Dans des articles précédents sur EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON et sur ce blog-ci également, ont été présentées quelques chansons des années 70/80 ou plus tardives, évoquant David Hamilton.
En voici encore trois qui sont là pour rappeler à nouveau, que fut un temps où David Hamilton était à la mode, surtout chez les jeunes.
De la première qui a pour titre « Cha-cha-cha » (dont la musique est également un cha-cha-cha), qui est chantée par un groupe dénommé Electropic, et qui date de 1981, je me limiterai à ce passage fort peu d’esprit hamiltonien.
Moi j’adore les garçons plaqués or,
Ceux qu’on appelle trésor, séducteurs météores,
Jolis cœurs, jolis corps, d’accord !
Disques à la mode et posters d’Hamilton
Cadeaux rengaine sur « Satisfaction » *
Je préfère ! les diamants en rivières
Piscine à milliardaires, où l’on part en croisière
Pour sensations éclairs, super !
* Allusion à la chanson des Rolling Stones, qui date de 1965 : I can’t get no satisfaction… ’cause I try, and I try, and I try, and I try […] I can’t get no satisfaction… girl reaction… « Chanson de camé », comme me dit il y a bien longtemps quelqu’un.
***
De la deuxième, « La fille en jeans », je retiendrai finalement (j’ai hésité) tout le texte, plus en rapport avec l’esprit hamiltonien… mais dans le genre très kitch et disons neu-neu (les paroles comme la musique « boîte à musique »). Elle date de 1988 et est chantée par une jeune voix incertaine belge, née en 1972, et qui chantait encore en 2009 : Frédéric Michel.
http://www.bide-et-musique.com/song/5497.html
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
Tu sais, seize ans,
C’est pas facile à vivre
Je te regarde passer
Mais j’ose pas t’aborder
Tu vois j’attends,
J’attends le bon moment
Pour te dire que j’ai envie de t’aimer
Envie de te parler
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
Je rêve de toi dans un flou de David Hamilton
Et je m’endors avec ton image plein la tête
Tu me tends les bras
Et je m’envole pour une nuit
Ne me réveille pas
Car mon amour est en fête
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
***
De la troisième qui date de 1980 et qui est un dialogue sur fond musical, simple parodie de « slow de l’été » (« Les vacances de monsieur Léon Bouton » par Groovie (né en 1953) et Prouters (né en 1955)) je ne donne que le début du dialogue :
(Fond chanté : Petite fille je t’aime, petite fille je t’aime, petite fille je t’aime…)
Elle : La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs…
Lui : La plage se reflète dans tes yeux globuleux de morue en manque. Non, tu ne sens pas réellement mauvais mais, avec ta tête à faire danser le flamenco à une famille de palourdes, tu effrayes cette mouette (cri de mouette) qui part à tire d’ailes vers le cœur de l’océan qui bat le rythme irrégulier de la symphonie du goudron.
(petits gloussements)
Lui : Ah je me souviens, je me souviens, je me souviens…
Elle : Nous étions seuls sur la plage immense, immense, immense…
Lui : Bon, ben ça va, on a compris, hein !
Elle : Et il y avait la mer…
***
« Posters d’Hamilton », réalité d’années passées. « Flou de David Hamilton », « flou hamiltonien » : certes on pourrait dire… clichés, clichés d’une époque ; mais ce n’est pas tout le monde qui voit son nom attaché à une technique artistique et son nom dérivé en adjectif. Le flou hamiltonien, le style hamiltonien, la lumière hamiltonienne.
« La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs… » Même s’il s’agit d’un texte de parodie et peut-être de dérision, on peut noter qu’il paraît totalement normal et sans arrière-pensée aucune. Comme allant de soi en 1980.
Je me demande si de nos jours, sérieusement ou même par simple ironie, quelqu’un se risquerait à dire en public cette simple évidence : « La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs… » Car non seulement l’homme a été ébréché, mais l’artiste également. Comment s’en étonner quand le mauvais goût étrangement mêlé d’hypocrisie protestante, de relents de sacristie, de pudibonderie de tous bords, y compris sans dieu, n’est plus capable que de « créer » des horreurs inesthétiques ; un tel avilissement, une telle inversion des valeurs. Un tel rejet du Beau. Du beau hamiltonien, en particulier.
cet article se trouve également sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
***
» Si les Français doivent traverser le même épisode tragique que les Américains lors de la guerre des souvenirs, je les plains sincèrement ». (Elizabeth Loftus, interrogée par Stéphanie Trastour dans le Monde Magazine du 4 octobre 2014, p. 22, à l’occasion du premier procès en France d’un thérapeute des faux souvenirs. Ou si l’on préfère d’un gourou à diplômes manipulateur).
« Eu égard au viol présumé de Flavie Flament par le photographe David Hamilton, des voix se sont élevées pour réclamer que le viol ne soit pas prescrit. […] Il me paraît plus judicieux d’inciter la victime mineure à se confier à un adulte compréhensif et de déposer plainte dès que possible. […] Au lieu de réclamer que le viol ne soit pas prescrit, il vaut mieux encourager les victimes à déposer plainte dans les délais impartis. » (Martine Moscovici, avocat)
***
Donc grâce à la « gauche » « socialiste » « progressiste » gouvernementale qui ne recule devant rien pour abreuver Populo de gadgets « sociétaux » ou de mœurs, dont il n’a que faire, et qui n’amuse que la galerie bobo, lui qui aimerait autre chose que le chômage, la décadence programmée de l’Europe et l’avilissement du pays, Flavie Lecanu-Flament se retrouve investie d’une mission gouvernementale qui, je pense, doit totalement la dépasser (largement aidée fort heureusement par un juriste de profession) mais aussi la combler dans sa soif on dirait maladive de notoriété à n’importe quel prix (prix à payer par les autres, bien sûr). Piloter une commission de réflexions de professionnels des secteurs psychiatriques et juridiques sur le viol.
