Ce qui suit n’est qu’un ensemble de notes, un jet non définitif. Mais pris par le temps de l’actualité, je le livre tel quel.
Qui est cet incertain Andreï Makine drapé des médailles de la récompense et des biftons qui vont avec ; ça aide pas mal à écrite tranquillement tout ça. De très fraîche date « français de souche » (personnage représenté et défendu si bien, comme on sait, par notre Finkounet national) puisque avant la fin des années quatre-vingt il n’avait encore jamais mis les pieds en Franchouillardie et chassait, selon certains, l’ours polaire en Sibérie. Enfin, on ne peut pas lui enlever qu’il aimait et la langue française et d’aucuns de nos grands z-auteurs.
Et voilà-t-i’ pas qu’à peine arrivé en notre occidentale contrée sous domination impériale, il se lance tel un nouveau Rastignakoff, tel un nouvel Hussard en cuir de Russie (éternelle), que dis-je : tel un cosaque, à l’assaut de Paris, cette vieille catin fort décatie. Je précise quand même : bien moins Paris de la Goutte d’Or que Paris des bordels littéraires de la paroisse de Saint-Germain-des-Prés. Sodome comme la nommait Glenmor. Car il existe divers cosmopolitismes parigots.
Et la makinovtchina se met en branle, « bistro » dit-elle, qui veut dire « vite » en sa langue maternelle. Bistrot, bistroquet, ces vieux bistrots dont les banquettes suintent encore l’odeur de toutes les vieilles peaux défuntes des mauvais littérateurs « éternellement à la mode », c’est justement là qu’il prend langue (française), qu’il s’acoquine avec le gratin de ce qui fait et défait les renommées, les renommées « éternelles » du jour, ouvre les portes des gros éditeurs et des grands journaux, élit un académicien, voue aux gémonies et réduit à la seule édition confidentielle les « mauvais auteurs », je veux dire, non pas les auteurs sans talent, mais à l’inverse généralement, les auteurs mal-pensants. « Les méconnus », etc. Enfin, dans wikimachin c’est résumé d’un « nabot-minable » : « Andreï Makine vit actuellement à Paris, mais se tient, autant que possible, à l’écart de la vie littéraire et se consacre entièrement à la littérature ». Les gens de lettres anonymes de Wiki y croient vraiment ?
Et voici que quelques années plus tard, en un rien de temps, notre russe francophone (francophile, j’ai de sérieux doutes), enfin notre franco-russe s’entremet si bien qu’il reçoit diverses breloques qui ont l’intérêt premier d’augmenter les tirages (le chaland qui a le sens critique et littéraire aussi affûté et avisé que celui des « spécialistes » de la télévision et des revues, éternel gogo, se rue sans même savoir, ni comprendre sur le quidam). Et c’est ainsi qu’on le retrouve à causer dans les gazettes, sur la littérature, puis bientôt sur tout et sur rien. Et qu’il finit par donner son avis sur la France, ce qu’elle fut, ce qu’elle est, et mieux encore ce qu’elle devrait être. Réclame garantie ; suffit d’appuyer là où ça fait mal. Pendant ce temps, les gens sérieux qui étudient la question se morfondent comme toujours dans l’obscurité éditoriale et l’inculte mépris germanopratin (l’un allant avec l’autre).
Ce littérateur russe à la mode (ou peut-être déjà plus trop à la mode, l’Académie est souvent une voie de garage), ça me fait penser à cette réflexion de Desproges qui évoquait le succès élito-pantruchien de « quelque peintre russe à la mode ». Ici, c’est la même chose, le germanopratin s’en pâme à l’envie. Pendant que le « loquedu » moyen de France, loin de tout ça, ignore tout du complot (je mets exprès « complot », je sais que ça peut énerver certains).
L’EXOTISME FRANCHOUILLARD
Car la France a diverses spécialités, culinaires en particulier, mais il en est une proprement lutécienne (mais quelle spécialité culinaire pourrait avoir en propre Paname ?) qui consiste à tomber d’admiration devant l’exotisme et tout ce qui n’est pas français dans le domaine de la culture et des arts. Je me souviens encore de ce livre-gag d’un africain publié par un « grand éditeur » qui était écrit en pseudo-français, ou plus exactement en un français lexicalement délirant. Donc exoticophilie tellement poussée qu’elle confine en toute logique inversée et phagocyteuse d’amour destructeur, à l’exoticophobie acharnée, pour ne pas dire à l’exoticocide une fois chez l’exotique. L’histoire coloniale et néo-coloniale et impériale présentes sont là pour le rappeler. Turqueries, japonisme, art nègre (tout en colonisant et « pacifiant » l’Afrique)… Mais, ce n’est pas sa faute, n’est-ce pas, si la France est de portée « universelle » et « éternelle ». Immortelle : mais on meurt souvent, bien souvent, très souvent d’être immortel. Et parfois plus vite qu’à son tour. Bistro ! Bistro !
LA MATIÈRE RUSSO-STALINO-BOLCHÉVIQUE
Makine a tout bien compris et très rapidement. Cet homme fait carrière (quelle horreur) de la littérature. Il a très bien su faire ses classes, amener son eau glacée sibérienne au moulin parisien de la renommée, sans faille et sans faillir.
Je commence par ce qui fait ma seule force en arrivant, « je m’ présent’, je m’appelle Andreï … je voudrais réussir, merveille ». J’entame par ce qui touchera les combinards de l’édition (assurés que ça va se vendre, que c’est rentable auprès de tous les fleur-bleu de la lecture, question d’étiquette russe). Juste deux ou trois petits coups, deux ou trois livres pour commencer, son petit fonds de commerce russo-soviétique exotique (La Fille d’un héros de l’Union soviétique, roman russe sur l’après-guerre, Françoise Bour traducteur, Confession d’un porte-drapeau déchu, Au temps du fleuve Amour, titre racoleur à souhait). Mais je vais longtemps persister et savoir y revenir aussi, voir Requiem pour l’Est (2000), La Vie d’un homme inconnu (2009). Son fonds de commerce de pseudo-dissident (dissident tel qu’il est présenté encore par certains) n’a pas fini de s’enfler… Je ne sais pas ce qu’en pensent les vrais dissidents des ex pays de l’Est qui vivent en France, du moins qui sont encore vivants.
Le goût pour l’exotisme, russe en particulier, le goût littéraire « d’esthète » s’entend c’est un peu : Curieux Russe du bout du monde, inquiète-moi, fais-moi peur, dis ! tu as vraiment chassé l’ours en compagnie d’une tribu sibérienne colonisée, et côtoyé l’indicible en ce morne pays des loups et des lichens où rien ne pousse, où rien ne bouge si ce n’est les machines qui exploitent et détruisent son sol et son sous-sol, en ses steppes où hurlent encore et éternellement les rires des exilés devenus fous ? Cause-moi des contrastes, des extrêmes « éternels » ?
Tout était si clair dans ce début de notre vie. Notre enfance avait l’odeur piquante du cuivre étincelant, la résonance martiale de la peau tendue. Et nous marchions, les jambes veloutées de poussière, à travers les chemins des champs. Toujours tout droit devant nous. Toujours vers cet horizon radieux. La moitié du pays était passementée des dentelles noires des barbelés. Clouée au sol par les miradors. Mais dans notre marche nous le croyions en train d’avancer, ce pays, avec nous vers ce but final, vers cet horizon si proche déjà.
Génial ! comme on disait dans les années soixante, soixante-dix où tout était devenu génial. « La résonance martiale… la peau tendue… toujours tout droit… horizon radieux… », et en parachèvement : « les dentelles noires des barbelés… les miradors » Auschwitz, alors ? Certes cela semble être un bout de ton passé, mais c’est un peu frelaté, réchauffé, affadi tout ça, non ? après les grands écrits sur le Goulag, les grandes famines, et les grands malheurs des vrais dissidents ?
Tiens, dans le genre « dissident » je te conseille un livre quasi inconnu, œuvre d’un inconnu, ça s’appelle L’Holocauste des Âmes, je te préviens tout de suite c’est un très mauvais livre écrit par un très mauvais, un obscur roumain mort depuis plus de trente ans. Et « antisémite » avec ça ! Ben oui, il ose lever un tabou en montrant, parmi d’autres choses, une tortionnaire- en-chef stalinienne, nymphomane et juive d’un camp de travail « expérimental » des années quarante-cinquante en Roumanie. Cet auteur se nomme Grégoire Dumitresco. Son livre reste aussi inconnu ou confidentiel (oubli volontaire des « grands éditeurs ») que celui de René Château, alias Jean-Pierre Abel : L’Âge de Caïn (à ma connaissance jamais réédité depuis 1947, donc uniquement trouvable chez les bouquinistes). René Château, agrégé de philosophie (lui) et écrivain, radical-socialiste qui pour son malheur choisit le « mauvais » camp de la « mauvaise » Collaboration. C’est toute la différence avec un bon Collaborateur du bon camp, genre agrégé ès lettres et faux philosophe. Et je le crains bien aussi, genre Makine.
ÉTAT DES LIEUX ÉTABLI PAR MAKINE
Mais retournons à notre Andreï Makine arrivé en France je crois vers 1988. Et à un entretien qu’il a accordé le 18 août 2006 (je retarde un peu, je suis accroché à un méridien antérieur) à Iouri Kovalenko, correspondant du quotidien Izvestia à Paris (cf. fr.sputniknews.com). On y trouve plusieurs perles ou plus exactement certaines incohérences, un peu dans la lignée des « arts incohérents » de Finkielkraut. J’étais d’abord tombé sur ce passage (type même du mauvais exemple qui nous « induit d’erreur » comme disait Colucci). Au premier abord sympathique, mais au second « rabord », comme on va le voir, déjà nettement moins :
Iouri Kovalenko : Dans votre dernier livre [Cette France qu’on oublie d’aimer, Flammarion, 2006], vous ne ménagez pas non plus les intellectuels français, qui se considèrent à vingt ans comme maoïstes, à trente ans comme marxistes [sic] et qui à quarante ans se moquent des uns et des autres. Pour vous, ces intellectuels font partie en quelque sorte de la « couleur locale », de même que le beaujolais nouveau, les fromages, les baguettes et les grèves des cheminots…
Andreï Makine : Des gens de ce genre, il en existe plein, et ce sont eux qui dirigent la vie intellectuelle de la France. Ils sont sûrs de ne jamais avoir tort, ils ne reconnaissent jamais leurs torts et changent de convictions tous les dix ans. Malheureusement, cela concerne la littérature également. Il existe très peu d’écrivains qui sont détachés de leur temps et soulèvent dans leurs œuvres des thèmes éternels. Nombreux sont ceux qui remplissent précipitamment des commandes industrielles. Par exemple, les thèmes de la pédophilie, de l’homosexualité, de la nymphomanie sont déjà « usés ». Il s’agit là d’un système corporatif: chaque corps de métier met en valeur son propre terrain, chaque écrivain se spécialise dans un domaine déterminé.
