Tout récemment, sur le site de Livres Hebdo, un quidam « très bien informé » et de « source sûre », de source « sûre et certaine», semble s’être intéressé, au détour d’une phrase, au sort des « petits candidats » académiques. De ce qu’il m’en souvient (de ce qu’il m’en souvient seulement, car pour lire l’intégralité de son billet il faut maintenant le payer 1,50 euros!) il a cité le blog de l’un, le site de l’autre et entre les deux, il s’est permis sans vergogne, par lointain on-dit et en très peu de mots (éternelle rengaine), de présenter le candidat à l’Académie Olivier Mathieu d’une manière totalement tendancieuse et totalement fausse.
Je n’en aurais pas parlé si, me renseignant sur Livres-Hebdo je n’avais appris que cette feuille n’était pas n’importe laquelle, mais rien de moins que l’organe disons publicitaire de la société Electre regroupant les Éditions professionnelles du livre et les Éditions du Cercle de la Librairie. Filiales qui, je recopie, « assurent la production et la diffusion de l’information bibliographique et professionnelle sur le livre français auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. » « Acteurs… chaîne », curieux langage, mais passons…
J’ajoute que ce vieux Cercle du Livre « remplit une fonction d’information que son indépendance garantit la plus exhaustive et la plus fiable possible. » Et encore qu’« en 1972 il [s’est vu] confier la gestion de l’ISBN pour les livres en langue française pour laquelle [fut] créée l’Agence française de numérotation internationale du livre (Afnil). »
Je suppose que, pour le moins, les uns et les autres de ce milieu connaissent les fichiers de la BnF. S’il en est ainsi, à défaut d’avoir lu Olivier Mathieu, ils pourraient constater que ce qu’il écrit depuis des années relève du roman et de la poésie. Ils paraissent donc tout à fait aptes et mêmes les mieux placés pour lui accorder, en toute « indépendance », l’attention « la plus fiable possible ».
Zachary Richard – Travailler, c’est trop dur
https://www.youtube.com/watch?v=-25uR2sm5ts&list=RD-25uR2sm5ts
L’une des versions de cette chanson du pays cadjin.
Transcription au mieux de ce que j’ai pu.
*
Travailler c’est trop du’
Et voler c’est pas beau
D’mon-ner la charité
C’est quèque chose j’ peux pas fai’
Chaque jou’ qu’moi je vis
On m’ demond’ commont j’ vis
J’dis que j’ vis su’ l’amou’
Et j’espèr’ de viv’ vieux
Moi, je prends mon vi-olon
Et j’attrap’ mon archet
Et je joue ma vieill’ valse
‘our fair’ mes amis danser
Vous connaissez mes chers amis
La vie est bien, bien trop courte
‘our souffair’ des misères
Allons danser ce soir.
Travailler c’est trop du’
Et voler c’est pas beau
D’mon-ner la charité
C’est quèque chose j’ peux pas fai’
Chaque jou’ qu’môa je vis
On m’ demond’ commont j’vis
J’dis que j’vis su’ l’amou’
Et j’espèr’ de viv’ vieux
Moi, je fais la musique
C’est presque tous les soârs
Traîner tout pa’tout
Et puis chanter dans les wisky-bars
Et y a des fois tu connais (?)
j’aim’ les lâchers du’ mon ami (?)
Mais, ch’uis de v’nue ce soâr
‘ou’ l’ plaisir d’chanter
Travailler c’est trop du’
Et voler c’est pas beau
D’mon-ner la charité
C’est quèque chose j’peux pas fai’
Chaque jou’ qu’moi je vis
On m’ demond’ commont j’ vis
J’dis que j’ vis su’ l’amou’
Et j’espèr’ de viv’ vieux (bis)… yêh !
*
À Joinville-les-Ponts par Bourvil :
https://www.youtube.com/watch?v=y6MmU8P1fio
« Me gogoyant à plaisir »…
(extrait de : Les facecieuses nuicts du seigneur de Straparole, 1726).
Un certain Chuck Berry a paraît-il écrit une chanson, qui a eu un succès planétaire, ce qui ne manque d’ailleurs pas d’enseigner quelque chose au sujet de cette planète.
Les Américains ont même tenu à envoyer une sonde dans l’espace, avec un extrait d’une telle chanson. Elle a été choisie en 1977 comme l’une des plus « grandes réalisations de l’humanité ». Diantre, on voudrait connaître le génie qui a fait un tel choix… Un fin musicologue, à n’en pas douter.
