Lettre précédemment parue le 8 avril 2014, mais encore, ô combien ! d’actualité.
*
Monsieur,*
Vous le savez: nous sommes adversaires, le 10 avril 2014, à l’Académie française.*
Vous le « philosophe », moi « l’inconnu »…*
Philosophe ?… Que croyez-vous, au juste, Monsieur Finkielkraut ? Croiriez-vous donc être la fine crème de la pensée? Certes, chacun est libre de ses illusions ! Vous êtes libre des vôtres. Mais vraiment, au fond de vous, est-ce que vous vous croyez – sincèrement – philosophe ?…*
En quoi, tout d’abord, votre agrégation de Lettres (modernes…) vous donne-t-elle le droit – ou l’audace – de vous déclarer tel?*
On reproche à certaines personnes, qui affirment être historiens, d’avoir des diplômes de Lettres. Mais s’il est interdit à des diplômés ès Lettres de se dire historiens, en quoi vous est-il consenti, à vous, de vous dire « philosophe » et de permettre, au premier laquais venu, de vous définir comme « philosophe » ? Je n’ai vu aucun article intitulé : « L’agrégé de Lettres modernes Alain Finkielkraut candidat à l’Académie française ». J’en ai vu des tonnes qui avaient pour titre, obséquieusement : « Le philosophe Alain Finkielkraut candidat à l’Académie française ». Cela ne vous gêne donc point ?*
Nietzsche était philosophe, Heidegger était philosophe. Et puis, Monsieur Finkielkraut serait philosophe à leur suite ? A moins qu’il ne les précède? De la même façon, Mozart était musicien, Vivaldi était musicien, Bach était musicien, et puis Claude François était musicien ? Et Parménide, qui n’avait pas d’agrégation de Lettres modernes, était-il réellement tout autant philosophe que l’agrégé de Lettres modernes Finkielkraut ?
Votre mère, M. Finkielkraut, est aujourd’hui presque centenaire, et je m’en félicite pour vous et pour elle-même. La mienne est morte à un peu plus de soixante ans. Elle possédait des diplômes que je préfère ne pas énumérer et ne pas comparer aux vôtres – par pure charité chrétienne à votre égard. Je me borne à constater que ma mère n’a jamais songé à se prétendre « philosophe ». Si ma mère possédait un doctorat de philosophie, contrairement à vous, comment se fait-il qu’elle n’ait jamais envisagé de se dire « philosophe » ? En 1974, par exemple, ma mère enseignait depuis une dizaine d’années à l’Université française, tandis que vous dispensiez votre savoir (dont je ne nie pas qu’il dût déjà être immense) dans une école technique de Beauvais. D’où vous vient tant d’humilité, alors, M. Finkielkraut ? D’où vous vient tant de sagesse, Monsieur le philo-sophe ?*
Sachez ce qui suit, M. Finkielkraut, pour commencer : je ne fais pas partie de l’espèce de ceux à qui vous vous jugez en droit, semble-t-il, de jeter d’impérieux « Taisez-vous ! »… Moi je parle si je veux et quand je veux, M. Finkielkraut. Je suis citoyen français autant que vous, et je ne suis ni votre élève, ni votre colonisé. Si vous aimez donner des leçons, moi je choisis mes maîtres, et j’estime par la même occasion ne pas avoir de leçons à recevoir de vous. Vous vous imaginez peut-être sorti de la cuisse de Jupiter, ou, plus probablement, de tout autre dieu de votre choix. Sachez, alors, que moi, Robert Spitzhacke, j’ai collaboré à des journaux tout aussi prestigieux que ceux qui vous ouvrent si volontiers leurs colonnes. J’y ai publié des articles littéraires et philosophiques que j’estime tout aussi intéressants que les vôtres. J’ai vu mon nom à côté de ceux des plus grands intellectuels ou écrivains français, à la « une » de revues littéraires et intellectuelles prestigieuses.*
Je serais très volontiers disponible, M. Finkielkraut, pour débattre avec vous de tout sujet de votre choix. Chiche ? Vous débattez avec BHL, vous débattez avec M. Cohn-Bendit, vous débattez avec Madame Elisabeth Lévy, vous débattez avec je ne sais qui encore. Ne voudriez-vous pas débattre avec Robert Spitzhacke ? Quels sont donc les critères – j’ignore s’il y en a – pour avoir le « droit » de débattre avec vous ?*
J’en viens aux livres, tiens !… Aux vôtres, et aux miens. Je ne sais pas combien de livres vous avez publiés, Monsieur Finkielkraut. D’ailleurs, ce n’est pas le nombre d’ouvrages d’une bibliographie qui constitue une œuvre. Mais voyez-vous, M. Finkielkraut, je ne crois certes pas avoir publié moins de livres que vous!…*
Vous avez publié chez de plus « grands » éditeurs que moi, M. Finkielkraut ? Je veux bien vous croire là-dessus. Vous étiez « maoïste » en 1968, on vous dit « réac » aujourd’hui. Et cela, naturellement, en restant fidèle à vous-même et à ce que vous êtes, au plus profond de vous. De quelque façon que le vent tourne, les intellectuels de votre espèce sont toujours vainqueurs… *
Moi je n’ai pas vos moyens, M. Finkielkraut. Je n’ai pas vos appuis, surtout. Je ne suis ni une girouette, ni un « garçon dans le vent ». Mais j’ai publié dans des revues françaises (ou étrangères) tout aussi importantes que celles qui vous accueillent. J’ai également publié autant, si pas davantage de livres que vous. La seule différence entre vous et moi, de ce point de vue, c’est que je ne suis pas invité à la radio ou à la télé (et pour cause…) tous les trois jours. Et que je n’ai pas non plus à ma disposition des chiées de journaleux obséquieux, avides de passer de la pommade à Monsieur l’agrégé de Lettres modernes… pardon, à Monsieur le Philosophe.*
Le livre de moi qui s’est le mieux écoulé s’est vendu à cinq mille exemplaires. C’était un ouvrage d’histoire littéraire. Vous connaissez suffisamment le milieu de l’édition parisienne, M. Finkielkraut, pour savoir que ce n’est pas mal. D’autant plus que j’ai publié dans des maisons d’édition qui n’avaient pas les moyens financiers de dépenser autant de fric, pour la publicité, que les vôtres. A propos, vous avez vendu combien de vos livres à 5000 exemplaires, M. Finkielkraut ? Lesquels?*
