Jean-Pierre Fleury : « Il y a quelques jours, sur TMC, a été diffusée une émission intitulée « Ces émissions qui nous ont marqués », suivie par 700.000 voire un million de personnes. On y voit de très anciennes images de vous, des images qui datent d’un quart de siècle. Il s’agissait de l’émission « Ciel mon mardi ». Et en plus, M. Dechavanne utilise votre image (sans vous demander votre avis) pour en faire un GIF, dans la présentation de l’émission !… Voulez-vous nous dire vos réactions principales, Olivier Mathieu?»
Olivier Mathieu : « Très volontiers. Pendant l’émission de TMC, on voit Christophe Dechavanne et son collègue Patrick Carmouze déclarer ce qui suit, en substance : il y a eu un « deal », expliquent-ils, l’émission devait parler de l’extrême droite mais pas du révisionnisme »…
Jean-Pierre Fleury : « Et donc ? »
Olivier Mathieu : « Je les remercie. C’est très aimable à eux de le confirmer, en 2015. En effet, ce deal, comme ils disent en 2015, c’est moi le premier qui en ai révélé l’existence, dès le 6 février 1990 au soir, en disant textuellement : Il faut que les téléspectateurs sachent quelque chose. Vous m’avez interdit, Monsieur Dechavanne, de parler du révisionnisme ».
Jean-Pierre Fleury : « En effet, vous avez été le premier à désirer que les téléspectateurs soient ainsi mis au courant de cette interdiction qu vous avait été faite».
Olivier Mathieu : « Dans son livre La fièvre du mardi soir, paru en 1991, page 82, Christophe Dechavanne en personne écrit à mon sujet : « Mais quand on l’a contacté pour l’inviter, on ne savait pas tout. On l’avait convié sur le plateau pour parler de l’extrême droite. Pas du révisionnisme. Lorsqu’on s’aperçoit, avant l’émission, de ses fâcheuses tendances à nier l’évidence historique, il nous donne sa parole d’homme qu’il n’en parlera pas».
Jean-Pierre Fleury : « Certes, on pourrait peut-être se demander comment un journaliste professionnel fait pour inviter quelqu’un dont il ne sait pas tout. Et ensuite, comment ce même journaliste fait pour interdire certains sujets à quelqu’un dont il déclare ne pas tout savoir. Mais pardon, je vous ai interrompu »…
Olivier Mathieu : « Je vous en prie. Page 83 du même livre, le même Christophe Dechavanne écrit : « Quand je lui donne enfin la parole, au bout d’un moment, il crie à la censure. Il raconte que je lui ai interdit de parler de révisionnisme ».
Jean-Pierre Fleury : « En effet, la chose est claire, il vous avait effectivement interdit de parler de révisionnisme : Christophe Dechavanne l’a donc confirmé en 2015, dans l’émission de TMC ».
Olivier Mathieu : « Qu’il en soit encore remercié. Un autre problème est cependant, me semble-t-il, qu’un journaliste ou qu’un animateur de télé, dans une démocratie, interdise (sic) à quelque invité que ce soit de parler de ce dont il veut. Le problème est qu’un simple journaliste établisse une discrimination entre les sujets qui seraient « autorisés » (sic) et les sujets qui ne seraient « pas autorisés » (sic). Ce n’est pas à un journaliste de décider de quoi doit parler un invité, à moins que l’on ne veuille vivre dans un monde ou une société où le journaliste qui fait l’interview dicte à l’interviewé ce qu’il doit dire (ou pas dire)… »
Jean-Pierre Fleury : « Sur TF1, on a bien eu la fausse interview de PPDA à Fidel Castro »…
Olivier Mathieu : « Oui, c’est exact !… Mais pour en revenir à Ciel mon mardi du 6 février 1990, il y a autre chose à dire. Supposons même qu’il y ait des sujets, dans une démocratie, dont il serait interdit de parler. Même si précisément la démocratie pose, par principe, qu’il est permis de parler de tout. Mais même s’il existait une interdiction de parler de quelque chose, cette interdiction devrait émaner de la loi, ou d’une autorité en place. Même s’il existait une interdiction de parler de quelque chose, une telle interdiction ne saurait être décidée unilatéralement par un journaliste de télé »…
Jean-Pierre Fleury : « En outre, déjà le simple respect de la chronologie indique que l’émission ayant eu lieu le 6 février 1990, donc avant la promulgation de la Loi Fabius-Gayssot, laquelle date du mois de juillet suivant, les propos que vous avez tenus ne tombaient pas sous les coups de quelque loi que ce soit alors en vigueur ».