UNE CERTAINE MATIÈRE JUIVE
On peut noter qu’il manque à sa liste des modes évoquées au-dessus : les « malheurs juifs », les « incommensurables malheurs juifs », de ces « éternels réprouvés ». Roupie de sansonnet à côté de tout ça bien évidemment sont la traite des nègres, la quasi extermination, la chasse au fusil même, ou mise au ban de la société des nord-amérindiens, des aborigènes, des caraïbes, etc. Pourtant Makine a su y puiser largement. Et j’aurais envie de demander à Makine si La musique d’une vie (2001) est un thème réellement éternel. Si Le pays du lieutenant Schreiber (2014) est véritablement éternel. Ou universel. « Éternel », je doute, « redondant », là j’acquiesce sur le terme. Et n’est-ce pas quelque peu réducteur, orienté, tendancieux, et surtout complaisamment intéressé, très porteur encore malgré soixante-dix ans de matraquage, de nous raconter cette histoire du lieutenant juif Schreiber peu considéré par « la France éternelle », ou de raconter dans La musique d’une vie après tant et plus, l’histoire édifiante du pauvre artiste juif victime des méchants sbires staliniens incultes ?
La musique d’une vie, et autres du même genre, c’est faire bien peu cas de l’histoire soviétique réelle ou être très sélectif. Certes Staline ménagea de moins en moins les juifs vers la fin de sa vie (les inoffensifs poètes yiddich en particulier, ou encore lesdits « médecins juifs »), surtout à cause du sionisme d’ailleurs, mais il faudrait peut-être arrêter un jour de toujours présenter les juifs, des juifs, certains juifs en éternelles victimes. Makine ignorerait-il que les juifs étaient surreprésentés dans le Parti bolchévique ? Et je ne parle pas de la valetaille. Je parle des très hautes, hautes, et moyennes instances dirigeantes. Et que des juifs athées (curiosité historique puisqu’il paraît que le judaïsme est une religion), des juifs staliniens « comme tout le monde » et plus que « monsieur tout le monde » ont eu, eux aussi, du sang du peuple esclave, des peuples dits soviétiques, sur les mains. Et pas qu’un peu. L’exemple le plus célèbre est Trotsky, chef de l’Armée rouge, un moins connu est Iagoda, qui connut de l’intérieur Tchéka, Guépéou, NKVD qu’il dirigea de 1934 à 1936, avant d’être purgé en 38 par l’ancien séminariste et terroriste, le géorgien fou. Mais il y a plein d’exemples en ce domaine.
Se focaliser sur les tiens au détriment de tous les autres, en tant et plus de litanies interminables, je regrette, ce n’est pas faire œuvre éternelle, c’est même l’inverse. Et tout dévaluer. Ni encore moins œuvre originale après tant d’autres. Quel mauvais parti pris, quelle inversion du réel, quelle falsification de l’Histoire, quel « négationnisme » pour employer le langage des crétins. C’est l’aplomb bien connu. L’aplomb des puissants. C’est massacrer le vrai sacré des vrais humbles. Et dans ton cas, je dirai (je l’affirme) que chez Makine ça ne peut avoir qu’un côté foncièrement lèche-botte.
Ce qui se confirme encore plus avec ce récent Pays du lieutenant Schreiber ; cela me fait penser à l’écriture d’une dette de reconnaissance. Une nouvelle bassesse en direction de…, mais est-il utile d’en dire plus ? « Andreï Makine rend hommage à Jean-Claude Servan-Schreiber, combattant et résistant méconnu [sic]. Et déplore que la France ne soit pas à la hauteur de ses héros » nous énonce Paris-Match. Servan-Schreiber qui n’est pas tout à fait le premier « petit juif » anonyme et du commun, mais ce personnage sorti tout droit de la lignée méridionale des Crémieux par sa mère, cofondateur en 1953, avec son cousin Jean-Jacques de L’Express, le gaulliste Jean-Claude qui mit en place la publicité à la télévision en 1968 (grand progrès et quelle année en plus!), celui dont le périodique est aujourd’hui entre des mains franco-israéliennes comme d’autres titres de la presse dite française.
Makine tout frais émoulu français, en nouveau justicier de notre Histoire ! Le prochain opuscule va sans doute être consacré à nous parler de la Collaboration et encore une fois des malheurs juifs ou de la dette éternelle envers cette entité coloniale bien connue. Mais là je te signale que tu retardes : Modiano, le romancier mono-maniaque est passé avant et à raflé le gros magot. Comme quoi les malheurs juifs rapportent toujours quelque chose, même post mortem.
Quel joli collabo de l’Empire ce Makine. Un fort cracheur également. Sur son entregent et dans la soupe. Je le trouve assez glaireux, « glaireux à souhait » (Ferré dixit), d’autant plus glaireux qu’il est le premier à dénoncer les innombrables écrivains qui ne se détachent pas de leur temps et ne soulèvent pas dans leurs œuvres des thèmes éternels, mais juste des thèmes à la mode et « remplissent précipitamment des commandes industrielles ». Nos z-«élites » aussi aiment assez la pleurniche, la repentance chrétienne, et même les excuses déplacées. Du moins la pleurniche et la repentance et l’expiation pour la plèbe franchouillarde, cette masse informe pour ne pas dire difforme.
LA CONTRADICTION INCARNÉE
Makine n’aime pas les écrivains à thème, et plus encore les thèmes à la mode, or il n’a jamais fait que ça. Il a même affirmé (voir plus haut) : »Nombreux sont ceux qui remplissent précipitamment des commandes industrielles. » Aussi, dois-je rappeler en cet endroit que Makine n’est pas le dernier à participer à la production d’œuvrettes de commandes, mais là il se fait discret et pseudonyme : Gabriel Osmonde, par exemple chez Flammarion, série Pygmalion qui offre « une large gamme d’œuvres littéraires qui s’adressent également à un large public. On trouve : des romans historiques fondés sur de grands moments de l’histoire mondiale et prenant appui sur des faits réels qui permettent de s’instruire en même temps que de se distraire ». Distrais populo Makine ! Raconte-lui des bobards historiques, tords tendancieux, le cou à la vérité historique.
En fait Makine est un madré. Son titre déjà évoqué et le plus racoleur de tous, celui de tous les égards, lui ouvrit en 1995 les dernières portes de la notoriété spectaculaire. Des égards en insultant qui est son hôte. Le Testament français, fruit d’une dernière passe dans un hôtel, non pas de la Goutte d’Or mais des plus huppés (genre racheté par les grands démocrates du Golfe). Livre pour midinettes, aubaine pour les industrielles éditions des commandes du même nom (voir plus haut).
Makine n’est qu’un pantin finalement, il est exactement comme ceux qu’il critique et pire encore, je le répète : il crache sans vergogne dans la soupe éditoriale des copains coquins, (soupe monétaire et breloquienne). Et malgré tout, ça rapporte bien : fulgurante ascension, il est passé en 28 ans de russe réfugié (réfugié, c’est à voir, dissident certainement pas, opportuniste plutôt) à très potentiel académicien français. C’est assez sidérant.
L’HOMME DE GOÛT
Il crache même à l’occasion sur les copains plumitifs. Et quels copains !
Q.: Parmi les écrivains français, vous appréciez le plus Michel Houellebecq, qui est très populaire en Russie. [sic]
R.: Houellebecq s’est embourgeoisé [resic!], il n’est plus capable de surprendre. Il n’a pas réussi l’essentiel, à savoir surmonter un certain thème, réaliser un bond qualitatif… Mais dans le présent, il est difficile de comprendre quel écrivain est un génie et qui disparaîtra demain.
Je retiens « il n’est plus capable de surprendre » : mais à quel prix, surprendre, demanderai-je ? Au prix de certaines ordureries de pensée, non ? Est-ce que « surprendre » est bien le verbe qui convient. Et est-ce que le but de la littérature est en soi de surprendre ? D’épater le bourgeois ? Et n’est-on pas parfois chez Thomas dans le simple dégueulis de pensées sordides qui en rajoutent au malheur des démunis, pour un peu plus les ravaler, les dénigrer, les rabaisser ? On sait d’où il sort l’individu qui, bercé par le stalinisme pied-noir, a plongé dans l’extrême-droitisme, le sionisme, l’islamophobie et l’arabophobie maniaque et obsessionnelle.
Celui-là, Thomas dit Houellebecq est tout prêt à reconnaître, quand il est lucide, que sa littérature ne vaut pas un clou et que sa poésie est mauvaise, il l’a dit et écrit même. Ne me demandez pas où, je l’ai bien vite… Bistro, Bistro ! oublié. Mais pour sa « poésie », il se trompe encore. Il est au-dessus de la réalité. Ce n’est pas tant que sa poésie soit mauvaise, mais c’est que ce qu’il appelle « poésie » n’est tout juste que prose plus ou moins rimée (enfin c’est déjà ça, c’est déjà bien pour lui, comme dirait l’autre). De la « poésie Victor Hugo », mais si Hugo pouvait avoir de la grandeur, de la sensibilité, un goût pour la nature, sous une forme malheureusement très ronronnante, trop prolixe et sans génie, Thomas n’a lui que la bassesse intrinsèque d’un cerveau assez fêlé dans la déconfiture littéraire et morale.
