L’Italie est un pays de très grandes disparités économiques et de « train de vie » comme on dit.
Un seul exemple : la carte du PIB par habitant et par région (chiffres de 2004) ; l’indice 100 étant la moyenne de l’Europe. (source : Les Échos du 11 avril 2008).
A — Le Mezzogiorno (le Midi) au sens large :
1 – de 67 (Sicile) à 77 (Molise)
2 – 81 (Sardaigne) et 85 (Abruzzes)
plus les deux provinces du sud du Latium (région de Rome) : Latina et Frosinone (la moyenne régionale ne rend pas compte des différences locales).
B — l’Italie du Nord, zone intermédiaire :
3 – 101 (Ombrie) et 107 (Marches)
4 – 110 (Ligurie) à 119 (Piémont)
C — Les trois provinces du nord du Latium : Rome, Rieti, Viterbe (le PIB pour toute la région du Latium est de 132).
D — L’Italie du Nord au sens restreint :
5 – 127 et plus.
*
Les régions du Nord, notamment la Lombardie et l’Émilie-Romagne, ont un des PIB par habitant les plus élevés de l’Union européenne (31 180 dollars par habitant en 2004), comparable à celui de l’Île-de-France ou de la région de Londres.
Il s’agit bien évidemment de moyennes qui ne rendent pas compte du tout de la réalité de classe (les chômeurs d’ici comme ailleurs en savent quelque chose), mais qui montrent la très grande richesse de la bourgeoisie du Nord.
Si l’indice respecte la proportionnalité (ou encore néglige le travail au noir par exemple, que l’on ne peut évaluer selon les régions), on doit en conclure que chaque habitant de Sicile, en moyenne, est au moins deux fois moins riche que chaque habitant de tout le Nord industriel et commercial.
Ajoutons encore : Nord où l’exploitation des hommes respecte plus ou moins les normes légales capitalistes. Sud gangréné par le clanisme pré-capitaliste parasite et extorqueur de fonds et l’économie parallèle ou plus exactement illégale. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de maffias au Nord, ce sont celles de la finance « légale », et ceci alors même que les maffias du Sud investissent leur argent sale de plus en plus au Nord dans du « parfaitement respectable ».
Chandernagor :
https://www.youtube.com/watch?v=1XjL7GOr87E
Fille d’aujourd’hui :
https://www.youtube.com/watch?v=t5sE0m77RJQ
Quand au temple (Ronsard) :
https://www.youtube.com/watch?v=wYQCyoCJWkE
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Seigneurs du vent :
https://www.youtube.com/watch?v=kn26VlO4xe8
La vérité :
https://www.youtube.com/watch?v=jA3hNz5KQ34
Le grand chambardement :
https://www.youtube.com/watch?v=0_OPoSVqrc0
Enfants sur la lune :
Il n’y a plus d’après :
https://www.youtube.com/watch?v=7-_1kSiZtmI
L’eau vive :
https://www.youtube.com/watch?v=ooUnyMwuBz0
https://www.youtube.com/watch?v=pZ682l8diCs
Les grands principes :
https://www.youtube.com/watch?v=wpkHNhcDKLE
Vive la rose :
https://www.youtube.com/watch?v=tp-L8joMVWo
Les couleurs du temps :
https://www.youtube.com/watch?v=z8pqIAcmT0E
L’espérance folle :
Louis Cattiaux peintre, poète et avant tout mystique a écrit un livre tout emprunt de poésie et de critique du monde présent. Monde qui a perdu tous mystères, tout sacré, toute recherche du sens. Monde mortifère et anti-humain au nom même de la défense de l’Homme et dudit Progrès. Monde technique, matérialiste, destructeur et véritable ennemi des Arts véritables.
Ce livre, ou plutôt cette succession de chapitres dénommés livres (une quarantaine) découpés en versets (ou sentences) qui se répondent ou se complètent, a pour titre : Le Message retrouvé.
En voici quelques extraits relatifs à, je cite : « la science du maudit ».
Ce qui m’intéresse avant tout c’est la poésie du propos. D’autres avant moi l’on relevée. Et son ton. Et son côté aphoristique. Et, derrière la croyance religieuse, les idées en soi, sociales, morales et humanistes, que l’on discerne assez aisément.
***
L’aveuglement et l’orgueil des hommes sont devenus tels qu’ils transforment tous les biens en maux au nom de la science et du progrès. (II, 45)
Enfin les incroyants, ne voyant que l’idolâtrie des images et des individus, ont repoussé tout pêle-mêle, mais ils sont tombés dans une idolâtrie encore pire qui est celle de la matière, qui les scelle dans la mort sans retour. Car l’essence, la substance et la crasse y sont confondues inextricablement, et s’ils parviennent à utiliser la matière brute, ils ne peuvent néanmoins arriver à la séparer élémentairement, et s’ils parviennent à la séparer, c’est avec une telle violence et un tel éparpillement, qu’ils ne peuvent la réunir à nouveau dans la pureté, car elle a disparu devant leurs yeux remplis de malice et de science profane. (XXIII, 76)
Yerushaláyim, mon amour.
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Les savants officiels, héritiers et descendants des souffleurs enragés qui forcèrent les premiers le feu, la nature, les êtres et les choses, sont honorés et récompensés plus que quiconque à présent, car ils sont les prêtres de la science du maudit qui tient le monde dans ses griffes…
Qui l’enchaîne sous le prétexte de l’affranchir, qui l’empoisonne sous le masque de la bienfaisance, qui l’abrutit sous la promesse de le distraire, qui le plonge dans les ténèbres en lui promettant la lumière, qui le sèvre du Dieu de vie en se faisant passer pour lui et en imposant la mort à tous.