Olivier Mathieu : « C’est exact. Il est donc absurde qu’un journaliste, Christophe Dechavanne, et / ou son équipe de journalistes, ait prétendu unilatéralement interdire à un écrivain et citoyen français, en février 1990, de dire ce qu’il voulait sur le sujet qu’il voulait. Imaginons ce qui se serait passé ou ce qui se passerait si, en Iran, à Cuba, en Corée du Nord, ou dans n’importe quel autre pays, un journaliste interdisait à un invité tel ou tel sujet… Une interdiction, celle de Christophe Dechavanne, qui ne s’appuyait même pas sur le respect d’une loi qui, à ce moment-là, aurait été approuvée par le Parlement français! Dans une démocratie, ce ne sont pas les journalistes ou animateurs – comme Christophe Dechavanne – qui devraient décider de ce qui est à dire ou pas à dire. Sinon, tel ou tel journaliste pourrait décider qu’on ne peut pas parler d’astrologie, ou d’extraterrestres, ou de philosophie, ou de quoi que ce soit d’autre ».
Jean-Pierre Fleury : « C’est en effet à la loi de juger. Et évidemment, vous n’aviez enfreint aucune loi alors en vigueur, puisque cette émission ne vous a valu aucun dépôt de plainte contre vous. Il en irait peut-être autrement aujourd’hui, si l’on vivait sous le régime de lois rétroactives, ce qui n’est heureusement pas le cas dans une démocratie ».
Olivier Mathieu : « Oui, les choses semblent assez claires. Le 6 février 1990, on a ainsi vu un journaliste-animateur interdire à un invité de parler d’un sujet donné. Ce journaliste-animateur confirme cette censure en 2015, un quart de siècle après ».
Jean-Pierre Fleury : « Christophe Dechavanne, naturellement, pense ce qu’il veut ».
Olivier Mathieu : « Oui, parfaitement ! Christophe Dechavanne pense ce qu’il veut. Mais justement, ce que pense le journaliste ne devrait pas entrer en conflit avec ce que pense l’interviewé. Si un journaliste interviewe un footballeur, le public se moque probablement de ce que pense le journaliste du football. Si un journaliste interviewe un pédophile, le public se moque probablement de ce que pense le journaliste de la pédophilie. Ceci devrait valoir pour tous les sujets. Le problème, me semble-t-il, est d’organiser des émissions où le spectateur croit assister à un spectacle honnête, démocratique justement, où rien n’est truqué. Mais une émission est truquée si, dans les coulisses et dans l’ignorance du grand public, les journalistes-animateurs se mettent d’accord avec les invités au sujet de ce qui sera dit ou pas dit. Je suis donc sans doute l’un des rares ou l’un des premiers, le 6 février 1990, à avoir respecté le public en déclarant que : Il faut que les téléspectateurs sachent quelque chose. Vous m’avez interdit, Monsieur Dechavanne, de parler »…
Jean-Pierre Fleury : « Et ceci ne doit pas être pris, en 2015, de votre part, pour une défense des milieux révisionnistes ! C’est ce que j’ai d’ailleurs expliqué dès 2009 dans mon livre, la biographie de 400 pages que je vous ai consacrée, intitulée Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique ».