J’essaye aussi d’imaginer la tête de « l’extraterrestre » (le pauvre…) qui entendra ce qui suit. C’est répété quatre, cinq ou six fois dans la chanson. Il était sans doute utile de répéter ces paroles inoubliables, pour qu’elles entrent mieux dans la tétête des masses modernes.
Go ! Go ! Go, Johnny, go !
Go ! Go, Johnny go !
Go ! Go ! Go, Johnny, go !
Go ! Go, Johnny go !
Go ! Go !
En français, cela donne :
Vas-y ! Allez vas-y, Johnny, vas-y !
Vas-y ! Vas-y, Johnny, vas-y !
Vas-y ! Allez vas-y, Johnny, vas-y !
Vas-y ! Vas-y, Johnny, vas-y !
Allez vas-y,
Johnny B. Goode !
Virgile, François Villon, Shakespeare, Baudelaire, Mallarmé peuvent aller se rhabiller, je suis sûr qu’ils n’auraient jamais eu une telle inspiration. Prodigieux.
L’une des plus « grandes réalisations de l’humanité »… Ah ! Parfois, je comprends que peut-être, l’hypothétique extraterrestre risquerait de prendre la direction opposée à celle de la planète Terre.
Je me suis diverti, aujourd’hui, à écrire une petite chanson (pour l’essentiel, avec des rimes en go et en oy).
J’emprunte le mot « oïlle » à Cervantes
( https://fr.wiktionary.org/wiki/oille ) :
« Rien n’est plus malsain, rien n’est plus funeste qu’une oille ; il faut laisser ce mets grossier aux chanoines, aux professeurs de collège, aux festins de noces des laboureurs ; leurs estomacs peuvent s’en accommoder, mais celui d’un gouverneur demande des aliments plus légers » (Miguel de Cervantes, Don Quichotte, 1605-1615)
Quant à « gogoyant », il me plaît de penser que c’est un synonyme, aujourd’hui vieilli, du mot « égayant ».
Gogues : joies.
Oyant : participe présent du verbe ouïr.
CHANSON GOGOYANTE de GOG OYANT
par Olivier Mathieu
« Go, go, go ! Johnny, go go go ! »
Partout, que tu sois girl ou boy,
C’est la sous-culture Playboy
Des très pauvres en ciboulot.
(Refrain)
Robert Pioche le Gog, oyant
Millions de Magog aboyant
« Go go go, Johnny go go go ! »,
Millions de bégayants Magog,
A écrit ce chant gogoyant
Contre Magog le démagogue,
Voici la chanson de nos gogues !
Gog ! Gog ! Gog ! Robert Pioche, gog !
Aux Etats-Unis des cowboys,
Combien de millions de gogos
N’ont-ils pas bêlé « Johnny, go ! »,
Johnny du rock, le gros sextoy !
« Go, go, go Johnny ! Go go go ! »
Où donc tu cours, Johnny Gogo ?
Et de Paris jusqu’à Hanoï,
Ca gueule : « oh, go ! Johnny ! Go go! »
Le rock, c’est la fête aux gogos !
Où c’est, Johnny, qu’il doit « to go » ?
Oh ! Le bel attrape-nigauds !
Pour vous j’invente tout de go
Une chanson très gouleyante
Pour dire à Johnny : ok, go !
Ton rock est malsain comme une oïlle,
Go home au pays des bigots !
Moi, ma chanson est égayante,
C’est ma chanson très-gogoyante !
(Refrain)
Robert Pioche le Gog, oyant
Millions de Magog aboyant
« Go go go, Johnny go go go ! »,
Millions de bégayants Magog,
A écrit ce chant gogoyant
Contre Magog le démagogue,
Voici la chanson de nos gogues !
Gog ! Gog ! Gog ! Robert Pioche, gog !
Olivier Mathieu
Nous serons huit candidats, le 3 mars 2016, à l’Académie française.
Je n’avais jamais entendu parler d’Arnaud Aaron-Upinsky, qu’un blog sur Internet présente comme un « scientifique épistémologue de renom international, d’origine juive ». Il a publié sur Internet un texte : « PUBLICATION DE LA LETTRE DE CANDIDATURE D’ARNAUD-AARON UPINSKY INVITANT LES CANDIDATS AU FAUTEUIL D’ASSIA DJEBAR A ADOPTER CET USAGE ». On y lit : « Arnaud-Aaron Upinsky a décidé de motiver sa lettre de candidature, de la rendre publique ( ce qui est une première ) », écrit Upinsky sur son blog. Mais puisqu’il interpelle les autres candidats, au nombre desquels je suis, je réponds volontiers à son appel et je me permets de lui faire noter qu’il se trompe, d’ailleurs, parce que je l’ai fait à de nombreuses reprises et puisque j’ai publié le récit de mes candidatures à l’Académie, et en certains cas mes lettres de candidature, depuis dix ans, sur Internet mais aussi, sous forme de textes ou de poèmes, dans plusieurs de mes livres.
