Au temps des décadents pervers, il est toujours bon de rappeler que ce qui est dévolu aux médiocres littérateurs médiatiques et autres malveillants qui avilissent les arts en y jetant leur gourme de pauvres types bornés et conformistes, c’est le mépris. À défaut de l’oubli.
Mais il est parfois bon aussi de le rappeler plus longuement ; comme ici en cet article de bris-collage, détournement et adaptation d’un article de l’ennemi agressif du genre humain et triste sire « Houellebecq le facho », ce suprémaciste petit-blanc, article paru rien de moins que dans les Lettres françaises, pas dégoûtées ni bêcheuses pour deux sous, en leur numéro 22 déjà ancien, de juillet 1992.
Je n’en parlerais même pas si cette dérisoire nullité (l’un des bons écrivains français de notre temps selon l’académicien néo-sibérien Makine) n’entretenait la merde non seulement dans la littérature mais dans le pays, grand pourvoyeur d’idéologie dominante ou pour le dire plus crûment d’esprit colonial, ou néo-colonial, d’anti-religiosité sélective et de racisme anti-arabe comme Charlie. Houellebecq, voilà l’esprit Charlie, ou plutôt l’absence d’esprit de Charlie, au final. Ce n’est certes pas un hasard, je me répète, que Thomas dit Houellebecq a été élevé par une grand-mère stalinienne (dénommée Houellebecq, justement) chez les colons occupant et exploitant sans aucun droit l’Algérie et les algériens. Quand on a écrit ça, on a déjà compris beaucoup du piteux personnage qui est assez proche finalement d’un Bedos du temps où il aimait cultiver « l’esprit Marrakech » (je renvoie ici à un vieux sketch de pseudo-second-degré, du dernier nommé). Houellebecq a la cervelle tolérante et ouverte d’un stalineau des colonies françaises qui aurait viré anti-maghrébin.
*
Michel Thomas est quelqu’un dont on n’apprendra jamais de prétendus poèmes à l’école, enfin, ce qu’il en reste, d’école. Du moins, je l’espère et je souhaite ne plus être là pour le voir. À la différence des proses poétisantes d’un Jacques Prévert qui aimait les fleurs, les oiseaux, les quartiers du vieux Paris, etc. Lui, c’était l’amour qui lui paraissait s’épanouir dans une ambiance de liberté et de bal-musette ; plus généralement, il était tout à fait pour la liberté, plus exactement pour celle du peuple, du bas-peuple même parfois, celui des premiers congés payés de Trente-six arrachés de haute lutte (quarante jours d’occupations d’usines), celui des ouvriers, des employés, des paysans, des réprimés divers dont il chercha toujours à faire lever la tête avec optimisme, à les sortir de leur esclavage. Il portait une casquette et fumait des Gauloises à moins que ce ne fut des Celtiques ; il était du temps de Jean Gabin ; d’ailleurs c’est lui qui a écrit le scénario de Quai des brumes, des Portes de la nuit, etc. Il a aussi écrit le scénario des Enfants du paradis, considéré comme son chef d’œuvre. Tout cela fait beaucoup de bonnes raisons pour aimer Jacques Prévert et sa bande ; certes on aurait préféré qu’il n’occupât pas autant de place à lui tout seul et laissât à quelques autres le soin de s’exprimer eux aussi, mais qui pouvait-il ? On pense ici aux scenarii jamais tournés qu’un Antonin Artaud rédigea à la même époque. Artaud ce fou génial, et finalement très, trop lucide. Cet homme de talent qui dès le temps de guerre conchiait avec force ladite civilisation et en particulier l’empire du mal nord-américain.
Après la guerre, à peu près à la même époque que Jean-Paul Sartre, celui qui toujours eu tort sur tout et avant tout sur la liberté, Jacques Prévert a eu un succès énorme, dans la chanson dite « de qualité », ou « à texte » en particulier (je pense ici aux Frères Jacques) ; on ne saurait être frappé par l’optimisme de cette génération qui avait connu les années Trente, subi comme on sait la guerre et était sortie de cet enfer belliciste capitaliste. À notre triste époque de propagande impériale déchaînée, intolérante, censeur, mensongère, imbécile, le penseur, ou plus exactement le non-penseur le plus influent, ce serait plutôt Finkielkraut ou Botul, et quelque autre semblant d’être humain. Enfin tout un ensemble de copains-coquins, de malfaisants tarés, d‘abaisseurs d’humanité, d‘auto-élus dérisoires, de rabougris hargneux, haineux sans talent, encore plus sans aucun génie, parfois même sans métier.