Vous me permettrez de vous dire tout cela, également, parce que je suis un peu votre aîné à l’Académie, ne vous en déplaise, dans la mesure où l’on y a déjà voté pour moi – ce qui n’est pas votre cas. Jusqu’au 10 avril 2014, M. Finkielkraut, en effet, est-ce que l’Académie a déjà voté pour vous ? Non. Jusqu’au 10 avril 2014, vous n’avez jamais reçu de voix à l’Académie. C’est ainsi. Vous allez sûrement en recevoir plus que moi, des voix, le 10 avril, M. Finkielkraut. Cela, oui. Dans le monde d’aujourd’hui, qui est votre monde et pas le mien, ce ne sera que « logique ». Mais jusqu’au 10 avril 2014, M. Finkielkraut, on a déjà voté pour moi à l’Académie française. Et jamais pour vous. Encore un peu de patience, M. Finkielkraut!*
Voilà, il est temps de conclure. J’affirme que jusqu’à aujourd’hui, j’ai reçu à l’Académie française ce que vous n’y avez pas encore reçu : une voix. J’affirme que j’ai certainement publié autant de livres que vous, si pas davantage. J’affirme que j’ai collaboré à des revues aussi prestigieuses que celles auxquelles vous élargissez si libéralement vos doctissimes entretiens. J’affirme que je ne suis certes pas passé à la télévision aussi souvent que vous (et pour cause…), mais que j’ai néanmoins participé à un grand nombre d’émissions, par exemple à une émission-culte qui m’a valu une réputation durable et une indéniable célébrité. Je ne crois pas savoir qu’aucune des émissions auxquelles vous avez été invité ait jamais eu, en termes d’audience et d’écho, une pareille notoriété. Je ne suis donc pas moins connu que vous. Oui, vous avez de plus grands éditeurs que moi. Oui, vous faites partie des « élites » médiatiques, les pauvrettes élites!… Oui, vous avez davantage de soutiens que moi. Mais je ne suis certes pas un « inconnu » et il m’arrive également, même si c’est moins souvent (et pour cause…) que vous, de faire la « une » de grands journaux français.*
Je crois donc être tout, sauf un « inconnu ». Voilà ce que j’affirme. Qu’y puis-je si la plupart des journalistes français, à l’exception de quelques-uns d’entre eux (souvent des jeunes gens, et souvent des femmes), n’ont causé presque QUE de vous, M. Finkielkraut, pour cette élection académique du 10 avril 2014 au fauteuil de M. Félicien Marceau (je dis « causé » par référence au journal « Causeur » de votre amie Madame Elisabeth Lévy)? Qu’y puis-je? Ce favoritisme médiatique en votre faveur s’explique parfaitement, je le répète et je vous l’accorde : vous faites partie du Système – germanopratin de souche – du copinage, du renvoi d’ascenseur, du cirage de pompes. Moi pas.*
C’est une intox de ce genre que, probablement, vos partisans mettent en oeuvre en prétendant qu’il y aurait à l’Académie française une « cabale » contre vous. Cela vous permet, le procédé est bien connu et il est éculé, de vous victimiser. Mais combien de temps de tels procédés vont-ils encore abuser les gens, M. Finkielkraut ?*
Moi, je ne suis pas dans le Système. Je ne fais pas non plus partie des politiciens et des politiciennes « anti-Système » professionnels qui ont besoin du Système pour exister.*
Moi, Robert Spitzhacke, je ne suis ni un « petit blanc» ni un « bobo ». Je suis anticolonialiste, je suis opposé à tous les colonialismes. Je suis pro-palestinien. Je ne suis pas un « Français de souche », j’ignore le sens de cette expression (que je trouve idiote). Je ne suis pas né Français. Pas plus que vous, d’ailleurs, M. Finkielkraut. Vous avez reçu la citoyenneté française à un an, moi à quatorze. J’ignore dès lors, pour ma part, d’où vous tirez vos lumières, ou qui vous a semble-t-il autorisé à parler au nom de ce que vous appelez les « Français de souche ». Je ne sais pas ce que vous êtes, de souche, M. Finkielkraut. Peut-être êtes-vous un « philosophe de souche » ? Pardon, un agrégé de Lettres modernes de souche?… Nous ne partageons pas les mêmes idées, vous et moi. Nous ne partageons pas la même souche, si j’ose m’exprimer ainsi. J’espère que vous m’y autoriserez. Et si vous ne m’y autorisez pas, moi je me le permets. Je suis d’un tout autre bord idéologique que les néo-conservateurs (les neocons), les petites ordures comme Anders Breivik Behring, les islamophobes, les réactionnaires, les identitaires d’extrême droite, les « marinistes ».*
Je n’ai jamais rien eu, et je n’ai absolument rien à voir non plus avec cette droite ou cette gauche qui, de nos jours, en France, me semblent si pathétiquement semblables l’une à l’autre. Je n’ai rien, absolument rien à voir avec votre « philosophie », cher M. Alain Finkielkraut. Et pas davantage (s’il était toutefois nécessaire de le préciser) avec votre collègue BHL, l’éminent spécialiste de « Botul ». Je ne désire rien avoir non plus en commun avec les Nabe, les Houellebecq, les Renaud Camus, les Richard Millet et autres…*
Peu m’importe ce que l’on dit sur moi aujourd’hui. Peu importe ce que l’on dira demain. Je suis moi-même. Un écrivain. Je ne suis pas un écrivain « bobo citoyen du monde », je ne suis pas un écrivain « petit blanc » ou, comme vous dites, « Français de souche ». Je suis un écrivain européen, je suis un intellectuel indépendant.*
Quant à vous, M. Finkielkraut, on empile vos livres dans les vitrines des librairies et vous les soumettez donc au goût du public. Nul n’est encore obligé, dans la France d’aujourd’hui, d’aduler votre génie. Et mon goût fait que je vois en vous, M. Finkielkraut, un Spinoza à l’usage des concierges, des piliers de bistrot ou des caissières de supermarché. Je prie les concierges, les piliers de bistrot et les caissières de supermarché de bien vouloir ne point s’offenser. J’ai de la sympathie pour tous et toutes.*
Simplement, je suis tout aussi philosophe que vous, M. Finkielkraut. *
Et je dédie toute voix – que je serais susceptible de recevoir, le 10 avril 2014, à l’Académie française, de la part d’académiciens courageux – à ceux qui n’ont pas de voix pour les défendre. Je parle des malheureux et héroïques petits enfants palestiniens de Gaza, Palestiniens de souche ou, si vous préférez, Amalécites de souche. Puisse-t-il être dit par quelqu’un, aujourd’hui ou demain, qu’un candidat à l’Académie française aura désiré l’être pour les enfants de Gaza. *
Robert Spitzhacke.
