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PASSAGE DE L’ÉDITORIAL DU DERNIER NUMÉRO EN DATE DE RIVAROL

Rivarol n°3197 du 16/7/2015

Le 16 juillet 1995, il y a vingt ans jour pour jour, Jacques Chirac, qui venait deux mois plus tôt d’être élu à la présidence de la République, prononçait au Vel d’Hiv un discours solennel condamnant officiellement la France pour son rôle dans la déportation des juifs : « ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français. (…) La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là (lors de la rafle du Vel d’Hiv le 16 juillet 1942), accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. » Cet acte réclamé à cor et à cri par Klarsfeld avait été refusé avec une grande dignité par François Mitterrand, malgré sa maladie, jusqu’au terme de son second septennat. « La France n’a pas d’excuse à donner, ni la République. A aucun moment je ne l’accepterai. Je considère que c’est une demande excessive de gens qui ne sentent pas profondément ce que c’est d’être Français, l’honneur d’être Français et l’honneur de l’histoire de France. C’est l’entretien de la haine. Et ce n’est pas la haine qui doit gouverner la France » répondait-il en 1994 à Jean-Pierre Elkabbach. Le journaliste se montrant très insistant, Mitterrand avait eu cette formule plutôt étonnante: « Vous voulez quoi ? Que je me convertisse ! »

Très irrité par l’insistance que Klarsfeld manifestait pour qu’il condamnât officiellement la France, après que le même homme eut fait pression pour qu’il ne fleurît plus la tombe du maréchal Pétain à l’île d’Yeu chaque 11 novembre, Mitterrand, quelques heures avant de quitter définitivement l’Elysée le 17 mai 1995, confia à l’académicien Jean d’Ormesson dans ce qui peut apparaître comme un testament politique : « Vous voyez dans cette affaire l’influence puissante et nocive du lobby juif ». Quelques jours plus tôt, François Mitterrand avait déjà suscité l’étonnement en s’exclamant dans son discours de Berlin le 8 mai 1995, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’armistice : « Je ne suis pas venu célébrer la victoire. Je ne suis pas venu souligner la défaite parce que j’ai su ce qu’il y avait de fort dans le peuple allemand, ses vertus, son courage, et peu m’importe son uniforme et même l’idée qui habitait l’esprit de ses soldats qui allaient mourir en si grand nombre. Ils étaient courageux. »

"QUI GOUVERNE LA FRANCE ET L’EUROPE", TRÈS BON COURS D’HISTOIRE ET DE GÉOPOLITIQUE PAR FRANÇOIS ASSELINEAU

Analyse d’Asselineau qui m’agrée très largement. Pas toujours sur certains points, mais ce n’est pas l’essentiel. Fait à noter, Asselineau comme d’autres, conserve une extrême prudence ou observe une grande discrétion sur les sujets contemporains qui fâchent (d’ailleurs c’est plus ou moins écrit en toutes lettres sur son site) ; enfin il n’est pas exempt du recours à certains poncifs dominants « démocratiques », ce qui, à mon point de vue, affaiblit son propos.

Mais c’est à écouter et à méditer sans modération. Instructif. Très bon résumé. Même si c’est long.

En une seule vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE

ou en quatre « morceaux » :

1 – https://www.youtube.com/watch?v=bZZf703Ck3o

2 – https://www.youtube.com/watch?v=SWKBp32IFmk

3 – https://www.youtube.com/watch?v=oev9krFdIQo

4 – https://www.youtube.com/watch?v=90cbjV9IqC8

14 juillet 1789 : les prisonniers de la Bastille — un article du blog "Horizons d’Aton".

« Un ami royaliste me faisait récemment remarquer que la démocratie était la pire des dictatures parce qu’elle est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité. Réfléchissez une seconde : ce n’est pas idiot. Pensez-y avant de reprendre inconsidérément la Bastille. » (Pierre Desproges, Chroniques de la haine ordinaire, mai 1986, la démocratie)

Son ami était optimiste et s’en tenait à la simple apparence des choses : ladite démocratie (représentative) est de fait la dictature de la minorité bourgeoisie et en premier lieu de la Finance, sur une majorité avachie, masse crétine à manipuler, bête de somme. Les seules vraies minorités n’ont que dédain, mépris, distance « aristocratique », ou au mieux compassion envers toute cette engeance.

Article non signé repris en sa quasi intégralité, moins les illustrations de : horizons-d-aton.over-blog.fr. Ouvrez les guillemets :

Le 14 juillet, une date choisie comme fête nationale par la République française, commémorant, même si c’est indirectement1, la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 ; on pourrait d’ailleurs discuter de la validité de ce choix2.  Autour d’un événement parmi d’autres qui marquent les débuts de la Révolution, toute une légende s’est progressivement construite, dans laquelle il n’est pas toujours si aisé de démêler le vrai du faux. La Bastille serait ainsi le symbole de l’absolutisme et de l’arbitraire monarchique, comme nous l’avons tous appris à l’école depuis notre plus jeune âge ; avec des captifs par dizaines retenus dans des cachots sordides et des conditions épouvantables. La réalité historique est toute autre, et cette prison d’État n’a finalement accueilli que bien peu de prisonniers, et encore pas dans les conditions que l’on a évoquées par la suite3. C’est précisément aux derniers de ces prisonniers que cet article va plus particulièrement s’intéresser. De grands noms ont été au cours de l’histoire  » embastillés « , selon l’expression consacrée4. Mais qui étaient ceux de ces prisonniers que l’émeute libéra le 14 juillet 1789 ?

Lorsque la foule parisienne se lance à l’assaut de la vieille forteresse médiévale, celle-ci ne compte à vrai dire plus que sept prisonniers, dont les cellules ne sont même pas fermées. Le marquis de Launay, gouverneur de la Bastille, les laisse aller à leur guise. Louis XVI et son ministre prévoyaient d’ailleurs la fermeture de cette prison devenue superflue5, depuis que des restrictions avaient été émises sur les fameuses lettres de cachet6 qui ont tant alimenté l’imaginaire collectif.

Parmi ces sept derniers pensionnaires de la Bastille, quatre sont de simples escrocs, qui ont été condamnés à la prison pour avoir falsifié des lettres de change. Emprisonnés depuis janvier 1787, ils se nomment Jean Antoine Pujade, Bernard Laroche, Jean Béchade et Jean La Corrège. Le Parlement de Paris avait en effet dans sa juridiction le pouvoir de condamner à l’embastillement certains délinquants. Rien à voir donc, les concernant, avec l’arbitraire royal. Ils ne goûteront d’ailleurs pas très longtemps à cette liberté, puisqu’ils sont repris et à nouveau incarcérés quelques jours plus tard.