A l’époque de Prévert, on écoutait – comme les gens doués de sensibilité, de raison, de nostalgie romantique d’aujourd’hui encore — Vian, Brassens et autres ; des anars sympathiques comme une bonne partie de la Rive Gauche, et même Droite. « Amoureux qui se bécotent sur les bancs publics« , « babyboom« , mais aussi construction massive de HLM pour loger tout ce pauvre monde-ci, celui de Prévert. Beaucoup d’optimisme, de foi en l’avenir, et un peu plus d‘humanité que de nos jours. Mais également, il est vrai, illusoire entrée dans la société de consommation qui n’était pas encore celle de la consumation des élans et des cœurs qui font des jeunes de notre temps souvent des amorphes ou des vieux avant l’heure ou des abreuvés d’illusoire sans espoir. Époque d’après-guerre où les ouvriers pouvaient encore dire « merde« à leur patron – très généralement et malgré tout ou grâce à la Reconstruction, paternaliste avec un petit fonds d’humanité — sans se retrouver chômeur. Ce n’est pas un hasard si en ce moment même, la télévision d’État sort une saga sur les ouvriers du XXe siècle, le prolétariat contestataire, plus soudé et frondeur qu’en notre temps, comme si cette espèce était en voie de disparition, pour ne pas dire comme si elle avait totalement disparu. À l’évidence, notre temps est devenu beaucoup moins intelligent. Revenu de tout ou hédoniste ridicule et sordide, faisant marchandise et pognon de tout. Oui, revenu de tout sauf de l’essentiel qui nous mine et nous ronge.
Pourquoi la « poésie« de Houellebecq est-elle si médiocre sur la forme et tant méprisable sur le fond, à tel point qu’on éprouve toujours de la honte à la lire ? Et qu’on n’y retourne très généralement pas, sauf à vouloir être un peu masochiste pour s’indigner à nouveau d’une telle absence d’esprit poétique et d’une telle inconséquence sordide. Faite de futilité, de néant, de bassesse.
À travers son absence de jeux de mots, de jeu sur les mots, son absence totale d’idées qui élèvent, sa musique lourdingue et monotone, à bout de souffle, impavidement éléphantesque, ses rimes et ses rythmes indignes d’un « auteur à grand tirage », avec son absence de style reconnaissable, avec ses écrits « poétiques » du niveau tout juste BEPC, Houellebecq exprime en réalité parfaitement sa conception du monde. La forme est finalement assez cohérente avec le fond, ce qui est bien le minimum qu’on puisse exiger d’une forme. D’ailleurs quand un tel non-poète s’immerge à ce point dans la vie, dans la vie réelle de son époque, ce ne serait pas lui faire injure que de le juger suivant des critères purement stylistiques. Puisque le style, c’est la vie. Non ?! La vraie vie, poétiquement parlant.
Si Thomas écrit, c’est qu’il a quelque chose à dire ; mais j’ai cru comprendre qu’il y a bien longtemps qu’il n’y croit plus ; y a-t-il d’ailleurs jamais cru ? Malheureusement, ce qu’il a à dire est d’une dégueulasserie sans bornes, un gouffre ignoble et sans grandeur (j’avais écrit « sans espoir », mais c’est bien trop lui accorder, il ignore le sens du mot « désespoir ») ; un tas d’immondices abjectes ; quand il nous prend courage de le lire en diagonale et dans ressortir quelques pitoyables extraits, on en a toujours la nausée. Que ça soit en vers rimaillés ou en prose. Il a des discours pour dire qu’il n’a rien à dire, une pensée basse et tordue qui avilit tout ce qu’il touche, une forme de zolaïsme minable. On y rencontre des arabes qu’il serait bon de saigner comme des cochons quand on les égorge, à l’exemple de « l’œuvre de salubrité publique« entretenue depuis plus d’un demi-siècle par la lie de l’humanité sioniste. Les enfants y sont des victimes présentables et tout à fait justifiés, les voyous pas même séduisants et virils y dirigent le monde, les jolies filles nues donnent leur corps aux salauds ; les bourgeois ne sont plus vieux, obèses, impuissants, décorés de la Légion d’honneur et leurs femmes ne sont plus frigides, mais fort respectables et respectés ; les imams sont de répugnantes vieilles chenilles qui ont inventé, sans rien devoir à l’empire, le terrorisme pour nous (les Houellebecq) empêcher de vivre.
