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Leçon de grammaire en nouveau français

Tous les mots en « eur/e » et « oeur/e » ont potentiellement deux sexes. Un sexe masculin en « eur » (ër) et un sexe féminin en « eure » (ërë). Avec un « e » final que l’on est tenu de prononcer, autrement ça servirait à quoi , à part « faire joli » ?

Notons cette curieuse inversion des sexes (bien française*) qui ôte aux mâles ce qu’il ajoute aux femelles.

Exemples :

un auteur (ũnôtër), une auteure (ünôtërë) ; à ne pas confondre avec : une hauteure (ünëôtërë) ;

un professeur, une professeure ; un docteur, une docteure ;

un fleur, une fleure ; un peur, une peure ; le sueur, la sueure ; à ne pas confondre avec « le suair » et « la suaire » (prochaine réforme) ;

le soeur, la soeure … de même aurons-nous bientôt : le frèr, la frère… le déclin, la décline… le giraf et la girafe, le fourmi et la fourmie, etc. comme on a : un illettré et une illettrée, un connard et une connarde, un con et une conne (autre exception car, en toute logique sexiste, on devrait dire : un bit (avec un « t » muet) et une conne), un crétin et une crétine, un abruti et une abrutie, un taré et une tarée ; et très bientôt aussi : un imbécil et une imbécile, un socialist et une socialiste, un pitr et une pitre, etc.

Exception : le masculin de « une bonne heure » (ünëbonërë) n’est pas « un bon heurt » (ũbõër) mais « un bonheur » (ũbonër).

* Ah ! cette galanterie bien connue ! (ou bien qu’aux nues).

FAIT PLUTÔT RARE

Hier, par un hasard total – c’est dire, je cherchais des poèmes de Jean Chapelain, le premier dépositaire du fauteuil numéro sept de l’Académie française – j’ai croisé, en je ne sais quelle manipulation informatique, un vrai poète contemporain. C’est si rare.

Quand j’écris « contemporain », je veux dire un poète vivant, de notre temps. Un contemporain de forme et de fond adéquats. De forme et de fond poétiques – bien évidemment. Vivant, autrement dit sensible, nostalgique et critique.

Il se nomme Thierry Cabot et est l’auteur d’un recueil intitulé : La Blessure des mots. Voici de lui ce quatrain à valeur d’aphorisme, un aspect parmi d’autres du talent et des idées de l’auteur :

            Figure-toi partout la glauque bien-pensance
            Et nulle part l’éveil de l’être heideggérien,
            Les journaleux jappant jusqu’à l’obéissance,
            Les élus vérolés dans leur infini rien.

On ne saurait mieux dire…

PENSÉES DU JOUR

Restes probables d’un premier de l’an ancien où il s’agissait de faire maigre, les poissons d’avril n’ont sans doute jamais été que des hauts-bars, autrement dit des beaux bars. *

*

À quoi reconnaît-on un mythe messianique ?

À son caractère mortifère. Bolchevisme, maoïsme, sionisme, et je crois bien que j’en oublie.

*

BLAGUE JUIVE

C’est un mec normal, enfin un Antisémite, qui dit à un Élu :

Comment se fait-il que pendant la « dernière guerre », de deux millions de juifs en zone occupée**, on a pu faire six millions de gazés, sans compter les rescapés ?

Et l’Élu de lui répondre :

Et les intérêts, qu’est-ce que tu en fais ? On ne va quand même pas les laisser partir en fumée !

***

Notes.

* Va traduire ça en « étranger » ! Et à propos de pêche en avril : « En la mer oceane, environ le temps de pasques, il se prend un grand nombre de poissons, qui sont grands comme enfants, que l’on nomme maigres, desquels les pescheurs font grant argent » (Bernard Pallisy, in « Oeuvres complètes », édition de 1844, cité par Littré).

** Selon des rapports officiels du FBI datant des années 1940-50 et déclassifiés en 1985, le rabbin Jamus G. Holler aurait déclaré lors d’une réunion, organisée par la Zionist Organisation of America (ZOA) au Jewish Community Center Auditorium de San Francisco le 18 novembre 1943 devant environ 1 000 personnes, que le nombre de juifs vivant en Europe occupée ne dépassait pas les 2 millions de personnes. Tous les documents du FBI déclassifiés concernant les rapports sur l’activité de la ZOA sont sur le site du FBI (10 documents PDF en tout) : http://vault.fbi.gov/Zionist%20Organization%20of%20America/ L‘information se trouve dans le document N°1 (PDF 1 sur 10), page 7, paragraphe 3.