Celui qui, à l’été 1789, a sans doute passé le plus de temps à la Bastille est un certain Auguste Tavernier, qui aurait été complice de la tentative d’assassinat contre Louis XV par Damiens, en 1757. Souvenez-vous, Damiens est le dernier en France à avoir été condamné à l’atroce supplice de l’écartèlement. Louis XV, qui avait fort bien compris qu’il ne s’agissait que de l’acte isolé d’un déséquilibré, aurait volontiers fait preuve de clémence à l’égard de Damiens ; mais c’est le Parlement de Paris qui exigea sa condamnation… Quant au présumé complice, il ne fut pas libéré en 1789, mais transféré vers Charenton7, où on internait alors les malades mentaux.

Les deux derniers sont des aristocrates, emprisonnés non pas selon le bon vouloir du roi, mais à la demande de leur propre famille8. Le premier est le comte Hubert de Solages9, embastillé à la demande de son père en 1784 pour ses  » actes de débauche  » dit la légende, mais  » crimes atroces  » et  » action monstrueuse  » disent les documents de l’époque, sans plus de précisions. Le second se nomme le comte de Whyte de Malleville, interné lui aussi à la demande de sa famille, semble-t-il en raison de sa démence. Tous deux ne seront pas non plus libérés, mais également transférés vers Charenton.

Contrairement à une légende tenace, le célèbre marquis de Sade ne fut pas au nombre des prisonniers de la Bastille libérés en juillet 1789. Le gouverneur avait obtenu peu auparavant son transfert vers Charenton, dont il ne sera libéré qu’un peu plus tard ; il connaîtra par la suite les geôles de la Terreur en 1794, ne devra son salut qu’à la chute de Robespierre, puis sera à nouveau interné à Charenton en 1803…

Sur les sept derniers prisonniers de la célèbre Bastille, aucun ne recouvrera donc la liberté après le 14 juillet 1789. Aucun n’était condamné à vivre dans un cachot sinistre, à la grande surprise des émeutiers eux-mêmes. On inventa donc un autre personnage, le comte de Lorges, qui aurait été emprisonné depuis plus de trente ans dans un cachot sordide ; la foule l’aurait délivré et porté en triomphe : il n’en est rien, tout a été inventé pour alimenter la légende populaire.
Les noms de ces prisonniers sont dans la mémoire collective tombés dans l’oubli total, de même que les motivations réelles de l’insurrection ; l’histoire officielle a construit le mythe fondateur, l’imagination faisant le reste… Mais il n’était pas inintéressant, en ce jour, pour l’anecdote, de se souvenir un instant des derniers embastillés de France.

*

Notes :

1- En principe, et on l’ignore souvent, le 14 juillet commémore la fête de la Fédération, qui eut lieu à Paris le 14 juillet 1790, symbolisant l’union du peuple français. Si la fête de la Fédération célèbre en 1790 le premier anniversaire de la prise de la Bastille, ce n’est que la IIIe République, en 1880, qui choisira cette date comme fête nationale. […] Pourtant, dans l’imaginaire collectif, c’est bien à la prise de la Bastille elle-même que la fête nationale est associée.

2- Entre temps, les historiens romantiques et ultra-républicains, comme Jules Michelet, ont habilement noirci le tableau et développé la légende de ce qui n’est au fond que l’un des événements des débuts de la Révolution ; on aurait très bien pu en choisir un autre, comme par exemple la proclamation de la République (21 septembre 1792 ). La prise de la Bastille n’était pas motivée, à l’été 1789, par la volonté d’abattre un symbole de la monarchie absolue. En réalité, la foule voulait tout simplement s’emparer de la poudre et des munitions que l’on disait contenues dans la forteresse, après avoir pillé les Invalides à la recherche d’armes. Comme toujours, l’histoire prend souvent la signification qu’on veut bien lui donner.

3- En réalité, la forteresse n’a jamais accueilli guère plus d’une quarantaine de prisonniers à la fois, puisque le nombre de cellules y était tout compte fait limité. C’était pour l’essentiel une prison dans laquelle on s’installait relativement confortablement pour peu qu’on en ait les moyens et dans laquelle on pouvait amener son mobilier et ses domestiques. Un peu comme le quartier de l’actuelle prison de la Santé destiné aux détenus qu’on ne saurait traiter comme le commun des mortels…

4- Parmi lesquels bien entendu Voltaire et Sade, mais aussi le maréchal-duc Louis de Richelieu, petit-neveu du célèbre cardinal qui avait transformé la Bastille en prison d’État… Sous Louis XVI, les plus célèbres prisonniers de la forteresse furent les acteurs de la fameuse  » affaire du collier de la reine « , de 1785 à 1786, dans l’attente de leur procès : l’escroc Guiseppe Balsamo, dit comte de Cagliostro ( finalement expulsé de France en 1786 ), Jeanne de la Motte-Valois ( elle sera par la suite emprisonnée à la Salpêtrière ) et le cardinal Louis de Rohan, Grand Aumônier de France ( acquitté, mais déchu de son office et exilé en province ).

5- Dès 1784, Necker, qui a fait fermer la prison du donjon de Vincennes, préconise également de fermer la Bastille et le roi y est a priori disposé. Cela explique d’ailleurs que certains prisonniers soient transférés en 1784 de Vincennes à la Bastille.

6- Les lettres de cachet ordonnant l’emprisonnement émanaient directement du roi, ou le plus souvent de ses ministres et représentants, et permettaient d’incarcérer une personne sans jugement ou dans l’attente de son jugement ; pour des faits certes politiques, mais il faut l’avouer le plus souvent pour des affaires de famille ou de mœurs. L’injustice des lettres de cachet réside plus dans le fait qu’elle permettait aux familles notables de se soustraire à la honte d’un procès, qu’à un véritable arbitraire royal.

7- Hospice destiné aux malades mentaux tenu par les frères de la Charité, créé au XVIIe s. et qui sera fermé en 1792, au moment de la dissolution des ordres religieux, et réouvert en 1797 sous le Directoire.

8- C’était là une chose très courante ; comme nous le disions plus haut, cela permettait à certaines familles d’échapper à l’humiliation d’un procès. C’est ainsi que Mirabeau fut frappé d’une lettre de cachet à la demande de sa famille, de même que le marquis de Sade à la demande de sa belle-mère. Dans ce cas, c’était à la famille d’assurer les frais liés à l’incarcération.

9- En fait, Hubert de Solages est arrêté en 1765 en même temps que sa sœur, Pauline de Barrau, qu’il avait aidée à s’échapper de chez son époux ; ceci à la demande du père d’Hubert et Pauline, ainsi que du mari berné. Évadé de la prison lyonnaise dans laquelle il se trouve, le comte a été transféré en 1782 à Vincennes, puis en 1784 à la Bastille. Bien évidemment, la rumeur veut que le comte de Solages et sa sœur aient été coupables d’inceste… en réalité, comme souvent, des lettres de cachet obtenues dans le cadre d’une sombre histoire de famille bien née…

Fin de l’article.