Thomas est le double, mais le double inversé de cet autre triste sire de la décadence qui lui prétend faire rêver des déjections de l’air du temps et des pseudo-révoltes, au sein du conformisme ambiant et du déclin. Ce nabot si bien surnommé puis pseudoïsé qui écrivit :
Houellebecq lui-même me l’avait bien expliqué :
– Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C’est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l’emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes!… Ça le complexe, ça l’humilie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr… Michel avait raison. Un best-seller [sic] a toujours raison. Roman à thèse [resic] + écriture plate + athéisme revendiqué + critique de son temps (mais pas trop) + culture rock-pop + défense du capitalisme + attaque des Arabes = succès garanti…
« Soulever le lecteur de terre » : c’est ce dont se prétend capable Nabe, petit esprit aussi tordu que Thomas, mais différemment tordu ; il y en aurait à dire, mais c’est ici hors sujet. Car il relève lui aussi intégralement du « critique de son temps (mais pas trop) ». D’une curieuse critique de son temps, pour au final en devenir une caricature tout autant que Houellebecq. Et d’une bassesse sidérante. Moi je suis sans voix lorsque je lis que le nabot rêverait que l’on réalise des godemichés en étrons durcis ! Si : c’est du vrai, du garanti nabotesque. Zannini fils, autre grand méconnu poète !
La bêtise, l’absence de talent ou de simple métier, n’aide en rien à écrire de bons poèmes, je dirai même de simples poèmes potables ; elle ne peut éviter d’en écrire de mauvais. Si Michel Thomas est, pire qu’un mauvais poète, un non-poète, un individu à l’opposé de ce que tout poète doit être (sensible, aimant ou révolté…) c’est avant tout parce que sa vision du monde est plate, superficielle et fausse. Elle est celle de son temps : de celui de la domination conjointe du Veau d’Or, d’une certaine hyper-technique et d’une certaine médiatisation. Et de tout ce qui en découle. De nos jours, sa nullité apparaît avec éclat, à tel point que l’œuvre entière semble le développement d’un gigantesque cliché. Sur les êtres humains, sur son époque, sur son esprit tordu reflet d’un temps social également tordu ; tordu et fou au sens le plus fort du terme.
Il est affligeant de constater que ce répugnant réalisme apoétique n’est fait que de semblants d’idées, ou plus exactement d’idées basses pensées par un esprit malade, à l’image de cette tronche clope au bec, de petite vieille fripée avant l’heure et racornie, impuissante et vicelarde, suintant l’étroitesse d’esprit, la vulgarité et toute la laideur de notre époque. Toute sa nullité artistique et plus encore poétique.
Sur le plan philosophique et politique, Michel Thomas dit Houellebecq est avant tout un anti-humaniste et un non-libertaire ; c’est-à-dire, fondamentalement, un imbécile.