Je résume l’enjeu : qui va gagner d’entre les extrémistes et les modérés, les idéologues et les pragmatiques, les féministes obtus(es) et les raisonnables ? Poupette ou la mesure ? sur la question de savoir s’il est souhaitable et sensé de prolonger ou pas la durée de prescription pour le crime de viol, voire pour les ultras de la rendre imprescriptible.
Rappelons que la prescription d’une infraction est le temps pendant lequel le présumé coupable peut être poursuivi. Dans le cas d’une agression sexuelle, qui en droit est un délit, la prescription est de trois ans, mais si la présumée victime était mineure au moment des faits supposés, elle est de 10 ans au-delà de sa majorité, autrement dit la prescription court jusqu’à ses 28 ans inclus. Dans le cas d’un viol, qui en droit est un crime, la prescription est de 10 ans, mais en cas de minorité, elle est de 20 ans au-delà de la majorité, soit jusqu’à l’âge de 38 ans inclus.
La pénétration (vaginale, anale, buccale) avec quelque « instrument » que ce soit, est ce qui fait la différence entre l’agression sexuelle et le viol.
Pour schématiser…
D’un côté (ils sont très généralement à gauche, on dirait que ce côté dudit échiquier politique a le chic pour endosser un bon nombre de coups tordus et de causes liberticides et répressives, du moins quand ça les arrange) il y a ceux qui, nourris à la mamelle d’une théorie psychanalytique, déjà en soi contestable mais ici réductrice, mécaniste et simpliste à l’extrême (une sorte de pseudo-théorie comparable au maoïsme au sein du marxisme, c’est-à-dire le pire) sont pour l’allongement de cette période, et même pour la rendre imprescriptible.
Et de l’autre (ils sont très généralement « du métier », je veux dire du milieu de la psycho-thérapie, psychiatrie, psychologie) il y a ceux qui prudents et raisonnables pèsent le pour et le contre, savent faire la part des choses, ne sont pas des doctrinaires et des dogmatiques sûrs de leur fait (ou pour le dire autrement : esclaves des généralisations hâtives qui confinent aux préjugés les plus courants et autres lieux communs).
***
Parmi les plus hystériques de la répression et de l’allongement des durées de prescription, il y a par exemple une certaine Muriel Salmona, « psychiatre-psychothérapeute » qui est la présidente de l’Association Mémoire Traumatique et Victimologie et qui défend son fonds de commerce, pour ne pas dire son bout de gras puisqu’elle est ainsi « chercheuse et formatrice en psychotraumatologie et en victimologie ».
Celle-ci n’y va pas par le dos de la cuillère puisqu’elle semble bien favorable soit à un allongement de la durée de prescription de vingt à trente ans, soit à faire partir la prescription du moment où la victime prend conscience du préjudice subi (!), soit à une imprescriptibilité comme tel est le cas des crimes contre l’humanité (voir son site sur Internet).
Et je suppose que si une nouvelle Flavie Flament se présente au-delà du délai de trente ans, elle demandera à ce qu’il soit prolongé jusqu’à quarante ans. Je ne sais pas si on se rend bien compte à quel point tout ceci est absurde. Au bout d’autant d’années, c’est « parole contre parole », il y a très rarement des témoins des faits supposés, et il n’y a plus aucun élément de preuve ; et dans ce cas l’accusé est presque toujours le perdant. Coupable, ou non coupable surtout. Comme le dit justement l’avocat en droit de la famille Martine Moscovici, sur son site Internet, « il est déjà difficile de rassembler des éléments de preuve lorsque le viol est ancien, qu’en sera-t-il trente ans après les faits ? c’est quasi impossible d’autant plus que le violeur présumé niera les faits. »
De même en est-il de vouloir mettre le crime de viol (certes, qui n’est pas rien) sur le même plan que des crimes contre l’humanité ; ce qui est rabaisser ses derniers ; c’est manquer de mesure, et même de simple bon sens.
De même en est-il enfin de cette idée totalement saugrenue de vouloir faire partir la prescription du moment où la victime aurait pris conscience du préjudice subi, auquel certains, comme Muriel Salmona, ont déjà trouvé un nom : délit occulte. Diverses personnes du monde judiciaire, tant avocats que magistrats, ont mis l’accent sur le fait que l’on ne peut donner comme point de départ du délai de prescription les seules déclarations, à jamais invérifiables, d’une personne (femme ou homme d’ailleurs, on oublie souvent ces derniers) sortant de sa supposée amnésie et déposant tardivement plainte pour viol, personne qui plus est, partie prenante et accusatrice.