« Deuxième chronique finkielkrautienne d’Olivier Mathieu avant le discours du réception du Maître »
Finkielkraut prononcera son discours de réception le jour de Saint Thomas d’Aquin, dont Albert le Grand disait : « lorsque ce bœuf mugira, il étonnera le monde ».
Au lendemain de son élection à l’Académie française, une élection où j’avais été (10 avril 2014) son adversaire sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke, Alain Finkielkraut évoqua (au cours d’une interview à Europe 1) la ville de Villers-Cotterêts : « Je pense simplement qu’aujourd’hui il y a une crise de l’intégration : en témoigne, par exemple, la situation d’une ville comme Villers-Cotterêts. (…) La boucherie est devenue halal. Ce sont des situations un tout petit peu inquiétantes… »
Le nouvel académicien a donc non seulement une pensée d’une profondeur abyssale, mais aussi une humilité des plus rares puisqu’il déclare être capable de penser « simplement ». Alors que tout laisse imaginer, en revanche, la richesse et la complexité sans égales d’un philosophe capable de pareils arguments : « La boucherie est devenue halal ».
Problème, la boucherie n’était pas halal du tout. Et, à dire vrai, même si elle l’avait été, j’avoue ne pas comprendre où aurait été le problème.
J’en viens à l’essentiel. On n’a pas assez souligné, je pense, la poésie extrême qui entoure cette affaire. La poésie de Finkielkraut, me direz-vous.
Non. La poésie d’Odile.
Qui est Odile ? Odile (qui, encore plus modeste que Finkielkraut, n’a pas voulu indiquer son nom) a pourtant déclaré à la presse qu’elle gère en famille la dernière boucherie de la ville, et que l’on trouve de tout dans son commerce : « du bœuf et de l’agneau, du poulet et du porc ».
Nul ne semble y avoir pris garde, mais voilà un alexandrin de toute beauté.
« Du bœuf et de l’agneau, du poulet et du porc ».
On se croirait un peu (restons dans le domaine poétique) dans La laitière et le pot au lait : « adieu veau, vache, cochon, couvée ».
Qui serait le bœuf, qui l’agneau, qui le poulet et qui le porc d’une fable moderne ? Qui le veau, la vache, le cochon, la couvée ?
Je n’en sais fichtre rien. Tout au plus pourrais-je en avoir une vague idée, mais je n’en sais rien.
Une certitude : le 28 janvier 2016, il faudrait inviter Odile à entendre le discours de réception d’Alain Finkielkraut à l’Académie française.
Car au moins, on sait qui est le bœuf. Mais oui : le 28 janvier, c’est saint Thomas d’Aquin. Lequel est resté à l’histoire sous le surnom de « bœuf muet ». On dit qu’Albert le Grand affirma : « lorsque ce bœuf mugira, il étonnera le monde ».
Heureuses les époques où les boeufs étaient muets !
Olivier Mathieu.
Jacques Bertin (Rennes – 1946 ) :
Jean Vasca (Bressuire – 1940) :
Amis soyez toujours
Jean-Luc Juvin ( ? – 1940 / ? – 2007) :
Dernier point
Jean-Max Brua ( ? – 1938 / ? – 1999) :
L’Aube sur le jardin des plantes
Gilles Elbazdinouchi, dit Gilles Elbaz (Castres – 1946 / Lorient – 2009) :
Les Oiseaux de mon enfance
« Première chronique finkielkrautienne d’Olivier Mathieu avant le discours du réception du Maître »
Alain Finkielkraut : réception à l’Académie française (28 janvier 2016)
par Olivier Mathieu, Robert Pioche et Robert Spitzhacke.
Dans Le Figaro n° 21 667, vendredi 4 avril 2014, page 26 : « L’affaire agite l’Académie avec des conséquences inattendues. Un inconnu, Robert Spitzhacke, qui se définit sur son blog comme un « candidat anti néo-con, adversaire d’Alain Finkielkraut », se présente contre lui, reprochant même à la presse, dont le Figaro, de faire campagne pour l’essayiste. Le choix de l’Académie serait donc simple: Alain Finkielkraut ou Robert Spitzhacke. On n’ose y penser ».
Plus récemment, Le Figaro a prévenu ses lecteurs, fort aimablement dois-je dire, des « dix événements culturels à ne pas manquer en 2016 ». Une liste d’événements dont certains me paraissent quelque peu contestables, une liste en tout cas certainement pas exhaustive.