Je retiens ce qui suit d’un tout récent entretien de l’historien Darrin M. McMahon, auteur de “Fureur divine. Une histoire du génie” (cf. l’article de Juliette Cerf in Télérama du 18 mars 2016) :
1 – « Le génie naît au tournant du XVIII et du XIXe, car avant cette période, l’imitation, la mimesis, était la base de l’art, la création étant l’apanage de Dieu. Ce culte du génie et de l’originalité humaine signifie que l’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens où il peut créer ex-nihilo. »
2- « Ce culte du génie incarné par quelques grands hommes supérieurs a dérapé et fait des ravages. […] Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. Dans l’Antiquité, le génie désigne un ange-gardien, qui est aussi le dieu de la naissance. Comme tous les anges, le génie peut se séparer de Dieu et devenir mauvais, démoniaque. Et donc capable de nous séduire, de nous tromper, de nous rendre malades et fous. »
3- « Son mystère s’est dissipé : selon Thomas Edison, le génie, c’est « 1 % d’inspiration et 99 % de transpiration » ! Le génie s’est surtout banalisé, il est célébré partout, supplanté par une culture de la célébrité qui ne fait pas de distinction entre un génie du football, de la mode, des affaires ou de la cuisine. Il existe des gens brillants et créatifs dans tous les domaines, personnalités dont la presse fait ses choux gras. Le génie est devenu une stratégie marketing. Un label qui fait vendre. »
4- « … Einstein ! – Le dernier génie, selon vous… – Oui, la quintessence du génie moderne et de son héroïsme, l’incarnation du bien opposé au nazisme.«
***
Einstein la quintessence du génie moderne ?! Oui sans doute mais pas dans un sens immédiat (sans média). Quintessence de son héroïsme ? De quoi est-il le héros ? En quoi et de quelle manière il se serait opposé au nazisme ? Le bien : quel bien ? Et en quoi le nazisme serait-il pire, ou plus le mal que le stalinisme ? Ou que ladite démocratie ? Qui a construit et utilisé deux bombes atomiques sur des japonais ? Hitler ? Staline ? Qui a poussé, écrit à Roosevelt avec quelques autres, pesé de tout son poids « marketing » (pour employer ce mot contemporain), de tout son poids publicitaire (de toute sa renommée, son aura largement publicitaire) pour que l’on construise ces bombes ? Si ce n’est le pacifiste (sic, quelle dérision !) Einstein qui rêvait d’une destruction complète de Berlin, tandis que son complice Oppenheimer rêvait d’empoisonner les réserves d’eau allemandes en y introduisait des éléments radio-actifs ! Pendant que le doudou-dingue Reich entendait soigner ses patients par le même procédé ! Tous trois ayant vécu en Allemagne auparavant. Le second étant d’autre part stalinien. Ce qui ne gênait nullement les grands démocrates anti-bolcheviques en l’occurrence. Et le troisième étant le pape du freudo-marxisme ; bien moins utile à la cause yankee, il en subit les conséquences que l’on sait, puisqu’il acheva sa vie en prison, probablement victime d’avoir été volontaire sans ou avec guillemets, dans l’expérimentation des médicaments.
Est-ce que c’est d’aujourd’hui que ledit génie est devenu « une stratégie marketing ». Est-ce qu’Einstein ne serait pas le type même du précurseur en ce domaine à l’heure du grand développement des media ? Est-ce qu’il ne serait pas en grande partie le type même du mythe du génie qui ne doit rien à personne alors que dans les faits il n’en fut rien. Le type même de celui qui de bonne réclame (ou n’est pas exclue la pitrerie) a ramassé toute la mise, remisant les savants plus discrets ou moins médiatisés (déjà) dans l’oubli du public, voire même du milieu scientifique : un milieu, des milieux de plus en plus spécialisés donc de plus en plus incultes et bornés (oui, on peut être savant en son domaine tout en étant inculte et à œillères), sans perception d’ensemble et au final sans plus beaucoup d’éthique. Près à tout ; pour prendre des exemples courants, de base, vulgaires : Qui fabriquent des produits dopants ? Qui tripatouillent sur Internet ? Certainement pas les premiers venus.
Einstein sans devanciers ; tant sans devanciers qu’il dédaignait très généralement de citer qui que ce soit dans ses articles. Mais on comprend pourquoi (ce sera un jour l’objet d’un autre article ici). Le génie, un pourcent d’inspiration… 99 pourcent de récupération. Ou si l’on veut 10, 20 % d’inspiration, 90, 80 % de récupération. C’est-à-dire un savant déjà plus ordinaire, normal courant, et moins génial. Un savant au sein d’une communauté scientifique réelle. Mais aussi celui qui s’est trouvé là pour faire récolte quand le fruit bien mûr, les fruits bien mûrs tombaient à terre, et cela dans le bon verger. Je veux dire celui (le verger) le plus ouvert à la réclame pour ne pas dire à la propagande. Les auteurs qui décortiquent le bonhomme et ses pratiques (et même sa vie privée fort peu reluisante) commencent à être nombreux sur le sujet. Enfin. Mais il en va toujours ainsi des mythes, que seules les mites tenaces démythifient, « sécularisent » malgré la naphtaline et l’eau bénite médiatique.