Martine Moscovici dit encore à ce sujet : « À supposer qu’une victime de viol perde soudainement la mémoire de l’agression, accepter de faire partir le délai de prescription du jour où le fait lui revient en mémoire aurait pour conséquence de la laisser seule décider du point de départ de ce délai. En effet, personne ne pourra jamais vérifier : – si l’intéressée a été vraiment victime d’une amnésie concernant le viol, – quel jour exactement le fait est réapparu dans sa mémoire. »
***
Délit occulte dit Muriel Salmona. Effectivement, il s’agit bien d’un délit occulte, mais dans le sens de l’occultisme, invérifiable et né dont ne sait où. Enfin si, on c’est d’où. Brigitte Axelrad (professeur honoraire de philosophie et de psychosociologie, co-auteur de Les ravages des faux souvenirs, ou la mémoire manipulée, déjà cité dans de précédents articles) a questionné sur le sujet Scott O. Lilienfeld, professeur de psychologie à l’Université Emory à Atlanta auteur, entre autres, de 50 Great Myths of Popular Psychology (Wiley-Blackwell, 2012), 50 Grands mythes de psychologie populaire (cf. le site « pseudo-sciences.org » de l’Association Française pour l’Information Scientifique, AFIS). Voici une partie de cet entretien :
Brigitte Axelrad : Le phénomène des faux souvenirs est-il encore populaire aujourd’hui ?
Scott O. Lilienfeld : Oui, la croyance que les souvenirs de traumatismes précoces, comme l’abus sexuel, peuvent être complètement oubliés pendant des années puis récupérés sous une forme précise en thérapie des décennies plus tard, continue à être largement répandue.
BA : Comment l’expliquez-vous ?
SL : Elle s’est répandue dans le grand public grâce en grande partie aux nombreux films populaires, émissions de télévision et romans. Elle est également soutenue par un certain nombre de praticiens, en particulier ceux qui sont influencés par les écrits de Sigmund Freud et de ses disciples.
BA : Quelle est la position de la communauté scientifique ?
SL : Cette croyance n’est pas étayée par des preuves scientifiques. En fait, elle est fortement contredite par les preuves. Ces faits expliquent pourquoi elle a été rejetée par la grande majorité de la communauté de la science psychologique, notamment d’éminents experts sur la science de la mémoire. Ironiquement, même Freud lui-même, qui a d’abord cru aux souvenirs retrouvés d’abus d’enfants, a fini par penser que ces « souvenirs » étaient en fait des fausses reconstructions, qui ont souvent été implantées par inadvertance par des psychothérapeutes.
Autrement dit, il n’existe aucun mécanisme de mémoire connu où la remémoration soudaine de souvenirs oubliés depuis longtemps peut se produire. De nombreuses études démontrent que les personnes qui ont subi un traumatisme terrible, […] ne les oublient pas. En fait, comme le trouble de stress post-traumatique le démontre amplement, la plupart du temps ces gens ne se rappellent ces expériences que trop bien. Bien sûr, dans de rares cas, les personnes oublient des expériences traumatisantes. Mais la plupart de ces cas isolés peuvent être expliqués par d’autres causes, telles que des lésions cérébrales résultant de la guerre ou, dans une étude largement citée, un coup de foudre qui a fait perdre conscience à une personne.
***
Richard J. McNally est professeur de psychologie à l’Université Harvard. Ses études concernent plus particulièrement les troubles anxieux ; il est aussi l’auteur parmi d’autres ouvrages de Remembering Trauma (2003) dont un chapitre, le huitième est consacré à la « false memory of trauma » , a aussi fait l’objet d’un entretien avec Brigitte Axelrad :
— En quoi la croyance des partisans de la théorie du refoulement est-elle sujette à caution ?
— Les théoriciens de l’amnésie dissociative traumatique (c’est-à-dire du refoulement) citent de nombreuses études à l’appui de leurs revendications, mais ils comprennent apparemment mal les preuves qu’ils citent. C’est-à-dire qu’ils confondent ce concept de refoulement avec d’autres phénomènes de mémoire. Voici les sept confusions les plus fréquentes.
En voici un résumé.
Ces « théoriciens » psychanalytique du refoulement « exacerbé » (« J’ai appelé refoulement ce processus supposé par moi et je l’ai considéré comme prouvé par l’existence indéniable de la résistance. » Sigismund Schlomo Freud, Cinq leçons sur la psychanalyse) confondent :
— « mémoire et problèmes de concentration qui surviennent après un traumatique » ; « les gens traumatisés ont souvent à la fois une tendance à l’oubli dans la vie de tous les jours ET à se remémorer des souvenirs envahissants du traumatisme. »
— « un codage sélectif avec une incapacité à se souvenir des traumatismes. Par exemple, lors d’un événement traumatique, la victime encode l’arme d’un voleur, tout en omettant d’encoder son visage. »
— « l’amnésie psychogène [le fait de tout oublier, y compris son nom, son histoire personnelle] avec une incapacité spécifique à se rappeler un traumatisme. »
— « l’amnésie organique [des suites d’une atteinte physique du cerveau lors d’un traumatise] avec le souvenir refoulé du traumatisme. » Par exemple des enfants frappés par la foudre ne se souviennent pas de la mort simultanée de certains de leurs camarades, non pas par refoulement, mais parce qu’eux-mêmes ont été frappés par la foudre, mais non mortellement.
— « le refus de divulguer l’abus [à un moment donné ou à une personne donnée] avec l’incapacité de se le rappeler ». J’ajouterai qu’il en est de même pour toute personne qui voudrait occulter, mettre au rancart quelque « mauvaise action ».
***
Et points essentiels ici :
— Il ne faut pas confondre « l’amnésie infantile » avec des souvenirs refoulés de la petite enfance. Amnésie infantile que tout à chacun a pu constater. On se souvient de très peu de choses de notre prime enfance ou seulement de quelques faits marquants (ou traumatismes, y compris de certains rêves récurrents ou cauchemardesques) ; ou de pseudo-souvenirs, demi-souvenirs ou souvenirs construits ou reconstruits à partir de ce qu’on a pu nous dire, ou à partir d’une photographie ou d’un objet par exemple.
