— S’i ‘ous plaît, M’sieu, on n’ vous a pas rapporté un corset blanc avec des faveurs roses ?
— Si, Mademoiselle, si… Mais est-ce bien là tout ce que vous avez perdu ?
*
Avant : les grands mots! — Pendant : les petits mots! — Après : les gros mots!
*
— Paraît qu’ c’est un huissier qu’a été saisi par le froid …
* Ouv’ la f’nêt’ (1930, paroles de Mathilde Montier, musique de Julien Prévost), par Sandrey :
L’ fils du mair’ de mon pays
Oui ; oui, oui, oui
N’est pas l’plus bêt’ du canton
Non ; non, non, non,
Seul’s les mauvais’s langu’s dit-on
Prétend’nt qu’il a l’air d’un …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Qu’il a l’air d’un « orguèilleux »
Toutes les filles en pincent pour lui
Oui, oui, oui, oui
Mais il n’est pas polisson
Non, non, non, non,
Et sans être un cénobite
Il n’a qu’une toute petite …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Une petite môme aux yeux bleus
Il paraît même qu’aujourd’hui
Oui, oui, oui, oui
Sans qu’elle rougisse d’émotion
Non, non, non, non,
A la lisière du village
Il lui ravit son plus …
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu
Son plus innocent aveu.
Elle lui dit c’est inouï
Oui, oui, oui, oui
Mais je crains ton abandon
Non, non, non, non
J’ai peur qu’notre amour se perde
Il lui répondit : « J’t’en…
Ouvre la f’nêtr’ qu’on respire un peu
J’t’enmène chez moi si tu veux
Sitôt arrivés chez lui
Oui, oui, oui, oui
Ils n’eurent plus d’hésitations
Non, non, non, non
Comme il l’embrassait dans l’cou
Elle lui dit tirons un …
Ouvre la f’nêtre fait d’plus en plus chaud
« Tirons-t-un » peu les rideaux
Aussitôt il obéit
Oui, oui, oui, oui
Il pensa ce n’s’ra plus long
Non, non, non, non
L’ayant prise sur une chaise
Il lui dit faut qu’j’te…
Ouvre la f’nêtre fait d’plus en plus lourd
Qu’j’te prouve mon amour
Mais la p’tite soudain comprit
Oui, oui, oui, oui
N’continue pas d’cett’ façon
Non, non, non, non
Il dit : » Je suis convaincu
Tu vas me montrer ton…
Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire du cru
Ton content’ment d’ici peu »
Elle cria : »J’m’évanouit »
Oui, oui, oui, oui
J’ ne me sens pas bien d’aplomb
Non, non, non, non
Redresse toi v’là qu’tu t’affaisses
Dit-il, Écarte donc les …
Ouvr’ la f’nêtr’ je suis toute en eau
Les scrupules de ton cerveau
Bientôt l’coeur épanoui
Oui, oui, oui, oui
Elle avoua « je n’dis plus non »
Non, non, non, non
De joie mes paupières se mouillent
J’voudrait t’embrasser les …
Ouvr’ la f’nêtr’ on étouffe ici
Les deux mains et te dire merci.
***
* Ma Cousine (1964), de et par Pierre Vassiliu :
https://www.youtube.com/watch?v=FQgJfvvQpgQ
Connaissez-vous ma cousine
Celle qu’a les yeux en trou d’pipe
Et qui l’jour de ses vingt ans
A voulu me faire son amant
Voilà comment ça s’est passé
Excusez-moi si c’est osé
On s’est allongés sur le lit
On a parlé soleil et pluie
Jusqu’à c’qu’elle me fasse remarquer
Qu’on n’était pas là pour s’bercer
Alors je l’ai déshabillée
Et m’attardant sur ses nénés
Elle me dit « t’es plein d’audace »
Pendant qu’j’lui r’tirais ses godasses.
Puis quand elle fut dévêtue
Et que je vis le trou d’son nez
Sincèrement j’aurais pas cru
Qu’on puisse être aussi négligé
Elle n’avait rien de folichon
Si vous aviez vu ses nylons
On aurait juré des chiffons
Elle était sale enfin passons.
Puis je me suis déshabillé
J’étais tout nu à ses côtés
Me voyant là comme un idiot
Elle a compris qu’j’étais pudique
Alors elle a pris l’command’ment
« Viens là mon rat viens là mon grand
Je vais te faire tout plein d’chatouilles
Sur les joues le nez et les coudes ».
« Tu vas y prendre un tel plaisir
Que dans deux s’condes tu vas jouer
Assieds-toi là au frais d’la caisse
Et mets ton doigt entre mes pieds »
Aussitôt moi je m’exécute
Comme elle me l’avait demandé
Et voyez-vous cette sacrée puce
Est arrivée à m’faire banquer.
Après ça j’ai repris la route
Je ne sentais plus ma binette
Quelle nuit mon Dieu j’ai du passer
Quand je me suis fait députer
Si vous la connaissiez un brin
Vous sauriez qu’elle fait le tapin
Ne la prenez jamais en grippe
Sinon elle ne me f’rait plus d’bien.
