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Nouvel article du blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/18/quand-yusuf-islam-chantait-lady-darbanville/

Deux ou trois choses à propos de Leni (Helene) Riefenstahl — laissées à la réflexion de chacun

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Monument du cinéma européen d’entre-deux-guerres, photographe surprenante, femme en un milieu plutôt masculin, mais aussi danseuse et actrice, Leni Riefenstahl est injustement oubliée de nos jours. Elle aurait « frayé avec l’abominable nazisme », aurait été « un agent zélé de sa propagande ». On lui fait même reproche d’avoir réalisé des films vantant le sport et la beauté des corps. La beauté, l’effort physique, le jeu au final, seraient-ils « réactionnaires », « fascistes », affreuses aliénations ? Pour mon goût cela me paraît nettement moins aliénant qu’un film faisant l’éloge de Stakhanov comme il en existe, vaste fumisterie de la propagande du capitalisme d’État visant à l’exploitation acharnée des travailleurs.

Le fait de la voir en « simple propagandiste » sans quant-à-soi, me paraît être une réflexion étrange, un peu courte lorsque l’on voit par exemple qu’un compositeur russe officiel de l’époque stalinienne, certes contrôlé et surveillé, censuré parfois (pour élitisme, idéalisme bourgeois, voire pour immoralisme et pornographie (sic) dans la mise en scène de certains de ses opéras), Chostakovitch (et sensiblement du même âge que Leni) est toujours présenté comme une victime du pseudo-communisme pseudo-soviétique (théoriquement basé sur les conseils (soviets) des travailleurs et de fait basé sur la dictature du parti de la bourgeoisie « de gauche » bureaucratique). Ce serait injustement oublier les tracasseries, et plus encore, que Leni Riefenstahl subit de la part de Goebbels, pour ne citer que lui.

Mais il est vrai que l’URSS, alliée d’un régime capitaliste pourtant haï, a gagné la guerre, ceci expliquant cela.

Chostakovitch, dont la musique peut-être qualifiée de néo-classique avec certaines influences nouvelles telles celles de Mahler, Stravinski ou Ravel, est de nos jours reconnu comme l’un des compositeurs majeurs du XXe siècle européen.

Il n’en va pas de même de Leni Riefenstahl en son domaine, celui du cinéma et de la photographie.

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Je voudrais juste rappeler que les films de cette femme étaient pourtant à l’affiche avec succès, dans la France du Front Populaire. Que son premier film en tant que productrice, réalisatrice et actrice principale, La Lumière Bleue (Das blaue Licht) de 1932 est un appel à la tolérance et au respect d’autrui ; que les deux volets de sa grande fresque des Jeux olympiques de 1936, Les Dieux du Stade (Fête des peuples et Fête de la beauté) se vit décerner une médaille d’or de la part du Comité international olympique en 1939 ; et même que son film de propagande Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens) obtint un grand prix lors de l’Exposition universelle de Paris en 1937.

Et elle fut plus radicale que Chostakovitch puisqu’en mars 1937, lors de la Journée de l’art allemand, en opposition avec la notion d' »art dégénéré », ou plus exactement de ce qui était décrété dégénéré ou pas, elle décida en esthète et artiste de ne plus accepter de commandes officielles. « Incapable d’aucun jugement en politique, j’étais très concernée et compétente pour tout ce qui touchait à l’art. » écrivit-elle dans son Journal.  Ce qui n’empêcha pas qu’elle fut accusée après guerre, d’une manière absurde, d’être responsable de la mort en camps de figurants tziganes de l’un de ses derniers films produit et tourné par elle pendant la guerre !

Après guerre, ayant donc subi des tracasseries, confrontée à un milieu cinématographique devenu hostile, en particulier le cinéma hollywoodien qui devait se sentir gêné par son talent, elle se tourna essentiellement vers la photographie réalisant en particulier, et sur plusieurs décennies, des reportages photographiques sur les Nouba du Soudan dont elle apprit la langue, ce qui lui valut une nouvelle reconnaissance internationale.

Née en 1902, Leni Riefenstahl se maria une première fois en 1944 avec un officier dont elle divorcera dès 1946 ; et, une seconde fois en 1968 avec un jeune caméraman de quarante-deux ans son cadet.

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LA PSYCHOLOGIE D’ARDIÇON

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article également publié sur le blog EN DEFENSE DE DAVID HAMILTON.

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/17/la-psychologie-dardicon-par-jean-pierre-fleury-ecrivain/

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Il faut savoir que le monarchiste des media, l’homme distingué, l’aristo de la petite lucarne (moi, lorsque je vois un type de son genre dans la rue, je change de trottoir pour éviter de le croiser de près), s’est fâché un jour ou l’autre avec tous les « principaux » médiateux mâles et femelles du « grand spectacle » audio-visuel. Ou plus exactement s’est toujours arrangé pour leur envoyer des vacheries publiques. Mais rassurez-vous, tout ce petit monde spécialiste de l’accessoire et des généralement petits scandales, qui tourne en rond et se renvoie la balle, un jour ou l’autre également se rabiboche.

Cela fait vivre la presse pipole.

Parmi ces médiateux on peut citer Dechavanne, Cauet, Fogiel. Personnages que personnellement je ne connais pratiquement que de nom, ne regardant que très rarement la télévision.

Un jour on a demandé à l’Ardisson – un autre médiateux lui a demandé – quel niveau, bas niveau, caniveau ! :

Quel est l’animateur le plus con ?

