Amalia Rodrigues — Fado
paroles : Amalia Rodrigues – musique : Alfredo Marceneiro
https://www.youtube.com/watch?v=dKvcm2QV9tA
Foi por vontade de Deus
Ce fut par volonté de Dieu
Que eu vivo nesta ansiedade,
Que je vis en cette anxiété,
Que todos os ais são meus.
Que tous les hélas sont miens.
Que é toda a minha saudade,
Que c'est toute ma nostalgie,
Foi por vontade de Deus.
Ce fut par volonté de Dieu.
*
Que estranha forma de vida
Quelle étrange forme de vie
Tem este meu coração :
Tient ce cœur mien :
Vive de vida perdida.
Il vit de vie perdue.
Quem lhe daria o condão?
Qui lui donna ce don ?
Que estranha forma de vida
Quelle étrange forme de vie.
*
Coração independente,
Coeur indépendant,
Coração que não comando,
Coeur que je ne commande pas,
Vives perdido entre a gente,
Tu vis perdu parmi les gens,
Teimosamente sangrando
Obstinément saignant.
Coração independente
Coeur indépendant.
*
Eu não te acompanho mais :
Moi, je ne t'accompagne plus :
Pára, deixa de bater
Pour ce, cesse de battre.
Se não sabes onde vais,
Si tu ne sais où tu vas,
Porque teimas em correr ?
Pourquoi tiens-tu à courir ?
Eu não te acompanho mais
Je ne t'accompagne plus.
*
Se não sabes onde vais,
Si tu ne sais où tu vas,
Porque teimas em correr ?
Pourquoi tiens-tu à courir ?
Eu não te acompanho mais
Moi, je ne t'accompagne plus...
Feu Alex(andre) Métayer :
L’homme de gauche
https://www.youtube.com/watch?v=DDI1290d00I
*
Feu Bernard Haller :
Le pianiste
https://www.youtube.com/watch?v=HzpaxNhhLdo
*
Judka Herpstu dit Popeck :
Seins nus sur la croisette
J’ai parlé hier, sur le blog de Jean-Pierre Fleury, de l’actrice Caroline Cartier.
Force est malheureusement de constater que, sur Internet, les renseignements que l’on trouve au sujet de l’actrice sont très peu, trop peu nombreux, et souvent contradictoires ou tout simplement faux. On peut souvent en dire autant, sur Internet, de nombre de pages de l’encyclopédie du « savoir », Wikipédia, pleine d’erreurs, d’approximations ou de choses manifestement fausses.
Prenons aujourd’hui l’exemple de Caroline Cartier, délicieuse actrice décédée en 1991, et qui mériterait certainement mieux. Et essayons d’établir, ou d’esquisser, une véritable biographie d’elle.
Selon les informations que l’on trouve sur Internet, elle était née en Avignon le 7 décembre 1948 et décédée à Colombes le 9 août 1991. Déjà, ces informations (quant à la date de son décès) sont à prendre avec des pincettes. De nombreux sites la déclarent en effet morte non pas le 9, mais le 8 août 1991.
Mais il y a beaucoup plus étonnant dans les approximations que l’on trouve sur Internet, au sujet de Caroline Cartier. Des dizaines de sites disent en effet qu’elle a joué dans des films sous le nom de « Caroline Car ». De toute évidence, ces sites se sont recopiés les uns les autres. « Caroline Car » n’existe pas, il s’agissait de Caroline Cartier.
Elle était née semble-t-il sous le nom réel de Geneviève Marie Charlotte Jacqueline Baillaut :
http://www.lesgensducinema.com/biographie/CartierCaroline.htm
Mais c’est sous le pseudonyme de Laura Sylvestre, je crois, qu’elle avait participé à un tout premier film, « La Trêve », de Claude Guillemot, daté de 1968 et qui eut une distribution tellement confidentielle qu’il passa inaperçu.
Caroline Cartier y interprète le rôle de Laura. Elle a juste vingt ans quand elle participe au tournage, du 15 juillet au 5 septembre 1968. J’ignore quelles études de cinéma elle avait faites. Peut-être était-elle autodidacte.
Les acteurs de « La Trêve » (Cinémathèque française, référence du film : CJ1488-B193) étaient Daniel Gélin, Charles Denner, Virginie Vignon, Jean Mondain et Caroline Cartier (mais je le répète, pas « Caroline Car », comme le prétendent des dizaines de sites Internet). Dans le film, Caroline Cartier est la petite amie d’Arno (Daniel Gélin, 1921-2002).
La filmographie de Caroline Cartier – comme on peut la reconstituer en consultant les informations disponibles ici ou là sur Internet – peut ensuite s’établir plus facilement :
Reste à élucider un point infiniment douloureux. Caroline Cartier est décédée très jeune. Elle avait à peine dépassé l’âge de quarante ans et ses dernières photos la montrent, me semble-t-il, précocement vieillie. Pendant les années 1980, aussi, elle avait de toute évidence presque cessé (entre 1980 et 1987) de tourner des films.