*

Post-scriptum.

La prise de la Bastille se solda par la mort d’une centaine d’assiégeants et guère moins de blessés, et par la mort de six assiégés dont le gouverneur de la forteresse le marquis de Launay après que la garnison de la Bastille ne se soit rendue sur promesse qu’aucune exécution n’aurait lieu. Or, pendant que la garnison, prisonnière, était conduite par la populace à l’Hôtel de Ville pour être jugée (?), De Launay fut massacré. Sa tête fut découpée au canif par un garçon cuisinier dénommé Desnot, avant d’être promenée au bout d’une pique dans les rues de Paris jusqu’au Palais-Royal en compagnie de celle de Jacques de Flesselles, prévôt des marchands, déclaré traître et également exécuté par quelques « justiciers » anonymes.

Qu’un sang impur… !

RAOUL VANEIGEM : La gratuité est l’arme absolue de la vie contre l’économie.

Extraits d’un entretien de Siné Mensuel* avec Raoul Vaneigem qui est l’auteur entre autres (est-il vraiment nécessaire de le rappeler) du Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations paru en 1967, la même année que La Société du Spectacle de Guy Debord.

* Siné Mensuel – N°2 – octobre 2011. Propos recueillis par Jean-Pierre Bouyxou (scénariste, réalisateur, acteur, journaliste…)

Je ne discuterai pas ici de toutes les idées et surtout du fond profondément optimiste et quasi bucolique de Vaneigem qui a toujours été le sien et qui n’est pas vraiment le mien. Ni, en ce que j’en connais de ses autres écrits, de la part discrète accordée à la critique de la technique ou (un comble) à la mise en spectacle du monde (je pense ici aux divers mensonges d’État, et diverses manipulations de l’opinion). Et l’absence, comme chez Debord autrefois, des vrais sujets contemporains qui fâchent : critique de l’impérialisme en soi et en premier lieu de ses idéologies colonialistes et ses mythologies politiques.

Mais pour le reste je suis pleinement en accord avec lui. Sans illusion non plus sur le présupposé d’une perfection de la démocratie directe. Il y a bonne démocratie directe et mauvaise démocratie directe, comme il y a bonne autogestion et mauvaise autogestion. La « démocratie directe » qui consiste à lyncher un « mauvais » ou à le pendre comme cela se faisait au Far-West est évidemment un mauvais exemple, une pseudo-démocratie directe, comme l’autogestion sous une forme de salariat et de capitalisme d’État n’est pas une vraie autogestion.

Démocratie directe et autogestion réclament de la vertu, de la constance, de la tolérance, le goût des compromis, l’élimination des arrivismes, la bonne intelligence, le désintéressement, une forme d’autorité naturelle incarnée par les meilleurs et les sages, une volonté de s’élever et de mettre la main à la pâte sociale. Très vaste programme quasi utopique, l’être humain moyen étant ce qu’il est.

Les meilleurs eux-mêmes peuvent être gagnés par le dogmatisme. La tolérance (religieuse en particulier, ce qui ne fut pas la qualité première des anarchistes dont il est question plus bas) n’est pas donnée en soi. Enfin, le règlement pacifique des conflits est encore un autre difficile combat de l’esprit. N’est pas Gandhi qui veut. Ou plus exactement : bien peu sont spontanément Gandhi.

*

[…]

S. M. : Quel regard portes-tu sur le mouvement des Indignés ?

R. V. : C’est une réaction de salut public, à l’encontre de la résignation et de la peur qui donnent à la tyrannie du capitalisme financier son meilleur soutien. Mais l’indignation ne suffit pas. Il s’agit moins de lutter contre un système qui s’effondre qu’en faveur de nouvelles structures sociales, fondées sur la démocratie directe. Alors que l’État envoie à la casse les services publics, seul un mouvement autogestionnaire peut prendre en charge le bien-être de tous.

S. M. : L’utopisme est-il toujours à l’ordre du jour ?

R. V. : L’utopisme ? Mais c’est désormais l’enfer du passé. Nous avons toujours été contraints de vivre dans un lieu qui est partout et où nous ne sommes nulle part. Cette réalité est celle de notre exil. Elle nous a été imposée depuis des millénaires par une économie fondée sur l’exploitation de l’homme par l’homme. L’idéologie humaniste nous a fait croire que nous étions humains alors que nous restions, pour une bonne part, réduits à l’état de bêtes dont l’instinct prédateur s’assouvissait dans la volonté de pouvoir et d’appropriation. Notre « vallée de larmes » était considérée comme le meilleur des mondes possibles. Or, a-t-on inventé un mode d’existence plus fantasmatique et plus absurde que la toute-puissante cruauté des dieux, la caste des prêtres et des princes régnant sur les peuples asservis, l’obligation de travailler censée garantir la joie et accréditant le paradis stalinien, le Troisième Reich millénariste, la Révolution culturelle maoïste, la Société de bien-être (le Welfare state), le totalitarisme de l’argent hors duquel il n’y a ni salut individuel ni salut social, l’idée enfin que la survie est tout et que la vie n’est rien ? À cette utopie-là, qui passe pour la réalité, s’oppose la seule réalité qui vaille : ce que nous essayons de vivre en assurant notre bonheur et celui de tous. Désormais, nous ne sommes plus dans l’utopie, nous sommes au cœur d’une mutation, d’un changement de civilisation qui s’esquisse sous nos yeux et que beaucoup, aveuglés par l’obscurantisme dominant, sont incapables de discerner. Car la quête du profit fait des hommes des brutes prédatrices, insensibles et stupides.

S. M. : Explique-nous comment la gratuité est, selon toi, un premier pas décisif vers la fin de l’argent.

R. V. : L’argent n’est pas seulement en train de dévaluer (le pouvoir d’achat le prouve), il s’investit si sauvagement dans la bulle de la spéculation boursière qu’elle est vouée à imploser. La tornade du profit à court terme détruit tout sur son passage, elle stérilise la terre et dessèche la vie pour en tirer de vains bénéfices. La vie, humainement conçue, est incompatible avec l’économie qui exploite l’homme et la terre à des fins lucratives. À la différence de la survie, la vie donne et se donne. La gratuité est l’arme absolue contre la dictature du profit. En Grèce, le mouvement « Ne payez plus ! » se développe. Au départ, les automobilistes ont refusé les péages, ils ont eu le soutien d’un collectif d’avocats qui poursuit l’État, accusé d’avoir vendu les autoroutes à des firmes privées. Il est question maintenant de refuser le paiement des transports publics, d’exiger la gratuité des soins de santé et de l’enseignement, de ne plus verser les taxes et les impôts qui servent à renflouer les malversations bancaires et à enrichir les actionnaires. Le combat pour la jouissance de soi et du monde ne passe pas par l’argent mais, au contraire, l’exclut absolument.