QUELQUES MOTS SUR LES MOTS

L’insignifiant ministre de ladite Éducation nationale (un simple ministère de l’Instruction publique me suffirait), cette ministresse dont tout le talent est dans les jambes, entend contrer les complotistes (ma définition à moi de complotiste, pour faire simple : ceux qui dénoncent les comploteurs et les complots) qui ont l’outrecuidance de s’exprimer sur Internet. Mettant tout dans le même sac, bien évidemment, du site le plus sérieux au plus loufoque. Elle veut développer à l’école la présence de la presse, entendons la presse « sérieuse » et estampillée, c’est-à-dire celle que plus personne d’un peu sensée ne lit, si ce n’est gratuitement et d’une manière critique, car devenue trop visiblement pure propagande en tout (aux mots, idées, absences d’idées, mensonges et silences conformes), mais qui est néanmoins très largement subventionnée, du moins celle de France.

C’est ce ministre qui récemment nous a expliqué que les trois tours au jour du Onze Septembre étaient tombées par la simple opération maléfique de deux avions des méchants et non par l’opération d’un curieux Saint Esprit comme le prétendent (sic) les « complotistes » (resic). À quand une loi anti-complotiste ? Contre les « négationnistes » du Onze Septembre, par les petits dictateurs « socialos », nouvelles ligues de vertu et autres négateurs de la Pensée libre et libérée ? Ce ministre est de cette bourgeoisie (ou petite-bourgeoisie) pas tout à fait « de souche » que lesdits socialistes aiment à envoyer en tête de leurs dégueulasseries politiques. Quitte à renforcer un peu plus les sentiments xénophobes des français moyens, et donc de faire monter encore plus l’extrême-droite. Mais finalement on peut le comprendre, puisque sur le fond toute la classe politico-médiatique marche de concert. Socialisme et barbarie ne sont ni incompatibles, ni antinomiques. Hélas ! On en a déjà eu des exemples, plusieurs même au XXe siècle.

À cette occasion je voudrais citer quelques lignes des « Chiens de Garde » de Paul Nizan :

Il est particulièrement important [pour la bourgeoisie] que les penseurs soient en général des salariés de l’État, que les opinions principales qui se forment dans ce pays soient échangées contre un traitement public et sanctionnées par une garantie du gouvernement.

Je dirai : plus précisément sanctionnées d’un contrôle par le gouvernement. Et je ne sais pourquoi je pense tout de suite à des fonctionnaires comme Finkielkraut ou Igounet. Au demeurant je crois que peu de gens connaissent Igounet, dite Zigounette. Pourtant sa bêtise, sa partialité (son parti-pris idéologique et totalement non-scientifique plus exactement, si tant est que l’on puisse parler de « science » dans le domaine de l’Histoire) et son incompétence sont immenses, abyssales !

La pensée bourgeoise consiste à accepter sommairement, sans s’attacher précisément aux détails, l’essentiel des faits contre quoi les hommes s’élèvent et à les justifier et à les effacer par de hautes raisons. Tout son effort consiste à découvrir des valeurs lointaines capables de transfigurer les apparences prochaines. De les oublier, de les détruire enfin. Elle lance des nuages de raisons comme un croiseur émet un écran de fumée. Cette philosophie est la philosophie qui a toujours quel chose à cacher. Qui doit toujours faire croire que le monde n’est point tout ce qu’il paraît être. […] Des distinctions les tirent de tous les mauvais pas où les engageraient des questions insidieuses. Sans doute la guerre fut-elle apparemment inhumaine […] mais […] la guerre possédait un sens éthique qui rachète ses apparences . […] Le colonialisme n’est pas un mal en soi. Son essence n’est pas révoltante : elle vise de grands biens. Les socialistes, derniers inventeurs des pensées bourgeoises, seront promptement les meilleurs maîtres de ces nuances. […] De même la misère disparaît devant les idées de la Misère. La vie devant les idées de la Vie. […] Dénonçons-nous un fait, il n’était qu’une apparence, un rêve, une ombre : pour tout dire, il n’existait pas. Avec quelle assurance dédaigneuse ces hommes nous reprennent et détournent nos pensées brutales.