Et ceci n’est pas une vue de l’esprit, c’est un fait physique puisque dans les premières années de notre vie, notre cerveau était encore immature, ne possédait pas encore ou imparfaitement le langage articulé, les concepts abstraits, ne maîtrisait pas encore son corps, était dénué de tout savoir sauf ceux finalement innés et inconscients relevant de la survie. On parle de l’âge de raison que l’on a fixé à sept ans. Je ne sais si l’on peut fixer l’âge des souvenirs raisonnés au même âge.
— Il ne faut pas confondre « ne pas penser à quelque chose pendant une longue période » avec une incapacité à s’en souvenir. L’événement a été enregistré, encodé, mais a été oublié négligé tout simplement parce qu’il n’était pas traumatique sur le moment, ou perçu comme anodin ou non compris sur le fond. Donc ceci concerne également essentiellement un âge prépubère. Le souvenir d’un attentat à la pudeur peut, par exemple, ressurgir suite à la lecture d’un article, la vision d’un émission de télévision en rapport avec ce sujet. C’est seulement à ce moment-là que le souvenir peut devenir émotionnellement traumatique, parce que la personne comprend ce qui lui est arrivé au travers de ses yeux d’adulte.
Retrouver des souvenirs oubliés, abandonnés dans un coin du cerveau, et ceci généralement d’une manière inattendue, est un fait patent dont chacun a pu faire l’expérience ; chacun de même a pu constater qu’il s’agit très généralement de souvenirs anodins ou jugés anodins au moment des faits, ou infimes, ou rares liés à des sensations, des situations retrouvées, revécues. Et surtout que cela ne dépend aucunement ou très rarement de l’action ou de la sollicitation d’un tiers.
Il en va tout différemment en ce qui concerne les dites « thérapies de la mémoire retrouvée » (TMR) qui mettent en jeu un « thérapeute » et des techniques de « stimulation » pour ne pas dire de manipulation d’une personne fragile mentalement et influençable, qui parfois cherche tout simplement à faire plaisir au « thérapeute ».
Écoutons encore Brigitte Axelrad demandant à Richard J. McNally :
— Que pensez-vous des procédés comme l’hypnose, l’imagerie guidée… utilisés par des thérapeutes pour récupérer des souvenirs d’abus qui auraient été commis il y a 30 ou 40 ans ?
— Ces procédés n’ont pas de capacité spéciale pour débloquer des souvenirs, mais il existe des preuves suggérant qu’ils peuvent favoriser des faux souvenirs. Cela signifie que les images qui font surface au cours de ces procédures peuvent facilement être prises à tort pour des enregistrements d’événements authentiques.
***
Ces procédés ont moins la capacité de débloquer des souvenirs que de manipuler des malades qui viennent consulter en toute bonne foi et très généralement en détresse, des thérapeutes contestables. Manipuler pour toujours arriver à la même chose, à la même rengaine psychanalytique : si vous allez mal dans votre tête c’est que vous avez subi des agressions sexuelles lorsque vous étiez enfant, voire très jeune enfant. Et généralement par des proches, voire des très proches. C’est aussi simpliste, binaire et sectaire qu’un discours « socialiste » du genre : qui n’est pas avec nous est contre nous, et qui est contre nous est réac, facho, nazi, etc. Et donc à force de chercher des agresseurs on finit bien par en trouver. Et le gourou, le charlatan parfois très titré, est satisfait.
Et celui ne fait pas rire comme un Lacan aux jeux de mots explicatifs ridicules. Il persévère le père sévère ! et autres fadaises. Ici, il crée de véritables désastres, la mort d’un homme comme l’époux Sauvage, la mort d’un homme comme David Hamilton. C’est pourquoi a été créé en 2005 une association telle l’A.F.S.I., Alerte Faux Souvenirs Induits, « par un groupe de parents, injustement accusés de maltraitance ou d’abus sexuels par leurs enfants majeurs. Ces abus seraient survenus pendant leur enfance ; ils n’en avaient aucun souvenir auparavant ; ils les « découvrent » 20, 30 voire 40 ans plus tard, au cours ou à la suite de séances dites de thérapies de la mémoire retrouvée et qui les ont amenés à ces dénonciations calomnieuses entraînant une rupture immédiate avec leur famille. » (AFSI)
Donc à faire empirer gravement, voire irréversiblement, leur propre état mental, l’étendre à toute leur famille et amis, briser des renommées, faire condamner des innocents et entraîner des suicides de personnes ne supportant pas de telles accusations. « Ces accusations entraînent la destruction des familles, la dépendance aliénante des enfants envers leur thérapeute, leur destruction psychique, intellectuelle et financière. » (idem) La finance, ne pas oublier ce dernier point, certains y ont laissé des fortunes. Je l’ai déjà évoqué dans un article précédent. Plus c’est cher et plus la « thérapie » est bonne, c’est bien connu. » Chaque famille a une histoire différente mais la technique est identique pour tous les thérapeutes déviants, souvent auto-proclamés, qui usent de leur pouvoir de suggestion pour « induire » via diverses techniques de manipulations mentales, des abus d’inceste et de maltraitance, chez leurs patients, entraînant chez eux une destruction psychologique grave ainsi qu’une dépendance aliénante envers leur thérapeute. »
Pour d’autres temps et autres lieux, on nommerait tout ceci : lavage de cerveau, viol des esprits, manipulation des âmes fragiles, pratiques sectaires. Et comme le rappelle le site Psyfmfrance : « les dérives sectaires ne sont pas l’apanage des seuls «charlatans» et pseudo thérapeutes non diplômés. » Ce qui est encore plus grave.
