(ceci est un premier jet)
D’aussi loin que je remonte en ma mémoire, j’ai toujours été frappé, pour ne pas dire sidéré, par la prégnance de l’éphémère des choses, des êtres, des saisons. Du temps qu’il fait. Avoir vécu toute mon enfance, toute ma jeunesse en une cité baignée par la mer aux flux et reflux incessants et éternels, aux rythmes des marées et des vents côtiers (ah, ce morson** incessant de la mer !), et tout autant en une ville détruite (à 85 % selon certains, 95 % selon d’autres) par l’aviation des barbares anglais (qui descendaient bas, m’a-t-on dit) et plus encore états-uniens (les plus lâches, comme toujours, qui restaient le plus haut possible et arrosaient bien large), ville qui était en reconstruction (mais aussi en "pacifiques" destructions d’après-guerre), m’a marqué pour la vie entière.
J’en ai acquis un esprit foncièrement nostalgique et au goût d’immuable. D’immuable ambivalent. La mer n’est jamais la même, comme les nuages des bords de mer toujours changeants, mais elle est toujours là, fidèle au rendez-vous, comme le ciel, la Lune, les étoiles… le Soleil même s’il est masqué de mauvais temps.
Et j’en ai gagné une haine pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à la barbarie, la guerre, la destruction et l’Empire dudit Progrès et de ladite Démocratie. Ainsi qu’à l’encontre de certaines prétendues avancées technologiques.
*
Je ne pourrai jamais vous montrer ma première petite école en bois toute basse***, et lavabos en zinc sous un préau ouvert à tous temps ; là où j’ai failli apprendre à lire car c’était déjà fait, ma mère m’avait appris la lecture dans le journal avant que je n’entre à l’école en dernière année de maternelle à cinq et demi. Et appris à compter un peu également. Époque de prime école où j’ai connu sans doute mes plus grands rires innocents, à en avoir mal au ventre (comme on dit), lorsque parfois les maîtresses nous récompensaient (ou se récompensaient) par la visite d’un montreur de marionnettes.
Je ne pourrai jamais vous désigner les vignes le long desquelles je me rendais en courant à l’école, ni le "château" ou si l’on préfère "la maison noire", grosse maison bourgeoise derrière l’école, ou encore la vieille maison étroite et en hauteur toute proche où habitait la fille du "grand maçon maigre à casquette toujours de guingois" qui était dans ma classe, ni le blockhaus en bout de boulevard où habitait une autre fillette qui était également en classe avec moi.
Je ne pourrai vous montrer tout ce petit quartier populaire de maisons en bois d’après-guerre coincée entre un boulevard et la mer donnant sur une rangée de pêcheries à l’embouchure de la Loire. Pas plus ne pourrai-je vous mener au marché hebdomadaire sous les vieux arbres, vieux tilleuls face à l’école. Où ma grand-mère maternelle vendait les fruits et légumes de la ferme distante de quelques centaines de mètres. Je me souviens, mais je ne me vois plus vraiment les ramassant, que l’on jouait en saison "à faire des hélicoptères" des graines à volant excentré de ces arbres, au sortir de l’école.
De tout cela, il ne reste rien, ou si peu. Certains vieux arbres encore, mais pour combien de temps ? Plus d’école, rasée vers la fin des années soixante, plus de quartier d’habitat provisoire (de bungalows, comme on disait) mais d’habitat si vivant et peut-être pas si malheureux au fond ; plus de maison noire, plus de maison toute en hauteur, plus d’autres maisons encore, plus de ceci, plus de cela. Des immeubles modernes et hideux ont brisé le charme pavillonnaire du passé, le mystère des vieilles pierres et des recoins sombres. Le marché a déménagé une place plus haut, mais a toujours lieu le jeudi comme autrefois, le jeudi : le “jour des enfants” de mon temps. Une rue remonte, ou plutôt redescend en sens unique, là où s’étalaient des jardins, un grand rond-point a remplacé la place floue en graviers au bout extrême de l’école ; un peu plus loin la vieille aubette d’autocars demeure encore, miraculée, comme le vieux mur le long duquel je suis passé des centaines de fois pour me rendre "en ville" ou en revenir, adolescent.
L’aubette du temps où les deux compagnies de transports en commun, aux passages peu fréquents, se faisaient la guerre et la course pour arriver en premier à l’arrêt. Drouin et "Citron" (Citroën). Nous, dans ma famille, on ne prenait jamais les "Citron". Sauf très rares fois. Pour quelle raison ? Je l’ignore. Les tarifs étaient pourtant probablement les mêmes. Il en allait ainsi pour d’autres choses (mais j’en reparlerai). Les Citroën ont depuis longtemps disparu, les Drouin ont muté et ont été intégrés à une ligne de transports en commun publics, départementaux.
La petite maison basse presque en face ce qui fut autrefois la sortie principale de l’école montre encore, au fronton, un Steredenn Vor qui longtemps m’intrigua ; jusqu’au jour où j’ai eu possédé un dictionnaire breton. Steredenn vor, "étoiles de mer" en breton. De "stered", étoile et de "mor", mer. On parle breton, néo-breton aujourd’hui dans une école Diwan (Germe) de la cité. Ce qui fait du bien au cœur. Au mien, du moins.