Ce n’est pas par hasard que les démons de l’enfer sont représentés actionnant sans arrêt des soufflets de forge qui forcent le feu où brûlent les damnés.
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Quoi de plus bête que la machine? Et ne sommes-nous pas sous le règne de la machine aveugle et sourde? Et n’adorons-nous pas la machine qui nous mâche bestialement?
Quoi de plus bête que l’État anonyme? Et ne sommes-nous pas sous le règne de la Bête aveugle et sourde? Et n’adorons-nous pas la Bête qui nous broie aveuglément?
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Les magiciens officiels de Pharaon sont plus forts que jamais dans le monde. Ils ont seulement changé d’apparences et d’astuces, de noms et de méthodes, mais leurs prodiges stupéfient toujours le monde et le maintiennent dans l’esclavage de la mort.
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Pierre Roy – Le Chou-fleur (1931)
*
La science profane a conquis même le cœur des religieux qui font alliance avec elle, sans s’apercevoir qu’elle les dévore sans pardon.
Le temps des machines commence à peine et tous sont séduits, sans s’apercevoir que les machines sont des œuvres mortes qui ne produisent que la mort.
Et tous croient se servir des machines, sans s’apercevoir qu’ils servent eux-mêmes les machines comme des esclaves abrutis par la mort.
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Tous plaident la cause du rebelle à présent et vantent sa science maudite. Prêtres et incroyants, moines et laïcs, savants et ignorants, artistes et ouvriers, riches et pauvres, bien-portants et malades, bien-pensants et impies, chefs et manœuvres, tous applaudissent le feu qui va les dévorer.
Les impies disent: » Nous avons remplacé Dieu par notre science » et les croyants ajoutent: » Dieu a donné la science à l’homme pour se libérer », mais ni les uns ni les autres ne voient l’abîme ouvert sous leurs pieds ni la fumée qui monte et qui va les ensevelir pour toujours.
Nous nommons » bien-pensants » la plus insolente, la plus hypocrite et la plus féroce des canailles : la canaille de caste, qui domine l’humanité comme les scories surnagent sur le métal en fusion, afin qu’on puisse aisément la recueillir et la jeter aux ordures.
(XXXIX, 28, 28′, 29, 30, 30′, 30 », 31, 32, 32′, 33, 33′, 53 »)
N’a gaz acquis …
Ce n’est pas souvent, mais aujourd’hui je conseille la lecture d’un blog que je viens de découvrir, c’est celui de Carole Chollet-Buisson, personne qui m’est par ailleurs totalement inconnue.
Je recherchais le nom d’un peintre qui avait fait un tableau énigmatique et inquiétant montrant un serpent dans un vieil escalier de bois comme celui de mon enfance qui était si sombre la nuit venue, si propice aux peurs irraisonnées lorsque je passais à mi-étage devant une fenêtre nocturnement démunie de volets, et si propre à lâcher tant et plus de monstres à ma poursuite. Terreurs enfantines !
J’ai tapé : « tableau, escalier, serpent ».
J’ai trouvé : http://www.chemindesjours.com/
Et j’ai lu au hasard et regardé les photographies du blog sur lequel nom et prénom du peintre dormaient.
Il y a beaucoup de poésie, de nostalgie et tellement d’attachement à tant de petites choses de la vie qui fuient (ou qui fuit) et qui ne sont remarquées que de certains.
J’y retrouve, proche de moi, une façon de regarder et de s’émerveiller de petits riens, de rouvrir la boîte à souvenirs entretenus qui ne demande que ça, de thèmes enfin communs aux miens. Un esprit féminin ? Esprit d’enfance jamais morte ?
Le peintre ? Il s’agit de Pierre Roy (1880-1950). Le tableau ? Danger dans l’escalier. Dont il existe apparemment au moins deux versions. L’une de 1927 :
L’autre de 1928 :
Cette dernière est une huile sur toile de 33 x 22 cm. Ce tableau, qui a été exposé en mai 1953 dans une « rétrospective Pierre Roy » au Musée des Beaux-Arts de Nantes*, est actuellement dans une collection privée.
* En ce moment même, en totale réfection et agrandissement et très prochain banal « Musée des Arts de Nantes », car comme chacun sait les arts contemporains n’ont plus rien de beaux en ces temps technologistes et utilitaristes décatis et totalement apoétiques.
Je publie cet article sans le dire à Olivier, en espérant que ce soit pour lui une surprise, une bonne !
Le 14 octobre 2015 au soir, Olivier Mathieu fêtera dans son restaurant habituel dans le centre de Paris, en compagnie de quelques amis, me dit-on, son cinquante-cinquantième anniversaire. C’est donc l’occasion de lui adresser tous nos vœux les plus sincères.
Olivier Mathieu est le premier biographe d’Abel Bonnard ; il est le premier écrivain à avoir présenté sa candidature à l’Académie française sous trois identités diverses ; il est aussi le premier écrivain dont la candidature à l’Académie a été, en une occasion, refusée !…
*
MARIE DE VIVIER, dernière amante d’André Baillon.
André Baillon (1875, Anvers ; 1932, Saint-Germain-en-Laye)
Rappelons que le 14 octobre est une date importante pour Olivier Mathieu : déjà, sa grand-mère Marie de Vivier était née le 14 octobre (en 1899). Journaliste, écrivain, stalinienne ; dernière amante du grand écrivain communiste André Baillon, mort suicidé en 1932 ; première à défendre Michel de Ghelderode après la seconde guerre mondiale ; plus tard dédicataire de « Tempo di Roma » (le célèbre roman d’Alexis Curvers).
