Une semaine à peine après sa nomination, le gouvernement Attal ressemble déjà à un nid de scandales et de casseroles ! Entre une ministre mise en examen pour corruption, une autre menteuse, un autre nommé par copinage qui révèle immédiatement son incompétence, ça sent la fin de règne !
La déliquescence est profonde quand les hommes de pouvoir ne sont plus guidés par l’honnêteté, des convictions et l’amour de la France.
La conférence de presse inutile de Macron diffusée sur toutes les ondes mardi l’a confirmé : il est temps d’en finir ! Le problème, ce sont les hommes, corrompus, menteurs, sans attachement à la France et son peuple. C’est un pays qui chute parce qu’il n’est plus libre.
La France réduite à l’état de colonie de l’Union européenne et de Washington s’enfonce dans la médiocrité. Il faut l’en libérer, en quittant l’UE, l’OTAN, la CEDH, l’OMS, toutes les structures mondialistes qui défigurent notre pays et placent à sa tête des pions ! Zéro fatalité, une âme, du courage, de la volonté !
La meilleure arme anti-oligarchie demeure la vérité. Cette semaine, j’ai dû publiquement monter au créneau pour défendre l’honneur des manifestants anti Pass gravement diffamés par quelques hurluberlus dans les médias.
Ces diffamations ne doivent rien au hasard : elles révèlent la panique des covidistes, qui voient la vérité exploser et la justice venir.
Ces derniers jours, le Pr Raoult a tout balancé : la dangerosité des injections, le lien avec les cancers, les pénuries fabriquées par Big Pharma… La courageuse épouse de Jean-Pierre Pernaut a aussi jeté un pavé dans la mare en exprimant sa conviction du rôle de l’injection dans le décès de son mari ! Le petit monde des corrompus tremble : ne lâchons rien ! Chaque jour la vérité avance !
Unie la Résistance triomphera !
Je suis heureux du réveil des peuples : Les Patriotes mènent le combat en 2024 pour notre libération, sur le terrain partout en France ! L’Allemagne vit son insurrection sociale la plus puissante depuis des décennies ! En France, mardi, des centaines de tracteurs ont envahi Toulouse et Dijon, un mouvement national débutera le 25/01 : des milliers d’entre nous sommes prêts à bloquer la France avec les paysans, les routiers et toutes les professions volontaires ! La souveraineté agricole, alimentaire est vitale. Aux États-Unis aussi, l’oligarchie tremble devant la dynamique Trump.
Rien n’est facile : seules notre action et notre volonté peuvent changer le cours de l’Histoire. On y travaille avec vous !
Le monde est entré en ébullition : Davos (qui se tient en ce moment) paraît lunaire tant les peuples ont soif de liberté et de vérité !
Français libres, menons partout la lutte : 2024, année de notre libération ! Bienvenue à tous dans le combat !
PETIT DESSIN ANIMÉ TCHÈQUE

Russe, que oui ?
*
Anton Gerashchenko.
Patriote ukrainien. Conseiller du ministre de l’Intérieur de l’Ukraine. Fondateur de l’Institut du Futur. Ennemi officiel de la propagande russe
Les autorités russes coupent le chauffage dans les prisons pour que les prisonniers partent se battre en Ukraine, — BILD. Les températures sont descendues jusqu’à -35°C dans de nombreuses régions de Russie. Il semblerait que Vladimir Poutine ait décidé de profiter du froid pour reconstituer ses troupes affaiblies en Ukraine. De nombreuses colonies éteignent le chauffage afin que les prisonniers soient plus disposés à faire la guerre. « Pour cette raison, ils ont simplement coupé le chauffage à des températures inférieures à zéro », a déclaré Olga Romanova, fondatrice du projet Sitting Rus. « Ce faisant, les conditions de détention doivent devenir insupportables pour que les hommes puissent aller en Ukraine. <…> Il existe trois groupes en Russie pour lesquels la plupart des gens n’ont aucune compassion lorsqu’ils meurent au front. Ce sont des prisonniers. , les minorités [nationales] vivant dans des régions pauvres loin de Moscou et les nouveaux citoyens. Tant que ces trois groupes se battent et meurent en Ukraine, Poutine peut créer l’illusion de la normalité pour le reste. <…> Dans l’ensemble, le succès de les unités de prisonniers sont assez limitées, comme le montrent également les événements actuels sur le front. <…> Les prisonniers sont simplement envoyés en masse sur la ligne de front en Ukraine et y sont sacrifiés. Selon Romanova, les femmes des prisons russes sont de plus en plus recrutées. Actuellement, environ 1 000 femmes russes combattent en Ukraine.
Le mensonge systématique, la censure active et la calomnie pure et simple sont devenus les menus quotidiens des diverses chaînes de télévision ; et de radio de même. Déjà visible depuis des années pour les plus futés, la propagande mondialiste à tous les étages (je veux dire sur tous les sujets économiques, politiques, culturels, et tout ce que l’on voudra) a pris un tour accéléré, manifeste et sans aucune retenue depuis en particulier l’épisode covidiste, puis est repartie à la folie sur le sujet ukrainien et maintenant sur le sujet palestinien.
Des lopettes [« lopette : homme sans courage, sans caractère », Trésor de la langue française] mâles et femelles, qui plus est généralement très bien payées et sans nul état d’âme, abreuvent les plus crédules, attardés du ciboulot et consommateurs terrorisés de prétendues informations (ceux qui ont été les plus farouches masqués, vaccinés et ennemis de la liberté par exemple).
Parmi les champions on peut citer LCI et BFM-TV. Mais les autres ne sont pas mal, non plus. Le 12 janvier dernier voici ce que l’on pouvait voir sur TF1 :

Tandis que LCI en faisait évidemment de même. C’est la même maison.
Le sujet était donc les « journalistes » entre guillemets occidentaux relais du Kremlin. Moi pour mon cas, cela fait déjà des années que j’ai cessé de nommer les petits agents de la propagande « journalistes », tout juste « journaleux ». Et je ne sais pourquoi ce mot « Kremlin » me fait immanquablement penser au temps de l’anti-communisme plus que primaire. Car il faut dire que rien n’a changé sur le fond.
Autrefois, et j’étais le premier à le penser, on avançait l’idée que la Russie, qui pourtant nous avait libérés du nazisme, bien plus que l’Amerloquie, n’avait pas la cote parce qu’elle était bolchevique. Alors qu’à la vérité, elle n’avait pas la cote parce qu’elle n’entendait pas, comme depuis toujours, être sous la coupe de l’impérialisme occidental.
L’insignifiante felicia sideris, récitant son prompteur, son « souffleur » visuel, un texte qui n’est même pas d’elle, interroge : Porte-voix de la propagande russe, Xavier Moreau est-il revenu en France pour éviter de se battre en Ukraine ?
Xavier Moreau est un Français, ancien saint-cyrien et officier parachutiste, marié (sauf erreur) à une Russe, qui vit en Russie depuis plusieurs années et qui tient le site Stratpol (stratégie politique) sur Telegram, Odysee, etc. Et qui tient une émission sur RT en français.
J’ai déjà dû en parler ici. Et il m’est arrivé d’utiliser une partie de ses réflexions. Depuis le début de la guerre de reconquête nationale russe en Ukraine, il donne son analyse sur Stratpol. Au début sur YouTube, maintenant sur Odysee ou Rumble, ayant été évincé de YouTube.
Il peut être parfois très drôle quand il se moque des militaires de plateau-télé, accordant à chaque fois qu’il le peut le titre peu enviable de « Gamelin de la Semaine ». Celui qui prend la meilleure gamelle en racontant des balivernes et des contre-vérités dans le domaine de la guerre en Ukraine.
Pour ceux qui l’ignorent, Gamelin était le généralissime, chef d’état-major des armées françaises lors de la « Drôle de guerre » puis de la débâcle calamiteuse de 1940.
Xavier Moreau étant largement en accord avec ce que fait la Russie actuellement, il est donc censé faire la propagande, « mensongère », « grotesque » et tout ce que l’on voudra de la Russie, dans une magnifique inversion accusatoire de la presse décadente et aux ordres du mondialisme.
Mais le plus fort encore est que Xavier Moreau n’est pas revenu en France. Si ce n’est qu’il fait plus ou moins régulièrement de courts voyages en France pour participer à des rencontres ou des interventions, des conférences.
Et summum du mensonge sans aucune retenue, il n’a pas cherché à éviter de se battre en Ukraine. En fait TF1 reprenait là une rumeur invérifiable, un ragot et écrivait même :
« Il serait revenu « la queue entre les jambes ». Après avoir été un fervent soutien de Vladimir Poutine et un porte-voix du narratif pro-russe, Xavier Moreau chercherait à revenir en France, affirment des internautes ce mercredi 10 janvier. D’après cette rumeur, l’ancien militaire français devenu citoyen russe en 2013 aurait reçu « son ordre de mobilisation pour le front ukrainien », ce qui l’aurait poussé à « rentrer précipitamment en France ». »
C’est une rumeur, mais on la propage, sans vergogne, ni vérification ! Car on n’est même pas capable de la faire, et cela va tellement bien dans notre discours farfelu.