Le breton autrefois, comme la mer, vint lécher la contrée. Nous sommes ici en extrême limite de noms de lieux bretons en "ker". Pas bien loin un Kerfaouët, fait auparavant de vieilles maisons qui était devenu un grand champ en friche, abrite de nos jours des HLM. Un peu plus loin, un Kerledé, ou Kerlédé, ancien Kerlédec sur la carte Cassini, mot que j’ai toujours prononcé : carleudé. En ville, il existe ainsi un Cardurand. Les toponymes en "car" nous rappellent que le "ker" breton (qui est l’équivalent du mot français "ville" dans le sens de : petit village, hameau) se prononçait autrefois "kaèr", mot généralement accentué sur le "è" d’où "ker", mais quelquefois sur le "a" d’où "kar"… ****
Que sont devenues ces consœurs en sarrau ? Je suis du temps des sarraus et des blouses scolaires. Pas de chichi ; d’ailleurs, en bonne part, mon école laïque était une école de pauvres. À la place du blockhaus, à la pointe face à la mer, trône en ce moment même, appelons ça une sculpture, une sorte de mobile fait par un "artiste" anglais. Pour cette famille B. qui logea dans ce blockhaus (non seulement la sœur mais le frère aussi étaient dans ma classe, je crois les voir tous deux au regard d’une vieille photo), ce n’était pas, à vraiment dire, la pauvreté mais bien plutôt la misère. Comme d’autres encore. Cette fillette aux cheveux frisés et noirs, très brune de peau, mais pourtant autochtone, c’était notre exotisme (restreint) d’alors.
J’ai joué "au foute" plus tard sur mon souvenir, avec quelques copains, sur le terre-plein en herbe d’après rasage d’école, qui possédait encore en ce temps-là des arbres des anciennes cours (cour des petits et cour des grands, l’école était mixte), dont un tout en biais servait de poteau de but. Mais les derniers arbres des cours ont été eux aussi sciés, déracinés. Il ne reste plus qu’une vaste pelouse et de vieux arbres de deux rues en coin.
J’ai revu de rares fois la fille à lunettes du maçon G., du temps où certains copains "faisaient du vélo" dans le club tout proche et où cette dernière s’occupait du bureau de l’association pédaleuse et distribuait des bisous et bouquets parfumés aux vainqueurs des courses locales. Disparues, ces courses, depuis si longtemps déjà… Il y a une éternité au moins, je veux dire dans les années trente du siècle dernier, j’étais dans les choux à cette époque, c’est mon père qui courait à vélo en ces lieux. Ah, ces petites fêtes de quartiers, de villages péri-urbains, et ces guinguettes où sont-elles ?
Je reviendrai sur ces lieux par écrit une autre fois.
*
Je ne pourrai jamais vous montrer la petite église, ou plutôt la chapelle en bois où, en bon enfant, bien élevé, j’ai été confirmé (où j’ai reçu la Confirmation catholique) par l’évêque du diocèse de Nantes, je me souviens de son nom, on disait : Monseigneur Villepelet (on prononçait "pelé" en pensant sans doute : ville pelée). C’est Internet qui me dit que Jean, Joseph Villepelet (1892-1982) a pris sa retraite, a donné sa démission en 1966, soit l’année qui a suivi le cataclysme Vatican II qui a scellé plus ou moins la fin du catholicisme réellement visible, présent, actif en France.
Je l’ai donc croisé, je le vois encore assis devant moi. On passait à la chaîne. Je trébuchai avant de me mettre à genoux devant lui*****, il m’oignit le front d’un Saint-Chrême conséquent et d’un signe de croix subséquent avec un coton qu’il jeta dans je ne sais quoi, puis me donna une sorte de caresse sur la joue. Pas Carême, ni petit-crème ou crémation, mais Chrême. Du grec krisma, onguent, parfum, onction. "J’ai reçu une claque de l’évêque" ou "Villepelet m’a fichu une claque", disait-on après, entre nous, ces "nous" dont j’ai pratiquement oublié tous les visages, les voix, les mots, les yeux, et encore plus les noms, n’ayant aucune mémoire patronymique. « Sois marqué de l’Esprit-Saint, le don de Dieu !» me dit l’évêque, c’est sans doute de ce jour que me vint ce goût pour l’écriture.
J’ai fréquenté cette chapelle de bois****** où j’ai été baptisé. J’y ai traîné le dimanche matin à la messe de dix heure trente, j’y arrivais ou nous y arrivions à deux ou trois, et parfois en retard, on allait toujours en haut (hauteur toute relative) du côté du chœur, de l’autel et du tabernacle ; la porte à loquet faisait un bruit de tous les diables (sic) ce qui faisait se retourner toute l’assistance à proximité et l’on se faufilait dans les places demeurées vacantes. L’église était pleine comme un œuf, mais je crois avoir déjà évoqué ce sujet qui nous intéressait surtout pour la communion en musique d’harmonium ou cantique, non pas parce qu’on communiait mais parce que ce moment des rites annonçait la fin prochaine de l’office, un chant final et l’ultime "ite missa est !" suivi d’un “Deo gratias” tant attendu. Toujours préféré aux prêches dont je n’ai plus aucun souvenir et pire encore au quasi immuable cantique initial : "Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu, la joie de ma jeunesse" lorsque le prêtre portant calice, s’avançait vers l’autel du fond de l’église par l’année centrale, ceint de deux enfants de chœur.
Tiens ! finalement l’autel de Dieu a été la joie de ma jeunesse. Ou plus exactement, le temps de l’autel de Dieu a été celui de ma jeunesse et de sa joie (toute relative).
J’ai fréquenté à proximité, le "caté", le catéchisme donné dans des salles de l’école privée voisine. Toute cette histoire exotique me paraissait totalement absurde pour nos contrées. Que m’aurait-on parlé de dieux gaulois ou de dieux romains, voire d’un Jésus grec ou latin. Mais ce dieu proche-oriental et cette crucifixion barbare, je n’ai jamais accroché. Je n’aime pas ces histoires non d’amour mais de souffrance gratuite. On ne peut évoquer un dieu d’Amour à l’ombre d’un instrument de supplice. À moins d’être masochiste. Ou à moins que ce dernier (le crucifix) ne soit quelque déformation d’un symbole phallique antique. La croix copte n’est-elle pas une déformation de l’ankh égyptien antique ? Je n’aimais déjà pas toute cette histoire christique, Jésus n’ayant été qu’un des nombreux suppliciés de l’Antiquité qui pour moi n’avait pas plus souffert que tant d’autres quidams, ou que Spartacus, ou que tous les bombardés de la récente guerre que je n’ai jamais connue, heureusement.