Jugez de l’éclectisme : les événements à ne pas manquer, selon Le Figaro, sont la réouverture de la salle parisienne du « Bataclan », les œuvres « démesurées » d’un certain Huang Yong Ping (« Il a installé un squelette de serpent de mer de 120m de long dans l’estuaire de la Loire et une énorme pieuvre à Lille 3000: Huang Yong Ping va investir le Grand Palais dans le cadre de Monumenta »), une « nouvelle mise en scène » d’un certain Julien Gosselin (18 et 19 juin 2016), « jeune prodige lillois qui avait relevé le défi d’adapter au théâtre les Particules élémentaires de Michel Houellebecq en 2013 », le nouveau disque de Louise Attaque (12 février), « groupe phare de la scène rock française de la fin des années 90 », etc., etc., etc.
Mais surtout, Le Figaro nous engage à ne pas perdre, le 28 janvier 2016, le discours de réception d’Alain Finkielkraut à l’Académie française. Je cite donc Le Figaro : « Alain Finkielkraut à l’Académie française (28 janvier 2016). Il aura fallu plus de 21 mois après son élection à l’Académie française pour que l’essayiste Alain Finkielkraut soit reçu sous la Coupole. Ce sera chose faite le 28 janvier. Fils d’immigrés juifs polonais, le philosophe de 66 ans s’est fait le chantre de l’identité française menacée aujourd’hui, selon lui, par une immigration mal maîtrisée et un déclin des valeurs traditionnelles de la République, notamment à l’école. Ses prises de position, parfois jugées «réactionnaires», lui ont valu des critiques. Lors de son élection à l’Académie, huit bulletins avaient été barrés d’une croix en signe de désaveu ».
Plus encore, lors de la même élection à l’Académie, j’avais été l’un des candidats – sous le pseudonyme littéraire de Robert Spitzhacke. Justement, le journal Le Figaro en avait parlé.
Dans « Le Figaro » n° 21 667, vendredi 4 avril 2014, page 26 : « L’affaire agite l’Académie avec des conséquences inattendues. Un inconnu, Robert Spitzhacke, qui se définit sur son blog comme un « candidat anti néo-con, adversaire d’Alain Finkielkraut », se présente contre lui, reprochant même à la presse, dont le Figaro, de faire campagne pour l’essayiste. Le choix de l’Académie serait donc simple: Alain Finkielkraut ou Robert Spitzhacke. On n’ose y penser ».
J’ai donc le grand plaisir d’annoncer que, sur le blog de mon ami et éditeur Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes, je consacrerai quelques articles et commentaires au discours de réception du 28 janvier 2016 d’Alain Finkielkraut à l’Académie française, pour ne surtout pas manquer un des dix « événements » qualifiés de « culturels » par Le Figaro. Etant moi-même fils d’une immigrée païenne belge en France, et ayant été l’adversaire d’Alain Finkielkraut – ce « fils d’immigrés juifs polonais », comme le rappelle Le Figaro – lors de son élection à l’Académie, je ne pouvais évidemment manquer à l’appel.
Le Figaro et Le Figaro Magazine ont toujours été attentifs à mes candidatures à l’Académie. « Personne, Quai Conti, ne se risque à un pronostic. Verra-t-on élu le farfelu Robert Pioche, qui défie les académiciens à un duel de dictée, chaque battu s’engageant à voter pour lui ? » écrivait par exemple Le Figaro-Magazine il y a quelques années.
En première page du Figaro, on a récemment lu : « Candidat à l’habit vert, il sait discourir en vers ».
Je cite : « Depuis la mort de Cocteau, il n’y a plus guère de poète à l’Académie française. C’est ce qu’a dû penser Olivier Mathieu, candidat au trentième fauteuil. Hier, jour d’élection, quai de Conti, il distribuait un tract où l’on pouvait lire un poème en alexandrins consacré à Maurice Druon. C’était l’éloge que, s’il était élu, le candidat se proposait de prononcer : « En ce jour d’hui, merci, pour l’immortalité/Que vous me conférez en m’offrant, respectable/Un auguste fauteuil… » Passons sur le nombre de pieds, un peu approximatif… Les 200 vers – ou peu s’en faut – évoquent la vie de Druon, Le Chant des partisans et Les Rois maudits. Mathieu rappelle l’hostilité de l’académicien à la féminisation du cénacle : « Il préférait sous la Coupole un mâle esprit. » Le dithyrambe est aimablement dédié « aux académiciens, aux bouquinistes des quais de la Seine, aux passants ». On ne fait pas plus bucolique. Les immortels sont-ils restés insensibles au lyrisme de Mathieu ? Ont-ils été choqués de voir un candidat aller vite en besogne, s’imaginant déjà élu ? Le rimailleur n’a recueilli aucune voix et c’est Danièle Sallenave qui a été élue au premier tour. C’est à elle qu’il reviendra de prononcer l’éloge de Maurice Druon. Certainement en prose. Quant à Mathieu, il ne lui reste, pour se consoler, qu’à relire Baudelaire, son frère d’infortune : Exilé sur le sol au milieu des huées /Ses ailes de géant l’empêchent de marcher »… (Première page du Figaro, Etienne de Montety, 8 avril 2011).
Tandis que M. Philippe Bouvard, lui, n’était pas du tout content (mais alors là, pas content du tout!) que j’aie reçu une voix, à l’Académie française, en décembre 2003. C’est pas beau la jalousie.
Philippe Bouvard écrivait en tout cas dans le Figaro Magazine (20 décembre 2003) : « J’essaye d’imaginer Robert Pioche, le parfait inconnu au bataillon académique qui, face à Giscard, a obtenu une voix, l’autre jeudi, sous la Coupole. Qu’a-t-il écrit en dehors de quelques lettres adressées à sa famille lorsqu’il faisait son service, naguère, à Colmar ou à Nancy ? Sans doute profite-t-il aujourd’hui d’un repos d’autant plus mérité que son absence de talent et d’ambition l’a dispensé de briguer la place de quiconque. A moins qu’il ne s’occupe des chevaux de Maurice Druon à la campagne. Peut-être a-t-il effectué quelques menus travaux de plomberie au domicile de Jean Dutourd. S’il n’a pas d’œuvre, il a une famille. Son épouse – qu’on surnomme «la bonne Pioche» – lui a donné une ribambelle d’enfants qui n’ont pas davantage défrayé la chronique avant de prendre leur retraite en même temps que lui. En tout cas, Robert Pioche est un modeste : il n’avait pas fait acte de candidature au fauteuil de Léopold Sédar Senghor ». (Philippe Bouvard, Le Figaro Magazine, décembre 2003).