[…] Il faudra bien que l’on comprenne, avant le krach financier qui s’annonce, que la gratuité est l’arme absolue de la vie contre l’économie.

Il ne s’agit pas de casser les hommes mais de casser le système qui les exploite et les machines qui font payer.

S. M. : Tu prônes la désobéissance civile. Qu’entends-tu par là ?

R. V. : C’est ce qui se passe en Grèce, en Espagne, en Tunisie, au Portugal. C’est ce que résume le titre de mon pamphlet écrit pour des amis libertaires de Thessalonique : L’État n’est plus rien, soyons tout. La désobéissance civile n’est pas une fin en soi. Elle est la voie vers la démocratie directe et vers l’autogestion généralisée, c’est-à-dire la création de conditions propices au bonheur individuel et collectif.

Le projet d’autogestion amorce sa réalisation quand une assemblée décide d’ignorer l’État et de mettre en place, de sa propre initiative, les structures capables de répondre aux besoins individuels et collectifs. De 1936 à 1939, les collectivités libertaires d’Andalousie, d’Aragon et de Catalogne ont expérimenté avec succès le système autogestionnaire. Le Parti communiste espagnol et l’armée de Lister l’écraseront, ouvrant la voie aux troupes franquistes.

Rien ne me paraît plus important aujourd’hui que la mise en œuvre de collectivités autogérées, capables de se développer lorsque l’effondrement monétaire fera disparaître l’argent et, avec lui, un mode de pensée implanté dans les mœurs depuis des millénaires.

[…]

S. M. : Quelle leçon peut-on tirer de cette longue année pendant laquelle la Belgique s’est passée de tout gouvernement ?

R. V. : Aucune. Pendant le sommeil lucratif des hommes politiques – 55 ministres qui n’ont pas de problèmes de fins de mois – les mafias financières continuent à faire la loi et se passent très bien des larbins qui sont à leur botte.

S. M. : Comment vois-tu la « révolution » en cours dans les pays arabes ? L’islam te semble-t-il une menace pour elles ?

R. V. : Où le social l’emporte, les préoccupations religieuses s’effacent. La liberté qui se débarrasse aujourd’hui de la tyrannie laïque n’est pas disposée à s’accommoder d’une tyrannie religieuse. L’islam va se démocratiser et connaître le même déclin que le christianisme. J’ai apprécié le slogan tunisien : « Liberté pour la prière, liberté pour l’apéro ! »

SOLUTION

Au fait, j’avais oublié : la solution de la définition de mots-croisés : « manque de peau » (en neuf lettres).

C’est bien évidemment : circoncis.

*

Une qui n’a pas manqué de pot c’est la Sinclair née Schwartz, évoquée par Desproges (cf. un précédent article).

Sinclair, nom de guerre du pater, en antonyme valorisant du patronyme Schwartz qui sent un peu trop « le démon nègre » et « la langue nazie » comme diraient les imbéciles.

Cet « être d’exception » née riche, multimillionnaire, cohéritière des collections d’un sur-exploiteur de la sueur artistique, je veux dire du marchand d’art et grand-père maternel Paul Rosenberg. Et tout autant spéculateur sur l’art (bon ou mauvais).

Cet être passé par « une école à l’ancienne », réservée à la haute bourgeoisie, le Cours parisien non confessionnel et totalement privé Hattemer de la rue de Pigalle (sic).

Extrait des tarifs annuels de la prochaine rentrée : – maternelle : 5715 euros, – sixième : 6270, – seconde : 8160. Ça fait cher la passe scolaire. Mais ce sont broutilles de riche.

Cours d’où sont sortis (en tout ou en partie de scolarité primaire et secondaire) des personnages comme Jean-Saül Partre le célèbre auteur de Vomis et autres Dégueulis, Françoise Sagan l’auteur, l’autrice unique… de quoi donc déjà ?, Jacques Chirac dit Bonjour Tristesse, Elisabeth Bleustein-Blanchet épouse Badinter femme d’affaires et idéologue du féminisme, ou encore Christine Ockrent épouse Kouchner, médiateuse. Que du beau monde !

C’est dire si la Seinsclairs a acquis très tôt le sens du social.

Et c‘est donc fort logiquement et en socialiste convaincue qu‘elle participa à la réclame officielle de Mitterrand en 1981. Mais elle refusa la proposition de son frère de sang Fabius de diriger la communication à Matignon pour devenir bientôt la Voix de son Maître dans ladite émission politique « 7 sur 7«  de TF1 (chaîne publique privatisée en 1987). Là, elle put embobiner une palanquée d’électeurs mâles de tous bords tombés sous le charme, Chimène, de ses yeux que l’on dit « uniques ».

En cela elle fut une sorte de partageuse. Mais c’est bien la seule chose qu’elle partagea jamais avec la masse du peuple franchouillard courant.

Ces unions encore moins.

La première fut donc avec Ivan Levaï, hongrois ashkénaze, un haut-médiateux qui fut longtemps un ponte à Europe-1, alias Radio-Israël .

La deuxième, un cran au-dessus encore, avec l’économico-politicard « plein d’avenir » juif Dominique Strauss dit Strauss-Kahn. De Neuilly, comme à des titres divers les deux derniers nabots sionistes de l’Élysée : Sarközy de Nagy-Bocsa, le magyaro-séfarade et Hollande l’indéfinissable crottin, pardon crétin tordu.

Et c’est alors qu’elle se trouvait à New York, écoutant en je ne sais quel boui-boui d’initiés, les miaulements inaudibles de l’indigent Benguigui dit Bruel, venu en personne spécialement de Paris pour fêter son anniversaire à elle, qu’elle apprit que son rêve de devenir Première Dame de France venait de s’envoler pour toujours avant même décollage de l’avion de son époux.

La troisième (non officialisée) avec le juif ashkénaze Pierre Nora, historien des français d’Algérie, du sentiment national et de la mémoire (sic), directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, et académicien. Et accessoirement censeur éditorial. Et ici, se rétablissant bien, Sinclair obtient finalement son immortalité par alliance. Sainte Alliance.

Petite remarque : ce Pierre Nora fait partie des gens qui ont signé le texte suivant dit L’Appel de Blois « Liberté pour l’Histoire » rédigé en 2008, au cours des Rendez-vous de l’Histoire consacrés cette année-là aux Européens.

« L’Histoire ne doit pas être l’esclave de l’actualité ni s’écrire sous la dictée de mémoires concurrentes. Dans un État libre, il n’appartient à aucune autorité politique de définir la vérité historique et de restreindre la liberté de l’historien sous la menace de sanctions pénales.

« Aux historiens, nous demandons de rassembler leurs forces à l’intérieur de leur propre pays en y créant des structures similaires à la nôtre et, dans l’immédiat, de signer individuellement cet appel pour mettre un coup d’arrêt à la dérive des lois mémorielles.

