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La guerre en Ukraine ou la douloureuse naissance d’un monde nouveau

23 mars 2024 STRATPOL

Article du Général (2S) Marc Paitier ; autrement dit du général à deux étoiles (S du latin « stella » ou « sidus » et non pas de l’anglais « star »), donc général de brigade (unité réunissant entre 5.000 et 10.000 hommes).

Deux ans après le début de la guerre en Ukraine, la réalité contredit les prévisions hasardeuses du camp occidental qui annonçait la mise en échec de la Russie. En fermant la porte à la diplomatie, les États-Unis et les pays de l’Union européenne n’ont fait que prolonger la guerre en entretenant l’illusion que l’Occident avait les moyens de la soutenir et de la gagner, contribuant ainsi à imposer au peuple ukrainien des souffrances effroyables.

On peut tirer des évènements et de la situation actuelle un certain nombre d’observations et d’enseignements. Pour qu’un tel exercice puisse être utile, il faut éviter toute forme de simplification et de manichéisme. Nous en sommes loin. Toute position qui s’écarte de la doxa officielle en replaçant cette guerre dans son contexte historique et géopolitique, et en soulignant les erreurs et les fautes qui nous incombent, est combattue et disqualifiée. On ressort alors les mots qui tuent pour discréditer ceux qui ont un regard différent sur la guerre. Ce sont des traitres et des collabos contaminés par l’esprit de Munich. Jamais, peut- être, l’opinion n’a été manipulée à ce point. Triste réalité d’une époque médiocre dans laquelle l’intelligence a cédé la place à l’idéologie.

Avec la distance prise par les Etats-Unis dans le soutien à l’Ukraine, l’Europe et particulièrement la France, seule puissance nucléaire, se retrouvent en première ligne. Emmanuel Macron s’est saisi de cette « opportunité » pour durcir son discours de façon outrancière et adopter une position belliciste. Celle-ci pourrait faire prendre au conflit une tout autre dimension, infiniment plus tragique encore.

Il ne s’agit pas de présenter ici une analyse exhaustive du conflit ukrainien et de ce qu’il nous dit des bouleversements qui s’annoncent. Il s’agit plus modestement de développer quelques réflexions dictées par la recherche honnête de la vérité en ayant conscience que celle-ci ne se laisse pas enfermer dans une vision qui distingue le camp du bien et le camp du mal. La réalité est beaucoup plus complexe.

1.   La faute historique de l’Occident

L’effondrement du monde soviétique, la dissolution du pacte de Varsovie et la dislocation de l’URSS représentaient une occasion historique pour mettre en place en Europe une nouvelle architecture de sécurité incluant la Russie. C’est dans cette perspective que Mikhaïl Gorbatchev avait parlé de la « maison commune » Europe-Russie, vision qui s’est heurtée au veto catégorique des Etats-Unis, hostiles depuis toujours à l’idée d’une Europe unie de « l’Atlantique à l’Oural ». Quant aux Européens, ils se sont alignés et sont restés sourds à la proposition russe par manque de lucidité, de courage et d’unité. Ils ont donc fait le choix de continuer à dépendre des États-Unis pour leur sécurité par le biais de l’OTAN. Malgré tout, l’heure étant à la détente, l’engagement fut pris par Georges Bush père, de ne pas étendre l’OTAN aux anciens satellites russes et de ne pas déployer des moyens militaires aux frontières de la Russie, c’est-à-dire dans les pays baltes, la Moldavie, la Biélorussie et l’Ukraine. James Baker, le secrétaire d’état américain et Roland Dumas son homologue français ont clairement rappelé la réalité de cet accord1 qui est niée par de nombreux commentateurs sous prétexte que celui-ci n’a pas fait l’objet d’un document écrit.

Peut-on imaginer que les dirigeants soviétiques aient accepté le démantèlement de leur empire sans obtenir certaines garanties concernant la sécurité de la Fédération de Russie dans sa zone d’influence ? Cet engagement n’a pas été tenu.

La Russie s’est sentie trahie et humiliée. En 1999, l’OTAN en bombardant Belgrade, alliée de Moscou et en envahissant la province serbe du Kosovo, a violé délibérément le principe d’intangibilité des frontières. C’est son premier grand péché. A l’époque, la Russie qui venait de subir 10 ans de chaos, n’était pas en mesure de riposter, mais elle n’a pas oublié. L’Occident est donc mal venu aujourd’hui de donner des leçons de morale à la Russie dans ce domaine. Vladimir Poutine lui a pourtant tendu la main au début de son mandat. En 2000, il envisageait la possibilité pour la Russie d’adhérer à l’OTAN. En 2002, Moscou a accepté la mise en place d’un conseil OTAN/Russie. En 2003 et 2005, des négociations entre l’Union européenne et la Russie ont cherché à définir des espaces de coopération entre les deux parties dont l’un concernait la sécurité extérieure. La responsabilité de l’échec de cette voie de coopération ne peut être imputée aux seuls Occidentaux, mais l’enchaînement de nombreux actes perçus comme autant d’agressions ont convaincu Vladimir Poutine de mettre un terme à ses relations avec l’Occident et de se tourner vers l’Asie.

Il n’est pas inutile de rappeler ces actes : extension de l’OTAN au plus près de la frontière russe ; ingérence américaine et soutien lors de la révolution Orange et de la révolution de Maïdan ; non application des accords de Minsk (février 2015), pourtant garantis par la France et l’Allemagne, qui prévoyaient notamment un large statut d’autonomie pour les régions séparatistes russophones d’Ukraine de Donetsk et de Lougansk ; déploiement de bases américaines en Ukraine2 ; projet d’intégrer ce pays dans l’Union européenne et dans l’OTAN. Si de tels faits se produisaient aux portes des États-Unis, ceux-ci réagiraient militairement avec l’approbation de tous les pays occidentaux.

En 1997, [feu] le géopoliticien américain [d’origine polonaise] Brzeziński [bzèzin’ski] identifie trois actions prioritaires3 qui permettraient aux Etats-Unis de conserver leur rôle à l’échelle mondiale : « contenir la poussée » de la Chine, « maintenir la division de l’Europe » et… « couper la Russie de l’Ukraine ». Cette guerre est donc avant toute chose une guerre entre les Etats-Unis et la Russie. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire eurasien ce qui est l’objectif des Américains. Après une longue agonie, la Russie est redevenue une grande puissance soutenue par une grande partie du monde qui rejette le modèle occidental. Avoir ignoré cette réalité et poussé la Russie dans les bras de la Chine constitue la grande faute de l’Occident.

2.   Les mensonges

Cette guerre nous concerne directement

Le sens donné à la guerre entre la Russie et l’Ukraine par les démocraties occidentales pour justifier leur implication repose sur un certain nombre de mensonges. Le premier, celui qu’il est interdit de remettre en cause, consiste à affirmer que « cette guerre est notre guerre », qu’elle concerne directement notre sécurité et notre avenir. Il s’agit de faire de la Russie un épouvantail : celle-ci voudrait reconstituer son empire et menacerait notre liberté. Aujourd’hui l’Ukraine, demain la Moldavie, la Roumanie et la Pologne et après-demain les chars russes seront à Brest4.

Tout le discours officiel va dans ce sens. Gabriel Attal : « S’abstenir, c’est fuir ses responsabilités devant l’histoire, trahir ce que nous avons de plus cher depuis le 18 juin 1940, l’esprit français de résistance… La Russie est une menace, non seulement pour l’Ukraine, mais aussi directement pour nous, pour l’Europe, pour la France, pour le peuple français5 ». Emmanuel Macron : « Si la Russie gagnait, la vie des Français changerait6 ». Valérie Hayer, tête de liste Renaissance aux élections européennes : « Hier Daladier et Chamberlain, aujourd’hui Le Pen et Orban. Nous sommes à Munich en 19387». Ce dernier argument, répété à l’envi, sert à justifier une intervention militaire dans des circonstances qui n’ont pourtant aucun point commun avec la situation de l’Europe, à la fin des années 30.

Il y a quelques années, un officier général, conseiller du pouvoir au plus haut niveau, faisait remarquer, à l’auteur de ces lignes, combien il avait constaté un manque total de culture historique chez les responsables politiques. En voilà une preuve. La  dénonciation de l’esprit munichois, totalement anachronique en la circonstance, est assénée sans discernement, à chaque fois qu’un arbitrage est à rendre entre une solution militaire et une solution négociée. Ce fut le cas au Kosovo, en Irak, en Afghanistan, en Syrie et en Libye. Elle sert à couvrir le mensonge, lequel sert à couvrir toutes les contre-vérités du discours officiel.

Celui du Premier ministre devant l’Assemblée nationale le 12 mars représente sans doute un sommet dans ce domaine. C’est ainsi que l’économiste Jacques Sapir a établi la litanie des contre-vérités énoncées par Gabriel Attal et de ses mensonges par omission. Parmi ceux-ci, l’occultation du fait que dès le 17 février 2022, soit une semaine avant l’invasion russe, les bombardements ukrainiens redoublaient sur Donetsk et Lougansk. Le jeune Premier ministre oublie également que la guerre actuelle est une prolongation de celle qui a commencé en 20148 lorsque Kiev a envoyé des troupes dans le Donbass pour réprimer la rébellion anti-Maïdan, opération conduite en violation des accords de Minsk.

