On vient de me mettre sous les yeux un reportage de la chaîne télévisée d’État Antenne 2 récemment consacré à Hamilton, enfin « consacré » est un bien grand mot, car de ce que j’en ai vu et retenu pour l’instant c’est son absence d’objectivité, du moins sur les prémices : au sein de la confrérie, on ne va pas douter de la réalité de faits énoncés par une consœur, tant bien même que cela sorte d’un dit roman (de gare… de triage).
Pas étonnant quand toute cette engeance ment, interprète, censure à longueur d’antenne ou de papier. On part donc sur des présupposés, des faits faussement établis, ou plutôt pas du tout établis (« naturels », « allant de soi »); on les répète en toute illégalité ; on entretient la diffamation post-mortem et l’on outre-passe la loi sur les délais de prescription. Au-dessus de la Justice qui me semble ici totalement annihilée, ou complice d’un tel lynchage médiatique de l’homme et finalement de l’artiste, qui ne semble pas avoir de fin.
La veulerie de tous ces écrivains et acteurs ratés des media (des « merdias », comme écrivent certains, de plus en plus nombreux), graine de politiciens incultes, et de manieurs de lieux communs, n’est plus à démontrer. Elle est patente depuis de longues années déjà. Partout, c’est le discours unique et la propagande médiatiques. Aussi, je n’ai donc pas été outrageusement surpris de leur manière de présenter les faits, sans qu’il y ait un seul début d’enquête et d’établissement de preuves.
Cependant, je mettrai un bémol (pour une fois), car il m’a semblé avoir décelé un semblant d’analyse de la part d’un jeune journaliste, sans doute pas encore au parfum. Là, on quitte le « rapportage à la maîtresse », pour entrer au moins un peu dans le reportage. Le report de faits réels de visu et auditu. Pour l’heure, je voudrais revenir sur deux passages de cette diffusion télévisée.
***
Le premier, c’est un court entretien avec « un galeriste« dont il faut retenir : J’exposais des photos d’Hamilton (on ne sait pas trop de quel genre), mais j’ai dû les enlever, et ceci à la demande de mon propriétaire, mais dans quelque temps ça se revendra. Entretien totalement flouté (en hommage à Hamilton?).
On est dans le délire ; cela fait un certain temps que je dis dans mon coin (heureusement, je ne suis pas ou plus le seul) que l’on est dans une société qui vire totalitaire (j’allais dire) « tranquillement », dans l’indifférence du premier pékin venu.
Je crois me souvenir qu’il n’y a pas très longtemps, une myriade de moutons ont défilé dans la rue en bêlant « Je suis charlot ! » (ou quelque chose comme ça), tout en ajoutant : « Liberté d’expression !« . Certes, les intolérants paumés et manipulés, n’y avaient pas été avec le dos de la cuillère et de la kalachnikov.
Mais je crois me rappeler aussi, que les naïfs iconoclastes « de gauche », bien au chaud dans leurs bureaux, et dans leur obsession antimusulmane et anti-arabe, avaient été avec leurs petits crayons jusqu’à insulter les morts victimes d’un attentat terroriste. *
Personnellement, les limites que je fixe à ma liberté d’expression sont avant tout (puis-je employer ces mots, encore ?) éthiques et esthétiques : ne jamais entrer dans le jeu des dominants, éviter le mauvais goût, ne pas tirer sur les ambulances, ne pas sombrer dans l’absence d’art… et surtout, totale indépendance d’esprit.
***
Le second passage est également très éloquent. Il évoque la venue toute récente et une nouvelle fois à Paris pour son commerce (une petite photo de rien, petit format : 100 euros), d’un photographe étatsunien dont je n’avais jamais entendu parlé (je suis ignorant et indifférent à la sous-culture), mais qui (truffé de prix « distingués » comme je viens de l’apprendre) a fait carrière cinématographique et photographique sur le dos (si l’on peut dire) de l’adolescence détraquée (celle qui est obsédée de sexe, d’alcool et de drogue) tout en précisant bien qu’il ne dépasse jamais la ligne, et ne veux pas aller en prison ; et dont une exposition au Musée d’Art Moderne (sic) de Paris en 2010 avait été interdite aux mineurs de moins de dix-huit ans par la mairie de Paris, au grand dam de ceux (de gauche et de droite) qui aujourd’hui sont totalement muets en défense de David Hamilton. Comme il en est de tous les ayatollahs de la liberté à géométrie variable.