« Le culte du génie… a… fait des ravages…. Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. » Effectivement, c’est exactement le cas ici. « L’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens ou il peut créer ex-nihilo ». Le plus bel exemple donc n’est-t-il pas celui de la bombe atomique « démocratique » voire « progressiste » ? C’est ce que plus d’une fois j’ai nommé quelque chose comme « folie du petit démiurge du mal ». Grand démiurge à l’échelle de l’homme ou de la Terre, riquiqui et inexistant à l’échelle infini du Monde. Prétentieux, imbécile et borné ; on en a des exemples tous les jours, des ravages de cet esprit du mal dans les domaines des technologies destructrices des hommes et de la Nature ; dans certains domaines de la physique, de la chimie, de la biochimie… Et le pire, le plus évident et éclatant c’est que ces exemples ne doivent rien à Mussolini et son fascisme, Staline et son bolchevisme à l’heure du culte de la personnalité, Hitler et son national-socialisme, Salazar, Franco, Mao, etc. qui ne sont plus (finalement cantonnés par bien des côtés dans des modes plus archaïques, moins « modernes« , plus artisanaux), mais en premier lieu à ladite société démocratique occidentale !
Qu’on se le dise.
— S’i ‘ous plaît, M’sieu, on n’ vous a pas rapporté un corset blanc avec des faveurs roses ?
— Si, Mademoiselle, si… Mais est-ce bien là tout ce que vous avez perdu ?
*
Avant : les grands mots! — Pendant : les petits mots! — Après : les gros mots!
*
— Paraît qu’ c’est un huissier qu’a été saisi par le froid …
* Ouv’ la f’nêt’ (1930, paroles de Mathilde Montier, musique de Julien Prévost), par Sandrey :
L’ fils du mair’ de mon pays
Oui ; oui, oui, oui
N’est pas l’plus bêt’ du canton
Non ; non, non, non,
Seul’s les mauvais’s langu’s dit-on
Prétend’nt qu’il a l’air d’un …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Qu’il a l’air d’un « orguèilleux »
Toutes les filles en pincent pour lui
Oui, oui, oui, oui
Mais il n’est pas polisson
Non, non, non, non,
Et sans être un cénobite
Il n’a qu’une toute petite …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Une petite môme aux yeux bleus
Il paraît même qu’aujourd’hui
Oui, oui, oui, oui
Sans qu’elle rougisse d’émotion
Non, non, non, non,
A la lisière du village
Il lui ravit son plus …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Son plus innocent aveu.
Elle lui dit c’est inouï
Oui, oui, oui, oui
Mais je crains ton abandon
Non, non, non, non
J’ai peur qu’notre amour se perde
Il lui répondit : « J’t’en…
Ouvre la f’nêtr’ qu’on respire un peu
J’t’enmène chez moi si tu veux
Sitôt arrivés chez lui
Oui, oui, oui, oui
Ils n’eurent plus d’hésitations
Non, non, non, non
Comme il l’embrassait dans l’cou
Elle lui dit tirons un …
Ouvre la f’nêtre fait d’plus en plus chaud
« Tirons-t-un » peu les rideaux
Aussitôt il obéit
Oui, oui, oui, oui
Il pensa ce n’s’ra plus long
Non, non, non, non
L’ayant prise sur une chaise
Il lui dit faut qu’j’te…
Ouvre la f’nêtre fait d’plus en plus lourd
Qu’j’te prouve mon amour
Mais la p’tite soudain comprit
Oui, oui, oui, oui
N’continue pas d’cett’ façon
Non, non, non, non
Il dit : » Je suis convaincu
Tu vas me montrer ton…
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire du cru
Ton content’ment d’ici peu »
Elle cria : »J’m’évanouit »
Oui, oui, oui, oui
J’ ne me sens pas bien d’aplomb
Non, non, non, non
Redresse toi v’là qu’tu t’affaisses
Dit-il, Écarte donc les …
Ouvr’ la f’nêtr’ je suis toute en eau
Les scrupules de ton cerveau
Bientôt l’coeur épanoui
Oui, oui, oui, oui
Elle avoua « je n’dis plus non »
Non, non, non, non
De joie mes paupières se mouillent
J’voudrait t’embrasser les …
Ouvr’ la f’nêtr’ on étouffe ici
Les deux mains et te dire merci.