Si l’on peut légitimement condamner la décision russe d’attaquer l’Ukraine [mais avait-elle le choix?], il faut toutefois la replacer dans son contexte. Le sociologue et historien Emmanuel Todd, dans son livre « La défaite de l’Occident », démontre, de façon convaincante, que la Russie ne fait peser aucune menace sur l’Europe occidentale. «Elle sait, dit-il, ne pas avoir les moyens démographiques et militaires d’une expansion vers l’Ouest ; la lenteur de son action en Ukraine le démontre9». Pour lui, la menace russe relève du fantasme. La Russie se bat sur sa frontière. Donetsk n’est qu’à 100 km de la Russie et à 3000 km de Paris. Une éventuelle victoire de la Russie ne menacerait donc pas notre territoire, pas plus qu’elle ne mettrait en cause nos intérêts vitaux.

Zelensky, le Churchill ukrainien

Diaboliser Poutine et la Russie ne suffit pas, il faut dans le même temps, glorifier Zelensky, le « Churchill ukrainien ». Élu en 2019 après avoir incarné un président fictif incorruptible dans une série télévisée intitulée « Serviteur du peuple », Volodymir Zelensky a été épinglé par un consortium de journalistes d’investigation (Pandora Papers) pour des montages financiers offshore. Il avait financé sa campagne avec l’argent du sulfureux milliardaire Igor Kolomoiski qui avait mis son empire médiatique à sa disposition. Voilà qui ternit l’image du chevalier blanc pourfendeur de la corruption endémique dans son pays. Il a été élu en promettant de relancer le processus de paix avec la Russie pour mettre fin à la guerre dans le Donbass. Il ne s’est pas engagé dans cette voie et la pression américaine et européenne n’est pas pour rien dans ce choix. François Hollande et Angela Merkel ont avoué que les accords de Minsk n’avaient qu’un seul but : donner du temps à l’Ukraine pour réarmer contre les Russes, ce qui signifie que la guerre était déjà envisagée par les puissances occidentales10.

Zelensky attiré par les sirènes occidentales et aspirant à rejoindre l’OTAN n’a pas contrarié ce plan. Il va alors mener, soutenu par son mentor américain, une politique russophobe. La langue russe est interdite dans les institutions d’état. Début 2021, il fait fermer trois chaines de télévision d’opposition. Après le déclenchement du conflit des dizaines de journalistes sont arrêtés, la plupart défendant des positions de gauche. En mars 2022, onze partis hostiles au gouvernement sont interdits. Avec le soutien aveugle et inconditionnel dont il jouit de la part de l’ensemble des dirigeants occidentaux, Zelenski n’hésite pas à faire de la surenchère permanente en jouant sur la corde morale pour amener les Occidentaux à s’engager toujours davantage au profit de l’Ukraine. Il ne manque pas de talent pour servir son image avec un discours progressiste qui séduit les démocraties occidentales. Dans le même temps, représentant  du camp du bien, il attise les braises du conflit avec des déclarations jusqu’au-boutistes qui excluent toute possibilité de négociation. Les dirigeants européens le suivent et lui déroulent le tapis rouge à chacune de ses visites. Les media, l’intelligentsia, le monde du spectacle en ont fait un héros. On l’a vu intervenir en direct lors de la cérémonie d’ouverture du dernier festival de Cannes devant un parterre totalement acquis à sa cause.

3.   Les illusions

Les mensonges vont de pair avec un certain nombre d’illusions que les faits mettent de plus en plus en lumière.

L’effondrement de l’économie russe

La première illusion est d’avoir ignoré la capacité de résilience de l’économie ruse. On claironnait partout que les sanctions allaient mettre la Russie à genoux. Bruno Lemaire, notre ministre de l’économie n’hésitait pas à affirmer au tout début de la guerre, en levant le menton : «Nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe.» L’exclusion des banques russes du réseau SWIFT11 devait provoquer la ruine de son système financier. [Mais la Russie n’est pas le Vatican ; petit rappel : les étatsuniens ont éliminé le « mauvais » pape Ratzinger en l’empêchant de faire marcher la banque du Vatican sur le réseau SWIFT] Deux ans après, l’économie russe se porte bien. Des esprits éclairés auraient pu le prévoir car la Russie s’était adaptée aux mesures prises contre son économie en 2014 et s’était préparée à faire face à un nouveau train de sanctions plus lourdes encore. Elle a réorienté avec succès ses approvisionnements et ses exportations. Dans tous les domaines la Russie a fait preuve d’une flexibilité que les experts occidentaux n’avaient pas envisagée. Ils pensaient que la Russie de Poutine avait conservé la rigidité de la Russie soviétique [et était encore l’URSS]. L’économie russe est aujourd’hui au-dessus de son niveau d’avant-guerre mais [sic] il ne faut pas méconnaître la part prise par l’industrie de l’armement en pleine activité. [« mais [sic] » car en un tas d’autres domaines, elle a progressé, le seul vrai problème russe est celui de son manque de main d’œuvre ; d’autre part le gouvernement russe ne cache pas sa volonté d’être capable de faire en sorte que le pays puisse subvenir à tous ses besoins, voire à pouvoir vivre en autarcie, du moins dans tous les secteurs essentiels de la vie]. [Ajoutons la chute des économies européennes initiées par les sanctions contre la Russie et l’acte terroriste anglo-saxon sur Nord Stream, augmentée par les aides et les avantages accordés à l’Ukraine, qui n’est pas même un pays de l’Union européenne, par cette même Union européenne ; dans le même temps où l’on réduit, sur ordre de l’Union européenne, le budget national français dans les domaines de la santé, de l’éducation, des retraites, des aides sociales, etc.]

La faiblesse militaire russe

« L’armée russe, sans doctrine et après une offensive sans réels objectifs, s’était écrasée sur les forces armées ukrainiennes motivées et bien préparées par les Américains. Les  Ukrainiens reprennent toutes les  grandes villes de Kharkiv à Kherson en novembre 202212 ». L’hiver 2022-2023 a été éprouvant pour l’armée russe d’autant plus que l’Ukraine commençait à bénéficier d’importantes livraisons d’armes et de munitions en provenance des Etats-Unis et de l’Europe. A partir de là, l’Occident a cru que la victoire ukrainienne était acquise. Selon Isabelle Facon, spécialiste des politiques de défense et de sécurité russes et maitre de conférences à l’École polytechnique « l’armée russe est une puissance militaire fantasmée… L’invasion de l’Ukraine montre les faiblesses de l’outil militaire russe13 ». Confrontée à une résistance inattendue de la part de l’armée et de la population ukrainiennes, l’armée russe a subi d’emblée de lourdes pertes humaines et matérielles par la faute d’une stratégie défaillante, d’une planification hasardeuse et d’un manque de qualité manœuvrière des troupes sur le terrain. Tels sont les enseignements tirés des premiers mois de la guerre par un grand nombre d’observateurs et de commentateurs qui hantent les plateaux de télévision.

Deux ans plus tard, il apparaît que ces conclusions étaient erronées. Nous avons commis une grave erreur d’analyse en sous-estimant grandement les capacités de l’armée russe. Celle-ci est aujourd’hui un outil bien rodé et efficace s’appuyant sur une parfaite cohérence politique, économique, doctrinale et matérielle. Elle a tiré les leçons de ses échecs relatifs et acquis une expérience et un savoir-faire dans la guerre de haute intensité qu’aucune armée au monde ne possède aujourd’hui. Elle profite aussi de sa profondeur stratégique. Selon le colonel Jacques Hogard, « la Russie a quasiment atteint tous ses objectifs terrain, l’armée russe est regonflée à bloc en hommes et en matériel14 ».

En face, l’armée ukrainienne connaît une grave hémorragie qui frappe son moral. Un lieutenant de l’armée française qui avait croisé au camp militaire de la Courtine (département de la Creuse) un bataillon ukrainien en formation me disait que tous les hommes qui constituaient cette unité avaient été tués ou blessés après leur engagement sur le front. Les pertes ukrainiennes pour lesquelles les informations crédibles manquent, sont en tout état de cause considérables. Elles génèrent de nombreuses désertions. La victoire russe est inéluctable.

La question demeure de savoir quels vont être les objectifs stratégiques de la Russie. Initialement, il s’agissait de priver l’Ukraine de sa capacité de frapper le Donbass et de contrôler la partie orientale russophone en assurant la liaison avec la Crimée. La Russie pourrait vouloir pousser ses pions plus loin [poussera nécessairement ses pions plus loin] en privant l’Ukraine de son accès à la mer par la jonction entre le Donbass et la Transnistrie15 en prenant le contrôle d’Odessa. Les buts de guerre pourraient évoluer pour obtenir des gages en vue de futures négociations. [On s’achemine plutôt, vu ce que l’on peut lire des uns et des autres de certains hauts dirigeants russes, vers une reddition sans concession]

La fragilité du régime russe

Selon les media occidentaux, la rébellion armée d’Evgueni Prigojine16 en juin 2023 a fait chanceler un régime affaibli par la guerre. Pour eux, les conséquences de cette crise seront profondes et durables. « Le système Poutine se fissure » titre le journal l’Opinion17. « Le régime de Poutine est en état de décomposition » ajoute le général Yakovleff18. La moindre manifestation comme celle qui a suivi la mort de l’opposant Navalny est rapportée comme un camouflet pour Vladimir Poutine. A écouter nos radios et nos chaines de télévision, son régime est contesté par une partie significative de la population. Il se maintient au pouvoir par la force et par la peur, par les assassinats et les élections truquées.