Je n’épiloguerai pas longuement sur le personnage qui me semble peu sympathique, déjà rien qu’en chantre de la décadence, et qui confond sciemment, à dessein, érotisme et pornographie. Je voudrais essentiellement noter qu’on l’a questionné sur David Hamilton. Je résume la teneur du propos : Hamilton, Hamilton, qui c’est celui-là ? Ah, oui… c’est celui qui autrefois diffusait plein d’albums, qui photographiait des filles nues… Là je cite : « Pour moi, c’est un photographe minable, pourri » (c’est ainsi que le propos est traduit en français).
Entendons-nous bien, si je viens d‘évoquer la pornographie, ce n’est pas pour me faire adepte de puritanisme, mais c’est pour préciser que je ne connais rien de David Hamilton relevant de ce dernier genre. Lui s’est bien cantonné au domaine de l’érotisme. Une sorte de lord distingué avec un fonds féminin (ai-je le droit à cette expression ? Oui, non, est-ce encore autorisé ?), tout en douceur, fin et quasiment précieux, n’ayant rien à voir avec un apologue du déclin de civilisation et du plus bas possible. Enfin, mon opinion est que la pornographie relève peu ou pas du tout de l’Art. Du moins, ce domaine abaisse et n’élève pas l’Homme.
***
Ce qui a amené la fin de David Hamilton est exemplaire de l’état de déliquescence des valeurs. Non pas celles de David Hamilton, artiste du rêve et de l’idéel, mais celles des media et de la société en général à une époque qui a tout perdu de ses grandeurs.
Tandis que ce qui amène cet engouement pour ce photographe étatsunien qui aurait pour nom Larry Clark, « psychosociologue » d’un monde peu reluisant, en dit long de l’état de délabrement du marigot parigot des asticots.
Répétons encore une fois que dans le monde réellement inversé, monde des médiocres et des idées courtes, et ceci à l’avenant de tout le reste, le laid et le bas largement diffusés font offices obligés, voire obligatoires du « beau » et du « haut » ; tandis qu’il est dangereux, voire mortifère ou censuré, d’affirmer le Beau et le Haut réels. Car tout simplement ils sont d’essence réellement révolutionnaire, cultivée et aristocratique.
Alors comment s’étonnerait-on de lire dans Gala (que l’on m’a également mis sous les yeux tout récemment) que « quand Flavie claque la porte de son domicile de Boulogne le matin, elle sait enfin pourquoi elle mérite d’être reconnue… » Oui, pourquoi au juste ? Comme diffamatrice ? Incitatrice au suicide ? Diffuseur de rumeur ? Opportuniste ? Ennemi de toute déontologique journalistique ? Ou, qui sait, comme affabulatrice patentée ?
* Je n’ai pas retrouvé présentement sur leur site (ni sur celui de Siné-mensuel qui semble par ailleurs virer trouble sur les questions syrienne et palestinienne, le Vieux patriarche à peine mort) un seul mot ou un seul dessin concernant l’Affaire Flament, car elle relève sans doute du normal ou de l’anecdotique à leurs yeux. Ou peut-être du non risible ! Enfin Hamilton a pu échapper ici à quelques dessins débiles !
À relire, ce n’est pas inutile :
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/01/19/david-hamilton-et-le-devoir-de-memoire-2/
UN ETE A SAINT TROPEZ (David Hamilton)
DU COTE D’OUROUET
JACQUES ROZIER
DAVID HAMILTON
JACQUES ROZIER
Dans des articles précédents sur EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON et sur ce blog-ci également, ont été présentées quelques chansons des années 70/80 ou plus tardives, évoquant David Hamilton.
En voici encore trois qui sont là pour rappeler à nouveau, que fut un temps où David Hamilton était à la mode, surtout chez les jeunes.
De la première qui a pour titre « Cha-cha-cha » (dont la musique est également un cha-cha-cha), qui est chantée par un groupe dénommé Electropic, et qui date de 1981, je me limiterai à ce passage fort peu d’esprit hamiltonien.
