Aller au contenu principal

LE SYNDROME DE LOUDUN

article paru également sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/16/david-hamilton-et-le-syndrome-de-loudun-article-de-jean-pierre-fleury-ecrivain/

Cet article est la relation de la manière dont la société des hommes peut fonctionner et être manipulée en temps de crise.

*

Le syndrome de Loudun : voici comment on pourrait le résumer :

1 – Les faits sont situés dans la grande période des affaires de satanisme (chasse aux sorcières, délires collectifs de possession) et de chasse aux hérétiques protestants, propre à une bonne partie de l’Europe du temps de la Contre-Réforme catholique. Cela se passe au début des années 1630, à Loudun, tout au Nord du Poitou, petite cité de 14.000 habitants environ, où « tout le monde connaît tout le monde ». De plus, le Siège de la Rochelle (1627-1628) n’est pas bien loin : ni dans le temps, ni dans l’espace.

*

2 – Les principaux protagonistes.

Vous prenez d’un côté une personne occupant un poste stratégique, ici au sommet supposé de la spiritualité locale la plus irréprochable, mais également munie de difformités physiques et, comme on va le voir, d’un esprit gravement perturbé : il s’agit de la jeune supérieure (d’une trentaine d’année) du couvent des ursulines de la cité, Jeanne de Belcier, mère Jeanne des Anges pour la religion, qui, suite à une chute toute petite, s’est disloqué l’épaule et s’est fait une contorsion aux reins, de sorte que son corps demeurera de travers tout le reste de sa vie.

Et vous prenez de l’autre côté, un prêtre encore jeune (d’une quarantaine d’année), curé de l’une des paroisses de la ville, et chanoine d’une autre, qui a la renommée d’avoir des mœurs très libres qui font scandale : il s’agit d’Urbain Grandier.

gravure-moderne-du-portrait-durbain-grandier-datc3a9-de-1627-par-eugc3a8ne-grasset

Jugé bel homme et séducteur, il a déjà eu plusieurs relations sexuelles ou très amicales avec diverses paroissiennes, et il a déjà « engrossé » comme on disait alors, deux jeunes filles de la cité ; il vit même avec l’une des deux ; en conséquence de quoi l’évêché a fini par lui interdire d’administrer les « saints sacrements ». Autrement dit, cet Urbain Grandier n’est pas en odeur de sainteté et a très mauvaise réputation auprès de la masse des conformistes, dévots et superstitieux de la cité. Et il a des ennemis jurés, parmi ses confrères et les gens importants de Loudun et des alentours.

La première jeune femme qu’il met enceinte est rien de moins que la fille d’un procureur du roi, élève de quinze ans à qui il était censé enseigner le latin. Il se met en ménage avec la seconde qu’il mit enceinte, une jeune orpheline de haute noblesse dont il avait la charge spirituelle alors qu’elle se préparait à « prendre le voile ». Cette dernière voulut se marier avec Grandier, ce qui était évidemment impossible. Ce dernier en tira un pamphlet d’une trentaine de pages : le Traité contre le célibat des prêtres ou Traicté du célibat des prestres qui a dû circuler manuscrit mais qui n’a pas été édité avant 1856. Arrêté alors pour débauche, et poursuivi en justice, Grandier gagnera son procès.

Fils d’un notaire royal, Grandier est un homme cultivé qui sent donc fortement le soufre. Non content d’en prendre à son aise avec le vœu de chasteté et les « bonnes mœurs », il entretient le scandale par des sermons très libres qui attirent de nombreux paroissiens. Par ailleurs, c’est un rebelle politiquement parlant. Il serait dit-on l’auteur d’un pamphlet d’une trentaine de pages, contre le cardinal Richelieu, Lettre de la cordonnière escritte à M. de Barradas ou Lettre de la cordonnière de la Reyne mère à monsieur de Baradas (s.l. 1627) ; et il s’oppose plusieurs fois à des décisions royales ou « cardinales » concernant la cité de Loudun (comme celles de raser son château et ses remparts). Pour aggraver encore son cas, il a parmi ses amis des protestants qui représentent alors une part non négligeable de la population locale.

*

3 – L’état psychologique ambiant.