Un certain nombre de personnes (par exemple Slobodan Despot sur antipresse.net) et finalement Xavier Moreau lui-même, ont été obligées d’intervenir. Sur @stratpol_site ce dernier écrivait : « Il y a quatre bonnes raisons pour lesquelles je ne peux être mobilisé : la mobilisation est terminée, je suis trop vieux (52 ans c’est bon pour l’armée ukrainienne mais pas russe), j’ai cinq enfants, je suis directeur d’une société d’informatique. »
Il a déclaré par ailleurs, à propos de cette rumeur : «Ça veut dire que j’appuie là où ça fait mal».
Il y a quelques jours, on m’a informé que la folle mythomane et exhibitionniste Flavie Flament, qui est responsable au moins indirectement de l’assassinat de David Hamilton le 25 novembre 2016*, faisait encore parler d’elle dans la catégorie « bien atteinte ».
David Hamilton est mort, j’ai vraiment du mal à croire au hasard, dans la soirée du 25 novembre qui était un vendredi cette année-là. Soit lors de la « Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes ». Jour également de la Sainte Catherine et de la Fête devenue désuète des catherinettes, autrement dit des jeunes filles ayant atteint l’âge de vingt-cinq ans sans être mariées.
Et jour qui correspond également au 5 frimaire du calendrier dit républicain, officiellement dénommé Jour du cochon. Et ce n’est sans doute pas un hasard non plus que l’un des nombreux dictons qui évoquent Sainte Catherine (comme le plus connu : « À la sainte-Catherine, tout bois prend racine ») nous dise : « À la sainte-Catherine le porc couine. »
Pour être encore plus complet, le 25 novembre 2016 c’est également le jour où a été signé par Valls et Touraine un décret concernant l’éthique au sein de l’Ordre des infirmiers où l’on pouvait lire que « le respect dû à la personne continue de s’imposer après la mort. »
Nous, on aurait aimé que le respect dû à la personne de David Hamilton eût existé déjà de son vivant. On se souvient de la manière dont la Flament et l’Ardisson l’ont agoni publiquement, et sans aucune conséquence pour eux, de sottises et diffamé, à la télévision.
Mais pour en revenir à Flament, il faut savoir qu’elle a fait carrière par le sexe, et ceci depuis sont plus jeune âge. Et qu’elle a su plus d’une fois se montrer fort déshabillée dans la presse « pipole ». Il faut se dire également qu’arrivées à un certain âge celles qui ne sont qu’apparence, commencent à être remisées. Et c’est exactement le cas de Flament. Il y a déjà plusieurs années qu’elle est passée de la téloche à la radio.
Puis récemment, alors que l’on ne parle plus beaucoup de sa vie et de son corps, certains l’ayant vue se sont livrés à quelques réflexions, paraît-il, désobligeantes sur son physique de femme vieillissante.
Que cela ne tienne. Voilà qu’elle a décidé de se montrer en partie dénudée sur Instagram. « Je vous montre mes fesses ». Ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment neuf car elle en avait déjà montré une bonne partie autrefois dans je ne sais plus quels magasines. La nouveauté, qui n’en est pas une finalement, est qu’elle nous avait épargné jusqu’à maintenant sa raie des fesses, mais qu’ici encore elle n’a pas vraiment réussi à briser le tabou.

Voici sa présentation :
« Ceci est une lune, un popotin, un pétard.
Les fesses d’une femme qui, cette année, fêtera ses 50 ans.
Alors que mon entretien dans @50inside est annoncé pour demain sur Instagram, je lis, dans un commentaire, que je suis “méconnaissable” depuis ma prise de poids. Ça tombe bien: je ne cherche pas à être reconnue, j’aspire juste à être connue. Pour ce que je suis, depuis toujours. Pour ce que je deviens aussi.
Ceci est ma lune. Mes fesses.
Celles d’une femme qui, quand elle était gamine, a vu son insouciance et son intégrité fauchées par un viol quand elle n’avait que 13 ans. Celle qui, quand elle était ado, était soumise à la pesée chaque matin et privée de sortie si elle prenait trop de poids.
Heureusement pour moi, je n’ai pas grandi à l’heure des réseaux sociaux.
Vous m’avez connue perchée sur des talons, un pied dans l’anorexie, torturant mon corps pour être “couture” à la une des magazines ou sur les plateaux de télévision. Pour plaire et recueillir ce qui me paraissait un semblant d’affection.
Alors aujourd’hui, je vous montre mes fesses. Rebondies de bonnes bouffes, de plaisirs enfin recouvrés, de vin et de caresses.
Des fesses de joie! Des fesses de vie!
Pour inviter les ignorants à se taire, mais surtout, surtout, pour vous dire de vous AIMER. »
Cette photo inesthétique au possible, laide, de l’éculé affligeant, plus ou moins photo de cabinets, nous montre quoi ? Que le doute est de moins en moins permis sur son absence de viol à l’âge de treize ans. Je ne sais pas s’il existe beaucoup d’anciennes violées (mis à part dans le domaine du cinéma, source encore de tous les excès et dérives perverses) qui aient envie de se montrer sous cet angle. Et pour nous dire quoi : qu’elle a grossi ! Oui, et alors, c’est le lot de la plupart des gens en vieillissant.
Redisons encore une fois qu’elle a affirmé n’avoir retrouvé le souvenir de ce « viol » qu’en 2009, soit 22 ans après les faits prétendus. Et ceci au cours d’une séance dite de psychothérapie ! Elle nous a parlé d’amnésie traumatique, sauf qu’à treize ans il est impossible d’oublier un viol. À trois ans, oui c’est normal, la mémoire n’est pas encore formée, mais à treize, c’est risible, anti-scientifique au possible. Grotesque.
La pseudo-violée a toujours été obsédée par son corps et le sexe (il suffit de lire ses œuvrettes imprimées pour le comprendre) et est une parfaite exhibitionniste.
À propos de fesses, est-ce que les siennes ont encore l’odeur du gigot aux haricots qu’elle avait coutume de manger le dimanche midi chez ses parents, comme elle l’explique dans l’un de ses bouquins ?
Du temps où elle avait pour nom de famille : Lecanu. Avant de devenir : le cas nul ; et presque : la canule ; et donc ces jours derniers : le cul nu.
*Je ne vais pas refaire un article sur les bonnes raisons qui font que cette triste personne soit ici qualifiée de mythomane et d’exhibitionniste, et que je parle d’assassinat pour le « suicide » de David Hamilton, il suffit de relire les nombreux et parfois longs articles que j’ai écrit sur ces sujets sur ce blog.

Pour être complet ajoutons, ce que semble ignorer ce journal africain, que le tout nouveau ministre de l’Europe [sic] et des Affaires étrangères dans le gouvernement Attal est un certain Stéphane Séjourné, un ex-socialo conseiller de macron au ministère de l’Économie, puis conseiller (je ne sais pas en quoi consiste ses conseils) du même macron élu président ; député européen président du groupe « Renew Europe » (sic) à partir de 2021, puis secrétaire général de Renaissance, nouveau nom de La République en marche, en septembre 2022.
Et qu’il a été en couple avec Gabriel Attal, avec qui il s’était pacsé en 2017. Ils se sont séparés en 2022.
Attal ancien du Parti socialiste de 2006 à 2016 et membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017.
Comme le rappelle Russosphère, « le clown Zelensky a rencontré le Français gay Stéphane Séjourné et a discuté des besoins en matière de défense : production conjointe de drones, d’artillerie, renforcement supplémentaire de la défense aérienne. »
C’est marrant, mais j’ai du mal à imaginer séjourné et attal, et macron en tenue militaire. Et au front.
Florian Philippot
Article de Pepe Escobar source : The Cradle
Traduction Réseau International 12 janvier 2024
Le procès pour génocide intenté par Pretoria contre Israël est crucial, non seulement pour mettre fin au carnage de Tel-Aviv à Gaza, mais aussi pour planter le premier drapeau du multipolarisme dans les salles d’audience du monde entier : c’est le premier procès d’une longue série qui cherchera à mettre fin à l’impunité occidentale et à restaurer le droit international tel qu’il est envisagé dans la Charte des Nations unies.
Ce n’est rien de moins que le concept intégral du droit international qui sera jugé cette semaine à La Haye. Le monde entier regarde.
Il a fallu qu’un pays africain, pas un pays arabe ou musulman, mais surtout un membre des BRICS, tente de briser les chaînes de fer déployées par le sionisme par le biais de la peur, de la puissance financière et de menaces incessantes, réduisant en esclavage non seulement la Palestine, mais aussi des pans entiers de la planète.
Par un tour de justice poétique historique, l’Afrique du Sud, un pays qui connaît une ou deux choses sur l’apartheid, a dû prendre la hauteur morale et être le premier à déposer une plainte contre l’Israël de l’apartheid à la Cour internationale de justice (CIJ).
L’action en justice de 84 pages, exhaustivement argumentée, entièrement documentée et déposée le 29 décembre 2023, détaille toutes les horreurs perpétrées dans la bande de Gaza occupée et suivies par tous ceux qui possèdent un smartphone sur la planète.