On peut-être décadent par la forme, on peut l’être par le fond ou par les deux. C’est par le fond en premier lieu que pèche (mot faible) Houellebecq. Du moins de ce que j’en ai lu, j’ai oublié où, là aussi, mais ça avait comme titre quelque chose comme « morceaux choisis ». Et pour être choisis, sa poésie en bas morceaux était très choisie dans la médiocrité, l’inintéressant, le vulgaire surtout. Aucune expression, ni mot remarquables. Du moins tel en est mon souvenir. Propos d’assez bas-étage, idées peu reluisantes comme toujours chez ce grand malade, ce tordu bien à l’image de notre époque très malade elle aussi. « Pensée » « propre » aux latrines, de calamiteux borborygmes d’idées qui abaissent. De mauvais désaxé. Regardez sa tête. Simple reflet de ces grands tarés qui « dirigent » le monde humain et terrestre à sa perte.
Malgré ses défauts, je veux dire « son absence de saut qualitatif » : le meilleur écrivain français selon Makine !
Hugo serait avec Proust, Nerval et Baudelaire, l’une des quatre grandes références de Makine. Hugo… lequel ? Hugo le confident de Tête-en-poire et pair de France, Hugo le « poète académique et Panthéon », Hugo le « poète obsèques nationales républicaines », Hugo le « poète officiel » ? Un cocktail de tout ça ? Pourquoi pas, on y est à plein avec notre Andreï. Mais que Makine l’opportuniste laisse de côté, oublie Proust, ce reclus caméral et écrivain nocturne du temps de la mémoire, Nerval cet être délicat en ces châteaux rêvés d’autrefois, et Baudelaire ce tourmenté lucide et de style. Avec eux on est au bal des vrais prétendants à l' » éternelle immortalité ».
LE FARAMINEUX CRITIQUE SOCIAL
Houellebecq n’a pas su « réaliser un bond qualitatif » vient de nous asséner Makine. Lui, Makine, a déjà réalisé divers « débonds » ; sa chute qualitative la plus remarquable date de 2006, au moment de l’entretien évoqué plus haut : Il venait donc de publier un livre qui dénigrait le pays qui lui avait accordé une nouvelle nationalité juste quelques années auparavant. Qui lui avait accordé le statut interdit au « français de souche », au commun des mortels, de citoyen français à double-nationalité. Aucune vergogne, vraiment. Disons-le encore une fois pour que ça rentre bien : Makine aime cracher sur tout et tous, et même sur ses bienfaiteurs.
Dans ce livre il y va d’un salmigondis où l’on apprend que la société française est (excusez du peu, les exclus et chômeurs et pauvres apprécieront, et bien d’autres encore, dont moi) une « machine à transformer l’homme en parasite social », une société qui « réunit dans son inefficacité les pires côtés du capitalisme… avec les pires tares du socialisme ».
Je sais bien que la France n’est pas un paradis, je la critique assez (ses « dirigeants » plutôt car je n’ai rien contre la pauvre Marianne en soi) et je l’ai assez dit et répété à des amis étrangers qui avaient des illusions, des illusions de loin, des illusions de livres et de grands auteurs du passé, de grands mots et grands principes, malheureusement souvent totalement faux ou pour le moins noyés, perdus, disloqués, et finalement fictifs. Mais il faut la critiquer pour ce qu’elle est, pas sur des fantasmes ou à partir de préjugés, ou s’en prendre à ceux qui subissent en oubliant ceux qui « organisent » et entretiennent la chienlit ad vitam æternam (tiens, on y est encore dans l’éternité, et là jusqu’au cou, Makine !).
« Transformer l’homme en parasite social », celle-là, elle est fortiche ! Là, tu délires ! « Transformer l’homme en esclave, un peu plus chaque jour » me semblerait plus exact. Même l’extrême extrême-droite n’y aurait pas pensé. Un néo-con du fin fond des Amériques ou plus exactement un éternel réactionnaire (on devrait dire et écrire « néo-réactionnaire » et non « néo-conservateur ») ne dirait pas mieux (si on peut dire « mieux » en ce cas), ni le pire beauf du dernier des cafés du Commerce.
« Les pires tares du socialisme », moi je n’y vois aucun socialisme ; du clientélisme, oui, des clientélismes. Des maffias bourgeoises de plus en plus alliées, de moins en moins concurrentes, mondialisme oblige. Mais je ne développe pas, il y aurait tant de choses à dire à ce niveau.
Et voilà maintenant que des études réalisées à l’autre bout de l’Europe me disent que Makine, qui se prétend « russe de sang et français de cœur » (sic, français de cœur, j’ai du mal à y croire, ou sa vire à la « haine de soi », expression bien connue mais réservée à d’autres) « s’inscrit dans la filiation des écrits critiques sur l’identité française ». Je suppose qu’il faut entendre ici toute cette clique de pseudo-philosophes totalitaires et réactionnaires finkielkrautiens à la mords-moi-le-botul qui sévit depuis le milieu des années soixante-dix. Et que les grosses maisons d’édition patronnent ou plus exactement parrainent dans le plus pur style non pas du « socialisme » mais de Cosa Nostra, la Piovra littéraire.
Et puis, Machin Machine, si c’est si nul ce pays qui t’a tout donné, retourne en Sibérie chasser l’ours, s’il en reste, moi je ne te retiens pas. Ou va y enquêter sur le passé stalinien. Pour ajouter d’autres volumes à ton fonds de commerce. Et dire que cet homme est de parents inconnus, sans doute déportés, il n’en sait trop rien, et le rescapé d’un orphelinat ! Mais tu n’en a pas assez bavé ! Est-ce que ce que tu dis est sensé et raisonnable, doué de raison ? Tu délires comme tes poteaux, les grands malades : comme Houellebecq, comme Finkielkraut et toute la smala bien connue des pires réactionnaires qui insultent tout ce qui n’est pas eux et qui ont la haine de la différence et des plus pauvres. Et comme les grands malades du talmudo-sionisme.
Oui, c’est sûr, tu fréquentes les mêmes bistrots ou les mêmes sauteries qu’eux, quoi qu’en dise wikitrucchose (voir plus haut). Et ton poteau, Mitterrand le neveu, qui se retire (sic) de la course académique pour ne pas te faire de la peine, pas faire de peine à son petit chouchou à la crème (frelatée), à son amour de petit chou prisunic. Et qui modeste ajoute : « Je ne veux pas être un embarras pour son éventuelle élection » ; comme s’il pouvait être un embarras pour qui que ce soit ou quoi que ce soit ! Pendant que le double de Makine par bien des côtés, a failli caguer dans son froc, voir son discours finir en cagaille sous la Coupole… heureusement avant d’en saloper le noble fauteuil ! Mais quel monde !
LE PREMIER TALENT DE MAKINE
Enfin ! revenons une dernière fois à cet entretien de 2006. Makine s’y indigne, le pitre : « La France vit dans un environnement surréaliste. D’une part, elle se conforme aux lois du libéralisme économique poussé jusqu’à l’absurde et transformé en piraterie. D’autre part, la plus grande partie des revenus d’un tiers de la population proviennent de l’État. » Ce n’est sans doute pas faux, mais toi, de quoi vis-tu ? D’où viennent tes subsides ? De ton talent ? J’en doute. Bien plutôt de ta totale adéquation à cette société que tu ne sembles pas aimer ; à son air du moment, à ses modes, à son vent tournant girouette, à toute cette cuisine magouilleuse que par ailleurs tu refuse aux autres, mais auxquelles tu t’agrippes et tu colles si parfaitement que tu vas obtenir, récompense suprême pour un individu comme toi, toi très probable poulain du secrétaire à perpèt de l’Académie, Hélène Zourabichvili : un fauteuil qui malheureusement n’est généralement que celui d’un immortel par antiphrase. Par ironie de l’Histoire.
Pour Finkie par exemple, le dernier récipiendaire, le poulain de Nora (n’aura, n’aura pas), ceci marque incontestablement le début de sa fin, si tant est qu’il connut un début visible et quelque peu honorable. Son bâton de maréchal, de maréchal nous voilà ! Je veux dire son bâton de grand collabo du système, de l’Empire, de la pire des réactions : colonialiste, raciste à l’encontre de tous les petits, suprémaciste. En sa jeunesse il appelait ça : dictature du prolétariat, ce qu’il faut évidemment comprendre comme : dictature sur le prolétariat par l’avant-garde éclairée, dont lui. Misérable petit-blanc qui se prend pour un grand Français et grand Européen. Lui aussi il y a bien longtemps qu’il crache sur les peuples, les peuples autres que le sien, tout en prétendant parler au nom des « français de souche », l’insolente tête à claques, l’intolérant visible (par des millions de téléspectateurs), le chafouin douteux de France-Inculture, le philosophe des gogues, je préciserai même : des gogues bouchées. Bouchées par les déjection de toute cette caste de parasites de la philosophie, de la littérature, de la critique sociale… Je me réserve « raclures de bidet des arts » et « oxyures à prurit de la vraie philosophie » pour une prochaine fois.
Les exemples sont multiples de sans-talent des arts, de la littérature et plus généralement de la culture ou d’écrivains surfaits et de mode (à thèmes faussement éternels ou universels) qui furent académiciens. Parmi ceux qui ont posé leur suprême postérieur sur l’un des fondements (que d’aucuns jugent majeur) de la langue française (ou plutôt de ce qu’il en reste de nos jours), je veux parler d’un fauteuil académique de l’Académie française (car il en est d’autres, d’académies), fauteuil cinq en l’occurrence, j’ai noté celui-ci qui n’est certainement pas le pire : Robert de Flers dont les comédies et les livrets d’opérette sont œuvres mortes. Oui, lui au moins, chercha à faire rire et il n’a fait de mal à personne. Mais ça lui fait bien court l’éternité et l’immortalité.
EN RÉSUMÉ
Vous prenez un faux-dissident (notre époque est remarquable par son taux considérable de toc, toqués et tocards aux commandes), un marchand de Russie « éternelle », un marchand de malheur juif « éternel », un cracheur dans la soupe « éternelle » française, un odieux réactionnaire « éternel » qui semble avoir les pauvres en aversion – le tout en un seul homme – vous touillez à peine et vous obtenez un parfait « français de souche » élu magistralement à l’Acacadémie « française ».
L’un de ceux qui ne se serait certainement pas laissé griser par Assia Djebar en quelque Nouba des femmes du Mont Chenoua.