– Cauet est très con, a-t-il répondu immédiatement et sans sourciller. Je ne l’aime pas vraiment, je n’ai pas une grande sympathie pour lui. C’est comme ça, je ne l’aime pas tellement, il ne m’amuse pas, il est un peu vulgaire. On ne le voit plus maintenant. On ne le voit plus du tout maintenant, je ne sais plus où il est !

Je ne sais pas ce que Ardisson appelle « vulgaire », mais ça doit être gratiné, car sa vulgarité publique à lui, étalée sans dommage devant des centaines de milliers de téléspectateurs, est déjà bien chargée.

Une autre fois, il y a plus de quinze ans, il a déclaré publiquement :

– Si Fogiel est si agité à la télévision, c’est parce qu’il est assis sur un gode.

Il faut dire que Fogiel est, dit-on, homosexuel. Homosexuel branché puisque, avec son époux, il a eu recours à des femmes faisant commerce d’enfants.

Cauet, évidemment sollicité pour entretenir le néant, aurait déclaré :

– Moi je le regarde comme un papa. Mais pourquoi parle-t-il de moi ? Pourquoi il a besoin de dire du mal de moi à chacune de ses interviews ? C’est de l’amour !

Dans le même genre, une certaine Sublet, victime de mauvais propos du même Ardisson, aurait dit :

Je crois qu’il est amoureux de moi. Vous savez, c’est comme les mecs qui vous défoncent [sic!] parce qu’en fait ils sont attirés par vous mais n’osent pas vous le dire. »

En fait, ce type, ce triste sire qui a son âge devrait tourner la page, aurait expliqué en début d’année dernière sur le Divan, ancienne émission de Chapier devenue fort logiquement celle de Fogiel (pas très rancunier) qu’il n’aimait pas les autres animateurs parce qu’il en avait peur. Peur évidemment pour sa place et son ego. Qu’il était envahi en permanence par un sentiment d’imposture qui devenait insupportable à chaque arrivée d’un nouveau et jeune « talent » à la télévision. Peur de passer pour un ringard, pour un passé de mode, d’être jeté dehors. Et qu’il recevait les « vedettes » du moment en les traitant « comme des marques publicitaires ». Comme si lui aussi n’était pas la même chose. Mais ce qui est finalement logique pour un ancien publiciste, auteur éternel de slogans inoubliables tels : Lapeyre, y’en a pas deux ! Et Chaussée-aux-Moines : A…a…amène !

Dans cette même émission il aura énoncé aussi que depuis son enfance, il ne s’est jamais vraiment attaché à qui que ce soit ; fâché avec ses parents, pratiquement sans amis, marié trois fois, il refuse de partager la vie de sa dernière épouse, qui n’est pas celle qui lui a fait trois enfants sur le tard. Il aura dit également qu’il ne s’aimait pas non plus lui-même et, qu’à défaut d’être heureux, il avait choisi d’être riche et célèbre, ce qui montre la profondeur de pensée et l’humanité du pauvre homme, également connu pour être un auteur (?) d’œuvrettes à grand tirage et plagiaire dans le domaine de l’histoire. Il est connu de même pour opérer des montages « audacieux » de ses émissions qui sont diffusées en différé. De façon malsain : pour attiser les haines individuelles ou collectives !? Ajoutons enfin que ce grand moraliste est un ancien camé qui, somme toute, ferait peut-être mieux de se la fermer.

 

Une photographie inédite, ou rarissime, de David Hamilton et Leni Riefenstahl

article extrait du blog En Défense de David Hamilton, article qui n’est pas de moi.

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/17/une-photographie-inedite-ou-rarissime-de-david-hamilton-et-leni-riefenstahl/

 Publié le 17 décembre 2016 par defensededavidhamilton

Peut-être quelques personnes, des snobs, pensent qu’en somme, David Hamilton ce n’est pas de la « culture », de la culture « comme il faut », la culture dont ils causent…

Quant à la presse… pauvres journalistes, ils ne sont ni très intelligents, ni très cultivés, ni très curieux.

En effet, aucun journal, à ma connaissance, n’a publié la photographie qui suit.

Une photographie qui ne se trouve pas non plus, à ma connaissance, sur Internet.

Sauf erreur de ma part, donc, une photo pratiquement inédite.

Où est-elle publiée, cette photo? Sur mon petit blog qui, évidemment, n’a pas l’audience de la « grande » presse.

La presse publie, pour illustrer ses (très mauvais et très répétitifs) articles sur David Hamilton, des photos de Poupette Lecanu-Flament.

Mon blog, en revanche, publie aujourd’hui une photo fort importante pour l’histoire de l’art au Vingtième Siècle – de David Hamilton.

Comme je compte dire sur mon blog, au sujet de David Hamilton, des choses extrêmement rares et inconnues du « grand public », je n’exclus pas d’en dire beaucoup d’autres sur des pages qui seront réservées à ceux qui se seront abonnés.

En attendant, j’ai donc indiqué sur la photo, en caractères blancs, « blog en défense de David Hamilton sur WordPress », dans l’espoir que la photo ne soit pas (ou pas trop facilement) volée.

De même, la photo sans les inscriptions sera envoyée à qui m’en fera la demande. Cependant, la photographie est et sera réservée aux abonnés effectifs du blog. Il n’y aura AUCUNE dérogation, sous AUCUN prétexte que ce soit. Qui désire la photo commencera donc par s’abonner au blog. Merci.