Adémar Martens dit Michel de Ghelderode (1898-1962), flamand d’expression française est, avec Maurice Maeterlinck et Fernand Crommelynck, l’une des figures marquantes du théâtre moderne belge.
Elle a publié un grand nombre de livres et de romans (par exemple chez Plon, Marabout, La Palatine…) et notamment, à Paris en 1971, un beau roman, « Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon » dont on trouve le texte intégral sur Internet et dont Olivier Mathieu est l’unique personnage. Marie de Vivier est décédée en janvier 1980, dans les environs de Paris.
La mère d’Olivier Mathieu, Marguerite Mathieu (née le 8-8-1925), auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, chercheuse et enseignante universitaire, décède quelques années plus tard (12-8-1988), et son père (qu’il n’a pour ainsi dire pas connu, l’ayant rencontré deux ou trois fois dans toute sa vie) en 1991.
L’ENFANCE.
Olivier Mathieu naît le 14 octobre 1960 (enfant prématuré, il perd dès le 19 octobre son frère jumeau, prénommé Jean-Philippe). Au milieu des années 1960, il est primé lors d’un concours national de dessin organisé par Le Figaro. Au cours des mêmes années 1960, il rencontre et fréquente des amis de sa grand-mère ou de sa mère, des artistes et des écrivains comme René Magritte, Hergé, Alexis Curvers, Robert Poulet, Paul Werrie et maints autres.
Livre de Paul Warrie « imagé » (sic) par Hergé en 1934. Bel exemple de ladite « ligne claire » : Chaque élément du dessin qui contient des crayonnés forme une cellule isolée et reçoit une couleur donnée qui se trouve ainsi séparée de sa voisine par un trait d’encre noire d’épaisseur constante.
Troisième hors-texte, à l’encre de Chine et à la gouache blanche, de l’édition originale du Lotus Bleu (éditions Casterman, 1936). Ce hors-texte est absent des rééditions de l’album. Cette planche évaluée à 1.000.000 / 1.500.000 euros, devrait atteindre une somme rondelette le 5 octobre prochain lors d’une vente aux enchères à Hong Kong !
Robert Poulet vers 1931.
Je cite de mémoire. Marly-le-Roi, années soixante. Poulet âgé, à Marie de Vivier : « J’ai croisé votre petit-fils hier, il m’a encore fait cot-cot !… »
En 1969, il écrit trois exceptionnelles « comédies érotiques », publiées au début des années 1980 (et aujourd’hui disponibles sur le site du jeune écrivain suisse Daniel Fattore). Vers 1971 et 1972, Olivier Mathieu se produit à la Salle Pleyel, à Paris, au sein de l’orchestre pour enfants Alfred Loewenguth.

À lire sur : http://www.fattore.com/CentPagesDamour.htm avec des corrections manuscrites de l’auteur et des notes d’Olivier Mathieu.
Après une enfance pauvre mais heureuse pendant laquelle il ne fut pas scolarisé (il est éduqué à la maison par sa mère), puis le passage de son bachot en « candidat libre » (juillet 1978), et enfin le refus d’effectuer son service militaire (il est resté pacifiste, et l’on rappellera son opposition, par exemple, aux guerres du Golfe), Olivier Mathieu a publié encore très jeune des recueils de textes et de poèmes aux éditions Ouvertures de Liège (voir le catalogue de la Bibliothèque royale de Bruxelles) alors dirigées par M. Jean-Claude Bologne (l’actuel président de la Société des Gens de Lettres). En 1981, Jean-Claude Bologne (dans le « numéro spécial Alexis Curvers » de la revue Ouvertures) remercie Olivier Mathieu parce que ce dernier lui a présenté Alexis Curvers. Vers 1983 (plus ou moins à l’époque où Olivier Mathieu est en année de licence à la fac), une nouvelle d’Olivier Mathieu est primée à l’occasion d’un concours littéraire organisé par la MNEF.
Chantant même brièvement, vers 1980, dans un groupe de rock un peu punk qui se produit dans les boums de banlieue, Olivier Mathieu a ensuite fréquenté plusieurs milieux artistiques et politiques (y compris des milieux d’extrême-gauche et d’extrême-droite), avant d’abandonner rapidement tout militantisme et de se consacrer exclusivement à son œuvre littéraire. Il s’est vite éloigné, et cela depuis très longtemps (début des années 1990), des milieux d’extrême droite qu’il a fréquentés pendant très peu de temps. Et des milieux d’extrême droite, il semble utile de le rappeler, au milieu desquels il disait (et écrivait, aussi, signant noir sur blanc) qu’il N’était PAS d’extrême droite.
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LES CANDIDATURES « ludiques » à l’Académie française d’un humoriste.
Premier biographe d’Abel Bonnard, et auteur de dizaines de livres dont une quinzaine de romans du « Cycle de Robert Pioche », ce grand humoriste qu’est par ailleurs Olivier Mathieu a également été le premier écrivain à se présenter à l’Académie française, sous trois noms différents ! Non seulement donc sous son nom d’Olivier Mathieu, mais aussi sous les pseudonymes de « Robert Pioche » et de « Robert Spitzhacke ». Robert Pioche est le pseudonyme d’Olivier Mathieu depuis 1971, date où ledit pseudo est attesté dans le roman de sa grand-mère, « Cent pages d’amour ». Quant à Robert Spitzhacke (spitzhacke, en allemand, signifiant justement pioche), c’est le pseudonyme sous lequel il s’est présenté encore en 2014, lors de l’élection où se présentait Alain Finkielkraut. Le mystérieux « Robert Spitzhacke » fut cité dans divers journaux (notamment Le Figaro, voir le prochain paragraphe). La radio France-Culture, le jour de l’élection (10 avril 2014), a encore parlé d’Olivier Mathieu.