C’est amusant, voire pathétique : le « poète contemporain » (deux mots qui pour moi sont plutôt antinomiques), l’ex-slameur (plus slameur que moi, tu meurs! pitié !) Eric Dubois se sert de sa candidature à l’Académie pour… trouver un travail…
http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article9094
Tandis que le « chanteur » Edouardo se plaint d’être logé à Emmaüs… Il cherche donc un logement…
http://www.purepeople.com/article/edouardo-resident-emmaus-et-candidat-a-l-academie-francaise-pour-exister_a172778/1
Et dire que Baudelaire parlait de sa haine envers le domicile fixe…
Cela dit, loin de moi l’idée de me moquer de leur situation, mais Dubois et Edouardo nous répètent par ailleurs qu’ils sont artistes, donc je suppose au moins un peu bohèmes. Probablement je dois retarder, car il est vrai que la notion d’artiste, comme tout le reste, a été dévoyée ; et le public (comme on dit), le public gogo ne connaît plus que des artistes et surtout des faux-artistes friqués ou pour une bonne part subventionnés, donc quasi fonctionnaires. Tous autant faux rebelles. De pseudo-artistes dans l’époque de la décadence.
Ce que j’aimerais c’est que nos deux « artistes » se révoltent. Se révoltent artistiquement parlant. Moi, une bonne partie de ce que j’ai écrit et de ce que j’écris encore fut ou est en réaction à ma situation ou à celle des sociétés. Certes j’ai un toit, un peu de pognon : vu le délabrement de notre pays, l’incompétence et plus encore la dégueulasserie de nos « dirigeants » de tous les bords, je n’ai certes pas le droit de me plaindre, du moins eu égard à la misère économique et intellectuelle qui nous entourent.
Mais dans d’autres domaines je crois avoir pas mal subi, ce que je prends de plus en plus comme une chance (une chance au niveau de l’écriture, de la poésie…), triste chance mais chance quand même. Je ne crois pas aux vertus du bonheur et du confort matériel ou moral dans le domaine de la culture et des arts. Les exemples de l’Histoire artistique sont tellement patents. C’est bien pourquoi je répète assez que, mis à part quelques personnes de valeur, l’Académie est généralement emplie de gens qui au mieux ont été, et au pire n’ont jamais rien été, je veux dire de grand, de noble, de généreux ; d’artiste ; rien de ceux qui réfléchissent intelligemment et élèvent la société des petits hommes et autres homoncules.
Et je dirai même, et ça pourra sans doute surprendre nos « poètes, » que si des media (certes moins prestigieux que ceux réservés à Ogier-le-néant) semblent un tantinet s’intéresser à eux, c’est que tout n’est pas perdu. Artistiquement, je ne sais pas, mais financièrement, je veux dire. Qui sait si un académique généreux, un tout nouvel académicien tel notre Finkie de souche, ne pourrait pas faire un petit quelque chose pour eux. Edouardo veut chanter, qu’il fasse chanter Finkie ! Dubois cherche un éditeur, qu’attend-il pour lui rappeler qu’il est fait du bois des gens « bien de chez nous » ?
Pour tâcher d’expliquer à Dubois et à Edouardo ce que je veux dire, je rappelle qu’Olivier Mathieu lui, constate en se tenant le ventre de rire, en ce moment, l’absence du moindre frémissement du moindre journaliste en sa direction .
Mais Olivier Mathieu, lui, est un « artiste à l’ancienne ».
Par exemple avec sa « Chanson de Cacadémie » publiée il y a déjà une dizaine d’années.
LA CHANSON DE CACADEMIE
par Olivier Mathieu.
Que de tracas, qu’Académie
Aura subis pour Robert Pioche
(Candidat importun, ma mie,
Sous ses habits d’éternel mioche) !
Et c’est le cas, qu’Académie
Doive changer son règlement
Pour éviter l’épidémie
De cet exemple impertinent.
Car quel fracas, qu’Académie
Par crime de lèse-Giscard,
Ait par quelque main ennemie
Voté pour semblable lascar !
Pioche braqua – qu’Académie
En tremble encor – sa verte plume,
Cognant gaiment sur son enclume
Les hommes verts déjà momies.
Il n’y a qu’à – qu’Académie
Le note bien ! – d’autre façon
Que de héler Gais Sots et çons
Pour sauver la démocratie.
On attaqua – qu’Académie
Se le rappelle ! – Abel, vieillard
Avant le terme de sa vie :
Et c’était pas du tout bonnard.
Y a du « qu’à… qu’à… » qu’Académie
Devrait savoir quarante fois
Ou quarante fois et demi
L’inverse d’immortel, ma foi !
Mettez un K – qu’Académie
L’écrive dans son dictionnaire –
Au mot nouveau : Kakadémie,
Néologisme débonnaire.
Comme phonétique enseigna,
Ce n’est point d’un bègue le tic
De dire : qu’A… qu’A… qu’A… qu’A… qu’A…
Et comme tout l’académique,
C’est du caca qu’Académie!
Que tous les titis parigots
Ecoeurés par les saligauds
Chantent cette chanson amie,
La « Chanson de Cacadémie »
Que Robert Pioche composa
Pour se moquer de l’anémie
Du Grand Caca et cacas qu’A…
« Le 3 mars prochain, l’Académie française élira celui ou celle qui prendra place dans le fauteuil 5 laissé vacant par Assia Djebar », lit-on sur Internet… ( http://www.purepeople.com/article/edouardo-resident-emmaus-et-candidat-a-l-academie-francaise-pour-exister_a172778/1 ).
Ou « celle » ?
C’est vraiment très étonnant parce que les candidats appartiennent tous (pour autant qu’on sache) à ce que l’on appelait, dans un passé encore récent, le genre masculin.
Certes, « hommes » et « femmes », ce sont là « de vieux concepts », vous savez, qui ne tarderont certainement pas à être dépassés…
Olivier Mathieu.
Voici le titre complet du livre d’Olivier Mathieu.
ALAIN FINKIELKRAUT, L’IMMORTEL
– maître bien-pensant de la non pensance,
M’sieur Strumpfspountzknock
et Doctor Beaufschnockplouck,
le faux philosophe, le vrai néo-con –
Parce que la bien-pensance, dans un pays où l’UMP et le FN doivent faire 60 % des voix, c’est – parmi d’autres « philosophes » ou supposés tels – l’omniprésent et sur-médiatisé Alain Finkielkraut.
Parce qu’Olivier Mathieu le dit, l’affirme et le répète, Alain Finkielkraut est la NON pensance en personne. « Si l’on veut bien considérer les diplômes et l’oeuvre universitaire de ma mère, ou les intellectuels que j’ai fréquentés tout au long de mon enfance, de ma jeunesse et de ma vie, je me sens en droit de dire qu’Alain Finkielkraut a une pensée, si l’on veut employer ce terme, de Café du Commerce », dit Olivier Mathieu.
STRUMPF (qui n’est pas Schtroumpf) a été choisi parce que c’est un mot – allemand – plein de « consonnes rébarbatives » (celles dont a parlé Finkielkraut dans son « discours de réception »); « SPOUNTZ » (qui n’est pas schpountz) est volontairement un hybride entre l’allemand « spund » (« bouchon, mioche ») et le cinématographique « schpountz » (1938) de Marcel Pagnol, où Irénée Fabre (Fernandel) fut « le schpountz », commis-épicier; enfin, « KNOCK » évoque évidemment le docteur Knock de Louis Farigoule (Jules Romains).
Quant à l’autre nom, autres consonnes rébarbatives contenant cette fois « BEAUF » (dont Finkielkraut est un spécialiste, en ayant disserté savamment dans la Revue des Deux Mondes); SCHNOCK (orthographe conforme tout à la fois à l’étymon alsacien Schnokeloch, « trou à moustique », du titre d’une chanson De Hans im Schnokeloch, « Le Hans dans le trou à moustiques », et à celle qu’emploie Céline: « En civil à présent ce schnock ! Il était donc plus colonel ! » Louis-Ferdinand Céline, « Le Pont de Londres », Gallimard, 1964, page 27) ; et enfin PLOUCK, qui n’est pas plouc mais est cette fois un hybride entre « plouc » et les personnages de Plick et Plock de Christophe. Vu que juste avant on avait « schnock », on a gardé la même terminaison (ck) à « plouc » (voir encore Louis Ferdinand Céline, « Mort à crédit »: « Je me tenais comme un vrai plouc ! »)
Des noms, donc, aussi drôles et « rébarbatifs » que celui de « SPITZHACKE », pseudonyme littéraire délicieux et ludique sous lequel Olivier Mathieu se présenta, le10 avril 2014, à l’Académie française contre Alain Finkielkraut.
« Faux philosophe » va sans dire, et « vrai néo-con » de même, voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Néo-conservatisme
ALAIN FINKIELKRAUT, L’IMMORTEL
– maître bien-pensant de la non pensance,
M’sieur Strumpfspountzknock
et Doctor Beaufschnockplouck,
le faux philosophe, le vrai néo-con –
CQFD.
LE LIVRE LE PLUS DRÔLE DEPUIS LONGTEMPS EN FRANCE.
On ne le répétera jamais assez :
On vit une époque de très grande décadence. Et ceci dans tous les domaines.
Donc un néant littéraire, un niente, un nada, un nimic, une potentialité de devenir, un puceau de la littérature, un écolier mais certainement pas de la trempe de Rimbaud ou de Villon ou même de Minou Drouet se voit ouvrir les portes de la télévision.
Le propre du grand spectacle médiatique est qu’il exprime à la perfection l’inversion du réel, l’inversion sidérante des valeurs, le ravalement des vraies valeurs. Il dénature tout ce qu’il touche, et tout ce qui peut élever l’Homme. L’Académie française est certes très décatie elle-même. Ceci expliquant cela. Et Marianne n’en peut mais, depuis déjà un certain temps.
Donc un ersatz de Petit Chose (un rien à côté du héros malheureux de Daudet) ou de Bachelier (je parle du héros d’une toute autre tenue de Vallès, et je n’ose évoquer l’Insurgé tant ça paraîtrait incongru) vient s’immiscer dans un domaine qui lui est totalement étranger car sans œuvre (mais après tout c’est le cas de certains académiciens) et tout le landerneau médiateux, et merdiateux, la chienlit habituelle, se pâme d’aise devant l’insignifiant.
Mais qu’a donc cet insignifiant de signifiant ? Il a tout simplement qu’il défend le libéralisme ou pour mieux dire le capitalisme sauvage, et en particulier toute sa cohorte de sous-littérateurs et faux-philosophes qui se définissent en trois mots : anti-musulmans, anti-arabes, sionistes. Les tenants de la « guerre des civilisations ».