Tout couve dans le courant de l’année 1632 alors que la ville de Loudun vient d’être ravagée par une importante épidémie de peste qui a décimé le quart de la population. Le couvent des Ursulines de la cité vient de son côté de perdre son confesseur (de la peste ou non, je l’ignore). Urbain Grandier, contacté par la supérieure Jeanne des Anges pour remplacer le prêtre décédé (erreur fatale), refuse de devenir le confesseur de la communauté ; la supérieure (qui connaît sa renommée et qui semble-t-il le connaît au moins de vue) en est très affectée. Si bien que par dépit, elle offre le poste de directeur de conscience de la communauté au chanoine Mignon, un ennemi juré d’Urbain Grandier.

*

4 – L’hystérie collective et la dénonciation.

Puis, tout commence dans la nuit du 21 septembre 1632, lorsque la supérieure des ursulines et deux autres nonnes « reconnaissent » dans les couloirs de leur monastère l’ombre et la voix de leur confesseur mort quelques mois auparavant. Le 23 septembre, les nonnes « voient » une boule noire traverser leur réfectoire. À la messe qui suit, les trois mêmes nonnes tombent en convulsions, font des grimaces, jurent des noms de Dieu, recrachent l’hostie… Puis l’hystérie gagne rapidement l’ensemble des vierges folles. Soit au total dix-sept nonnes. Les nuits suivantes, un fantôme est « vu » par toutes les religieuses du couvent. Bientôt, elles cessent de manger et se mettent à courir à demi-nues jusque sur les toits du couvent ou à grimper aux branches des arbres sous le vent et la pluie.

lespossc3a9dc3a9esdeloudunursulinesles possédées

Le 11 octobre, c’est une sœur du couvent, se disant possédée par le démon d’Astaroth qui met un nom, corroboré par les autres ursulines, sur le fantôme : il s’agit du curé Urbain Grandier qu’elles accusent d’attitudes lascives, d’obscénités, de tentatives d’attouchements sexuels, d’actes impudiques et de les avoir ensorcelées. La supérieure révèle des rêves impudiques avec le curé ; et les autres nonnes déclarent être tombées amoureuses de lui en humant des roses enchantées.

Plus tard, dans ses mémoires, la supérieure évoquera les noms de sept démons représentant le mal absolu, tout droit sortis de l’Ancien Testament. Il s’agit de trois démons de la luxure : le chef de la bande Asmodée accompagné d’Isacaaron ou Isacaron et de Balaam ; ainsi que de Léviathan (l’orgueil), Béhémot (la paresse), Grésil (dont j’ignore tout) et Aman (un diablotin du mal, peut-être le nom déformé d’Amon ou d’Amen).

*

5 – La mort d’Urbain Grandier et ses conséquences.

Je pourrais prolonger et étoffer l’histoire, mais mon sujet est autre. Je dirai simplement que cette hystérie collective dura plusieurs années, de l’automne 1632 au courant de l’année 1638 et bien évidemment qu’elle coûta la vie à Urbain Grandier.

Mis en prison le 30 novembre 1633, puis jugé, il est acquitté par un tribunal ecclésiastique. Richelieu le fait alors rejuger en « procédure extraordinaire » par la justice séculière à sa solde, pourtant les nonnes se rétractent alors. Mais les accusateurs sortent de leurs manches des documents manuscrits portant diverses signatures dont la signature du Diable en personne. Preuves de pactes avec le Diable. Plusieurs fois torturé, Urbain Grandier sans avouer quoi que ce soit, finit brûlé vif le 18 août 1634 devant, dit-on, six mille voyeurs,  » attaint & convaincu du crime de magie, maléfice & possession arrivée par son faict és personnes d’aucunes des religieuses Urselines de la ville de Loudun ».

14062013-dsc_8051

Le lendemain de l’exécution, Madeleine de Brou sa concubine, se réfugie chez son beau-frère, à Montreuil-Bellay, elle en est ramenée le 3 septembre, puis emprisonnée un mois sans procès à Loudun. Ensuite, elle est libérée grâce à l’intervention de sa famille auprès du tribunal des Grands Jours de Poitiers. Richelieu prudemment, fait arrêter la procédure intentée contre elle, le 28 novembre 1634. Urbain Grandier n’ayant apparemment pas de maison à lui, les autorités n’eurent pas loisir de la faire raser. Ses un ou deux pamphlets ne connurent aucune réédition ou édition entre le dix-septième et dix-neuvième siècle.