On la déclare « morte de mort naturelle » sur un site qui indique aussi quel serait le numéro de son acte de naissance (n° 1627 / 1948, Avignon) :
http://www.lesgensducinema.com/affiche_acteur.php?nom=CARTIER%20Caroline&from=dvdtoile
Tandis qu’une autre source (dont je n’ai toutefois pas pu vérifier l’authenticité, et que je n’ai pas pu non plus recouper indique qu’elle se serait suicidée :
http://requiemforjeanrollin.blogspot.fr/2008/09/jean-rollin-collaborators-caroline.html
Faut-il vraiment croire que Caroline Cartier se serait suicidée à Colombes, pendant l’été de 1991, un peu comme un autre jeune acteur talentueux, Simon de la Brosse, qui se suicida dans la même banlieue parisienne mais sept ans plus tard, le 17 avril 1998 : http://www.liberation.fr/culture/1998/04/24/suicide-de-simon-de-la-brosseacteur-chez-techine-ou-rohmer-il-avait-33-ans_233913
Dans La Nuit des horloges, film de Jean Rollin (2007), on a revu des images anciennes de Caroline Cartier. Une boucle se bouclait puisque la jeune Caroline Cartier avait déjà été dirigée par le même Jean Rollin, en 1970, dans La Vampire nue.
Caroline Cartier est probablement morte le 8 août 1991 : par un curieux hasard, c’est le 8 août 1970 qu’elle avait aussi achevé le tournage des « Petites filles modèles » (tournage commencé le 6 juillet 1970).
En 1978, à la radio, la publicité des Petits câlins, un film de Jean-Marie Poiré dans lequel avait joué Caroline, disait : « Maintenant ce sont les filles qui draguent ».
Et avec Caroline Cartier, comme avec l’à jamais jeune Simon de la Brosse, c’est l’innocence des années 1960 et 1970 qui s’en allait pour toujours.
Olivier Mathieu.
L’article « La réalité est plus forte que la télé-réalité » m’a inspiré ce texte.
GINGER ET FRED (1986) — Giulietta Masina et Marcello Mastroianni dans le film parodique, sarcastique et désabusé de Fellini montrant déjà les travers, pour ne pas dire le désastre et la déconfiture sui generis de la télé-réalité. De nos jours la réalité, la prégnance de l’irréalité télévisuelle a largement dépassé la fiction et … l’affliction de Fellini.
C’est au cours du tournage de ce film, son avant-dernier, que Fellini perd le procès qu’il a intenté à Silvio Berlusconi, patron de la télévision commerciale italienne, contre les coupures publicitaires durant la diffusion de films à la télévision. Le juge en bon jésuite reconnaît l’atteinte à l’intégrité artistique de l’œuvre, mais estime que les spectateurs y sont habitués ! C’est également l’époque où les « socialistes » français ouvrent la boîte de pandore des chaînes de télévision privées en accordant au groupe des Chargeurs Réunis de Seydoux et Riboud et au groupe Fininvest de Berlusconi, La Cinq, la première chaîne commerciale privée gratuite. En cette occasion, c’est rien de moins que le président du conseil « socialiste » italien qui parraine Berlusconi auprès de Mitterrand en personne. Pour réaliser ce projet, il est nécessaire que TDF installe des émetteurs au haut de la Tour Eiffel, mais ceci sans avoir à obtenir l’autorisation de la ville de Paris propriétaire du monument et dont le maire est à ce moment-là Chirac. Que cela ne tienne, les députés « socialistes » votent un amendement de loi pour rendre tout ça possible.
*
AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU (1972).
Sans entrer maintenant dans le glauque de certains films totalement décadents ou le super glauque généralement pervers et sadique de certains « films » sous le manteau qui confondraient, nous dit-on, à dessein le faire mine avec le faire pour de vrai, je voudrais dire deux mots sur « Aguirre, la colère de Dieu », film sorti en 1972.
Ce film de Werner Herzog est un film d’aventures ; c’est la quête minable de l’Eldorado au Moyen-Âge en Amazonie, à partir des Andes, avec à la tête des troupes un conquistador illuminé sanguinaire, Aguirre, doublé d’une noble potiche nommée De Guzmán (comme ledit Saint Dominique) qui en cours de route éliminent le vrai chef de troupe et ses partisans, épopée qui finalement (et contrairement aux chroniques de l’époque qui lui fait atteindre l’Atlantique) va se perdre dans les méandres sans fin de la nature amazonienne la plus sauvage.