***
* T’habites où ? (1989), de et par Patrick Le Saux (chanteur de Saint-Joachim, Loire-Atlantique décédé en 2005) :
http://www.bide-et-musique.com/song/14342.html
Il était un petit homme
Qui jouait avec les mots
En usant comme personne
De la langue de Perrault.
Il se bidonnait sans cesse
Et répétait constamment,
Empreint de délicatesse,
Ce refrain charmant
REFRAIN:
T’habites Bourg-la-Reine
Ou t’habites Choisy-le-Roi
T’habites Jouy-en-Josas
Ah ! maintenant j’comprends pourquoi
Que depuis cet été,
Tu n’aimes plus Béziers
Tu n’aimes plus Sucé,
Montcuq, Montfaucon, Montpellier.
En accostant sur la route
Tous les passants ténébreux
Les clampins de la déroute,
Les grimpions et les grincheux
Sans peur, sans aucun reproche
Tel Bayard le chevalier,
A toutes ces têtes de pioche
Il a demandé
REFRAIN
Mais un jour, ce petit homme
Qui jouait avec les mots
En usant comme personne
De la langue de Perrault,
Tomba sur une sorcière
Qui n’aimait pas les comiques
Et le réduit en poussière
Sans braguette magique.
REFRAIN
La morale de cette histoire,
C’est qu’il faut, bien entendu,
Rigoler fort pour y croire
Et que cet humour déchu
Restera dans nos mémoires
Tant que la terre tournera
Et qu’il serait vexatoire
De ne pas chanter ça
REFRAIN ( 2X)
NB : je me demande au nom de quoi (de la possession d’un exemplaire du disque ?!) ceux qui ont mis cette chanson en ligne se sont permis d’y ajouter deux « bide et musique » ridicules et hors de propos. C’est d’ailleurs sympa pour les bidets ! On ne dirait pas qu’il s’agit d’une, je cite : « radio associative, projet collectif de passionnés de la musique ».
Remarque : il existe d’étranges parentés (dans l’accompagnement et/ou la phrase musicale) au-début de l’introduction de ces trois chansons, ou est-ce moi qui me fais une idée ?
* ou : rime suspendue, rime interrompue.
Ta fontaine en niche de pierre
Au coin boueux de cette ornière
– Fontaine du Champ Fou –
Sorte de puits à ciel ouvert
Qui du Plongeon a le dévers…
Ta fontaine où niche l’hiver
Tenace, en vie, un lierre vert
– Au beau fonds pas bouffon –
Obvie à son heure dernière
En ricanant cette prière :
« – Faites, les cieux, que la matière
« En un sursaut de raison fière
« – Et le hêtre à bon fond –
« Redonne vie, à mots couverts,
« Contre l’esprit d’un temps pervers…
» Propre aux médiocres petits vers
» Et aux nabots de l’univers
« – Loin de ces êtres fous –
» À la Nature en la manière
» Des dieux puissants de la lumière.
Le village de l’Épine, la fontaine du Champ Fou (du latin « fagus »), le Plongeon qui est un ruisseau, autant de toponymes de la commune de Notre-Dame-des-Landes.
Il y a quelques années, on a lu dans « Marianne » : « Et le multirécidiviste Olivier Mathieu, « qui se présente à l’habit vert et sait discourir en vers », graphomane compulsif, 60 romans à son actif. »Parmi eux, un titre culte : Eloge de ma petite queue, ou réflexions autour du gros mythe de la grosse bite au XXe siècle (sic) ».
C’est ici :
http://www.marianne.net/Candidat-a-l-academie-francaise-a-27-ans_a215943.html
Je n’ai d’ailleurs pas écrit soixante romans, mais seulement une vingtaine.
Mais je maintiens mon titre : « Eloge de ma petite queue, ou réflexions autour du gros mythe de la grosse bite au XXe siècle ».
Le siècle que nous vivons, et le précédent, sont – contrairement à ce que l’on croit parfois – les siècles des plus grands tabous, des plus grands mensonges collectifs, des plus grands conformismes. Ces tabous, ces mensonges, ces conformismes s’expriment dans un très grand nombre de domaines, et notamment dans le domaine du sexe, plus exactement dans le mythe des « dimensions » sexuelles. Selon un tel mythe, qui est semble-t-il extrêmement implanté dans la société occidentale moderne, un être humain de sexe masculin vaudrait selon la (grande) taille de sa bite. On en a eu deux exemples tout récents, quand Donald Trump et un autre candidat aux présidentielles américaines ont fait état d’une corrélation qui existerait entre la taille des mains et celle du pénis. Ou encore, pendant la dernière élection en date à l’Académie française, quand l’un des candidats a annoncé, dans un entretien, qu’il ne fascinait pas les femmes parce qu’il avait une petite queue.
C’est vraiment porter le débat au niveau de la médiocrité la plus absolue. En effet, qui dit qu’existe un rapport entre la dimension pénienne et les capacités à gouverner un pays ? Il n’en existe évidemment aucun. Ou alors, s’il existait, ce ne serait pas forcément celui que l’on croit.