Sa mort ne changea d’ailleurs rien à l’épidémie d’hystérie collective, devenue véritable affaire d’État, car l’Église a alors la bonne idée de multiplier des séances d’exorcisme publiques qui ne font qu’attiser l’excitation des nonnes. Jeanne des Anges, la supérieure, développe même une grossesse nerveuse. Puis ses « démons » sont « expulsés » un à un jusqu’à sa « guérison » qui entraîne celle des autres nonnes. La « possédée du Diable », devenue la miraculée, fut alors promenée comme bête curieuse, à travers le royaume.

Mais entre temps la folie a aussi gagné au moins trois des exorcistes, et deux officiels impliqués dans l’exécution d’Urbain Grandier. Sans parler de divers anonymes de la cité. Le docteur Gabriel Legué, écrit dans Urbain Grandier et les possédées de Loudun, publié en 1880 : « Du jour où les exorcismes se firent dans les principales églises, plusieurs filles séculières qui étaient venues assister à cet étrange spectacle prirent le germe de la même maladie. Ce qui montre combien la réaction des effets nerveux se fait sentir sur les êtres faibles et enclins au merveilleux [sic]».

*

6 – Le vrai but du « jeu ».

Joli viol des foules où les accusatrices et l’accusé, la masse des gens, sont les pantins d’un numéro de marionnettes qui les dépassent et qui joue sur les préjugés, la mauvaise réputation et la lutte contre les parpaillots (les protestants). Car de fait, derrière tout cela, il y a une manipulation politique orchestrée par Richelieu et son mauvais ange de l’ombre, le moine capucin (et ancien militaire) le Père Joseph.

Sortis des franciscains, les capucins mirent un demi-siècle a être vraiment reconnus comme ordre autonome par l’Église (pape Grégoire XIII, en 1574). Réduits de force tout d’abord à l’Italie, ces moines finissent par se répandre peu à peu dans toute l’Europe, et arrivent en France sous Charles IX et Catherine de Médicis. Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que, esprits austères et intransigeants de retour aux dites sources, ces capucins barbus parasites ne vivant que de l’aumône, sont des agents actifs de la Contre-réforme et de la lutte acharnée contre les calvinistes de France, les huguenots.

Richelieu et le Père Joseph n’ont évidemment jamais cru un seul instant qu’Urbain Grandier eut pu ensorceler les ursulines, mais ce fut une jolie manœuvre politico-religieuse, politicarde, qui permit :

1 – d’éradiquer le protestantisme à Loudun (la plupart des protestants de la cité se firent ou refirent catholiques dans les années qui suivirent) et même ailleurs en France par sa portée générale et sa réclame.

2 – de faire un exemple en se débarrassant d’un « mauvais prêtre » à la fois libertin, militant pour le mariage des prêtres (fort relent de protestantisme), à la parole très libre dans ses serments, ami des protestants et ennemi du cardinal Richelieu et de ses décisions. Dangereux « mauvais » meneur d’hommes potentiel.

3 – de défouler la populace crédule sur des histoires grotesques de diablerie et des spectacles d’exorcisme et de mise à mort cruelle d’un « coupable ».

Mais aussi, seul élément difficilement contrôlable et au moins en partie bénéfique, d’avoir entretenu une littérature polémique. Par exemple : [anonyme], La démonomanie de Lodun, qui montre la véritable possesion des religieuses ursulines, et autres séculières. Avec la liste des religieuses et séculières possédées, obsedées, & maleficiées, le nom de leurs demons… ( La Flèche, 1634) et Véritable relation des justes procédures observées au faict de la possession des Ursulines de Loudun. Et au procez d’Urbain Grandier. Avec les thèses générales touchant les diables exorcisez. Par le R. P. Tranquille [de Saint Rémi], capucin [notons « capucin » ; ce personnage fut l’un des juges et faussaires de son procès séculier] ; mais aussi : [anonyme] L’ombre d’Urbain Grandier de Loudun. Sa rencontre & conférence avec Gaufridy * en l’autre monde (s. l. 1634) et Remarques & considerations servans a la justification du curé de Loudun, autres que celles contenues en son factum [de défense] (s.l. , 1634).

pactes-avec-le-diableLes pactes avec le Diable

*

Maintenant replacez cette histoire au temps et contexte présents ; et remplacez Jeanne des Anges par Poupette Lecanu et son complice ; Urbain Grandier par David Hamilton ; l’état psychologique des populations d’alors par celles de maintenant, époque de paupérisation des masses et d’exacerbation de la réaction ; l’hystérie collective, là rien de changé sur le fond ; la mort d’Urbain Grandier avec celle de David Hamilton (et bientôt de son œuvre ?) ; et le vrai but du « jeu » d’alors par celui de nos tristes jours présents. En premier lieu : prolonger les délais de prescription en cas de viol, basé pourtant, selon les gens du milieu, sur une fausse théorie psychiatrique.