Je me suis pourtant plusieurs fois surpris à relire l’un ou l’autre des Évangiles en espérant que la fin de l’histoire eut changé entre temps. Je fis de même avec de nombreux romans de jeunesse. Non ! pour moi l’histoire (les histoires, contes et légendes) de Jésus était un mauvais roman, rien de plus. Une histoire surfaite ne valant pas celles de mes livres que je lisais. Je lisais énormément alors. Mais peu de livres dit sérieux ou adultes, mais des livres "pour jeunes".
De cette école dans la cour de laquelle je n’entrais que le jeudi matin, et où il m’arriva, j’en ai encore le net souvenir, d’y décrocher des "gommes à chouiner", de les laver vaguement sous l’eau, puis de les mâcher à mon tour (mes dents en grincent désagréablement en ce moment, car il m’arrivait fréquemment de tomber sur un petit caillou), de cette école je ne me souviens que de deux personnes de mon âge environ, frère et sœur que je connaissais très vaguement par nos parents interposés. Je viens de passer un temps certain à me remémorer leur patronyme, tournant à tort ou à raison autour de certains sons, de certains mots. Alors même que j’abandonnais, en remerciement sans doute, mon cerveau m’a soufflé leur nom de famille : C. "Mais bien sûr ai-je pensé, comment ai-je pu l’oublier "; c’est ce que je dis à chaque fois dans ce cas.
Que reste-t-il de cette église en bois aujourd’hui ? Une cour d’immeuble. Mais pas très loin se dresse l’église moderne. Demeure cependant le presbytère qui me semble avoir été agrandi, modernisé. Et un vieux et vaste local qui pouvait servir de lieu de réunion et où je me souviens avoir été lors des trois jours de récollection précédant cette fameuse communion solennelle. Par contre de ma petite communion, qui se fait ou se faisait normalement vers sept ans, je n’ai plus aucun souvenir ; l’ai-je faite ?
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Pour clore ce chapitre j’évoquerai, une autre fois, deux autres endroits fort différents, des locaux universitaires.
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Notes :
* "Éphéméride" du grec ancien ephêmerís, journal, par le latin ephemerida ; et “éphémère” du grec ancien éphêmeros, qui ne dure qu’un jour.
** Morson (mot breton) : le "chant de la mer", le clapot des vagues sur le rivage, le bruit sans fin du "sac" (si l’on peut dire) et du ressac des vagues. Selon le Littré "ressac" "est sans doute le substantif de l’ancien verbe ‘resacher’, retirer, de ‘re’, et ‘sacher’, tirer." Selon le Trésor de la Langue Française, ressac est un "emprunt à l’espagnol resaca, ressac, d’abord saca y resaca, mouvement de flux et de reflux de la mer […] de sacar, tirer, et resacar, tirer de nouveau, parce que le flux et le reflux enlèvent, repoussent de nouveau les objets qui se trouvent sur le rivage" qui ajoute que "sacar est probablement dérivé de saco, sac (cf. saccade)".
*** Vendue par les salauds amerloques bombardeurs, comme tous les innombrables bungalows de la ville à cette époque.
**** "Ker" (ancien "kaer") qu’il faudrait mieux écrire "kêr" en breton (pour le différencier de "ker", cher) qui autrefois a pu avoir le sens de : cité et d’habitat fortifié, a généralement le sens de : ville, village, hameau, mais aussi celui de : villa, maison (sens qui est très développé de nos jours par les bretons tant non-bretonnants que bretonnants) ; il a aussi quelquefois le sens de : chez soi, à domicile, intérieur (voir "heim" en allemand, "home" en anglais). Cf. l’expression bretonne : da ger, à la maison.
***** Des années plus tard il m’arriva, pour faire comme tout le monde (faire une génuflexion, que j’étais bête et conformiste et alors même que je ne croyais plus en rien), de trébucher de la même manière en quelque sanctuaire à plaques votives de Lourdes. Mais je n’ai entendu aucun cri de Jésus, car il est bien connu que Jésus crie quand on est fautif. Que de gens satisfaits de Dieu en ces lieux, tant mieux pour eux, quand on n’est pas malade ou que la Nature fait son œuvre bonne, on peut toujours remercier la Création.
****** J’ai écrit dans un premier temps : "cette chapelle de bois post bellum et pas bien belle…" mais je viens de voir qu’elle daterait de 1937 et qu’elle ne devrait donc rien à la guerre. Elle a pris la suite d’un petit édifice en pierre abattu en 1905 en pleine Séparation des Églises et de l’État et dont deux restes se retrouvent l’un dans le Jardin des Plantes, il s’agit de son porche d’entrée ogivé (j’ai cru, jusques à peu, qu’il s’agissait d’un reste de monastère), et l’autre à l’extérieur de l’église principale de la ville, il s’agit d’une statue de la Vierge à l’Enfant qui surplombait la chapelle. J’ai lu également que la nouvelle église de style moderne en coquille (comme la vaste salle polyvalente de la ville, dite "la Soucoupe", construite un peu plus tard, est également en forme de coquille, normal dirons-nous pour une cité maritime) a été inaugurée le 24 décembre 1964. J’avais alors treize ans. Je n’ai jamais été à la messe en cette nouvelle église, mais uniquement à quelques cérémonies religieuses. J’en conclus donc que j’ai arrêté de fréquenter la messe (fréquentation à la demande de mes parents qui eux s’en dispensaient) au plus tard l’année de mes treize ans. Ce qui correspondrait bien au fait que j’ai subi une année de catéchisme dit "de persévérance" après ma communion solennelle qui a lieu habituellement à l’âge de douze ans. Cette église/chapelle en bois, me semble-t-il a été détruite un peu plus tard. L’architecte de l’église nouvelle fut le même qui fit les plans de la reconstruction du centre et de la nouvelle gare à tous vents de la ville, pour notre malheur, puisqu’il fut partisan de la table rase et n’a fait qu’accentuer les destructions et réduire les restaurations.