Pauvres maghrébins colonisés pendant au moins un siècle et demi par des individus de la trempe du pied-noir Zemmour ou du françafricain Botul, nullards de la littérature chantés au final par cet insignifiant Ogier. Certes pas un Ogier de chevalerie.
Pauvres maghrébins que nos gouvernants de gauche comme de droite ont fait venir en France en tant que prolétaires aux salaires de misère, destinés sans doute à faire de toute éternité toute la merde que les français ne pouvaient (occupés à autre chose) ou ne voulaient pas ou plus faire. Colonisés chez eux puis ravalés chez nous.
Mais que n’a pas (et sans doute d’autres, du moins je l’espère) Olivier Mathieu, écrivain, historien, essayiste, poète qui a derrière lui une cinquantaine d’ouvrages et qui depuis plus de vingt-cinq ans subit un ostracisme que je qualifierai (certitude) de néo-stalinien ? Il n’est pas anti-musulman, ni anti-arabe, ni pro-sioniste. Pour être plus précis : il est anti-capitaliste, anti-colonialiste et partisan d’une Palestine libre. Et bien évidemment anti-réactionnaire.
Une fois ces dernières années, on lui proposé de passer quelques secondes à la radio, mais c’était pour faire le pitre aux Grosses Têtes du gros filandreux Bouvard. Voilà encore un autre paradoxe des temps présents. Ce qu’il déclina fort justement.
Donc, pour conclure, cet Ogier (Augier conviendrait mieux) petit insignifiant, correspond exactement à ce que le Capitalisme et ses larbins politiques de tous bords (réactionnaires et totalitaires de gauche, droite, extrême-droite et même une bonne partie de l’extrême-gauche, et faux écolos, etc.) attendent des jeunes d’aujourd’hui : la négation même de la Jeunesse.
Notre société est devenue proprement folle.
Pauvre, pauvre, pauvre France !

Valentin Ogier, qui a quinze ans mais « n’aime pas courir après un ballon » (Pasolini, lui, adorait ça, mais pour Ogier… Pasolini, s’il en a entendu parler, doit être un « sale communiste »), il n’a jamais rien publié, son idole est… Alain Peyrefitte, il a envoyé une lettre de candidature à l’Académie française qui contient dix fautes de français.
C’est drôle à en pleurer…
Récompense presque logique, il est invité à la télé. Remarquez, il a compris dans quel sens souffle le vent, il est de « droite » et aime Finkielkraut et Zemmour…
Alors moi, Olivier Mathieu, je suggère que lors de la prochaine élection académique, un jeune des banlieues se présente. Oui, un jeune des « cités ».
Oui, un jeune « beur », une jeune « beurette » de quatorze ou de quinze ans. Tiens, oui, une jeune fille palestinienne, par exemple.
Je suis prêt à l’aider, et mon éditeur Jean-Pierre Fleury aussi.
Je suis curieux de voir si une jeune fille palestinienne de quinze ans serait invitée à la télé et si on lui ferait la pub dont bénéficie le jeune Ogier, qui a pour idole feu Peyrefitte, et MM. Sarközy et Zemmour et Finkielkraut, et qui étudie l’hébreu, et qui n’aime pas courir après un ballon (moi, courir après un ballon, j’adorais ça).
En attendant, mon livre sur « Alain Finkielkraut, l’immortel » arrive.
Olivier Mathieu.
A-t-on lu Valentin Ogier ?
« Madame le Secrétaire perpétuel,
Se présentent parfois des candidats inattendus, inconnus et imprévus. Longtemps encore, aurais-je pu réfléchir, sans doute. La jeunesse fait naître quelquefois l’impétuosité : qui de chacun de nous, n’a jamais eu d’autre rêve que l’inatteignable ? Du haut de mes quinze ans, puis-je encore prétendre à l’espérance ? Notre convoitise trouble notre conscience. Quant à moi, je m’élance. Jamais je ne recule. J’affronte l’inattaquable : l’Académie française. Le jeune provincial que je suis, le jeune Breton que j’incarne, se veut réconciliateur. Qu’attendons-nous pour raviver la flamme de notre belle langue, dans le cœur des nouvelles générations ? Faire susciter cette émotion si vive que l’on éprouve à son contact, à une jeunesse perdue parce qu’abandonnée ; telle est la raison de ma candidature. Vous écriviez, madame le Secrétaire perpétuel, que « les lettres de candidatures du XXIème siècle n’ont plus grand-chose à voir avec un essai littéraire et ne renseignent guère sur les dons et les goûts de leurs auteurs ». Acceptant mal l’unicité et la banalité, ma lettre de candidature se veut plutôt insaisissable : à vous d’en découvrir les fragments. À seize ans Victor Hugo écrivait Bug-Jargal, tandis qu’à quinze ans, j’ai écrit la Nouvelle France. Né le douze décembre deux mille et lycéen au Lycée Saint-Joseph de Lamballe, il ne m’a pas fallu attendre bien longtemps avant que cette envie, cette prédilection pour l’écriture, ne se concrétise. Mon premier manuscrit est un essai philosophique et politique, énonçant de grandes réflexions pour le monde de demain. Peut-être pourrions-nous en discuter lors d’une rencontre. Offrant mon existence aux idées, je me veux idéaliste. Intégralement dévoué à mes passions, soit les langues, l’histoire et la politique ; ma vie y prend tout son sens. Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie – que je vous sais ô combien admirative. Quant à mes lectures, je garde toujours à l’esprit les idéaux d’Alain Peyrefitte. Malgré sa mort, il n’a pas disparu. Voici l’hommage que je lui rends, en me présentant. Je vous demande, madame le Secrétaire perpétuel, de communiquer ma candidature, au fauteuil n°5, aux membres de l’Académie française, ainsi que d’assurer mon inscription sur la liste des candidats à la succession de Mme. Assia Djebar. Je vous prie d’agréer, madame le Secrétaire perpétuel, l’expression de ma plus haute considération. Valentin Ogier. »
Valentin Ogier a quinze ans. « À seize ans Victor Hugo écrivait Bug-Jargal, tandis qu’à quinze ans, j’ai écrit la Nouvelle France », écrit donc le jeune Ogier. Mozart ayant, dit-on, composé ses premières œuvres vers l’âge de quatre ans, on attend donc la prochaine candidature à l’Académie d’un nourrisson.
« Jamais je ne recule. J’affronte l’inattaquable », affirme le jeune Ogier, toujours modeste comme on peut voir.
Le jeune Ogier s’adresse à Hélène Carrère d’Encausse : « Vous écriviez, madame le Secrétaire perpétuel, que « les lettres de candidatures du XXIème siècle n’ont plus grand-chose à voir avec un essai littéraire et ne renseignent guère sur les dons et les goûts de leurs auteurs ». »
Ma foi, en lisant la lettre du jeune Ogier, on voit qu’il ferait surtout bien d’affronter… une grammaire française.
En effet, sa lettre contient une dizaine de fautes grossières de français. Une moyenne d’une faute toutes les deux lignes.
Le drame étant que, visiblement, il ne s’en rend pas compte, et que ne s’en rendent pas compte non plus les journalistes. Tout comme probablement 99% des Français d’aujourd’hui.
Quelques exemples.
« Qui de chacun de nous, n’a jamais eu d’autre rêve que l’inatteignable ? »
Comment, jeune Ogier ? « Qui de chacun de nous ? »… Non, jeune Ogier. On pourrait dire : « qui de nous », c’est-à-dire, « qui, parmi nous, n’a… » ? Mais « qui de chacun de nous » est fautif, illogique et absolument pas français…
« Le jeune Breton que j’incarne » ? Non, jeune Ogier, pas vraiment. On incarne un rôle. On peut dire que telle actrice a incarné le rôle de tel personnage. Mais si vous êtes Breton, vous ne pouvez guère incarner ce que vous êtes.
« Acceptant mal l’unicité et la banalité » ? Comment, jeune Ogier ? L’unicité ? Je crains que vous ne confondiez « unicité », caractère de ce qui est unique, avec « l’uniformité », jeune Ogier.
« Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie – que je vous sais ô combien admirative ».
Comment, jeune Ogier ? « L’hébreu moderne QUE je vous sais admirative » ? Non, jeune Ogier, en français on dirait « DONT je vous sais admirative »…
« Je porte un grand intérêt pour la civilisation juive – dont j’étudie la langue principale, l’hébreu moderne – ainsi que pour la Russie ».
Comment, jeune Ogier ? En français on porte un grand intérêt « à », pas « pour »…
Je vous passe, jeune Ogier, une dizaine d’autres fautes et incorrections langagières ou de logique.
Et je demande accessoirement au jeune Ogier, là il n’est plus question de langue française mais d’Histoire : dans quel manuel scolaire (car il en est encore à l’âge du biberon culturel) a-t-il appris qu’il eût existé un jour, ou qu’il existerait présentement une civilisation juive? Une ou des cultures juives, des coutumes juives, des mentalités juives, certes, mais une civilisation juive, justement pas ; et ceci est même un trait distinctif essentiel de la judaïté depuis l’antiquité.
Où se trouveraient les pyramides juives, les ziggourats juives, le Parthénon juif… ? Le jeune Ogier peut-il me montrer un art juif conséquent et de portée universelle ? La Torah elle-même n’est pour une bonne part que compilations de mythes et de légendes sumériennes, akkadiennes et égyptiennes. Son originalité, chétive originalité, tient dans les récits d’un peuple éternellement « mal aimé », brimé, mais aussi constamment en guerre contre tout le monde et ceci jusqu’en son sein même, pour défendre un dieu tribal, pour ne pas dire de caste, foncièrement mauvais.
Certes parfois la Torah sait se faire poésie, mais cette poésie n’a rien d’unique en soi, elle est celle de tout le Proche-Orient semi-nomade des temps anciens. Jeune Ogier vous avez encore beaucoup à apprendre. En français, en histoire, en sociologie…
Soyons sérieux. L’extraordinaire en France, la France de 2016, est que la « grande » presse de ce pays consacre des articles, une vraie campagne de presse, en faveur d’un gamin de quinze ans qui publie sa « lettre de candidature »… émaillée de fautes de français.
Moi, je trouve même qu’il devrait recevoir des voix ! Si l’Académie a élu Finkielkraut, pourquoi pas Ogier ?