L’Afrique du Sud demande à la CIJ – un mécanisme des Nations unies – quelque chose de très simple : Déclarer que l’État d’Israël a manqué à toutes ses responsabilités en vertu du droit international depuis le 7 octobre.
Et cela inclut notamment une violation de la Convention sur le génocide de 1948, selon laquelle le génocide consiste en «des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux».
L’Afrique du Sud est soutenue par la Jordanie, la Bolivie, la Turquie, la Malaisie et, de manière significative, par l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui regroupe les terres d’islam et constitue 57 États membres, dont 48 abritent une majorité musulmane. C’est comme si ces pays représentaient l’écrasante majorité du Sud mondial.
Ce qui se passera à La Haye pourrait aller bien au-delà d’une éventuelle condamnation d’Israël pour génocide. Pretoria et Tel-Aviv sont tous deux membres de la CIJ, dont les décisions sont donc contraignantes. En théorie, la CIJ a plus de poids que le Conseil de sécurité des Nations unies, où les États-Unis opposent leur veto à tout fait concret susceptible de ternir l’image qu’Israël s’est soigneusement forgée.
Le seul problème est que la CIJ n’a pas de pouvoir d’exécution.
Concrètement, l’Afrique du Sud souhaite que la CIJ impose à Israël l’ordre de mettre fin à l’invasion – et au génocide – sur-le-champ. Cela devrait être la première priorité.
Une intention spécifique de destruction
La lecture de l’intégralité de la requête sud-africaine est un exercice terrifiant. Il s’agit littéralement de l’histoire en train de s’écrire, sous nos yeux dans ce jeune XXIe siècle accroc à la technologie, et non d’un récit de science-fiction sur un génocide se déroulant dans un univers lointain.
La demande de Pretoria a le mérite de brosser un tableau d’ensemble, «dans le contexte plus large de la conduite d’Israël à l’égard des Palestiniens pendant les 75 ans d’apartheid, les 56 ans d’occupation belligérante du territoire palestinien et les 16 ans de blocus de Gaza».
La cause, l’effet et l’intention sont clairement définis, transcendant les horreurs perpétrées depuis l’opération «Déluge d’Al-Aqsa» de la résistance palestinienne, le 7 octobre 2023.
Il y a ensuite les «actes et omissions d’Israël qui peuvent être assimilés à d’autres violations du droit international». L’Afrique du Sud les qualifie de «génocidaires, car ils sont commis avec l’intention spécifique requise (dolus specialis) d’éliminer les Palestiniens de Gaza en tant que partie du groupe national, racial et ethnique palestinien au sens large».
Les faits, présentés à la page 9 de la demande, sont brutaux, allant du massacre aveugle de civils à l’expulsion massive : «On estime que plus de 1,9 million de Palestiniens sur les 2,3 millions d’habitants de Gaza – soit environ 85% de la population – ont été contraints de quitter leur foyer. Ceux qui ne peuvent pas partir ou qui refusent d’être déplacés ont été tués ou risquent fort d’être tués chez eux».
Et il n’y aura pas de retour en arrière : «Comme l’a noté le rapporteur spécial sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, les logements et les infrastructures civiles de Gaza ont été rasés, ce qui empêche toute perspective réaliste de retour chez eux pour les habitants de Gaza déplacés, répétant ainsi une longue histoire de déplacements forcés massifs de Palestiniens par Israël».
L’hégémon complice
Le point 142 de la demande pourrait résumer l’ensemble du drame : «Toute la population est menacée de famine : 93% de la population de Gaza est confrontée à des niveaux de famine critiques, et plus d’une personne sur quatre se trouve dans une situation catastrophique» – avec la mort imminente.
Dans ce contexte, le 25 décembre, jour de Noël, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réitéré sa rhétorique génocidaire en promettant : «Nous ne nous arrêterons pas, nous continuons à nous battre et nous approfondissons le combat dans les jours à venir, ce sera une longue bataille et elle n’est pas près d’être terminée».
Ainsi, «de toute urgence» et «en attendant que la Cour se prononce sur cette affaire sur le fond», l’Afrique du Sud demande des mesures conservatoires, dont la première sera que «l’État d’Israël suspende immédiatement ses opérations militaires à l’intérieur de Gaza et contre Gaza».
Cela équivaut à un cessez-le-feu permanent. Chaque grain de sable, du Néguev à l’Arabie, sait que les psychopathes néoconservateurs en charge de la politique étrangère américaine, notamment leur animal de compagnie, téléguidé et sénile, qui occupe la Maison-Blanche, sont non seulement complices du génocide israélien, mais s’opposent à toute possibilité de cessez-le-feu.
Cette complicité est d’ailleurs punie par la loi, conformément à la Convention sur le génocide.
Il est donc évident que Washington et Tel-Aviv ne reculeront devant rien pour empêcher un procès équitable devant la CIJ, en utilisant tous les moyens de pression et de menace disponibles. Cela va de pair avec le pouvoir extrêmement limité exercé par toute cour internationale pour imposer la règle du droit international au combo exceptionnaliste Washington-Tel Aviv.
Alors qu’un Sud mondial alarmé se mobilise contre l’assaut militaire sans précédent d’Israël sur Gaza, où plus d’un pour cent de la population a été tué en moins de trois mois, le ministère des Affaires étrangères israélien a enrégimenté ses ambassades afin de tordre le bras aux diplomates et aux politiciens des pays hôtes pour qu’ils publient rapidement une «déclaration immédiate et sans équivoque selon les lignes suivantes : Affirmer publiquement et clairement que votre pays rejette les allégations scandaleuses, absurdes et sans fondement faites à l’encontre d’Israël».
Il sera assez éclairant de voir quels pays se conformeront à cet ordre.
Que les efforts actuels de Pretoria aboutissent ou non, cette affaire ne sera probablement que la première du genre déposée devant les tribunaux du monde entier dans les mois, voire les années à venir. Les BRICS – dont l’Afrique du Sud est un État membre essentiel – font partie de la nouvelle vague d’organisations internationales qui contestent l’hégémonie occidentale et son «ordre fondé sur des règles». Ces règles ne signifient rien ; personne ne les a jamais vues.
Le multipolarisme est apparu en partie pour compenser le fait que, depuis des décennies, on s’éloigne de la Charte des Nations unies et que l’on se précipite vers l’anarchie incarnée par ces «règles» illusoires. Le système des États-nations qui sous-tend l’ordre mondial ne peut fonctionner sans le droit international qui le garantit. Sans le droit, nous sommes confrontés à la guerre, à la guerre et encore à la guerre ; l’univers idéal de l’hégémon est en fait celui de la guerre sans fin.
Le procès pour génocide intenté par l’Afrique du Sud contre Israël est manifestement nécessaire pour renverser ces violations flagrantes du système international, et il sera très certainement le premier d’une longue série de procès de ce type contre Israël et ses alliés pour ramener le monde à la stabilité, à la sécurité et au bon sens.
Alexis LSK
Dans cet article sur la doctrine américaine, j’approfondis en long, en large et en travers toute la stratégie et la vision géopolitique des USA.
Cet article est l’un des 4 éléments fondamentaux que je mentionne dans mon article sur la Nouvelle Guerre froide que je vous invite fortement à lire en amont si ce n’est pas déjà fait.
Cet article, à mon humble avis, est l’un de mes articles les plus importants de cette année, car comprendre la doctrine américaine, c’est comprendre une énorme partie des conflits et enjeux dans le monde.
La majorité des conflits ont en général cette doctrine en sous-jacent et sont liés directement ou indirectement à la volonté des États-Unis de déstabiliser certaines parties du monde pour maintenir leur hégémonie.
Les 2 colonnes de la doctrine américaine
La doctrine américaine comporte de nombreux éléments, la maîtrise des mers, les zones clés, le renseignement et l’espionnage et beaucoup d’autres, mais on peut comprendre l’essentiel de la doctrine en 2 grands points :
Tous les moyens sont bons pour assurer l’hégémonie américaine sur le monde (soft power, propagande, intimidations, fake news, déstabilisations, corruption, sabotages etc).
L’Eurasie est un cauchemar géopolitique pour les États-Unis car elle est un contre-modèle et sa principale concurrente, c’est pourquoi elle se doit d’être soit vassalisée, soit neutralisée.
Les USA, cette hyperpuissance qui veut une hégémonie sans partage.
Les deux grands noms de la doctrine américaine : George Friedman et Zbigniew Brzezinski
Pour comprendre la doctrine américaine, il faut s’intéresser aux « maîtres stratèges » qui dictent cette doctrine à l’État américain depuis toujours.
Parmi les quelques « cerveaux » derrière la stratégie américaine, on retrouve deux grands noms qui ont dicté environ 80% de ce qui fait la doctrine américaine : George Friedman et Zbigniew Brzezinski.
Nous allons découvrir chacun de ces deux stratèges pour en apprendre plus sur la colonne vertébrale de la stratégie américaine dans le monde.