La réalité est bien différente. Le président russe est populaire. Le taux d’approbation de son action se situe autour de 75%. Il est même supérieur aujourd’hui à ce qu’il était avant la guerre. Quel dirigeant occidental peut en dire autant ? Bien entendu, on mettra en cause des sondages falsifiés mais la réalité est là : la Russie soutient Vladimir Poutine, l’homme qui lui a redonné son honneur et sa grandeur après les années d’humiliation de la présidence Eltsine. Jamais les conditions de vie n’ont été aussi bonnes en Russie que sous Poutine. La façon dont le peuple soutient son armée et accepte les sacrifices de la guerre prouve la solidité du régime russe. Il n’est pas sûr que nos démocraties occidentales, confrontées à la guerre, connaissent la même stabilité.

La seule véritable fragilité de la Russie se situe dans sa démographie. Son taux de fécondité est faible. Il se situe autour de 1,5 enfants/femme (proche de celui de l’Union européenne : 1,59). La politique soutenant la natalité est une priorité du régime mais la guerre est un obstacle à son développement et à sa réussite.

Les capacités militaires européennes

L’illusion concerne aussi nos propres capacités militaires. Les nations européennes ont depuis la chute du Mur réduit de beaucoup leur effort de défense, supprimé pour la plupart la conscription et professionnalisé leurs armées, le tout sur un horizon d’abandon des vertus propres au métier militaire. Difficile dans ces conditions, pour l’Union européenne, de prétendre s’immiscer dans une guerre classique dite de « haute intensité » qu’elle n’est pas capable de mener seule.

Si l’armée française est la plus opérationnelle de toutes les armées du Vieux Continent, constituée de remarquables unités et disposant d’un grand spectre de capacités, elle n’en est pas moins « échantillonnaire ». Elle est « à l’os » disait le général de Villiers ; une armée « bonzaï » pour reprendre une image souvent utilisée. La France qui a réduit progressivement son armée comme une peau de chagrin, sous tous les gouvernements de gauche comme de droite, ne pourrait projeter qu’une vingtaine de milliers d’hommes. « On ne pique pas l’ours russe avec des coups d’épingle19 ». Elle n’est donc pas en mesure de conduire un combat de haute intensité dans la durée. Elle l’est d’autant moins qu’elle a principalement participé, ces dernières décennies, à des opérations de maintien de la paix qui ne l’ont pas préparée à ce type d’engagement. [Face à aucune armée véritable, mais de simples éléments terroristes et sous-équipés]

Par ailleurs, la constitution d’une armée européenne qui est souvent défendue par quelques esprits utopiques est un leurre. « Il n’y a pas d’armée sans une autorité politique légitime, laquelle ne peut naître que d’un peuple établi en Nation et élisant ses responsables. Or, l’histoire comme l’actualité montrent que rien de tel à l’échelle du vieux continent ne  paraît possible sauf à sombrer dans l’utopie… En outre, évoquer une armée européenne, c’est évoquer la dissuasion nucléaire, son emploi, par qui ? Comment ?20 » Compte-tenu des enjeux inhérents à la détention de l’arme atomique et même si une certaine discrétion doit entourer la définition de nos intérêts vitaux, il serait nécessaire et légitime que les allusions présidentielles à une extension de l’objet même de la dissuasion nucléaire soient débattues au Parlement. [Ce qui est aussi une douce utopie, vu l’état de délabrement du personnel politique français de tous bords] En d’autres termes, s’agit-il de protéger plus que le sanctuaire national ?

Ces interrogations sont aussi l’occasion de nous rappeler que la guerre nous a rarement trouvés prêts et si Emmanuel Macron affirme aujourd’hui : « Nous sommes prêts », souvenons-nous de Paul Reynaud affirmant : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts21 » ou du maréchal Leboeuf garantissant à la veille de la guerre de 70 : « Nous sommes prêts et archiprêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats22. » On connaît la suite…

Les Occidentaux pensent que plus ils fournissent d’armes et d’argent à l’Ukraine, plus ils rendent impossible la victoire russe et ce sur le fondement d’un slogan qui semble tenir de la méthode Coué : « Les Russes ne peuvent ni ne doivent gagner la guerre » et qui ne laisse rien penser de la profonde stratégie qui lui serait sous-jacente. La récente évolution de la situation militaire prouve que ce raisonnement est faux. L’implication de l’Occident ne fait que prolonger la guerre aux dépends de la population ukrainienne qui meurt sous les bombes. L’action de l’Occident s’apparente à celle des pompiers pyromanes. La question débattue de la livraison de missiles allemands longue portée Taurus (500 km) qui pourraient cibler des villes russes ; l’engagement au sol de troupes de l’OTAN qu’Emmanuel Macron n’exclut pas, constitueraient, malgré les dénégations du chef de l’état français, une escalade qui pourrait déboucher sur un embrasement apocalyptique. La logique de la force quand elle n’est pas maitrisée et quand, de surcroît, elle ne semble pas résulter d’une fine connaissance de la doctrine d’emploi des forces de l’adversaire, peut conduire à une escalade mortelle. Les chefs d’état occidentaux l’ont bien compris. « Le président français a dressé contre lui la totalité des alliés à commencer par Washington et Berlin qui n’ont pas apprécié la leçon de “courage” venues de Paris23. »

Le soutien américain

Le 3 février, les sénateurs américains sont parvenus à un accord pour envoyer 60 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine après des mois d’âpres débats, mais le président républicain de la Chambre des Représentants, instance qui doit désormais valider ce projet pour le rendre définitif, a promis de l’enterrer malgré l’appel de Joe Biden à l’adopter rapidement. Ce retrait momentané des États-Unis pourrait devenir définitif si Donald Trump était élu en novembre prochain. Il est important de se souvenir que les Américains sont coutumiers du fait de renoncer à leurs engagements et de laisser leurs protégés face à leur tragique destin. Le Vietnam et l’Afghanistan en témoignent.

Depuis le début du conflit, Moscou mise sur l’essoufflement de l’aide occidentale. Toute hésitation des pays soutiens de l’Ukraine, conforte donc les Russes dans l’idée que leur pari sera gagnant. Or, le possible retrait des États-Unis est déjà en train de créer un vide stratégique que les Européens doivent, bon gré, mal gré, occuper avec une France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne, mais sans forces conventionnelles à la hauteur de la menace qu’elle définit dorénavant comme pesant sur l’Europe. L’Ukraine est confrontée à un risque majeur : le désengagement de son principal soutien qui en aucun cas ne peut être comblé par les états européens dont les opinions publiques n’appuieront pas une confrontation directe avec les Russes.

Pour conclure sur les illusions, laissons la parole à François Fillon bon connaisseur de la Russie: « Aucune des prophéties des dirigeants occidentaux sur l’effondrement de l’économie russe, la défaite de son armée ou la fragilité politique de son régime ne s’est produite. Ces prédictions, qu’il était interdit de critiquer, ont révélé une méconnaissance de l’histoire et des réalités stratégiques24 ». Ce constat explique le bêtisier qui suit.

Le bêtisier

La revue trimestrielle Omerta dans son numéro 4 paru en février 2024 liste un certain nombre de déclarations choc, d’acteurs et de pseudo-experts. Elles prêteraient à rire si le sujet n’était pas aussi grave. Nous avons déjà cité Bruno Lemaire, il inaugure ce florilège :

  • Bruno Lemaire, ministre français de l’économie : « On voit l’effondrement du marché, on voit également l’augmentation de l’inflation. Nous allons voir des queues de Russes qui cherchent à avoir de l’argent en liquide dans les banques ». France Info, 1er mars 2022
  • Alla Poedie, Franco-ukrainienne, consultante : « Aucune question ne se pose sur la victoire rapide et prochaine de l’Ukraine. » 13 mars 2022 sur C8
  • Gina Raimondo, secrétaire au commerce des États-Unis : « Le matériel russe serait rempli de semi-conducteurs qu’ils ont sortis des lave-vaisselles et des réfrigérateurs. » 11 mai 2022
  • Bruno Tertrais, politologue spécialisé dans l’analyse géopolitique stratégique : « Le scenario le plus probable est celui de l’effondrement progressif de l’armée russe. » 23 août 2022.
  • Général Michel Yakovleff, officier français, ancien vice-chef d’état-major du GQG de l’OTAN : « Je pense que le régime de Poutine va tomber » 28 septembre 2022. « Le régime de Poutine est en état de décomposition » 23 juin 2023 sur LCI. Visionnaire, le général !
  • Bernard-Henri Lévy, « grande conscience internationale » : « Et si la stratégie de Zelensky et Zaloujny à Bakhmout était : sortir de la ville pour mieux la reprendre…autrement dit le Cheval de Troie à l’envers ? » 21 mai 2023 sur X. Le même quelques semaines plus tard : « Quoi que dise la propagande russe, l’Ukraine est en train de gagner » Toujours aussi clairvoyant le BHL !
  • Nicolas Tenzer, géopolitologue, professeur à Sciences Po : « Si nous livrons beaucoup plus d’armes à l’Ukraine, elle va pouvoir non seulement résister à l’agression mais gagner la guerre. » 1er janvier 2024
  • Volodimir Zelenski, président ukrainien : « Le fait que Poutine soit du côté des vainqueurs n’est rien d’autre qu’un sentiment. » 2 janvier 2024

4.   La défaite de l’Occident

« Cette défaite est une certitude parce que l’Occident s’autodétruit plutôt qu’il n’est attaqué par la Russie25».