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DAVID HAMILTON AND LENI RIEFENSTAHL.
Photograph published with permission of the author. Any reproduction prohibited without prior agreement of the blog. All rights reserved

 

David Hamilton et le retour des grenouilles de bénitier.

article paru précédemment sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

je précise que les articles du Blog « En défense, etc. » ne sont pas de moi, sauf s’ils y sont signés de mon nom, ce qui n’est pas le cas  pour ce présent article, par exemple. 

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/17/david-hamilton-et-le-retour-des-grenouilles-de-benitier/

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Le viol, et la relation sexuelle non consentie, doivent être condamnés à tout âge.

Cela dit, l’affaire Hamilton, d’un point de vue juridique, est absurde.

Qu’on veuille bien y songer: l’accusatrice, Mme Flament, avait laissé passer les délais de prescription. En d’autres termes, aucune plainte ne pouvait être déposée contre David Hamilton.

Et même si une plainte avait été déposée contre lui:

  • il aurait dû être présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation

  • ç’aurait été à l’accusation de démontrer une quelconque culpabilité de sa part

En France, l’article 227-25 du code pénal fixe la majorité sexuelle par principe à 15 ans (pour les relations hétérosexuelles et homosexuelles).

Tout cela en France où, que cela plaise ou non, au-delà de 15 ans, la possibilité de relations sexuelles consenties est reconnue par le Code pénal (en-dessous de 15 ans, même si le mineur consent à une relation avec un majeur, il y a atteinte sexuelle).

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A la fin des années 1970, disons entre 1977 et 1979, de nombreux intellectuels, vrais ou faux philosophes (citons Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser…) avaient demandé au Parlement la dépénalisation de toutes les relations consenties entre adultes et enfants de moins de quinze ans (il s’agit, rappelons-le, de la majorité sexuelle en France). Personnellement, je crois qu’une telle demande était excessive. Toujours est-il que des intellectuels comme Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem avaient tous signé la pétition de 1977.

Deux lettres ouvertes furent publiées dans la grande presse de l’époque, pour exiger la libération de quatre personnes accusées d’avoir eu des rapports sexuels consentis avec des mineurs sexuels. La première de ces pétitions fut publiée dans le Monde du 26 janvier 1977,  signée par des gens aussi fameux que Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem. La seconde fut publiée par Libération au mois de mars 1979 (voir l’Express du 7 mars 2001).

Tout ceci pour dire et redire, s’il en était besoin, que les photographies et les films de David Hamilton, à l’époque, ne pouvaient guère choquer personne, sauf peut-être de vieilles grenouilles de bénitier.

A l’époque, David Hamilton – lui – ne signait aucune pétition. Entouré des actrices de son film ‘Bilitis’, Patti D’Arbanville et Mona Kristensen, il préférait présenter ses oeuvres artistiques, par exemple le 21 mai 1977 à Cannes. En cinéaste, en artiste, en dandy, en poète.

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Il faudrait évidemment être fou pour faire l’apologie du viol, l’apologie des rapports sexuels non consentis, ou l’apologie des rapports sexuels avec des mineurs de moins de quinze ans.

Dans le cas de David Hamilton, je n’étais pas présent (Ardisson non plus) et j’ignore s’il a eu des rapports consentis avec certaines de ses modèles de plus de quinze ans. Même si ç’avait été le cas, chose qui resterait amplement à démontrer, cela n’aurait pas constitué un délit aux yeux de la loi française.

Pierre Lance écrit ( http://www.nice-provence.info/blog/2016/12/10/photographe-desir/   ) :

« Accusé de plusieurs viols sur ses jeunes modèles, il avait peu de risques d’être condamné, la plupart de ces crimes étant prescrits.  Mais après avoir été une star adulée, il est probablement pénible de se retrouver à 83 ans dans la peau d’un criminel. Selon les commentateurs, les familles des jeunes filles sélectionnées par Hamilton étaient très flattées de ce choix. Et il semble que les adolescentes n’aient pas opposé trop de résistance à l’entreprenant photographe ni osé le dénoncer en temps opportun« .

Il semble? Que « semble »-t-il? Sur quoi se base M. Lance pour dire ce qu’il (lui) semble?

En ce qui concerne des accusations – gravissimes et unilatérales – de « viol », donc de rapports non consentis, Mme Flament avait des dizaines d’années pour porter plainte mais elle n’a retrouvé la mémoire qu’au moment de la sortie et de la promotion de son bouquin.

A moi, il me semble que les accusations doivent être prouvées. C’est la base du droit et de la démocratie.

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L’opinion des auteurs de ce blog est, globalement, que sans tomber dans les excès de certains philosophes (ou supposés tels) des années 1970, la loi française en ce domaine est amplement suffisante (je parle de l’article 227-25 du code pénal qui, donc, fixe la majorité sexuelle  à 15 ans).

Je me souviens par exemple de la soirée que David Hamilton avait passée – publiquement – en compagnie d’une jeune femme, au club « L’Apocalypse », c’était le 15 octobre 1982 à Paris. Personne ne savait quel âge avait cette jeune femme qui lui tenait la main,  et personne ne songeait à le lui demander. Elle n’avait certainement pas moins de quinze ans!

Nous ne croyons pas, pour notre part, que David Hamilton ait jamais enfreint la loi française: chose que, au demeurant, on ne saura jamais puisque nulle plainte ne pouvait être déposée contre lui pour des faits présumés (qui auraient eu lieu il y a des dizaines d’années) et puisque, par ailleurs, sa mort a éteint toute action civile.

Les amateurs de scandale continueront à jeter sur sa mémoire de la boue, qui leur retombera sur la tronche.

Tandis que nous, nous continuerons à aimer et à admirer son oeuvre.