Loin de moi, en tout cas, l’idée de parler des autres candidats dans les termes un peu condescendants – éclats de rire à l’appui – employés par Frédéric Mitterrand à la télé, tout récemment.
La certitude est que cette élection semble taillée sur mesure pour André Makine. Celui-ci, né en Russie, a écrit un grand nombre de livres. Dans La musique d’une vie, qui se passe en 1941, il nous raconte le destin d’Alexei Berg, un jeune pianiste juif considéré par la police de Staline comme « ennemi du peuple », obligé de fuir et de rentrer dans la clandestinité. Ou alors, dans Le pays du lieutenant Schreiber, le même André Makine nous parle de Jean-Claude Servan-Schreiber, petit-fils d’un juif prussien émigré.
Comme l’annonçait il y a quelque temps « Tribune juive », le dimanche 9 février 2014 dans les salons de la Mairie du 3e arrondissement de Paris, Andreï Makine signait ses livres, en compagnie d’auteurs comme Agnès Abécassis, Myriam Anissimov, Jacques Attali, Patrick Banon, Bernard Benyamin, Evelyne Bloch-Dano, Elisabeth Brami, Jean-Claude Casadessus, Christine Clerc, Jean-Louis Debré, Gérard de Cortanze, Arthur Dreyfus, Frédéric Encel, Vladimir Federovski, Yaël Hassan, Frédéric Haziza, Serge Moati, Aldo Naouri, Mazarine Pingeot, Michaël Prazan, Laurent Seksik, Alain-Gérard Slama, Daniel Sibony, Sandrine Szwarc, Sandrine Treiner, Karine Tuil, Frédéric Verger.
Et surtout, le Prix mondial 2014 de la Fondation Simone et Cino del Duca, d’un montant de 200 000 euros, a été décerné à Andreï Makine. Lequel désire lutter « contre l’Europe qui trahit ses valeurs civilisationnelles ».
L’élection d’Andréï Makine ne fait pas l’ombre d’un doute. Elle a été précédée par la candidature puis par le retrait de Frédéric Mitterrand qui a évoqué la sensibilité extrême qui, à ses yeux, est celle d’Andréi Makine, à tel point que si ce dernier échouait à l’Académie, « il ne se représenterait sans doute pas ».
Voilà donc ce qui a peut-être été une sorte « d’opération stratégique », puisque Frédéric Mitterrand s’est fait de la publicité à travers sa candidature à l’Académie, puis s’est donné le beau rôle en se retirant pour ne pas froisser la sensibilité de son ami Andreï Makine.
De plus en plus clairement, les copains germanopratins de « droite » (?) et de « gauche » (?) ne cachent même plus qu’ils font campagne les uns pour les autres, en se retirant pour ne pas se « gêner ». Chacun son tour. L’Académie ? Y en aura pour tout le monde. A condition que « tout le monde » fasse partie de Cette France qu’on oublie d’aimer de Makine, ou de la France de Finkielkraut. C’est plus ou moins la même. Mêmes thèmes. Même vision du monde. Mêmes « valeurs » « civilisationnelles »…
Ça fait deux, c’est clair, moi et les sages de « la » civilisation…
Olivier Mathieu.
Frédéric Mitterrand a retiré sa candidature à l’Académie française, au bénéfice d’Andrei Makine.
Hier, sur BFMTV, on a donc entendu Frédéric Mitterrand.
http://www.bvoltaire.fr/extvideo/frederic-mitterrand-retire-sa-candidature-a-lacademie-francaise-pour-ne-pas-nuire-a-andrei-makine
La journaliste : « Sauf que vous êtes pas tout seul dans la course en face de lui ? Il y en a d’autres, non ? »
(Eclats de rire).
Frédéric Mitterrand : « Non, les autres sont pas… sont pas si importants… enfin, je veux pas les insulter, ils se présentent depuis dix ans, je sais pas… il y a toutes sortes de… c’est sûr qu’il y a quelqu’un derrière la porte qui voudrait vous remplacer, Nathalie »…
(Eclats de rire)
J’apprends donc que « les autres » (dont je fais partie) « sont pas… sont pas si importants », mais que Frédéric Mitterrand « ne veut pas » les « insulter » (éclats de rire), « il y a toutes sortes de »… « c’est sûr qu’il y a derrière la porte quelqu’un »…
Curieuses pratiques, où l’on voit le candidat Frédéric Mitterrand retirer sa candidature au profit d’un de ses copains du petit milieu germanopratin, tout en annonçant qu’il se représentera ultérieurement, et enfin en ayant l’extrême bonté de juger de « l’importance » de ses adversaires, précisant même (quelle bonté) qu’il « ne veut pas les insulter ».