George Friedman, le maître à penser de la CIA
Pour comprendre George Friedman, je ne peux que citer l’excellent article rédigé par Jean-Claude Empereur sur RevuePolitique.fr qui résume le personnage et sa pensée de manière limpide.
L’extrait qui nous intéresse de son article :
« George Friedman, spécialiste reconnu de la prospective, président de Stratfor, société qui se consacre à l’analyse géostratégique et à l’intelligence économique, souvent qualifiée de “CIA bis”, est proche des milieux dirigeants américains. Il peut être ainsi considéré comme très représentatif de la pensée géopolitique dominante à Washington, qu’il s’agisse des cercles dirigeants “visibles” comme de ceux du “deep-state” et du complexe militaro-industriel, qu’ils soient Républicains ou Démocrates. »
« On sait depuis Tocqueville que l’affrontement entre l’Amérique et la Russie fait partie des grands mythes de l’histoire.
Pour certains, le caractère inévitable de cet affrontement a été théorisé dès 1904 par Hartford Mackinder dans sa conférence à la Royal Geographical Society de Londres. Cette conférence, reprise ultérieurement dans un simple article de douze pages, résume encore aujourd’hui les orientations de la politique américaine en mettant en évidence l’opposition absolue entre une Amérique appuyée sur la maîtrise intégrale des océans et une Russie retranchée dans “l’île du monde” cœur du système continental eurasiatique et “pivot géographique de l’histoire”.
Pour Friedman le rapprochement de la nouvelle Allemagne et de la Russie éternelle en rendant inévitable la constitution d’un ensemble continental gigantesque peuplé de plus de sept cents millions d’habitants, aux immenses ressources naturelles, à la profondeur stratégique inégalée, en continuité et en contiguïté avec la Chine, l’Inde et le monde musulman est inacceptable.
Ce rapprochement, s’il devait se confirmer dans les vingt ans à venir, constituerait pour les États-Unis, un véritable cauchemar géopolitique en même temps qu’une menace majeure, mettant en cause une hégémonie considérée comme non négociable.
Dans ces conditions, tout, absolument tout, doit être mis en œuvre pour en empêcher la réalisation.
C’est ainsi que l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne, en réalité à l’OTAN, constitue un enjeu majeur et prend tout son sens. Dans cette logique, le conflit doit être mené jusqu’à son terme afin de positionner les armées de l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie et ceci “pour des décennies”…
Bien au-delà du simple endiguement de la guerre froide “containment”, c’est d’une stratégie de refoulement pur et simple “roll back” dont il s’agit. Cette stratégie fait ainsi entrer subrepticement les États-Unis dans l’ “étranger proche” de la Russie, en plaçant de facto cette zone périphérique, à laquelle elle est très attachée, pour sa sécurité, sous contrôle américain. L’étape suivante est d’utiliser, dans la ligne de ce que préconise Zbigniew Brzezinski dans le “Grand échiquier”, l’Ukraine comme bélier géostratégique pour disloquer ensuite la Fédération de Russie.
Au cours d’une conférence donnée au Chicago Council for Global Affairs, George Friedman, à l’occasion de la sortie de son livre, n’a pas hésité à envisager le retour de la guerre froide voire même la possibilité d’un conflit préventif avec la Russie.
“Si l’on veut éviter qu’une flotte constitue une menace il faut empêcher sa construction avant qu’il ne soit trop tard”, précise-t-il.
George Friedman / Source : bizjournals.com, Hajnal Andras
Il ne faut pas se bercer d’illusions, cette analyse, partagée par la plupart des milieux dirigeants de Washington, qui rappelons le sont souvent les commanditaires de Stratfor, dénie à l’Union européenne toute possibilité d’indépendance politique économique ou militaire.
Car du fait de l’impossibilité supposée des responsables politiques européens de maîtriser leurs conflictualités latentes, tout désir d’indépendance de leur part est perçu comme un risque et une menace permanente pour la paix et la sécurité des États-Unis.
Friedman insiste sur le fait que les États-Unis doivent continuer à contrôler sans partage les océans et l’espace, il pourrait ajouter le numérique et le big data, car c’est le socle de leur puissance.
Devant les risques que présentent, selon lui, l’irresponsabilité et l’incontrôlabilité européenne, et le double échec de l’intégration économique et militaire de l’Europe, deux solutions s’imposent : « le renforcement et l’extension de l’OTAN, la mise en œuvre du Grand Marché Transatlantique, deux instruments de vassalisation de l’Union. »
Zbigniew Brzezinski, le père de la doctrine américaine moderne
Pour le second maître à penser de la doctrine américaine en géopolitique, je ne peux que citer un passage du livre Un Printemps Russe de mon ami Alexandre Latsa, qui analyse de manière brillante et concise cette personnalité.
L’extrait qui nous intéresse de son livre :
« En 1997, un des ouvrages clés de la géopolitique américaine des deux dernières décennies est publié par Zbigniew Brzezinski, un politologue américain d’origine polonaise, ancien conseiller à la sécurité nationale du président des États-Unis entre 1977 à 1981.
Zbigniew Brzezinski / Source : Spiegel Online
Zbigniew Brzezinski est surtout l’un des aiguilleurs de la pensée stratégique américaine. Au cours de la guerre d’Afghanistan, il joua un rôle non négligeable dans l’aide fournie aux combattants afghans contre l’Armée Rouge qui débuta non pas après l’invasion de l’Afghanistan en décembre 1979, mais au cours du mois de juillet de la même année.
Zbigniew Brzezinski se rendra lui-même à la frontière pakistano-afghane durant la guerre, avec l’aide et l’appui des puissants services de renseignements pakistanais, pour assurer les moudjahidines du soutien logistique américain et leur rappeler que Dieu est avec eux.
Lors de ce déplacement filmé, il y rencontra le plus célèbre de ses combattants : Oussama Ben Laden.
Ce n’est cependant qu’en 1998 qu’il confiera dans une interview au Nouvel Observateur que « la CIA était entrée en Afghanistan avant les Russes » et qu’il était fier d’avoir « piéger les Russes en Afghanistan », ce Vietnam eurasien ayant été selon lui le facteur principal d’enrayement de la machine soviétique.
Dans son ouvrage, Le Grand Échiquier, Zbigniew Brzezinski expose les visées stratégiques américaines en Eurasie et les objectifs à atteindre pour permettre à l’Amérique de conforter sa position d’hyperpuissance.
Il y prône clairement une intégration de la Russie au système occidental ou du moins son arrimage à la périphérie de ce système.
Il préconise de fait une union étroite avec l’Europe qualifiée de « tête de pont démocratique de l’Amérique » car « sans l’Europe, l’Amérique est encore prépondérante, mais pas omnipotente », mais aussi car « les Européens sont plus exposés au risque éventuel qu’un impérialisme chauviniste anime de nouveau la politique étrangère russe».
On comprend mieux dès lors la constante obsession américaine à étendre l’Otan en Europe orientale, afin de renforcer la sphère de contrôle et d’influence américaine et de ne pas y perdre pied face à une Russie renaissante, scénario il est vrai plus que d’actualité au début 2015.
La notion d’«Europe, tête de pont démocratique » sera du reste étrangement reprise par Barack Obama lors des cérémonies du 9 mai 2014 en Normandie.
Zbigniew Brzezinski n’arrête cependant pas à la façade ouest de l’Eurasie ses ambitions pour l’Amérique. Dans Le Grand Échiquier il écrit ainsi :
Il est crucial qu’aucune puissance eurasienne concurrente (Russie ou Chine) capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester les USA (…)
La suprématie mondiale de l’Amérique dépend directement de sa capacité à maintenir sa situation prépondérante sur le continent eurasien.
(…) 75% des habitants de la planète vivent en Eurasie et les principales richesses du monde se situent sur ce continent, à la fois en termes d’entreprises et de ressources naturelles.
L’Eurasie correspond à 60% du PNB mondial et contient les trois quarts des ressources naturelles mondiales connues en matière d’énergie.
Zbigniew Brzezinski, Le Grand Échiquer
On comprend mieux pourquoi, toujours dans cet ouvrage, le stratège Brzezinski envisage clairement, pour ne laisser aucune chance à un quelconque concurrent d’émerger, de simplement démembrer la Russie en tant qu’État.
Comme il l’explique lui-même :
Une Russie plus décentralisée, entendez démantelée en plusieurs entités, aurait moins de visées impérialistes. Une confédération russe plus ouverte, qui comprendrait une Russie européenne, une république de Sibérie et une république extrême-orientale, aurait plus de facilités à développer des liens économiques étroits avec l’Europe.
Zbigniew Brzezinski reviendra cependant au cours de la deuxième décennie des années 2000 sur ces positions radicales à l’égard de la Fédération de Russie en refocalisant la stratégie nécessaire à l’Amérique, selon lui, pour lutter contre l’essor du terrorisme islamique.
Malgré cette nouvelle grille de lecture plus coopérative avec les grands émergents, le mal sera fait.