Oui: de David Hamilton, mieux vaut conserver le souvenir de son élégance. Celle qu’il démontrait en tant et tant d’occasions et par exemple, pour ne prendre qu’un seul exemple, en compagnie d’Henri d’Orléans, comte de Paris, lors d’un vernissage le 18 novembre 1993 à Paris.

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David Hamilton, pour autant que je puisse le savoir, n’était pas une grenouille de bénitier.  Le 7 août 1983 David Hamilton organisa une fête: il se trouvait donc avec son amie Gertrude à Ramatuelle, pour… le mariage de Mona, son ex-épouse, avec Gregory Arnold. De nombreux journalistes étaient présents pour couvrir l’événement, David Hamilton était souriant et, de toute évidence, comme le démontrent aussi les photos de cette journée, en excellents termes avec son ex-épouse Mona Kristensen.

Au fait, David Hamilton ne fut jamais marié avec Gertrude, mas cela n’empêche pas des tonnes de journaux d’avoir écrit qu’il avait été marié deux fois. Il est certes assez curieux que des « journalistes », qui indiquent en David Hamilton un « violeur » (sic), ne soient même pas capables de dire sans se tromper avec qui il fut marié, et quand…

Des journalistes qui sont catégoriques quand il s’agit d’accusations unilatérales proférées par leur collègue Mme Flament, mais qui – en revanche – ne savent pas donner une info correcte au sujet de mariages…

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Jadis le naïf Pierre Louÿs avait dédié Bilitis, « livre d’amour antique »,  aux « jeunes filles de l’avenir ».

Le seul problème est que, en 2016, on voit peut-être renaître une espèce que l’on croyait voire espérait en voie d’extinction ou disparue, celle des grenouilles de bénitier.

Hélas, cher Pierre Louÿs, les jeunes filles de l’avenir sont devenues – pour pas mal d’entre elles – des grenouilles de bénitier…!

LE SYNDROME DE LOUDUN

article paru également sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/16/david-hamilton-et-le-syndrome-de-loudun-article-de-jean-pierre-fleury-ecrivain/

Cet article est la relation de la manière dont la société des hommes peut fonctionner et être manipulée en temps de crise.

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Le syndrome de Loudun : voici comment on pourrait le résumer :

1 – Les faits sont situés dans la grande période des affaires de satanisme (chasse aux sorcières, délires collectifs de possession) et de chasse aux hérétiques protestants, propre à une bonne partie de l’Europe du temps de la Contre-Réforme catholique. Cela se passe au début des années 1630, à Loudun, tout au Nord du Poitou, petite cité de 14.000 habitants environ, où « tout le monde connaît tout le monde ». De plus, le Siège de la Rochelle (1627-1628) n’est pas bien loin : ni dans le temps, ni dans l’espace.

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2 – Les principaux protagonistes.

Vous prenez d’un côté une personne occupant un poste stratégique, ici au sommet supposé de la spiritualité locale la plus irréprochable, mais également munie de difformités physiques et, comme on va le voir, d’un esprit gravement perturbé : il s’agit de la jeune supérieure (d’une trentaine d’année) du couvent des ursulines de la cité, Jeanne de Belcier, mère Jeanne des Anges pour la religion, qui, suite à une chute toute petite, s’est disloqué l’épaule et s’est fait une contorsion aux reins, de sorte que son corps demeurera de travers tout le reste de sa vie.

Et vous prenez de l’autre côté, un prêtre encore jeune (d’une quarantaine d’année), curé de l’une des paroisses de la ville, et chanoine d’une autre, qui a la renommée d’avoir des mœurs très libres qui font scandale : il s’agit d’Urbain Grandier.

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Jugé bel homme et séducteur, il a déjà eu plusieurs relations sexuelles ou très amicales avec diverses paroissiennes, et il a déjà « engrossé » comme on disait alors, deux jeunes filles de la cité ; il vit même avec l’une des deux ; en conséquence de quoi l’évêché a fini par lui interdire d’administrer les « saints sacrements ». Autrement dit, cet Urbain Grandier n’est pas en odeur de sainteté et a très mauvaise réputation auprès de la masse des conformistes, dévots et superstitieux de la cité. Et il a des ennemis jurés, parmi ses confrères et les gens importants de Loudun et des alentours.

La première jeune femme qu’il met enceinte est rien de moins que la fille d’un procureur du roi, élève de quinze ans à qui il était censé enseigner le latin. Il se met en ménage avec la seconde qu’il mit enceinte, une jeune orpheline de haute noblesse dont il avait la charge spirituelle alors qu’elle se préparait à « prendre le voile ». Cette dernière voulut se marier avec Grandier, ce qui était évidemment impossible. Ce dernier en tira un pamphlet d’une trentaine de pages : le Traité contre le célibat des prêtres ou Traicté du célibat des prestres qui a dû circuler manuscrit mais qui n’a pas été édité avant 1856. Arrêté alors pour débauche, et poursuivi en justice, Grandier gagnera son procès.

Fils d’un notaire royal, Grandier est un homme cultivé qui sent donc fortement le soufre. Non content d’en prendre à son aise avec le vœu de chasteté et les « bonnes mœurs », il entretient le scandale par des sermons très libres qui attirent de nombreux paroissiens. Par ailleurs, c’est un rebelle politiquement parlant. Il serait dit-on l’auteur d’un pamphlet d’une trentaine de pages, contre le cardinal Richelieu, Lettre de la cordonnière escritte à M. de Barradas ou Lettre de la cordonnière de la Reyne mère à monsieur de Baradas (s.l. 1627) ; et il s’oppose plusieurs fois à des décisions royales ou « cardinales » concernant la cité de Loudun (comme celles de raser son château et ses remparts). Pour aggraver encore son cas, il a parmi ses amis des protestants qui représentent alors une part non négligeable de la population locale.