***
Il faut savoir que l’Affaire Flament qui a abouti à la mort d’un homme – David Hamilton – qui jusqu’à plus ample informé était innocent et le demeurera (que ça plaise ou non), est symptomatique d’une société déboussolée, en mauvais état économique, politique, social, esthétique et éthique ; et infectée de théories fumeuses bobos, tout ce féminisme ressemblant étrangement à un machisme inversé, comme l’antifascisme qui confine au fascisme à l’envers et l’antiracisme au racisme à l’envers.
Il n’est pas dénué de sens de voir qu’elle intervient au même moment que l’Affaire Sauvage. Jugée deux fois en assises, et condamnée deux fois par un jury populaire, pour le meurtre de son mari, mais totalement amnistiée par le petit chef de service de l’Élysée de notre république bananière, qui dénature tout ce qu’il touche et sa fonction, et désavoue par là la chose jugée et les gens du peuple qui ont jugé dans les règles du droit, suite à des manifestations de féministes (qui plus est, combien de lesbiennes dans le tas ?) totalement hors de la réalité des faits, cette femme est donc devenue, au même titre que Flament, un modèle de la manière dont doivent être réglés les problèmes et traités les hommes (les mâles) en notre société. Ce qui n’est pas si différent du Far West des colons ou de la république islamique des terroristes et autres paumés manipulés. Ici j’y vois encore une analogie avec les systèmes politiques d’idéologie marxiste-léniniste qui encourageaient la délation des parents par leurs enfants.
Comme le rappelait Florence Rault, que nous avons déjà évoquée dans un précédent article, et qui est avocat en défense des affaires de délinquance sexuelle sur mineurs, dans Le Figaro du 29 janvier 2016 : « Le traitement de « l’affaire Sauvage », illustre jusqu’à la caricature ce qu’est devenu le débat public. Approximations, ignorance, inculture juridique, androphobie, hystérie, se marient pour imposer UNE vérité et la mettre au service d’UNE cause. […] Le récit que la clameur vient de nous infliger est tout simplement faux. […] Lorsqu’on essaye d’enrôler le juge, cela ne peut se faire qu’au détriment à la fois de la vérité, et du respect des libertés publiques. Le juge n’est pas là pour faire triompher une cause, aussi honorable soit-elle. Il est là pour juger des faits de transgression de l’ordre public. Et dans une démocratie, c’est lui qui est légitime à le faire. »
Elle ajoute encore qu’il ne faut pas confondre justice et féminisme. Enfin, elle dénonce très justement comme pour Flament, le traitement médiatique de cette affaire. Pétitions, manifestations et charivari. Quel est ce monde politique, des media, de ladite culture qui nous a imposé ce déni, ce nouveau déni, ce déni de justice caricatural ? si ce n’est celui qui nous mène en autres domaines à la ruine de la nation.
L’Affaire Flament (« j’ai été violée ») et l’Affaire Sauvage (« je ne suis pas du tout coupable ») se ressemblent par plus d’un point, et conjuguent les pires excès des dérivatives chasses aux sorcières, pâtures d’une partie du peuple, celui qui n’a pas d’autre nom que populace moutonnière, tourbe grossière, troupeau de la démagogie.
Et je voudrais dire, car c’est au centre du débat, que dans l’Affaire Flament comme dans l’Affaire Sauvage a été très largement utilisée, mais très rarement explicitée cette fameuse théorie de « la mémoire retrouvée ». Voici ce qu’en dit cette même Florence Rault à propos de l’Affaire Sauvage :
Jacqueline Sauvage aurait brutalement été confrontée aux souvenirs de 47 ans de martyr jusqu’alors refoulés. On entend trop souvent que la preuve de l’abus résidait justement dans le fait de ne pas s’en souvenir. Et qu’un «flash» miraculeux aurait révélé les causes d’un mal être et permis de « commencer à se reconstruire ». Concernant les accusations d’inceste, celles-ci n’ont été formulées que plus de trente ans après les faits allégués. La théorie de la mémoire retrouvée fait partie des fables que l’on retrouve souvent dans les affaires d’allégations d’abus sexuels. Le phénomène des souvenirs induits ou mémoire retrouvée commence à être connu de la justice pénale et certains ne se laissent plus leurrer. C’est toute mon expérience professionnelle qui me le démontre. Oui, on peut mentir sur ces choses-là.
Cette tendance à tout excuser d’une femme (« pauvre femme ») n’est pas nouvelle. Certains se souviennent peut-être de cette histoire (qui fit pleurer dans les chaumières) d’assassinat de cet homme (violent et, circonstances aggravantes, d’extrême-droite) par sa fille. Ou du moins c’est sa fille qui avait endossé l’assassinat. Un livre était même sorti, écrit par son avocate, expliquant tout de l’histoire jusqu’à ce que la mère dévoile, au-delà du délai de prescription (tiens !) que ce n’était pas sa fille, mais elle-même qui avait tué son mari.
***
Dernière précision et non des moindres, cette « théorie » plus que hasardeuse et simpliste d’un hyper-freudisme du « retour du refoulé » de bazar, dont Freud lui-même serait revenu après bien des années, qui plus est invariablement rapporté, réduit à l’unique aspect (mythique) d’histoires d’abus sexuels, de viols et d’incestes, semble avoir été dévolu, du moins au départ aux jeunes enfants. Or, par une génération sectaire et globalisante (totalitaire), elle s’est retrouvée s’appliquer au pré-adolescent, adolescent, et au final aux individus de tous âges. Des déjà grotesque Falment, et encore plus grotesque des Sauvage et bien d’autres, des deux sexes d’ailleurs ! Mais l’accusé étant pratiquement toujours un homme. Flament n’était plus un petit enfant à treize ans, mais une jeune fille, peut-être même une petite femme. Quant à Sauvage, son pseudo-thérapeute irresponsable et diabolique aurait dû être co-inculpé, ce qui je pense n’a pas été le cas.