 

Note (*) :

 » Louis Gaufridy, fils d’un berger de la Provence, avait été élevé par un de ses oncles qui était curé, et avait lui-même embrassé l’état ecclésiastique. Devenu curé de la paroisse des Acoules de Marseille, il paraît qu’il sut inspirer de l’amour à un grand nombre de ses paroissiennes. Le fond de son caractère était l’enjouement et l’amabilité: véritable épicurien, il aimait la bonne chère, et animait tous les repas où il se trouvait par ses plaisanteries et ses bons mots. Voilà probablement les principaux talismans qu’il employait pour charmer ses pénitentes.[…]

Gaufridy fut publiquement regardé comme sorcier. Peut-être que quelques propos imprudemment plaisants de ce pauvre prêtre contribuèrent aussi à confirmer cette opinion. Quoiqu’il en soit, les suites de cette affaire ne furent que trop sérieuses. La justice fit arrêter Gaufridy; il fut exorcisé, jugé et condamné à faire amende honorable et à être brûlé vif. Cet arrêt fut rendu par le parlement de Provence, en 1611.

Rien de plus ridicule, de plus absurde, de plus grossièrement monstrueux que les procès-verbaux d’exorcismes, et que les attestations données à ce sujet par des médecins et des chirurgiens. La stupidité burlesque de ces pièces, que l’on prendrait aujourd’hui pour des contes de vieilles, ne peut être égalée que par celle des juges qui ne craignirent pas d’y ajouter foi. Gaufridy nia tout ce qu’on lui imputait; il subit la question ordinaire et extraordinaire, fut dégradé par son évêque, et périt dans les flammes. »

(in Jean-Baptiste  Champagnac,  Chronique du crime et de l’innocence, recueil des événements les plus tragiques, empoisonnements, assassinats, massacres, parricides… Ménard, Paris, 1833.)

Nous n’oublions pas David Hamilton à lire sur EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/15/nous-noublions-pas-david-hamilton/

L’art académique du nu au XIXe siècle.

M’ont pas l’air majeures cette académie-là

seignac_guillamune_lodalisqueGuillaume Seignac (1870 – 1924) —L’Odalisque.

Et celle-ci,

image2Dessin anonyme.

Et encore moins celles-là

louis-devedeux-1820-1874 Louis Devédeux (1820-1874) — titre du tableau inconnu.

David Hamilton et les mal baisés

Les « bonnes âmes modernes et contemporaines » ont rangé ces dernières années les photographies de jeunes filles de David Hamilton au musée des horreurs infâmes sous l’étiquette « perversité » ou « pédophilie ».

*

Curieuse histoire, mais aussi éclairante histoire sur l’évolution de notre société (et des mœurs), que celle de ce mot « pédophilie », plutôt récent en français : il est apparu au milieu du XIXe siècle, un demi-siècle après « pædophile » 1.

Ces deux noms sont demeurés pendant très longtemps d’un usage très rare et littéraire (ils sont absents du Littré et le Grand Dictionnaire Universel Larousse du XIXe siècle ne connaît que « pédophile » qui plus est, uniquement en tant qu’adjectif, en une définition très succincte : « du grec pais, paidos, enfant ; philos, ami » ; sans donner aucun exemple) jusqu’à ce qu’ils soient réutilisés à compter de ladite « Révolution sexuelle » des années soixante, soixante-dix, mais dans un sens détourné.

En effet, et je me répète ici, « pédophilie » veut dire étymologiquement « amour des enfants », comme « bibliophilie » veut dire « amour des (beaux, vieux, rares) livres ; un bibliophile est un collectionneur obsessionnel mais fort respectueux des livres.