J’espère humblement qu’Alain Finkielkraut, désormais « Immortel », aura l’extrême bonté de citer non seulement son prédécesseur à l’Académie française, qui fut un ami de ma grand-mère l’écrivain et romancière Marie de Vivier, mais aussi (n’est-ce point trop Vous demander, Maître ?) me citer dans son discours de réception. Que je commenterai si cela m’amuse, sur ce blog et peut-être sur d’autres, avec le plus vif plaisir.
On a lu dans… Télérama, aussi, ces propos assez exagérés : « Quelques jours avant l’élection probable d’Alain Finkielkraut, noteront-ils, les rumeurs grondaient. Un certain Robert Spitzhacke, de son vrai nom Olivier Mathieu, candidat périodique à l’Académie, poursuivait de son ire l’auteur de L’Identité malheureuse, en des termes qui trahissaient la haine ordinaire. Tellement ordinaire que Salah Guemriche, sur son blog dans Mediapart, parla de « harcèlement » et prit la défense de Finkielkraut »…
Qu’on se le dise, donc, et que l’on répète ce que l’Académie française annonce, elle aussi, sur son site officiel, Finkie « sera reçu en séance solennelle sous la Coupole, le jeudi 28 janvier 2016 à 15h, par M. Pierre Nora, au fauteuil de M. Félicien Marceau (21e fauteuil) ».
S’il ne pleut pas ce jour-là, j’irai distribuer des tracts littéraires et poétiques devant l’Académie, comme à mon habitude (et comme s’en faisait par exemple écho le Figaro du 8 avril 2011, sous la signature d’Etienne de Montety, que je remercie).
Sur ce blog, en attendant, je donnerai plusieurs chroniques au sujet de cet événement à ne pas manquer : Alain Finkielkraut à l’Académie !
Olivier Mathieu,
dit « Robert Pioche » (pseudonyme attesté dès 1971 dans le roman « Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon » de Marie de Vivier, Paris, 1971)
et dit « Robert Spitzhacke » lors de l’élection de 2014 où se présentait aussi Alain Finkielkraut.
Par Olivier Mathieu.
Première coïncidence. En ce jour anniversaire de l’attentat contre « Charlie Hebdo », on apprend que l’un des frères accusés de cet attentat (mais il n’y aura hélas jamais de procès : ils sont morts) aurait fait des repérages pas vraiment discrets, pas vraiment « professionnels », devant les locaux du journal trois mois avant les attentats et aurait même carrément lancé: «C’est bien ici qu’on critique le prophète ? On les surveille». Tout ça à en croire le Canard Enchainé. Des faits qui auraient été relatés dans un PV qui a disparu, ajoute l’hebdomadaire (généralement bien renseigné)… Si le Canard a raison, c’était des branquignols, non, pour aller avertir les voisins de « Charlie » trois mois avant ? Coïncidences.
Deuxième coïncidence. Patrick Deschamps, un kiosquier de St-Germain-des-Prés, a signé un livre, « LE KIOSQUIER DE CHARLIE », qui paraîtra le 7 janvier aux éditions des Equateurs. Le monsieur qui vend des journaux, dans le quartier de « Charlie Hebdo », le 7 janvier 2015, a donc publié et signé un livre où il est raconté que non seulement il avait l’habitude de rencontrer les journalistes de cet organe de presse mais que, ce matin-là, il se trouve (par hasard) rue de Meaux et que c’est à lui que les frères Kouachi essayent de voler sa voiture. On apprend aussi qu’il aurait servi dans l’élite des parachutistes, à Nîmes. Coïncidences.
Troisième coïncidence. L’ex sans-papiers malien, Lassana Bathily, 25 ans, le hyper-héros du magasin cacher, publie chez Flammarion. La presse nous indique qu’il « poursuit ses cours de français ». En voilà un qui a de la chance, remarquez, il publie chez Flammarion avant même d’avoir achevé son apprentissage de la langue française. Ce n’est pas à moi que ça arriverait, publier chez Flammarion… Le soir du 13 novembre, Lassana Bathily nous dit : « Je n’étais pas loin du Bataclan ». Comprenant que les attentats recommençaient, « J’ai couru, comme tout le monde ». Le vendredi suivant, une autre attaque frappait un hôtel de Bamako, où il avait séjourné aussi. Coïncidences.
Quatrième coïncidence. Toujours selon la presse, en septembre 2001, un certain Matthew a « survécu aux attentats du World Trade Center » car « il se trouvait aux pieds des tours jumelles lorsqu’un avion a percuté la tour sud ». Lors de la soirée fameuse du Bataclan, ce même Matthew, dont la presse nous apprend qu’il habite Paris depuis juillet dernier, a survécu à la soirée du Bataclan. A quand un livre ? Coïncidences.
Cinquième coïncidence (ou « hasard » selon les termes de Patrick Pelloux) : le fameux Patrick Pelloux, ancien de « Charlie Hebdo », a également soigné les victimes du Bataclan. En voilà des gens qui sont toujours aux endroits où ça se passe. « Le hasard a fait que le matin au Samu de Paris avait été organisé un exercice sur des attentats multi-sites. Donc on était préparé », a-t-il déclaré. Tout comme Patrick Deschamps, Lassana Bathily, Patrick Pelloux est très très présent dans la presse et dans l’édition.
Que de livres à venir !