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3 – L’état psychologique ambiant.

Tout couve dans le courant de l’année 1632 alors que la ville de Loudun vient d’être ravagée par une importante épidémie de peste qui a décimé le quart de la population. Le couvent des Ursulines de la cité vient de son côté de perdre son confesseur (de la peste ou non, je l’ignore). Urbain Grandier, contacté par la supérieure Jeanne des Anges pour remplacer le prêtre décédé (erreur fatale), refuse de devenir le confesseur de la communauté ; la supérieure (qui connaît sa renommée et qui semble-t-il le connaît au moins de vue) en est très affectée. Si bien que par dépit, elle offre le poste de directeur de conscience de la communauté au chanoine Mignon, un ennemi juré d’Urbain Grandier.

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4 – L’hystérie collective et la dénonciation.

Puis, tout commence dans la nuit du 21 septembre 1632, lorsque la supérieure des ursulines et deux autres nonnes « reconnaissent » dans les couloirs de leur monastère l’ombre et la voix de leur confesseur mort quelques mois auparavant. Le 23 septembre, les nonnes « voient » une boule noire traverser leur réfectoire. À la messe qui suit, les trois mêmes nonnes tombent en convulsions, font des grimaces, jurent des noms de Dieu, recrachent l’hostie… Puis l’hystérie gagne rapidement l’ensemble des vierges folles. Soit au total dix-sept nonnes. Les nuits suivantes, un fantôme est « vu » par toutes les religieuses du couvent. Bientôt, elles cessent de manger et se mettent à courir à demi-nues jusque sur les toits du couvent ou à grimper aux branches des arbres sous le vent et la pluie.

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Le 11 octobre, c’est une sœur du couvent, se disant possédée par le démon d’Astaroth qui met un nom, corroboré par les autres ursulines, sur le fantôme : il s’agit du curé Urbain Grandier qu’elles accusent d’attitudes lascives, d’obscénités, de tentatives d’attouchements sexuels, d’actes impudiques et de les avoir ensorcelées. La supérieure révèle des rêves impudiques avec le curé ; et les autres nonnes déclarent être tombées amoureuses de lui en humant des roses enchantées.

Plus tard, dans ses mémoires, la supérieure évoquera les noms de sept démons représentant le mal absolu, tout droit sortis de l’Ancien Testament. Il s’agit de trois démons de la luxure : le chef de la bande Asmodée accompagné d’Isacaaron ou Isacaron et de Balaam ; ainsi que de Léviathan (l’orgueil), Béhémot (la paresse), Grésil (dont j’ignore tout) et Aman (un diablotin du mal, peut-être le nom déformé d’Amon ou d’Amen).

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5 – La mort d’Urbain Grandier et ses conséquences.

Je pourrais prolonger et étoffer l’histoire, mais mon sujet est autre. Je dirai simplement que cette hystérie collective dura plusieurs années, de l’automne 1632 au courant de l’année 1638 et bien évidemment qu’elle coûta la vie à Urbain Grandier.

Mis en prison le 30 novembre 1633, puis jugé, il est acquitté par un tribunal ecclésiastique. Richelieu le fait alors rejuger en « procédure extraordinaire » par la justice séculière à sa solde, pourtant les nonnes se rétractent alors. Mais les accusateurs sortent de leurs manches des documents manuscrits portant diverses signatures dont la signature du Diable en personne. Preuves de pactes avec le Diable. Plusieurs fois torturé, Urbain Grandier sans avouer quoi que ce soit, finit brûlé vif le 18 août 1634 devant, dit-on, six mille voyeurs,  » attaint & convaincu du crime de magie, maléfice & possession arrivée par son faict és personnes d’aucunes des religieuses Urselines de la ville de Loudun ».

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Le lendemain de l’exécution, Madeleine de Brou sa concubine, se réfugie chez son beau-frère, à Montreuil-Bellay, elle en est ramenée le 3 septembre, puis emprisonnée un mois sans procès à Loudun. Ensuite, elle est libérée grâce à l’intervention de sa famille auprès du tribunal des Grands Jours de Poitiers. Richelieu prudemment, fait arrêter la procédure intentée contre elle, le 28 novembre 1634. Urbain Grandier n’ayant apparemment pas de maison à lui, les autorités n’eurent pas loisir de la faire raser. Ses un ou deux pamphlets ne connurent aucune réédition ou édition entre le dix-septième et dix-neuvième siècle.

Sa mort ne changea d’ailleurs rien à l’épidémie d’hystérie collective, devenue véritable affaire d’État, car l’Église a alors la bonne idée de multiplier des séances d’exorcisme publiques qui ne font qu’attiser l’excitation des nonnes. Jeanne des Anges, la supérieure, développe même une grossesse nerveuse. Puis ses « démons » sont « expulsés » un à un jusqu’à sa « guérison » qui entraîne celle des autres nonnes. La « possédée du Diable », devenue la miraculée, fut alors promenée comme bête curieuse, à travers le royaume.

Mais entre temps la folie a aussi gagné au moins trois des exorcistes, et deux officiels impliqués dans l’exécution d’Urbain Grandier. Sans parler de divers anonymes de la cité. Le docteur Gabriel Legué, écrit dans Urbain Grandier et les possédées de Loudun, publié en 1880 : « Du jour où les exorcismes se firent dans les principales églises, plusieurs filles séculières qui étaient venues assister à cet étrange spectacle prirent le germe de la même maladie. Ce qui montre combien la réaction des effets nerveux se fait sentir sur les êtres faibles et enclins au merveilleux [sic]».