Avec « -philie » du grec « philia », disposition ou affinité pour… ; comme on a « -phile » du grec « philos », ami, qui aime, qui a du goût pour…

« Philie » aussi bien amour pour la bonne chère que pour la bonne chair, qu’amour platonique, amour fou, amour de la peinture, amour filial ou maternel (cf. les deux termes anglais « to like » et « to love »).

C’est « pédérastie » (du grec « paiderastia ») qui a le sens d’amour sexuel, charnel, physique d’un adulte (très généralement mâle) pour de jeunes enfants ou adolescents (généralement mâles également).

Rappelons par ailleurs que la majorité sexuelle fut fixée à onze ans en 1832, puis à treize ans sous l’Empire et plus récemment à quinze ans en 1945.

*

Du temps de ma jeunesse, où l’on ne tournait pas autour du pot des « bons » ou « mauvais » mots, mais où les mots avaient tout leur sens, ce que le commun des hommes (du moins en public ou dans les media) nomme aujourd’hui « pédophile » était appelé « pédéraste »2, y compris si c’était alors sous une forme abrégée (« pédé », « pèd ») ou autre (« pédoque », « pédale »).

Comme blaguait Coluche : « J’ai eu plusieurs aventures sexuelles. L’une avec un communiste, dont je tairai le nom, qu’on appelait « l’embrayage », parce que c’est la pédale de gauche. »

Remarque : aurait-il encore le droit de le dire, Coluche, en nos jours hypocrites de 2016 ?

Or, cet exemple montre qu’un glissement de sens s’était ici opéré. Le « pédé » (je passe sur d’autres mots plus crus) a remplacé le substantif « inverti » poli et vieilli (tandis que passait de mode l’expression « contre nature »), et est devenu le mot de tous les jours pour désigner l’homosexuel masculin. Ce qui fait preuve d’une certaine réalité sociale d’ailleurs, déjà inscrite anciennement dans la langue puisque Littré définit ainsi le mot « pédérastie » : vice contre nature, alors qu’il s’agit en fait très généralement d’un double vice contre nature ; si l’on peut dire. Mais on entre là dans un sujet sociologique.

« Pédé », équivalent féminin : « gouine » ; oui je sais, je suis vulgaire, mais dans le milieu populaire d’où je sors il n’y en avait pas d’autre, pas de « beau mot » pour le dire, pas de « lesbienne », de « saphique » ou de « tribade » (« terme qu’on évite d’employer », Littré). Au mieux usait-on d’une périphrase, comme on use encore d’une périphrase bien connue pour désigner le bisexuel, mot du langage politiquement correct très récent : « marcher à voile et à vapeur ». 3

Mais la vulgarité des mots est, comme pour les autres mots, quelque chose de fluctuant. Qui s’imagine dire une grossièreté lorsqu’il dit : Ô le bougre ! Ô la bougresse ! C’était pourtant l’injure suprême à l’encontre des homosexuels mâles ou femelles il y a quelques siècles. De même qui pense dire un mot à connotation sexuelle lorsqu’il dit : Quel con! ou Quelle conne ! Pourtant « cunnus » est le nom des parties intimes féminines en latin.

*

Or, pour en revenir à « pédophilie », il faut savoir que ce mot n’avait pas – autrefois – de connotation sexuelle ou « coupable », péjorative ou injurieuse, tant est si bien que l’expression « paedophilia erotica », i.e. « pédophilie sexuelle »a été créée par un psychiatre autrichien, Richard von Krafft-Ebing, en 1896, pour définir une forme particulière de pédophilie. En fait un mot générique signifiant : avoir des rapports sexuels d’adulte à enfant ou adolescent. Plus général que « pédérastie » qui désignait avant tout la pédérastie homosexuelle masculine.

Mais, par flemme, par négligence, par ignorance ou par « tactique idéologique », ceux qui ont remis au goût du jour, disons après Soixante-huit, les mots « pédophile » et « pédophilie » en ont fait l’équivalent de « pédophile/philie sexuelle ».

Si bien que des années plus tard, ces mêmes « bonnes âmes modernes et contemporaines »ont fini par mettre sur le dos de notre artiste, dans la plus totale confusion intellectuelle, le terme de « pédophile » en son sens dérivé, déformé, inversé ; et quasi unique de nos jours où tout devient emmêlé dans un même magma informe : goût esthétique, amour idéel, amour charnel, attouchement, abus sexuel, viol, mauvais traitement, barbarie, assassinat.