Les Etats-Unis profitent de la crise en fournissant au prix fort des ressources énergétiques au Européens. Ceux-ci payent, ainsi, la rupture des sources d’approvisionnement en gaz russe qui nous était vendu à bon prix. La hausse du coût de l’énergie qui en découle met en péril notre industrie ou plutôt ce qu’il en reste. « Le solde commercial de la zone euro est passé d’une valeur positive de 116 milliards en 2021 à une valeur négative de 400 milliards en 2022.26 »

Le retrait de Russie des filiales européennes qui y étaient implantées, touche fortement la France. Avant la guerre, 500 entreprises françaises étaient présentes sur le territoire russe. Total Energies y produit près de 17% de ses hydrocarbures et 30% de son gaz. On comprend les réticences de son président pour céder ses actifs en Russie.

Politiquement, l’Occident voulait isoler la Russie mais c’est lui qui se retrouve isolé. Le reste du monde sommé de prendre parti a clairement choisi de soutenir la Russie. « L’Occident a découvert qu’on ne l’aime pas27 ». On se dirige vers « une bipolarisation du monde avec d’un côté l’Occident américain – avec Israël dans ce bloc- et en face le reste du monde : la Russie, la Chine, l’Amérique latine, les BRIC qui d’une façon générale sont anti-occidentaux.28 » Il faut ajouter l’Afrique à cette liste. La guerre en Ukraine aura révélé que l’Occident  se retrouve seul contre tous, alors que les experts de plateau ne cessent de pointer du doigt l’isolement de la Russie. Le monde occidental conserve certes encore une puissance économique et financière considérable mais il ne pèse plus grand-chose démographiquement et ses prétentions à l’universalisme se retournent contre lui. Les BRICS29 représentent près de la moitié de la population mondiale et les deux tiers de sa croissance contre moins de 10% pour le G730 qui connait un taux de fécondité très bas (ce qui est aussi le cas de la Russie comme nous l’avons mentionné).

Le modèle de société occidental est exécré. Nos injonctions moralisatrices pour imposer la libéralisation des mœurs (théorie du genre, activisme LGBT) constituent un élément fondamental de ce rejet. Vladimir Poutine l’a parfaitement compris qui ne cesse de dénoncer la décadence occidentale. Ce discours rencontre un grand écho en Afrique où les autorités apprécient que la Russie respecte l’identité africaine et n’impose aucune contrainte sociétale, politique ou économique. On ne cesse de dénoncer l’entrisme des Russes en Afrique mais il est d’abord le fait de notre inconséquence. Bernard Lugan, le grand spécialiste de l’Afrique met le doigt où cela fait mal : « C’est un réflexe d’infantilisme total que d’attribuer à l’autre ses propres échecs. Les Russes se sont engouffrés dans le vide… On ne peut pas reprocher aux Russes de se servir de notre nullité. Nous leur faisons la guerre en Ukraine et quand ils nous font la guerre en Afrique, nous trouvons que ce n’est pas moral.31 »

5.   La France rompt avec sa vocation historique

Emmanuel Macron utilise le grave sujet de la guerre en Ukraine à des fins de politique intérieure. Il veut faire de ce conflit un objet de discrimination intérieure où seraient rejetés dans le camp du mal tous ceux qui estiment que la négociation ne serait pas déraisonnable. Il peut s’agir aussi de faire oublier son mauvais bilan et son impopularité mais plus encore, de faire son auto-promotion pour asseoir son destin « d’homme providentiel » qui marquera l’histoire. Au début du conflit, il affirmait qu’il ne fallait pas humilier la Russie et se présentait comme le médiateur qui allait ramener Vladimir Poutine à la raison. Aujourd’hui, il a endossé le treillis du combattant, adopté un discours guerrier pour créer le mythe du président qui ne recule devant rien pour défendre le camp du bien. Il veut être reconnu comme le plus ferme soutien de Zelinski et l’ennemi n° 1 de Vladimir Poutine. « Jupiter » est de retour.

Il s’agit aussi de maintenir le peuple dans la peur. Après le coronavirus, le péril russe. En envisageant, de façon improvisée, l’éventualité d’un déploiement militaire français sur le sol ukrainien, Emmanuel Macron mais aussi tous ceux qui soutiennent son discours, ministres, élus, commentateurs et experts de plateau télé jouent avec le feu. Ils le font avec désinvolture comme s’il s’agissait d’un fait banal alors que la vie de millions d’hommes est en jeu. Henri Guaino dénonce ces apprentis sorciers : « On est en face d’une défaillance intellectuelle et morale. On raisonne de façon tout à fait manichéenne. Il y a le camp du bien et le camp du mal. On est en train de fabriquer une politique sans conscience. Puisque je suis le bien, je peux tout me permettre32 ». Le Président de la République, le Premier ministre, le ministre des affaires étrangères n’ont pas fait leur service militaire. Ils ne connaissent rien au métier des armes, à la condition du soldat. Sans expérience, ils n’ont rien appris ;  sans enfant,  ils n’ont rien transmis. Ils parlent de courage sans connaitre le sens de ce mot. Ils font de grandes envolées lyriques sans mesurer la portée de leur paroles33. « Malheur à toi, pays, dont le roi est un enfant34 ».

En agissant comme ils le font, ils trahissent la mission historique de la France dont la vocation est d’être une puissance d’équilibre et d’apaisement.

CONCLUSION : QUE FAIRE ?

Dans notre relation avec la Russie comme dans bien d’autres domaines, nous n’avons pas de vision à long terme. Nous n’inscrivons pas notre action dans le temps long avec un objectif final recherché. Nous ne faisons pas l’effort de chercher à « comprendre la carte mentale de celui auquel nous sommes confrontés. Nous ne sommes pas capables de rentrer dans son histoire, ses frustrations, ses souffrances35 ».

Plus grave encore, nous nous trompons d’ennemi. « Dans la hiérarchie des menaces auxquelles sont confrontés les Occidentaux – au premier rang d’entre eux les Européens – le totalitarisme islamique arrive en tête, loin devant la question russe, avec la compétition économique et politique avec la Chine. En effet, le totalitarisme islamique menace directement l’Europe en raison de notre proximité avec le Moyen-Orient, de nos liens avec l’Afrique et de l’écho qu’il rencontre dans une partie significative de nos populations36 ». Cette affirmation de François Fillon sonne juste même si on peut déplorer que nous ayons fait de la Russie une menace alors qu’elle aurait dû constituer face à l’islamisme, un allié naturel. On se souvient du soutien spontané de la Russie aux Américains lors des[dits] attentats du 11 septembre. La Russie apparaissait alors comme un partenaire de l’Occident dans la lutte contre le terrorisme islamique. [ici je ne suis (du verbe « suivre ») pas l’auteur : la seule menace est depuis des décennies celle de l’impérialisme anglo-saxon dans le Monde en général et celui du sioniste (émanation de l’impérialisme) au Moyen-Orient ; l’islamisme est en très grande partie manipulé, entretenu par cet impérialisme ; le tout récent attentat terroriste en Russie en est encore un exemple]

L’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN est porteuse d’un risque majeur en raison de l’article 5 qui stipule que si un pays appartenant à l’organisation est victime d’une attaque armée, chaque membre de l’Alliance considérera cet acte de violence comme une attaque armée dirigée contre l’ensemble des membres et prendra les mesures qu’il jugera nécessaires pour venir en aide au pays attaqué. Ainsi, le moindre problème sur la frontière entre la Russie et l’Ukraine pourrait dégénérer en guerre nucléaire. C’est la raison pour laquelle l’Ukraine doit rester neutre et constituer une zone tampon. Ce pays, avant 1991, n’a été indépendant que pendant cinq courtes années de 1917 à 1922. Auparavant, il était partagé entre l’Empire russe et l’empire d’Autriche. L’Ukraine a le droit et le devoir de défendre son indépendance et son originalité mais en tenant compte de son héritage historique. La négociation apparaît comme la seule voie raisonnable. Les conditions sont loin d’être réunies pour y parvenir dans un bref délai. En attendant, le peuple ukrainien continue de souffrir et l’Europe de danser au bord du gouffre.

La guerre en Ukraine est révélatrice du nouveau monde qui est en train de naître. Dans ce monde, l’Europe devra retisser le lien avec la Russie pour assurer sa survie et constituer une véritable force dans la compétition sans merci qui se jouera à l’échelle de la planète. La question est de savoir dans quelle mesure la France y contribuera au regard de ses positions actuelles en rupture avec la tradition d’amitié franco-russe. C’est pourtant une nécessité dictée par l’histoire et la géographie qui pourrait nous réconcilier avec le monde orthodoxe et amener l’Europe occidentale à redécouvrir son caractère chrétien pour faire face aux assauts de l’Islam. Dans les circonstances présentes, un tel objectif peut sembler totalement utopique. Il s’agit d’une espérance que nous pouvons confier dans nos prières à Notre-Dame de Fatima.