***
* Ma Cousine (1964), de et par Pierre Vassiliu :
https://www.youtube.com/watch?v=FQgJfvvQpgQ
Connaissez-vous ma cousine
Celle qu’a les yeux en trou d’pipe
Et qui l’jour de ses vingt ans
A voulu me faire son amant
Voilà comment ça s’est passé
Excusez-moi si c’est osé
On s’est allongés sur le lit
On a parlé soleil et pluie
Jusqu’à c’qu’elle me fasse remarquer
Qu’on n’était pas là pour s’bercer
Alors je l’ai déshabillée
Et m’attardant sur ses nénés
Elle me dit « t’es plein d’audace »
Pendant qu’j’lui r’tirais ses godasses.
Puis quand elle fut dévêtue
Et que je vis le trou d’son nez
Sincèrement j’aurais pas cru
Qu’on puisse être aussi négligé
Elle n’avait rien de folichon
Si vous aviez vu ses nylons
On aurait juré des chiffons
Elle était sale enfin passons.
Puis je me suis déshabillé
J’étais tout nu à ses côtés
Me voyant là comme un idiot
Elle a compris qu’j’étais pudique
Alors elle a pris l’command’ment
« Viens là mon rat viens là mon grand
Je vais te faire tout plein d’chatouilles
Sur les joues le nez et les coudes ».
« Tu vas y prendre un tel plaisir
Que dans deux s’condes tu vas jouer
Assieds-toi là au frais d’la caisse
Et mets ton doigt entre mes pieds »
Aussitôt moi je m’exécute
Comme elle me l’avait demandé
Et voyez-vous cette sacrée puce
Est arrivée à m’faire banquer.
Après ça j’ai repris la route
Je ne sentais plus ma binette
Quelle nuit mon Dieu j’ai du passer
Quand je me suis fait députer
Si vous la connaissiez un brin
Vous sauriez qu’elle fait le tapin
Ne la prenez jamais en grippe
Sinon elle ne me f’rait plus d’bien.
***
* T’habites où ? (1989), de et par Patrick Le Saux (chanteur de Saint-Joachim, Loire-Atlantique décédé en 2005) :
http://www.bide-et-musique.com/song/14342.html
Il était un petit homme
Qui jouait avec les mots
En usant comme personne
De la langue de Perrault.
Il se bidonnait sans cesse
Et répétait constamment,
Empreint de délicatesse,
Ce refrain charmant
REFRAIN:
T’habites Bourg-la-Reine
Ou t’habites Choisy-le-Roi
T’habites Jouy-en-Josas
Ah ! maintenant j’comprends pourquoi
Que depuis cet été,
Tu n’aimes plus Béziers
Tu n’aimes plus Sucé,
Montcuq, Montfaucon, Montpellier.
En accostant sur la route
Tous les passants ténébreux
Les clampins de la déroute,
Les grimpions et les grincheux
Sans peur, sans aucun reproche
Tel Bayard le chevalier,
A toutes ces têtes de pioche
Il a demandé
REFRAIN
Mais un jour, ce petit homme
Qui jouait avec les mots
En usant comme personne
De la langue de Perrault,
Tomba sur une sorcière
Qui n’aimait pas les comiques
Et le réduit en poussière
Sans braguette magique.
REFRAIN
La morale de cette histoire,
C’est qu’il faut, bien entendu,
Rigoler fort pour y croire
Et que cet humour déchu
Restera dans nos mémoires
Tant que la terre tournera
Et qu’il serait vexatoire
De ne pas chanter ça
REFRAIN ( 2X)
NB : je me demande au nom de quoi (de la possession d’un exemplaire du disque ?!) ceux qui ont mis cette chanson en ligne se sont permis d’y ajouter deux « bide et musique » ridicules et hors de propos. C’est d’ailleurs sympa pour les bidets ! On ne dirait pas qu’il s’agit d’une, je cite : « radio associative, projet collectif de passionnés de la musique ».
Remarque : il existe d’étranges parentés (dans l’accompagnement et/ou la phrase musicale) au-début de l’introduction de ces trois chansons, ou est-ce moi qui me fais une idée ?
* ou : rime suspendue, rime interrompue.