Pour finir, j’ajouterai : Les mots, les simples mots et ce qu’ils révèlent ou représentent de tangible et de fort, sont-ils encore libres en notre société ? Ont-ils le droit de cité, le droit de vivre, le droit d’être cités ? On peut en douter quand le mot « chômeur » est dévoyé, le mot « pauvre » très discret et le mot « prolétariat » totalement aboli. Je veux dire lorsqu’il n’existe pratiquement plus que des « demandeurs d’emploi » (au milieu d’une masse énorme de salariés précaires), des « terroristes islamiques » (instrumentalisés, pour ne pas dire manipulés), et toute une classe laborieuse (paysans, ouvriers, employés…) totalement absente – absente comme jamais – de toutes les sphères de réflexions et de décisions politiques, et donc uniquement présente « en creux » ou en négatif dans le « discours » médiatique (on rangera les syndicats moribonds avec le grand capital en compagnie des partis de masse défunts).

DEUX AIRS DE RIEN

101 102* * *

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Petite annexe nervalienne à un récent article

À propos des vrais poètes, extrait de :
À Béranger
Car un poète, sur la terre
Doit lutter contre la misère
Et des détracteurs odieux,
Jusqu’au jour où, brisant ses chaînes,
Le droit vient terminer ses peines
Et le placer au rang des dieux. 
*
À propos des Maures :
Espagne
Mon doux pays des Espagnes
 Qui voudrait fuir ton beau ciel,
 Tes cités et tes montagnes,
 Et ton printemps éternel ?
Ton air pur qui nous enivre,
 Tes jours, moins beaux que tes nuits,
 Tes champs, où Dieu voudrait vivre
 S’il quittait son paradis.
Autrefois ta souveraine,
 L’Arabie, en te fuyant,
 Laissa sur ton front de reine
 Sa couronne d’Orient !
Un écho redit encore
 A ton rivage enchanté
 L’antique refrain du Maure :
 Gloire, amour et liberté !


					

PREMIERS BEAUX JOURS

01 bis

L’HIVER. – Dis donc, la p’tiote, si tu m’emmenais à la campagne !…

LE PRINTEMPS. – T’es pas fou, mon vieux !… pour faire peur aux moineaux, c’est pas l’moment.

Dessin de Charles Léandre (1862 – 1934)

LE DÉCHET MALFAISANT

Au temps des décadents pervers, il est toujours bon de rappeler que ce qui est dévolu aux médiocres littérateurs médiatiques et autres malveillants qui avilissent les arts en y jetant leur gourme de pauvres types bornés et conformistes, c’est le mépris. À défaut de l’oubli.

Mais il est parfois bon aussi de le rappeler plus longuement ; comme ici en cet article de bris-collage, détournement et adaptation d’un article de l’ennemi agressif du genre humain et triste sire « Houellebecq le facho », ce suprémaciste petit-blanc, article paru rien de moins que dans les Lettres françaises, pas dégoûtées ni bêcheuses pour deux sous, en leur numéro 22 déjà ancien, de juillet 1992.

Je n’en parlerais même pas si cette dérisoire nullité (l’un des bons écrivains français de notre temps selon l’académicien néo-sibérien Makine) n’entretenait la merde non seulement dans la littérature mais dans le pays, grand pourvoyeur d’idéologie dominante ou pour le dire plus crûment d’esprit colonial, ou néo-colonial, d’anti-religiosité sélective et de racisme anti-arabe comme Charlie. Houellebecq, voilà l’esprit Charlie, ou plutôt l’absence d’esprit de Charlie, au final. Ce n’est certes pas un hasard, je me répète, que Thomas dit Houellebecq a été élevé par une grand-mère stalinienne (dénommée Houellebecq, justement) chez les colons occupant et exploitant sans aucun droit l’Algérie et les algériens. Quand on a écrit ça, on a déjà compris beaucoup du piteux personnage qui est assez proche finalement d’un Bedos du temps où il aimait cultiver « l’esprit Marrakech » (je renvoie ici à un vieux sketch de pseudo-second-degré, du dernier nommé). Houellebecq a la cervelle tolérante et ouverte d’un stalineau des colonies françaises qui aurait viré anti-maghrébin.