Général (2S) Marc Paitier

  1. L’économiste Jacques Sapir qui travaillait comme conseiller de Roland Dumas au ministère des Affaires Étrangères confirme la réalité de cet accord. ↩︎
  2. Dans un article paru le 25 février 2024, le New-York Times, peu suspect de complaisance envers la Russie, a reconnu l’existence de 12 bases de la CIA mises en place en Ukraine depuis 2016. Une telle affirmation avant la parution de cet article était taxée de complotisme. ↩︎
  3. Zbigniew Brzeziński, Le Grand échiquier. ↩︎
  4. Une note du renseignement américain du 5 février 2024 reconnait que la Russie ne cherche pas la guerre avec les puissances de l’OTAN. ↩︎
  5. Mardi 12 mars 2024, débat à l’assemblée nationale pour le vote sur l’accord de sécurité bilatéral avec l’Ukraine. ↩︎
  6. Jeudi 14 mars 2024, intervention sur TF1 ↩︎
  7. Premier meeting pour les Européennes, samedi 9 mars 2024, Lille ↩︎
  8. Cette guerre dans le Donbass a causé au moins 12.000 morts. ↩︎
  9. Emmanuel Todd, La défaite de l’Occident, Gallimard 2024, p.166 ↩︎
  10. En mars 2022, un mois après le début de « l’opération spéciale » russe, les belligérants se mettent autour de la table à Istanbul, pour trouver un accord qui mette fin aux opérations. Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni torpille les négociations avec la complicité des Etats-Unis. ↩︎
  11. SWIFT: Society Interbank Financial Telecommunication. Il s’agit d’un réseau de communication interbancaire qui automatise et standardise les transactions financières et les transferts d’argent à l’international. ↩︎
  12. Colonel Peer de Jong, cofondateur de l’Institut Themiis dédié aux thématiques liés à la paix et à la sécurité. Valeurs actuelles, 14 mars 2024, p. 32 et 33. ↩︎
  13. Quotidien Le Monde, tribune du 17 mars 2022. ↩︎
  14. Jacques Hogard, Sud radio, 7 mars 2024. Le colonel Hogard est un ancien officier parachutiste de la Légion étrangère. Il a fondé et dirige la société EPEE, entreprise spécialisée en intelligence stratégique et en diplomatie d’entreprises à l’international. Il est l’auteur de La guerre en Ukraine – Regard critique sur les causes d’une tragédie, éditions Hugo Doc, 2024. ↩︎
  15. Mince bande de terre de 4163 km², la Transnistrie, au sein de la République socialiste soviétique de Moldavie, alors sans aucun statut, a autoproclamé son indépendance en septembre 1990, à l’instigation des russophones. Présence militaire russe. ↩︎
  16. Chef de la milice russe privée Wagner. Mort dans un accident d’avion le 23 août 2023. ↩︎
  17. 26 juin 2023 ↩︎
  18. Officier français, ancien vice-chef d’état-major du GQG de l’OTAN habitué du plateau de LCI dont les prévisions sont souvent contredites par les faits. ↩︎
  19. Général soviétique Alexandre Svetchine (1878-1938). Cité par Philippe de Villiers, 15 mars, Cnews. ↩︎
  20. Contrôleur général des armées (2S) Philippe Nicolardot. Réponse au général Cot (ancien commandant de la 1ère Armée et de la FORPRONU – Force de Protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie ) qui défendait l’idée d’une Europe militaire dans un article intitulé « La guerre de Poutine », 5 mars 2024. ↩︎
  21. Paul Reynaud, président du Conseil, intervention à la radio, 10 septembre 1939. ↩︎
  22. Maréchal Leboeuf, ministre de la guerre, le 19 juillet 1870. La postérité n’a retenu de lui que cette phrase malheureuse. L’homme qui fut un grand soldat valait mieux que cela. ↩︎
  23. Pierre Lellouche, Valeurs actuelles, 14 mars 2024 p.40 ↩︎
  24. François Fillon, article revue Omerta n°4, février, mars, avril 2024. P.9 ↩︎
  25. Emmanuel Todd, La défaite de l’Occident, Gallimard 2024, p. 20 ↩︎
  26. Idem, p.163 ↩︎
  27. Idem, p. 320. ↩︎
  28. Aymeric Chauprade, géopolitologue. Entretien dans la revue Omerta n°4, p. 16-17. ↩︎
  29. Brésil, Russie, Inde et Chine rejoints par Afrique du Sud, Égypte, Iran, Éthiopie, Arabie saoudite, Émirats arabes unis. ↩︎
  30. États-Unis, Canada, Japon, Royaume Uni, Allemagne, France et Italie ↩︎
  31. Bernard Lugan, entretien dans la revue Omerta n°4, p.70. ↩︎
  32. Cnews, Europe 1, émission « Punchline » animée par Laurence Ferrari. 12 mars 2024. ↩︎
  33. Les Russes ont inventé le mot « macronner » ce qui signifie pour eux : parler pour ne rien dire. ↩︎
  34. L’Écclésiaste, X,16 ↩︎
  35. Général Lalanne-Berdouticq, entretien avec Charles Villeneuve, Le Spectacle du monde. ↩︎
  36. François Fillon, article revue Omerta n°4, février, mars, avril 2024. P.9 ↩︎

L’ATTENTAT TERRORISTE DU CROCUS CITY HALL PRÈS DE MOSCOU A-T-IL ÉTÉ PLANIFIÉ PAR L’UKRAINE ?

J’allais écrire un article sur l’attentat terroriste d’avant-hier en Russie. Mais j’ai trouvé ce matin cet article de Christelle Néant d’International Reporters (ex Donbass Insider) qui nous dit l’essentiel.
Source : ir-press.ru

Photo : Service de presse du gouverneur de Moscou

Après l’arrestation des auteurs de l’attentat terroriste du Crocus City Hall près de Moscou, qui a fait au moins 133 morts et 140 blessés, les faits révélés indiquent que cette attaque a probablement été planifiée par l’Ukraine.

Le 22 mars 2024 au soir, alors que les gens se massent dans une des salles de concert du Crocus City Hall, en banlieue de Moscou, pour assister au concert du groupe Picnic, des hommes armés font irruption dans le complexe et commencent à tirer froidement sur toutes les personnes qu’ils croisent, avant de mettre le feu au bâtiment et de s’enfuir avant l’arrivée des pompiers et des forces de l’ordre.

Très vite, l’incendie se propage. Pendant un long moment les forces de l’ordre et les pompiers ne savent pas si les terroristes qui ont lancé cette attaque sont encore dans le Crocus City Hall ou non, mais très vite la décision est prise de lancer l’assaut. Lorsque les forces spéciales de la Garde Russe et du FSB sortent du bâtiment à cause des fumées il semble désormais clair que les terroristes ont pris la fuite.

Les forces de l’ordre russe lancent alors une gigantesque chasse à l’homme après avoir identifié la voiture que les terroristes ont emprunté pour quitter le Crocus City Hall : une Renault Symbol blanche. La voiture est repérée dans la région de Briansk, une région frontalière de l’Ukraine. Le conducteur refusant de s’arrêter comme l’ordonnent les forces de l’ordre, ces dernières tirent sur la voiture qui fait alors un tonneau. Un des terroristes est blessé et abandonné dans la voiture par les autres qui tentent de s’enfuir dans la forêt.

Mais les forces de l’ordre russes lancées à leurs trousses les retrouvent rapidement, et très vite on annonce l’arrestation de quatre terroristes et 11 personnes (soit sept complices potentiel) au total.

Pendant ce temps au Crocus City Hall, les pompiers se battent pendant de longues heures avec l’incendie qui, malgré l’intervention d’hélicoptères pour larguer de grandes quantités d’eau, a eu le temps de ravager totalement le toit de la salle de concert, qui a fini par s’effondrer sur les gens qui n’avaient pas pu évacuer le bâtiment.

https://t.me/internationalreporters/52071

Très vite, des gens qui se trouvaient dans le Crocus City Hall publient des vidéos de ce qui s’est passé. Des vidéos à vous glacer le sang, qui indiquent clairement que le bilan de cet attentat terroriste sera terrible. À l’heure où j’écris ces lignes le bilan officiel est d’au moins 133 morts [dont au moins trois enfants] et 140 blessés dont 107 sont hospitalisés (avec 16 dont un enfant dans un état jugé extrêmement grave).

https://t.me/megapolis_ugra/15962

https://t.me/internationalreporters/52163

Alors que les terroristes n’étaient pas encore arrêtés, deux pistes semblaient les plus plausibles concernant l’attaque du Crocus City Hall : un attentat commandité par un groupe terroriste islamiste, ou un attentat commandité par l’Ukraine.