Moi j’adore les garçons plaqués or,
Ceux qu’on appelle trésor, séducteurs météores,
Jolis cœurs, jolis corps, d’accord !
Disques à la mode et posters d’Hamilton
Cadeaux rengaine sur « Satisfaction » *
Je préfère ! les diamants en rivières
Piscine à milliardaires, où l’on part en croisière
Pour sensations éclairs, super !
* Allusion à la chanson des Rolling Stones, qui date de 1965 : I can’t get no satisfaction… ’cause I try, and I try, and I try, and I try […] I can’t get no satisfaction… girl reaction… « Chanson de camé », comme me dit il y a bien longtemps quelqu’un.
***
De la deuxième, « La fille en jeans », je retiendrai finalement (j’ai hésité) tout le texte, plus en rapport avec l’esprit hamiltonien… mais dans le genre très kitch et disons neu-neu (les paroles comme la musique « boîte à musique »). Elle date de 1988 et est chantée par une jeune voix incertaine belge, née en 1972, et qui chantait encore en 2009 : Frédéric Michel.
http://www.bide-et-musique.com/song/5497.html
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
Tu sais, seize ans,
C’est pas facile à vivre
Je te regarde passer
Mais j’ose pas t’aborder
Tu vois j’attends,
J’attends le bon moment
Pour te dire que j’ai envie de t’aimer
Envie de te parler
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
Je rêve de toi dans un flou de David Hamilton
Et je m’endors avec ton image plein la tête
Tu me tends les bras
Et je m’envole pour une nuit
Ne me réveille pas
Car mon amour est en fête
Toi, la fille en jeans
Qui passais dans ma rue
Je rêvais de t’emmener danser
Sur un tempo d’amour pour une inconnue
Et enfin j’aurais pu t’embrasser
***
De la troisième qui date de 1980 et qui est un dialogue sur fond musical, simple parodie de « slow de l’été » (« Les vacances de monsieur Léon Bouton » par Groovie (né en 1953) et Prouters (né en 1955)) je ne donne que le début du dialogue :
(Fond chanté : Petite fille je t’aime, petite fille je t’aime, petite fille je t’aime…)
Elle : La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs…
Lui : La plage se reflète dans tes yeux globuleux de morue en manque. Non, tu ne sens pas réellement mauvais mais, avec ta tête à faire danser le flamenco à une famille de palourdes, tu effrayes cette mouette (cri de mouette) qui part à tire d’ailes vers le cœur de l’océan qui bat le rythme irrégulier de la symphonie du goudron.
(petits gloussements)
Lui : Ah je me souviens, je me souviens, je me souviens…
Elle : Nous étions seuls sur la plage immense, immense, immense…
Lui : Bon, ben ça va, on a compris, hein !
Elle : Et il y avait la mer…
***
« Posters d’Hamilton », réalité d’années passées. « Flou de David Hamilton », « flou hamiltonien » : certes on pourrait dire… clichés, clichés d’une époque ; mais ce n’est pas tout le monde qui voit son nom attaché à une technique artistique et son nom dérivé en adjectif. Le flou hamiltonien, le style hamiltonien, la lumière hamiltonienne.
« La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs… » Même s’il s’agit d’un texte de parodie et peut-être de dérision, on peut noter qu’il paraît totalement normal et sans arrière-pensée aucune. Comme allant de soi en 1980.
Je me demande si de nos jours, sérieusement ou même par simple ironie, quelqu’un se risquerait à dire en public cette simple évidence : « La plage, cet endroit de rêve où l’on croise de belles jeunes filles se promenant nues dans un flou hamiltonien, les cheveux doucement soulevés par le vent, nous a laissé tant de souvenirs… » Car non seulement l’homme a été ébréché, mais l’artiste également. Comment s’en étonner quand le mauvais goût étrangement mêlé d’hypocrisie protestante, de relents de sacristie, de pudibonderie de tous bords, y compris sans dieu, n’est plus capable que de « créer » des horreurs inesthétiques ; un tel avilissement, une telle inversion des valeurs. Un tel rejet du Beau. Du beau hamiltonien, en particulier.
cet article se trouve également sur le blog EN DÉFENSE DE DAVID HAMILTON