Il y a aussi le chanteur Eduardo, le blogueur Delaporte, et puis M. Arnaud-Aaron Upinsky…
On se demande un peu pourquoi Olivier Mathieu est « ridicule » de se présenter à de multiples élections académiques. Les autres, qui font la même chose que lui, voire se présentent encore plus souvent que lui, sont des génies ?
Curieux, ce pays, la France, où le seul candidat qui ne semble pas intéresser les journalistes est – quant à lui – un vrai écrivain.
Il s’agit d’Olivier Mathieu. Lequel publie, dans quelques jours, « Alain Finkielkraut l’immortel », avec une postface de Jean-Pierre Fleury.
Pour en finir (espérons…) avec ce sujet, il semble qu’actuellement, des tas de « rédacteurs » de Wikipédia s’occupent de l’article sur Olivier Mathieu. Des correcteurs frénétiques !
Vu que je suis son éditeur depuis pratiquement dix ans, je me crois en droit de faire entendre – rapidement – mon point de vue.
Les rédacteurs – au moins les rédacteurs récents – de cet article sont ou bien d’extrême droite (le nom de leurs pseudonymes, souvent, semble l’indiquer), ou bien de matrice « antifasciste » (comme on disait jadis).
Les premiers essayent de faire en sorte que leur lecture de l’œuvre d’Olivier Mathieu apporte de l’eau à leur(s) moulin(s), tandis que les seconds envisagent Olivier Mathieu seulement et exclusivement d’un point de vue idéologique. Ils se trompent tous !…
Bref, ni les uns ni les autres ne font une analyse d’Olivier Mathieu en tant qu’écrivain. Et les uns et les autres semblent en être restés à des épisodes, voire à un seul épisode « médiatique », donc passager et insignifiant (mais non sans conséquences), qui remonte désormais à plus de vingt-cinq ans.
Tout ce petit monde reproche à Olivier Mathieu d’être publié à compte d’auteur. Chose parfaitement fausse. Depuis 2007 et ses nombreuses publications sous l’enseigne des « Petits Bonheurs », ce n’est pas le cas. Et même si était exacte l’hypothèse selon laquelle Olivier Mathieu publierait à compte d’auteur, ce fut aussi le cas du premier tome de la « Recherche de temps perdu » de Marcel Proust, tandis que Nietzsche a dû vendre 300 (trois cents) livres de son vivant. Marcel Proust et Nietzsche, deux auteurs qu’apprécie Olivier Mathieu. Le seul ouvrage que Rimbaud a fait imprimer, à compte d’auteur, ne fut jamais payé ; il a fini des années plus tard par être vendu au compte-goutte par un libraire belge.
Enfin l’argument du nombre est tout ce qu’il y a de plus dénué de sens, de bon sens pour qui est un véritable amateur de littérature, de poésie, d’art. Dans d’autres domaines faut-il rappeler que Van Gogh n’a jamais vendu que deux tableaux de toute sa vie, dont un à une artiste-peintre belge. Et que « Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes » (Léo Ferré).
En d’autres termes, la qualité littéraire n’a rien à voir avec le mode d’édition, ni avec l’ampleur du tirage. L’Art n’a que faire du nombre, du moins l’art véritable qui élève. La moindre « bimbo » de la télé peut évidemment publier ses « mémoires » chez de « grands » éditeurs et en vendre des dizaines de milliers d’exemplaires (sans parler de tout ce qui finit au pilon), mais qu’est-ce que cela prouve ?…
Quelques-uns des internautes affirment que ma biographie d’Olivier Mathieu n’aurait eu « aucun écho ».
Outre le fait que je ne suis pas responsable du mauvais goût ambiant, je signale (mais j’ai d’autres exemples) qu’un critique littéraire comme Michel Marmin a parlé vers 2010 de cette biographie d’Olivier Mathieu dans le journal « Eléments », définissant alors Olivier Mathieu comme le « grand méconnu de la littérature française contemporaine ».
Sur Michel Marmin, voir :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Marmin
Tandis qu’Etienne de Montety a loué le talent poétique d’Olivier Mathieu en première page du « Figaro », en avril 2011, pour son « Eloge de Maurice Druon » publié, justement, par les Editions des Petits Bonheurs.
Est-ce cela que l’on peut appeler « aucun écho » ?
Il n’y a qu’une certitude, c’est qu’Olivier Mathieu, qui est avant tout pour ne pas dire exclusivement un écrivain, échappe à la compréhension des gens trop normés ou qui raisonnent selon des catégories toutes faites et en conformité avec l’air du temps.
Plus amusant encore, beaucoup des mêmes internautes qui expliquent (dans les pages de « discussion » de Wikipédia) qu’Olivier Mathieu n’a pas de talent littéraire semblent avouer ou avouent, entre les lignes voire ouvertement, qu’ils ne l’ont jamais lu…
Évidemment, s’il est un point sur lequel les rédacteurs d’extrême droite de Wikipédia et les rédacteurs d’anti – extrême droite semblent tomber tacitement d’accord, c’est pour taire les liens, les amitiés ou les collaborations d’Olivier Mathieu avec des journaux ou des gens de gauche… Or (et ma liste n’est pas complète) nul ne peut nier que sa grand-mère Marie de Vivier était communiste, que son grand-père était communiste, que son parrain Ferdinand Teulé fut dirigeant du « Musée du Soir » de la littérature prolétarienne, qu’Olivier Mathieu était grand ami dans les années 1980 avec un romancier communiste bruxellois, que les éditions des Petits Bonheurs ne sont certainement pas étiquetables à l’extrême droite, et que le meilleur ami d’Olivier Mathieu depuis 2001 (ou en tout cas l’un de ses meilleurs amis) est communiste !
C’en est cocasse de voir l’acharnement des fachos et des anti-fachos à essayer de tirer Olivier Mathieu chacun de leur côté…
Personnellement, je me refuse à participer à ce (mauvais) numéro de cirque.
Le dernier livre en date d’Olivier Mathieu, consacré à l’élection académique du 10 avril 2014 paraît dans trois jours, sous le titre « Alain Finkielkraut, l’immortel » et avec un sous-titre original, amusant et ludique.
Rappelons que, ce 10 avril-là, Alain Finkielkraut – qui est d’origine polonaise – fut élu à l’Académie française, face à Olivier Mathieu, candidat – d’origine belge quant à lui – qui se présentait sous le pseudonyme littéraire et ludique de « Robert Spitzhacke ». Qu’il suffise de noter rapidement que beaucoup d’académiciens – et plus généralement d’écrivains – aiment à employer des pseudonymes. Par exemple un autre Mathieu, Noël Mathieu, se fit appeler Pierre Emmanuel en littérature, ce même Pierre Emmanuel qui démissionna de l’Académie française quand y fut élu l’auteur belge Félicien Marceau (qui, lui, s’appelait à la naissance Louis Carette) auquel a succédé (fauteuil 21) Alain Finkielkraut.
Deux articles du livre sont d’ailleurs consacrés par Olivier Mathieu pour faire l’éloge de Romain Gary, le grand écrivain juif qui obtint le Prix Goncourt à deux reprises et, la deuxième fois, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.
Le livre d’Olivier Mathieu, « Alain Finkielkraut l’immortel », rassemble dans une première partie les articles parus, en mars 2014, sur le blog (toujours en ligne aujourd’hui, en 2016) « Médiapart ». Les articles y sont republiés, avec quelques rares corrections principalement – pour ne pas dire exclusivement – d’ordre typographique.
La seconde partie contient, elle, l’intégralité des articles parus à ce sujet sur ce blog (« Lequichotte ») en janvier 2016, articles eux aussi toujours disponibles en ligne.
S’y ajoute une postface (21 pages) totalement inédite de Jean-Pierre Fleury.
L’ouvrage, réservé aux bibliophiles et aux amants de la littérature française, ne se trouvera pas dans le commerce, s’agissant d’un livre publié par une toute petite maison d’édition qui n’a évidemment et malheureusement pas pignon sur rue.
Le livre, dont presque tous les textes à l’exclusion de la postface se trouvent en ligne sur Internet, rappelle les péripéties de l’élection à l’Académie française du 10 avril 2014 et s’achève par celles de l’intronisation de Finkielkraut, le 28 janvier 2016, sous la Coupole. En passant par divers épisodes médiatiques, comme l’intervention de Wiam Berhouma lors du « débat » (très consensuel !…) entre Finkielkraut et Cohn-Bendit.
On trouve aussi des épisodes plus ou moins connus de la biographie d’Alain Finkielkraut (par exemple ses critiques envers un film de Kusturica qu’il n’avait pourtant pas vu), et plus généralement une critique de ses positions philosophico-politiques.
Olivier Mathieu cite et rejoint par exemple les récentes déclarations de l’historien israélien Shlomo Sand. Voir, sur le site de L’Humanité : http://www.humanite.fr/shlomo-sand-quand-je-lis-finkielkraut-ou-zemmour-leur-lecture-de-lhistoire-je-suis-effraye-596563
Ajoutons, par souci d’exhaustivité, que l’ouvrage contient aussi une notice bio-bibliographique sur Olivier Mathieu ; et que d’un point de vue technique, il est illustré par exactement sept illustrations internes en noir et blanc, l’une – inédite à ce jour – qui représente Olivier Mathieu, et les six autres qui sont des caricatures de presse dont le sujet est l’Académie française, parues en France au dix-neuvième siècle, voire dans les toutes premières années du vingtième siècle. La même chose pour ce qui concerne les dessins (en couleurs) qui illustrent la couverture, dont l’un, assez fameux, caricaturait gentiment – il y a déjà beaucoup de temps de cela – l’académicien français Gabriel Hanotaux. Une illustration de la quatrième de couverture, elle, est extraite du n°302, du 12 janvier 1907, de « L’Assiette au Beurre », numéro sur « Le Respect » entièrement réalisé par Henri Jossot (1866- 1951).
Le livre d’Olivier Mathieu, consacré à ce que l’on a appelé « l’élection académique la plus médiatique de toutes » ou encore (cf. le journal « Causeur ») « le troisième tour des élections municipales », a donc pour sujet l’élection à l’Académie française d’un auteur, Alain Finkielkraut, qui a été réellement sur-médiatisé depuis quelques années, en France (voir par exemple : http://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20151008.OBS7315/alain-finkielkraut-la-defaite-d-une-pensee.html )
De lecture facile, découpé en articles brefs et se lisant en somme comme un roman, le livre d’Olivier Mathieu mériterait croyons-nous de rester dans l’histoire et, à tout le moins, dans la « petite histoire » de l’Académie française.