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6 – Le vrai but du « jeu ».

Joli viol des foules où les accusatrices et l’accusé, la masse des gens, sont les pantins d’un numéro de marionnettes qui les dépassent et qui joue sur les préjugés, la mauvaise réputation et la lutte contre les parpaillots (les protestants). Car de fait, derrière tout cela, il y a une manipulation politique orchestrée par Richelieu et son mauvais ange de l’ombre, le moine capucin (et ancien militaire) le Père Joseph.

Sortis des franciscains, les capucins mirent un demi-siècle a être vraiment reconnus comme ordre autonome par l’Église (pape Grégoire XIII, en 1574). Réduits de force tout d’abord à l’Italie, ces moines finissent par se répandre peu à peu dans toute l’Europe, et arrivent en France sous Charles IX et Catherine de Médicis. Ce qu’il faut savoir avant tout c’est que, esprits austères et intransigeants de retour aux dites sources, ces capucins barbus parasites ne vivant que de l’aumône, sont des agents actifs de la Contre-réforme et de la lutte acharnée contre les calvinistes de France, les huguenots.

Richelieu et le Père Joseph n’ont évidemment jamais cru un seul instant qu’Urbain Grandier eut pu ensorceler les ursulines, mais ce fut une jolie manœuvre politico-religieuse, politicarde, qui permit :

1 – d’éradiquer le protestantisme à Loudun (la plupart des protestants de la cité se firent ou refirent catholiques dans les années qui suivirent) et même ailleurs en France par sa portée générale et sa réclame.

2 – de faire un exemple en se débarrassant d’un « mauvais prêtre » à la fois libertin, militant pour le mariage des prêtres (fort relent de protestantisme), à la parole très libre dans ses serments, ami des protestants et ennemi du cardinal Richelieu et de ses décisions. Dangereux « mauvais » meneur d’hommes potentiel.

3 – de défouler la populace crédule sur des histoires grotesques de diablerie et des spectacles d’exorcisme et de mise à mort cruelle d’un « coupable ».

Mais aussi, seul élément difficilement contrôlable et au moins en partie bénéfique, d’avoir entretenu une littérature polémique. Par exemple : [anonyme], La démonomanie de Lodun, qui montre la véritable possesion des religieuses ursulines, et autres séculières. Avec la liste des religieuses et séculières possédées, obsedées, & maleficiées, le nom de leurs demons… ( La Flèche, 1634) et Véritable relation des justes procédures observées au faict de la possession des Ursulines de Loudun. Et au procez d’Urbain Grandier. Avec les thèses générales touchant les diables exorcisez. Par le R. P. Tranquille [de Saint Rémi], capucin [notons « capucin » ; ce personnage fut l’un des juges et faussaires de son procès séculier] ; mais aussi : [anonyme] L’ombre d’Urbain Grandier de Loudun. Sa rencontre & conférence avec Gaufridy * en l’autre monde (s. l. 1634) et Remarques & considerations servans a la justification du curé de Loudun, autres que celles contenues en son factum [de défense] (s.l. , 1634).

pactes-avec-le-diableLes pactes avec le Diable

*

Maintenant replacez cette histoire au temps et contexte présents ; et remplacez Jeanne des Anges par Poupette Lecanu et son complice ; Urbain Grandier par David Hamilton ; l’état psychologique des populations d’alors par celles de maintenant, époque de paupérisation des masses et d’exacerbation de la réaction ; l’hystérie collective, là rien de changé sur le fond ; la mort d’Urbain Grandier avec celle de David Hamilton (et bientôt de son œuvre ?) ; et le vrai but du « jeu » d’alors par celui de nos tristes jours présents. En premier lieu : prolonger les délais de prescription en cas de viol, basé pourtant, selon les gens du milieu, sur une fausse théorie psychiatrique.

 

Note (*) :

 » Louis Gaufridy, fils d’un berger de la Provence, avait été élevé par un de ses oncles qui était curé, et avait lui-même embrassé l’état ecclésiastique. Devenu curé de la paroisse des Acoules de Marseille, il paraît qu’il sut inspirer de l’amour à un grand nombre de ses paroissiennes. Le fond de son caractère était l’enjouement et l’amabilité: véritable épicurien, il aimait la bonne chère, et animait tous les repas où il se trouvait par ses plaisanteries et ses bons mots. Voilà probablement les principaux talismans qu’il employait pour charmer ses pénitentes.[…]

Gaufridy fut publiquement regardé comme sorcier. Peut-être que quelques propos imprudemment plaisants de ce pauvre prêtre contribuèrent aussi à confirmer cette opinion. Quoiqu’il en soit, les suites de cette affaire ne furent que trop sérieuses. La justice fit arrêter Gaufridy; il fut exorcisé, jugé et condamné à faire amende honorable et à être brûlé vif. Cet arrêt fut rendu par le parlement de Provence, en 1611.

Rien de plus ridicule, de plus absurde, de plus grossièrement monstrueux que les procès-verbaux d’exorcismes, et que les attestations données à ce sujet par des médecins et des chirurgiens. La stupidité burlesque de ces pièces, que l’on prendrait aujourd’hui pour des contes de vieilles, ne peut être égalée que par celle des juges qui ne craignirent pas d’y ajouter foi. Gaufridy nia tout ce qu’on lui imputait; il subit la question ordinaire et extraordinaire, fut dégradé par son évêque, et périt dans les flammes. »

(in Jean-Baptiste  Champagnac,  Chronique du crime et de l’innocence, recueil des événements les plus tragiques, empoisonnements, assassinats, massacres, parricides… Ménard, Paris, 1833.)