On raconte tout un tas d’anecdotes à propos de ce film que je connaissais sous le nom de « Aguirre ou la colère de Dieu », mais le « ou » semble avoir disparu depuis du titre français. Une racontait que lors du tournage sur un fleuve dangereux du Pérou, des indiens avaient péri, noyés. Je ne retrouve plus cette histoire nulle part. Par contre, il se dit encore que l’acteur qui jouait Aguirre (Kinsky) et qui piquait des crises avec Herzog, était au moins aussi fou que le personnage qu’il interprétait, hystérique et agressif, si bien que les figurants indiens avaient fini par proposer à Herzog de le tuer réellement si nécessaire.
Avec le temps, ce film m’a laissé le souvenir de vastes espaces, d’une nature omniprésente et puissante, de violence et de folie gratuite, de musique aussi et d’un esprit baroque. Enfin, du jour où j’ai connu l’histoire ou le roman concernant ces hypothétiques noyades, je n’ai plus du tout regardé le cinéma de la même manière, du moins ce genre de cinéma à grand spectacle et écran large. J’y ai mis de la distance, de la distanciation, du froid. Je pense que c’est de ce jour que j’ai pris l’habitude de dire : oui, le cinéma, finalement, ce ne sont que des images qui bougent. « Vu comme ça, évidemment » m’a répondu un jour un cinéphile distingué, tous les cinéphiles sont distingués d’ailleurs, même sans aucun César.
*
LA GRANDE ILLUSION
Autrement dit le cinéma est une double illusion : celle du mouvement, celle de la réalité.
Pour ce qui concerne la réalité, je veux dire tout d’abord que le cinéma « artistique » ce n’est pas du documentaire, bien qu’un Jean Rouch, pour ne citer que lui, a su parfaitement confondre les deux. Ou que les amérindiens d’Aguirre faisaient la confusion, allant pour certaines scènes jusqu’à refuser de les faire ; faire mine étant déjà trop, pouvant porter malheur ou ne pas être digne. Mais avaient-il totalement tort ?
Cocorico Monsieur Poulet (1974, film franco-nigérien, réalisé et filmé par Jean Rouch).
Et je veux dire aussi que derrière les images il y a toute une autre vie, une toute autre vie d’acteurs, de figurants, d’équipe de tournage, etc. Qui est finalement la seule et vraie vie sans image, sans masque et sans médium.
*
Cependant de moins en moins sans image et sans son, bien au-delà d’un simple photographe de plateau, puisque, pour revenir à la télé-réalité qui n’est que du cinéma, la crudité, la morbidité, la barbarie des faits divers et des guerres prises sur le vif, et par tant et plus d’amateurs et autres mateurs, toute cette réalité-là est devenue monnaie courante, et pire : banalité suprême au sein de notre monde spectaculaire et foncièrement apoétique et anartistique. Inhumain.
« Où est le vrai du faux ? » d’une parole, est doublé de nos jours par : « est-ce la réalité ou du cinéma ? » d’une vision. Un peu comme ces jeux imbéciles ou pratiqués à mauvais escient, consistant à provoquer sur la rue, ou à faire causer en des espaces privés, « en caméra cachée » (autrefois on disait « caméra invisible ») quand, par ailleurs et dans le même temps, fourmille la vidéo-surveillance, qui n’est pas du cinéma, à tous les coins de rues des grandes villes.
Audio-visuel manipulable, trafiquable, montable à souhait… Ce n’est d’ailleurs pas d’hier que l’on connaît les photos-montages de propagande, mensongères ou sorties de leur conteste. Les bons et les mauvais angles de prise de vue, etc. La retouche. Les (bons et mauvais) usages divers des photos. Je ne souviens d’un livre déjà ancien sur ce sujet.
… Et ceci pour en tirer des conclusions ; les pires étant les conclusions politiques ou idéologiques. Par exemple, celle de quelques sionistes malades qui voudraient prouver que le goy n’est que haine contre l’ange de l’Élection divine. On en connaît des exemples présents qui circulent sur Internet. À ce propos : le sioniste de base ne se pose jamais la seule question essentielle : pourquoi tant de haine ? De haine… du moins à l’en croire.
*
UN STYLE CINÉMATOGRAPHIQUE
P.S. Je finissais d’écrire ce texte lorsque j’ai pris connaissance du dernier article d’Olivier Mathieu sur le film de Jacques Rozier, sensiblement de la même époque (d’espoir, encore) que celui de Rouch cité au-dessus. Je n’ai jamais vu aucun film de Rozier, je ne savais même pas que cette personne (aujourd’hui très âgée) existait. La rançon d’une époque terrible qui met au pinacle les films à gros budgets et les acteurs à scandale, et les histoires sordides, ou d’un comique sous-troupier, ou totalement ennuyeuses. Et surtout une certaine maffia cinématographique mettant en scène sa propre décadence. Si j’ai bien compris de ce qu’il en est des films de Rozier, ce dernier comme Rouch, ou encore Tati, dans le tendre et/ou le burlesque, relève du même esprit inclassable qui se situe entre l’œuvre réellement de fiction et le pur documentaire.