*

Michel Thomas est quelqu’un dont on n’apprendra jamais de prétendus poèmes à l’école, enfin, ce qu’il en reste, d’école. Du moins, je l’espère et je souhaite ne plus être là pour le voir. À la différence des proses poétisantes d’un Jacques Prévert qui aimait les fleurs, les oiseaux, les quartiers du vieux Paris, etc. Lui, c’était l’amour qui lui paraissait s’épanouir dans une ambiance de liberté et de bal-musette ; plus généralement, il était tout à fait pour la liberté, plus exactement pour celle du peuple, du bas-peuple même parfois, celui des premiers congés payés de Trente-six arrachés de haute lutte (quarante jours d’occupations d’usines), celui des ouvriers, des employés, des paysans, des réprimés divers dont il chercha toujours à faire lever la tête avec optimisme, à les sortir de leur esclavage. Il portait une casquette et fumait des Gauloises à moins que ce ne fut des Celtiques ; il était du temps de Jean Gabin ; d’ailleurs c’est lui qui a écrit le scénario de Quai des brumes, des Portes de la nuit, etc. Il a aussi écrit le scénario des Enfants du paradis, considéré comme son chef d’œuvre. Tout cela fait beaucoup de bonnes raisons pour aimer Jacques Prévert et sa bande ; certes on aurait préféré qu’il n’occupât pas autant de place à lui tout seul et laissât à quelques autres le soin de s’exprimer eux aussi, mais qui pouvait-il ? On pense ici aux scenarii jamais tournés qu’un Antonin Artaud rédigea à la même époque. Artaud ce fou génial, et finalement très, trop lucide. Cet homme de talent qui dès le temps de guerre conchiait avec force ladite civilisation et en particulier l’empire du mal nord-américain.

Après la guerre, à peu près à la même époque que Jean-Paul Sartre, celui qui toujours eu tort sur tout et avant tout sur la liberté, Jacques Prévert a eu un succès énorme, dans la chanson dite « de qualité », ou « à texte » en particulier (je pense ici aux Frères Jacques) ; on ne saurait être frappé par l’optimisme de cette génération qui avait connu les années Trente, subi comme on sait la guerre et était sortie de cet enfer belliciste capitaliste. À notre triste époque de propagande impériale déchaînée, intolérante, censeur, mensongère, imbécile, le penseur, ou plus exactement le non-penseur le plus influent, ce serait plutôt Finkielkraut ou Botul, et quelque autre semblant d’être humain. Enfin tout un ensemble de copains-coquins, de malfaisants tarés, dabaisseurs d’humanité, dauto-élus dérisoires, de rabougris hargneux, haineux sans talent, encore plus sans aucun génie, parfois même sans métier.

A l’époque de Prévert, on écoutait – comme les gens doués de sensibilité, de raison, de nostalgie romantique d’aujourd’hui encore — Vian, Brassens et autres ; des anars sympathiques comme une bonne partie de la Rive Gauche, et même Droite. « Amoureux qui se bécotent sur les bancs publics« , « babyboom« , mais aussi construction massive de HLM pour loger tout ce pauvre monde-ci, celui de Prévert. Beaucoup d’optimisme, de foi en l’avenir, et un peu plus d‘humanité que de nos jours. Mais également, il est vrai, illusoire entrée dans la société de consommation qui n’était pas encore celle de la consumation des élans et des cœurs qui font des jeunes de notre temps souvent des amorphes ou des vieux avant l’heure ou des abreuvés d’illusoire sans espoir. Époque d’après-guerre où les ouvriers pouvaient encore dire « merde«  à leur patron – très généralement et malgré tout ou grâce à la Reconstruction, paternaliste avec un petit fonds d’humanité — sans se retrouver chômeur. Ce n’est pas un hasard si en ce moment même, la télévision d’État sort une saga sur les ouvriers du XXe siècle, le prolétariat contestataire, plus soudé et frondeur qu’en notre temps, comme si cette espèce était en voie de disparition, pour ne pas dire comme si elle avait totalement disparu. À l’évidence, notre temps est devenu beaucoup moins intelligent. Revenu de tout ou hédoniste ridicule et sordide, faisant marchandise et pognon de tout. Oui, revenu de tout sauf de l’essentiel qui nous mine et nous ronge.