Un témoignage. Espérons qu’on écoute aussi le témoignage d’un certain Arnaud, qui se présente comme un graphiste de 41 ans, et qui a raconté au Monde la prise d’otages du Bataclan d’une façon qui ne plaide pas pour le grand sérieux des présumés coupables. D’après ce témoin direct, présent donc au Bataclan aux côtés de sa compagne, « c’était des bras cassés quand même les mecs. Il faut imaginer que c’est l’un des otages qui leur a soumis l’idée de faire passer le numéro d’un téléphone portable pour entrer en contact avec la police. (…) Pendant dix minutes, ils réfléchissaient à un moyen de se procurer un talkie-walkie! Tout ça, c’est de l’impro. Cette prise d’otages n’était pas prévue, j’en suis convaincu », a déclaré Arnaud.
Vite, un éditeur !
Hier dans la soirée, passant devant une télévision allumée, je suis tombé sur une propagande d’État (FR3) pour un numéro « anniversaire » du « journal irresponsable » (mais qui là, ne l’affiche plus en titre) présenté avec le concours de je ne sais trop quel abruti (et je m’en moque bien) de cette officine gouvernementale du rire (sic) qui a encore l’outrecuidance de se dire « bien à gauche ».
J’ai entendu qu’un numéro spécial sortira mercredi prochain, tiré dit-on à un million d’exemplaires. Le petit-commerce continue.
En voici la une :
La première impression que j’ai eu, a été : c’est une quelconque affiche pour « Le Père Noël est une ordure » ou quoi ?
Ce dieu, aux canons de « l’esthétique » (sic) charlienne. ne me semble pas posséder les attributs habituels d’Allah. Comme c’est étrange.
Mais il ne me semble pas très catholique non plus. Il est affublé d’un triangle et d’un œil franc-maçons. À moins que ce ne soit un ancien tricorne de gendarme. Les frères la truelle ne vont pas être contents, mon petit Riss, ma petite souris, mon petit hérisson. Grave inconséquence !
Enfin, on ne verra jamais ici un dieu protestant ou juif, normal puisque les crapouillots travaillent pour l’empire de la finance dont l’idéologie destructrice est à rechercher du côté des élus talmudiques, prédestinés protestants, illuminés francs-maçons et autres « intellos » laïcards et néanmoins sionistes sinistres. Tous suprémacistes.
Tiens ! à propos de laïcards, voici ce que le Jules Ferry, l’enflé des rouflaquettes ou plus exactement l’hypertrophié des favoris caprins, le père de l’école publique, laïque et obligatoire, celle dont l’endoctrinement a mené tout droit à la boucherie acceptée de Quatorze, le grand bourgeois républicain franc-maçon pensait de sa supériorité intrinsèque tout en montrant son plus profond cynisme :
La première forme de la colonisation, c’est celle qui offre un asile et du travail au surcroît de population des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante. […] [Cela ne vous fait penser à rien? Là, finalement qui colonise qui ?] Mais il y a une autre forme de colonisation, c’est celle qui s’adapte [sic] aux peuples qui ont, ou bien un excédent de capitaux, ou bien un excédent de produits.[…] Les colonies sont pour les pays riches un placement de capitaux des plus avantageux.[…] Dans la crise [notez ce mot récurrent du capitalisme] que traversent toutes les industries européennes, la fondation d’une colonie, c’est la création d’un débouché.[…] [Et des bouchers coloniaux concomitants]
Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures {Remous sur plusieurs bancs à l’extrême gauche} parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures.[…] Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. [Notons la manière très restrictive et dédouanée de parler de l’esclavage] Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation . […]
Honte de rien, le type ! Et pour finir, encore plus terre-à-terre :
A l’heure qu’il est, vous savez qu’un navire de guerre ne peut pas porter, si parfaite que soit son organisation, plus de 14 jours de charbon et qu’un navire qui n’a plus de charbon est une épave sur la surface des mers abandonné au premier occupant. D’où la nécessité d’avoir sur les mers des rades d’approvisionnement, des abris, des postes de défense et de ravitaillement.
(extrait de son discours à l’Assemblée nationale du 28 juillet 1885).
*
Au fait, les charlots, que pensez-vous exactement des mesures d’exception et de leurs conséquences (comme on l’a déjà vu avec les misères faites à de vrais écolos, des écolos de terrain) dignes d’un régime totalitaire ? Mais votre fond de commerce est ailleurs : il est dans la défense et même l’extension du système en place par votre soutien actif à ladite « guerre des civilisations », à tous les gadgets de la décadence et de la déshumanisation (comme la théorie du genre) et à « l’antifascisme » imbécile. Le tout dans l’admiration quasi béate des États-Unis (en guerre permanente, guerre économique et guerre tout court, depuis des dizaines d’années, au cas où vous ne les sauriez pas).
D’où vos litanies et obsessions maladives sur Allah, sur le Dieu moribond des catholiques (s’il était plus présent en France il y aurait aussi le dieu orthodoxe et poutinien), et sur le « fascisme », fourre-tout commode de tout ce qui déplaît à l’Empire et à ses larbins de droite et de gauche en France. Bientôt on appellera tout ça « terrorisme » comme en Palestine occupée par les salopards sionistes. Et le tour sera joué.
Et vous continuerez à cracher sur un Dieu mort et une ambulance vide, dieu chrétien, catholique plus exactement, celui qui n’est justement pas, ou plus guerrier. Pas de craintes de représailles. Mais sait-on jamais… ?! Rien ne reste éternellement figé dans le monde misérable des petits hommes. Même chez ceux qui se prennent pour des élus. Y compris chez les charlots, ces marionnettes.
Charlie : petit miroir franchouillard des renégats et autres adeptes de la putréfaction idéologique, politique et morale bourgeoise de tous les bords. Ces « alliés objectifs » (comme on disait autrefois) des néo-conservateurs.
Un enseignant-chercheur poursuivi pour avoir cité M. Valls
Pétition de soutien à Bernard Mezzadri
Le mercredi 27 janvier 2016, à 14h, Bernard Mezzadri, maître de conférences à l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (UAPV), comparaîtra devant le tribunal correctionnel d’Avignon (Palais de justice, 2 boulevard Limbert) au motif qu’il aurait « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».