Très vite Kiev a nié être derrière l’attentat terroriste du Crocus City Hall, alors même que ses médias ont mit moins d’une minute (après la première mention dans les médias russes) pour parler de l’attaque, et que de faux appels aux fusillades venant pour partie d’Ukraine ont rapidement commencé à inonder les numéros de secours russes afin de les saturer.

Or, les dénégations de l’Ukraine ne valent plus rien depuis longtemps, puisque je rappelle que Kiev a nié son implication dans l’attentat terroriste contre le pont de Crimée, avant de le revendiquer quelques mois plus tard, et a fait la même chose avec l’attentat terroriste qui a coûté la vie à Daria Douguina. Un modus operandi qu’elle a appliqué à tous les attentats terroristes qu’elle a organisés (assassinat de Motorola, Guivi, Alexandre Zakhartchenko, Vladlen Tatarski, etc…). D’ailleurs, le plus souvent, en plus de nier initialement son implication, l’Ukraine accuse quasi systématiquement la Russie, ou les services secrets russes d’avoir commis ces attentats et assassinats.

Or, très vite, on a vu fleurir dans les médias occidentaux, et entre autre français, ces accusations délirantes contre les autorités russes, et ce alors qu’une fausse revendication de l’attentat terroriste par l’État islamique apparaissait, histoire de finir de dédouaner l’Ukraine.

Sauf que cette revendication n’apparaît nulle part sur les ressources internet de l’organisation, et a été faite dans un vieux modèle de nouvelles qui date d’il y a plusieurs années.

De plus, plusieurs éléments clochent. Tout d’abord les terroristes se sont enfuis. Or s’il s’agissait de terroristes islamistes fanatisés, ils auraient dû rester sur place, revendiquer le caractère religieux de leur attaque et tout faire pour mourir en martyr [sic] ! Or là, rien de tout cela. Et la suite de l’histoire pointe de plus en plus vers l’Ukraine.

En effet, les terroristes ont été arrêtés comme je l’ai dit précédemment près de Briansk, région frontalière de l’Ukraine ! Rien que ce fait m’a de suite fait tilter, et j’ai commencé à envisager de plus en plus la piste ukrainienne. Or, une fois arrêtés, ces terroristes, d’origine tadjike (ce qui aurait pu accréditer la thèse des terroristes islamistes), révèlent qu’ils ont massacré plus d’une centaine de personnes non pas pour des raisons religieuses, mais pour l’argent ! Pour 500 000 roubles (environ 5 000 euros) plus précisément, dont la moitié leur avait été versée en guise d’acompte par un contact sur Telegram, qui leur avait aussi indiqué la cache où se trouvaient les armes qu’ils ont utilisées pour commettre l’attentat terroriste du Crocus City Hall. Et ce contact leur avait aussi fourni des contacts en Ukraine qui devaient les aider à franchir la frontière avec la région de Briansk, où ils se sont fait arrêtés.

Vous pourriez me rétorquer que cela pourrait être des électrons libres ukrainiens qui auraient décidé de mener cet attentat terroriste en Russie. J’aurais pu approuver cette thèse si je n’avais pas déjà tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises en six ans, sur les liaisons dangereuses entre les autorités ukrainiennes et les terroristes islamistes.

Dès 2018, j’alertais sur le fait que des terroristes islamistes formés par l’État islamique se battaient pour Kiev dans le Donbass. Un an plus tard, une enquête révélait que des terroristes allaient de Syrie en Ukraine (où le SBU leur fournissait des passeports) et que des Ukrainiens allaient combattre à Idleb [au Nord-Ouest de la Syrie], et ce juste avant que les médias occidentaux ne commencent à ouvrir les yeux sur le fait que l’Ukraine s’était transformée en refuge pour djihadistes ! Et en 2020, une enquête de Rybar [t.me/rybar/ sur telegram] révélait que les services secrets ukrainiens aidaient à élaborer la propagande des terroristes islamistes à Idleb !

Or, cette méthode, consistant à prendre des exécutants d’une autre nationalité pour mener une attaque terroriste, rappelle celle menée par l’Ukraine dans cette même région de Briansk, il y a un an, avec l’aide de Russes traîtres à leur patrie et qui combattent pour Kiev. Là aussi, l’Ukraine avait tenté de jouer la carte du «ce n’est pas nous, ce sont des Russes qui se battent entre eux». Sauf que ces crétins avaient pour certains publié sur Internet leur billet militaire ukrainien, révélant le pot aux roses…

De plus, l’interrogatoire des terroristes arrêtés [premier interrogatoire public, selon les normes misent en place par la Russie, afin de rendre les choses plus transparentes et moins sujettes à polémiques futures, il en existe des vidéos sur Internet] montrent que ceux-ci ne brillent pas par leur intelligence ! Il est donc clair que ce n’est pas eux qui ont élaboré le plan, et qu’ils se sont contentés de l’appliquer.

Et puisqu’on parle de mise en œuvre, sur une des vidéos prises dans le hall lors de la fusillade (celle prise depuis une passerelle), on voit clairement que les terroristes abattent froidement les gens, sans une once d’hésitation, et manient les armes de manière professionnelle. Il est donc clair qu’ils ont eu un entraînement intensif, voire une expérience du combat ! Or, il y a des Tadjiks qui combattent pour l’Ukraine depuis 2022 !

Pour finir, il y a un fait des plus étranges, qui est venu rajouter une grosse dose de suspicion envers l’Ukraine et surtout ses sponsors occidentaux, dont les services secrets ne sont jamais les derniers quand il s’agit d’aider Kiev à organiser des attentats terroristes.

Le 7 mars 2024, l’ambassade américaine (voir capture d’écran ci-dessous) et l’ambassade britannique en Russie ont alerté leurs ressortissants d’un risque d’attaque à Moscou dans les 48 heures.

« L’ambassade suit de près les informations selon lesquelles des extrémistes ont l’intention de prendre pour cible de grands rassemblements à Moscou, notamment des concerts, et il est conseillé aux citoyens américains d’éviter les grands rassemblements au cours des prochaines 48 heures. »

Prêtez attention à ce qui a été écrit : « notamment des concerts ». Vous me direz alors « oui mais là l’attentat a eu lieu deux semaines plus tard et pas dans les 48 heures ». Oui. Sauf que suite à cette alerte, les forces de l’ordre et les services de renseignement russes ont augmenté le niveau de sécurité des événements prévus une semaine avant l’élection présidentielle russe, et arrêté deux groupes terroristes !

Or, il est clair que les commanditaires ont longuement étudié le bâtiment et préparé le plan de l’attentat terroriste du Crocus City Hall. C’était ce bâtiment qui était spécifiquement visé. Et si on regarde autour du 7 mars, on découvre alors que les 9, 10 et 11 mars 2023, c’est un concert du fameux chanteur russe Chaman qui a eu lieu dans ce même complexe du Crocus City Hall !

https://t.me/shaman_channel/553

48 h après l’avertissement de l’ambassade américaine en Russie un concert d’un chanteur russe ultra populaire et patriote a eu lieu dans le Crocus City Hall. Maintenant je vous laisse imaginer l’impact psychologique et émotionnel qu’un attentat terroriste comme celui commis le 22 mars aurait eu s’il avait frappé un concert de Chaman, voire si le chanteur lui-même s’était fait tuer ! Quoi de mieux pour l’Ukraine, qui cherche à terroriser la population russe, que de s’en prendre à un chanteur, dont les chansons encouragent le patriotisme en Russie !

Décidément quand on assemble les différentes pièces du puzzle, il y a vraiment beaucoup d’éléments qui pointent vers la piste ukrainienne. Il ne reste qu’à attendre les résultats de l’enquête pour voir si ces déductions s’avèrent juste. Maintenant que les terroristes ont été arrêtés, le comité d’enquête russe devrait bientôt avoir assez d’éléments pour désigner les commanditaires de l’attentat terroriste du Crocus City Hall. Et si ce sont les autorités ukrainiennes, alors il faut s’attendre à un nouveau changement dans la façon dont la Russie aborde le conflit avec son voisin.

Christelle Néant, reporter de guerre dans le Donbass depuis début 2016.

*

Concernant la dernière phrase de l’article, je peux dire que j’ai déjà lu des réactions de Russes qui avancent l’idée de tout faire pour éliminer radicalement la tête gangrenée de l’Ukraine, de la mafia bandériste qui dirige l’Ukraine.

*

Par ailleurs – je reprends ici l’essentiel d’une information d’International Reporters – les autorités de la République de Tchétchénie exhortent les Russes à ne pas suivre l’exemple de leurs ennemis et à ne pas attiser la haine envers les Tadjiks.

Le ministre de la politique nationale de Tchétchénie, Akhmed Dudayev, s’est adressé à ses concitoyens pour leur rappeler les véritables objectifs de l’escalade de la haine ethnique de la part des adversaires extérieurs de la Russie.

Il a notamment rappelé que « les terroristes n’ont pas de nationalité » et a appelé à ne pas menacer les Tadjiks en ligne et à « ne pas écrire : il est temps de renvoyer les Tadjiks chez eux ».

« Les Tadjiks sont chez eux ici. Au moins des centaines de milliers de Tadjiks qui vivent dans notre pays depuis des siècles », a déclaré le ministre.