Mais c’est toute cette pseudo-théorie qui est vaseuse.
C’est ainsi Muriel Salmona déjà citée, qui arrive à dire une chose et son contraire, tout d’abord que (selon elle) « les enfants mettent beaucoup de temps pour réaliser ce qui leur est arrivé, pour ne plus être écrasés par la peur, la culpabilité et la honte, ne plus être terrassés par le traumatisme et leur mémoire traumatique » ce qui laisse donc entendre qu’ils sont parfaitement conscients de ce qui leur est arrivé, et qui poursuit immédiatement en ajoutant : « ils sont surtout fréquemment frappés d’amnésie traumatique. Ces amnésies traumatiques peuvent durer des décennies. » Ce qui semble bien en être l’exact opposé. Enfin, elle prétend que l’on ait chiffré des amnésies partielles (nouvelle catégorie non définies et pour le moins curieuse dans sa formulation) « pour près de 60% des victimes de violences sexuelles dans l’enfance ou complètes pour 38% à 40% d’entre elles. »
Bien évidemment tout ce fatras est repris à satiété sur les media, y compris, comme de bien entendu, les media dont on paye la redevance, par exemple dans « Allô, docteurs » l’émission médicale qui a le vent en poupe. Où l’on trouve le docteur et chirurgien ORL Michel Cymès, connu pour ses approximations, sa partialité, son manque de courtoisie, ses débordements politiques, ou encore sur le fait qu’il cumule les revenus possédant par ailleurs une société « organisatrice de foires, salons professionnels et congrès » d’un capital social de 600.000 euros ( 394.100 euros de chiffre d’affaires en 2013).
Et bien évidemment encore tout ceci entre dans le cadre d’une confusion totale et sans nuance, entre ce qui relève de la complaisance vis-à-vis des vrais pédérastes ou pédophiles, ou violeurs de certains milieux, et ce qui relève des fantasmes non seulement de la presse à scandale mais de l’ensemble des media, tirant à vu sur l’artiste David Hamilton suite aux « révélations » d’un « écrivain » miteux, sans morale, sans talent faisant sa réclame au prix de la Mort.
***
Je voudrais clore cet article en évoquant une nouvelle fois le nom d’Elizabeth F. Loftus, psychologue dont les travaux ont trait à la mémoire humaine. Elle a ainsi effectué de nombreuses recherches sur la malléabilité des souvenirs. Et pour ce qui nous occupe présentement sur la fabrication et le fonctionnement des faux souvenirs, et desdits souvenirs retrouvés d’abus sexuel durant l’enfance Elle est, d’entre autres nombreux ouvrages, l’auteur (en collaboration avec Katherine Ketcham) de The Myth of Repressed Memory — False Memories and Allegations of Sexual Abuse qui date de 1994 et a été traduit en français sous le titre de Le syndrome des faux souvenirs et le mythe des souvenirs refoulés — ces psys qui manipulent la mémoire.
C’est une personne qui plusieurs fois, il y a déjà quelques années, a été menacée y compris de mort, agressée, et même insultée par un procureur, entravée dans ses recherches, harcelée, accusée de faire le jeu des pédophiles et même de se livrer à des rites sataniques. Quasi Barbe bleue (on peut lire ou écouter de tels délires chez nous également, pas besoin d’en faire la publicité). Elle a déclaré en 2010 que lorsqu’elle a commencé à s’intéresser aux souvenirs refoulés, elle n’imaginait pas qu’elle deviendrait « la cible d’invectives incessantes et de harcèlement en bande organisée ».
Le délire quoi, la déraison. On y est maintenant, nous en France, mais comme nous ne sommes plus qu’une colonie des États-Unis, tout nous arrive dix à quinze ans après. Et de préférence le pire.
EN DEFENSE DE DAVID HAMILTON.
Nous voudrions rappeler aux personnes qui visitent le blog Lequichotte, et notamment aux personnes qui – comme nous l’indiquent les statistiques poussées de WordPress – nous rendent visite avant de se rendre chaque jour sur le blog « En défense de David Hamilton », et nous les en remercions, qu’elles peuvent aussi s’abonner directement au blog EN DEFENSE DE DAVID HAMILTON, ou y laisser des commentaires.
Par ailleurs, nous confirmons la sortie prochaine d’un livre consacré à David Hamilton et au film de 1979, « Laura les ombres de l’été ».
Tous renseignements sur le blog : EN DEFENSE DE DAVID HAMILTON.