Une école stratégique anglo-saxonne verra le jour, résumée par exemple par le témoignage on ne peut plus sincère de George Friedman, président de la société d’intelligence économique Stratfor, qui en février 2015 annonçait les visées américaines en Eurasie pour y déstabiliser l’émergence de nouveaux pôles d’influences pouvant porter atteinte au leadership américain, en premier lieu celle de la nouvelle Russie qui reconstituait une zone d’influence régionale en Eurasie et vers l’Europe. »
Une doctrine américaine d’hégémonie absolue
Vous l’avez compris, maintenant que vous connaissez les deux cerveaux principaux de la doctrine américaine, vous savez que les USA ont une vision hégémonique et sans partage sur le monde.
De cette doctrine, découle de nombreux conflits, que ce soit au Moyen-Orient, en Asie, en Europe et d’autres.
Les USA agissent parfois directement, en envoyant leurs propres troupes, et parfois indirectement en se servant de pays satellites ou marionnettes.
De nombreux conflits sont parfois même causés par des groupuscules financés et armés par les États-Unis qui se retournent ensuite contre eux.
Sans parler du fait que les USA pensent toujours « America First » au détriment de leurs propres alliés si nécessaire, qu’ils n’hésitent pas à saboter et couler s’il le faut.
Comme disait un autre stratège américain qui a également eu une forte influence sur la doctrine américaine
Être un ennemi des États-Unis est dangereux, mais être un ami est fatal.
Henry Kissinger
Un nouveau monde multipolaire qui souhaite se passer des États-Unis
En une trentaine d’années, avec l’explosion démographique de certains pays, la relocalisation, la mondialisation et la démocratisation des hautes technologies couplées à de nombreux autres facteurs, nous avons assisté à une profonde restructuration du monde.
Ce nouveau monde que nous constatons est un monde multipolaire. J’aborderai en profondeur ce point dans un autre article dédié.
Face à ce nouveau monde multipolaire, avec désormais de nombreuses puissances qui ne se laissent plus faire et ont la capacité d’entraver voire de menacer les USA, le pouvoir américain perd pied et la doctrine américaine ne fonctionne plus.
Les cartes de la géopolitique sont rebattues
C’est grâce à cette nouvelle configuration qu’à partir de 2022, après 8 ans de bombardements sur les populations russes du Donbass, la Russie, forte de sa nouvelle puissance et ses grandes alliances, a pris la décision de lancer sa guerre préventive en Ukraine, pour entraver et stopper l’avancée de son encerclement voulu par les États-Unis.
Trop confiante, la doctrine américaine s’est empressée de vouloir sanctionner et encercler économiquement la Russie, quitte à s’assurer de la séparation de l’Europe et la Russie en sabotant le pipeline Nord Stream.
Ce que n’avaient pas prévu les Américains, c’est qu’en 30 ans, le monde a basculé et le monde, désormais, n’a plus vraiment besoin des États-Unis.
Mieux encore, la plupart des grandes puissances souhaitent se passer de l’Amérique, et construire un monde multipolaire, sain et sans hégémonie.
Cet empressement et cette obsession de l’isolement eurasien et de la Russie, auront coûté aux USA d’avoir érigé un nouveau rideau de fer.
Un nouveau rideau de fer qui va laisser le côté occidental sur le pas de la porte…
Car l’avenir économique, démographique, politique et technologique du monde, se trouve, j’en ai bien peur, de l’autre côté du mur, là où la majorité de la population mondiale et des ressources se trouve et où le libre marché n’est pas submergé par l’idéologie.
Les États-Unis sont désormais trop bornés pour revenir sur leurs erreurs.
Cette doctrine, trop agressive et arrogante, qui s’est effondrée comme un soufflet face à la résilience économique de la Russie et le commerce international et coopératif des BRICS qu’ils ne peuvent plus freiner, force les USA à enclencher un processus de fuite en avant, dont ils ne sont pas prêts de sortir.
10 janvier 2024 Réseau International
Article de Mohamed Taleb
En 1896, le père fondateur du sionisme politique, Théodore Herzl1, dans son livre «L’État juif» (premier chapitre), s’exprimait en ces termes à propos de la Palestine :
«… La Palestine est notre inoubliable patrie historique. Ce nom seul serait un cri de ralliement puissamment empoignant pour notre peuple. Si Sa Majesté le Sultan nous donnait la Palestine, nous pourrions nous faire forts de régler complètement les finances de la Turquie. Pour l’Europe, nous constituerions là-bas un morceau du rempart contre l’Asie, nous serions la sentinelle avancée de la civilisation contre la barbarie.
Nous demeurerions, comme État neutre, en rapports constants avec toute l’Europe, qui devrait garantir notre existence. En ce qui concerne les Saints Lieux de la chrétienté, on pourrait trouver une forme d’exterritorialité en harmonie avec le droit international.
Nous formerions la garde d’honneur autour des Saints Lieux et garantirions de notre existence l’accomplissement de ce devoir. Cette garde d’honneur serait pour nous le grand symbole de la solution de la question juive, après dix-huit siècles de cruelles souffrances…».
En 1897, sous son impulsion, se tient à Bâle (Suisse) le Premier Congrès sioniste mondial (avec plus de deux cents participants) à l’issue duquel est fondée l’Organisation sioniste mondiale et le projet de fondation d’un État juif en Palestine, bien que controversé par le sioniste Ahad Ha’am.2
L’objectif herzlien se veut ainsi conforme aux lignes directrices fixées lors de la Conférence de Berlin de 1884/85 : le partage de l’Afrique entre les puissances coloniales et l’apport civilisationnel de l’entreprise coloniale aux populations considérées comme barbares et qui, au besoin, pouvaient ou devaient être exterminées.
L’illustre écrivain Victor Hugo, «proche» des classes démunies en France, déclarait en 1879 : «… Que serait l’Afrique sans les blancs ? Rien ; un bloc de sable ; la nuit ; la paralysie ; des paysages lunaires. L’Afrique n’existe que parce que l’homme blanc l’a touchée… Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie ; déserte, c’est la sauvagerie…
Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde…».
Nous sommes au XXI siècle et nous avons le résultat du colonialisme européen en Afrique sous nos yeux : un néocolonialisme abject et la civilisation promise n’est que barbarie.
L’idéologie sioniste politique, sa phase de gestation accomplie, fait sienne la vision coloniale européenne de cette fin de XIX siècle. Son projet se base sur la négation et la destruction d’une histoire palestinienne ainsi que d’un socle civilisationnel, culturel, social et religieux millénaires.
Théodore Herzl s’adresse aussi bien au Sultan ottoman, Abdelhamid II, qu’à l’Empereur allemand, Guillaume II, pour trouver un appui au projet d’installation de l’État juif en Palestine. Devant une fin de non-recevoir de la part des deux souverains, il s’adresse aux Impérialistes britanniques lesquels ont des objectifs bien définis pour tout le Moyen-Orient, dans le cadre d’une politique collusive3 avec le «rival» français, après l’effondrement de l’Empire ottoman.
Les pogroms en Russie tsariste, après l’assassinat du Tsar Alexandre II, vont bouleverser la situation des Palestiniens. Les premières Aliyas, à partir de 1881, financées par le clan des Rothschild, vont déverser en Palestine des milliers de juifs, victimes de discrimination, d’antijudaïsme et d’antisémitisme européens pendant plusieurs siècles (nous remarquons qu’après la Reconquista de 1492, les juifs expulsés de la péninsule ibérique ont trouvé refuge en terre d’islam). Cette émigration connaît un arrêt avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914. Elle reprendra dès la fin du conflit mondial (Traité de l’Armistice de Compiègne en novembre 1918), avant même que le Traité de Versailles ne soit ratifié en juin 1919, un traité qui portait en soi les germes de la Seconde Guerre mondiale.
L’Empire britannique, au mépris du droit international existant de l’époque, prendra en charge le projet de colonisation de la Palestine par les sionistes. Ce projet infâme nous est présenté le 2 novembre 1917, sous une version édulcorée, dans la fameuse Déclaration Lord Arthur Balfour4 (sympathisant du sionisme chrétien), celle de la promesse de création d’un Foyer national juif en Palestine faite au Baron Lionel Rothschild, membre de la fédération sioniste en Grande-Bretagne.
Cette dernière s’arroge le droit d’octroyer un territoire, qui ne lui appartient pas et sous tutelle ottomane, à une organisation sioniste dotée d’un projet de colonisation.
La Conférence de San Remo5, en avril 1920 et à laquelle participent la Grande Bretagne, la France, l’Italie, les USA, la Belgique, la Grèce et le Japon, sera l’instance officielle pour l’introduction du concept de mandat : un concept nouveau, élaboré ad hoc par les officines impérialistes et suprémacistes et qui consiste en la prise en charge des populations du Moyen-Orient, considérées à l’état infantile et jugées inaptes à la gestion de leurs propres affaires. Les puissances occidentales présentes à la conférence, avalisent, concomitamment à l’institution de mandats, le projet sioniste.
L’omission volontaire des promesses de création d’un Royaume6 arabe et le non-respect de la Charte de la Société des Nations (Article 22), nouvellement créée pour assurer entre autres et selon les principes wilsoniens, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

L’Empire britannique, en tant que commanditaire et sponsor principal du projet sioniste d’implantation d’un État juif en Palestine, participe directement à la volonté de liquidation de l’histoire des Palestiniens (toutes ethnies et religions confondues) de la part des sionistes.