C’est trop d’honneur…
Parce que, excusez-moi Majesté, si les candidats face à vous n’étaient pas importants, ça voudrait dire qu’on pourrait les insulter ?…
Les journaux de la grande presse, comme d’habitude, se recopient les uns les autres. On lit donc ce qui suit.
« Sept autres candidats sont en lice pour l’élection fixée au 3 mars mais leur chance d’être élu est quasi nulle. Plusieurs de ces candidats s’étaient déjà présentés à l’Académie sans jamais recueillir une seule voix ».
Et une fois de plus, les journaux de la grande presse disent n’importe quoi, parce que sont en lice pour l’élection du 3 mars 2016 des candidats qui se présentent pour la première fois (comme Eduardo Pisani ou Eric Dubois). D’autres, en revanche, comme par exemple Arnaud-Aaaron Upinsky, Michel Carassou ou Olivier Mathieu, ont déjà recueilli une voix à l’occasion de l’une ou de l’autre élection.
Un autre « mystère » est le suivant. L’un des candidats, Eric Dubois, a déclaré au site ActuaLitté : « C’est au nom de tous les poètes, des écrivains méconnus ou peu connus des médias, de tous les accidentés de la vie, de tous les déclassés, que je me présente. J’ai très peu de chance d’être élu, mais ce n’est pas grave. Je vais avoir 50 ans dans quelques mois. Je me représenterai jusqu’à l’âge de 75 ans. »
Et donc, Eric Dubois semble indiquer son intention de se présenter à toutes les élections.
Personne ne semble le lui reprocher, et tant mieux, parce que M. Eric Dubois est certes libre de présenter sa candidature.
Non. Ce qui est drôle, c’est que lorsqu’il s’agit d’Olivier Mathieu, les journalistes tentent de faire preuve d’esprit. Par exemple lorsque Télérama appelait Olivier Mathieu, il y a deux ans, « candidat périodique ».
Et on se demande bien pourquoi la même attitude – celle qui consiste donc à se présenter à de très nombreuses élections, comme par exemple MM. Carassou, Delaporte ou Mathieu – ne devrait être l’objet de moqueries que lorsqu’il s’agit d’Olivier Mathieu…
Poser la question c’est y répondre…
L’Académie française, dans sa séance du jeudi 4 février 2016, a enregistré les candidatures de MM. Michel Carassou, Éric Dubois, Andreï Makine et Eduardo Pisani.
Ainsi que le retrait des candidatures de MM. Frédéric Mitterrand et Jean-Claude Perrier. La procédure du retrait de candidature, qu’elle soit une simple recherche de publicité ou la volonté d’indiquer un désaccord de fond, est une procédure assez habituelle.
Les candidatures sont closes, sauf si l’élection est remise à une date ultérieure.
Les candidats encore en lice sont alors, si l’élection a bien lieu le 3 mars 2016: les écrivains Michel Carassou, Éric Dubois, Andreï Makine, le chanteur Eduardo Pisani, un candidat (à nous inconnu) répondant au nom de Valentin Ogier, Arnaud-Aaron Upinsky que l’on dit proche des milieux cathos traditionalistes, le « blogueur » Yves-Denis Delaporte et, pour finir, Olivier Mathieu.
Il y a quelque temps, le journal Le Point – toujours admirablement renseigné – nous avait appris que le délicat M. Finkielkraut, qui déplore l’accent beur qu’il entend dans le métro, n’aimait pas non plus les mots « chier » et « merde ».

Citons Le Point : « Dans son dernier ouvrage à succès, L’Identité malheureuse, l’essayiste déplorait notamment la dérive scatologique de notre vocabulaire, soulignant le déferlement des termes « chier » et « merde »
http://www.lepoint.fr/societe/alain-finkielkraut-caillasse-a-l-academie-04-04-2014-1809014_23.php
Merdre!
Finkielkraut nous en dira tant.
Si on enlève les mots « chier » et « merde » de la littérature française, et de la littérature en général, il va falloir expurger Rabelais ou Céline, pour n’en citer que deux.