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/01/13/dawn-dunlap-laura-shadows-of-a-summer-the-moments-of-fleeting-beauty-beetween-innocence-and-womanhood/
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/01/13/dawn-dunlap-laura-shadows-of-a-summer-the-moments-of-fleeting-beauty-beetween-innocence-and-womanhood/
***
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/01/13/voulez-vous-comparer-david-hamilton-avec-lhumour-gras-avec-lepaisse-mediocrite-avec-la-laideur-repoussante-des-petits-nullards-illettres-de-la-teloche/
cet article se trouve aussi sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
***
… Déjà presque toute la région du bas ventre était froide ; découvrant son visage (car il se l’était couvert), Socrate dit et ce furent là les derniers mots qu’il prononça : « Criton, nous devons un coq à Esculape. Payez cette dette, ne soyez pas négligents. »
– Bien sûr, fit Criton, ce sera fait. Mais vois si tu n’as rien d’autre à nous dire ? »
À cette question, Socrate ne répondit plus rien ; au bout d’un petit moment, il eut un soubresaut. L’homme lui découvrit le visage : Socrate avait le regard fixe. Voyant cela, Criton lui ferma la bouche et les yeux…
(Platon, Phédon)
C’était au printemps 399 avant notre ère, dans la prison des Onze (les magistrats de la cité), en présence de plusieurs disciples et amis, Socrate venait de boire la ciguë (la grande ciguë, la plus virulente). Et ceci alors que la cité d’Athènes était au plus mal ; cinq ans auparavant, au terme des guerres du Péloponnèse, Athènes avait subi une grande défaite face aux Spartiates, qui imposèrent alors le régime dictatorial des Trente. Régime qui fut mis à bas quelques mois plus tard, non sans dommage « collatéraux » pour ladite démocratie athénienne (une démocratie à esclaves, il faut quand même le dire ; et une démocratie uniquement masculine ; enfin une forme de démocratie plus ou moins aristocratique).
Beaucoup attribuèrent cette défaite à une prétendue perte des valeurs traditionnelles. Des boucs émissaires furent rapidement trouvés : les philosophes. Ainsi furent brûlés des œuvres de Protagoras mort déjà depuis une vingtaine d’année, un homme qui doutait, un agnostique qui affirmait « des dieux, je ne sais ni s’ils sont, ni s’ils ne sont pas ». Il en fut de même des sophistes et de Socrate. C’était la chasse aux sorcières, en l’occurrence aux « mauvais philosophes ».
Un certain Mélétos auteur d’une Oedipédie et de chansons à boire, un curieux poète (délateur) qui n’est plus évoqué de nos jours que pour cet acte, accusa Socrate de ne pas reconnaître et de nier les dieux de la cité, de vouloir introduire une divinité nouvelle (ce qu’il nommait son démon – grec daimon – auquel il disait obéir), et de corrompre la jeunesse en en faisant de mauvais citoyens tels Alcibiade, Critias et Charmide, personnages connus et mal aimés de leur temps, même si sans doute jamais aucun ne reçut son enseignement.
Avant de mourir, il énonça donc cette phrase citée ci-dessus et restée célèbre qui a fait couler beaucoup d’encre et développer de multiples explications. Dans la mythologie grecque, Esculape, Esclépios en grec, fils d’Apollon, fut foudroyé par Zeus pour avoir ressuscité ou tenté de ressusciter des morts grâce au sang de la Gorgone qui lui avait été donné par Athéna, le sang coulé du côté droit qui est un remède merveilleux, tandis que celui qui a coulé du côté gauche est un poison violent. Il est cependant le dieu de la médecine, désigné sous l’appellation de « médecin irréprochable ». Le sang du coq comme le sang du côté droit de la Gorgone guérit du malheur, du malheur de vivre, d’être homme, de subir les maladies, les injustice des sociétés, et au final de se voir imposer la mort contrainte ou naturelle… chacun y voit la chose à sa manière.
***
De nos jours on peut être condamné aussi à boire la ciguë, du moins à des formes modernisées de la ciguë, ni plus ni moins efficaces que cette dernière. La forme même de jugement a pu évoluer également avec le temps ; c’est à la suite d’un procès, pendant lequel Sôkratês passa son temps à se moquer de ses accusateurs d’un mépris tout aristocratique, que Socrate fut condamné par un tribunal. Il fut donc condamné à se suicider si l’on peut dire.
De notre temps le jugement et la condamnation peut se faire à distance. Il suffit de tenir les principaux media et d’organiser une cabale odieuse, amplifiée par toute la valetaille des médiocres aigris et des anonymes haineux, crétins, ignorants.
Mais c’est là qu’est toute la subtilité (sic) des temps « modernes et progressistes », technologistes. Ceux qui accusent et ceux qui condamnent sont les mêmes. Ils ont toute la puissance de la nouvelle agora médiatique et audio-visuelle, tout le poids du développement des rumeurs, toute la complicité sordide et implicite de la populace versatile, imbécile et moutonnière. Celle qui un jour crie d’un seul chœur : « Je suis Charlie, vive la liberté d’expression »et qui le lendemain crie : « Salaud de violeur » en se faisant l’écho d’une rumeur diffamatoire et injurieuse, en direction d’un homme seul – David Hamilton – ne pouvant se défendre, jamais condamné pour viol, ni quoi que ce soit d’ailleurs ; et innocent de toute éternité. Que ça plaise ou non aux simples d’esprit et aux demeurés hargneux.
Media par ailleurs quasi officiels et d’essence totalitaire, bien que « privés », ne dépendant pas explicitement de l’État pour la plupart, qui ont d’acquis, tout le silence complice des autorités tant politiques que judiciaires.
Notre temps est ainsi foncièrement hypocrite et veule. C’est le temps béni des lâches qui insultent du fond de leurs studios médiatiques ; c’est le temps béni des anonymes qui, derrière un pseudonyme sur Internet, insultent et vouent aux gémonies l’individu qui n’est pas dans le moule ou qui est considéré comme déviant. En toute impunité ! C’est aussi le temps des « justiciers » auto-élus sournois qui agissent masqués ou dans l’ombre.