Olivier Mathieu : « En rien. J’ai eu souvent l’occasion de dire, depuis 1990, la déception – pour ne pas dire davantage – que m’ont causée et que me causent ces petits milieux, ces micro-milieux, que je ne fréquente plus depuis vingt-cinq ans, que je ne fréquenterai plus jamais et qui ne m’intéressent plus. Peu importe qu’ils s’appellent « révisionnistes » et que leurs adversaires les définissent comme « négationnistes ». Je n’ai plus aucun contact avec ces gens. Je ne veux surtout plus en avoir. De leur côté, ils m’ont insulté à des dizaines de reprises sur leurs sites. Je leur rends leur mépris. Or moi, je ne défends rien d’autre que moi-même et ma pratique de la littérature. Je n’ai besoin ni des révisionnistes, ni des journalistes comme Christophe Dechavanne, pour me dire de quoi je devrais parler ou pas, ou comment je devrais en parler. J’entends me situer à égale distance des milieux révisionnistes et des innombrables Messieurs Dechavanne. Je suis un écrivain, un auteur indépendant, un homme libre, et point final. Mais certainement pas un militant de quoi que ce soit, ou un conformiste de quelque cause que ce soit. Surtout, on devrait comprendre une chose, à savoir que je ne suis certainement pas d’extrême droite et que je ne l’étais pas lors de l’émission Ciel mon mardi. J’avais les cheveux longs, et il y avait en revanche un militant d’extrême droite à la nuque rasée qui braillait « qu’il n’était pas avec ce monsieur ». Le monsieur en question, c’était moi. Dont acte. Moi, je n’ai jamais été à l’école, je me suis fait réformer du service militaire, je ne suis pas catho et je me suis fait excommunier par débaptisation, et pendant les quelques années où j’ai fréquenté des milieux d’extrême droite j’ai passé mon temps à leur dire que je n’étais pas d’extrême droite. En 1992 il y avait des torchons d’extrême droite qui appelaient leurs militants à me casser la gueule à vue. Ah bon, je suis d’extrême droite moi ? J’ai donné aussi en particulier une longue interview à Michel Marmin, en 2003, il y a donc plus de dix ans, dans le journal Eléments, où j’explique en long et en large que je N’ai JAMAIS été d’extrême droite. Cela dit, il est évident que ça arrangeait quelqu’un en 1990, et que ça doit encore arranger certains en 2015, de me faire jouer le rôle de l’épouvantail d’extrême droite»…
Jean-Pierre Fleury : « M. Dechavanne a-t-il oublié de dire quelque chose ? »
Olivier Mathieu : « Moi, je tiens à le remercier encore, parce qu’il profite de ce genre d’émissions pour se corriger lui-même. Par exemple, dans son livre La fièvre du mardi soir, page 84, il écrivait : « Mathieu demande une minute de silence… pour l’extermination des Allemands ». Textuel !… Or je n’ai jamais demandé une minute de silence « pour l’extermination des Allemands »…
Jean-Pierre Fleury : « En effet, il suffit d’écouter l’émission pour s’en rendre compte ».
Olivier Mathieu : « Et l’émission de TMC aura permis de voir et d’entendre, à qui sait voir et entendre, que j’avais parlé des populations civiles transportées en Allemagne de l’Ouest après la seconde guerre mondiale, et transportées comme l’avait établi la conférence de Potsdam ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Conférence_de_Potsdam ).
Jean-Pierre Fleury : « Je me souviens. En 1990, vous avez parlé de quatorze millions de civils allemands déportés, dont deux millions de morts. Vous l’avez dit en 1990. Et en 2012, dans Le Figaro, je lis : L’historien américain R. M. Douglas évoque la «dégermanisation» de l’Europe centrale après 1945. Combien furent-ils à mourir de froid, de faim ou de mauvais traitements au cours de ce qui fut, selon R. M. Douglas, «le plus grand transfert de population de l’histoire de l’Humanité»? De 500.000 à 1.500.000 selon les estimations ».
Olivier Mathieu : « Il faudrait indiquer la source de cet article ».
Jean-Pierre Fleury : « La voici ( http://www.lefigaro.fr/livres/2012/10/04/03005-20121004ARTFIG00680–les-expulses-ces-allemands-victimes-de-la-guerre.php ). Vous êtes simplement extrêmement vous. Il n’y a sans doute plus que Christophe Dechavanne qui, en France, vous prenne pour quelqu’un d’extrême droite. Ou fasse semblant de vous prendre pour quelqu’un d’extrême droite… Dans l’émission de TMC, il a encore parlé de l’extrême droite, même si n’ont été diffusées que des images de vous, mais surtout pas des deux autres invités qui, le 6 février 1990, eux, revendiquaient leur appartenance à l’extrême droite ! Curieux non ? C’est quasiment drôle, infantile, amusant… Faudrait-il donc absolument marteler dans le grand public l’idée que vous seriez « d’extrême droite ». Et pourquoi donc ? Qui sait, qui sait ? »…
Entretien (fin août 2015) recueilli par Jean-Pierre Fleury.
SOURCES, A LIRE :
Christophe Dechavanne, La fièvre du mardi soir, Le livre de poche, 1991.
Michel Marmin, interview d’Olivier Mathieu : http://www.fattore.com/Confession.htm
Jean-Pierre Fleury, docteur de l’Université de Nantes : Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique, biographie, 400 pages, 2009.