S’il me fallait évoquer le domaine de la littérature, je dirais que tout ceci se situe du côté du roman autobiographique ou du journal à la Léon Bloy. Et non pas du côté du feuilleton journalistique à scandale à la Zola.
Comme dans le cinéma d’avant-guerre, c’est la bande-son qui peut poser problème dans ces films à petit-budget. Et s’il me fallait regretter quelque chose, c’est que le film de Rouch à l’inverse de celui de Rozier (qui dans une nouvelle restauration a été « gonflé » dit-on de 16mm à 35 mm) demeure difficile à écouter et à comprendre, on n’est pas là dans un studio ou dans une bande-son reconstruite, mais dans le réel d’une prise de vue, et de son, brute. Mais après tout, est-ce que le son est si important dans ce film de Rouch ? Sans doute pas plus que dans les films quasi muets de Tati où le son fait partie intégrante des effets comiques.
Rozier, Rouch, Tati et combien d’autres peu connus ou inconnus, sont de même lignage et, si l’on peut dire, de même poésie. De cet esprit ou esthétique que l’on peut rencontrer aux détours de certains films dont on ne sait exactement s’ils sont des documents ou témoignages historiques ou ethnographiques, du pur roman incluant le fantastique, ou encore de l’idéologie politique et sociale.
La femme d’un chef Mangbetu présentant une déformation crânienne (in La Croisière Noire, opérateur George Specht)
Je pense ici (mais il n’est certes pas le seul) à un cinéaste oublié comme Léon Poirier (le neveu de Berthe Morisot) qui a touché à tous ces domaines, non sans les mêler parfois, lui l’auteur parmi d’autres titres de Jocelyn (en 1922, d’après le roman en vers de Lamartine) et La Brière (1924, d’après le roman d’Alphonse de Châteaubriant), La Croisière noire (1926) et Verdun, visions d’histoire (1928), ou encore L’Appel du silence (1936 sur le personnage fort controversé du père de Foucauld dont le rôle de composition est ici tenu par Jean Yonnel « de la Comédie française » né à Bucarest sous le nom d’Estève Schachmann).
Ce Léon Poirier qui déclarait, en avril 1923, dans un entretien pour Ciné Pour Tous :
« Chaque art, dès sa naissance, s’est nourri du lait de l’irréel. Or, la cinégraphie est un art qui vient de naître, plus qu’un autre, il a besoin d’irréel et c’est précisément en raison de son jeune âge qu’il faut lui donner en abondance cet aliment nécessaire à sa formation. Si vous voulez qu’il grandisse, qu’il embellisse, qu’il plaise, élevez-le donc dans la poésie – faute de quoi il risquera fort de rester mesquin comme un procédé sans que jamais lui poussent des ailes. Et qu’on n’aille pas dire que la cinégraphie étant l’art des foules, il faut la maintenir dans le domaine du vulgaire où la poésie n’a pas cours. Cette parole que j’ai entendue souvent, hélas ! est un non-sens. Oui, le cinéma est le spectacle de la masse ; oui il faut qu’il touche le plus grand nombre : c’est là sa raison d’être, c’est à cause de cela qu’il est un grand moyen d’échange de pensée, un facteur puissant de progrès moral, par-dessus les frontières sociales, économiques, intellectuelles, ethnologiques – et pour cela, justement, il ne peut s’éclairer que d’une seule lumière : la Poésie !… Enfin, nul art mieux que la cinégraphie ne peut par sa technique – non pas exprimer l’irréel, ce qui est impossible – mais en faire pressentir l’existence. La surimpression, le fondu, le diaphragme, les jeux de la lumière et de l’objectif sont d’incomparables moyens pour exprimer le temps, la distance, la limite, la forme, tous ces lourds voiles de réalité que les mots soulèvent avec peine… ».
Narayana (1920), adaptation de La Peau de Chagrin de Balzac : un homme ruiné par une vie dissolue demande à Narayana, le petit dieu du bonheur, une grande fortune.
Il y a déjà cinq ans (c’était en 2010) que j’ai publié mon roman « Voyage en Arromanches », qui s’inspire en partie – et en partie seulement – de ma propre jeunesse, plus exactement de mes vacances d’autrefois en Normandie.
Vu que nous sommes dans la France de 2015 et que, dans la France de 2015, les journalistes ne parlent pas des (rares) bons romans en général et des (nombreux) miens en particulier, il a naturellement passé strictement inaperçu. Vu l’époque, c’est d’ailleurs bon signe pour moi. Je comprends très bien : les journalistes, qui sont aujourd’hui devenus des « confesseurs laïcs » du « Bien » et du « Mal », n’ont pas pris le temps de lire (pour ceux qui savent peut-être encore lire) mes ouvrages. Les gentils plumitifs confondent évidemment, depuis plusieurs générations, le rôle d’un critique littéraire avec celui d’un curé de confessionnal, quand ce n’est pas avec le juge d’un tribunal. Mais tel n’est pas le sujet dont je désire vous parler aujourd’hui.