« Aux responsables politiques, nous demandons de prendre conscience que, s’il leur appartient d’entretenir la mémoire collective, ils ne doivent pas instituer, par la loi et pour le passé, des vérités d’État dont l’application judiciaire peut entraîner des conséquences graves pour le métier d’historien et la liberté intellectuelle en général.

« En démocratie, la liberté pour l’Histoire est la liberté de tous. »

Mais pas la Liberté pour tous ! Ni la Liberté totale ! En effet le pignouf s’est rapidement dégonflé, ou plus exactement il a vite fait démontré que dans ce texte c’était sa crémerie qu’il entendait défendre, pas celle des autres. Et bien moins encore les (pseudo, à son goût) historiens dits révisionnistes, les seuls persécutés dans les faits.

En effet le grotesque du personnage, son côté bouffon lui fit ajouter bientôt qu’il ne saurait y avoir débat sur certain mythe, ou si l’on préfère sur la vérité sacrée de certaines chambres à gaz homicides consacrées dogme « démocratique » d’État par les thuriféraires d’un saint jugement de tribunal militaire.

Mais c’est une vérité première, une banalité sociologique des temps présents que, en tous domaines de la Pensée, la « Vérité » (la vérité officielle) ne peut-être érigée et édictée que par des juifs patentés et très généralement sionistes, y compris dans celui de la contestation de leur propre point de vue. Récupération intégrale et bien évidemment totalement dénaturée. *

Dans un autre genre c’est Badinter qui dit pas trop fort, tout en catimini, si on lui pose la question seulement, et en un peu alambiqué son opposition à la loi totalitaire socialo-stalinienne Fabius-Gayssot. Mais revenons à Sinclair.

Cette femme qui n’a jamais dû approcher de près un quelconque pue-la-sueur-populaire, ou autre sans-dent, ne saurait même approcher quelque noble ou bourgeois goy. Elle n’envisage de déroger aucunement (comme le rappelait Pierre Desproges sans en connaître la suite, citant un livre qu’il faut lire, il est plus que jamais très instructif**) et a toujours réservé ses faveurs (du moins ses faveurs officielles) à des membres (sic, vous voyez bien que je ne suis pas du tout hors-sujet) de l’Élite mâle du Monde.

Sinclair n’est pas raciste, elle est juste, comme les sang bleu d’autrefois, attachée à la tradition des mariages quasi consanguins. Elle est uniquement adepte du communautarisme, mais pas plus, qui finit comme on sait du côté du sionisme, où la dégénérescence de l’esprit d’humanité est vraiment pas bien jolie à voir.

Comme tout socialiste pur jus, elle est très encline à célébrer les vertus premières de la République : la liberté, bien sûr, celle des friqués ; l’égalité, bien évidemment, celle des entre-soi ; et la fraternité tribale subséquente comme de bien entendu.

Et à défaut d’implorer Saint Clair, elle est la première à fredonner, accompagnée comme on l’imagine à la gratte par son pote Benguigui :

« Qu’un sang impur n’abreuve mon sillon ! »

* Cf. Annexe :

Du blog inofficiel (sic) de Robert Faurisson en date du 8 octobre 2008 :

Pierre Nora jette le masque.

Feu René Rémond avait fondé l’association « Liberté Pour l’Histoire »(LPH). Il prétendait défendre le droit pour chacun, et non pas seulement pour les historiens professionnels, de traiter de l’histoire en toute liberté, sans encourir les foudres d’une loi qui nous dicterait d’avance où sont le vrai et le faux en matière historique. Mais, lorsque des révisionnistes sont tombés sous le coup de lourdes condamnations prononcées sur le fondement de la loi Fabius-Gayssot (adoptée le 13 juillet 1990), il a, en substance, déclaré que ces «négationnistes» n’étaient pas… des historiens, et qu’il les condamnait.

Pierre Nora, son successeur, a d’abord entretenu l’équivoque. Soucieux de défendre un collègue universitaire poursuivi en justice pour avoir publié une histoire de l’esclavage qui déplaisait à une association noire, il a dénoncé la nocivité des «lois mémorielles», dont la première était la loi Fabius-Gayssot. Certains se sont alors imaginé qu’il demandait, en conséquence, l’abrogation de cette loi spécifiquement dirigée contre les révisionnistes. J’ai eu l’occasion de mettre certains révisionnistes en garde contre cette illusion et j’ai pu leur révéler qu’au sein de son association P. Nora était allé jusqu’à dire que, dans la défense de «la loi Gayssot», il fallait se montrer résolu; il déclarait: «Gardons-nous d’adopter une attitude défensive; nous devons être offensifs sur le plan intellectuel» ou encore: «Il importe de convaincre individuellement les historiens gênés par la loi Gayssot». Pour lui, il convient que la loi Fabius-Gayssot reste la seule loi de son espèce car un seul «génocide» mérite la protection de la loi, celui des juifs. La cause des Vendéens, des Noirs, des Arméniens, des victimes du communisme (autrefois et aujourd’hui), des Rwandais ou d’autres encore ne doit pas bénéficier, à son tour, d’une loi spécifique interdisant toute contestation. Les juifs devront conserver l’exclusivité de leur privilège (comme des nobles? comme des commerçants soucieux d’interdire la concurrence?).

Demain, 9 octobre, paraîtra aux éditions du CNRS un livre portant le titre fallacieux deLiberté pour l’Histoire. Il a pour auteurs P. Nora, «historien, membre de l’Académie française», et Françoise Chandernagor, «romancière, membre de l’Académie française». C’est ce qu’annonce, en page 8, Le Figaro (de M. Dassault). Dans un article intitulé «Gare à une criminalisation générale du passé ». P. Nora jette le masque: il est en faveur d’une criminalisation particulière du passé, celui des juifs, et il réprouve toute criminalisation générale qui s’étendrait au passé d’autres groupes humains. En clair, pour lui, il est et il restera criminel de contester l’histoire de «l’extermination» (sic) des juifs telle que l’ont écrite les juges de Nuremberg en 1945-1946, mais il ne devra pas être criminel de contester l’histoire de toute autre «extermination». Selon ses propres mots, «la loi Gayssot avait été conçue dans les circonstances très précises du négationnisme faurissonien, non pas contre les historiens, mais contre les militants de la contre-vérité historique.» Autrement dit, pas de liberté pour les ennemis de la liberté (ou pour ceux que, d’autorité et sans le prouver le moins du monde, l’on décrète menteurs).

Quant à la romancière F. Chandernagor, en un premier temps, elle a su dénoncer la loi Fabius-Gayssot à l’égal de toute autre «loi mémorielle», mais, en un second temps, elle a cru devoir approuver P. Nora. On le regrettera pour elle.