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Le danger de la montée de Robert Spitzhacke à l’Académie française ?… Mais non, c’était juste un canular à la façon d’Olivier Mathieu !
On a lu par exemple dans Le Figaro n° 21 667, vendredi 4 avril 2014, p. 26 :
« L’affaire agite l’Académie avec des conséquences inattendues. Un inconnu, Robert Spitzhacke, qui se définit sur son blog comme un « candidat anti néo-con, adversaire d’Alain Finkielkraut », se présente contre lui, reprochant même à la presse, dont le Figaro, de faire campagne pour l’essayiste. Le choix de l’Académie serait donc simple: Alain Finkielkraut ou Robert Spitzhacke. On n’ose y penser ».
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La candidature censurée.
Ajoutons, pour être un rien plus complets, qu’Olivier Mathieu est aussi le premier écrivain dont la candidature a été refusée (en une seule occasion) par l’Académie française, en 2007, et cela contre le règlement même de l’Académie !… Chose d’autant plus extraordinaire qu’Olivier Mathieu possède toujours le courriel de l’Académie, qui lui confirme que sa lettre de candidature a bien été reçue, mais qui ne l’officialise pas sur le site de l’Académie… A noter cependant qu’ensuite, après cette unique entorse au règlement, l’Académie a de nouveau respecté ses statuts, en acceptant toutes les candidatures déposées par Olivier Mathieu.
Une voix contre Giscard.
Olivier Mathieu a d’ailleurs obtenu une voix sous son pseudo de Robert Pioche à l’Académie française, en décembre 2003, contre M. Valéry Giscard d’Estaing, ex-président de la République. Une voix qui avait provoqué l’ire, dans Le Figaro Magazine, de M. Philippe Bouvard.
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Robert Pioche (alias Olivier Mathieu) élu à l’Académie française ?
Quand le Figaro se demande :
« Verra-t-on élu le farfelu Robert Pioche, qui défie les académiciens à un duel de dictée, chaque battu s’engageant à voter pour lui ? »
http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/03/21/01006-20090321ARTFIG00197–les-dessous-d-une-elec-tion-.php
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Critique littéraire.
(Et collaborateur, bien avant Houellebecq, de la Nouvelle Revue de Paris).
Olivier Mathieu fut critique littéraire pendant les années 1980 (il signa par exemple à de multiples reprises dans la Nouvelle Revue de Paris, revue parue sous le patronage de l’Académie française, ou dans le Spectacle du Monde et dans plusieurs autres titres prestigieux). Olivier Mathieu se trouvait notamment parmi les signataires principaux du numéro de la Nouvelle revue de Paris n° 8, en compagnie par exemple de J. Dutourd.
A lire une remarquable nouvelle littéraire d’Olivier Mathieu, Anniversaire, dans la Nouvelle Revue de Paris.
Lors de la mort de G. Dumézil, nous conseillons de lire l’excellent article, « L’Humanisme de G. Dumézil », qu’Olivier Mathieu avait publié dans le Spectacle du Monde (n° 299 du 01/02/1987).
A signaler aussi, en 1986, pour le 80e anniversaire de son ami Alexis Curvers, l’article d’Olivier Mathieu titré « Tempo di Roma » du n° 306 (septembre-octobre 1986) de la revue Itinéraires.
Article dont Alexis Curvers le remercia par une lettre chaleureuse. Leur amitié – leur première rencontre datait du milieu des années 1960 ! – dura jusqu’à la mort d’Alexis Curvers, en 1991.
A signaler, et à recommander chaudement, la lecture de :
http://docslide.fr/documents/chiens-et-chats-dans-loeuvre-dandre-baillon-et-dans-celle-de-marie-de-vivier-article-dolivier-mathieu-dit-robert-pioche-dans-la-revue-nouveaux-cahiers-andre-baillon.html
(cf. Les Nouveaux Cahiers André Baillon, n° 6, année 2008)
« Le grand méconnu de la littérature française contemporaine ».
Impossible de les énumérer toutes, mais parmi ses nombreuses collaborations journalistiques, citons encore par exemple, au cours des années 2000, deux articles dans la revue universitaire belge de gauche Nouveaux cahiers André Baillon. Ou encore en 2010, Olivier Mathieu a publié presque coup sur coup deux articles de grande qualité (sur François Villon et sur F.S. Fitzgerald) dans la revue Eléments. Le rédacteur en chef de la revue Eléments était Michel Marmin.
Et c’est Michel Marmin (autrefois assistant de Pierre Schaeffer au Service de la Recherche de l’ORTF) qui a justement écrit dans Eléments (en 2010) qu’Olivier Mathieu était « le grand méconnu » de la littérature française contemporaine.
C’est un avis que nous partageons.
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« Les Modérés ».
Premier à republier Abel Bonnard, Olivier Mathieu avait notamment été le premier à republier « Les Modérés », en 1986, aux éditions du Labyrinthe (dirigées par un journaliste, Alain de Benoist).
Les republications d’Abel Bonnard effectuées par Olivier Mathieu au cours des années 1980 ont ensuite engagé divers personnages, beaucoup plus tard, à essayer d’imiter son exemple. Nous disons bien : essayer…
Les Petits Bonheurs.