« En apparence, il y a eu une tentative d’opposer un représentant d’une religion à un représentant d’une autre religion. Nous avons connu tout cela. »

« C’est pourquoi nous ne devons pas suivre l’exemple des satanistes. C’est leur astuce, le but ultime est de saper la paix interethnique, la stabilité, l’harmonie sur le territoire de notre pays », a-t-il clarifié.

De telles tragédies devraient unir notre société, et non la diviser et la jouer au profit d’un ennemi commun.

*

Dans le même genre de (saine) réaction.

Islam, 15 ans, qui travaillait à temps partiel dans le vestiaire de Crocus, a conduit plus de 100 personnes hors du bâtiment pendant l’attaque.

Remarquant que la foule s’enfonçait dans un cul-de-sac en direction des toilettes, l’adolescent a commencé à diriger les gens. Il a réussi à les faire sortir de l’étroit passage, puis à travers la salle de service jusqu’à la rue.

Il a sauvé ainsi plus de 100 personnes et sera honoré par le mufti de Russie qui lui remettra la médaille du mérite musulman russe.

*

Notons enfin que les responsables de Crocus auraient fait l’erreur, bien avant que cet attentat n’intervienne, de bloquer les issues de secours du bâtiment ! Car si une partie des morts a été abattue par les terroristes, une autre partie s’est retrouvée coincée sur place, brûlée, asphyxiée, écrasée par la partie supérieure qui a fini par s’effondrer.

*

Le Crocus City Hall, Крокус Сити Холл en russe (Krokous-Siti-Kholl, avec le kh, équivalent de la jota espagnole), c’est le nom de cette salle de concert avec un grand auditorium dont il ne reste rien, qui m’étonne. Une sorte de Bataclan, ou plutôt de Zénith comme on en trouve à la périphérie de plusieurs grandes villes de France.

Ce lieu a été ouvert en 2009 grâce à l’argent du milliardaire azéri Aras Agalarov.

Le Crocus se trouve au nord-ouest de l’agglomération moscovite, sur le territoire de la ville de Krasnogorsk (prononcé kràsnàgὸsk en russe, dont je me risque à donner une étymologie avec krasno, rouge et gora, mont, soit Montrouge, ou Dumontrouge, ou avec krasno et gorod, ville, soit Villerouge).

Dans les années quarante cette ville accueillait l’École internationale anti-fasciste. Et c’est dans cette ville, après guerre, que furent installés, dit-on, avec leurs familles, les spécialistes allemands des fusées V2 capturés par l’Armée rouge.

De nos jours, c’est à Krasnogorsk que se trouve le siège du gouvernement de l’oblast de Moscou et le bâtiment de la Douma de l’oblast de Moscou.

Ce que révèle le culte du corps d’Emmanuel Macron – Didier Maïsto

Didier Maïsto : pour définir en quelques mots cette personne, c’est un chef d’entreprise (PDG du mensuel Lyon Capitale, une revue et un site Internet) qui est ou qui fut disons politiquement centriste (mais pas macroniste) et qui entre autres a dénoncé les manières dont sont attribuées les fréquences de chaînes de télévision numérique, a soutenu les Gilets Jaunes, a relayé le documentaire Hold up (vidéo qui a dénoncé l’opération covidiste) et s’est élevé contre l’interdiction de l’organe de presse russe RT en France.

La plumitive de service de la feuille de chou subventionnée de « la gauche » pour ne pas dire du « gauchisme »* des néo-cons franchouillards de l’Obs, une certaine Caroline Michel-Aguirre a qualifié son discours (cf. L’Obs du 30 mai 2020) de « populiste et un brin complotiste ».

Mais pourquoi « un brin » seulement ?

Tocsin @Tocsin-media

Tocsin, la matinale de Clémence Houdiakova, du lundi au jeudi de 7h30 à 9h30.

* Le gauchisme, moins « la maladie infantile du communisme » que l’actuelle maladie sénile de la « gauche ».

Que dire de l’attentat terroriste d’hier soir en Russie ?

Florian Philippot note ceci :

« Encore ce matin sur des chaînes infos, à la radio aussi, des « analystes » et des journalistes évoquent une possible « opération sous faux drapeau » pour l’attentat de #Moscou, qui aurait donc été organisé par la Russie elle-même. Tiens tiens ! On nous avait pourtant dit que les opérations sous faux drapeau c’était du « complotisme » !… Sauf quand ça concerne la Russie donc, c’est bien ça ? 😉  »

La seule et éternelle question à se poser quand il s’agit d’attentat et/ou de ce que l’on ressent comme étant fausse information ou information tronquée ou inversée (fake news) c’est toujours et uniquement : À qui profite le crime, ou le mensonge ?

Ainsi, pour remonter à plusieurs années en arrière, il ne fait plus aucun doute que l’attentat du Onze Septembre est le modèle même d’un complot mis en jeu par une partie de l’État profond (le complexe militaro-industriel comme on dit) et de l’État tout court (avec à sa tête Dick Cheney le vice-président d’alors) étatsuniens, et du Mossad (le bien nommé) sioniste. En vue de faire la guerre, une de plus.

Par contre, je ne vois pas l’intérêt russe. Russie qui a déjà une guerre sur le dos, certes qu’elle va gagner, ou plutôt qu’elle a déjà gagnée dès la première demi-heure, même si la fin de celle-ci est longue à se dessiner. Mais les Russes et les autres peuples de la Fédération de Russie, essentiellement des hommes de la terre et non des mers comme les anglo-saxons, sont des gens non seulement casaniers (si l’on peut employer ce mot-ci), mais aussi patients et très tenaces, indéracinables.

Mais il leur arrive de se rendre en d’autres contrées, c’est le cas actuellement de la Russie qui éradique en Syrie, avec le plein accord de Bachar Al-Assad, le président syrien élu, des zones tenues par des islamistes, dont des Kurdes qui ont la particularité de marcher main dans la main avec l’Occident tout en étant « communistes ». Mais le sont-ils encore ? Islamistes armés non seulement par certains pays musulmans du Proche-Orient, mais par l’impérialisme mondialiste.

Ce louvoiement permanent des dirigeants étatsuniens contre et pour le terrorisme, comme contre et pour certains États, est une caractéristique essentielle de l’idéologie suprémaciste, raciste de ce pays colonial par essence, forgé par l’esprit religieux protestant qui s’accorde tant avec le sionisme également suprémaciste et colonial.

Rien ne les arrête, pas même la barbarie et les génocides, y compris à l’encontre de leurs propres alliés qui ne sont toujours que des alliés de circonstance, éphémères. Et même à l’encontre de leurs propres peuples.

Ce double jeu ne peut qu’alimenter le complexe informationnel dominant où des pitres répètent ce qu’on leur demande de dire. Au jour le jour, une fausse nouvelle chassant l’autre. On l’a vu en grand avec toutes les péripéties délirantes de la période du covidisme ; on le voit en grand avec la guerre en Ukraine ; et on le voit encore avec le génocide des Palestiniens.

Donc cette « information » selon laquelle les Russes aient pu organiser cet acte terroriste ne cherche nullement à approcher la Vérité, ou même simplement l’effleurer, mais cherche juste à embrouiller les esprits. Et surtout foutre la trouille, la déraison à chaque fois que c’est possible.

De même il ne faut pas se fier aux réactions ou absences de réactions de certains gouvernements de certains pays, je pense en particulier aux pays occidentaux, où l’inversion du réel et le mensonge institutionnel sont un jeu très prisé, mais qui des fois peut mal finir pour ceux qui s’y adonnent.

Comme on le voit quand la différence entre le réel et le fantasmé, le vrai et le faux et manipulé, ne peut plus tenir. En ce domaine, Internet peut être un énorme bienfait. C’est bien pourquoi toute cette maffia qui nous « dirige » entend en permanence le museler et n’y accepter, juste tolérer que les perroquets de la parole de Big Brother.

Par contre, il existe une information (peut-être vraie celle-là), je l’ai vue répétée sur divers sites telegram russophiles ou simplement juste un peu objectifs, selon laquelle il y a une quinzaine de jours les ambassades étatsunienne et royaumunienne de Moscou avaient prévenu leurs ressortissants de ne pas fréquenter les lieux de grands rassemblements publics à Moscou.

Je n’irai pas dire, comme certains le feront sans doute, que le crime terroriste est donc signé anglo-saxon (comme celui du Nord Stream, et là il n’y a pas de doute), mais que ces engeances fréquentant assidûment certains, voire tous les terroristes dits islamiques, ils aient pu avoir eu vent de quelque chose avant que cela n’arrive.

Un peu comme le Mossad qui, lors du Onze Septembre, au moins avait eu vent, pour ne pas dire avait préparé dans la troisième tour moins haut du World Trade Center, propriété d’un Juif, un effondrement total (semble-t-il par bombinettes nucléaires) sans aucune raison objective. Cette tour n’a jamais été touchée par un quelconque avion réel, ni même par quelque image d’avion que se fût, dans le film raté et incohérent de cette journée.

Les gens sérieux et sensés, les physiciens honnêtes entre autres, ont conclu après bien des analyses et des études que l’on ne pourrait jamais voir un vrai avion (de ligne ou pas d’ailleurs) être capable de ressortir son nez intact de l’autre côté de la tour, après avoir percuté une tour où tout l’avion aurait dû se désintégrer. Encore moins une simple image d’avion !