Pourquoi la « poésie«  de Houellebecq est-elle si médiocre sur la forme et tant méprisable sur le fond, à tel point qu’on éprouve toujours de la honte à la lire ? Et qu’on n’y retourne très généralement pas, sauf à vouloir être un peu masochiste pour s’indigner à nouveau d’une telle absence d’esprit poétique et d’une telle inconséquence sordide. Faite de futilité, de néant, de bassesse.

À travers son absence de jeux de mots, de jeu sur les mots, son absence totale d’idées qui élèvent, sa musique lourdingue et monotone, à bout de souffle, impavidement éléphantesque, ses rimes et ses rythmes indignes d’un « auteur à grand tirage », avec son absence de style reconnaissable, avec ses écrits « poétiques » du niveau tout juste BEPC, Houellebecq exprime en réalité parfaitement sa conception du monde. La forme est finalement assez cohérente avec le fond, ce qui est bien le minimum qu’on puisse exiger d’une forme. D’ailleurs quand un tel non-poète s’immerge à ce point dans la vie, dans la vie réelle de son époque, ce ne serait pas lui faire injure que de le juger suivant des critères purement stylistiques. Puisque le style, c’est la vie. Non ?! La vraie vie, poétiquement parlant.

Si Thomas écrit, c’est qu’il a quelque chose à dire ; mais j’ai cru comprendre qu’il y a bien longtemps qu’il n’y croit plus ; y a-t-il d’ailleurs jamais cru ? Malheureusement, ce qu’il a à dire est d’une dégueulasserie sans bornes, un gouffre ignoble et sans grandeur  (j’avais écrit « sans espoir », mais c’est bien trop lui accorder, il ignore le sens du mot « désespoir ») ; un tas d’immondices abjectes ; quand il nous prend courage de le lire en diagonale et dans ressortir quelques pitoyables extraits, on en a toujours la nausée. Que ça soit en vers rimaillés ou en prose. Il a des discours pour dire qu’il n’a rien à dire, une pensée basse et tordue qui avilit tout ce qu’il touche, une forme de zolaïsme minable. On y rencontre des arabes qu’il serait bon de saigner comme des cochons quand on les égorge, à l’exemple de « l’œuvre de salubrité publique«  entretenue depuis plus d’un demi-siècle par la lie de l’humanité sioniste. Les enfants y sont des victimes présentables et tout à fait justifiés, les voyous pas même séduisants et virils y dirigent le monde, les jolies filles nues donnent leur corps aux salauds ; les bourgeois ne sont plus vieux, obèses, impuissants, décorés de la Légion d’honneur et leurs femmes ne sont plus frigides, mais fort respectables et respectés ; les imams sont de répugnantes vieilles chenilles qui ont inventé, sans rien devoir à l’empire, le terrorisme pour nous (les Houellebecq) empêcher de vivre.

Thomas est le double, mais le double inversé de cet autre triste sire de la décadence qui lui prétend faire rêver des déjections de l’air du temps et des pseudo-révoltes, au sein du conformisme ambiant et du déclin. Ce nabot si bien surnommé puis pseudoïsé qui écrivit :

Houellebecq lui-même me l’avait bien expliqué :

– Si tu veux avoir des lecteurs, mets-toi à leur niveau! Fais de toi un personnage aussi plat, flou, médiocre, moche et honteux que lui. C’est le secret, Marc-Édouard. Toi, tu veux trop soulever le lecteur de terre, l’emporter dans les cieux de ton fol amour de la vie et des hommes!… Ça le complexe, ça l’humilie, et donc il te néglige, il te rejette, puis il finit par te mépriser et te haïr… Michel avait raison. Un best-seller [sic] a toujours raison. Roman à thèse [resic] + écriture plate + athéisme revendiqué + critique de son temps (mais pas trop) + culture rock-pop + défense du capitalisme + attaque des Arabes = succès garanti…

« Soulever le lecteur de terre » : c’est ce dont se prétend capable Nabe, petit esprit aussi tordu que Thomas, mais différemment tordu ; il y en aurait à dire, mais c’est ici hors sujet. Car il relève lui aussi intégralement du « critique de son temps (mais pas trop) ». D’une curieuse critique de son temps, pour au final en devenir une caricature tout autant que Houellebecq. Et d’une bassesse sidérante. Moi je suis sans voix lorsque je lis que le nabot rêverait que l’on réalise des godemichés en étrons durcis ! Si : c’est du vrai, du garanti nabotesque. Zannini fils, autre grand méconnu poète !