Nous n’oublions pas David Hamilton à lire sur EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/15/nous-noublions-pas-david-hamilton/

L’art académique du nu au XIXe siècle.

M’ont pas l’air majeures cette académie-là

seignac_guillamune_lodalisqueGuillaume Seignac (1870 – 1924) —L’Odalisque.

Et celle-ci,

image2Dessin anonyme.

Et encore moins celles-là

louis-devedeux-1820-1874 Louis Devédeux (1820-1874) — titre du tableau inconnu.

David Hamilton et les mal baisés

Les « bonnes âmes modernes et contemporaines » ont rangé ces dernières années les photographies de jeunes filles de David Hamilton au musée des horreurs infâmes sous l’étiquette « perversité » ou « pédophilie ».

*

Curieuse histoire, mais aussi éclairante histoire sur l’évolution de notre société (et des mœurs), que celle de ce mot « pédophilie », plutôt récent en français : il est apparu au milieu du XIXe siècle, un demi-siècle après « pædophile » 1.

Ces deux noms sont demeurés pendant très longtemps d’un usage très rare et littéraire (ils sont absents du Littré et le Grand Dictionnaire Universel Larousse du XIXe siècle ne connaît que « pédophile » qui plus est, uniquement en tant qu’adjectif, en une définition très succincte : « du grec pais, paidos, enfant ; philos, ami » ; sans donner aucun exemple) jusqu’à ce qu’ils soient réutilisés à compter de ladite « Révolution sexuelle » des années soixante, soixante-dix, mais dans un sens détourné.

En effet, et je me répète ici, « pédophilie » veut dire étymologiquement « amour des enfants », comme « bibliophilie » veut dire « amour des (beaux, vieux, rares) livres ; un bibliophile est un collectionneur obsessionnel mais fort respectueux des livres.

Avec « -philie » du grec « philia », disposition ou affinité pour… ; comme on a « -phile » du grec « philos », ami, qui aime, qui a du goût pour…

« Philie » aussi bien amour pour la bonne chère que pour la bonne chair, qu’amour platonique, amour fou, amour de la peinture, amour filial ou maternel (cf. les deux termes anglais « to like » et « to love »).

C’est « pédérastie » (du grec « paiderastia ») qui a le sens d’amour sexuel, charnel, physique d’un adulte (très généralement mâle) pour de jeunes enfants ou adolescents (généralement mâles également).

Rappelons par ailleurs que la majorité sexuelle fut fixée à onze ans en 1832, puis à treize ans sous l’Empire et plus récemment à quinze ans en 1945.

*

Du temps de ma jeunesse, où l’on ne tournait pas autour du pot des « bons » ou « mauvais » mots, mais où les mots avaient tout leur sens, ce que le commun des hommes (du moins en public ou dans les media) nomme aujourd’hui « pédophile » était appelé « pédéraste »2, y compris si c’était alors sous une forme abrégée (« pédé », « pèd ») ou autre (« pédoque », « pédale »).

Comme blaguait Coluche : « J’ai eu plusieurs aventures sexuelles. L’une avec un communiste, dont je tairai le nom, qu’on appelait « l’embrayage », parce que c’est la pédale de gauche. »

Remarque : aurait-il encore le droit de le dire, Coluche, en nos jours hypocrites de 2016 ?

Or, cet exemple montre qu’un glissement de sens s’était ici opéré. Le « pédé » (je passe sur d’autres mots plus crus) a remplacé le substantif « inverti » poli et vieilli (tandis que passait de mode l’expression « contre nature »), et est devenu le mot de tous les jours pour désigner l’homosexuel masculin. Ce qui fait preuve d’une certaine réalité sociale d’ailleurs, déjà inscrite anciennement dans la langue puisque Littré définit ainsi le mot « pédérastie » : vice contre nature, alors qu’il s’agit en fait très généralement d’un double vice contre nature ; si l’on peut dire. Mais on entre là dans un sujet sociologique.

« Pédé », équivalent féminin : « gouine » ; oui je sais, je suis vulgaire, mais dans le milieu populaire d’où je sors il n’y en avait pas d’autre, pas de « beau mot » pour le dire, pas de « lesbienne », de « saphique » ou de « tribade » (« terme qu’on évite d’employer », Littré). Au mieux usait-on d’une périphrase, comme on use encore d’une périphrase bien connue pour désigner le bisexuel, mot du langage politiquement correct très récent : « marcher à voile et à vapeur ». 3

Mais la vulgarité des mots est, comme pour les autres mots, quelque chose de fluctuant. Qui s’imagine dire une grossièreté lorsqu’il dit : Ô le bougre ! Ô la bougresse ! C’était pourtant l’injure suprême à l’encontre des homosexuels mâles ou femelles il y a quelques siècles. De même qui pense dire un mot à connotation sexuelle lorsqu’il dit : Quel con! ou Quelle conne ! Pourtant « cunnus » est le nom des parties intimes féminines en latin.