Le sujet dont je veux vous parler est un ancien film français de 1973, de Jacques Rozier, datant de 1969, qui s’appelait Du côté d’Orouët. Je connaissais déjà l’oeuvre de Jacques Rozier (on a dit de lui, je pense à raison, qu’il fut le vrai enfant terrible du cinéma français de ces années-là) à travers ses autres très beaux films, en particulier Adieu Philippine. Mais par le plus grand des hasards, je viens de voir Du côté d’Orouët. L’exemple même du film français à tout petit budget, qui a aussi refait une tentative de sortie sur grand écran en octobre 1996. D’une certaine façon, je regrette de ne rencontrer cette beauté qu’en 2015. En même temps, c’est là un bonheur. Vu la nullité cinématographique ambiante, il est heureux que quelques beaux films d’hier m’aient échappé, ce qui me permet de les découvrir aujourd’hui. Cela meuble le néant.
Du côté d’Orouët est un film qui raconte simplement des vacances, à la fin d’un été, sur une plage vendéenne. Les trois filles s’appellent, dans le film, Joëlle, Karine et Caroline. On y voit aussi un personnage prénommé Gilbert (interprété par un fort jeune et fort sympathique, parfois touchant, Bernard Menez, qui débutait).
Quel sens y a-t-il à ce que je vous raconte le film ? C’est un film à voir. Voilà tout. Et c’est un film dénué de la moindre vulgarité (je crois qu’il est important de le signaler), où l’on ne voit pas même un baiser, et qui raconte, d’une certaine façon, ce que furent les vacances (réelles ou parfois rêvées) de tant et tant de jeunes gens de cette génération-là, et sans doute de quelques autres. Il n’y a ici, je crois, aucune prétention « sociologique » ou « intellectuelle ». C’est un film de vraie vie. C’est un authentique petit chef-d’oeuvre. Je crois que Jacques Rozier est l’un des rares et vrais grands cinéastes français. Pour l’une ou l’autre raison, et peut-être parce que le goût du « grand public » avait déjà été détruit, il n’a pas eu le succès qu’il méritait, et que d’autres ont reçu. Chose que l’on pourrait dire dans tous les arts puisque, à l’époque qui est celle de « l’inversion des valeurs » (déjà dénoncée par Nietzsche), le médiocre trône sur un piédestal tandis que l’esprit supérieur est anonyme, méconnu ou vilipendé. Drôle d’époque…
Ces vacances vendéennes-là, celles du film de Jacques Rozier, datent de 1968 environ. Moi, c’est quelques années plus tard – en 1978 et 1979 – que j’allais en vacances en Normandie, mais aujourd’hui, je vois fort peu de différences entre ce que décrit le film Du côté d’Orouët et le roman que j’ai écrit en 2010, Voyage en Arromanches (éditions des Petits Bonheurs, de Jean-Pierre Fleury).
Du côté d’Orouët, c’est 154 minutes de bonheur.
Du côté d’Orouët dit qu’il y a eu et qu’il y a encore un peu de beauté en ce monde. Merci Jacques Rozier.
Du côté d’Orouët, c’est de l’intemporelle jeunesse – et de la belle.
C’est sans doute pour cela (on est en France…) que les pires navets restent à l’affiche pendant des mois entiers, parfois des années, tandis que Du côté d’Orouët, lors de sa sortie (27 septembre 1973), ne resta pas même une semaine à l’affiche…
Que sont devenus les acteurs ? Francoise Guégan n’a plus jamais tourné, elle reste l’actrice d’un seul film. Danièle Croisy a poursuivi une carrière de comédienne, surtout pour la télévision. On apprend avec tristesse que la « Caroline » du film (Caroline Cartier), née en 1948, est décédée bien trop jeune, en 1991, âgée d’à peine davantage que quarante ans.
A lire :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Rozier
Olivier Mathieu
Des sportifs sont morts, en Argentine, dans un accident d’hélicoptère. C’est certainement triste pour eux, et pour leurs proches. Condoléances. Cela dit, il faudrait ajouter deux ou trois petites choses.