On publiera ici, le moment venu, plusieurs articles et la postface sur le blog.
Voici d’ores et déjà quelques extraits de la postface.
Alain Finkielkraut, à la fin des années 1970, a publié un essai (intitulé «Le nouveau désordre amoureux») dans lequel il affirmait que les livres d’un certain Tony Duvert (qui se définissait ouvertement « pédophile » et revendiquait le fait d’avoir eu des « relations sexuelles » avec des enfants de… six ans) « devraient stimuler, susciter des vocations, dessiller les yeux » (signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Le nouveau désordre amoureux, Seuil, 1977, page 266).
En 1979, les mêmes auteurs reviennent à leurs amours pour Tony Duvert. Ils écrivent que ce dernier serait, selon eux, « en tant que pédophile, l‟héritier des grands mythes amoureux », parce qu‟il serait victime de « l’ordre collectif ancienne manière qui ne renaît que pour faire la chasse aux amours pédérastiques… Regrettez-vous ces temps barbares et lointains où la foi faisait violence à l‟amour ? Désirez-vous connaître l‟intensité des passions impossibles ? Une seule solution : éprenez-vous d‟un(e) enfant » (c’est écrit et signé Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, Au coin de la rue, l’aventure, Seuil, 1979, page 91).
Notez bien. Il ne s’agissait pas même, pour Tony Duvert, d‟avoir éventuellement des histoires d‟amour, des histoires de sentiments, avec une jeune fille à laquelle, peut-être, eussent manqué quelques semaines pour qu’elle ait l’âge légal d‟avoir une relation. Non. Tony Duvert avait des relations avec des enfants de six ans.
Récemment, encore, Alain Finkielkraut a défendu le cinéaste Roman Polanski, qui avait été arrêté en Suisse pour « relations sexuelles illégales » avec une mineure de 13 ans, en 1977 aux Etats-Unis. Sur France Inter, Alain Finkielkraut avait affirmé : « Polanski n’est pas le violeur de l’Essonne. Polanksi n’est pas pédophile. Sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n’a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation, n‟était pas une fillette, une petite fille, une enfant, au moment des faits ».
Je n’en sais rien, mais elle avait quand même treize ans…
Or que dit le règlement de l’Académie française ? Le règlement de l‟Académie dit : « Personne ne sera reçu dans l’Académie qui ne soit agréable à Monseigneur le Protecteur et qui ne soit de bonnes mœurs, de bonne réputation, de bon esprit et propre aux fonctions académiques. » (Statuts et règlements de l‟Académie française, 22 février 1635, article premier).
Maintenant, ce n‟est pas à moi de décider. Le protecteur de l’Académie française, c’est François Hollande. Si donc François Hollande estime que l‟ancien maoïste Finkielkraut (le maoïsme, au fait, combien de millions de morts?), si François Hollande estime que l‟ancien défenseur de Tony Duvert et le défenseur de Roman Polanski est « de bonnes mœurs, de bonne réputation et de bon esprit», alors je ne dis rien, moi.
Je vais simplement préfacer le livre d‟Olivier Mathieu qui, le 10 avril 2014, fut le candidat « anti-Finkielkraut » à l‟Académie française, sous le pseudonyme de Robert Spitzhacke.
(…)
Bienheureux les simples d’esprit, le «royaume des creux » leur appartient !… J’emprunte l‟expression « royaume des creux » à un article d’Olivier Mathieu, article que l’on trouvera dans ce livre.
Bienheureux les simples d’esprit !… Le problème est qu’en France les simples d‟esprit sont légion, et que ceux qui ont quelque chose à dire n’ont pas le droit, jamais le droit à la parole que c‟en est pire que totalitaire, proprement grotesque.
Je pense qu’on est tombé depuis une éternité dans l’infantilisme philosophique, politique et médiatique. Et dans l‟anti-humanisme de l‟extrême-gauche à l‟extrême-droite. Si bien que les esprits du commun et les bonnes volontés sont totalement désemparés.
(…)
Alors quand un grain de sable, un petit grain de sable d’intelligence et de liberté d‟esprit vient se glisser dans la moulinette très bien huilée, actionnée par la main experte d‟un Pujadas dudit service public, ça devient drôle. On voit le Pujadas désemparé. J’imagine mal tous ces converseurs de salons mondains à la fois douillets et à fauteuils farcis d‟épines, confrontés un jour à la dure réalité des gens du peuple, à une grève quelconque, à je ne sais quelle catastrophe…
Puis, petit miracle, « miracle musulman » si je puis risquer cette expression, voilà qu‟une inconnue demande à Finkie, notre Finkie national tant aimé par tous les beaufs, voilà qu’une franco-maghrébine (beaucoup maghrébine, quel aplomb!) outrecuide, l’insolente, l’irrespectueuse ! Elle déroge à son rang d‟exclue, de sans-voix, de silence éternel. « Êtes- vous conscient de faire mal à la France ? » demande-t-elle en argumentant. Car en plus, elle sait s’exprimer, l’insolente, l’irrespectueuse ! Et voilà tout le landerneau médiateux qui en écume de rage. Et tous les tarés se déchaînent…
(…)
Jossot, le dessinateur, écrivait dans Le Fœtus récalcitrant : « Partout nous nous heurtons au respect : nous ne rencontrons que gens courbant l’échine, s’inclinant, s’agenouillant, se prosternant, s‟aplatissant les uns devant les autres. Quand, par extraordinaire, un individu est affligé d‟une épine dorsale sans souplesse, on le considère comme un sacrilège, un profanateur du tabou. On le regarde avec un religieux effroi, on fait le vide sur son passage ; c’est un pestiféré ; il a contre lui l‟opinion publique ».
Merci, alors, à Olivier Mathieu, pardon je voulais dire à Robert Spitzhacke, pour avoir parfumé l’élection au fauteuil de Félicien Marceau de poésie, d’humour et d’art polémique !
RESPECT AUX MAÎTRES
Respect aux vieux moules et aux vieilles moules.
***
– MATHIEU Olivier, « Alain Finkielkraut l’immortel », 257 pages, © février 2016, couverture en couleurs, sept illustrations internes. Postface inédite de Jean-Pierre FLEURY, docteur en sociologie.
Ne dites jamais : « Lœufaurie ! »
Mais plutôt : « Monseigneur le Pion ! »
Pour susciter son euphorie
Et ne pas lui damer le fion.
Les sieurs Morpion, Pion, Tartempion
Sans quart de ton, ni demi-ton,
Ont embouché leur mirliton,
Branlu tontaine et blancs roustons !
A la Cour du Pion Lœufaurie,
C’était bien souvent la folie
Entre AIGLE et THON, TAUPE et ROQUET,
RAT NOIR – tant d’animaux coquets !
Il fallait admirer ce zoo
Où tout ce petit monde en marche,
Très cher Noé, comme dans l’Arche
Biblique, en glissait sur les eaux !
Un jour, le Seigneur Lœufaurie
Joignit au bestiaire un PIGEON
(Et que personne ne s’en rie)
Pour crier qu’il eût eu raison !
Et lorsque vint le Mardi Gras,
Elle fut belle, oui, l’euphorie.
Autour du p’tit prof qui en rit.
Ciel ! Quel très joyeux broc à rats !
Pigeonneau chambra tout de go,
Essuyant sarcasme et furie :
« Ne jouons pas aux ahuris :
Spinoza a copié Bruno ! »
Triste fable de ce pauvre çon de Robert Pioche le PIGEON.
Mais maintenant, narrons la fable
Qui plaira à tous les éphèbes,
Véritablement admirable,
Du PIGEON pigeonnant la plèbe.
Si qui va au CHAT va à l’ANE,
Tel PIGEON aux yeux de CHAT vanne.
PIGEON, nouveau Plick ou Plock, lance
Une invitation au silence.
L’appel sur un crâne s’abat
D’un qui n’entre pas au débat,
Sorte de pierre qui débloque,
Crâne luisant où tout fait « floc ».
PIGEON se dit : « Voilà, je meurs ! »
Quelle minute de rumeur !…
Donc, le Mardi Gras achevé,
Bien aise d’être encore en vie,
Le PIGEON de plombs tout grevé
Rencontra le Pion Lœufaurie.
PIGEON voulut se faire entendre :
– « Je vois qu’on dresse en la Grand Place
La potence où l’on veut me pendre,
Cher Lœufaurie, ah ! Morne place ! »
– « Il vous faut monter au gibet.
Ce sera très bon pour la Cause ».
(Ce n’est pas même un quolibet,
Lœufaurie est bien tel qu’il cause !)
– « Il me faut monter au gibet ?
Ce sera très bon pour ta Cause ?
Loeufaurie, ah, comment tu causes ?
Toi, tu manques pas de toupet ! »
Pigeon bégaye et ne se raille.
– « C’est pour ça que j’ai pris la peine
Quand, pantin déguisé de paille
Comme une reine madrilène,
Je fus plombé vif dans l’arène
En un jeu plutôt dangereux ? »
– « Vous fûtes tant bien courageux »
Dit Lœufaurie à perdre haleine.
– « Pardonnez-moi, très docte Maître,
Mais je le dis à votre gloire »
(Fit le PIGEON sans se démettre),
« Si je n’ai mauvaise mémoire,
Vous m’avez fait souvent reproche
De vouloir jouer au martyr.
Or vous jurez, dur comme roche,
Qu’au martyre il me faut courir ? »
Grand illuminé à l’envers,
Lœufaurie a compris Rambo !
Lui, le plus beau de tous les beaux,
Qui a traduit Balzac en vers !
Le proprio du sens critique,
Le grand Lœufaurie en sa science,
Le prosateur de poétique
Prononça, ô Dieux, sa sentence !
– « Allez, tout droit, allez trimer » !
Le PIGEON, au premier abord,
Se sentit décontenancé.
Lœufaurie, ah! n’est point Debord.
« – Aller trimer ? » dit le pigeon.
« Vous pensez qu’après Mardi Gras,
Les travaux vont, comme des joncs,
Croître et se jeter en mes bras ?