C’est ce qui fit dire à David Hamilton, il y a plus de vingt ans déjà, que Dutroux avait fait beaucoup de mal à des gens comme lui.

Sans même imaginer une seule seconde que le monde esthétique de David Hamilton ne fut jamais, au grand jamais, le monde barbare de Dutroux.

*

Et c’est justement ça aussi qui gênait les « bonnes âmes modernes et contemporaines » du genre de la « malade de notoriété » et, semble-t-il (d’après ce que l’on peut connaître du personnage et apprendre à droite et à gauche, de son entourage et d’elle-même en partie), de la déboussolée (j’essaye d’employer le terme le plus neutre possible et le moins sujet à polémique) Flavie Flament.

Je trouve que son parcours de vie et d’écrivain (et le contenu lui-même de ses deux vrais faux romans ou de ses deux faux vrais romans) est assez révélateur. J’en ai déjà parlé, je n’y reviens pas.

« L’artiste aux jolies photographies » est donc devenu comme par magie mystificatrice « le pédophile abject », « le satyre », « le pervers ». Devenu vieux, plus ou moins solitaire, « passé de mode », marginalisé, oublié des media, semble-t-il désargenté (et même escroqué par des galeristes), sans beaucoup d’appuis, il a donc fini « bourreau » (sic) de madame Flament.

Mais afin que madame Flament reçoive le prix de « son petit quart d’heure de célébrité » (David Hamilton dixit) et que monsieur Ardisson puisse justifier de l’ampleur de son courage et de l’immensité de son intelligence, qui furent à l’œuvre lors de son exhibition télévisuelle devant quelques millions de voyeurs et d’une claque imbécile à sa solde ; et plus encore, pour que les insultes s’ajustent au mieux aux désirs flamento-ardissonniens, ainsi qu’au plus près de « l’immondité » du personnage, puis de sa « lâcheté suicidaire » ad mortem, il était bien évidemment nécessaire et comme allant de soi qu’il reçût, sur le modèle de Socrate qui corrompait la jeunesse, son « juste et providentiel châtiment » : LA MORT PAR SUICIDE.

Et pour que l’on soit bien complet, on ne lui épargna pas même les obsèques clandestines ! Tel Molière en son temps enterré de nuit, puis désenterré pour être mis dans le quartier des non-baptisés, des hérétiques ou de ceux qui n’avaient pas reçus l’extrême-onction.

Abyssale décrépitude de notre société. Abyssale bêtise humaine. On est de moins en moins capable de raison et de mesure. Toujours dans l’excès d’un bord ou de l’autre, l’émotion la plus basse possible, les rumeurs, la manipulation des masses.

Enfin, car ce n’est pas encore fini, summum de l’obscurantisme puritain anglo-saxon, protestant et hypocrite, de la confusion mentale, de la couardise et de l’ignorance qui nous submergent, j’apprends qu’un site de vente bien connu sur Internet entendrait y refuser dorénavant la vente de photographies de David Hamilton. Alors même que des auteurs comme Sade sont en vente libre, David Hamilton en Enfer !

La société marche réellement à l’envers de la Raison. En tous domaines. À quand la censure des photographies des plafonds de la Chapelle Sixtine ? Ou vendues sous le manteau, comme les photos de Hamilton bientôt ?!

« Il y a de plus en plus de mal-baisés dans le monde » a dit un jour David Hamilton. Et ce sera ma conclusion.

Notes :

1 – Ainsi orthographié à l’origine (fin du XVIIIe siècle) ; d’où les graphies anglaises « pædophile » que l’on rencontre encore en concurrence avec « pedophile » et dans « paedophiliac », « pédophilique ».

2 – Candyman, le monsieur aux bonbons, dit-on en anglais.

3 – L’anglicisme « gay » (probablement du français gai, fou) n’est que le cache-misère ou le cache-sexe de « l’homo ».

4 – (les dictionnaires) : Érotique, de Eros, le dieu grec de l’Amour ; vieilli, qui a rapport à l’amour ; qui a l’amour pour thème d’inspiration ; qui traite de l’amour ; usuel, qui se rattache à l’amour physique, qui est de nature sensuelle ou sexuelle ; qui provoque le désir amoureux ; qui a l’amour charnel pour thème, pour inspiration… etc.