Première chose. Comme pour l’attentat contre Charlie Hebdo , on parle nettement davantage des gens «fameux» que des anonymes. Pourtant moi, je croyais que les gens sont égaux devant la mort. La mort d’une «célébrité» de la téloche n’a pas davantage d’importance, philosophiquement parlant, que la mort d’une vieille tante centenaire, anonyme dans une maison de retraite d’une province française. Philosophiquement parlant, la mort du rédacteur en chef de Charlie Hebdo a autant d’importance que celle du pauvre homme qui, ce jour-là, venait d’être engagé pour laver les escaliers de Charlie Hebdo. La mort des deux pilotes argentins provoquera autant de larmes, chez leurs proches, que celle des trois sportifs français en provoquera dans leur entourage. Mais évidemment, la mort des deux pilotes argentins ne suscitera pas de « l’audience » et chez TF 1 et tous les journalistes de la téloche, si vous me permettez de le dire pour en savoir personnellement quelque chose, on y tient à l’audience.
Deuxième chose. La mort des trois sportifs français est-elle « dramatique » ? Personnellement, je ne crois pas que le terme soit exact. Ces sportifs sont allés en Argentine (ce que tout le monde n’aura pas l’occasion de faire au cours d’une existence), ils ont librement choisi de monter dans des hélicoptères (et cela, je suppose, pour honorer des contrats pour lesquels ils étaient payés, et probablement fort bien payés). Leurs hélicoptères ont eu un accident. C’est très dommage pour eux. Mais moi, je m’étonne chaque fois que l’on parle de « drame » si, par exemple, des alpinistes meurent sous une avalanche. Si des marins meurent dans un naufrage, c’est un drame, parce qu’ils ont sans doute des familles et qu’il vont pêcher pour vivre. Si des mineurs meurent dans une mine, c’est un drame. Mais si des sportifs (ou des sportifs à la retraite) meurent dans un accident d’hélicoptère, ils y vont pour leur plaisir, ou pour la notoriété et pour la gloire. Dès lors, ils acceptent et doivent accepter les éventuelles conséquences de leurs choix. Moi, chaque fois que je monte dans un avion, je me taxe d’illogisme. En tout cas, je sais que mon avion peut se casser la gueule, parce qu’il n’est pas naturel qu’un morceau de ferraille vole dans le ciel. Un avion n’est pas naturel, puisqu’il est mécanique. Il est créé par « l’intelligence humaine » et cela suffit à me faire songer que je suis incohérent. Tu ne peux pas prétendre que la vie soit sans danger. Si tu montes dans un hélicoptère aux termes d’un contrat que tu as signé et qui va te faire gagner en quelques jours ce que le pêcheur ou le mineur (qui risquent quant à eux leur vie tous les jours, parfois pour un salaire de misère) gagneront en dix voire en vingt ans, tu n’as pas le droit de te plaindre si les choses se passent mal. Prétendre que la vie soit sans danger, c’est là la petite philosophie du petit occidental moyen du monde moderne.
Troisième chose. Il y a une règle d’or du « robert piochisme ». Le robert-piochisme, si vous ignorez ce que c’est, c’est ma philosophie à moi. Ma philosophie c’est comme (je crois que c’est Sacha Guitry qui disait cela) les opinions : « Je préfère garder les miennes ». Moi aussi. J’ai ma philosophie et je la garde. Et si elle vaut aussi pour les quelques rares lecteurs de mes livres, tant mieux. Cette règle du robert-piochisme énonce, simplement, que la réalité aura toujours le dernier mot. Je parle de la réalité. Pas de la « télé-réalité », qui est l’exact contraire de la réalité. La télé-réalité, ça fait semblant de penser, ça fait semblant de vivre. La télé-réalité, c’est la télé-mensonge. On envoie des gens (qui sont aussi des favorisés de la vie, des sportifs ou d’ex-sportifs de haut niveau, des gens riches et qui deviennent encore plus riches) et on fait semblant qu’ils doivent « survivre » dans un environnement hostile. Et tout ça produit des dizaines d’émissions d’une sous-culture pathétique, des émissions devant lesquelles des millions de pauvres gens risquent de se faire lobotomiser la cervelle pour «admirer» ces «héros» de la téloche. Or les vrais héros de la vie, ce ne sont pas les héros de la télé-réalité, autrement dit la télé-bidon. Les héros de la vie, ce sont les femmes seules qui élèvent des gosses sans argent. Ce sont les pauvres. Ce sont les affamés de la planète. Ce sont les anonymes. Les sportifs français qui sont morts ont voulu faire partie du système de la télé-réalité, ils ont voulu bénéficier des avantages de ce système. Ils ne pouvaient dès lors pas prétendre en refuser les désavantages et les risques. Ils voulaient la «télé-réalité», « télé » signifie « loin » et ils voulaient vivre dans le monde de la télé = loin de la réalité.
Et la réalité, la vraie réalité, la seule réalité les a rattrapés. Dans la fiction de la télé-réalité, ils devaient faire semblant de « survivre ». Dans la réalité, ils n’ont pas survécu. Là, ce n’était plus « télé », ce n’était plus (étymologiquement parlant) « loin ».