Cette citation à comparaître fait suite à un message diffusé en mai 2015 par Bernard Mezzadri sur une liste de discussion interne réservée aux enseignants-chercheurs et personnels de son établissement (« debat-uapv »), où, à l’occasion de la rencontre d’une délégation de l’université avec le premier ministre, il rappelait ironiquement les propos de M. Valls sur le marché d’Évry – dont alors il était le maire –, dans les termes suivants : « J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV comptera suffisamment de « blancos » (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement. »
Celui qui était alors président de l’UAPV, Emmanuel Éthis, et son service juridique ont cru de leur devoir de « signaler » au procureur de la république cette contribution, dont l’intention évidente était de dénoncer sarcastiquement les propos xénophobes de M. Valls.
Du reste, M. Valls a lui-même fait l’objet de deux plaintes pour provocation à la discrimination raciale, en raison de ses propos concernant les Roms en 2013, quand il était ministre de l’intérieur.
Les signataires de cette pétition dénoncent :
* le comportement des autorités de l’université d’Avignon et de son président d’alors, qui, au lieu de se poser en garants de la liberté de pensée et d’expression au sein de leur établissement, entendaient la museler par une sordide tentative d’intimidation ;
* la décision du procureur de répondre à cette sollicitation indigne ;
* le choix du chef d’inculpation, délibérément infamant, puisqu’il attribue calomnieusement au prévenu des idées et intentions contraires à ce qu’il a toujours défendu, jusques et y compris dans le message incriminé.
Les signataires de cette pétition :
* condamnent les propos de M. Valls auxquels Bernard Mezzadri faisait ironiquement référence ;
* demandent la relaxe pure et simple de Bernard Mezzadri.
Premiers signataires
1. Étienne BALIBAR, Professeur émérite en Philosophie morale et politique, université Paris Ouest Nanterre;
2. Michel BARTHELEMY, Sociologue, CNRS;
3. Maïté BOUYSSY, Maître de conférences honoraire, Centre d’histoire du XIXe siècle, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
4. Claude CALAME, historien, anthropologue, Directeur d’études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales;
5. Thomas COUTROT, Économiste;
6. Christophe DEJOURS, Professeur, Conservatoire national des arts et métiers;
7. Marianne DENICOURT, Comédienne;
8. Keith DIXON, Professeur honoraire de Civilisation britannique;
9. Jean-Pierre DUBOIS, Professeur de Droit public, université Paris Sud, Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme;
10. Pascale DUBUS, Maître de conférences en Histoire de l’art, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
11. Éric FASSIN, Professeur de Sociologie, université Paris 8;
12. Susan GEORGE, Essayiste;
13. François GÈZE, Éditeur;
14. Laurence GIAVARINI, Maître de conférences en Littérature française, université de Bourgogne;
15. Gisèle GRAMMARE, Professeure [sic!] émérite en Arts plastiques, Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
16. André GRIMALDI, Professeur émérite de Diabétologie à la Pitié Salpêtrière;
17. Nacira GUENIF-SOUILAMAS, Professeure [sic!], université Paris 8;
18. Sarah HATCHUEL, Professeure [sic!]de littérature et cinéma anglophones, université du Havre;
19. François JOUVE, Professeur en Mathématiques, université Paris Diderot;
20. Thomas LACOSTE, Cinéaste;
21. Olivier LONG, Peintre et Maître de conférences en Arts plastiques, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
22. Armelle MABON, Maître de conférences en Histoire contemporaine, université Bretagne Sud;
23. Pascal MAILLARD, Professeur agrégé, université de Strasbourg;
24. Christophe MILESCHI, Professeur en Études italiennes, université Paris Ouest Nanterre;
25. Michel MOREL, Professeur formateur agrégé d’italien retraité;
26. Toni NEGRI, Essayiste;
27. Frédéric NEYRAT, Sociologue, université de Limoges;
28. Bertrand OGILVIE, Professeur de Philosophie, université Paris 8;
29. Marie-Domitille PORCHERON, Maître de conférences en Histoire de l’art, Directrice adj. du CRAE-EA 4291, univ. de Picardie J. Verne;
30. Manuel REBUSCHI, Maître de conférences en Philosophie, université de Lorraine;
31. Oreste SACCHELLI, Professeur émérite, Études italiennes, université de Lorraine;
32. Nicholas SOWELS, Maître de conférences en Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
33. Julien THERY-ASTRUC, Professeur en Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux, univ. Lyon 2;
34. Éric VALENTIN, Maître de conférences en Esthétique, université de Picardie Jules Verne;
35. Jérôme VALLUY, Maître de conférences en Science politique, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
36. Laurence VANOFLEN, Maître de conférences, université Paris Ouest Nanterre;
37. Sophie WAHNICH, Directrice de recherche au CNRS Paris, Citoyenne;
38. Caroline ZEKRI, Maître de conférences en Littérature et civilisation italiennes, université Paris-Est Créteil.
Christophe MILESCHI
Paroles de Michel Delpech, musiques de Roland Vincent.
Celles-ci, si datables de la fin des « Trente Glorieuses », mais bien loin du bruit et de la fureur, et par là même tant intemporelles et jamais désuètes :
* ANATOLE, 1963, quand on avait encore de beaux jeudis.
Badabada…
Cher Anatole, mon petit
A l’école, tu t’ennuies
Tu voudrais bien t’en aller
Gambader dans la forêt.
Anatole, va rêver
Sur le banc de ton lycée,
Va rêver de liberté
Et referme tes cahiers.
Badabada…
Anatole, tu souris
Tu repenses à tes amis :
Les oiseaux et les lapins,
Tu les rejoindras demain.
Car demain, ouais, c’est jeudi,
Tu sauteras de ton lit
Pour aller dès le matin
Retrouver tes vieux copains.
Les copains de la nature,
Dans un monde de verdure
Où tu pourras déchirer
Tous tes livres et tes cahiers.
Badabada…
Mais vendredi, y a l’école
Et mon petit Anatole,
Pour toi, tout sera fini ;
Mais apprend que c’est la vie
Mais apprend que c’est la vie
Mais apprend que c’est la vie…
Bada…
***
* CHEZ LAURETTE, 1965 (INA 1966), quand on rencontrait encore ce genre de baths petits cafés de quartier.