ET ENCORE ET TOUJOURS D’ACTUALITÉ DAVID HAMILTON autre piqûre de rappel

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/14/un-monstrueux-vent-de-haine-souffle-contre-david-hamilton-qui-est-mort-2/

Est-on CERTAIN que David Hamilton n’a pas été assassiné? Publié le 14 décembre 2016 par defensededavidhamilton

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/14/est-on-certain-que-david-hamilton-na-pas-ete-assassine/

 

Tout un chacun devrait commencer par lire ce qui suit.

« Dans 30% de tous les cas de décès en moyenne, il apparaît après autopsie que la cause clinique de la mort est incorrecte. Ceci a un impact sur les statistiques, sur l’évaluation de l’importance de certaines maladies (et de la politique de santé qui s’y rattache) et sur l’acquisition de connaissances exactes concernant certaines maladies (ou leur évolution). Mais ce qui est pire encore, c’est le fait d’ignorer la nature exacte des décès ».

« Lors d’un étouffement avec un sac en plastique (‘plastic bag suffocation’), on ne peut pas toujours être certain que la personne n’a pas été préalablement endormie (p.ex. avec des benzodiazépines ou des calmants) pour permettre au meurtrier d’enfiler le sac sur la tête ».

A LIRE EN ENTIER !

C’est extrait, non pas de la presse pipole, mais de :

https://www.uzleuven.be/fr/cas-de-décès-inhabituel

*

Un homme a tué sa mère avec un sac de plastique autour de la tête:

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/neuf-ans-de-prison-pour-le-meurtre-de-sa-mere-1422921600

Quatre soldats français ont tué un Ivoirien avec un sac de plastique:

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/11/27/quatre-ex-militaires-francais-juges-pour-le-meurtre-d-un-ivoirien_1796246_3212.html

La mort d’une femme noire suscite des doutes: http://www.bfmtv.com/international/etats-unis-la-mort-d-une-femme-noire-en-prison-eveille-les-soupconsbr-903122.html

Une femme tuée avec un sac de plastique:

http://la1ere.francetvinfo.fr/2015/01/22/juge-pour-le-meurtre-d-une-guadeloupeenne-l-accuse-nie-les-faits-aux-assises-de-bobigny-223837.html

*

NOVEMBRE 2016, en France, une femme est découverte avec un sac de plastique sur la tête, la presse écrit: « Les deux hypothèses du meurtre et du suicide restent ouvertes, selon une source proche de l’enquête, interrogée par le quotidien régional ».

http://www.20minutes.fr/marseille/1959927-20161111-toulon-femme-decouverte-morte-sac-plastique-tete-soupconne

NOVEMBRE 2016, en France: David Hamilton s’est-il suicidé? C’est ce que semble conclure l’enquête. Ce « suicide » est même un « aveu », selon Mme Flament.

Visiblement, personne dans la presse n’a dit, pensé ou voulu penser que, pour David Hamilton, « les deux hypothèses du meurtre et du suicide » existaient.

*

En 2014, à Paris, « un homme âgé de 70 ans a été découvert sans vie dans sa voiture ce lundi matin selon Le Parisien. L’homme portait un sac plastique sur le visage. Le véhicule, stationné rue du Grenier-St-Lazare, à Paris, dans le IIIème arrondissement, a été repéré par les policiers pour qui toutes les hypothèses sont envisagées, dont celle du suicide ».

http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/17/1993028-paris-homme-retrouve-mort-voiture-sac-plastique-tete.html

*

Résumons.

Il existe des dizaines, des centaines, des milliers de cas de meurtres par « sac en plastique ».

Dont un certain nombre déguisés en « suicide ».

Tout journaliste, tout policier, tout médecin le sait, ou devrait le savoir.

CITATION.

« Il règne donc dans le monde de la médecine légale une sérieuse inquiétude quant à la qualité de l’examen de la personne décédée. On doit apprendre à examiner la mort et le médecin ayant reçu une formation médico-légale a recours, pour cela, à un examen externe approfondi de la dépouille. Toutefois, avant qu’un médecin légal puisse intervenir, il faut que le médecin qui constate le décès reconnaisse au préalable qu’il s’agit bien d’un décès nécessitant des examens complémentaires et adopte à cet égard une attitude correcte et respectueuse par rapport à la scène du crime. Un esprit critique, y compris de la part du substitut de service et de la police, cela signifie avant tout que l’on ose mettre en question la nature du décès. Les apparences sont parfois trompeuses ».