** André Harris & Alain de Sédouy : Juifs et Français (Grasset, 1979).

ÇA SE DISCUTE !

cra_p4_q30– Monsieur le panthéiste, jamais vous ne me ferez croire que le bon Dieu est dans mon caca !

in n° 59 (du 17 mai 1902) de L’Assiette au Beurre intitulé « Cra », entièrement réalisé par Henri Jossot.

PROPAGANDE D’ÉTAT "ANTIRACISTE" DU PLUS HAUT COMIQUE À LA TÉLOCHE

Présentation par Égalité et Réconciliation :

« À l’approche de la fête nationale, le CSA et les chaînes de télévision publiques ont lancé le 8 juillet une vaste opération de propagande intitulée « Osons la fraternité !».

La société Electron Libre Production de Yannis Chebbi et Michaël Kazan (Groupe Lagardère) a réalisé pour le compte de France Télévisions de fausses publicités vantant les mérites de produits capables d’éradiquer « le racisme » et « l’antisémitisme ». Fait notable : tous les « racistes » et « antisémites » y sont des hommes et femmes blancs. Le leitmotiv est révélé à la fin, quand les réclames sont interrompues pour laisser place à une pensée toute en novlangue républicaine :

« Les produits miracles contre l’antisémitisme/le racisme, ça n’existe pas ! Face à ce mal qui nous divise, une valeur nous rassemble, c’est la fraternité. »

David Djaoui, directeur de l’événementiel à la télévision d’Etat, explique la démarche :

« Nous avons voulu une campagne choc ! Un peu dans l’esprit, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, quatre spots de 45 secondes oseront le décalé, le second degré. »

Le résultat laisse coi : »

1 – https://www.youtube.com/watch?v=cFkQPoOm5rY

Mais pour en savoir plus :

https://www.youtube.com/watch?v=Ts7H0swNz0g

2- https://www.youtube.com/watch?v=3z4-BPDRpYk

Mais pour en savoir plus :

https://www.youtube.com/watch?v=-WoQsLZmynY

3 – https://www.youtube.com/watch?v=P0PdsmQqIZ4

Mais pour en savoir plus :

https://www.youtube.com/watch?v=z_Sj53fv70c

4- https://www.youtube.com/watch?v=nPPhTkNPP_w

Mais pour en savoir plus :

https://www.youtube.com/watch?v=DOHr60Q_S4k&list=PL5n-tuzqH9l3qIVwbZrCyoQLxHigGhHNI

Définition de mots-croisés piquée aux Frères Ennemis :

Manque de peau (en neuf lettres).

La solution demain.

MANU, VA TE FAIRE VOIR CHEZ LES GRECS !

Comme vient de l’écrire, en grec dans le texte, l’hystéro-sioniste bien connu, ou si l’on préfère le fils de franquiste barcelonais venu faire carrière en France, déguisé en fils de républicain espagnol en exil : η Ελλάδα είναι η Ευρώπη !

Autrement dit : La Grèce, c’est l’Europe !

Français, vous n’avez donc pas encore tout vu ! Et tout subi, surtout !

LE DOCTEUR CHRISTOPHE OBERLIN : UN HOMME DEBOUT

I – Israël est un état mafieux.

Source : silviacattori.net

Le 28 mai 2013 a eu lieu à Paris à l’Institut du Monde Arabe une commémoration du 65ème anniversaire de la Nakba. Ont été invités à s’exprimer notamment Hael Al Fahoum, ambassadeur de Palestine en France, et Christophe Oberlin, chirurgien français qui s’est rendu plus d’une trentaine de fois à Gaza. Voici le texte de son excellente intervention qui se démarque des propos convenus habituels.

La cause palestinienne est une cause universelle, et à ce titre tout citoyen du monde a le droit de faire connaître son avis. Je m’inscris dans cette démarche. Mes voyages réguliers en Palestine, et notamment à Gaza, ont fait l’objet de conférences et de quelques livres, qui ont naturellement la subjectivité et la fragilité du témoignage, j’en suis conscient. Mais ils ont aussi l’avantage de constituer un point de vue « de l’intérieur », de rapporter peut-être ce qui se passe réellement dans l’esprit des Palestiniens du terrain, de ceux qui y vivent et résistent au quotidien.

Mais je voudrais ici évoquer des questions qui, bien que d’ordre général, ne sont que rarement abordées ou approfondies dans nos médias et par nos élus en Occident.

La première question est celle du droit.

Je ne reviendrai pas sur la trentaine de résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU négligées par Israël, où sur le Droit International Humanitaire bafoué. Je voudrais insister sur d’autres aspects juridiques.

Au plan international, le conflit israélien « bénéficie » d’un traitement exorbitant. Alors que depuis la fin de la 2ème guerre mondiale l’Organisation des Nations Unies est censée arbitrer les conflits internationaux, voilà que pour le cas unique du conflit israélo-palestinien on a confié la résolution du problème aux Russes, aux Américains, à l’Europe de l’OTAN…. Et enfin à l’ONU qui n’a plus qu’un strapontin à la table de négociation. On mesure ici le succès de l’entreprise de dé-légitimation de l’ONU effectué par Israël. Certains pseudo professeurs de Droit international s’y emploient à temps plein !

Un deuxième pan du droit qui mériterait sans doute aussi d’être respecté est celui… du Droit palestinien lui-même. Sans cela, son propre gouvernement prêterait le flanc à la même critique que ces nombreux gouvernements arabes issus de la décolonisation, et qui sont ébranlés aujourd’hui par les révolutions.

Il faut le dire et le répéter : les lois fondamentales palestiniennes qui font office de Constitution nous disent que, lorsque le président de l’Autorité Palestinienne a terminé son mandat et que de nouvelles élections ne peuvent être tenues, c’est le président du parlement qui lui succède : Aziz Duweik devrait être aujourd’hui le président de l’Autorité Palestinienne.

Les élections législatives de 2006, et les élections municipales qui les ont précédées, ont désigné un vainqueur qui a souhaité intégrer au gouvernement le parti minoritaire. C’est le parti minoritaire qui a refusé, et qui a essayé de refaire les élections dans la rue, de faire un coup d’État, j’en ai été le témoin. Cette tentative a été un échec : le peuple n’en voulait pas. Il faut le reconnaître !