Jean-Pierre Fleury : http://fr.scribd.com/doc/43977856/Olivier-Mathieu-dit-ROBERT-PIOCHE-entre-Ciel-mon-mardi-et-l-Academie-francaise-par-Jean-Pierre-Fleury#scribd
Expulsion des Allemands :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Expulsion_des_Allemands_d%27Europe_de_l%27Est
Expulsion des Allemands :
http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-allemagne-24-2014-11-04
Comme le temps passe !… Certaines émissions de la télévision française, c’était déjà à la fin du siècle dernier, ont semble-t-il marqué le public voire ont fait date dans l’Histoire. Certaines sont restées gravées dans les mémoires (au moins dans les mémoires des journalistes qui les ont organisées) et comment ne pas citer, alors, l’émission du 6 février 1990 de «Ciel mon mardi»? C’est ce qu’ont dû se dire ceux qui ont décidé d’en rediffuser quelques extraits, mercredi 26 août 2015 à 20h55, sur TMC.
L’émission de TMC nous a fait ou refait voyager au cœur de l’Histoire télévisuelle.
On a donc retrouvé le passage d’Olivier Mathieu, le 6 février 1990, à « Ciel mon mardi », et donc la lâche agression d’un écrivain français qui faisait usage de sa liberté d’expression, sur le territoire français et sur le plateau d’une télévision où il avait été invité, agression accomplie par l’un des membres d’un commando paramilitaire…
Pourtant, dans les commentaires que fait aujourd’hui Dechavanne, pas l’ombre d’une excuse…
Drôles de mœurs…
Cela appelle au moins trois brèves remarques :
-
Olivier Mathieu, il y a quelques années, avait prédit sous forme de boutade « que l’on se souviendrait de Christophe Dechavanne grâce à lui ». Peut-être n’a-t-il pas tort. En tout cas, il s’avère de plus en plus que l’émission qui les a marqués est bien celle-là. Le titre a été choisi par eux : « Ces émissions qui nous ont marqués ».
-
Petit problème : à l’époque, en 1990, le CSA avait protesté auprès de Christophe Dechavanne. Ce dernier avait été réprimandé. On ne comprend donc pas forcément bien pourquoi des images de TF1 en 1990, qui avaient subi les foudres de la haute autorité du CSA, sont aujourd’hui rediffusées, en 2015, à une heure de grande écoute, par TMC (filiale de TF1). Qu’en pense le CSA ?
-
On ne comprend pas forcément très bien non plus pourquoi et comment de telles images sont diffusées sans demander son avis, par exemple, à Olivier Mathieu ? Cette diffusion est-elle conforme au droit à l’image ?
Sauf erreur de notre part, 684 000 téléspectateurs ont regardé cette émission ( 3.3% du public présent devant son poste de télévision de 21h00 à 22h45), et il est à noter que plus d’un million de Français ont suivi le programme en fin de diffusion.
Au-delà de certaines séquences « inoubliables », se demande la presse dans de nombreux articles parus ces jours-ci, « pourquoi ces émissions sont-elles devenues cultes » ?
A chacun sa réponse…
Ce passage d’un auteur italien :
L’homo consumericus s’affirme libre par définition, mais derrière ces bonnes intentions, il s’abandonne volontiers au conformisme de la dualité entre bandes de studio télévisé. Sur le fond, conformiste et pragmatique de praxis profonde, il s’abandonne volontiers à la croyance que la complexité du réel peut vraiment s’aplanir dans la facile politique de la polémique et des groupes. Fasciste et anti-fasciste, démocratique et anti-démocratique, raciste et anti-raciste, populiste et réformiste, et de cette manière à l’infini. Une liberté qui aime se dépenser dans la guerre des gangs, au tambour battant des affirmations hétéro-dirigées et du conformisme généralisé.
Après l’ombre, la lumière de ceux qui savent comprendre, aimer ou nuancer leurs propos.
La liste est longue des voyageurs (des XVIIIe et XIXe siècles en particulier), vrais poètes ou vrais écrivains, rêveurs teintés de mystique, amoureux du mystère, savants et autres érudits, curieux avisés ou critiques marqués d’affection ou d’affliction pour leur « sujet ». Je pourrais citer, parmi bien d’autres : Volney, Chateaubriand, Nodier, Gautier, Nerval, Fromentin, Maupassant…
Sans parler d’auteurs anciens ou plus récents dans le domaine de la métaphysique. À propos de métaphysique, cela prêterait presque à rire de lire dans Le Figaro un Houellebecq inculte affirmer que « l’islam parle peu des questions métaphysiques » quand lui-même est l’être le plus vulgairement trivial, moralement repoussant et bassement matérialiste qui soit… Et qui s’en tient toujours au point de vue du spectacle dominant et dominateur du Monde.