Je ne connaissais pas…
Ne fréquentant pas, ne fréquentant plus depuis plusieurs lurettes, aucune connerie de gauche (et ne fréquentant pas pour ça la connerie de droite sous toutes ses formes, non plus). Je suis tombé sur une photographie de moi inconnue jusqu’à il y a très peu…
Voici le genre de slogans que l’on pouvait trouver dans les manifestations « de gauche » d’entre-les-deux-tours, qui ont fait la campagne de Chirac (campagne à la limite de la légalité d’ailleurs, on n’avait encore jamais vu des manifestations contre un candidat éligible). Campagne hystérique et surréaliste qui permit le véritable plébiscite de Chirac (qui n’en demandait pas tant) au second tour des élections présidentielles de 2002 :
On a pu mesurer la connerie et l’aplomb incommensurables de la petite gauche. Horreur : l’épouvantail fait plus que le manipulateur d’épouvantail !
J’ai même entendu certains qui en tout bonne foi affirmaient subitement : « la démocratie est fragile ! » Voir ci-dessus, un slogan du même acabit : « Le Pen touche pas à notre république ». Quelle outrecuidance ! Quelle prétention ! Quelle tolérance !
De quelle république et de quelle démocratie est-il question alors ? D’un totalitarisme du « Bien » ?
J’ai également appris qu’un certain nombre de crétins de gauche ont alors émis l’idée que l’élection comptait vraiment pour du beurre, dont un certain nombre de pontes de la signature pétitionnaire, et que Chirac devait en toute décence démissionner pour qu’on recommence tout à zéro.
Et que le peuple, ce crétin adepte de « populisme », le salaud, vote cette fois comme il faut, autrement dit qu’il mette Jospin au-dessus de Le Pen. Quitte peut-être à bourrer les urnes comme aux plus belles heures des élections municipales dans les bastions péri-parisiens du stalinisme post-seconde-guerre-mondiale.
Avec : « votez escroc, mais pas facho », on atteint le sommet de la bêtise et du cynisme politiques. Je traduis en langage plus clair et plus direct : votez pourri, mais pas salop. Étant entendu que Chirac n’était pas plus pourri que les autres et que Le Pen n’était pas potentiellement moins pourri que Chirac. Et que la pourriture déborde souvent généreusement sur la masse. C’est comme ça que l’on obtient des municipalités inamovibles de droite ou de gauche. Étant entendu également que faire front commun droite-gauche, union nationale contre le « mal absolu » a un nom : totalitarisme, généralement propre aux temps de guerre. Et qu’il n’y a aucune différence sur le fond des libertés individuelles entre un fascisme ou néo-fascisme « de droite » et un stalinisme ou néo-stalinisme « de gauche ».
La gauche, la vraie gauche (s’il en restait encore) avait l’occasion de se démarquer et d’appeler franchement à l’abstention. Chirac aurait été élu, mais non par un grand nombre d’électeurs mais par un petit. Chirac peu légitime, la gauche avait une occasion unique de remettre en cause cette pseudo-démocratie bourgeoise ou le peuple n’a presque pas de pouvoir, et de créer un mouvement social qui aurait peut-être pu déboucher sur une nouvelle constitution. Ô, c’est vrai : qu’attendre de ces êtres totalement englués dans le système, y compris à l’extrême-gauche.
Personnellement je n’ai voté, ni au premier, ni au second tour, de cette mascarade démocratique. De ce second tour grotesque où la gauche se la jouait à : facho, fais-moi peur !
Au fait pourquoi, à droite comme à gauche, rejette-t-on toujours aux calendes grecques l’usage de scrutins autres à la proportionnelle ? Pourquoi ne copions-nous pas les suisses dans le domaine des référendums ? Je vais vous le dire : parce que les français, du moins une masse de français votent mal ou ne votent même plus (à gauche comme à droite) et cela s’accommode très bien (jusqu’à un certain point à ne pas dépasser) du système présent.
Les limites de la « démocratie », on les connaît. Elles sont définies par certaines lois anticonstitutionnelles, en retrait par rapport au XIXe siècle ! comme la loi Pleven (de droite) et la loi Fabius-Gayssot (de gauche). Ou par une sorte de jurisprudence tacite et non-écrite de la bourgeoisie dirigeante : passer outre le « mauvais résultat » d’un référendum par exemple ; ou encourager l’existence d’un « mauvais parti épouvantail », mais le déclarer quasi hors-la-loi et recourir à l’union nationale s’il prend trop d’ampleur. Et j’ajoute le tout fondé sur l’esprit dichotomique et l’irrationalité inhérents à la pensée humaine moyenne.
Je ne cesserai de répéter que la démocratie parfaite a pour noms : dictature et totalitarisme. La « démocratie totalitaire » ou le « totalitarisme démocratique » comme l’a nommé un jour cet écrivain (et dissident) russe vivant en France dont je n’ai plus ici le nom en tête.
En pleine grève de Radio-France, haute pensée du jour, du ministre de l’Inculture et de la Propagande questionné par Cohen.