Ils ont voulu faire de la télé-réalité mais il y a quelque chose de plus fort que la télé-réalité, et ce quelque chose s’appelle : la réalité.
Condoléances.
Olivier Mathieu.
Almanach du Père Peinard (d’Émile Pouget) de l’année 1898, page 35 :
CAPITAL — TRAVAIL
Extrait de The Comming Nation (la Société de l’Avenir) journal de la Colonie sociale américaine de Ruskin.
Légende : Quand donc le pédaleur fera-t-il ramasser une pelle au Capitalo ?
Très bonne question, mais si tu revenais Émile, tu serais effrayé de l’état de délabrement du côté de chez Populo… Pour l’essentiel l’esclavage salarié demeure et la dépossession s’est accrue. Le Veau d’Or est encore au zénith… et la chienlit est totale en Pays d’Absurdie.
Idem page 29 :
Et tu vois, de nos jours Ruskin qui a été fondée en tant que communauté « socialiste utopique », n’est plus qu’un lieu-dit, ou plus exactement une census-designated place de 8.000 habitants environ, une « zone désignée par recensement » qui n’est ni considérée comme ville, ni même comme village, et qui fait partie de l’agglomération de Tampa en Floride.
Bombardement « démocratique » de la ville de Tokyo par l’aviation américaine faisant plus de 100.000 victimes, toutes civiles. En une nuit ce sont 1 700 tonnes de bombes incendiaires au napalm (à base d’essence et inventé en 1942) qui ont été lâchées sur la ville, détruisant environ 30 km².
Mais, qu’on se rassure : l’armée française, pas en reste, a également utilisé le napalm peu d’années après en Indochine !
N’est-ce pas ce qu’on appelle le progrès ?
Dois-je préciser qu’il s’agit d’humour, noir bien évidemment puisque piqué au site du négro antisémite bien connu Quenel’actu de ce jour.
« CEUX QUI SONT CONTRE NOUS MÉRITENT DE SE FAIRE DÉCAPITER À LA HACHE ».
Le ministre israélien des Affaires étrangère, Avigdor Lieberman [tiens ! encore un juif aux commandes!], s’est illustré dimanche dernier lors d’un rassemblement électoral dans la ville d’Herzliya, au nord de Tel Aviv, selon le journal israélien Haaretz, en tenant des propos relevant du plus pur bon sens.
Ceux qui sont de notre côté méritent beaucoup, mais ceux qui sont contre nous méritent de se faire décapiter à la hache.
Cela dit, Avigdor Lieberman use une fois de plus du politiquement correct afin de séduire une majorité de l’électorat, bien trop fleur bleue.
Pourquoi ne parler que des Arabes israéliens ? C’est bien les Arabes du monde entier qu’il faut cibler !
D’autre part, il s’agit probablement de promesses qu’il ne tiendra malheureusement pas, comportement propre aux politiciens, compromettant ainsi les espoirs justifiés que nourrit le peuple israélien à travers lui.
Ces promesses sont saines et équitables, mais jusqu’ici, seules les bombes ont déchiqueté les Arabes ; le peuple israélien a soif de sang et attend que ces engagements soient tenus afin de pouvoir jouir pleinement et aux premières loges du spectacle alléchant qui se profile.
En effet, le spectacle des bombardements a ravi de nombreux Israéliens, venus s’installer pour l’occasion sur les hauteurs de la ville avec jumelles, chaises longues, pop-corn et nécessaire à pique-nique. Pourtant, le peuple de lumière attend bien davantage, car même avec de puissantes jumelles, les cadavres ensanglantés restent difficiles à distinguer à travers les épais nuages de poussière.
Sans parler du poste d’observation à partir duquel les Israéliens sont obligés de s’installer, indigne d’une démocratie : aucun aménagement digne de ce nom, les déchets ne sont pas nettoyés, il n’y a même pas de toilettes ou encore de points d’eau, nécessaires pour apaiser la soif que provoque la chaleur pesante du climat et les émotions fortes provoquées par la destruction d’êtres humains, d’animaux sauvages sans défense.
Ainsi, difficile d’assouvir un peuple qui réclame justice.
Spectacle son et lumière, pas besoin de lunettes 3D
Comment apercevoir du sang de si loin et dans l’obscurité ? Les politiciens ne se préoccupent pas des attentes réelles du peuple
On se souvient tous des propos de la parlementaire israélienne qui, avec toute la retenue qui s’impose, avait déclaré en juillet 2014 que « la mère de chaque Palestinien doit être tuée » . Voila plusieurs mois que ces belles déclarations ont été tenues… Y a-t-il eu un processus d’engagé afin de mettre en place concrètement ce projet démocratique et humaniste ? Bien sûr que non !
Ces politiciens se moquent éperdument de l’avis du peuple ; leur égoïsme les pousse à ne songer qu’à leur propre intérêt, car trop lâches pour ordonner l’application de ce qu’ils promettent à l’Avant-garde de cette planète.
