j’ai oublié de signaler les musulmans et les catholiques (anti-socialistes donc antisionistes donc "antisémites" en puissance) qui ont été le fer de lance des Manifestations pour Tous qui semblent avoir fait reculer, pour un temps seulement je le crains, les visées "genro-pédagogiques" des dégénérés qui nous gouvernent. Petite remarque édifiante : la Le Pen pourtant toujours prompte à récupérer certains mouvements a brillé par son absence lors de ces manifestations-là. Normal quand on est "la Madone aux pédés" comme l’a dénommé un spécialiste en la matière, le neveu de Tonton.

L’union sacrée des militants "laïcards (et autres francs-maçons) – protestants – juifs" ne date pas d’hier, j’en reparlerai.