C’est le temps béni où il est « normal » de se suicider quand on dit craindre pour sa vie et que peu de jours avant on déclare vouloir porter plainte contre ceux qui diffament, insultent, traînent plus bas que terre ; où il est « normal » de se suicider en laissant entrouverte sa porte ; sans un mot à qui que ce soit, sans une lettre explicative ou un billet d’adieu ; où il est « normal » d’utiliser pour ce faire un sac en plastique. Certes, Socrate lui aussi se couvrit la tête avant de mourir mais ce n’est pas ça qui l’a fait mourir.
Et puis, l’a-t-on questionné ce sac en plastique ? Lui a-t-on fait cracher les pores et le morceau? Ou si vous préférez : l’a-t-on analysé scientifiquement ? Et puis encore, « il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée », dit-on ; mais que penser d’une porte entrouverte ?
Quoi de plus facile que de trouver l’adresse de la victime David Hamilton (et son numéro de téléphone) sur l’annuaire, de sonner à son interphone, de lui faire ouvrir sa porte sous un prétexte quelconque, puis, une fois chez lui, de le maîtriser (cet homme est âgé), de l’étouffer avec un coussin par exemple, de disperser des médicaments au sol pour ajouter à la confusion, de l’allonger à terre et lui mettre un sac sur la tête par souci de dérision, enfin de ressortir acte accompli, en laissant la porte entrouverte sur le palier de son immeuble, et quitter les lieux tout tranquillement et sans aucun dommage ?
Curieuse mise en scène d’une curieuse affaire, qui ne correspond nullement à cet homme discret, secret, solitaire que fut David Hamilton. À ce dandy. Le sac en plastique ne colle pas dans le scénario. Du résidu de pétrole quand on porte des habits de lin (même élimés comme disent les mauvaises langues), ce serait une espèce de faute de goût. Non, cela ne colle pas au tableau. Même s’il s’agit d’un « pochon »(comme on dit par chez moi) d’un magasin de luxe ou distingué. Et même si David Hamilton n’avait pas de ciguë sous la main.
Trois jours après la découverte de son corps, c’est la gazette pipole Closer, qui ayant eu accès (on ne sait comment) au rapport d’autopsie, déclare en premier (information uniformément reprise par tout le reste des media) que « le photographe de 83 ans est mort d’asphyxie, comme le révèle le rapport d’autopsie, et non pas après avoir pris des médicaments, comme le laissaient pourtant penser les premières informations disponibles. » Et ajoute : « le rapport d’autopsie a été envoyé au parquet et l’enquête a été clôturée ». Autrement dit, personne n’a cherché plus loin. Tout est normal ! Circulez, il n’y a plus rien à voir !
Pourtant France-Soir (du 30 novembre 2016) laisse échapper : » Des faits qui n’écartent bien sûr pas la thèse du suicide… mais la rendent déjà plus incertaine. Elle reste de toute façon le scénario privilégié par les enquêteurs. »
On ne saurait dire mieux. Et donc, j’ai une question (mais malheureusement en l’air) : ça y est, c’est tout ce que disait le rapport d’autopsie ? Pas même quelque chose sur la date, voire l’heure probable de la mort ?
Et si tout était dit le lundi 28 novembre au plus tard, pourquoi l’enregistrement du décès n’est intervenu que le 9 décembre seulement ? Ceci fera l’objet d’un prochain article.
***
C’est ici que je voudrais dire à la suite d’Aragon, que… » Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force / Ni sa faiblesse, ni son cœur. Et quand il croit / Ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix ; / Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie. / Sa vie est un étrange et douloureux divorce… »
Eh oui, il se dit que, peu de temps après la mort de Socrate, dans un revirement d’opinion parmi les dirigeants manipulateurs et la foule à la fois pleutre et vindicative, l’accusateur de Socrate, Mélétos fut mis à mort, tandis que celui qui le fit comparaître devant son tribunal, Anytos fut banni. Alors que Lycon, celui qui plaida contre lui devant le tribunal, semble avoir échappé à la répression. Du moins c’est ce que Maxime de Tyr, Eutyphron et Diogène Laërce affirment.
Il faudrait donc rappeler aux Mélétos et Anytos de David Hamilton que : succès d’hier, tort de demain, peut-être. L’euthanasie des vieux déviants ou supposés tels, et sur simple dénonciation, n’est pas encore inscrite dans la loi ; le lynchage même médiatique n’est pas encore inscrit dans la loi ; la peine de mort (et c’est heureux) a été abolie en France, du moins, il paraît ; c’est donc inutile de la réintroduire sous une autre forme.
Madame Poupette Flament nous a cinglés de sa rage et déconvenue ; elle s’est déclarée « dévastée » par la mort d’Hamilton, mais pas pour ce que vous croyez ; non, elle a uniquement craché sur ce mort en ajoutant que c’était un « lâche ». Et ce qu’elle a fait, c’est quoi alors ? Je sais, une journaliste, une pigiste, une stagiaire (j’en ai parlé dans un article précédent) a été jusqu’à voir du « courage » (sic) dans cet acte…
Certes, Poupette et son pote n’ont pas dit : « Ah ! le bon temps des exécutions sommaires du Far West, oh ! le bon temps des lapidations proche-orientales, etc. »
Poupette et compagnie sont pour la solution hellène antique et stylée : le vrai suicide, le faux suicide, le suicide obligé, enfin dans tous les cas la peine de mort induite et provoquée, mais en dentelle. Nil sub sole novi. C’est bien pourquoi nous, les tendres, nous devons, tous ensemble, un coq à Esculape ; mais juste en pensée et en symbole.
* Pochon : Régional (surtout Ouest). Petit sac en toile, en papier ou en matière plastique.