***
Par exemple…
De Nerval :
Voyage en Orient, édition établie (soit dit en passant) par Shu Fujita, Yoshihiro Maruyama et Takeshi Tamura
http://www.gerarddenerval.be/oeuvre/Voyage%20en%20Orient1.pdf
http://www.gerarddenerval.be/oeuvre/Voyage%20en%20Orient2.pdf
De Fromentin, également peintre talentueux et ethnographe du Maghreb :
Sahara et Sahel
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1030903
De Maupassant, lui-même naviguant entre le préjugé, la lucidité sur le colonialisme et l’humanité, on possède Mes Voyages en Algérie qui est un recueil factice, assez récemment publié par une maison d’édition kabyle (eh, oui, minuscule Thomas !), de ses chroniques algéroises, parues dans
En voici une tranche, prise au hasard, à la une du numéro du mercredi 19 octobre 1881 :
Madame Anastasie, par André Gill (1874).
« Anastasie c’est, en grec et en latin, la Résurrection. […] Anastasie représente la censure qu’on croit toujours enterrée et qui, sans cesse, ressuscite (en 1803, 1814, 1820, 1835, 1852…). » (Christian Delporte. « Anastasie » : L’imaginaire de la censure dans le dessin satirique — XIXe ‑ XXe siècles).
Dans tout fait de société, tant que quelques juifs ou séides bien en pointe ou bien assis (mais pas sur des pointes), n’ont pas donné l’orientation générale, la thèse officielle, la vérité à partager, l’idéologie dominante, la bien-pensance, les « bonnes idées » sur tel ou tel sujet n’existent pas. Ce que l’on nomme l' »opinion publique », celle de l’ »opinion sur rue ».
Il est ainsi de bon ton depuis quelques années de vouer à la démolition des églises là où des édiles n’ont plus envie d’entretenir ce patrimoine qui leur est devenu étranger et inutile. Il faut savoir que les églises sont propriété communale, et ceci pour le meilleur comme pour le pire.
On n’a pas encore vu d’églises transformées en supermarchés comme le prédisent certains dessins de Konk, mais je connais par exemple une chapelle transformée depuis des années en cantine scolaire d’un collège public, et l’on évoque de plus en plus la possible transformation de certains lieux de culte chrétien (catholiques) désertés, en mosquées.
Qu’est-ce qui est le plus scandaleux? À vous de choisir. Personnellement, moi qui suis viscéralement attaché aux vieilles pierres, au patrimoine architectural et artistique (y compris religieux qui, pendant des siècles, pour ne pas dire des millénaires a été quasiment le seul), je vois moins de scandale dans une mosquée ; et puis après tout Allah n’est-il pas l’une des figures trinitaires de la supra-religion du Livre ?
Cela fait plus d’un demi-siècle que le capitalisme apatride, sans foi, ni loi, a fait venir en France de la main d’œuvre musulmane en notre pays. Sauf à renvoyer la descendance de cette main d’œuvre prolétarienne chez elle, qui n’est plus vraiment « chez elle » nulle part d’ailleurs, la paix sociale et l’équité réclament peut-être une attitude cohérente et « fraternelle » (voir plus bas). Déjà ces populations ont été suffisamment parquées, entassées, réunies « entre elles » dans des banlieues improbables.
Ce qui n’empêche pas de dire qu’il est plus que temps de refermer nos frontières à tout ce qui n’est pas d’Europe et de défendre et affirmer une Europe de Brest à Vladivostok, le Seigneur de l’Est en russe. Mais ce n’est pas le sujet de cet article.
Donc, je viens d’apprendre que dernièrement (juillet 2015), parmi les trente premiers signataires d’une pétition « Touche pas à mon église » publiée par la feuille bien à droite Valeurs Actuelles, figuraient Sarközy, Zemmour et Finkielkraut, trois personnages de très long lignage franchouillard.
Le second, ashkénaze et sioniste distingué, a dégoisé ces derniers temps, en les épreuves dudit Figaro, avec le pied-noir réunionno-algérien, également distingué sioniste crédule Thomas dit Houellebecq, sur le bien fondé de faire suer le burnous de toute éternité, tant d’une manière figurée que d’une manière propre (qui est en fait généralement très sale).
C’est ce même Finkielkraut qui vit dans le MRAP une officine « pour l’Antisémitisme des Peuples ». Certes, certes ! le MRAP ne dit pas toujours « amen » à l’hystéro-sionisme licrasseux.