Peuple d’Israël, on se joue de toi : il faut se réveiller !
Je me souviens, lorsque j’étais tout gamin encore, de certains journaux à sensation, genre Paris-Match ou France-Dimanche, qui suggéraient bêtement de faire copuler des Einstein (fausse image du savant intelligent et humaniste) avec des Bardot non stériles (je veux dire avec de jolies ânesses d’autrefois dénommées Brigitte). Beauté et intelligence réunies : malheureusement, ou plutôt heureusement, ça ne marche pas comme ça. L’intelligence est moins innée que fruit de la culture et de l’environnement social. Quant aux plus belles fleurs, il est bien connu qu’elles prolifèrent sur les fumiers les plus conséquents. Enfin, imaginons l’hybride raté ayant la beauté d’un Einstein et l’intelligence d’une Bardot ! Tout est possible en ce domaine.
Puis vint le temps des clones et, si l’on peut dire, celui de la réincarnation des chimères.
Là, maintenant, je crois qu’on a franchi un pas de plus sur la Grande Avenue du Progrès (sic), que l’on fait mieux encore ; enfin, je veux dire… pire !
Ces mois derniers, une Anglaise de 46 ans s’est fait féconder artificiellement un ovule par un spermatozoïde de son propre fils de 24 ans. Elle a donc accouché, de son propre fils, d’un petit-fils qui est également son fils. Mais dans un dernier sursaut de pudeur, elle a demandé à ce que soit pratiquée une césarienne. «Je ne voulais pas pousser cet enfant dehors, car je sentais qu’il n’était pas le mien», explique-t-elle, l’imbécile.
Le docteur Folamour qui a organisé la chimie dit que, en cas d’insémination (s’ajoute : néo-bovine), c’est mieux d’avoir affaire à des gens de connaissance et même que c’est très bien que ça reste dans la famille.
Quant à la Faculté, elle demeure muette !
La raison invoquée est du plus haut comique : le fiston, qui a appelé maman à la rescousse, serait homosexuel ! Mais il n’a pas souhaité attendre d’être en couple pour adopter. L’adoption : encore un autre problème psycho-éthique, je dirais…
«Pourquoi mon fils n’aurait pas le droit d’être père alors qu’il peut procurer à l’enfant un foyer et de l’amour?», a déclaré la mère probablement très possessive et bobo.
Moi, je crois que c’est pire que ça. Le chéri revendique moins une homosexualité non assumée, que son célibat de fils à maman : «J’ai toujours été indépendant [sic] et je serai heureux d’être seul [resic] avec Miles pendant quelques années» déclare-t-il sans rire quand on apprend par ailleurs que ce sont maman et papa qui vont élever "son fils" quand il sera parti au turbin. Et il ajoute encore, le pitre : "je crois que quiconque peut s’occuper d’un enfant a le droit d’avoir un enfant”.
Ce néo-rejeton est donc constitué pour trois-quart des gènes de sa mère-grand-mère et d’un quart des gènes de son grand-père ; ce dernier, individu probablement très falot et bassement complaisant ("féministe") demeure muet dans toute cette histoire.
Je ne vois pas en quoi il ne s’agit pas d’un inceste médical programmé et donc coupable. Et en quoi il serait moins coupable qu’un inceste courant, du moins d’un inceste assumé et consenti.
Toute tribu la plus "primitive" qui soit, sait très bien ce qu’il en coûte des mariages au sein de la même fratrie. Et l’ethnographie rurale a déjà très longuement disserté sur les villages de crétins ou de bancals nés de mariages consanguins entre cousins germains ou même petits-cousins.
De même apprend-on que certains "donneurs de sperme", dont on ne sait rien d’eux finalement, ont pu être à l’origine de plusieurs dizaines d’enfants ignorant tout de leur ascendance génétique mâle et pouvant, pourquoi pas, se marier un jour entre eux.
Quand je dis et répète que la société dégénère en tout, y compris donc en gènes. Et en cette occasion, je crois que là où il y a du gène, il n’y a pas de plaisir.
Enfin, lisez la dégénérescence judiciaire concomitante et finale : la semaine dernière, un tribunal a jugé que l’enfant, né en juillet dernier, qui jusque là était enregistré comme fils et frère de son père, aurait pour seul parent biologique et légal son frère et père en insémination. L’enfant étant dorénavant, un comble ! enregistré à l’état civil comme "né de mère inconnue" !!!
«Je ne l’ai jamais considéré comme mon frère, même si légalement, il l’était. Tout comme légalement, il était le fils de ma mère, » conclut le crétin.
Ces mêmes individus tarés seraient certainement les premiers à critiquer un certain eugénisme nazi (ou prétendu tel).


