Kim Jong-suk, née à Séoul, dite Fleur Pellerin, ex conseillère référendaire à la Cour des Comptes, ex présidente du Club XXIe siècle qui réunit un certain nombre de membres de la bourgeoise de l’immigration (banquiers, entrepreneurs, hauts fonctionnaires) et dont le but est de « valoriser cet atout formidable qu’est la diversité française, en promouvant l’égalité des chances, sans artifices ni passe-droits » (sic!) vient de faire une déclaration qui demanderait à passer en boucle tant elle est de grande culture et de forte poésie :
« Quand on écoute France Inter, on n’écoute pas RTL ».
« Jusqu’où… s’arrêteront-ils ? » comme disait Colucci…
*
Et celle-ci, passe-t-elle sur France Inter ou sur RTL ?
https://www.youtube.com/watch?v=DAiZKPfr9CQ
Vi souviens mon Nénère adoré,
Le p’tit bouquet, qu’ wous la donne à moin ;
N-a longtemps qu’li l’est fané,
Si li souviens, com’ ça l’est loin.
*
‘Ti’ fleur fanée
‘Ti’ fleur aimée
Di’-à moin toujours
Qu’où qu’ z’est gu’ l’amour ?
*
Mi marchés dans la forét,
Y faisait bon, y faisait frés,
Dans l’z-herb’s, n’avait la rosée,
Dans le ciel, zoiseaux y chantéent.
*
Depuis ça, le temps l’a passé,
Y reste plus qu’un doux souvenir,
Quand mi pens’, mon cœur l’est brisé,
Tout ici, com’ ça, y doit finir.
J’aurais voulu écrire sur les barbares de la destruction et de la mort dits islamistes qui détruisent des restes vénérables de civilisations tellement au-dessus de leur médiocrité crasse. De leur inculture abyssale. De leurs déjections cérébrales qui depuis des années déjà détruisent le passé (musée, monuments…) pendant que d’autres en font commerce illicite. En Afghanistan, Irak, Mali, Syrie… J’ai entendu des demeurés égyptiens, de réels déchets de l’humanité qui trucident généralement les coptes, réclamer la destruction des pyramides !
Que serais-tu minable si ces civilisations magnifiques ne t’avaient précédé ? Et que serais-tu si tu n’avais que tes bras pour te battre ? Toi homme de rien, nullité intellectuelle ! Bien en deçà, infiniment, desdits primitifs qui affrontent la nature difficile et ne demandent qu’à vivre et non à détruire.
Que crées-tu ? Qu’es-tu capable de créer, sous-homme ? En sciences, en techniques et en arts ? Hormis ânonner ta bêtise, affirmer ta non-humanité. Y compris, bien entendu, sur des ordinateurs, dans des téléphones portables et en d’autres électronicités dont tu es le plus demeuré des utilisateurs.
J’aurais voulu, de même, écrire sur les barbares non islamistes qui détruisirent des pans entiers de leur propre pays en Yougoslavie éclatée. Ou sur tous ces abrutis qui cassent le Donetz et qui nécessairement seront perdants. Ou sur ces pauvres types grecs qui ont vendu une partie de leur pays à l’encan, ou pillé un musée l’an dernier ! Ou sur ces autres déchets de l’humanité qui ont détruit sciemment, méthodiquement, les mosquées et les églises de Gaza l’été dernier.
J’aurais pu aussi ajouter quelques paragraphes évoquant le mépris occidental pour l’architecture des temps passés. J’ai encore le souvenir du crétin "gaulliste" Chirac s’indignant de la volonté "communiste" de Ceausescu de raser des villages roumains ou des quartiers anciens de Bucarest alors même que la destruction "progressiste" de quartiers entiers se pratiquait dans diverses grandes villes françaises atteintes de frénésies néo-haussmanniennes. Je me souviens également des destructions imbéciles effectuées par ces minables de ladite Révolution Culturelle cassant la muraille de Pékin dont il ne reste plus rien, détruisant les cours intérieures de la ville, ou brisant des sculptures antiques. Ma vague et jeune attirance pour cette pseudo-révolution a cessé le jour même où je vis de probables analphabètes briser, à coups de pioche et de masse, des lions en pierres d’une allée antique. Des lions sans défense. Énergie perdue. *
J’aurais voulu écrire en particulier sur tous ces salopards occidentaux, et en premier lieu sur ces déchets de l’Europe qui ont construit l’Empire de la domination imbécile et immonde qui arment l’essentiel de tous ces salauds.
Salauds à bonne école. À l’école de ceux (américano-sionistes) qui concoctèrent le fameux Onze Septembre et qui embrasent en permanence le Proche-Orient et l’Afrique…
Oui, j’aurais voulu écrire sur ces salopards occidentaux et yankees qui détruisirent tant et plus du patrimoine européen ou japonais pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Je ne vois réellement aucune différence, mais totale connivence entre la barbarie "démocratique" impériale fautrice de guerre et de destructions humaines et patrimoniales (pour moi le summum de la dégueulasserie) et l’ordurerie dite islamiste montée en épingle et de toute pièce par les salopards premiers nommés.
Tout cet ensemble est terroriste. Au nom de l’anti-idolâtrie (islamisme), de l’”anti-obscurantisme- confucianiste” (maoïsme), du "progressisme" (démocratiste et mondialiste).
Je répète encore une fois (telle est du moins ma définition) en employant un mot galvaudé mais compréhensible par le plus grand nombre : le (vrai) fascisme des temps présents est la barbarie (toute barbarie) techniquement équipée. De l’archaïsme ou du modernisme, ou tout ce que l’on voudra, aux ravages incommensurables. **
Je considère donc lesdits islamistes comme des fachos, les dirigeants états-uniens comme des fachos, les sionistes comme des fachos. Comme je considère les staliniens maoïstes d’hier, pour ne parler que de ceux-là, comme des fachos. Où si l’on préfère comme la quintessence de la barbarie moderne. La lâcheté intrinsèque et anti-humaniste de l’homme armé (généralement le plus taré, et qui a toujours quelque idée suprémaciste).