C’est ce même Thomas qui déclara dans le Point : « Après tout, qu’est-ce qu’ils en ont à faire, des Palestiniens, nos musulmans ? » Questionnement d’une très haute volée poétique (Houellebecq se prétend poète à ses heures, ce pitre). J’adore le « nos musulmans ». Il résume tout l’individu d’essence prétendument supérieure qui n’a d’ailleurs que mépris, également, pour les frangaoui et autres patos de la Métropole.
Avec sa tronche de mère-maquerelle faisandée et totalement décatie avant l’âge, ou de poteau de bistrot d’un » Chez Michou » de banlieue, la clope au bec, Thomas affirme : « Boubakeur a commis une erreur en suggérant que les églises désaffectées soient réaffectées à l’islam. Les gens ont beau ne plus être chrétiens, ne plus même imaginer comment ils pourraient le redevenir, ils ont été choqués. »
Avec sa tronche d’élu de la pensée saumâtres (sic, l’élu et la pensée sont saumâtres), l’ashkénaze a renchéri : « On demande aux musulmans de partager un certain héritage comme tout le monde. Au lieu de cela, le plus modéré d’entre eux envisage tranquillement la transformation des églises vides en mosquées pleines. »
Un crétin du Figaro titre cela : Sur l’esprit de conquête de l’islam ! Moi, athée mais aussi poétiquement païen, et qui ne doit pas être « comme tout le monde », à choisir je préfère une église religieusement réaffectée à une église rasée (c’est là que se tient le vrai sacrilège). Je n’ai rien, bien au contraire, contre Sainte-Sophie, aujourd’hui devenue musée d’ailleurs. Sophie, Sofia n’est-elle pas la Sagesse ?
Finkielkraut énonce encore : « Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, la France, qui s’enchante de ses valeurs, prend conscience qu’elle a aussi des mœurs parce que ces mœurs sont rejetées par une partie de la population. »
J’aimerais savoir où, quand, comment ladite France s’enchante de quelque valeur propre que ce soit : veut-il parler de la « Liberté-Égalité-Pommes de terre sautées » comme on disait entre nous lorsque j’étais gamin, et autres mythes droits-de-l’hommesques ? J’aimerais bien savoir également où, quand, comment « la France » (comme il dit, réalité fantomatique de journaleux), prend conscience de ses mœurs, et de quels mœurs surtout. Celles d’une société capitaliste judéo-chrétienne occidentale en décrépitude ?
S’il s’agit des « bonnes mœurs » défendues et « publicitées » par la brigade mondaine de Charlie, effectivement, elles sont rejetées, non seulement par une partie mais par une énorme majorité des français de souche ou pas. Les 45 millions de français adultes qui ne sont pas descendus dans la rue pour une certaine mascarade d’État et faire le guignol en slogan monomaniaque et en compagnie d’ennemis patents de la liberté d’expression.
Dans la feuille figaresque (pauvre Figaro d’origine!) cela s’appelle (sic!) : art de vivre français !
Et Thomas d’en rajouter une couche encore : » Depuis les attentats de Charlie Hebdo, plus personne ne croit que les choses puissent s’arranger ; et, pire, plus personne ne le souhaite. » Pauvre type ! Plus personne ou juste les crétins qui nous mènent en bateau qui coule à la ruine et à l’affrontement, dont toi le premier ?
On livre encor nos auteurs
Aux censeurs, aux inspecteurs,
Rats de cave littéraires…
(Béranger, La Censure, août 1814)
Emmanuel Ratier n’était pas vraiment ma tasse de thé disons politique, mais lui au moins avait quelques scandales salutaires à dénoncer et quelques analyses du milieu politicard, ce nid à rats, qui détonaient fort face à l’ennui, le conformisme mondialo-sioniste et la niaiserie d’une pseudo-critique de gauche ou gauchiste exsangue et confinée dans l’imbécillité « antiraciste » et « antifasciste » qui n’est que la forme extrême, comme on le voit tous les jours (cf. le gouvernement « socialiste), de la « démocratie » totalitaire ou du totalitarisme « démocratique » pouvant aller jusqu’à « jouer » avec la barbarie, les barbaries.
C’était un émule de Henry Coston, et quelqu’un de la lignée investigatrice de Pierre Péan.