À sa façon de nous app’ler ses gosses
On voyait bien qu’ell’ nous aimait beaucoup
C’était chez ell’ que notre argent de poche
Disparaissait dans les machines à sous.
Après les cours, on allait boire un verre ;
Quand on entrait Laurette souriait
Et d’un seul coup nos leçons, nos problèmes
Disparaissaient quand ell’ nous embrassait.
C’était bien, chez Laurette
Quand on faisait la fête
Elle venait vers nous.. Laurette.
C’était bien, c’était chouette
Quand on était fauché
Elle payait pour nous.. Laurette.
Et plus encore, afin qu’on soit tranquille,
Dans son café y avait un coin pour nous,
On s’y mettait pour voir passer les filles,
Et j’en connais qui nous plaisaient beaucoup.
Si par hasard on avait l’âme en peine,
Laurette seule savait nous consoler,
Ell’ nous parlait et l’on riait quand même,
En un clin d’œil ell’ pouvait tout changer.
C’était bien chez Laurette
On y retournera
Pour ne pas l’oublier Laurette.
Ce s’ra bien ce s’ra chouette
Et l’on reparlera,
Des histoir’s du passé
Chez Laurette.
Ce s’ra bien ce s’ra chouette
Et l’on reparlera,
Des histoir’s du passé
Chez Laurette.
La, la , la…
Chez Laurette.
***
* IL FAUT REGARDER LES ÉTOILES, 1967, totalement à contre-courant de l’époque.
Le soleil, ça ne suffit pas forcément.
A celui qui veut rêver malgré le temps.
Le soleil, c’est tout petit finalement.
C’est une étoile au firmament
Parmi tant d’autres évidemment.
Il faut regarder les étoiles tour à tour,
Ce sont des soleils pour troubadours.
Il faut accrocher des étoiles aux ciels de pluie
Pour que brillent un peu plus fort les jours trop gris.
Il faut regarder les étoiles tout là-haut,
La lune est le soleil de Pierrot.
Il faut accrocher des étoiles aux ciels de lit
Pour que l’amour garde un peu de poésie.
C’est la vie qui va trop vite maintenant.
Si tu veux rester poète plus longtemps
Il suffit de t’arrêter quelques instants,
De lever les yeux doucement
Et de regarder simplement.
Il faut regarder les étoiles tour à tour,
Ce sont des soleils pour troubadours.
Il faut accrocher des étoiles aux ciels de pluie
Pour que brillent un peu plus fort les jours trop gris.
Il faut regarder les étoiles tout là-haut,
La lune est le soleil de Pierrot.
Il faut accrocher des étoiles aux ciels de lit
Pour que l’amour garde un peu de poésie.
La, la, la…
***
* POUR UN FLIRT, 1971. Pattes d’eph, chemise blanche, petit gilet et grandes pattes aux joues… Mini-jupe et bottes… Ah ! Les boums !… « Flirt » de l’ancien-français « floreter/fleureter/ floureter » : s’épanouir comme une fleur, peindre des fleurs, voltiger de fleur en fleur, tâtonner, conter fleurette, dire des balivernes, effleurer (floreter sur), faire des fioritures (en musique).
La, la la, la la…
Pour un flirt avec toi,
Je ferais n’importe quoi ;
Pour un flirt avec toi.
Je serais prêt à tout
Pour un simple rendez-vous,
Pour un flirt avec toi.
Pour un petit tour, un petit jour
Entre tes bras ;
Pour un petit tour, au petit jour
Entre tes draps.
La, la la, la la…
Je pourrais tout quitter,
Quitte à faire démodé,
Pour un flirt avec toi.
Je pourrais me damner
Pour un seul baiser volé,
Pour un flirt avec toi.
Pour un petit tour, un petit jour
Entre tes bras
Pour un petit tour, au petit jour
Entre tes draps
La, la la, la la…
Je ferais l’amoureux
Pour te câliner un peu ;
Pour un flirt avec toi.
Je ferais des folies
Pour arriver dans ton lit,
Pour un flirt avec toi.
Pour un petit tour, un petit jour
Entre tes bras.
Pour un petit tour, au petit jour
Entre tes draps.
La, la la, la la…
***
* LE BLÉ EN HERBE, 1971
Ce sont les enfants du printemps :
Le blé en herbe, le blé en herbe.
Ce sont les enfants du printemps :
Le blé en herbe, le blé en herbe.
Ils sont comme tous les enfants
Du bout du monde au bout du monde,
Tête folle et cœur impatient
Chaque seconde, chaque seconde.
Tout le soleil est pour eux,
Vaillant comme un feu de joie,
Tous les cadeaux du bon Dieu
Se trouvent dans leurs bras, ah ah !
Doux comme une caresse, une caresse,
Tendres comme un espoir, un espoir,
Beaux comme une promesse, une promesse,
Riches comme le pouvoir, le pouvoir.
*
Tout le soleil est pour eux,
Vaillant comme un feu de joie,
Tous les cadeaux du bon Dieu
Se trouvent dans leurs bras, ah ah !
Fous comme les poètes, les poètes,
Vrais comme une eau de pluie, une eau de pluie, *
Chauds comme un cœur en fête, un cœur en fête,
Forts comme une eau-de-vie, une eau-de-vie.
Ce sont les enfants du printemps :
Le blé en herbe, le blé en herbe,
Ce sont les enfants du printemps :
Le blé en herbe, le blé en herbe.
Ils sont comme tous les enfants
Du bout du monde au bout du monde,
La, la, la, la…
* Vrais ou frais ?
Certains évoquent la folie barbare et féodale d’Arabie des Saoud (bien aidée par la maffia américano-sioniste et les pantins de la politique française).
D’autres parlent de Michel Delpech.
Moi, je dirai simplement que cela fait juste vingt ans que mon père est mort.