Lire tout ici: https://www.uzleuven.be/fr/cas-de-décès-inhabituel

*

Qu’est-ce qui permet de dire que David Hamilton n’a pas été tué?

  • Un mois avant, il disait craindre pour sa vie.

  • La haine déferlait contre lui sur les réseaux « sociaux ».

  • Deux ou trois jours avant son suicide (présumé), suite aux accusations de viol (présumé) dont il était l’objet, il voulait porter plainte.

  • On ne sait par qui il a été retrouvé, certaines versions journalistiques parlent d’un « voisin policier », d’autres d’une « femme de ménage », toutes concordent sur la « porte ouverte ». Se suicide-t-on avec la porte ouverte?

  • Selon certaines versions journalistiques, il a été retrouvé « mort », selon d’autres « inanimé », selon d’autres « sans vie ». Il semble quand même que l’on ait tenté un massage cardiaque.  Qui l’a tenté? Un médecin? Des pompiers?  Si on se mettait d’accord?

  • A 18 ou 19 heures, David Hamilton aurait reçu, toujours selon la presse, la visite d’un de ses collaborateurs. De qui s’agit-il? Cette personne a-t-elle été entendue par la police?

 

 

 

DAVID HAMILTON : UN MORT SANS TOMBE ?

à lire sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/13/david-hamilton-un-mort-sans-tombe/

EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON — TROIS PIQÛRES DE RAPPEL

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/13/la-mort-de-david-hamilton-une-enquete-tres-mal-faite-pour-quelles-raisons-2/

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/13/je-pose-la-question-david-hamilton-a-t-il-ete-assassine-2/

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/13/nous-noublierons-jamais-les-david-hamilton-girls-2/

« L’affaire Flament – Hamilton relance le débat sur la prescription des viols » (les gazettes, toutes en chœur)

Quelle affaire Flament – Hamilton ? Moi je connais juste une affaire Flament-Ardisson-media qui normalement, dans un État de droit normal, « dirigé » par « un président normal », devait se terminer par l’inculpation normale — pour le moins — de la dénommée Flament pour diffamation publique ; et de son complice le « très brillant » Ardisson pour diffamation publique doublée d’outrage, insulte ou injure (y compris insulte à caractère homophobe), incitation au suicide, voire incitation au meurtre, s’il s’avère (peut-être) un jour que David Hamilton ne s’est pas suicidé, mais a été suicidé.

Le débat sur la prescription des viols ? Non ! mais, par contre : le débat sur le viol des prescriptions et sur le non-respect de la personne par les principaux media tant privés (possédés par deux ou trois quarterons de milliardaires) que publics (totalement à la botte d’un gouvernement aux relents de plus en plus totalitaires) qui se torchent avec les articles de Loi sur la presse concernant la diffamation.

J’ai le regret de dire que le vrai débat sur la prescription des viols ne devrait pas être celui des media ou de l’État, qui ne sont pas les lieux de débats appropriés, car on n’y voit jamais aucun vrai débat, et parce que ce genre de débat, bien loin du spectacle audio-visuel, relève avant tout de gens compétents du domaine médical : psychiatrie, psychologie et psychothérapie.

Sans oublier la psycho-sociologie, la sociologie et l’histoire, en particulier pour tout ce qui touche aux phénomènes d’aliénation collective, de propagande, et de témoignages individuels (surtout les plus anciens et plus encore lorsqu’ils sont provoqués, « soufflés »).

Or, il me semble que la masse sensée des psys, psycho-sociologues, sociologues, historiens sait à quoi s’en tenir depuis longtemps en ces domaines.

Affaire David Hamilton. Tu me recopieras cent fois: je muselle, tu muselles, elle saoule.

à lire sur EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/12/affaire-david-hamilton-tu-me-recopieras-cent-fois-je-muselle-tu-muselles-elle-saoule/

Deux petites remarques :
Muselée, certes…
1 / Mais, pas très muselée pour se présenter à un « concours de beauté » la miss…
2/ Mais sans doute très marquée par le museau du « satyre », car elle écrit quelques pages plus loin : « j’ai senti son nez explorer mes énigmes ».
Enfin, tout ça, ce n’est que du roman ?! Non ?! Oui ?! Je ne sais plus…