Comme il est parfaitement grotesque de prétendre que le choc d’un avion sur des tours d’une telle ampleur et de simples incendies eussent pu entraîner leur mise à bas. Mise à bas qui est un modèle de démolition contrôlée mûrement et longuement préparée.

Comme on peut le lire, dans ce numéro se trouvait un texte de la négresse littéraire de Willy, de son vrai nom Henry Gauthier-Villars, grand négrier des lettres : la future Colette tout court.

HUMOUR RUSSE ?

Dans un récent entretien passé sur BFM TV, Piotr Tolstoï, arrière-petit-fils de Léon Tolstoï et vice-président de la Douma, en un très bon français, a averti, entre autres choses joyeuses, que l’armée russe allait «tuer tous les soldats français» qui allaient venir sur le sol ukrainien. «L’idée d’envoyer des soldats français en Ukraine, ça va se terminer avec des cercueils couverts par le drapeau tricolore à Orly. Et ce n’est pas Macron qui va aller les chercher. Les Français doivent comprendre les conséquences, c’est tout!»

NOUS SOMMES UN 22 MARS.

Que sont devenus tous ces membres dudit Mouvement du 22 mars parisien qui apparut au début « des z-événements » de Mai 68 ?

Combien, du moins ceux qui sont encore vivants, se tiennent encore droits et fidèles à eux-mêmes et au symbole émancipateur ? Combien n’ont pas viré, sombré comme toute cette masse de gauchistes, femelles et mâles, devenus néo-cons (du mondialisme) fiers, heureux et satisfaits ?

Combien ne sont pas devenus des lèche-bottes de l’impérialisme anglo-saxon décadent, de la sous-culture réifiée et de la mort de l’Art ? Des soumis ou des profiteurs satisfaits ?

Et combien nous imposent encore sans problème leur point-de-vue taré dans les media dominants – dominateurs, exclusifs, excluants ? Sur la/le covid, l’Ukraine, la Palestine ; les mœurs, les prétendus fascisme et antisémitisme, etc. ; sur tout et sur rien plus encore.

Mais en 68 (Mai de 68), s’agissait-il vraiment d’un printemps émancipateur ou déjà d’un début d’automne moribond ? D’un élan mensonger et trompeur ?

LARGES EXTRAITS DE LA DERNIÈRE LETTRE DE FLORIAN PHILIPPOT

Il y a un sursaut pour la Paix.

Nous l’avons vu samedi dernier, à l’occasion de la Marche nationale contre la guerre qu’on a organisée, qui a rassemblé une foule considérable! Des Français de tous horizons qui veulent bloquer la folle escalade guerrière de Macron et sortir de l’OTAN !

À cette occasion, nous avons donné la parole à de nombreux résistants et souverainistes : on a enclenché la dynamique de rassemblement, des premiers noms ont été donnés dans la perspective des élections européennes, et dès lundi les adhérents à jour des Patriotes seront directement consultés sur ces élections !

Quand la paix est en péril, la nation en danger, quand il s’agit de se battre pour la France libre et pour l’avenir de nos enfants, notre devoir est d’être dans le rassemblement et dans l’action : bravo aux Patriotes, seul mouvement politique français à mener des actions concrètes pour la paix !

Nous sommes aussi aux côtés des militaires français qui font savoir qu’ils ne suivent pas Macron sur ses projets de guerre. Soutien !

Le sursaut est aussi agricole : cette semaine, les paysans français reprennent avec leurs tracteurs le chemin de la lutte et des blocages. Beaucoup ont compris que Macron et Attal leur avaient évidemment menti, que rien ne venait, et comme une énième provocation hier l’Union européenne a reconduit pour un an les importations agricoles déloyales venues d’Ukraine !

La révolte paysanne sera pleinement efficace si elle se tient loin des traîtres, notamment la direction de la FNSEA, et si elle est concentrée, unifiée, durable. À l’instar de ce que font les paysans polonais depuis 2 mois.

Nous, Patriotes, nous, Français libres, serons dans les blocages avec les paysans, les soutiendrons et nous œuvrons déjà pour le Frexit, condition indispensable de notre souveraineté agricole, alimentaire et nationale ! Condition de notre libération !

Rien ne vaut l’action !

Véran fuit… Cette semaine, la presse nous a donné de ses nouvelles : parce qu’il « craint la relation post covid avec le patient », il a renoncé à la neurologie et fera finalement… de la chirurgie esthétique à la clinique des Champs-Élysées ! Il aura beau se cacher dans des cliniques dorées, il n’échappera pas à ses responsabilités et nous ne lâcherons pas l’affaire.

De nouvelles plaintes pénales ont été déposées contre Von der Leyen au sujet des contrats Pfizer : on va suivre ça !

Et excellente nouvelle venue du Canada cette semaine : le 1er ministre Trudeau est traîné devant les tribunaux par les manifestants des convois de la Liberté, après une première victoire judiciaire en janvier. Vérité et justice, vite !

Ils voulaient nous enterrer, ils ne savaient pas que nous étions des graines ! La liberté, la vérité, la souveraineté, la Paix, la France libre sont des idées qui germent dans les esprits : la Résistance y travaille sans relâche ! Bienvenue à tous dans le combat !

HUMOUR ?

1 – Encore un exemple de l’état de délabrement et de déliquescence de notre pays et en particulier de la caste politicarde franchouillarde qui, non seulement ne vire pas le pervers narcissique cocaïné de l’Élysée, mais le soutien dans toutes ses folies mondialistes.

2 – Et un exemple de bon-sens donné par un membre de la vieille famille de la noblesse méridionale de Montesquiou, surtout connue, du moins pour ceux qui s’intéressent aux lettres, par le poète, romancier, etc., critique d’art, collectionneur … et dandy Robert (1855 – 1921).

De @grand_reequilibrage

1 – Un adjoint au maire français suspendu pour avoir observé la présidentielle russe

Qui plus est, Cyril Gaucher [sic], élu de Talant, en Côte d’Or, risque désormais l’expulsion de son parti, Les Républicains, rapportent les médias locaux.

Auparavant, dans un entretien accordé aux médias russes en tant qu’observateur international, le responsable avait trouvé quasiment exemplaire l’organisation des bureaux de vote en Russie.

La réaction de ses supérieurs n’a pas tardé à venir, le maire Fabian Ruinet [resic] ayant pris la décision de suspendre, à titre conservatoire, Cyril Gaucher de ses fonctions d’adjoint 🤷


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2 – Le nombre d’observateurs des BRICS à la présidentielle russe témoigne de l’importance de construire un monde multipolaire, a déclaré à Sputnik un homme politique français


Tel est l’avis d’Aymeri Francis André Philippe de Montesquiou-Fezensac d’Artagnan, qui est arrivé en république populaire de Donetsk pour surveiller le déroulement du scrutin.

Ces observateurs sont venus d’Amérique du Sud, d’Afrique, de l’Inde et de Chine, ce qui souligne la nécessité des BRICS, a-t-il estimé.

L’homme politique a été maire de Marsan, sa ville natale, depuis 1976 et sénateur du département du Gers de 1998 à 2015.

VALERY BOVA : MACRON, VOUS N’ÊTES PAS NAPOLÉON.

Valery Bova : Président du mouvement des vétérans OPLOT, un mouvement public d’anciens combattants basé à Rostov, qui ont apporté une assistance militaire et technique aux combattants du bataillon Sparta.

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Vous n’êtes pas Napoléon.

Une véritable guerre avec la Russie, ce n’est pas comme annoncer des sanctions de l’UE ou des guerres coloniales en Afrique, qui, soit dit en passant, ne sont pas toutes couronnées de succès. (voir https://www.ir-press.ru/)

Combien de vraies guerres la France a-t-elle menées depuis Napoléon ?

Prenons l’exemple de la Seconde Guerre mondiale :
Le 3 septembre 1939, la France a déclaré la guerre à l’Allemagne qui avait envahi la Pologne. Lorsque l’Allemagne envahit la France, l’armée française compte plus de 2 millions d’hommes, 86 divisions, 3 600 chars d’assaut, 1 700 pièces d’artillerie et 1 400 avions. La France a tenu 42 jours.

203 250 personnes, c’est l’effectif des forces armées de la République française en 2022, et il est peu probable qu’il ait augmenté significativement en 2024.

Des militaires de la République française participent déjà au conflit en cours aux côtés des FAU.

Selon le ministère russe de la défense, 147 des 356 mercenaires et militaires français arrivés en Ukraine pendant l’opération militaire spéciale ont été tués.

La publication française Le Media 4-4-2 l’a très bien exprimé dans une publication basée sur le renseignement militaire : « Face aux Russes, nous sommes une armée de majorettes ».

Que vous est-il arrivé, à vous Français ?

Il y a eu des dirigeants français respectés dans le monde. Napoléon Bonaparte, Charles de Gaulle, Jacques Chirac. Aujourd’hui, vous avez un dirigeant qui est marié à son ancienne enseignante âgée de 70 ans. Il est impliqué dans des mouvements LGBT et des scandales.

Et d’ailleurs, les janissaires de Macron ne sont pas aptes à la guerre.

Pourquoi mourriez-vous pour ces en***és ?