La deuxième notion que je voudrais discuter est la notion d’État. Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il n’y a pas de définition précise, réglementaire, juridique de la notion d’État. En particulier il n’entre pas dans les prérogatives de l’ONU de faire ou de défaire les États. Un État, c’est une population animée par un sentiment d’appartenance, sur un territoire donné, sous une loi commune, une force unique chargée de faire respecter la loi, etc. Un État, nous disent les meilleurs juristes, c’est comme un enfant : il est né, il est sous nos yeux : son existence ne dépend ni de sa reconnaissance par ses parents, ni de son enregistrement à l’État civil : un État, c’est un fait ! La Palestine, Philistia, avec ses cinq villes historiques, Gaza (mentionnée sur les temples égyptiens), Ashquelon, Ashdot, Ekron et Gath, existe depuis trois mille ans ! Et elle figure sur toutes les cartes du Proche-Orient sans interruption depuis la plus ancienne carte du monde gravée sur le temple de Karnak en Égypte ! À l’époque moderne, en 1922, la Société des Nations issue de la première guerre mondiale, a reconnu l’État de Palestine, même si elle en a confié le mandat aux Britanniques. Et jusqu’en 1948 les Palestiniens ont bénéficié d’un passeport portant sur sa couverture la mention : « État de Palestine ». Un État est un fait, même s’il est sous mandat, ou sous occupation. Et il n’est pas nécessaire d’être enregistré à l’ONU pour constituer un État : les îles COOK, État indépendant, ne sont pas membres des Nations Unies. Elles ont préféré confier leur sécurité et leur politique étrangère à la Nouvelle Zélande toute proche. Mais ceci n’empêche pas les îles Cook, le cas échéant, de saisir la Cour Pénale Internationale.

Alors bien entendu on ne peut que se réjouir de l’entrée progressive de la Palestine dans les organisations internationales. Mais ceci appelle aussi des commentaires. Par exemple l’intégration de la Palestine à l’UNESCO est une excellente chose. Elle a eu une conséquence imprévue, je dis bien imprévue : la suspension du versement de la cotisation américaine. Mais il faut savoir que la réglementation de l’UNESCO prévoit qu’un État, s’il souhaite se retirer, dépose un préavis de trois ans. Actuellement les États-Unis devraient continuer à payer, ce qu’ils ne font pas. Et des programmes entiers de l’agence ont dû être amputés. Logiquement une action juridique de l’UNESCO à l’encontre des États-Unis devrait être engagée pour non-paiement illégal de leur contribution ; action juridique que la direction actuelle de l’UNESCO n’a pas souhaitée.

Concernant l’intégration de la Palestine à L’ONU, on nous a fait croire que cette intégration était nécessaire pour pouvoir saisir la juridiction internationale pour les crimes de guerre commis par Israël notamment à Gaza en 2009. C’est faux : les mouvements de libération nationale, comme le Fatah, peuvent parfaitement saisir la Cour Pénale Internationale. L’Autorité Palestinienne a d’ailleurs ébauché une demande en ce sens au printemps 2009, avant de faire marche arrière, alors que cette démarche avait été jugée recevable par la CPI.

En face du désormais État palestinien, quelle est la nature de l’État d’Israël ? Nombreux sont ceux qui parlent d’un « État colonial ». Certes en Cisjordanie il existe des colonies. Mais le terme de « colonies » implique une métropole : est-ce le territoire situé à l’intérieur des frontières de 1967 ? Ce serait rayer d’un trait les millions de Palestiniens qui vivent dans des conditions de discrimination inacceptables notamment au Liban, en Syrie, en Jordanie, en Israël même. Non Israël n’est pas un « État colonial » : Israël se dit un « État juif ». Un État réservé à un groupe constitué à titres divers sur les bases d’une religion, d’une philosophie, d’un sentiment d’appartenance. Je refuse pour ma part la constitution d’un groupe sur une base matri-linéaire, génétique. Les races humaines n’existent pas. La race juive n’existe pas. L’ethnie, version actualisée de la race, n’existe pas non plus. Alors l’État d’Israël est le produit d’un Lobby. Et un lobby, par définition, on ne le convainc pas. La « négociation », ça ne sert à rien. On n’oppose pas une diplomatie honnête au mensonge diplomatique. Israël n’est donc pas, stricto sensu, un État colonial, c’est un État tribal, qui utilise des moyens illégaux, c’est un État maffieux.

Alors dans ce contexte, dans ce conflit dont je viens de rappeler les protagonistes, se pose inévitablement la question de donner la parole au peuple, de rentrer dans le Droit, de reconnaître la victoire du parti qui a gagné les élections. La diplomatie occidentale s’est tiré une balle dans le pied en plaçant un mouvement de libération nationale, le Hamas, sur la liste des organisations terroristes. Dix ans plus tard, la position de notre diplomatie est intenable : le Hamas est le parti majoritaire en Palestine, jusqu’à preuve du contraire, et les pays arabes font massivement leur révolution et désignent démocratiquement des dirigeants politiquement proches du Hamas.

Quelle cohérence y-a-t-il à reconnaître la victoire d’Enahda en Tunisie, du PJD au Maroc, de Morsi en Égypte, sans reconnaitre le Hamas ?

Le crime originel du Hamas est de ne pas avoir accepté les accords d’Oslo. Mais aujourd’hui qui peut contester que le Hamas avait raison ? Même l’Autorité palestinienne le reconnaît ! Leila Chahid le dit : « 20 ans de négociations n’ont servi à rien » ! Alors, bien entendu, l’idéal serait un retour aux urnes. Et le Fatah, s’il était éventuellement battu aux élections, et le reconnaissait, retrouverait incontestablement sa légitimité politique. Mais c’est justement parce que cette défaite est hautement probable qu’Israël ne laissera pas avant longtemps des élections libres se tenir en Cisjordanie.

On parle beaucoup d’une soi-disant réconciliation qui serait nécessaire entre Palestiniens. Mais je peux témoigner qu’il n’y a pas eu divorce entre les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, sympathisants du Fatah ou du Hamas, des camps de réfugiés, des prisons, des Palestiniens israéliens. Ils souhaitent tous s’exprimer, dans le calme et la fraternité.

Alors si Israël ne veut pas d’élections, peut-on au moins avancer vers la réunion des forces palestiniennes ? Mais qui empêche le Hamas d’intégrer l’OLP ? Combien de représentations diplomatiques à l’étranger ont-elles été confiées au parti qui a gagné les élections ? Quand sera levée cette mesure de Ramallah qui consiste à ne payer les fonctionnaires de Gaza qu’à la condition expresse qu’ils ne travaillent pas ? Quand l’Autorité Palestinienne va-t-elle entreprendre une action devant la juridiction internationale pour les crimes de guerre commis par Israël à Gaza ? « Nous ne le ferons pas, dit-on, ce serait une déclaration de guerre à Israël ». Parce que la Palestine n’est donc pas en guerre ? Les massacres, le siège, la torture, ce n’est pas la guerre ? Si, c’est la guerre, et dans cette logique l’Autorité Palestinienne pourrait aussi démissionner, replaçant alors la Cisjordanie dans sa situation réelle qui est celle de la guerre et de l’occupation, replaçant Gaza dans sa situation réelle qui est celle de la guerre et du siège, replaçant Israël devant ses propres responsabilités.

Alors quelles conclusions peut-on tirer aujourd’hui ?