Le slogan «une terre sans peuple pour un peuple sans terre» représente symboliquement un génocide. Et si jamais ils auraient existé, les Palestiniens seraient d’une race inférieure sans valeur humaine, des êtres irrationnels et fanatiques aux yeux des sionistes.
Une série d’institutions et d’organisations sionistes (partis, milices, syndicats, banques, Agence juive pour les Aliyas (émigrations juives), Fonds national juif pour l’acquisition des terres (KKL) apparaissent dans la première décennie du mandat et vont contribuer, moyennant le soutien et la bienveillance britanniques ainsi que l’apport considérable de l’Organisation sioniste mondiale, à la formation d’une structure étatique sioniste qui sera dotée d’une armée, la Haganah, au finir des années Trente.
La puissance mandataire britannique assure certainement le respect des droits civils et religieux aux Palestiniens, mais leur nie tous les droits politiques bien qu’ils soient représentés au sein des administrations locales.
Parallèlement, ils installent en 1924 au pouvoir le clan des Ibn Saoud en Arabie au détriment des descendants hachémites du Prophète, permettant ainsi d’une part, à l’idéologie wahhabite de s’épanouir et d’autre part à la naissance de la mouvance islamiste avec l’organisation des Frères musulmans en Égypte, fondée en 1929 par Hassan El Banna, ainsi que d’endiguer toute velléité nationaliste.
En Palestine, ils nomment l’imam Hadj Amin el Husseini Grand Mufti de Jérusalem tout en créant une rivalité entre les familles notables, les Husseini et les Nashashibi, selon la devise «diviser pour régner».
Les Palestiniens refusent les deux colonialismes, le britannique et le sioniste. Les nouveaux juifs, essentiellement des européens ashkénazes, un corpus ayant, soi-disant vécu auparavant sous des conditions discriminatoires, ont révélé leur véritable nature, soit vider le plus possible la Palestine de sa population autochtone dans un climat de violence créé par les organisations terroristes sionistes (Haganah dont faisait partie le prix Nobel de la paix Yitzhak Rabin, Irgoun et Stern).
La révolte palestinienne de 1936-1939 est réprimée aussi bien par les Britanniques que par les sionistes qui disposaient déjà d’une certaine puissance militaire. Ces derniers se sentent gênés par les Britanniques eux-mêmes qui, nonobstant leur appui aux sionistes, vont devoir déposer le mandat en 1947 auprès des Nations unies, instance créée en 1945 à l’issue de la 2ème Guerre mondiale.
D’innommables atrocités ont été commises lors de ce conflit qui a causé des millions de victimes, dont 27 millions pour l’Union soviétique (le plus lourd tribut à la guerre).
Près de 6 millions de juifs, auparavant victimes d’antijudaïsme et d’antisémitisme, ont été intentionnellement éliminés par la violence et la barbarie nazies. [Et pas nécessairement ou uniquement nazie. Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire en ce domaine. L’auteur ne fait que reprendre ici l’opinion générale, commune, estampillée. Et c’est un autre sujet.]
C’est l’holocauste, solution finale nazie pour les juifs. Mais les pays occidentaux, en premier chef les États-Unis, interviennent tardivement pour mettre fin au massacre : affaiblir l’URSS en lui faisant supporter seule la férocité et la violence destructive nazies était aussi un objectif des occidentaux, la guerre froide ayant démarré avant la fin du conflit. L’ouverture du front Ouest ne s’est faite qu’avec le débarquement des Alliés, le 6 juin 1944, alors que le sort du conflit a été décidé déjà en 1943 après la bataille de Stalingrad.
Le tribut des Soviétiques et des populations slaves en général, bien que de loin plus important que celui de la Shoah, n’a jamais été pris en considération par les puissances européennes et fut totalement ignoré. Alors que l’hostilité pathologique du Führer Hitler ne faisait aucune différence entre les juifs et les Slaves.
Pendant que se déroulait l’enfer pour les juifs en Europe, les mêmes juifs ashkénazes, présents depuis relativement peu de temps en Palestine, faisaient subir aux Palestiniens les violences et humiliations subies autrefois par leurs ancêtres. Par ailleurs ni réprobation ni condamnation ont été soulevées par les pays européens après les massacres coloniaux en Algérie le 8 mai 1945, pendant que l’Europe fêtait la défaite du régime nazi.
Les pays occidentaux, courbant l’échine sous le poids accablant de leur culpabilité, s’attellent à tout entreprendre pour la création d’un État sioniste après la décision, en novembre 1947, des Nations unies de la partition de la Palestine. Une partition qui survient après le dépôt de mandat de la part des Britanniques, ces derniers en prise avec d’énormes difficultés avec le mouvement indépendantiste en Inde. Il faut souligner que, comme pour la Société des Nations en 1919, l’Assemblée Générale des Nations unies n’avait aucune compétence légale pour décider de la partition de la Palestine. Tout au plus, cela représentait une proposition dont la validité nécessitait l’approbation des deux parties. L’entité sioniste a été créée avec le soutien des puissances occidentales et de l’URSS (soucieuse d’avoir un pied-à-terre socialiste au Moyen-Orient). Après avoir immédiatement accepté la décision de l’ONU au regard de la partition, les sionistes ont entamé un nettoyage ethnique, suivi de massacres de la population et de destruction de villages palestiniens (plus de 500 ont été recensés), préparés depuis longtemps (voir Plan Daleth).
Le massacre de Deir Yassine est connu de tous. 800 000 Palestiniens sont expulsés
Le savant Albert Einstein7 avait mis en évidence, dans une missive adressée le 10 avril 1948 au sioniste Shepard Rifkin, directeur de l’organisation «Amis américains des combattants pour la liberté d’Israël», les responsables de la catastrophe après le massacre de Deir Yassine du 9 avril 1948 :
«Cher Monsieur, Lorsqu’une catastrophe réelle et finale nous surprendra en Palestine, les premiers responsables seront les Britanniques et les seconds seront les organisations terroristes nées de nos rangs.
Je ne veux voir personne qui soit associé à ces gens qui font fausse route et sont des criminels».

Dans une autre lettre, cosignée avec d’autres coreligionnaires (27 personnalités dont Hannah Arendt), adressée au journal New York Times, Albert Einstein8 dénonce les méthodes nazies du parti sioniste «Tnuat Haherut» sous Menahem Begin (futur Premier ministre) avec le texte ci-après :
«À l’éditeur du New-York Times. – New York, 2 Déc. 1948
Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, il y a dans l’État nouvellement créé d’Israël l’apparition du «Parti de la Liberté» (Tnuat Haherut), un parti politique étroitement apparenté dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et son appel social aux partis nazi et fascistes. Il a été formé par les membres et partisans de l’ancien Irgun Zvai Leumi, une organisation terroriste d’Extrême-Droite et nationaliste en Palestine…».
Le soutien américain est accordé à Begin qui se trouvait en visite aux USA en cette période. Les puissances européennes, étourdies par leur complexe de culpabilité, font la sourde oreille devant les horreurs perpétrées par l’entité sioniste nouvellement créée.
À la fin du mois d’octobre 1956, Israël est la tête de pont de l’agression impérialiste franco-britannique contre l’Égypte de Nasser. Le président égyptien décide de mettre fin à l’exploitation coloniale franco-britannique du Canal de Suez qu’il nationalise en 1956. Les sionistes, sous prétexte que leurs navires se trouveraient menacés mais aussi hostiles à toute tentative d’un pays arabe d’émerger ou de se développer, attaquent en premier l’Égypte qui est loin d’avoir les capacités militaires de ses adversaires. Français et Britanniques, évoquant de nouveau la Shoah, interviennent militairement, soi-disant pour défendre Israël. Seule l’injonction soviétique contraindra les troupes étrangères au retrait en fin décembre 1956. Le président Nasser en sortira, vainqueur sur le plan politique.
Toutes les guerres successives, 1967, Sabra et Chatila au Liban en 1982, la répression de l’Intifada de 1987 ont été conduites par Israël avec le consentement sinon le soutien militaire des puissances occidentales, sous le prétexte du droit israélien à se défendre. La guerre de 1973 (offensive égypto-syrienne) a eu lieu en raison du refus de l’entité sioniste de restituer les territoires occupés depuis 1967 et du rejet du Plan Rogers, plan de paix américain (saboté également par Henry Kissinger).
Les agressions de 2005, 2009, 2014, 2021 faisant des centaines sinon des milliers de victimes palestiniennes sont tolérées voire soutenues par les puissances occidentales.
Le génocide de Gaza
La Résolution 26211 (XXV) du 12 octobre 1970 portant sur le Programme d’action pour l’application intégrale de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (A/8086) stipule :
1. Déclare que la persistance du colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations représente un crime qui constitue une violation de la Charte des Nations unies, de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux et des principes du droit international9 ;
2. Réaffirme le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter, par tous les moyens nécessaires dont ils peuvent disposer (en gras par l’auteur), contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance ; La Résolution 31032 des Nations unies du 12.12.1973 : «La lutte des peuples soumis à la domination coloniale et étrangère et à des régimes racistes pour la réalisation de leur droit à l’autodétermination et à l’indépendance est légitime et entièrement conforme aux principes du droit international».10
Ces deux résolutions des Nations unies placent toutes les actions des Palestiniens en conformité avec le droit international et légitiment le combat des Palestiniens contre l’entité sioniste occupante et son régime d’apartheid.