Par exemple, lorsque Céline raconte un cunnilingus administré, dans son enfance, à une dame, il va donc falloir – selon M. Finkielkraut – enlever le mot « merde » ?

Ça cocotte la merde.
Citons Céline:
«Chéri petit cochon! (…) Va! gros chouchou!… Vas-y…
Appelle-moi Louison! Ta Louison ! mon petit dégueulasse! (…)
Elle m’agrafe par les oreilles… elle me force à me courber, à me baisser jusqu’à la nature… Elle me plie fort… elle me met le nez dans un état… C’est éblouissant et ça jute, j’en ai plein dans mon cou… Elle me fait embrasser… ça d’abord le goût de poisson et puis comme une gueule d’un chien… (…) Je glisse moi dans la marmelade… J’ose pas trop renifler… J’ai peur de lui faire du mal… Elle se secoue comme un prunier… (…) Ça cocotte la merde et l’œuf dans le fond, là où je plonge…
Je suis étranglé par mon col…le celluloïd… Elle me tire des décombres… Je remonte au jour… J’ai comme un enduit sur les châsses, je suis visqueux jusqu’aux sourcils»…
(Céline, Mort à crédit)
Cela, c’est de la sublime, c’est de l’immense littérature.
On a donc voulu avoir, à l’Académie française, un monsieur – Monsieur Alain Finkielkraut, pour le nommer – qui ne supporte pas le mot « merde » dans la littérature française???
Monsieur Finkielkraut aime tant à disserter (je ne sais à quel titre, au juste) des « fondements » de la France.
Par exemple, voir Le Figaro :
http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/03/27/31003-20140327ARTFIG00074-de-peguy-a-finkielkraut-l-enracinement-comme-fondement-de-l-identite-francaise.php
Les fondements, les fondements… Comme on sait, « fondement » a pour synonyme « derrière » et « anus »:
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/fondement/34487
Je demandais, il y a quelques mois : « Monsieur Alain Finkielkraut n’emploierait-il donc pas les mêmes mots que Rabelais, que vous ou moi, ou que le bas peuple, pour aller sur les fondements? »
La réponse est : si, Finkielkraut dit « chier », comme vous et moi.
http://mcetv.fr/mon-mag-buzz/media/le-petit-journal-alain-finkielkraut-stresse-se-lache-avant-rentree-academie-francaise-0302/
Olivier Mathieu
Ils se promenaient alors près des grands boulevards, le temps était printanier à l’image des jolies passantes qu’eux – gent forte, élevée, d’élite – ignoraient superbement tout en les croisant.
Se couchant tôt, ils allaient se rendre, non par goût, mais par esprit d’étude et d’analyse, à une matinée de l’un de ses quelconques théâtres de seconde zone jouant quelque oeuvrette à la mode, fruit d’un obscur travail collectif de scribouillards sans nom. Une de ces pièces pitoyables, sans génie aucun, ni lendemain, tournant inlassablement, méthodiquement sur l’éternelle histoire de la dame qui cocufie (mais sans dommage) son gros benêt de mari. D’un humour prévisible, nettement moins drôle qu’une farce du moyen-âge. Du niveau de ragots et de jeux de mots du dernier sous-sous-Meilhac ou Halevy venu, mal venu.
Pécuchet se dit qu’ils en feraient tous deux de plus belles pièces, si un jour ils voulaient bien s’en donner le temps. Ceci l’affligea ; et saisi d’un désir d’en rapporter les termes à son compère, il se tourna vers lui, mais il fut surpris de découvrir, par je ne sais quel jeu mental, que ce dernier avait la tête du cocu de la pièce ou plus exactement du cocu imbécile d’un couple dont il n’était rien de moins que l’autre élément.
Oui, devant l’air ahuri de son complice, Pécuchet se prit d’un doute quasi existentiel. Instant lucide où il se para de quelque don qui… chut ! Il se mit à juger, en son for intérieur, la part de sa valeur ajoutée aux talents communs. Son âme n’en fit qu’un tour, et son esprit au sang chaud pensa : — pourquoi mon cerveau oscillant en catimini n’a pas encore vu, noté, compris que nous courions fatalement à l’échec avec un tel buvard, baveux, bavard. Sa tête molle, son air de crétin satisfait et sa faconde de boulevard, me paraissent aussi incontinents que sa bedaine respire, depuis si longtemps, la…
(Gustave Flaubert, cahier de travail inédit, fragment d’un chapitre final inachevé).
Mais que pouvait donc respirer sa bedaine ? Nous ne le saurons pas. Flaubert nous en dispense à jamais.