Sa mort est à l’image de sa vie : il aurait présumé de ses forces physiques et serait mort d’une crise cardiaque en faisant de la spéléologie dans quelque gouffre ardéchois. Autrement dit, en grand fouineur de l’ombre, en vrai ratier, loin du spectacle du monde, confronté à la dureté de la nature, des dédales de la croûte terrestre, de la nuit des temps et de l’humidité ambiante…
La librairie qu’il tenait a reçu deux fois au moins (ainsi que son appartement !) la visite des grands « démocrates » et « progressistes » « antifascistes » et « antiracistes » patentés, ces derniers étant assez débiles pour projeter de la peinture rouge sur n’importe quel livre. Y compris des livres qu’ils auraient pu estimer. Mais estiment-ils quoi que ce soit, hormis eux-mêmes et leurs très courtes idées ?
Il est arrivé la même chose il y a déjà plusieurs années du côté de la librairie Roumaine anti-totalitaire de Paris, le libraire d’origine roumaine ayant eu l’outrecuidance d’afficher à la vente des ouvrages révisionnistes. C’est ainsi que je possède un épais volume d’un Atlas linguistique roumain (dont je n’ai pas encore bien compris la teneur révisionniste) à la tranche barbouillée de peinture rouge…
Quand je pense que ces pauvres types (finalement barbares) osent critiquer Hitler (pour ne parler que de lui) qui aura organisé quelques autodafés de livres dans les années trente du siècle dernier.
La connerie humaine est sans limite aucune. Et la connerie de gauche vaut bien celle de droite tous les jours, avec quelques excuses en moins : la droite n’a jamais prétendu dorer le mou et leurrer Populo avec de grands mots creux et mensongers sur des jours meilleurs; bien au contraire. Et puis finalement, des deux bords, le trop fameux et hypocrite slogan publicitaire « Liberté, Égalité, Fraternité » n’a jamais évoqué que la liberté d’une « élite » du pognon ou de la force d’exploiter (« libéralement » ou étatiquement) la Terre et le Monde sans aucune limite, l’égalité vers le bas pour la masse humaine, et la fraternité d’Abel avec Caïn.
La politicaillerie est un véritable fléau humain, au même titre que le capitalisme et le technologisme (la technique sans retenue, ni morale aucunes).
La sidérante bêtise de gauche (la bien-pensance), qui s’exprime aux quatre coins des feuilles de choux subventionnées, eût voulu que cette librairie fermât. Pensez-vous, on y vend des livres scandaleux (que personne n’est forcé de lire, d’ailleurs !) : « les ouvrages négationnistes [sic] de Robert Faurisson, les Protocoles des Sages de Sion [soit dit en passant, ce livre, qui est comme chacun sait un faux, est quand même par plus d’un point, étonnement prémonitoire], Main Kampf de Hitler [cet écrivaillon sait-il au moins que ce livre se vendait sans problème dans les années quatre-vingt] sans oublier les revues collaborationnistes et les œuvres complètes du philosophe italien fasciste Julius Evola » (le grotesque Michel Eltchaninoff, in Philosophie Magazine [sic!], numéro de mai 2014).
Ah, rien ne vaut n’est-ce pas ?! les œuvres du divin marquis (qui pour moi incarne une forme assurée de barbarie pathologique), les œuvres complètes de Staline et de Mao, celles de Pol Pot s’il en est…
Entendons-nous bien, je ne suis pas pour censurer Sade, Staline ou Mao, mais pour les libertés totales d’expression, de recherche, d’édition et de diffusion… C’est encore un autre sujet. Entre citoyens majeurs, plus la parole est libre, et plus les idées s’échangent, se confrontent, y compris les plus farfelues, extravagantes ou scandaleuses, et plus les excès se dégonflent d’eux-mêmes, plus les fausses avenues deviennent impasses. Et plus on peut prétendre obtenir des consensus réellement démocratiques. Ce qui est actuellement l’inverse dans notre pseudo-démocratie (dite représentative, mais de qui et de quoi ?) à la dérive depuis bien longtemps déjà, totalitaire, totalement intolérante et agoraphobe.