*

Or, pour en revenir à « pédophilie », il faut savoir que ce mot n’avait pas – autrefois – de connotation sexuelle ou « coupable », péjorative ou injurieuse, tant est si bien que l’expression « paedophilia erotica », i.e. « pédophilie sexuelle »a été créée par un psychiatre autrichien, Richard von Krafft-Ebing, en 1896, pour définir une forme particulière de pédophilie. En fait un mot générique signifiant : avoir des rapports sexuels d’adulte à enfant ou adolescent. Plus général que « pédérastie » qui désignait avant tout la pédérastie homosexuelle masculine.

Mais, par flemme, par négligence, par ignorance ou par « tactique idéologique », ceux qui ont remis au goût du jour, disons après Soixante-huit, les mots « pédophile » et « pédophilie » en ont fait l’équivalent de « pédophile/philie sexuelle ».

Si bien que des années plus tard, ces mêmes « bonnes âmes modernes et contemporaines »ont fini par mettre sur le dos de notre artiste, dans la plus totale confusion intellectuelle, le terme de « pédophile » en son sens dérivé, déformé, inversé ; et quasi unique de nos jours où tout devient emmêlé dans un même magma informe : goût esthétique, amour idéel, amour charnel, attouchement, abus sexuel, viol, mauvais traitement, barbarie, assassinat.

C’est ce qui fit dire à David Hamilton, il y a plus de vingt ans déjà, que Dutroux avait fait beaucoup de mal à des gens comme lui.

Sans même imaginer une seule seconde que le monde esthétique de David Hamilton ne fut jamais, au grand jamais, le monde barbare de Dutroux.

*

Et c’est justement ça aussi qui gênait les « bonnes âmes modernes et contemporaines » du genre de la « malade de notoriété » et, semble-t-il (d’après ce que l’on peut connaître du personnage et apprendre à droite et à gauche, de son entourage et d’elle-même en partie), de la déboussolée (j’essaye d’employer le terme le plus neutre possible et le moins sujet à polémique) Flavie Flament.

Je trouve que son parcours de vie et d’écrivain (et le contenu lui-même de ses deux vrais faux romans ou de ses deux faux vrais romans) est assez révélateur. J’en ai déjà parlé, je n’y reviens pas.

« L’artiste aux jolies photographies » est donc devenu comme par magie mystificatrice « le pédophile abject », « le satyre », « le pervers ». Devenu vieux, plus ou moins solitaire, « passé de mode », marginalisé, oublié des media, semble-t-il désargenté (et même escroqué par des galeristes), sans beaucoup d’appuis, il a donc fini « bourreau » (sic) de madame Flament.

Mais afin que madame Flament reçoive le prix de « son petit quart d’heure de célébrité » (David Hamilton dixit) et que monsieur Ardisson puisse justifier de l’ampleur de son courage et de l’immensité de son intelligence, qui furent à l’œuvre lors de son exhibition télévisuelle devant quelques millions de voyeurs et d’une claque imbécile à sa solde ; et plus encore, pour que les insultes s’ajustent au mieux aux désirs flamento-ardissonniens, ainsi qu’au plus près de « l’immondité » du personnage, puis de sa « lâcheté suicidaire » ad mortem, il était bien évidemment nécessaire et comme allant de soi qu’il reçût, sur le modèle de Socrate qui corrompait la jeunesse, son « juste et providentiel châtiment » : LA MORT PAR SUICIDE.

Et pour que l’on soit bien complet, on ne lui épargna pas même les obsèques clandestines ! Tel Molière en son temps enterré de nuit, puis désenterré pour être mis dans le quartier des non-baptisés, des hérétiques ou de ceux qui n’avaient pas reçus l’extrême-onction.

Abyssale décrépitude de notre société. Abyssale bêtise humaine. On est de moins en moins capable de raison et de mesure. Toujours dans l’excès d’un bord ou de l’autre, l’émotion la plus basse possible, les rumeurs, la manipulation des masses.

Enfin, car ce n’est pas encore fini, summum de l’obscurantisme puritain anglo-saxon, protestant et hypocrite, de la confusion mentale, de la couardise et de l’ignorance qui nous submergent, j’apprends qu’un site de vente bien connu sur Internet entendrait y refuser dorénavant la vente de photographies de David Hamilton. Alors même que des auteurs comme Sade sont en vente libre, David Hamilton en Enfer !

La société marche réellement à l’envers de la Raison. En tous domaines. À quand la censure des photographies des plafonds de la Chapelle Sixtine ? Ou vendues sous le manteau, comme les photos de Hamilton bientôt ?!

« Il y a de plus en plus de mal-baisés dans le monde » a dit un jour David Hamilton. Et ce sera ma conclusion.

Notes :

1 – Ainsi orthographié à l’origine (fin du XVIIIe siècle) ; d’où les graphies anglaises « pædophile » que l’on rencontre encore en concurrence avec « pedophile » et dans « paedophiliac », « pédophilique ».

2 – Candyman, le monsieur aux bonbons, dit-on en anglais.

3 – L’anglicisme « gay » (probablement du français gai, fou) n’est que le cache-misère ou le cache-sexe de « l’homo ».

4 – (les dictionnaires) : Érotique, de Eros, le dieu grec de l’Amour ; vieilli, qui a rapport à l’amour ; qui a l’amour pour thème d’inspiration ; qui traite de l’amour ; usuel, qui se rattache à l’amour physique, qui est de nature sensuelle ou sexuelle ; qui provoque le désir amoureux ; qui a l’amour charnel pour thème, pour inspiration… etc.

ET ENCORE ET TOUJOURS D’ACTUALITÉ DAVID HAMILTON autre piqûre de rappel

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/14/un-monstrueux-vent-de-haine-souffle-contre-david-hamilton-qui-est-mort-2/