Il faudrait rappeler quelques évidences, que m’a dictées ma longue expérience (cinq cents petites copines, deux mariages, plusieurs enfants) et dont j’ai d’ailleurs fait part dans une nouvelle consacrée à Ma petite queue. Cette nouvelle se trouve dans un de mes livres, publié (comme tous mes ouvrages depuis 2006) par Jean-Pierre Fleury.
1. La première évidence (n’importe quel sexologue le confirmera) est qu’il n’y a absolument aucun rapport entre la dimension pénienne et la capacité de faire jouir une femme au moyen d’un coït classique. Ce n’est pas la dimension d’un pénis qui assure son habileté à faire jouir une femme. Et cela d’autant plus que l’intérieur du vagin est entièrement privé de terminaisons nerveuses !… La majorité des femmes étant par ailleurs clitoridiennes, le cunnilingus ou un habile… « doigté » de pianiste sont d’ailleurs des moyens infiniment plus sûrs qu’une bite, fût-elle énorme. Dernière chose, et j’espère ne pas choquer les « machos », mais quand une femme connaît son propre corps, elle est souvent parfaitement capable de jouir sans que le rôle du monsieur soit plus déterminant que cela. Les femmes sont beaucoup plus intelligentes, je pense, que maints messieurs à grosses bites (ou de messieurs obsédés par leur grosse bite).
2. Par ailleurs, le « droit à l’orgasme » féminin étant historiquement un revendication extrêmement récente, il n’est que trop évident que le mythe de la grosse bite est aussi un alibi. Parfois c’est l’alibi de femmes frigides, qui considèrent leurs amants comme des machines à les faire « obligatoirement » (sic) jouir. Parfois c’est l’alibi des messieurs occidentaux (qui, culpabilisés même au lit, fournissent ensuite une excellente clientèle aux marchands de médocs, aux vendeurs de Viagra, aux psychanalystes, aux chirurgiens). Autre évidence, en tout cas à mes yeux, une grosse bite est souvent inesthétique ou encombrante.
3. Autre évidence, et ce sera ma conclusion, la grosse bite est une obsession typiquement occidentale moderne. C’est un fantasme typiquement occidental moderne. Si une civilisation se juge d’après ses obsessions et ses fantasmes, il est clair (tout historien de l’érotisme le confirmera) que beaucoup de civilisations n’ont nullement partagé la volonté d’avoir une grosse bite, et ont même préféré en avoir une petite. Voilà une affirmation qui risque de choquer les beaufs, les ignorants et les conformistes. Pourtant, je la maintiens. Sans doute la société occidentale moderne, et je le comprends, ne pouvant pas mettre en avant la grande dimension de son cerveau (au propre) ou de son cœur (au figuré), ne peut-elle « rivaliser » que par la taille de la bite. Préoccupations des vestiaires des joueurs de foot, donc, ou encore discours de beaufs dans les Cafés du Commerce. « Il n’a pas de quéquette » est un argument souvent chanté (sur l’Air des Lampions), alors que je n’entends jamais des millions de mes contemporains se préoccuper de l’absence d’autres organes, à commencer par celle du cerveau
Un dernière chose : mettre des échecs sentimentaux sur le compte d’une petite queue est un argument risible, grotesque et pathétique. Prétendre que l’on ne saurait séduire une femme parce que l’on a une petite queue est un argument des plus discutables, et qui devrait même être jugé comme extrêmement misogyne. C’est de la misogynie de bas étage. De la misogynie de beauf occidental moderne culpabilisé.
Les gens qui disent cela semblent considérer que les femmes les jugent pour leurs dimensions péniennes et, à mon sens, c’est insultant pour les femmes. Les femmes jugent les hommes pour leur intelligence, leur conversation, leur culture, pour les émotions qu’ils savent (ou ne savent pas) transmettre. Elles peuvent les juger aussi, peut-être et éventuellement, sur leurs dimensions, mais les capacités érotiques sont extrêmement loin de se limiter à de grandes dimensions péniennes. Personnellement, avec ma petite queue et mon énorme cerveau (pardon pour mon extrême modestie), je n’ai jamais eu le moindre problème. Merci pour moi. Au contraire, je remercie le ciel de m’avoir fait naître avec une petite queue.
Je conçois fort aisément que, comme toute phrase qui va contre le courant du conformisme, mon affirmation choque, ou qu’elle étonne, ou qu’elle fasse ricaner grassement les amateurs des gras ricanements. Par bonheur, la vérité se moque toujours des gras ricaneurs. Et moi de même.
C’est pourquoi je redis ici que la taille de la bite n’a aucune espèce d’importance, pas la moindre ; sinon peut-être pour la très conformiste, très ignorante, très peu sensuelle et par bonheur très éphémère société occidentale moderne.
Olivier MATHIEU.
NOS MAÎTRES : LABOMBE, anarchiste.
Apôtre du Grand Soir, professeur de grabuge ; devise : « Tout à l’égout ! »
dessin de Fabiano
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LE PÈRE LA PURGE :
https://www.youtube.com/watch?v=sRAJnfl9w5o
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LE MATIN DU GRAND SOIR :
https://www.youtube.com/watch?v=F8oDAjcUHq4