Le sociologue Dr. Liess Boukra11 (décédé en 2022), dans une étude approfondie du phénomène du terrorisme, nous en donne une définition : «Par terrorisme, nous entendons toute forme de violence, légale ou illégale, qui vise à restreindre ou à abolir les libertés collectives et individuelles. Cette violence peut être le fait d’un État ou d’une organisation clandestine. A contrario, nous qualifierons de violence politique armée, toute forme de violence, qui vise à défendre, à conquérir ou à reconquérir les libertés individuelles et collectives…».
Norman Finkelstein12, politologue juif de parents survécus à l’Holocauste et auteur en autres de l’ouvrage «Industrie de l’Holocauste», déclarait dans une interview à TRT World : «…Ce qui s’est passé en Israël le 7 octobre était une révolte d’esclaves qui vivaient dans un camp de concentration… un camp de concentration qui est en train de devenir un camp de la mort…».
Citant l’exemple de Nat Turner, un esclave noir américain meneur d’une révolte contre les Blancs aux États-Unis en 1831, il souligne que Nat Turner est célébré dans l’histoire américaine.
La révolte du Ghetto de Varsovie, en mai 1943 contre l’occupant nazi, également célébrée dans les pays occidentaux, est considérée comme un acte d’héroïsme. Le Hamas est déclaré organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne mais pas par les Nations unies.
La bande de Gaza, un territoire de 365 km², avec la plus haute densité de population au monde (plus de 5000 au km²) et où vivent 2,3 millions de personnes, a été mise sous blocus par l’entité sioniste depuis 2006 devenant une authentique prison à ciel ouvert.
En proie à un besoin de réhabilitation permanente et une quête d’absolution qui se déclinent dans la protection de l’entité sioniste, quels que soient les actes innommables qu’elle commet, les puissances occidentales, ex-coloniales ou impérialistes, offrent un soutien inconditionnel au génocide actuel à Gaza. Un soutien qui a lieu sous plusieurs formes :
Politique
Tous les gouvernements européens tiennent le même discours : l’attaque terroriste du Hamas et le droit à sa défense d’Israël. Ce dernier a été attaqué par l’organisation «terroriste» du Hamas, une attaque provoquant la mort de 1400 israéliens et une prise d’otages de 240 personnes. La réponse d’Israël est légitime. Tout éloignement de cette thèse est considéré comme un acte antisémite.
Les manifestations de soutien au Palestiniens sont au début interdites. Elles sont juste tolérées par la suite et tout acte «déplacé» est jugé hostile à l’État d’Israël, un État par ailleurs sans frontières.
En Allemagne, il serait même question de faire reconnaitre aux étrangers désireux d’acquérir la nationalité allemande, en plus de répondre à d’autres critères13, celui du droit à l’existence d’Israël (l’Allemagne en fait une raison d’État).
Dans son discours de fin d’année, le président allemand, le social-démocrate Frank-Walter Steinmeier, se montrant très affecté en raison des événements d’actualité déclarait en autres :
«… Et depuis l’automne, nous assistons avec horreur aux atrocités du Hamas et aux victimes de la guerre au Moyen-Orient…». Après trois mois de bombardements israéliens sur Gaza, causant la mort de plus de 22 000 personnes et de plus de 50 000 blessés, le nom d’Israël, auteur de ces crimes destructifs, n’a jamais été évoqué dans son discours.
De rares personnages politiques ont condamné le génocide, à l’instar de J.L. Mélenchon, de Dominique de Villepin, de la députée irlandaise Claire Daly, de Michèle Sibony, et d’autres encore qui réfutent la thèse selon laquelle le 7 octobre serait le début du conflit israélo-palestinien mais plutôt un problème de colonialisme et d’apartheid qui dure depuis au moins 1948.
Militaire
Les USA sont le principal fournisseur en armements et parrain de l’entité sioniste. Porte-avions et autres navires de guerre sont sur place. Il n’est nullement question d’un conflit asymétrique, mais d’un conflit entre deux États, Israël, État juif et démocratique (notons l’oxymore !) et l’autre, fanatique-religieux (le Hamas), deux États qui «s’équivalent» militairement en raison de l’appui supposé ou réel du second par les «forces du mal» (Iran, Hezbollah…). Le rapport de force nous est illustré dans le tableau ci-dessous. Passons outre sur le très haut niveau technologique de l’armée de terre, de l’air et de la marine sionistes qui existe depuis plus de 50 ans.

Le traitement inhumain et humiliant des prisonniers palestiniens dont des enfants, est, avec une intensité décuplée, nous rappelle celui de la prison d’Abou Ghraib en Irak en 2008, signe d’une idéologie suprémaciste, une représentation basée sur une classification raciale apte à justifier un système de domination coloniale présenté sous sa forme édulcorée d’apport civilisationnel et de progrès aux populations dites «inférieures et barbares».

Le statut victimaire de l’entité sioniste, toujours invoqué pour justifier sa réaction brutale, ne tolère pas de concurrence victimaire, surtout celle relative à l’Holocauste qu’il est en train de discréditer par ses méfaits de son propre chef sous nos yeux.
L’exécution par l’armée israélienne de trois otages israéliens torses-nus, arborant drapeau blanc et invoquant de l’aide en hébreu, n’a pas été faite au hasard ou par inadvertance. Les otages, pris pour des Palestiniens, ont tout simplement été exécutés sans vérification aucune de leur identité, une pure manifestation du racisme sioniste envers les Palestiniens. Les «cafards» (dixit Golda Meier) ou les «animaux humains» (Yoav Gallant) n’ont pas le droit d’exister. L’armée sioniste classe l’évènement comme un incident de parcours regrettable.
Médiatique
La hasbara occidentale déclare à l’unisson le droit à sa défense d’Israël face au terrorisme du Hamas.
La presse, écrite et audio-visuelle occidentale, est la courroie de transmission des informations données par les autorités israéliennes sur les «horreurs» du Hamas (viols, bébés décapités, corps déchiquetés…) sans le minimum de vérification ou l’apport de preuves ou d’images. Ces informations mensongères ont été dénoncées par la suite dans le New York Times et le Washington Post.
Le quotidien Haaretz a porté plusieurs éclairages quant aux informations israéliennes sur l’attaque du Hamas : le nombre de victimes a été revu à la baisse, de 1400 à 1200. Plusieurs victimes ont été tuées par les soldats israéliens. La rave-party Nova14 n’était probablement pas connu du Hamas.
Le journaliste Serge July, cofondateur de Libération (journal gauchiste puis libéral-libertaire [sic]), dans son article «La fuite en avant de Benjamin Netanyahou (B.N.)» dans Libération du mardi 2 janvier 2024, écrit entre autres : «L’attentat monstrueux commis par le Hamas le 7 octobre aura tué près de 1200 personnes, fait des milliers de blessés tandis près de 140 otages resteraient détenus… Le choix de la guerre à outrance à Gaza de la part de B.N., une guerre faisant des milliers de morts dans la population palestinienne, est lui aussi stratégique… à Brooklyn, le 21 octobre, une grande manifestation pro-palestinienne a lieu pour «stopper le génocide parrainé par les États-Unis à Gaza»… La guerre de Gaza avec son caractère radical et destructeur nourrit une nouvelle vague antisémite, jusqu’à l’Afrique du Sud qui a souffert de l’Apartheid et qui dénonce le «génocide» en cours à gaza. «Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde» comme le disait Albert Camus».
Tout en condamnant la politique de Netanyahou, opposée à la solution à deux États, soutenue par Biden et l’Europe, et faisant part de ses ennuis avec la justice pour corruption, fraude et abus de confiance, Serge July non seulement passe sous silence le caractère génocidaire de l’intervention sioniste à Gaza, mais accuse les manifestants pro-palestiniens d’antisémitisme, en particulier ceux de Brooklyn durant la manifestation du 21 octobre 2023, à laquelle participaient des juifs newyorkais. Assimilant l’antisionisme à de l’antisémitisme, il condamne en même temps la position assumée par l’Afrique du Sud de dénoncer auprès de la Cour pénale internationale, l’entité sioniste pour Génocide et pour clôturer, cite l’écrivain colonialiste et raciste Albert Camus.
Serge July, lance une critique acerbe envers Netanyahou et sa coalition au plan de la politique intérieure mais s’abstient de toute condamnation du génocide en cours.
Nous rappelons ce que dit la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1948) :
«Art. II – Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
- a) meurtre de membres du groupe ;
- b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
- c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
- d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
- e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. Des prises de position comme celles de July sont communes au sein de la gauche européenne».