De la Destruction. Du Néant. Du Non-respect de l’Humanité.
S’en prendre au Passé, à son Art : quel aveu de niaiserie, de trivialité, d’impuissance, d’incroyable veulerie, d’incapacité créative. De décadence sous-hommesque.
J’aurais voulu écrire… tant et plus, le sujet est immense, mais ça me fait trop mal de continuer. Et surtout d’entrer dans les détails. J’ai l’esprit vraiment trop archéologue.
***
* Tout fascistes qu’ils furent, les fascistes italiens loin de détruire le Passé national en remirent à l’honneur l’antiquité romaine. Tout en ayant partie liée, dans un grand écart détonnant, avec le futurisme. De même tout nationaux-socialistes qu’ils furent, ces derniers, peu empreints de modernité décadente ou jugée comme telle, accordaient respect au classicisme artistique, y compris contemporain. Le stalino-bolchévisme cultivant quant à lui le rejet total de tout modernisme dans une culture classique et folklorique collectiviste, anti-idéaliste et anti-individualiste (donc réductrice tant de l’art que de l’individu), dite de réalisme socialiste… Pour le dire imparfaitement et en quelques mots… Enfin, j’évite de parler d’"art de propagande", car notre société à un Art (un sous-art décadent) également tout emprunt de propagande. Mais c’est un autre sujet. L’art "démocratique" n’est pas plus naturel, éternel ou… neutre qu’un autre, en notre civilisation en ruines.
** "Mon" mot "fascisme" n’est pas à proprement parler du néo-fascisme, s’il peut l’être trivialement quelquefois (cf. l’Ukraine), c’est un terme générique pratique (que je détourne, ou plus exactement dont je définis clairement le sens et dont je généralise l’emploi à tous les cas de figures ressemblants), terme qui évoque tout système d’époque moderne d’essence totalitaire et barbare. Indépendamment des idéologies politiques ou religieuses (monothéistes en particulier). J’entends "moderne" dans le sens : qui appartient à l’époque de la dictature bourgeoise (disons, depuis le début du XIXe siècle). Le stalinisme tout comme le démocratisme ou le républicanise en font intégralement partie. C’est toujours la même classe sociale qui est à l’œuvre, selon des modalités, des formes différentes, mais toujours pour le même but, la dictature intégrale du Capital sur le Monde entier (dictature qui arrive même à englober les formes de féodalismes, ou à en créer de nouvelles). Avec intolérance feutrée ou frontale et barbarie si nécessaire. Et en ce domaine du technologisme (ne jamais l’oublier celui-là) et du capitalisme triomphants, les islamistes sont tout autant modernistes que les autres.
— Mais vous savez bien, cher grand frère en Élection, que je suis avec vous, que je serai toujours avec vous, et ce n’est pas d’hier, mon père déjà, militant très actif d’extrême-droite était avec vous, il était également partisan de « l’Algérie française » et sympathisant de l’OAS.
C’est comme mon premier ministre qui sort tout droit d’un côté de la grande bourgeoisie colonialiste, et de l’autre de la grande bourgeoisie marrane catalane et collabo, pardon ! j’ai voulu dire adepte du franquisme.
Pas du frankisme religieux, ni du franckisme musical. Non, le franquisme du caudillo.
Donc, nous les socialistes, on marche à fond avec vous ! On a toujours marché avec vous, dès les années trente ou lors de l’affaire du canal de Suez contre l’ignoble Nasser… Ah ! Guy Mollet, quel grand bonhomme, je ne lui arrive pas aux mollets. Pourtant, je fais de sionistes et sincères efforts…
— Mais la reconnaissance de la Palestine…
— Problème de politique intérieure, si on ne le fait pas on perd définitivement ce qui nous reste encore d’électorat franco-arabe… Déjà que l’on n’a plus beaucoup d’électeurs… Comprenez-nous, quand même… Hein ! comprenez-nous…
Extraits éclairants d’un article dévoilant les préjugés de classe desdites Lumières :
Ou comment s’attaquer aux conséquences sans s’attaquer aux causes, tout en entretenant la société telle qu’elle est.
Entre crochets [ ], quelques remarques de mon cru.
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MENDIANT, s. m. (Econom. politiq.) gueux ou vagabond de profession, qui demande l’aumône par oisiveté & par fainéantise, au lieu de gagner sa vie par le travail.
Les législateurs des nations ont toujours eu soin de publier des lois pour prévenir l’indigence, & pour exercer les devoirs de l’humanité envers ceux qui se trouveroient malheureusement affligés par des embrasemens, par des inondations, par la stérilité, ou par des ravages de la guerre [les exemples manquent, je crois qu’il n’y en a pas beaucoup] ; mais convaincus que l’oisiveté [laquelle et de qui ? l’oisiveté d’une certaine noblesse ou d’une certaine bourgeoisie nées riches ou disposant de rentes de situation ou du fruit de l’exploitation des pauvres ?] conduit à la misere plus fréquemment & plus inévitablement que toute autre chose, ils l’assujettirent à des peines rigoureuses.
[Suivent une série d’exemples réels ou supposés pris des sociétés antiques, parmi ceux-ci :]
Le même esprit regnoit chez les Grecs. Lycurgue ne souffroit point de sujets inutiles [inutiles à qui ou à quoi ?] ; il régla les obligations de chaque particulier conformément à ses forces & à son industrie. Il n’y aura point dans notre état de mendiant ni de vagabond, dit Platon [un aristocrate qui bien évidemment ne travaillait pas de ses mains, mais philosophait]; & si quelqu’un prend ce métier, les gouverneurs des provinces le feront sortir du pays. [y compris sous ladite démocratie athénienne qui était réservée à une aristocratie et qui entretenait des esclaves].