La bêtise, l’absence de talent ou de simple métier, n’aide en rien à écrire de bons poèmes, je dirai même de simples poèmes potables  ; elle ne peut éviter d’en écrire de mauvais. Si Michel Thomas est, pire qu’un mauvais poète, un non-poète, un individu à l’opposé de ce que tout poète doit être (sensible, aimant ou révolté…) c’est avant tout parce que sa vision du monde est plate, superficielle et fausse. Elle est celle de son temps : de celui de la domination conjointe du Veau d’Or, d’une certaine hyper-technique et d’une certaine médiatisation. Et de tout ce qui en découle. De nos jours, sa nullité apparaît avec éclat, à tel point que l’œuvre entière semble le développement d’un gigantesque cliché. Sur les êtres humains, sur son époque, sur son esprit tordu reflet d’un temps social également tordu ; tordu et fou au sens le plus fort du terme.

Il est affligeant de constater que ce répugnant réalisme apoétique n’est fait que de semblants d’idées, ou plus exactement d’idées basses pensées par un esprit malade, à l’image de cette tronche clope au bec, de petite vieille fripée avant l’heure et racornie, impuissante et vicelarde, suintant l’étroitesse d’esprit, la vulgarité et toute la laideur de notre époque. Toute sa nullité artistique et plus encore poétique.

Sur le plan philosophique et politique, Michel Thomas dit Houellebecq est avant tout un anti-humaniste et un non-libertaire ; c’est-à-dire, fondamentalement, un imbécile.

FABIANO, ENCORE UN…

02

— Vous n’avez pas honte, ma fille, d’être dans cet état ?…

— Mais Madame… vous-même… l’an dernier…

— Moi, il n’y avait rien à dire : c’était Monsieur.

— Mais moi aussi, Madame !

LE GÉNIE IMPÉRIAL LAVE PLUS BLANC

Je retiens ce qui suit d’un tout récent entretien de l’historien Darrin M. McMahon, auteur de “Fureur divine. Une histoire du génie” (cf. l’article de Juliette Cerf in Télérama du 18 mars 2016) :

1 – « Le génie naît au tournant du XVIII et du XIXe, car avant cette période, l’imitation, la mimesis, était la base de l’art, la création étant l’apanage de Dieu. Ce culte du génie et de l’originalité humaine signifie que l’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens où il peut créer ex-nihilo. »

2- « Ce culte du génie incarné par quelques grands hommes supérieurs a dérapé et fait des ravages. […] Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. Dans l’Antiquité, le génie désigne un ange-gardien, qui est aussi le dieu de la naissance. Comme tous les anges, le génie peut se séparer de Dieu et devenir mauvais, démoniaque. Et donc capable de nous séduire, de nous tromper, de nous rendre malades et fous. »

3- « Son mystère s’est dissipé : selon Thomas Edison, le génie, c’est « 1 % d’inspiration et 99 % de transpiration » ! Le génie s’est surtout banalisé, il est célébré partout, supplanté par une culture de la célébrité qui ne fait pas de distinction entre un génie du football, de la mode, des affaires ou de la cuisine. Il existe des gens brillants et créatifs dans tous les domaines, personnalités dont la presse fait ses choux gras. Le génie est devenu une stratégie marketing. Un label qui fait vendre. »

4- « … Einstein ! – Le dernier génie, selon vous… – Oui, la quintessence du génie moderne et de son héroïsme, l’incarnation du bien opposé au nazisme.« 