Les violences que subissent les Gazaouis sont, pour la gauche, le résultat de la terreur islamiste du Hamas et de son antisémitisme déclaré, soutenu d’autant plus par l’«axe du mal»15 (Iran, Hezbollah, Houthis…) «notoirement antisémites». Soit la dissolution d’un problème d’occupation coloniale et d’apartheid, datant depuis un siècle, dans une dimension religieuse, voire civilisationnelle.
Nous rappelons le rôle essentiel de l’impérialisme britannique dans la mise en place au pouvoir en Arabie du clan des Ibn Saoud, imprégnés de Wahhabisme rigoriste, et le soutien à la création du parti des Frères musulmans de Hassan Al Banna en 1929. L’impérialisme américain, détrônant en quelque sorte l’impérialisme britannique, a poursuivi cette politique après la signature de l’accord de Quincy en 1945, qui stipulait «pétrole pour les USA contre sécurité et stabilité pour les Saoudiens», mais avec également pour objectif de contrecarrer, via l’islamisation, le nationalisme arabe syrien puis égyptien (sous le président Nasser), et pouvoir ériger un rempart anticommuniste et antisoviétique au sein du monde arabe.
Les Wahhabites saoudiens vont accroitre leur influence, surtout à l’issue de l’embargo pétrolier de 1973, et la diriger plus tard vers l’Afghanistan, le Pakistan, la Malaisie etc.. Les USA confortent militairement les moudjahidines afghans contre les soviétiques une décennie durant et engagent au sein d’une coalition préfabriquée, en 1990, dans la première Guerre du Golfe. Les islamistes n’acceptent pas le fait que des troupes étrangères foulent le sol de la terre sacrée et se retournent contre leur ancien patron avec des actions terroristes. C’est le 11 septembre 2001 entre autres. Mais l’ouverture de ce nouveau chapitre ne constituera pas un obstacle pour les USA et l’Europe à persévérer dans le soutien aux islamistes «modérés». Rappelons-nous de la fameuse phrase du socialiste Laurent Fabius «ils font du bon boulot» au sujet des islamistes de Djebhat Al Nosra en Syrie dont les blessés se faisaient soigner à Tel Aviv. Par ailleurs Bernard Henri-Levy faisait, en Libye, lui aussi du bon boulot (destruction de la Libye) pour Israël.
À trois mois du début du conflit à Gaza, le bilan est, sur le plan humain, de 22 438 morts dont 70% sont des enfants et des femmes et près de 60 000 blessés, sans compter ceux qui se trouvent encore sous les décombres. 326 morts parmi le personnel de santé, 121 ambulances détruites, ciblage de 150 établissements de santé, 30 hôpitaux et 53 centres de santé mis hors de service, plus de 100 journalistes tués (Tiens ! on se demanderait pourquoi des journalistes ? serait-ce pour entraver toutes informations en dehors de celles des Hasbaras sioniste et occidentale)… Une population de 2,3 millions de personnes en mouvement ou sous les tentes. Vie sociale détruite, vies familiales détruites, maisons et écoles détruites.
Les gouvernements occidentaux, l’Union européenne, si actifs pour venir en aide aux Ukrainiens, appellent tout juste à des pauses humanitaires pour Gaza (dixit Borrell, chef de la diplomatie européenne), histoire de prendre un café et sandwich et faire reprendre le massacre génocidaire.
Les populations de la majorité des pays de la planète se sont prononcées et ont condamné le génocide sioniste, assumant une position contraire à celle de leur propre gouvernement.
Les gouvernements des pays arabes ne vont pas au-delà des déclarations officielles et entretiennent sans ambages des relations avec les parrains (USA, GB…) de la barbarie sioniste.
Les sorties du président turc, Recep Tayyip Erdogan, ne vont pas au-delà de la gesticulation : il aurait été plus efficace s’il bloquait la livraison de gaz vers Israël qui importe près de 40% de son gaz d’Azerbaïdjan, l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan passant par la Turquie.
A contrario, l’action des Houthis yéménites sont d’une extrême efficacité en bloquant, à Bab el Mandeb (mer Rouge), le transit des navires uniquement à destination du port israélien d’Eilat.
Là aussi la Hasbara occidentale crie au scandale en dénonçant une atteinte à la sécurité maritime internationale à laquelle les États-Unis et une coalition de pays tentent une réponse mais peinent à la mettre en place au vu de la complexité des faits et l’enchevêtrement des divers intérêts.

Le résultat de l’action des Houthi est probant dans la mesure où les navires des grandes compagnies maritimes en provenance du Golfe persique ne transitent plus par le canal de Suez mais font le tour par Cap de Bonne Espérance (voir carte ci-dessous) pour atteindre l’Europe ou vice-versa. Les retombées négatives pour les économies occidentales et autres sont énormes. 10 jours de trajet et 9000 km de différence entre les deux alternatives pour chaque trajet vont causer des dommages substantiels.
Le projet du Canal Ben Gourion, à partir d’Eilat vers la Méditerranée, en traversant la bande de Gaza, comme alternative sioniste au canal de Suez, deviendrait, dans de telles conditions, obsolète, à moins d’embraser tout le Moyen-Orient.

L’existence d’un réseau de câbles de fibres optiques sous-marins (Internet, espionnage…) reliant les pays asiatiques, africains et européens et passant justement par Bab el Mandeb (en Mer rouge où la profondeur des eaux ne dépasse pas les 200 mètres), amplifie la complexité de la situation et les risques de dérapages voire de déstabilisation de toute la région si le génocide des Palestiniens continue. Ce qui porterait un coup sérieux aux BRICS, un objectif convoité et à atteindre pour les États-Unis.
Les récents attentats au Liban et en Iran, soi-disant revendiqués par l’ISIS (organisation islamiste), portent à croire que ce sont bien les USA et Israël à en être les mandants, du moment que l’entité sioniste ne parvient pas à vaincre le Hamas après trois mois d’atrocités pour lesquelles Israël et ses parrains occidentaux seront jugés par le Tribunal de l’Histoire.
source : Algérie 54
envoyé par Amar Djerrad
- Juif d’origine hongroise, (1860-1904), installé à Vienne, avocat de formation et de profession journaliste. Assimilationniste convaincu au départ, change diamétralement de position après sa couverture du procès à Paris, en 1895 contre le capitaine Alfred Dreyfus, accusé d’intelligence avec l’ennemi (Allemagne). Herzl est le fondateur du sionisme politique.
- Partisan du sionisme spirituel et leader au sein de l’organisation «Amants de Sion» (Hibbat Sion).
- Voir Accords Sykes-Picot de 1916
- La Déclaration Balfour a été faite en contrepartie à l’apsort essentiel des sionistes à l’empire britannique en particulier. En effet, à la fin de l’année 1916, la Grande-Bretagne et la France se trouvaient en très mauvaise posture sur le terrain face à l’Allemagne. La Russie tsariste connaissait les premiers troubles internes et sa contribution aux coté des alliés devenait moindre jusqu’à disparaitre totalement avec la Révolution d’Octobre de 1917. Le chancelier allemand, Dr. von Bethmann-Hollweg, et son homologue autrichien, proposent un plan de paix à leurs adversaires et un retour à un statu quo «ante bellum» (d’avant-guerre). Les sionistes, voyant leur projet colonial menacé si l’empire ottoman devait rester sur place, font intervenir le chef de la cour suprême aux États-Unis, le sioniste Louis Brandeis, ami et conseiller du président Woodrow Wilson, pour faire intervenir les USA dans le conflit, jusque-là entres puissances européennes seulement. En 1917, les États-Unis entrent en guerre et le conflit devient mondial. Voir livre : «Palestine, le plus grand hold-up du XXe siècle», Mohamed Taleb, 2019 Éditions APIC.
- Sont présents avec la Grande Bretagne, la France, l’Italie, les USA, la Belgique, la Grèce et le Japon.
- Voir Link : Correspondance McMahon-Hussein — Wikipédia (wikipedia.org)
- https://blogs.mediapart.fr/salah-horchani/09/04/13/devoir-de-memoire-9-avril-1948-le-massacrede-deir-yassin
https://the-bing-bang-blog.blogspot.com/2018/05/une-lettre-dalbert-einstein
Cordialement – Albert Einstein - https://www.madaniya.info/2023/09/25/lettre-adressee-par-albert-einstein-et-hannaharendt-au-new-york-times/02/12/1948
- https://documents-ddsny.un.org/resolution.pdf
- https://www.refworld.org/docid/3b00f1.html
- Boukra Liess, «Le terrorisme : Définition, histoire, idéologie et passage à l’acte». Chihab Éditions, 2006, p.204
- https://www.trtworld.com/qanda-what-happened-in-israel-on-october-7-was-a-slaverevolt
- Entre autres : Reconnaissance de l’ordre fondamental libéral et démocratique de la Loi fondamentale (Constitution allemande)… Connaissance de l’ordre juridique et social et des conditions de vie en Allemagne (test de naturalisation)…
- https://www.haaretz.com/2023/11/18/israeli-security-establishmenthamas-likely-didnt-have-prior-knowledge-of-nova-festival
- Expression inventée par le messianiste et criminel de guerre G.W. Bush, ex-président des USA.