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En effet, il ne faut pas que dans une société policée [à Paris, là ou l’on écrit l’Encyclopédie, mais pas là où sévissent les guerres récurrentes, les récoltes mauvaises, les méfaits de la nature, les épidémies mortifères multiples], des hommes pauvres, sans industrie, sans travail, se trouvent vêtus & nourris [pauvre par essence ? par goût ? on croirait lire un texte janséniste justifiant la prédestination]; les autres [sic, qui sont ces autres ? il se pourrait bien que ce soit toute la masse du peuple non privilégiée, de la masse pauvre du peuple] s’imagineroient bientôt qu’il est heureux de ne rien faire, & resteroient dans l’oisiveté. [Bonne estime de la masse des pauvres-tout-en-travaillant. Est-ce que le travail donne la richesse ? est-ce que le travail donne le bonheur ? Et inversement est-ce que la richesse nécessite le travail ? est-ce que le bonheur peut sortir en soi du travail ? ou de quel travail ? Le bonheur existe-il ? Et de quel bonheur s’agit-t-il ? De celui des pauvres ou de celui des riches ? Est-ce que l’oisiveté est heureuse ? Quelle oisiveté peut être heureuse ?]
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Ce n’est donc pas par dureté de coeur que les anciens punissoient ce vice [sic], c’étoit par un principe d’équité naturelle [cf. à nouveau les idées de grâce d’un certain catholicisme, et de prédestination protestanto-janséniste ; principe non pas d’équité, mais d’iniquité ; et non pas naturelle, mais sociale ; on naît riche ou pauvre, ou on le devient pour tout un tas raisons] ; ils portoient la plus grande humanité envers leurs véritables [sic] pauvres qui tomboient dans l’indigence ou par la vieillesse, ou par des infirmités, ou par des évenemens malheureux. Chaque famille veilloit avec attention sur ceux de leurs parens ou de leurs alliés qui étoient dans le besoin [Quelle perception idyllique et en partie fausse de l’Antiquité ! Et les autres, les vrais exclus ?], & ils ne négligeoient rien pour les empêcher de s’abandonner à la mendicité qui leur paroissoit pire que la mort : malim mori quàm mendicare, dit l’un d’eux.
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Ce principe étoit si bien gravé dans l’esprit des Romains, que leurs lois portoient qu’il valoit mieux laisser périr de faim les vagabonds, que de les entretenir dans leur fainéantise. Potiùs expedit, dit la loi, inertes fame perire, quàm in ignaviâ fovere.
[Tout cela ne coûte rien quand on vit au sein d’un clan, d’une tribu, d’une famille non indigente, que l’on n’est pas un exclu ou un assujetti, c’est-à-dire un vrai pauvre].
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Constantin fit un grand tort à l’état, en publiant des édits pour l’entretien de tous les chrétiens qui avoient été condamnés à l’esclavage, aux mines, ou dans les prisons, & en leur faisant bâtir des hôpitaux spacieux, où tout le monde fût reçu. Plusieurs d’entr’eux aimerent mieux courir le pays sous différens prétextes, & offrant aux yeux les stigmates de leurs chaînes, ils trouverent le moyen de se faire une profession lucrative de la mendicité, qui auparavant étoit punie par les lois. Enfin les fainéans & les libertins embrasserent cette profession avec tant de licence, que les empereurs des siecles suivans furent contraints d’autoriser par leurs lois les particuliers à arrêter tous les mendians valides, pour se les approprier en qualité d’esclaves ou de serfs perpétuels.
[Tout le Moyen-âge fut une grande époque où, mis à part les bourgeois (les habitants des bourgs, artisans, commerçants…), la masse humaine s’épanouissait dans le travail forcé, la servitude (et la misère dans le travail forcé!) ; et du temps des Encyclopédistes, tout n’était pas encore achevé dans le domaine des privilèges de la noblesse (noblesse riche du moins, terrienne, de robe ou d’épée) ; alors que la bourgeoisie avait déjà pris sa place en bien des domaines ce qui amena sa révolution en France comme on sait ; domaine essentiel de la finance en premier lieu. Mais bien évidemment, pas un mot de tout cela dans l’article.]
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Des édits semblables contre les mendians & les vagabonds, ont été cent fois renouvellés en France, & aussi inutilement qu’ils le seront toujours, tant qu’on n’y remédiera pas d’une autre maniere, & tant que les maisons de travail ne seront pas établies dans chaque province, pour arrêter efficacement les progrès du mal. [sic] Tel est l’effet de l’habitude d’une grande misere [l’habitude heureuse ? l’habitude masochiste ?], que l’état de mendiant & de vagabond attache les hommes qui ont eu la lâcheté [sic] de l’embrasser ; c’est par cette raison que ce métier, école du vol, se multiplie & se perpétue de pere en fils. [bien évidemment !] Le châtiment devient d’autant plus nécessaire à leur égard, que leur exemple est contagieux. [haute estime pour les autres pauvres, les pauvres travailleurs] La loi les punit par cela seul qu’ils sont vagabonds & sans aveu ; pourquoi attendre qu’ils soient encore voleurs, & se mettre dans la nécessité de les faire périr par les supplices ? Pourquoi n’en pas faire de bonne-heure des travailleurs utiles au public ? [Sic. Le public ? Qui est-ce en fait ?] Faut-il attendre que les hommes soient criminels, pour connoître de leurs actions ? [sic] Combien de forfaits épargnés à la société, si les premiers déréglemens eussent été imprimés par la crainte d’être renfermés pour travailler, comme cela se pratique dans les pays voisins !