Entre 2007 et 2014, la presque totalité des livres d’Olivier Mathieu ont été publiés à l’enseigne des « Petits Bonheurs » à Nantes. Ses œuvres sont évidemment répertoriées, comme c’est le cas pour les livres publiés en France, sur le catalogue de la BNF (Bibliothèque Nationale de Paris).
Pas dans les « bonnes » librairies…
Romancier et poète, blagueur et à l’occasion blogueur, Olivier Mathieu est l’auteur d’un très grand nombre d’ouvrages, qui ne sont (hélas) pas toujours faciles à trouver. Il y a à cela une infinité de raisons, mais pour n’en évoquer ici que trois, il est bien connu que les gens lisent de moins en moins ; qu’Internet a probablement détourné beaucoup de personnes des livres imprimés ; et aussi parce qu’Olivier Mathieu, certainement trop anticonformiste et indépendant d’esprit pour cela, ne fait évidemment pas partie du fameux circuit dit des « bonnes » librairies.
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Olivier Mathieu fait aussi partie des personnalités dont on a annoncé la mort, par erreur, par mauvaise foi ou simplement par blague, de leur vivant.
La mort d’Olivier Mathieu a été annoncée, il y a quelques années (2006), par des gens dont on ignore s’ils étaient simplement mal informés, ou mal intentionnés, ou éventuellement les deux. En tout cas, la nouvelle farfelue a été publiée par un petit journal d’extrême droite, Rivarol. Curieuse déontologie journalistique, même s’il faut reconnaître que ce journal a ensuite reconnu son erreur et présenté ses excuses. Dont acte. La nouvelle n’aura donc sans doute abusé que quelques intellectuels (?) présumés ou amateurs, lesquels auront sans doute (en tout cas, on l’espère pour eux) appris de la sorte qu’il ne faut pas recopier tout ce qu’on lit dans les journaux, et notamment dans les feuilles d’extrême-droite. Nul doute en tout cas qu’après sa (vraie) mort, il y aura d’autres biographies – écrites par des historiens de la littérature – d’Olivier Mathieu. En 2006, il s’est exclamé en riant : « Normal que je meure deux fois, puisque, jumeau, je suis né deux fois, non ? »
Antoine Rivaroli (1753-1801) dit : le chevalier de Parcieux, le comte de Rivarol, l’auteur du Petit Dictionnaire, le comte de Barruel, un citoyen actif ci-devant rien, le chevalier de Kermol, R.V.R.L., Salomon…
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Au cours des années (il a été marié pendant près de dix ans, en secondes noces, avec une universitaire française publiée aux PUF), Olivier Mathieu a préfacé divers ouvrages comme, par exemple, il y a quelques années, « l’Anthologie Emile Boissier », qui propose des textes du poète nantais rassemblés par Jean-Pierre Fleury, écrivain, poète, et docteur en sociologie de l’Université de Nantes.
Olivier Mathieu sujet de plusieurs ouvrages.
Jean-Pierre Fleury a publié il y a plusieurs années de cela une (première) biographie d’Olivier Mathieu, qui a pour titre : « Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique ».
Olivier Mathieu a été cité par d’innombrables personnages, écrivains (ou, en certains cas, de présumés écrivains), par exemple dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe (« Olivier Mathieu a détrôné Marc-Edouard Nabe »). Signalons que l’on trouve sur le site Internet de Marc-Edouard Nabe un extrait d’un roman érotique (2013) d’Olivier Mathieu, « Jouissive à Venise ».
Pour conclure, Olivier Mathieu a d’ores et déjà été le sujet d’une biographie (celle écrite par Jean-Pierre Fleury) et de deux romans (nous avons d’ores et déjà évoqué, ici, le roman « Cent pages d’amour » de Marie de Vivier ; Paris, 1971). Sans parler, évidemment, de quelques bouquins qui, dans les années 1980 ou 1990, lui ont consacré parfois des dizaines de pages (un seul exemple, ici : le « livre » de Christophe Dechavanne, La fièvre du mardi soir, 1991).
Olivier Mathieu est entré, de son vivant, dans environ quatre ou cinq dictionnaires ou encyclopédies (entre autres le « Quid » qui, dans sa dernière édition en date, rappelait la voix obtenue par Olivier Mathieu, à l’Académie française, contre Giscard).
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Olivier Mathieu à la « une » du Figaro (2011).
Encore tout récemment, en avril 2011, le directeur du Figaro Littéraire, Etienne De Montety, a écrit un article en première page du « Figaro » pour saluer le talent littéraire d’Olivier Mathieu. C’était à l’occasion d’une élection académique qui a donné l’occasion à Olivier Mathieu de publier un « Eloge poétique de Maurice Druon » (éditions des Petits Bonheurs).
L’amoureux des promenades sur les bords de la Seine.
Grand amoureux de Paris, ville dans la proche banlieue de laquelle il est né, Olivier Mathieu était allé aller distribuer un tract devant l’Académie française.
Il s’agissait d’un tract poétique, rédigé en alexandrins réguliers. Chose encore plus anachronique, désuète, charmante et émouvante, car il convient de toujours souligner l’extrême sensibilité poétique et artistique d’Olivier Mathieu, ce dernier avait dédié son tract à son parrain bouquiniste, Ferdinand Teulé, ancienne figure de première importance de la littérature prolétarienne.