Tout aussi totalitaire qu’une autre plus ouvertement dictatoriale, mais sur d’autres (mauvaises) causes. Dans le genre plus feutré au pays des amorphes. Mais il ne faut pas déroger beaucoup pour voir ce qu’il en est réellement. Les révisionnistes en savent quelque chose. Et rien ne dit que cela ne finirait pas un jour par être aussi sanglant qu’ailleurs. Un certain mois de janvier dernier on a même vu à l’œuvre l’hystérie dominante sidérante des ennemis de la liberté de penser et de s’exprimer sommer les « je ne suis pas Charlie » de se taire, les dénoncer ; dénoncer même des enfants ! La décadence et l’avachissement généraux nous ont fort heureusement privé de quelques assassinats « en règle » de mauvais ou de l’ouverture de camps de rééducation pour tous les mal-pensants. Mais on y viendra peut-être quand la société va nécessairement se raidir, pour ne pas dire éclater et refuser, enfin et dans la praxis, cette sinistre mascarade humaine…
De même, d’un récent succès de librairie d’Emmanuel Ratier (succès « populiste » bien évidemment) : Le Vrai Visage de Manuel Valls, les petits censeurs et autres négateurs des faits établis de Wikimachin peuvent écrire des absurdités comme celles-ci :
« Emmanuel Ratier y affirme notamment que Manuel Valls aurait changé d’avis au sujet du conflit [sic!] israélo-palestinien à cause de sa deuxième épouse, Anne Gravoin, de confession juive [plus précisément sioniste]. Cette thèse [comme s’il s’agissait d’une thèse et non d’un fait avéré dont on a des témoignages écrits et audio-visuels !], en vogue au sein de l’extrême droite depuis 2011, est relayée [ah, relayée] en particulier dans la mouvance constituée par Dieudonné et Alain Soral, ainsi que par l’hebdomadaire Rivarol. [Quelle dialectoque imbécile, quelle diarrhée mentale, quels sont les rapports logiques entre tous ces éléments ?!] Nicolas Lebourg, Valérie Igounet [cette spécialiste universitaire (sic!!!) de l’incompétence anti-révisionniste, cette médiocrité de pensée, cette idéologue sans envergure, il faudra que j’en parle un jour, j’ai quelque chose sous le coude depuis assez longtemps] et Jean-Yves Camus, spécialistes [!!!] de l’extrême droite [sic], y voient un raisonnement typique de la théorie du complot juif [oh, les complotistes!], dans la lignée des thèses antisémites d’Édouard Drumont. [quelle litanie ! et la boucle débile est bouclée, comme en un psaume radotant de l’Ancien-Testament]. »
Je ne sais pas si on peut faire mieux dans la nullité de pensée, dans le refus des évidences et des réalités patentes, et surtout dans le néant d’analyse à la Zigounette. Cette femme a des rats dans la tête. Déjà se spécialiser « à vie » dans « l’étude » d’un milieu haï, faut être pas mal masochiste pour se lancer, et surtout perdurer. Être spécialiste du néant (à l’entendre ou la lire) et du Mal absolu. Il faut le faire. De même en est-il de faire une thèse sur du rien annoncé ! C’est finalement n’avoir rien à dire de propre, n’avoir rien à défendre soi-même. Ensuite, les seuls vrais complotistes ne sont-ils pas plutôt les soi-disant anti-complotistes qui mélangent tout et font des rapprochements entre des faits qui n’ont aucun rapport entre eux ? Comme ici où tout serait réglé à l’aune de certaines relations politiques ou ponctuelles entre les gens. Et rien d’autre… Caprices critiques affligeants d’anti-ratiers inconséquents.
Bon !… mais revenons à Emmanuel Ratier de qui nous citerons les principaux titres, ouvrages qui ont le mérite au moins de déranger ou de remettre quelques bonnes idées en place :
– Encyclopédie politique française, deux volumes ;
– (en collaboration) Mystères et secrets du B’naï B’rith : la plus importante organisation juive internationale ;
– (avec Henry Coston) Encyclopédie des pseudonymes, deux volumes ;
– [anonyme], Le Vrai visage de Patrick Gaubert : le conseiller très spécial de Charles Pasqua ;
– Les Guerriers d’Israël : enquête sur les milices sionistes ;
– (sous sa direction) Le Vrai Visage de Jacques Chirac : les secrets d’un président;
– Encyclopédie des changements de noms, deux volumes (période de 1963 à 1997);
– (sous sa direction) Au cœur du pouvoir : enquête sur le club le plus puissant de France, deux éditions, dont la seconde augmentée ;
– Ras l’front : anatomie d’un mouvement antifasciste, la nébuleuse trotskyste ;
– Les Chrétiens de gauche — le réseau Gaillot, Golias et les Goliards réunis, droits et libertés dans l’Église, nous sommes l’Église, etc.

