Il est inutile de se limiter à brandir face à Israël l’argument du droit international. Non seulement c’est inefficace, mais la politique de conquête et d’annexion, alors que le droit est bafoué, contribue peut-être même à renforcer les faits accomplis israéliens. Aux yeux des sionistes se trouve accréditée l’idée de la relativité du droit. Une sorte de jurisprudence du « Non-Droit ». En substance : « Vous vous rendez-compte, si on avait appliqué les résolutions de l’ONU, Israël n’existerait pas, ou si peu ! »

Mais ce n’est pas parce qu’Israël ne respecte pas le droit que les autres parties ne doivent pas le faire : l’ébauche d’un droit de nature démocratique en Palestine, même imparfait, doit être respectée : respect des lois fondamentales palestiniennes, respect du résultat des élections, respect de l’alternance politique, consultation des citoyens sur les questions fondamentales.

Les révolutions arabes ont commencé en Palestine, et la bande de Gaza, même si elle ne s’étend que sur 1% du territoire de la Palestine historique, constitue la tête de pont de la libération de la Palestine : une population, des frontières, une administration, une force de protection unifiée : l’État palestinien est là, en attendant plus.

Alors la seule manière de résoudre équitablement les conflits est de recourir au Droit, à la Justice, en utilisant les outils que les hommes ont construits. L’Organisation des Nations Unies en fait partie. Sa charte en constitue le socle fondamental. Mais certaines règles doivent évoluer, en particulier le fonctionnement du Conseil de Sécurité, ne serait-ce que le droit de véto qui doit être réformé.

Alors, les milliards de la guerre ne pourraient-ils pas être investis dans une paix élaborée par la représentation des nations ? Basée sur une consultation de toutes les populations concernées par le conflit, y compris les réfugiés palestiniens ?

Les peuples, comme les espèces, sont en permanente évolution. L’état de guerre perpétuel n’existe pas. Au bout de la guerre, ou de la négociation pacifique, il y a l’égalité des droits. L’État juif, c’est fini. La libération de la Palestine est inéluctable

Christophe Oberlin 28 mai 2013

II – Lettre ouverte à François Hollande et autres racistes qui nous dirigent

(13 juillet 2014)

source : https://www.youtube.com/watch?v=wE5ysC0NbAk&feature=youtu.be

Le texte de la vidéo :

« Vous président, voulez-vous que je vous montre les photos des enfants palestiniens coupés en deux par les bombes israéliennes ?

Vous président, savez-vous qu’un enfant palestinien est tué par Israël chaque trois jours, depuis dix ans ?

Vous président, vous vous inscrivez dans la lignée d’une classe politique détestable : celle qui a fait fonctionner la guillotine pendant la guerre d’Algérie, celle qui a signé pour l’assassinat de Larbi ben Mhidi, celle de l’expédition de Suez, celle qui a donné la bombe atomique à Israël.

Vous président n’avez décidément rien retenu des cours d’histoire et des cours de droit de l’Institut d’Études Politiques de Paris.

Vous président, alors qu’Israël agrandit tous les jours son territoire par la force, vous prétendez nier le droit des Palestiniens à résister par la force ?

Vous président, en soutenant un état qui agrandit ses frontières par la force, vous violez la charte des Nations Unies !

Vous président, par la coopération militaire que vous entretenez avec Israël, vous êtes juridiquement complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Vous président, alors que les Palestiniens sont majoritaires sur le territoire de la Palestine, en soutenant la minorité vous niez la démocratie !

Vous président, je vous accuse de l’une des pires formes de racisme : le racisme en col blanc !

Vous président, vos déclarations n’engagent que vous, vous êtes la honte de la France ! »

III – Le Dr Oberlin persécuté par sa hiérarchie pour antisionisme et soutien à Dieudonné.

Source : arretsurinfo.ch

La chambre disciplinaire du Conseil départemental de l’Ordre des médecins de la ville de Paris, en date du 12 juin 2015, a condamné à un blâme le Pr Christophe Oberlin.

Dans une lettre le Pr Haiat, président de l’Association des Médecins israélites de France, avait dénoncé une question d’examen de droit humanitaire, posée dans le cadre d’un certificat optionnel de médecine humanitaire, et remontant à juin 2012. Ladite question, qui était un cas réel de droit tiré du rapport de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur la guerre de Gaza de l’hiver 2008-2009, a été considérée comme « partiale et partisane ». La chambre a également estimé que le Pr Oberlin avait, sur un site Internet, « tenu des propos antisémites ». Le Conseil de l’Ordre reproche enfin au Dr Oberlin « de prendre parti contre un État juif à majorité juive », et d’avoir « défendu les spectacles de Dieudonné ».

Le Pr Oberlin, défendu par maître Devers, Kattineh-Borgnat, et Cochain, a fait appel de cette décision qui repose sur une vision partielle et partiale des faits, et qui ignore les principes les plus établis du droit.

Christophe Oberlin
6 juillet 2015

Christophe Oberlin est un chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Son dernier ouvrage paru : Le Chemin de la Cour – Les dirigeants israéliens devant la Cour pénale internationale, Erick Bonnier 2014.

*

N.B. Certes, comme il est dit plus haut «  La Palestine, Philistia, avec ses cinq villes historiques… » qui remonte à plusieurs millénaires… Du temps quasi mythique de Goliath de Gath (Jalout en arabe). Qui aurait pu être, dit-on chez les historiens, de peuplement indo-européen (peuples de la mer).

(Soit dit en passant, Goliath a une racine consonantique (GLTh) proche de celle de Galaad (GL’D), Jal’ād en arabe, nom du peuple antique situé au Nord de la Mer Noire, ou encore de Galates (GLT) peuple gaulois anatolien de l’époque beaucoup récente de la Grande Expédition gauloise.)

Mais ce serait une erreur de restreindre la Palestine d’aujourd’hui à ces cinq villes. Enfin, comme toutes les contrées du monde, les cultures, cités-nations, états-nations, etc. la Palestine au sens le plus large fut une zone de brassage de populations qui connut diverses tribus, peuples, langues, religions, sémites et non sémites (grecs et romains par exemple).

Et les toponymes changent bien moins vite que les peuples et les langues qui les utilisent. Il est tout à fait courant et presque banal de voir des toponymes, hydronymes, ethnonymes, etc. remonter à l’Antiquité. En France par exemple (mais c’est un autre sujet).

Le plus triste est que jusqu’à l’émergence du sionisme en Europe (fait européen, celui de juifs non-sémites, il faut le répéter sans cesse) les sémito-juifs de Palestine ne s’entendaient pas si mal avec les arabo-musulmans et avec les sémito-chrétiens de Palestine. Et quand je dis « arabo-musulmans », c’est un grand raccourci : il conviendrait de dire sémito-musulmans de langue arabe ; parmi eux combien de descendants de juifs des temps anciens ? Idem pour les chrétiens d’Orient.