De gauche à droite : Ferdinand Teulé, Henry Poulaille fondateur du Groupe des écrivains prolétariens de langue française et René Bonnet en juin 1938, à l’époque du Musée du Soir (1935-1940). Courant littéraire dont on peut trouver de grands précurseurs du côté de Jean-Jacques Rousseau, Agricol Perdiguier, Jules Vallès, ou encore Charles-Louis Philippe et Charles Ramuz. D’essence libertaire au sens le plus large du terme, il convient de le différencier dudit Mouvement populiste d’une part, et des écrivains staliniens de l’entre-deux-guerres d’autre part. « Il est exact que Poulaille n’aime pas Staline, mais cela ne l’empêche pas qu’il puisse être un prolétaire honnête. Il est anarchiste, mais qui n’est pas anarchiste en France ? » écrivit Paul, Adolphe Loffler, écrivain communiste hongrois ami de Poulaille, dans son Journal en 1931.
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Olivier Mathieu n’a plus (il ne veut plus avoir) de blog depuis plusieurs années (pourtant, sauf erreur de notre part, celui qu’il a ouvert en 2014 sur Mediapart, au moment de l’élection académique d’Alain Finkielkraut, est resté en ligne) :
http://blogs.mediapart.fr/blog/robertspitzhacke
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A relire un indispensable entretien accordé par Olivier Mathieu et paru dans la presse française dès 2003 :
http://www.fattore.com/Confession.htm
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A conseiller, pour finir, sur le site « Afrique-Asie », la lecture d’une « lettre ouverte » (avril 2014):
http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/7476-lettre-ouverte-de-robert-spitzhacke-a-alain-finkielkraut.html
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Nous avons cherché, dans ce tout petit article, à parler d’Olivier Mathieu de façon certes rapide, non exhaustive, mais nous ne croyons pas utile d’évoquer le « guet-apens médiatique » fameux dans lequel il est tombé en 1990, invité sur TF1 par un journaliste-histrion et se retrouvant violemment frappé par un commando paramilitaire d’un groupuscule juif d’extrême droite, et également opposé à un autre groupuscule appartenant celui-là à l’extrême droite française. Il devrait apparaître comme fort triste que beaucoup de gens aient en effet eu intérêt, à cette époque-là, à profiter de l’indéniable idéalisme (certains diront : de la naïveté) d’Olivier Mathieu.
*
L’Olivier Mathieu de 2015 ressemble étrangement à l’enfant qu’il fut. Dit-il d’ailleurs autre chose, aujourd’hui, que ce qu’il a toujours dit ? A jamais gibelin au guelfe et guelfe au gibelin, anti-nationaliste parce qu’européen, anti-chrétien parce que païen depuis son enfance (et également excommunié par débaptisation en 2008), anti-militariste et anti-belliciste depuis toujours, révolté par la peine de mort (il prit position publiquement contre la pendaison de Saddam Hussein), anti-colonialiste, favorable à l’avortement et absolument pas hostile au « mariage » des homosexuels, de sensibilité écologique, végétarien et anti-corridas, anti-capitaliste (mais, en revanche, jamais anti-communiste), Olivier Mathieu est philo-européen (il ne s’agit pas, on l’aura compris, de l’Europe des bureaucrates et des banquiers), il est philo-palestinien, il est favorable à sa propre conception du socialisme, bref il est philo-énormément de choses mais peut-être est-ce surtout et avant tout un amoureux de la poésie et de la littérature, de l’humour et de la dérision, de la vérité, de la liberté vraie, en un mot du dépassement des vieux clivages ! Ses « modèles » sont (pour n’en citer ici que quelques-uns) Don Quichotte, le Ménippe de Lucien, le Cyrano de Bergerac de Rostand, le « brave soldat Chveïk » de Jaroslav Hasek, etc.
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Menipo Filosofo, estampe de Goya
d’après le Moenippus de Vélasquez (1639-1640)
Fin août 2015 : de nouveau, les images de « Ciel mon mardi » du 6 février 1990 sont diffusées, sur TMC (filiale de TF1), dans l’émission « Ces émissions qui nous ont marqués ».
Une certitude, le passage d’Olivier Mathieu à « Ciel mon mardi » ne sera pas oublié…
Olivier Mathieu reçoit beaucoup de courriels, ou aussi de lettres par voie postale à son domicile parisien. Des lettres qui contiennent un peu de tout, et qui vont du lecteur sincère au complet farfelu, en passant par certains individus qui ont visiblement du temps à perdre. Récemment, un correspondant m’a annoncé que l’article de Wikipédia sur Olivier Mathieu pourrait être bientôt supprimé. Ah bon ? Et après ?… Vu le nombre de lieux communs, d’inexactitudes (volontaires ou involontaires ?) de l’article en question, une telle suppression serait plutôt une bonne nouvelle, je trouve. « Ma foi », a réagi Olivier Mathieu par une boutade à prendre au second degré, « en ce qui me concerne la disparition de Wikipédia passerait inaperçue. Celle de ce mauvais article, encore davantage. Je ne fais pas partie de la culture, ou du partage de la culture – ou du partage de l’ignorance ? – Wikipédia »…
Il faut certes avouer que si des internautes, souvent anonymes, se permettent de supprimer de Wikipédia des auteurs indépendants, on vit une drôle (ou pas drôle) d’époque… Mais c’est ainsi : Olivier Mathieu (ancien collaborateur de la NRP, auteur de dizaines de livres, une voix à l’Académie française en 2003, « grand méconnu de la littérature française » selon Michel Marmin, poète qui a fait la « une » du Figaro en 2011…) « risque » d’être effacé de Wikipédia par des gens qui… n’ont probablement pas écrit, publié ou fait le mille millième de ce qu’il a fait.