***

Einstein la quintessence du génie moderne ?! Oui sans doute mais pas danun sens immédiat (sans média). Quintessence de son héroïsme ? De quoi est-il le héros ? En quoi et de quelle manière il se serait opposé au nazisme ? Le bien : quel bien ? Et en quoi le nazisme serait-il pire, ou plus le mal que le stalinisme ? Ou que ladite démocratie ? Qui a construit et utilisé deux bombes atomiques sur des japonais ? Hitler ? Staline ? Qui a poussé, écrit à Roosevelt avec quelques autres, pesé de tout son poids « marketing » (pour employer ce mot contemporain), de tout son poids publicitaire (de toute sa renommée, son aura largement publicitaire) pour que l’on construise ces bombes ? Si ce n’est le pacifiste (sic, quelle dérision !) Einstein qui rêvait d’une destruction complète de Berlin, tandis que son complice Oppenheimer rêvait d’empoisonner les réserves d’eau allemandes en y introduisait des éléments radio-actifs ! Pendant que le doudou-dingue Reich entendait soigner ses patients par le même procédé ! Tous trois ayant vécu en Allemagne auparavant. Le second étant d’autre part stalinien. Ce qui ne gênait nullement les grands démocrates anti-bolcheviques en l’occurrence. Et le troisième étant le pape du freudo-marxisme ; bien moins utile à la cause yankee, il en subit les conséquences que l’on sait, puisqu’il acheva sa vie en prison, probablement victime d’avoir été volontaire sans ou avec guillemets, dans l’expérimentation des médicaments.

Est-ce que c’est d’aujourd’hui que ledit génie est devenu « une stratégie marketing ». Est-ce qu’Einstein ne serait pas le type même du précurseur en ce domaine à l’heure du grand développement des media  ? Est-ce qu’il ne serait pas en grande partie le type même du mythe du génie qui ne doit rien à personne alors que dans les faits il n’en fut rien. Le type même de celui qui de bonne réclame (ou n’est pas exclue la pitrerie) a ramassé toute la mise, remisant les savants plus discrets ou moins médiatisés (déjà) dans l’oubli du public, voire même du milieu scientifique : un milieu, des milieux de plus en plus spécialisés donc de plus en plus incultes et bornés (oui, on peut être savant en son domaine tout en étant inculte et à œillères), sans perception d’ensemble et au final sans plus beaucoup d’éthique. Près à tout ; pour prendre des exemples courants, de base, vulgaires : Qui fabriquent des produits dopants ? Qui tripatouillent sur Internet ? Certainement pas les premiers venus.

Einstein sans devanciers ; tant sans devanciers qu’il dédaignait très généralement de citer qui que ce soit dans ses articles. Mais on comprend pourquoi (ce sera un jour l’objet d’un autre article ici). Le génie, un pourcent d’inspiration… 99 pourcent de récupération. Ou si l’on veut 10, 20 % d’inspiration, 90, 80 % de récupération. C’est-à-dire un savant déjà plus ordinaire, normal courant, et moins génial. Un savant au sein d’une communauté scientifique réelle. Mais aussi celui qui s’est trouvé là pour faire récolte quand le fruit bien mûr, les fruits bien mûrs tombaient à terre, et cela dans le bon verger. Je veux dire celui (le verger) le plus ouvert à la réclame pour ne pas dire à la propagande. Les auteurs qui décortiquent le bonhomme et ses pratiques (et même sa vie privée fort peu reluisante) commencent à être nombreux sur le sujet. Enfin. Mais il en va toujours ainsi des mythes, que seules les mites tenaces démythifient, « sécularisent » malgré la naphtaline et l’eau bénite médiatique.

« Le culte du génie… a… fait des ravages…. Créatif, le génie peut aussi détruire, être utilisé pour faire le mal. » Effectivement, c’est exactement le cas ici. « L’homme créateur a désormais le pouvoir de Dieu, dans le sens ou il peut créer ex-nihilo ». Le plus bel exemple donc n’est-t-il pas celui de la bombe atomique « démocratique » voire « progressiste » ? C’est ce que plus d’une fois j’ai nommé quelque chose comme « folie du petit démiurge du mal ». Grand démiurge à l’échelle de l’homme ou de la Terre, riquiqui et inexistant à l’échelle infini du Monde. Prétentieux, imbécile et borné ; on en a des exemples tous les jours, des ravages de cet esprit du mal dans les domaines des technologies destructrices des hommes et de la Nature ; dans certains domaines de la physique, de la chimie, de la biochimie… Et le pire, le plus évident et éclatant c’est que ces exemples ne doivent rien à Mussolini et son fascisme, Staline et son bolchevisme à l’heure du culte de la personnalité, Hitler et son national-socialisme, Salazar, Franco, Mao, etc. qui ne sont plus (finalement cantonnés par bien des côtés dans des modes plus archaïques, moins « modernes« , plus artisanaux), mais en premier lieu à ladite société démocratique occidentale !

Qu’on se le dise.