Je sai que la peine des galeres est établie dans ce royaume contre les mendians & les vagabonds ; mais cette loi n’est point exécutée [tout fout le camp !], & n’a point les avantages qu’on trouveroit à joindre des maisons de travail à chaque hôpital, comme l’a démontré l’auteur des considérations sur les finances. [le dernier mot est le mot essentiel, c’est celui qui est au centre de ce qui, de nos jours même(s), se nomme "esclavage salarié"].
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Depuis l’âge de dix ans les personnes de tout sexe peuvent les gagner ; & si l’on a l’attention de leur laisser bien exactement le sixieme de leur travail, lorsqu’il excédera les cinq sols, on en verra monter le produit beaucoup plus haut. Quant aux vagabonds de profession, on a des travaux utiles dans les colonies, où l’on peut employer leurs bras à bon marché. [en compagnie des autres esclaves].
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Cet article est signé : (D. J.), c’est-à-dire du Chevalier de Jaucourt, que j’ai trouvé plus inspiré et d’esprit moins étroit en nombre d’autres articles. De Jaucourt (14.087 articles ! dont certains forts longs, de petits mémoires), sans qui l’Encyclopédie n’aurait jamais été achevée. Tâcheron-en-chef de l’Encyclopédie. Au moins aussi important que Diderot (4.839 articles) et que D’Alembert (1.341 articles).
Infiniment plus que Voltaire (38 articles dont : "élégance", "félicité, "fierté, "fornication", "galant") ; riche et assuré haineux et sarcastique de loin, mais pas téméraire, il a fui l’Encyclopédie quand elle a commencé à avoir des problèmes de censure. Rousseau quant à lui (vagabond intellectuel qui vivait mal d’être hébergé ou aidé financièrement, mais qui ne rechignait pas à faire de la copie de partitions musicales pour avoir quelques sous), n’y donna que des articles concernant la musique (365). Mais le fit de "accolade" à "za" (terme qui fut proposé un temps pour dire "si bémol"), bien qu’à partir de l’article "Geneve" de D’Alembert (écrit sans rien demander à Rousseau, mais en demandant à Voltaire) il ait (concessive) ou il a (certitude) pris ses distances philosophico-religieuses avec les Encyclopédistes. Voir, en critique de D’Alembert, sa célèbre et paradoxale "Lettre sur les Spectacles" où il se montre plus que réservé sur les vertus du théâtre. Rousseau la contradiction incarnée, lui qui fut pourtant l’auteur du "Devin de Village" (opéra en un acte, paroles et musique) et de "Narcisse ou l’Amant de lui-même" (une comédie). Ironie des temps, c’est D’Alembert qui fut chargé par Malesherbes, le chef de la censure d’alors, de lire son ouvrage avant sa diffusion.
De Jaucourt était travailleur, pas fainéant, mais travailleur intellectuel, et pour son propre plaisir, ou sa propre gloire. Et surtout, il était né riche : une bonne partie de sa fortune passa dans l’entretien d’une cohorte de secrétaires employés à réunir des informations en vue de la rédaction d’articles encyclopédiques.
Ceci explique cela.
Dessin paru dans une page intérieure de Charlie Hebdo il y a peu :
Chiche ! irresponsables, tarés, pauvres types (et typesses)…
Aucun humour, de la connerie, de la provoc imbécile, et encore une fois une manière de se foutre de ceux qui souffrent, des petits ou des exclus.
Et derrière tout ça : « Bien fait pour la gueule des gens du Donetz… »
Il faut en tenir une couche…
Pas de nouvel attentat à Charlie, qu’est-ce qu’on s’emmerde !
On pourrait croire qu’une deuxième couche s’impose…
1917 : Déclaration Balfour, lettre ouverte du secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique à Lord Lionel Rothschild, financier du mouvement sioniste :
Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays.
Années vingt et trente : mise au pas britannique de toute velléité d’indépendance palestinienne, invasion sioniste progressive encouragée par la plupart des États européens, revers palestiniens, terrorisme sioniste contre les autochtones et les britanniques.
1947/48 : début officiel de l’occupation coloniale juive, entérinée par la maffia dirigeante internationale. Et début du nettoyage ethnique, de l’exil de palestiniens, en vue de créer les bantoustans actuels, voire la disparition totale du peuple palestinien.
1995 : entrée au CIO des palestiniens, les coriaces.
2011 : entrée à l’UNESCO des palestiniens.
2012 : la Palestine devient état observateur non membre de l’ONU.
2015 : entrée de la Palestine à la Cour Pénale Internationale (j’espère que ce n’est pas un poisson d’avril).
Encore un siècle ou deux et on n’entendra plus parler d’Israël mais d’un seul État palestinien. Comme au temps de la bonne entente d’avant le sionisme.
L’Histoire réclame que tout s’achève comme en Afrique du Sud.
Que ça plaise ou non au sionisme juif et goy international, colonialiste et raciste.
Au final : le pognon ne peut pas tout…
Valls, dit El Caudillito, ou encore El Blanco :
"C’est à nous de porter le talisman de l’unité".
C’est à nous ? Nous les Élus, les savants, les justes ?
Quel talisman ? La truelle maçonnique ? L’étoile de David sioniste ?
Quelle unité ? Une unité combattante ?
Pignouf !
Le pilote a disparu depuis longtemps aux chiottes, le copilote tient encore (mais comment ?!) les commandes.
On entend des voix (authentique !) crier dans la carlingue, que dis-je, dans la boîte noire de la chute finale:
"Manuel, sort de cette cabine avant que nous nous écrasions".
(Nous les socialos en premier, bien évidemment… car les autres, on s’en fout)
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C’est la chu-teu fina-leu …
Balayons les deux nains !
L’Inter-nationaaa-leu
Rit bien de ces pantins !