Ces gens ne s’intéressent pas à Olivier Mathieu pour lui, et pour son œuvre littéraire ou ses recueils de poésie. Ils s’intéressent à lui juste quand on repasse à la téloche de vieilles images réchauffées du « guet-apens » chez Dechavanne… Les braves gens… Les pauvres gens…
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Portrait de Monsieur de Cyrano Bergerac
Le Doyen sc. M DC LXII
La Terre ne fut importune,
Je pris mon essor vers les Cieux.
J’y vis le Soleil et la Lune,
Et maintenant j’y vois les Dieux.
Charles Le Bargy dans Cyrano de Bergerac. Dessin de Paul Delaroche (1886-1914)
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En attendant d’avoir le plaisir de rencontrer prochainement Olivier sur les bords de la Seine, bon anniversaire de notre part et, aussi, de la part de plusieurs de ses amis (certains sont cités dans cet article) et lecteurs vraiment fidèles !
Jean-Pierre Fleury – le 27 septembre 2015.
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Cerise sur le gâteau, finissons, si vous voulez bien, en citant l’éditorial de « une » du Figaro. Un article paru en 2011.
« Candidat à l’habit vert, il sait discourir en vers ».
« Depuis la mort de Cocteau, il n’y a plus guère de poète à l’Académie française. C’est ce qu’a dû penser Olivier Mathieu, candidat au trentième fauteuil. Hier, jour d’élection, quai de Conti, il distribuait un tract où l’on pouvait lire un poème en alexandrins consacré à Maurice Druon. C’était l’éloge que, s’il était élu, le candidat se proposait de prononcer : « En ce jour d’hui, merci, pour l’immortalité/Que vous me conférez en m’offrant, respectable/Un auguste fauteuil… » Passons sur le nombre de pieds, un peu approximatif… Les 200 vers – ou peu s’en faut – évoquent la vie de Druon, Le Chant des partisans et Les Rois maudits. Mathieu rappelle l’hostilité de l’académicien à la féminisation du cénacle : « Il préférait sous la Coupole un mâle esprit. » Le dithyrambe est aimablement dédié « aux académiciens, aux bouquinistes des quais de la Seine, aux passants ». On ne fait pas plus bucolique. Les immortels sont-ils restés insensibles au lyrisme de Mathieu ? Ont-ils été choqués de voir un candidat aller vite en besogne, s’imaginant déjà élu ? Le rimailleur n’a recueilli aucune voix et c’est Danièle Sallenave qui a été élue au premier tour. C’est à elle qu’il reviendra de prononcer l’éloge de Maurice Druon. Certainement en prose. Quant à Mathieu, il ne lui reste, pour se consoler, qu’à relire Baudelaire, son frère d’infortune : Exilé sur le sol au milieu des huées /Ses ailes de géant l’empêchent de marcher »…
Editorial du Figaro, Etienne de Montety, 8 avril 2011.
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Je m’intéresse finalement peu à l’actualité, du moins à de nombreux domaines de l’actualité, et encore cycliquement sur divers points, beaucoup d’informations me passent sous le nez, ce qui finalement est souvent mieux. La société est tellement affligeante qu’il est parfois préférable d’ignorer des faits que de se morfondre en compagnie de notre impuissance. À ressasser notre impossibilité d’agir. Et ici encore je ne parle que de l’actualité patentée.
La Vie Parisienne revisitée mais sans humour aucun, tel un opéra-comique saboté par une mise en scène à la feu Savary, celle des beaux-beaufs, me débecte, aussi ce n’est qu’avant-hier incidemment, en cherchant tout autre chose sur Internet, que j’ai appris l’existence d’une nouvelle version de l’Idiot International, soit plus d’un an après. Et semble-t-il d’un ersatz des premières manières, un peu comme le Charlie Hebdo actuel par rapport au Charlie (pour parler novlangue…) « historique » des années soixante-dix.
Voici la une grotesque du premier numéro nouvelle série qui montre parfaitement la diarrhée mentale de ceux qui écrivaillonnent dans cette nouvelle feuille de choux.
Ils (je veux dire : quelques plumitifs obscurs et sans lendemain), y mélangent tout, et au final, on se demande bien ce qu’ils entendent promouvoir ou défendre, si ce n’est le bas sens commun et le conformisme des chébrans parigots et l’idéologie dominante en quelques secrètes nuances, dont eux seuls ont le secret.
Mettre ensemble des gens de tous bords politiques ou idéologiques, et dans le même panier des antipodes, relève de la bêtise pure et simple. Le titre lui-même est d’une rare nullité. De quelle conjuration (?!) nous parle-t-on ? Sauf à vouloir dire que tout se vaut. Tous unis, cet assemblage comploterait. Mais pour quoi ou contre qui ? Mystère. J’ai beau chercher un rapport entre, par exemple, Faurisson et Lévy, j’ai vraiment du mal à en voir un, sauf à dire que le révisionnisme = l’impérialo-sionisme. Ce qui est le comble de l’absurdité, puisque le règne impérialo-sioniste repose justement sur le mythe fondateur de 1945-46 bien connu, ou plutôt si mal connu par le pékin de la rue. Et semble-t-il également par « l’idiotisme » parisien en son idiolecte si particulier.