Mais si j’avais rêvé carrière
A l’endroit ou bien à l’envers,
Aurais-je donc choisi l’ornière
D’aller (comme font à Anvers
Les géants monstres des bateaux
Donnés en spectacle à la ville)
Ruer si fort sur les tréteaux
Du plus grand des cirques serviles ! »
« – Le turbin est œuvre sublime,
PIGEON ! » conclut ce grand esprit.
« Le travail, oui, voilà la cime
De ce qui n’eut jamais de prix ! »
Quitte à donner dans l’euphonie,
PIGEON conclut : « Sire le Pion,
Pâle et soumis, faux oeuf au nid,
Me prenez-vous pour un couillon ?
Tel les beaux gueux, je ne peux être
Un libre salarié, un homme
Amant du plaisant tripalium.
Ma vie et mon métier sont : Lettres.»
Or entre-temps, PIGEON (en songe ?)
Se vit dire, en ris, par ROQUET
Qu’à l’HYDRE du hideux mensonge
Il avait rivé son caquet.
– « En ris, quel beau ROQUET rugit,
Quand la pensée lui surgit !
L’esprit, je crois, de Lœufaurie,
Donne aux roquets de l’euphorie !
Alors, osons cette hypothèse,
Sans médire ou l’ombre d’un cri,
C’est un savant docteur de thèse…
Va savoir ce qu’il a écrit ! »
Aussi, fort du ROQUET altier,
Un peu naïf, sans se méfier,
En condamné à l’échafaud
Pour qu’une nuit, il dorme au chaud,
Il se disait, notre PIGEON :
– « Il aura l’âme de colombe
Au soir, avant que la nuit tombe,
De me recueillir, vagabond. »
Et voilà le PIGEON qui sonne
A l’huis de ROQUET en personne.
– « ROQUET », adjure le Pigeon,
« M’ouvriras-tu donc ta maison
Pour une nuit, jusqu’au matin ? »
En ris, ROQUET est fort mutin.
– « Je ne peux point te recevoir »,
Dit-il, « bonne chance, au revoir ».
(Le PIGEON, seul).
– « C’est de la générosité ! »
Se dit le PIGEON, dépité.
– « Ca m’apprend, ciel, pour Mardi Gras,
A jouer au nouvel Hercule
En terrassant l’HYDRE aux cent bras,
Comme dit ROQUET ridicule ! »
Qu’en était-il des vieux serments ?
Le PIGEON se sentait très sot :
– « J’ai étranglé tous les serpents
Mis par Junon dans mon berceau !
Et l’HYDRE, je l’ai étêtée
Pour obéir à l’Euristée ! »
Un pauvre PIGEON, tout lépreux,
S’en fut alors l’espoir éteint :
– « Mais où sont rendus tous les preux ?
Mon âme et mon cœur ont chagrin ».
Lors, le PIGEON s’enfuit des lieux,
Sans au revoir et sans adieu,
Abandonnant Maître Morpion
Qui ne mêlait pas Roi et pions.
PIGEON insulta Dogme et Dieu
En termes (dit-on) très odieux.
On voudrait de lui repentance ?
Mais lui, niant la pénitence,
Dans ce moment extrême et vain
De solitude, et de grand doute
En la vertu de l’être humain,
Il se prit à rêver, sans doute.
Pour rien adepte de la Croix
Ou du Saigneur le Crucifié,
Il se voyait mal, pacifié,
Lynché menu, trop se fier.
« – Je vais me plaindre à LAVAUCRA :
Il m’aidera, la chose est sûre ».
Nenni ! LAVAUCRA plaide au poids :
« – C’est tant du dossier d’ouverture. »
La queue en berne et l’âme éteinte,
PIGEON fauché s’en fut, pitié,
Rêver d’un monde où l’amitié
Serait en or et non succincte.
Pendant ce temps, dans le prétoire,
Maître LAVAUCRA, pauvre poire,
Moi je vous dis ce que je crois,
Fait sa tirade à tire d’ailes,
Oui, d’ailes : « cro-â, croi-croi-croi ! »,
Plaidant la cause à ses bretelles.
Plus tard encor, à la criée,
PIGEON croisa Monseigneur THON.
Pas un morceau, pas un quartier,
Un THON entier, THON de saison.
Vêtu de la plus belle serge,
Quel beau poisson, là, qui émerge !
Ce génie a beaucoup de dons !
N’est-ce point un cherche-poisson ?
Hachant menu tout le néant
Qui loge en son esprit géant,
Le THON n’est point comme la Carpe.
Il est bavard en ses épîtres.
Ce musicastre de la harpe
Traite alors le PIGEON de « pitre ».
Beau THON est un poisson de luxe,
Très riche en « eurêka, fiat lux ! ».
Mais PIGEON n’est pas âne à son :
« – Or ça ! monsieur le beau poisson,
Sinistre donneur de leçons,
Epargne-moi ton hameçon !
Libre à toi de donner du « pitre »,
Mais je conclus donc mon chapitre
En te chambrant : toi, fameux THON,
Tu n’es point la moitié d’un çon ! »
Intermède des TAUPINS et du noble RUT BLANC DE BLANC ROT.
– « Dites, Monsieur, ce VIEUX TAUPIN
Vise au moins à Polytechnique ? »
– « Hélas non, c’est là qu’est la nique.
Il tourne en rond, le turlupin ».
– « Vous êtes révolutionnaire »,
Lui dit un psychiatre flatteur,
– « Oui, oui ». Cela fait le bonheur
De notre TAUPIN débonnaire,
Agitateur de stratégies
Qui jamais ne rugit, mais gît
En nébuleuses « tacquetiques »
À désarçonner des moustiques.
Fréquentant la sommité vile
Du RAT DES CHAMPS, au ras des villes,
Et des cerveaux de grand génie :
Michu, Piplet, tante Eugénie,
De solidaires ennemis,
Les tordus, retors les mieux mis
Qui, s’ils dirigeaient la musique,
Lui en feraient cracher sa chique.
Entends mon TAUPIN dispensant,
Comme un métronome au couvent,
Pathétiquement, dans la rue,
Des patenôtres décousues
Qui s’achèvent par la prière
De l’impôt révolutionnaire !
Et les TAUPINS, dans la BLANC RUE,
En leurs souliers laqués, se ruent
Sur des lieux communs consternants,
Tout gémissants de ruts en blanc.
Noble çon, Sieur blanc de la rue !
Le beau canular d’une mort,
Il le colporte tout d’abord
En un – évidemment blanc – rut.
A la nouvelle de la vie,
A son front pâlit la verrue
Qui est l’entier cerveau, ma mie,
Des « petits blancs » – blancs becs – de rue !
Chanson de RAT NOUEUX NOIR.
Et pendant que les Lœufauries
Gagnent fiérots leur bel argent
– Gage bourgeois d’esprits suris –
Sur le dos de « leurs » pauvres gens
(Gérard, Isidore ou Arthur,
Et Paul le roi de la culture),
Le RAT NOUEUX NOIR vit la lune
Au fond d’un cachot d’infortune.
Jadis, le RAT çon comme un jonc
Riait grassement du PIGEON…
Vingt ans plus tard, depuis son trou,
Il eut le culot, le RAT doux,
Reclus aux rais noirs d’un donjon,
De prier le pauvre PIGEON
De tremper sa plus belle plume
Dans l’encre, pour qu’il en parfume
Un article afin qu’il clamât
Solidarité pour le RAT.
– « Ma solidarité capote !
Tu peux te l’accrocher, mon pote !
Or, mon RAT doux, l’air que tu glanes
A pour résultat que tu planes !
Lors de mes heurts de Belle gicle,
Tu pinçais ton nez de bésicles ?
A toi de faire l’expérience
Des mandats d’entre pays rances !
Pense à moi en faisant le test
De dormir dans une forest,
Te leurrant que la ribambelle
De tes quatre-vingts chérubins
Te vaille de faire la belle.
Gonflé, le RAT NOUEUX NOIR, ben !
Rat noir et blanc rut, même çons :
La très amusante leçon ! »
Là-dessus, le PIGEON fila,
Choisissant toujours l’hérétisme,
Tel le goth évêque Ulfila
Qui ne nia pas l’arianisme,
Criant au nid, chantant partout,
Sur tous les tons, loin des égouts.
Messires Pion et Tartempion
Sans quart de ton, ni demi-ton,
Ont embouché leur mirliton,
Branlu tontaine et blancs roustons !
Amants du Vrai, ou… vrais morpions ?
En pseudo Castor et Pollux
Ils aiment tant donner le ton
Afin que bourgeois ne se luxe,
Car ce sont de très nobles gens
Et des cervelles merveilleuses
Que tous ces épatants sergents
Aux pensers de serge soyeuse !
Bon ALBON, nique la bonne haleine !
Qui sait ce que devient Albon,
Mon bon Albon, ce bon Albon
A la bonne haleine d’ivrogne ?
« Si PIGEON cause, qu’on le cogne ! »,
Disait Albon, trop bon Albon.
PIGEON chambra, Albon, mon çon
D’Albon qui les ongles s’en rogne.
Vingt ans après, mon Albon grogne
– Qui sait s’il en chie en ses pognes ? –
De n’avoir point eu la vedette
Pour déblatérer ses sornettes
A la bonne haleine, mardi
A bonne haleine rififi !
Niqué, peu sulfureux cocu,
Niqué, mon cocu bonne haleine,
Cheffaillon, aigu dard du C.U.L.,
A bon entendeur salut mène !
Oui, la belle « petite bande »,
Cœurs et cerveaux de contrebande,
Aigles noyés dans le pinard,
Pauvres Gagas, nigauds hagards,
Blancs ruts et ruts blancs et rats noirs,
Vous tous, voyants si peu voyous,
Ayez la bonté, voulez-vous,
D’aller vous faire… euh ! cuire un œuf,
Un œuf au four gros comme un bœuf,
Un œuf neuf, neuf, un œuf au riz !
Je vous chambre, et comme je ris !
Alliance de pauvres sonnés,
Gardez Dieu, s’il vous est… donné !
L’HYDRE a de beaux jours devant elle
Si l’on attend le printemps d’elle :
De l’HIRONDELLE ès euphories :
J’ai nommé le Maître au faux ris.
Olivier Mathieu