En fait, par cette simple image, on peut voir que ce journal, dont je ne sais même pas s’il existe encore, est un « reader digest » très indigeste de la bien-pensance « de gauche » des trente ou quarante dernières années : anti-facho, anti-nation, anti-révision, « moderniste » à tout crin et pro-empire. Le tout saupoudré d’un faux semblant de critique du sionisme. D’ailleurs, à tout prendre, je ne pense pas qu’il s’agisse réellement d’une critique en soi du sionisme, mais plus exactement d’une critique de certaines dérives grossières et outrancières de l’agitateur impérial et mauvais « philosophe » bien connu.
Avec l’image en une de cette nullité conceptuelle, pas besoin d’aller plus loin, cela vaut tous les longs discours, tous les inter-minables (sic) et lourdauds éditoriaux. S’il n’est quand même de citer ce morceau de vrai imbécillité de l’éditorial de ce n° 1. « Cette photo de famille où rouge-brun côtoient sans grimacer l’extrême droite, où antisémites assumés débattent avec l’ultra-droite sioniste, où les libéraux les plus fervents festoient avec les humanistes de façade. »
Il faut quand même préciser que cette « photo » n’est pas une photo de famille ; mais rien d’autre qu’une image globalisante, un « petit mickey » des fantasmes et abjections des idiotistes de Paris. Il y aurait à reprendre mot à mot cette accumulation incohérente de rien au grand bazar de l’absence totale de logique : rouge-brun, antisémites assumés, ultra-droite, libéraux fervents, humanistes de façade…
Le sommet est atteint avec « côtoient sans grimacer », « débattent » et « festoient ». J’aimerais bien savoir où et quand, pour reprendre l’exemple le plus parlant, Faurisson côtoie, débat et festoie avec Lévy. Hormis sur le dessin. Et tant bien même ils débattraient, je n’y verrais aucun scandale, la démocratie la vraie n’est-t-elle pas celle de l’agora et du forum ? C’est du débat que peuvent naître les décisions les plus pesées ou les plus sensées, les compromis, etc. Et non pas des oukases de dialecticiens à deux balles et autres confusionnistes de l’intolérance sûrs de leur fait… et de leur impunité bien-disante sous-conceptuelle, a-conceptuelle.
Cette mélasse confusionniste en grand désordre est un pur produit de notre temps, un recyclage des déjections du spectacle du monde. Les crétins sans pensée originale et cohérente, sans théorie, annonce même sans rire un nouvel « Idiot, un peu plus adulte ». Tout est dit !
Je me demande bien ce qu’il a à voir avec le bimensuel satirique créé par Jean-Edern Hallier, journal très souvent impertinent et dérangeant qui vécut avec des hauts et des bas de 1969 à 1994 et qui eut à subir entre autres choses, la hargne mitterrandienne et plus d’un procès. Par exemple celui-ci : « Auteur d’un éditorial contre la guerre “américano-sioniste” — M. Jean-Edern Hallier est condamné pour provocation à la haine raciale » (Le Monde du 3 juillet 1991).
J’en conclus donc que si le père Hallier était encore vivant, il ferait très certainement partie des imbéciles vilipendés par les petits feuilledechouistes. Pur produit de la déliquescence théorique de notre époque, ce titre, cette étiquette, cette image publicitaire devenue sans contenu réel et bandeau efficient, « on n’est jamais trahi que par les siens », c’est Hallier fils, un quidam dont tout le talent tient à son nom comme bien souvent, une sorte de Frank Fernandel de la satire, associé à Jérôme Schmidt, fondateur des Éditions (bien nommées) Inculte qui le sortent en charpie de sa tombe. L’Idiot nouveau est moins si je puis dire un bon cru que de la piquette produite par les vignes disons… de Montmartre.
Par exemple dans ce numéro premier, on y fit grandes découvertes : que la CIA finançait (autrefois seulement?) le cinéma américain, que le crime organisé et la finance internationale ont des liens. On y sut tous les ragots en rapport avec ladite Dieudosphère.
Et l’on y critiqua en long, en large et en travers, bien évidemment, le discours de Michel Onfray contre «la théorie du genre», ou encore on dressa un long portrait d’Aymeric Chauprade, député européen du FN où l’on apprit rien de moins que ce dernier est « Géopoliticien autoproclamé » et que » l’homme a fait ses classes dans les milieux völkisch néo-païens de l’extrême droite française » ce qui est pour le moins inexact et un peu court quand on sait (indépendamment de ce que l’on peut penser des diplômes et des postes universitaires) que ce docteur en sciences (sic) politiques, titulaire de plusieurs diplômes universitaires, est ou a été parmi d’autres choses, conférencier en géopolitique au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur du Royaume du Maroc, directeur de la Revue française de géopolitique, enseignant au Collège interarmées de Défense.
Les ignares contestent sa légitimité et sa compétence au nom de son appartenance politique. L’accessoire. Par contre ils n’ont rien à dire sur l’essentiel : ce qu’il est, un fonctionnaire chargé d’inculquer de la géopolitique et finalement un certain art de la guerre à des militaires. Eh, oui ! comme l’écrivait fort justement le géographe Yves Lacoste : La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, lui-même non dénué de contradictions puisqu’il a fondé l’Institut français de géopolitique.
Bref, faussement impertinent, ou d’impertinence anodine, conformiste et d’une grande vacuité, cet Idiot nouveau genre, mauvais genre, est un pur produit de la bien-pensance légèrement teintée « rebelle de salon » destiné aux gogos. L’exact opposé de l’esprit plus réellement provocateur et fou à lier de cet « hideux personnage à tête de chien, hâbleur et vindicatif, qui porte le nom bizarre de Jean-Edern Hallier » comme l’écrivit méchamment l’étrange Matthieu Galey dans son Journal.


























